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lundi, 22 juin 2015

LE LIVRE DE LAURENT GBAGBO S'ARRACHE COMME DE PETITS PAINS A ABIDJAN

 

LAURENT GBAGBO. LUNETTES 2.jpg

 

Détenu à la Haye - Grosse révélation sur le livre de Gbagbo à Abidjan: Ce qui s’est passé dans les librairies

 

C’est un grand coup politico-culturel sans précédent dans l’histoire de la librairie de France à Abidjan. Laurent Gbagbo et François Mattei peuvent se frotter les mains. L’ouvrage qu’ils ont co-écrit, «Pour la vérité et la justice » (voir ici), tient le haut du pavé, c’est-à-dire qu’il occupe le premier rang des ventes en librairie en Côte d’Ivoire. Ce livre a en effet, pulvérisé tous les records de vente. Selon la «Lettre du continent (L.C.)» qui rapporte l’information dans son édition du 17 juin 2015, le livre du détenu de Scheveningen (Cpi) s’est vendu comme de petits pains, atteignant la barre des 15.000 exemplaires vendus. «Pour la vérité et la justice », paru en juillet 2014 aux Editions du moment, représente la meilleure vente en Côte d’Ivoire, tous genres confondus», apprend la «Lettre du continent».

Selon LC, ce livre devrait recevoir prochainement le Prix de la Librairie de France, qui couronne chaque année à Abidjan, la meilleure performance commerciale dans le domaine de l’édition. Cette performance devrait rapporter à Laurent Gbagbo et François Mattei, le journaliste français, au bas mot, la bagatelle de 217 millions 500.000 Fcfa. Il faut dire que ce livre se voulait le fruit d’une très longue conversation de deux hommes qui se connaissent depuis plus d’une décennie.

LIVRE GBAGBO. POUR LA VERITE ET LA JUSTICE.jpg

L’ouvrage en question, de 320 pages, raconte, «en adoptant le point de vue de Laurent Gbagbo», ses années de pouvoir, l’élection de 2010 et la crise postélectorale, sa capture et son transfert à La Haye. Dans ce livre, l’ancien chef de l’Etat ivoirien, sans gant, a directement accusé la France officielle incarnée par Nicolas Sarkozy et l’actuel chef de l’Etat Alassane Ouattara. Laurent Gbagbo explique, à travers cet ouvrage, comment il a été capturé dans son bunker de la résidence présidentielle le 11 avril 2011.

Le «Woody de Mama» affirme, par ailleurs, que « cinquante blindés français ont pris la direction de sa résidence et l’ont encerclée». Il a soutenu, en outre, que des hélicoptères français ont mis le feu au bâtiment à l’aide de munitions incendiaires. «Des militaires français sont venus devant le portail, un de leurs chars l’a défoncé à coups de canon. Il y a eu ensuite coups de feu, des rafales, et dans la fumée, j’ai entendu : "On veut Gbagbo ! On veut Gbagbo !" (…) Je me suis levé : "C’est moi Gbagbo." Ils m’ont saisi.». Pathétique !

«Pour la vérité et la justice» sera prochainement traduit en anglais. La maison américaine Next Africa Inc. devrait le publier sous le titre "Truth and Justice".

 

Armand B. DEPEYLA

In Soir-Info N° 6212 du vendredi 19 juin 2015.

Lu sur AfriquEssor

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

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Depuis la Haye, les bonnes feuilles du livre de Laurent Gbagbo et François Mattéi

 

Il sera en vente le 26 juin. Récit des visites que rendit François Mattéi à Laurent Gbagbo dans lequel on peut le lire lui, et lire les informations de première mains recueillies par son interlocuteur auprès des acteurs de la crise ivoirienne, c’est un livre à ne pas manquer. Différents extraits sont déjà en ligne, permettant de se faire une idée, notamment sur le site Politicomag.

En avant-goût, cet extrait de Laurent Gbagbo :

J’ai prêté serment le samedi 4 décembre 2010, au Palais, après que le Conseil constitutionnel eut statué sur les recours que nous avions déposés à la suite des fraudes massives constatées dans le Nord du pays et après qu’il eut pris acte de l’incapacité dans laquelle se trouvait la Commission électorale indépendante de se prononcer dans le délai qui lui était imparti. La veille, le vendredi 3, j’ai compris que tout pouvait se terminer très mal. Le Conseil constitutionnel venait de proclamer les résultats, et me désigner comme vainqueur de l’élection. J’ai reçu le jour même un coup de fil de Sarko. Il était furieux : « Il ne fallait pas que le Conseil constitutionnel fasse ça, non, non, il ne fallait pas ! » C’est la démarche d’un fou, pas celle d’un chef d’État. Comment peut-on se permettre aujourd’hui, au XXIe siècle, d’appeler un autre chef d’État pour lui dire une chose pareille ? C’est à ce moment précis, quand j’ai raccroché, que j’ai eu le sentiment que tout pouvait déraper. Je sais que les institutions des pays africains, ils s’en fichent ! Il ne s’agit après tout que de mettre leur homme sur le trône… mais s’asseoir sur le Conseil constitutionnel d’un pays souverain, dont la Constitution est calquée sur celle de la France, avec autant de culot, comme ça, par téléphone, c’est une mauvaise blague. Ce n’est pas un chef d’État que j’ai eu au téléphone…

...

Le samedi, juste avant mon départ pour le Palais, où doit se dérouler la prestation de serment devant le Conseil constitutionnel, mon chef du protocole vient me dire qu’un message nous est parvenu indiquant que Nicolas Sarkozy a demandé que l’on s’oppose physiquement à cette investiture. J’ai décidé d’y aller quand même. Il agit comme voyou, me suis-je dit, je n’ai pas à en tenir compte. C’était du bluff, ou un avertissement…

Le lundi 6 décembre, nous avons formé le gouvernement, un gouvernement de technocrates, et nous avons commencé à travailler.

La France nous avait coupé les robinets de la BCEAO, en espérant que nous ne pourrions pas payer les salaires des fonctionnaires et honorer les factures de l’État, ce qui aurait eu pour effet de dresser la population contre nous. Sarkozy m’a intimé l’ordre de partir dans un discours fait à Bruxelles, sur un ton plus proche de casse-toi de là, pauvre c., que dans le langage maîtrisé d’un chef d’État.

Mais à la fin du mois, à partir du 22 décembre, nous avons payé tous les salaires, idem en janvier. Ils ont compris qu’ils ne nous auraient pas comme ça…

Et on me le reproche aujourd’hui… ! parce que j’ai continué à faire mon travail, et à payer les fonctionnaires. Même motif, même punition pour les mesures que j’ai prises dans le souci du maintien de l’ordre. J’ai utilisé un décret qui existe depuis 1961, et qui permet d’ouvrir la possibilité, ce n’est pas une fatalité, de mettre en état d’alerte les forces de maintien de l’ordre si la situation est telle que des incidents sont à craindre. Bref, je faisais mon métier pour assurer la sécurité de l’État et des populations, je gouvernais. C’est cela, qu’on veut faire passer pour un plan criminel… Les rebelles avaient introduit des commandos armés au cœur d’Abidjan, toute une armée. Ils devaient faire leur jonction avec les centaines de soldats rebelles, des mercenaires burkinabés pour la plupart qui étaient cantonnés à l’Hôtel du Golf, un vaste complexe situé au bord de la lagune, où se trouvaient depuis septembre, les Ouattara et les chefs rebelles.

Dès le début du mois de décembre 2010, les attaques contre la population et les forces de l’ordre ont commencé à Abidjan jusqu’à ce que la stratégie de prise de pouvoir violente par Alassane Ouattara et ses soutiens soit révélée lors de l’attaque générale et concertée, lancée dans tout Abidjan le 16 décembre 2010.

Les hommes politiques de mon parti, de mon gouvernement, mon fils même, et beaucoup d’autres, sont poursuivis en justice, et ont été emprisonnés, pour« atteinte à la Défense nationale, attentat ou complot contre l’autorité de l’État, constitution de bandes armées, direction ou participation à une bande armée, participation à un mouvement insurrectionnel, atteinte à l’ordre public, coalition de fonctionnaires, rébellion, usurpation de fonction, tribalisme et xénophobie ». Rien que ça… Ce serait seulement grotesque si cela n’entraînait pas autant de souffrances, de privations de libertés, tant d’injustices. Nous, on nous pourchasse, on nous fait passer pour des criminels. C’est le monde à l’envers.

Il y en a eu des morts, beaucoup de morts, il y a eu tant de morts. N’est-ce pas indigne de vouloir me les attribuer alors que je n’ai cessé de prôner la réconciliation ? Je craignais tellement que le pays soit définitivement coupé en deux, j’étais tellement préoccupé par le fait que la situation pouvait conduire à des tensions profondes et définitives entre Ivoiriens, que j’ai tout fait pour parvenir à une solution pacifique. J’ai accepté tous les compromis. Je l’ai souvent dit, je n’ai jamais eu d’arme, je n’aime pas les armes, je n’aime pas la guerre, je n’ai jamais fait de coup d’État… J’ai écrit des livres, Pour une alternative démocratique, Agir pour les libertés, et quelques autres. J’ai proposé aux juges de La Haye de les leur faire porter, car c’est dans ces livres que l’on peut me connaître, savoir qui je suis, quel est le sens de ma vie… J’ai toujours entendu sur mon compte des commentaires contradictoires : certains de mes amis m’ont reproché de ne pas être assez dur, et de composer, même avec les adversaires. Mais parler à tout le monde, c’est cela la politique ! Par ailleurs, mes adversaires, eux, prétendent que je serais un dictateur. Toute ma vie j’ai lutté pour la démocratie. J’ai passé des mois en prison et des années en exil du fait de ma lutte pour la démocratie. J’ai refusé le système du parti unique parce que je pensais que l’avenir de l’Afrique ne pouvait s’organiser que dans un cadre démocratique. Lorsque j’étais en exil en France, j’ai refusé les propositions d’Houphouët-Boigny qui cherchait à me récupérer. J’ai toujours joué le jeu des élections, j’ai toujours cru en la volonté populaire. Et finalement, c’est cela que l’on me reproche : être le porte-parole du peuple. Donner voix au peuple de Côte d’Ivoire. Combien sont-ils les dirigeants africains qui représentent le peuple ? Ils se comptent sur les doigts d’une main. Qui a permis à chaque sensibilité de s’exprimer ? Qui a permis aux partis rebelles d’exister sur la scène politique ivoirienne ? Qui a intégré les rebelles au gouvernement et à l’armée ? Qui a organisé les élections ? Qui a permis que Ouattara et Bédié s’y présentent, alors même qu’ils ne remplissaient pas les critères constitutionnels ? Qui a fait en sorte que tous les candidats disposent des mêmes temps de parole et des mêmes moyens ? Il me semble que j’ai toujours agi comme un véritable homme politique, soucieux du bien-être de ses concitoyens, soucieux de laisser le débat démocratique s’installer, à l’écoute des autres. Loin, très loin de ces technocrates sans âme et sans structure morale qui constituent désormais le personnel politique de votre Ve République. Pour revenir aux grandes manoeuvres d’étouffement économique, en 2011, j’ai décidé de couper les ponts avec le siège de la BCEAO, à Dakar. La technique du boa constrictor pour nous étouffer était mise en oeuvre par le patron du Trésor à Paris. [Rémy Rioux, sous-directeur aux Affaires internationales, et représentant de la France au sein de la BCEAO.]

Politicomag continue de feuilleter pour vous le livre "Pour la vérité et la justice" co-écrit par l’ex-président Laurent Gbagbo et le journaliste français François Mattei. En accord avec l’éditeur, PoliticoMag.com propose ce jeudi plusieurs extraits des chapitres-clés du livre "Pour la vérité et la justice - Côte d’Ivoire : Révélations sur un scandale français", de Laurent Gbagbo et François Mattei. Et comme le rappelle en ouverture de l’ouvrage, le texte en gras est celui de Laurent Gbagbo.

Extrait du chapitre n°15 : « Les Ouattara, ce n’est pas un couple, c’est une entreprise »

(...) Les médias n’écrivent pas l’histoire, ils n’en ont ni les moyens, ni le temps, ni la vocation. En France, peu de médias audiovisuels auront déserté l’autoroute de la pensée unique, sécrétée en haut lieu par l’Élysée de Nicolas Sarkozy. L’implication du président français a été plus marquante que celle de Jacques Chirac dans ses démêlés avec Gbagbo, entre 2000 et 2007. Question de style. Son engagement a été aussi plus personnel : l’amitié qui lie Alassane Ouattara et Nicolas Sarkozy date de plus de vingt ans.

(...) Le 24 août 1991, Alassane Ouattara épouse Dominique, veuve Folloroux, à la mairie du 16e arrondissement de Paris. « Martin Bouygues était au premier rang, se souvient Glaser, qui a assisté à la cérémonie. » Mais ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui a uni les époux Ouattara. « C’est du grand n’importe quoi cette rumeur ! » dit Antoine Glaser. Contrairement aux rumeurs persistantes qui circulent notamment sur le Web, c’est un adjoint au maire de l’arrondissement qui les a mariés. » « C’est à partir de ce mariage, raconte Le Post, que Nicolas Sarkozy et Alassane Ouattara vont cultiver leur relation sur fond de business et de politique. Via Martin Bouygues, Nicolas et Cécilia Sarkozy deviennent proches du couple Ouattara. »

L’épouse de Ouattara, Française née en Algérie, continue Le Post, devient une amie commune de Martin Bouygues et du couple Sarkozy. Elle se révèle être une femme d’affaires très influente. Elle a bâti sa fortune en gérant le patrimoine immobilier, substantiel, de Félix Houphouët-Boigny. Il est vrai que le premier président de la Côte d’Ivoire, dont la fortune s’élevait à la fin de sa vie entre 7 et 11 milliards de dollars, l’aimait beaucoup. De notoriété publique, ils étaient intimes. Un ancien collaborateur très proche de Houphouët se souvient des parties de flipper qui occupaient cer- tains de ses après-midi au café du coin quand il attendait le vieux président, en visite chez Dominique dans l’appartement qu’elle possédait avenue Victor-Hugo. Ouattara étant devenu Premier ministre, grâce à elle, le jeune couple a fondé son succès financier sur la fortune de l’ancien Président. Lui côté cuisine, elle côté jardin. Jusqu’à la mort du « Vieux », en décembre 1993. Houphouët disparut sans que l’on puisse trouver de testament écrit.

Arrivée en 1975 en Côte d’Ivoire, Dominique Folloroux occupa d’abord des emplois modestes, au bar l’Ascott, puis comme secrétaire à l’ambassade du Canada. Sa farouche détermination à s’en sortir, son charme, ses cheveux d’un blond éclatant, lui attirent très vite l’attention des hommes de pouvoir. Elle crée et développe sa société immobilière AICI (Agence immobilière de la Côte d’Ivoire) dès 1979, grâce à l’appui d’Abdoulaye Fadiga, gou- verneur de la BCEAO, qui devient, lui aussi, un ami intime. Elle récupère les biens immobiliers dont Houphouët-Boigny lui avait confié la charge, à une époque où il n’y avait aucune différence entre la caisse de l’État et la poche du chef de l’État. Elle gère ensuite le portefeuille d’Omar Bongo. Le défunt président gabonais lui confie la gestion de ses « biens mal acquis ». (...)

Le patrimoine d’Alassane Ouattara, et l’énigme de l’origine de l’immense fortune de Dominique restent donc un sujet tabou, qui ne passionne pas les foules. La grande presse ne s’en préoccupe pas. Citant un « ancien conseiller Afrique de l’Élysée » dans le livre Reines d’Afrique : le roman vrai des Premières dames : « [...] il se peut que Dominique ait mis la main sur une partie du grisbi d’Houphouët. C’est du moins ce qu’affirment certains héritiers qui se disent spoliés. » Il est vrai que, en 1993, à la mort de Houphouët, on ne parlait pas encore de biens mal acquis. Seule une biogra- phie complète de Dominique et Alassane Ouattara pourrait démêler les fils dorés tissant leur histoire commune, et dire l’origine de leur fortune et de leur success-story. Les éléments qui existent permettent cependant d’en dessiner quelques contours.

Sur les liaisons prêtées à Dominique Nouvion-Folloroux après le décès de son mari, on a tout dit. Elle a tout nié. Que la jeune veuve blonde se soit retrouvée propulsée à la tête d’une affaire immobilière dotée du patrimoine du chef de l’État n’étonnait pas les proches du président ivoirien. Selon Michel de Bonnecorse, conseiller Afrique de l’Élysée, Houphouët fut très affecté quand Dominique jeta son dévolu sur Alassane Ouattara, puis l’épousa : « Jacques Chirac l’a vu pleurer. [...] De là vient sans doute la méfiance que lui inspira toujours Ouattara, tenu pour celui qui a piqué la femme d’Houphouët. » Dominique Ouattara jure que ces ragots « l’ont tuée », et qu’elle « aimait beaucoup Houphouët », qui la considérait comme « sa fille ».

Avec habileté, les Ouattara sauront se faire des amis utiles : de Michel Camdessus, directeur général du FMI pendant quinze ans, à Martin Bouygues, ou George Soros, célèbre milliardaire et spéculateur : Dominique Ouattara m’a dit elle-même que c’était un de leurs amis proches. Le statut de haut fonctionnaire du Fonds monétaire international d’Alassane Ouattara lui permet de dis- poser d’un cercle d’amis puissants, optimisé par le travail intense de relations publiques de Madame. Cette alchimie donne au couple tous les atouts. Dominique Ouattara communique beaucoup à travers sa fondation Children of Africa, dont la marraine, la princesse Ira von Fürstenberg, et les invités, tous bénévoles, prétend la fondation, comme par exemple Alain Delon, Adriana Karembeu ou MC Solaar, se sont déplacés jusqu’à Abidjan, pour un dîner de charité, le 24 février 2012 à l’Hôtel Ivoire. Le 14 mars 2014, on s’éclate encore à Abidjan. « Maman Dominique », comme l’appelle un article du Figaro daté du vendredi 21 mars 2014, a fait venir un nouveau charter de célébrités, pour un gala de bienfaisance. Il s’agit cette fois de financer la construction d’un hôpital pour enfants de cent quinze lits, à Bingerville, à dix-huit kilomètres d’Abidjan. (...)

Tous les connaisseurs s’accordent à reconnaître à Dominique Ouattara un rôle central dans l’ascension de son mari, et dans son accession au pouvoir, obtenant la nomination de ce dernier à la direction de BCEAO, puis à la Primature. Elle contribue à lui construire un glamour propre à lui attirer toutes les sympathies, qu’elle véhicule dans les médias français. Son continuel travail de relations publiques donne au début de règne de son époux en Côte d’Ivoire un ton très international, bien qu’un peu clinquant. Par ailleurs, classée parmi les vingt-cinq business women les plus influentes du continent par le magazine Jeune Afrique en 2013, l’actuelle Première dame a fondé un groupe très puissant de salons de coiffure, et produits aux États-Unis, géré sous licence de la marque Dessange. Sa sœur, sa fille, son fils sont dans les affaires familiales. Rappelons que Loïc Folloroux fut aussi direc- teur Afrique du groupe anglo-saxon Armajaro, spécialisé dans le commerce du cacao, jusqu’à fin 2013. À ce titre, il eût son mot à dire lors de la nouvelle répartition des bénéfices du cacao à la chute du président Gbagbo. Quant à Ibrahima, véritable sosie de son frère Alassane (d’où son surnom de « Photocopie »), il s’apparente à une sorte de président bis, affecté à la gestion des budgets, et à leur répartition. Les Ouattara, ce n’est pas un couple, c’est une entreprise, commente Gbagbo avec un sourire.

Dominique Ouattara, comme son mari, manie assez bien un langage très policé aux accents de vérité. Un discours qui dit à peu près le contraire des réalités qu’il véhicule. Elle affirme, par exemple, avoir consenti à un grand sacrifice en abandonnant ses affaires dès qu’elle est devenue Première dame. La confusion des genres, très peu pour elle ! Il faut naturellement relativiser son « sacrifice », en précisant qu’à travers quelques inconditionnels et historiques collaborateurs, et surtout les membres de sa famille, elle reste au centre d’un dispositif tentaculaire, qu’elle peut sur- veiller de son cabinet de Première dame, où elle dispose d’une quarantaine de collaborateurs.

Avec Elisabeth Gandon, fidèle entre les fidèles cumulant désormais la direction de Malesherbes Gestion – un bureau de syndic d’immeubles de 250 portefeuilles à ce jour –, celle de l’agence immobilière AICI (avec Nathalie Folloroux-Bejani, fille aînée de la patronne) et figure au conseil d’administration de Children Of Africa, on voit que Dominique n’est jamais loin. Les vases communicants entre les diverses composantes de la galaxie sont assurés. Son fils Loïc ayant quitté le business du cacao, il s’occupe maintenant de diriger le réseau de Radio Nostalgie en Afrique, autre propriété de sa mère. Sa sœur Nathalie, en plus de ses fonctions dans l’immobilier, le seconde.

Quant au gendre de Ouattara, Benedict Senger époux de Fanta Catherine Ouattara-Senger (fille d’Ado), il s’est vu attribuer par gré à gré en 2013 une série de contrats de contrôle des douanes, ports et aéroports, avec sa société Webb Fontaine. Une société enregistrée à Dubaï, avec siège social à Genève. En mars 2014, une mission du FMI en Côte d’Ivoire a pointé du doigt la gestion de cette société et les impor- tantes pertes de recettes qu’elle aurait engendrées pour l’État : 46,36 milliards de francs CFA (70 millions d’euros) manqueraient à l’appel dans les prévisions comptables de la douane ivoirienne.

« Dans la famille Nouvian, les frères [...] Patrick est médecin généraliste à Hyères [Var]. Marc, cinquante-trois ans, a fondé en 2012 [un an après l’élection de son beau-frère Ado à la présidence !] la Sonecei, société de négoce international spécialisé dans le commerce de fèves de cacao (dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial) avec sa sœur Noëlle. Quant à Philippe, quin- quagénaire lui aussi, il a certes quitté la direction de la filiale gabonaise d’AICI, mais préside aux destinées du cabinet Gecmo, rompu aux secrets de ma maîtrise d’ouvrage, de la gestion immobi- lière. C’est à lui qu’échurent notamment le pilotage de l’appel d’offres de l’hôpital de Bingerville, si cher à son aînée, ainsi que le suivi des travaux de rénovation de la présidence. » De la charité au business familial, la boucle est bouclée. Honni soit qui mal y pense... (...)

François Loncle, ancien ministre socialiste, député de l’Eure, s’est exprimé sur les « manœuvres » qui ont contribué à semer le trouble au sein du Parti socialiste sur le dossier de la Côte d’Ivoire, et l’ont fait basculer contre Laurent Gbagbo. Un autre aspect de l’action des Ouattara avant son arrivée au pouvoir. Selon lui, le lobbying intense de Dominique Ouattara, « parvenue à ses fins grâce à sa fortune colossale », dit-il dans une série d’entretiens enregistrée et diffusée sur Internet par la documentariste Nico- letta Fagiolo, aura fait la différence.

François Loncle mentionne le nom de socialistes pro-Ouattara notoires. Par exemple, l’actuel ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, ou Dominique Strauss-Kahn. Ces réseaux amicaux qu’on su tisser les Ouattara expliquent peut-être les refus réitérés, opposés aux tentatives de constitution d’une commission d’enquête sur les agissements de la France en Côte d’Ivoire proposée par le communiste Alain Bocquet. Ou bien encore Jean- Marc Ayrault. Il s’agissait alors d’éclaircir le rôle de la France et de son armée dans le coup d’État lancé contre Gbagbo en sep- tembre 2002. Ne rêvons pas : la transparence dans les relations entre la France et l’Afrique est encore une vue de l’esprit.

« Sarkozy a surtout connu Ouattara en 1993 au moment de la dévaluation du franc CFA », raconte Antoine Glaser. Le chef du gouvernement ivoirien a en effet aidé le Premier ministre français dans cette opération. Ouattara a alors dû traiter avec le ministre du Budget de l’époque, Nicolas Sarkozy.

« En 1997, Nicolas Sarkozy effectue son premier voyage en Côte d’Ivoire. Il y accompagne Martin Bouygues en tant qu’avocat d’affaires pour rencontrer à Abidjan Henri Konan Bédié [président ivoirien de 1993 à 1999] et défendre les contrats noués par son ami dans le pays, témoigne Gilles Labarthe. Ouattara est alors un ami personnel de Sarkozy. Il a intégré ses cercles familiaux et il est possible qu’ils se soient vus lors de cette visite plus économique que politique. »

Ensuite, entre Ouattara et Sarkozy, les liens deviendront de plus en plus étroits. « Quand Sarkozy était ministre de l’Intérieur, avec Cécilia, ils ont reçu le couple Ouattara à plusieurs reprises, précise Antoine Glaser. Et depuis qu’il est devenu président en 2007, Ouattara est passé prendre l’apéro à l’Élysée au moins quatre ou cinq fois », affirme encore le journaliste.

En août 2011, le président Sarkozy se repose dans la villa appartenant à la famille de sa nouvelle épouse, Carla Bruni, au Cap Nègre sur la Côte d’Azur. Il fait une exception à leur isole- ment estival pour le couple Ouattara, qui est reçu à dîner. Le 25 janvier 2012, le président Ouattara est invité en visite d’État en France. Toute la pompe républicaine lui est réservé : la garde républicaine à cheval accompagne le couple de son arrivée aux Invalides, après un transport par hélicoptère depuis l’aéroport, jusqu’à son hôtel. Pour le Nouvel An 2013, c’est au tour de Nicolas et Carla Sarkozy d’être reçus, en privé, par les Ouattara dans leur splendide propriété de bord de mer, à Assinie, un petit paradis situé quelques dizaines de kilomètres à l’Est d’Abidjan. Cette intimité ne s’est jamais démentie, même dans les mauvais moments. Sous le choc de sa défaite électorale du 6 mai 2012, Sarkozy voit un seul chef d’État accourir à l’Élysée pour le réconforter : Alassane Ouattara. D’après Alpha Condé, le président de Guinée-Conakry, Ado n’a tout de même pas fait le voyage pour rien... Condé s’indigne de n’avoir toujours pas reçu les 5 millions d’euros que la France lui a promis. Alors que, affirme-t-il dans le magazine Challenge, Alassane Ouattara « qui a rendu une visite privée à Sarkozy au lendemain de sa défaite, serait reparti avec 150 millions ». Le président guinéen ne sera démenti par personne.

De la même façon, les deux hommes laissent libre cours aux déclarations incendiaires d’El Hadj Abou Cissé, régulièrement reproduites par la presse ivoirienne. Dans son pays, cet homme intenable a la réputation de tout savoir de l’intimité de Ouattara. Comme il l’a souvent raconté, tel le griot de la saga Ado, il est son oncle, non par le sang, mais « à l’africaine ». Sa sœur, Nabintou Cissé, mariée à un Burkinabé – l’oncle biologique de Ouattara – vivait à Dimbokro, en Côte d’Ivoire, et elle se serait vue confier le petit Alassane Dramane lorsqu’il était devenu orphelin de mère. D’après lui, Il serait venu au monde, dans le village de Sindou, au Burkina, en décembre 1941 – et non à Dimbokro, ou à Kong, en Côte d’Ivoire, comme il est porté sur un second acte de naissance, falsifié pour les besoins de l’élection de 1995 – où il a été élevé jusqu’à ce que son père vienne le récupérer, à l’âge de six ans. Ce qui expliquerait qu’il n’y ait pas trace de la jeunesse de Ouattara en Côte d’Ivoire, puisqu’il a suivi sa scolarité et ses études à Ouagadougou, au Burkina, puis, grâce à une bourse, aux États-Unis, ainsi que ses débuts professionnels, sous nationalité burkinabé, loin de la Côte d’Ivoire. « Tout Ivoirien fait en permanence référence à son village, y retourne souvent, et y construit sa maison », disent les adversaires de Ouattara. « Lui ne le fait pas, parce qu’il ne le peut pas. »

(...) Déchaîné depuis le transfert de Gbagbo à La Haye, qu’il trouve honteux, il ne cesse d’attaquer publiquement celui qu’il appelle « le mendiant d’Abidjan ». Laurent Gbagbo connaît depuis long- temps Abou Cissé, sans l’avoir jamais fréquenté.

[Laurent Gbagbo] Je ne crois pas qu’un autre aurait agi avec autant de brutalité. Sarkozy, c’est quelqu’un qui n’a pas de recul sur les événements. Je me souviens d’une interview que j’ai donnée au journal Le Figaro, le 27 janvier 2011 en pleine crise post-électorale. Il m’a téléphoné le lendemain, très énervé, comme si je m’étais adressé directement à lui, pour me répondre... Si j’avais voulu lui parler, je l’aurais fait. Ce n’était pas mon intention, mais il ramène tout à lui. J’avais le sentiment qu’il traitait tout ce qui concernait la Côte d’Ivoire comme une affaire personnelle, privée...

Il était l’ami de Ouattara, et il ne m’aimait pas, je l’ai toujours su. Je lui avais fait l’affront de ne pas accepter son invitation au sommet France-Afrique de juin 2010 à Nice, et aux festivités du 14 Juillet « pour fêter le cinquantenaire des indépendances » (quelles indépendances ?) africaines, avec défilé des troupes africaines sur les Champs-Élysées. Je suis le seul président africain qui manquait à l’appel. Il s’est vexé. C’est qu’il ne prend pas le temps de réfléchir. J’avais mes raisons : comment se fait-il que soient invitées des troupes ivoiriennes et un président qui sont accusés par les Autorités françaises d’avoir à Bouaké, en novembre 2004, provoqué la mort de neuf soldats français dans un bombardement. Qu’on m’explique ! L’armée française, elle, a massacré des dizaines de manifestants civils dans les heures qui ont suivi dans les rues d’Abidjan. Nous avions donc à avoir quelques discussions, et à faire quelques mises au point, avant d’aller parader à Paris. L’incohérence de Sarkozy m’a étonné. C’était une raison supplémentaire d’avoir ma peau.

 

Laurent Gbagbo et François Mattéi, Pour la vérité et la justice, p. 232 et suite.

 

Source: AEUD.INFO

vendredi, 12 juin 2015

FRANC CFA: UN MINISTRE TOGOLAIS SUR LA SELLETTE

MINISTRE TOGOLAIS SUR LA SELLETTE. FCFA.jpg

 

L’affaire fait grand bruit dans les sphères économiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) : un ministre togolais est en pleine tourmente pour avoir mis en cause la conduite de la politique monétaire dans la zone CFA.

Le ministre togolais chargé de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques conservera-t-il son poste dans le nouveau gouvernement que doit former Komi Sélom Klassou, après la polémique suscitée par sa critique de la politique monétaire de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ?

Agrégé en économie formé à l’université Lyon-II, Kako Nubukpo a été macroéconomiste et chef de service au siège de la BCEAO à Dakar (Sénégal) entre 2000 et 2003, il a été nommé en octobre 2013 au sein du gouvernement togolais pour suivre et évaluer l’ensemble des politiques publiques du pays. Au cours de conférences publiques sur l’économie tenues à Lomé (Togo) en février et mars 2015, le ministre a suggéré que de nouvelles mesures soient prises pour favoriser la croissance dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Dans son viseur : les réserves de change que déposent les deux banques centrales BCEAO et BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) auprès du Trésor public français pour assurer la parité du franc CFA avec l’euro.

La règle voudrait que ces réserves de change puissent couvrir au moins 20 % de l’émission monétaire effectuée par les deux banques centrales. Mais, souligne le ministre, « dans les faits, le taux de couverture avoisine 100 % depuis des années ». D’où la nécessité, selon lui, de puiser dans cette marge de 80 % pour accorder des crédits aux petites et moyennes entreprises.  Si une telle solution était adoptée, estime Kako Nubukpo, les pays de la région pourraient connaître une croissance économique annuelle supérieure à 10 %.

Réactions 

Des documents internes à la BCEAO, qui ont fuité dans les médias, révèlent les remous suscités au sein de l’institution par les sorties du ministre togolais. Une note rédigée par Kossi Tenou,  directeur national pour le Togo de la BCEAO a ainsi porté à la connaissance du gouverneur de cette institution, l’Ivoirien Tiémoko Meyliet Koné, « les critiques formulées par Kako Nubukpo à l’encontre de la BCEAO ».

Des observations inscrites en annexes par des chefs de services indiquent qu’il « s’agit d’un acharnement sur la politique monétaire plutôt que de contributions pour l’amélioration des politiques publiques de l’État ». L’un d’eux a souhaité que le ministre soit rappelé « à l’ordre pour éviter à l’avenir qu’il continue de formuler des critiques qui n’ont aucun lien avec les objectifs poursuivis lors des colloques au cours desquels il intervient ».

Positions

Les propositions du ministre togolais rejoignent pourtant des positions adoptées par plusieurs acteurs de la finance africaine, à l’instar de Jean-Louis Ekra, président de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), qui a émis le souhait qu’une partie des réserves des banques centrales africaines soit mobilisée pour accompagner les économies du continent.

L’économiste bissau-guinéen Paulo Gomes a lui aussi plaidé en faveur d’un changement de politique monétaire au sein de la zone Uemoa. Le « Fonds Afrique 50 » de la Banque africaine de développement (BAD), qui a démarré en 2014, recommande également la mobilisation d’une partie des réserves de change des banques centrales pour financer les infrastructures sur le continent.

Le président Faure Gnassingbé cèdera-t-il aux pressions en limogeant son ministre de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques ? Réponse dans quelques jours avec la publication de la nouvelle équipe gouvernementale au Togo.

 

Source: JEUNE AFRIQUE

mercredi, 03 juin 2015

GBAGBO A EU SES 70 ANS: LE VIBRANT HOMMAGE DE CHARLES BLE GOUDE

 

LAURENT GBAGBO ET CHARLES BLE GOUDE.jpg

 

Gbagbo a eu ses 70 ans, dimanche 31 Mai 2015 à La Haye.

Le vibrant hommage de Blé Goudé à Gbagbo.

(…en politique, il n’existe pas de victoire ou d’échec définitif : tout est mouvement !)

 

Les partisans du président Laurent Gbagbo, à la faveur de ses 70 ans qu’il vient d’avoir depuis la prison de La Haye, ce 31 mai, lui ont rendu un hommage mérité pour ses actions en faveur de la démocratie en Côte d’Ivoire et en Afrique. Son voisin de cellule Charles Blé Goudé, qui partage son quotidien, n’est pas resté en marge de cette dynamique. Dans une adresse dont Le Nouveau Courrier a reçu copie, il a magnifié une icône dont la jeunesse africaine s’inspire du combat.

 

Excellence Monsieur le président,

Aujourd’hui dimanche 31 mai 2015,vous célébrez la soixante-dixième année de votre passage sur la terre des Hommes. Voici encore un autre 31 mai que vous célébrez entre quatre murs pour la quatrième fois consécutive depuis le 11 avril 2011, loin des personnes qui vous sont chères et pour qui vous comptez. Un passage sur terre plein de peines, de douleurs et de privations. Mais un passage surtout plein de valeurs, d’expériences et d’enseignements. Aux coups durs de la vie, vous avez survécu au point que le nom Gbagbo Laurent se confond désormais avec l’histoire de la Côte d’Ivoire et celle de l’Afrique. N’en déplaise aux myopes politiques qui se contentent de regarder sans jamais voir ! Plus des trois quarts des 70 années que vous fêtez aujourd’hui ont été consacrées au combat pour les libertés et la justice sociale. Pour sauver la vie de vos concitoyens, vous avez sacrifié votre vie. Même certaines formations politiques qui vous jettent aujourd’hui l’anathème vous doivent leur naissance et leur survie face à la répression et autres persécutions auxquelles les soumettaient leurs nouveaux alliés d’aujourd’hui. Ainsi va la vie ! Ce n’est donc pas faux quand un soir vous m’aviez dit :

«Saches jeune homme qu’un leader ne peut pleinement être heureux en sachant que tant d’hommes sont dans le malheur sans qu’il puisse se soucier de ne rien faire pour les aider. Le leader doit se réveiller à des heures qui ne lui conviennent pas, parler à des gens qui ne lui apportent rien, consentir des sacrifices sans rien attendre en retour.»

Mais le conseil qui m’a le plus fait réfléchir toute une nuit reste à jamais cette phrase que vous m’avez lancée à la fin d’une journée où vous m’aviez fait l’honneur de me raconter les pires humiliations que vous ont fait subir vos geôliers pendant votre détention à Korhogo. Face à mes larmes que je n’ai pas pu retenir ce jour, juste avant que les gardes nous enferment chacun dans sa cellule, me tapotant sur l’épaule en guise de consolation, vous m’avez dit :

«Le plus jeune, tu veux cuire du pain ? Alors n’oublie jamais que dans un four ouvert, le pain ne cuit jamais

prison de la haye,gbagbo a eu ses 70 ans: le vibrant hommage de blé goudé,gbagbo a eu ses 70 ans,dimanche 31 mai 2015 à la haye,le vibrant hommage de blé goudé à gbagbo

Toute la nuit durant, je me suis posé toutes les questions existentielles que beaucoup de personnes dans ma situation ont dû se poser avant moi depuis la nuit des temps ou doivent certainement continuer à se poser. Au regard des largesses et de la générosité dont vous avez fait montre en faveur de vos opposants d’hier devenus vos bourreaux d’aujourd’hui, dois-je continuer de croire que l’on récolte ce que l’on a semé ? Président, avez-vous vraiment semé toute cette méchanceté dont vous êtes aujourd’hui victime ? Tout comme les plans les mieux conçus ne sont jamais a l’abri d’une faille que peut commettre un simple mortel contre les caprices de la nature, trop d’eau, un peu d’eau ou pas assez et vous passez du malheur au bonheur ou vice versa. Le rôle de l’homme dans la  semence a-t-il vraiment un impact sur la qualité de la moisson ? Même s’il est vrai que la nature n’est pas encore parvenue à transformer les grains de gombo que vous avez semés en tige de tomate, est on bien certain de récolter un jour du gombo parce que l’on a semé du gombo ? Président, perdu dans ces réflexions drôlement philosophiques qui n’ont pour but en fin de compte que d’apporter plus de mélancolie dans cette triste existence carcérale, j’étais impatient qu’il fessât jour pour vous retrouver afin de m’abreuver à cette source intarissable de connaissances dont vous êtes le détenteur exclusif.

Le matin venu, comme réponse aux questionnements qui ont occupé la place de mon sommeil toute la nuit, vous m’avez, sourire aux lèvres, dit de considérer qu’il nous arrive des moments où la vie ressemble souvent à un arbre qui se vide sa sève. Pendant ces moments où la réalité et nos convictions se livrent un véritable combat, les difficultés nous plongent dans la tentation d’emprunter des raccourcis pour échapper aux responsabilités de l’histoire. Mais la conscience que nous avons de nos devoirs nous oblige à puiser en nous-mêmes pour venir à bout de ces obstacles afin de faire aboutir nos objectifs de départ.

Pour finir, vous m’avez dit que le monde s’apprête à faire le deuil d’une époque. Ainsi, les derniers coups de griffes d’une panthère agonisante faisant très mal, nous devons tenir. Alors que la justice burkinabé vient d’ouvrir le dossier sur l’assassinat de Thomas Sankara, l’ex président Blaise Compaoré se trouve en exil en Côte d’Ivoire. En Egypte, alors que l’ex Président Moubarak et sa famille sortent de prison, Mohamed Morsi vient d’être condamné à vie. Eh bien, Président, vous n’avez pas du tout tort ! Un simple regard sur les récents évènements sur notre continent suffit à conclure qu’en politique, il n’existe pas de victoire ou d’échec définitif : tout est mouvement !

Merci président !

Merci pour nous !

Merci pour les peuples de Côte d’Ivoire et d’Afrique !

 Merci pour toute cette jeunesse africaine qui partout sur le continent est aujourd’hui en lutte, s’inspirant de votre combat !

 Vous êtes certes entre quatre murs, mais monsieur le président, vos idées planent sur toute l’Afrique et se sont enracinées en chaque jeune Africain. De vous, nous sommes et nous resterons toujours fiers. Cet autre icône et combattant de la liberté, fierté à vie de l’Afrique, Nelson Rolihlahla Mandela a eu raison de dire que « les chaînes du corps sont les ailes de l’esprit ».

Joyeux anniversaire, président !

Joyeux anniversaire papa !

 

Fait à La Haye,le 31 Mai 2015

 

Votre voisin de cellule

Charles Blé Goudé

Président fondateur du COJEP

(In Le Nouveau Courrier N° 1284 du 1er juin 2015)

vendredi, 27 mars 2015

CRISE IVOIRIENNE - GILDAS LE LIDEC: UN TEMOIGNAGE ACCABLANT POUR LA FRANCE ET L'OCCIDENT

 

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Interview de Gildas LE LIDEC ambassadeur de CI 2002-2005 par Nicoletta Fagiolo mise en ligne le 27 février 2015 sur le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=LJLI01pOETI

Avant même de vous inviter à écouter ce témoignage accablant pour les dirigeants français et occidentaux ou à la lire (elle est en grande partie retranscrite ci-dessous), nous exigeons que Gildas LE LIDEC soit cité comme témoin à décharge dans le procès pendant de Laurent GBAGBO et Charles Blé GOUDE ainsi que dans les procès politiques de toutes les personnalités jugées pour leurs responsabilités prétendues dans la crise post-électorale tandis que les vrais bourreaux du peuple ivoirien eux continuent de sévir aux responsabilités en toute impunité . Et qu'on ne vienne pas nous parler d'immunité diplomatique ou autres paravents des crimes d'Etat car c'est bien de crimes contre l'Humanité dont il est question. Vous savez ces crimes que la Cour Politique Internationale avait vocation à connaître afin que les coupables soient punis par une justice internationale équitable et universellement reconnue... Mais c'était avant que cette institution porteuse d'espoir sur le papier ne devienne le bras judiciaire de l'Ordre des Nantis Unis qui nous dirigent et spolient les peuples de leur droit à disposer d'eux-mêmes.

Dans cette incroyable vidéo d'un ambassadeur décomplexé de la Françafrique qui a néamnmoins le courage de reconnaître tout haut ce que toutes les instances décisionnaires complices de l'installation par les armes de OUATTARA passent leur temps à occulter quitte à se débarrasser par tous les moyens des témoins gênants :

- On redécouvre que SORO est connu comme un violent, sanguin qui dès 2003 proposait de se débarrasser physiquement de GBAGBO via un coup d'état militaire qu'il proposait de faire avec la FRANCE qui devait lui livrer les armes pour se "débarrasser" de GBAGBO. On reconnaît tout le mépris à peine voilé des dirigeants occidentaux fussent-ils des amis prétendus de l'Afrique : « Mais oui, ils disent tous n’importe quoi, tout le monde peut dire tout et son contraire, c’est l’Afrique, c’est la politique, non, non… Je n’attache pas plus d’importance… Ce n’était pas réellement…un plan… C’était une phrase comme ça… Mais combien de phrases ai-je entendu comme ça en Afrique qui ne portent pas conséquence plus de deux heures après…» ;

- Gildas LE LIDEC, ambassadeur français en CI de 2002 à 2005 reconnaît également les massacres de novembre 2004 qu'il justifie d'une phrase incroyablement anachronique et impérialiste : « C’était Dien Bien Phu qui recommençait en 2004 à ABIDJAN ». Il admet que la FRANCE a fait tuer ses propres soldats à BOUAKE pour justifier l'anéantissement de la flotte aérienne du régime légal de Laurent GBAGBO.
« Et puis on n’a jamais vu des militaires français tuer d’autres militaires français … Ca c’est quand même osé !" ;

-Gildas LE LIDEC réitère très clairement que la FRANCE et la Communauté Internationale ont tout fait pour installer OUATTARA par la force au pouvoir ;

- Il considère que si GBAGBO est en prison à LA HAYE, alors tous les dirigeants africains devraient y être ainsi que SARKOZY !

C'est vous dire la portée des aveux d'un ancien ambassadeur de Côte d'Ivoire qui croit tellement à l'impunité de la FRANCE en particulier et de l'OCCIDENT en général dans le pillage de l'hémisphère sud et la négation du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes qu'il peut se permettre de tout dire y compris qu'en 2004 la FRANCE a tiré sur une foule au mains nues après avoir assassiné des soldats français ! Quand on a contribué à un tel niveau à renverser un régime certes imparfait mais démocratique pour installer un régime illégitime et démocratique, on n'a pas seulement le devoir de parler, on a celui de réparer le préjudice que l'on a causé à autrui et si ce n'est d'y parvenir, au moins d'essayer !


 

RETRANSCRIPTION QUASI INTEGRALE :


"La Force Licorne est arrivée en CI sans que l’ambassadeur en soit informé. Protection de OUATTARA pour sa sécurité… A quel titre ?"

« Mettez une camionnette et des munitions. Vous me dites juste l’endroit et on se charge du reste » Guillaume SORO ;

« Mais oui, ils disent tous n’importe quoi, tout le monde peut dire tout et son contraire, c’est l’Afrique, c’est la politique, non, non… Je n’attache pas plus d’importance… Ce n’était pas réellement…un plan… C’était une phrase comme ça… Mais combien de phrases ai-je entendu comme ça en Afrique qui ne portent pas conséquence plus de deux heures après…»

Parlant de Pierre MAZEAUD, « il était tombé amoureux de SORO ; il était très proche de SORO »

Sur les rebelles et la crainte qu’ils inspiraient. « Moi j’ai accompagné, j’ai été très ambassadeur de terrain et grâce d’ailleurs aux Généraux, grâce aussi bien à Emmanuel Beth, à Joana qu’à Poncet j’ai pu me rendre avec les généraux français dans les territoire sous rébellion. Je dois vous avouer que j’ai vu des gens, des COMFOR comme ils appellent ça qui étaient totalement hirsutes avec des grigris dans le nez,… Et j’étais très très très content d’être protégé par les forces spéciales françaises, parce que j’ai eu peur. Alors dire que ces gens là appartiennent maintenant à la force républicaine de CI, il aurait fallu qu’ils se transforment considérablement et qu’ils aillent à l’Université pour apprendre ne serait-ce qu’à lire »

Pour justifier le bombardement de la foule et la fusillade de l’Hôtel Ivoire de novembre 2004 : « C’était Dien Bien Phu qui recommençait en 2004 à ABIDJAN »

« Et puis on n’a jamais vu des militaires français tuer d’autres militaires français »… Ca c’est quand même osé !

Gildas LE LIDEC parle de chars en position de guerre, c’est-à-dire l’opercule ouverte au niveau du canon devant la résidence présidentielle, vingtaine ou trentaine de chars (commandés par DESTREMEAU) dont il ne comprend pas la présence à cet endroit rue du bélier tout prêt de la Résidence présidentielle.

« Le lendemain, ils montaient le piège, c’est-à-dire recommencer Tian’anmen. »

« Je suis d’accord un petit peu avec ce que les gens disent. La presse a certainement joué un rôle pro-OUATTARA. Mais déjà dans l’esprit des dirigeants français, on était pro-OUATTARA. Parce que OUATTARA présentait mieux que GBAGBO. D’abord il avait été fonctionnaire international. Il parlait bien anglais. Il connaissait bien SARKOZY. OUATTARA était un peu programmé. Pas pour CHIRAC. Il n’aimait pas OUATTARA. Pour CHIRAC la CI s’était arrêtée à FHB. CHIRAC n’est pas dans le complot pro-OUATTARA parce qu’il se méfiait tout autant de OUATTARA que de GBAGBO. Mais SARKOZY, ça ne fait aucun doute.

SARKOZY était totalement, totalement pro-OUATTARA. […] Certainement les journalistes ont nourri la haine contre GBAGBO et puis ce sentiment pro-OUATTARA, c’est sûr. GBAGBO a fait peur. Et c’est pour cela que je ne comprends pas très franchement : si quelqu’un comme Laurent GBAGBO est à cause de ce qu’il a fait devant la CPI de LA HAYE, à mon avis tous les chefs d’Etat africains doivent y être. Et beaucoup de chefs d’Etat européens. Pourquoi pas mettre SARKOZY compte tenu de beaucoup de choses qui se sont passées ou BERLUSCONI ou… Pourquoi c’est réservé aux Noirs et pas aux Blancs ? GBAGBO fait peur et il n’a pas raison de faire peur. Y a pas de raison qu’il soit à LA HAYE. Pour moi il n’y a pas de raison qu’il soit à LA HAYE. TAYLOR oui. Il est socialiste me dit CHIRAC. Mais monsieur le Président, il est socialiste comme moi je suis Archevêque de CANTURBURRY, un socialiste en Afrique, bon, il est membre de la chaîne des rôtisseurs, du club Air France 2000, ça ne veut rien dire d’être socialiste. Il fait partie de l’Internationale socialiste… L’Internationale socialiste, ça ne veut rien dire. Y a une mésentente… Y’a un énorme quiproquo sur l’image de GBAGBO.

Parce que GBAGBO est un homme extrêmement courtois, extrêmement drôle, extrêmement éduqué qui peut vous faire du charme. Il peut vous faire du charme, vous embarquer… Alors est-ce que c’est la méfiance des gens ? Non le Parti Socialiste français a été très mauvais dans cette affaire-là. Ils se sont totalement trompés. Ils ont eu peur. Le lobby OUATTARA a dû jouer oui. Non il a toujours été occupé à se défendre de la politique intérieure. J’ai rarement discuté avec GBAGBO de problèmes de fond. […] Je n’ai jamais eu en face de moi un chef d’Etat en train de régner. C’était un chef d’Etat en Défense perpétuelle ou en attaque perpétuelle ! En Défense parce qu’il était attaqué, ça c’est sûr.

« Dans cette évolution de la Côte d’Ivoire, vous avez des grands points d’interrogation, des zones d’ombre totale :

- Qu’est-ce qui s’est passé fin septembre 2002 qui fait que Renaud VIGNAL retourne complètement sa veste alors qu’il est le meilleur défenseur de GBAGBO pour être son principal accusateur ? Et à ce moment-là, il vit jour et nuit avec le couple OUATTARA à 60m de GBAGBO… C’est quand même une situation absolument étonnante ;

- Qu’est-ce qui s’est passé réellement avec l’Opération Dignité ? Est-ce que ça a été un échec cuisant pour GBAGBO ? Est-ce que ça a été une victoire avortée ? GBAGBO dit dans son livre qu’il a pris un hélicoptère qu’il est allé demander aux militaires de se calmer. Je n’en crois pas un mot. Je n’ai jamais vu GBAGBO dans un hélicoptère. Il avait peur de l’avion. Il est terrorisé par les avions. […] Et qui a tiré sur les Français ? […] Lors de son dernier repas avec GBAGBO, Gildas LE LIDEC me dit « mais, c’est pas moi. Quel intérêt j’aurais eu de faire ça ? »

Nicoletta interroge Gildas LE LIDEC sur le rôle des Israëliens. Relisez le dernier livre de Pierre Péan conseille Gildas LE LIDEC. D’après lui ça a beaucoup aidé les rebelles. […] « Quand vous voyez Wattao, etc. ces types hirsutes etc., qui aujourd’hui devraient être à LA HAYE. Tous ces gens-là devraient être à LA HAYE. Si on met GBAGBO, il faut mettre tous ces KOMMANFOR, tous ces KOMFOR à qui OUATTARA a donné une totale impunité. Aujourd’hui ils ne sont pas inquiétés. C’est ça qui rend la farce de LA HAYE totalement inutile et totalement scandaleuse, totalement euhhh déséquilibrée. Mais de fait, le nom de OUATTARA avec ce qu’il représente de sérieux, fonctionnaire FMI, bien sur sa personne, etc. a donné un petit peu ses lettres de noblesse aux rebelles. C’est-à-dire se référant à OUATTARA, effectivement, les rebelles ont peut-être été plus facilement acceptés. » « Quand est-ce qu’ils ont fait ce lien ? » demande Nicoletta – « Très vite » répond Gildas LE LIDEC, « à MARCOUSSIS il était presque fait ce lien…Oui oui, il était fait à MARCOUSSIS.

C’est sorti très vite. SORO est sorti comme un fantôme. On ne savait pas d’où il sortait. Il venait de la FESCI SORO. En fait c’est un élève dont GBAGBO a été le Professeur qui est passé ensuite du côté des rebelles, qui est repassé du côté de GBAGBO qui est repassé maintenant du côté de OUATTARA. C’est pour cela que je déteste ce type. C’est un traître. Mais c’est ça. […] Rien n’a changé… Aujourd’hui rien n’a changé. Il y a eu… la CI a perdu 4 ans/5 ans pour rien. La situation est à peu près identique. Il n’y a plus de ligne de confiance mais enfin, il y a une ligne de pauvreté qui est évidente. » Nicoletta rappelle qu’il y a encore au moins 700 prisonniers politiques, le génocide dans l’Ouest. Gildas LE LIDEC répond que c’est pour cela qu’il aime bien les communiqués de victoire de l’Armée française ou du Ministre français de la Défense qui disent « ça y est, nous avons gagné au MALI et nous sommes en train de gagner en République centrafricaine. C’est à hurler de rire. On ne gagne jamais en Afrique… Non, non, on ne gagne jamais et je crois qu’il faut être très modeste et puis laisser les Africains être les vrais acteurs. Quand vous décortiquez effectivement la stratégie française, premièrement nos Diplomates travaillent à l’ONU pour obtenir une résolution qui nous couvre sur le plan international ; deuxièmement, on intervient en disant notre intervention sera de courte durée ; et troisièmement, nous disons que la relève va être prise par les troupes de l’ONU qui vont se mettre en place. Tout le monde sait que les troupes de l’ONU sont incapables et ne peuvent rien faire. Que ces gens qui sont envoyés ne viennent que pour gagner de l’argent. C’est d’ailleurs des gens toujours les mêmes hein du PAKISTAN, du BANGLADESH qui ne sont pas de vrais soldats ; qui se mettent derrière des barbelés et qui ne font rien ; qui ne parlent pas la langue du pays, qui ne s’intéressent pas au pays. Et puis quatrième principe, nous allons former la Nouvelle Armée de CI ou du MALI qui pourra nous remplacer. Donc c’est un espèce de schéma que l’on reproduit. Ca fait 10 ans ou 15 ans . C’est une espèce de schéma que reproduit aussi bien la gauche française que la droite.

 

Retranscription, Christine Tibala.

mardi, 10 mars 2015

SIMONE GBAGBO - PLAIDOIRIE DE Me DADJE: C’EST LE PROCES DE LA POLITIQUE ETRANGERE FRANÇAISE

 

SIMONE GBAGBO. PROCES.jpg

 

Pardonnez-moi pour cette émotion car je suis aujourd’hui incapable de plaider sans cette émotion. Cette émotion tient sa source dans le fait que c’est un enfant de la Côte d’Ivoire, né après les indépendances, qui vient défendre celle qui fut la Première Dame de Côte d’Ivoire.
C’est un honneur redoutable qu’une pareille tâche me soit confiée. C’est l’amour de mon pays, et une foi inébranlable en la Justice et en la grandeur de la cause que je viens défendre, qui m’aident à en supporter le poids.

Mesdames et Messieurs les jurés, voyez en moi, un fils du pays et écoutez ce que j’ai à dire. Mes paroles viennent du cœur.

L’Avocat qui se présente à vous, a fait son stage à la DST et à la MACA. J’ai été inculpé sous les mêmes chefs d’inculpations que ceux qui sont aujourd’hui reprochés à ma Cliente.

Mais en réalité, mon crime a été d’être l’Avocat de la Première Dame Simone GBAGBO. Mon crime a été, par devoir et conscience professionnelle, de rentrer de mon lieu d’exil, au risque de ma vie, pour accomplir ma profession d’Avocat.

J’ai, par chance, et grâce à la mobilisation du Barreau et de la famille judiciaire, bénéficié d’un non-lieu car je n’ai effectivement rien fait de ce pour quoi j’étais accusé.

Mais j’aurais pu être le 84ème accusé, et être assis aux côtés de ma cliente, mais cette fois comme co-accusé. Je vous explique cela car ma famille, comme bon nombre de familles ivoiriennes, a connu l’exil.

Je vous explique cela car vous ne pouvez-vous imaginer le prix que mes Confrères ici présent et moi-même avons payé pour simplement assurer la défense des accusés.

Nous avons perdu bon nombre de clients qui avaient peur de représailles rien que du fait d’avoir le même Avocat que Madame Simone GBAGBO ou ses co-accusés.

Certains ont même vu leur Cabinet attaqué. Nous avons dû défendre les accusés, depuis 2011, sans percevoir de quelconques honoraires de leur part, dans la mesure où ils avaient eux- mêmes leurs comptes gelés.

Nous avons dû engager des frais pour aller les voir à Odienné, à Bouna, à Katiola, à Boundiali, à Korhogo, à Man, à Séguéla, dans des conditions de sécurité précaires.

Beaucoup de personnes nous trouvaient fous d’entreprendre ces voyages dangereux. Il nous est arrivé plus d’une fois parcourir en voiture toute la Côte d’Ivoire, souvent à plus de 800 kilomètres, pour finalement nous voir empêcher de rencontrer nos clients. Juste parce que le Com zone de la ville n’était pas de bonne humeur…et que sa décision était supérieure à celle de la Justice, à la loi, hélas. Cela, nous l’avons fait par conscience professionnelle, mais aussi par amour de notre pays.

Ce procès, Mesdames, Messieurs les Jurés ne peut et ne doit donc être assimilé à aucun de ceux que peuvent habituellement connaître nos Tribunaux et Cours.

Il ne s’agit pas ici d’un procès de droit commun. Il ne s’agit même pas du procès de ces accusés regroupés ici. Il s’agit ici d’un procès politique. C’est le procès de la politique étrangère française, telle qu’elle a été menée par certains de ses dirigeants. Il s’agit ici du procès du néocolonialisme français qui pratique l’ingérence dans la politique nationale de ses anciennes colonies ;

Qui impose à la tête de nos Etats qui ils veulent, en fonction de leurs intérêts économiques, financiers, politiques.

Ce procès est, si l’on peut dire, pratiquement souhaitable. Car il nous permet de poser devant l’opinion publique nationale et internationale, le problème si douloureux de la relation de l’Etat français avec ses anciennes colonies.

En élargissant les limites de ce débat, sans les déborder toutefois, je vous demande de considérer qu’elles n’ont pas pour seul but la recherche de la culpabilité de ces accusés ;
Non, Mesdames et Messieurs les Jurés, ce procès a une portée plus grande. Il porte en réalité sur le respect de la souveraineté des pays africains ; sur le respect des institutions dont les Etats africains se sont dotés. Les accusés disparaissent ainsi derrière cette grande fresque, ce procès les dépasse.

De quoi s’agit-il à la base ?

D’un contentieux électoral qui aboutira à la mort de milliers d’ivoiriens et au piétinement de notre Constitution. Comme si les vies brisées depuis 2002 n’étaient pas suffisantes.

Aujourd’hui, dans cette salle, il n’y a ni avocats, ni magistrats, ni jurés. Aujourd’hui, nous sommes entre nous, entre compatriotes astreints à un devoir de vérité pour nous même, pour nos enfants et pour les générations à venir. Le Monde nous regarde. Le Monde entier nous regarde. Mais surtout, nos enfants nous regardent, nos petits-enfants nous regardent, nos héritiers nous regardent et ils nous jugeront.

Il s’agit d’un procès historique dans lequel nous sommes tous acteurs. Si malgré les efforts que je veux faire sur moi-même, mes observations vous paraissent empreintes de consternation, je vous prie d’ores et déjà de m’en excuser.

C’est que la question de la souveraineté de la Côte d’Ivoire me tient véritablement à cœur et me semble primordiale. C’est que Madame la Première Dame Simone GBAGBO n’est pas un personnage anodin. Son parcours devrait être un exemple pour toutes les ivoiriennes, et pour tous les ivoiriens.

Laissez-moi vous parler de cette grande Dame dont la place n’est certainement pas ici.

PRESENTATION DE SIMONE GBAGBO ET DE SON COMBAT

Issue d’une famille de 18 enfants, Simone EHIVET GBAGBO est née en 1949 sous l’empire colonial français. Deuxième de sa fratrie, elle sera comme une mère pour ses 16 petits frères et sœurs.

Née d’un père gendarme, elle a vécu à Dakar, puis a parcouru la Côte d’Ivoire au gré des affectations de son père dans les villes de Bouaké, Béoumi, Sinfra avant de revenir sur Abidjan.
Titulaire d’un CAPES de lettres modernes, elle a soutenu une thèse de 3ème cycle en littérature orale ivoirienne. Elle a enseigné au Lycée classique d’Abidjan, puis à l’Université de Cocody, pour ensuite se consacrer à la recherche sur les traditions orales ivoiriennes et les langues ivoiriennes ; Ce qui lui permettra à nouveau de parcourir la Côte d’Ivoire et de la connaître de l’intérieur.

Son engagement politique tient sa source :

De sa formation de chrétienne dans sa famille, puis dans la Jeunesse Etudiante Catholique (JEC). Elle y a acquis les valeurs de Justice, d’équité, d’intégrité, et de compassion ;
De son militantisme dans les organisations de jeunesse, puis syndicales et politiques. Elle y a appris à connaître l’importance de la démocratie, de la souveraineté nationale, du multipartisme, des droits des femmes, des enfants, du citoyen, la primauté de la nation ;

De ses études et recherches sur la Tradition Orale et la linguistique qui l’ont aidé à connaître l’âme des divers peuples constituant la Côte d’Ivoire, à les aimer, à connaître leurs problèmes de développement, de vie quotidienne ;

De son rejet pratiquement viscéral des injustices dont elle a été témoin ;

Son engagement, elle le tient aussi de son amour sans commune mesure de ce pays qu’elle veut voir devenir réellement maître de son destin.

De toutes ses connaissances et expériences sont nées sa volonté profonde de voir une Côte d’Ivoire libre, indépendante qui n’ait rien à envier aux puissances occidentales.

C’est encore son engagement politique qui l’amènera à rencontrer un certain Laurent GBAGBO.

Tous deux, jeunes, beaux et idéalistes, partagent le même rêve, celui de voir la Côte d’Ivoire devenir véritablement indépendante, moderne et développée.

Car comme elle le dit, en 1960, la Côte d’Ivoire a eu une « indépendance aux oreilles percées ».

Nous avions quitté le système colonial pour entrer dans le système néo-colonial de la françafrique. Or, il n’y a aucune indépendance monétaire avec cette monnaie des Colonies Françaises d’Afrique, communément appelées « Franc CFA » ; Pas d’indépendance militaire avec ces accords de défense qui permettent à la France de gérer militairement ses anciennes colonies ; Aucune indépendance institutionnelle, aucune indépendance diplomatique ; la crise postélectorale nous le démontrera.

Mais voilà, quand on parle de souveraineté en Afrique, quand on parle de fierté africaine, on est immédiatement stigmatisé ! On fait peur.

Simone GBAGBO sera dès lors présentée comme la Dame de Fer, la Dame intransigeante, la «Dame de sang du régime ivoirien» par certains médias occidentaux dont notamment le journal Paris Match qui sera condamné pour les propos diffamatoires évoqués à l’encontre de Simone GBAGBO.

Mandela dira lors de son procès de Rivonia : « Le non-respect de la dignité humaine dont les Africains sont victimes est le résultat direct de la suprématie des Blancs. La suprématie des Blancs implique l’infériorité des Noirs ».

50 ans après ces propos qui dénonçaient une certaine réalité, qui peut taxer MANDELA d’être anti-blanc ou raciste ?

Mais quand Madame Simone GBAGBO parle de souveraineté, de liberté des peuples africains, on la qualifie immédiatement de «Dame de Fer» ou de «Dame Sanguinaire» de «patronne des escadrons de la mort».

En réalité, et cela est bien regrettable, l’homme ou la femme noire intellectuellement libre fait peur. Mandela n’a-t-il pas été pendant longtemps considéré comme un terroriste ?! Malcolm X ne faisait-il pas peur au pouvoir américain ?! LUMUMBA n’était-il pas craint au point que l’on l’élimina ?! Pourtant toutes ces figures n’étaient animées que d’un profond amour pour leur continent et d’un puissant rêve de liberté.

ARRIVEE AU POUVOIR DU PRESIDENT GBAGBO

Avec l’arrivée au pouvoir en 2000, du Président GBAGBO, c’est le combat de toute une vie qui se concrétise.

Eux, qui ont vu la Côte d’Ivoire passer du statut de colonie à celui d’Etat qui n’avait d’indépendant que le nom, rêvent de pouvoir faire de leur pays un Etat véritablement indépendant.

Ils rêvent d’organiser le multipartisme en Côte d’Ivoire. Ils rêvent de réaliser le développement équilibré de tout le pays avec la décentralisation ;

Ils rêvent de réaliser l’équipement moderne du pays avec l’électrification généralisée, l’eau courante, l’école gratuite, l’Assurance Maladie Universelle, l’industrialisation.

Ils pensent pouvoir le faire : Simone EHIVET GBAGBO en participant en qualité de Député à l’élaboration des lois du pays ; et le Président Laurent GBAGBO par le biais du pouvoir exécutif.
Mais voilà, quelqu’un qui se reconnaîtra certainement, a décidé de rendre ce pays ingouvernable … Bref…

Avançons comme dirait Madame Simone GBAGBO.

TENTATIVE DE COUP D’ETAT DU 19 SEPTEMBRE 2002

Comme vous le savez, la Côte d’Ivoire connaîtra une tentative de coup d’état en 2002, et voilà le Président Laurent GBAGBO arrivé démocratiquement au pouvoir, 18 mois plus tôt, contraint par les autorités françaises à partager le pouvoir avec les putschistes.

Pendant 8 ans, les rebelles partageront le pouvoir avec le Président démocratiquement élu Laurent GBAGBO. Pendant 8 ans, le Président Laurent GBAGBO sera contraint de céder de plus en plus de terrain aux doléances des rebelles.

Lui ne demandait qu’une seule chose: le désarmement pour la réunification du pays. Il ne l’obtiendra jamais. C’est dans ces conditions qu’auront lieu les élections présidentielles de 2010 sous la pression de la Communauté Internationale.

LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES

En ce qui concerne les résultats provisoires, Madame Simone EHIVET GBAGBO, l’a dit lors de son intervention. Ils n’existent pas ! Ne refaisons pas l’histoire ! Tous les protagonistes de cette affaire savent bien qu’après le 1er décembre 2010 à minuit, la CEI était forclose.

Tout le monde sait que la Commission Electorale Indépendante ne s’est jamais réunie pour proclamer des résultats. Tout le monde sait que la déclaration de Monsieur Youssouf BAKAYOKO tout seul à l’hôtel du Golf, faite au siège de campagne du candidat Alassane OUATTARA, est scandaleuse à plus d’un titre :

Il n’y a jamais eu de procès-verbal de délibérations émargé par les membres de la CEI ;
Il n’est ni moral ni légal d’aller proclamer de manière solitaire, de prétendus résultats au QG d’un candidat ; En France, en 2012, un tel acte posé par le Secrétaire Général de l’UMP a failli casser le parti en deux.

Seul le Conseil Constitutionnel proclame vainqueur un candidat à l’élection présidentielle, et sa décision s’impose à tous à l’intérieur comme à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, même à l’ONU.

Ne nous méprenons pas ! La crise est née uniquement du non-respect de la décision du Conseil Constitutionnel. L’acte de rébellion du candidat perdant et de ses alliés nationaux et internationaux entraineront un déferlement des troupes rebelles rebaptisées FRCI, des milices dozo, et divers mercenaires sur les territoires restés sous contrôle du Gouvernement, semant la mort, la violence, les pillages sur leurs passages.

Au bout du compte, l’Etat français achèvera ce plan d’agression par le bombardement de la résidence présidentielle, du Palais Présidentiel et des quartiers d’Abidjan pendant 11 jours.

LES CONDITIONS DE SON ARRESTATION ET LES HUMILIATIONS

C’est dans ces conditions que Madame la Première Dame Simone GBAGBO a été arrêtée, battue, humiliée !

Sa pudeur, et sa volonté de voir la Côte d’Ivoire se réconcilier et aller de l’avant l’ont amenée à, à peine évoquer les sévices graves dont elle a été victime.

Nous avons tous été témoins de la barbarie de ses geôliers !

Au-delà de sa personne, c’est la République ivoirienne, une et indivisible, qui a été malmenée !
Croyez-vous un seul instant que, pour un contentieux électoral, on aurait pu malmener la

Première Dame des Etats-Unis ?

Croyez-vous que l’on aurait pu montrer dans les médias du monde entier la Première Dame de n’importe quel pays occidental dans une position aussi humiliante que celle infligée à la Première Dame Simone EHIVET GBAGBO ?

Nous avons tous vu ces images écœurantes qui créent un malaise… aujourd’hui encore.
Oui, car lorsque l’on aime son pays, et quelque soit les divergences politiques que l’on peut avoir avec Madame la Première Dame Simone GBAGBO, on ne peut qu’être choqué face aux images humiliantes diffusées à profusion sur les médias français et sur internet.

Il est d’ailleurs surprenant de voir que les médias occidentaux qui prennent tant de soin à respecter la dignité de tous leurs ressortissants se trouvant en situation de difficulté notamment en tant qu’otage ou victime d’exaction, en refusant de diffuser les images ou en les grimant, et n’ont pas hésité un seul instant à diffuser des vidéos humiliantes de celle qui fut la Première Dame de la République de Côte d’Ivoire.

Je me souviens de toute la polémique qu’il y a eu en France lors de la diffusion de l’arrestation de Dominique STRAUSS KAHN alors Président du Fonds Monétaire International.

Certains médias français et politiques s’étaient émus du fait qu’il ait été présenté devant le monde entier menotté. Dommage que cette émotion soit à géométrie variable en fonction de ce que l’on parle d’occidentaux ou d’africains !

En tout état de cause, les humiliations et les sévices subis par la Première Dame furent nombreux… Mais tournons la page et avançons, comme elle a tenu à le dire… La violation de ses droits : détention arbitraire ; Violation de son immunité

Au-delà de ces sévices, Madame Simone GBAGBO a vu tous ses droits bafoués :
Enlèvement et séquestration ;
Immunité parlementaire piétinée !
En effet, à tour de rôle, Procureur, Juge d’Instruction, et Chambre d’Accusation, refuseront de prendre en compte sa qualité de parlementaire, prétextant du fait que son mandat aurait pris fin en 2005.

Et pourtant tout en contestant sa qualité de parlementaire, des Décrets d’application sont pris se fondant sur des lois votées postérieurement à 2005 par la Députée Simone GBAGBO !

Cela est notamment le cas de la Loi du 27 Décembre 2007 portant statut du corps diplomatique, votée par Madame Simone GBAGBO, et dont le Décret d’application sera pris le 21 décembre 2011 par Monsieur Alassane OUATTARA. Nous ne sommes malheureusement pas à la première contradiction dans ce dossier, ni à la première aberration ! Les infractions qui lui sont reprochées en témoignent.

LES INFRACTIONS : ABSENCE DE FAIT

Pendant 4 ans, il a été expliqué au peuple ivoirien et à l’opinion publique internationale que la Première Dame Simone GBAGBO est une sanguinaire !

On a même affirmé de façon péremptoire, au Peuple ivoirien que le couple présidentiel avait occasionné près de 3000 morts pendant la crise postélectorale !

On a tenté de faire croire que le Président Laurent GABGBO, son Gouvernement et la Première Dame massacraient les populations civiles.

On a tenté de faire croire, que la Première Dame avait les mains pleines de sang, qu’elle avait mis à mal l’Etat.

On a tenté de faire croire que son époux et elles, avaient ordonné le viol de femmes, de jeunes filles pendant cette période violente et douloureuse.

On a tenté de faire croire qu’elle avait recruté et armé de jeunes nationaux et étrangers pour tuer des ivoiriens ;

Pendant 4 ans, la Justice ivoirienne a été endormie par ces allégations dont on attend encore les preuves !

Quel est donc ce procès sans aucun fait précis ?!

Quel est donc ce procès sans aucun élément matériel constitutif d’une infraction ?

Quel est donc ce procès pénal où la partie civile est l’Etat de Côte d’Ivoire ?

Un Etat de Côte d’Ivoire représenté ici doublement par le Ministère Public et par des Avocats !

Comment peut-on appeler autrement ce procès que par ce qu’il est, à savoir un procès politique ! Ce procès, aboutissement d’une instruction qui a duré des années, met en évidence une chose :

C’est que pendant toute l’instruction, et au travers de toutes les discussions devant la Chambre d’accusation, ce n’est pas le droit qui semble avoir primé sur toute autre considération.

Ce dossier a été construit à l’envers ! On a arrêté des personnalités parce qu’on les trouvait gênants, et on a tenté de justifier leur détention par une inculpation intervenue tardivement et collectivement mais qui ne repose sur aucun fait précis et personnel !

Qu’est-il reproché à la Première Dame ? D’avoir respecté la Constitution et les Institutions ivoiriennes ?

Mais ce n’est pas 83 personnes qui devraient alors être sur le banc des accusés, mais 22 millions de personnes !

Tous les ivoiriens devraient donc être sur le banc des accusés ! Tous les fonctionnaires de ce pays devraient se trouver sur le banc des accusés !

Car il faut être sérieux ! Si l’on estime que le Président Laurent GBAGBO et son Gouvernement étaient illégitimes, si tous les actes posés par eux étaient illégaux ! Les fonctionnaires ne se sont-ils pas rendus complices de cette prétendue forfaiture ? Ne se sont-ils pas rendus coupables de recel en encaissant les salaires qui leur étaient réglés par le Gouvernement GBAGBO de Décembre 2010 à Mars 2011 ! Soyons sérieux !!!

Il n’y a, à l’encontre de la Première Dame Simone GBAGBO, aucune infraction pénale ! Aucun fait précis qui serait constitutif d’une infraction !

Par ailleurs, même dans l’hypothèse absurde où il y aurait existé des faits, l’intention criminelle indispensable à la constitution de l’infraction aurait forcément fait défaut. Oui car la Première Dame Simone Gbagbo n’a fait que respecter la décision du Conseil Constitutionnel déclarant son époux vainqueur et recevant son serment en audience solennelle comme l’exige la Constitution. Elle a donc agit de bonne foi convaincu que la vérité et la loi sont avec elle.

Alors que reproche-t-on à la Première Dame Simone EHIVET GBAGBO ?

CONSTITUTION DE BANDES ARMEES – MASSACRE DE CIVILS : DES TEMOINS PEU CREDIBLES ET SUSCITES

L’audition devant la Cour d’Assises de Mme Gbagbo a également démontré qu’elle n’était coupable de rien et qu’elle doit être déclarée non coupable de tous les chefs d’accusation, oui tous les chefs d’accusation.

Nous en voulons pour preuve les questions du Parquet Général qui étaient vagues, et ne faisaient allusion à aucun fait à elle allégué, sinon plutôt des questions sur ce qu’elle pense de la CEI, du Conseil Constitutionnel et autres, mais jamais de faits à elle personnellement reprochés. Question alors: Comment le Parquet a-t-il eu connaissance des témoins? Car tous les témoins disent qu’ils ont été appelés par le Parquet pour venir témoigner.

Pourquoi le Parquet qui avait connaissance desdits témoins n’a posé aucune question à Mme Gbagbo sur les faits que devaient raconter les témoins, afin de mieux la confondre. Le Parquet représente t-il le peuple ou le régime au pouvoir pro RDR?

Je pensais que le parquet représentait le peuple et par conséquent se devait de rester juste et équitable. On pourrait penser que tous les témoins ont été suscité par le RDR pour tenter de salir Mme Gbagbo, oui car tous les témoins sont du RDR ou sympathisants.

Des Témoins qui n’ont jamais été une seule fois entendus au cours de cette longue instruction.

Témoins qui n’ont jamais été confrontés à Mme Gbagbo pendant cette longue instruction.

Ces témoins viendront déclarer faussement sous serment ici à la barre hélas.

Faute de faits constitutifs d’infraction, il a été annoncé par l’Accusation un rattrapage, grâce à 16 témoins à charge, pour finalement n’en présenter que 5.

En écoutant les discours des témoins, on en conclut que le Parquet Général, tentait visiblement d’apporter enfin des faits incriminant l’accusée, et démontrant sa culpabilité au moins dans ces deux domaines.

Contre Madame GBAGBO, l’accusation produira tout d’abord le témoignage de Monsieur Issa BOCOUM.

Ce Monsieur expliquera avoir vu 8 véhicules DAKOTA, ayant de nouvelles plaques d’immatriculation « ww », rentrer dans une église à ABOBO, pour décharger des armes se trouvant dans des caisses.

Il prétendra y avoir vu Madame GBAGBO, en lunettes fumées de marque « Ray Ban », donnant des instructions à cette fin mais sans jamais parler, se contentant, selon lui, de faire des gestes.
Ce témoignage est évidemment peu sérieux dans la mesure où il n’est corroboré par aucun élément de preuves ! Monsieur Issa BOCOUM se limitant à présenter deux photos, prises il y a juste 3 mois, d’une montrant l’église méthodiste en question, et l’autre une mosquée qui se situerait selon lui, en face de ladite église.

Or, aucune des photos nous permet de savoir que les 2 bâtiments dont il parle, se trouvent face à face, vu que l’une montre uniquement une église et l’autre uniquement une mosquée. On ne voit nulle part Mme Simone GBAGBO présente et en action, sur ces photos.

Qui peut sérieusement croire que Madame Simone GBAGBO, qui n’a au demeurant aucune formation militaire, se serait rendue en plein jour dans la cour d’une église méthodiste, pour aller y déposer des armes, habillée comme une héroïne de films policiers de série B ?

Par ailleurs, ce témoin jure mordicus que sa maison a été bombardée par un obus tiré depuis le camp commando d’Abobo et qui l’aurait même personnellement blessé.

Il poursuit en déclarant que le bombardement de sa maison par le camp Commando a été fait sur ordre de la Première Dame Simone GBAGBO, mais il en rapporte toujours aucune preuve :
Aucune preuve sur le fait que sa maison a été effectivement bombardée par un obus et qu’il en aurait été blessé ;

Aucune preuve sur le fait qu’il y a eu un bombardement et que cela provenait du Camp Commando ;

Aucune preuve sur le fait que le prétendu bombardement, à supposer qu’il soit avéré, aurait été effectué sur ordre de Madame Simone GBAGBO.

Il est bon de rappeler que la Première Dame n’avait pas de véhicules de marque DAKOTA dans son cortège et cela aurait pu être vérifié par un simple transport sur les lieux, à la résidence Présidentielle.

Il est bon d’indiquer que Mme Gbagbo n’a jamais porté de lunettes fumées Ray Ban. Elle porte juste des verres pharmaceutiques et uniquement lorsqu’elle a besoin de lire. Ce témoignage, qui n’est corroboré par aucun élément sérieux, ne pourra être qu’écarté.

Que dire du second témoin, Monsieur DIALLO Souleymane, dont les dires étaient incompréhensibles et qui étaient venu expliquer qu’il n’avait vu que 2 fois la Première Dame : Une première fois en 2008, et la seconde fois, le jour même de l’audition de Madame Simone GBAGBO devant la Cour d’Assises, le 23 février 2015 ! Ce témoignage n’avait aucun intérêt !

L’accusation présentera encore le témoignage de Monsieur KONE Amara. Ce témoignage prêterait à sourire si ce dossier n’était pas aussi grave ! Voilà un Monsieur qui reconnaît n’avoir jamais vu Madame la Première Dame Simone GBAGBO, ne l’avoir jamais rencontré, tout en étant persuadé qu’elle aurait remis des armes au fils de son ami dénommé Lamté !

Il aurait même affirmé que le Sieur Lamté était le Chef de la Sécurité de Mme Gbagbo à Abobo. Mme Gbagbo n’a jamais eu de sécurité privée et tout le monde le sait. La seule sécurité dont elle disposait était celle de Groupement et sécurité présidentiel et de la Garde Républicaine. Le témoin qui ment sans cohérence en était sûr mais n’avait rien vu de tout cela !

Quant au témoignage de Monsieur TRAORE Ibrahim, il ne peut qu’être relevé des contradictions flagrantes. En effet, le 26 janvier 2015, ce Monsieur va déclarer qu’alors qu’il était superviseur dans un bureau de vote, Madame Simone GBAGBO a échangé avec lui, et qu’après son départ, son aide de camp, le Commandant SEKA, lui aurait remis une enveloppe d’argent pour « boire de l’eau », ce qu’il aurait refusé par soucis de neutralité.

Puis, dans son témoignage du 23 Février 2015, voilà qu’il déclare subitement que Madame GBAGBO, lui aurait envoyé 2 personnes prénommées Alain et Maxime, et non plus le Commandant SEKA, lui remettre une enveloppe d’argent pour bourrer les urnes et en modifier les contenus, le soir après 23 h, au moment de transporter les urnes au CMA.

Or, les urnes ne sont enlevées qu’après le dépouillement, et la proclamation des résultats des votes sur place, et un procès-verbal de délibération ait remis à chaque représentant des Candidats. Ce n’est qu’après cela que lesdites urnes sont transportées pour le centre de collecte de la circonscription.

En 90 et 95, Madame Simone GBAGBO et le FPI avaient même mené des négociations avec le pouvoir pour que dans chaque bureau de votes, les procès-verbaux de délibération soient remis à chaque représentant de candidat pour éviter ce type de fraudes, notamment le tripatouillage des urnes pendant leur transfert au centre de collectes.

A quoi donc aurait servi le bourrage d’urnes postérieurement au dépouillement ? Ces contradictions dans ces 2 déclarations, étayées par aucune preuve, discréditent totalement ce témoin qui a manifestement fait une fausse déclaration sous serment.

Il est bon de rappeler que c’est ce témoin qui, le 26 Janvier 2015, s’était lui- même identifié comme un rebelle formé à BOUAKE depuis 2002, et convoqué au Golf pour s’y faire remettre une arme par SORO Guillaume et aller combattre dans la ville d’Abidjan contre les Forces de Défense et de Sécurité.

Au vu de tout ce qu’il a déclaré lui-même, tout porte à croire que ce témoignage a été suscité dans le seul but de servir la cause à laquelle il a toujours adhéré depuis 2002 : celle de la rébellion armée contre Laurent GBAGBO, celle de discréditer Mme Simone Gbagbo à dessein.

Que dire encore de Monsieur CISSE Drissa, gardien au siège du RDR, qui dit qu’on lui aurait rapporté la présence du cortège de la Première Dame chez BAH BIENTO et qui en déduit qu’elle serait à l’origine des barrages et des coups de feux qu’il aurait entendu par la suite !

En effet, Monsieur CISSE Drissa dit que le 16 décembre 2011, il a vu passer un cortège de voitures. On lui aurait dit qu’il s’agissait du cortège de la Première Dame. Il reconnaît n’avoir jamais vu, de ses yeux, Madame Simone GBAGBO, ce jour-là, et encore moins l’avoir vue déposer des armes.

Bien que ne l’ayant jamais vue, il maintiendra que les agressions ont commencé ce jour-là, parce qu’elle aurait déposé des armes dans la maison de Monsieur BAH BIENTO, dans la mesure où c’est après cette prétendue visite que les agressions armées ont commencé.

La seule chose dont se témoin soit sûr sans qu’il ne lui ait été rapporté, c’est que ces évènements se sont déroulés le 16 Décembre 2011…

4 ou 5 fois, le Juges et les avocats de la partie civile, et les Avocats Généraux l’ont interrogé sur la date du 16 Décembre 2011.

A chaque fois, il a confirmé cette date.

Il lui a même été fait remarquer que Madame Simone GBAGBO a été arrêtée le 11 avril 2011, et qu’elle se trouvait à ODIENNE depuis le 22 avril 2011.

Mais ce témoin a persisté dans cette déclaration, jusqu’à ce que les multiples suggestions des Avocats de la Partie Civile l’amènent à revenir sur ce point pour enfin se limiter à affirmer que ces évènements ont eu lieu le « 16 décembre » !

Plus de date précise donc, plus de date !

A partir du moment où il n’a pas vu Mme Gbagbo, de surcroit déposer des armes chez Mr Bah Biento, de quoi est-il témoin pour que le Parquet le fasse comparaître en qualité de témoin. Il est évident que tous ces témoignages sont des mensonges, des témoignages inventés de toute pièce. Et cela tombe sous le sens.

Il est bon de noter que depuis l’embargo sur les armes en Côte d’Ivoire, les forces armées ne disposaient de plus d’effectif qu’il n’y avait d’armes disponibles. Même la Garde Républicaine manquait d’armes. Toutes les frontières de la Côte d’Ivoire étaient surveillées par l’ONU pour veiller à ne pas laisser violer l’embargo sur les armes. Où et comment Mme Gbagbo même si elle le voulait, aurait pu se procurer des armes pour les distribuer. C’est absurde et simplement diffamatoire.

Il n’y a aucune preuve, et il ne peut pas y en avoir, parce qu’à aucun moment, Madame Simone GBAGBO n’a constitué de bandes armées, n’a armé personne, n’a incité au massacre de personnes civiles ou militaires, n’a engagé d’actions contre une communauté quelconque.

Ce ne sont simplement que des faux témoignages, des inventions de toutes pièces.

CONCLUSION

Mesdames et Messieurs les Jurés, je vous l’ai dit au début de mon intervention, ce procès nous dépasse ! Vous avez un dossier sans faits ! Car en réalité, les infractions n’existent pas et ne sont qu’un prétexte à ce procès.

Il ne s’agit donc pas, dans ces douloureux débats, d’apprécier véritablement la culpabilité ou l’innocence des accusés. Il ne s’agit même pas de savoir de qui de GBAGBO ou de OUATTARA est le véritable Président de la République de Côte d’Ivoire. Il a effectivement déjà été répondu à cette question : La Côte d’Ivoire a eu un Président élu et proclamé vainqueur par le Conseil Constitutionnel ; et un Président reconnu par la Communauté internationale et proclamé Président de la République après une violente crise, une agression armée de la Côte d’Ivoire.

Il s’agit de dire, par votre verdict, si oui ou non les peuples africains ont le droit de faire respecter leurs institutions. Vous avez la lourde mais noble mission de proclamer, une fois pour toutes, le droit de l’Homme africain au respect de sa personnalité, de sa dignité, et de sa souveraineté.

Madame Simone GBAGBO l’a très justement dit. La Constitution, le Conseil Constitutionnel, organes suprêmes de notre République sont nos totems. Si nous ne les respectons pas, qui le fera à notre place ?

Mesdames et Messieurs les Jurés, je vous rappelle que conformément à l’article 90 de notre Constitution, le Président du Conseil Constitutionnel prête serment en ces termes : Je m’engage à bien et fidèlement remplir ma fonction, à l’exercer en toute indépendance et en toute impartialité dans le respect de la Constitution, à garder le secret des délibérations et des votes, même après la cessation de mes fonctions, à ne prendre aucune position publique dans les domaines politique, économique ou social, à ne donner aucune consultation à titre privé sur les questions relevant de la compétence du Conseil constitutionnel ».

Les Membres du Conseil Constitutionnel prêtent eux, conformément à l’article 91 de la Constitution, le serment suivant : « Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions, de les exercer en toute impartialité dans le respect de la Constitution et de garder le secret des délibérations et des votes, même après la cessation de mes fonctions.

La décision du Conseil Constitutionnel du 4 décembre 2010 a été rendue conformément à ces textes.

L’absence de poursuites diligentées par le Ministère Public à l’encontre des Membres et du Président du Conseil Constitutionnel n’est-il pas l’aveu même de ce que cette décision ne saurait sérieusement être remise en question ? Le Parquet une fois de plus a montré qu’il ne représentait pas le peuple mais plutôt le parti au pouvoir et je m’explique. Le Parquet sur la base de ces faux témoignages demande que Mme Gbagbo soit condamné à 10 ans de prison et soit privé de ces droits civiques Curieusement, parmi les 80 accusés, Mme Gbagbo est la seule pour qui il soit demandé la privation de ses droits civiques.

Mais alors pourquoi pourrait se poser le citoyen lambda. Alors je vous répondrai, c’est uniquement pour empêcher Mme GBAGBO de reprendre sa place au FPI et leur tenir la dragée haute sur les tous les problèmes qui minent la Côte d’Ivoire qui semble-t-il émerge. Mais faire de la politique n’est pas un crime. Pourquoi donc manipuler le Parquet à cette fin. Voilà, la raison. Je pensais que le Parquet représentait le peuple, mais que je me suis trompé.

Le présent Parquet représente le pouvoir ivoirien et ne travaille qu’uniquement dans leur intérêt, même quand il est en contradiction avec le mandat que le peuple leur a confié. Dès lors entrer en voie de condamnation contre Mme GBAGBO, serait approuver le comportement de tous ceux qui méprisent nos institutions. Condamner, ce serait dire que l’on veut perdurer dans un système néo-colonisant où notre Constitution ne serait en réalité qu’un bout de papier, sans valeur.

Condamner ce serait dire que l’on est incapable de se respecter et que l’on aura toujours besoin de l’intervention prétendument civilisatrice de nos anciens colons pour distribuer les bons et les mauvais points. Condamner, ce serait accepter que nos Chefs d’Etat ne soient choisis par le peuple souverain mais par d’autres. Acquitter, au contraire c’est affirmer notre volonté d’indépendance. Acquitter c’est dire notre attachement à notre Constitution. Acquitter, c’est aussi faire œuvre d’apaisement; C’est détruire les ferments d’amertume et de rancœur dans le cœur de nos compatriotes qui sont bien conscients du caractère politique de ce procès. Acquitter, c’est réitérer sa volonté de voir une Justice indépendante du pouvoir politique. Acquitter enfin, c’est montrer le vrai visage de la Côte d’Ivoire éprise d’idéal, de Justice et de Paix ; et surtout de réconciliation entre tous ses enfants.

Monsieur le Président, Messieurs de la Cour, Mesdames et Messieurs les Jurés, ne vous faites pas complices des politiciens car ils ne sont pas bons. Ne contribuez pas construire une Côte d’Ivoire de haine et de vengeance perpétuelle, ce ne serait bon pour personne. Réconciliez les ivoiriens en rendant des décisions justes fondées sur les principes élémentaires du droit pénal.

Pas de faits précis, pas de preuves concrètes : pas de condamnations et j’ai plaidé.

Je vous en remercie.


Maître Ange Rodrigue DADJE / Maître Habiba TOURE

Plaidoirie publiée par le Gri Gri International.

vendredi, 06 mars 2015

TERRORISME - BOKO HARAM: 40% DES ARMES SAISIES SONT DE FABRICATION FRANÇAISE

 

BOKO HARAM. PANHARD VBL.jpg

Abubakar Shekau devant un panhard VBL.

 

Le Tchad a révélé que près de 40% des armes saisies par son armée aux membres de Boko Haram sont de fabrication française.

 

Le ministre tchadien de la Communication, Hassan Sylla Ben Bakari a indiqué qu’autour de « 40% des armes saisies par les forces armées du Tchad aux combattants de Boko Haram sont de fabrication française », rapporte Anadolu Agency. L’annonce a été faite par l’officiel, ce mercredi 4 mars 2015, à Yaoundé, à l’occasion d’une visite de travail au Cameroun.

Hassan Sylla Ben Bakari a indiqué qu’il ne désignait pas la France comme un fournisseur d’armes de la secte Boko Haram. Il s’agit d’un avertissement afin que Paris contrôle mieux les circuits de vente de matériel militaire. « Mon pays montre ces images et continuera de les montrer afin que ceux qui les fabriquent sachent que ces armes ne se retrouvent pas là où elles doivent être », a poursuivi le ministre tchadien de la Communication.

«Aucun pays africain ne fabrique des armes»

Pour justifier cette provenance, son homologue camerounais, Issa Tchiroma, a rappelé « qu’aucun pays africain ne fabrique des armes. Tous les pays africains achètent des armes auprès des pays comme la France, la Russie, les Etats-Unis ».

La capacité de Boko Haram à se procurer un armement tel que ce groupe terroriste se donne les moyens de résister à l’armée du Nigeria, du Cameroun et du Tchad coalisés n’a toujours pas trouvé d’explication. Certains observateurs doutent que le commerce des otages, raison officielle avancée le plus régulièrement, suffise pour armer et entretenir l’armée rebelle.

(Afrik.com)

 

Source: Le blog d'Allain Jules

BOKO HARAM: UNE OPERATION SECRETE DE LA CIA POUR DIVISER ET REGNER EN AFRIQUE?

 

BOKO HARAM. LE CHEF DE FILE.jpg

 

WIKISTRIKE. Le but de la présence militaire étasunienne en Afrique est bien documenté : contrer l’influence chinoise et contrôler des endroits stratégiques et des ressources naturelles, y compris les réserves de pétrole. Cela a été confirmé il y a plus de 8 ans par le département d’État étasunien :

En 2007, le conseiller du département d’État étasunien, le Dr J. Peter Pham a commenté les objectifs stratégiques d’AFRICOM : « protéger l’accès aux hydrocarbures et autres ressources stratégiques abondantes en Afrique, une tâche qui consiste à protéger la vulnérabilité de ces richesses naturelles et à s’assurer qu’aucune autre tierce partie intéressée, comme la Chine, l’Inde, le Japon ou la Russie, n’obtienne des monopoles ou des traitements préférentiels ». (Nile Bowie,.US AFRICOM Commander Calls for « Huge » Military Campaign in West Africa, Global Research, 11 avril 2012)

Au début février, « de passage au Centre d’études stratégiques et internationales à Washington, D.C., le chef d’AFRICOM, le général David Rodriguez, a appelé à une campagne de « contre-insurrection » de grande envergure menée par les États-Unis contre des groupes en Afrique de l’Ouest ».

Le chef du Commandement des opérations spéciales des États-Unis (SOCOM), le général Joseph Votel, a fait des remarques similaires la semaine dernière à l’Académie West Point de l’Armée étasunienne, affirmant que les équipes de commandos étasuniens doivent se préparer à de nouveaux déploiements contre Boko Haram et l’État islamique. (Thomas Gaist, US AFRICOM Commander Calls for « Huge » Military Campaign in West Africa, World Socialist Web Site, 2 février 2015)

Mark P. Fancher a souligné l’hypocrisie et « l’arrogance impérialiste » des pays occidentaux, qui « malgré la condamnation universelle du colonialisme », sont toujours prêts « à déclarer publiquement (sans excuses) leurs plans d’expansion et de coordination de leur présence militaire en Afrique » (Marc P. Fancher, Arrogant Western Military Coordination and the New/Old Threat to Africa, Black Agenda Report, le 4 février 2015)

Plus de troupes en provenance du Bénin, du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad sont maintenant déployées pour lutter contre Boko Haram.

Cette nouvelle guerre contre une autre entité terroriste obscure en Afrique n’est pas sans rappeler la campagne de propagande ratée de Kony 2012, drapée dans des idéaux humanitaires. Elle est utilisée comme un écran de fumée pour éviter d’aborder la question des victimes de la guerre contre le terrorisme et les causes réelles du terrorisme, et afin de justifier une autre invasion militaire. Il est vrai que Boko Haram fait des victimes, mais le but de l’intervention occidentale en Afrique n’est pas de venir à leur secours.

Le conflit le plus meurtrier dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale, celui qui fait toujours rage, se passe au Congo et l’élite occidentale et leurs médias ne s’en préoccupent pas. Cela démontre que les interventions militaires ne sont pas destinées à sauver des vies.

Pour comprendre pourquoi les médias se concentrent sur Boko Haram, nous avons besoin de savoir qui est derrière cette organisation. Quel est le contexte sous-jacent et quels intérêts sont servis?

Boko Haram : une autre opération clandestine des États-Unis?

Boko Haram est basé dans le nord du Nigeria, le pays le plus peuplé et la plus grande économie d’Afrique. Le Nigeria est le plus grand producteur de pétrole du continent et détient 3,4 % des réserves mondiales de pétrole brut.

En mai 2014, African Renaissance News a publié un reportage détaillé sur Boko Haram et la possibilité que l’organisation soit une autre opération secrète de la CIA visant à prendre le contrôle du Nigeria :

[L]e plus grand prix pour l’AFRICOM, qui vise à implanter une Pax Americana en Afrique, serait de réussir dans le pays africain le plus stratégique, le Nigeria. C’est là qu’entre en perspective la question de Boko Haram qui fait rage actuellement et la prédiction de l’Intelligence Council des États-Unis sur la désintégration du Nigeria en 2015, dont on a beaucoup parlé […] (Atheling P Reginald Mavengira, Humanitarian Intervention » in Nigeria: Is the Boko Haram Insurgency Another CIA Covert Operation? Wikileaks, African Renaissance News, 8 mai 2014)

Dans les années 1970 et 1980, le Nigeria a aidé plusieurs pays africains « défiant ainsi clairement les intérêts des États-Unis et de leurs alliés occidentaux, une opposition ayant entraîné à l’époque un recul des initiatives occidentales en Afrique ». (Ibid.)

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Le Nigeria exerce son influence dans la région grâce au leadership du Groupe de contrôle de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (ECOMOG, droite), une armée composée de soldats de divers pays africains et mise en place par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le groupe est intervenu dans la guerre civile au Liberia dans les années 90. Le Liberia a été fondé en 1821 par les États-Unis et a été dirigé par des Américano-Libériens pendant plus d’un siècle.

Les puissances occidentales, en premier lieu les États-Unis, ne sont évidemment pas prêtes à laisser les Africains avoir une armée multinationale dans laquelle ils ne détiennent pas de rôle de premier plan. L’ACRI, qui devint plus tard l’AFRICOM, a été formé en 2000 pour contenir l’influence du Nigeria et contrer l’ECOMOG, évitant ainsi l’émergence d’une force militaire africaine dirigée par des Africains.

Selon les documents de Wikileaks mentionnés dans l’article de Mavengira ci-dessus, l’ambassade étasunienne au Nigeria constitue :

une base d’opérations pour des actes de subversion de grande envergure et à grande portée contre le Nigeria, notamment l’écoute des communications du gouvernement nigérian, l’espionnage financier d’éminents Nigérians, le soutien et le financement de groupes subversifs, d’insurgés, de propagande de discorde entre les groupes disparates du Nigeria et l’utilisation de chantage relié aux visas afin de contraindre et d’amener des Nigérians de haut rang à agir en faveur des intérêts étasuniens. (Mavengira, op. cit., c’est l’auteure qui souligne)

Mavengira fait partie de la GreenWhite Coalition, un « groupe de défense citoyen bénévole composé de Nigérians de tous les groupes ethniques et de toutes les convictions religieuses ». Il écrit que le but ultime des opérations clandestines étasuniennes dans son pays consiste « à éliminer le Nigeria comme potentiel rival stratégique des États-Unis sur le continent africain ». (Ibid.)

Une enquête sur la secte Boko Haram par la Coalition GreenWhite a révélé que la « campagne de Boko Haram est une opération secrète organisée de la Central Intelligence Agency (CIA) étasunienne coordonnée par l’ambassade étasunienne au Nigeria ». Les États-Unis ont déjà utilisé leurs ambassades pour des opérations secrètes.

L’ambassade de Benghazi s’est révélée être la base d’une opération secrète de trafic d’armes pour les mercenaires luttant contre Bachar Al-Assad en Syrie. Quant à l’ambassade en Ukraine, une vidéo de novembre 2013 a émergé récemment montrant un parlementaire ukrainien l’exposant comme le point central d’une autre opération clandestine destinée à fomenter des troubles civils et à renverser le gouvernement démocratiquement élu.

L’enquête de GreenWhite Coalition sur Boko Haram révèle un plan en trois étapes du National Intelligence Council des États-Unis visant à « pakistaniser » le Nigeria, internationaliser la crise et diviser le pays en vertu d’un mandat et d’une force d’occupation de l’ONU. Le plan « prédit » la désintégration du Nigeria pour 2015. Il convient de citer l’enquête en détail :

L’ensemble du rapport du [National Intelligence Council] est en réalité une déclaration d’intentions codée sur la façon dont les États-Unis prévoient éventuellement démanteler le Nigeria grâce à des complots de déstabilisation […]

Étape 1: Pakistaniser le Nigeria

Vu la réalité existentielle du fléau de Boko Haram, la vague d’attentats et d’attaques sur les bâtiments publics sont susceptibles de dégénérer dans les mois à venir.

Le but est d’exacerber les tensions et la suspicion mutuelle entre les adeptes des deux religions au Nigeria et de les mener à la violence interconfessionnelle […]

Étape 2: L’internationalisation de la crise

Les États-Unis, l’Union européenne et les Nations Unies appellerons à l’arrêt des violences. […] Pour créer de l’effet, il y aura une couverture importante des médias internationaux sur la crise du Nigeria avec de soi-disant experts pour discuter de toutes les ramifications. Ces experts s’efforceront de créer l’impression que seule une intervention étrangère bienveillante pourrait résoudre la crise.

Étape 3: La grande division en vertu d’un mandat de l’ONU

L’on proposera d’abord l’intervention d’une force internationale de maintien de la paix afin de séparer les groupes belligérants et/ou un mandat de l’ONU assignant différentes parties du Nigeria à des puissances occupantes. Bien sûr, les États-Unis et leurs alliés, guidés par des purs intérêts économiques, auront préalablement discuté dans les coulisses des zones à occuper […] (Ibid., c’est l’auteure qui souligne)

En 2012, le Nile Bowie écrivait:

Le Nigerian Tribune a rapporté que Boko Haram reçoit du financement de différents groupes de l’Arabie saoudite et du Royaume-Uni, en particulier du Fonds fiduciaire Al-Muntada, dont le siège est au Royaume-Uni et à la Société islamique mondiale de l’Arabie saoudite [8]. Lors d’une entrevue menée par Al-Jazeera avec Abou Mousab Abdel Wadoud, le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) stipule que des organisations dont le siège est en Algérie ont fourni des armes au mouvement Boko Haram au Nigeria « pour défendre les musulmans au Nigeria et arrêter les avancées d’une minorité de croisés » [9] .

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Image: Abdelhakim Belhadj, chef des rebelles pendant la guerre de 2011 en Libye et ancien commandant du Groupe islamique combattant en Libye lié à Al-Qaïda.

Pour l’administration Obama, l’appui clandestin à des organisations terroristes dans le but d’atteindre ses objectifs de politique étrangère semble être la condition préalable au commandement des opérations à l’étranger. Boko Haram existe comme une division séparée de l’appareil de déstabilisation étasunien, visant à briser le pays le plus peuplé d’Afrique et le plus grand marché potentiel. (Nile Bowie, CIA Covert Ops in Nigeria: Fertile Ground for US Sponsored Balkanization, Global Research, le 11 avril 2012)

Des reportages indiquent également que certains commandants nigérians sont possiblement impliqués dans le financement de l’insurrection.

Selon le reportage, un soldat nigérian dans l’État de Borno a confirmé que Boko Haram a attaqué Gamboru Ngala en leur présence, mais que leur commandant leur a demandé de ne pas repousser l’attaque. Le soldat a dit au Service Hausa de la BBC que des hélicoptères planaient dans le ciel tandis que les attaques étaient en cours.

Trois cents personnes ont été tuées, des maisons et un marché brûlés tandis que les soldats regardaient, ayant reçu l’ordre de ne pas prêter assistance à ceux qui étaient attaqués. Le soldat a déclaré que l’insurrection de Boko Haram prendra fin lorsque les officiers supérieurs de l’armée cesseront de l’alimenter.

Lors des enlèvements de filles de Chibok, un soldat a affirmé en entrevue à SaharaReporters,

« Nous avons reçu l’ordre d’arrêter les véhicules transportant les filles, mais dès le début de la mission, nous avons reçu l’ordre contraire, soit de nous retirer. Je peux vous assurer que personne ne nous a demandé de chercher quiconque. »

Certains soldats soupçonnent leurs commandants de révéler les opérations militaires à la secte Boko Haram. (Audu Liberty Oseni, Who is Protecting Boko Haram. Is the Nigerian Government involved in a Conspiracy?, africanexecutive.com, 28 mai 2014)

Ces commandants auraient-ils été contraints par des éléments de l’ambassade étasunienne, tel que le suggère l’enquête de Greewhite Coalition citée auparavant?

Boko Haram: Le prochain chapitre dans la frauduleuse, coûteuse, destructrice et meurtrière guerre au terrorisme?

Il a été clairement démontré que la soi-disant guerre contre le terrorisme a fait croître le terrorisme. Nick Turse explique :

[Dix] ans après que Washington eut commencé à verser l’argent des contribuables dans la lutte contre le terrorisme et les efforts de stabilisation à travers l’Afrique, et que ses forces eurent commencé à exploiter le Camp Lemonnier [Djibouti], le continent a connu de profonds changements, mais pas ceux recherchés par les États-Unis.

L’université de Berny Sèbe de Birmingham cite en exemple la Libye post-révolutionnaire, l’effondrement du Mali, la montée de Boko Haram au Nigeria, le coup d’État en République centrafricaine, et la violence dans la région des Grands Lacs de l’Afrique comme preuve de la volatilité croissante. « Le continent est certainement plus instable aujourd’hui qu’il ne l’était au début des années 2000, lorsque les États-Unis ont commencé à intervenir plus directement. » (Nick Turse, The Terror Diaspora: The U.S. Military and Obama’s Scramble for Africa, Tom Dispatch, 18 juin, 2013)

Que veulent les États-Unis en Afrique?

Lorsqu’il est question d’interventions à l’étranger, des décennies d’histoire ont démontré que les objectifs déclarés de l’armée étasunienne et ses véritables intentions ne sont jamais les mêmes. L’intention réelle ne consiste jamais à sauver des humains, mais plutôt à sauver des profits et à gagner du pouvoir. Les interventions des États-Unis et de l’OTAN ne sauvent pas, elles tuent.

Celles menées depuis le début du siècle ont tué des centaines de milliers, si ce n’est plus d’un million d’innocents. Difficile de dire combien, car l’OTAN ne veut pas vraiment savoir combien de civils elle tue. Comme le notait The Guardian en août 2011, il n’y avait « pas de projet international de grande envergure consacré au bilan des décès dans le conflit en Libye », à part durant une brève période.

En février 2014, « on estimait qu’au moins 21 000 civils [étaient] décédés de mort violente en raison de la guerre » en Afghanistan selon Cost of War. En ce qui concerne l’Irak, en mai 2014 on comptait « au moins 133 000 civils tués, victimes de violence directe depuis l’invasion ».

Quant à la Libye, les médias traditionnels ont d’abord menti à propos du fait que Kadhafi avait initié la violence en attaquant des manifestants pacifiques, un faux compte-rendu destiné à diaboliser Kadhafi et galvaniser l’opinion publique en faveur d’une autre intervention militaire. Comme l’explique le Centre Belfer for Science and International Affairs, « ce sont effectivement les manifestants qui ont initié la violence ».

Alan Kuperman écrit :

Le gouvernement a réagi aux gestes des rebelles en envoyant l’armée, mais n’a jamais intentionnellement ciblé de civils ou eu recours à l’usage excessif et aveugle de la force, comme l’ont affirmé les médias occidentaux […]

Le plus grand malentendu à propos de l’intervention de l’OTAN, c’est qu’elle a sauvé des vies et a bénéficié à la Libye et ses voisins. En réalité, lorsque l’OTAN est intervenue à la mi-mars 2011, Kadhafi avait déjà repris le contrôle de presque toute la Libye, alors que les rebelles se retiraient rapidement vers l’Égypte.

Ainsi, le conflit était sur le point de se terminer à peine six semaines après avoir éclaté, avec un bilan d’environ 1 000 morts, incluant les soldats, les rebelles et les civils pris entre deux feux. En intervenant, l’OTAN a permis aux rebelles de résumer leur attaque, prolongeant ainsi la guerre pendant encore sept mois et causant la mort d’au moins 7000 personnes de plus. (Alan Kuperman, Lessons from Libya: How Not to Intervene, Belfer Center for Science and International Affairs, septembre 2013)

Malgré ces chiffres, les médias tenteront encore une fois de nous convaincre que ce dont le monde a le plus besoin en ce moment est de se débarrasser du groupe terroriste Boko Haram et qu’une intervention militaire est la seule solution, même si la soi-disant guerre contre la terreur a en fait accru le terrorisme à l’échelle mondiale. Comme le faisait remarquer Washington’s Blog en 2013, « le terrorisme à l’échelle mondiale a diminué entre 1992 et 2004… mais est monté en flèche depuis 2004 ».

Le Guardian rapportait pour sa part en novembre 2014 :

L’ Index mondial du terrorime (Global Terrorism Index) a enregistré près de 18 000 décès l’an dernier, un bond d’environ 60 % par rapport à l’année précédente. Quatre groupes sont responsables de la majorité de ces décès : le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie; Boko Haram au Nigeria; les talibans en Afghanistan; et Al-Qaïda dans diverses parties du monde. (Ewen MacAskill, Fivefold increase in terrorism fatalities since 9/11, says report, The Guardian, 18 novembre 2014)

Le Guardian omet toutefois de mentionner, que tous ces groupes, y compris Boko Haram et le groupe État islamique, ont été, d’une manière ou d’une autre, armés, entraînés et financés par l’alliance des États-Unis et de l’OTAN, ainsi que leurs alliés au Moyen-Orient.

Grâce à l’appui clandestin des pays occidentaux, des marchands d’armes et des banquiers qui profitent de la mort et de la destruction, la guerre au terrorisme se porte bien. L’Occident prône des interventions militaires sans fin, feignant d’ignorer les causes réelles du terrorisme et la raison pour laquelle il se répand, cachant son rôle et de ce fait indiquant clairement son réel objectif en Afrique : alimenter le terrorisme pour déstabiliser et détruire des pays, justifiant ainsi l’invasion militaire menant à la conquête des terres les plus riches du continent africain, tout en feignant de sauver le monde de la terreur.

Julie Lévesque

 

Source: CAMEROON VOICE

jeudi, 19 février 2015

6,2 MILLIONS D'EUROS POUR LE SILENCE DES ANCIENS PRESIDENTS SUR LE FRANC CFA: LES FRANÇAIS DECOUVRENT UN ASPECT DE LA MONNAIE NAZIE

 

 

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Nicolas Sarkozy est en colère, une fureur incommensurable, disent les journaux. Une fureur justifiée car le contrat sur le prix du silence qui lie les anciens présidents français et le gouvernement français vient d’être rompu d’une manière unilatérale par les journalistes bien instruits. Il est surtout furieux parce que des hauts dirigeants ont informé la presse de sa présence aux émirats, et surtout cette presse prétend que la république lui accorde déjà près de 2,4 millions d’euros par ans au titre d’ancien président. Voilà ce qui rend Nicolas Sarkozy en colère car il y a une confusion entre deux dotations : Une légale, qui attribue à chaque anciens président 6000 euros par mois depuis 1955 Cette dotation est toujours en vigueur aujourd’hui et s’applique à Giscard d’Estaing, J Chirac et N. Sarkozy.

La seconde dotation est, elle bien obscure, et concerne les 6,2 millions d’euros dont parle les journalistes et dont bénéficient les anciens présidents de la République. Il s’agit en fait d’une prime impériale pour leur silence par rapport au franc CFA, dont toute personne, vivant en France, ne prend la vraie dimension hautement criminelle que lorsqu’elle accède à la fonction de président de la France. Nicolas Sarkozy sait lui-même que c’est vraiment un coup tordu, car, malgré toute cette fureur, notre ex et pro-futur président de France ne peut dénoncer officiellement la violation de ce contrat de silence. Il est tenu au secret et s’enrage mais pour combien de temps ?

Les origines de cette confusion et fureur viendraient d’une information qui lève le voile petit à petit,  des deux côtés de la méditerranée, sur le franc CFA et les effets de cette monnaie nazi. En effet, après près de 30 années de bataille acharnée de quelques députés et citoyens récalcitrants, l’un de ces derniers, en l’occurrence M. Dosiere vient d’obtenir une petite victoire car le gouvernement Français vient de lui adresser le coût total des anciens présidents de la république pour l’année 2014 : 6,2 millions d’euros. Notons tout de suite que ce chiffre n’est qu’une déduction approximative, issue de tous les éléments dont disposait ce monsieur et qu’il n y a pas une ligne budgétaire officiel attribuée à cette allocation. Cette allocation n’a d’ailleurs pas une existence légale et reste totalement opaque.

Ce brave homme rapporte que les fondements de cette allocation et son financement reste totalement mystérieux, et comme Nicolas Sarkozy, sa consternation ou sa fureur s’arrête à ce niveau, laissant les Français et les autres citoyens du monde complètement médusés. Comme c’est devenu la mode au royaume de France, tout ce qui touche de près ou de loin le franc CFA, la France Afrique ou le pillage de l’Afrique est enveloppé d’une opacité dont les Français se sont à présent bien familiarisés. La réalité est que cet argent, qui sert à payer les anciens présidents, ne vient pas directement des contribuables Français, mais plutôt des revenus de la gestion du franc CFA. Ce qui ne veut pas dire que les Français ne payent pas de cette pratique digne d’une république bananière. La France est le seul pays dans le monde qui met en œuvre cette pratique, et au service des ex-présidents qui travaillent totalement à leur compte et parfois contre l’intérêt de l’état Français. Pour bien comprendre cette confusion qui entraine aussi bien la fureur de Monsieur Sarkozy que du sieur Dosiere et des Français, il faut remonter à l’origine de cette deuxième dotation opaque.

L’origine de cette dotation opaque aux anciens présidents

Les vraies raisons de cette deuxième dotation sont exactement celles qui font des présidents Africains francophones les propriétaires exclusifs du trésor public de leur pays : le Franc CFA. Tout réside dans la genèse même de cette dotation et il faut se replonger dans les années 70. A cette époque, il n’y avait dans le monde que 3 empereurs, donc deux générés par le franc CFA: Le Vraie (du Japon), le Virtuel (de la Centrafrique) et le réel (de la France). De ces trois empereurs, celui qui jouissait effectivement des pouvoirs d’un Empereur était le président Français, Valérie Giscard D’Estaing. Arrivé au pouvoir très jeune, cet homme intelligent s’est laissé aveugler par le pouvoir que lui conférait le Franc CFA.

Sachant que la France était de droite comme lui et le nombre de mandats n’étant pas limité à cette époque, il se voyait en parfait monarque qui devait régner sur la France pendant des décennies, contrairement à ses prédécesseurs qui était arrivés au pouvoir à un âge avancé.  Ses pouvoirs étaient tellement colossaux que les Africains ne remercieraient jamais assez cet homme pour leur avoir donné l’unique et le seul empereur d’Afrique de la période contemporaine.  Même Louis 14 aurait été jaloux de Bokassa 1er car la cérémonie fut grandiose. Bokassa, en bon empereur et griot Africain est d’ailleurs celui qui a décrit le mieux les faits et gestes impériaux du monarque Français. C’est de ce piédestal de la vision grandiose d’une France impériale du CFA qu’est tombé Valérie Giscard d’Estaing quand la droite a perdu le pouvoir au profit de François Mitterrand en 1981.

Le jeune président déchu a alors eu du mal à se remettre de ce retournement de situation complètement inattendu pour un empereur mais correctement possible pour un démocrate. Alors, lui qui était à l’époque le seul ancien président vivant et qui connaissait très bien les avantages du Franc CFA a alors décidé de revendiquer, comme un empereur déchu, des compensations, avec une menace sérieuse de dénoncer le Franc CFA. C’est ainsi qu’en 1985, les nouveaux arrivants, socialistes, qui avaient mis 4 ans pour prendre la mesure des richesses que procuraient le CFA à l’empire et à l’empereur français, ont alors décidé de lui garantir certaines prérogatives pour acheter son silence définitif sur le Franc CFA. Ainsi, VGE serait soutenu dans plusieurs de ses activités, allant de ses multiples élections jusqu’à la construction de Vulcania, une sorte de parc impérial pour les volcans. Le deal a bien fonctionné car Giscard d’Estaing ne s’est plus jamais exprimé sur le franc CFA et malgré l’alternance en France, le maintien de la monnaie criminogène fait l’unanimité.

Les montants réels de ce prix du silence depuis 1985 ne sont pas connus de nos jours, car les sommes sont directement déduites des intérêts du Franc CFA, un compteur sans chiffres. La somme de 6,2 millions, annoncée par René Mézière n’est qu’une indication, et seulement pour l’année 2014,  car, cette allocation qui n’a aucune base juridique, n’est pas facilement traçable. Le député de l’Aisne rappelle que cette dotation avait été réglé “sur la seule base d’une lettre personnelle” en 1985 de Laurent Fabius, alors Premier ministre, à Valéry Giscard d’Estaing. Elle n’a donc aucune existence ou base juridique.

De nos jours, il n’est pas nécessaire d’avoir une formation sur la vie des empereurs pour comprendre que le comportement des présidents Français, « Katika (Maître) » du Franc CFA, est impérial. Les journalistes Français eux-mêmes, je veux dire les quelques peu qui ont pu résister à ce tsunami de magouille du Franc CFA, qualifient d’ailleurs régulièrement leur président de monarque, a l’exemple de Médiapart ou de Marianne : Le feu président Mitterrand, de son vivant, avait déjà montré la puissance de cet empereur Français en échange de son silence sur le CFA : Les plus grands journalistes de France et Internationaux ne découvriront alors sa polygamie qu’après sa mort.

Le président Chirac est certainement celui dont la criminalité du Franc CFA, ou la monarchie aura le plus affectée. Sa déclaration, sur la nécessité que la France rembourse l’argent des Africains aux Africains, le clouera définitivement sur un fauteuil de mort politique, car dès le lendemain de sa déclaration, il a été frappé d’une maladie qui lui fait tout oublier. Son éloignement de Paris est d’ailleurs considéré comme un exil pour respecter le silence en vigueur. Le spectacle que donnent les deux derniers présidents Français avec leur vie privée ou publique, illustre bien que ces empereurs n’ont pas perdu de leur superbe. Bref, on peut utiliser tous les moyens de l’état pour gagner de l’argent dans des structures privées, tout en mettant à la disposition de ses clients, moyennant quelques pécules, les secrets de l’état.

On peut héberger une femme à l’Elysée sous aucun titre tout en organisant des courses poursuites en scooter avec les paparasis dans les rue de Paris. Ce n’est pas tout, certain candidat dans la lignée de ces monarques, candidat à la présidentielle, rêvent de remplir la fonction présidentielle en France tout en organisant des parties fines ou libertines dans les Hôtels de France et du monde. Bien entendu, ceci à l’insu des grands journalistes d’investigations qui découvrent tout a la télévision comme de simples spectateurs. C’est dire que le pouvoir que confère le franc CFA au président Français est sans limite. Et cette confusion sur les dotations aux anciens présidents, qui déclenche la fureur d’un ancien président, les frustrations d’un député ou des citoyens Français, ne lève qu’un petit coin de voile sur les méfaits de cette monnaie nazi.

La vraie morale de cette histoire c’est que toute chose, bâtit sur un socle de mensonge, de la duperie et du cynisme, finit par voler en éclat comme une maison construite sur une fondation foireuse. Ainsi des trois empereurs des années 70, centrafricain, Français et japonais des années 70, il ne demeure que le vrai empereur, celui du Japon. Au nom de cette morale, on peut parier que les deux empires générés par le Franc CFA disparaîtront également. L’empire de Centrafrique n’a pas attendu la fin du Franc CFA pour disparaitre.

Ngando

 

Source: cameroonvoice

dimanche, 15 février 2015

TELECHARGEZ «REGARDS CROISES», VOTRE BLOG PREFERE: MISE A JOUR DU 15 FEVRIER 2015

 

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Statistiques du blog pour le mois de DECEMBRE 2014 (les toutes dernières que je publie): 26.857 visiteurs uniques, 53.695 visites et 226.754 pages vues. Pages par jour (Moyenne/Maximum): 7.314/9.071 et Visites par jour (Moyenne/Maximum): 1.732/2.034.
 
 
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Comment visualiser le blog Regards Croisés, une fois le téléchargement effectué?


1- Double-cliquer dans le fichier zip (compressé: en icône de livres rouge, bleu et vert empilés, avec le titre en minuscule sans accent «regardscroises», terminé par un nombre en milliers et le mot «zip»);
 
2- Si votre ordinateur comporte un logiciel «WinRAR» installé, il vous fera apparaître un encart de dialogue sous forme de tableau. Cliquer dans «Extraire vers» et choisissez le dossier (ancien ou nouveau) ou le périphérique où vous voulez conserver votre archive zip extraite;
 
3- Une fois l'opération effectuée, vous allez vous retrouver avec deux nouveaux documents, dans le dossier ou le périphérique d'accueil que vous aurez choisi: un dossier (jaune) «regardscroises» et un fichier «index.html»). Votre extraction est donc achevée. Faire alors un double-clique dans le fichier «index.html». Vous découvrirez avec émerveillement votre blog préféré Regards Croisés dans toute sa splendeur (seuls quelques fichiers ne seront pas actifs parce que hors connexion)! Bonne lecture!
 
 
DINDE Fernand AGBO

vendredi, 13 février 2015

MARIE-THERESE A LA POURSUITE DES MILLIONS DISPARUS D'HOUPHOUET-BOIGNY

 

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Son élégance a ébloui les plus puissants. Lorsqu’elle était aux côtés de feu son mari, Félix Houphouët-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire de 1960 à 1993, cette « princesse baoulée » sortait du lot. « Partout où j’allais, je transcendais », dit aujourd’hui sans modestie excessive Marie-Thérèse Houphouët-Boigny, 84 ans. « Et c’est d’ailleurs aussi pour ma beauté qu’il m’a choisie. »

 

Mais qu’il lui semble loin ce temps des fastes et des palais présidentiels, des dîners avec le couple impérial d’Iran, les Kennedy, les De Gaulle, les Chirac ou Senghor…« J’étais aussi la chouchou du pape Jean-Paul II », dit-elle en souriant. Loin, très loin de cette propriété perchée sur la route vicinale de Bossey (Haute-Savoie), village français à la frontière suisse, où elle vit retranchée depuis des années. Entre la télévision et la broderie, elle s’ennuie. Même la très belle vue sur Genève ne la console pas. C’est là, dans les coffres des banques, que s’est évaporée la fortune dont elle pensait hériter.

Celle qui fut surnommée la « Jackie Kennedy noire » a vu son charme immortalisé par Andy Warhol. Au bras du « Vieux », comme était appelé son mari, médecin et planteur devenu député et ministre d’Etat français avant de mener son propre pays à l’indépendance, elle fut l’icône chic et glamour du « miracle ivoirien » des années 1960 et 1970. Elle avait à peine 30 ans. Lui, le double.

 

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Marie-Thérèse Houhouët-Boigny photographiée par Andy Warhol. Crédits : Collection privée

 

Un domestique en livrée apporte le champagne. Marie-Thérèse, pétulante et à peine ridée malgré son âge, admet avoir abusé des fêtes et des tapis verts. Le président vieillissant avait d’ailleurs sollicité le sulfureux Paul Barril, ancien officier de la gendarmerie française, pour enquêter sur un Napolitain issu de la mafia qui courtisait la première dame afin de décrocher le permis d’ouvrir un casino à Abidjan. C’était au printemps 1993. Quelques mois plus tard, le 7 décembre, le « Vieux » s’éteignait. La nation ivoirienne perdait son père et Marie-Thérése Houphouët-Boigny ses millions. « Au lieu de passer votre temps à des funérailles invraisemblables, vous auriez dû vous précipiter ici comme les autres, lui lâche, en mars 1994, un banquier suisse d’UBS. Votre belle-fille a déjà tout pris. »

« Au lieu de passer votre temps à des funérailles invraisemblables, vous auriez dû vous précipiter ici comme les autres, lui lâche, en mars 1994, un banquier suisse d’UBS. Votre belle-fille a déjà tout pris. »

Dès la mort d’Houphouët-Boigny, avocats et notaires parisiens, suisses et ivoiriens ont tenté de recenser cet héritage, difficile à estimer − en tout cas l’une des plus grosses fortunes de la planète. Tout en prenant leur part, ils l’ont partagé à leurs mandants : Marie, Guillaume, François et Augustin, les quatre enfants de Khadija Racine Sow, la première femme, dont Houphouët-Boigny divorcera pour épouser vingt-deux ans plus tard, en 1952, Marie-Thérèse.

Ces héritiers, Parisiens très discrets qui vivent toujours sur la fortune de leur père, ont tout fait pour écarter la belle-mère qu’ils abhorrent. Contactés par Le Monde, ils n’ont pas souhaité répondre à nos questions. Un, voire plusieurs testaments pourraient avoir été rédigés, mais aucun n’est encore apparu. Les enfants, en accord avec Henri Konan Bedié, le successeur du « Vieux », ont fait valoir l’existence d’un legs verbal. Président stratège et ô combien rusé, Houphouët-Boigny proscrivait à ses plus proches collaborateurs les notes écrites, privilégiant l’oral.

Il a en revanche rédigé en juillet 1970, à Genève, des legs particuliers concernant certains de ses biens, en faveur de Marie-Thérèse et des quatre enfants du premier mariage. « Le président m’avait remis une enveloppe avec ces trois legs à ne pas ouvrir avant sa mort, murmure la veuve dont le visage s’est refermé. Il y avait deux comptes à Genève et à Zurich, et le contenu d’un coffre chez UBS à Genève. Mais les autres ont tout pris. »

Parmi les artisans du « partage », on retrouve deux notaires parisiens : Me Paul Chardon, radié en 2003 de l’ordre de la légion d’honneur alors qu’il en portait le grade de commandeur, décédé depuis, et Me Jean-Michel Normand, qui sera plus tard interrogé sous le « régime de la garde à vue » dans l’affaire Bettencourt. Aujourd’hui à la retraite, ce dernier a également refusé de répondre à nos questions. Selon des comptes de l’étude Chardon, que Le Monde a pu consulter, plus de 2,5 millions de francs français (380 000 euros environ) d’honoraires ont été débités de la succession Houphouët-Boigny entre 1994 et 2004, ainsi qu’un million pour les frais divers, dont de nombreux voyages en Suisse.

 

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La première dame, Marie-Thérèse Houphouët-Boigny en Suisse. Crédits : collection privée

 

« Le président m’avait confié qu’il avait réglé toutes les questions de succession avec le notaire français Jean-Michel Normand, poursuit l’ex-première dame. Quand je me suis présentée à son étude parisienne, il s’est excusé de me dire que j’avais perdu la tête ! »

A Bossey, les visiteurs se font rares. Parfois, Catherine Bokassa, veuve de feu l’empereur centrafricain autoproclamé, vient y bavarder entre deux rendez-vous médicaux à Genève. Le reste du temps, Marie-Thérèse s’occupe, comme elle dit. « J’ai tricoté des bonnets pour les enfants des domestiques. Il fait froid, ici, pour les Ivoiriens ».

Sentiment d’injustice

Dans le salon trône une belle commode Louis XV en marqueterie et écailles rouges, unique meuble qu’elle a pu récupérer de l’hôtel de Masseran, propriété parisienne de3 000 m2 rachetée en 1978 par Houphouët-Boigny en qualité de « planteur » – donc à titre privé – au baron Elie de Rothschild pour 60 millions de francs, réglés en espèces. La présidence ivoirienne mène actuellement des travaux dans cet hôtel particulier qu’Henri Konan Bedié était parvenu à extraire de la succession pour l’intégrer dans le patrimoine de l’Etat, sans dédommager la veuve.

Il la contraint aussi à cesser les activités de sa fondation N’Daya, pour ne pas faire de l’ombre à celle de son épouse et nouvelle première dame, Henriette Konan Bedié. « Il n’y a pas de place pour deux première dames », aurait lâché celui qui préside aujourd’hui le plus vieux parti de Côte d’Ivoire, le PDCI. Marie-Thérèse Houphouët-Boigny s’éclipse. « On ne peut pas être et avoir été », dit-elle, philosophe. La nuit est tombée sur Bossey. Au loin, les feux éclairent le jet d’eau de Genève.

 

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Le successeur à la présidence ivoirienne, Henri Konan-Bedié (second en partant de la droite) aux côtés du "Vieux" et de la "Kennedy noire". Crédits : Collection privée

 

En 1994, celle-ci s’isole d’abord quelques mois dans sa villa de Cocody, une commune huppée d’Abidjan, puis s’envole pour trois ans à Nassau, capitale des Bahamas. Le jour, elle gère une boutique d’artisanat africain et s’initie à la pêche. La nuit, elle noie sa mélancolie dans les casinos des Caraïbes. Pendant ce temps, entre Paris, Genève et Abidjan, l’héritage de son mari continue de se vider comme un sablier. Elle revient s’installer à Bossey à la fin des années 1990. Mais c’est de l’autre côté de la frontière suisse, dans la villa que possédait son mari à Cologny, la colline des milliardaires de Genève, qu’elle rêverait de poser ses valises. Une demeure occupée à l’époque par Marie Houphouët-Boigny, la cadette du premier mariage.

« Il m’ont volé vingt ans de vie. Avec de l’argent, j’aurais pu rendre des Ivoiriens heureux. Et vivre mieux. Tout est à régler. C’est comme si le président venait de mourir »

Près de quinze ans s’écoulent avant qu’elle se décide à agir, sur les conseils de son avocat, Me Jean-Paul Baduel et de ses derniers fidèles. Un sentiment d’injustice pousse aussi cette femme qui dit vivre principalement d’une pension de 1 700 euros versée par l’Assemblée nationale (les domestiques de Bossey, eux, sont payés par Abidjan). « Il m’ont volé vingt ans de vie, s’exclame-t-elle. Avec de l’argent, j’aurais pu rendre des Ivoiriens heureux. Et vivre mieux. J’en ai assez de dépendre du bon vouloir de la présidence ivoirienne pour acheter mes billets d’avion. »

Si bien qu’en septembre 2013, elle porte plainte contre X au Tribunal de grande instance de Paris pour faux et usages de faux, recel d’escroquerie et recel successoral. Dans le viseur, une escouade d’avocats et de notaires français et ivoiriens, ainsi que l’ancien directeur du protocole de son mari. Le dossier est confié à la brigade financière. L’ancienne première dame dépose aussi plainte contre UBS à Genève.

Si l’enquête en France stagne, elle devrait être entendue en février par le parquet de la République de Genève. Ces deux actions sont notamment fondées sur les legs particuliers de 1970, dont elle a une copie. Mais elle continue de croire qu’un testament plus complet existe quelque part. Peut-être au Vatican, comme le bruit en a couru en raison des liens étroits entre « Le Vieux » et le Saint-Siège. Dans une missive adressée au pape François en novembre 2014, Marie-Thérèse implore le Vatican de lui en remettre une copie, « pour qu’enfin les volontés de [son] mari soient respectées et qu’il soit mis un terme au pillage des avoirs familiaux ».

L’ex-première dame se retrouve embarquée dans une véritable guérilla judiciaire.« Tout est à régler, c’est comme si le président venait de mourir », soupire-t-elle. Elle a remporté quelques manches, notamment en prouvant que le document de séparation de biens entre elle et le « Vieux » était un faux, fabriqué à Abidjan.

Sept héritiers

Dans les documents consultés par Le Monde, un nom revient souvent, celui de Philippe Rideau, tantôt exécuteur d’un testament dont l’existence n’est pas avérée, tantôt mandataire des quatre enfants du premier mariage. C’est lui que la veuve accuse aujourd’hui d’avoir, au profit des quatre héritiers, vidé les comptes UBS et Citibank de Félix Houphouët-Boigny en Suisse et d’avoir vendu chez Sotheby’s les meubles et les tableaux qui ornaient l’Hôtel Masseran, dont trois œuvres de Bernard Buffet et une d’Auguste Renoir. Un patrimoine estimé à l’époque à7,5 millions d’euros par un commissaire-priseur.

« Vous savez nouer une cravate ? » C’est le critère étonnant que Philippe Rideau, méfiant, retient pour convenir d’un lieu de rendez-vous à Paris. A quelques enjambées de l’Elysée, ce sera le Cercle interallié, où la cravate est obligatoire. « Je n’ai aucunement touché d’argent dans cette succession que j’ai réalisée à titre gracieux », affirme d’emblée cet ancien vice-président de la banque américaine JP Morgan, désormais à la retraite. Il a néanmoins eu à répondre à l’été 2014 aux questions de la brigade financière. De 1997 à 2000, il a agi sur mandat des quatre enfants pour recenser les avoirs d’Houphouët-Boigny à l’étranger et nie avoir cherché à écarter la veuve. « Il n’y avait plus que 1,2 million de francs sur les deux comptes suisses, à répartir entre sept héritiers » , balaie-t-il. Sept pour quatre enfants, une veuve et deux enfants du second mariage adoptés et reconnus par le « Vieux ».

Pourtant, en 1999, des transferts ne sont effectués des comptes suisses que vers ceux des quatre enfants du premier mariage. Et la veuve ? Philippe Rideau rappelle le fameux legs verbal qu’il dit avoir été accepté par tous, s’agace de l’offensive de Marie-Thérèse et se prévaut d’une « mission chrétienne » pour respecter la volonté de l’ancien président : « Les quatre enfants ne souhaitaient pas profiter de cet héritage mais tout destiner à la fondation Notre-Dame de la Paix », assure-t-il.

 

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La basilique Notre-Dame de la Paix, à Yamoussoukro, le grand-œuvre de Félix Houphouët-Boigny payé avec sa fortune personnelle. Crédits : Reuters

 

Ces fonds étaient censés permettre la création d’un hôpital moderne près de la basilique Notre-Dame de la Paix à Yamoussoukro, le grand-œuvre de Félix Houphouët-Boigny payé avec sa fortune personnelle. Telle était la volonté du « Vieux » mais aussi de Jean-Paul II. Un projet que devait largement couvrir la recette des ventes des meubles et tableaux chez Sotheby’s à Londres et à New York pour près de 21 millions d’euros et celle des appartements, immeubles et villas dans toute la France, comme à Marnes-La-Coquette où le « Vieux » aimait à convier ses interlocuteurs français pour les discussions sensibles.

Elle ressasse ces paroles que lui aurait glissées son mari au crépuscule de sa vie : « Tu verras, à ma mort, tu seras la femme la plus riche d’Afrique. »

Il aura fallu vingt-deux ans pour que l’hôpital Saint-Joseph Moscati voie le jour dans la capitale ivoirienne. Le 14 janvier, le président Alassane Ouattara a inauguré en grande pompe cet établissement qui a coûté 22,8 millions d’euros, financés par le Vatican et le gouvernement ivoirien. Restent à trouver 4 millions d’euros pour l’équiper. Quid des fonds du « Vieux » destinés à cette réalisation ? L’avocat de la veuve, Me Jean-Paul Baduel, y voit la preuve que les fonds « ont été détournés ».

 

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Georges Ouegnin, le directeur du protocole de Félix Houphouët-Boigny, à droite de Marie-Thérèse. Crédits : collection privée

 

Tous les présidents de Côte d’Ivoire depuis 1993 ont dû composer avec les mystères de l’héritage du « Vieux ». Georges Ouegnin en sait quelque chose. Directeur du protocole de Félix Houphouët-Boigny et de tous ses successeurs, mémoire vivante de l’histoire de la Côte d’Ivoire, il est lui aussi accusé par Marie-Thérèse d’avoir accaparé des biens immobiliers à Abidjan au travers de sociétés ayant appartenu au « Vieux » et par conséquent faisant partie de la succession contestée. L’enquête de la brigade financière de Paris s'intéresse à l’immeuble « Aniaman » sis en plein cœur d'Abidjan que Georges Ouegnin a loué pour une période à la Banque africaine de développement. Joint par téléphone, il s’en défend. « J’ai été au service du président Félix Houphouet-Boigny comme commis de l’Etat durant 33 ans. Je n’ai rien à voir avec cette succession et lorsque je me regarde dans le miroir, je n’ai pas honte, je suis serein ».

Depuis qu’elle a décidé de réclamer ce qu’elle estime être son dû, Marie-Thérèse Houphouët-Boigny ne se sent plus vraiment la bienvenue dans son pays. Elle s'y rend pourtant de temps à autre pour des mariages ou des enterrements, « la peur au ventre », confie son entourage. Ce soir, dans sa villa de Bossey, elle ressasse ces paroles que lui aurait glissées son mari au crépuscule de sa vie : « Tu verras, à ma mort, tu seras la femme la plus riche d’Afrique. » Son regard s’accroche à une photographie du couple, lui en smoking, elle en fourrure. « La petite Africaine modeste que j’étais a eu la chance d’avoir une vie de rêve parmi les premières dames du monde. C’était un bonus dans mon existence. J’ai aujourd’hui une vie de religieuse. Dieu en a décidé ainsi...» C’est pourtant la justice des hommes qui décidera si elle terminera sa vie à broder ou à mener grand train.

 

A suivre, sur Le Monde Afrique : l’héritage politique d’Houphouët-Boigny pèse sur la Côte d’Ivoire à six mois des élections

 

Source: LE MONDE.FR

LIBYE: KADHAFI EST MORT, VIVE TOTAL!

 

Dans la nuit du mardi au mercredi 4 fevrier 2015 un champ pétrolier conjointement exploité par TOTAL et par la compagnie nationale libyenne NOC, a été attaqué par des hommes armés à Syrte, faisant 11 morts dont 10 libyens et 1 nigériens.

Cette information n’a ému personne. Il est bien évident que tant que les droits de pomper du  pétrole par  TOTAL sont garantis, le respect des droits de l'homme en Libye  ne constituent pas une préoccupation majeure pour les pourvoyeurs d'émotions sélectives et les  champions des droits de l'homme.

Je me suis demandé que fait Total dans le chaos complet qu’est devenu la Libye de l’après Kadhafi, surtout ces derniers mois. J’ai compris pourquoi il n’y a pas de sanctions économiques contre ces groupes armées qui contrôlent la Libye, y massacrent les populations, exploitent et mettent sous coupe réglée le territoire libyen, désormais éclaté entre 4 provinces hétéroclites (Bengazi, Syrte, Tripoli, le Faisan) : une « somalisation » complète. La compagnie nationale de pétrole libyenne représente qui dans un tel contexte? Que valent les contrats et quelle est la légalité et la légitimité des opérations des compagnies pétrolières en cours dans le pays ? Peut-on être aussi cynique et fermer les yeux sur le drame des populations libyennes à ce point ?

Déjà à la veille de la chute de Kadhafi, le Conseil national de transition (CNT) libyen annonçait en avril 2011 sa décision « attribuant 35 % du total du pétrole brut aux Français en échange du soutien total et permanent à notre conseil » : ceci représenterait une production de plus de 542 000 bb/j sur sa production journalière de 1 550 000 bb/j d’avant la guerre.

Dans le contexte de la guerre menée par l’OTAN pour tuer Kadhafi en 2011, une telle annonce pouvait apparaitre comme une contribution du groupe français à l’installation de la démocratie en Libye.

Aujourd’hui, 4 ans après, avec ce qui se passe sur le terrain en Libye on est bien loin de l’installation de la démocratie, le pays est en ruine, le semblant d’Etat qui existait sous Kadhafi est totalement délité, c’est le règne des groupes djihadistes qui se partagent le pays et rivalisent dans les exactions et les actions les plus horribles.

Alors comment comprendre que TOTAL, une entreprise « citoyenne » en France, puisse intervenir à l’aise dans un tel merdier.   

En fait, la Libye, qui recèle les plus vastes réserves de pétrole d'Afrique et 9eme dans le monde (44-46.5 milliards de barils), est déjà à elle seule la troisième source d'approvisionnement de la France, ex aequo avec la Mer du Nord (16 % du total en 2010), derrière les pays du Proche-Orient (17 %) et ceux de l'ex-URSS (32 %), selon l'Insee. La France importe plus de pétrole libyen (10,25 millions de tonnes en 2010) que de pétrole saoudien (6 millions de tonnes).

Le groupe français TOTAL, tout comme les firmes pétrolières liées à la Grande-Bretagne, avait peu à perdre et beaucoup à gagner dans la guerre en Libye ; Paris et Londres ont été les plus impliqués dans l'offensive de l'Otan en Libye.

Avant le début du conflit, le groupe français TOTAL était assez mal implanté en Libye, avec seulement deux champs fournissant une modeste production de 55 000 barils par jour (b/j) : très loin derrière l'italien Eni (244 000 b/j), les compagnies américaines (124 000 b/j), et même l'allemand BASF (100 000 b/j), d'après les chiffres du département de l'énergie américain pour 2010.

Plus généralement, l'Occident, qui est à court de nouvelles découvertes de pétrole, est dans la crainte d’une chute de la production contrôlée par les compagnies occidentales. Dès 2005, l'économiste en chef de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avait annoncé, pour Le Monde, un déclin de la production hors-Opep « peu après 2010 ».

La conséquence serait que les grandes compagnies pétrolières occidentales, celles que l'on a pris l'habitude d'appeler les « majors », alors même que depuis les années 70 et l'émergence de l'Opep, elles ne contrôlent plus qu'à peine un septième des réserves de la planète, perdent leur place de leaders incontestables du marché. En effet, malgré leurs capitaux fantastiques, qui les placent toujours aux tout premiers rangs des plus grandes firmes privées de la planète, les majors sont désormais des « minors », du point de vue du contrôle des réserves, face aux firmes publiques des grands pays exportateurs.

Plus le temps passera, plus la proportion des réserves de pétrole contrôlées par les pays exportateurs augmentera, tandis que la part des compagnies occidentales, elle, s'amenuisera, et cela « mécaniquement », répète Fatih Birol à l'AIE.

N’est-ce pas ici que se trouve la réponse à toutes ces guerres fomentées opportunément dans les pays abritant les plus grandes réserves d’or noir au cours des dernières décennies (Irak, Lybie, Syrie, menaces contre l’Iran, Soudan puis Sud Soudan, Côte d’Ivoire, Mali, République centrafricaine, Tchétchénie et pays d’Asie de l’ancienne URSS, menace de guerre contre la Russie elle-même, instabilité au Nigeria avec la secte BokoHaram, etc.).

La présence et les activités de TOTAL et des autres grandes firmes pétrolières occidentales en Libye finissent de nous convaincre de l’hypocrisie des dirigeants occidentaux, pour lesquels en réalité ne comptent que leurs intérêts mesquins, loin des vociférations et agitations officielles se référant cyniquement à la défense de valeurs démocratiques et de respect des droits de l’homme à travers le monde.

Sous le masque de la protection des droits de l’homme et de la lutte contre le terrorisme que porte l’occident, se cache le contrôle et la protection des ressources de matières premières notamment le pétrole. La concurrence des pays émergents pousse l’occident vers un monopole de type colonial ou l’installation du chaos qui laisse la place au plus fort donc aux pays qui interviennent par la force au non de la démocratie ou de la lutte contre le terrorisme.

En Afrique de l’ouest, outre le Nigeria, cinq États de la région sont actuellement producteurs de pétrole : le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Mauritanie et le Niger. Tandis que les dix autres États sont encore au stade de l’exploration. En termes de réserves avérées, l’Afrique de l’Ouest affiche des proportions identiques à celles de la production : elles s’élèveraient à près de 40 milliards de barils (en 2012), soit environ 30 % des réserves totales de l’Afrique.

S’agissant tout particulièrement du Nord Mali, là d’où est partie la guerre et où persistent les principales tensions, même si cette région contribue très peu – à l’heure actuelle – au PIB du pays, le sous-sol des régions de Gao, Kidal et Tombouctou suscite beaucoup d’espoir : 850 000 km2 de potentiel gazier et pétrolier, selon les études menées par l’Autorité pour la recherche pétrolière (Aurep). Un contexte qui pourrait  expliquer en partie la situation actuelle  et qui pourrait justifier  les velléités de partition du pays.

Quoi  qu’il en soit, 4 bassins principaux ont été identifiés dans cette zone : Tamesna (à cheval entre le Mali et le Niger), Taoudeni (qui couvre également une partie de l’Algérie et de la Mauritanie), le graben de Gao et le rift de Nara (vers Mopti). Le pyromane Barkhane a bien de l’avenir surtout que le pompier est déjà opérationnel : cette zone se situe dans le prolongement de la poudrière libyenne et aux confins de la région convoitée par Boko Haram.

Quand est-ce que les élites et les peuples africains vont-ils comprendre ce fait pour savoir la force que représentent les richesses du continent et prendre conscience de la nécessité de les exploiter pour le développement de nos populations tout en rejetant l’hypocrisie de l’occident et ses prétextes fallacieux pour intervenir dans nos pays.

 

Par Jean Charles TIEMELE, Expert Economiste Financier.

vendredi, 16 janvier 2015

CHARLIE HEBDO: LES INCOHERENCES DE L'ATTAQUE. MEDIA-MENSONGE?

 

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Les événements liés au massacre dans les locaux de Charlie Hebdo ont laissé la France sous le choc. Depuis peu, une véritable chasse à l’homme a démarré afin d’intercepter les suspects en fuite.

Plusieurs détails troublants concernant cette affaire ne font que surgir, prouvant que “l’attentatne serait qu'une géante mascarade.

Tout d’abord, il s’agirait d’une carte d’identité qui aurait mis les enquêteurs sur la piste des deux premiers auteurs présumés : Said et Chérif Kouachi. La carte d’identité aurait été oubliée dans la première voiture qui aurait permis aux coupables de prendre la fuite. Difficile de reconnaître la véracité des faits. En effet, comment les deux frères, en vue de réaliser un drame d’une telle importance, aurait pu décider sur un coup de tête de laisser une preuve pouvant révéler leur identité ? Pour laisser ses coordonnées au propriétaire de la voiture en vue de faire un constat à l’amiable ?

Maintenant, zoom sur le policier sauvagement abattu sur le trottoir : étrange, on ne voit aucune trace de sang !
De plus, il suffit de regarder la photo pour s’apercevoir que le “terroriste” n’a pas tiré sur la tête. Si cela avait été le cas, la scène aurait été un véritable carnage !
Par ailleurs, on ne constate pas le moindre mouvement de corps de la part du policier, ni de recul au niveau de l’arme à feu.

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Encore des détails inexplicables : comment se fait-il que la chaîne de télévision d’infos israélienne i24news (propriété de Patrick Drahi et basée près de Tel Aviv) ait mis en avant les origines franco-algérienne des présumés coupables 5 heures avant que les médias français n’aient été capable de le faire ?

Enfin, l’attentat aurait début sur les coups de 11h50. Est-il normal, qu’en à peine 3 minutes, le journal 20 Minutes soit déjà au courant de l’affaire ? Et voilà que la chaîne i-Télé est déjà sur place, soit 10 minutes après le meurtre.
Par ailleurs, les journalistes ont même eu le temps de se faufiler par les toits afin de filmer, dont l’un équipé d’un gilet par balles. Savait-il ce qui allait se passer ?

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Ces indices prouveraient-ils une fois de plus, que le scénario de Charlie Hebdo était bel et bien prémédité ?

D’autres incohérences feront bien surface, histoire de comprendre le fort poids de la manipulation des médias poubelles.

 

Source: HALALBOOK.FR

jeudi, 15 janvier 2015

LA FARCE DE LA «LIBERTE D'EXPRESSION»

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Lors d’une allocution depuis le perron de l’Élysée, suite à la terreur meurtrière de cette semaine en France, l’ancien président Nicolas Sarkozy a condamné ces violences, les qualifiant d’« attaques contre la civilisation ». Les paroles solennelles de Sarkozy le faisaient apparaître – bronzé, bien coiffé et bien habillé – comme la personnification du « monde civilisé ». Une singulière modification d’image, pour un politicien embourbé dans des allégations de malversations et de corruption, ainsi que de crimes de guerre.

Sarkozy n’était pas aussi préoccupé par la « civilisation » quand lui et ses alliés britanniques ont lancé la campagne de bombardements de l’OTAN contre la Libye en mars 2011, en violation flagrante du mandat de l’ONU. Ces attaques, qui durèrent sept mois, débouchèrent sur le meurtre de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi – dont, par le passé, Sarkozy avait volontiers accepté en secret les donations pour ses campagnes électorales, avant de lui planter un couteau dans le dos. Cette guerre éclair de l’OTAN menée par la France contre la Libye eut pour effet de renverser un gouvernement constitutionnel, et amena à la destruction de l’une des nations d’Afrique les plus développées au plan économique.

La Libye a été ravalée au rang d’État en faillite ; elle est désormais sous l’emprise de milices extrémistes Takfiri et de seigneurs de guerres tribaux qui partagent la même idéologie que les réseaux terroristes de l’Etat islamique (ISIS ou EIIL – NdT) qui détruisent actuellement l’Irak et la Syrie. C’est la même idéologie que celle des auteurs des attentats à Paris cette semaine, qui ont tué plus d’une douzaine de personnes.

La préoccupation de Sarkozy au sujet des « attaques contre la civilisation » est donc tout à fait justifiée, mais vous ne verrez pas les choses présentées de cette façon dans les médias occidentaux sous contrôle: les forces extrémistes qu’il a contribué à déchaîner par le renversement illégal de l’État libyen ont maintenant frappé son propre peuple dans la capitale de sa République. Une des présumées valeurs fondamentales de la civilisation occidentale qui aurait été profanée cette semaine est la « liberté de parole » ou « liberté d’expression ».

Sarkozy a condamné cet assaut meurtrier contre le magazine satirique basé à Paris, Charlie Hebdo, le qualifiant de guerre faite « à nos valeurs » et a été rejoint en cela par de nombreuses personnalités politiques occidentales, du président Barack Obama au premier ministre David Cameron. Or, ce journal avait par le passé rendu furieux des millions de musulmans dans le monde entier en publiant des images profanant le Prophète Mohammad. C’est ce qui semble avoir servi de motif aux meurtriers qui, alors qu’ils s’enfuyaient de la scène du crime à Paris, ont crié : « Le prophète a été vengé. »

Le président français François Hollande a élevé les journalistes et dessinateurs abattus, au rang de « héros » morts au nom du noble principe de la liberté d’expression. Mais comme d’autres valeurs présumées du monde occidental des« droits de l’Homme», la liberté d’expression est un principe très surfait – dans le sens où les gouvernements occidentaux et leurs institutions, tout comme les médias contrôlés par les grandes corporations, invoquent ce principe comme une marque idéologique d’honneur qui les distingue et les rend supérieurs aux autres.

En pratique pourtant, ces valeurs occidentales ne sont rien d’autre que des chimères. Ce sont des slogans vides auxquels on fait profession d’adhérer, de façon vaniteuse et fourbe, dans des buts de propagande. A quels droits de l’homme, à quel respect des lois, Sarkozy, Cameron et Obama ont-ils adhéré lorsqu’ils supervisaient l’anéantissement de la Libye ? Ou lorsqu’ils tentent encore aujourd’hui de détruire secrètement la Syrie et l’Irak (malgré les déclarations tardives des Occidentaux disant qu’ils combattent les réseaux terroristes qu’ils ont eux-mêmes créés, en premier lieu pour renverser le régime syrien) ?

Quand les gouvernements occidentaux défendent la liberté d’expression, c’est surtout par opportunisme et pour en tirer un bénéfice politique. Il ne s’agit pas du tout de morale universelle, comme ils le prétendent. Et, sans craindre le ridicule, ils avancent des mensonges éhontés pour prouver le contraire, comme à leur habitude.

Une publication satirique française peut avoir été autorisée à dénigrer l’Islam mais il ne lui aurait jamais été permis de condamner le sionisme et tous ses crimes parfaitement établis. Il est peu probable que le journal en question publie des caricatures de Sarkozy, Obama ou Cameron, avec des explosifs ficelés sur la tête ou larguant des bombes sur la Libye. Même si cette dernière idée n’a rien de satirique et reflète purement et simplement la réalité d’actes criminels.

La « liberté d’expression » à l’occidentale n’est donc que la liberté pour le pouvoir en place d’avilir et de diaboliser n’importe qui, quand l’intérêt politique de l’Occident l’exige. Quand la liberté d’expression s’attaque de façon légitime aux intérêts de l’Occident, lorsqu’elle met en évidence son hypocrisie et ses malversations, alors elle cesse d’être un « principe universel ». La censure implacable prend force de loi.

Le comique français Dieudonné, par exemple, a été interdit de représentation publique (*) par le gouvernement français en raison de son geste moqueur du bras, connu comme la « quenelle ». Ce geste peut être interprété de plusieurs manières, de la vulgaire insulte personnelle à l’outrage dérisoire envers les classes dirigeantes. Les autorités françaises prétendent que ce signe est « antisémite » représentant un salut nazi inversé. Dieudonné dément cela et dit au contraire qu’il s’agit d’un geste antisioniste et « anti-establishment ».

Le gouvernement de Londres a interdit au comédien de se rendre en Grande-Bretagne en raison de ses parodies politiques. Son ami, le joueur de football professionnel Nicolas Anelka, a été empêché de jouer en Angleterre et a dû payer une amende de près de 100 000 € pour avoir fait la quenelle après avoir marqué un but.

Presque un an avant le massacre de Charlie Hebdo cette semaine à Paris, le président français François Hollande a indiqué qu’il n’y aurait aucune tolérance pour Dieudonné ou qui que ce soit d’autre faisant la quenelle. « Nous agirons, nous combattrons les sarcasmes de ceux qui prétendent être des humoristes, mais sont en réalité des antisémites professionnels », a dit Hollande. Mais attendez une minute. Il s’agit de ce que la classe dirigeante française considère être le sens de la quenelle de Dieudonné. Sur la base de leurs préjugés, l’artiste, et quiconque fait ce geste en public, est passible de poursuites. Ce n’est pas de la simple censure ; c’est de la persécution, par l’Etat, pour délit d’opinion.

Manifestement, il est tout à fait admissible d’insulter l’islam conformément à l’usage sélectif qui est fait de la liberté d’expression en Occident parce que cela sert le programme politique de diabolisation des pays musulmans ; ce qui autorise l’Occident à les attaquer avec des avions de combat ou des mercenaires terroristes secrets. Mais il n’est pas acceptable de caricaturer le sionisme ou les classes dominantes occidentales.

Il y a une autre pierre angulaire révélatrice dont il faut tenir compte. Pourquoi Press TV, la chaîne d’information iranienne en langue anglaise, est-elle exclue de la diffusion britannique terrestre et par satellite? Pourquoi la chaîne basée en Iran est-elle interdite dans toute l’Europe et l’Amérique du Nord ? Où est la liberté d’expression occidentale dans ce cas ? Quel est le problème ?

Press TV n’est pas tolérée. Elle est interdite. Elle est interdite parce que la vérité du terrorisme d’Etat occidental, tel qu’il est pratiqué par Sarkozy, Hollande, Obama , Cameron, et leurs semblables, est trop lourde à assumer dans la mesure où elle pourrait éveiller les consciences et conférer du pouvoir à l’opinion publique.

La vérité du terrorisme d’Etat financé par l’Occident, tel qu’il est pratiqué par le régime génocidaire israélien, est trop difficile à assumer pour être débattue publiquement; toute critique est rejetée au nom du « devoir de mémoire », sous le prétexte fallacieux de l’« antisémitisme ». Le fait que les dirigeants occidentaux devraient être poursuivis pour crimes de guerre est trop difficile à assumer. Tous ces points de vue, aussi intellectuellement rigoureux, moralement scrupuleux et légalement étayés soient-ils, doivent être censurés, et ceux qui les défendent doivent être harcelés et mis à l’isolement.

La liberté d’expression occidentale n’est rien d’autre que le petit jeu cynique des puissants dans le but de préserver leurs positions de pouvoir illégales.

Un journal satirique encensé par des criminels de guerre occidentaux pour sa « liberté » de déshumaniser les musulmans est salué pour son « héroïsme » ? Et au même moment, une chaîne de télévision diffusant des informations sérieuses, comme Press TV, est interdite. C’est une bande dessinée grotesque.

 

Par Finian Cunningham | 10 janvier 2015 | Dissidentvoice.org

 

Traduit par Diane Gilliard, Chris et Christophe pour Il fatto quotidiano.fr et Arret sur info.ch.

(*) En réalité, c’est un spectacle en particulier de Dieudonné qui a été interdit de représentation publique, pas le comique lui-même

Finian Cunninghamdiplômé en chimie agricole, a travaillé comme rédacteur scientifique pour la Royal Society of Chemistry, à Cambridge en Angl.eterre; puis comme journaliste durant 20 ans au The Mirror, Irish Times et The Independent. Il est aussi musicien et auteur de chansons. Originaire de Belfast, en Irlande, il vit aujourd’hui en Afrique de l’Est et travaille comme chroniqueur indépendant pour Press TV et Strategic Culture Foundation.

 

Source: ARRET SUR INFO

02:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, france, la farce de la «liberté d'expression», attaque terroriste de charlie hebdo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 14 janvier 2015

SELON McCLATCHY, MOHAMMED MEHRA ET LES FRERES KOUACHI SERAIENT LIES AUX SERVICES SECRETS FRANÇAIS

 

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Le quotidien états-unien McClatchy annonce que les Frères Kouachi et Mohammed Mehra ont été recrutés par l’artificier du sous-groupe Khorasan d’Al-Qaïda.

L’année dernière, le même journal avait révélé l’existence du Français David Drugeon (photo) et son rôle au sein d’al-Qaïda en Syrie. Il avait prétendu que le jeune homme était un membre des services secrets français. Puis, le Pentagone avait confirmé le considérer comme une cible prioritaire. Le ministère français de la Défense avait alors vivement infirmé que Drugeon ait jamais travaillé pour lui.

Le 6 novembre 2014, Fox News annonçait que David Drugeon avait été tué par un drone états-unien à Sarmada (Syrie). La chaîne réitérait l’accusation selon laquelle il travaillait pour les services secrets français.

Dans un article de son correspondant en Irak, Mitchell Prothero, McClatchy analyse les images et vidéos de la tuerie de Charlie Hebdo. Il conclue que les Frères Kouachi ont probablement eu une expérience de guerre ou ont au moins reçu une formation militaire. L’article renouvelle l’accusation de l’appartenance de David Drugeon aux services secrets français. Il laisse entendre une possible responsabilité des services secrets français dans les affaires Mehra et Kouachi.

Cet article figurait dans la revue de presse interne du Pentagone, datée du 8 janvier. voltaire.net.org

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

SELON PAUL CRAIG ROBERTS, LES ATTAQUES TERRORISTES A PARIS ONT ETE CONÇUES PAR LA CIA

 

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A former White House official says the terrorist attack that killed 12 people on Wednesday in Paris was a false flag operation “designed to shore up France’s vassal status to Washington.”

 

Dr. Paul Craig Roberts, who was Assistant Secretary of the Treasury in the Reagan Administration and associate editor of the Wall Street Journal, made the remarks in an article published on Thursday.“The suspects can be both guilty and patsies. Just remember all the terrorist plots created by the FBI that served to make the terrorism threat real to Americans,” he wrote.He said that the French economy is suffering from the US-imposed sanctions against Russia. “Shipyards are impacted from being unable to deliver Russian orders due to France’s vassalage status to Washington, and other aspects of the French economy are being adversely impacted by sanctions that Washington forced its NATO puppet states to apply to Russia.”

Dr. Roberts stated that French President Francois Hollande this week said that the sanctions against Russia should end. “This is too much foreign policy independence on France’s part for Washington.”He added that the CIA has apparently resurrected a policy that it followed against Europeans during the post-WW II era when the US spy agency would carry out attacks in European states and blame them on communist groups.

Dr. Roberts said now the US agencies have planned false flag operations in Europe to create hatred against Muslims and bring European countries under Washington’s sphere of influence.He noted that “the attack on Charlie Hebdo was an inside job and that people identified by NSA as hostile to the Western wars against Muslims are going to be framed for an inside job designed to pull France firmly back under Washington’s thumb.”The widely read columnist stated that the US “government tells Americans whatever story the government puts together and sits and laughs at the gullibility of the public.”GJH/GJH
pressTV.ir


______________________

 

Puis la traduction faite par Sam La Touch sur son Blog, repris par cameroonvoice:

Selon Paul Craig Roberts, les attaques terroristes à Paris ont été conçues par la CIA pour renforcer le statut de vassal de la France envers les Etats-Unis.

 

Un ancien officiel de la Maison Blanche a déclaré que l'attaque terroriste qui a tué 12 personnes, ce mercredi à Paris était une opération sous fausse bannière "conçu pour consolider l'état de vassal de la France envers Washington." Le Dr Paul Craig Roberts, qui a été secrétaire adjoint au Trésor dans l'administration Reagan et rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, a fait ces remarques dans un article publié jeudi.

"Les suspects peuvent être à la fois coupable et pigeons. Rappelez-vous tous les complots terroristes créés par le FBI qui ont servi à faire en sorte que le terrorisme devienne une menace réelle pour les Etatsuniens", écrit-il.

Il a dit que l'économie française souffre des sanctions US imposées contre la Russie. "Suite à la commande russe, les Mistral français ne peuvent être livrés en raison de l'état de vassalité de la France envers Washington, et d'autres aspects de l'économie française sont négativement impactés par les sanctions que les États marionnettes de l'OTAN ont été obligés d'appliquer à la Russie, à la demande expresse des Etats-Unis."

Le Dr Roberts a déclaré que le président français François Hollande avait déclaré cette semaine que les sanctions contre la Russie devaient se terminer. "Pour Washington, c'est trop d'indépendance de la politique étrangère de la part de la France."

Il a ajouté que la CIA a apparemment ressuscité une politique qui a été menée contre les Européens pendant l'ère post-Seconde Guerre mondiale lorsque l'agence d'espionnage US menait des attaques dans les Etats européens pour les attribuer aux groupes communistes.

Le Dr Roberts a déclaré que ces opérations sous fausses bannières étaient prévues par les services étatsuniens en Europe pour créer la haine contre les musulmans et amener les pays européens sous la sphère d'influence de Washington.

Il a noté que "l'attaque de Charlie Hebdo était un travail intérieur et que les gens identifiés par la NSA comme hostile à la guerre occidentale contre les musulmans vont être encadrés pour un travail intérieur conçu pour amener fermement la France sous la coupe de Washington."

Le chroniqueur a déclaré que le "gouvernement US sert aux Etatsuniens n'importe quelle histoire qu'il organise en sous-main et se rit de la crédulité du public." Article originel : Paris attack designed to shore up France's vassal status: Roberts (Press TV).

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mercredi, 24 décembre 2014

PAYS SOUS-DEVELOPPES D'AFRIQUE... VOUS LE RESTEREZ!

 

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Il n'y a pas de pays en « voie de développement », il n’y a que des pays sous-développés. Pays auxquels on fait croire qu’ils se développeront. Ce « on », c’est celui qui les maintient dans le sous-développement. Mieux, encore, avec leur propre soutien et appui.

 

Pays sous-développés d’Afrique, vous ne vous développerez jamais.

Et l’on n’est pas naïf pour engendrer une polémique sur le «développement» auxquels ces pays sont sensés tendre. Ce n’est ni un modèle occidental ni oriental, ni nordique, ni méridional, ce développement dont on traite ici c’est celui qu’acquiert une nation, générant une gouvernance démocratique, par la promotion de l’être humain dans son corps et son esprit, des libertés et des technologies par la création de richesses mises au service du progrès social dans le respect de l’environnement et de la nature.

Ce « développement », même les nations occidentales industrialisées ne peuvent s’en targuer qu’en rangs dispersés chacune réalisant peu ou prou un « morceau de ce développement », mais à la différence des pays « sous-développés », elles ont pris le parti du développement et cela en mettant en marche les « forces » dont elles disposent pour y arriver et cela souvent au détriment des pays sous-développés.

Sans nous apitoyer encore sur le siphonage historique (et qui se continue) des ressources naturelles des pays sous-développés qui a permis aux pays , coloniaux notamment (et leurs alliés) de devenir ce qu’ils sont aujourd’hui- des puissances assises sur un capital historiquement mal acquis-, le constat est bien plus amer : les pays sous-développés le resteront à jamais.

Les épidémies, les endémies, les virus mortels et autres calamités virales, les pays « sous-développés » les produisent, les pays occidentaux leur fabriquent le vaccin.

Les pays sous-développés, n’ont aucun moyen de locomotion national (ni voiture, ni train, ni avion…) les pays occidentaux, le leurs fabriquent.

Les pays sous-développés ne fabriquent ni machines industrielles, ni pièces de rechange, les pays occidentaux les leurs fournissent.

Les pays sous-développés n’ont aucun brevet de fabrication des produits de haute technologie, les pays occidentaux les monopolisent pour les leur faire payer.

Les pays sous-développés, n’ont que des budgets de rente et d’endettement. Leurs recettes proviennent essentiellement de ressources naturelles limitées et de prêts et autres facilités d’ internationales par pays occidentaux interposés.

Les pays sous-développés consacrent les trois-quarts de leur budget national aux dépenses de fonctionnement d’une administration publique souvent incompétente et inefficiente.

Les pays sous-développés reçoivent l’armement et l’équipement et sécuritaire des pays occidentaux, à travers des contrats d’achat faramineux échappant souvent à tout contrôle et réduisant dramatiquement leurs budgets.

Les pays sous-développés n’investissent ni dans l’enseignement, ni l’éducation, ni la culture ni dans la maitrise de la technologie sinon de façon médiocre, insuffisante et dans tous les cas inefficace.

Les pays occidentaux développent les grandes universités, les laboratoires de recherche qui attirent les ressources humaines compétentes des pays sous-développés, les dépouillant de leur matière grise.

Les pays sous-développés, n’ont pas voix au chapitre des relations internationales qui sont davantage dictées par la force et le monopole du et autres puissances alliées.

Les pays sous-développés, pensent qu’ils sont indépendants alors qu’ils ne le sont ni économiquement, ni financièrement, ni même politiquement.

Les ressortissants des pays sous-développés s’agglutinent, dans la frustration et le mépris,  devant les consulats des pays occidentaux pour quémander des visas, ou encore se jettent à la mer pour mourir de désespoir devant leurs côtes. Fuyant la misère du sous-développement.

Pendant que les occidentaux, se préoccupent de conquérir l’espace sidéral et projettent de bâtir sur la lune, les pays sous-développés se préoccupent de la pousse des barbes et projettent de bâtir sur des ruines.

Les pays sous-développés, à travers leurs dirigeants, cultivent les croyances sociales surannées et se réfugient dans des religions qui anesthésient leur peuples et leur font accepter toute fatalité.

Les pays sous-développés, à travers leurs dirigeants, bradent leurs ressources naturelles aux compagnies occidentales, détruisant l’environnement et l’espoir des générations futures.

Les dirigeants des pays sous-développés, sont pour la plupart soit des dictateurs, des putschistes, des élus frauduleux, des corrompus, des agents des métropoles coloniales, soit des « manipulateurs de constitution », soit des otages de leurs courtisans, tribus, ethnies ou factions, et dans tous les cas des dirigeants impuissants face au devenir de leurs pays.

Pendant que les forces industrielles occidentales inventent aujourd’hui, le produit de demain pour préparer le futur de la dépendance économique des pays sous-développés, ceux-ci pompent les ressources de leur sol et exportent leurs cultures de subsistance pour acheter ces produits.

Pris dans la gangue militaro-industrielle occidentale (s’étendant jusqu’au Golfe et au-delà) et dans une mondialisation dans laquelle ils ne sont que des consommateurs forcés au prix de la saignée de leurs ressources naturelles en déclin, les pays sous-développés le resteront.

Pris dans les tourments des politiques prônées par le groupe de Bretton woods, avec des sociétés appauvries et des masses acculturées se tournant vers l’extrémisme et la violence, les pays sous-développés sont le champ d’expérimentations militaro-économiques qui les maintiennent dans une géostratégie de la soumission et de la division.

Les pays sous-développés ne peuvent se tourner vers nulle part pour leur salut et celui de leur peuple. Ceux qui se font appuyer financièrement par le Moyen-Orient finissent dans les révoltes et les religieuses, ceux qui demandent l’appui industriel de l’Extrême-Orient (la chine et l’Inde notamment) subissent les foudres de l’Occident et finissent par regagner les rangs de la puissance coloniale et le giron occidental.

Les pays sous-développés d’Afrique ont-ils un avenir ? Pas certain.

L’assimilation d’une rente (détournée et ou mal utilisée) à une croissance économique.

La littérature économique qui attribue à l’Afrique des taux de croissance souvent à deux chiffres est aussi mensongère que le sont souvent les affirmations de la BIRD et du à l’égard des pays d’Afrique.

Voici les deux récents exemples :

Banque Mondiale :

« Les perspectives macroéconomiques de l’Afrique subsaharienne demeurent prometteuses, avec une croissance à moyen terme qui reste favorable en dépit d’une conjoncture hostile : le de la région qui s’établissait à 4,6 % en 2014 devrait progresser à un rythme annuel moyen de 5,2 % sur la période 2015-16 et s’élever à 5,3 % en 2017. Le par habitant devrait continuer d’augmenter, pour passer de 2,1 % en 2014 à 2,6 % en 2015, et 2,8 % en 2017. » (Banque Mondiale)[1]

Le FMI :

« Le Fonds monétaire international (FMI) est optimiste pour l’économie de l’Afrique subsaharienne, si l’on en croit les prévisions du rapport publié jeudi 31 octobre. « Les vents contraires qui soufflent à l’échelle mondiale ont peu affecté sa croissance en 2013 et le rythme de celle-ci devrait s’accélérer en 2014″, estime les auteurs.

Le taux de croissance est prévu à 5 % pour cette année et à 6 % pour l’année prochaine. Autre bonne nouvelle, le taux d’inflation annoncé est en baisse pour la troisième année consécutive et passera en dessous de 6 % à la fin de 2014. » (Le FMI prédit à l’Afrique sub-saharienne une croissance soutenue- Le Monde : 31-10 2013 )[2] »

Hélas ! Ce que l’on refuse de mettre en exergue, c’est que cette croissance est assise sur des ressources naturelles, agricoles, ­pétrolières et minières.

Il s’agit de la croissance d’une rente (épuisable) et non pas d’une croissance économique au sens où cette croissance devrait être la résultante de la valeur ajoutée provenant du tissu industriel (créativité, technologie maitrisée, produits exportés) et commercial (diversité, compétitivité et offre de produits nationaux) du pays.

Les Pays étrangers achètent les extractions minières et autres, les pays sous-développés engrangent le revenu-rente.

Plus le pays sous-développé vend et plus les institutions financières internationales considèrent qu’il y a croissance. Ironique.

En somme, plus un pays exportateur de fer, fait tourner ses pelleteuses (et détruit le sol et le sous-sol) plus il « croit » économiquement. Mieux encore, si le prix du fer sur le international augmente,  la croissance en fera de même.

Il s’agit là d’une conception erronée qui continue à maintenir les pays sous-développés dans l’ignorance de leur croissance réelle (en terme d’agrégats économiques réels, d’étoffement de leur tissu industriel, de leurs maitrise technologique et scientifique) et ne sert qu’à faire délivrer, par les institutions financières de l’endettement des satisfecit béats à leurs dirigeants qui les pillent.

La rente financière n’est pas une croissance. C’est le revenu qu’un pays reçoit du fait d’exportations de ressources naturelles et qu’il engrange. Cette rente ne provient ni d’un progrès économique ou industriel ni d’un savoir-faire exporté, ni d’un tissu industriel exploitant des innovations scientifiques et des brevets nationaux, elle provient de la roche que l’on extrait, que l’on casse et que l’on exporte.

Cependant, Il y aurait eu croissance, si cette rente était utilisée pour le développement économique, industriel, technologique, scientifique et social (soit une vraie croissance). Hélas, ce revenu-rente ne sert pas le pays. Il est détourné par des élites corrompues et cela par mille et un moyens, affecté à des projets dont l’intérêt est davantage de servir des factions, clans et tribus.

Aujourd’hui, les pays sous-développés sont à la merci de leurs dirigeants appuyés dans leurs œuvre par des masses salivantes et applaudissant maintenues dans la misère avec la bénédiction de multinationales et autres lobbies de la corruption internationale.

Les intellectuels des pays africains sont soient bridés, exilés ou, pour ceux qui n’ont pas pu garder un semblant de dignité, réfugiés dans le giron du pouvoir. Un pouvoir qui les achète, les manipule et détruit tout espoir de progrès intellectuel.

Une frange de ces intellectuels s’est fourvoyée dans le snobisme et l’allégeance aux modèles occidentaux à telle enseigne qu’elle vendrait son pays pour un visa pour l’occident. Une forme d’ de l’esprit que perpétuent les médias occidentaux et que renforce l’image d’un occident de la consommation et de l’opulence. Cette fuite des intellectuels par monts et vaux, sinon leur corruption,  fait  que les pays sous-développés perdent la sève de leur espoir de développement : leurs ressources humaines.

Qu’on se le dise, donc, il est temps de mettre fin à cette notion trompeuse  de pays « en voie de développement » et de le dire haut-et-fort, il n’y a que des pays sous-développés vivant sur des ressources naturelles (épuisables), avec une intelligentsia en débandade, gouvernés par des gouffres financiers, sans technologie, sans savoir-faire, sans industries de pointe, sans chercheurs ni laboratoires (si n’est l’extension de groupes étrangers) , sans universités de prestige, sans enseignement de valeur, sans tissu industriel viable , sans influence sur la politique et la finance internationales, sans contre l’exploitation abusive de leur richesses et la destruction de leur environnement, dopés par des chiffres de croissance erronées, assistés sans le vouloir, surarmés pour se détruire, colonisés en le sachant.

L’avenir des pays sous-développés africains est une simple image : lorsque les ressources naturelles seront épuisées, leurs peuples miséreux ( sans infrastructures sociales viables, sans ressources humaines capables de créer, d’inventer et d’innover, sans institutions économiques et financières solides ni tissu industriel appuyé sur une recherche scientifique et technique de pointe et des politiques publiques réfléchies), verront leurs dirigeants (comme les rats du bateau qui coule) s’enfuir et leurs institutions et territoires se disloquer. Et à la domination politique et socio-économique, jusque-là latente, qu’ils subissaient, se substituera une tutelle non pas sur des Etats mais sur des territoires arides qui,  au mieux, serviront à l’enfouissement des résidus industriels des pays développés. Ce qui a déjà commencé.

Les populations, quant à elles, se disperseront et pour le grand nombre ce sera la migration (encore) vers les pays occidentaux, qui auront déjà érigé des murs littoraux explosifs, creusé des ravins infranchissables et miné les frontières océaniques contre les boat people.

Scénario apocalyptique n’est-ce pas ? Mais le sous-développement est une voie vers l’apocalypse.

 

Pr ELY Mustapha

 


 

[1] http://www.banquemondiale.org/fr/region/afr/overview

[2] http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/10/31/le-fmi-predit-a-l-afrique-sub-saharienne-une-croissance-soutenue_3505774_3234.html

http://haut-et-fort.blogspot.fr/2014/10/pays-sous-developpes-dafrique-vous-le.html

 

Source: TSIMOKI GASIKARA

lundi, 22 décembre 2014

COTE D'IVOIRE: UN 3ème PONT OU L'UNE DES PLUS GROSSES ARNAQUES DEPUIS L'INDEPENDANCE DE 1960

 

LE 3ème PONT. ABIDJAN.jpg

 

Ouattara sera déjà mort et dans sa tombe quand Bouygues et la France vont vous menacer plus tard et menacer vos descendants de rébellion ou une nouvelle guerre civile si vous ne remboursez pas entièrement leurs fonds vautours empruntés et si vous ne respectez pas les engagements vaniteux pris par Ouattara pour réaliser ces projets paranoïaques et mégalomaniaques, mais en réalité pas indispensables, surtout qu’il y avait des options non-françaises beaucoup moins chères. Ceci m’emmène à conclure avec une célèbre phrase du plus grand dictateur de tous les temps et de toute l’histoire, Adolf Hitler : « Quelle chance énorme pour un politicien qu’un peuple abruti qui ne réfléchit pas ».

 
 
Le 3ème pont — L’arnaque du siècle
En lisant les différents rapports et les chiffres sur le fameux troisième pont HKB à Abidjan, je me suis rendu compte que l’entrepreneur-terroriste français Bouygues, ami et quelquefois parrain ou co-parrain des pires dictateurs africains qui prennent toujours le pouvoir dans le sang, a réalisé cette fois, l’ARNAQUE DU SIÈCLE, avec bien entendu la coopération bienveillante d’Alassane Ouattara, un éternel obligé de la France après son installation au pouvoir par l’armée française.

Il y a trop de zones d’ombre, zones occultes, et non-dits sur les termes, les conditions, la convention et les chiffres au sujet du coût réel de ce pont à la Côte d’Ivoire. Et il y a manifestement dans les différents rapports une tentative et une volonté sciemment et indûment organisée de cacher les vrais chiffres. C’est comme prendre un crédit bancaire à durée infinie, indéfinie et illimitée de remboursement, aux conditions mystérieuses de remboursement, et sans même connaitre le montant exact de la somme à rembourser à la fin. Il y a trop d’inconnus.

On dirait plutôt que Ouattara récompense la France pour l’avoir installé au pouvoir à travers des projets d’infrastructures hyper surfacturés. Mais ils couvrent mal leurs traces. Aucun rapport ne donne les vrais chiffres sur ce pont financé en partie par la Côte d’Ivoire et dont la contribution de la partie ivoirienne aurait été plus que largement suffisante sans les surfacturations françaises de l’entreprise Bouygues, les divers pots de vin et rétro-commissions à Ouattara, sa famille, son clan et son entourage, et si le projet avait été confié aux chinois, ou d’autres entreprises non-françaises moins chères que Bouygues par exemple, qui auraient pu construire ce même pont avec uniquement la contribution de la Côte d’Ivoire et sans dettes extérieures à taux et conditions d’usure, ou de fonds « tueurs » d’économies nationales qu’on appelle sur le marché financier « les fonds vautours ».

En d’autres termes, la Chine ou un autre pays aurait pu construire ce pont avec et sur fonds propres de la Côte d’Ivoire sans crédit, ainsi le péage et les conditions d’usure ne seraient plus justifiés. Tambours battant, on célèbre l’inauguration d’un pont et on fait danser et jubiler les populations pour un pont dont personne au final ne connait le coût réel après les apports initiaux et les engagements financiers de la Côte d’Ivoire, ainsi que le péage qui vont durer 30 ans. Tout ça dans un pays PPTE – Pays Pauvre Très Endetté. 3epont Je le dis souvent et je n’ai jamais cessé de le répéter, aucun pays africain qui coopère avec la France, la politique et les entreprises françaises, ne réussira à se développer. Aucun. C’est impossible. Coopérer avec la France, c’est comme se promener avec son propre cercueil sur la tête. Regardez les pays africains francophones, ils sont quasiment tous dans la merde.

Quel président démocrate et moralement intègre au monde confierait la construction de ce pont à une entreprise française connue pour son terrorisme politico-économique en Afrique pour davantage hypothéquer l’avenir déjà incertain – à cause des nombreuses dettes contractées par Ouattara ces quatre dernières années – de son peuple sur 30 ans alors qu’une entreprise chinoise aurait réalisé le même projet mais sans les mêmes contraintes ni les mêmes risques politico-économiques ? C’est comme louer une voiture pour vingt fois le prix d’achat – on trouve rarement plus sot dans les hôpitaux psychiatriques.

Mais c’est exactement pour cela qu’il n’y aura JAMAIS, de notre vivant, sauf miracle, un vrai démocrate à la tête d’un pays africain francophone. Si un réussît miraculeusement à passer entre les filets de la diplomatie moudjahidine, talibane, terroriste, coloniale et négrière française pour se faire élire par son peuple et entend travailler pour ce peuple, il ne finira pas son mandat. Il subira un coup d’État ou une rébellion sortie d’un néant plus absolu que celui de Jean-Paul Sartre. L’armée coloniale française basée à perpétuité en Afrique y veillera – toutes les autres armées coloniales sont parties sauf celle de la France. C’est pour cela que l’armée française refuse de quitter l’Afrique.

La France sera toujours obligée de soutenir et coopérer avec les pires dictateurs africains comme Alassane Ouattara, de véritables chagrins, regrets et rebuts de l’humanité. Houphouët nous a construit deux ponts modernes que les populations utilisent depuis des décennies, sans payer un centime … et le troisième pont n’était guère une nécessité, surtout pour s’endetter irresponsablement sur trois décennies minimum. Dans sa conception, le troisième pont n’était pas supposé engendrer de nouvelles dettes usurières.

Et sous Gbagbo, il devait être réalisé sans péage. Le drame, c’est qu’il y a encore des cervelles mortes et molles en Côte d’Ivoire pour applaudir et jubiler même quand Ouattara creuse leur tombe économique et financière, et celle de leurs descendants sur deux ou trois générations avec des dettes irremboursables.

Ouattara sera déjà mort et dans sa tombe quand Bouygues et la France vont vous menacer plus tard et menacer vos descendants de rébellion ou une nouvelle guerre civile si vous ne remboursez pas entièrement leurs fonds vautours empruntés et si vous ne respectez pas les engagements vaniteux pris par Ouattara pour réaliser ces projets paranoïaques et mégalomaniaques, mais en réalité pas indispensables, surtout qu’il y avait des options non-françaises beaucoup moins chères. Ceci m’emmène à conclure avec une célèbre phrase du plus grand dictateur de tous les temps et de toute l’histoire, Adolf Hitler : « Quelle chance énorme pour un politicien qu’un peuple abruti qui ne réfléchit pas ».
 

Maitre Namory Fatogoma Dosso
 
 
Source: AFRIK53

dimanche, 21 décembre 2014

VOICI COMMENT LES POUSSINS PERDUS DE OUATTARA SEVISSENT PENDANT LES FETES

 

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L’AIRD du ministre KAHE Eric, soucieuse de la vie de chaque ivoirien, préfère prévenir que guérir.

« Ils ont criblé l’autobus de balles. Pan ! Pan ! Pan ! Les bandits ont crié: « Gare-toi ! Gare-toi ! », mais j’ai continué à rouler. Lorsqu’ils ont ouvert le feu sur l’autobus, tout le monde s’est couché entre les sièges. Les passagers criaient : « S’il vous plaît, ne vous arrêtez pas ! Vous ne devez pas vous arrêter ! » J’ai réussi à parcourir environ un kilomètre avant que les pneus ne se dégonflent totalement… J’ai dit aux passagers que l’autobus ne pouvait pas aller plus loin et qu’ils devaient descendre et courir jusqu’au village, pour tenter de se sauver. » Décrit Un chauffeur d’autobus attaqué lui et ses passagers, pendant les fêtes de l’Aïd el-Kébir, sur la grande route au sud de Bouaké :

Un chauffeur de taxi raconte une des attaques pendant les fêtes de pâques 2014 :
Cela s’est produit dans la journée sur une route poussiéreuse entre deux villages, pas loin d’Atohou. Six hommes se cachaient dans les herbes hautes. Ils sont sortis avec leurs fusils braqués directement sur moi et m’ont ordonné de me garer. « Si tu ne te gares pas immédiatement, nous te tuerons », m’a crié l’un d’eux. J’ai arrêté la voiture. Trois d’entre eux avaient des Kalachnikov et deux avaient des fusils de chasse à canon scié. J’avais six passagers. Ils ont fouillé nos poches et nos sacs et ont pris tout l’argent et les téléphones portables. Puis ils nous ont dit de nous allonger sur le sol. J’ai levé les yeux à un moment et un homme a crié : « Qu’est-ce que tu regardes ? » et il m’a frappé dans le dos avec un gros morceau de bois. Ils portaient tous des masques sur leur visage avec des trous pour les yeux et la bouche. Trois d’entre eux portaient des uniformes bleu foncé unis (utilisés par les pompiers), mais je n’ai pas vu les numéros de “matricules”. Les autres portaient des vêtements de tous les jours. Nous sommes restés là couchés sur le sol pendant longtemps… peut-être une heure, trop effrayés pour bouger. Lorsque nous nous sommes enfin relevés, ils étaient partis. C’est vraiment très dangereux maintenant.

En effet , des victimes, des témoins et des résidents du Nord ont décrit des attaques quasi quotidiennes menées par des groupes allant de 2 à 15 hommes armés de fusils d’assaut Kalachnikov, de pistolets et, dans certains cas, de lance-grenades. La plupart des victimes ont indiqué que les attaquants portaient des vêtements noirs et des cagoules de type balaclava ou un tissu enveloppant la tête et le visage dans le style des groupes nomades touareg. Un chauffeur dont l’autobus de 40 places a été attaqué en juin dernier sur la grande route reliant Yamoussoukro à Abidjan a décrit les attaquants : « Ils étaient tous masqués, tous en vêtements noirs avec des manches longues et des gants. Ils cachaient bien leur identité, même si votre propre frère était un bandit, vous ne pourriez pas le reconnaître. »

Ils ont décrit un schéma récurrent dans lequel des hommes sortaient de la végétation le long de la grande route et tiraient en l’air pour forcer les conducteurs à s’arrêter. Si le chauffeur ne s’arrêtait pas, ils visaient directement le véhicule, ciblant souvent le conducteur lui-même ou criblant le véhicule de balles sans distinction.

Des attaques ont été menées à tout moment du jour ou de la nuit, et les criminels sont souvent restés à un même endroit pendant des heures, volant tout voyageur passant par là, tout en menaçant les autres avec leur arme. Des victimes, des témoins et des représentants des autorités locales ont fait part de susceptibles attaques autour des principales vacances, y compris Noël, le Nouvel An, Pâques et l’Aïd el-Kébir, lorsque les voyageurs étaient plus susceptibles d’avoir des cadeaux, de l’argent pour leur famille ou les bénéfices de leur travail.

De nombreux chauffeurs d’autobus et de camions ont expliqué qu’ils pensent que les assaillants travaillent avec des informateurs sur les marchés et dans les gares routières, qui repèrent les passagers qui voyagent avec des sommes d’argent importantes ou des objets de valeur et communiquent avec les attaquants en embuscade sur la route et que ces attaques avaient lieu sur les grandes routes autour de Bouaké, le long de la route Yamoussoukro-Bouaké, sur la route Bouaké-Korhogo et sur la route conduisant au Burkina Faso, tandis que beaucoup d’autres attaques se sont produites sur des routes secondaires et autour des petites villes et des villages dans les districts administratifs de la Vallée du Bandama et de Savanes dans le Nord.

Le droit à la sécurité est protégé par l’article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et l’article 6 de la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, tous deux ratifiés par la Côte d’Ivoire. Ces dispositions exigent que les autorités prennent des mesures raisonnables pour protéger chaque personne en Côte d’Ivoire des violences commises par autrui, avec un devoir renforcé pour les autorités d’agir lorsqu’elles ont connaissance du fait que certains individus font l’objet d’un risque spécifique.
Conformément aux dispositions suscitées, l’AIRD du ministre Kahe Eric, recommande que Les gendarmes, l’armée en général renforcent bien la sécurité autour des fêtes de Nouvel an à venir en organisant des navettes à moto et 4x4 entre Korhogo-Bouaké-Yamoussoukro passant par Tiébissou et sur tout le territoire en général. Que le gouvernement, de son coté, mette en place des mesures dites exceptionnelles, qui suppriment totalement les problèmes, et non les déplacent un peu plus loin sur la route.

 

Le Titre et la Conclusion sont de la rédaction…
L’AIRD en Mouvement, pour la protection des Ivoiriens et pour des fêtes apaisées…..


Tiré du dernier rapport de Human Rights Watch

 

Source: AIRD EN MOUVEMENT

samedi, 20 décembre 2014

CONGO-BRAZZAVILLE: LA FRANCE PERSISTE DANS SON SOUTIEN A LA DICTATURE

 

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Un mois après la chute de Ben Ali, début 2011, la diplomatie de Nicolas Sarkozy avait remis la Légion d'honneur française au contre-amiral Jean-Dominique Okemba, secrétaire général du puissant Conseil National de Sécurité du Congo [1]. Trois ans plus tard, et un mois après la chute de Blaise Compaoré, l'ambassadeur de France à Brazzaville vient, au nom de François Hollande, de remettre les insignes de la Légion d'honneur à un autre pilier du régime sécuritaire du dictateur Sassou Nguesso: le général de division Guy Blanchard Okoï. Tout un symbole, à l'heure où l'exécutif défend à nouveau la démocratie par le verbe.

 

Communiqué de presse Survie - 19 décembre 2014

 

Le discours de François Hollande au Sommet de la Francophonie à Dakar, le 29 novembre dernier, mettait en effet en garde les présidents africains souhaitant se maintenir au pouvoir en violant leur Constitution, un commentaire bien mal perçu au palais présidentiel de Brazzaville. Le même François Hollande défendait pourtant également « la nécessité d'une solidarité sur le terrain sécuritaire ». Au Congo, où le clan de Sassou Nguesso s'est engagé depuis des mois dans la perspective d'un tripatouillage constitutionnel permettant au général-président de rester au pouvoir [2], c'est cette « solidarité » que l'ambassadeur de France a exprimée lors de la cérémonie de remise de la prestigieuse décoration, en vantant « la consolidation des liens très étroites qui unissent le Congo et la France dans le domaine de la coopération de défense » [3]. Quelques jours plus tard, interrogé sur la perception du discours de Hollande par les présidents congolais et tchadien, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian expliquera qu'« il faut trouver un équilibre entre l'objectif démocratique et la nécessité sécuritaire dans le cadre d'un dialogue parfois tonique, mais nécessaire. Même si la priorité est aujourd'hui sécuritaire ». De fait, la coopération sécuritaire se poursuit pleinement avec le Congo, dans le cadre de programmes de formation des cadres des forces armées qui interviennent désormais aux côtés de la France en Centrafrique et du Service de Sécurité Intérieure français, qui intervient notamment « dans le domaine du conseil technique auprès des autorités de police en matière de sécurité publique, de police judiciaire » [4].

Au Congo, le principal enjeu « sécuritaire » est justement lié à l'élection présidentielle de 2016, et à la modification préalable de la Constitution pour que Sassou Nguesso puisse s'arroger un nouveau mandat. Suite au renversement de Blaise Compaoré alors que celui-ci avait un projet similaire, la tension est encore monté d'un cran à Brazzaville. Début novembre, la police est ainsi intervenue au domicile d'un leader de l'opposition, Clément Mierassa, pour empêcher une réunion du « Mouvement citoyen pour le respect de l'ordre constitutionnel » créé en mai dernier, et a interpellé une trentaine de militants [5]. Dans ce régime sécuritaire aux abois, le général Okoï, qui vient de recevoir les honneurs français, n'est pas n'importe qui : chef d’État-major des forces armées congolaises, ce pilier du clan présidentiel [6] est l'ancien commandant du Groupement des paras commandos, resté fidèle à Sassou Nguesso lorsque celui-ci avait été chassé du pouvoir par les élections de 1992, avant de le reprendre par les armes cinq ans plus tard, grâce au soutien de la France. Selon la Lettre du Continent (30/08/2001), il « s'était fait remarquer par sa férocité lors de la guerre civile de 1997 » et avait été « promu en décembre 1997 commandant de la zone militaire "sensible" de la Likouala » puis « rappelé fin 1998 à Brazzaville pour mater la rébellion, menée par les miliciens Ninjas de l'ancien Premier ministre Bernard Kolelas, dans la région du Pool ». Son parcours est par ailleurs emblématique de la coopération militaire française avec les armées des régimes françafricains: diplômé de l’école militaire de Saint-Cyr, il a également « suivi un cours d’application d’officier à Angers et une formation d’état-major de Compiègne en 1993 », et est déjà détenteur de la Croix de la valeur militaire française [3].

François Hollande, dont la décision d'attribuer cette Légion d'honneur daterait de juillet dernier selon la presse congolaise, mais qui n'est pas revenu sur ce choix suite au message envoyé par les Burkinabè fin octobre, marche ainsi pleinement dans les pas de son prédécesseur Nicolas Sarkozy : un mois après le renversement populaire d'un despote, il décore et honore un pilier du régime dictatorial congolais.

L'association Survie rappelle que les discours officiels français en faveur de la démocratie ne servent à rien s'ils ne sont pas suivis d'actes, et exhorte une fois de plus les autorités à cesser toute coopération sécuritaire avec les régimes dictatoriaux.

 

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[1] « A contre-temps de l'histoire, la France adoube le dauphin du président Sassou Nguesso », communiqué de Survie et de la Fédération des Congolais de la Diaspora, 18 février 2011, http://survie.org/francafrique/congo-brazzaville/article/a-contretemps-de-l-histoire-la

[2] « Ne touchez pas à Sassou, vous êtes avertis », Billets d'Afrique n°238, septembre 2014, http://survie.org/billets-d-afrique/2014/238-septembre-2014/article/congo-brazzaville-ne-touchez-pas-a-4800 .

[3] selon le site http://www.congo-site.com/Le-general-Guy-Blanchard-Okoi-eleve-a-la-distinction-d-officier-de-la-Legion-d-honneur_a18261.html . Aucune déclaration n'est en revanche disponible sur le site de l'ambassade de France au Congo, dont la page « actualités » n'évoque pas l'événement.

[3] « Jean-Yves Le Drian : "Au Mali comme en Centrafrique, l'heure de vérité approche" », Jeuneafrique.com, 16 décembre 2014.

[4] Site internet de l'ambassade de France au Congo, http://www.ambafrance-cg.org/Presentation-du-Service-de , page mise à jour le 6/11/2014

[5] « Burkina Faso: un exemple pour l’Afrique centrale? », RFI.fr, 5 novembre 2014 ;
 http://www.rfi.fr/afrique/20141104-burkina-faso-exemple-afrique-centrale-gabon-tchad-congo/
 [6] D'ethnie mbochi comme Denis Sassou Nguesso, qui a érigé l'ethnisme en mode de gouvernement et d'administration de son armée, le général Guy Blanchar Okoï est le frère d'Alain Okoï, ancien directeur financier de la Congolaise de raffinage (Coraf) devenu en 2012 le patron d'une filiale de la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC), partenaire en affaires du groupe Total (La Lettre du Continent, 11/12/13).

 

Communiqué de presse Survie visionnable en ligne ICI

19 décembre 2014

lundi, 08 décembre 2014

TELECHARGEZ «REGARDS CROISES», VOTRE BLOG PREFERE: MISE A JOUR DU 7 DECEMBRE 2014

 

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Statistiques du blog pour le mois de NOVEMBRE 2014: 24.405 visiteurs uniques, 51.711 visites et 251.185 pages vues. Pages par jour (Moyenne/Maximum): 8.372/11.627 et Visites par jour (Moyenne/Maximum): 1.723/2.054.
 
 
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2- Si votre ordinateur comporte un logiciel «WinRAR» installé, il vous fera apparaître un encart de dialogue sous forme de tableau. Cliquer dans «Extraire vers» et choisissez le dossier (ancien ou nouveau) ou le périphérique où vous voulez conserver votre archive zip extraite;
 
3- Une fois l'opération effectuée, vous allez vous retrouver avec deux nouveaux documents, dans le dossier ou le périphérique d'accueil que vous aurez choisi: un dossier (jaune) «regardscroises» et un fichier «index.html»). Votre extraction est donc achevée. Faire alors un double-clique dans le fichier «index.html». Vous découvrirez avec émerveillement votre blog préféré Regards Croisés dans toute sa splendeur (seuls quelques fichiers ne seront pas actifs parce que hors connexion)! Bonne lecture!
 
 
DINDE Fernand AGBO