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dimanche, 10 novembre 2019

POUR AVOIR CRITIQUÉ LE FRANC CFA, UNE PANAFRICANISTE EST PLACÉE DANS LE FICHIER DES TERRORISTES ET INTERDITE D'ENTRER EN FRANCE

 

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La Lettre du continent révèle que la panafricaniste Nathalie Yamb est interdite de voyage en France et fichée S pour ses liens avec La Russie.

La note Fichée S est attribuée par les services de renseignement français pour désigner un individu qui est suspecté de porter atteinte à la sécurité ou l’ordre publics en France. On y trouve à la fois des terroristes, des activistes écologistes ou de simples manifestants Gilets jaunes comme Eric Drouet.

En outre, après son discours vigoureux et véridique prononcé au Sommet Russie Afrique de Sotchi, l'encyclopédie numérique Wikipedia a désactivé sa biographie en ligne.

Voici les odieux agissements de la France qui se prétend terre des droits de l’homme mais intimide ceux qui refusent de faire ses éloges ou révèlent ses pratiques criminelles en Afrique quelle veut occulter. Où est la différence entre ses méthodes et celles des dictatures qu'elle prétend combattre ?

Source: Pour le panafricanisme

 

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Mon pays de cœur se désintègre, sous nos yeux. 700 morts dus aux attaques terroristes au Burkina Faso depuis 2015, et Florence Parly, ministre des armées françaises, dit qu’il faut qu’on fasse preuve de patience face à l’hydre qui décime à tout va, à coups de bombes, de kalachnikovs et de mines qui explosent. 700 morts, alors que 4.500 militaires français sont stationnés là-bas depuis 2014. Ce n’est même pas à elle que j’en veux. C’est contre ceux qui pensent que Barkhane et G5 Sahel sont là pour combattre les terroristes que je suis en colère.

«Nous voulons le démantèlement des bases militaires françaises qui, sous le couvert d’accords de défense bidons, ne servent qu’à permettre le pillage de nos ressources, l’entretien de rébellion, l’entraînement de terroristes et le maintien de dictateurs à la tête de nos États». Je crois qu’à Sochi, j’avais tout dit.

Pensées attristées à celles et ceux qui ont été brutalement arrachés à l’affection de leurs proches et aux blessés aux stigmates indélébiles. La mort a assez gagné. Il est temps que ce soit la patrie qui vainc. Courage au peuple Burkinabè. Salif Diallo, tu nous manques! #RIP

 

Source : COUPS FRANCS.COM

jeudi, 07 novembre 2019

EVA JOLY BALANCE TOUT SUR LA FRANÇAFRIQUE

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Nous ne résistons pas à l`envie de publier pour nos lecteurs ces extraits du dernier livre de la députée française Eva Joly, détaillant les «crimes» de la France en Afrique en général et au Cameroun en particulier; elle parle notamment du massacre des Bamilékés par son pays.

 

Je n`avais rien compris à ce que l`écrivain Slimane Zeghidour appelle «le secret de famille de la République». Lorsque j`ai pris en charge l`instruction de l`affaire Elf, j`avais en face de moi les puissants du pétrole français, je n`aimais pas leur arrogance, la façon qu`ils avaient de se servir dans les caisses, mais lorsqu`ils invoquaient les intérêts supérieurs du pays, j`étais prête à les croire.

Je sortais de plusieurs années en détachement au Ministère des Finances, entourée de hauts fonctionnaires intègres, d’une compétence absolue.

J`avais confiance dans les institutions de mon pays d`adoption. Je n`imaginais pas que la finalité des dirigeants des sociétés nationales du pétrole fut autre chose que le bien commun. Je traquais les dérives et non le système lui-même.

Pourtant au fil de mon enquête, j`ai découvert un monde souterrain. Magistrate, limitée par le cadre de ma saisine et des compétences nationales, je devais m`arrêter sur le seuil de certaines portes, qui menaient vers l`étranger.

Je découvrais des chemins qu`il aurait été passionnant de remonter, des connexions qui m`ahurissaient. Avec des chiffres, des comptes, nous avions sous nos yeux le déchiffrage d`un vaste réseau de corruption institutionnalisé, dont les fils étaient reliés en direct à l`Elysée.

Ce n`était pas mon rôle d`en tirer les conclusions politiques, mais j`en ai gardé l`empreinte. Nous avions dessiné alors un vaste schéma, que j`ai toujours avec moi. Il fait huit mètres une fois déplié.

Il serpente depuis le bureau d`un directeur des hydrocarbures d`Elf, jusqu`à des comptes obscurs alimentés par le Gabon, aux mains d`Omar Bongo: quarante ans de pouvoir et une difficulté récurrente à distinguer sa tirelire et sa famille d`une part, le budget de l`Etat et le Gouvernement d`autre part.

J`emporte souvent ce schéma avec moi, au fil des rendez-vous. Je l`étale sur les tables, un peu comme un capitaine au combat sort ses vieilles cartes.

Les positions ont sans doute varié, les techniques de camouflage se sont sophistiquées, mais le système est là: les tyrans sont des amis que la France a placés au pouvoir et dont elle protège la fortune et l`influence par de vastes réseaux de corruption; en échange ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser le sol. Tout ce beau monde a intérêt à ce que rien, jamais, ne stimule ni les institutions ni l`économie des pays.

La France aide à appauvrir le Gabon.

Et si je m`arrête un instant au Gabon, qu`est-ce que j`y vois? Un pays riche qui exporte plus de treize milliards de dollars de pétrole brut par an et affiche un PIB par habitant largement au-dessus de la moyenne africaine (6 397 $)? Ou un pays pauvre où l`espérance de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole? Le taux de mortalité infantile est au Gabon particulièrement élevé, le taux de vaccination contre la rougeole est de 40% contre une moyenne de 79% dans les pays en développement.

Voilà où en est le Gabon, chasse gardée de la France, fournisseur des trésors du pétrole et de l`uranium, fief de Total-Elf, la première capitalisation boursière française.

Si les habitants de Libreville n`ont pas bénéficié de la richesse de leur pays, c`est parce que la France s`est accaparée ses ressources minières, avec la complicité d`un Président, enrôlé dès son service militaire par l`armée française et ses services secrets, placé à la tête du pays à 32 ans par Paris, il était alors le plus jeune Chef d`Etat du monde. La France contrôle son armée, ses élections et protège sa fortune.

En retour, Omar Bongo fait table ouverte plusieurs fois par an, Avenue Foch ou l`Hôtel Crillon, où il reçoit les hommes politiques, des publicitaires et les journalistes français qui comptent. Chacun se presse à ces audiences.

Dans les années 1990, un homme politique français de premier plan, alors en fonction, bénéficiait en parallèle d`un contrat de «consultant» signé par Omar Bongo et largement rémunéré. De Roland Dumas, le Président gabonais dit qu`il est un «ami intime». Prévoyant, il apprécie aussi Nicolas Sarkozy, venu «prendre conseil» en tant que candidat à l`élection présidentielle.

Lorsqu’au cours de l`instruction, nous avons perquisitionné au siège de la FIBA, la banque franco-gabonaise, nous avons consulté le listing des clients qui paraissait tenu à la plume sergent-major. C`était une sorte de Who`s Who de la France en Afrique, qui en disait long sur l`envers de la République et des médias.

La France fait semblant d`aider des pays qui sont riches en matières premières.

A ceux qui croient encore à l`aide désintéressée de la France en Afrique, il suffit de consulter les chiffres du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). La corrélation est régulière entre le montant de l`aide française et la richesse en matières premières.

En clair, celui qui n`a rien dans son sous-sol ne doit pas attendre grand-chose de Paris. Il n`est pas étonnant de retrouver le Gabon comme l`un des premiers bénéficiaires de l`aide publique française au développement. Le résultat est affligeant en termes de système de santé et d`éducation. L`argent s`est perdu en route. Il est justement fait pour cela.

Il ne s`agit pas d`une dérive mais d`une organisation cohérente et raisonnée. Dans chaque audition durant notre instruction, nous entendions parler de pressions physiques, d`espionnage permanent et de barbouzes.

Les perquisitions dans la tour Elf à la Défense livraient une moisson de documents révélant la confusion des genres, nous les transmettions au Parquet de Nanterre, qui se gardait bien d`ouvrir des enquêtes.

Car Elf hier, Total aujourd’hui, est un Etat dans l`Etat, conçu par Pierre Guillaumat, un ancien Ministre de la Défense, patron des services secrets et responsable du programme nucléaire français afin de servir les intérêts géopolitiques de Paris.

La Norvège a utilisé son pétrole pour construire et assurer le paiement des retraites futures. La France se sert d`Elf Total pour affirmer sa puissance.

La compagnie intervient dans le Golfe de Guinée, au Nigeria, au Congo-Brazzaville, en Angola… Tous ces pays ont connu la guerre civile et la dictature, derrière laquelle la main française s`est fait sentir. Le chaos, lorsqu`il se produit, ne trouble pas le système. Il n`est qu’à voir l`Angola en guerre pendant des dizaines d`années, mais dont aucune goutte de pétrole, jamais, n`a raté sa destination.

Pendant la guerre, les affaires continuaient…les banques françaises, Bnp-Paribas en tête, ont même profité de l`occasion pour élaborer des montages financiers destinés aux pays en guerre, à des taux affolants, tout en sachant qu`elles ne prenaient pas le moindre risque. L`argent, là aussi, n`a pas été perdu pour tout le monde. C`est un miroir dans lequel il ne faut pas trop souvent regarder les élites françaises.

Depuis que j`ai ouvert le dossier Elf dans mon bureau de la galerie financière, j`ai voyagé physiquement et intellectuellement bien loin de la Seine et de ses quais gris et bleus…j`ai appris en marchant. A l`arrivée, le tableau est effrayant.

L`Afrique a refait de moi une Norvégienne, fière de l`être. Mon pays est riche, mais, il se souvient avoir été pauvre, un peuple d`émigrants regardant vers le nouveau monde américain.

Son esprit de conquête, ses allures vikings sont des traces d`un passé très lointain, vinrent ensuite les tutelles danoise puis suédoise, dont il fallut se libérer, Il envoya vers l`Afrique des missionnaires protestants, personnages austères au visage buriné, taillé par la parole chrétienne et l’œuvre humanitaire, plutôt que des nouveaux colons, comme on les croise encore dans les quartiers d`expatriés blancs.

Pendant que la France fondait Elf, la Norvège mettait en place l`exploitation des ressources de la mer du Nord, accumulant un fonds de réserve, aussitôt placé pour les générations futures et soigneusement contrôlé. Ce petit pays des terres gelées est devenu la première nation donatrice en dollars par habitant.

Bien sûr, les pétroliers norvégiens ne sont pas des enfants de chœur. De récentes enquêtes ont montré que certains d`entre eux ont versé des commissions et que la tentation d`abuser de leur pouvoir est permanente. Mais la Norvège n`a pas à rougir de ce qu`elle a fait de son pétrole. Ce que j`ai vu, les rapports internationaux qui l`attestent, est une œuvre d`espoir.

La République française, à la même époque, a mis en place en Afrique un système loin de ses valeurs et de l`image qu`elle aime renvoyer au monde. Comment des institutions solides et démocratiques, des esprits brillants et éclairés, ont-ils pu tisser des réseaux violant systématiquement la loi, la justice et la démocratie? Pourquoi des journalistes réputés, de tout bord, ont-ils toléré ce qu`ils ont vu? Pourquoi des partis politiques et des ONG, par ailleurs prompts a s`enflammer, n`ont-ils rien voulu voir?

L`Occident a fermé les yeux sur les crimes de la France.

Je ne condamne pas. J`ai partagé cet aveuglement. J`étais comme eux, avant de glisser l`œil dans le trou de la serrure et de prendre la mesure de ce secret de famille: la France reste un empire et ne se remet pas de sa puissance perdue. L`indépendance politique a été largement une mascarade en Afrique de l`Ouest.

L`Occident a fermé les yeux, car la France se prévalait d`être le «gendarme» qui défendait la moitié du continent contre le communisme. Les Français ont laissé faire, car astucieusement, De Gaulle et ses successeurs ont présenté leur action comme un rempart contre l`hydre américaine. Elf était l`une des pièces maîtresses de cette partie géopolitique.

Le double jeu a été facilité par la certitude, ancrée dans les mentalités, que «là-bas, c`est différent». Là-bas, c`est normal la corruption, le népotisme, la guerre, la violence. Là-bas, c`est normal la présence de l`armée française, les proconsuls à l`ambassade ou à l`état-major, les camps militaires. Là-bas, c`est normal l`instruction des gardes présidentielles. Là-bas, c`est normal la captation des richesses naturelles.

D`ailleurs, «tout le monde fait pareil». Jeune ou vieux, de gauche ou de droite, nul Français ne songe à s`offusquer de voir nos soldats mener, presque chaque année, une opération militaire en Afrique, au Tchad, en Côte d`Ivoire, au Rwanda, quand tous se gaussent de cette Amérique venue faire la police en Irak, en maquillant d`un fard démocratique les intérêts géopolitiques et pétroliers de Washington. Il y a pourtant bien des symétries.

J`ai vu récemment un documentaire sur la guerre du Biafra, quatre ou cinq demi-heures de témoignage brut des principaux acteurs, sans commentaires. Je suis restée sans voix. A ceux qui sont nés après 1970, le Biafra ne dit rien. Dans cette région du Nigeria, riche en pétrole, une ethnie, chrétienne et animiste armée par la France, réclama l`indépendance. S`ensuivit une guerre meurtrière de trois ans, révolte financée depuis l`Elysée via des sociétés suisses.

La télévision française aimait alors montrer les enfants affamés que les militaires français ramenaient par avion pour les soigner, jamais elle ne laissait voir la cargaison de l`aller, remplie d`armes. A l`image maintenant, les anciens collaborateurs de Jacques Foccart, repus dans leurs fauteuils Louis XV, détaillent sans émotion ces montages illégaux. Les officiers, lieutenants d`alors, généraux d`aujourd`hui, racontent ce bon tour le sourire aux lèvres. Fin du documentaire. Pas un mot, pas une ligne dans les livres d`histoire.

La France au cœur de la guerre du Biafra et du massacre des Bamilékés au Cameroun.

Des drames comme celui-ci, l`Afrique en contient des dizaines, soigneusement passés sous silence. Les massacres des Bamiléké au Cameroun par la France du Général De Gaulle, le génocide des Tutsi commis par un régime soutenu par François Mitterrand, les assassinats d`opposants, les manipulations d`élections.. Le passif de la France sur le continent africain n`a rien à envier à l`impérialisme américain en Amérique latine ou au Moyen-Orient.

Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de repentance qui s`est répandu depuis quelques années. Les bienfaits de la colonisation, à inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l`objet d`une proposition de loi, largement soutenue par les députés.

Bien sûr, l`histoire de la France en Afrique ou en Asie du sud-est a compté aussi des aventuriers sincères, exportateurs, instituteurs ou pionniers, qui ont fait corps avec les pays qu`ils ont découverts. A Madagascar, les Vazas, ces pieds noirs malgaches, ne cessent de louer devant moi l`état des routes et des infrastructures françaises au moment de l`indépendance.

Mais les peuples sont comme les familles. On ne peut pas faire le tri de la mémoire. Il est des secrets soigneusement cachés dont l`onde portée va bien au-delà d`une ou de deux générations. Les enfants héritent de tout: du malheur comme du bonheur, de la richesse comme des dettes.

La République française paie aujourd`hui la facture de son passé. Il suffit de dérouler la liste des appellations officielles des Maghrébins nés dans un département français avant 1962 ou sur le sol hexagonal depuis les années 1970. Par la loi, ils furent et sont des Français comme les autres.

Les gouvernements successifs n`ont pourtant cessé d`inventer des périphrases : «indigène musulman», «sujet africain non naturalisé», «JFOM» (Jeune français originaire du Maghreb), «jeune issu de l`immigration», «fils de harkis», «jeune des quartiers», «Arabo-musulman», «Français d`origine arabe», «Français musulman»…

La France vit encore comme si en Afrique, elle était chez elle, et comme si, ses enfants d`ascendance africaine n`étaient pas Français. Le développement de la Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, cet empire qui hante les esprits comme un fantôme. Oui, Total, la première entreprise française, est riche et prospère.

Mais la manière dont la firme s`est bâtie fait partie de l`héritage. Qui osera un jour rendre au Nigeria, au Cameroun, au Gabon, au Congo-Brazzaville ce que la France leur doit? Qui contestera les contrats conclus par Areva pour l`uranium du Niger ou ceux des mines d`or de Sadiola au Mali, deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne touchent qu`une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol? La République a contracté une dette qu`il lui faudra bien honorer.

Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l`Europe, il pourrait-être versé une rente au lieu d`un avis d`expulsion. Je rêve pour ce pays que j`aime, d`un réveil collectif.

Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique: ce qu`une génération a fait, une autre peut le défaire. C`est possible.

 

Extrait de : La force qui nous manque. Eva Joly. Editions des Arènes (Paris) 190 pages.

 

Auteur : JMTV PLUS

Source : INVESTIG'ACTION

02:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, afrique, france, eva joly, eva joly balance tout sur la françafrique, françafrique, investig'action | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 03 novembre 2019

NATHALIE YAMB DANS COULEURS TROPICALES: «NOUS SOMMES A UN STADE OU NOUS AVONS DEPASSE LA COLERE»

 

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De retour de Sochi, Nathalie Yamb (LIDER) répond aux questions de Claudy Siar dans l’émission Couleurs Tropicales sur Rfi. "Nous énonçons clairement ce que nous allons faire, pas pour détruire les autres, mais pour redonner de la dignité aux peuples africains."

 


jeudi, 31 octobre 2019

NATHALIE YAMB, NOUVELLE HEROINE DE LA LIBERATION DE L'AFRIQUE DEPUIS LE SOMMET DE SOCHI

 

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’intervention de Nathalie Yamb au sommet Russie-Afrique qui s’est tenu les 23 et 24 octobre à Sotchi aura fait sensation. Sputnik s’est entretenu avec la conseillère exécutive de Mamadou Koulibaly, candidat à la présidentielle ivoirienne de 2020, qui rêve d’une Afrique véritablement libre et prospère.

Par Roland Klohi.

 

«Force est de constater qu’après l’esclavage, la colonisation, les pseudo-indépendances, on ne nous a reconnu que le droit d’être libres, mais seulement au sein de l’enclos français. L’Afrique francophone est encore, en octobre 2019, sous le contrôle de la France.»

 

C’est ce que n’a pas hésité à marteler, entre autres, Nathalie Yamb lors d’un discours prononcé lors du sommet Russie-Afrique où étaient réunis, les 23 et 24 octobre derniers, une quarantaine de chefs d’État africains.

Très vite, des centaines d’internautes de par le monde ont salué le «courage» d’une Africaine en qui ils voient désormais un porte-étendard d’un continent en quête d’affirmation de soi et de liberté.

Un triomphe auquel Nathalie Yamb, conseillère exécutive de Mamadou Koulibaly, candidat investi par le parti Liberté et démocratie pour la République (LIDER) pour la présidentielle ivoirienne de 2020, était loin de s’attendre.

En exclusivité pour Sputnik, la femme politique de 50 ans a accepté de revenir sur des points clés de sa prise de parole à Sotchi – comme le franc CFA et les accords de défense entre la France et certains pays africains, mais aussi sur la vie politique en Côte d’Ivoire.

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© Sputnik . Roland Klohi
Nathalie Yamb, conseillère exécutive de Mamadou Koulibaly, candidat à la présidentielle ivoirienne de 2020


Sputnik: Comment se fait-il que vous ayez été conviée à prendre la parole au sommet Russie-Afrique?

Nathalie Yamb: «L’année dernière, l’Association pour la recherche libre et la coopération internationale (AFRIC) avait invité le professeur Mamadou Koulibaly à une conférence à Madagascar. L’association m’a par la suite conviée à participer à un séminaire de prospective sur l’Afrique à Berlin. Ce que je leur ai présenté à Berlin leur a plu, ils m’ont alors proposé de prendre part au sommet. Je trouve les autorités russes totalement décomplexées: elles n’ont pas hésité à inviter des opposants, en l’occurrence le professeur et moi, et elles m’ont même offert une tribune.

Il y aura le sommet France-Afrique en juin 2020. Je ne sais pas si le Président Emmanuel Macron, qui s’est pourtant dit ouvert à une réforme du franc CFA, pourrait m’inviter ou le professeur Mamadou Koulibaly pour discuter du sujet.

Au passage, nous avons constaté que la page Facebook d’AFRIC a été désactivée le 29 octobre dernier par le réseau social, sans aucune explication.»


Sputnik: Vous attendiez-vous à ce que votre discours ait un tel retentissement en Afrique?

Nathalie Yamb: «Absolument pas! Je suis d’ailleurs encore époustouflée par la résonnance de ma prise de parole. C’est un discours habituel – le mien et celui de mon parti – que je tiens depuis de longues années, depuis que je suis étudiante, et donc pour moi, ce n’était pas quelque chose de particulier. Je ne m’attendais pas à une telle déferlante qui traverse qui les couches sociales, les frontières et même les continents. En même temps, je me dis que c’est peut-être symptomatique du ras-le-bol des peuples africains qui se reconnaissent dans ses mots simples mais qui parlent à leur cœur.

Je me dis aussi que peut-être que le cadre dans lequel je me suis exprimée y est pour quelque chose. Le fait que j’aie tenu ce discours à Sotchi, où étaient réunis tous les chefs d’État africains, a peut-être marqué les esprits.»


Sputnik: Bien des Africains connaissent Mamadou Koulibaly, mais depuis Sotchi, ils sont nombreux à découvrir sa conseillère exécutive, en qui ils voient désormais une porte-étendard d’une Afrique qui a soif de s’affirmer et de liberté. Comment vivez-vous cela? Et y a-t-il un bénéfice à en tirer tant pour vous que pour LIDER, votre parti?

Nathalie Yamb: «Je prends cela avec beaucoup d’humilité. C’est un honneur et une grosse responsabilité quand on voit toutes ces attentes et qu’on se rend compte qu’on incarne subitement l’espoir de peuples africains. Je n’ai pas envie que mon discours reste seulement un discours. J’entends bien œuvrer à sa concrétisation. Je rêve notamment d’une Afrique dans laquelle les jeunes vont pouvoir étudier dans des universités de renommée sur le continent, avoir des carrières, monter des business, devenir des agriculteurs prospères… plutôt que d’aller périr dans le désert ou la Méditerranée.

Je m’intéresse davantage au bénéfice que je peux tirer pour le parti et la campagne présidentielle du professeur Mamadou Koulibaly. Les combats que je mène, les changements auxquels j’aspire et auxquels tous ceux qui se reconnaissent dans mon discours aspirent, ne peuvent être concrétisés que par un chef d’État en exercice. J’ai mis en lumière non seulement les aspirations profondes des populations, mais aussi un parti politique, un homme d’État qui est candidat à la présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire. Un homme qui, s’il dispose de moyens suffisants pour faire campagne et être élu, va pouvoir en finir avec les discours et passer à l’action en nous extirpant de ce carcan françafrique où nous sommes emprisonnés depuis trop longtemps.»

Sputnik: Dans la foulée de la publication, sur Twitter, d’un extrait de votre intervention à Sotchi, la France n’a pas manqué de réagir via son ministère des Affaires étrangères. Qu’en avez-vous pensé?

Nathalie Yamb: «Déjà, j’ai été ravie de cette réaction car cela prouve qu’ils ont été touchés. Certains médias français tentaient de faire croire que ce n’était pas grand-chose ce qui se passait à Sotchi. Pourtant, le soir de mon intervention, c’est Le Monde qui a lancé la première salve en reprenant les parties de mon discours qui abordaient les bases militaires françaises et le franc CFA. Il y a ensuite eu la réaction très maladroite du Quai d’Orsay à mon tweet.

Je souris quand je vois le Quai d’Orsay dire notamment que les accords militaires en vigueur entre la France et les pays africains n’établissent aucun lien de dépendance ou n’ont aucun lien avec les questions économiques.

L’annexe 2 de l’accord de défense signé le 24 avril 1961 avec la Côte d’Ivoire, le Dahomey (actuel Bénin) et le Niger démontre pourtant tout le contraire. Cette annexe et d’autres accords, jusque-là secrets, ont été rendus publics en 2005 dans un livre intitulé "Les servitudes du pacte colonial", publié par Mamadou Koulibaly, alors président de l’Assemblée nationale. C’est un livre très important qui permet de clouer le bec très facilement au Quai d’Orsay.»

Sputnik: Quand vous dites : «Les choses bougent, rien ne pourra freiner l’irrépressible besoin de liberté de la jeunesse africaine», que faut-il concrètement comprendre?

Nathalie Yamb: «Je pense que l’ère de la désinformation est terminée. Vu les réactions (de la France notamment), on se rend compte qu’on a touché un point sensible. J’ai publié récemment sur les réseaux sociaux des extraits de la conférence des ambassadeurs où le Président Emmanuel Macron, de façon très lucide et pertinente, s’est adressé aux ambassadeurs pour leur expliquer que la position hégémonique de la France était en train de s’effriter et que de nouveaux États civilisationnels comme la Chine, la Russie ou l’Inde gagnaient en puissance.

Cela rejoint le discours que j’ai tenu à Sotchi. Aujourd’hui, le monde bouge. Tout se redéfinit. Il y a un déplacement des plaques tectoniques. On a aux États-Unis un Président qui casse tout le multilatéralisme qu’on croyait inamovible. Il y a le Brexit qui est en train de faire exploser la construction européenne. La Russie a certainement très peu apprécié que les Occidentaux s’immiscent dans son pré carré quand il y a eu les problèmes en Ukraine, en Crimée et même en Syrie. Et au milieu de tout ça, il y a une population africaine, majoritairement jeune, qui en a ras-le-bol de devoir prendre des routes de la mort pour débarquer en Europe et finir dans des centres de rétention et de torture financés par l’Union européenne, alors que les sous-sols de nos pays sont riches.»

Sputnik: Voyez-vous en cette redéfinition des cartes une opportunité à saisir pour l’Afrique?

Nathalie Yamb: «Absolument. C’est l’occasion pour l’Afrique – alors que les Américains sont occupés à faire leur MAGA (Make America Great Again, ndlr), que les Européens sont occupés avec le Brexit – de prendre son indépendance. Et cette occasion, il ne faut pas qu’on la rate.»

Sputnik: De nombreux internautes craignent que votre prise de position aussi ouverte à Sotchi ne vous mette, non seulement vous, mais aussi le professeur Mamadou Koulibaly dans une posture aussi délicate que celle dans laquelle a pu se retrouver Thomas Sankara ou encore Patrice Lumumba. Redoutez-vous un certain prix à payer pour votre engagement politique?

Nathalie Yamb: «Pour qu’une révolution réussisse, il est bien que les révolutionnaires restent en vie. Ceci étant, il y a longtemps que j’ai surmonté ma peur. J’ai davantage peur pour ma famille et mes proches que pour moi-même. On ne peut pas s’engager dans un combat de libération en pensant qu’il n’y aura pas un prix à payer. Les assassinats comme ceux de Thomas Sankara, les empoisonnements… c’est vrai que ça existe encore, mais on est au XXIe siècle, les méthodes ont évolué. Même si ça peut arriver, cela ne se passera pas aussi facilement d’éliminer un Mamadou Koulibaly ou une Nathalie Yamb.

Quand on a peur, l’oppresseur n’a plus besoin de tricher, il peut faire ce qu’il veut. Mais lorsqu’on surmonte sa peur, on est libéré, on fait ce qu’on peut faire, puis d’autres viendront prendre le relais. À ce propos, je n’ai pas la prétention de dire que si nous remportons la présidentielle ivoirienne de 2020, nous allons terminer tous les combats engagés. On va faire avancer les choses jusqu’à un niveau où quelqu’un d’autre viendra prendre le relais.

Le changement auquel on aspire, ce n’est pas un mandat ou deux de Mamadou Koulibaly qui va le réussir. Cela nécessite un changement de mentalité et de paradigme qui va s’inscrire dans la durée et qui implique qu’on reconstruise les fondations de l’Afrique sur des bases solides. Il faudra insuffler à l’Afrique, francophone surtout, ce que j’appelle les valeurs républicaines de base. Au Ghana par exemple, il serait difficile aujourd’hui de trouver quelqu’un qu’on va financer pour monter une rébellion. Ils ont passé ce cap. C’est ce à quoi nous aspirons avec Mamadou Koulibaly en Côte d’Ivoire.»

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© AP Photo / Ben Curtis
«L’ECO devra faire aussi bien que le franc CFA pour être accepté»


Sputnik: La question du franc CFA a une place de choix dans votre engagement politique. Que reprochez-vous à cette monnaie? 

Nathalie Yamb: «Le franc CFA ne permet aucune industrialisation véritable. En termes très simples, le franc CFA, c’est l’euro. Cette monnaie est arrimée à l’euro et a une parité fixe avec cette devise. En Europe, le seul pays qui tire véritablement son épingle du jeu avec l’euro, c’est l’Allemagne. Des pays comme le Portugal, l’Espagne et l’Italie, qui ont un tissu industriel assez développé, ont du mal à s’en sortir avec cette devise. Comment alors nos pays africains peu compétitifs pourraient-ils s’en sortir? On ne pourra pas se développer tant qu’on aura le franc CFA. Le Ghana voisin, qui a sa propre monnaie, est plus compétitif que la Côte d’Ivoire car sa banque centrale peut décider de baisser ou de monter la valeur du Cedi (la monnaie nationale) dans un souci de compétitivité.

Par ailleurs, le franc CFA a un taux d’inflation artificiel qui ne dépasse pas les 2% alors que les populations de la zone franc se plaignent constamment de l’explosion du coût de la vie. Et cette monnaie entretient la mauvaise gouvernance en ce que les populations n’ont pas la capacité de sanctionner ceux qui gèrent mal la monnaie et l’économie.»

Sputnik: Votre patron, le professeur Mamadou Koulibaly, qui est depuis toujours un fervent pourfendeur du franc CFA, est également candidat à la présidentielle ivoirienne d’octobre 2020. Comment évaluez-vous ses chances de réussite ?

Nathalie Yamb: «Plus le temps avance plus je pense que ses chances augmentent. J’ai toujours pensé qu’il peut être élu Président, je ne serais pas en train de m’impliquer dans sa campagne sinon. J’ai quand même quitté un poste très haut placé dans une grosse multinationale pour consacrer cinq ans à son élection.

Mamadou Koulibaly est quelqu’un de très crédible. Il a les idées, le projet, la vision, la méthode, la connaissance de l’État. La seule chose qu’il n’a pas, ce sont les moyens financiers. La Tunisie nous a montré que même sans moyens financiers, quand les populations sont décidées, ça peut marcher. Aussi, l’année dernière, à cette même époque, lorsqu’on a brigué la mairie d’Azaguié (ville du sud de la Côte d’Ivoire, à 40 km d’Abidjan, ndlr), ce fut aussi un test. Et un test réussi. Mamadou Koulibaly est un musulman originaire du nord de la Côte d’Ivoire. Il a été élu dans une ville du sud qui elle n’est pas en majorité musulmane et qui n’avait jusque-là connu que des maires originaires de la localité. Cette évolution de la pensée à Azaguié, on la remarque dans d’autres zones du pays. Il nous faut des moyens pour étendre notamment notre voix car on est sujet à un black-out médiatique en Côte d’Ivoire où, depuis huit ans que LIDER existe, les médias d’État nous ignorent. Et nous comptons sur un élan populaire. Les populations vont réaliser progressivement que nous sommes ceux qui représentent le meilleur espoir pour la Côte d’Ivoire de renouer avec des valeurs vraies et la prospérité. À mon avis, il est le seul qui peut actuellement stabiliser la Côte d’Ivoire. Il est aimé et respecté tant au nord qu’au sud. Son point faible, c’est le manque de moyens financiers.

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© Sputnik . Roland Klohi
Cartes d’identité ivoiriennes payantes: vers l’exclusion d’une partie de l’électorat?

Nous avons un autre réel handicap, en dehors de l’argent: c’est la décision ou la volonté du Président Alassane Ouattara d’empêcher les jeunes de s’inscrire sur les listes électorales. Aujourd’hui, on a 5 à 6 millions de nouveaux votants qui sont exclus des listes électorales. Et nombre de ces nouveaux votants sont des jeunes qui voient leur espoir en Mamadou Koulibaly. Alassane Ouattara sait pertinemment que s’il met à jour les listes électorales, il sera perdant car ces jeunes-là souffrent depuis des années de sa politique économique et de sa mauvaise gouvernance.» 

Sputnik: À un an de la présidentielle, quel regard portez-vous sur le contexte sociopolitique qui prévaut?

Nathalie Yamb: «Je trouve assez pitoyable le contexte sociopolitique actuel. À un an de la présidentielle, je ne vois pas d’autre parti que LIDER pour présenter un projet de société, un programme auquel les Ivoiriens pourraient s’identifier. Je vois des alliances qui se font et se défont contre des individus. Des candidatures qui s’annoncent sans qu’on sache pour qui ou pour quoi. Je vois des palabres de bas étages… Ce ne sont pas nos petits soucis personnels qui doivent motiver notre action politique, mais plutôt la vision qu’on a pour le pays. Je trouve que l’offre politique et les débats politiques actuels sont très pauvres et passent à côté de l’essentiel. En même temps, ça permet à LIDER de se distinguer. Pour tous ceux qui prétendent être candidats, l’essentiel est de se battre pour que les conditions de cette présidentielle soient les meilleures. Il faut qu’on se batte pour que le code électoral, où les liens d’assujettissement de la commission électorale au pouvoir sont inscrits, soit changé. Pour que l’enrôlement électoral soit ouvert et gratuit et pour que les Ivoiriens puissent avoir leur carte d’identité.

Une chose est sûre, quand j’observe les choses, je me rends compte que la majorité silencieuse a vraiment envie de changement.»

 

Source : SPUTNIKNEWS.COM

lundi, 28 octobre 2019

L'ENJEU DE LA TRIBUNE DE SOCHI

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Chers Africains, frères miens, certaines de vos réactions, après le sommet Russie-Afrique, à Sochi, et surtout après le discours magistral de notre soeur Nathalie Yamb, me laissent interdit, pantois.

Mais je ne vais pas faire de polémique. Juste vous rappeler un fait qui, me semble-t-il, vous échappe.

Sachez juste qu'en raison de la rivalité viscérale entre les grandes puissances et à cause de l'importance phénoménale de leurs intérêts géostratégiques, les faits et gestes de chacune d'elles sont intensément épiés et espionnés par les autres, où que ce soit dans le monde.

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Ce faisant, les 23 et 24 octobre 2019, la Russie était le point de mire central de toute la planète, avec une acuité démultipliée, et pour cause : c'était le PREMIER sommet Russie-Afrique ; Afrique, continent d'avenir, dont les richesses inouïes sont encore intactes et convoitées par tous !

Tous les participants, tous les discours et toutes les postures ont été ainsi passés à la loupe et scannés au microscope électronique, par toutes les puissances et par tous les grands cercles d'intérêts de ce monde.

De sorte que la sortie de notre soeur Nathalie Yamb a été reçue 10/5, telle un obus, en plein dans la tronche de la France et de ses pitoyables valets, dont la nuisance et la perfidie ont été exposées à la face du globe. Ce qu'elle exècre par-dessus tout, elle qui tient à piller au calme. Ne serait-ce que pour garder lustrée son image dans l'opinion publique française et européenne. C'est extrêmement bon à prendre pour nous !

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Dites-moi, Africains, combien de tribunes de ce genre et de ce niveau avons-nous, tous les dix ans ? Ou ne serait-ce même que tous les cinquante ans ??? Combien sommes-nous capables nous-mêmes d'en créer, peu solidaires et aussi divisés que nous sommes ?

Cette tribune a donc été une incroyable aubaine. Ne serait-ce que pour ça, je suis totalement aux anges.

Alors, Africains, frères miens, arrêtez de faire la fine bouche, et saluez respectueusement, notre soeur Nathalie.

Chapeau bas, Soldat YAMB !

 

DINDE Fernand AGBO

samedi, 26 octobre 2019

SOMMET/FORUM RUSSIE-AFRIQUE: LE MAGISTRAL DISCOURS DE RUPTURE DE NATHALIE YAMB (LIDER) A SOCHI

 

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L’intégralité de l’intervention de la Conseillère Exécutive Nathalie Yamb (LIDER), au sommet/forum économique #RussieAfrique de Sochi, qui a profondément dérangé les officiels et médias françafricains.

#PasVuALaRti #MamKoul2020

 


samedi, 05 octobre 2019

THEOPHILE KOUAMOUO: JACQUES CHIRAC, LE CRIME OUBLIÉ

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UNE VIDÉO QUE VOUS NE POUVEZ PAS MANQUER.

Une armée française, sous les ordres de Jacques Chirac, qui a ouvert le feu sur une foule de civils désarmés, et tué, en dehors de Jean-Louis Coulibaly Kouassi, plusieurs autres personnes, dont la plus jeune avait 12 ans. Vous n’en avez jamais entendu parler ? C’est normal.

 



https://www.youtube.com/watch?v=Tz0MxI6GAuI

vendredi, 04 octobre 2019

JACQUES CHIRAC AU PARADIS ?

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Mon très cher Paul,

Tu m’as demandé si Jacques Chirac peut aller au paradis. Je ne sais pas pourquoi tu me l’as demandé, mais j’essaierai de te répondre sans faux fuyant. D’abord il faut savoir que je ne suis rien, je n’ai rien, je ne représente rien pour me prononcer sur un tel personnage. Je sais simplement que de tous les dirigeants français, c’est lui qui a le plus montré et démontré qu’il aimait la France au-delà de tout, selon moi, bien sûr. Tous ont aimé la France comme il le faut, mais lui, il l’a démontré et l’a prouvé. Je pense qu’il a cru qu’il était certainement le seul à aimer vraiment la France et pour cela il s’est battu contre tous. Il s’est battu et a combattu tout le monde, la tête baissée, sans se demander parfois si le combat qu’il menait était le bon. Il s’est rebellé contre le Président Valery Giscard D’Estaing qui l’avait nommé Premier Ministre en 1974. La crise était si profonde et évidente que le Canard Enchainé a titré un jour, à sa Une, avec les deux hommes dans les cordes comme des boxeurs fatigués : « Ou c’est moi, ou c’est le K.O ! » Paroles de Giscard D’Estaing qui l’a limogé immédiatement. Il s’est rebellé contre François Mitterrand qui l’a nommé Premier Ministre quelques années plus tard. Il s’est même présenté contre lui pendant qu’il était son Premier Ministre. Il n’a pas eu l’honnêteté de démissionner avant la campagne. Il était irrité que Mitterrand l’appelle Monsieur le Premier Ministre lors du débat télévisé. Il a été battu à plat de couture. Et cela l’a fortement affecté. Après sa défaite contre Mitterrand, je me rappelle encore ce que le Président Houphouët-Boigny m’a dit en Août 1988, si ma mémoire est bonne : « Il y a un peu de moi en lui. C’est un combattant, il a la hargne de vaincre, il a la détermination, mais lui, il n’est pas patient. Il ne sait pas attendre…. ». En France, il a tout été, même Maire de Paris, alors qu’il était Député de la Corrèze. Il a engrangé des victoires, il a connu aussi des défaites cuisantes. Mais c’est cela un homme politique. Il mérite tous les hommages qui lui sont rendus et si j’étais quelque chose, peut-être que j’aurais fait comme beaucoup d’autres Chefs d’Etat africains l’ont fait, certains sincèrement et d’autres par commodités simples. Pour l’honneur de la France, il a dit non à la grande Amérique qui voulait faire une sordide guerre contre Saddam Hussein. Il l’a fait certainement, car à l’époque, il était dit que les armes iraquiennes, notamment les avions de guerre ; étaient de fabrication française. Cette guerre s’annonçait donc comme « armes françaises contre armes américaines ». Un bon dirigeant n’aurait pas souhaité que cette guerre se fasse dans ces conditions-là. Et il l’a alors refusée par peur, je dirais. Mais je peux dire tout de même que c’était un homme d’honneur pour son pays, et son pays et son peuple le lui ont bien rendu.

Il est appelé l’ami de l’Afrique. Je l’ai regardé avec Houphouët-Boigny avant qu’il ne devienne Président, je l’ai regardé avec Bongo, Eyadema, Sassou N’Guesso et autres et j’ai compris qu’il était venu au pouvoir pour accentuer et perpétuer la françafrique. Il n’aimait pas l’Afrique pour les africains. Il aimait l’Afrique des dictateurs. Il aimait l’Afrique de ceux qui font la courbette pour servir la France. Il aimait l’Afrique dans le seul intérêt de sa France. Il n’aimait pas l’Afrique pour l’Afrique et son peuple. Vis-à-vis de Thomas Sankara, il n’aurait pas agi différemment que François Mitterrand. Il a même dit que le multipartisme était un luxe pour les africains. En cela, il a été à l’antipode du discours de La Baule qui a été prononcé par François Mitterrand longtemps avant qu’il n’accède au pouvoir. Pour lui, l’Afrique devait être soumise à la France indéfiniment. En cela il a soutenu tous ceux qui n’étaient pas Présidents pour servir leurs peuples, mais pour servir le grande France. Or le monde bouge et le monde avait bougé en Afrique aussi, dès que le mur de Berlin est tombé dans la nuit du 9 au 10 Novembre 1989.

Cher Paul, regarde comment il a soutenu Gnassingbé Eyadema malgré la conférence nationale qu’il y a eu dans ce pays. Tu as vu comment il l’a appuyé dans sa guerre contre Joseph Koffigo, son propre Premier Ministre. L’Union européenne l’avait mis sous embargo, c’est lui qui l’en a sorti. Regarde comment il a soutenu Mobutu, pour que malgré le multipartisme, aucune élection ne s’organise au Zaïre jusqu’à sa chute en 1997. Heureusement que Joseph Désiré Kabila est arrivé avec sa rébellion pour mettre fin au règne de ce dictateur nocif pour son pays et son peuple. Regarde comment il a réinstallé Sassou N’Guesso à Brazzaville par une sordide guerre dont il ne voulait pas en Iraq. Cette guerre sauvage d’une autre nature la veille du 21ème siècle a fait des milliers de morts. Pascal Lissouba est tombé et depuis, le Congo Brazzaville est devenu un mouroir à ciel ouvert.

En Côte d’Ivoire, il n’a respecté que le Président Houphouët-Boigny. Il a donné l’impression de n’avoir pas approuvé sa succession par Henri Konan Bédié, surtout qu’en ce temps-là, c’est son poulain, celui qu’il voulait voir remplacer le Vieux qui était le Premier Ministre et que, naturellement, c’est lui qui devait succéder au Vieux, sans tenir compte de la constitution qui n’est qu’un document de pure forme pour lui. Quand Henri Konan Bédié a été reconduit en 1995, alors  que depuis peu c’est lui Chirac qui était Président de France, la France a demandé et obtenu la rupture de toutes coopérations financières bilatérales et multilatérales avec la Côte d’Ivoire pour l’asphyxier. Il a demandé et obtenu par la Banque mondiale et le FMI la dissolution de la Caisse de Stabilisation (structure de régulation des prix de café/cacao). Comment un homme seul peut agir ainsi vis-à-vis d’un peuple, car ce n’était pas tant contre Bédié, c’était bien contre les Ivoiriens que Bédié gouvernait qu’il agissait.

L’élection prévue en 2000 lui offrait l’occasion d’écarter Bédié, comme la France l’a toujours fait pour faire valoir son poulain. Mais avant la fin de l’année 1999, un inattendu, le Général Robert Guéi, a fait voler en éclat son rêve. Il a voulu que l’ordre constitutionnel soit rétabli. Pour nous, nous pensions que c’était pour réinstaller Bédié, mais que non ! C’était plutôt pour établir son poulain. Et pour cela, il a fait prépositionner des soldats venus de France à Dakar, prêts à intervenir sur Abidjan. C’était mal connaître la Côte d’Ivoire et ignorer Dieu. Tu te souviens qu’une tempête mystérieuse sans précédent a frappé la France de part en part, le 26 Décembre, dans la moitié Nord et le 27 dans toute sa partie Sud, pour que ses soldats ne puissent pas être disponibles pour venir faire une guerre de recolonisation dans notre pays. Naturellement, ils se sont retournés en France pour réparer les immenses dégâts causés par cette tempête inoubliable. Et comme la France n’avance pas, mais vit dans le passé, elle s’en souvient tous les jours. Si le coup d’état du Général Guéi avait fait des morts, Chirac aurait prétexté venir protéger les français et les européens à Abidjan. Dieu merci, ce coup d’état mystérieux a été sans effusion de sang, pas un seul mort ! Le Général Robert Guéi a été attaqué par deux fois  au cours des 10 mois de pouvoir, parce qu’il n’avait pas renoncé au pouvoir au profit de celui choisi par la France.

En Octobre 2000, la Côte d’ivoire a organisé son élection présidentielle conformément à sa constitution qu’elle s’est donnée le 1er Août 2000. Nous ignorions que notre pays n’avait pas le droit de s’autoriser cette liberté-là qui ne cadrait pas avec la vision de la France de Jacques Chirac qui avait choisi depuis longtemps celui qui devait gouverner la Côte d’ivoire après Houphouët-Boigny, dans l’intérêt de la France et non pour le bonheur des Ivoiriens. Or la constitution du pays, dans son article 35, l’avait écarté et tu as compris que là, c’était un péché grave. En ce moment-là Jacques Chirac était confronté à une cohabitation socialiste. Nous étions convaincus que cela émousserait son ardeur belliciste vis-à-vis de la Côte d’Ivoire, oubliant que français, c’est français et l’intérêt de la France prime sur tout. Les socialistes ont fermé les yeux et la France a tout fait pour que cette élection n’ait pas lieu sans son poulain qualifié de candidat Significatif, et que le résultat ne soit pas proclamé, si tant était que Laurent Gbagbo est en susceptible de gagner. L’élection a eu lieu et, pour le malheur de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo l’a emporté. Cela a été considéré par la France de Jacques Chirac et Lionel Jospin comme une infamie, et personnellement par Jacques Chirac comme un affront. Il a alors décidé que, bien que Gbagbo est élu, il faut le mettre dans la position de celui qui ne gouverne rien, mais qui gère les affaires courantes de l’Etat. Un putsch a été perpétré contre lui juste 2 mois et 2 semaines après sa victoire, soit le 7 Janvier 2001. Tu te souviens de l’opération de la Mercedes Noire de Bouaké ! Ce n’était qu’un avertissement sans conséquence. Car en Septembre 2002, dès que les socialistes ont été sortis du gouvernement en Mai, alors que le Président Laurent Gbagbo se trouvait en visite d’Etat en Italie, il a déclenché un coup d’Etat sanglant en Côte d’Ivoire. Pour la seule journée du 19 Septembre 2002, il y a eu 270 morts à Abidjan, dont Maître Emile Boga Doudou, Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et le Général Robert Guéi, précédemment Chef d’Etat. La crise qui s’en ait suivi a fait plus de 25 000 morts, selon des médias de l’époque. Au déclenchement de cette guerre muée en rébellion, comme tu le sais, le Président Laurent Gbagbo a aussitôt demandé l’activation de l’accord de défense mutuelle de 1961 entre la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Niger et la France. Mais comme c’est la France qui attaquait le pays, dans sa grande lâcheté, elle a refusé de l’appliquer. Le Président  Gbagbo a alors demandé des armes pour se défendre. Ce n’était gratuit, il voulait payer, peu importe le coût. Le Président français a dit non et a justifié maladroitement et malhonnêtement son  refus, disant, par De Villepin, Ministre des Affaires, que la crise subséquente ne nécessitait pas de riposte militaire, parce que, par Michelle Alliot-Marie, (MAM, Mensonge Après Mensonge) alors Ministre de la défense, que c’était un petit conflit Ivoiro-ivoirien entre deux cadres de Lakota, en l’occurrence, Lida Kouassi Moïse et son neveu Maître Emile Boga Doudou, tous deux Ministres d’Etat, l’un chargé de la défense, l’autre de l’Intérieur et de la sécurité. La France, une fois de plus a payé cher. Cette fois, ce n’était plus une tempête mystérieuse, mais un été foudroyant. Durant l’été 2003, ce sont près de 19 500 français que la chaleur torride  a emportés. Les gens ne font jamais de rapprochement entre les faits et les conséquences.

Le coup d’état du 19 Septembre 2002 s’est transformé en une vaste rébellion. La France a fait la partition du pays en deux, 59% à la rébellion et 41% à Gbagbo. Pour un conflit dit-on qui n’avait pas besoin de réponse militaire et après avoir refusé d’appliquer l’accord de défense, Chirac a demandé à Gbagbo de négocier avec ses rebelles en convoquant la mystérieuse table ronde de Marcoussis et le non moins grotesque tribunal international de Kléber, pour dépouiller le Président Gbagbo de tous les pouvoirs, à défaut de l’avoir démis. Et pour un conflit dit-on qui n’avait pas besoin de solution militaire, Jacques Chirac a déployé la force licorne de 6 500 soldats et a sollicité de l’Onu de son ami Kofi Annan de déployer 11 500 casques bleus et a exigé de la Cedeao 5 500 de l’Ecomog, soit un total de 23 500 soldats pour un pays où l’armée, la police et la gendarmerie comptaient au total 16 018 hommes. Tu vois donc le caractère criminel des propos des Ministres de Jacques Chirac. Mais si ces propos ont été tenus suite à un conseil des ministres, il faut savoir que le premier responsable, le détenteur du pouvoir, chef suprême des armées est le seul responsable.

La France ayant refusé de lui vendre des armes, le Président Gbagbo s’est tourné vers d’autres personnes et a pu trouver solution en acquérant des armes en Europe de l’Est, sacrilège pour Chirac ! car selon l’accord de défense que la France a refusé d’appliquer, la Côte d’Ivoire n’a pas le droit d’acheter des armes de guerre sans son autorisation préalable. C’est-à-dire, le Président Gbagbo est tenu d’appliquer ce que le Président Chirac a refusé.

A ton avis, si ce n’est pas de la sorcellerie blanche, cela peut ressembler à quoi ? On me dit que la raison du plus fort est toujours la meilleure !

La France de Jacques Chirac a donc décidé de détruire les armes acquises en Europe de l’Est. Elle a alors initié comme cela a été dit à l’époque, avec la complicité de l’état-major de l’armée de Gbagbo, « l’opération Dignité » en Novembre 2004. Et le Président français a faussement accusé Gbagbo d’avoir ordonné le bombardement de la base militaire française de Bouaké et a menti sur le bilan de l’attaque, alors qu’il n’y est pour rien. Le Président Gbagbo n’a pu donner un tel ordre et il n’y a pas eu autant de morts, puisque la licorne avait demandé à ses soldats de vider les lieux avant l’attaque. Il n’y a eu que 2 morts qui sont plutôt morts à Vavoua 2 jours plus tôt, le 4 Novembre et non à Bouaké le 6 Novembre. C’est la raison pour laquelle les De Villepin, Alliot-Marie et Barnier ne peuvent pas être poursuivis dans cette affaire. En France, ceux qui doivent savoir qu’il n’y a pas eu de français morts à Bouaké savent. Tout a été monté pour incriminer Laurent Gbagbo. L’histoire de l’américain civil mort dans la base militaire française est une affaire grotesque et ridicule qui n’honore pas la France : un civil américain, dans une base militaire française, en zone de guerre, alors que dans le même moment Chirac avait refusé de cautionner une guerre en Iraq à l’Amérique, c’était simplement enfantin cette affaire du civil américain ! La réaction française malgré le mensonge grossier a été sans commune mesure. La licorne a détruit tous les avions militaires acquis par Gbagbo. La licorne a tiré froidement sur les Ivoiriens à mains nues qui manifestaient leur mécontentement, sur les deux ponts d’Abidjan et à l’esplanade de l’hôtel Ivoire. Les soldats français ont manqué de kidnapper Laurent Gbagbo, disant s’être trompés de route en se rendant à l’Hôtel Ivoire. Bilan humain : 64 morts et 2664 blessés par armes de guerre de destruction massive et 36 autres morts par la suite des suites de leurs blessures. Tu te souviens que, quand André Kieffer a disparu, le clan Gbagbo a été fortement accusé, notamment sa femme, tout simplement parce que Monsieur Légré avec qui il avait un rendez-vous d’affaires (et il n’a pas honoré le rendez-vous et Légré l’a attendu vainement) est un beau-frère de Simone Gbagbo. La France et sa presse soumise ont fabriqué de faux témoins pour cela. Lorsque le journaliste Jean Helenne a été tué, le Président Chirac a littéralement injurié le Président Gbagbo, ce populiste notoire. Il l’a accusé, estimant que Sery Dago Toulou, le policier avec qui le journaliste s’était disputé, a été mandaté par Gbagbo. Le jeune policier a attesté qu’il n’a point tiré, car les 7 cartouches qu’il a reçues au même titre que ses deux autres collègues étaient bien dans son chargeur. Il a écopé de 17 ans de prison ferme, et Gbagbo a limogé son Directeur Général de la police. Il n’y a pas eu t’enquête, cela suppose que le coupable en France, c’est la République. C’est comme ça que la France fonctionne.

Quelques temps après, comme c’est le cas quand on s’attaque à la Côte d’Ivoire, après la tempête mystérieuse de 1999 et l’été foudroyant de 2003, le Président Chirac a été victime d’un Violent AVC. Peu après, il a perdu le pouvoir et a été jeté dans les oubliettes par Dieu le Créateur. Pendant un long moment, il n’était plus compté parmi les vivants, puisque personne n’entendait plus parler de lui. Pour nous, comme tu le sais, il est le responsable de tout le chaos que la Côte d’Ivoire connait depuis 2000. Il est responsable de la souffrance du peuple de Côte d’Ivoire. Il a mis et laissé la Côte d’Ivoire dans la situation d’une décharge publique, pays divisé en deux avec une zone CNO de sans droite sur laquelle l’Etat n’avait aucun pouvoir, une zone où les agences de la Bceao ont été attaquées par les rebelles et soldats français (on en a interpellés certains, mais leur jugement en France est resté sans suite), une zone où l’Etat perdait chaque année l’équivalent de 345 milliards de francs Cfa, une zone où tout (écoles, formations sanitaires, infrastructures d’eau potables dans les villages, bâtiments publics tells Préfectures, Sous-Préfectures, Mairies, Directions Régionales, routes et ponts etc..) est tombé en ruine par manque d’entretien pendant le temps d’occupation par la rébellion, la licorne et l’Onuci. Une zone où pendant 8 ans, les enfants en âge d’aller à l’école n’ont pas été à l’école. Personne ne saura jamais le coût de tout ce que Chirac a causé en Côte d’Ivoire pour l’amour de la France. Il a passé le relai à son fils Sarkozy et Sarkozy a continué son œuvre et l’a même amplifiée. Alors que la licorne et l’Onuci étaient toujours présentes, le pays divisé en deux et qu’il a été demandé à la rébellion de refuser de d’être désarmée, il a obligé Gbagbo à organiser l’élection sous menace. Et alors que Gbagbo a gagné, il a fait certifier un faut résultat qui n’était pas encore proclamé par le Conseil constitutionnel, alors que la résolution 1865 de l’Onu du 29 Janvier 2009 sur laquelle il s’est basé, disait tout simplement, dans son alinéa 8 que « Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire certifiera que toutes les étapes du processus électoral fournissent les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielles et législatives ouvertes, libres, justes et transparentes ». Rien ne dit dans cette résolution que le résultat de l’élection doit être certifié par le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire. Je ne sais donc pas où il a été dit qu’il certifierait le résultat de l’élection en lieu et place du Conseil constitutionnel. Et sur la base d’un mensonge grossier, car personne n’a jamais su exactement ce que la résolution de l’Onu disait, Nicolas Sarkozy a plongé la Côte d’Ivoire dans une guerre totale ayant fait plus 26 500 morts, plus 700 000 exilés, des milliers de prisonniers dont Simone, parce qu’elle la femme de Gbagbo et Michel, parce qu’il  est fils de Gbagbo et Gbagbo lui-même, parce que c’est Gbagbo, et il a fabriqué des pauvres artificiels en gelant des comptes bancaires de milliers de cadres ivoiriens, parce qu’ils sont considérés comme des pro-Gbagbo. On dit que les forces de Gbagbo ont tiré sur la population qui partait installer le D.G de la RTI, le 16 Décembre 2010. Il y a  eu 32 morts dont 9 policiers. Certains ont été tués dans leurs commissariats à Abobogare, très loin de la RTI. On dit que les forces de Gbagbo ont tiré sur les femmes de l’opposition qui marchaient à Abobogare, le 3 Mars 2011. On a dit que les forces de Gbagbo ont bombardé un marché essentiellement occupé par des femmes dioula à Abobogare, le 17 Mars 2011. Et pour faire face à tout cela, la licorne et l’Onuci ont déversé des milliers de rebelles à Abidjan et ont créé le commando invisible. Et Nicolas Sarkozy, son successeur, depuis la tribune officielle de l’Union européenne à Bruxelles, a demandé à Simone et Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir, sinon… ! Et Alain Juppé a déclaré : « Les jours de Gbagbo sont comptés ». Et dès le lendemain jeudi 7 Avril 2011, à partir de 17 heures 30, la résidence présidentielle de Cocody où Gbagbo, sa famille et ses collaborateurs étaient, et le palais présidentiel du Plateau, siège du pouvoir, ont été pilonnés pendant 5 jours jusqu’au lundi 11 Avril à 7 heures 30. Gbagbo a été pris, conduit à l’Hôtel du Golf, puis jeté en prison dans une cabane à Korhogo où il a passé 7 mois et 17 jours, avant d’être déporté à La Haye, dans la soirée du 29 Novembre. A la CPI à La Haye, malgré 82 témoins, il a été démontré que c’était bien les rebelles appuyés par l’Onuci qui avaient tués le 16 Décembre 2010. Les 3 et 17 Mars 2011, aucun élément de forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire n’était présent à Abobogare où le commando invisible terrorisait tout le monde, donc, que le pouvoir n’avait pu donner d’ordre à aucune force régulière pour commettre les crimes de ces jours-là. Et Gbagbo a été acquitté. Fatou Bensouda dont la nomination a été l’affaire personnelle de Nicolas Sarkozy en qualité de Procureure, s’est battue comme un beau diable. Elle continue à se battre, mais le monde sait que Gbagbo n’a rien fait. La France a honte.

Mon cher Paul, vois-tu, pour revenir à ta question, je dirais que le Président Jacques Chirac a été pour la Côte d’Ivoire et pour le peuple de Côte d’Ivoire, sans cœur et sans foi. Jésus a dit pour ses bourreaux, quand Il était sur la Croix, « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils ont fait ». Pour nous, nous sommes convaincus que le Président Chirac savait ce qu’il faisait. Il l’a fait en âme et conscience. C’est pourquoi il ne s’est jamais repenti. Il a été méchant jusqu’à l’extrême et je ne pense que les Ivoiriens aient pu lui pardonner. Ira-t-il au Paradis ? Ça, c’est Dieu seul qui décide. Si j’avais été quelque chose, j’aurais répondu, NON ! Il ne mérite que le brasier de l’Enfer. Je sais que c’est brutal, c’est pourquoi, je ne dis pas cela, laissant tout à Dieu qui, Lui, est plus Juste que moi.

Fraternellement à toi. Que Dieu te bénisse. Bien des choses à Anicia.

 

Jean De Dieu AGNEAU

mercredi, 20 février 2019

FRANC CFA: LARBA LOMPO REPOND A ALASSANE OUATTARA

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Monsieur le Président de la République de la Côte d'Ivoire, ancien vice Gouverneur et ancien Gouverneur de la BCEAO, ancien Directeur Général du FMI pour l'Afrique, ancien Conseiller économique de 120 pays à travers le monde qui ont tous sombré dans la faillite.

Monsieur le Président

Lors de votre intervention sur les médias, vous avez affirmé que : le Franc CFA est une monnaie africaine depuis 1960, c'est une propriété des Africains. Que le débat sur le FCFA est un faux débat.

Nous sommes une fois de plus dans l'obligation de vous enseigner sur les fondements d'une monnaie et l'histoire du FCFA.

Au plan juridique "la propriété "est" le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue " (article 544 du Code civil français)

Permettez-nous de vous informer que le FCFA ne nous appartient pas! 
Tout simplement parce que battre monnaie relève purement de la volonté du peuple ou bien de ses représentants.
Il existe trois classes de citoyens qui interviennent dans la création d'une monnaie, ce sont :

1-) Les experts qui mettent leur expertise au service du politique pour l'intérêt du peuple, pour démontrer les avantages et les inconvénients d'avoir une monnaie propre au peuple.

2-) Le politique à son tour, étudie le contexte géopolitique nationale et internationale, les capacités du peuple à assurer la survie d'une monnaie souveraine, l'observation de critères de convergence quand il s'agit d'une Union Monétaire, c'est à dire l'appartenance à une Zone Monétaire Optimale (ZMO) (selon les termes de Mendel 1961)...

Le politique n'ayant pas le dernier mot, fait appel à l'unique souverain : Le Peuple.

3-) Le peuple en dernier ressort, par référendum ou par ses représentants, décide si oui ou non il veut sa monnaie.

Exemple: Le 20 septembre 1992, avant que la France ne rejette le franc français pour l'Euro, le peuple français a été appelé par référendum et à 51%, le peuple français a rejeté le Franc français pour l'Euro. 
Nous avons vu tout récemment la Grèce qui a fait pareil pour rejeter l'Euro.

Nous avons parcouru toutes les constitutions des pays Africains du FCFA, il n'existe dans aucune constitution, ni dans aucun journal officiel un seul article ni un seul décret qui reconnaissent le Franc CFA comme étant la monnaie du peuple Africain.

Le Franc CFA n’est pas un héritage colonial mais une monnaie coloniale contrairement à la langue française qui est reconnue dans toutes les constitutions des pays Africains francophones comme étant la langue officielle.

Le seul décret au monde qui reconnait le FCFA c’est : l’article 3 du décret N° 45-0136 du 26 décembre 1945. Les signataires de ce décret furent : Charles de GAULLE, Président du Gouvernement provisoire, René PLEVEN, Ministre des finances et Jacques SOUSTELLE, Ministre des colonies.

Monsieur le Président

Nous vous informons également que la BCEAO que vous aviez dirigé en tant qu'employé du trésor français, n’est pas juridiquement reconnue sur le marché international et la France seule a le pouvoir de vendre et d’acheter le franc CFA sur l’échiquier international.

La BECEAO n'a jamais participe à la conférence internationale sur la monnaie organisée par le FMI . Les Zones CFA ont toujours été représentée par la France chaque première semaine du Mois d'Octobre de chaque année de la conférence internationale sur les monnaies.

Et Pour mémoire :

1-) Le rapport d'information N°2907 produit par l'Assemblée Nationale de France dit que c'est : " La Banque de France qui achète et vend quotidiennement les devises sur le marché des changes pour le compte des Institutions d'émissions africaines "

2-) Edouard BALLADUR ancien Ministre d'État de l'Économie, des Finances et de la Privatisation et ancien Premier Ministre Français disait que : « le FCFA a été dévalué à l'initiative de la France »

3-) Le Vendredi 30 Septembre 2016 à Bercy, le Ministre de l’économie et des Finance Français Michel SAPIN avait réunis ses homologues des 14 Pays du Franc CFA pour « échanger sur les grands enjeux économiques et monétaires d’intérêt commun. » 

Cette rencontre avait un autre objectif : les tenir informer de la tenue des assemblées du FMI et de la Banque mondiale organisées dans la première semaine du mois d'octobre 2016 avec la participation de toutes les monnaies officielles du monde entier à Washington avec pour thème: “Croissance, investissement, développement…“ Le grand absent représenté par la France était : le franc CFA, une monnaie au service de la France depuis plus de soixante-dix ans.

Monsieur le Président

Vous nous parlez de la technicité de la monnaie et de sa stabilité. Voyons le point de vue de ceux qui ont créé le FCFA.

Le Même Édouard BALLADUR disait que: « la monnaie n'est pas un sujet technique, mais un sujet politique qui touche à la souveraineté et à l'indépendance des États ».

Dans la Constitution des États-Unis d’Amérique, Section 8 de l’article1 : « Le Congrès aura le pouvoir de battre monnaie, d’en déterminer la valeur. »

Thomas Jefferson, le 3ème président des États-Unis déclarait : [« Une banque centrale privée qui émet la monnaie publique du peuple est une menace plus grave pour sa liberté qu’une armée dressée. »

Il continue en 1791 : « Si les colonies américaines permettent d‘aventure aux banques privées de contrôler l‘émission de la monnaie, alors ces banques passeront par l‘inflation puis la déflation pour priver le peuple de ses biens. Jusqu‘à ce qu‘un matin, leurs enfants se réveillent en ayant perdu leur maison et les terres que leurs pères avaient exploitées. » ]

Monsieur le Président

Les textes économiques sur lesquels vous vous basez pour défendre le Franc CFA ont été tous élaborés par la France. Et jusqu’aujourd’hui la BCEAO, la BEAC, la BCC sont les seules Banques Centrales au Monde qui n’ont pas le droit de garder leur or en leur seins faisant ainsi de la France la 5ème réserve d’or au Monde derrière l’Italie.

Si vraiment les autorités Françaises étaient intelligentes, elles auraient pu choisir quelqu'un d'autre pour défendre le FCFA.

Nous n'avions pas encore croisé une seule phrase qui parle d'économie dans un article publié par vous. Vous n'aviez jamais été paraphrasé dans une école d'économie. Les 120 pays dans lesquels vous aviez été conseiller économique sont les derniers au monde dans le classement.

Bonne lecture.

 

Association Oeil D'Afrik
Le Président
Larba Israël LOMPO

mardi, 19 février 2019

FRANC CFA: 2 PRINCIPES NON NEGOCIABLES, POUR LESQUELS NOUS DEVONS ETRE INTRANSIGEANTS ET ABSOLUMENT INTRAITABLES

 

 

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Ce n'est plus le moment de jouer les équilibristes. Nos positions doivent être extrêmement claires, par rapport à cette monnaie coloniale appelée FRANC CFA. Sortons des dissertations.

Pour moi, il y a 2 principes de fond, non négociables :

1) Il n'appartient pas à la France de décider de ce qui est bon pour nous, après plus de 50 ans d'indépendance.

2) Il n'est pas acceptable que ce soit la France qui gère notre monnaie (une monnaie qu'elle nous a du reste imposée), qui gère nos réserves d'or et 65% de nos recettes à l'international (c'est amoral).

Ne serait-ce que pour ces 2 principes, sortir du Franc CFA est une urgence. Africains, ayez un peu d'honneur et... des couilles, POUR UNE FOIS ! ! !

Pour ma part, le Franc CFA est l'acte de brigandage le plus odieux que l'Afrique ait connu depuis 80 ans.

 

DINDE Fernand AGBO

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From Fernand Agbo Dindé
@U.S. Department of State @Jesse Watters Fox News @FoxNews
From Fernand Agbo Dindé @i24NEWS English @Donald J. Trump @The White House @The Prime Minister of Israel

 

FRANC CFA: 2 NON-NEGOTIABLE PRINCIPLES, FOR WHICH WE MUST BE INTRANSIGENT AND ABSOLUTELY INTRAITABLE.

This is no longer the time to play the equilibrists. Our positions must be extremely clear. Let's get out of the dissertations.

For me, there are two basic principles, non-negotiable:

1) It is not up to France to decide what is good for us, after more than 50 years of independence.

2) It is not acceptable that it is France that manages our currency (a currency that it has imposed on us), which manages our gold reserves and 65% of our revenue abroad (it is amoral).

If only for these 2 principles, getting out of the CFA Franc is an emergency. Africans, have a little honor and ... balls, FOR ONCE ! ! !

 

Une traduction de Patrick Cohen. Merci, cher frère pour l'initiative spontanée !

lundi, 11 février 2019

SIMONE GBAGBO: «LAURENT GBAGBO VA BIEN, J'AI PARLE AVEC LUI»

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Mama (Gagnoa, en Côte d'Ivoire) - Madame Gbagbo: ''Laurent Gbagbo va bien, j'ai parlé avec lui''

« Il est dans une petite ville au sud de la Belgique. J'ai parlé avec lui; il me confirme qu'il va bien et qu'il est bien arrivé. Dieu a ouvert la porte de la prison, cette porte restera ouverte jusqu'au retour de Gbagbo en Côte d’Ivoire ».

L'ANCIEN PRESIDENT IVOIRIEN LAURENT GBAGBO LIBERE SOUS CONDITIONS PAR LA CPI

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La Haye (AFP) - La Cour pénale internationale (CPI) a libéré sous conditions vendredi l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, suite à son retentissant acquittement il y a deux semaines de crimes contre l'humanité commis en 2010 et 2011 lors de violences post-électorales en Côte d'Ivoire.

 

"La Chambre d'appel a décidé à l'unanimité l'ajout d'un ensemble de conditions qui assortissent la mise en liberté" de Laurent Gbagbo, dont l'obligation de résider dans un Etat membre de la CPI en attendant un éventuel procès en appel, a déclaré le juge président de la CPI, Chile Eboe-Osuji.

Dans leur décision, dernier épisode en date d'un feuilleton judiciaire qui tient en haleine la Côte d'Ivoire, les juges n'ont pas précisé le pays qui accueillerait M. Gbagbo, ni si un retour de l'ancien président dans son pays était envisageable.

La Côte d'Ivoire est bien un des Etats membres de la Cour. Toutefois, ce pays a refusé de remettre à la CPI Simone Gbagbo, épouse de l'ancien président, malgré un mandat d'arrêt délivré en ce sens. La Cour, qui siège à La Haye, pourrait donc refuser le retour de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire dans l'attente d'un éventuel procès en appel.

"Nous sommes très heureux pour M. (Charles)Blé Goudé qu'il soit enfin libéré. C'est une décision justifiée", a déclaré devant des journalistes son avocat Geert-Jan Knoops, en référence à l'ex-chef du mouvement des Jeunes Patriotes dont la CPI a également décidé la libération.

Devant la CPI, située dans un quartier résidentiel de La Haye, des dizaines de sympathisants ont entonné des chants, brandissant des drapeaux ivoiriens.

"Gbagbo est libre!", "Respectez le pouvoir de Gbagbo!", ont-ils notamment scandé, sous l'oeil d'une vingtaine de policiers, déployés pour garantir le maintien de l'ordre.

"Nous sommes très heureux. La réconciliation peut enfin commencer en Côte d'Ivoire", a déclaré Abdon Bayeto, un des plus proches conseillers de l'ancien président ivoirien.

Vendredi matin, au début d'une journée haletante, l'accusation avait déclaré être prête à accepter la mise en liberté de l'ancien président ivoirien et de M. Blé Goudé à condition qu'il leur soit interdit de rentrer en Côte d'Ivoire.

- Liberté limitée -

Jugés pour des accusations de crimes contre l'humanité commis entre 2010 et 2011 en Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont été acquittés le 15 janvier en première instance.

Depuis ce retentissant acquittement, le maintien en détention des deux hommes était au coeur des débats devant la CPI, la défense ayant demandé une mise en liberté immédiate et inconditionnelle dès l'acquittement prononcé.

"Il est impossible de limiter la liberté d'une personne innocente", a répété à maintes reprises l'avocat de Laurent Gbagbo, Emmanuel Altit.

L'accusation craignait que MM. Gbagbo et Blé Goudé ne se présentent pas devant la Cour dans le cas d'un procès en appel, et souhaitaient que les deux hommes remettent leurs passeports et soient remis à la garde d'un pays proche des Pays-Bas où siège la CPI.

A ce stade, l'accusation attend toujours que les juges communiquent leur décision écrite pour faire appel de l'acquittement.

"Ce n’est qu’après un examen et une analyse approfondis de ces motifs que mon bureau va décider ou non d’interjeter appel", a déclaré vendredi la procureure de la CPI Fatou Bensouda.

En détention depuis plus de sept ans, Laurent Gbagbo était jugé pour des crimes commis pendant la crise de 2010-2011, née de son refus de céder le pouvoir à son rival, l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara. Les violences avaient fait plus de 3.000 morts en cinq mois.

- Preuves "exceptionnellement faibles" -

Il avait finalement été arrêté en avril 2011 par les forces du président Ouattara, soutenues par l'ONU et la France. Il est le premier ancien chef d'État à avoir été remis à la CPI.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé étaient accusés de quatre chefs de crimes contre l'humanité: meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, pour lesquels ils ont toujours plaidé non coupable.

A la majorité, les juges de la chambre de première instance ont estimé que les preuves présentées par l'accusation étaient "exceptionnellement faibles".

Un seul juge a exprimé une opinion dissidente. Selon lui, "il existe des éléments de preuve permettant à une chambre de première instance raisonnable de condamner l'accusé".

L'accusation a déjà annoncé son intention de faire appel de la décision d'acquittement des deux hommes. Cette démarche pourrait prendre des mois.

L'acquittement de M. Gbagbo intervient à une période sensible en Côte d'Ivoire, à l'approche de l'élection présidentielle de 2020, alors qu'Alassane Ouattara n'a pas dévoilé ses intentions.

 

Source : L'OBS

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CPI : Laurent Gbagbo et Blé Goudé, acquittés et libres (sous conditions)
 

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé peuvent quitter le pénitencier de Scheveningen. Acquittés ce mardi 15 janvier 2019, leur libération immédiate telle qu'ordonnée par la Chambre de première instance de la CPI était suspendue à la requête dilatoire introduite par le Bureau de Fatou Bensouda lors de l'audience de ce mercredi. Finalement, la CPI a rejeté la demande de l'accusation. L'ancien président ivoirien et son ministre de la Jeunesse sont désormais libres, mais sous conditions.

« À la majorité, la chambre (...) rejette la requête présentée par le procureur de maintenir M. Gbagbo et M. Blé Goudé en détention». Lorsqu'il lève la séance de deux heures en tout à l'audience de ce mercredi 16 janvier, le juge en chef Cuno Tarfusser a asséné le marteau de grâce aux espoirs du Bureau du Procureur.

Faiblesse exceptionnelle des preuves

Requête pour la suspension de la libération immédiate rejetée ! En résumé, c'est la réponse de la Chambre de première instance de la Cour pénale internationale (CPI) à la requête dilatoire des collaborateurs de Fatou Bensouda qui évoquaient des raisons exceptionnelles de maintenir les acquittés de la veille en détention ou de les libérer en les plaçant dans un Etat géographiquement proche de la juridction basée à  La Haye. En vain!

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé vont donc sereinement humer l'air de la liberté. A la majorité de deux des trois juges, la Chambre a rejeté tous « les moyens tendant au maintien en détention de M. Laurent Gbagbo et de M. Charles Blé Goudé», selon les termes du juge Tarfusser qui a donné lecture de la décision finale du triumvirat qui a instruit l'audience.

Point par point, sur la gravité des charges retenues contre les deux hommes, le risque de fuite des accusés et la probabilité d'un procès en appel, les juges ont démonté les arguments du Bureau du Procureur. Pour rejeter la requête en appel, le juge fait état d'une « faiblesse exceptionnelle» des preuves présentées par le Procureur pour conforter les accusations de crimes contre l'Humanité, basées sur des «déductionsdiscutables». Une nouvelle sentence-massue qui vient non seulement briser les espoirs du Procureur de voir le procès se poursuivre mais aussi confirmer l'acquittement de Gbagbo et de son ancien bras-droit.

Gbagbo et Blé Goudé, libres mais...

Et pourtant, libres, les deux hommes le sont qu'à demi seulement. L'ancien président ivoirien et son ministre de la Jeunesse sont libres à condition de fournir au greffe de la Cour des assurances qu'ils se présenteront si la Cour requiert leur présence. En milieu d'audience, le collectif des avocats des deux hommes avaient indiqué, à la demande du juge, que leurs clients seraient prêts à parapher n'importe quel document pour fournir à la Cour ses assurances.

En clair, les acquittés s'engagent à venir répondre à des auditions en tant qu'accusés ou en tant que témoins sur d'éventuels procès que la CPI ouvrirait à nouveau. Un couteau à double tranchant puisque la Procureur de la CPI expliquait à la reprise du procès Gbagbo/BléGoudé que ses enquêtes concernaient les crimes commis pendant la la crise post électorale qui avait fait plus de 3 000 morts en 5 mois.

Pour l'heure l'affaire est pliée pour Gbagbo et son "boy": ils peuvent se rendre au pays de leur choix, notamment en Côte d'Ivoire. Une décision d'Alassane Ouattara pourrait même avoir accéléré le retour au bercail des deux hommes. Le 6 février 2016, pressé par une opinion publique qui dénonçait une justice des  vainqueurs, Alassane Ouattara, estimant que la Côte d'Ivoire avait une «justice opérationnelle» a eu cette phrase qui sonne comme un non retour de Gbagbo et Blé Goudé devant la CPI. «Je n'enverrais plus d'Ivoiriens à la CPI». Tout est dit à moins que Gbagbo et Blé Goudé ne décident de s'y rendre par eux-mêmes.

 

Source : LA TRIBUNE AFRIQUE

dimanche, 10 février 2019

LAURENT GBAGBO: ACQUITTE MAIS EMBASTILLE - FIASCO DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE ET CAMOUFLET POUR LA FRANÇAFRIQUE

 

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Le Président Laurent Gbagbo et ses avocats le 15 janvier 2019 à la cour pénale internationale.

 

En avril 2011, le Président de la Côte d’Ivoire, L. Gbagbo est arrêté par une rébellion armée, qui a débuté en 2002, soutenue par la France (1), les États-Unis et certains Africains du style Compaoré.

Déféré devant la Cour Pénale Internationale, bien que la Côte d’Ivoire n’y ait adhéré qu’en 2013, L. Gbagbo, à l’issue d’une pseudo instruction internationale, est acquitté le 15 Janvier 2019 (2,3), après huit ans d’incarcération.

Il s’est avéré, en effet, que les procureurs de la CPI (4) n’ont pu fournir aucune preuve convaincante contre le Président ivoirien. Malgré les engagements de la Cour, ils n’ont poursuivi aucun des dirigeants de la rébellion, y compris évidemment Ouattara devenu Chef de l’État avec l’appui et la bénédiction de la France, qui, de toute évidence, étaient responsables avec notamment G. Soro de nombreux massacres (notamment celui de Duékoué).

Toutefois, le Parquet a fait appel et L. Gbagbo et Blé Goudé n’ont pas été libérés. Acquittés, ils restent embastillés arbitrairement à la prison de La Haye pour on ne sait quelle durée encore ! Il n’est pas pardonné au régime instauré par L. Gbabbo d’avoir « fait peur » aux intérêts économiques et stratégiques occidentaux, notamment aux firmes chocolatières multinationales représentant un marché de 80 milliards de dollars pour la Côte d’Ivoire et bien davantage pour Nestlé, Ferrero, Cargill, et surtout Barry Callebaut, leader du négoce à l’échelle mondiale (5) !

La CPI n’a fait, depuis 2011, que jouer le jeu du pouvoir Ouattara contre la souveraineté du peuple ivoirien pour le seul compte des intérêts de quelques groupes économiques et financiers occidentaux.

Il ne pouvait en être autrement. Depuis 1993 et la Résolution 808 du Conseil de Sécurité des Nations Unies concernant le Tribunal permanent international pour Yougoslavie (6) et l’adoption en 1998 des statuts de la CPI, la justice pénale internationale n’a été qu’un instrument des grandes puissances occidentales contre des personnalités considérées comme « perturbatrices » de « l’ordre » international, parce que trop « souverainistes » !

Certes de nombreux juristes ont applaudi à la fondation de la CPI et de ce qui devait être la fin de l’impunité des responsables politiques violant le droit humanitaire, oubliant à cette occasion les violations multiples des droits économiques, sociaux et culturels et faisant surtout preuve d’illusions sur la possibilité d’une réelle « justice » politique internationale (7).

La société internationale hétérogène, marquée de profondes contradictions d’intérêts et de valeurs, n’est pas en mesure de fonder une justice pénale internationale équitable : la création de la CPI, bien que survenant plusieurs décennies après les premiers tribunaux pénaux internationaux de Nuremberg et de Tokyo, juridictions au service des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, est prématurée.

De l’affaire Milosevic à l’affaire L. Gbagbo, cette « justice » a été instrumentalisée par quelques puissances et la CPI a fonctionné comme une juridiction politique d’exception que l’Administration nationale de chaque État a expérimenté depuis longtemps au détriment des droits élémentaires des prévenus ! Les rapports de force à l’échelle internationale sont favorables aux grandes puissances et aux pouvoirs privés économiques et financiers : le droit international en est, pour l’essentiel, le reflet et la justice pénale internationale, la caricature !

La CPI ne pouvait qu’être sensible dans l’affaire ivoirienne aux intérêts de la France et des États-Unis (qui, paradoxalement, n’ont pas adhéré au statut de 1998) au détriment de ceux du peuple ivoirien : les « menaces » du régime Gbagbo d’écarter le Franc CFA au bénéfice d’une monnaie nationale, la présence « intéressante » de pétrole dans le Golfe de Guinée, la crainte de l’arrivée en Côte d’Ivoire de la Chine et la défense des profits des grands groupes chocolatiers transnationaux, ne pouvaient plaider en faveur de L. Gbagbo !

La Françafrique (à l’époque celle de N. Sarkozy) n’a jamais accepté l’élection de L. Gbagbo, pas davantage qu’ont été acceptés par l’Occident les leaders africains tels que Lumumba ou Sankara, par exemple !

Bien évidemment, et selon une tradition bien établie, les ingérences occidentales se sont faits au nom des droits de l’Homme, de la démocratie et de la protection des populations civiles, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes pour la véritable guerre menée dès 2002 contre le régime d’Abidjan de L. Gbagbo en appui à la rébellion cosmopolite du Nord de la Côte d’Ivoire, particulièrement barbare ! Avec, de surcroît, le plus profond mépris pour l’Union Africaine et ses tentatives de conciliation (8) !

En tout état de cause, la solidarité internationale en faveur de L. Gbagbo et de C. Blé Goudé permettra la confirmation de leur acquittement et leur prochaine libération. Le plus tôt sera le mieux ! Quant à la CPI, elle en est sans doute à son « crépuscule », selon l’expression du professeur Albert Bourgi. Pour une authentique justice pénale internationale, la route est encore longue.

Notes:

*Titre, Cf. L’article du professeur Albert Bourgi in L’Huma Dimanche. 24-30 juin 2019.

1. « Le QG de la rébellion, déclare L. Gbagbo, c’est le Quai d’Orsay ».

2. Bénéficie aussi d’un acquittement son Ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé.

3. Voir par exemple R. Koudou, H. Oulaye et F. Tano. Le procès de la CPI contre le Président L. Gbagbo. L’Harmattan. 2016. Claude Koudou. Des pensées de L. Gbagbo et autres. L’Harmattan. 2017.

4. Le Procureur Luis Moreno Ocampo, saisi de l’affaire Gbagbo, a travaillé comme lobbyiste auprès d’opposants de M. Kadhafi. Il serait aussi lié à des sociétés installées dans des paradis fiscaux. Quant à la Procureure en exercice, la Gambienne Fatou Bensouda et à son équipe, elles ont bénéficié de financement d’une partie des investigations à charge contre L. Gbagbo (Cf. L’article précité d’A. Bourgi) !

5. La culture ivoirienne du cacao est familiale (les paysans possédant entre 5 et 10 hectares). Ils sont mal rémunérés par les grandes firmes transnationales qui maîtrisent exportation et transformation. Quelques coopératives ont cependant été créées (par exemple, celle du Bandama) en relation avec des responsables du commerce équitable français.

6. Cf. R. Charvin. « Premières observations sur la création du Tribunal permanent international pour la Yougoslavie de la Résolution 808 du Conseil de Sécurité des Nations Unies » in I Diritti dell’Uomo (Roma), n° 1. 1993, p. 27 et s. / R. Charvin. « La CPI. Avancées et illusions », in Utopie Critique (Paris) n° 28. 2004, p. 65 et s. / R. Charvin. « L’impunité internationale des politiques et la CPI ». Les Cahiers de Nord-Sud XXI (Genève). Sans date.

7. Cf. par exemple, R. Badinter, in « La CPI. Droit et démocratie ». La Documentation française. 1999, p. 10.

8. La même attitude a été adoptée par la France de N. Sarkozy, lors de son agression contre la Libye, bloquant les initiatives de J. Ping, qui au nom de l’Union Africaine, était en mesure de favoriser une solution négociée, ce qui aurait évité huit mois de guerre contre Tripoli et huit ans de chaos faisant des dizaines de milliers de morts !

Un article de : Investig’Action

 

Source : IVOIREBUSINESS

samedi, 09 février 2019

L'HOMMAGE DU QUOTIDIEN FRANÇAIS MEDIAPART AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

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Entre son arrestation sous les bombes françaises le 11 avril 2011 et son transfert à la Cour pénale internationale à La Haye, durant ses huit mois de détention à Khorogo, il n'y avait guère que de simples citoyens ivoiriens, camerounais et autres Africains à le défendre sans relâche. Dès le 16 avril 2011, ils manifestaient à Paris, place de la Bastille, pour lui crier leur solidarité.

Quant aux rares personnalités politiques ayant pris sa défense avant sa chute, elles s'étaient alors murées dans le silence pour ne pas déplaire à la France, qui fêtait en une grande pompe l'avènement de son préfet nègre réintégrant la Côte d'Ivoire dans le giron françafricain d'où Laurent Gbagbo avait péniblement tenté de l'en extraire. La Côte d'Ivoire était revenue à son point de départ.

 

Les visages de la résistance à l'injustice

Il a donc fallu la ténacité de ces groupuscules d'Ivoiriens et d'Africains mus par une même volonté, unis dans un même combat, arpentant les rues des villes européennes et faisant des émules aux Etats-Unis et au Canada, pour que le séjour de Laurent Gbagbo à La Haye ne se déroule pas dans le silence et l'indifférence des nations du monde entier.

Il a fallu aussi le talent et l'habileté des journaliste d'investigation (1) comme Théophile Kouamouo, Charles Onana ou Grégory Protche, pour peindre la profonde injustice dont était victime le prisonnier de la CPI ; il a fallu le talent et l'habileté d'une petite mais ardente armée de blogueurs pour que les crimes passés et actuels du nouveau pouvoir ivoirien circulent à travers le monde entier et deviennent même des éléments de référence dans la défense de l'illustre prisonnier.

Dans leur dur et long combat, ces défenseurs de Laurent Gbagbo et du respect de la constitution ivoirienne seront réconfortés par deux excellents films-documentaires. Le premier, Laurent Gbagbo dans le tourbillon du Golfe de Guinée, diffusé en mars 2011, un mois avant sa chute, démontrait de manière éclatante la rapacité de la France sur les immenses richesses encore inexploitées du pays, et sa volonté de contrecarrer le plan d'indépendance économique prôné par le président ivoirien.

Le deuxième est venu d'Italie, curieuse de savoir ce qui s'était passé dans l'ouest ivoirien. A travers les témoignages locaux, ce film nous permet de découvrir comment s'est opérée la complicité de la France dans les massacres de Duékoué et de ses environs, et l'on comprend pourquoi les journalistes français refusent de voir la vérité sur cet épisode de la guerre postélectorale. Galvanisés par la flagrante injustice, convaincus de la nécessité de porter la vérité jusqu'à ce que la lumière la rende visible à tous, les Ivoiriens, les panafricanistes et leurs rares amis européens n'ont pas baissé les bras et n'ont eu de cesse de multiplier les manifestations en France, en Italie et devant la Cour pénale internationale à La Haye.

On peut affirmer que jamais, dans l'histoire, un leader noir n'a bénéficié d'autant de soutiens de la diaspora africaine et d'autant de sympathie de la part des populations d'Afrique noire. Patrice Lumumba, Kwamé Nkrumah, Sékou Touré, sont morts dans le silence, même si de nombreux Africains les portaient dans leur coeur.

Durant ses 27 années de prison, jamais Nelson Mandela n'a bénéficié d'une telle sympathie populaire. Il faut dire que les temps ont changé : grâce à Internet, l'information circule plus rapidement, les mensonges sont plus vite signalés et démontrés. Ce que l'on tente de cacher se retrouve rapidement porté sur la place publique parce que tous les citoyens, partout dans le monde, sont devenus des informateurs. Plus personne n'a le monopole de l'information. Voilà pourquoi le grossier coup d'état contre Laurent Gbagbo, présenté par la France et l'ONU comme une entreprise de salut public, a fait de lui, en moins de deux ans, le héros africain de la résistance à l'impérialisme européen.

L'accélération de la dénonciation de l'injustice faite à Laurent Gbagbo

On peut même dire que la forte offensive de la résistance au nouveau pouvoir et au mur du mensonge qui cachait la vérité sur le drame ivoirien a surpris les commanditaires et acteurs européens du coup d'état du 11 avril 2011. La popularité de Laurent Gbagbo, fortement ancrée dans le paysage politique de ce début du XXIe siècle, a forcé de nombreuses personnalités politiques à considérer de plus près la manière dont le pouvoir lui a été arraché et les conséquences de ce forfait.

Dans l'introduction du livre de Charles Onana (Côte d'Ivoire, le coup d'Etat), publié en novembre 2011, M. Tabo Mbeki, l'ancien président sud-africain – l'un des premiers médiateurs entre les deux parties du conflit ivoirien – a clairement démontré la ferme intention de la France de se débarrasser de Laurent Gbagbo et le soutien précieux dont elle a bénéficié de l'ONU. En septembre 2012, lors du congrès de l'Internationale Socialiste, en Afrique du Sud, le Ghanéen Kofi Awoonor avait à son tour fustigé la passivité des socialistes français devant le sort réservé à Laurent Gbagbo.

En décembre 2012, enfin, un socialiste –François Loncle – révèle l'activisme corrupteur de madame Alassane Ouattara auprès des hommes politiques français ; dans la même période, Georges Peillon, ancien porte-parole de la force Licorne (l'armée française impliquée dans le conflit ivoirien) reconnaissait le parti pris du pouvoir et des médias français dans la vie politique de la Côte d'Ivoire depuis 2002.

Si les aveux et les critiques étaient devenus de plus en plus nombreux et fragilisaient le pouvoir ivoirien tout en mettant à mal le soutien que lui apportait la France, ce pouvoir demeurait solide aux yeux de l'Europe grâce au mutisme des médias et du gouvernement socialiste qui avait revêtu les habits impérialistes laissés par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. C'est finalement à partir de février 2013 que le procès devant confirmer ou infirmer les charges du procureur de la CPI contre Laurent Gbagbo va donner un nouveau souffle à la Résistance ivoirienne et africaine et commencer à ébranler le pouvoir en place et les certitudes des commanditaires onusiens et français.

Ce procès se révéla, en effet, une belle occasion de démontrer que les accusateurs de Laurent Gbagbo manquaient d'arguments pour le faire condamner. Quand on mène pendant dix ans une rébellion contre un pouvoir légal en tuant femmes et enfants, quand avec l'aide de forces étrangères on mène une charge finale sanglante pour s'emparer du pouvoir, cela apparaît en effet ignoble d'accuser celui qui a été défait d'avoir résisté.

Oui, c'est ignoble d'accuser le vaincu de vous avoir obligé, par sa résistance, à tuer femmes et enfants dans votre conquête du pouvoir. Toutes les images de l'attaque d'Abidjan ne révélant que des crimes commis par les assaillants et leurs soutiens, le procureur a dû se tourner vers des documents étrangers pour illustrer son argumentation, la fragilisant par la même occasion. Comment peut-on, dans ces conditions, condamner un homme ou même le garder en prison ?

Dès lors, avant même que les juges de la Cour pénale internationale ne déclarent insuffisantes les preuves présentées par le procureur demandant la condamnation de Laurent Gbagbo, il était difficile aux instruments de la propagande étrangère de cacher la vérité.

Les ONG entrèrent donc dans la danse, au début du mois d'avril 2013, et dénoncèrent « la justice des vainqueurs » tout en soulignant les crimes ethniques, les exécutions sommaires, les chasses à l'homme et les emprisonnements arbitraires des partisans de Laurent Gbagbo – œuvres du pouvoir actuel, de son armée et de ses milices.

Indiscutablement, l'impunité des hommes du nouveau régime blesse la conscience humaine ! Condamner Laurent Gbagbo pour avoir résisté à l'assaut de l'ennemi et voir les vrais bourreaux du peuple ivoirien se pavaner effrontément, alors que les médias africains et les blogueurs étalent quotidiennement les images de leurs crimes, apparaît comme une blessante injustice !

A la suite des ONG, comme si la parole était enfin libérée, ce sont les hommes politiques africains, jusque-là muets, qui vont donner de la voix. Au sommet de l'UA, à la fin de mai 2013, le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, président de cette organisation, a qualifié la CPI d'instrument raciste au service des occidentaux : « Lors de la création de la CPI, l'objectif était d'éviter toutes sortes d'impunités ; mais, désormais, le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale ». Effectivement, la trentaine d'hommes politiques africains poursuivis par cette institution ne laisse pas penser autre chose.

Le 15 juin, au Gabon, lors d'un débat consacré à « l'indépendance » en Afrique, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a vivement contesté les dires du procureure Bensouda en accusant les Européens d'utiliser la CPI pour manipuler la politique des nations africaines : "C'est malheureux, qu'un grand nombre de conclusions ait été réduit à la manipulation politique […] Il n'est pas honnête de dire que la CPI ne s'acharne pas contre l'Afrique. Je ne suis pas d'accord avec ma soeur Bensouda". Puis la ministre a demandé à celle-ci de ne pas dire "que les Africains viennent la voir [la CPI] pour être jugés. C'est faux, car l'Afrique ne veut pas de colonialisme judiciaire".

La position des hommes politiques africains sur la Cour pénale internationale est donc plus que claire : elle n'est pas impartiale ; elle n'est pas crédible ; elle est raciste. Et, à partir du 3 juin 2013, après l'ajournement du procès et le renvoi de la procureure à la recherche de preuves plus convaincantes, les Européens aussi se laissent gagner par le doute quant à l'impartialité de cette institution. Les journaux français qui, jusque-là, n'ont fait aucun cas ni des nombreuses marches de soutien à Laurent Gbagbo à Paris ou à La Haye, ni des pluies de critiques contre l'injustice du pouvoir actuel concernant l'analyse des crimes commis avant et après les élections, se sont tout à coup mis à faire le procès de la CPI.

Pour la première fois depuis 2002, le journal La Croix ne fait ni l'apologie de l'élu de la France ni la critique de l'ennemi juré des journalistes français. Marianne de son côté juge le procès de la CPI fait par les africanistes tout à fait justifié. C'est à croire que pour tout le monde le mensonge qui fait de Laurent Gbagbo le seul responsable des morts avant et après les élections présidentielles de 2010 ne peut plus être défendu.

La preuve que le vent a tourné et dévoile peu à peu la vérité, c'est que même les muets parlent en France ! Qui a déjà entendu Koffi Yamgnane réagir aux injonctions méprisantes et injustes adressées à Laurent Gbagbo avant et après les dernières élections présidentielles en Côte d'Ivoire ? Qui l'a entendu parler de Laurent Gbagbo ou lui témoigner la moindre sympathie depuis qu'il a été arrêté dans le palais présidentiel par l'armée française ? Incapable de la moindre indépendance de parole, voilà qu'il profite de l'indignation de Bernard Houdin (conseiller de Laurent Gbagbo) pour dire tout simplement que lui aussi pense que « trop, c'est trop », que l'injustice contre Laurent Gbagbo ne peut plus continuer.

Mais attendons de voir s'il ira plus loin que la simple indignation partagée. De son côté, la présidente du Mouvement des Africains-Français, qui s'est toujours opposée aux marches de soutien à Laurent Gbagbo et n'y a jamais participé, entreprend enfin une action précise dans la lutte contre l'impartialité de la CPI : elle lance une pétition pour le retrait des nations africaines de cette institution. L'intention est bonne, mais elle ignore que le combat politique se mène dans la persévérance et non pas périodiquement.

Dans tous les cas, Laurent Gbagbo ne laisse plus personne indifférent puisque ce qui était censé être son procès s'est transformé en procès de l'institution chargée de le juger. Quel retournement de situation ! N'est-ce pas déjà la victoire de la vérité sur le mensonge ? En clair, la CPI se discréditerait complètement aux yeux du monde en maintenant sa volonté de juger Laurent Gbagbo. Elle se trouve dans l'obligation de le libérer et prendre le temps de revoir son fonctionnement par rapport à l'analyse des crimes et des supposés criminels qu'elle doit juger.

Les nouvelles preuves du procureur contre Laurent Gbagbo sont d'avance jugées par l'opinion publique internationale comme irrecevables ; et un éventuel procès serait considéré comme une injustice. Arrêter des partisans de l'actuel président de la Côte d'Ivoire et les traduire devant la CPI afin de justifier la poursuite du procès serait désormais inacceptable. Cette dernière entreprise serait perçue par tous comme l'aveu de l'injustice dont est victime Laurent Gbagbo depuis deux ans, voire depuis dix ans.

Quel long combat ! Mais quel combat magnifique et enthousiasmant quand, comme par miracle, tout le monde le trouve juste ! Après Nelson Mandela, toutes les nations reconnaîtraient-elles l'injustice faite à Laurent Gbagbo ? Quelle belle victoire en perspective ! Ses partisans, les panafricanistes, les journalistes activistes soucieux de la vérité, les infatigables blogueurs, les amis Français – en particulier Guy Labertit, Michel Galy, Bernard Houdin et Albert Bourgi – et ses admirateurs anonymes qui vivaient dans la peur, sont aujourd'hui fiers de leur combat et heureux de voir ça et là des appels à sa libération pure et simple.

Un homme qui, par son seul amour de la vérité, un homme qui a juré d'aller jusqu'au bout et parvient par sa ténacité à renverser l'opinion publique et la machine judiciaire internationale qui s'acharnait à le perdre, ne mérite que l'admiration et les éloges. L'ancien Premier ministre du Togo (1991-1994), Joseph Kokou Koffigoh, et l'artiste béninois Yokula (reggaeman) l'ont bien compris. Ils ne sont pas restés insensibles à cet amour de la vérité attaché au coeur du prisonnier de La Haye. L'un vient de lui consacrer un très beau poème demandant sa libération « des mains de l'infamie » et l'autre une chanson qui clame son amour pour la légalité constitutionnelle.

Laurent Gbagbo est entré dans l'Histoire parce qu'il a donné sa vie pour la vérité, pour le respect de la constitution de son pays ; il est entré dans l'Histoire parce que l'Afrique a reconnu dans son combat le sien. En s'accrochant à la vérité et au droit, Laurent Gbagbo a accepté de subir l'infamie de l'emprisonnement dans le goulag des puissances occidentales. Comme tous ceux qui ont consacré leur vie aux grands idéaux humains pour que leurs semblables grandissent sous un jour nouveau, l'heure de sa rédemption viendra. Quant à toi, lecteur, n'oublie pas qu'un jour tu devras répondre à cette question : qu'as-tu fait pour soutenir le combat de l'homme que l'on admire aujourd'hui ?

 

Auteur : Raphaël ADJOBI

Source : MEDIAPART (2016).

vendredi, 08 février 2019

COTE D'IVOIRE: LAURENT GBAGBO ACQUITTE PAR LA CPI

 

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Simone Gbagbo, le 15 janvier 2019 à Abidjan après l'acquittement de son mari à la CPI.
© REUTERS/Thierry Gouegnon

 

Côte d'Ivoire: Laurent Gbagbo acquitté par la CPI, un jour charnière pour le FPI

 

Pour le Front populaire ivoirien (FPI), c’est sans conteste l’un des jours les plus importants de l'histoire du parti, voire un tournant dans l'histoire politique du pays. Mardi 15 janvier 2019, l'ancien président de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, a été acquitté des charges que la justice internationale faisait peser sur lui, tout comme son compagnon d'infortune, l'ex-leader des Jeunes Patriotes Charles Blé Goudé. Retour sur cette journée savoureuse pour les pro-Gbagbo à Abidjan.

Il est 10h30 mardi matin dans le salon du secrétaire général du Front populaire ivoirien, Assoa Adou. A ses côtés, à Cocody, une trentaine de personnes écoutent la télévision avec attention. La Cour pénale internationale est en train d'annoncer que Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont acquittés.

L'assistance explose. « C’est une joie immense qui envahit mon corps, qui envahit mon esprit. Voilà huit ans que nous courrons après la vérité mais aujourd’hui, la joie reprend la place parce que nous venons de faire un grand pas vers la réconciliation nationale », confie M. Adou.

Un peu plus tard, à quelques kilomètres de là, les sympathisants du FPI se rassemblent dans la cour de la résidence de l'ex-première dame Simone Gbagbo. Elle-même sortie du tourbillon judiciaire, l'épouse de l’ancien chef de l'Etat réagit également à la grande nouvelle du jour.

« Moi-même, dit-elle, j’en sors et je sais ce que c’est que d’être en prison. Mais moi, j’étais ici, j’avais la possibilité de manger mon attiéké, de manger mon foutou, mais lui, là-bas à La Haye, dans ce pays froid et loin des siens, c’est horrible et méchant. Et aujourd’hui, on lui rend justice et je rends gloire à Dieu. »

Pour ses partisans, Laurent Gbagbo a surmonté le plus dur. Un maître-mot ce mardi : la réconciliation. L'ex-président est le « chaînon manquant » d’une réconciliation qui n’a pas eu lieu depuis 2011, avancent tous les membres du parti interrogés. C’est à lui de la mener à bien, explique Hubert Oulaye.

C'est lui qui a souffert. Et c’est lui qui doit pardonner. Ceux qui ont échoué n’avaient pas la volonté de réussir. Parce que, pour eux, faire la réconciliation signifie beaucoup de choses. Signifie reconnaître les faits qui sont très graves!

Hubert Oulaye a plusieurs fois été ministre de M. Gbagbo. « C’est une réconciliation qui n’intéresse pas que les partis politiques, mais qui intéresse tous les Ivoiriens dans leur ensemble », plaide-t-il. Réconcilier ? Conquérir le pouvoir en 2020 ? C'est presque devenu une formalité à l'en croire.

Pour Pascal Affi N'Guessan, qui dirige le courant modéré du FPI dont il était le candidat à la dernière présidentielle, l'acquittement de Laurent Gbagbo crée en effet « toutes les conditions de l’unité, parce que plus que jamais, la possibilité de revenir au pouvoir en 2020 est forte ».

« Il faut donc, ajoute-t-il, que tous les militants de quelque bord qu’ils aient appartenu pendant cette période récente se mettent ensemble pour la reconquête du pouvoir. Je crois que la libération du président Gbagbo va fortement contribuer à l’unité du parti, comme elle va contribuer aussi à la réconciliation nationale. »

L'actuel président du parti se dit prêt à lui rendre son poste : « Le président Gbagbo n’était pas le président du FPI en 2010-2011. Cela fait 17 ans que je suis à la tête de ce parti. S’il pense que c’est en étant président du FPI que nous pouvons reconquérir le pouvoir en 2020, rien ne s’oppose à cela. »

Laurent Gbagbo quittera-t-il sa cellule de Scheveningen dès ce mercredi ? Plus tard ? Peu importe ; pour ses partisans, l’acquittement et la remise en liberté immédiate annoncés par le juge Cuno Tarfusser constituent une victoire définitive. Laurent Gbagbo reviendra très bientôt au pays, ses partisans en sont convaincus.

En Côte d'Ivoire, nous sommes un peuple. Du nord au sud, à l'est et à l'ouest. Des hommes, des femmes, des êtres qui s'amusent, qui rigolent entre eux. Le couteau, la machette, les fusils, vraiment c'est diviser la Côte d'Ivoire

Toute la journée de mardi, ainsi qu'une bonne partie de la nuit, l’alcool a coulé à flots à Yopougon, immense commune de l’ouest d’Abidjan réputée acquise à l'ancien président et où, à la mi-décembre, une rumeur sur la libération de M. Gbagbo avait jeté des dizaines de milliers d’habitants dans les rues.

Par milliers, jeunes, vieux, hommes, femmes et enfants ont à nouveau défilé en cortèges pour célébrer la décision de la CPI. Claver, jeune professeur de philosophie au lycée, a tout laissé en plan quand il a appris la nouvelle. « J’étais en plein service, dit-il, et on m’a envoyé un SMS quand le procès a commencé. »

« Lorsque je suis arrivé, le juge a prononcé l’acquittement. J’ai ressenti une joie immense, un soulagement, une liberté pour la Côte d’Ivoire », ajoute-t-il. Défilés dans les rues, réunions arrosées dans les maquis ; la fête a duré toute la nuit, sous l’œil attentif des très nombreux policiers déployés pour l’occasion.

Le reste de la ville d’Abidjan a connu une journée ordinaire. Pourtant, la libération de Laurent Gbagbo ne laisse personne indifférent. Ces dernières semaines, cette libération possible était dans toutes les discussions. Accompagnée d’impatience pour ses partisans. D’inquiétude pour les autres.

Comment ne pas envisager en effet qu’en ramenant en Côte d’Ivoire le dernier des trois protagonistes de la crise de 2010-2011, tout cela ne recommence pas ? Dans l’équation : l’échéance cruciale de 2020, autour de laquelle tourne déjà toute la vie politique ivoirienne actuelle.

 

Source : RFI AFRIQUE

mercredi, 19 septembre 2018

LIBERATION DE MME SIMONE GBAGBO: LIESSE ET AVEUX DE TAILLE

 

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Liesse et merci

 

L'onction populaire ne se force pas. C'est l'expression d'un sentiment qui vient naturellement. Elle est spontanée. Madame Gbagbo est sortie de prison le 07 août dernier avec le fameux sourire qu'on lui connaît. Elle n'avait aucunement l'air de forcer l'évidence. Elle était dans une sorte de révélation. Cette foi et assurance qui animent tous ceux qui marchent dans le chemin de la juste cause. Ils ont une espérance transcendantale qui les transfigure.

Madame Simone Gbagbo était plus rayonnante que son geôlier qui la veille dans une sorte de précipitation, le regard perdu, lisait l'ordonnance de sa libération. Ce qui s'en est suivi est tout aussi sublime. Une onde de choc heureuse s'est emparée de tout le pays. Le domicile de l'ostracisée est devenu un lieu de pèlerinage politique depuis. Dans l'autre camp c'est le deuil. La liesse populaire qui entoure la sortie d'une militante de parti contraste énormément avec la peur qui s'est emparée du pays le 02 décembre 2010 alors que Ouattara venait d'être désigné président de la république par Youssouf Bakayako.

Leur "Ouattara n'a subi aucune pression" sonne creux parce qu'on est tenté de leur demander pourquoi rompre subitement le cours de ce confort politique ? De quel chapeau, ceux qui se targuaient hier d'être le régime le plus démocratique au monde avec zéro prisonniers politiques, ont-ils sorti 800 bagnards ? Alors des voix s'élèvent pour réclamer qu'on disent merci à Ouattara.

Comble de l'histoire, que ces prisonniers qui ont survécu organisent une festivité à la magnanimité de leur bourreau. A eux, je dis que cela ne coûterait rien matériellement, mais beaucoup moralement, parce que cela impliquerait qu'on reconnaisse tacitement que le tyran a gracié des bandits de grands chemins. Le merci aurait pu être à ceux qui lui ont tordu le bras si et seulement si ce ne sont pas eux les marionnettistes de notre triste histoire.

Joseph Marat

 

Source: LE BLOG DE JOSEPH MARAT

 

 

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Aveux de taille

 

Madame Simone Ehivet Gbagbo est sortie de prison après 7 ans d'incarcération le 8 août dernier. Depuis quelque temps, comme quelqu'un qui a suffisamment creusé et remué sa langue, elle reçoit, elle parle et le marigot politique ivoirien est en ébullition. Cette sorte d'effervescence qui amène à la surface ce qui est enfoui. Les langues se délient et les gestes trahissent.

Au lendemain de sa libération, qui annonce certainement celle de son mari, ce sont les pro-Soro de la diaspora qui se sont précipités aux portes de Scheveningen comme s'ils se réveillaient subitement d'un cauchemar.

En prime, ils font le serment de voter pour Gbagbo aux prochaines élections présidentielles. Le PDCI qui a échangé son plat de lentilles pour une promesse électorale de diriger par procuration le pays s'est retrouvé accroupi aux pieds de la véritable première Dame de Côte d'Ivoire. Le jeudi 30 août dernier, les populations du nord ont offert une liesse digne de ce nom à Simone Gbagbo à son domicile privé de Cocody-Riviera. Qui l’eut cru ?

Aujourd'hui c'est la sulfureuse Salimata Porquet qui avale la mémoire des « 7 glorieuses d'Abobo » pour tisser des couronnes d’Ambassadrice de la paix de l’Union africaine, excusez du peu, sur les tresses violemment arrachées hier de Simone Gbagbo. Avant elle, c'est Joël N'Guessan, le pathétique porte-parole du Rdr qui a renié ses convictions et tout ce qu'il a déblatéré devant les juges de la Cpi, pour dire et je cite : « Il faut féliciter l’ex-Première Dame de Côte d’Ivoire pour la profondeur de ses propos...

Nous sommes certainement nombreux à avoir lu et relu avec émotions les propos tenus ce week-end à Moossou, par l’ex Première Dame de Côte d’Ivoire, Madame Simone Ehivet GBAGBO. Ces propos emprunts de sagesse et d’humilité prouvent que la réconciliation totale des fils et filles de Côte d’Ivoire est possible. Le premier constat que nous faisons, c’est qu’elle a l’honnêteté de dire la vérité sur ses sept (7) années de détention aussi bien à Odienné qu’à l’Ecole de Gendarmerie à Abidjan.

Prenant le contre-pied de tous ceux qui ont prétendu que pendant son temps de détention elle a été régulièrement maltraitée, elle affirme au contraire qu’elle a été traitée avec respect et dignité ». Pour la réconciliation, nous saluons ces propos et ces attitudes qui expriment clairement les aveux d'un régime illégal et illégitime. Parce que, mine de rien, c'est à cause de cette profondeur qui sourd de leurs propos, de cette honnêteté qui les caractérise que nous avons toujours pensé que ce sont leurs ennemis politiques qui sont superficiels et malhonnêtes. Et les Ivoiriens n’ont pas pu faire le choix, en 2010, de personnes véreuses et sans contenance pour les diriger.

Deux questions à quelques sous pour Bensouda. Comment une Dame chez qui les gens du nord ivoirien effectuent aujourd’hui un pèlerinage a-t-elle pu concocter un plan avec son époux pour les exterminer ? Les miraculés ou les rescapés ont-ils perdu la mémoire de leurs parents décimés ? Plus sérieusement, nous sommes face à un remake de l’histoire de la sagesse de Salomon. Supposons que le roi Salomon ait été vassalisé et contraint de se soumettre à la volonté de la mère indigne. La transcendance n’a pas permis que la Côte d’ivoire soit totalement coupée en deux. Simone Gbagbo est en train de recoudre son enfant. C’est heureux que les coupables avouent leur crime. 

Joseph Marat

 

SourceLE BLOG DE JOSEPH MARAT

mardi, 10 juillet 2018

LA RUSSIE POUSSE L'OCCIDENT HORS DE L'AFRIQUE SANS COMBAT

 

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La Russie est de retour en Afrique noire, mais contrairement à l’URSS pendant la guerre froide, elle n’a pas l’intention d’attaquer de front l’influence occidentale sur le continent.

Par Evgeny Krutikov

 

La République centrafricaine « est tenue par les mercenaires russes ». Le Mozambique « relance » les relations avec la Russie et réfléchit à la liste des armes qu’il veut recevoir. La République démocratique du Congo suggère à la Russie de « s’engager » dans la coopération militaire. Ailleurs, des négociations sur la construction d’une base militaire russe à Djibouti sont en cours.

Ce ne sont pas des manchettes paranoïaques de la BBC ou de CNN. C’est la réalité des deux derniers mois. Ce n’est pas aussi proche de nous que, disons, les événements de Kiev, et cela reste quelque part à la périphérie de nos préoccupations. Mais nos partenaires américains et européens sont déjà sérieusement troublés par l' »invasion russe » de l’Afrique noire qui, en termes de couverture géographique, dépasse déjà les temps mémorables du pic de l’influence soviétique. Et cela se construit sur un principe complètement différent.

L’Occident a commencé à devenir très nerveux après le 30 mars, lors de la célébration du deuxième anniversaire de l’élection à la présidence de Faustin-Archange Touadéra (au stade de la capitale Bangui) en République centrafricaine (RCA). Le Président est arrivé dans un stade qui avait été construit par les Français, accompagné d’une protection d’une blancheur suspecte, vêtue de tenues de camouflage sans insignes. Officiellement, la protection de tels événements devait être assurée par les Rwandais appartenant à ce qui restait des forces de maintien de la paix de l’ONU en RCA. Mais une semaine auparavant, des Blancs bien armés et bien organisés ont remplacé les patrouilles rwandaises dans les rues de la ville.

Il est vite devenu clair que les gardes de sécurité blancs contrôlaient complètement l’administration présidentielle, le garage du Président et les véhicules blindés, et avaient un accès illimité à ses déplacements et aux personnages clés de son entourage. Des patrouilles de Blancs sont apparues dans les rues de Bangui, et des conseillers d’apparence européenne ont été remarqués dans les unités militaires de la RCA, et pas seulement dans la capitale. Les Français, préoccupés par leur responsabilité historique à l’égard de leurs anciennes colonies, ont commencé à faire retentir la sonnette d’alarme. Et le président Touadéra a fini par tout expliquer.

Son administration a officiellement indiqué qu’il existe désormais « un groupe de forces spéciales russes pour renforcer la sécurité du Président ». Un nouveau poste est apparu dans la structure de l’administration présidentielle – un « directeur de la sécurité » parmi les officiers russes qui est également responsable du travail du « groupe de gardes du corps ». Les Français affirment que ce même officier est aussi  » un intermédiaire clé pour les contacts entre la RCA et la Russie dans le domaine de la défense et de l’économie « .

Déjà le 31 mars, le Président Touadéra a accueilli un défilé des troupes de la première compagnie (200 personnes) de l’armée centrafricaine, qui a été complètement réarmée avec des armes russes, habillé en tenue de camouflage russe, et ce sont également des Russes qui ont commandé le défilé. En général, l’accord sur la modernisation de l’armée de la RCA par la Russie a été conclu en octobre de l’année dernière à Sotchi, où Touadéra s’était rendu. Il avait d’abord demandé de préparer deux bataillons (1 500 personnes) avec des armes de tir, des lance-grenades et des véhicules blindés. A cette fin, il était nécessaire de lever les restrictions de l’ONU sur les livraisons d’armes à la RCA. Un mois plus tard, l’ONU acceptait de lever partiellement ces restrictions pour Moscou, et le 26 janvier, le premier avion de transport militaire Il-76 atterrissait à Bangui.

Les Américains ont été particulièrement mécontents que le Président Touadéra ait ordonné de remettre aux « Russes » les voitures Ford d’état-major que le Pentagone avait précédemment livrées à la RCA comme aide militaire. 1,5 million de dollars sont passés aux mains des Russes, qui  » circulent sans vergogne  » dans ces  » Fords  » à Bangui. Touadéra a ensuite remis le « Palais de Berengo » – l’ancienne résidence du célèbre dictateur Bokassa, abandonnée dans la banlieue de Bangui – aux conseillers militaires russes pour leur logement et en tant que QG.

« On ne peut rien faire. Les Russes attendent une réaction de l’Amérique. De plus, ils utilisent des méthodes que nous n’utilisons pas « , a déclaré un diplomate français anonyme en RCA. « Ils corrompent impudemment tous ceux qui ouvrent leurs portes devant eux ».

 (C’est le comble ! Historiquement, la France ne vivait en RCA que de pots-de-vin – et ces pots-de-vin ont été donnés et pris dans les deux sens. Les Français, soit dit en passant, ont essayé de faire en sorte que leur protégée, la mairesse de Bangui, Catherine Samba-Panzala, devienne la Présidente du pays. Mais en février 2016, le recteur de l’université locale Faustin-Archange Touadéra remporte une victoire décisive aux élections présidentielles, et les Français commencent à partir progressivement vers le Gabon et le Mali).

L’une des principales plaintes des résidents locaux au sujet des parachutistes français concernait leur inutilité complète. Ils ont rapidement pris sous leur contrôle les mines d’uranium diamantifères qui restaient encore formellement dans la concession française, et n’ont rien fait dans les rues de Bangui. Ils ont même commencé à être accusés d’aider au génocide, comparant ce qui s’est passé à Bangui au Rwanda des années auparavant. Et c’est là que « ces Russes » sont apparus.

Jusqu’à présent, il n’y a pas de données sur qui contrôle maintenant les mines de diamants et d’uranium en exploitation. Habituellement, cela se produit plutôt rapidement et sans effusion de sang. Une autre chose est que le contrôle physique des champs et des mines ne signifie pas la transition légale de la propriété. Pour le président Touadéra, l’efficacité des actions du contingent invité à protéger les frontières, à éliminer la menace des groupes musulmans, et le rétablissement définitif de la sécurité sur tout le territoire du pays – à commencer par la capitale – sont plus importants. Et si les Français n’ont pas été capables d’y faire face, alors pourquoi les Russes n’essaieraient-ils pas ?

Mais le récent accord russe avec le Mozambique est resté moins remarqué par les médias occidentaux. Au début, les ministres de la Défense de la Fédération de Russie et du Mozambique ont signé un accord sur l’entrée gratuite des navires de guerre russes dans les ports du Mozambique. En vertu de cet accord, les navires de guerre russes peuvent s’arrêter dans les ports mozambicains selon le schéma simplifié de service et de ravitaillement, qui fait de ce pays sud-africain pratiquement une base de la marine russe. Ce n’est pas, bien sûr, une base à part entière comme l’est celle de Tartous en Syrie, mais ce n’en est pas loin.

Puis (le 22 décembre 2015) un contrat complet de coopération militaro-technique assurant la livraison au Mozambique d’armements russes, d’équipements, ainsi que la formation du personnel a été signé. Et le 28 mai 2018, le ministre des Affaires étrangères du Mozambique, José Pacheco, a déclaré que la nomenclature de ces livraisons était en cours de discussion. « Cet accord dans le domaine militaire fait partie du processus général de lancement des relations bilatérales entre le Mozambique et la Russie », a-t-il noté. « Parmi les priorités figurent la formation et la livraison de différents équipements ». « Nous sommes en train de discuter avec la Russie de questions techniques pour définir exactement ce dont le Mozambique a besoin et comment financer ces achats ».

Le fait que cela se produise dans un pays où il n’y avait même pas de présence soviétique, malgré les tentatives continues de l’URSS pour s’enraciner dans la région de l’Afrique centrale – la République démocratique du Congo – est devenu une percée inattendue. La convention sur la coopération militaire entre Moscou et Kinshasa a été signée en 1999, mais était resté « dans les tiroirs » pour des raisons politiques (l’accord n’est pas entré en vigueur à cause de la position pro-occidentale du gouvernement du Congo).

Et le 27 mai de cette année, la convention a été relancée. Les livraisons d’armes, d’équipements et d’autres équipements spécifiques russes sont incluses dans le nouvel accord. En outre, la présence de conseillers russes et la formation d’experts militaires du Congo en Russie sont prévues. « Aujourd’hui nous sommes dans un nouveau paradigme, dans une impasse avec l’Occident, et puisque la Russie s’intéresse à l’Afrique, nous voyons sa présence en RCA, nous » mettons à neuf « un ancien document », a déclaré un politicien congolais.

Une autre ligne de négociations a lieu avec le Sud-Soudan, pays producteur de pétrole, qui a un besoin urgent de véhicules blindés et d’artillerie lourde, et Djibouti, qui vend en gros et au détail son territoire stratégiquement important pour la construction de bases militaires étrangères.

Les négociations sur la construction d’une base militaire russe près d’une base chinoise déjà en activité et d’une base américaine non loin de là se poursuivent depuis longtemps, mais avaient été interrompues à cause d’une crise financière. Il n’y a en général aucune idéologie dans les actions des autorités de Djibouti – pour elles les bases étrangères ne sont qu’une question de chiffres d’affaires financier. A l’heure actuelle, la Russie souhaite bénéficier d’un accès immédiat à l’aérodrome et au port qui sont déjà en cours de construction sur un terrain ouvert (à la manière djiboutienne, « en plein désert »). Ce sont les Américains qui vivent dans cet aérodrome qui résistent à cette idée, ne voulant pas le partager avec les Russes. Mais les négociations continuent néanmoins.

Les Américains affirment que la pénétration inattendue et massive de la Russie dans le continent noir est le début d’une « bataille pour l’Afrique » à grande échelle, qui, contrairement aux guerres par « proxy » de la guerre froide, utilisera non seulement des méthodes purement armées, mais aussi politico-stratégiques. Ils prétendent qu’un certain « projet africain » russe existe.

Que ce projet existe ou non, il est difficile de le dire. Mais déjà il est possible de prétendre que l’Afrique noire deviendra presque certainement une « zone de compétition » de plus, comme nos partenaires américains aiment à l’appeler ces derniers temps.

 Source : RIA Novosti

Via : https://russia-insider.com/en/politics/russia-squeezing-w...

Traduction : Avic – Réseau International

 

Source : RESEAU INTERNATIONAL

lundi, 09 juillet 2018

CRISE DU PARTI UNIFIE AU PDCI - LA POLITIQUE DU VENTRE VA PERDRE LA COTE D'IVOIRE

 

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C’est hallucinant de voir presque tous les cadres du PDCI en poste dans l’administration, basculer du côté d’Alassane Ouattara, c’est-à-dire du nouveau mouvement créé par le ministre Adjoumani Kobenan Kouassi, « Sur les traces d’Houphouët-Boigny ». Un courant visant selon son auteur, à œuvrer à la mise en place d’un parti unifié du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, RHDP, alors même que son parti, le PDCI, membre de ce groupement politique, « ne permet pas et n’admet pas en son sein des courants formellement constitués ». Et plus, il a déjà clos ce débat à l’occasion du Bureau politique du 17 juin 2018 où, « démocratiquement et souverainement » les militants ont statué sur l’Accord Politique pour la création d’un Parti Unifié dénommé RHDP (…) et il a été demandé « que chacun des militants observe, de façon scrupuleuse, dans la discipline et le respect, les décisions des organes du Parti. » Et la décision majeure, c’était que le PDCI voulait demeurer PDCI et non disparaître et ne parlera de parti unifié qu’après les élections de 2020. Parce que le PDCI aura son candidat à ces joutes.

Mais voilà qu'Adjoumani Kobenan Kouassi, ministre des Ressources animales et halieutiques et ses amis, qui veulent effacer le PDCI, formation mythique d’où est sorti le RDR de Djéni Kobena, au profit du RDR d’Alassane Ouattara, ce dernier candidat présumé à un troisième mandat, créent un courant, pour faire ce que leur parti ne veut pas : "Nous nous engageons à sensibiliser les bases du PDCI pour adhérer au parti unifié", explique Adjoumani le mardi 3 juillet 2018, à l'Ivoire golf-club, à Cocody, au lancement de son mouvement. 

Il s’agit de forcer la main à leur parti ou de le déstabiliser de l’intérieur. Et cela, parce qu’ils veulent faire carrière dans la jouissance étatique grâce à une reconnaissance bien rémunératrice de Ouattara. Et ils étaient nombreux, les ministres PDCI, directeurs, diplomates, etc., à la cérémonie de présentation de « Sur les traces d’Houphouët-Boigny ». Car Ouattara ne cesse d’agiter le spectre d’un remaniement ministériel visant à écarter des éléments qui ne seraient pas favorables au parti unifié, garant de sa longévité à la tête de la Côte d’Ivoire. Alors on renie son parti et on est même prêt à le combattre pour le bonheur de Ouattara qui tient pour l’heure, le cordon de la bourse. Oui, la bourse ! C’est elle qui est si capable de faire perdre son âme à un intellectuel supposé.

Sur les traces de quel Houphouët-Boigny ?

Sur les traces d’Houphouët-Boigny ? Mais sur les traces de quel Houphouët-Boigny ? Quel Houphouët-Boigny n’aurait pas craint de liquider sa propre œuvre, le PDCI-RDA, pour de l’aventure ? Quel Houphouët-Boigny se serait renié aussi aisément ? Quel Houphouët-Boigny se ferait hara-kiri en détruisant sans regret, son instrument de combat historique, qu’il a construit au prix de mille efforts et pendant un demi-siècle ? Sur les traces de quel Houphouët-Boigny Adjoumani prétend être, en semant la zizanie dans sa famille politique ? N’est-ce pas là, une injure à Houphouët-Boigny que de faire croire que le premier Président de la Côte d’Ivoire serait capable d’effacer le PDCI-RDA, l’œuvre de sa vie, héritage de millions de générations, au profit d’Alassane Ouattara ? De quel Houphouët-Boigny parle Kouassi Adjoumani avec une telle légèreté ? On comprend que par ces temps difficiles, l’on peut se tromper de « traces ». Et Adjoumani s’est certainement trompé en prenant les traces d’un caméléon, d’un félon, pour celles d’Houphouët-Boigny, un homme resté constant toute sa vie. La direction du PDCI a bien raison de s’indigner de l’acte de l’ancien porte-parole du président Bédié. 

Les moyens de ses convictions

Voilà l’un des problèmes majeurs que connaît la Côte d’Ivoire ! Des cadres qui, pendant plus de dix ans pour certains, gèrent librement, et même « goulûment » des affaires de l’Etat, mais n’ont pas su épargner ou investir pour financer plus tard leur autonomie, leur fidélité à leur parti et à leurs convictions politiques… Les voilà donc qui chavirent massivement, pour leur confort digestif, sans considérer qu’ils mettent ainsi en difficulté leur président, Henri Konan Bédié. Quand ils agissent ainsi, ne voyant que leurs intérêts matériels, alors que Ouattara, pour lequel ils n’ont plus de lucidité, plonge le pays dans le 36e dessous, que peut-on espérer de cette catégorie de cadres ? Que Ouattara brade la Côte d’Ivoire, qu’il la donne à un franc symbolique à des amis d’ici et d’ailleurs, cela ne les offusque aucunement pas, tant que leurs avantages seront saufs. 


A qui irions-nous donc, comme dirait l’autre, si le pays finance les études de ses enfants pour l’aider à soigner ses intérêts, sauver son honneur, sa souveraineté, assurer son développement et le protéger en toutes circonstances, et qu’au lieu de cela, ceux-ci le trahissent de la sorte ? A qui irions-nous ? 

C’est là, la différence entre les cadres pro-Gbagbo et certains qu’on peut trouver dans tous les partis politiques, citoyens véritablement de conviction, et ces personnes guidées par autre chose : le diktat de la panse. Car ils sont nombreux ces cadres qui, depuis le 11 avril 2011, sont écartés de l’activité rémunératrice, et même jetés en prison ou en exil. Ils sont maltraités, affamés, parce que FPI et/ou pro-Gbagbo, mais ils restent fidèles à leur parti, leurs convictions et leur combat aux côtés de leur leader Laurent Gbagbo.

C’est du côté de cette catégorie de cadres que se trouve l’espoir. Sinon, cette crise du parti unifié à laquelle nous assistons au PDCI-RDA, bâtie autour de la politique du ventre, risque de perdre toute la Côte d’Ivoire.

 

Eugénie Dallo

 

Source : L'Horizon Info

dimanche, 25 février 2018

MUHAMMADU BUHARI: «LES PAYS DE L’UEMOA DOIVENT PRESENTER UNE FEUILLE DE ROUTE CLAIRE SUR LEUR DECONNEXION DU TRESOR FRANÇAIS»

 

 

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Le Nigeria appelle à la prudence sur la proposition d’intégration monétaire de la Cedeao


Loin des annonces vuvuzela et creuses des pays de la zone cfa, le Nigeria pointe du doigt les défaillances et manquements qui font que l’intégration monétaire est très loin de devenir une réalité en Afrique de l’ouest. 

Chijoke Nelson | The Guardian | 22 février 2018


Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a mis en garde les pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) contre le passage à l’intégration monétaire prévue dans la sous-région d’ici 2020.

M. Buhari, qui était représenté par le gouverneur de la Banque centrale du Nigéria (Bcn), Godwin Emefiele, a lancé cet avertissement mardi lors de la cinquième réunion du Groupe de travail présidentiel sur le programme monétaire de la Cedeao à Accra, au Ghana.

Il a noté que les chefs de gouvernement n’avaient pas correctement articulé et analysé l’état de préparation de chaque pays pour l’intégration monétaire d’ici 2020.

Il a réitéré que la non-préparation de certains pays membres, ainsi que la tentative d’édulcorer les critères et les disparités persistantes entre les conditions macroéconomiques des pays de la Cedeao, continuaient d’être des sujets de préoccupation majeure que les membres devaient examiner pour progresser.

Le président a en outre fait observer que les chefs de gouvernement de la Cedeao n’avaient pas été suffisamment informés sur toutes les implications de l’intégration à l’horizon 2020, en particulier concernant certains pays qui ne sont pas prêts individuellement au niveau national.

Tout en soulignant qu’il restait des questions en suspens dans la feuille de route d’une union monétaire intégrée, il a noté que les fondements macro-économiques de nombreux pays de la Cedeao étaient disparates et incertains.

Selon lui, le régime de ciblage de l’inflation recommandé comme cadre n’est pas viable, car il repose sur l’adoption d’un régime de taux de change flexible alors que la convergence réelle est loin d’être réalisée, malgré les efforts déployés jusqu’à présent.

M. Buhari a donc appelé à impulser la ratification et l’intégration, au niveau national, des instruments juridiques et des protocoles connexes, ainsi qu’à l’harmonisation de toutes les politiques fiscales, commerciales et monétaires et des systèmes statistiques, afin de limiter l’ampleur des divergences politiques actuelles.

Il a également conseillé aux pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) de présenter une feuille de route claire sur leur déconnexion du trésor français.

Par ailleurs, le président a appelé à un réexamen de l’approche accélérée de l’intégration monétaire et de l’harmonisation des plans des membres de la Cedeao avec celui du Programme de convergence monétaire de l’Union africaine, qui préconisait un objectif de convergence en 2034 pour la création des Banques centrales régionales dans toutes les sous-régions du continent.

Le dirigeant nigérian a également profité de l’occasion de la réunion pour appeler à la création d’un médiateur ayant le pouvoir d’imposer des sanctions lorsque les pays membres violent les normes, protocoles et critères de convergence convenus.

De même, le président a appelé à la transformation de l’Institut monétaire ouest-africain (Imao) en une Commission de la zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest, équivalente à la commission de l’Uemoa.

Il a souligné que sa proposition de fusionner l’Imao et l’Agence monétaire ouest africaine (Amao) de la Commission de la Cedeao, en un Institut monétaire de la Cedeao serait décisif pour réaliser l’union monétaire dans la sous-région ouest-africaine.

Pour rappel, ici la vidéo du Professeur Mamadou Koulibaly (LIDER) qui, déjà en août 2017, soulignait exactement les mêmes manquements que le président Buhari aujourd’hui.

 

Source : LIDER-CI.ORG

mercredi, 07 février 2018

COTE D'IVOIRE - «MATCH RETOUR», UN TEXTE DE L'ECRIVAIN FRANÇOIS MATTEI

 

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Il sera de toute façon contraint de le faire à l’issue du procès de Laurent Gbagbo, à cause des dégâts irréversibles que cette parodie de justice manigancée par Nicolas Sarkozy aura causés. N’oublions pas qu’à La Haye, et contrairement aux engagements pris par la CPI en mars 2012, les crimes de masse des troupes de Ouattara n’ont jamais été examinés par Fatou Bensouda, sans que les successifs gouvernements français s’en émeuvent. Ce sera donc à Emmanuel Macron d’assumer la catastrophique gestion du dossier ivoirien par Jacques Chirac, François Hollande, et surtout Nicolas Sarkozy depuis plus de quinze ans. Aura-t-il le courage d’en faire l’inventaire, et d’en tirer les leçons ?

Il serait temps, comme le firent il y a longtemps les Anglais, les Portugais, ou les Espagnols, d’établir des relations assainies de tout abus de position avec nos anciennes colonies, indépendantes, depuis près de soixante ans…La France y retrouverait peut-être quelque éclat de sa grandeur passée. A ce titre, le traitement du cas Laurent Gbagbo se présente paradoxalement comme une occasion inespérée.

Sait-on assez qu’en Afrique, le petit frère ne reproche jamais à son aîné d’avoir fauté ? Il ne se venge pas ; le petit s’assoit en face du grand pour continuer à parler, comme avant la faute…Pour un homme politique comme Emmanuel Macron, dont l’avènement a surpris, ce pourrait être l’embryon d’une idée pour continuer à surprendre, et à innover. Cela suppose qu’il connaisse la psychologie africaine, ce qui n’est pas certain, ou qu’on la lui explique un peu.

Sinon, après avoir disparue de la scène internationale au Moyen-Orient, où elle jouait traditionnellement un rôle central, la France risque fort d’être engloutie sous le poids de ses erreurs et de son double jeu en Afrique, en particulier en Côte d’Ivoire. C’est sans doute à La Haye que se joue son avenir sur le continent, à la CPI, où elle l’a l’hypothéqué gravement. Sous le regard intéressé de la Chine, fortement implantée dans ce qui fut jadis le « pré carré » français, et celui de la Russie, qui l’a déjà supplantée en Syrie, et pousse ses pions en Afrique, au Congo, au Cameroun, en Angola. Poutine ne dissimule pas son rêve d’étendre sa présence, en prenant une revanche sur l’Occident, qui stoppa, grâce à une série de coups d’Etat et d’assassinats ciblés, la progression soviétique sur le continent africain dans les années 80 et 90.

A la CPI, sonne le glas de l’échec historique d’une certaine politique étrangère de la France. « Une sorte de Côte d’Ivoire papers ».

Son emprise internationale n’a cessé de rétrécir au fil des entreprises hasardeuses, depuis son alignement exclusif sur les Etats Unis, et des moyens de plus en plus réduits qui ne lui permettent plus depuis longtemps d’assumer des prétentions de grande puissance. De Gaulle a entretenu la fiction de son vivant grâce à sa stature de géant du XXème siècle, et à l’incarnation d’une troisième voie entre les deux grands blocs américain et soviétique, où se reconnaissaient les pays du Tiers monde. Après lui, la France est rentrée dans le rang, dans la crise économique, le chômage, les déficits tous azimuts… Disparaîtra-t-elle un jour complètement de cette Afrique où elle avait fondé son empire, et sa richesse ? C’est probable.

A moins que, par une miraculeuse et soudaine inspiration, elle affronte son passé, et en tire les conclusions. A moins qu’elle aille chercher la clé de sa propre rédemption dans la cellule de celui qu’elle y a jeté, à Scheveningen, 32, Pompstationweg, dans la banlieue de La Haye. Elle a taillé sur mesure, bien involontairement, une statue du Commandeur à Laurent Gbagbo. Les Afrikaners, tenants blancs de l’Apartheid en Afrique du sud, qui ont d’abord traité Nelson Mandela comme un terroriste, et l’ont maintenu en détention pendant 27 ans, en firent leur président, et une icône mondiale, en lui ouvrant les portes du pénitencier de Robben Island. Ils sauvèrent ainsi la face, leurs intérêts, et leur avenir. Ce fut un exemple africain de solution à une impasse historique d’origine coloniale apparemment sans issue. Plus récemment, le gouvernement belge a présenté des excuses officielles pour la responsabilité de Bruxelles dans l’assassinat de Patrice Lumumba, au Congo, en 1961. D’autres discours et d’autres scénarii plus adéquats sont à inventer dans le cas de la Côte d’Ivoire. Sans attendre 50 ans pour sortir du déni, et voir un président, en l’occurrence Jacques Chirac en 1995, venir reconnaître un crime d’Etat, celui de la participation à la déportation des juifs de France entre 1942 et 1944…Tout est toujours possible: de manière assez surprenante pour un farouche adversaire de la « repentance »- appellation contrôlée caractérisant ceux qui refusent d’admettre et de reconnaître leurs crimes -avec beaucoup de culot, et autant de cynisme, Nicolas Sarkozy a souligné à Kigali, il y a quelques jours, les « erreurs de la France » au moment du génocide du Rwanda en 1994.

Précisons qu’il accusait ainsi François Mitterrand, au pouvoir à l’époque…

En 2011, le même Sarkozy s’étant engagé dans une sinistre confrontation France-Côte d’Ivoire, s’était cru qualifié en gagnant le « match aller » et en faisant tomber Gbagbo. Alors qu’il a peut-être disqualifié Macron, pour le match retour » que la France est en train de perdre à La Haye en 2018.

A moins qu’avec un peu de courage, de panache, et une intelligence unanimement reconnue, l’actuel locataire de l’Elysée vienne refonder la relation africaine sur de nouvelles bases. N’est-ce pas là le véritable intérêt de la France? Une nouvelle vision d’avenir est à ce prix, car il y aura bien sûr un avant, et un après La Haye.

En Côte d’Ivoire, l’histoire est en marche, et l’horizon de l’après Ouattara n’est pas engageant : les rivalités entre Guillaume Soro, Ahmed Bakayoko, et Alassane Ouattara, chacun possédant sa milice armée, font craindre une nouvelle guerre civile. Avec un Henri Konan Bédié prêt à jouer sa carte personnelle dans le chaos. Et un Laurent Gbagbo, resurgi de l’enfer en héros.

 

Source : JOURNAL D'AFRIQUE, FEVRIER 2018