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lundi, 08 décembre 2014

TELECHARGEZ «REGARDS CROISES», VOTRE BLOG PREFERE: MISE A JOUR DU 7 DECEMBRE 2014

 

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DINDE Fernand AGBO

dimanche, 07 décembre 2014

14 PAYS AFRICAINS CONTRAINTS PAR LA FRANCE A PAYER L’IMPOT COLONIAL

 

FOCCART ET HOUPHOUET-BOIGNY.jpg

Foccart & Houphouet-Boigny, les pères fondateurs de la françafrique

 

Le saviez-vous? 14 pays africains contraints par la France à payer l’impôt colonial pour les “avantages” de l’esclavage et de la colonisation

 

Le saviez-vous ? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance !

Lorsque Sékou Touré de Guinée décida en 1958 de sortir de l’empire colonial français, et opta alors pour l’indépendance du pays, l’élite coloniale française à Paris était s’est indignée, et dans un acte de fureur historique, demanda à son administration alors en place en Guinée de détruire, dans tout le pays, ce qui représentait, à leur yeux, les avantages de la colonisation française.

Trois mille Français quittèrent le pays, en prenant tous leurs biens et détruisant tout ce qui ne pouvait être déplacé : les écoles, les crèches, les bâtiments de l’administration publique furent détruits, les voitures, les livres, les médicaments, les instruments de l’institut de recherche, les tracteurs ont été écrasés et sabotés ; les chevaux, les vaches dans les fermes ont été tués, et les nourritures entreposées furent brûlées ou empoisonnées.

Le but de cet acte scandaleux était bien évidemment, d’envoyer un message clair à tous les autres colonies sur les conséquences du rejet de la France.

Le fait est que peu à peu, la peur s’empara des Élites Africaines, et après ces événements aucun autre pays ne trouva jamais le courage de suivre l’exemple de Sékou Touré, dont le slogan était :

Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage”.

Pour les pays nouvellement indépendants il fallut trouver des compromis avec la France. Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo, un petit pays d’ Afrique de l’Ouest, trouva une solution susceptible de calmer les Français :

Ne voulant pas continuer à subir une domination française, il refusa de signer le pacte colonisation proposé par De Gaule, mais accepta en contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation française.

Ce furent les seules conditions de la France pour ne pas détruire le pays avant de partir. Toutefois, le montant estimé par la France était si grand que le remboursement de la soi-disant « dette coloniale » était proche de 40% du budget du pays en 1963.

Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale le FCFA ( franc des colonies françaises d’Afrique ), et créa la monnaie du pays.

Le 13 Janvier 1963, trois jours après , qu’il ai commencé à imprimer les nouveaux billets, une escouade de soldats (soutenus par la France) s’empara et tua le premier président élu de l’Afrique indépendante : Olympio fut exécuté par un ex Légionnaire français, le sergent de l’armée Etienne Gnassingbé qui, au passage, reçu à ce moment une prime de 612 dollars de l’ambassade française locale pour le succès de sa mission.

Le rêve de Olympio était de construire un pays indépendant et autonome. Mais l’idée ne correspondait pas aux volontés françaises.

Le 30 Juin 1962, Modibo Keita, le premier président de la République du Mali, décida également de se retirer du système monétaire FCFA (imposé à 12 pays africains nouvellement indépendants).

En effet, pour le président malien, qui se penchait plus vers une économie socialiste, il était clair que la colonisation qui perdurait avec ce pacte avec la France, devenait un piège, un fardeau pour le développement du pays.

Le 19 Novembre 1968, comme, Olympio, Keita sera victime d’un coup d’état mené par un autre ex légionnaire français des Affaires étrangères, le lieutenant Moussa Traoré.

De fait, durant cette période turbulente où l’Afrique combattait à se libérer du joug de la colonisation européenne, la France usera à nombreuse reprises de mercenaire anciennement affiliés à la légion étrangère pour réaliser des opérations coup de poings contre les présidents nouvellement élus :

- Au 1er Janvier 1966, Jean- Bedel Bokassa, ex légionnaire français, portait un coup d’état contre David Dacko, le premier président de la République centrafricaine.

- Le 3 Janvier 1966, Maurice Yaméogo, le premier président de la République de Haute-Volta, aujourd’hui appelé Burkina Faso, a été victime d’un coup porté par Aboubacar Sangoulé Lamizana, un ex légionnaire français qui a combattu avec les troupes françaises en Indonésie et en Algérie contre ces pays l’indépendance

- Le 26 Octobre 1972 Mathieu Kérékou qui était un garde de sécurité au président Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, a porté un coup d’état contre le président, après avoir fréquenté les écoles militaires françaises de 1968 à 1970.

En fait, au cours des 50 dernières années, un total de 67 coups état qui se sont passés dans 26 pays en Afrique, 16 de ces pays sont des ex-colonies françaises, ce qui signifie que 61% des coups d’états en Afrique ont été initiés dans d’anciennes colonies françaises.

Nombre de Coups en Afrique par pays :

Comme ces chiffres le démontrent, la France est tout à fait désespérée, mais active à conserver une forte emprise sur ses colonies peu importe comment, peu importe le prix.

En Mars 2008, l’ancien président français Jacques Chirac a déclaré :

« Sans l’Afrique, la France va glisser vers le bas dans le rang de troisième puissance [ du monde ]  »

Le prédécesseur de Jacques Chirac François Mitterrand déjà prophétisé en 1957 que :

« Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’ histoire au 21e siècle »

En ce moment même où j’écris cet article , 14 pays africains sont obligés par la France , à travers le pacte colonial , de mettre 85% de leurs réserves à la banque centrale de France sous le contrôle du ministère des finances français. Jusqu’à maintenant , en 2014, le Togo et environ 13 autres pays africains doivent encore payer la dette coloniale en France. Les dirigeants africains qui refusent sont tués ou victimes de coup d’état . Ceux qui obéissent sont soutenus et récompensés par la France grâce à style de vie somptueux, tandis que leurs populations endurent la misère et le désespoir.

Un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Nous accusons souvent les dirigeants africains de corruption et de servir les intérêts des nations occidentales, mais il y a une explication claire de ce comportement . Ils se comportent ainsi parce qu’ils ont peur d’être tués ou d’être la victime d’un coup d’état. Ils veulent s’allier à une nation puissante pour se sauvegarder en cas d’agression ou de difficultés. Mais, contrairement à une protection amicale, la protection de l’Ouest est souvent offert en échange du renoncement à servir leur propre peuple ou les intérêts des nations.

Les dirigeants africains travailleraient dans l’intérêt de leur peuple s’ils n’étaient pas constamment harcelés et intimidés par les pays coloniaux.

En 1958 , effrayé des conséquences de son choix d’indépendance face à la France , Léopold Sédar Senghor a déclaré : « Le choix du peuple sénégalais, c’est l’indépendance, ils veulent qu’elle ait lieu seulement dans l’amitié avec la France , pas en litige. »

Dès lors la France a accepté qu’une « indépendance sur le papier » pour ses colonies , mais a signé en parallèle des ” accords de coopération “, précisant la nature de leurs relations avec la France, en particulier les attaches envers la monnaie ( le Franc ), le système éducatif français, les ententes militaires et les préférences commerciales.

Voici les 11 principales composantes de la poursuite du pacte de colonisation depuis les années 1950 :

 

1 . La dette coloniale pour les avantages de la France colonisation

Les pays nouvellement « indépendants » doivent payer pour l’infrastructure construite par la France dans le pays pendant la colonisation.

Je dois encore trouver les détails sur les montants, l’évaluation des avantages coloniaux et les conditions de paiement imposées aux pays africains, mais nous y travaillons ( nous aider avec des informations ).

 

2 . Confiscation automatique des réserves nationales

Les pays africains doivent déposer leurs réserves monétaires nationales en France à la banque centrale.

La France a tenu des réserves nationales de quatorze pays africains depuis 1961 : Bénin, Burkina Faso, Guinée- Bissau, Côte-d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo -Brazzaville, la Guinée équatoriale et le Gabon.

La politique monétaire régissant un tel regroupement diversifié de pays est simple car il est, géré par le Trésor français , sans en référer aux autorités fiscales centrales comme l’UEMOA ou de la CEMAC. Selon les termes de l’accord qui a été mis en place par la banque centrale du CFA, chaque Banque centrale de chaque pays africain est obligée de garder au moins 65% de ses réserves de change dans un « compte d’opérations » tenu au Trésor français, ainsi qu’un autre 20 % pour couvrir les passifs financiers.

Les banques centrales CFA imposent aussi un plafond sur le crédit accordé à chaque pays membre à l’équivalent de 20 % des recettes publiques de ce pays sur l’année précédente. Même si la BEAC et la BCEAO ont une facilité de découvert auprès du Trésor français, les traites sur les facilités de découvert sont sous réserve du consentement du Trésor français. Le dernier mot est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.

En bref , plus de 80% des réserves de change de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français. Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n’ont pas de politiques monétaires propres. Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenues par le Trésor français leur appartient en tant que groupe ou individuellement.

Les gains de l’investissement de ces fonds du Trésor français sont censés être ajouté à la réserve de change, mais il n’y a pas de comptabilité transmise aux banques ou aux pays, ni les détails de ces modifications.

« Seul un groupe restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français connaissent les montants figurant dans les « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; si il y a un bénéfice sur ces investissements ; ils ont interdiction de divulguer ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des états africains. »

écrit le Dr Gary K. Busch

Il est estimé que la France gère près de 500 milliards d’argent africain dans sa trésorerie, et ne fait rien pour mettre un peu de lumière sur ce côté sombre de l’ancien empire.

La finalité reste : Les pays africains n’ont pas accès à cet argent.

La France leur permet d’accéder à seulement 15% de leur argent par an. S’ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argents détenu au Trésor français.

Pour rendre les choses plus tragiques, la France impose un plafond sur le montant de l’argent que les pays peuvent emprunter à la réserve. Le plafond est fixé à 20 % de leurs recettes publiques de l’année précédente. Si les pays ont besoin d’emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France a un droit de veto.

L’ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l’argent des pays africains dans les banques en France. Voici une vidéo qui parle du système d’exploitation français. Voici une courte transcription de l’extrait : “Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’une grande partie de l’argent dans nos banques viennent précisément de l’exploitation du continent africain”.


 

3 . Droit de priorité sur toute ressource brute ou naturel découvert dans le pays

La France a la priorité en matière d’achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex-colonies. C’est seulement un refus de celle-ci que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires.

 

4 . Priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et constructions publiques

Dans l’attribution des marchés publics , les entreprises françaises doivent être considérées en premier lieu, et seulement après les marché étrangers sont considérés. Le fait que les pays africains pourraient obtenir une meilleure offres financière ailleurs n’est pas prit en compte.

En conséquence, dans la plupart des ex-colonies françaises, toutes les plus grosses compagnies et acteurs économiques sont dans la main des expatriés français. En Côte d’Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. Idem dans le commerce, la construction et l’agriculture.

En fin de compte, comme je l’ai écrit dans un précédent article, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens !

 

5 . Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des pays

Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les « accords de défense » attachés au pacte colonial, les africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs de formation en France ou dans des infrastructures militaires françaises.

La situation sur le continent est telle que la France a formé et nourri des centaines, voire des milliers de traîtres. Ils sont en sommeil tant qu’ils ne sont pas nécessaires, et activés en cas de besoin pour un coup d’état ou à d’autres fins !

 

6 . Droit pour la France de pré-déployer des troupes et intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts

Sous la dénomination « Accords de défense » attachés au pacte colonial. La France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans des bases et installations militaires, entièrement géré par les Français.

Les bases militaires françaises en Afrique

Lorsque le président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire a tenté de mettre fin à l’exploitation française du pays, la France a organisé un coup d’état. Durant le long processus pour chasser Gbagbo du pouvoir, les tanks français, les hélicoptères de combat et les forces spéciales sont intervenues directement dans le conflit, ont tiré sur des civils et tué beaucoup d’entre eux.

Pour ajouter l’injure à l’insulte, la France estime que la communauté d’affaires française a perdu alors plusieurs millions de dollars lors de la ruée pour quitter Abidjan en 2006 (où l’armée française a massacré 65 civils non armés et blessé 1200 autres.)

Après la réussite du coup d’état par la France, et le transfère de pouvoir à Alassane Ouattara, la France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté d’affaires française pour les pertes pendant la guerre civile.

Du fait, le gouvernement Ouattara leur a payé le double de ce qu’ils ont dit qu’ils avaient perdu en quittant.

 

7 . Obligation de faire du français la langue officielle du pays et de la langue pour l’éducation

Oui, monsieur. Vous Devez parler français, la langue de Molière ! La langue française et une organisation de la diffusion de la culture a été créé. Appelé « Francophonie » qui regroupe avec plusieurs branches et organisations affiliées toutes contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères.

Comme démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous auriez accès à moins de 4% de la connaissance de l’humanité et des idées. C’est très limitant.

 

8 . Obligation d’utiliser la l’argent de la France coloniale le F CFA

C’est la véritable vache à lait pour la France, un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Lors de l’introduction de la monnaie euro en Europe, d’autres pays européens ont découvert le système d’exploitation français . Beaucoup, en particulier les pays nordiques, ont été consternés et ont suggéré à la France se débarrasser du système, mais sans succès.

 

9 . Obligation d’envoyer le rapport annuel France du solde et de réserve

Sans le rapport, pas d’argent. Quoi qu’il en soit le secrétaire des banques centrales des ex- colonies, et le secrétaire de la réunion bi-annuelle des ministres des Finances des ex- colonies est effectué par la France banque centrale / du Trésor.

 

10 . Renonciation à entrer en alliance militaire avec tout autre pays , sauf autorisation par la France

Les Pays africains en général sont ceux avec le moins d’alliance militaires inter-etat. La plupart des pays ne disposent que d’alliances militaires avec leurs ex-colonisateurs ! (drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux !).

Dans les cas où ils souhaiteraient une autre alliance, la France les gardent bien de le faire.

 

11 . Obligation de s’allier avec la France en situation de guerre ou de crise mondiale

Plus d’un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.

Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée, mais quand vous pensez que cela a pris seulement 6 semaines pour l’Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient être utiles pour conserver la « Grandeur de la France » à l’avenir.

Il y a quelque chose de quasiment psychopathe dans la relation de la France avec l’Afrique.

Tout d’abord, la France est gravement accro au pillage et à l’exploitation de l’Afrique depuis l’époque de l’esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de la créativité et de l’imagination de l’élite française à penser au-delà du passé et de la tradition.

Enfin, la France dispose de 2 institutions qui sont complètement gelées dans le passé , habitées par des paranoïaques et psychopathes ” les hauts fonctionnaires” qui répandent la crainte l’apocalypse si la France devait être amenée à changer, et dont la référence idéologique vient toujours du romantisme du 19ème siècle. Ils sont : le ministre de la Finances et du Budget de la France et le ministre des affaires étrangères de la France.

Ces deux institutions ne sont pas seulement une menace pour l’Afrique, mais pour les Français eux-mêmes.

C’est à nous que revient de libérer l’Afrique, sans demander la permission, parce que je ne peux toujours pas comprendre par exemple comment 450 soldats français en Côte d’Ivoire pourraient contrôler une population de 20 millions de personnes ?

La première réaction des personnes lorsqu’ils apprennent l’existence de l’impôt colonial français est souvent une question : « Jusqu’à quand ? »

A titre de comparaison historique, la France a fait payer à Haïti l’équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 (près d’un siècle et demi) pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français suite à l’ abolition de l’esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.

Les Pays africains paient la taxe coloniale depuis les 50 dernières années, donc je pense un siècle de paiement pourrait être de trop.

 

Mawuna Remarque Koutonin

05.02.14

siliconafrica.com

Article original : http://www.siliconafrica.com/france...

Traduit par l’équipe communication du Collectif Map

http://www.alger-republicain.com/article1779.html

lundi, 10 novembre 2014

BURKINA FASO: «UN PEUPLE EN ETAT DE REVOLUTION EST INVINCIBLE!»

 

BURKINA FASO. CHUTE DE BLAISE COMPAORE 3.jpg

Célébration populaire suite au départ de l’ancien président (Burkina Faso, 31/10/14, AFP / Issouf Sanog)

 

Le mot, si juste et de grande vérité, est de Maximin Isnard, député girondin et régicide, génie violent, orageux, incompressible (Charles Nodier) et l’un des plus grands tribuns, sous la Révolution française.

 J’étais à Dakar, le 23 juin 2011, témoin oculaire, lorsque, dans une immense clameur de protestation, refusant le projet de modification de la Constitution, le peuple sénégalais s’emparait de la rue et incendiait les bâtiments publics. J’étais avec mon ami Jean-Pierre Pierre-Bloch, grand soutien du mouvement « Y’en a marre », m’avoua-t-il. Le président de la République, Abdoulaye Wade, avocat de métier mais oublieux du droit fondamental, fut ainsi contraint d’abolir son projet d’éternité au pouvoir. Moins d’un an plus tard, le 25 mars 2012, il perdait les élections présidentielles. Comme Jean-Pierre Pierre-Bloch me l’avait prédit.

Les gouvernements, dit Hegel, ne tirent jamais les leçons de l’histoire. En effet, à quelques nuances près, c’est le schéma sénégalais du 23 juin 2011 qui vient d’avoir lieu au Burkina Faso, avec la fuite précipitée de Blaise Compaoré, inébranlable disait-on, au pouvoir depuis 27 ans et quasi déterminé à s’éterniser en modifiant l’article 37 de la Constitution.

Le temps, selon Saint Augustin, est une distorsion de l’âme au sens où le passé est déterminé par la mémoire, le présent par l’attention et le futur par l’attente. Certes. Mais la volonté d’étirer le temps contre toute raison, c’est-à-dire indéfiniment, est une forte maladie de l’âme, une fièvre brûlante de l’esprit. À cet égard, il est insupportable et tout à fait incompréhensible qu’un nombre significatif de présidents africains n’envisagent le pouvoir que comme éternité. Étrange conception du temps et ridicule « conatus » ! Bien évidemment, il ne s’agit que de fausse éternité. Car tout Présidence absolue est une « vanité », qui finit toujours comme un « fétu de paille » emporté par les vents.

Nous ne cessons de le dire, les crises africaines tiennent, en grande partie, au système présidentiel hérité de la colonisation. Le remède à ce mal, c’est le régime parlementaire. C’est ce qui prévaut au Cap Vert, où les prérogatives essentielles sont entre les mains du Premier ministre qui tire sa légitimité du Parlement et sa force du suffrage législatif. En Afrique, le régime parlementaire est un des facteurs déterminants de la bonne gouvernance et source du développement. L’Afrique ne s’en sortira que si y prédomine le système parlementaire.

En attendant cela, demandons-nous comment finissent les pouvoirs « éternels ». Toujours subitement, l’espace d’un ouragan urbain et/ou d’un éclair rural. Un hurlement de colère populaire longtemps contenu, et tout leur pouvoir s’effondre. La fuite est alors le salut. Celle de Zine el Abidine Ben Ali, ex-président de la Tunisie, le 14 janvier 2011, est un modèle du genre dans tout ce qu’une fuite a de burlesque : une échappée aérienne tournant au périple. Celle d’Amadou Toumani Touré, ex-président du Mali, le 22 mars 2012, est hilarante : une fuite à dos d’homme. Qui ne se souvient de la fuite de Mobutu Sese Seko, quittant Kinshasa avec un long convoi de véhicules roulant à vive allure, le 16 mai 1997, pour se rendre à Gbadolite et, de là, au Togo puis au Maroc où il décèdera. Cette fuite contraste singulièrement avec sa prise de pouvoir le 24 novembre 1965.

Patrice Lumumba a su mourir, fier et digne. Amilcar Cabral n’a pas tremblé, à l’instant de son assassinat. Thomas Sankara préméditait sa mort et taquinait son épouse en l’appelant « ma veuve ». Les héros ne fuient pas l’ultime échéance. Pour eux, comme l’enseigne les Stoïciens, la mort est un croquemitaine. Savoir mourir, c’est que ne savent pas les despotes. La crainte qu’ils inspirent a pour corollaire la fuite, dès lors que les vents tournent. Mais pour « tomber » telle une « douille vide », il faut que le dictat du président-éternel ait déjà perdu toute sa substance, à savoir la crainte qu’il suscite (la crainte est, selon Montesquieu, le principe du despotisme) et qu’il se soit vidé de son sens, c’est-à-dire la croissance (économique) et l’unité (nationale), motifs pour lesquels leur despotisme était toléré.

Dans son 18 Brumaire, Marx a admirablement décrit la dialectique des événements qui, en France, a conduit au fameux coup d’état de Louis Napoléon. L’ouvrage, de facture hégélienne, saisit sur le vif l’enchevêtrement des faits de l’actualité et est un modèle d’analyse. S’agissant du Burkina Faso, la chute de Blaise Compaoré apparaît comme le résultat d’une dialectique entre six facteurs principaux qui se classent en deux types de causes, externes et internes. Dans le registre des causes internes, il y a trois facteurs. Le premier est le péché originel du régime Compaoré : le coup d’état du 15 octobre 1987 qui verra l’assassinat du charismatique Thomas Sankara, assassinat aggravé par une suite d’atroces guerres civiles (Sierra Léone, Libéria, etc.), de coups d’État, de déstabilisations et de meurtres, dont celui du journaliste d’investigation Norbert Zongo (13 décembre 1998) à propos duquel François Compaoré, le frère du Président, est soupçonné être le commanditaire. Ces grands assassinats, qui scandent la vie politique du Burkina Faso (post-sankariste), ont hanté les consciences au-delà même du Burkina Faso. Je me souviens encore du récit détaillé que me fit João-Bernardino Vieira, ancien président de la République de Guinée-Bissau, de l’accueil fort hostile que les Présidents africains réservèrent à Blaise Compaoré lors de sa première participation à une rencontre de chefs d’États. C’est João-Bernardino Vieira qui, pour décrisper l’atmosphère pesante, prit Blaise Compaoré par la main, et calmant ses pairs, l’amena leur dire bonjour. Et, profitant de la bonne volonté de João-Bernardino Vieira, Blaise Compaoré formula sa demande d’effectuer sa première visite officielle en Guinée-Bissau, et ce pour amorcer la reconnaissance de son régime. João-Bernardino Vieira estima qu’il ne fut pas payé de gratitude, lorsqu’il découvrit, me dit-il, que Blaise Compaoré était impliqué dans le coup d’État qui le renversera en 1998.

En tous les cas, nul ne comprend le vieux ressentiment à l’encontre de Blaise Compaoré, un sentiment encore très vif aujourd’hui, sans le rappel de tels faits et situations. Ce péché originel (assassinat de Th. Sankara) et son implication (supposée ou réelle) dans certains drames en Afrique de l’ouest, le suivront jusqu’à son renversement. Le deuxième facteur, classique celui-là, relève de l’usure normale du pouvoir, par le double effet de la longue durée au pouvoir et la concentration de l’autorité publique entre les mains de Blaise Compaoré. C’est ce qu’exprime la tranche d’âge des 15 – 30 ans, cœur de la jeunesse burkinabé, lorsqu’elle clame n’avoir connu d’autre Président que lui, exprimant, en creux, l’exigence démocratique d’alternance. Le troisième facteur concerne la gestion de la chose publique, telle que profondément détériorée par le népotisme, la corruption, la mauvaise gouvernance, la gabegie, la non-redistribution des richesses du PIB dont la croissance annuelle à 7% ne profitait qu’à quelques familles. Cette croissance-là n’a aucun sens.

Au fil des ans, ces trois facteurs (assassinats politiques et déstabilisations des voisins, usure du pouvoir et mauvaise gouvernance) sont devenus d’autant moins acceptables que Blaise Compaoré avait perdu de son aura à l’étranger (retrait de Jacques Chirac de la vie politique) et son influence géopolitique avait quasiment disparue. En effet, avec l’entrée en guerre directe de la France au Mali contre la menace djihadiste (Opération Serval, 11 janvier 2013), avec la fin du régime du Guide libyen, avec la reprise en main par Alger des pourparlers entre l’État malien et les autonomistes du nord Mali, avec l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire, Blaise Compaoré, affaibli en matière de politique étrangère, n’offrait plus d’utilité historique. Car, le réchauffement des liens entre la France et l’Algérie, après la victoire de François Hollande aux présidentielles de mai 2012, les deux pays se sont répartis les grands rôles en Afrique de l’ouest : pour la France, les épreuves de guerre, pour l’Algérie, les tâches diplomatiques, notamment dans la grave crise malienne. Ainsi les « Accords de Ouagadougou », devenues obsolètes et caduques, ont-ils été relégués et supplantés, de facto, par les « pourparlers d’Alger ». Dans cette division du travail militaro-diplomatique, il ne faut pas oublier que les initiatives économiques ont été dévolues au Maroc. C’est parce qu’il n’a pas saisi cette division du travail que Blaise Compaoré n’a pas compris la subtilité de l’avertissement épistolaire que lui avait adressée François Hollande le 7 octobre dernier . La « porte de sortie » que le Président français lui proposait, en relation à la crise malienne, cela signifie qu’il devait impérativement quitter le pouvoir au terme de son dernier mandat, sinon…

Bref, c’est la conjugaison de ces trois causes internes et de ces trois causes externes mentionnées, et dont le peule et l’opposition burkinabés avaient une claire conscience, qui a fait « tomber » si facilement, trop rapidement Blaise Compaoré. L’Histoire, ne l’oublions pas, est un tribunal implacable. Le destin, dit Hegel, c’est la conscience de soi comme étant son propre adversaire. En n’écoutant que lui-même, Blaise Compaoré s’est fait l’auteur de son propre destin : la fuite.

Mais ce destin était prévisible. Il n’était point besoin d’être grand clerc pour l’apercevoir. Ainsi, le 30 septembre dernier, échangeant quelques considérations politiques sur la situation de son pays avec un jeune Burkinabé, dont les termes sont en partie rapportés ci-dessous :
-    L. : « Il [Blaise] reprend ainsi l’initiative et inhibe un soulèvement.
-    PFT : Oui. Mais je ne crois pas que l’opposition se fasse enfarinée.
-    L. : La révision des constitutions est à l’ordre du jour.
-    PFT : Oui, je suis un peu cela. Mais à mon avis les choses vont se compliquer pour les révisions. C’est la rue qui décidera, en dernier ressort. »

Les pays africains, dussions-nous le répéter, s’ils veulent se développer et créer de véritables nations n’ont d’autre choix que le système parlementaire. L’Armée n’est pas une issue, y compris au Burkina Faso. Telle est la grande leçon que nous devons tirer de la chute de Blaise Compaoré, si tant est qu’on puisse tirer des leçons de l’histoire. Tout le pouvoir au Parlement.

MAXIMIN ISNARD.jpg

Maximin Isnard (D.R)

Car un vieux souvenir français habite le Burkina Faso : « un peuple en état de révolution est invincible  ».

 

Par , le Lundi 10 novembre 2014

 
Source: PFTAVARES.FR

TELECHARGEZ «REGARDS CROISES», VOTRE BLOG PREFERE: MISE A JOUR DU 10 NOVEMBRE 2014

 

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Statistiques du blog pour le mois d'OCTOBRE 2014: 27.182 visiteurs uniques, 53.484 visites et 260.874 pages vues. Pages par jour (Moyenne/Maximum): 8.415/10.837 et Visites par jour (Moyenne/Maximum): 1.725/2.192.
 
 
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3- Une fois l'opération effectuée, vous allez vous retrouver avec deux nouveaux documents, dans le dossier ou le périphérique d'accueil que vous aurez choisi: un dossier (jaune) «regardscroises» et un fichier «index.html»). Votre extraction est donc achevée. Faire alors un double-clique dans le fichier «index.html». Vous découvrirez avec émerveillement votre blog préféré Regards Croisés dans toute sa splendeur (seuls quelques fichiers ne seront pas actifs parce que hors connexion)! Bonne lecture!
 
 
DINDE Fernand AGBO

dimanche, 09 novembre 2014

COMPROMISE PAR SON SOUTIEN A COMPAORE, LA FRANCE DOIT TIRER LES LEÇONS DE LA REVOLTE BURKINABE

 

BURKINA FASO. CHUTE DE BLAISE COMPAORE.jpg

 

Une semaine après la chute du président burkinabè Blaise Compaoré, des zones d’ombre commencent à se dissiper sur le rôle de protection du régime joué jusqu’au bout par la diplomatie française, fidèle à sa tradition françafricaine et une nouvelle fois à contre-pied de l’Histoire. Ce soutien est allé jusqu’à l’exfiltration de Blaise Compaoré, le soustrayant de fait à la justice de son pays.

Après avoir longtemps qualifié les relations franco-bukinabè d’"excellentes" (à l’instar de Laurent Fabius, en visite à Ouagadougou le 27 juillet 2012), la France n’a pris que très tard la mesure du mouvement de fond à l’œuvre depuis des mois au sein de la société civile burkinabè.

Dans une lettre à Compaoré datée du 7 octobre 2014, François Hollande se contentait de proposer comme solution de sortie un poste dans une organisation internationale (probablement l’Organisation Internationale de la Francophonie) à un président burkinabè toujours considéré comme "fréquentable" quelques jours avant sa sortie précipitée. Le parallèle avec la chute du tunisien Ben Ali, en janvier 2011, montre combien la France n’a pas su tirer les leçons de ses erreurs et continue à s’enfermer dans le soutien à des régimes dictatoriaux au nom de la "stabilité".

L’embarras et les compromissions de la diplomatie française ont été manifestes dans les jours précédant et suivant la chute du despote avec les postures embarrassées d’un ministre des Affaires étrangères français se contentant dans un premier temps d’un pusillanime appel au calme et à la protection des ressortissants, et de personnalités politiques telles que le député socialiste François Loncle, défendant en pleine crise le bilan du dictateur burkinabè face aux médias.

Auparavant, l’ambassadeur de France au Burkina, militaire de carrière comme son prédécesseur, s’était invité dans plusieurs réunions auprès des différents protagonistes du soulèvement, alimentant l’idée qu’il y défendait le plan de transition de Compaoré, selon lequel le dictateur devait se maintenir au pouvoir le temps de passer la main, quand la foule et l’opposition exigeaient un départ immédiat. Une ingérence scandaleuse de la part de la diplomatie du pays qui a le plus soutenu Compaoré au cours des 27 ans de son régime.

Ce qui est désormais avéré, c’est le rôle actif de la France dans la fuite de Blaise Compaoré.

Après avoir louvoyé en expliquant que la France avait joué un rôle dans son exfiltration, mais « sans y participer » [1], François Hollande a fini par reconnaître son mensonge en confirmant les informations de Jeune Afrique selon lesquelles le dictateur burkinabè a bien été emmené en Côte d’Ivoire par un hélicoptère puis un avion des forces françaises. Plus inquiétant, les propos de François Hollande sur les conditions de l’exfiltration de Compaoré, « il y a eu des attaques, il y a eu des réponses » sous-entendent la possibilité d’un engagement armé des militaires français. Si le président français assure avoir agi pour une évacuation « sans drame », en confiant Compaoré à un régime ivoirien "ami" peu enclin à l’extrader, il lui a surtout permis de se soustraire à d’éventuelles poursuites judiciaires au Burkina Faso, notamment pour son rôle dans des assassinats politiques comme ceux de Thomas Sankara et du journaliste Norbert Zongo ou dans la mort de manifestants burkinabè lors du soulèvement de ces derniers jours. Indispensable, la tenue d’un procès du despote burkinabè permettrait d’en savoir davantage sur les soutiens multiformes dont il a bénéficié de la part de la France depuis sa prise de pouvoir dans le sang en 1987.

Entièrement consacrée au repositionnement de l’armée française dans le Sahel (opération Serval, Barkhane), dont le Burkina est aujourd’hui un point stratégique, la France a négligé une nouvelle fois les aspirations démocratiques des populations des États qui soutiennent cette entreprise militaire. Le scénario surprise burkinabè pourrait, aujourd’hui ou demain, se reproduire au Tchad, au Cameroun, au Congo Brazzaville, au Gabon, au Togo et dans de nombreux autres pays, et prendre à nouveau de cours des autorités françaises qui ne manquent pourtant pas d’informations sur la nature de ces régimes et l’exaspération de ceux qui les subissent.

L’association Survie :

  • Demande aux autorités françaises, de cesser toute forme de soutien aux dictateurs et aux familles qui s’accrochent au pouvoir : Idriss Déby au Tchad, Sassou N’Guesso au Congo Brazzaville, Paul Biya au Cameroun, Ali Bongo au Gabon, Faure Gnassingbé au Togo, Joseph Kabila en République Démocratique du Congo, Teodoro Obiang Nguema en Guinée Equatoriale, etc.
  • Soutient le rassemblement organisé le samedi 8 novembre à 15h devant l’Ambassade du Burkina Faso à Paris
  • Soutient la demande de commission d’enquête parlementaire sur le rôle des autorités françaises dans l’assassinat de Thomas Sankara formulée par la campagne Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique et déposée sans suite favorable en 2011 et 2013 par les députés du Front de Gauche et d’E.E.L.V.
  • Dénonce la protection contre des poursuites judiciaires dont bénéficie de facto Compaoré en Côte d’Ivoire et rappelle l’exigence de justice pour toutes les victimes des guerres régionales, des assassinats et des crimes économiques de Blaise Compaoré et de la Françafrique
  • Demande la démission de François Loncle de la présidence du groupe parlementaire d’amitié franco-burkinabé, pour avoir défendu jusqu’au bout Blaise Compaoré, son image, son bilan, et l’idée qu’il devrait encore se maintenir au pouvoir dans le cadre d’une transition.

[1] Déclarations de François Hollande en marge de son déplacement au Canada le 04/11/2014

 

Source: SURVIE.ORG

COMPAORE EN LIBERTE GRACE AUX FRANÇAIS

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L'Organisation Non Gouvernementale française SURVIE confirme l'information donnée par le camarade Souleymane Senn. Information selon laquelle, L'armée française, pour empêcher l'arrestation de Blaise Compaoré et sa comparution devant les tribunaux pour les nombreux crimes qu'il a commis, a combattu l'armée régulière et patriotique burkinabè.

Le président Français François Hollande confirme lui-même l'engagement armé des militaires français en affirmant «il y a eu des attaques, il y a eu des réponses».

Selon d'autres sources communiquées par le camarade, des proches sources proches de l'armée burkinabè cette bataille aurait fait une quinzaine de personnes tuées au cours de cette bataille. Il s'agit de 7 militaires burkinabè, 5 éléments du RSP et 3 des forces spéciales françaises.

Anicet Djehoury via Survie

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 16 octobre 2014

DECES DE LA MERE DU PRESIDENT GBAGBO, CE MERCREDI 15 OCTOBRE 2014

MAMAN GBAGBO.jpg

Le dernier voyage de Maman Gado Marguérite

 

Voir Blouzon et mourir, tel semblait être le vœu le plus cher de la mère du président Laurent Gbagbo. Elle ne le réalisera pas.

 

Gado Marguerite, la mère du président Laurent Gbagbo s’est éteinte hier Mercredi 15 octobre 2014 en début de soirée, quatre jours seulement après son retour d’exil. Selon les informations confirmées de sources proches de la famille, la vieille nonagénaire était en partance pour son village Blouzon, dans la sous-préfecture de Bayota quand elle a rendu l’âme. Elle qui vivait depuis plus de trois ans en exil à Accra au Ghana, avait été évacuée d’urgence sur Abidjan dans un état critique. Selon son neveu Henri Gossé qui l’avait accueillie chez lui, elle refusait de s’alimenter depuis plusieurs jours au motif qu’elle voulait absolument regagner son village natal Blouzon.

Sa fille Jeannette koudou qui vit également en exil avait dû, en désespoir de cause, la faire évacuer sur Abidjan en espérant qu’elle se remettrait quand elle serait arrivée au village. Mais selon toute vraisemblance, le voyage par la route a été tellement éprouvant que la santé de la vieille Gado Marguerite s’était visiblement dégradée au moment où elle arrivait à Abidjan. Le lendemain, cependant, elle avait commencé à s’alimenter et pouvait à nouveau reconnaitre ses parents et parler avec eux. Ce qui a laissé croire à la famille que les choses iraient de mieux en mieux. On s’était résolu à admettre qu’elle souffrait effectivement du mal du pays. De fait, sa situation ne nécessitait plus d’hospitalisation comme le préconisaient certains.

MAMAN GBAGBO 2.jpg

En réalité, personne n’était dupe. la famille avait bien compris que la vieille Gado voulait absolument mourir dans son village. Dans certaines cultures africaines, y compris chez les bété dont elle est, ce genre d’envie n’annonce pas forcément de bonnes nouvelles. La famille a donc décidé de

l’amener au village le plus  tôt possible, histoire de respecter son ultime vœu. Hélas ! la mère du président Gbagbo ne pourra pas voir la dernière fois son Blouzon natal. selon des informations, son corps se trouvait hier à la morgue de l’hôpital de Yamoussoukro

 

Augustin KUYO, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 16 Octobre 2014.

jeudi, 09 octobre 2014

BLE GOUDE A LA CPI: LA JURISPRUDENCE DE L'IGNOMINIE, PAR THEOPHILE KOUAMOUO

 

BLE GOUDE A LA CPI.jpg

 

Les charges contre le ministre de la Jeunesse du gouvernement Aké N'Gbo seront-elles confirmées ? Si l'on s'en tenait à la logique juridique normale, la réponse à cette question serait évidemment négative. Mais voilà : la CPI n'est pas un tribunal normal. Procès après procès, forfaiture après forfaiture, il est en train de mettre en place une jurisprudence de l'ignominie, digne des « procès de Moscou » et des pires Républiques bananières.

Durant les quatre journées qui viennent de s'écouler, l'Accusation n'a cessé de plaider pour des «standards de preuve» les plus bas possibles. Elle n'est pas venue dire à la Cour qu'elle avait un dossier solide, mais a affirmé sans honte qu'en dépit de la légèreté de sa démonstration, il fallait aller au procès parce que le statut de Rome et la jurisprudence de la CPI le permettent. Les observateurs ont parfois eu la désagréable impression que l'objectif suprême du bureau du procureur n'est pas de gagner son procès, mais d'aller à un procès pour « coffrer » Blé Goudé, figure politique de la génération qui vient, le plus longtemps possible. Lamentable.

Dénaturation des référents juridiques

Hier encore, l'Accusation a continué à dérouler son interprétation extra large de la culpabilité selon le statut de Rome. Face à l'incongruité de la position consistant à accuser le fondateur du COJEP de faits attribués (de manière fallacieuse, sommes-nous persuadés) à des éléments des FDS en patrouille ou en caserne, comme l'affaire des « sept mortes d'Abobo » ou du « bombardement du marché d'Abobo », elle a sorti de son chapeau la théorie de « l'attribution mutuelle » et du « contrôle commun », qui s'éloigne singulièrement de la notion de responsabilité individuelle telle que le droit contemporain la définit. Puisque Gbagbo et Blé Goudé étaient d'accord pour mettre en œuvre le « plan commun », eh bien tout ce qui a pu se passer par la suite, même si l'un d'entre eux n'était pas au courant ou ne pouvait absolument pas influencer les choses, doit et peut leur être imputé. Dans cette entreprise de torsion voire de dénaturation de nos référents juridiques, le procureur sait pouvoir compter sur les précédents créés par ces affaires où, alors qu'il n'avait pas fait son travail, les Chambres préliminaires ont ouvert la voie à des procès singulièrement mal engagés.

On remarquera au passage que la théorie de « l'attribution mutuelle » n'empêche pas l'Accusation de « sélectionner » parmi les personnes impliquées dans le plan commun « imaginaire » trois individus : Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé. Et les autres ? Durant les jours qui viennent de se dérouler, Fatou Bensouda et ses comparses nous ont laissé entendre que lors des fameuses réunions où s'organisait le fameux « plan commun », Blé Goudé côtoyait des dignitaires de l'armée comme P9 et P10, que beaucoup d'Ivoiriens ont reconnu. Pourquoi ne sont-ils pas eux aussi mis en accusation au nom du fameux principe de « l'attribution mutuelle » ? Pourquoi sont-ils recyclés en témoins à charge là où ils devraient eux-mêmes répondre de leur participation à ce plan commun ? Mystère et boule de gomme.

Prend-on les dirigeants africains pour des demeurés ?

Dans leur verve, les collaborateurs d'une Fatou Bensouda tout aussi absente durant l'audience de Blé Goudé qu'elle l'était lors de celle de Gbagbo ont expliqué qu'il n'était guère besoin que Blé Goudé ait connu ou ait commandité des crimes spécifiques pour qu'il soit tenu pour responsable. Il fallait juste qu'il soit conscient que « le plan commun » entraînerait des crimes dans le « cours normal des événements ». Un « plan commun » qui consisterait à mettre tout en œuvre, y compris des crimes relevant de la CPI, pour « se maintenir au pouvoir ». Sauf à prendre les dirigeants africains pour des demeurés, peut-on vraiment soutenir la thèse selon laquelle, alors qu'il a été prévenu, alors qu'il a des forces internationales présentes sur son sol, alors qu'il sait que ce sont les crimes contre l'humanité qui mettent en mouvement la fameuse « responsabilité de protéger » et l'article 7 de la Charte des Nations unies autorisant le recours à la force, Gbagbo a justement fait ce qu'il ne fallait pas faire, c'est-à-dire engager un projet génocidaire ? Oublier ses adversaires et s'en prendre à des civils alors que ce sont bien des rebelles armés qui menacent son pouvoir, ce n'est pas une manière de « conserver le pouvoir », mais le meilleur moyen de le perdre. Gbagbo et Blé Goudé, qui ne sont pas des psychopathes, le savaient. Comme Alassane Ouattara et la France savaient aussi que « vendre » un « récit », aussi mensonger qu'il soit, sur le « spectre du Rwanda » étaient le moyen le plus sûr d'engager des forces internationales contre celui qu'ils voulaient renverser. Voilà un « plan commun » bien plus plausible !

Si on suit cette logique...

L'Accusation s'est accrochée comme à un rocher à des propos de Blé Goudé admettant que dans un conflit, il y a des dégâts collatéraux. Parce qu'il en avait conscience, parce qu'il savait que des crimes interviendraient « dans le cours normal des choses » et qu'il n'a pas abdiqué face à la volonté de pouvoir de Ouattara, il est responsable de crimes contre l'Humanité ! Si l'on suit cette logique, tous les présidents de tous les pays ayant une fois ou une autre été engagés dans une guerre, devraient se trouver à La Haye. La guerre, ça tue ! Tout le monde le sait. De là à criminaliser le principe même de résistance nationale, il n'y a qu'un pas...

La CPI semble désormais vouloir institutionnaliser un principe : on abaisse au maximum le standard de preuves visant à conduire à un procès, on traîne en longueur et on accuse tout le monde et personne de saboter nos enquêtes dès lors qu'on a obtenu la confirmation des charges donc un séjour très long « au gnouf » pour les adversaires de la « communauté internationale ». Et puis, après, on verra...

A ce stade de travestissement des règles du droit, il semble évident que jamais un dirigeant occidental ne sera jugé par la CPI. Fatou Bensouda et son staff sont conscients que le jour où leur « imposture judiciarisée » touchera quelqu'un qui est assez influent pour pousser les observateurs les plus en vue à faire preuve de sens critique vis-à-vis de leurs procédés, leur édifice conçu et pensé pour les plus faibles des vaincus s'écroulera comme un château de cartes.

Les charges contre Blé Goudé seront-elles confirmées ? L'unanimité qui s'est emparée du collège des juges, du bureau du procureur et de « l'avocate des victimes » quand il s'est agi de tenter d'éviter que la Défense dépose des écritures, qui devraient pourtant permettre une lecture approfondie du « cas » par la Cour, n'est en tout cas pas le meilleur des signes.

 

Théophile Kouamouo [Paru dans Le Nouveau Courrier du 3 octobre 2014]

 

Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

Transcription de la prise de parole de Charles Blé Goudé devant la Cour pénale internationale (CPI), le 2 Octobre 2014.

 


"Madame la présidente, Mesdames les juges,

-Pour le respect de la mémoire des victimes décédées ; 

-Pour panser les meurtrissures physiques et morales des victimes blessées, mais aussi, pour apaiser la douleur de leurs familles, il aurait été salutaire que soit située la responsabilité de tous les principaux acteurs de la scène politique ivoirienne, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition. Hélas !"

"Après avoir écouté la procureure, elle qui estime que j’ai utilisé mon art oratoire pour imputer la responsabilité des crimes au camp Ouattara, je ne me fais plus d’illusion : elle ne les poursuivra pas puisqu’elle les considère comme des victimes."

"Tout le temps que je suis resté assis ici pendant des jours, à écouter le réquisitoire de la procureure, qui s’est résumé à un assemblage de bouts de vidéos, des fragments de discours hors contexte savamment sélectionnés et de commentaires tendancieux, dans une vaine tentative d’accréditer une accusation aussi boiteuse que ridicule ; je suis hélas, resté sur ma faim !"

"S’il y a une seule chose que la procureure a réussie, c’est d’avoir achevé de me convaincre que mon arrivée à la CPI, résulte d’une loterie judiciaire ; manque de chance, la procureure a parié sur le mauvais cheval, sinon ceux qui devraient être ici, dans le box des suspects sont encore en liberté en CI. Et cela est injuste. C’est pourquoi, je voudrais m’interroger avec vous, madame la présidente: QUEL MONDE VOULONS-NOUS BÂTIR ?"

Un monde sans valeurs morales, un monde sans repère où il nous faut seulement apprendre à gagner sans avoir raison, comme le disait Check Amidou Kane, dans son célèbre roman ‘’l’aventure ambiguë ’’? Sommes-nous dans un monde ambigu ? Or, ce qui fait la grandeur d’un peuple, c’est de défendre les valeurs qui le fondent. J’y ai cru hier et ma foi en ces valeurs n’a pas encore faibli. "

"La procureure devrait porter haut ces valeurs et œuvrer à ce que les justiciables ne désespèrent pas de la justice, surtout pas de la justice internationale, en ce qu’elle porte la lourde responsabilité de défendre les plus faibles, de protéger ceux qui sont sans défense, afin que ceux-ci ne soient impunément la proie des plus forts."

"Si j’ai bien entendu, la procureure a dit dans son discours d’ouverture « à travers cette audience nous voulons envoyer un message fort à tous ceux qui veulent parvenir et se maintenir au pouvoir par la force. » vu sous cet angle, c’est donc à tort que la procureure me poursuit puisque pendant plus de dix ans, je n’ai cessé de dire à ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir qu’on n’entre pas en politique avec les armes mais avec des idées et un projet de société."

"Madame la présidente, Mesdames les juges

Je ne suis ni le criminel, ni le génocidaire que l’on tente vainement de vous dépeindre par des simulacres de déclarations peu crédibles, appelées témoignages, qui pourtant ont été recueillis auprès de mes adversaires politiques dont la hantise est de se débarrasser d’un futur adversaire avec qui ils craignent de faire une compétition politique. 

Avoir des ambitions est certes légitime, mais vouloir les réaliser sur les cendres de la vie des autres est malsain."

"Madame la présidente, Mesdames les juges, 

Par ma voix, des millions d’Africains comptent sur vous pour que la CPI ne serve pas d’instrument pour la réalisation d’ambitions qui pourraient entacher l’image de cette prestigieuse institution. Des militants de partis politiques adversaires triés sur le volet, m’accusent d’avoir recruté des mercenaires. Comme ce prétendu témoin qui déclare : « j’ai vu Blé Goudé brandissant une kalachnikov à la télé, mais il était de dos donc je ne l’ai pas bien reconnu… » "

"Au stade Jessy Jackson de Yopougon, à Abidjan, au sein de notre club de football (SOMACY), entre copains, nous utilisions un slogan sportif, ‘’ya rien en face, c’est maïs’’, pour taquiner l’équipe adverse quand on marquait un but (comme la vidéo l’illustre). J’ai utilisé ce même slogan pour agrémenter l’ambiance de la campagne électorale, comme pour dire que l’élection aussi est un jeu."

"La procureure et le pouvoir d’Abidjan instrumentalisent des soit disant témoins pour travestir ce slogan en l’interprétant comme une volonté pour moi de dire qu’excepté mon candidat Gbagbo, il n’existerait pas d’autres candidats ; Ce qui, pour eux signifierait que nous avions prémédité de ne jamais reconnaître une défaite et que ‘’maïs’’ signifierait que nous allions tuer et manger les partisans de Ouattara. Cette interprétation erronée et étriquée, fruit d’une gymnastique judiciaire me semble partielle, parcellaire, donc partiale."

"A y voir de près, la seule difficulté dans cette affaire, est que la procureure cherche à fabriquer des miliciens ; Disons plutôt qu’elle cherche forcement à faire de moi ce qu’elle aurait souhaité que je sois. Mais pour quoi ? Pourquoi veut-elle forcement faire de moi ce que je ne suis pas ? Pourquoi ? Pourquoi refuse-telle de réclamer les dents de la panthère à celui qui a consommé la tête ?"

"Les marches, les meetings, les sit-in, la grève de la faim, le matelas et les conférences ne sont pas des moyens par lesquels s’exprime un milicien ? Ces moyens pacifiques, symboles de la non-violence, inspirés de Ghandi et de Martin Luther King, (ces personnalités qui ont marqué notre siècle), sont les seuls et uniques moyens par lesquels je me suis toujours exprimé. Alors, je demande encore : Pourquoi cherche-t-on, par des voies peu orthodoxes, à me tailler une sculpture et à m’attribuer une casquette qui est aux antipodes de la philosophie qui a fondé mon entrée en politique ?"

"Du 02 Octobre 2002 au 26 septembre 2011, peut-on me citer une seule de nos manifestations au cours de laquelle il y aurait eu un seul mort ? Peut-on me confondre avec une vidéo, un seul support sonore où je demande à une catégorie de la population d’exterminer une autre ?"

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

L’histoire de mon pays est trop récente. Tenter de la falsifier en lui tordant le coup serait se livrer à un exercice au succès peu probable. Comme je refuse d’être jeté dans la poubelle de l’histoire, Il m’apparaît comme un devoir citoyen d’apporter un peu de fraîcheur à la mémoire collective que tentent d’effacer les contrebandiers des faits qui ont fait régresser mon pays au plan de la démocratie et des droits de l’homme, pourtant acquis de haute lutte. Face à leurs contrevérités, ma bouche restera toujours sans tremblement. Et je voudrais que l’on m’écoute avec toute l’attention qu’il sied."

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

La crise ivoirienne, a opposé deux philosophies diamétralement opposées, incarnées par deux camps :

1- le camp de ceux qui ont pris les armes pour déstabiliser les institutions de la République pour des raisons que vous expliqueront certainement « ces intouchables », le jour où il plaira à la procureure de les convoquer devant cette cour;

2- et le camp des forces armées nationales loyales à la République et à ses institutions.

Indépendamment de ces deux parties belligérantes, La population civile, à travers la résistance aux mains nues, a fait le choix de s’opposer à l’utilisation des armes comme moyen de revendication et d’accession au pouvoir : c’est de cette troisième voie que je me réclame."

"Ce choix de la non violence, je l’ai librement fait, non par stratégie, ni par faiblesse, mais par principe et par culture politique; Parce que je reste convaincu que la guerre et les armes sont les ennemies de la démocratie et de la paix dans le monde. Je considère la rébellion armée comme la pire des expressions. C’est pourquoi, fidèle à ma philosophie politique pacifiste connue des ivoiriens, je n’ai jamais possédé d’armes, ni à titre individuel, ni à titre collectif. Par quelle alchimie, pourrais-je alors réussir à distribuer ce que je ne possède pas ?"

"Madame la présidente, Mesdames les juges, 

Jamais je n’ai armé des citoyens contre d’autres citoyens: jamais je ne le ferai.

À ceux qui souventefois m’ont traité de faiblard qui a peur de la guerre, j’ai toujours rétorqué que je n’aime pas la guerre et que je n’ai pas honte de dire que je ne sais pas faire la guerre, que je préfère être faible parmi des êtres vivants que d’être fort parmi des corps sans vie. Convaincre et non vaincre: tel est mon credo. Chrétien ou musulman, qu’on l’appelle Allah, Dieu, Jehova, Gnamien Kpli, Klôtchôlô ou Lagô, Pour moi, nous prions tous le même Dieu."

"Ouvert et tolérant de par ma culture, j’ai toujours tenu à saluer au même titre, les imams et les prêtres des localités visitées, Au cours de toutes mes tournées politiques. J’ai même souvent aidé à réhabiliter certaines mosquées tout comme j’y ai fait plusieurs dons. (Je verse la vidéo au dossier). Je trouve donc choquant voire outrageant et peu sérieux que l’on m’accuse d’être celui qui aurait appelé à tuer des musulmans et à incendier leurs lieux de culte."

"Madame la présidente, Mesdames les juges, 

Pour la paix dans mon pays, j’ai pris beaucoup de coups. Chaque fois que le processus de paix a pris du plomb dans l’aile, j’ai fait ce que j’ai pu, j’ai toujours fais le pas vers l’adversaire afin qu’ensemble nous puissions sauver ce que j’ai cru que nous avions en commun : La Côte-d’Ivoire. J’ai sacrifié ma jeunesse et ma vie de famille.

"Contrairement aux gamins de leur âge, mes enfants n’ont pas pleinement bénéficié de la chaleur que leur père aurait souhaitée leur donner. Mais je sais qu’ils me comprendront un jour, (je veux leur léguer des valeurs). C’est pour eux et tous les autres enfants de leur âge que je me bats afin qu’ils puissent vivre demain dans un monde meilleur, un monde où l’on ne cherche pas à noyer la vérité dans l’obscurité du silence."

"Mes proches, les personnes que j’aime et pour qui je compte continuent de souffrir des conséquences de mon engagement et de mon absence prolongée. peut- on mener une lutte d’une telle envergure et prétendre à une vie calme comme une eau douce ? La réponse est non!’’

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

Pendant que je parcourais hameaux, villages et villes, sur les chemins rocailleux pour convaincre les ivoiriens à se pardonner les uns les autres et à donner dos à la confrontation, je ne m’étais pas attendu à l’inattendu. En effet, ceux avec qui je croyais parler de paix et qui sont aujourd’hui au pouvoir préparaient la guerre et avaient érigé l’usage de la violence en programme politique."

"Madame la présidente, 

Je n’ai jamais souscrit à un seul des actes criminels allégués dans l’acte d’accusation. La procureure doit correctement orienter ses poursuites. Pendant que les ivoiriens souffraient, ceux qu’on peut aujourd’hui appeler, les nouvelles autorités ivoiriennes, étaient plutôt préoccupés à se partager la Côte-d’Ivoire comme un butin de guerre comme ils continuent d’ailleurs de le faire !

"Prisonniers de leur passion pour le pouvoir, les nouvelles autorités ivoiriennes étaient restés sourds à mes cris et à mes appels en faveur de la paix : ils ne mesuraient pas à cette époque l’importance de la paix. Heureusement qu’à la pratique de l’exercice du pouvoir, ils semblent se rendre compte que, dans un pays, la paix et la stabilité, ne dépendent pas seulement du régime au pouvoir mais qu’elles dépendent aussi de la culture démocratique, de la culture de tolérance et de la générosité politique de l’opposition.

".....Et pourtant, ces opposants d’hier, accusaient de traîtres ceux des leurs qui parlaient de paix et de réconciliation avec moi. Pendant la crise post-électorale, à la proposition de recomptage des bulletins comme solution au contentieux électoral, nos adversaires avaient préféré la comptabilité nécrologique et la force."

"Ironie du sort, c’est moi, concepteur de ‘’la victoire par la résistance aux mains nues’’, qui me retrouve ici, devant vous pour répondre de crimes contre l’humanité pendant que ceux qui ne voulaient pas entendre parler de paix parce qu’ils voulaient le pouvoir à tout prix, se trouvent en liberté et continuent de narguer leur victimes dans une indifférence coupable qui s’apparente à une complicité. Autant dire que c’est l’hôpital qui se moque de la charité."

"C’est pourquoi je demande encore : pourquoi veut-on forcement faire de moi ce que je ne suis pas ? Transformer le tort en raison, est-ce cela que nous voulons léguer aux générations futures ? Ne serait-il pas préférable de soigner la fièvre au lieu de chercher à casser le thermomètre ?"

"Je ne cherche pas seulement à être libre tout comme je ne cherche pas à avoir raison. Il y a une et unique chose que je cherche : LA MANIFESTATION DE LA VÉRITÉ. Seule la vérité aidera la cour à situer définitivement ma responsabilité ; et j’y tiens !"

"Seule la vérité pourra m’ouvrir les portes de sortie de la prison. Ce n’est ainsi que je me sentirai véritablement libre, que je pourrai regarder, la tête haute, les victimes et leurs familles qui ont été trompées par leurs vrais bourreaux qui se font malicieusement passer pour leurs bienfaiteurs, alors qu’ils sont pris en flagrant délit de falsification de l’histoire, dans la seule optique de diaboliser et se débarrasser d’adversaires politiques avec qui ils craignent de faire une compétition politique sérieuse."

"Ils me jettent La pierre ; elle me servira certainement pour ériger mon piédestal en faisant éclater la vérité à travers ce procès."

"Oui, des crimes atroces ont été commis en CI contre des populations innocentes qui étaient sans défense; les auteurs de ces crimes sont bel et bien connus. Hélas ! Ceux-ci semblent jouir d’une immunité internationale ; les violations graves des droits de l’homme dont ils se sont rendus coupables au vu et au su des organisations chargées de les dénoncer ou de les punir, ont été noyées dans l’obscurité du silence."

"Ne pouvant les (ceux-ci semblent jouir d’une immunité internationale) poursuivre, la procureure cherche vainement, par une alchimie judiciaire, à fabriquer d’autres criminels à la place des vrais auteurs ; Ce qui lui rend la tache herculéenne. Or, je le répète une fois encore : « on ne peut réclamer les dents de la panthère qu’à celui qui a consommé la tête. »

"Svp, madame la présidente, mesdames les juges,

Les victimes du commando invisible et des FRCI, à Anokoa Kouté et à Duékoué tout comme les victimes de Yopougon, de Bouaké, de petit Guitrozon, réclament toujours justice.

Leurs larmes continueront-elles de couler sur le parapluie de l’indifférence de la procureure et de la représentante des victimes ?"

".....Ensuite le plan commun :

Mesdames les juges,

Je dois avouer que c’est ici à la Haye que j’ai appris ce nouveau vocabulaire. S’il a existé un plan commun au cours de la crise en Côte-d’Ivoire, je n’en connais ni les concepteurs, ni les exécutants, tout comme j’en ignore les objectifs, contrairement aux allégations de la procureure." "Je suis plutôt allé à la rencontre des victimes de la guerre ; j’ai écouté et entendu leurs souffrances. J’ai dû braver le sarcasme et les critiques les plus acerbes pour faire le pas vers l’adversaire afin de rapprocher et réconcilier les voisins d’hier, que le conflit avait divisés."

"Existe-t-il des victimes qui n’ont pas droit à la justice ? Je parle de ces populations sans défense qui avaient fui la mort, mais que hélas, la mort a rattrapées dans des églises et des camps où ces populations avaient espéré trouver refuge ; en fait, toutes les victimes sans distinction ; car, je reste convaincu, que la vie humaine est sacrée et qu’un mort n’a ni appartenance politique, ethnique ou religieuse."

"J’ai mis en place le 98121, numéro de la paix sur lequel les ivoiriens se sont envoyés des messages en faveur de la paix. Je les ai encouragés à accepter que « la valeur du pardon réside dans la gravité de la faute pardonnée. »"

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

Voici exposé mon plan pour la paix que j’avais en commun avec les ivoiriens épris de paix et dont j’ai connaissance. Évidemment, la procureure ne pouvait pas évoquer ce plan pour la paix puisqu’il lui fallait absolument dépeindre le Blé Goudé assassin, génocidaire."

"Mais moi, j’attends ici à la cour, la confrontation avec les témoins de la procureure pour que je parle avec eux, de la Côte-d’Ivoire et du conflit qui l’a inutilement retardée. Je ne parle pas de la Côte d’ivoire vernie à coup de propagande sur internet, mais de la Côte d’ivoire telle que la vivent mes concitoyens."

"Mesdames les juges, 

Au terme de mes précisions, vous comprendrez aisément que les charges alléguées contre moi, résistent peu à la rigueur du droit. Par conséquent, je trouve injuste que l’on veuille faire supporter à mes frêles épaules, la lourde responsabilité de la crise qui a endeuillé mon pays. Car dans mon combat légitime de non-violence, je garde les mains pures et aucune goutte de sang ne crie et ne plaide contre moi."

"Mon crime, s’il devrait en exister un, serait d’avoir crié pendant dix ans qu’il est immoral de vouloir accéder au pouvoir par la voie des armes. C’est pourquoi, il vous plaira, madame la présidente, de demander à l’accusation d’orienter ses enquêtes ailleurs et d’inscrire mon nom sur la liste des victimes de la crise. Oui, je suis une victime, quoi qu’en puissent dire mes détracteurs !"

"Je suis un homme convaincu de la force motrice de la mobilisation des masses populaires et des vertus de la non-violence. Pour moi, celui qui accorde le pardon se libère du poids encombrant de la haine. Cette philosophie est le fondement de ma vision et de mon action politique. Et quelles qu’aient été les humiliations et les tortures que mes adversaires m’aient fait subir, quelles que soient les injustices et les épreuves que me réserve le futur, Je ne compte pas y déroger."

"Toutes mes actions ont toujours été guidées par un principe : que mon nom ne s’écrive jamais du mauvais coté de l’histoire afin que je ne puisse pas léguer en héritage, à ma progéniture un patronyme ensanglanté du sang innocent de mes concitoyens. En d’autres termes, CE QUI DOIT GÂTER MON NOM DOIT AVOIR UN NOM."

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

Au nom de cette balance, symbole de justice, qui pend là, au-dessus de vous, je vous serai reconnaissant de me laisser rentrer chez moi, auprès des ivoiriens, pour construire et bâtir ensemble avec eux la paix et la réconciliation comme je l’avais déjà commencé et que je puisse continuer de dire à ceux qui ne l’ont pas encore compris qu’on n’entre pas en politique avec les armes mais avec des idées et un projet de société."

"La prison, c’est certes dur, ça peut même durer mais, ça ne saurait durer éternellement." "Abraham Lincoln n’a donc pas eu tort d’affirmer que pour une cause noble, on ne perd jamais son temps en prenant tout son temps. Il enseigne ainsi aux partisans de la vitesse que la vie ne se résume pas aux aiguilles d’une montre mais à la qualité de nos actes pendant notre bref séjour passager sur terre. Pour dire que mes adversaires ont la montre, moi j’ai le temps."

"Et, comme Je refuse d’être la honte de ma génération et que je ne veux pas être jeté dans la poubelle de l’histoire, Je porterai ma croix avec dignité et honneur. Si je dois souffrir, je souffrirai débout, car, le poltron meurt mille fois avant de mourir."

"Même s’il m’arrivait par extraordinaire, d’être condamné aujourd’hui, je ne doute pas qu’un jour l’histoire m’acquittera."

"Mon défunt père Blé Gnépo Marcel que je n’ai pas eu la chance d’accompagner à sa dernière demeure à Kpogrobré dans la sous-préfecture de Guibéroua, me disait : « Mon fils, un fruit bien mûr ne pourrit jamais en l’air ; il finit toujours par tomber. »"

"Non, je ne suis pas anti français!

Non, je ne suis pas un chef de milices! 

Non, je ne suis pas le présumé assassin des ressortissants du nord et des musulmans de mon pays!

Non, je n’ai jamais distribué d’armes!

Non, je ne suis pas un partisan de la violence!

Non, je ne suis pas un génocidaire!"

"Que le droit nous départage ! 

Que Dieu bénisse l’Afrique, et apporte la paix en Côte-d’Ivoire et partout dans le monde ! je fais confiance à la justice internationale

Un jour il fera jour et je rentrerai chez moi !"

 

(Retranscription Michel Galy)

 

Source: Résistance Côte d'Ivoire Israël

vendredi, 03 octobre 2014

FRANC CFA: LE DEBAT INTERDIT

FRANC CFA - EURO.jpg

Pendant qu’en Europe, l’avenir de l’euro est discuté à tous les niveaux de la société, les dirigeants africains de la zone franc continuent de considérer tout débat autour de la pertinence ou non du franc cfa comme tabou, alors que ce dernier est arrimé à la monnaie européenne.

 

Le vendredi 28 mars 2014, M. Alassane Dramane Ouattara, alors président sortant de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a soutenu, à Yamoussoukro que cette organisation avait amorcé «une marche irréversible vers la monnaie unique» à l’horizon 2020, qu’il fixe aussi pour l’émergence de son pays au rang de la Corée du Sud, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et dans une moindre mesure, du Brésil ou de l’Afrique du Sud. Cette perspective serait d’autant plus justifiée, selon lui, que ces dernières années, sous ses deux mandats à la tête de la Cedeao, les travaux préparatifs de la monnaie auraient fortement avancés. Pour rappel : M. Ouattara est ancien gouverneur de la Bceao et c’est pendant son mandat qu’après moult tergiversations, le franc cfa a été dévalué en 1994. Ouattara aurait-il fini d’adorer le franc CFA ? Il est permis d’en douter.

Lorsqu’un ministre ivoirien fait remarquer qu’au sein de la Cedeao, les entreprises exportatrices des pays qui ont en commun le franc cfa souffrent d’un manque de compétitivité lié à cette monnaie, les autorités monétaires de la zone cfa et celles de la Côte d’Ivoire semblent vouloir le désavouer, au motif que tout va bien dans le meilleur des mondes pour le franc cfa.

De deux choses l’une. Soit le franc cfa qui va très bien sera étendu au reste de la Cedeao et même de l’Union africaine à l’horizon 2020, conformément au contenu du rapport Védrine-Hollande, ou bien le franc cfa n’est pas si bénéfique que cela et alors il doit laisser la place à une nouvelle monnaie ouest-africaine, ce que les autorités de la zone cfa semble contester. Une chose semble claire. Le contenu du rapport Védrine est connu, mais le projet de la monnaie unique de la Cedeao n’est connu, semble-t-il, que de quelques initiés, alors que nous sommes à six ans de l’échéance annoncée pour 2020. Aucun débat n’a donc lieu au sujet de ce serpent de mer, pour savoir s’il y aura un référendum dans les pays concernés pour son adoption ou bien si les experts d’Abuja et les chefs d’Etat vont l’imposer aux populations sans consultations populaires.

Les gouvernants des pays membres du franc cfa font une entière confiance à leur monnaie, en parité fixe avec l’euro, qu’ils prennent pour une monnaie de référence. Ils n’ont peut-être pas tort, sauf que la connexion fcfa-euro passe par le Trésor public français, qui ne laisse même pas au cfa le soin d’avoir le statut de monnaie au sens propre du terme. Le franc cfa est une affaire interne aux finances publiques françaises et ne relève pas de la finance internationale. Telle était la position de la France au moment de la conception du traité de Maastricht au début des années 1990. C’est donc la solution des «comptes d’opérations» ouverts auprès du Trésor public français que les autres pays de la Cedeao devraient accepter et se laisser imposer, selon le rapport Védrine. Jacques Delors pour le traité sur l’Union européenne et Hubert Védrine pour le traité de la Cedeao avec les référendums en moins ?

Ce que le ministre J.-L. Billon dit pour les entreprises ivoiriennes est vrai pour toutes les entreprises de la zone cfa, de l’ouest comme du centre, qui sont exportatrices de produits manufacturés ou de produits agricoles améliorés. Elles ne peuvent être compétitives du fait de la valeur de l’euro –monnaie forte, disent les Africains–, des politiques économiques adoptées par le Trésor public de France et surtout à cause des politiques hasardeuses de la Banque centrale européenne (Bce) qui mettent en difficulté les négociations à Bruxelles entre les pays européens déficitaires et l’Allemagne, qui a ses propres problèmes à gérer.

Les inquiétudes de M. Billon sont d’autant plus justifiées que, depuis 2008 au moins, la situation de l’euro est compliquée, les problèmes ne sont pas traités convenablement et la situation reste préoccupante aussi bien pour les Etats et que pour les entreprises.

La Bce, qui gère l’euro, est accusée par des économistes et financiers européens ainsi que par certains observateurs qui suivent de près les manœuvres des autorités monétaires européennes, d’être en train de devenir une «mauvaise banque centrale» qui rachèterait toutes les créances douteuses figurant au bilan des banques européennes.

En Allemagne même, des événements sont en cours en ce moment qui méritent quelque attention de la part des Africains, notamment des dirigeants. Il y a d’une part la Cour constitutionnelle allemande à Karlsruhe (Bundesgerichtshof) qui doit juger dans quelques semaines la question de la conformité du plan de rachat des dettes européennes par la Bce avec la Constitution allemande. La décision des juges constitutionnels allemands pour qui, même en temps de crise, la Constitution reste valable, alors que pour les Africains, même en temps de paix, les Constitutions sont inappliquées, est attendue, car elle pourrait interdire à la banque centrale allemande, la Bundesbank, de participer aux opérations de rachat de dettes publiques que la BCce devrait initier. Qu’adviendra-t-il de l’euro dans ces conditions, alors que cette monnaie doit par ailleurs affronter d’autres épreuves face au dollar américain, au yen japonais et au yuan chinois?

En outre, un parti politique pour les eurosceptiques créé en février 2013 par Bernd Lucke, (51 ans, anciennement militant de la CDU et professeur d’économie à l’université de Hambourg), dont l’axe central du programme est de refuser toute collectivisation de la dette publique européenne et tout transfert de richesses de l’Allemagne vers les autres pays, est en train de monter en puissance. «Alternative fur Deutschland» ou AfD, parti ne disposant d’aucun élu lorsqu’il a été créé par le proche collaborateur du Pr. Hans-Olaf Henkel (ex patron de la confédération des industriels allemands), est aujourd’hui représenté avec 12% des voix au Parlement de Brandebourg et 10 % à celui de Thuringe, après être entré au parlement de Saxe (10% des voix) en août dernier, et avoir placé sept élus au Parlement de Strasbourg à la suite des Européennes de mai, prouvant ainsi que les petits partis peuvent grandir vite quand ils sont porteurs de programmes alternatifs et que les élections se déroulent dans des conditions transparentes et démocratiques.

Dans le même temps, les agences des statistiques économiques publient des chiffres décevants de l’activité manufacturière en Europe et surtout en Allemagne, première économie de la zone euro. Les taux d’intérêt à moyen terme sur les obligations allemandes sont négatifs, comme si les anticipations des investisseurs s’attendaient à la réapparition du deutsche Mark (Dm) et à sa réévaluation au moment où l’euro rencontre des difficultés. Alors que les Européens doutent, les Africains restent vautrés dans leurs certitudes rassurantes et complaisantes.

Dans les autres pays de la zone euro, soit les gouvernements n’arrivent pas à concevoir des programmes de réformes, comme cela est le cas pour la France par exemple, où le mot réforme tétanise la classe politique et révulse les syndicats, soit, lorsque ces programmes sont conçus, ils ne peuvent être appliqués, comme c’est le cas de l’Italie du Premier ministre Matteo Renzi. En Espagne, la crise politique que l’on observe à travers la volonté séparatiste de la Catalogne est en réalité le résultat de déséquilibres économiques créés par les effets pervers de l’euro sur les politiques budgétaires et fiscales espagnoles.

La finance internationale elle-même semble douter de la force de l’euro, dont le cours de change ne cesse de baisser par rapport au dollar américain et au yen japonais. Les cambistes et des investisseurs attendent les nouvelles mesures de politique monétaire de la Bce que devrait annoncer son président Mario Draghi. Les marchés financiers de la zone euro, dans laquelle les financiers vendent des positions, présentent de moins bonnes performances que les autres marchés mondiaux sur lesquels les financiers achètent plutôt des positions. Mais comment évaluer l’importance de ces évolutions dans la zone cfa où il n’y a pas de marché financier, donc ni positions de vendeurs, ni positions d’acheteurs d’actifs financiers?

En Europe, les économistes qui font ces analyses craignent que l’euro ne conduise les pays membres au chaos. Pendant ce temps, les pays africains alliés de l’euro par le biais des francs cfa gérés par le Trésor public français préfèrent attendre bras ballants ce désastre, à condition que les réseaux de l’aide publique au développement, et des eurobonds restent accessibles et continuent de financer les déficits budgétaires. En Afrique du cfa, réformer relève du tabou économique. Tout va bien.

Le débat sur la pertinence de l’euro, sur son avenir, sur ses effets sont du domaine public en Europe et dans le monde. Les banquiers centraux européens en parlent en permanence, les chefs d’Etat comme Angela Merkel, François  Hollande et autres en parlent plusieurs fois par mois. Les premiers ministres et chefs de gouvernement européens en discutent avec les journalistes au quotidien. Les partis politiques au pouvoir ou dans l’opposition l’inscrivent dans leurs préoccupations et dans leurs programmes de gouvernement. Les intellectuels économistes, philosophes, sociologues, artistes, financiers, juristes, démographes et étudiants en font des sujets de controverses entre eux. La question n’a rien de tabou ou de magique.

En Afrique, la question du franc cfa relève de la magie, du tabou, de l’interdit. La pensée doit s’arrêter à la porte du franc cfa, surtout quand on est au gouvernement. En parler fait frissonner les hommes politiques, vibrer les gouvernements, trembler les chefs d’Etat, s’énerver les partis au pouvoir. Les banquiers centraux considèrent qu’il n’y a rien à dire là-dessus. Les opposants se demandent pourquoi en parler puisque la question peut leur fermer la route de l’accession au pouvoir d’Etat, qui se trouve être la seule raison de leur existence. Et quand bien même tout ce monde décide d’en parler, la discussion tourne à l’injure, à la médiocrité, à l’incompétence, à l’anathème et au hors sujet.

Mais un jour ou l’autre, tous ces murs, comme celui de Berlin que l’on croyait avoir bâti pour l’éternité, tomberont et les peuples africains retrouveront, comme ceux d’ailleurs, leurs libertés en dehors de franc cfa et de tous les autres instruments de la servitude. D’ici là, il serait bien que l’on nous dise quelle est la nature de la monnaie unique de la Cedeao que certains attendent pour l’horizon 2020 ?

 

Source: LIDER-CI.ORG

mercredi, 01 octobre 2014

TELECHARGEZ «REGARDS CROISES», VOTRE BLOG PREFERE: MISE A JOUR DU 1er OCTOBRE 2014

 

LOGO IVOIRE-BLOG.png

 

Statistiques du blog pour le mois de SEPTEMBRE 2014: 26.733 visiteurs uniques, 51.371 visites et 268.304 pages vues. Pages par jour (Moyenne/Maximum): 8.943/10.069 et Visites par jour (Moyenne/Maximum): 1.712/1.926.
 
 
Nombre d'abonnés à la Newsletter, à la date du 1er Octobre 2014: Non disponible depuis le chiffre de 4.165 abonnés du début du mois de décembre 2013
 
 
Nombre de posts, à la date du 1er Octobre 2014: 3.335

 
Nombre de commentaires au 1er Octobre 2014: 15.511
 
 
Pour télécharger la mise à jour du 1er Octobre 2014 de votre blog préféré, veuillez cliquer:


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Vous pouvez également effectuer votre téléchargement en passant par la catégorie que nous avons créée à cet effet dans la colonne de droite: «Télécharger le blog Regards Croisés: Lancer l'export de la mise à jour du (date de la dernière mise à jour)».

Comment visualiser le blog Regards Croisés, une fois le téléchargement effectué?


1- Double-cliquer dans le fichier zip (compressé: en icône de livres rouge, bleu et vert empilés, avec le titre en minuscule sans accent «regardscroises», terminé par un nombre en milliers et le mot «zip»);
 
2- Si votre ordinateur comporte un logiciel «WinRAR» installé, il vous fera apparaître un encart de dialogue sous forme de tableau. Cliquer dans «Extraire vers» et choisissez le dossier (ancien ou nouveau) ou le périphérique où vous voulez conserver votre archive zip extraite;
 
3- Une fois l'opération effectuée, vous allez vous retrouver avec deux nouveaux documents, dans le dossier ou le périphérique d'accueil que vous aurez choisi: un dossier (jaune) «regardscroises» et un fichier «index.html»). Votre extraction est donc achevée. Faire alors un double-clique dans le fichier «index.html». Vous découvrirez avec émerveillement votre blog préféré Regards Croisés dans toute sa splendeur (seuls quelques fichiers ne seront pas actifs parce que hors connexion)! Bonne lecture!
 
 
DINDE Fernand AGBO

COTE D'IVOIRE: LA COLERE DES ETUDIANTS FACE AU MANQUE D'EQUIPEMENT

 

UNIVERSITE FHB DE COCODY.jpg

 

Quand on a dépensé 175 milliards de nos francs (dont 133 en surfacturation!), et surtout du contribuable, avec tambours et trompettes, soi-disant pour réhabiliter l'université de Cocody, est-ce concevable, acceptable, pensable que les laboratoires de physiques et de chimie n'aient pas le moindre matériel, depuis deux ans, dans cette Côte d'Ivoire? A vous de me le dire. Bonne lecture. Fernand Dindé.

 

A Abidjan, il y avait un parfum de gaz lacrymogènes lundi 29 septembre au matin sur le campus universitaire Houphouët-Boigny. Un millier d’étudiants en sciences physiques et chimie ont fait part de leur mécontentement concernant le peu d’équipement dont ils disposent pour achever leur cursus.

D’après les étudiants en sciences, cela fait deux ans que leurs travaux pratiques se déroulent en théorie faute de matériel. Excédés, ils sont allés lundi matin faire part de leurs doléances à la présidence de l’université, mais ont été accueillis par les gaz lacrymogènes des policiers sur place au campus.

Peu après, c’est donc dans un amphithéâtre surchauffé qu’ils se sont retrouvés avec une partie de la direction de l’université Houphouët-Boigny pour tenter de trouver une solution. « Depuis deux années, c'est-à-dire depuis l’ouverture des universités, nous n’avons plus de laboratoire pour effectuer des travaux pratiques, parce que les laboratoires ne sont pas équipés. Il n’y a plus de matériel. On nous a fait plusieurs promesses qui n’ont pas été respectées et nous pensons que trop c’est trop. Nous n’avons pas voulu que cette année ça se répète. Et c’est pourquoi nous avons pris l’initiative d’organiser cette marche ce matin », explique Ignace Tegbeu, étudiant en master de sciences physiques.

Malgré les tentatives de médiation du directeur adjoint de l’université, du conseiller du président Ouattara pour la formation et l’éducation et deux doyens en sciences, les étudiants ont décidé de se mettre en grève jusqu’à la semaine prochaine. Ils attendent désormais que le matériel, prévu depuis 24 mois, arrive dans les prochains jours.

 

Source: RFI LES VOIX DU MONDE

mercredi, 24 septembre 2014

UN OCCIDENT MEURTRIER, TERRORISTE AUTORISÉ, PLUSIEURS FOIS GENOCIDAIRE

DEMOCRATIE A L'ARME LOURDE.jpg

"Vive la rationalité, le bon sens des grands raisonneurs capitalistes!

Vive les gauches factices qui font leçon de vérité et de sens à la pauvre humanité que leurs spécialistes et journaleux sauvent d’elle-même et de ses potentielles révoltes, en la convainquant que le seul bien de l'Homme, consiste à sauver et à maintenir le capitalisme et ses aberrations!"

A son habitude, Camille Loty Malebranche n'économise pas ses mots.

Mais cela vaut sa peine à le suivre !

Michel Peyret

DEMOCRATIE DES MISSILES.jpg

 

Occident-Capitalisme: l'art de dissocier les conséquences de leurs causes

18 septembre 2014

Par Camille Loty Malebranche

RIEN ENTENDRE, RIEN VOIR, RIEN DIRE.jpg

Presse et "schizophrénie analytique": rire pour ne pas pleurer sur l’incohérence.

 

Le comportement interventionniste et belliciste de l’occident dans le monde, tient d'une logique pseudo-discursive et désopilante du crime savamment étayé, pour autant que l'on puisse rire de l'infamie et de la tuerie! Avec un occident meurtrier, terroriste autorisé, plusieurs fois génocidaire dans son passé colonialiste esclavagiste, qui bombarde au nom de l’humanitaire, comme directement en Libye, Afghanistan, Irak, fait indirectement la guerre comme en Syrie, manipule l'Ukraine en y entretenant l'actuel conflit pour implanter l'Otan aux frontières de  la Russie, paupérise par des mesures haineuses et immondes comme à Cuba, nul ne peut s’empêcher de constater que c’est le seul cas, dans l’histoire de la solidarité humaine, où l’extermination de milliers d’individus innocents et l'instrumentalisation de la détresse humaine sciemment provoquée à des fins géostratégiques, constitue une action bénéfique, une valeur d’éthique et de salut de l’humanité.

À lire les billevesées de certains médias de l'"hyperdroite", cette extrême droite inavouable, baragouinant sur la haine de l'occident chez des ismalistes dont d'ailleurs l'occident se sert quand cela lui convient, islamistes qui ne font que tendre à l'occident, le miroir effrayant de la violence de ses propres politiques planétaires imposées, il faut se dire qu'il est facile pour les journaleux de rayer d'un trait d'encre ou par quelques gouttelettes malsaines de leur glaviot venimeux, la bonne part de la culpabilité du terrorisme d'État occidental et de l'origine occidentale de la crise plurielle de sécurité sévissant dans le monde et embrasant la planète. Oui, il est facile de faire regarder les conséquences d'une crise née du Nord et qui prend des  allures d'écheveau idéologique pour des pays ruinés où la masse paupérisée est littéralement sans autre repère que l'amélioration immédiate de sa condition intenable dans des pays égrugés par les bombes et le pillage occidental. Le capitalisme financier et belliciste est éhonté devant ses propres méfaits et leurs conséquences que ses larbins défenseurs coupent toujours de leurs causes. 

 Vive la rationalité, le bon sens des grands raisonneurs capitalistes!

Vive les gauches factices qui font leçon de vérité et de sens à la pauvre humanité que leurs spécialistes et journaleux sauvent d’elle-même et de ses potentielles révoltes, en la convainquant que le seul bien de l'Homme, consiste à sauver et à maintenir le capitalisme et ses aberrations!


Camille Loty MALEBRANCHE

 

Source: ALAIN INDEPENDANT

dimanche, 21 septembre 2014

EBOLA: LE MENSONGE GENERALISÉ

EBOLA.jpg

 

Alors que le journal Le Monde parle quotidiennement de « ravages » et de « catastrophe », la réalité est que l’épidémie de virus Ebola reste d’ampleur très modeste.

La presse parle de 1229 morts entre mars et août 2014 sur l’ensemble de l’Afrique, et encore ce chiffre n’est-il pas exact.

Si vous vous rendez sur la page du site de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) traitant du sujet, vous vous rendez compte qu’il y a en fait 788 décès formellement identifiés comme causés par le virus Ebola. Les autres sont des cas « suspects » ou « probables ». [1]

Ce sont bien sûr 788 morts de trop, mais il faut comparer aux 1,2 MILLION de morts causés annuellement par le paludisme [2], ou aux 2000 morts causés annuellement en France par la grippe saisonnière. [3]

Très peu de contagion

Les images de soignants portant des masques et des combinaisons intégrales pour s’approcher des malades suspectés sont insensées et dignes d’un mauvais film de science-fiction.

Car le virus Ebola ne se transmet absolument pas si facilement :

« Il faut un contact direct avec un liquide biologique comme le sang, les selles, les vomissures. Il n’y a aucune transmission par voie aérienne. C’est-à-dire que, lorsqu’une personne parle ou tousse, elle ne répand pas le virus Ebola dans l’air ambiant. » explique le Pr Bruno Marchou, chef de service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de Purpan, à Toulouse. [4]

Autrement dit, le virus Ebola est comparable au SIDA pour son mode de propagation. Il faut vraiment être au contact du sang ou du liquide biologique du malade pour risquer soi-même d’être contaminé.

Cela veut dire, toujours selon le Pr Bruno Marchou, que le virus Ebola :

« n’atteindra pas le stade pandémique. À Conakry (capitale de la république de Guinée), ils avaient initialement plusieurs dizaines de cas parmi le personnel hospitalier. Ils ont réussi, en appliquant des mesures d’hygiène standard simples, à endiguer la propagation du virus parmi leur personnel. »

Ces mesures d’hygiène n’ont rien de sorcier : « Quand on s’occupe d’un patient, on se couvre les mains avec des gants. Si le patient vomit, il faut aussi se couvrir le visage. C’est le b.a-ba. On fait ça tous les jours. » continue-t-il.

«La mort dans 20 à 90 % des cas »

Sandrine Cabu, de Médecins Sans Frontières, interrogée par Le Monde, explique que le virus Ebola entraîne « la mort dans 20 à 90 % des cas ».

Pourquoi une fourchette aussi absurdement large ?

Parce que le virus Ebola est surtout dangereux quand il est mal soigné. Les personnes meurent de déshydratation ou d’hémorragies mais le traitement consiste alors simplement à hydrater ou à transfuser le patient, pas à lui donner un vaccin ni un hypothétique médicament. Il ne faut pas croire ce que prétend l’industrie pharmaceutique qui aimerait pouvoir vendre aux gouvernements une poudre de perlimpinpin comme elle l’avait fait pour le Tamiflu.

« Les nouveaux médicaments ne sont pas la solution contre Ebola », selon un expert en maladies infectieuses

La solution contre l’épidémie consiste à respecter des mesures simples et de bon sens : hygiène, bonne nutrition, vitamine D, vitamine C.

Selon Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses des Etats-Unis, l’outil le plus efficace contre Ebola est de prodiguer les soins de base aux malades.

« La véritable priorité devrait être de créer des infrastructures médicales dans les pays touchés pour fournir aux malades le soutien médical de base comme l’hydratation et la transfusion sanguine. Cela aura un beaucoup plus gros effet sur la santé que la distribution au hasard de quelques médicaments expérimentaux. » [5]

Selon Thomas E. Levy, auteur d’un article récent sur les remèdes potentiels contre le virus Ebola [6] :

« Jusqu’à présent, il n’y a pas un seul virus testé qui n’ait pas été inactivé par une certaine dose de vitamine C. Un des moyens prioritaires pour détruire le virus, ou programmer sa destruction par le système immunitaire, est d’activer la “réaction de Fenton”. En un mot, cette réaction peut se produire à l’intérieur du virus, dans les cellules où les virus se répliquent et à la surface des virus eux-mêmes. »

Il n’y a donc aucune raison de suspecter le virus Ebola de se transformer brutalement en une pandémie à l’échelle de l’Afrique, et encore moins dans le reste du monde.

Mais il n’y aucun doute que cette psychose peut servir les intérêts financiers de quelques-uns.

Semer la panique : un business très lucratif

La panique autour du virus Ebola rappelle évidemment la grippe aviaire de 2005 et la grippe porcine (H1N1) de 2009.

Ces deux « pandémies imminentes » ont été l’occasion de manipuler grossièrement les opinions publiques pour justifier la vaccination en masse des populations, qui s’est révélée entraîner de terribles effets secondaires, dont la narcolepsie, un très grave trouble du sommeil. [7]

En 2009, l’Organisation Mondiale de la Santé a prédit qu’un tiers de la population mondiale pourrait être touchée par la grippe H1N1, avec des effets incalculables. La ministre de la Santé Roselyne Bachelot n’avait alors pas hésité à commander 94 millions de vaccins ! Les Français n’ayant été que 6 millions à se faire vacciner, Mme Bachelot avait, dès le mois de janvier 2010, annulé auprès des laboratoires pharmaceutiques la livraison de 50 millions de doses et fait verser par l’Etat en dédommagement près de 48 millions d’euros aux laboratoires. [8]

Quant au fameux médicament antiviral « miracle », le Tamiflu, son effet réel n’est que de réduire la durée des symptômes de moins d’une journée, sans limiter d’aucune façon les hospitalisations. Une étude britannique a conclu que la distribution de Tamiflu contre la grippe H1N1 a eu pour seul effet de… gaspiller 500 millions de Livres sterling.

En effet, la saison de grippe 2009 se révéla finalement moins grave que d’habitude, malgré la présence de la souche H1N1. De plus, de nombreux prétendus cas de grippe H1N1 se révélèrent ne même pas être des grippes mais de simples rhumes, ce qui n’est pas sans rappeler ce cas de virus Ebola à Berlin qui s’est finalement révélé être… une gastro. [9]

Jouer avec le feu

Toutefois, les titres excessifs martelés par la presse sont à mon avis très dangereux :

« Une épidémie absolument pas sous contrôle, sans précédent », Médecins Sans Frontières, le 30 juillet 2014. [10] [11]

« Le virus Ebola continue de dévaster l’Afrique de l’Ouest », Le Monde, 15 août 2014. [12]

« L’OMS décrète une urgence de santé publique de niveau mondial », France 24, le 20 août 2014. [13]

Cette psychose est en train de semer la pagaille en Afrique, où des gouvernements sont ni plus ni moins en train de fermer les frontières, mobiliser les armées pour réprimer les populations, et même isoler sans raison des dizaines de milliers de malheureux, hommes, femmes, vieillards et enfants mis en quarantaine dans un bidonville du Libéria, sans nourriture ni eau. [14]

« Pour espérer contenir l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui fait rage au Liberia (…) le gouvernement prend des mesures draconiennes. Deux quartiers de la capitale, Monrovia, ont été placés en quarantaine et sous surveillance sécuritaire, alors que dans le reste du pays, un couvre-feu a été instauré. », Le Monde du 22 août 2014.

« Tirer à vue »

Dimanche 24 août, on apprenait que, au Sierra Leone :

« Le parlement a adopté un projet de loi qui interdit d’héberger des malades. Les contrevenants sont passibles de deux ans de prison. [15] »

Lundi 25 août, pire encore : le gouvernement du Libéria ordonne à ses soldats de « tirer à vue » sur les personnes qui chercheraient à passer la frontière, soit disant pour empêcher l’épidémie de se progager ! [16]

Ces réactions totalement excessives risquent de provoquer une vraie catastrophe humanitaire, bien plus grave que le virus Ebola lui-même.

Des mesures commencent également à être prises contre les Africains au niveau international :

« Au niveau international, les citoyens de ces pays font l’objet d’une quarantaine de plus en plus stricte avec la fermeture des frontières, la suspension des vols de la plupart des compagnies aériennes qui les desservaient, le rapatriement des membres des familles du personnel diplomatique dans ces pays, l’annulation de conférences internationales, la délocalisation d’événements sportifs, etc. » note Rue 89. [17]

En Corée, de véritables réactions racistes éclatent contre les Africains, interdits d’entrer dans certains magasins. [18]

Le mythe du passager infecté dans l’avion

À écouter les autorités et nos journalistes, on croirait qu’une épidémie de virus Ebola peut se déclencher à tout instant en Europe : il suffirait que débarque un Africain touché par la maladie arrivé par avion.

Cette hypothèse est parfaitement irréaliste. Elle ne traduit qu’une ignorance complète de ce qu’est réellement le virus Ebola.

Ne succombons ni à la psychose, ni à une forme de racisme qui ne dit pas son nom.

L’épidémie de virus Ebola ne sera correctement endiguée en Afrique que si toute violence et toute mesure répressive cesse. Qu’on laisse chaque patient être pris tranquillement en charge par un personnel ayant une formation médicale de base, et prenant les mesures d’hygiène évidentes.

N’envoyons ni cargaisons de vaccins en Afrique, ni médicaments. Cela ne servirait qu’à enrichir les laboratoires pharmaceutiques et à provoquer des dégâts bien plus graves par les effets secondaires de ces médicaments.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

 

Source: SANTE NATURE INNOVATION

01:13 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Guinée, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : monde, afrique, santé publique, oms, santé, ébola, épidémie ébola, fièvre hémorragique à virus ébola | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 11 septembre 2014

TELECHARGEZ «REGARDS CROISES», VOTRE BLOG PREFERE: MISE A JOUR DU 10 SEPTEMBRE 2014

 

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Statistiques du blog pour le mois de AOUT 2014: 23.351 visiteurs uniques, 46.163 visites et 243.199 pages vues. Pages par jour (Moyenne/Maximum): 7.845/9.945 et Visites par jour (Moyenne/Maximum): 1.489/1.848.
 
 
Nombre d'abonnés à la Newsletter, à la date du 10 septembre 2014: Non disponible depuis le chiffre de 4.165 abonnés du début du mois de décembre 2013
 
 
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3- Une fois l'opération effectuée, vous allez vous retrouver avec deux nouveaux documents, dans le dossier ou le périphérique d'accueil que vous aurez choisi: un dossier (jaune) «regardscroises» et un fichier «index.html»). Votre extraction est donc achevée. Faire alors un double-clique dans le fichier «index.html». Vous découvrirez avec émerveillement votre blog préféré Regards Croisés dans toute sa splendeur (seuls quelques fichiers ne seront pas actifs parce que hors connexion)! Bonne lecture!
 
 
DINDE Fernand AGBO

mercredi, 10 septembre 2014

SECURITE: LE QUESTIONNEMENT DU Pr MAMADOU KOULIBALY

 

MAMADOU KOULIBALY 5.jpg

 

Que ce soit en tant que conférencier invité par l’Onuci et la Friedrich Ebert Stiftung pour disserter sur le rôle des partis politique dans le contrôle du secteur de la sécurité en Côte d’Ivoire ou lors de ses multiples rencontres avec les populations et la société civile, le président de LIDER, le Pr. Mamadou Koulibaly a pris l’habitude de poser une question à son auditoire : Que faire de la garde prétorienne de Ouattara à l’issue de l’élection présidentielle de 2015?

 

En effet, l’actuel président de la République, dans le sillage de la crise post-électorale, a mis en place une garde prétorienne de 5000 personnes environ. Cette garde issue des forces armées des forces nouvelles (Fafn) lui est rattachée par des liens privilégiés et fidélisés qu’elle a construits avec son arrivée au pouvoir. Ces forces sont donc politiquement liées à Ouattara plus qu’à son régime, au régime plus qu’à l’Etat et à l’Etat plus qu’à la République. Elles font office de forces de dissuasion du régime et semblent bien réussir, pour le moment, tant que le père fondateur est en place.

La garde prétorienne composée des forces spéciales et autres factions gérées par les ex-com’zones au cœur de la République et au service du sommet de l’Etat n’encourage pas les réformes de l’armée. Elle se comporte comme une compilation de milices privées au sein de l’armée et ressemble plus à des conquérants qu’à des soldats d’un état de droit. Mais le droit de l’Etat impose ces forces de sécurité, qui sont loin d’être républicaines, même si on les affublées de ce patronyme. Arrivées au pouvoir dans la dynamique de la crise ivoirienne, elles sont en effet liées non pas à la République, mais plutôt au président de la République qui est toujours président de son parti politique, en violation de la loi fondamentale, sans que cela ne gêne ni le Conseil constitutionnel, ni le Parlement.

On peut présumer que le système est sous contrôle du président-fondateur jusqu’en 2015. Mais que se passerait-il au cas où Ouattara perdait les élections? Que se passerait-il pour cette garde prétorienne et les autres forces pro-Ouattara au cœur de la machine sécuritaire de l’Etat si un membre actuel de l’opposition arrivait au pouvoir en octobre 2015? Comment une République dirigée par Mamadou Koulibaly s’accommoderait-elle des soldats qui ont juré fidélité et qui sont des militants avérés des différentes branches armées du Rdr, qu’on les appelle Fn ou Fafn ou Frci ? Comment s’accommoderait cette garde prétorienne avec un opposant devenu président de la République en 2015 ?

Mais, on peut admettre aussi que la présence même de ces forces pro Ouattara au moment des élections assure une dissuasion telle qu’aucun opposant ne puisse gagner ces élections de 2015. Cette hypothèse n’est pas moins probable que la précédente. Dans ce cas de figure, projetons-nous dans l’après 2015. Supposons que Ouattara gagne les élections et qu’il est dans son second mandat 2015-2020. Admettons qu’il n’envisage pas se représenter aux élections présidentielles de 2020. Cette hypothèse ouvre la perspective d’un renouvellement d’équipe gouvernementale. Il y aura donc un changement de président après 2020. Entre 2016 et 2020, nous entrerons ainsi dans une guerre de succession au cœur du système Ouattara. Le chef auquel les troupes constituées depuis 20 ans sont attachées, au point d’avoir conduit pour lui une rébellion de dix ans, doit laisser la place à un autre chef qui aura moins de légitimité et dans un parti politique en ébullition ou en reconstitution autour de ce nouveau messie charismatique et historique. Une guerre des héritiers de Ouattara est donc à envisager après 2016 et avant 2020. Quels en seraient les protagonistes dans le camp Ouattara? Avec quelles forces vont-ils mener leurs combats? Lequel de ces protagonistes contrôlera la garde prétorienne ? Comment les différentes factions qui composent cette garde prétorienne vont-elles se comporter dans ce «Game of Thrones» saison 2020 made in Côte d’Ivoire? Nous sommes au cœur de la question sécuritaire qu’aucune réforme actuelle du secteur de la sécurité ne peut éviter.

Le Rdr, aujourd’hui unifié autour de Ouattara, va-t-il résister aux guerres intestines que sa succession va déclencher ? Quelles conséquences ces guerres vont-elles avoir à partir de 2015 sur les Frci ? Sur les com’zones ? Sur l’armée ? Sur la police ? Sur la gendarmerie? La guerre des clans qui suivra va-t-elle ou non avoir un impact sur l’Etat ? Sur la République ? Sur les populations civiles ? La réforme du secteur de la sécurité (Rss) entamée peut-elle dès maintenant anticiper cette crise au sein des Frci ?

Dans tous les deux cas de figure, que Ouattara gagne ou perde les élections présidentielles à venir, la question se pose déjà de savoir ce que deviendra la garde prétorienne qu’il a constitué autour de lui et qui protège son régime comme une milice avec ses chefs de guerre directement attachés au président de la République lui-même.

Que deviendront les chefs de guerre dans une Côte d’Ivoire en émergence ? Peut-il y avoir compatibilité entre les chefs de guerre au service d’un président de la République et une prétendue émergence économique ? Faut-il dissoudre ces forces spéciales avant les élections et considérer qu’avec le second mandat de Ouattara ou bien avec le départ de Ouattara battu en 2015, leur mission serait terminée ? Et qui va les dissoudre, ces chefs de guerre qui depuis 2000 n’ont rien fait d’autre que la guerre, le trafic hors-la loi et l’affairisme ? Faut-il les mettre à la retraite et leur verser une rente viagère ? Ils seront de vieux soldats. Ils seront de riches rentiers. Mais ils resteront des militaires incompétents, claniques, violents et si on applique les résolutions 2151 et 2162, ils n’auront certainement plus leurs places dans l’armée nationale. Faut-il leur organiser des départs volontaires et à quel prix ? A quel coût ? Que va-t-on faire de ces autorités militaires devenus des militants politiques ou de ces militants politiques devenus entre temps autorités militaires ? Au-delà des chefs de guerre, des com’zones, que vont devenir leurs troupes ? Peut-on envisager renouveler leur encadrement et leur mise sous l’autorité du chef d’état-major des armées ? Faut-il envisager leur reprofilage et leur mise à disposition des futurs présidents de la République ? Peut-on construire une nouvelle armée, une nouvelle police et une nouvelle gendarmerie avec la logique des forces qui prétendent avoir gagné une guerre et avoir droit à un butin ?

Ces interrogations du Pr. Mamadou Koulibaly s’avèrent être un véritable casse-tête pour ses interlocuteurs. L’auditoire de la conférence du 5 août 2014 à l’Onuci, composé de députés de l’assemblée nationale, de membres du corps diplomatique, des forces armées nationales et internationales, de la société civile et des partis politiques, comme les populations avec qui il échange dans les communes d’Abidjan et à l’intérieur du pays se montrent souvent désemparés face à ce questionnement. Faut-il pour autant perdre espoir et accepter la situation actuelle comme une fatalité? LIDER, qui travaille depuis longtemps sur la question et pour qui il est urgent de construire une doctrine de défense et de sécurité qui soutiendrait un concept cohérent d’emploi des forces et une loi de programmation militaire, pense que non. Il va falloir aborder courageusement ce sujet et surtout mettre en œuvre les actions qui pourront ramener la sérénité et l’apaisement dans le quotidien des Ivoiriens.

La sécurité est l’affaire de tous et il est urgent que M. Ouattara et son gouvernement, qui jusqu’ici n’ont montré aucune motivation à apporter les correctifs nécessaires au dispositif sécuritaire et ont totalement failli à leur engagement d’organiser de grands débats nationaux sur les grandes questions de société, en particulier sur le rôle des institutions – l’armée en étant une –, commencent à faire preuve de volonté politique, de sérieux et de célérité dans le traitement de cette question. 

 

SourceLIDER-CI.ORG

MAMADOU KOULIBALY: CELA M'ATTRISTE TERRIBLEMENT...

 

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Interrogé par le quotidien L’Inter, le président de LIDER, le Pr. Mamadou Koulibaly, avec son franc-parler habituel, fait part de sa profonde déception au vu de l’attitude de certains représentants de l’opposition et évoque les conditions pour battre Ouattara dans les urnes, en dépit du déséquilibre des moyens, des forces et de la commission électorale inféodée.

 

Comment appréciez-vous la réélection de Youssouf Bakayoko comme président de la Commission électorale indépendante ?

Même si cet état des choses est décevant de la part d’un technocrate qui sort du consensus de Washington mais se comporte comme un potentat de village africain, il est dans la logique de l’action du candidat Ouattara qui consiste à verrouiller le processus et le système électoraux pour préparer, forcer et imposer sa victoire. Il faut quand même retenir que les choses ont commencé avec le Conseil constitutionnel anticonstitutionnellement installé, qui ferme depuis lors les yeux sur les violations flagrantes et récurrentes de la loi fondamentale par le président de la République, qui reste à la fois chef de l’Etat et président du Rdr. Il ne faut pas oublier que par la suite, entre autres actes illégaux, le président a installé une Commission électorale totalement à ses  ordres, en violation de la Constitution. Que Bakayoko soit de nouveau installé comme président de la Commission électorale inféodée (Cei) est dans l’ordre normal de la fraude électorale dont il représente les préliminaires. Et cela est dommageable pour nous qui voulons le renforcement de la démocratie et qui rêvons  de société ouverte, apaisée et tranquille. Dommage pour les gens de leur génération dont on se demande bien quelle leçon de morale ils donnent à leurs descendances, lorsque la triche devient officiellement leur mode de fonctionnement ? Après, comment s’étonner qu’aux examens, les enfants considèrent que la fraude soit moralement défendable ?

Vendredi dernier, lors des débats, cinq membres n’ont pas attendu l’élection du bureau de la CEI et ont claqué la porte. Que vous inspire cette situation ?

C’est à croire qu’en Côte d’Ivoire, les gens qui pensent que la norme de vie en société est la tricherie, la fraude, la violence et la lâcheté sont majoritaires. Il est décevant d’observer que le fait que la loi soit mauvaise ne gêne pas tant que cela, qu’on l’accepte parce qu’elle nous permet d’obtenir une rente, même si elle est anticonstitutionnelle. Désappointant tout ça. Il aurait fallu dénoncer la loi comme non conforme à la Constitution. Descendre dans les rues et exiger le respect de la Constitution. LIDER était seul à défendre de façon cohérente et rigoureuse le Droit et la Constitution avec ses amis de La 3ème Voie et des voix de la Convention de la société civile, de certaines associations de défense des droits de l’homme, ajoutées à celles de quelques députés courageux et de l’Udcy. Il faut croire que les défenseurs du droit sont très minoritaires dans notre pays, ce qui explique le règne des fraudeurs, de l’impunité et de la permissivité qui sont à la base de l’injustice. Ceux qui y sont allés et qui prétendent en claquer la porte sans vraiment en sortir maintenant vont préférer dénoncer les maigres parts qui leur ont été proposées pour leur participation à cette Commission, plutôt que le principe même de celle-ci: illégale dans sa conception, inique dans son organisation, déséquilibrée dans sa composition et évanescente dans ses attributions actuelles. Cela m’attriste terriblement. Ils croyaient probablement bien faire, mais ils doivent maintenant se rendre à l’évidence que Ouattara ne changera pas, ne changera plus dans sa logique de confiscation du pouvoir. Ils ont appelé leur attitude «la realpolitik». Ils se disaient opposés à la politique de la chaise vide, mais ne vont pas au bout de leur politique. Aucune conviction donc. Rien que de l’ambition ! Démoralisant tout ça! Et cela déprime l’homme que je suis et me blesse profondément dans mes amours pour la démocratie et pour la Côte d’Ivoire. Je n’ai même pas la force de commenter leurs attitudes ; celle de Ouattara est plus logique et a du sens. Je voudrais simplement réitérer mon souhait et mon appel à l’endroit de toutes ces personnes et leurs mouvements : Laissez vos illusions de côté, il est temps que nous nous engagions ensemble dans la mise en place d’une coalition pour le changement démocratique dans notre pays. Il n’y a que cette voie qui nous donnerait quelque chance de battre Ouattara aux prochaines élections, malgré ses calculs et ses moyens. Construisons ensemble la coalition de la victoire. Nous pouvons le faire si nous nous donnons un programme commun de gouvernement, un discours unique et simple, une équipe managériale cohérente et un candidat unique pour ce but commun. Faisons-le le plus tôt. Nous sommes à 13 mois des élections et il y a du travail à faire. Nous avons faim certes, mais oublions nos ventres pour le moment, serrons les ceintures, mettons-nous au travail et arrêtons de tergiverser dans des querelles de clochers. Il y a-t- il encore des hommes et des femmes de bonne volonté pour entendre cet appel et agir en conséquence? Oui, il y en a. Je continue de le croire.

Voyez-vous dans le couac observé, vendredi, un mauvais présage pour les futures élections ?

Oui. Un très mauvais présage. Nous ne sommes même pas encore à la phase de la liste électorale et voilà déjà les signes annonciateurs de la fraude et de la violence. Dois-je rappeler que c’est la commission électorale qui aura la charge d’établir cette liste? Dois-je rappeler que, de par les faiblesses du code électoral, c’est le président de la République qui est le vrai administrateur des élections chez nous? Les choses se présentent mal. Nous avons dénoncé et continuons de dénoncer une commission électorale qui ne peut avoir la forme de celle mise en place et éviter les conflits, car elle est une association de gens en conflits permanents. Elle devrait être indépendante des partis politiques et du gouvernement. Ce que nous voyons, ce sont des conflits avant même l’enjeu électoral. Que se passera-t-il quand nous serons dans la phase de la confection de la liste électorale ? Dans celle de la campagne électorale ? Le jour des élections ? Lors de la transmission des résultats ? Lors de leur proclamation ? Je pense que c’est clair. Non ?

LIDER a décidé de ne pas être dans la Cei alors que son président a annoncé qu’il se porterait candidat contre Alassane Ouattara. Quelle est cette logique ?

C’est la logique d’un parti qui, malgré tout, garde foi dans le fait que d’ici la date des élections, et avec les travaux engagés au sein de la coalition de La 3ème Voie, l’on arrivera à réveiller tous les démocrates de ce pays, à les remobiliser, à les mettre en ordre pour aller insuffler au pays profond que nous pouvons battre Alassane Dramane Ouattara, malgré les moyens infinis de l’État et les Frci dont il dispose. Mais pour cela, il faut que nous soyons logiques avec nous-mêmes. Si le matin nous sommes des opposants à Ouattara, il faut le rester jusqu’au soir. Si lundi, nous sommes des opposants à Ouattara, il faut le rester jusqu’à dimanche. Si en janvier, nous sommes des opposants à Ouattara, il faut le rester jusqu’en décembre. C’est seulement ainsi qu’ensemble, nous réussirons.

 

SourceLIDER-CI.ORG

COTE D’IVOIRE: EMERGENCE ILLUSOIRE OU EMERGENCE D’UNE PAUVRETE CROISSANTE?

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Emergence 2020, excellence pour l’émergence de la Côte d’Ivoire, émergence par-ci émergence par-là, on n’entend que cela de la part des autorités ivoiriennes. Et pour s’en convaincre on brandit les taux de croissance  flatteurs de ces 3 dernières années, 8% en moyenne, et on monte en épingle quelques travaux en trompe l’œil en cours ou projetés à Abidjan et l’achèvement de chantiers emblématiques (le prolongement de l’autoroute du nord, les travaux urbains d’Abidjan et le pont de Jacqueville) entamés sous l’administration Gbagbo.

Mais, aujourd’hui, 3 ans et demi après l’arrivée au pouvoir par la force de Ouattara on est en droit de se demander si la Côte d’Ivoire marche vraiment vers l’émergence. Ce pays peut-il devenir émergent en moins de 10 ans comme le promet le pouvoir ivoirien ? La situation actuelle et son évolution projetée se font-elles dans l’intérêt des ivoiriens et des populations vivant en Côte d’Ivoire ? Garantissent-elles un recul de la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie des populations ? A qui profite le crime du nouveau cycle d’endettement et « d’aides » générés par la croissance actuelle ?

Sans refuser l’émergence, ces questions méritent d’être examinées sérieusement. C’est ce que tente de faire ce papier.

La Côte d’Ivoire enregistre une croissance forte depuis 2012, estimée à 9.8 % en 2012, 8.7 % en 2013 et prévue entre 8 et 9% en 2014. La croissance économique de la Côte d’Ivoire depuis 2012 s’explique par 3 phénomènes :

1) le rattrapage économique, consistant à remettre le compteur de la croissance à 0% dans un pays qui avait une croissance économique de 2.4% en 2010 et qui a chuté à -4.7% en 2011. Pour se faire il fallait réaliser au moins 7.1% de croissance, presque mécanique dès que les activités ont repris. Tout se passe comme si pendant un mois l’on bloque votre salaire qu’on vous reverse les mois suivants sur votre salaire, vous aurai l’impression d’avoir un salaire plus élevé mais en réalité il n’en est rien. Le taux de croissance de 9.8% de 2012 permet tout juste de constater une croissance réelle supplémentaire de seulement 2.7% par rapport à 2010, et ceci malgré toutes les ressources injectées dans l’économie (qui était littéralement sous perfusion) et le soutien inconditionnel de la communauté internationale ;

2) l’impact du PPTE, notamment son volet d’annulation effective (une partie des annulations ayant été déjà consumée par l’effort d’apurement des arriérés supporté par la Banque Mondiale et la BAD et d’autres opérations antérieures, telles que les travaux urbains d’Abidjan (PUIUR) de la Banque Mondiale, pour un total de 1.5 milliards dollars US sur les 5 milliards d’allègement total attendus, dont plus de 60% dans le cadre du programme très contraignant de C2D) et la reprise des investissements directs étrangers (IDE). Le gouvernement en a profité pour se lancer dans un ré-endettement accéléré tout azimut, l’achèvement des chantiers lancés à Abidjan avec le concours de la Banque Mondiale depuis 2008, le prolongement de l’autoroute du nord, le pont de Jacqueville et un vaste programme de dépenses présidentielles non maîtrisées. C’est ce qui explique que le bond le plus important des investissements depuis 2012 est observé au niveau des investissements publics;

3) la surconsommation des élites et des ex-rebelles pilleurs, consommant leur butin de guerre tandis que la majorité de la population tire le diable par la queue, s’accompagnant d’un accroissement des importations. Les importations qui se montaient à 3062.3 milliards en 2011 passent à 4740.2 milliards en 2012 (+54.8%), et à 5013 milliards en 2013 (+5.75%). Elles sont prévues à 5434.7 milliards en 2014 (+8.4%) et à 5887.7 milliards en 2015 (+8.3%), pratiquement au même rythme que la croissance réelle projetée. Les exportations quant à elles stagnent sur la période. Les exportations qui se montaient à 5806.9 milliards en 2011 passent à 6006 milliards en 2012 (+3.9%), et à 6084 milliards en 2013 (+1.3%). Elles sont prévues à 6599.3 milliards en 2014 (+8.5%) et à 6986.9 milliards en 2015 (+5.9%).

On comprend la forte dégradation du compte courant de la balance des paiements. Le solde courant en pourcentage du PIB se monte à 12.9% en 2011, -1.9% en 2012 et -4.2%. Il est prévu à -4.1% en 2014 et -4.9% en 2015. Une telle dégradation rapide et durable des comptes courants extérieurs traduit la perte de compétitivité de l’économie.

Ces tendances de la croissance de l’économie ivoirienne ne peuvent être soutenables que si elles s’accompagnent d’un endettement extérieur continu. Or la bulle de l’endettement est en train de se dégonfler, personne ne veut voir la Côte d’Ivoire redevenir surendettée. Même le succès relatif de l’émission récente d’eurobonds (avec un taux d’intérêt de 5.65%, qui est presque le double des taux LIBOR plus 2 à 3%, soit 2.5 à 3.5%, offerts par les marchés au moment de l’opération) n’est que l’hirondelle qui est loin d’annoncer un nouveau printemps du surendettement irresponsable des années Bédié. D’ailleurs, le fait que l’Etat n’est retenu dans cette opération que 750 millions de dollars US sur un carnet d’offre de 4550 millions de dollars US, soit seulement 15.75%, et l’échec du dernier emprunt obligataire sur le marché de l’UEMOA sont des signes des limites imposées à un ré-endettement trop rapide du pays.  

Par ailleurs, la nature profonde de cette croissance explique sa fragilité et son faible impact positif sur la vie des populations.

Tout d’abord les ressorts de la croissance sont temporaires (le rattrapage économique mécanique et les effets de la réduction du stock de la dette extérieur) agissent comme un choc mou favorable. Le rattrapage économique s’est accompagné d’une explosion de l’inflation (jusqu’à 14% de taux d’inflation, près de 5 fois la norme communautaire). Si le pays était bien organisé en cette année l’évolution aurait entraîné un accroissement des recettes publiques. Mais, les pillages et la désorganisation des régies financières n’ont pu permettre de capter ces recettes. L’Etat, qui était porté à bout de bras par la communauté internationale, s’est au contraire lancé dans une course effrénée au ré-endettement. Une partie de ces fonds a alimenté la croissance des investissements publics (doublement entre 2011 et 2012), exécutés essentiellement par les firmes étrangères, notamment françaises. Le pillage des domiciles et des entreprises ont permis aux ex-rebelles de constituer une sorte d’accumulation primitive qui servira, à côté de tous les trafics et les détournements de fonds constatés dans presque tous les secteurs, à alimenter la consommation de biens importés par une petite frange de la population au détriment du plus grand nombre, maintenu dans la misère. Tout se passe comme si le pays a vécu au cours de ces 3 dernières années sur les importations de biens d’équipements et mobiliers pour les grands travaux et les biens de consommation financées par l’endettement public et les fruits des rapines.

Comme indiqué ci-dessus ces éléments ne peuvent être durables. La capacité de ré-endettement de l’Etat à une limite, apparemment déjà atteinte et on ne peut piller indéfiniment des biens et patrimoines (publics et privés) qui ont été constitués pendant des décennies, qui ne peuvent se renouveler du jour au lendemain. C’est le propre des systèmes qui repose sur la prédation et qui dépérissent à l’épuisement des ressources pillées.

La stratégie de relance adoptée par le pouvoir, tirée essentiellement par la demande publique aurait du être relayée  par une simulation des ressorts d’une croissance tirée par l’offre avec un appareil de production revigoré. Ce n’est pas le cas, il n’y a donc pas de création significative de richesses pouvant permettre de faire face à un endettement continu. Le règne de l’insécurité provoqué par des désœuvrés en arme faisant office de force de sécurité, ne milite pas en faveur d’investissements durables et créateurs de richesses. On constate l’absence d’une politique de stimulation de l’offre et de la compétitivité (forte hausse des importations et stagnation des exportations).

Ensuite, la croissance de ces dernières années en Côte d’Ivoire n’est pas inclusive, elle est même exclusive. La majorité des ivoiriens ne voient pas les taux de croissance extrêmement élevés impacter positivement leurs conditions de vie. Les emplois sont toujours aussi rares malgré le « vuvuzela » du gouvernement sur la création d’emplois, la vie est toujours aussi chère, les services publics délabrés (peu de nouvelles écoles primaires, de nouveaux lycées, et ceux existant sont peu entretenus, pas de nouveaux hôpitaux et centres de santé, ceux existant sont à l’abandon, dépourvus de médicaments, même les CHU ne sont pas mieux lotis, on parle de plan d’urgence de remise en état des services des urgences, tandis qu’on est obligé de fermer certains CHU). Toutes les routes nationales et départementales sont délabrées, de nombreuses voies secondaires et pistes rurales sont presque fermées, envahies par la broussaille. La voirie urbaine dans les principales villes est moins bien tenue que pendant les 10 ans de guerre imposés à l’administration Gbagbo.

En fait, la croissance économique qu’on observe en Côte d’Ivoire depuis 2012 traduit le retour à une économie totalement extravertie, désarticulée, et qui ne profite point au plus grand nombre d’ivoiriens. Les ivoiriens assistent, impuissants, à la gloutonnerie des pillards et leurs alliés abusivement baptisée croissance économique. En effet, avec une production agricole stagnante, l’extraction pétrolière en baisse et une industrie manufacturière en berne, la croissance ivoirienne actuelle est tirée par quelques grands travaux financés sur emprunt public et exécutés par des entreprises étrangères, notamment françaises, accompagnées par leurs auxiliaires que constituent les capitalistes arriérés complices de la rébellion en provenance des pays de la sous-région (surtout du Burkina Faso) sur le modèle de richissimes analphabètes comme les Kagnassi et Kanazoé. Ceux-là ne peuvent concurrencer les grands groupes français et se contentent toujours des domaines cédés en sous-traitance que ces derniers n’affectionnent pas sur les projets qu’ils gèrent (construction de barrages hydro-électriques, BTP, construction et immobilier, secteur minier, etc.). La croissance est également tirée par la surconsommation des produits importés de l’élite actuelle et des chefs rebelles, également analphabètes pour la plupart, ayant mis sous coupe réglée tous le pays. Tout ce beau monde est abonné à un retour déconcertant au mimétisme des années 1970 et 1980, jusque dans les habitudes vestimentaires (on abandonne les chemises et les tenues locales) et au recours à des produits artistiques importés (abandon des artistes locaux), mettant à mal la balance des paiements et la parité du F.cfa.

Dans le même temps le pouvoir s’emploie à étouffer les petits commerces, les services de proximité (le transport informel, les cabines téléphoniques, les petits mécaniciens et réparateurs divers, etc.) au prétexte d’une politique d’assainissement des grandes villes, notamment d’Abidjan. Cette tendance à étouffer le secteur privé local se retrouve dans le refus d’apurer les arriérés intérieurs et même de continuer à les accumuler.

Ainsi les arriérés sur la dette fournisseurs se sont accrus de 95.4 milliards en 2012 après une réduction de 25 milliards en 2011 et au lieu d’une réduction de 25 milliards prévue comme en 2011 (soit un gap de 120.4 milliards par rapport au programme). La programmation de la réduction de la dette fournisseur était de 50 milliards en 2013 et 2014 et de 40 milliards en 2015. Mais la programmation n’a pas été respectée en 2013 et rien ne nous dit que ce sera le cas en 2014 et 2015. La dette intérieure s’est transformée en un feu d’où viennent s’immoler les « desesperados » du régime qui s’attendaient à une pluie de milliards qui inonderait tous les foyers. Effectivement la pluie est tombée d’une manière jamais observée en  Côte d’Ivoire m’est c’était pour noyer les ivoiriens.   Il faut ajouter à ces arriérés sur la dette fournisseurs les arriérés sur le service de la dette intérieure : 348.9 milliards en décembre 2012, 327 milliards en décembre  2013 et 307.4 milliards dès mars 2014. Ainsi pour la seule année 2012 pour laquelle nous disposons de toutes les données les arriérés intérieurs (dette fournisseurs et service de la dette intérieure) se seraient monté à 444.3 milliards, pas loin d’1 milliard de dollars US (906 millions exactement). Ainsi, le pays se ré-endette rapidement tout en accumulant les arriérés intérieurs. Quel pays dont l’économie à la dimension  de la Côte d’Ivoire peut « immoler » son secteur privé domestique à ce point et espérer voir une relance de l’offre domestique. Il est totalement illusoire de croire que l’investissement privé peut décoller dans ces conditions. A ce rythme, la solution Mandiara Ouattara risque d’être la solution de l’émergence.

L’autre boulet de l’évolution économique actuelle de la Côte d’Ivoire c’est la cherté de la vie, qui mesure en fait le degré d’appauvrissement des populations. Le gouvernement dit que le taux d’inflation est faible depuis 2012 (autour de 2% l’an). Mais, paradoxalement les populations continuent de vivre les affres de la vie chère. La réalité réside dans l’explosion des prix de 2011 (plus de 14% d’inflation en une seule année, soit un taux d’inflation de près de 5 fois la norme communautaire et du taux d’inflation habituelle autour de 3%). On a expliqué que cette explosion était due à la guerre et à la crise post-électorale, ayant perturbé temporairement l’offre (notamment le dérèglement des travaux champêtres et une montée en flèche du racket) et occasionné un gonflement anormal des marges des distributeurs et des commerçants.

Il faut ajouter aux facteurs à l’origine de la cherté de la vie les impacts de certaines mesures prises par le gouvernement lui-même : augmentation à répétition des prix de l’électricité, augmentation des prix du carburant, une conséquence du rétablissement sans gardes de fou du mécanisme de fixation automatique des prix des produits pétroliers, le harcèlement des petits métiers et commerce de proximité qui proposent grâce à la divisibilité des ventes des packages quantité-prix de certains produits essentiels supportables par les plus démunis, la récente fixation du péage sur l’autoroute du nord à un niveau exorbitant, etc.. Toutes ces mesures ont contribué à maintenir le niveau des prix très haut.

Une fois le niveau des prix atteint cette crête, la seule façon de ramener les prix à des niveaux supportables c’est une baisse en niveau des prix grâce à une normalisation progressive de l’offre et à un retour à des marges de distribution raisonnables. Le fait d’avoir des taux d’inflation plus faible sur des prix qui ont déjà atteint le plafond ne résout donc pas le problème de la cherté de la vie. Le pouvoir ivoirien est incapable de résoudre ce problème ; ou bien il ne le comprend pas, ou bien il n’ose pas s’attaquer aux vrais causes du phénomène puis qu’elles impliquent ses soutiens (les distributeurs et commerçants et les forces de « l’ordre », notamment les FRCI). Et c’est la population qui paie cette incurie des gouvernants.

On pourrait multiplier les domaines dans lesquelles l’évolution récente ne rapproche pas la Côte d’Ivoire d’une quelconque émergence mais au contraire la précipite dans le gouffre des incertitudes économiques et de l’appauvrissement accéléré des populations.

Méfions-nous des taux de croissance flatteurs de la Côte d’Ivoire depuis 2012. Ils ne doivent pas nous faire perdre de vue la fragilité des sources de la croissance, son caractère exclusif et la pauvreté croissante qu’elle engendre. Ceci ne doit pas occulter le ré-endettement irresponsable et l’accumulation des arriérés intérieurs. Ceci ne doit pas occulter l’affaissement de la compétitivité du pays avec un déficit de la balance des paiements courants qui explose littéralement.

 

Par Jean Charles TIEMELE, Expert Economiste Financier.

mercredi, 06 août 2014

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samedi, 05 juillet 2014

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DINDE Fernand AGBO

jeudi, 12 juin 2014

POUR LA LIBERATION IMMEDIATE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO!

LAURENT GBAGBO. SOURIRE.jpg

 

Depuis son élection en 2000, le président Laurent Gbagbo a été la victime d’attaques répétées - médiatiques, politiques, puis militaires -, qui ont culminé après sa réélection confirmée par le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire, avec son arrestation le 11 avril 2011 par les forces spéciales françaises aidées par leurs supplétifs africains.

Après 10 jours de bombardements de la capitale économique ivoirienne, Abidjan, et particulièrement de la résidence présidentielle, suivis d'une répression impitoyable par les forces coalisées, provoquant des milliers de victimes parmi les partisans civils du président Gbagbo, ce dernier a été incarcéré hors de toute légalité dans le Nord du pays, dans des conditions de détention scandaleuses, ainsi que sa famille et l’ensemble de son gouvernement.

La justice des vainqueurs a ensuite organisé, en complicité avec le procureur de la Cour pénale internationale, les puissances néocoloniales et le nouveau régime qui leur est inféodé, son transfèrement à la Haye dans des conditions juridiquement plus que contestables.

Pour que la force des armes ne devienne pas un droit, nous, responsables politiques et intellectuels d’Afrique et du monde :

- Exigeons lalibération immédiate du président Laurent Gbagbo ;

- Demandons sa réhabilitation judiciaire pleine et entière.

Seules cette libération et cette réhabilitation créeront les conditions du rétablissement d'une confiance mutuelle entre les populations de Côte d'Ivoire et d'une véritable réconciliation nationale.

 

SIGNATAIRES

 

Association des Amis de Laurent GBAGBO

Albert BOURGI / Robert CHARVIN / Bernard Binlin DADIE / Amath DANSOKHO

Mireille FANON MENDES FRANCE / Patrice FINEL / Michel GALY

Joseph Kokou KOFFIGOH / Guy LABERTIT / Malick NDIAYE

Jean-François PROBST / Denis PRYEN / Paul Bert RAHASIMANANA / Aminata TRAORE

Jean ZIEGLER / Kofi YAMGNANE / Boubacar Boris DIOP

Massa KONE (militant pour la défense des droits des démunis au Mali)

Félix TANO (ancien membre du Conseil Constitutionnel de Côte d'Ivoire)

Les anciens Ministres de Côte d'Ivoire Adou ASSOA, Ahoua DON MELLO, Bertin KADET,

Lazare KOFFI KOFFI, Douayoua LIA BI, Clotilde OHOUOCHI, Hubert OULAYE /

Bernard HOUDIN / Hanny TCHELLEY / Calixthe BEYALA / Jean-Paul VANHOOVE

Alain CAPPEAU / René EMEH ELONG (U. P. C. en France – Cameroun)

Jean Paul TCHAKOTE (S. D. F. en France - Cameroun) / Djamal BENMERAD (Belgique)

Gadji CELI (Président en exil de l'Union nationale des artistes de Côte d'Ivoire, et du Bureau ivoirien du Droit d'auteur)

Didier ORSOT (Londres) / Prince SERRY dit JAH PRINCE

 

Contact Presse :

Raphaël DAGBO, président de l'Association des Amis de Laurent GBAGBO

Tél : 06 15 52 35 06

E-Mail : asso.amisdelaurentgbagbo@gmail.com

mardi, 10 juin 2014

LES VICTIMES DE DUEKOUE ECRIVENT AU PRESIDENT GBAGBO, PILIER INCONTOURNABLE DU PARDON ET DE LA VRAIE RECONCILIATION EN COTE D’IVOIRE

 

 

GBAGBO, OUATTARA ET BEDIE.jpg

Bien cher Président,

Ce sont déjà trois longues années qui sont passées depuis ce triste et honteux 11 Avril 2011, quand les forces de l’impérialisme et du mal, prises dans un flagrant délit de crimes de masses au sein et tout autour de votre résidence, ont décidé, à défaut de vous assassiner, de vous embastiller, loin de votre peuple. Malheureusement pour nos bourreaux et nos tortionnaires, "l’esprit GBAGBO", a été et reste, plus que jamais omniprésent dans notre quotidien à tous, victimes et bourreaux confondus !

Dans leur méchante volonté de vous jeter dans les souterrains de l’oubli, ils ont ainsi ameuté le monde entier à s’intéresser de plus près à vous, à notre sort d’Ivoiriens pris en otage dans notre propre pays mais surtout à faire l’inventaire encore inachevé de leurs crimes en association avec les bandes de rebelles qu’ils ont formés au Burkina Faso pour attaquer la Côte d’Ivoire en Septembre 2002.

A la veille de l’audience du 13 Juin 2014 à La Haye et à l’aube de ce "jour nouveau" qui, nous le croyons, s’est déjà levé sur la Côte d’Ivoire, à vous, notre bien-aimé Président, nous, victimes des crimes les plus odieux et encore impunis car minimisés par vos geôliers de la C.P.I., nous voulons, du fond du cœur, vous dire merci. Oui, Président GBAGBO, merci ! C’est vrai, tous ceux des nôtres qui sont morts par leurs bombes ne reviendront plus à la vie. Mais que se serait-il donc passé, à ce jour, si vous en qui nous avons eu confiance et qui incarne l’espoir de notre peuple, vous aviez fui dès que votre résidence a été attaquée ? En toute sincérité, très cher Président, votre courage, votre détermination et votre foi  ont sauvé la mise à tous les patriotes restés en vie et au pays même. Et voici qu’après de longues et interminables nuits de mensonge, la vérité vient, de façon irrésistible, grâce à votre ténacité à La Haye, éclairer notre "terre d’Espérance", l’Afrique et le monde de la lumière d’un jour nouveau, (en souvenir d’une vos paroles fortes de la campagne présidentielle en 2010). Nos adversaires auront-ils l’audace ou le courage de vouloir aller avec nous, comme nous le souhaitons, jusqu‘au bout de cette affaire ?

Seulement, chose curieuse ou bizarre, Président GBAGBO, où sont-ils tous passés, tous ceux-là qui vous ont empêché, dès votre élection en 2000, de réaliser le programme pour lequel nous vous avions élu ? Où sont-ils, tous vos détracteurs tels CHIRAC, DE VILLEPIN, Michèle ALLIOT-MARIE, SARKOZY et KOUCHNER, par exemple, pour ne citer qu’eux ? Nous les savons vivants mais pourquoi se tiennent-ils en retrait, loin de La Haye, au lieu de s’y rendre pour confirmer tout simplement les charges retenues contre vous ? Pourquoi se sont-ils emmurés désormais, dans un silence des plus bruyants car trop suspect, tant ils ont vociféré ici contre un président légalement élu en Côte d’Ivoire, fait la part belle à des rebelles  qui ont éventré des femmes enceintes ou décapité des bébés ? Où sont-ils, pour enfin en finir avec  vous, l’innocente victime de leur méchanceté qui a fait assassiner sans suite aucune même certains de leurs propres compatriotes tels Philippe REMOND, LAMBELIN et autres, parce que ces derniers avaient pris fait et cause pour le peuple de Côte d’Ivoire? Quel complexe ou handicap majeur les tient aussi loin de La Haye, surtout qu’en 2004, ces dirigeants français vous ont accusé, Président GBAGBO, d’avoir fait tuer neuf de leurs soldats, quand notre armée nationale chassait les rebelles de Bouaké ? Des soldats français dont les parents n’ont pas pu voir ou fait autopsier les corps car précipitamment enterrés aux Invalides à Paris.             

Président GBAGBO, ils ont longtemps menti au monde pour nous assujettir. Ils ont rugi contre vous et ils ont fini par rougir devant votre refus de vous soumettre à leurs ordres iniques. Ils ont donc tremblé de tout leur corps et tel Lucius –le diablotin-, ils ont porté le fer et le feu contre vous et votre peuple. En vous emprisonnant après avoir massacré votre peuple dont le seul crime est sa dignité non négociable, ils avaient cru leur tour bien joué. Malheureusement pour nos bourreaux, depuis le 11 Avril 2011, le devoir d’humanité, de par le monde entier, par souci de vérité et de justice, a pris son envol, s’est amplifié chaque jour, contrairement au temps qui semblait s’être arrêté ce jour-là. Qui, bien sensé, peut aujourd’hui nier la victoire du sens de devoir d’humanité conduit par des millions de démocrates aux quatre coins du monde, sur la perfidie rétrograde d’impérialistes et leurs obligés aux abois ?

Président GBAGBO, en raison des quelques propos qui précèdent mais aussi de nombreux autres faits à notre avantage à tous, nous,  victimes de Duékoué, nous vous disons tout simplement merci !!! Merci de n’avoir pas enjambé le mur de la clôture de votre résidence pour abandonner votre peuple aux mains de génocidaires désormais pris au piège du flagrant délit, de la confusion et d’une grande amertume. Merci pour ce courage, pour cette détermination, cette foi  et cette sérénité qui nous ont donné des raisons sérieuses d’espérer quand, en réfugiés sur nos propres terres,  nous vivions entassés tels des  objets, à la Mission Catholique de Duékoué, ce jour noir du 11 Avril 2011 !

Dans quelques jours, Président GBAGBO, nous serons le 13 Juin 2014. Pour nous, victimes de Duékoué, ce jour est déjà passé ! Une façon pour nous de dire que la Cour Pénale Internationale sait très bien depuis toujours que vous avez tort, vous et tous nos compatriotes dans les prisons françaises en Côte d’Ivoire, vous avez tort simplement parce que vous avez toujours eu raison depuis le début de cette scabreuse affaire montée par la France du gain cupide et assassin. Grand bien lui fasse, à cette France, de comprendre que seule votre libération libèrera le chemin obstrué de sa tranquillité, tellement cette France s’est fourvoyée  en bombardant lâchement notre peuple, après des siècles de pillage de nos ressources. Or, ce n’est point parce que la C.P.I. se refuse d’analyser ou d’enquêter sur une gratitude aussi basse de la part de la France que nous, victimes de tous ces dérapages néocolonialistes, nous allons abandonner notre Président, le Timonier de la renaissance africaine aux mains de geôliers aux ordres des forces impérialistes.

La C.P.I. qui joue son propre destin dans ce procès contre vous, Président GBAGBO, saura trouver les mots justes pour masquer le cuisant échec et la honte de ceux qui, comme des pirates, se sont crus pendant longtemps les maîtres de nos vies. Président GBAGBO, votre peuple vous attend, sans colère et sans haine, pour aider à effacer la grande honte subie par tous ceux qui vous ont lâchement attaqué et vilipendé mais qui peinent aujourd’hui à nous réconcilier,  à votre insu. C’est dans le calme et la sérénité que nous vous attendons Président GBAGBO, votre fils BLE Goudé Charles aussi, surtout qu’il n’y a vraiment rien en face, du Quai D’Orsay à La Haye via l’Elysée, si ce n’est du maïs !

Notre honneur et notre dignité n’étant pas négociables, nous vous disons : "à bientôt Président !!!" et paix sur nos - plus que trois mille - morts.

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel Caleb, le 6 Juin 2014.