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lundi, 24 mars 2008

ECRITURE ET ENGAGEMENT. VENTS DE RECOLONISATION, ECRITURE DE COMBAT

Vendredi 23 Mars 2007

ECRITURE ET ENGAGEMENT

VENTS DE RECOLONISATION, ECRITURE DE COMBAT

Chers Bien-Aimés frères et sœurs,


Dès les débuts de la crise ivoirienne, en Septembre 2002, je me suis senti, comme beaucoup d’Ivoiriens et comme beaucoup de chrétiens et d’intercesseurs de ce pays, interpellé quant à ma contribution à cette guerre spirituelle (et ce n’est pas autre chose) engagée pour la libération de la Côte d’Ivoire attaquée.

Mon engagement personnel dans la prière, pour cette cause, a été quasi sacrificiel. Jusqu’à ce jour. Et DIEU seul sait ce que nous avons, ensemble, fait échouer dans ce pays.
Mais à côté de cet engagement spirituel intense, j’ai pu, grâce à la lecture, découvrir avec effroi et horreur, l’ampleur du drame de mon pays et de mon peuple, l’Afrique : Indépendants sans être moins esclaves, gisant sous un joug plusieurs fois centenaire, entretenu par des cercles mystiques et des réseaux mafieux aux contours nébuleux, avec des bras séculiers contemporains.
Alors, des profondeurs de mon impuissance physique et matérielle, face à la négation de notre humanité (comment qualifier autrement le fait de Droits de l’Homme – à géométrie variable – reconnus à tous, sauf à nous, peuples faibles : Prédation économique et politique des nations occidentales, en Afrique et dans le Tiers-monde, génocide rwandais impuni depuis plus d’une décennie quand le coupable est clairement identifié et connu de tous) et face à l’esclavage mental dont font, quelquefois, montre les africains eux-mêmes, j’ai éprouvé le besoin d’exhaler la douleur de ma meurtrissure profonde par des écrits caustiques ou des épithètes au vitriol, sur le Net, contre la puissance néocolonialiste ou néo colonisatrice qu’est la France , et contre tous ses affidés, en Côte d’Ivoire, en Afrique ou ailleurs dans le monde.
Des écrits très engagés dans lesquels ne se sont pas toujours reconnus certains d’entre vous, en tant que Chrétiens. Je le concède.

Pour moi, il ne pouvait y avoir d’autre écriture que celle qui est engagée quand son droit à la vie, son droit à la liberté, à l’autodétermination, à la paix, à la joie de vivre, à la prospérité et à la démocratie est nié. Contre toute morale.

J’ai entendu la responsable d’une régie européenne de communication, lors d’une rencontre de travail en Côte d’Ivoire avec la presse, dire aux journalistes : « Il n’y a pas de journalisme d’information, en Côte d’Ivoire ». J’en ai été choqué et vous comprendrez pourquoi.
Notre EBONY 2006 (que j’apprécie beaucoup), Lanciné FOFANA, y est aussi allé de la sienne, en s’adressant, récemment, à ses confrères : « Les hommes politiques font la politique, laissez-les faire la politique ; quand à vous mes frères journalistes, faites votre boulot ».
Entièrement d’accord avec ces deux personnalités du milieu, à part que ces propos ne peuvent avoir prise que dans un pays libre, réellement indépendant, où tous respectent les règles démocratiques (ce qui est loin d’être le cas, actuellement, en Côte d’Ivoire) et qui a une bonne culture civique.

Malheureusement, notre pays connaît la plus grave crise de sa jeune histoire, il lutte pour sa survie en tant que nation souveraine qui aspire à l’indépendance et au droit à l’existence, contre un puissant prédateur. Comment pouvons-nous encore nous faire un complexe d’être engagés ?
Le Professeur SERY BAILLY n’écrivait-il pas, avec beaucoup de modestie, dans son magnifique article (merci, Professeur) intitulé « La Tragédie de Toussaint », paru dans le journal Le Courrier d’Abidjan, N° 969 du Mercredi 21 Mars 2007 : « Notre histoire actuelle m’a appris que j’avais tort de penser à la REVOLUTION » (à l’opposé de Bernard DADIE qui prônait la conquête de la démocratie (et d’une indépendance véritable) qu’il avait qualifiée, en son temps, de démocratie bourgeoise, version Dadié, à contrario de la démocratie « nouvelle » de la classe ouvrière à laquelle il adhérait) quand la vie et l’indépendance n’étaient même pas assurées » ?
Il faut, se faisant, maintenant les assurer. Les conquérir.

Mon avis est donc que les journalistes et les Ivoiriens doivent se décomplexer et s’inscrire résolument dans leur temps et dans le cours de leur histoire, au risque de paraître (à défaut) totalement anachroniques.
C’est en cela que je salue, HAUTEMENT, la floraison de livres écrits, actuellement, sur la crise ivoirienne par les Ivoiriens. Il faut écrire, encore et encore, et de toutes les manières. Pour la vérité et pour la postérité. Car les paroles (aussi belles soient-elles) s’envolent, seuls demeurent les écrits.

Ce qui est vrai ou valable en France ou en Occident, ne l’est pas forcément en Côte d’Ivoire ou en Afrique. Les impératifs de la presse occidentale et les besoins des peuples occidentaux ne sont pas les nôtres.
Eux, ils sont libres, rassasiés et replets. Nous, nous sommes affamés, squelettiques et encore dans les liens. Pouvons-nous, objectivement, avoir la même écriture ? Pourquoi voulons-nous nous laisser charger la conscience par ceux même qui ne se privent pas de mettre leurs médias (tous genres confondus) au service de la cause nationale néocoloniale et qui s’affranchissent de tout professionnalisme quand il s’agit de l’Afrique ?

Le Professeur ZADI ZAOUROU avait donné, en 1995, au Ministère de la Culture dont il était alors le titulaire, le slogan : « Vents de crise, culture de combat » (pour coller avec la situation de conjoncture économique que connaissait le pays).
Nous, nous disons : « Vents de recolonisation, écriture de combat ». Comme au bon vieux temps du RDA..
Le Président GBAGBO ne disait-il pas qu’il avait repris la lutte là où le Président HOUPHOUET l’avait laissée ? Vraisemblablement, nous ne sommes pas encore, au titre de nos libertés et en considération de tous les droits qui nous restent encore à conquérir, sortis des années 40. A l’image même de Jacques CHIRAC, « l’Africain », à qui nous devons d’avoir un pays (artificiellement) coupé en deux.
Alors, Ivoiriens, ne nous trompons pas de combat, allons résolument à la paix.

A cœur vaillant rien n’étant impossible, Haut les…plumes, peuple ivoirien, pour ta liberté !

Que DIEU vous bénisse tous, richement !

15:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, Paroles pour la Côte d'Ivoire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

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