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lundi, 24 mars 2008

L'ILLOGISME SUSPECT DE L'ONU

Mardi 30 Octobre 2007


Chers Bien-aimés frères et sœurs Ivoiriens,


Voici 5 ans que la Côte d’Ivoire est en crise. Une foule de résolutions onusiennes prises à cette occasion vient attester de l’importance qu’accorde la Communauté Internationale au retour de la paix dans notre pays.
Du moins, c’est ce que cela laissait penser. Mais à l’analyse des faits, on a vite fait de déchanter.

Des Premiers Ministres Seydou Elimane DIARRA (nommé par les Accords de Lina Marcoussis) et Charles Konan BANNY (issu de la Résolution 1633 du 21 Octobre 2005, découlant de Prétoria 2) jusqu’au Premier Ministre Guillaume Kigbafori SORO (choisi et nommé par le Président Laurent GBAGBO), jamais l’on n’a assisté à des avancées plus significatives que celles enregistrées depuis le paraphe de l’accord de Ouagadougou, le 04 Mars 2007, sous les auspices du facilitateur, le Président Blaise COMPAORE. On peut en juger, en toute objectivité :

- D’abord la décrispation générale observée dans la vie socio-politique ivoirienne, tellement si salutaire pour les populations – qui retrouvent le goût de la vie après avoir connu le fond du désastre – et pour la reprise économique ;
- La formation d’un gouvernement de transition consensuel, dans un esprit dépourvu de toute rivalité ;
- La mise en place du Centre de Commandement Intégré (CCI), embryon de la nouvelle armée réunifiée et refondée de Côte d’Ivoire ;
- La suppression et le démantèlement de la zone de confiance qui consacrait la partition de la Côte d’Ivoire ;
- L’ordonnance du Président de la République portant amnistie des infractions et faits ayant porté atteinte à la sûreté de l’Etat et à la défense nationale ;
- La cérémonie de la Flamme de la paix, le 30 Juillet 2007, à Bouaké, marquant la fin de la guerre et célébrant la réunification du territoire ivoirien, balafré par une ligne virtuelle, en 2003 ;
- Le redéploiement du Corps préfectoral dans toute la Côte d’Ivoire ;
- Le démarrage des audiences foraines et, en règle générale, la mise en œuvre et la conduite de l’ensemble des opérations devant conduire à la tenue des élections générales.

Devant de telles avancées, le Président de la République était fondé à demander, à la 62ème Assemblée Générale des Nations Unies :

- La levée de l’embargo sur l’achat des armes qui frappe notre pays, afin de lui permettre de se réapprovisionner en armements légers, pour assurer convenablement la sécurité des Ivoiriens et lutter contre la criminalité dont l’aggravation a été favorisée par la guerre et la circulation anarchique des armes légères, qui en a découlé ;
- La levée des sanctions qui frappent nos concitoyens, Charles Blé GOUDE, Eugène DJUE, et Fofié KOUAKOU, qui sont, aujourd’hui, de véritables acteurs du retour de la paix ;
- La baisse de l’indice de sécurité, vu que la Côte d’Ivoire connaît, aujourd’hui, une véritable accalmie sur tous les fronts, et a amorcé, avec vigueur, la pacification de l’ensemble de son territoire, par un retour à la vie sociale normale et par la réinstallation de l’Administration dans les zones CNO (Centre-Nord-Ouest) ;
- Et enfin, l’appui de la Communauté Internationale au processus de paix, notamment sur le plan financier, pour nous permettre, comme l’a dit le Président GBAGBO, « de financer les actions liées directement au règlement de la crise : le service civique, les audiences foraines, les élections générales, le retour des déplacées de guerre et, de façon générale, la consolidation de la paix ».

Mais que ne fut notre ahurissement d’entendre le Secrétaire Général de l’ONU, Monsieur BAN KI-MOON, n’en faire aucun cas dans son dernier rapport, qui était au centre de la réunion du Conseil de Sécurité du Lundi 22 Octobre 2007, à l’ONU, mais d’exprimer, en revanche, ses inquiétudes face à ce qu’il considère comme des retards constatés dans l’application de l’Accord de Ouaga, en des termes qui ont sonné comme un procès à la Côte d’Ivoire.
Ce qui a fait dire à l’Ambassadeur de la Paix, Alpha BLONDY, s’adressant à l’ONU : « Ne tirez pas sur l’ambulance ! » Image saisissante.

Oui, l’ONU est illogique. Et cet illogisme de l’ONU est suspect.
N’est-ce pas que voici des Ivoiriens qui s’échinent, depuis de longs mois, à ramener la paix dans leur pays, au prix de mille écartèlements ?
Mais en retour, à quoi ont-ils droit ? A une incroyable et inexplicable posture rigide de l’Organisation Mondiale, la plus à même de booster tant d’efforts politiques et financiers et tant de sacrifices consentis pour mettre fin à la crise. Celle-là même qui aurait dû les encourager, dans cet élan. Ce monde est-il sérieux ?
Quelle autre preuve devons-nous donner de notre bonne foi et de notre bonne volonté ? Où sont les centaines de milliards promis à la Côte d’Ivoire par la Communauté Internationale depuis Marcoussis, pour appuyer le processus de paix ? Comment accélère t-on le désarmement, le démantèlement des milices, l’identification, le rétablissement de l’autorité de l’Etat dans tout le pays, l’actualisation du registre des électeurs, l’unification des deux armées et le retour des déplacés de guerre, SANS ARGENT ? Comment y arrive t-on ? Honnêtement.
Comme s’interrogeait avec beaucoup d’à propos et de courage notre représentant permanent à l’ONU, l’Ambassadeur Alcide DJEDJE : « Existe-t-il un autre objectif que veut atteindre l’ONU… ? ». Ou veut-on faire payer au Président Laurent GBAGBO l’outrecuidance (?) qu’il a eue de demander que soit dorénavant privilégiées « les solutions de terrain dans les règlements des conflits », le cas ivoirien faisant désormais école ?

Résultat objectif de tout cet illogisme, le Conseil de Sécurité de l’ONU vient de nous pondre la Résolution 1782, totalement irrationnelle, et relevant, à la limite, des pires élucubrations métaphysiques.
A part les deux brèches relevées, au journal télévisé de 20 heures, du Lundi 29 Octobre 2007, par S.E.M Alcide DJEDJE, Ambassadeur de la Côte d’Ivoire à l’ONU, touchant à la possibilité pour le Gouvernement ivoirien de faire une demande expresse de dérogation à l’embargo sur les armes (dont je doute de l’aboutissement), selon la procédure visée aux articles 8, 10 et 12 de la Résolution 1572 (2004), et celle du re-examen, dans 6 mois, de la levée des sanctions contre nos compatriotes (parade et esquive intelligentes pour les faire perdurer indéfiniment par successives reconductions), tout se passe comme si l’ONU craignait de voir finir la crise ivoirienne et de laisser ainsi aboutir l’Accord de Ouagadougou, fruit du Dialogue direct ivoiro-ivoirien.
La « solution de terrain » serait-elle une hantise pour la Maison de verre (vous avez dit transparence ?) ?

Et que dire du fait que l’initiative de cette résolution ait été laissée à la France et qu’elle ait gardé le ton et les récriminations des résolutions de l’après Novembre 2004, sans tenir aucun compte de toutes les avancées et de tous les signaux forts renvoyés au monde, par les ex-protagonistes et belligérants ? De la pure injustice et, à la limite, de la provocation. Une provocation gratuite.

L’ONU ne peut continuer de traiter la Côte d’Ivoire comme une colonie de la France et de s’approprier ses animosités contre notre pays. C’est inacceptable, mille fois inacceptable, 62 ans après la Deuxième Guerre Mondiale. La Côte d’Ivoire mérite plus de considération que cela. D’autant plus encore qu’elle donne tous les signes de sa ferme volonté d’en finir avec une crise qui n’a que trop duré.

Vivement que l’ONU ne s’érige pas en rabat-joie et ne s’inscrive pas à contre-courant de la paix, en Eburnie.
Le peuple ivoirien attend, dans les prochains mois, sa profession de bonne foi, à travers des résolutions plus responsables et plus rationnelles.

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire, une, indivisible et hospitalière !

19:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

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