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lundi, 24 mars 2008

SORTIR DE LA LOGIQUE DE LA RECOMPENSE

Mercredi 17 Octobre 2007


Chers Bien-aimés frères et sœurs,



La crise ivoirienne a suscité, depuis le lendemain de l’attaque du 19 Septembre 2002, un extraordinaire sursaut national et un magnifique élan patriotique dont l’envergure a fait échec aux cabales les plus démoniaques et aux pires campagnes de diabolisation jamais orchestrées contre la Côte d’Ivoire, par une nébuleuse aux tentacules multiples, aux visages des plus divers et aux ramifications les plus inattendues.

Grâce à la providence du SEIGNEUR ETERNEL, la Côte d’Ivoire réunifiée est en passe de juguler sa crise, grâce au dialogue et au pardon mutuel, et de gagner un pari qui fait désormais école : Celui de régler sa crise par elle-même.

Du milieu des braises des heures chaudes de la Résistance sont nés des regroupements et associations de toutes sortes : Mouvements patriotiques des jeunes et des femmes, Organisations de défense de la République , Agoras et parlements, Mouvements de soutien, etc, sans compter le peuple entier qui a dû, quelquefois, faire une véritable démonstration de force pour annihiler toutes les velléités de renversement du pouvoir et de déplanification de l’Etat.

Aujourd’hui où le pays tout entier savoure une accalmie générale qui permet au pays de reprendre espoir et de travailler à la reprise économique, on assiste, ici et là, à des manifestations de reconnaissance, destinées à témoigner aux nominés la gratitude de la République , pour les efforts consentis pour ramener la paix en Côte d’Ivoire.
C’est dans ce cadre-là que s’est inscrite la dernière cérémonie organisée (le Mercredi 10 Octobre 2007), au Palais des congrès de l’Hôtel Ivoire, par le Ministère de la Réconciliation Nationale et des Relations avec les Institutions de la République , baptisée LA NUIT DE LA RECONCILIATION ET DE LA PAIX.
Une manifestation qu’on aurait pu considérer comme bien venue si, au finish (parce que mal goupillée et maladroitement sélective), elle n’avait fait de si nombreux frustrés - et non des moindres - oubliés par les organisateurs. Conséquence : La belle manif a laissé un arrière goût amer à plus d’un et fait couver, en ce moment, une véritable grogne dans la galaxie patriotique.

C’est l’occasion pour moi de relever ce que je qualifierais de maladresses des gouvernants et, plus spécifiquement, du cercle du pouvoir : Cette propension morbide à vouloir récompenser tout le monde pour la loyauté, l’engagement patriotique ou l’effort de paix.
Et comme il est, visiblement et objectivement, impossible de récompenser tout le monde (pendant que des faveurs et des largesse princières sont accordées à quelques-uns, qui roulent carrosse), le cercle des oubliés mécontents s’élargit à grande vitesse, et fait peser de graves menaces sur la mobilisation et la veille patriotique populaire.

Cette manière de faire risque de nous perdre et va nous confronter à de graves autres problèmes qu’il ne nous sera pas aisé de résoudre, si nous ne redressons pas la barre à temps.
Oui, ou on récompense tout le monde, ou on ne récompense personne. Voici ce qui est sage et préférable. Et juste. Il faut éviter d’instaurer deux poids et deux mesures.
Relativement à cette question de reconnaissance, la grogne couve, le malaise devient de plus en plus perceptible, la rumeur enfle. Il faut en tenir compte avant l’irréparable, c'est-à-dire les défections en masse.
Mais, en fait, tout cela découle d’une manière biaisée de voir la vie.

En effet, dans mon entendement, dans ma perception des choses, le patriotisme et l’effort de paix, étant des élans d’envergure nationale et ayant fait l’objet de l’engagement de tous, ne devraient pas être monnayables.
On ne doit pas se dire patriote ou messager de paix et en attendre une reconnaissance sociale, la gratitude de l’Etat ou quelques retombées.
Si cela arrive, tant mieux, si ça n’arrive pas, tant pis. Mais il faut absolument sortir de cette logique de récompense, aussi bien au niveau du peuple que des gouvernants. C’est un piège redoutable à court, moyen et long terme. Surtout à cause des opportunistes de tout poil et de tout acabit, en mal de gain et de profit, qui expose la Nation à de nouveaux périls. Parce qu’après, il faut gérer leurs humeurs et leurs menaces.
On est patriote ou pacifiste parce qu’on aime son pays. Un point, c’est tout. Point de salaire à en recevoir ou à donner. C’est cela le vrai patriotisme. C’est cela le vrai pacifisme.

Mais à l’allure où nous sommes déjà partis, il faudra décorer et récompenser toute la Côte d’Ivoire, sous peine d’être blâmé par le peuple et au risque de faire une grave injustice et de blesser moralement tous les Ivoiriens et les familles qui ont payé, dans leur chair et dans leur âme, leur amour pour la Côte d’Ivoire.
C’est dans le piège de cette logique que nous sommes, aujourd’hui, tombés quand des listes viennent des cercles du pouvoir pour récompenser, dans les emplois de la Fonction Publique , des patriotes qui ont défendu la République.
Résultat : Toutes sortes de réseaux occultes se sont créés autour de cette œuvre charitable et de souveraineté qu’on peut, dans une certaine mesure, comprendre (même si ce n’est pas forcément acceptable), et font entrer dans la Fonction Publique ivoirienne, à prix d’or et dans la complaisance la plus totale et la plus révoltante, amis, copains, copines, amantes, parents du village et tous les quidams qui ont un peu d’argent, dans ce pays.
Les listes parallèles aux concours de l’ENA (qui est, aujourd’hui, une véritable honte nationale) découlent de cette façon de procéder.

Quel que soit le combat et l’engagement des uns et des autres, il faut mettre tout le monde sur le même pied d’égalité, en tout, pour éviter toute injustice : C'est-à-dire, le travail et le mérite, rien que le travail et le mérite.
Car nous avons tous combattu pour ce pays. D’une manière où d’une autre. Et ce n’est pas parce que nous ne nous sommes pas affichés sur la place publique que notre combat a été le moins déterminant. Loin s’en faut !

Vivement que nous sortions de la logique de la récompense (sélective). Maintenant. Pour ne pas faire plus d’injustice qu’il n’y en a déjà.



Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !

19:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

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