30.03.2008
DEUX ARTICLES SUR LA CRISE IVOIRIENNE A GARDER EN MEMOIRE !
LA FRANCE SE TROMPE D’EPOQUE ET DOIT
ASSUMER
Opinion : L’auteur de cette contribution s’appuie sur la part active de la France dans la crise ivoirienne pour mettre à nu les armes déstabilisatrices de la France impérialiste dans ses ex-colonies. Morceaux choisis.
Par le Professeur GNAGNE Y. Maurice
Monsieur Jean-Pierre TUQUOI, journaliste au célèbre quotidien français « LE MONDE »,qui serait « spécialiste » des affaires africaines,titrait dans le numéro du 29/12/2005 de ce journal,son commentaire sur la formation du Gouvernement Banny,par cette phrase : « La formation du gouvernement ivoirien marque la défaite( ?)du parti du Président Gbagbo ».
Dans ce commentaire,il se réjouit de la « percée » de l’opposition politico-militaire dans ce gouvernement qui,pour lui,est constitué dans le but d’organiser les élections d’Octobre 2006 qui trouveront « un remplaçant au Président Gbagbo ».Un remplaçant au Président Gbagbo,tout bêtement et tout simplement !
(…)Ce qui paraît curieux dans cette affaire,et qui d’ailleurs est une surprise,mais peut-on réellement être surpris ?C’est que monsieur est un journaliste français,donc à priori un intellectuel républicain cultivé qui,paradoxalement,se réjouit et espère la prise du pouvoir d’Etat par une rébellion politico-militaire, en Côte d’Ivoire(la fin ne justifie t-elle pas les moyens ?se dit-il certainement !).(Note personnelle :C’est du racisme à l’état pur. Ils n’accepteraient jamais une telle dérive chez eux. Cela n’est bon que pour l’Afrique et pour les Nègres. Et si encore ils nous considéraient comme des Nègres ! Nous avons le malheur de n’être que des Africains !)
Mais,prise de pouvoir par la rébellion politico-militaire en Côte d’Ivoire au bénéfice de qui ? Du Peuple de Côte d’Ivoire qu’on massacre ? Pouvons-nous nous interroger ! Naturellement ,et ceci est une évidence qu’on ne discute plus aujourd’hui :Au bénéfice de la France chiraquienne,sa patrie !
En effet,la réjouissance de Monsieur Jean-Pierre TUQUOI,devant ce qu’il a appelé « la percée de l’opposition politico-militaire »,achève de nous convaincre,s’il en était encore besoin,sur le rôle de la France de Chirac dans cette crise :Elle (la France de Chirac) est en effet partie belligérante dans cette crise. Elle est en collusion d’intérêt avec l’opposition politico-militaire ivoirienne qu’elle soutient de façon plus qu’active. Et cela n’est un secret pour personne. Une opposition politico-militaire qui a comme programme de gouvernement le départ du Président Gbagbo du pouvoir qu’il exerce depuis cinq ans, par la volonté du Peuple souverain de Côte d’Ivoire. La France et l’opposition politico-militaire ivoirienne se rejoignent donc dans cette logique. Et le dire n’est pas faire preuve de génie. Le dire et le répéter que la France est partie belligérante à cette crise,c’est aussi faire preuve de pédagogie,en tant que la répétition est une vertu pédagogique qui cristallise les idées,et rappelle aux uns et aux autres qu’il n’y a de caché que ce que nous nous interdisons de chercher à connaître et à comprendre,et ce que nous nous refusons de témoigner pour les générations à venir.
Donc parlons et témoignons,car « au rendez-vous de l’histoire,tous les témoins devraient avoir la parole ! ».Parlons et témoignons que la France de Chirac a trahi la Côte d’Ivoire et son Peuple,au bénéfice de ses intérêts et ceux de l’étranger !Elle s’est trompé d’époque et elle doit assumer pleinement toutes les conséquences de ses actes(…)
En ce qui concerne les déclarations et les réjouissances de Monsieur Jean-Pierre TUQUOI ,de voir le Président Gbagbo être remplacé par une opposition politico-militaire,en dehors de la gêne et de la pitié que nous pouvons éprouver pour l’auteur de cette ignominie,et surtout de la salissure morale et intellectuelle qu’une telle position déverse sur sa personne,de telles déclarations appellent des commentaires et analyses de notre part. Retenons seulement que si ce monsieur,sans le vouloir,s’est mis à nu par une sorte d’auto-psychanalyse, c’est que les données du terrain, en Eburnie, ne donne aucune chance à un autre candidat qui se présenterait devant le Président Gbagbo. Le Président Gbagbo représente un véritable avatar pour le pouvoir politique français actuel et toute la nébuleuse mafieuse économico-militaro-politique qui n’ont pas encore compris le niveau de conscience du Peuple de Côte d’ Ivoire engagé dans une lutte de libération pour la prise en main de son destin.Toute cette confrérie du mal n’a pas encore mesuré,à sa juste valeur,la grandeur et l’immensité du sacrifice que le Peuple de Côte d’Ivoire s’apprête à consentir pour qu’advienne cette libération et la prise en main de son destin.
Le problème,à mon avis,ne se présente même pas en ces termes,puisque malgré les manigances de la France de Chirac,le Président Gbagbo sera réélu au premier tour de ces élections. Cela est une certitude que tout ivoirien digne et fier,que toute ivoirienne digne et fière,doit avoir en esprit. Et ce n’est pas « la communauté internationale » qui viendra choisir un Président pour notre Peuple et notre pays.
Que la modestie gagne tous ceux qui espèrent un tel « happy end » pour leurs protégés.
Extrait du Quotidien LE COURRIER D’ABIDJAN,
No 749 du Mardi 27 Juin 2006.
Massacre des 80 gendarmes de Bouaké, tueries de Duékoué
LE GRAND DEBALLAGE DE MAITRE VERGES
« CRIMES CONTRE L’HUMANITE. MASSACRES EN COTE D’IVOIRE », c’est le titre du livre que l’avocat français Jacques Vergès vient de publier aux éditions LAFFONT sur la crise ivoirienne…Un véritable réquisitoire contre la France et la communauté internationale dans leur gestion du conflit ivoirien. Extraits :
« Je suis, en général, celui qui prend la défense des hommes accusés de crimes contre l’humanité (Ma note personnelle : Exemple : Klaus Barbie, Le Boucher de Lyon, en France, qui s’est sinistrement illustré, pendant l’occupation allemande). Alors pourquoi ? Pourquoi prendre fait et cause pour les victimes d’un massacre ? D’habitude, j’ai les nerfs solides, mais j’ai été indigné : Bébés violés, torturés, assassinés, femmes déchiquetées, hommes massacrés. Sur ces massacres, le silence de la communauté internationale et de la France, en particulier, est impardonnable ; j’ai voulu lever le voile sur ce qui constitue un crime contre l’humanité (…) D’avocat, je suis passé au rang de témoin. Ma singularité et ma force, c’est mon indépendance. Pour moi, la vision que nous avons de la Côte d’Ivoire est entièrement fabriquée et injuste, je veux ici dénoncer très fort l’attitude internationale face à un crime abominable. Je suis interloqué et indigné par le silence de la communauté internationale et de la France sur cette kyrielle d’exactions. »
Guitrozon et Petit-Duékoué : « Deux visages d’enfants enflés et couverts de mouches ; une femme carbonisée avec, entre les jambes, un petit tas de charbon : l’enfant prématuré dont elle a accouché dans l’agonie ; parmi les cendres d’une case incendiée, les montants de métal noircis d’une chaise roulante, des visages éclatés, des corps incendiés… »
Pour l’avocat français, un crime comme celui de Duékoué ne peut pas être amnistié…
Quand l’avocat français flaire l’odeur du pétrole et du gaz dans le conflit.
Sans être formel, Me Vergès semble subodorer d’importants intérêts économiques dans cette guerre que vit la Côte d’Ivoire. A ce sujet, il écrit ce qui suit : « Il est par contre de plus en plus question des découvertes de puits de pétrole et même d’une réserve proche de celle du Koweït. La Côte d’Ivoire serait en passe de devenir le deuxième producteur africain de pétrole, après le Nigéria.
Par ailleurs, une nouvelle réserve de gaz devrait permettre une exploitation pendant un siècle au moins (...) La guerre en Côte d’Ivoire est-elle liée à ces nouvelles découvertes ? La déstabilisation de ce pays est-elle orchestrée et destinée à favoriser l’exploitation sans contrôle des produits existants ? Et si oui, par qui ? La question reste posée ! Comment ne pas faire le rapprochement entre cette déstabilisation qui semble savamment entretenue et la découverte, en 2002, de ces énormes réserves de pétrole dans le sous-sol ivoirien ? Les dictatures sont plus aisées à contrôler que les démocraties… »
Extrait du Quotidien L’INTER
No 2433 du Mardi 20 Juin 2006
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24.03.2008
FAUT-IL CROIRE EN NICOLAS SARKOZY ?
Depuis quelques semaines et particulièrement après le tristement célèbre discours de l’Université CHEIKH ANTA DIOP, du 27 Juillet 2007, au Sénégal, on a le net sentiment que le Président Français Nicolas SARKOZY s’attelle à améliorer son image gravement écornée par le très impopulaire laïus de Dakar et à se donner la réputation du Chef d’Etat français qui aura commencé le démantèlement de la Françafrique.
Quelques faits pourraient, justement, le laisser penser :
Premièrement : Le lundi 03 Mars 2008, un reportage de France 2 dévoile l’immense patrimoine immobilier de plusieurs présidents africains en France, avec comme tête file, le Gabonais Omar Bongo. Trente-trois appartements ou maisons en tout, dont un hôtel particulier de 18 millions d'euros (près de 12 milliards de francs CFA) à Paris, le tout pour la faramineuse somme de 150 millions d'euros (près de 100 milliards de francs CFA), voitures de luxe, etc.
La famille d'Omar Bongo Odimba (officiellement payé à 15.000 euros, soit environs 10 millions de francs CFA) semble être dans le collimateur de l'équipe de télévision de France 2. Tout comme elle l’a été ces derniers mois d'une enquête de police, à la suite d’une plainte déposée, en juin 2007, par trois associations françaises pour «recel de détournement d'argent public».
Le fait qu’une information d’une telle gravité ait pu même être traitée par une télévision française très proche du pouvoir français et qu’elle ait pu écorcher aussi sérieusement un « ami de quarante ans » de l’oligarchie ultra-libérale française et de Monsieur SARKOZY, parait quelque peu surréaliste.
D’autant que le très officiel Ministère gabonais des Affaires Etrangères a «exprimé son étonnement sur la diffusion par l'audiovisuel d'Etat d'un dossier qui a fait l'objet d'un NON-LIEU de la justice française». Diffusion qui s'est faite «au mépris» des «intérêts mutuels, de l'excellence des relations qui lient» la France et le Gabon, alors que «le Gabon est toujours demeuré un allié sûr pour la France».
Et le Ministère gabonais de l’Intérieur de passer à la charge (Cette «affaire» survient alors que le Gabon avait déjà averti la France sur un autre dossier sensible: L'immigration) : «Il y a beaucoup de Français en situation irrégulière au Gabon. Ils pourront être reconduits à la frontière si, au cours d'un contrôle de police, ils ne justifient pas de carte de séjour», a affirmé, le mercredi 05 Mars 2008, le ministre de l'Intérieur André MBA OBAME. Selon lui, «5 à 10%» des quelques 10.000 Français installés au Gabon ne seraient pas en règle et pourraient donc être expulsés. Un Français venant travailler dans le secteur pétrolier a d'ailleurs été refoulé, le mardi 04 Mars 2008 au soir, à son arrivée à l'aéroport de Libreville.
On le voit bien, cet épisode a fait quelque peu monter l’adrénaline entre les deux pays, faisant penser que Nicolas SARKOZY pourrait tenir une promesse électorale chère aux Africains : Reconsidérer les relations France-Afrique, dans le sens de l’intérêt et du respect mutuels.
Mais relevons qu’en novembre 2007, l'affaire de « recel de détournement d’argent public », qui avait fait l’objet de la plainte évoquée plus haut, était classée sans suite pour «INFRACTION INSUFFISAMMENT CARACTERISEE». Extraordinaire !
Les observateurs avertis y avaient, à juste titre, perçu une intervention des autorités françaises, soucieuses de ne pas égratigner un «ami de quarante ans». Malgré les discours de Nicolas Sarkozy, la Françafrique semble encore avoir de beaux jours devant elle, reconnaît un canard français.
Deuxième fait : Récemment, devant les députés Sud-africains, au Cap, Monsieur Nicolas SARKOZY, dans un exercice tout à fait aux antipodes de son discours de Dakar, a fait connaître son projet de renégocier tous les accords de défense de la France en Afrique pour, dit-il, "refonder la politique française sur le continent".
Un discours jugé positif et afro-optimiste, dans lequel l’Afrique est considérée comme un partenaire à traiter d’égal à égal ! Nous ne sommes pas loin du surréalisme.
Et en choisissant de tenir un tel discours, précisément, en Afrique du Sud, « symbole de la renaissance africaine, image d’une Afrique moderne qui compte et qui s’inscrit au cœur de la Mondialisation », comme le relève la presse ivoirienne, contrairement à ce qu’il a semblé dire, à l’UCAD de Dakar, il y a huit mois de cela, c’est un signal fort que le Président français renvoie à toute l’Afrique et à son intelligentsia qui avaient tiré sur lui à boulets rouges, au lendemain de son laïus et l’avaient pratiquement lynché, à travers blogs et articles de journaux, sur tout le continent et dans le monde entier.
C’était au point où des intellectuels africains de la diaspora avaient co-produit un ouvrage-réplique cinglant à ce discours dans lequel le Président français parlait de notre Afrique comme d’un continent "qui n’est pas entré dans la Mondialisation".
Fait encore plus surréaliste, le Président français envoie une copie de la partie de son discours relative à la renégociation des accords de défense, à trois chefs d’Etat africains, dont le Président Laurent GBAGBO.
Ce geste est tout de suite vu comme un acte d’humilité et de considération du Chef de l’Etat français pour le Chef de l’Etat ivoirien, rompant ainsi avec la guéguerre permanente, voire l’animosité, qui régnait cordialement entre les pouvoirs français et ivoirien, du temps de CHIRAC. Cette « évolution » pourrait même faire jubiler certains ivoiriens, caciques de la galaxie patriotique !
Est-ce le signe réel du début d’une véritable réorientation de la politique africaine de la France? On pourrait, effectivement, être tenté de le croire, mais personnellement, je n’en suis pas si sûr ! Je refuse donc d’y mordre. N’allons pas trop vite en besogne.
Dans ma perception des choses, « l’hyper président », SARKOZY, est en campagne de séduction, en Afrique, et on ne peut pas se fier vraiment à ses dires. Trop de choses prouvent encore qu’il fait partie intégrante du mal françafricain et qu’il adhère, totalement et sans équivoque, à ses pratiques néocoloniales :
D’abord, ses manières cavalières, méprisantes et suffisantes dans le dossier des enfants tchadiens enlevés par l’ONG « L’Arche de Zoé » (dans lequel il a notamment dit, parlant des six français arrêtés, au Tchad : J’irai les chercher, quoi qu’ils aient fait !).
Ensuite, la caution qu’il apporte à l’économie de prédation de la France, qui continue à spolier l’Afrique et, notamment à travers son entreprise AREVA, de piller l’uranium du Niger, qui ne reçoit que la portion congrue d’un véritable accord de dupe, paraphé depuis plus de quarante ans !
Puis, son interventionnisme de mauvais aloi dans la crise tchadienne où il souffle le chaud et le froid, pour faire marcher et plier le régime DEBY, par le moyen du chantage, un chantage honteux, qui a eu pour dividende la promesse à l’arraché du Président tchadien - heureux rescapé d’une attaque rebelle où la France tirait les ficelles et détenait toutes les cartes - de gracier les six français arrêtés, qu’il a bien pris le soin de mettre d’abord à l’abri, en France. Pour lui, des nègres ne sont pas habilités ni même dignes, de juger, de condamner et d’incarcérer des blancs. Voici ma lecture de ce mépris authentiquement gaulois.
Enfin, le non-lieu qui a frappé l’affaire « Recel de détournement d’argent public », ouverte sur la plainte de plusieurs associations qui ont pris fait et cause pour le peuple gabonais, affreusement volé par le régime BONGO, là où la France entière croule sous le poids des preuves !
Alors, dites-moi en quoi SARKOZY est-il différent de CHIRAC, le néocolon ou même de MITTERAND, le génocidaire ?
Chers ivoiriens, cette campagne de séduction de SARKOZY, en direction de l’Afrique et, singulièrement, de la Côte d’Ivoire, ne doit pas nous distraire, tant que nous ne serons pas sortis de cette crise. Croyez-moi, nous devons les suivre de très près, sa clique et lui. Il nous faut les avoir à l'oeil et ne pas risquer de nous laisser endormir par leurs belles paroles. Car le vrai pouvoir qui dirige la France est souterrain, occulte, maçonnique, illuminati et ultra-libéral. Il existe depuis des siècles et installe ses pontes au pouvoir, en ayant sur eux une lourde main.
La politique de ce pouvoir reste invariable : Colonialiste. Avec un système économique tout aussi invariable : L’économie de prédation.
SARKOZY peut-il se singulariser et travailler au détriment de « la France de l’ombre », cette oligarchie occulte qui dirige la France et dont les intérêts, en Afrique, sont immenses, notamment les quelques dizaines de familles ultra-libérales qui tiennent son économie ? Attendons de voir!
SARKOZY veut plaire ? Soit. Gardons, néanmoins, un œil ouvert et la garde plus que jamais haute. La France n’a jamais abandonné son intention et son projet d’installer un de ses sbires et sous-préfets locaux au pouvoir, en Côte d’Ivoire.
La seule présence de la Force LICORNE en est la preuve ! La Force LICORNE, même en effectif réduit ou très réduit, reste une menace pour notre pays et pour sa stabilité. Elle garde un potentiel létal démesuré malgré toutes les campagnes de bons offices, les charmes diplomatiques et les sourires hypocrites.
Mais face à cette menace, où en sont nos idéaux (si nous sommes d’accord que c’est l’idéal qui est le moteur de l’action) ? Avons-nous encore vraiment des ressources et du répondant pour la lutte ? L’enjeu est-il encore clair dans nos esprits embués par le profit, le gain facile, l’enrichissement rapide et la jouissance impie ? Est-il encore net dans nos cœurs devant notre effroyable corruption, devant l’absence de rectitude et de valeurs qui nous caractérise désormais, devant le pillage en règle du denier public dans notre pays, avec en tête de file le camp présidentiel, et la politique du ventre (désormais de rigueur dans la galaxie), qui a dilué la noblesse de notre belle lutte de libération dans des querelles mercantiles et des revendications alimentaires ?
Les élections ivoiriennes approchent. Tous me donneront peut-être bientôt raison. Mais je prie DIEU pour avoir tort, à plates coutures !
Que DIEU garde et bénisse la Côte d’Ivoire !
22:35 Publié dans Afrique, France, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
INCIDENCE IVOIRIENNE D'UNE PALABRE GABONAISE. OUVRIR L'OEIL.
Vendredi 07 Mars 2008
3A TELESUD : BENQUET, KABORE, LOUEMBE, Pascaline BONGO devant des juges français !
Fin février. Libreville bruisse d'un feu allumé par un procureur pompier qui se veut pyromane. Son crime avoir chargé à l'aveuglette sur un homme d'affaires, Felix BONGO, pour une étrange histoire de Fourgons blindés vendus au trésor Public Gabonais. Nul délit à l'horizon. A l'horizon, aucun acte judiciaire ne peut justifier que l'on mette à sac les maisons des membres de la famille BONGO. Luttes de clans. Il ne fait de doute que dans la famille la grande famille BONGO et ses multiples ramifications, intrigues, détestation, affairisme et prise en otage du million de Gabonais on a déterré la hache de guerre. Comme si le patriarche impuissant, dévoré par la santé de sa femme en convalescence au Maroc, était déjà enterré. On doit se partager le trône ou ce qu'il en reste. Toutefois cette affaire aura le chic d'éclairer les gabonais qui croulent sous la pauvreté de l'utilisation des ressources financières de leur pays, sans aucun véritable contrôle.
Acteur majeur de ce jeu de caisses, Blaise LOUEMBE KOUYA, l'homme de Koulamoutou, gardien du temple, pour ne pas dire du Trésor Public Gabonais. Véritable cauchemar des institutions de Bretton Woods. Modèle de gaspillage des fonds publics, l'affaire dite des fourgons va révéler que le TPG agit à sa guise et celle de ses commanditaires. En toute impunité. On jongle avec des milliards. Sans aucun contrôle ni le respect de la moindre procédure du code des marchés public, pourtant exhibé sur un site internet du Ministère des finances de la dite République du Gabon. Blaise LOUEMBE KOUYA, surnommé par ses laudateurs « Ya Blaise », travaillant sous les ordres de pascaline Bongo Ondimba, la protection de son collègue du trésor, jeff Bongo fils adoptif du Président et du ministre des finances, Paul Toungui, Mari de Pascaline n'oublie pas au passage de se préserver pour les temps durs futurs. Dans le registre des propriétés en France on peut découvrir ses luxueuses possesions française. Comme tout Gabonais qui se respecte. Une maison luxueuse à Levallois, banlieue chic de la région Parisienne, demeure sur la Côte d'Azur du côté de Nice. Pourquoi va-t-il s'en priver. Il a de qui tenir.
Un récent article du Journal français le Monde, sur les fortunes diverses des chefs d'Etat africains en France mettait en valeur le patrimoine de Omar Bongo Ondimba. Un modèle du genre. Appuyé par un documentaire de France 2, début mars en plein journal de 13H, ce déballage finira par convaincre tout le monde de la mise en place de la « Rupture » chère à Nicolas Sarkozy. Le Gabon, le Gabon des « rapetout » n'est plus en terrain conquit en France. Pour s'en convaincre, il suffira de lire l'épais rapport (900 pages) de police au terme de 18 mois d'enquête qui finira par démonter toute la mécanique de fluidité des liquides quittant la Trésorerie du Gabon, pour s'éparpiller au coin des plus exotiques destinations mondiales.
« Pascaline BONGO et son clan de nouveau devant la justice Française »
Si couvert par une immunité certaines, certains des acteurs de ce vaste flux vertigineux n'ont rien à craindre, il existe certaines maladresses qui peuvent mal se terminer. Et le cas le plus significatif est la chaîne de télévision 3A TELESUD. Au travers d'un jeu de noms, d'articles révélant la crise – AFRIK.COM, le GRIGRI, Jeune Afrique, les Africains de France, maillon médias du réseau le plus visible des pourfendeurs de la Françafrique, on découvre avec délectation que c'est un clan qui va bientôt se retrouver devant les fourches de la justice française. A nouveau.
Si en janvier, Pascaline BONGO ONDIMBA, Directrice de cabinet de son éternel père a versé de chaudes larmes sur le bitume parisien, suite à la comparution et la condamnation d'un de ses fils ( dont le père est Jean Ping actuel président de l'Union Africaine), cette fois ci elle va devoir usé de toute sa puissante influence pour se sortir des griffes judiciaires dans lequel semble l'envoyer à son insu un de ses porteurs : en l'occurrence ERIC AMAR BENQUET.
Tout commence en novembre 2006. 3A TELESUD, tant bien que mal a fini par résister à la fureur du vent qui veut qu'aucun projet de chaîne de télévision panafricaine ne puisse survivre. Drivé par trois jeunes africains talentueux, mais démuni de soutien financier, la chaîne de télévision est devenu sous leur direction en moins d'une décennie une référence du monde Afro. Une véritable fierté. Visible sur quatre continents, si à l'antenne son manque de moyens est visible, il est évident que la détermination et le professionnalisme de l'équipe fait des merveilles. Toutefois il faut des moyens. Encore plus. Surtout qu'en interne des financiers, anciens soutiens des fondateurs, sentant la mayonnaise prendre ont décidé de glaner immédiatement leur retour sur investissement. Zizanie,méli mélo, opportunités. Si le cher Omar BONGO ONDIMBA, jamais revenu de l'échec de téléafrica, chaîne qui devait être la vitrine de l'Afrique mais a fini par couler au gré des nominations des membres de la famille et des dépenses les plus folles (plus de 40 millions de dollars en une décennie), a toujours souhaité apporter son écot à ce succès africain, certains flairent la faille. Et vont la jouer fine.
On trouve un porteur de parts. La société est en France. Ca tombe bien, il vit au Gabon et est de nationalité Française. ERIC AMAR BENQUET, puisqu'il s'agit de lui. En une décennie au Gabon, l'ancien délinquant, colleur d'affiche sans avenir chez JC DECAUX en France est monté en grade. Il est devenu l'homme à tout faire de Blaise LOUEMBE. Sa société KORUM SERVICE, dont la surface à Libreville ne dépasse point les 150m² est devenu la plate forme d'impression favorite du TPG. Toutes les campagnes électorales depuis 2004 au Gabon se font dans ce réseau. Le colleur est un blanchisseur à l'international. C'est lui qui se présente à 3A TELESUD comme un homme d'affaires, riche et prospère. Il veut investir. Banco. Novembre 2006, le voici porteur des 51% des parts de la société, mais ce que les fondateurs qui ignorent avoir fait rentrer un loup dans la bergerie ignorent, il n'est point là pour travailler avec eux, mais les éjecter afin de récupérer la totalité de la société au profit de ses commanditaires.
ALABA FALL, le procureur du Gabon va-t-il interroger Eric Amar BENQUET ? On en doute !
Si Eric Benquet, s'asseoit sur les multiples accords de rétrocession des parts qu'ils signent avec les fondateurs, il ne va par contre pas lésiner sur les moyens pour mettre progressivement au gré de différents actes ses partenaires dits historiques. Trahison, coups bas, fausses promesses. L'enjeu de la chaîne, de son existence st secondaire. Se doute t-il que ce conflit ira aussi loin ? Pas sur. Il porte l'assurance de la protection de ses commanditaires, dont il ne se prive de chanter les louanges au gré de ses sorties parisiennes. C'est ce bavardage monstre qui mettra les oreilles indiscrètes des renseignements généraux, les fameux RG sur sa piste. Il est épié, surveillé, décortiqué à son insu. A cet effet dans le rapport de police sur les supposés transit de fonds du Trésor Public gabonais, il dispose d'un chapitre bien fourni.
Qu'y découvre t-on ? En deux ans plus de 2,5 milliards de Francs du Trésor Public Gabonais ont transité sur le compte personnel de ERIC AMAR BENQUET, sis à la BGFI à Libreville. Un compte personnel qui n'a d'autres rentrées que les ressources du Trésor Public. Des exemples :
En date du 27 octobre 2006, le trésor public vire sur le compte N° 00012841401-45, appartenant à Eric Amar BENQUET, la somme de 327 978 500 (CFA), le 31 octobre 2006, Monsieur Benquet vire la somme de 327 978 500 FCA (Virt Etranger 04100- ref : TRF 000 525) Transfert dans le compte de Wiam 3A TELESUD. Une simple conversion démontre que le montant en millions de francs CFA équivaut à exactement 500.000 euros. Soit le montant injecté ce jour pour une prise de participation majoritaire de 51% de 3A TELESUD. Suivont d'autres virement du trésor public sur le compte de M. BENQUET et le même manège de transfert à Paris : 21 novembre 2006 : 144.310.549 FCA ; 16. mai 2007, 65 595 500. Un compte qui a chaque virement du Trésor Public, destine les fonds en un transfert vers la France, sur le compte de WIAM. Destination les comptes de la société WIAM ouvert auprès d'une banque obscure, la CBIP, filiale de la sénégalaise CBAO. BENQUET en profitant dans ce flux pour soutirer quelques millions de francs CFA et régler des factures personnelles. Un spécialiste du droit admet « Benquet ne justifie d'aucunes immuntés, il est sous le coup de plusieurs articles de la loi. Si le procureur de la République du gabon se permet de l'écouter , il fonce tout droit en prison. A moins de produire de faux documents ». Seul hic, le conflit avec les fondateurs historiques de la chaîne va dégénérer.
En voulant prendre le contrôle de la chaîne par tous les moyens, le Franco-Gabonais va multiplier les maladresses. Après s'être nommé gérant début 2007, il démissionne quelques mois plus tard pour faire appel à Jean Philippe KABORE. Fils de la Numéro 2 du RDR, Henriette Diabaté, de père Burkinabé, impliqué dans une tentative de putsch contre Laurent Gbagbo, au chômage depuis des années, il cherche à rebondir. Après des séjours infructueux à Libreville et une vague poste de consultants dans une société, il est à l'ombre. Mais dispose d'un atout dans sa manche. Sa femme LINDA, est une amie d'enfance de Pascaline BONGO ONDIMBA. Vas-y pour le poste de gérant.
Sa mission : dézinguer tous les fondateurs. En trois mois ce sera chose faite, mais à quels prix. 3A TELESUD est en perdition éditoriale totale. De plus en 2008, la chaîne va devoir affronter une série de procès qui ne vont pas arranger les choses. Deux sociétés réclament avec certitude plus de 600.000 euros à 3A TELESUD. Les deux fondateurs anciens cadres salariés, Pierre Bedou et Sylvie Deboisfleury, licenciés sans le moindre respect de la procédure du code de travail ont engagé une procédure devant les tribunaux. Aux Etats-Unis, il se murmure que lassé des plaintes des téléspectateurs sur la la dégradation subite des programmes de la chaîne et sa qualité éditoriale, le bouquet Dish Network a choisi de retirer prochainement l'offre de son bouquet. Et par ailleurs le partenaire américain, va remettre la licence de diffusion en jeu tandis que l'un des fondateurs résidant aux Etats-Unis a décidé d'attaquer la chaîne devant les tribunaux pour des motifs fondés.
Mais le plus dangereux est à venir. Lors de la dernière assemblée générale de la société le 30 novembre 2007, ERIC BENQUET avec la complicité des gérants de la structure avait trouvé un moyen pour se débarrasser des 24% des actions dont disposaient encore les fondateurs de la société. Un passage en force qui a mal viré. Car en montant une opération coup d'accordéon en se persuadant que les fondateurs historiques n'avaient pas les moyens de souscrire, c'est un scénario cauchemardesque qui a fait surface. Non seulement les historiques ont posé une rondelette somme en cash sur la table, mais pire, l'investisseur Gabonais n'a jamais pu souscrire car ne disposant pas de cash.
Faux en écriture, usage de faux, tout est bon pour éliminer les fondateurs historiques !
Pour ne pas se retrouver éjecter de la société, ERIC AMAR BANQUET, n'a eu d'autres choix que de réaliser des actes en marge de la loi. Bilan tout ce beau monde se retrouve devant la justice française suite à une plainte très argumentée déposée par Mme Deboisfleury. ERIC AMAR BENQUET est incapable de justifier la provenance des ses fonds ou le ce qui le lie au Trésor Public. Ce qui fait dire à un spécialiste « M. BENQUET est français, complice de détournements de fonds publics, de recels, de blanchiments, il met tout son circuit en danger. Et quand les juges français vont le cuisiner il n'aura d'autres choix que de balancer les commanditaires ». Blaise LOUEMBE et Pascaline BONGO ONDIMBA sont dans le viseur, car il semble exister des documents écrits et des enregistrements sonores assez compromettants qui témoignent de leur rôle dans cette affaire. LOUEMBE et PASCALINE BONGO ONDIMBA, dont le Mari Paul TOUNGUI est le ministre des finances du Gabon, affirmant ainsi que Eric Benquet n'est que leur porteur de parts et qu'ils sont les réels actionnaires de la chaîne de télévision. Et pour financer cette acquisition ils n'ont rien trouvé de plus judicieux que de puiser directement dans les caisses du Trésor Public Gabonais. Seul hic : WIAM-3A TELESUD est une société de droit français. Par les temps actuels, les juges français sont très chatouilleux.
La justice française ne va pas épargner les Gabonais !
Pire, lors de la dernière assemblée du 22 février, sur la base des documents que nous avons pu consulter, ERIC AMAR BENQUET avec l'assentiment des gérants s'est attribué des parts d'un autre actionnaire, sans respecter la notion de droit préférentiel de souscription. Un spécialiste de droit que nous avons consulté avec les documents est formel « le premier juge français qui tombe sur cette affaire, va faire annuler la procédure de l'augmentation de capital immédiatement. C'est du jamais vu. Et au vu des documents que je vois cette société est en manque de cash. Ils ont procédé ainsi pour utiliser les fonds que les fondateurs ont placé dans le cadre de l'augmentation de Capital. Les gérants de cette société sont exposés dangereusement à des poursuites judiciaires ».D'autant que l'un deux, Jean Luc Beis, dans une déclaration d'origine des fonds de son actionnaire auprès de la banque CBIP début 2007 avait déclaré « Je ne connais pas l'origine des fonds de M. BENQUET. Il semble être le paravent de certains hommes politiques du GABON. Je ne pense pas que ses ressources et la nature de son activité lui permette de disposer de plus des 2 millions d'euros qu'il a injecté dans la société ». Eloquent. La banque avait envisagé un moment la fermeture du compte de cette société à Paris avant de se raviser. Plus dix poursuites judiciaires fondés, des risques d'un déballage nauséabond. « La justice française est lente à se mettre en route. Mais avec la plainte des fondateurs, je doute fort de l'avenir des Gabonais dans cette société » prédit notre spécialiste. La seule réussite audiovisuelle panafricaine de ses dix dernières années, ne méritait pas une telle fin !
Jean Philippe KABORE à Abidjan pour sauver sa tête !
Il arrive. En ce mois de Mars Abidjan est sa seule planche de salut. Il y arrive pour sauver sa tête une nouvelle fois après y avoir défrayé la chronique par le passé. Précédé par les caméras de Cissé Himaj, Le gérant de la chaîne de télévision 3A TELESUD, Jean Philippe Kaboré n'a d'autres choix que de ramener des contrats publicitaires pour sauver sa tête au sein de l'entreprise. Alors les publi-reportages sur la Côte d'Ivoire sur TeleBongo International, nouveau surnom de 3A TELESUD. Devant les portes closes de La présidence, malgré son bal de séduction, Kaboré approche de la présidentielle oblige a ravivé le réseau RDR. Les ministres, et amis PDG proche de la mouvance vont apporter leur contribution à cette campagne masquée qui ne dit pas son nom. Présidentielle à l'horizon, on cajole les médias. Mais avec Kaboré, on ne vante pas les mérites de la côte d'Ivoire plurielle, mais bien d'un clan qui a son idée en tête et se trouve en position de force dans un média panafricain de référence.
Kaboré doit son poste à sa femme LINDA amie d'enfance de Pascaline BONGO !
Début Mars. Dans une rue de Montreuil en région Parisienne, de jeunes voleurs attaquent une belle voiture portant une plaque diplomatique issue du parc automobile de l'Ambassade de Côte d'Ivoire à Paris. Des semaines qu'ils ont sans doute repérés cette voiture qui se gare toujours dans cet environ….A des milliers de kilomètres de l'ambassade ivoirienne avec à son bord un chauffeur bien connu : Jean Philippe Kaboré, fils de henriette Diabaté, Gérant (directeur général de la chaîne de télévision, 3A TELESUD), dont le siège est à Montreuil.
Novembre 2007, l'homme qui est depuis des mois au chômage trouve un poste de prédilection. Gérant de la société 3A TELESUD. En clair une sorte de Directeur Général. Ca fait des années qu'il rêve de ce poste. D'être réhabilité à la lumière d'un travail après des galères diverses. Jean Philippe Kaboré, est le fils d'Henriette Diabaté, la numéro 2 du RDR. Dans les sombres années de braises de la Côte d'Ivoire il a joué aux apprentis sorciers en plongeant dans les affres de la violence physique. Emprisonnée, il vivra sa libération en exil. D'abord du côté de Libreville, base arrière de son parrain Alassane Ouatarra. Sous la protection de BONGO, l'homme s'occupera d'abord du site internet du président avant de partir, fort de nombreuses inimitiés. Il bourlinguera du côté du BURKINA, avant de se retrouver par la grâce de Omar BONGO Ondimba en France qui lui obtiendra une carte de résident et sans doute la nationalité française.
Depuis KABORE végète. ET voilà que LINDA sa femme, amie d'enfance de Pascaline Bongo Ondimba, lui parle de cette télévision que sa copine vient d'acquérir via un porteur de part, Eric Amar Benquet. Banco. Les deuxc hommes vont faire route commune. Kabore a une mission, il doit liquider des fondateurs historiques devenus frondeurs. Il promet monts et merveilles. Un carnet d'adresse fournie. Une réconciliation haute en couleurs avec Laurent Gbagbo. De sa nomination à la tête de 3A TELESUD, avec un salaire de plus de 6000 euros mensuels, il fait de la signature d'un méga contrat de publireportage avec la côte d'Ivoire un acquis. Mais rien ne vient à l'horizon. Il sera plus heureux dans sa seconde mission avec toute la brutalité qui sied a son parcours : liquider les fondateurs de la chaîne. Exit Mme Deboisfleury, et Pierre Bedou. Son staff pour diriger une chaîne panafricaine : des Européens et des arabes.
KABORE, panique à bord. Ce contrat ou c'est la fin !
Sa mission : prendre le contrôle de l'antenne de 3A TELESUD, trop favorable selon lui et plusieurs de ses soutiens à la Présidence actuelle Ivoirienne. Exit Joel ETTIEN, dont les émissions sont rangées aux rayons souvenirs et disparaissent de la grille sans que l'animateur-producteur n'ai eu la courtoisie d'être prévenu. En guise d'explications à des interlocuteurs qui s'en étonnent, Jean Philippe Kabore à une parade « Joel Ettien est en vacances » Drôles de vacances prolongées depuis des mois qui interdisent même toute rediffusion.
Plongé dans une crise passée avec Joel Ettien, ayant eu pour conséquence la fin de leur collaboration sur l'émission Label Ivoire, Cisse Himaj revient en grâce, via KABORE. Lassé de se heurter au camp présidentiel qui maîtrise ses accointances avec Ouattara et se méfie de ce lui que certains qualifient de bonimenteur patenté, Kaboré et Cissé vont se tourner vers la primature. Objectif : convaincre certains dirigeants de financer sous le couvert certaines activités et certaines personnes dans le but de l'aider à sauver sa tête à 3A TELESUD. Le Port Autonome d'Abidjan est sollicité. GOSSIO a t-il donné son accord ? Des ministres RDR vont apporter les contributions de leurs ministères et la primature sa modeste contribution. Kaboré doit désormais faire le grand écart. Valoriser le RDR (dont il est membre) et son protecteur Alassane Ouatarra dont le financier reste éternellement Omar BONGO Ondimba), amadouer Laurent Gbagbo afin de lui faire baisser sa garde suspicieuse et trouver des moyens pour faire vivre 3A TELESUD, dont les multiples procédures judiciaires entre les fondateurs spoliées et le partenaire gabonais ont rendu trop visibles les sources de financement de cette chaîne par le biais des caisses du trésor public gabonais. Gageure.
Par l'association AFRICAINS DE FRANCE.
22:30 Publié dans Afrique, France, Gabon, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
SAVOIR LIRE LES SIGNES DES TEMPS
Lundi 18 Février 2008
Chers bien-aimés frères et sœurs ivoiriens,
La belle chanson dénonciatrice, « Le peuple te regarde », des artistes YODE et SIRO, censurée par la RTI depuis la sortie de leur album intitulé SIGNE ZODIAQUE, il y a quelques mois, pour délit d’interpellation directe du Chef de l’Etat, me donne l’occasion de m’adresser à nouveau à vous.
Dans cette chanson, YODE et SIRO - qui se sont distingués comme des résistants, derrière le Président GBAGBO, qui ont toujours chanté pour la défense de la République et qu’on peut considérer, à juste titre aujourd’hui, comme des artistes ivoiriens membres de la galaxie patriotique - disent au Président de la République, en toute connaissance de cause : « Nous t’avons élu. Prends garde à qui tu nommes. Si tu nommes un voleur, nous on va t’appeler voleur ».
Une telle chanson, de la part de deux patriotes convaincus, donne à s’interroger car franchement inattendue, au regard de l’omerta qui est de rigueur sur la question dans le cercle du pouvoir et dans tous les mouvements satellites.
Tellement inattendue que la RTI (qui a bien saisi le message et compris ce que ce signal a de – très honnêtement – troublant et fort pour nous tous) n’a rien trouvé d’autre et de mieux à faire que de la censurer. Une chanson pourtant si horriblement vraie, attestant de l’extrême réalité de la gangrène de la corruption et du pillage en règle du denier public dans notre pays, une chanson que le peuple s’est totalement appropriée, et qui fait écumer bars et maquis, à Abidjan et à l’intérieur du pays ! Preuve que les populations voudraient que le Chef de l’Etat sache que c’est exactement ce qu’elles pensent, en ce moment.
Le Président GBAGBO devrait pouvoir décrypter les signaux que lui envoie ainsi son peuple et apprendre à décoder les signes des temps : C'est-à-dire les faits qui n’ETAIENT PAS et qui SONT, aujourd’hui, ou qui deviennent RECURRENTS. Et qui montrent que des choses sont en train de changer, de muer. Sournoisement. Insidieusement. Prenant souvent l’allure curieuse de revirement à cent quatre vingt degrés et de ruptures aussi brutales qu’inattendues. Qui donnent sincèrement à réfléchir.
La Bible dit dans le livre de JOB, au chapitre 33 et au verset 14 (pardonnez-moi d’être très porté sur les Ecritures):
« DIEU parle cependant, tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, et l’on n’y prend pas garde ».
Et les signes, Il en donne (en tout cas, ce n’est pas ce qui manque. Du moins, pour ceux qui veulent bien les voir). Et ce ne sont pas de bons signes :
1-Des partisans fondamentalistes convaincus qui ont mué, au fil de la lutte, en critiques acerbes, pas par opposition politique mais par désenchantement idéologique ;
2-Les rivalités, la zizanie, les oppositions larvées, la colère, la grogne et les attaques rangées des mécontents dans la galaxie patriotique ;
3-La mise au jour et la dénonciation de la corruption, du pillage et des malversations de proches et d’hommes de mains du Président (filière Café-Cacao, appareil judiciaire, « haut les cœurs » des policiers et soldats en base arrière, pour ne citer que ceux-là). Pour l’obliger à sortir enfin de sa réserve, à sanctionner, à démettre. Ce à quoi il ne s’empresse pas encore ;
4-L’interpellation directe du Président par des artistes (Billy Billy, Yodé et Siro), et notamment patriotes (ce qui était impensable encore récemment) sur la corruption à grande échelle, l’enrichissement ultra-rapide de quelques-uns au détriment des populations qui souffrent atrocement et sur la misère du peuple ;
5-La récurrence et la permanence des tentatives de coup d’Etat couplées avec l’incertitude du désarmement et, partant, de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire ;
6-La naissance de nouveaux courants au sein du FPI, le parti au pouvoir, pour recentrer la lutte et les idéaux socialistes abandonnés par des Refondateurs mutants…qui ont mués en Mangeurs forcenés, parti au sein duquel figurent encore, fort heureusement (par ordre de mérite et d’engagement), quelques rares idéologues et idéalistes convaincus : Le Pr. Mamadou KOULIBALY, la Première Dame Simone Ehivet GBAGBO, le Président Laurent GBAGBO ( ?) et, dans une certaine mesure, le Ministre d’Etat Bohoun BOUABRE. Pour le reste, à part quelques cas ultimes et minimes, c’est la désespérance à l’état pur. L’argument de ne pas être au pouvoir parce que le partageant avec tous les autres partis politiques ne pouvant pas justifier toutes les dérives et toutes les choses incompréhensibles dont se rend coupable la Refondation.
7-Les voix multiples (de tout bord, de toute nature, de toute tendance, de tout rang et de toute obédience : la société civile, la conférence épiscopale, les cultes, les syndicats de travailleurs, des patriotes, de simples ivoiriens usant de leur liberté et de leur droit de parole, abstraction faite des hommes politiques) qui se sont élevées de toute la Côte d’Ivoire pour dénoncer la corruption généralisée dans le pays, la course à l’enrichissement immoral, le laisser-aller et le laisser-faire complaisants et injustifiés, et cerise sur le gâteau, l’emprisonnement des dénonciateurs (cas du jeune ASSALE Tiémoko Antoine). Mais rien n’y fait.
8-Par dépit et en désespoir de cause, les dénonciateurs internes et externes, partisans et opposants, qui commencent à se murer dans le silence. Pas que le mal soit en voie de disparition, aussi étrange que cela puisse paraître (bien au contraire, il empire plus que jamais), mais parce que le destinataire de leurs récriminations reste de marbre et tient des discours qui les plongent, chaque jour un peu plus, dans le désespoir.
Et si, en fait, le Président GBAGBO (qui ne peut seul avoir raison contre tous) mettait la charrue avant les bœufs et se fourvoyait ?
Et s’il devait obligatoirement moraliser la vie publique (chose à laquelle il rechigne actuellement, dans l’attente qu’il est des élections) avant que son mandant (DIEU) ne lui accorde la sortie de crise ?
Peut-il imaginer, un instant, que sa priorité ne puisse pas être celle de DIEU, et que ce faisant, le Maître des temps et des circonstances, son Maître, puisse lui résister dans ses voies et par tous les moyens?
Ne serait-il pas alors ainsi en train de mettre en danger toute la Côte d’Ivoire, étant entendu que le péché du roi est le péché du peuple , comme l’enseignent les Ecritures ? S’il rechigne à faire ce qu’il devrait, le peuple dans son ensemble ne risque t-il pas de payer l’ardoise de ses réticences ?
L’état de grâce (même s’il fonctionne toujours) peut-il encore durer ?
Le Président peut-il voir se dissiper le charme que produisaient sa personne et la seule évocation de son nom, et s’estomper sous lui, le doux nuage de l’enchantement, de la déification et de l’idolâtrie des premières heures et années de la crise sur lequel le peuple l’a hissé ?
Peut-il comprendre ces signes et entendre la voix de DIEU, avant qu’il ne soit tard et que le désamour et le désenchantement généralisés ne prennent le pas sur tout le reste, même parmi les partisans ?
Avec un tableau aussi peu reluisant dans le pays (du point de vue moral, éthique et spirituel), j’ai bien peur que la veille patriotique ne soit en déperdition et que la résistance ne soit devenue un concept pieux. Je redoute, tout autant, que la prochaine attaque majeure contre la Côte d’Ivoire ne fasse véritablement mouche !
Mais tout cela est indissociable de notre état spirituel, comme je l’ai toujours soutenu : Côte d’Ivoire, tu as été éprouvée par le feu, tout comme l’or, et plutôt que de devenir pure, tu t’es horriblement corrompue. Prends garde à toi ! TU AS ETE PESEE ET TROUVEE LEGERE (Conférer Daniel 5 : 4 à 6 et 21 à 31):
« Ils burent du vin, et ils louèrent les dieux d’or, d’argent, d’airain, de fer, de bois et de pierre. 5 En ce moment, apparurent les doigts d’une main d’homme, et ils écrivirent, en face du chandelier, sur la chaux de la muraille du palais royal. Le roi vit cette extrémité de main qui écrivait. 6 Alors le roi changea de couleur, et ses pensées le troublèrent; les jointures de ses reins se relâchèrent, et ses genoux se heurtèrent l’un contre l’autre. »
« … LE DIEU SUPREME DOMINE SUR LE REGNE DES HOMMES ET (…) IL LE DONNE A QUI IL LUI PLAIT. 22 Et toi, Belschatsar, (…) tu n’as pas humilié ton coeur, quoique tu susses toutes ces choses. 23 Tu t’es élevé contre le Seigneur des cieux; les vases de sa maison ont été apportés devant toi, et vous vous en êtes servis pour boire du vin, toi et tes grands, tes femmes et tes concubines; tu as loué les dieux d’argent, d’or, d’airain, de fer, de bois et de pierre (les idoles), qui ne voient point, qui n’entendent point, et qui ne savent rien, et TU N’AS PAS GLORIFIE (par ta vie) LE DIEU QUI A DANS SA MAIN TON SOUFFLE ET TOUTES TES VOIES. 24 C’est pourquoi il a envoyé cette extrémité de main qui a tracé cette écriture. 25 Voici l’écriture qui a été tracée: Compté, compté, pesé, et divisé. 26 Et voici l’explication de ces mots. Compté: Dieu a compté ton règne, et y a mis fin. 27 Pesé: Tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé léger. 28 Divisé: Ton royaume sera divisé, et donné aux Mèdes et aux Perses. 29 Aussitôt Belschatsar donna des ordres, et l’on revêtit Daniel de pourpre, on lui mit au cou un collier d’or, et on publia qu’il aurait la troisième place dans le gouvernement du royaume.
30 Cette même nuit, Belschatsar, roi des Chaldéens, fut tué. 31 Et Darius, le Mède, s’empara du royaume, étant âgé de soixante-deux ans ».
Fasse DIEU que cela n’arrive pas à la Côte d’Ivoire ! D’ici là, je m’interroge, je m’interroge. Encore et encore. Je demande à comprendre. Avec insistance mais sans méchanceté. Par amour pour mon pays et pour un homme en qui j’ai fondé et continue à fonder, malgré tout, beaucoup d’espoir, un homme qui accomplit des choses à la fois difficiles et remarquables (il faut le lui reconnaître), dans des conditions et dans un contexte socio-politique absolument exécrables, intenables, faisant abstraction de son amour propre, au nom de son peuple mais qui doit, malheureusement, faire encore plus. Et cela n’est pas au-dessus de ses forces.
Monsieur le Président, comme dit l’artiste, le peuple vous regarde !
Que DIEU garde l’Eburnie, terre nôtre, terre d’espérance et d’hospitalité !
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LA FRANCE EXPLOITE L'AFRIQUE PAR LE BIAIS DU FRANC CFA
Mardi 12 Février 2008
DIEU FASSE QUE L'AFRIQUE SORTE UNE FOIS POUR DE BON DE L'ESCLAVAGE !
Dindé Fernand.
Source: http://saoti.over-blog.com : Lundi 11 février 2008
"La France exploite l'Afrique par le biais du franc CFA"
Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire et professeur d’économie, fait la lumière sur les dégâts causés dans les Etats membres de la zone franc en raison de l’indexation de leur monnaie sur le franc français, aujourd’hui sur l’euro. Dans cet entretien réalisé par Ruth Tete et Soh Tadhieu de New African, Mamadou Koulibaly ne mâche pas ses mots et appelle à la création d’une monnaie indépendante, sans lien avec le passé colonial.
Pourriez-vous expliquez à nos lecteurs quels sont les principaux mécanismes de la zone Franc ?
MK: La zone du franc CFA est une union de coopération monétaire dont les leviers de contrôle se situent à Paris où priment les intérêts de la France. Les Etats satellites, membres de cette zone, sont des pays d’Afrique occidentale et centrale. La logique qui sous-tend le fonctionnement de cette zone rappelle la manière dont les Etats de l’Europe de l’Est étaient liés à l’ex-Union soviétique par le biais du Pacte de Varsovie à l’époque de la Guerre froide.
Les principes de la coopération monétaire entre la France et les Etats membres de la zone franc ont été énoncés dès les années 1960 dans le cadre d’un pacte colonial. Ce pacte a été modifié par la convention de coopération monétaire du 23 novembre 1972 entre les Etats membres de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC) et la France d’une part, et par l'accord de coopération du 4 décembre 1973 entre les pays membres de l'Union Monétaire Ouest-africaine (UMOA) et la République française d’autre part.
Juste avant que la France n’accède aux demandes d’indépendance des pays africains dans les années 1960, elle a obligé ces Etats à placer 65% leurs réserves de change sur un compte du Trésor français, après avoir défini un taux de change fixe du franc CFA.
Bien que la gestion de cette monnaie ait été confiée à des banques centrales communes [BEAC et BCEAO, ndlr], ces banques n’ont d’africain que le nom. En réalité, elles n’ont aucun pouvoir et ne sont rien de plus que de gigantesques institutions bureaucratiques qui ne décident pas des politiques monétaires. Elles sont là pour faire croire aux pays deb la zone franc qu’ils sont maîtres de leur destinée.
Les pays de la zone franc continuent de perpétuer un système mis en place par l’ancien bourreau colonial.
Comment décririez-vous la situation financière des pays de la zone franc depuis qu’ils font partie de cette union monétaire ?
MK: La zone franc a engendré un long débat. D’une manière générale, il ne faut pas oublier que cette union a apporté à la France d’immenses avantages en termes de marchés pour ses biens et services. La situation monétaire des pays de la zone franc est une longue histoire de secrets jalousement gardés par la France, dont la seule préoccupation est de préserver ses intérêts.
Par exemple, les réserves de change des Etats de la zone franc sont placées sur un compte commun du Trésor français, mais aucun pays africain n’est capable de dire quelle partie de cet argent durement gagné lui appartient. Seule la France a le privilège d’accéder à ces informations.
Et pourtant ces fonds, placés sur des «comptes d’opérations», génèrent des intérêts à chaque fois que leur montant est supérieur aux besoins d’importation des pays africains concernés.
Ces comptes d’opérations, en vertu des accords de coopération monétaires signés par la France et les pays de la zone franc, sont en théorie assortis du principe de découvert illimité. Cependant, les autorités françaises ont inclus, dans les statuts des banques centrales africaines, des mesures, parfois préventives, destinées à éviter que les comptes d'opérations deviennent constamment débiteurs.
Les opérations liées au franc CFA sont secrètes et seul le Trésor français connaît montant des fonds appartenant aux pays de la zone franc placés sur les comptes d’opérations. Seul le Trésor français peut indiquer le niveau de rémunération ainsi que les frais de gestion de compte. Le système est donc opaque et autoritaire.
Les économies de la zone Franc sont très vulnérables. Les effets provoqués par le mécanisme de fonctionnement du franc CFA sont asymétriques. Les pays les plus dépensiers de la zone franc peuvent utiliser les réserves de change des pays qui ont une gestion plus prudente. De fait, l’unité monétaire profite aux pays les plus riches et encourage l’exploitation des pays les plus pauvres. L'existence d'un système monétaire stable et unifié n'a pas conduit à l'émergence d'un système bancaire et financier efficace dans les pays africains de la zone franc. Sur les 107 banques que comptent ces pays, 42 avaient fait faillite en 1990. Les réseaux bancaires, qui se sont constitués par la suite, dépendent fortement des banques françaises.
La France encourage les pays de la zone franc à vivre largement au-dessus de leurs moyens. Quelle différence y a-t-il entre le Gabon dont les réserves de change sont placées en France et le Ghana, qui possède sa propre monnaie? Ou entre le Cameroun et le Kenya ? Le Bénin et la Tunisie ? Ces questions suscitent des questions légitimes sur le bien-fondé de la zone franc.
La zone franc existe depuis plus de soixante ans. Comment expliquez-vous qu’elle perdure malgré les effets négatifs qu'elle continue de produire dans pays africains ?
MK: A mon avis, cela est dû à l’influence que la France exerce sur les pays d’Afrique francophone, même si les partisans utilisent les arguments suivants pour défendre leur position : garantie monétaire, qui génère un afflux de capitaux, mesures d’austérité limitant le risque d'inflation et permettant de maintenir l'équilibre de la balance extérieure, et crédibilité de la monnaie.
Les partisans du franc CFA font semblant de ne pas voir la répression politique et financière qu’ont exercée les présidents français successifs sur les pays africains qui ont tenté de se retirer de la zone franc. Nous avons été témoins de mesures répressives visant à couper court à toute velléité d’émancipation du système: la protection des intérêts français a engendré récemment des crises au sujet de l’uranium au Niger, de l’or au Mali, du pétrole au Tchad, des matières premières et du transfert des actions d’entreprises du service public en Côte d’Ivoire, auxquelles sont à ajouter d’autres crises au Rwanda, en République démocratique du Congo et au Sénégal.
Quand le Sénégal a annoncé récemment qu’il avait découvert du pétrole à Saint Louis, le pays a demandé au Vénézuela de l’aider dans son exploitation, et non à la France. Paris a perçu ce geste comme une trahison et une violation des accords de coopération liant la France aux pays de la zone franc et à leurs ressources.
Par ailleurs, les élites et la classe politique africaines n’ont fait qu’empirer la situation en prétendant qu’elles ne possédaient pas les compétences nécessaires pour gérer leur propre monnaie de manière responsable et efficace, à l’inverse des pays occidentaux ou asiatiques.
Elles se satisfont de voir Etats africains être réduits l’état de contribuables au profit de la France, avec les 65% de réserves de change qu’ils déposent chaque année auprès du Trésor français ! Et pourtant, nos citoyens n’ont pas la nationalité française, et non pas non plus accès aux services publics dont bénéficient les autres contribuables français. Cela conduit à une situation qu’on ne peut que qualifier d’asservissement volontaire, et qui a incité la population et les acteurs économiques à croire qu’ils ne pouvaient se passer de la France.
C’est bien dommage car cette idée est totalement fausse. Le monde est vaste : il suffit de vouloir s’y intégrer de façon libre et responsable par le biais du commerce et non de l’aide étrangère qui réduit les gens à la situation de mendiants. Chaque jour, la mondialisation crée des milliers d’opportunités dont nous ne tirons pas profit, parce que nous sommes piégés dans un système inefficace.
Une réunion des ministres des Finances des pays de la zone franc s’est tenue à Paris le 14 octobre 2007. Cette précède traditionnellement la conférence d'automne de la Banque Mondiale et du FMI. Vous avez été ministre des Finances de Côte d'Ivoire, et peut-être avez-vous eu l’occasion de participer à ces réunions. Beaucoup d’Africains que rien de positif pour le peuple africain ne ressort de ces réunions. Est-ce vrai ?
MK: Je n’ai jamais participé à ce type de réunion quand j’étais Ministre des Finances. Mais la plupart des pays de la zone franc sont faible. Avec des économies sous perfusion, ils n’ont aucun poids dans les décisions prises dans le cadre de ces réunions. On peut donc se demander pourquoi ils continuent de se rendre à ces réunions dans lesquelles ils n’ont aucune voix. En agissant ainsi, ces pays montrent qu’ils sont convaincus que la France peut tout faire pour eux. Nos pays préfèrent choisir la solution de la facilité même si elle met en danger l’emploi, les revenus, l’épargne et les investissements privés. Nous nous rendons complices du piège de la pauvreté dans lequel nous avons été poussés.
Pourriez-vous citer au moins trois raisons pour lesquelles les Etats africains devraient se libérer du franc CFA?
MK: En premier lieu, le franc CFA est coercitif, injuste et moralement indéfendable. Il a favorisé la corruption de l’Etat. Au moment des élections françaises, les pays de la zone franc sont sans cesse sollicités pour donner des dons aux hommes politiques français, une obligation qui ne peut se justifier. Ces «cadeaux» ont été à l’origine de nombreux conflits et ouvrent la voie à de nombreuses autres formes de corruption.
Ce sont ces relations qui perpétuent le monopole français dans les pays de la zone franc, malgré la mondialisation. Sous prétexte d’aider les pays pauvres avec l’argent du contribuable français, c’est la classe politique française et africaine qui s’enrichit de manière illicite. Cette réalité justifie à elle seule l’abandon de la zone franc.
La libéralisation économique et financière ne peut se produire avec un taux de change fixe et une zone d’influence économique créée artificiellement.
En fait, l’émergence de tensions apparues au sein du système monétaire international et les crises financières de ces dernières années portent à croire que le choix du régime de taux de change dépend du système d’engagements pris auprès des autorités monétaires. Et pourtant, la restriction de la liberté des pays de la zone franc dans le domaine de la politique monétaire ne protège pas du risque de dévaluation du franc CFA. Ainsi, dans les années 90, faisant fi de la clause de découvert illimité, la France a ordonné la dévaluation du franc CFA. Avant la dévaluation, 1 franc français s’échangeait contre 50 francs CFA. En 1994, après la dévaluation, 1 FF s’échangera contre 100 FCFA. Les autorités françaises sont pourtant arrivées à faire croire que le taux de dévaluation était de 50%, alors que nous venions de subir une dévaluation de 100% !
Après l’abandon du système, quel avenir monétaire proposez-vous aux pays africains du point de vue monétaire ?
MK: Etant donné les enjeux, il est nécessaire d’entreprendre des réformes financières et monétaires. La monnaie doit être au service de l’économie. Elle doit s’adapter au contexte économique actuel. A cet effet, il faut permettre aux pays de se prémunir contre les chocs asymétriques, d’améliorer la convergence et l’ajustement macroéconomiques et de financer le développement.
Il est vital aujourd’hui que le franc CFA acquière une autonomie, qu’il se libère du joug colonial. Il est grand temps que les pays africains assument les conséquences d’une politique macroéconomique librement choisie. Il n’y a pas de secret. Il suffit que nous décidions de nous choisir nos politiques et d’en assumer la responsabilité. La liberté n’a de sens que si elle est assortie de responsabilité.
Une fois la rupture accomplie, les pays de l’ex-zone franc devront créer leur propre système basé sur des principes simples : accès direct aux marchés internationaux sans tuteur, c'est-à-dire la France, mise en place d’un système fiscal simple sans règles d’imposition incompréhensibles, taux de changes flexible par rapport aux principales monnaies. Pour atteindre cet objectif, les pays concernés ont deux possibilités. La première consisterait à créer des monnaies nationales indépendantes, avec une parité flexible comme les monnaies de l’Union Européenne avant l’introduction de l’euro. Cette solution peut fonctionner uniquement si les banques sont privées et indépendantes et que les banques centrales ont la liberté de mettre en œuvre des politiques monétaires crédibles.
La deuxième option, c’est que les pays africains s’unissent et créer une monnaie commune, mais cela suppose un gouvernement unique, contrôlée par une banque centrale unique et indépendante du pouvoir politique, ainsi qu’une politique économique monétaire et budgétaire uniques.
Quelle que soit la solution adoptée, les Etats doivent être démocratiques. Ils doivent indiquer clairement à leurs citoyens leurs droits de propriété et leur accorder la liberté de décider s’ils veulent hypothéquer ces droits. Tout commence avec l’attribution du droit de propriété aux citoyens, un droit qui les fera émerger de la pauvreté. Le libre échange fera le reste.
En 2005, vous avez publié un livre intitulé «Les servitudes du pacte colonial». Pourriez-vous expliquer brièvement le sujet de cet ouvrage et le message qu’il transmet ?
MK: L’objectif de ce livre était de faire connaître au public le «pacte colonial», fondement des accords de coopération franco-africains. Il s’agit d’un modèle institué par la France sous De Gaulle à la veille de l’indépendance des Etats d’Afrique francophones, destiné à contrôler indirectement les affaires de ces pays de manière subtile, sans apparaître en première ligne comme pendant la longue période coloniale. Le livre publie les textes utilisés pour organiser les interventions de l’Etat français, malgré la fin de l’époque coloniale dans les années 1960. Selon ce pacte colonial, les présidents des Etats d’Afrique francophone doivent diriger leurs pays en fonction des intérêts de Paris.
L’indépendance s’est donc résumée au transfert de compétences de l’Elysée aux chefs d’Etat africains, qui doivent faire acte d’allégeance à la France, et non aux peuples qu’ils gouvernent.
Paris se charge de leur dicter les politiques à adopter. Ce livre révèle comment les accords de Défense sont en réalité que des accords commerciaux obligeant les Etats d’Afrique francophone à conserver des bases militaires françaises sur leur sol, avec des soldats prêts à intervenir pour chasser les dirigeants récalcitrants afin de les remplacer par des individus plus dociles.
Dans ce livre, on découvre que la France détient un monopole sur toutes les matières premières de l’Afrique francophone. On apprend comment la France a pris des mesures pour s’assurer qu’elle conserverait toutes ses prérogatives coloniales après avoir accordé «l’indépendance» aux pays africains.
Par le biais de ce pacte colonial, la France est demeurée omniprésente en Afrique francophone et a conservé les avantages d’hier. Paris a confisqué la véritable indépendance des pays d’Afrique francophone.
Nous nous devons de dénoncer collectivement ce pacte colonial. Lors de sa visite au Sénégal en juillet 2007, le fraîchement élu président français Nicolas Sarkozy a reconnu que la colonisation était un crime contre l’humanité, mais a refusé de se repentir. Les Africains doivent dénoncer tous les accords et systèmes qui éloignent l’Afrique des marchés. Le pacte colonial constitue une violation du droit de propriété africain.
Etes-vous parvenu à transmettre ce message à travers ce livre ?
MK: Je pense que oui. Je voulais partager mes convictions avec un grand nombre d’Africains. Et d’amis de l’Afrique, afin qu’ils soient dans une meilleure position pour mesurer les dangers du pacte colonial, du contrôle de l’Etat, et surtout de prendre conscience que la gestion de l’économie sous l’emprise du pacte colonial est une source de pauvreté dans nos pays. Nous ne voulons pas l’aumône ; notre problème n’est pas le manque d’argent. Je suis convaincu que nous devons avant tout revendiquer clairement nos droits de propriété sur nos terres et nos ressources, qui ont été aliénées par les colons, et dont le pacte colonial nous dépossède aujourd’hui. Enfin, je voulais dire que l’Afrique a un besoin urgent de libertés individuelles, d’un contrôle de l’Etat limité, de marchés libres, d’une société ouverte et de la paix, qui ne peuvent exister que si la liberté économique et politique est respectée.
In New African, Janvier 2008
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NEGRERIES A L’IVOIRIENNE
Lundi 11 Février 2008
Chers bien-aimés frères et sœurs ivoiriens,
Les lampions se sont éteints sur la fête africaine du football, la CAN 2008, avec le deuxième sacre de suite des Pharaons d’Egypte.
Dans tous les camps et dans toutes les écuries, c’est l’heure du bilan, une heure où beaucoup d’analystes sportifs se sont érigés en super entraîneurs ou sélectionneurs. Distribuant à tour de bras cartons jaunes et cartons rouges, en véritables experts de la chose footballistique.
En cela, certains se sont efforcés d’être les plus objectifs et les plus raisonnables possibles.
Ceci n’a pas été toujours le cas des journalistes ivoiriens dont les conclusions de certains m’ont franchement retourné les tripes.
Ecoutez un Maurice YAO KONAN de la Radio et un Sébastien WOGNIN de la Télévision (pourtant euphorique et clamant à tout vent que DIEU était avec la Côte d’Ivoire et que les Eléphants reviendraient avec la coupe. Quand ils gagnaient encore, bien sûr.) et vous finissez de désespérer de la presse ivoirienne et de l’ivoirien, en général.
De quoi s’agit-il ? Voici des Eléphants de Côte d’Ivoire qui ont procuré un plaisir intense à tout un peuple depuis les matchs de poule jusqu’aux quarts de finale. Qui ont fait l’unanimité des analystes sportifs les plus avertis sur la qualité de leur effectif et de leur jeu. Il a suffit d’une défaite face aux Pharaons d’Egypte (du reste, tenant du titre et nouveau champion d’Afrique) pour que ces deux hommes et certains autres confrères de la presse écrite vouent ces braves jeunes gens aux gémonies et les envoient au bûcher. Aussi simplement que cela. Sans la moindre parole de réconfort, d’encouragement, de reconnaissance pour tout le bonheur de quelques quatre somptueux matchs offerts à toute la Côte d’Ivoire. Je trouve cela inacceptable, anti-nationaliste et anti-patriotique. C’est de la nègrerie ! Cette remarquable génération de footballeurs ivoiriens ne doit pas devenir le diable parce qu’elle a perdu un match capital en demi-finale. Et pas devant n’importe quelle équipe, d’ailleurs.
J’ai entendu, ce matin, dans une analyse épicée, le journaliste Maurice YAO KONAN remettre en cause tout le parcours des Eléphants depuis les éliminatoires, en passant par les matchs de préparation jusqu’à la phase finale.
Traitant de « mystérieuses » les équipes koweitiennes contre lesquelles la Côte d’Ivoire a joué pendant sa préparation (pour mieux la tourner en dérision) et minimisant toutes celles qu’elle a battues à la CAN, qualifiant le géant nigérian d’équipe « en perte de vitesse », enlevant du coup tout leur éclat à nos brillantes victoires qui passent désormais pour être des victoires « sans gloire », selon lui. Quelle mesquinerie, là où on pense objectiver et rationaliser ! Quelle honte d’entendre un ivoirien traiter ainsi son équipe nationale. Une équipe qui a fait rêver la Côte d’Ivoire entière. Et demain, on s’étonnera et s’offusquera qu’un joueur professionnel refuse de venir jouer en sélection nationale ! C’est ainsi qu’on va finir par frustrer des garçons remarquables.
Je suis d’accord qu’on tire à froid les leçons de la mésaventure ivoirienne, qu’on identifie sans méchanceté ce qui n’a pas marché pour le corriger et qu’on remette les jeunes gens en confiance pour les échéances futures (parce que cette génération aura forcément son mot à dire, dans l’histoire du football africain).
A la limite, le Président de la République devrait les recevoir pour leur remonter le moral.
Mais les clouer au pilori avec leurs encadreurs et leurs dirigeants, de façon abrupte et sans aucune nuance, est contre-productif pour l’avenir et donne une fois de plus la preuve que le nègre est vraiment désespérant !
Jacques ANOUMA, le Président de la FIF, n’a pas enjambé le corps de son père pour aller soutenir le mental et le moral des Eléphants pour qu’on le traite ainsi.
Didier DROGBA n’a pas perdu le Ballon d’Or 2007, par solidarité d’avec tous ses coéquipiers qui avaient besoin de rester concentrés et soudés en un seul bloc pour être ensemble traités de la sorte. C’est inadmissible !
Si à RTI Sport il n’y a pas d’analyses plus intelligentes et plus objectives, alors dispensez-nous de ces productions qu’on veut couvrir de rationalité mais qui, en réalité, sont entachées d’une émotivité de mauvais aloi.
Autre chose. Que les Pharaons d’Egypte appuient leurs efforts physiques d’occultisme et d’ésotérisme pour gagner leurs matchs est un secret de polichinelle clairement révélé par la chaîne de télévision TV5.
Dire que cela n’a absolument aucun sens ni effet et que c’est faire preuve de « petitesse » d’en parler et d’y trouver l’une des raisons de nos incompréhensibles échecs face à l’Egypte (par deux fois : 2006 et 2008), comme le dit Maurice YAO KONAN, c’est faire croire aux chrétiens et aux musulmans que Satan n’existe pas, qu’il est une vue de l’esprit, et c’est faire croire aux bossonnistes que leur science repose sur du néant et qu’elle n’a aucune prise sur le physique.
Pour rappel, qu’il sache que les Maîtres du monde, ceux qui tiennent l’essentiel des richesses et des pouvoirs du monde, les hommes les plus puissants et les plus influents de la terre sont pour la plupart des satanistes, des illuminatis, des francs-maçons et des occultistes de haut rang.
Si ça n’avait aucun effet ou aucun sens, je ne pense pas que les esprits les plus brillants de la planète s’y adonneraient et en tireraient leur pouvoir et leur puissance.
S’il veut un exemple proche de nous, qu’il sache que l’attaque contre la Côte d’Ivoire, dans la nuit du 19 Septembre 2002, a été sous-tendue par une minutieuse préparation mystique et occulte et qu’elle a fait les dégâts qu’elle a fait et dont nous pâtissons tous.
Ce n’est donc pas une vue de l’esprit. Les Egyptiens ne s’adonnent pas à ces pratiques pour le plaisir. En plus de passer leur temps à feindre des blessures et à tricher, ils font des rituels occultes pour envoûter des adversaires. Ce n’est pas loyal.
D’ailleurs, le Cameroun aussi doit se poser des questions sur cette énigmatique équipe de l’Egypte, en ce moment. Mais nous ne pouvons nous en servir comme la seule ou la principale raison de notre échec.
Tirons objectivement les leçons de notre débâcle et repositionnons-nous pour les futures échéances. Et évitons toute méchanceté gratuite contre les Eléphants. Ce qui n’est pas la meilleure posture à adopter du moment.
Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !
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LE TCHAD A L'EPREUVE DE LA FRANçAFRIQUE
Vendredi 08 Février 2008
LE TCHAD A L’EPREUVE DE LA FRANçAFRIQUE
L’Afrique demeure encore aujourd’hui le théâtre des affrontements dont le seul dessein est le partage du pouvoir. Après avoir partagé l’Afrique en 1885, c’est autour des strapontins africains avec la nébuleuse occidentale tapis dans l’ombre qui se partagent les richesses de la terre de nos ancêtres. En effet, avant 1880, Les Européens disposaient pour l'essentiel d'implantations côtières. La France se réservait une partie du Maghreb, et en Afrique occidentale, le Sénégal. L'Angleterre possédait la colonie du Cap, la Côte de l'or, des compagnies commerciales anglaises travaillaient en Afrique occidentale et orientale. Toutefois, de 1870 à 1880, l 'exploration de l'Afrique progresse : on découvre des richesses intéressantes, or et diamants d'Afrique du Sud, cuivre de Rhodésie. C’est la conférence de Berlin (novembre 1884-février 1885), à laquelle participent les principaux Etats européens, qui rédige un "acte final". Celui-ci, après avoir défini le bassin du Congo, établit l'obligation de respecter le libre-échange pour toute puissance colonisatrice, même en cas de guerre; il définit les conditions à remplir pour l'occupation effective des côtes et elles seules : implantation du "pavillon", autorité suffisante et notification diplomatique. La situation Tchadienne est une illustration parfaite de cette complicité parfaite entre les occidentaux et une certaine élite africaine dont l’objectif est de piller le sous-sol africain. L’attaque « éclaire » de la rébellion tchadienne et ses corollaires méritent l’attention des africains sur le mode opératoire des ennemis de l’Afrique.
Lorsque la France imposa Deby
Considéré comme protectorat français à partir de 1900, le Tchad fut érigé en colonie en 1920 dans le cadre de l'AEF (Afrique équatoriale française). Sous l'impulsion du gouverneur Félix Eboué, il fut la première colonie française à se rallier à la France libre en 1940.Devenu république autonome en 1958, le Tchad accéda à l'indépendance le 11 août 1960 sous la présidence de François Tombalbaye. Ce dernier sera assassiné en 1975. Le général Félix Malloum, son successeur, dut céder la place à Goukouni Oueddei à la suite de la première bataille de Ndjamena en 1979. En 1980, la seconde bataille de Ndjamena permit à Goukouni Oueddei d'évincer son rival, Hissène Habré, avec l'aide décisive des troupes libyennes. En 1982, Goukouni Oueddei fut renversé à son tour par Hissène Habré. En 1990, Hissène Habré fut chassé du pouvoir par Idriss Déby Itno, avec le soutien de la France et de la Libye. La France a participé à ce coup d’état, officiellement en raison de son refus de mettre en place un multipartisme préconisé par François Mitterrand au sommet de la Baule. Officieusement parce qu'il a voulu renégocier les accords dits de coopération signés avec la France depuis la fausse indépendance et fermer toutes les bases de l'armée coloniale française sur le sol national. Le régime d'Idriss Déby a été installé donc par la France , son armée et ses services secrets, sur fond d'enjeu pétrolier avec le soutien du régime soudanais. Pour se donner bonne conscience et paraître comme un démocrate, Deby organise des élections avec l’aide de la France en 1996. 3 juillet 1996 : Idriss Déby l'emporte au second tour face à Kamougué Wadal Abdelkader. Il a été élu le 3 juillet 1996 avec 69,09% des voix, devançant Abdelkader Wadal Kamougue (30,91%). Il sera investi le 8 août 1996. Selon les organisations Survie et Agir ici, la France aurait largement aidé au truquage des élections de 1996, afin d'éviter un renversement légal du régime. Le catéchisme est récité fidèlement en 2001. Pour s’éterniser au pouvoir, Idriss Deby organise un référendum le 6 juin 2005 pour modifier la Constitution de 1996 sur plusieurs aspects, lui permettant de se représenter aux prochaines élections. Le 3 mai 2006, il est réélu avec plus de 77% des voix.
Deby le dictateur face à ses rebelles
Le moins qu’on puisse dire sur Deby c’est qu’il n’est pas démocrate. Trois années ont suffi pour qu’il retourne l’arme contre ses propres citoyens. Fin 1993, Amnesty International dressait le bilan amer des trois premières années du régime Déby :
" La terreur règne toujours. On continue de repêcher des cadavres dans les eaux du Chari, le fleuve qui arrose N'Djaména. Plus de 800 personnes ont été exécutées de façon extrajudiciaire. [...] Quels que soient ses mots d'ordre, le gouvernement d’Idriss Déby utilise aujourd'hui les méthodes de répression dont il disait vouloir débarrasser son pays à l'époque où il luttait contre le régime de Hissène Habré. Les assassins, les tortionnaires, les ravisseurs qui sévissent au Tchad appartiennent aux forces de sécurité de Idriss Déby ".
Outre les assassinats et tortures, le régime Deby monopolise les richesses du pays au point de laisser le pays dans une extrême pauvreté. Il se forme dès lors une opposition armée : le FUC (Front Uni pour le Changement). Elle regroupe l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) du général Mahamat Nouri, le Rassemblement des forces pour le changement (RFC) de Timane Erdimi et l’UFDD-Fondamentale (UFDD-F) d’Abdelwahid Aboud Makaye. Le 2 février 2008, les rebelles, apparemment soutenus par le Soudan, ont pris la capitale du pays N'Djamena. Le 4 février, l'ONU autorise l'ancienne puissance coloniale à intervenir militairement pour mettre fin à la rébellion.
L’impérialisme occidental au Tchad
La prise de N'Djamena après la condamnation des membres de l’arche de Zoé et le soutien appuyé des Etats-Unis et de la France invitent à la réflexion. Comme autrefois, les occidentaux ont voulu déportés 103 enfants[i] tchadiens et les priver de leur cordon ombilical dans un pays inconnu. Cette affaire qualifiée d'illégale et d'inacceptable par le chef d'Etat français Nicolas Sarkozy a ému le monde entier. Mais voilà qu’après la condamnation prononcée par les juges Tchadiens, de la peine de « 8 ans de travaux forcés», traduite par le tribunal correctionnel de Créteil, en droit français, le président Deby annonce le 6 février 2008, sa volonté de les grâcier si la France en fait la demande. On est en droit de s’interroger sur les commanditaires de cette attaque de N'Djamena, vu qu’elle permet à la France de voir ses détenus grâciés par un Deby affaibli. Comment admettre que les militaires fiançais positionnés dans le pays avec les appareils sophistiqués n’aient pas vu venir du soudan une colonne de plus deux cent voitures. Soit la France voulait laisser faire pour reprendre la main après sa dérouillée dans l’affaire « arche de zoé », soit elle a commandité cette attaque. Cette dernière option n’est pas à négliger puisque Deby s’est vu proposer vendredi, 2 février 2008, par Nicolas Sarkozy d’être exfiltré s’il le souhaitait, mais il a refusé. Avant de lancer une mise en garde aux rebelles qui ont attaqué le président Deby et son régime, en ces termes : « Si la France doit faire son devoir, elle le fera (...) (En cas d'agression), ... la France aurait les moyens de s'opposer à une action contraire aux règles du droit international », la France voulait comme, à son habitude « gommer » Deby, un ancien poulain qui ose tenir tête au colonisateur. D’ailleurs, Bernard Kouchner, Ministre français des affaires étrangères, en déclarant que la France ne défendrait pas le régime de Déby, a donné une "sorte de feu vert" à l'offensive de l'opposition armée tchadienne. Quant à Louis Michel, Commissaire européen, en affirmant qu'il était "prêt à rencontrer les rebelles "n'importe où" a ipso-facto reconnu, au nom de l'UE, la légitimité de l'existence politique et militaire de ceux-ci.
Cependant les intérêts américains ont fini par sauver Deby mais pour combien de temps ? En effet, depuis 2004, le pétrole qui représente plus de 80% des exportations nationales, est exploité par un consortium associant Exxon Mobil[ii], Chevron, et Petronas. Face à un Soudan qui aimerait voir un gouvernement Tchadien qui lui est accommodant, afin de construire un oléoduc entre Doba et ceux qui mènent vers le Port-Soudan, pour livrer la Chine , et les intérêts américains, le choix d’un corrompu comme Deby s’impose[iii]. La France cherche à maintenir son influence sur le continent africain, face à d’autres intérêts, comme ceux des Etats-Unis ou de la Chine , et à garder un accès privilégié au pétrole et aux ressources minières du pays.
Pour ses intérêts, elle cherche le retour de la stabilité au Tchad. Dont dépendent, conséquemment, la paix et la sécurité collectives à l'échelle régionale. A commencer, au moins, par la République centrafricaine voisine, en quête de pacification durable du climat sociopolitique tributaire des faibles ressources financières de Bangui.
La leçon à retenir par les africains
Au Tchad, il y’a des enjeux pétroliers importants. C’est un pays qui est à la charnière du monde arabe et du monde africain. Paris et Washington ont haussé le ton dans la crise tchadienne, au lendemain de l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu, et soutenu le régime Deby. Alors que les Etats-Unis font part de leur "préoccupation", le président français a annoncé mardi 5 février, que Paris ne renoncerait pas à faire son devoir.
Pourquoi Paris n’a pas soutenu le régime de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire alors que des accords de défense les liaient ? En vérité, les occidentaux soutiennent toujours ceux qui affament leur peuple à leur profit. Il est temps que les africains se défendent par tous les moyens vis-à-vis des imposteurs occidentaux, qui profitent de quelques africains analphabètes pour semer la division afin de piller nos ressources naturelles. L’africain nouveau doit exiger que l’exploitation des ressources pétrolières, minières et autres profitent aux africains. Autant la France n’a pas vocation à accepter la misère (les termes de Sarkozy), elle ne doit pas piller les ressources des « misérables ». Après avoir injecté le venin de la division, créant de la sorte les guerres et conflits, les occidentaux organisent le rapatriement de leurs ressortissants. Le devoir nous appelle, africain et l’histoire nous regarde. L’Afrique peut compter sur ses ressources humaines pour diagnostiquer de quoi elle souffre. Et elle dispose suffisamment de ressources matérielles pour son développement. Barrons la route à ceux qui ont rendus esclaves nos grands parents, colonisés nos parents et qui veulent assombrir notre avenir et celui de nos enfants. Faisons donc ce qu’on n’a jamais fait pour avoir ce qu’on n’a jamais eu.
Que Dieu nous donne la force de résister !
Vive le Tchad apaisé !
Vive l’Afrique !
Prao Yao Séraphin
www.mlan.fr
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