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dimanche, 30 mars 2008

DEUX ARTICLES SUR LA CRISE IVOIRIENNE A GARDER EN MEMOIRE !

LA FRANCE SE TROMPE D’EPOQUE ET DOIT
ASSUMER


Opinion : L’auteur de cette contribution s’appuie sur la part active de la France dans la crise ivoirienne pour mettre à nu les armes déstabilisatrices de la France impérialiste dans ses ex-colonies. Morceaux choisis.

Par le Professeur GNAGNE Y. Maurice


Monsieur Jean-Pierre TUQUOI, journaliste au célèbre quotidien français « LE MONDE »,qui serait « spécialiste » des affaires africaines,titrait dans le numéro du 29/12/2005 de ce journal,son commentaire sur la formation du Gouvernement Banny,par cette phrase : « La formation du gouvernement ivoirien marque la défaite( ?)du parti du Président Gbagbo ».
Dans ce commentaire,il se réjouit de la « percée » de l’opposition politico-militaire dans ce gouvernement qui,pour lui,est constitué dans le but d’organiser les élections d’Octobre 2006 qui trouveront « un remplaçant au Président Gbagbo ».Un remplaçant au Président Gbagbo,tout bêtement et tout simplement !


(…)Ce qui paraît curieux dans cette affaire,et qui d’ailleurs est une surprise,mais peut-on réellement être surpris ?C’est que monsieur est un journaliste français,donc à priori un intellectuel républicain cultivé qui,paradoxalement,se réjouit et espère la prise du pouvoir d’Etat par une rébellion politico-militaire, en Côte d’Ivoire(la fin ne justifie t-elle pas les moyens ?se dit-il certainement !).(Note personnelle :C’est du racisme à l’état pur. Ils n’accepteraient jamais une telle dérive chez eux. Cela n’est bon que pour l’Afrique et pour les Nègres. Et si encore ils nous considéraient comme des Nègres ! Nous avons le malheur de n’être que des Africains !)
Mais,prise de pouvoir par la rébellion politico-militaire en Côte d’Ivoire au bénéfice de qui ? Du Peuple de Côte d’Ivoire qu’on massacre ? Pouvons-nous nous interroger ! Naturellement ,et ceci est une évidence qu’on ne discute plus aujourd’hui :Au bénéfice de la France chiraquienne,sa patrie !
En effet,la réjouissance de Monsieur Jean-Pierre TUQUOI,devant ce qu’il a appelé « la percée de l’opposition politico-militaire »,achève de nous convaincre,s’il en était encore besoin,sur le rôle de la France de Chirac dans cette crise :Elle (la France de Chirac) est en effet partie belligérante dans cette crise. Elle est en collusion d’intérêt avec l’opposition politico-militaire ivoirienne qu’elle soutient de façon plus qu’active. Et cela n’est un secret pour personne. Une opposition politico-militaire qui a comme programme de gouvernement le départ du Président Gbagbo du pouvoir qu’il exerce depuis cinq ans, par la volonté du Peuple souverain de Côte d’Ivoire. La France et l’opposition politico-militaire ivoirienne se rejoignent donc dans cette logique. Et le dire n’est pas faire preuve de génie. Le dire et le répéter que la France est partie belligérante à cette crise,c’est aussi faire preuve de pédagogie,en tant que la répétition est une vertu pédagogique qui cristallise les idées,et rappelle aux uns et aux autres qu’il n’y a de caché que ce que nous nous interdisons de chercher à connaître et à comprendre,et ce que nous nous refusons de témoigner pour les générations à venir.
Donc parlons et témoignons,car « au rendez-vous de l’histoire,tous les témoins devraient avoir la parole ! ».Parlons et témoignons que la France de Chirac a trahi la Côte d’Ivoire et son Peuple,au bénéfice de ses intérêts et ceux de l’étranger !Elle s’est trompé d’époque et elle doit assumer pleinement toutes les conséquences de ses actes(…)


En ce qui concerne les déclarations et les réjouissances de Monsieur Jean-Pierre TUQUOI ,de voir le Président Gbagbo être remplacé par une opposition politico-militaire,en dehors de la gêne et de la pitié que nous pouvons éprouver pour l’auteur de cette ignominie,et surtout de la salissure morale et intellectuelle qu’une telle position déverse sur sa personne,de telles déclarations appellent des commentaires et analyses de notre part. Retenons seulement que si ce monsieur,sans le vouloir,s’est mis à nu par une sorte d’auto-psychanalyse, c’est que les données du terrain, en Eburnie, ne donne aucune chance à un autre candidat qui se présenterait devant le Président Gbagbo. Le Président Gbagbo représente un véritable avatar pour le pouvoir politique français actuel et toute la nébuleuse mafieuse économico-militaro-politique qui n’ont pas encore compris le niveau de conscience du Peuple de Côte d’ Ivoire engagé dans une lutte de libération pour la prise en main de son destin.Toute cette confrérie du mal n’a pas encore mesuré,à sa juste valeur,la grandeur et l’immensité du sacrifice que le Peuple de Côte d’Ivoire s’apprête à consentir pour qu’advienne cette libération et la prise en main de son destin.
Le problème,à mon avis,ne se présente même pas en ces termes,puisque malgré les manigances de la France de Chirac,le Président Gbagbo sera réélu au premier tour de ces élections. Cela est une certitude que tout ivoirien digne et fier,que toute ivoirienne digne et fière,doit avoir en esprit. Et ce n’est pas « la communauté internationale » qui viendra choisir un Président pour notre Peuple et notre pays.
Que la modestie gagne tous ceux qui espèrent un tel « happy end » pour leurs protégés.



Extrait du Quotidien LE COURRIER D’ABIDJAN,
No 749 du Mardi 27 Juin 2006.





Massacre des 80 gendarmes de Bouaké, tueries de Duékoué

LE GRAND DEBALLAGE DE MAITRE VERGES



« CRIMES CONTRE L’HUMANITE. MASSACRES EN COTE D’IVOIRE », c’est le titre du livre que l’avocat français Jacques Vergès vient de publier aux éditions LAFFONT sur la crise ivoirienne…Un véritable réquisitoire contre la France et la communauté internationale dans leur gestion du conflit ivoirien. Extraits :

« Je suis, en général, celui qui prend la défense des hommes accusés de crimes contre l’humanité (Ma note personnelle : Exemple : Klaus Barbie, Le Boucher de Lyon, en France, qui s’est sinistrement illustré, pendant l’occupation allemande). Alors pourquoi ? Pourquoi prendre fait et cause pour les victimes d’un massacre ? D’habitude, j’ai les nerfs solides, mais j’ai été indigné : Bébés violés, torturés, assassinés, femmes déchiquetées, hommes massacrés. Sur ces massacres, le silence de la communauté internationale et de la France, en particulier, est impardonnable ; j’ai voulu lever le voile sur ce qui constitue un crime contre l’humanité (…) D’avocat, je suis passé au rang de témoin. Ma singularité et ma force, c’est mon indépendance. Pour moi, la vision que nous avons de la Côte d’Ivoire est entièrement fabriquée et injuste, je veux ici dénoncer très fort l’attitude internationale face à un crime abominable. Je suis interloqué et indigné par le silence de la communauté internationale et de la France sur cette kyrielle d’exactions. »
Guitrozon et Petit-Duékoué : « Deux visages d’enfants enflés et couverts de mouches ; une femme carbonisée avec, entre les jambes, un petit tas de charbon : l’enfant prématuré dont elle a accouché dans l’agonie ; parmi les cendres d’une case incendiée, les montants de métal noircis d’une chaise roulante, des visages éclatés, des corps incendiés… »
Pour l’avocat français, un crime comme celui de Duékoué ne peut pas être amnistié…


Quand l’avocat français flaire l’odeur du pétrole et du gaz dans le conflit.


Sans être formel, Me Vergès semble subodorer d’importants intérêts économiques dans cette guerre que vit la Côte d’Ivoire. A ce sujet, il écrit ce qui suit : « Il est par contre de plus en plus question des découvertes de puits de pétrole et même d’une réserve proche de celle du Koweït. La Côte d’Ivoire serait en passe de devenir le deuxième producteur africain de pétrole, après le Nigéria.
Par ailleurs, une nouvelle réserve de gaz devrait permettre une exploitation pendant un siècle au moins (...) La guerre en Côte d’Ivoire est-elle liée à ces nouvelles découvertes ? La déstabilisation de ce pays est-elle orchestrée et destinée à favoriser l’exploitation sans contrôle des produits existants ? Et si oui, par qui ? La question reste posée ! Comment ne pas faire le rapprochement entre cette déstabilisation qui semble savamment entretenue et la découverte, en 2002, de ces énormes réserves de pétrole dans le sous-sol ivoirien ? Les dictatures sont plus aisées à contrôler que les démocraties… »


Extrait du Quotidien L’INTER
No 2433 du Mardi 20 Juin 2006

22:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 24 mars 2008

FAUT-IL CROIRE EN NICOLAS SARKOZY ?

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Chers frères et sœurs Ivoiriens et Africains,


Depuis quelques semaines et particulièrement après le tristement célèbre discours de l’Université CHEIKH ANTA DIOP, du 27 Juillet 2007, au Sénégal, on a le net sentiment que le Président Français Nicolas SARKOZY s’attelle à améliorer son image gravement écornée par le très impopulaire laïus de Dakar et à se donner la réputation du Chef d’Etat français qui aura commencé le démantèlement de la Françafrique.

Quelques faits pourraient, justement, le laisser penser :

Premièrement : Le lundi 03 Mars 2008, un reportage de France 2 dévoile l’immense patrimoine immobilier de plusieurs présidents africains en France, avec comme tête file, le Gabonais Omar Bongo. Trente-trois appartements ou maisons en tout, dont un hôtel particulier de 18 millions d'euros (près de 12 milliards de francs CFA) à Paris, le tout pour la faramineuse somme de 150 millions d'euros (près de 100 milliards de francs CFA), voitures de luxe, etc.
La famille d'Omar Bongo Odimba (officiellement payé à 15.000 euros, soit environs 10 millions de francs CFA) semble être dans le collimateur de l'équipe de télévision de France 2. Tout comme elle l’a été ces derniers mois d'une enquête de police, à la suite d’une plainte déposée, en juin 2007, par trois associations françaises pour «recel de détournement d'argent public».

Le fait qu’une information d’une telle gravité ait pu même être traitée par une télévision française très proche du pouvoir français et qu’elle ait pu écorcher aussi sérieusement un « ami de quarante ans » de l’oligarchie ultra-libérale française et de Monsieur SARKOZY, parait quelque peu surréaliste.
D’autant que le très officiel Ministère gabonais des Affaires Etrangères a «exprimé son étonnement sur la diffusion par l'audiovisuel d'Etat d'un dossier qui a fait l'objet d'un NON-LIEU de la justice française». Diffusion qui s'est faite «au mépris» des «intérêts mutuels, de l'excellence des relations qui lient» la France et le Gabon, alors que «le Gabon est toujours demeuré un allié sûr pour la France».
Et le Ministère gabonais de l’Intérieur de passer à la charge (Cette «affaire» survient alors que le Gabon avait déjà averti la France sur un autre dossier sensible: L'immigration) : «Il y a beaucoup de Français en situation irrégulière au Gabon. Ils pourront être reconduits à la frontière si, au cours d'un contrôle de police, ils ne justifient pas de carte de séjour», a affirmé, le mercredi 05 Mars 2008, le ministre de l'Intérieur André MBA OBAME. Selon lui, «5 à 10%» des quelques 10.000 Français installés au Gabon ne seraient pas en règle et pourraient donc être expulsés. Un Français venant travailler dans le secteur pétrolier a d'ailleurs été refoulé, le mardi 04 Mars 2008 au soir, à son arrivée à l'aéroport de Libreville.

On le voit bien, cet épisode a fait quelque peu monter l’adrénaline entre les deux pays, faisant penser que Nicolas SARKOZY pourrait tenir une promesse électorale chère aux Africains : Reconsidérer les relations France-Afrique, dans le sens de l’intérêt et du respect mutuels.

Mais relevons qu’en novembre 2007, l'affaire de « recel de détournement d’argent public », qui avait fait l’objet de la plainte évoquée plus haut, était classée sans suite pour «INFRACTION INSUFFISAMMENT CARACTERISEE». Extraordinaire !
Les observateurs avertis y avaient, à juste titre, perçu une intervention des autorités françaises, soucieuses de ne pas égratigner un «ami de quarante ans». Malgré les discours de Nicolas Sarkozy, la Françafrique semble encore avoir de beaux jours devant elle, reconnaît un canard français.

Deuxième fait : Récemment, devant les députés Sud-africains, au Cap, Monsieur Nicolas SARKOZY, dans un exercice tout à fait aux antipodes de son discours de Dakar, a fait connaître son projet de renégocier tous les accords de défense de la France en Afrique pour, dit-il, "refonder la politique française sur le continent".
Un discours jugé positif et afro-optimiste, dans lequel l’Afrique est considérée comme un partenaire à traiter d’égal à égal ! Nous ne sommes pas loin du surréalisme.
Et en choisissant de tenir un tel discours, précisément, en Afrique du Sud, « symbole de la renaissance africaine, image d’une Afrique moderne qui compte et qui s’inscrit au cœur de la Mondialisation », comme le relève la presse ivoirienne, contrairement à ce qu’il a semblé dire, à l’UCAD de Dakar, il y a huit mois de cela, c’est un signal fort que le Président français renvoie à toute l’Afrique et à son intelligentsia qui avaient tiré sur lui à boulets rouges, au lendemain de son laïus et l’avaient pratiquement lynché, à travers blogs et articles de journaux, sur tout le continent et dans le monde entier.
C’était au point où des intellectuels africains de la diaspora avaient co-produit un ouvrage-réplique cinglant à ce discours dans lequel le Président français parlait de notre Afrique comme d’un continent "qui n’est pas entré dans la Mondialisation".

Fait encore plus surréaliste, le Président français envoie une copie de la partie de son discours relative à la renégociation des accords de défense, à trois chefs d’Etat africains, dont le Président Laurent GBAGBO.
Ce geste est tout de suite vu comme un acte d’humilité et de considération du Chef de l’Etat français pour le Chef de l’Etat ivoirien, rompant ainsi avec la guéguerre permanente, voire l’animosité, qui régnait cordialement entre les pouvoirs français et ivoirien, du temps de CHIRAC. Cette « évolution » pourrait même faire jubiler certains ivoiriens, caciques de la galaxie patriotique !

Est-ce le signe réel du début d’une véritable réorientation de la politique africaine  de la France? On pourrait, effectivement, être tenté de le croire, mais personnellement, je n’en suis pas si sûr ! Je refuse donc d’y mordre. N’allons pas trop vite en besogne.
Dans ma perception des choses, « l’hyper président », SARKOZY, est en campagne de séduction, en Afrique, et on ne peut pas se fier vraiment à ses dires. Trop de choses prouvent encore qu’il fait partie intégrante du mal françafricain et qu’il adhère, totalement et sans équivoque, à ses pratiques néocoloniales :

D’abord, ses manières cavalières, méprisantes et suffisantes dans le dossier des enfants tchadiens enlevés par l’ONG « L’Arche de Zoé » (dans lequel il a notamment dit, parlant des six français arrêtés, au Tchad : J’irai les chercher, quoi qu’ils aient fait !).
Ensuite, la caution qu’il apporte à l’économie de prédation de la France, qui continue à spolier l’Afrique et, notamment à travers son entreprise AREVA, de piller l’uranium du Niger, qui ne reçoit que la portion congrue d’un véritable accord de dupe, paraphé depuis plus de quarante ans !
Puis, son interventionnisme de mauvais aloi dans la crise tchadienne où il souffle le chaud et le froid, pour faire marcher et plier le régime DEBY, par le moyen du chantage, un chantage honteux, qui a eu pour dividende la promesse à l’arraché du Président tchadien - heureux rescapé d’une attaque rebelle où la France tirait les ficelles et détenait toutes les cartes - de gracier les six français arrêtés, qu’il a bien pris le soin de mettre d’abord à l’abri, en France. Pour lui, des nègres ne sont pas habilités ni même dignes, de juger, de condamner et d’incarcérer des blancs. Voici ma lecture de ce mépris authentiquement gaulois.
Enfin, le non-lieu qui a frappé l’affaire « Recel de détournement d’argent public », ouverte sur la plainte de plusieurs associations qui ont pris fait et cause pour le peuple gabonais, affreusement volé par le régime BONGO, là où la France entière croule sous le poids des preuves !

Alors, dites-moi en quoi SARKOZY est-il différent de CHIRAC, le néocolon ou même de MITTERAND, le génocidaire ?

Chers ivoiriens, cette campagne de séduction de SARKOZY, en direction de l’Afrique et, singulièrement, de la Côte d’Ivoire, ne doit pas nous distraire, tant que nous ne serons pas sortis de cette crise. Croyez-moi, nous devons les suivre de très près, sa clique et lui. Il nous faut les avoir à l'oeil et ne pas risquer de nous laisser endormir par leurs belles paroles. Car le vrai pouvoir qui dirige la France est souterrain, occulte, maçonnique, illuminati et ultra-libéral. Il existe depuis des siècles et installe ses pontes au pouvoir, en ayant sur eux une lourde main.
La politique de ce pouvoir reste invariable : Colonialiste. Avec un système économique tout aussi invariable : L’économie de prédation.
SARKOZY peut-il se singulariser et travailler au détriment de « la France de l’ombre », cette oligarchie occulte qui dirige la France et dont les intérêts, en Afrique, sont immenses, notamment les quelques dizaines de familles ultra-libérales qui tiennent son économie ? Attendons de voir!

SARKOZY veut plaire ? Soit. Gardons, néanmoins, un œil ouvert et la garde plus que jamais haute. La France n’a jamais abandonné son intention et son projet d’installer un de ses sbires et sous-préfets locaux au pouvoir, en Côte d’Ivoire.
La seule présence de la Force LICORNE en est la preuve ! La Force LICORNE, même en effectif réduit ou très réduit, reste une menace pour notre pays et pour sa stabilité. Elle garde un potentiel létal démesuré malgré toutes les campagnes de bons offices, les charmes diplomatiques et les sourires hypocrites.

Mais face à cette menace, où en sont nos idéaux (si nous sommes d’accord que c’est l’idéal qui est le moteur de l’action) ? Avons-nous encore vraiment des ressources et du répondant pour la lutte ? L’enjeu est-il encore clair dans nos esprits embués par le profit, le gain facile, l’enrichissement rapide et la jouissance impie ? Est-il encore net dans nos cœurs devant notre effroyable corruption, devant l’absence de rectitude et de valeurs qui nous caractérise désormais, devant le pillage en règle du denier public dans notre pays, avec en tête de file le camp présidentiel, et la politique du ventre (désormais de rigueur dans la galaxie), qui a dilué la noblesse de notre belle lutte de libération dans des querelles mercantiles et des revendications alimentaires ?

Les élections ivoiriennes approchent. Tous me donneront peut-être bientôt raison. Mais je prie DIEU pour avoir tort, à plates coutures !


Que DIEU garde et bénisse la Côte d’Ivoire !





 

22:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

INCIDENCE IVOIRIENNE D'UNE PALABRE GABONAISE. OUVRIR L'OEIL.

Vendredi 07 Mars 2008


3A TELESUD : BENQUET, KABORE, LOUEMBE, Pascaline BONGO devant des juges français !


Fin février. Libreville bruisse d'un feu allumé par un procureur pompier qui se veut pyromane. Son crime avoir chargé à l'aveuglette sur un homme d'affaires, Felix BONGO, pour une étrange histoire de Fourgons blindés vendus au trésor Public Gabonais. Nul délit à l'horizon. A l'horizon, aucun acte judiciaire ne peut justifier que l'on mette à sac les maisons des membres de la famille BONGO. Luttes de clans. Il ne fait de doute que dans la famille la grande famille BONGO et ses multiples ramifications, intrigues, détestation, affairisme et prise en otage du million de Gabonais on a déterré la hache de guerre. Comme si le patriarche impuissant, dévoré par la santé de sa femme en convalescence au Maroc, était déjà enterré. On doit se partager le trône ou ce qu'il en reste. Toutefois cette affaire aura le chic d'éclairer les gabonais qui croulent sous la pauvreté de l'utilisation des ressources financières de leur pays, sans aucun véritable contrôle.

Acteur majeur de ce jeu de caisses, Blaise LOUEMBE KOUYA, l'homme de Koulamoutou, gardien du temple, pour ne pas dire du Trésor Public Gabonais. Véritable cauchemar des institutions de Bretton Woods. Modèle de gaspillage des fonds publics, l'affaire dite des fourgons va révéler que le TPG agit à sa guise et celle de ses commanditaires. En toute impunité. On jongle avec des milliards. Sans aucun contrôle ni le respect de la moindre procédure du code des marchés public, pourtant exhibé sur un site internet du Ministère des finances de la dite République du Gabon. Blaise LOUEMBE KOUYA, surnommé par ses laudateurs « Ya Blaise », travaillant sous les ordres de pascaline Bongo Ondimba, la protection de son collègue du trésor, jeff Bongo fils adoptif du Président et du ministre des finances, Paul Toungui, Mari de Pascaline n'oublie pas au passage de se préserver pour les temps durs futurs. Dans le registre des propriétés en France on peut découvrir ses luxueuses possesions française. Comme tout Gabonais qui se respecte. Une maison luxueuse à Levallois, banlieue chic de la région Parisienne, demeure sur la Côte d'Azur du côté de Nice. Pourquoi va-t-il s'en priver. Il a de qui tenir.

Un récent article du Journal français le Monde, sur les fortunes diverses des chefs d'Etat africains en France mettait en valeur le patrimoine de Omar Bongo Ondimba. Un modèle du genre. Appuyé par un documentaire de France 2, début mars en plein journal de 13H, ce déballage finira par convaincre tout le monde de la mise en place de la « Rupture » chère à Nicolas Sarkozy. Le Gabon, le Gabon des « rapetout » n'est plus en terrain conquit en France. Pour s'en convaincre, il suffira de lire l'épais rapport (900 pages) de police au terme de 18 mois d'enquête qui finira par démonter toute la mécanique de fluidité des liquides quittant la Trésorerie du Gabon, pour s'éparpiller au coin des plus exotiques destinations mondiales.

« Pascaline BONGO et son clan de nouveau devant la justice Française »

Si couvert par une immunité certaines, certains des acteurs de ce vaste flux vertigineux n'ont rien à craindre, il existe certaines maladresses qui peuvent mal se terminer. Et le cas le plus significatif est la chaîne de télévision 3A TELESUD. Au travers d'un jeu de noms, d'articles révélant la crise – AFRIK.COM, le GRIGRI, Jeune Afrique, les Africains de France, maillon médias du réseau le plus visible des pourfendeurs de la Françafrique, on découvre avec délectation que c'est un clan qui va bientôt se retrouver devant les fourches de la justice française. A nouveau.

Si en janvier, Pascaline BONGO ONDIMBA, Directrice de cabinet de son éternel père a versé de chaudes larmes sur le bitume parisien, suite à la comparution et la condamnation d'un de ses fils ( dont le père est Jean Ping actuel président de l'Union Africaine), cette fois ci elle va devoir usé de toute sa puissante influence pour se sortir des griffes judiciaires dans lequel semble l'envoyer à son insu un de ses porteurs : en l'occurrence ERIC AMAR BENQUET.

Tout commence en novembre 2006. 3A TELESUD, tant bien que mal a fini par résister à la fureur du vent qui veut qu'aucun projet de chaîne de télévision panafricaine ne puisse survivre. Drivé par trois jeunes africains talentueux, mais démuni de soutien financier, la chaîne de télévision est devenu sous leur direction en moins d'une décennie une référence du monde Afro. Une véritable fierté. Visible sur quatre continents, si à l'antenne son manque de moyens est visible, il est évident que la détermination et le professionnalisme de l'équipe fait des merveilles. Toutefois il faut des moyens. Encore plus. Surtout qu'en interne des financiers, anciens soutiens des fondateurs, sentant la mayonnaise prendre ont décidé de glaner immédiatement leur retour sur investissement. Zizanie,méli mélo, opportunités. Si le cher Omar BONGO ONDIMBA, jamais revenu de l'échec de téléafrica, chaîne qui devait être la vitrine de l'Afrique mais a fini par couler au gré des nominations des membres de la famille et des dépenses les plus folles (plus de 40 millions de dollars en une décennie), a toujours souhaité apporter son écot à ce succès africain, certains flairent la faille. Et vont la jouer fine.

On trouve un porteur de parts. La société est en France. Ca tombe bien, il vit au Gabon et est de nationalité Française. ERIC AMAR BENQUET, puisqu'il s'agit de lui. En une décennie au Gabon, l'ancien délinquant, colleur d'affiche sans avenir chez JC DECAUX en France est monté en grade. Il est devenu l'homme à tout faire de Blaise LOUEMBE. Sa société KORUM SERVICE, dont la surface à Libreville ne dépasse point les 150m² est devenu la plate forme d'impression favorite du TPG. Toutes les campagnes électorales depuis 2004 au Gabon se font dans ce réseau. Le colleur est un blanchisseur à l'international. C'est lui qui se présente à 3A TELESUD comme un homme d'affaires, riche et prospère. Il veut investir. Banco. Novembre 2006, le voici porteur des 51% des parts de la société, mais ce que les fondateurs qui ignorent avoir fait rentrer un loup dans la bergerie ignorent, il n'est point là pour travailler avec eux, mais les éjecter afin de récupérer la totalité de la société au profit de ses commanditaires.


ALABA FALL, le procureur du Gabon va-t-il interroger Eric Amar BENQUET ? On en doute !

Si Eric Benquet, s'asseoit sur les multiples accords de rétrocession des parts qu'ils signent avec les fondateurs, il ne va par contre pas lésiner sur les moyens pour mettre progressivement au gré de différents actes ses partenaires dits historiques. Trahison, coups bas, fausses promesses. L'enjeu de la chaîne, de son existence st secondaire. Se doute t-il que ce conflit ira aussi loin ? Pas sur. Il porte l'assurance de la protection de ses commanditaires, dont il ne se prive de chanter les louanges au gré de ses sorties parisiennes. C'est ce bavardage monstre qui mettra les oreilles indiscrètes des renseignements généraux, les fameux RG sur sa piste. Il est épié, surveillé, décortiqué à son insu. A cet effet dans le rapport de police sur les supposés transit de fonds du Trésor Public gabonais, il dispose d'un chapitre bien fourni.

Qu'y découvre t-on ? En deux ans plus de 2,5 milliards de Francs du Trésor Public Gabonais ont transité sur le compte personnel de ERIC AMAR BENQUET, sis à la BGFI à Libreville. Un compte personnel qui n'a d'autres rentrées que les ressources du Trésor Public. Des exemples :
En date du 27 octobre 2006, le trésor public vire sur le compte N° 00012841401-45, appartenant à Eric Amar BENQUET, la somme de 327 978 500 (CFA), le 31 octobre 2006, Monsieur Benquet vire la somme de 327 978 500 FCA (Virt Etranger 04100- ref : TRF 000 525) Transfert dans le compte de Wiam 3A TELESUD. Une simple conversion démontre que le montant en millions de francs CFA équivaut à exactement 500.000 euros. Soit le montant injecté ce jour pour une prise de participation majoritaire de 51% de 3A TELESUD. Suivont d'autres virement du trésor public sur le compte de M. BENQUET et le même manège de transfert à Paris : 21 novembre 2006 : 144.310.549 FCA ; 16. mai 2007, 65 595 500. Un compte qui a chaque virement du Trésor Public, destine les fonds en un transfert vers la France, sur le compte de WIAM. Destination les comptes de la société WIAM ouvert auprès d'une banque obscure, la CBIP, filiale de la sénégalaise CBAO. BENQUET en profitant dans ce flux pour soutirer quelques millions de francs CFA et régler des factures personnelles. Un spécialiste du droit admet « Benquet ne justifie d'aucunes immuntés, il est sous le coup de plusieurs articles de la loi. Si le procureur de la République du gabon se permet de l'écouter , il fonce tout droit en prison. A moins de produire de faux documents ». Seul hic, le conflit avec les fondateurs historiques de la chaîne va dégénérer.

En voulant prendre le contrôle de la chaîne par tous les moyens, le Franco-Gabonais va multiplier les maladresses. Après s'être nommé gérant début 2007, il démissionne quelques mois plus tard pour faire appel à Jean Philippe KABORE. Fils de la Numéro 2 du RDR, Henriette Diabaté, de père Burkinabé, impliqué dans une tentative de putsch contre Laurent Gbagbo, au chômage depuis des années, il cherche à rebondir. Après des séjours infructueux à Libreville et une vague poste de consultants dans une société, il est à l'ombre. Mais dispose d'un atout dans sa manche. Sa femme LINDA, est une amie d'enfance de Pascaline BONGO ONDIMBA. Vas-y pour le poste de gérant.

Sa mission : dézinguer tous les fondateurs. En trois mois ce sera chose faite, mais à quels prix. 3A TELESUD est en perdition éditoriale totale. De plus en 2008, la chaîne va devoir affronter une série de procès qui ne vont pas arranger les choses. Deux sociétés réclament avec certitude plus de 600.000 euros à 3A TELESUD. Les deux fondateurs anciens cadres salariés, Pierre Bedou et Sylvie Deboisfleury, licenciés sans le moindre respect de la procédure du code de travail ont engagé une procédure devant les tribunaux. Aux Etats-Unis, il se murmure que lassé des plaintes des téléspectateurs sur la la dégradation subite des programmes de la chaîne et sa qualité éditoriale, le bouquet Dish Network a choisi de retirer prochainement l'offre de son bouquet. Et par ailleurs le partenaire américain, va remettre la licence de diffusion en jeu tandis que l'un des fondateurs résidant aux Etats-Unis a décidé d'attaquer la chaîne devant les tribunaux pour des motifs fondés.

Mais le plus dangereux est à venir. Lors de la dernière assemblée générale de la société le 30 novembre 2007, ERIC BENQUET avec la complicité des gérants de la structure avait trouvé un moyen pour se débarrasser des 24% des actions dont disposaient encore les fondateurs de la société. Un passage en force qui a mal viré. Car en montant une opération coup d'accordéon en se persuadant que les fondateurs historiques n'avaient pas les moyens de souscrire, c'est un scénario cauchemardesque qui a fait surface. Non seulement les historiques ont posé une rondelette somme en cash sur la table, mais pire, l'investisseur Gabonais n'a jamais pu souscrire car ne disposant pas de cash.

Faux en écriture, usage de faux, tout est bon pour éliminer les fondateurs historiques !

Pour ne pas se retrouver éjecter de la société, ERIC AMAR BANQUET, n'a eu d'autres choix que de réaliser des actes en marge de la loi. Bilan tout ce beau monde se retrouve devant la justice française suite à une plainte très argumentée déposée par Mme Deboisfleury. ERIC AMAR BENQUET est incapable de justifier la provenance des ses fonds ou le ce qui le lie au Trésor Public. Ce qui fait dire à un spécialiste « M. BENQUET est français, complice de détournements de fonds publics, de recels, de blanchiments, il met tout son circuit en danger. Et quand les juges français vont le cuisiner il n'aura d'autres choix que de balancer les commanditaires ». Blaise LOUEMBE et Pascaline BONGO ONDIMBA sont dans le viseur, car il semble exister des documents écrits et des enregistrements sonores assez compromettants qui témoignent de leur rôle dans cette affaire. LOUEMBE et PASCALINE BONGO ONDIMBA, dont le Mari Paul TOUNGUI est le ministre des finances du Gabon, affirmant ainsi que Eric Benquet n'est que leur porteur de parts et qu'ils sont les réels actionnaires de la chaîne de télévision. Et pour financer cette acquisition ils n'ont rien trouvé de plus judicieux que de puiser directement dans les caisses du Trésor Public Gabonais. Seul hic : WIAM-3A TELESUD est une société de droit français. Par les temps actuels, les juges français sont très chatouilleux.

La justice française ne va pas épargner les Gabonais !

Pire, lors de la dernière assemblée du 22 février, sur la base des documents que nous avons pu consulter, ERIC AMAR BENQUET avec l'assentiment des gérants s'est attribué des parts d'un autre actionnaire, sans respecter la notion de droit préférentiel de souscription. Un spécialiste de droit que nous avons consulté avec les documents est formel « le premier juge français qui tombe sur cette affaire, va faire annuler la procédure de l'augmentation de capital immédiatement. C'est du jamais vu. Et au vu des documents que je vois cette société est en manque de cash. Ils ont procédé ainsi pour utiliser les fonds que les fondateurs ont placé dans le cadre de l'augmentation de Capital. Les gérants de cette société sont exposés dangereusement à des poursuites judiciaires ».D'autant que l'un deux, Jean Luc Beis, dans une déclaration d'origine des fonds de son actionnaire auprès de la banque CBIP début 2007 avait déclaré « Je ne connais pas l'origine des fonds de M. BENQUET. Il semble être le paravent de certains hommes politiques du GABON. Je ne pense pas que ses ressources et la nature de son activité lui permette de disposer de plus des 2 millions d'euros qu'il a injecté dans la société ». Eloquent. La banque avait envisagé un moment la fermeture du compte de cette société à Paris avant de se raviser. Plus dix poursuites judiciaires fondés, des risques d'un déballage nauséabond. « La justice française est lente à se mettre en route. Mais avec la plainte des fondateurs, je doute fort de l'avenir des Gabonais dans cette société » prédit notre spécialiste. La seule réussite audiovisuelle panafricaine de ses dix dernières années, ne méritait pas une telle fin !

Jean Philippe KABORE à Abidjan pour sauver sa tête !

Il arrive. En ce mois de Mars Abidjan est sa seule planche de salut. Il y arrive pour sauver sa tête une nouvelle fois après y avoir défrayé la chronique par le passé. Précédé par les caméras de Cissé Himaj, Le gérant de la chaîne de télévision 3A TELESUD, Jean Philippe Kaboré n'a d'autres choix que de ramener des contrats publicitaires pour sauver sa tête au sein de l'entreprise. Alors les publi-reportages sur la Côte d'Ivoire sur TeleBongo International, nouveau surnom de 3A TELESUD. Devant les portes closes de La présidence, malgré son bal de séduction, Kaboré approche de la présidentielle oblige a ravivé le réseau RDR. Les ministres, et amis PDG proche de la mouvance vont apporter leur contribution à cette campagne masquée qui ne dit pas son nom. Présidentielle à l'horizon, on cajole les médias. Mais avec Kaboré, on ne vante pas les mérites de la côte d'Ivoire plurielle, mais bien d'un clan qui a son idée en tête et se trouve en position de force dans un média panafricain de référence.





Kaboré doit son poste à sa femme LINDA amie d'enfance de Pascaline BONGO !


Début Mars. Dans une rue de Montreuil en région Parisienne, de jeunes voleurs attaquent une belle voiture portant une plaque diplomatique issue du parc automobile de l'Ambassade de Côte d'Ivoire à Paris. Des semaines qu'ils ont sans doute repérés cette voiture qui se gare toujours dans cet environ….A des milliers de kilomètres de l'ambassade ivoirienne avec à son bord un chauffeur bien connu : Jean Philippe Kaboré, fils de henriette Diabaté, Gérant (directeur général de la chaîne de télévision, 3A TELESUD), dont le siège est à Montreuil.

Novembre 2007, l'homme qui est depuis des mois au chômage trouve un poste de prédilection. Gérant de la société 3A TELESUD. En clair une sorte de Directeur Général. Ca fait des années qu'il rêve de ce poste. D'être réhabilité à la lumière d'un travail après des galères diverses. Jean Philippe Kaboré, est le fils d'Henriette Diabaté, la numéro 2 du RDR. Dans les sombres années de braises de la Côte d'Ivoire il a joué aux apprentis sorciers en plongeant dans les affres de la violence physique. Emprisonnée, il vivra sa libération en exil. D'abord du côté de Libreville, base arrière de son parrain Alassane Ouatarra. Sous la protection de BONGO, l'homme s'occupera d'abord du site internet du président avant de partir, fort de nombreuses inimitiés. Il bourlinguera du côté du BURKINA, avant de se retrouver par la grâce de Omar BONGO Ondimba en France qui lui obtiendra une carte de résident et sans doute la nationalité française.

Depuis KABORE végète. ET voilà que LINDA sa femme, amie d'enfance de Pascaline Bongo Ondimba, lui parle de cette télévision que sa copine vient d'acquérir via un porteur de part, Eric Amar Benquet. Banco. Les deuxc hommes vont faire route commune. Kabore a une mission, il doit liquider des fondateurs historiques devenus frondeurs. Il promet monts et merveilles. Un carnet d'adresse fournie. Une réconciliation haute en couleurs avec Laurent Gbagbo. De sa nomination à la tête de 3A TELESUD, avec un salaire de plus de 6000 euros mensuels, il fait de la signature d'un méga contrat de publireportage avec la côte d'Ivoire un acquis. Mais rien ne vient à l'horizon. Il sera plus heureux dans sa seconde mission avec toute la brutalité qui sied a son parcours : liquider les fondateurs de la chaîne. Exit Mme Deboisfleury, et Pierre Bedou. Son staff pour diriger une chaîne panafricaine : des Européens et des arabes.

KABORE, panique à bord. Ce contrat ou c'est la fin !

Sa mission : prendre le contrôle de l'antenne de 3A TELESUD, trop favorable selon lui et plusieurs de ses soutiens à la Présidence actuelle Ivoirienne. Exit Joel ETTIEN, dont les émissions sont rangées aux rayons souvenirs et disparaissent de la grille sans que l'animateur-producteur n'ai eu la courtoisie d'être prévenu. En guise d'explications à des interlocuteurs qui s'en étonnent, Jean Philippe Kabore à une parade « Joel Ettien est en vacances » Drôles de vacances prolongées depuis des mois qui interdisent même toute rediffusion.

Plongé dans une crise passée avec Joel Ettien, ayant eu pour conséquence la fin de leur collaboration sur l'émission Label Ivoire, Cisse Himaj revient en grâce, via KABORE. Lassé de se heurter au camp présidentiel qui maîtrise ses accointances avec Ouattara et se méfie de ce lui que certains qualifient de bonimenteur patenté, Kaboré et Cissé vont se tourner vers la primature. Objectif : convaincre certains dirigeants de financer sous le couvert certaines activités et certaines personnes dans le but de l'aider à sauver sa tête à 3A TELESUD. Le Port Autonome d'Abidjan est sollicité. GOSSIO a t-il donné son accord ? Des ministres RDR vont apporter les contributions de leurs ministères et la primature sa modeste contribution. Kaboré doit désormais faire le grand écart. Valoriser le RDR (dont il est membre) et son protecteur Alassane Ouatarra dont le financier reste éternellement Omar BONGO Ondimba), amadouer Laurent Gbagbo afin de lui faire baisser sa garde suspicieuse et trouver des moyens pour faire vivre 3A TELESUD, dont les multiples procédures judiciaires entre les fondateurs spoliées et le partenaire gabonais ont rendu trop visibles les sources de financement de cette chaîne par le biais des caisses du trésor public gabonais. Gageure.


Par l'association AFRICAINS DE FRANCE.

22:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Gabon, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

SAVOIR LIRE LES SIGNES DES TEMPS

Lundi 18 Février 2008


Chers bien-aimés frères et sœurs ivoiriens,


La belle chanson dénonciatrice, « Le peuple te regarde », des artistes YODE et SIRO, censurée par la RTI depuis la sortie de leur album intitulé SIGNE ZODIAQUE, il y a quelques mois, pour délit d’interpellation directe du Chef de l’Etat, me donne l’occasion de m’adresser à nouveau à vous.
Dans cette chanson, YODE et SIRO - qui se sont distingués comme des résistants, derrière le Président GBAGBO, qui ont toujours chanté pour la défense de la République et qu’on peut considérer, à juste titre aujourd’hui, comme des artistes ivoiriens membres de la galaxie patriotique - disent au Président de la République, en toute connaissance de cause : « Nous t’avons élu. Prends garde à qui tu nommes. Si tu nommes un voleur, nous on va t’appeler voleur ».
Une telle chanson, de la part de deux patriotes convaincus, donne à s’interroger car franchement inattendue, au regard de l’omerta qui est de rigueur sur la question dans le cercle du pouvoir et dans tous les mouvements satellites.
Tellement inattendue que la RTI (qui a bien saisi le message et compris ce que ce signal a de – très honnêtement – troublant et fort pour nous tous) n’a rien trouvé d’autre et de mieux à faire que de la censurer. Une chanson pourtant si horriblement vraie, attestant de l’extrême réalité de la gangrène de la corruption et du pillage en règle du denier public dans notre pays, une chanson que le peuple s’est totalement appropriée, et qui fait écumer bars et maquis, à Abidjan et à l’intérieur du pays ! Preuve que les populations voudraient que le Chef de l’Etat sache que c’est exactement ce qu’elles pensent, en ce moment.

Le Président GBAGBO devrait pouvoir décrypter les signaux que lui envoie ainsi son peuple et apprendre à décoder les signes des temps : C'est-à-dire les faits qui n’ETAIENT PAS et qui SONT, aujourd’hui, ou qui deviennent RECURRENTS. Et qui montrent que des choses sont en train de changer, de muer. Sournoisement. Insidieusement. Prenant souvent l’allure curieuse de revirement à cent quatre vingt degrés et de ruptures aussi brutales qu’inattendues. Qui donnent sincèrement à réfléchir.
La Bible dit dans le livre de JOB, au chapitre 33 et au verset 14 (pardonnez-moi d’être très porté sur les Ecritures):

«  DIEU parle cependant, tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, et l’on n’y prend pas garde ».

Et les signes, Il en donne (en tout cas, ce n’est pas ce qui manque. Du moins, pour ceux qui veulent bien les voir). Et ce ne sont pas de bons signes :

1-Des partisans fondamentalistes convaincus qui ont mué, au fil de la lutte, en critiques acerbes, pas par opposition politique mais par désenchantement idéologique ;
2-Les rivalités, la zizanie, les oppositions larvées, la colère, la grogne et les attaques rangées des mécontents dans la galaxie patriotique ;
3-La mise au jour et la dénonciation de la corruption, du pillage et des malversations de proches et d’hommes de mains du Président (filière Café-Cacao, appareil judiciaire, « haut les cœurs » des policiers et soldats en base arrière, pour ne citer que ceux-là). Pour l’obliger à sortir enfin de sa réserve, à sanctionner, à démettre. Ce à quoi il ne s’empresse pas encore ;
4-L’interpellation directe du Président par des artistes (Billy Billy, Yodé et Siro), et notamment patriotes (ce qui était impensable encore récemment) sur la corruption à grande échelle, l’enrichissement ultra-rapide de quelques-uns au détriment des populations qui souffrent atrocement et sur la misère du peuple ;
5-La récurrence et la permanence des tentatives de coup d’Etat couplées avec l’incertitude du désarmement et, partant, de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire ;
6-La naissance de nouveaux courants au sein du FPI, le parti au pouvoir, pour recentrer la lutte et les idéaux socialistes abandonnés par des Refondateurs mutants…qui ont mués en Mangeurs forcenés, parti au sein duquel figurent encore, fort heureusement (par ordre de mérite et d’engagement), quelques rares idéologues et idéalistes convaincus : Le Pr. Mamadou KOULIBALY, la Première Dame Simone Ehivet GBAGBO, le Président Laurent GBAGBO ( ?) et, dans une certaine mesure, le Ministre d’Etat Bohoun BOUABRE. Pour le reste, à part quelques cas ultimes et minimes, c’est la désespérance à l’état pur. L’argument de ne pas être au pouvoir parce que le partageant avec tous les autres partis politiques ne pouvant pas justifier toutes les dérives et toutes les choses incompréhensibles dont se rend coupable la Refondation.
7-Les voix multiples (de tout bord, de toute nature, de toute tendance, de tout rang et de toute obédience : la société civile, la conférence épiscopale, les cultes, les syndicats de travailleurs, des patriotes, de simples ivoiriens usant de leur liberté et de leur droit de parole, abstraction faite des hommes politiques) qui se sont élevées de toute la Côte d’Ivoire pour dénoncer la corruption généralisée dans le pays, la course à l’enrichissement immoral, le laisser-aller et le laisser-faire complaisants et injustifiés, et cerise sur le gâteau, l’emprisonnement des dénonciateurs (cas du jeune ASSALE Tiémoko Antoine). Mais rien n’y fait.
8-Par dépit et en désespoir de cause, les dénonciateurs internes et externes, partisans et opposants, qui commencent à se murer dans le silence. Pas que le mal soit en voie de disparition, aussi étrange que cela puisse paraître (bien au contraire, il empire plus que jamais), mais parce que le destinataire de leurs récriminations reste de marbre et tient des discours qui les plongent, chaque jour un peu plus, dans le désespoir.

Et si, en fait, le Président GBAGBO (qui ne peut seul avoir raison contre tous) mettait la charrue avant les bœufs et se fourvoyait ?
Et s’il devait obligatoirement moraliser la vie publique (chose à laquelle il rechigne actuellement, dans l’attente qu’il est des élections) avant que son mandant (DIEU) ne lui accorde la sortie de crise ?
Peut-il imaginer, un instant, que sa priorité ne puisse pas être celle de DIEU, et que ce faisant, le Maître des temps et des circonstances, son Maître, puisse lui résister dans ses voies et par tous les moyens?
Ne serait-il pas alors ainsi en train de mettre en danger toute la Côte d’Ivoire, étant entendu que  le péché du roi est le péché du peuple , comme l’enseignent les Ecritures ? S’il rechigne à faire ce qu’il devrait, le peuple dans son ensemble ne risque t-il pas de payer l’ardoise de ses réticences ?
L’état de grâce (même s’il fonctionne toujours) peut-il encore durer ?
Le Président peut-il voir se dissiper le charme que produisaient sa personne et la seule évocation de son nom, et s’estomper sous lui, le doux nuage de l’enchantement, de la déification et de l’idolâtrie des premières heures et années de la crise sur lequel le peuple l’a hissé ?
Peut-il comprendre ces signes et entendre la voix de DIEU, avant qu’il ne soit tard et que le désamour et le désenchantement généralisés ne prennent le pas sur tout le reste, même parmi les partisans ?

Avec un tableau aussi peu reluisant dans le pays (du point de vue moral, éthique et spirituel), j’ai bien peur que la veille patriotique ne soit en déperdition et que la résistance ne soit devenue un concept pieux. Je redoute, tout autant, que la prochaine attaque majeure contre la Côte d’Ivoire ne fasse véritablement mouche !
Mais tout cela est indissociable de notre état spirituel, comme je l’ai toujours soutenu : Côte d’Ivoire, tu as été éprouvée par le feu, tout comme l’or, et plutôt que de devenir pure, tu t’es horriblement corrompue. Prends garde à toi ! TU AS ETE PESEE ET TROUVEE LEGERE (Conférer Daniel 5 : 4 à 6 et 21 à 31):

« Ils burent du vin, et ils louèrent les dieux d’or, d’argent, d’airain, de fer, de bois et de pierre. 5 En ce moment, apparurent les doigts d’une main d’homme, et ils écrivirent, en face du chandelier, sur la chaux de la muraille du palais royal. Le roi vit cette extrémité de main qui écrivait. 6 Alors le roi changea de couleur, et ses pensées le troublèrent; les jointures de ses reins se relâchèrent, et ses genoux se heurtèrent l’un contre l’autre. »
« … LE DIEU SUPREME DOMINE SUR LE REGNE DES HOMMES ET (…) IL LE DONNE A QUI IL LUI PLAIT. 22 Et toi, Belschatsar, (…) tu n’as pas humilié ton coeur, quoique tu susses toutes ces choses. 23 Tu t’es élevé contre le Seigneur des cieux; les vases de sa maison ont été apportés devant toi, et vous vous en êtes servis pour boire du vin, toi et tes grands, tes femmes et tes concubines; tu as loué les dieux d’argent, d’or, d’airain, de fer, de bois et de pierre (les idoles), qui ne voient point, qui n’entendent point, et qui ne savent rien, et TU N’AS PAS GLORIFIE (par ta vie) LE DIEU QUI A DANS SA MAIN TON SOUFFLE ET TOUTES TES VOIES. 24 C’est pourquoi il a envoyé cette extrémité de main qui a tracé cette écriture. 25 Voici l’écriture qui a été tracée: Compté, compté, pesé, et divisé. 26 Et voici l’explication de ces mots. Compté: Dieu a compté ton règne, et y a mis fin. 27 Pesé: Tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé léger. 28 Divisé: Ton royaume sera divisé, et donné aux Mèdes et aux Perses. 29 Aussitôt Belschatsar donna des ordres, et l’on revêtit Daniel de pourpre, on lui mit au cou un collier d’or, et on publia qu’il aurait la troisième place dans le gouvernement du royaume.
30 Cette même nuit, Belschatsar, roi des Chaldéens, fut tué. 31 Et Darius, le Mède, s’empara du royaume, étant âgé de soixante-deux ans ».


Fasse DIEU que cela n’arrive pas à la Côte d’Ivoire ! D’ici là, je m’interroge, je m’interroge. Encore et encore. Je demande à comprendre. Avec insistance mais sans méchanceté. Par amour pour mon pays et pour un homme en qui j’ai fondé et continue à fonder, malgré tout, beaucoup d’espoir, un homme qui accomplit des choses à la fois difficiles et remarquables (il faut le lui reconnaître), dans des conditions et dans un contexte socio-politique absolument exécrables, intenables, faisant abstraction de son amour propre, au nom de son peuple mais qui doit, malheureusement, faire encore plus. Et cela n’est pas au-dessus de ses forces.
Monsieur le Président, comme dit l’artiste, le peuple vous regarde !


Que DIEU garde l’Eburnie, terre nôtre, terre d’espérance et d’hospitalité !

22:20 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA FRANCE EXPLOITE L'AFRIQUE PAR LE BIAIS DU FRANC CFA

Mardi 12 Février 2008



DIEU FASSE QUE L'AFRIQUE SORTE UNE FOIS POUR DE BON DE L'ESCLAVAGE !
Dindé Fernand.



Source: http://saoti.over-blog.com : Lundi 11 février 2008

"La France exploite l'Afrique par le biais du franc CFA"

Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire et professeur d’économie, fait la lumière sur les dégâts causés dans les Etats membres de la zone franc en raison de l’indexation de leur monnaie sur le franc français, aujourd’hui sur l’euro. Dans cet entretien réalisé par Ruth Tete et Soh Tadhieu de New African, Mamadou Koulibaly ne mâche pas ses mots et appelle à la création d’une monnaie indépendante, sans lien avec le passé colonial.

Pourriez-vous expliquez à nos lecteurs quels sont les principaux mécanismes de la zone Franc ?

MK: La zone du franc CFA est une union de coopération monétaire dont les leviers de contrôle se situent à Paris où priment les intérêts de la France. Les Etats satellites, membres de cette zone, sont des pays d’Afrique occidentale et centrale. La logique qui sous-tend le fonctionnement de cette zone rappelle la manière dont les Etats de l’Europe de l’Est étaient liés à l’ex-Union soviétique par le biais du Pacte de Varsovie à l’époque de la Guerre froide.

Les principes de la coopération monétaire entre la France et les Etats membres de la zone franc ont été énoncés dès les années 1960 dans le cadre d’un pacte colonial. Ce pacte a été modifié par la convention de coopération monétaire du 23 novembre 1972 entre les Etats membres de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC) et la France d’une part, et par l'accord de coopération du 4 décembre 1973 entre les pays membres de l'Union Monétaire Ouest-africaine (UMOA) et la République française d’autre part.

Juste avant que la France n’accède aux demandes d’indépendance des pays africains dans les années 1960, elle a obligé ces Etats à placer 65% leurs réserves de change sur un compte du Trésor français, après avoir défini un taux de change fixe du franc CFA.

Bien que la gestion de cette monnaie ait été confiée à des banques centrales communes [BEAC et BCEAO, ndlr], ces banques n’ont d’africain que le nom. En réalité, elles n’ont aucun pouvoir et ne sont rien de plus que de gigantesques institutions bureaucratiques qui ne décident pas des politiques monétaires. Elles sont là pour faire croire aux pays deb la zone franc qu’ils sont maîtres de leur destinée.

Les pays de la zone franc continuent de perpétuer un système mis en place par l’ancien bourreau colonial.

Comment décririez-vous la situation financière des pays de la zone franc depuis qu’ils font partie de cette union monétaire ?

MK: La zone franc a engendré un long débat. D’une manière générale, il ne faut pas oublier que cette union a apporté à la France d’immenses avantages en termes de marchés pour ses biens et services. La situation monétaire des pays de la zone franc est une longue histoire de secrets jalousement gardés par la France, dont la seule préoccupation est de préserver ses intérêts.

Par exemple, les réserves de change des Etats de la zone franc sont placées sur un compte commun du Trésor français, mais aucun pays africain n’est capable de dire quelle partie de cet argent durement gagné lui appartient. Seule la France a le privilège d’accéder à ces informations.

Et pourtant ces fonds, placés sur des «comptes d’opérations», génèrent des intérêts à chaque fois que leur montant est supérieur aux besoins d’importation des pays africains concernés.

Ces comptes d’opérations, en vertu des accords de coopération monétaires signés par la France et les pays de la zone franc, sont en théorie assortis du principe de découvert illimité. Cependant, les autorités françaises ont inclus, dans les statuts des banques centrales africaines, des mesures, parfois préventives, destinées à éviter que les comptes d'opérations deviennent constamment débiteurs.

Les opérations liées au franc CFA sont secrètes et seul le Trésor français connaît montant des fonds appartenant aux pays de la zone franc placés sur les comptes d’opérations. Seul le Trésor français peut indiquer le niveau de rémunération ainsi que les frais de gestion de compte. Le système est donc opaque et autoritaire.

Les économies de la zone Franc sont très vulnérables. Les effets provoqués par le mécanisme de fonctionnement du franc CFA sont asymétriques. Les pays les plus dépensiers de la zone franc peuvent utiliser les réserves de change des pays qui ont une gestion plus prudente. De fait, l’unité monétaire profite aux pays les plus riches et encourage l’exploitation des pays les plus pauvres. L'existence d'un système monétaire stable et unifié n'a pas conduit à l'émergence d'un système bancaire et financier efficace dans les pays africains de la zone franc. Sur les 107 banques que comptent ces pays, 42 avaient fait faillite en 1990. Les réseaux bancaires, qui se sont constitués par la suite, dépendent fortement des banques françaises.

La France encourage les pays de la zone franc à vivre largement au-dessus de leurs moyens. Quelle différence y a-t-il entre le Gabon dont les réserves de change sont placées en France et le Ghana, qui possède sa propre monnaie? Ou entre le Cameroun et le Kenya ? Le Bénin et la Tunisie ? Ces questions suscitent des questions légitimes sur le bien-fondé de la zone franc.

La zone franc existe depuis plus de soixante ans. Comment expliquez-vous qu’elle perdure malgré les effets négatifs qu'elle continue de produire dans pays africains ?

MK: A mon avis, cela est dû à l’influence que la France exerce sur les pays d’Afrique francophone, même si les partisans utilisent les arguments suivants pour défendre leur position : garantie monétaire, qui génère un afflux de capitaux, mesures d’austérité limitant le risque d'inflation et permettant de maintenir l'équilibre de la balance extérieure, et crédibilité de la monnaie.

Les partisans du franc CFA font semblant de ne pas voir la répression politique et financière qu’ont exercée les présidents français successifs sur les pays africains qui ont tenté de se retirer de la zone franc. Nous avons été témoins de mesures répressives visant à couper court à toute velléité d’émancipation du système: la protection des intérêts français a engendré récemment des crises au sujet de l’uranium au Niger, de l’or au Mali, du pétrole au Tchad, des matières premières et du transfert des actions d’entreprises du service public en Côte d’Ivoire, auxquelles sont à ajouter d’autres crises au Rwanda, en République démocratique du Congo et au Sénégal.

Quand le Sénégal a annoncé récemment qu’il avait découvert du pétrole à Saint Louis, le pays a demandé au Vénézuela de l’aider dans son exploitation, et non à la France. Paris a perçu ce geste comme une trahison et une violation des accords de coopération liant la France aux pays de la zone franc et à leurs ressources.

Par ailleurs, les élites et la classe politique africaines n’ont fait qu’empirer la situation en prétendant qu’elles ne possédaient pas les compétences nécessaires pour gérer leur propre monnaie de manière responsable et efficace, à l’inverse des pays occidentaux ou asiatiques.

Elles se satisfont de voir Etats africains être réduits l’état de contribuables au profit de la France, avec les 65% de réserves de change qu’ils déposent chaque année auprès du Trésor français ! Et pourtant, nos citoyens n’ont pas la nationalité française, et non pas non plus accès aux services publics dont bénéficient les autres contribuables français. Cela conduit à une situation qu’on ne peut que qualifier d’asservissement volontaire, et qui a incité la population et les acteurs économiques à croire qu’ils ne pouvaient se passer de la France.

C’est bien dommage car cette idée est totalement fausse. Le monde est vaste : il suffit de vouloir s’y intégrer de façon libre et responsable par le biais du commerce et non de l’aide étrangère qui réduit les gens à la situation de mendiants. Chaque jour, la mondialisation crée des milliers d’opportunités dont nous ne tirons pas profit, parce que nous sommes piégés dans un système inefficace.

Une réunion des ministres des Finances des pays de la zone franc s’est tenue à Paris le 14 octobre 2007. Cette précède traditionnellement la conférence d'automne de la Banque Mondiale et du FMI. Vous avez été ministre des Finances de Côte d'Ivoire, et peut-être avez-vous eu l’occasion de participer à ces réunions. Beaucoup d’Africains que rien de positif pour le peuple africain ne ressort de ces réunions. Est-ce vrai ?

MK: Je n’ai jamais participé à ce type de réunion quand j’étais Ministre des Finances. Mais la plupart des pays de la zone franc sont faible. Avec des économies sous perfusion, ils n’ont aucun poids dans les décisions prises dans le cadre de ces réunions. On peut donc se demander pourquoi ils continuent de se rendre à ces réunions dans lesquelles ils n’ont aucune voix. En agissant ainsi, ces pays montrent qu’ils sont convaincus que la France peut tout faire pour eux. Nos pays préfèrent choisir la solution de la facilité même si elle met en danger l’emploi, les revenus, l’épargne et les investissements privés. Nous nous rendons complices du piège de la pauvreté dans lequel nous avons été poussés.

Pourriez-vous citer au moins trois raisons pour lesquelles les Etats africains devraient se libérer du franc CFA?

MK: En premier lieu, le franc CFA est coercitif, injuste et moralement indéfendable. Il a favorisé la corruption de l’Etat. Au moment des élections françaises, les pays de la zone franc sont sans cesse sollicités pour donner des dons aux hommes politiques français, une obligation qui ne peut se justifier. Ces «cadeaux» ont été à l’origine de nombreux conflits et ouvrent la voie à de nombreuses autres formes de corruption.

Ce sont ces relations qui perpétuent le monopole français dans les pays de la zone franc, malgré la mondialisation. Sous prétexte d’aider les pays pauvres avec l’argent du contribuable français, c’est la classe politique française et africaine qui s’enrichit de manière illicite. Cette réalité justifie à elle seule l’abandon de la zone franc.

La libéralisation économique et financière ne peut se produire avec un taux de change fixe et une zone d’influence économique créée artificiellement.

En fait, l’émergence de tensions apparues au sein du système monétaire international et les crises financières de ces dernières années portent à croire que le choix du régime de taux de change dépend du système d’engagements pris auprès des autorités monétaires. Et pourtant, la restriction de la liberté des pays de la zone franc dans le domaine de la politique monétaire ne protège pas du risque de dévaluation du franc CFA. Ainsi, dans les années 90, faisant fi de la clause de découvert illimité, la France a ordonné la dévaluation du franc CFA. Avant la dévaluation, 1 franc français s’échangeait contre 50 francs CFA. En 1994, après la dévaluation, 1 FF s’échangera contre 100 FCFA. Les autorités françaises sont pourtant arrivées à faire croire que le taux de dévaluation était de 50%, alors que nous venions de subir une dévaluation de 100% !

Après l’abandon du système, quel avenir monétaire proposez-vous aux pays africains du point de vue monétaire ?

MK: Etant donné les enjeux, il est nécessaire d’entreprendre des réformes financières et monétaires. La monnaie doit être au service de l’économie. Elle doit s’adapter au contexte économique actuel. A cet effet, il faut permettre aux pays de se prémunir contre les chocs asymétriques, d’améliorer la convergence et l’ajustement macroéconomiques et de financer le développement.

Il est vital aujourd’hui que le franc CFA acquière une autonomie, qu’il se libère du joug colonial. Il est grand temps que les pays africains assument les conséquences d’une politique macroéconomique librement choisie. Il n’y a pas de secret. Il suffit que nous décidions de nous choisir nos politiques et d’en assumer la responsabilité. La liberté n’a de sens que si elle est assortie de responsabilité.

Une fois la rupture accomplie, les pays de l’ex-zone franc devront créer leur propre système basé sur des principes simples : accès direct aux marchés internationaux sans tuteur, c'est-à-dire la France, mise en place d’un système fiscal simple sans règles d’imposition incompréhensibles, taux de changes flexible par rapport aux principales monnaies. Pour atteindre cet objectif, les pays concernés ont deux possibilités. La première consisterait à créer des monnaies nationales indépendantes, avec une parité flexible comme les monnaies de l’Union Européenne avant l’introduction de l’euro. Cette solution peut fonctionner uniquement si les banques sont privées et indépendantes et que les banques centrales ont la liberté de mettre en œuvre des politiques monétaires crédibles.

La deuxième option, c’est que les pays africains s’unissent et créer une monnaie commune, mais cela suppose un gouvernement unique, contrôlée par une banque centrale unique et indépendante du pouvoir politique, ainsi qu’une politique économique monétaire et budgétaire uniques.

Quelle que soit la solution adoptée, les Etats doivent être démocratiques. Ils doivent indiquer clairement à leurs citoyens leurs droits de propriété et leur accorder la liberté de décider s’ils veulent hypothéquer ces droits. Tout commence avec l’attribution du droit de propriété aux citoyens, un droit qui les fera émerger de la pauvreté. Le libre échange fera le reste.

En 2005, vous avez publié un livre intitulé «Les servitudes du pacte colonial». Pourriez-vous expliquer brièvement le sujet de cet ouvrage et le message qu’il transmet ?

MK: L’objectif de ce livre était de faire connaître au public le «pacte colonial», fondement des accords de coopération franco-africains. Il s’agit d’un modèle institué par la France sous De Gaulle à la veille de l’indépendance des Etats d’Afrique francophones, destiné à contrôler indirectement les affaires de ces pays de manière subtile, sans apparaître en première ligne comme pendant la longue période coloniale. Le livre publie les textes utilisés pour organiser les interventions de l’Etat français, malgré la fin de l’époque coloniale dans les années 1960. Selon ce pacte colonial, les présidents des Etats d’Afrique francophone doivent diriger leurs pays en fonction des intérêts de Paris.

L’indépendance s’est donc résumée au transfert de compétences de l’Elysée aux chefs d’Etat africains, qui doivent faire acte d’allégeance à la France, et non aux peuples qu’ils gouvernent.

Paris se charge de leur dicter les politiques à adopter. Ce livre révèle comment les accords de Défense sont en réalité que des accords commerciaux obligeant les Etats d’Afrique francophone à conserver des bases militaires françaises sur leur sol, avec des soldats prêts à intervenir pour chasser les dirigeants récalcitrants afin de les remplacer par des individus plus dociles.

Dans ce livre, on découvre que la France détient un monopole sur toutes les matières premières de l’Afrique francophone. On apprend comment la France a pris des mesures pour s’assurer qu’elle conserverait toutes ses prérogatives coloniales après avoir accordé «l’indépendance» aux pays africains.

Par le biais de ce pacte colonial, la France est demeurée omniprésente en Afrique francophone et a conservé les avantages d’hier. Paris a confisqué la véritable indépendance des pays d’Afrique francophone.

Nous nous devons de dénoncer collectivement ce pacte colonial. Lors de sa visite au Sénégal en juillet 2007, le fraîchement élu président français Nicolas Sarkozy a reconnu que la colonisation était un crime contre l’humanité, mais a refusé de se repentir. Les Africains doivent dénoncer tous les accords et systèmes qui éloignent l’Afrique des marchés. Le pacte colonial constitue une violation du droit de propriété africain.

Etes-vous parvenu à transmettre ce message à travers ce livre ?

MK: Je pense que oui. Je voulais partager mes convictions avec un grand nombre d’Africains. Et d’amis de l’Afrique, afin qu’ils soient dans une meilleure position pour mesurer les dangers du pacte colonial, du contrôle de l’Etat, et surtout de prendre conscience que la gestion de l’économie sous l’emprise du pacte colonial est une source de pauvreté dans nos pays. Nous ne voulons pas l’aumône ; notre problème n’est pas le manque d’argent. Je suis convaincu que nous devons avant tout revendiquer clairement nos droits de propriété sur nos terres et nos ressources, qui ont été aliénées par les colons, et dont le pacte colonial nous dépossède aujourd’hui. Enfin, je voulais dire que l’Afrique a un besoin urgent de libertés individuelles, d’un contrôle de l’Etat limité, de marchés libres, d’une société ouverte et de la paix, qui ne peuvent exister que si la liberté économique et politique est respectée.

In New African, Janvier 2008

22:15 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

NEGRERIES A L’IVOIRIENNE

Lundi 11 Février 2008


Chers bien-aimés frères et sœurs ivoiriens,

Les lampions se sont éteints sur la fête africaine du football, la CAN 2008, avec le deuxième sacre de suite des Pharaons d’Egypte.
Dans tous les camps et dans toutes les écuries, c’est l’heure du bilan, une heure où beaucoup d’analystes sportifs se sont érigés en super entraîneurs ou sélectionneurs. Distribuant à tour de bras cartons jaunes et cartons rouges, en véritables experts de la chose footballistique.
En cela, certains se sont efforcés d’être les plus objectifs et les plus raisonnables possibles.
Ceci n’a pas été toujours le cas des journalistes ivoiriens dont les conclusions de certains m’ont franchement retourné les tripes.

Ecoutez un Maurice YAO KONAN de la Radio et un Sébastien WOGNIN de la Télévision (pourtant euphorique et clamant à tout vent que DIEU était avec la Côte d’Ivoire et que les Eléphants reviendraient avec la coupe. Quand ils gagnaient encore, bien sûr.) et vous finissez de désespérer de la presse ivoirienne et de l’ivoirien, en général.

De quoi s’agit-il ? Voici des Eléphants de Côte d’Ivoire qui ont procuré un plaisir intense à tout un peuple depuis les matchs de poule jusqu’aux quarts de finale. Qui ont fait l’unanimité des analystes sportifs les plus avertis sur la qualité de leur effectif et de leur jeu. Il a suffit d’une défaite face aux Pharaons d’Egypte (du reste, tenant du titre et nouveau champion d’Afrique) pour que ces deux hommes et certains autres confrères de la presse écrite vouent ces braves jeunes gens aux gémonies et les envoient au bûcher. Aussi simplement que cela. Sans la moindre parole de réconfort, d’encouragement, de reconnaissance pour tout le bonheur de quelques quatre somptueux matchs offerts à toute la Côte d’Ivoire. Je trouve cela inacceptable, anti-nationaliste et anti-patriotique. C’est de la nègrerie ! Cette remarquable génération de footballeurs ivoiriens ne doit pas devenir le diable parce qu’elle a perdu un match capital en demi-finale. Et pas devant n’importe quelle équipe, d’ailleurs.

J’ai entendu, ce matin, dans une analyse épicée, le journaliste Maurice YAO KONAN remettre en cause tout le parcours des Eléphants depuis les éliminatoires, en passant par les matchs de préparation jusqu’à la phase finale.
Traitant de « mystérieuses » les équipes koweitiennes contre lesquelles la Côte d’Ivoire a joué pendant sa préparation (pour mieux la tourner en dérision) et minimisant toutes celles qu’elle a battues à la CAN, qualifiant le géant nigérian d’équipe « en perte de vitesse », enlevant du coup tout leur éclat à nos brillantes victoires qui passent désormais pour être des victoires « sans gloire », selon lui. Quelle mesquinerie, là où on pense objectiver et rationaliser ! Quelle honte d’entendre un ivoirien traiter ainsi son équipe nationale. Une équipe qui a fait rêver la Côte d’Ivoire entière. Et demain, on s’étonnera et s’offusquera qu’un joueur professionnel refuse de venir jouer en sélection nationale ! C’est ainsi qu’on va finir par frustrer des garçons remarquables.

Je suis d’accord qu’on tire à froid les leçons de la mésaventure ivoirienne, qu’on identifie sans méchanceté ce qui n’a pas marché pour le corriger et qu’on remette les jeunes gens en confiance pour les échéances futures (parce que cette génération aura forcément son mot à dire, dans l’histoire du football africain).
A la limite, le Président de la République devrait les recevoir pour leur remonter le moral.
Mais les clouer au pilori avec leurs encadreurs et leurs dirigeants, de façon abrupte et sans aucune nuance, est contre-productif pour l’avenir et donne une fois de plus la preuve que le nègre est vraiment désespérant !

Jacques ANOUMA, le Président de la FIF, n’a pas enjambé le corps de son père pour aller soutenir le mental et le moral des Eléphants pour qu’on le traite ainsi.
Didier DROGBA n’a pas perdu le Ballon d’Or 2007, par solidarité d’avec tous ses coéquipiers qui avaient besoin de rester concentrés et soudés en un seul bloc pour être ensemble traités de la sorte. C’est inadmissible !
Si à RTI Sport il n’y a pas d’analyses plus intelligentes et plus objectives, alors dispensez-nous de ces productions qu’on veut couvrir de rationalité mais qui, en réalité, sont entachées d’une émotivité de mauvais aloi.

Autre chose. Que les Pharaons d’Egypte appuient leurs efforts physiques d’occultisme et d’ésotérisme pour gagner leurs matchs est un secret de polichinelle clairement révélé par la chaîne de télévision TV5.
Dire que cela n’a absolument aucun sens ni effet et que c’est faire preuve de « petitesse » d’en parler et d’y trouver l’une des raisons de nos incompréhensibles échecs face à l’Egypte (par deux fois : 2006 et 2008), comme le dit Maurice YAO KONAN, c’est faire croire aux chrétiens et aux musulmans que Satan n’existe pas, qu’il est une vue de l’esprit, et c’est faire croire aux bossonnistes que leur science repose sur du néant et qu’elle n’a aucune prise sur le physique.
Pour rappel, qu’il sache que les Maîtres du monde, ceux qui tiennent l’essentiel des richesses et des pouvoirs du monde, les hommes les plus puissants et les plus influents de la terre sont pour la plupart des satanistes, des illuminatis, des francs-maçons et des occultistes de haut rang.
Si ça n’avait aucun effet ou aucun sens, je ne pense pas que les esprits les plus brillants de la planète s’y adonneraient et en tireraient leur pouvoir et leur puissance.
S’il veut un exemple proche de nous, qu’il sache que l’attaque contre la Côte d’Ivoire, dans la nuit du 19 Septembre 2002, a été sous-tendue par une minutieuse préparation mystique et occulte et qu’elle a fait les dégâts qu’elle a fait et dont nous pâtissons tous.
Ce n’est donc pas une vue de l’esprit. Les Egyptiens ne s’adonnent pas à ces pratiques pour le plaisir. En plus de passer leur temps à feindre des blessures et à tricher, ils font des rituels occultes pour envoûter des adversaires. Ce n’est pas loyal.

D’ailleurs, le Cameroun aussi doit se poser des questions sur cette énigmatique équipe de l’Egypte, en ce moment. Mais nous ne pouvons nous en servir comme la seule ou la principale raison de notre échec.
Tirons objectivement les leçons de notre débâcle et repositionnons-nous pour les futures échéances. Et évitons toute méchanceté gratuite contre les Eléphants. Ce qui n’est pas la meilleure posture à adopter du moment.


Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !

22:10 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LE TCHAD A L'EPREUVE DE LA FRANçAFRIQUE

Vendredi 08 Février 2008


LE TCHAD A L’EPREUVE DE LA FRANçAFRIQUE



L’Afrique demeure encore aujourd’hui le théâtre des affrontements dont le seul dessein est le partage du pouvoir. Après avoir partagé l’Afrique en 1885, c’est autour des strapontins africains avec la nébuleuse occidentale tapis dans l’ombre qui se partagent les richesses de la terre de nos ancêtres. En effet, avant 1880, Les Européens disposaient pour l'essentiel d'implantations côtières. La France se réservait une partie du Maghreb, et en Afrique occidentale, le Sénégal. L'Angleterre possédait la colonie du Cap, la Côte de l'or, des compagnies commerciales anglaises travaillaient en Afrique occidentale et orientale. Toutefois, de 1870 à 1880, l 'exploration de l'Afrique progresse : on découvre des richesses intéressantes, or et diamants d'Afrique du Sud, cuivre de Rhodésie. C’est la conférence de Berlin (novembre 1884-février 1885), à laquelle participent les principaux Etats européens, qui rédige un "acte final". Celui-ci, après avoir défini le bassin du Congo, établit l'obligation de respecter le libre-échange pour toute puissance colonisatrice, même en cas de guerre; il définit les conditions à remplir pour l'occupation effective des côtes et elles seules : implantation du "pavillon", autorité suffisante et notification diplomatique. La situation Tchadienne est une illustration parfaite de cette complicité parfaite entre les occidentaux et une certaine élite africaine dont l’objectif est de piller le sous-sol africain. L’attaque « éclaire » de la rébellion tchadienne et ses corollaires méritent l’attention des africains sur le mode opératoire des ennemis de l’Afrique.

Lorsque la France imposa Deby

Considéré comme protectorat français à partir de 1900, le Tchad fut érigé en colonie en 1920 dans le cadre de l'AEF (Afrique équatoriale française). Sous l'impulsion du gouverneur Félix Eboué, il fut la première colonie française à se rallier à la France libre en 1940.Devenu république autonome en 1958, le Tchad accéda à l'indépendance le 11 août 1960 sous la présidence de François Tombalbaye. Ce dernier sera assassiné en 1975. Le général Félix Malloum, son successeur, dut céder la place à Goukouni Oueddei à la suite de la première bataille de Ndjamena en 1979. En 1980, la seconde bataille de Ndjamena permit à Goukouni Oueddei d'évincer son rival, Hissène Habré, avec l'aide décisive des troupes libyennes. En 1982, Goukouni Oueddei fut renversé à son tour par Hissène Habré. En 1990, Hissène Habré fut chassé du pouvoir par Idriss Déby Itno, avec le soutien de la France et de la Libye. La France a participé à ce coup d’état, officiellement en raison de son refus de mettre en place un multipartisme préconisé par François Mitterrand au sommet de la Baule. Officieusement parce qu'il a voulu renégocier les accords dits de coopération signés avec la France depuis la fausse indépendance et fermer toutes les bases de l'armée coloniale française sur le sol national. Le régime d'Idriss Déby a été installé donc par la France , son armée et ses services secrets, sur fond d'enjeu pétrolier avec le soutien du régime soudanais. Pour se donner bonne conscience et paraître comme un démocrate, Deby organise des élections avec l’aide de la France en 1996. 3 juillet 1996 : Idriss Déby l'emporte au second tour face à Kamougué Wadal Abdelkader. Il a été élu le 3 juillet 1996 avec 69,09% des voix, devançant Abdelkader Wadal Kamougue (30,91%). Il sera investi le 8 août 1996. Selon les organisations Survie et Agir ici, la France aurait largement aidé au truquage des élections de 1996, afin d'éviter un renversement légal du régime. Le catéchisme est récité fidèlement en 2001. Pour s’éterniser au pouvoir, Idriss Deby organise un référendum le 6 juin 2005 pour modifier la Constitution de 1996 sur plusieurs aspects, lui permettant de se représenter aux prochaines élections. Le 3 mai 2006, il est réélu avec plus de 77% des voix.

Deby le dictateur face à ses rebelles

Le moins qu’on puisse dire sur Deby c’est qu’il n’est pas démocrate. Trois années ont suffi pour qu’il retourne l’arme contre ses propres citoyens. Fin 1993, Amnesty International dressait le bilan amer des trois premières années du régime Déby :
" La terreur règne toujours. On continue de repêcher des cadavres dans les eaux du Chari, le fleuve qui arrose N'Djaména. Plus de 800 personnes ont été exécutées de façon extrajudiciaire. [...] Quels que soient ses mots d'ordre, le gouvernement d’Idriss Déby utilise aujourd'hui les méthodes de répression dont il disait vouloir débarrasser son pays à l'époque où il luttait contre le régime de Hissène Habré. Les assassins, les tortionnaires, les ravisseurs qui sévissent au Tchad appartiennent aux forces de sécurité de Idriss Déby ".
Outre les assassinats et tortures, le régime Deby monopolise les richesses du pays au point de laisser le pays dans une extrême pauvreté. Il se forme dès lors une opposition armée : le FUC (Front Uni pour le Changement). Elle regroupe l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) du général Mahamat Nouri, le Rassemblement des forces pour le changement (RFC) de Timane Erdimi et l’UFDD-Fondamentale (UFDD-F) d’Abdelwahid Aboud Makaye. Le 2 février 2008, les rebelles, apparemment soutenus par le Soudan, ont pris la capitale du pays N'Djamena. Le 4 février, l'ONU autorise l'ancienne puissance coloniale à intervenir militairement pour mettre fin à la rébellion.

L’impérialisme occidental au Tchad

La prise de N'Djamena après la condamnation des membres de l’arche de Zoé et le soutien appuyé des Etats-Unis et de la France invitent à la réflexion. Comme autrefois, les occidentaux ont voulu déportés 103 enfants[i] tchadiens et les priver de leur cordon ombilical dans un pays inconnu. Cette affaire qualifiée d'illégale et d'inacceptable par le chef d'Etat français Nicolas Sarkozy a ému le monde entier. Mais voilà qu’après la condamnation prononcée par les juges Tchadiens, de la peine de « 8 ans de travaux forcés», traduite par le tribunal correctionnel de Créteil, en droit français, le président Deby annonce le 6 février 2008, sa volonté de les grâcier si la France en fait la demande. On est en droit de s’interroger sur les commanditaires de cette attaque de N'Djamena, vu qu’elle permet à la France de voir ses détenus grâciés par un Deby affaibli. Comment admettre que les militaires fiançais positionnés dans le pays avec les appareils sophistiqués n’aient pas vu venir du soudan une colonne de plus deux cent voitures. Soit la France voulait laisser faire pour reprendre la main après sa dérouillée dans l’affaire « arche de zoé », soit elle a commandité cette attaque. Cette dernière option n’est pas à négliger puisque Deby s’est vu proposer vendredi, 2 février 2008, par Nicolas Sarkozy d’être exfiltré s’il le souhaitait, mais il a refusé. Avant de lancer une mise en garde aux rebelles qui ont attaqué le président Deby et son régime, en ces termes : « Si la France doit faire son devoir, elle le fera (...) (En cas d'agression), ... la France aurait les moyens de s'opposer à une action contraire aux règles du droit international », la France voulait comme, à son habitude « gommer » Deby, un ancien poulain qui ose tenir tête au colonisateur. D’ailleurs, Bernard Kouchner, Ministre français des affaires étrangères, en déclarant que la France ne défendrait pas le régime de Déby, a donné une "sorte de feu vert" à l'offensive de l'opposition armée tchadienne. Quant à Louis Michel, Commissaire européen, en affirmant qu'il était "prêt à rencontrer les rebelles "n'importe où" a ipso-facto reconnu, au nom de l'UE, la légitimité de l'existence politique et militaire de ceux-ci.
Cependant les intérêts américains ont fini par sauver Deby mais pour combien de temps ? En effet, depuis 2004, le pétrole qui représente plus de 80% des exportations nationales, est exploité par un consortium associant Exxon Mobil[ii], Chevron, et Petronas. Face à un Soudan qui aimerait voir un gouvernement Tchadien qui lui est accommodant, afin de construire un oléoduc entre Doba et ceux qui mènent vers le Port-Soudan, pour livrer la Chine , et les intérêts américains, le choix d’un corrompu comme Deby s’impose[iii]. La France cherche à maintenir son influence sur le continent africain, face à d’autres intérêts, comme ceux des Etats-Unis ou de la Chine , et à garder un accès privilégié au pétrole et aux ressources minières du pays.
Pour ses intérêts, elle cherche le retour de la stabilité au Tchad. Dont dépendent, conséquemment, la paix et la sécurité collectives à l'échelle régionale. A commencer, au moins, par la République centrafricaine voisine, en quête de pacification durable du climat sociopolitique tributaire des faibles ressources financières de Bangui.

La leçon à retenir par les africains

Au Tchad, il y’a des enjeux pétroliers importants. C’est un pays qui est à la charnière du monde arabe et du monde africain. Paris et Washington ont haussé le ton dans la crise tchadienne, au lendemain de l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu, et soutenu le régime Deby. Alors que les Etats-Unis font part de leur "préoccupation", le président français a annoncé mardi 5 février, que Paris ne renoncerait pas à faire son devoir.
Pourquoi Paris n’a pas soutenu le régime de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire alors que des accords de défense les liaient ? En vérité, les occidentaux soutiennent toujours ceux qui affament leur peuple à leur profit. Il est temps que les africains se défendent par tous les moyens vis-à-vis des imposteurs occidentaux, qui profitent de quelques africains analphabètes pour semer la division afin de piller nos ressources naturelles. L’africain nouveau doit exiger que l’exploitation des ressources pétrolières, minières et autres profitent aux africains. Autant la France n’a pas vocation à accepter la misère (les termes de Sarkozy), elle ne doit pas piller les ressources des « misérables ». Après avoir injecté le venin de la division, créant de la sorte les guerres et conflits, les occidentaux organisent le rapatriement de leurs ressortissants. Le devoir nous appelle, africain et l’histoire nous regarde. L’Afrique peut compter sur ses ressources humaines pour diagnostiquer de quoi elle souffre. Et elle dispose suffisamment de ressources matérielles pour son développement. Barrons la route à ceux qui ont rendus esclaves nos grands parents, colonisés nos parents et qui veulent assombrir notre avenir et celui de nos enfants. Faisons donc ce qu’on n’a jamais fait pour avoir ce qu’on n’a jamais eu.

Que Dieu nous donne la force de résister !

Vive le Tchad apaisé !

Vive l’Afrique !
Prao Yao Séraphin
www.mlan.fr
contact@mlan.fr

22:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Tchad | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

AVEZ-VOUS LU CE TEMOIGNAGE ?

Jeudi 07 Février 2008


UN TEMOIGNAGE PATHETIQUE A LIRE. SANS PASSION.

Tiré du Blog de Théophile KOUAMOUO. www.kouamouo.afrikblog.com
09 Novembre 2007

GUY-BERTRAND N'AIME PAS LA POLITIQUE

A l'occasion du troisième anniversaire de la fusillade honteuse de l'hôtel Ivoire, je vous offre, à vous mes villageois, cette nouvelle rédigée il y a presque exactement un an, alors que j'étais en voyage en Libye. C'est l'histoire d'un jeune étudiant camerounais en Côte d'Ivoire. Dépolitisé, il a une brutale prise de conscience quand un jeune patriote meurt dans ses bras, fauché par les balles meurtrières de l'armée française.

- La radio des Blancs ment !
Guy-Bertrand sursaute violemment. Son cœur fait comme un bond fou dans sa poitrine. Il se concentre pour ne pas laisser un spasme qu’il sent sourdre du fond de ses tripes prendre le contrôle de tout son corps. «Mais pourquoi je m’énerve seulement à ce moment précis alors que j’ai vu pire depuis plusieurs jours ?», se demande-t-il, irrité et perplexe face à ce qu’il considère comme une désarticulation inquiétante entre les tressautements de son âme et les froids constats de son intelligence.
Il regarde droit dans les yeux le patient auquel il s’apprête à administrer une bonne dose de Valium avant de le consulter sommairement et de le mettre à la disposition des infirmières pour les premiers gestes d’urgence. Enfin ! Un patient, voilà un bien grand mot ! C’est plutôt une plaie sanguinolente à visage humain qu’il a en face de lui. Il a reçu une balle dans la poitrine, et il saigne abondamment. Son cœur est-il atteint, perforé ? Guy-Bertrand ne le sait pas encore. Ce qui l’inquiète bien plus, c’est le sang qu’il vomit littéralement, ce sont ses dents qui claquent, son visage qui devient de plus en plus livide, sa peau qui vire au gris. Guy-Bertrand est persuadé que celui qui est là, couché sur une civière placée rapidement sur ce qui est habituellement la table d’un bureau de consultation, ne s’en sortira pas. Il doit avoir une hémorragie interne. Il a perdu bien trop de sang.
- La radio des Blancs ment, je te dis !
Son patient, de plus en plus excité, cherche l’iris de ses yeux avec une volonté assez fascinante pour quelqu’un qui se trouve dans un tel état. Comme s’il espère une parfaite communication par le regard. Comme s’il veut transmettre à Guy-Bertrand les dernières gouttes d’une vie qui s’enfuit à grands flots. Comme s’il souhaite lui souffler à l’oreille une précieuse vérité, un sésame miraculeux pour accéder à une autre dimension de la connaissance. Comme s’il veut lui faire un témoignage qui bousculerait son existence.
- Ils mentent ! Ils mentent ! Ils mentent !
- Oui. Bien sûr qu’ils mentent. Je sais qu’ils mentent.
Guy-Bertrand regarde tout autour de lui. Il a peur qu’un médecin le surprenne en train de parler politique avec un patient alors que son rôle à lui, externe, est de superviser comme il peut le travail des infirmières. Les internes ne peuvent pas le faire aujourd’hui. Il y a bien trop d’afflux aux urgences ! Tout le monde est surchargé de travail.
Aujourd’hui, c’est le 9 novembre 2004. Les carreaux blancs du hall du CHU de Cocody sont maculés de grosses flaques rouges. L’hôpital a l’air d’une cour des miracles. Les prières montant au ciel, les cris de douleur, les hurlements de révolte, les expirations des mourants, les larmes de deuil s’entremêlent pour faire un vacarme cauchemardesque. C’est la guerre ouverte entre l’armée française et les civils ivoiriens dans toutes les villes de la zone gouvernementale.
****
Depuis le 6 novembre, ce jour où les soldats de l’Opération Licorne ont détruit la quasi-totalité des avions de guerre de l’armée ivoirienne, et où des dizaines de milliers de patriotes ont décidé de les affronter et de les empêcher de renverser le président Laurent Gbagbo, le sang ne cesse de couler. Dans la nuit du 6 au 7 novembre, les premières victimes de la Licorne sont arrivées à l’hôpital. Brûlées sur le pont par des balles traçantes jetées par des hélicoptères français voulant les décourager de traverser le pont Charles-De-Gaulle pour arriver à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny, désormais entre les mains de l’armée française. Blessées alors qu’elles s’en allaient défier les soldats hexagonaux devant leur base militaire, dénommée 43è BIMA.
Cette nuit-là, Guy-Bertrand n’était pas de garde. C’était un week-end, et il était allé rendre visite à des amis, Camerounais comme lui, étudiants à l’Ecole de statistique. Il n’avait pas pu rentrer chez lui, puisque l’atmosphère était devenue électrique dès que la nouvelle de la destruction, par les Français, des avions de guerre gouvernementaux allant à l’assaut des zones rebelles, avait commencé à se répandre. Il avait décidé de dormir chez son ami Philémon. Il verrait bien le lendemain !
Quand l’agitation avait commencé dans la ville, les nombreux étudiants étrangers de la cité, qui étaient réunis dans la salle télé et regardaient un film sur une chaîne câblée, avaient vite zappé sur les chaînes françaises d’information continue pour en savoir plus. Selon le présentateur du bulletin d’information d’une de ces chaînes, l’aviation ivoirienne avait attaqué un camp français à Bouaké, le fief des rebelles ivoiriens. Ce qui avait entraîné des représailles de la force Licorne qui, sur instruction du président français Jacques Chirac, avait décidé de détruire tous les avions de guerre de «l’armée de Laurent Gbagbo», le président ivoirien.
Le présentateur français avait embrayé, avec le même professionnalisme détaché, sur un autre sujet. Mais pas les étudiants africains qui, quelques minutes auparavant, dégustaient un thriller américain passionnant.
Dans cette salle télé, ces étudiants ayant pour la plupart un avis sur tout, discutaient régulièrement en rivalisant d’arguments. De la polygamie, du sida, de l’homosexualité, de l’insalubrité, du christianisme et de l’islam, du coupé-décalé et du R’n’B, de sport et de politique. Forcément, ce nouveau développement de la crise ivoirienne ne pouvait pas échapper à leur verve.
- Gbagbo a cherché, il a trouvé !
La sentence était venue de Karim, un étudiant nigérien qui, de toute façon, était habituellement le plus grand pourfendeur du chef de l’Etat ivoirien. Pourquoi ? Il détestait les étrangers, il haïssait les musulmans. Il voulait tout pour ses frères, les chrétiens du Sud du pays.
- Là, il est allé chercher les Français. Il a trouvé des gens qui vont pouvoir lui répondre et lui donner la raclée qu’il mérite.
La moitié de la salle qui, habituellement, défendait mordicus le président ivoirien – un héros, un patriote, un homme proche du peuple, que les Français détestaient parce qu’il voulait mettre une fin à l’exploitation néocoloniale de son pays – restait sans voix. Sonnée. Assommée. Ne sachant pas quoi dire. Elle triomphait quelques heures plus tôt, au moment où les informations venant de Bouaké assuraient que l’Opération Dignité faisait détaler les rebelles vers leurs bases arrières des pays voisins. Le pays serait bientôt réunifié. La guerre serait finie. Et gagnée. Les frappes de l’aviation ivoirienne étaient chirurgicales. Hourra !
- Qui te dit que c’est vrai ? On a déjà vu l’intox des Français ici. Ils mentent !
C’est Philémon qui avait dégainé le premier face aux propos de Karim. Guy-Bertrand trouvait son ami d’enfance incroyable. Où trouvait-il la force pour proclamer, d’une cité universitaire d’Abidjan, du haut de son mètre 70, qu’un journaliste français – dont le travail était de chercher et de trouver la vérité, qui avait pour lui toutes les informations des agences de presse internationales, des satellites, des systèmes de renseignement perfectionnés de l’Occident – mentait ? En plus, avec une telle rapidité ! Comment se faisait-il que, même dans le dénuement idéologique, l’absence totale d’information – la RTI montrait des clips mièvres sur le pardon et la réconciliation –, il trouvait la force de défendre son «client» ? – c’est ainsi qu’il appelait affectueusement un Gbagbo qu’il n’avait jamais vu. Peut-être croyait-il tellement en son grand homme qu’il considérait d’emblée comme faux tout ce qui semblait donner de lui une autre image que celle qu’il avait choisi de retenir. Peut-être considérait-il juste comme un devoir de contredire Karim, dont il connaissait les positions politiques et avec qui il avait déjà croisé le fer au sujet d’une crise ivoirienne tournée dans tous les sens dans cette même salle télé.
A cet instant, Guy-Bertrand pensait à deux choses. Que cette histoire de fous l’avait empêché de regarder jusqu’au bout le thriller américain. Et qu’il fallait
que tout ce cinéma s’arrête avant lundi, parce qu’il devait retirer le Western Union que son frère aîné lui avait envoyé d’Allemagne.
Il n’avait absolument pas d’opinion sur ce nouveau rebondissement du conflit ivoirien.
Thierno, Nigérien comme Karim et pro-Gbagbo comme Philémon, en moins hystérique tout de même, était entré dans la danse.
- De toute façon, ça n’arrange pas Gbagbo d’aller s’attaquer à une armée plus forte que la sienne, alors qu’il est en train de liquider la rébellion. Il n’est pas fou quand même !
- Qu’est-ce qui te fait croire que son armée va de victoire en victoire ? C’est de l’intox. Les journaux bleus racontent n’importe quoi. L’armée de Gbagbo n’est pas motivée. Tout ce qui l’intéresse, c’est racketter les chauffeurs de gbaka. Or, les rebelles savent pourquoi ils se battent.
- Quoi ? Des voleurs comme ça ? Ce n’est pas l’armée de Gbagbo comme tu dis qui a démonté toute l’Université de Bouaké pour aller revendre tuiles, carreaux et sanitaires dans des pays voisins.
C’était reparti. Bientôt, il y aurait un début de bagarre. Car ces affrontements verbaux où les injures personnelles volent bas ne vont jamais plus loin que des débuts de bagarre théâtraux.
Guy-Bertrand n’aimait pas trop la politique. Il était plutôt foot. Supporter chauvin des Lions indomptables, mais tout de même réaliste face à leurs défauts. Son ami Philémon était tout aussi exalté quand il soutenait Eto’o que quand il défendait Gbagbo. Tout aussi catégorique quand il s’agissait de vouer le président français Jacques Chirac aux gémonies que quand il fallait trouver des poux dans la tête du buteur ivoirien Didier Drogba dès que quelqu’un osait le comparer à son héros. Il glorifiait les Ivoiriens courageux résistant à l’oppression française avec la même pugnacité qu’il dénonçait les Ivoiriens prétentieux qui osaient comparer Eto’o et Drogba. Philémon ne voyait là aucune forme de contradiction.
****
Tard dans la nuit, alors que les débatteurs infatigables de la salle télé étaient rentrés dans leurs chambres et essayaient de dormir malgré le vacarme extraordinaire des patriotes qui chantaient, criaient et mettaient le feu à tous les symboles français dans le voisinage, tout le monde avait entendu des bruits de détonation.
Comme un seul homme, ils étaient tous montés sur le toit de leur résidence étudiante, d’où ils avaient une vue imprenable sur le quartier. Cocody-Ambassades. Le quartier où résidait le président de la République.
Les rues étaient toujours noires de monde. Des gospels désespérés arrivaient aux oreilles des étudiants de l’Ecole de statistiques, quand le staccato des détonations – bombes, missiles, grenades, roquettes, mitraillettes ? – faiblissait un peu.
En levant les yeux au ciel, ils avaient vu. Des flammes qui sortaient de ce qui était sans doute un hélicoptère – tous les signaux lumineux de l’appareil étaient éteints. Des flammes qui semblaient tomber sur la Résidence de Gbagbo. L’hélicoptère venait, lançait ses flammes, repartait. A chacun de ses surgissements, les milliers de personnes qui s’étaient postées comme des boucliers humains devant la résidence présidentielle, se couchaient et chantaient des cantiques. A chacun de ses départs, ils se levaient, narguant et insultant l’hélico, son pilote, le général d’armée dont dépendait ce pilote, et le président français qui donnait des ordres à ce général d’armée.
Philémon était désormais dans un état second. Il avait des yeux étranges. Embués de larmes. Des larmes d’émotion, de défi, mais aussi de jouissance. A l’instant, il était faible, impuissant. Mais heureux. Il avait désormais la preuve que c’est la France qui faisait la guerre à la Côte d’Ivoire.
- Karim ! Où est Karim ? Parle encore ! Vous avez vu non ? Vous allez encore nier ? Karim ! Il est où ? Karim, viens voir tes ancêtres les Gaulois dans leurs œuvres ! Vous allez encore dire quoi ?
Philémon avait foncé comme un dératé dans sa chambre. Il avait pris le drapeau camerounais qu’il faisait flotter à sa fenêtre – pour narguer «ces abrutis d’Ivoiriens» – et avait arraché le drapeau ivoirien qui était dressé sur un pic au milieu de la cour. Il les avait attachés et était allé vers la résidence de Gbagbo.
Faire quoi ? Guy-Bertrand était perplexe. Pensait-il vraiment que ses deux drapeaux noués et brandis à la face du tout-venant allaient faire reculer les Français ? Pourquoi se mettait-il ainsi en danger alors qu’il ne pouvait en rien changer le cours de l’Histoire ? Et puis, est-ce qu’il était Ivoirien ? Est-ce que c’était son problème ?
Après l’énième coup de folie de son ami Philémon, Guy-Bertrand n’était pas d’humeur à subir les commentaires des étudiants de l’Ecole de statistiques. Il allait mettre des boules Quiès dans ses oreilles et essayer de dormir. C’était plus sage.
****
Guy-Bertrand avait vu les flammes des hélicos gaulois. Il sait donc que la radio des Blancs ment quand elle dit que la France ne veut absolument pas renverser le président ivoirien. Mais il est lui-même étonné de la vivacité avec laquelle il a confirmé les accusations du patient qui continue de le regarder droit dans les yeux.
Guy-Bertrand n’aime pas la politique. De toute façon, il ne peut que la détester. Il est né en 1982 au Cameroun. Le seul président qu’il a jamais connu de sa vie, c’est bien Paul Biya. Un Paul Biya dont son père a toujours dit pis que pendre. Un voleur. Un chef bandit à la tête d’une clique de spécialistes de détournements de fonds publics et de fraude électorale. Une crapule qui a juré d’appauvrir ses compatriotes avant de mourir. Son père détestait tellement Paul Biya qu’il avait milité dans un parti d’opposition, le Social Democratic de John Fru Ndi, dès l’avènement du multipartisme. Enseignant et syndicaliste, il avait été muté dans une ville de l’extrême nord du pays par un gouvernement qui n’appréciait pas que ses fonctionnaires aillent jouer les activistes pour le compte de l’adversaire. Dans l’extrême nord, il avait créé une section du SDF. Il y avait consacré une bonne partie de ses économies, au grand dam de son épouse. Puis, un jour, il était rentré à la maison. En colère. Au bord de la crise de nerfs. Traitant John Fru Ndi de tous les noms. Disant qu’il était le complice de Biya. Qu’ils étaient pareils. Des voleurs. Des menteurs profitant du désespoir du peuple. Ils s’étaient partagés le pays. Le père de Guy-Bertrand avait déchiré sa carte du SDF devant les yeux médusés des siens. Toutes ces privations pour rien ! Toute cette souffrance qui était censée être leur part de sacrifice pour la libération du Cameroun, transformée en un jour en absurde tribulation ! Guy-Bertrand ne peut pas croire en la politique, broyeuse de rêves, piège à gogos, machine à briser les naïfs. Au Cameroun comme en Côte d’Ivoire, il ne peut pas investir son affection en un leader politique. Jamais !
Mais pourquoi les yeux de ce patient dans ses yeux le troublent-ils à ce point ?
- Ils mentent. Ils disent que nous sommes des miliciens. Mais regarde dans ma poche.
Guy-Bertrand regarde à gauche et à droite. Personne pour le voir aller fouiller la chemise ensanglantée de ce patient dont les infirmières ne croient de toute façon plus aux chances de survie. Il finit par tomber sur une carte professionnelle. Son patient s’appelle Joël-Roland Coulibaly Kouadio. Il a 22 ans comme lui. Il est informaticien dans une multinationale française. Guy-Bertrand sursaute à nouveau.
Une vie prometteuse sacrifiée sur l’autel de la politique. Pourquoi ?
- Ce sont les journalistes de la radio des Blancs qui m’ont tué, accuse Joël-Roland, comme s’il est déjà de l’autre côté. Comme s’il est déjà mort.
Guy-Bertrand comprend la logique de Joël-Roland. Si la radio n’avait pas dit que les jeunes aux mains nues dansant devant l’Hôtel Ivoire pour demander le départ des chars de l’armée française qui s’étaient postés là étaient des miliciens, les Légionnaires n’auraient pas tiré. Si ces milliers de personnes ne sont que des civils en colère, comme les altermondialistes dans les rues de Davos, comme les antiguerre dans les rues de Paris au moment de l’assaut de Bush contre Saddam, alors l’armée française ne peut pas ouvrir le feu sans s’attirer les foudres de toute l’opinion mondiale. Mais s’ils sont des miliciens comme les Interahamwé du Rwanda du temps du génocide, comme les Tontons Macoutes de Haïti, comme les hommes du général Aïdid en Somalie, l’armée française peut ouvrir le feu. Miliciens contre militaires. Délinquance sans visage contre violence légitime.
C’est la radio des Blancs qui juge, qui fabrique la réalité médiatique, même s’il faut pour cela tuer la vérité. La vérité de la carte professionnelle de Joël-Roland. La vérité de toutes ces vies mâchées, réduites à néant, écrasées depuis ce 6 novembre maudit. La vérité de ces foules où pauvres et bourgeois, profs d’université et jeunes déscolarisés, banquières et grilleuses d’alloco se frôlent, se touchent, se consolent, se donnent du courage. Et crient à la face du monde que leur pays est leur pays, et qu’ils n’accepteront pas de seconde colonisation.
Guy-Bertrand ne dit rien. Il ne peut rien dire parce que des larmes irrépressibles lui montent au visage. S’il parle, il pleure. S’il pleure, on peut le remarquer dans le service et ça lui créera des problèmes. Or il s’est juré de ne jamais prendre de risque au nom de la politique. Il se souvient trop bien de l’amertume de son père.
Joël-Roland recommence à parler.
- Dans mon entreprise, ils vont se poser des questions. Nos patrons qui ne savent rien de nous. Nos patrons qui croient qu’on pense comme eux parce qu’on travaille avec eux. Et qu’ils ne nous paient pas pour les contredire.
Joël-Roland esquisse un sourire. Un petit sourire où Guy-Bertrand semble lire un bonheur paradoxal et inexplicable. Le corps du patient se raidit de plus en plus. Se refroidit de plus en plus.
- Tu sais pourquoi je suis sorti à l’appel de Blé Goudé ?
- Non.
- Ce n’est pas à cause de Blé Goudé. Je m’en fous de Blé Goudé. C’est à cause d’une chanson. Va dans mon jean, et prends mon portable. Compose mon numéro. Le 05887650. Et tu comprendras.
L’âme de Joël-Roland est partie. C’est fini. Guy-Bertrand va prendre son portable dans son jean. Et compose le numéro à partir du sien. Comme conclu. Qui désobéirait aux dernières volontés d’un mort ?
Des voix cristallines d’enfant s’échappent du téléphone de Joël-Roland. Sa sonnerie personnalisée. Une comptine écolière. Chantée avec une voix joyeuse, pleine de fougue et d’assurance. Une voix pleine de rires.
«Le pays que nous habitons /S’appelle la Côte d’Ivoire/Et ses habitants/S’appellent les Ivoiriens/Nous sommes les enfants ivoiriens/Enfants ivoiriens/Nous sommes les enfants ivoiriens/Enfants ivoiriens…»
Guy-Bertrand fonce dans les toilettes de son service. Les spasmes sont là. Il ne peut plus les combattre. Lui reviennent à l’esprit les strophes d’une comptine chantée mille fois.
«Cameroun !/ Cameroun !/ Cameroun mon beau pays/La jeunesse est fière de toi/La jeunesse est fière de toi/Nous allons tous travailler/Pour être plus dignes de toi/Vive mon pays le Cameroun !»
Guy-Bertrand s’agenouille tout près du pot du W.-C. Et il laisse libre court à ses spasmes. Son corps est pris de saccades comme celles d’un poulet qu’on égorge. Il pleure à haute voix. Personne ne l’entendra. Son téléphone sonne. C’est sa sœur. Elle est inquiète.
- C’est comment chez vous là ? On dit que Gbagbo est devenu fou. Les rebelles l’ont dépassé. Il s’attaque aux Français.
- Qui t’a dit ça ?
- RFI.
Guy-Bertrand gueule. Il sait que sa raison ne contrôle plus ses paroles.
- Ils mentent. Ils mentent. Ne crois pas ce qu’ils disent. C’est eux. Ils tuent les gens. Je suis à l’hôpital. Tu peux me croire. Ils ont occupé la capitale. Ils ont tiré sur la maison du président. Leurs chars ont essayé d’entrer dans la maison du président ! Ils se croient en pays conquis. Ne crois pas la radio des Blancs ! La radio des Blancs ment !
Le téléphone se coupe. Problème de réseau sans doute. Guy-Bertrand a une douleur insupportable à l’estomac. Il est impuissant. Impuissant au point de ne pas pouvoir dire à sa sœur la vérité évidente que Joël-Roland a pu lui transmettre avant de s’en aller. Il se sent pauvre type. Un pauvre type, vivant dans un pauvre pays, d’un continent bien malheureux. Sa faiblesse l’écrase. Il aurait aimé ne jamais avoir vu le regard perçant de Joël-Roland. Comment vivre avec une telle brûlure désormais ?


Tripoli, le 15 novembre 2006

21:55 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

TIKEN JAH ET ALPHA BLONDY VONT NOUS TUER !

Suivez et vivez ce qu'ils créent dans les foyers:

Monsieur KONAN a battu sa femme Jeanne, dans la matinée du Lundi 17 Décembre 2007.

Le couple s'étant boudé toute la semaine, le week-end, M. KONAN qui entre temps désire sa femme, ne sait pas par où commencer pour l'aborder. Alors une fois la nuit tombée, le couple se retrouve au lit et il entonne la chanson de TIKEN JAH, après des moments de réflexion :

« Ouvrez les frontières, Ouvrez les frontièèèèères, laissez-nous passer !»

Sa femme, s'étant certainement rendu compte de l'intention de son époux, entonne à son tour la chanson d'ALPHA BLONDY :

« Gbangban ils ont créé là, ils vont prendre drap !»

TIKEN JAH et ALPHA BLONDY vont nous tuer !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!



BONNE SEMAINE A TOUS !

21:55 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

NEGRERIE, QUAND TU NOUS TIENS !

Lundi 04 Février 2008


Chers bien-aimés frères et sœurs ivoiriens,


Franchement, il y a des choses qui fâchent dans cette Afrique !
Voici un Président de confédération continentale de football qui ne trouve rien de mieux à faire que de mettre une cérémonie de remise de Ballon d’Or en pleine compétition de la CAN 2008, là où les joueurs et leurs encadreurs et, singulièrement, les nominés, ont besoin de concentration pour préparer et jouer des matchs décisifs qui engagent l’honneur de leurs nations.
Et comme si cela ne suffisait pas de perturber la sérénité de toute la compétition et de jouer une carte médiatique aussi foireuse (un gala de Ballon d’Or en pleine CAN, dans un autre pays, c’est pas du tout futé), il fait un chantage honteux et scandaleux à Didier DROGBA - 4ème joueur mondial et 1er joueur africain selon le dernier classement de la FIFA, le seul joueur africain de l’heure à mériter le Ballon d’Or 2008 - pour le contraindre à se rendre à Lomé, à ladite cérémonie, pour recevoir sa distinction, à la veille d’un match aussi important que les quarts de finale de la CAN, faute de quoi il ne serait pas sacré Ballon d’Or Africain pour l’année 2008.
L’ivoirien, lucide, patriote et solidaire de toute l’équipe ivoirienne, décline poliment l’invitation et promet de se faire représenter au plus haut niveau par le Président de la Fédération Ivoirienne de Football et par sa propre épouse.
Il n’en fallait pas plus pour amener la CAF, ou plus exactement Issa Hayatou, à destituer (c’est le lieu de le dire) Didier DROGBA, le goaleador ivoirien.
Et à qui remet-on le titre ? Au malien Frédéric KANOUTE, 10ème au classement mondial, sans donner un traître mot des raisons qui ont motivé une décision aussi saugrenue, ni même les points du classement des trois nominés en course. Il faut être vraiment un nègre pour réussir ce tour de force !

En quoi vouloir rester concentré avec ses coéquipiers pour préparer un match aussi capital pour une grande nation de football comme la Côte d’Ivoire doit-il constituer un motif de disqualification pour un joueur au talent confirmé et mondialement reconnu comme DROGBA ? (Allez le demander à Issa Hayatou, qui se prend pour DIEU dans cette Afrique, dans le milieu du football).
L’homme n’en a cure, qui n’hésite pas à flouer tout un pays, la Côte d’Ivoire - contre laquelle il n’est pas à son premier coup en dessous de la ceinture - du titre d’un de ses plus dignes fils.
Que gène t-il qu’un joueur soit absent à cette cérémonie dans les conditions et les circonstances que l’on sait? Le titre tient-il à une simple présence à une soirée de gala ou au talent intrinsèque de l’athlète?
Cette cérémonie avait encore du crédit jusqu’à récemment. Il faut craindre, à présent, que ce Issa Hayatou en ait fait une foire aux chantages et à l’aplatissement des plus dociles, ceux qui peuvent donner satisfaction à son ego démesuré.

Qu’avons-nous donc fait à cet individu, diantre ! Nous savons de récente mémoire qu’il avait déjà ourdi un complot contre le Président Jacques ANOUMA de l’UFOA, aidé en cela par deux sbires platement aux ordres - les Présidents des Fédérations Béninoise et Nigériane de Football - pour lui ravir, d’une façon aussi cavalière que totalement officieuse, son poste et son mandat, simplement pour ne pas avoir le redoutable et méticuleux ivoirien comme adversaire à la fin de son mandat actuel, dans la course à la tête de la Confédération Africaine, où il trône depuis 20 ans (1988). Il faut être un nègre pour se comporter ainsi !

La seule chose qui peut dorénavant essuyer cette offense et cette nouvelle injustice gratuite faite à la Côte d’Ivoire, c’est que nous revenions avec la Coupe d’Afrique, pour montrer à cet autocrate que, non seulement nous avons eu raison de ne pas être présents à sa fête, à Lomé (pour pouvoir gagner la Guinée 5 buts à zéro) mais aussi que notre DROGBA National est le meilleur de l’heure, n’en déplaise aux esprits retors.

Pendant que nous y sommes, il est grand temps de parler de la fin du mandat de Monsieur Issa Hayatou. 20 ans pour un seul quidam, à la tête d’une telle institution ? C’est trop ! C’est EXCESSIF !
Au nom de quelle morale et de quelle logique un seul individu s’accapare t-il un si prestigieux poste panafricain et déploie t-il un tel trésor d’énergie, lourdement appuyé des pires pratiques mafieuses, pour ne jamais se faire éjecter de ce poste juteux ? Réflexion à poursuivre.

Fraternellement,


Dindé.


PS : Laurent POKOU établit, dès à présent, un nouveau record que les annales de la CAF doivent désormais prendre en compte : Celui du plus grand nombre de buts dans le plus petit nombre d’éditions de CAN. Ce n’est que justice ! Y a buteur et puis y a buteur. Patriotiquement, bye !

21:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LE PRESIDENT GBAGBO LE SAIT-IL, OUI OU NON ?

Vendredi 18 Janvier 2008


Chers bien-aimés frères et soeurs ivoiriens,



Voici bientôt 3 mois que des enseignants du Secondaire, des milliers, n'ont pas de salaire, pour raison de grève.
Certes, on peut dire avec l'Ecriture Sainte que "l'ouvrier mérite son salaire", et que par déduction logique, de concert avec le Ministre Gilbert BLEU-LAINE de l'Education Nationale, "on ne perçoit un salaire que lorsqu'on a travaillé".
Oui. Si on veut être strictement légaliste. Mais si on veut rester humain et si on n'a pas renié sa ligne socialiste, on ne laisse pas des familles entières tomber en faillite...sociale! On ne jette pas des milliers d'Ivoiriens, avec leurs enfants et leurs épouses, à la PRECARITE !

La plupart de ces honnêtes citoyens ont, aujourd'hui, des comptes plus qu'au rouge, deux fois débiteurs.
La menace qui pèse donc sur bon nombre d'entre eux, c'est de voir leur salaire de fin Janvier 2008 (si encore cela a pu être payé) être englouti dans ce trou noir. Relevant le nombre de mois sans salaire, en réalité, à 4. Un vrai suicide social, quand on sait que le métier d'enseignants est ingrat!

Actuellement, les "margouillats" (les usuriers) se frottent les mains. Ils font de bonnes affaires. Des familles entières ne se relèveront jamais plus de cette descente aux enfers.
Le Président GBAGBO, d'habitude si prompt à commenter l'actualité, n'en a fait cas à aucun moment, ni au Nord ni dans l'Agnéby, pendant toute la durée de ses visites d'Etat. Indifférence, insensibilité, complicité ?

On demande à des enseignants qui ont eu deux mois de suspension de salaire de rattraper les cours manqués, sans envisager en retour de parler de reversement d'arriérés de salaire (puisque de toutes les façons, ces cours seront rattrapés).
A quelle logique répond une telle incohérence ?

La Côte d'Ivoire va sombrer dans une crise sociale MAJEURE si les enseignants subissent un autre mois sans salaire. Le Ministre BLEU-LAINE n'en a pas conscience. Peut-être. Mais le Président GBAGBO, le sait-il oui ou non ? A t-il même des conseillers ?

Fraternellement,


Dindé.

21:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LE COUP D'ETAT MONETAIRE DE LA FRANCE EN AFRIQUE

Vendredi 18 Janvier 2008


LE COUP D'ETAT MONETAIRE DE LA FRANCE EN AFRIQUE

Un coup d’État est un changement de pouvoir soudain, imposé par surprise, par une minorité utilisant la force. La technique de base du coup d'État consiste à s'emparer des organes centraux de l'État ou à les neutraliser, en occupant leurs lieux de fonctionnement qui sont aussi les lieux symboliques du pouvoir. Le coup d’Etat monétaire sera donc une manière soudaine d’imposer une monnaie et un régime monétaire à un Etat. Un peuple sans souveraineté est non seulement un peuple privé de liberté, mais un peuple menacé dans son existence [Jean-Marie Le Pen, Extrait du Meeting de Toulouse - 25 Mars 2007]. La souveraineté est le droit exclusif d'exercer l'autorité politique sur une zone géographique ou un groupe de peuples. La souveraineté sert de pilier à l'analyse de l'État et constitue le critère de distinction des différentes formes de gouvernement qu'il décrit. La souveraineté est la puissance absolue et perpétuelle d’une République. La souveraineté est la qualité de l'État de n'être obligé ou déterminé que par sa propre volonté dans les limites du principe supérieur du droit et conformément au but collectif qu'il est appelé à réaliser. Ainsi, l’on peut se poser la question de savoir si les pays de la zone franc sont des pays souverains puisqu’ils n’ont pas le pouvoir de battre monnaie, un acte politique qui détruit les fondements de cette souveraineté. Au surplus, ces pays ont en commun une monnaie imposée depuis la période coloniale. Le véritable débat, celui d’une réflexion féconde sur le lien entre monnaie et souveraineté, entre monnaie et développement a été occulté au profit d’un piètre combat pour des postes de gouverneur des banques centrales dont les manettes sont entre les mains de la France. Cette présente contribution sur le franc CFA constitue un appel à méditation des gouvernants des pays membres afin de donner un sens à la notion de souveraineté.

UN DETOUR HISTORIQUE IMPORTANT

Selon l’histoire des faits économiques, le franc CFA est né formellement le 9 septembre 1939, lorsque dans le cadre de mesures liées à la déclaration de guerres, un décret instaura une législation commune des changes pour l’ensemble des territoires appartenant à l’empire colonial français. En fait le début de la seconde guerre mondiale va s’accompagner d’un dirigisme monétaire avec la mise en place du contrôle des changes à cette date. La zone Franc, en tant que zone monétaire caractérisée par une liberté des changes, est formellement créée. En réalité, ses principales caractéristiques étaient apparues entre les deux guerres. La gestion monétaire des colonies était assurée par des banques privées bénéficiant dans leurs zones respectives de privilèges d’émission. Nonobstant, la dislocation progressive de l’espace monétaire et commercial international dans les années trente, la montée en puissance généralisée du protectionnisme et l’enchainement des dévaluations compétitives provoquèrent de la part des puissances coloniales une réaction de repli sur leurs empires. Après l’échec de la conférence de Londres en 1933, les zones monétaires furent leur apparition. C’est ainsi que prit naissance la « zone sterling ». Un grand nombre de pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud vont rattacher leur monnaie au dollar pour former la « zone dollar ». La formation d’une zone économique impériale, protégé de la concurrence extérieure et fondée sur la complémentarité des productions coloniales et métropolitaines, passait par la création d’un espace monétaire commun. Avec le déclenchement de la seconde guerre mondiale, naissait l’instauration d’une réglementation des changes valable pour l’ensemble des résidents de l’empire et la centralisation des réserves en devises au profit de la métropole. Le franc CFA est officiellement né le 26 décembre 1945, jour où la France ratifie les accords de Bretton Woods et procède à sa première déclaration de parité au Fonds monétaire international (FMI). Il signifie alors « franc des colonies françaises d'Afrique ». Mais cette définition de la parité du Franc se fait avec une différenciation selon les secteurs géographiques. Nous avons alors trois unités distinctes avec le Franc des Colonies Françaises du Pacifique (FCFP), un Franc des Colonies Françaises d’Afrique (FCFA) et un Franc de la métropole valable également pour l’Afrique du Nord et les Antilles (FF). Le FCFP valait 2,40 FF et le FCFA 1,70 FF. C’est aussi l’occasion d’affirmer l’unité car le communiqué du ministre des Finances parle de « Constitution de la zone franc » et ce sera la première fois que le terme est utilisé officiellement. Certains pays ont choisi, lors de l'indépendance ou après, de quitter la zone franc coloniale : Algérie (1963), Maroc (1959), Tunisie (1958), Mauritanie(1973), Madagascar(1973), Guinée (1958), l’ex- Indochine (Cambodge, Laos, Viêtnam) en 1954. Le Mali l'a quittée en 1962 pour la réintégrer en 1984.

LES MOTIVATIONS IMPERIALISTES DE LA FRANCE

Il s'agit alors de restaurer l’autorité monétaire française dans ces territoires qui ont été isolés de la métropole durant la seconde guerre mondiale, et ont souffert de la raréfaction des échanges, et ont dû parfois créer des émissions locales appuyées sur d'autres devises que le franc français (par exemple le dollar US), voire accepter des émissions fantaisistes par les troupes armées, ou accepter la monnaie des occupants, comme ce fut le cas pour les protectorats et territoires français en Asie, alors que ces territoires, et les institutions financières locales publiques et privées, doivent gérer leurs dettes extérieures à la fin du conflit mondial. Leurs objectifs sont, bien entendu, concentrés sur l'organisation interne des Empires coloniaux, en particulier sur la facilitation des relations financières et commerciales entre la métropole et les territoires. Il s'agit toujours pour la France de faciliter l'intégration commerciale et financière des territoires à la métropole par le biais d'un régime de monnaie et de change. La perte de la convertibilité, non seulement lésait les investisseurs étrangers et les déposants, mais aussi rendait plus difficiles les échanges de biens et de capitaux avec la métropole. Un des objectifs des administrateurs était d'assurer la convertibilité pour maintenir les liens économiques avec la métropole. De plus, les colons se mobilisent pour réclamer la même sécurité pour leurs avoirs locaux et leurs avoirs métropolitains, ce qui passe par une fixation du change. L’intérêt de la manœuvre est d’assurer une compensation maximale des règlements entre les deux économies et surtout de supprimer le change entre les deux monnaies. L’épisode de la communauté est du reste significatif du formalisme qui présidait à la conception gaullienne de la décolonisation. Le principe fédéral inspirant ce projet faisait une large place au domaine de gestion commune, « qui doit comprendre la défense, la politique étrangère, la direction de l’économie, la politique des matières premières et la monnaie ». Avec la zone franc, la France voulait conserver son aire d’influence, mais aussi, consolider des liens un temps menacés par les aspirations à la souveraineté. La construction de cette zone est due à des facteurs commerciaux (une partie importante des échanges se faisant avec la France), financiers (faciliter le paiement des flux financiers) et politique. Cette tutelle monétaire assure le contrôle des économies de la zone et garantit les bénéfices des capitaux français en assurant la convertibilité illimitée, la parité fixe avec l’euro et surtout la liberté des transferts.

FONCTIONNEMENT DE LA ZONE OU LES MECANISMES DE LA COOPERATION MONETAIRE

La coopération monétaire entre pays membres de la zone franc repose sur quatre principes : un institut d’émission commun à chaque sous-zone, une parité fixe, une garantie de convertibilité illimitée et la libre transferabilité interne.

1 Un institut d'émission commun à chaque sous-zone

Les banques centrales de chaque sous-zone (Banque des États de l'Afrique centrale - BEAC, Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest - BCEAO, et Banque centrale des Comores - BCC) ont la tâche de conduire la politique monétaire de la sous-zone. Elles doivent aussi centraliser la totalité des avoirs extérieurs des États membres.

2 Une parité fixe avec le franc français (maintenant l’EURO)

Cette parité est définie pour chaque sous-zone. Elle est restée stable de 1948 à 1994 pour les trois sous-zones (1 FF = 50 FCFA ; 1FF = 50 FC depuis 1979) et a été ajustée le 12 janvier 1994 (100 FCFA = 1 FF, la parité étant identique pour les sous-zones d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale, 75 F comoriens = 1 FF).

3 Une garantie de convertibilité illimitée

Le Trésor français va innover en matière de régime de convertibilité. Alors que le Trésor britannique abandonne la gestion de la monnaie aux intérêts privés ou aux autorités locales, le Trésor français s’implique. Il garantit une convertibilité sans change, financée par ses propres ressources fiscales, et régulée par la coopération avec les Instituts d’émission locaux. Ce système est fondé sur le compte dit d’opérations dont disposent les Instituts d’émission dans les comptes du Trésor. Ce compte est un compte courant des Instituts auprès du Trésor où se fait la compensation des paiements entre les territoires et qui présente la particularité de pouvoir être débiteur (Vinay, 1988, Lelart, 1997, Guillaumont-Jeanneney, .1996). La libre convertibilité de la monnaie de chaque sous-zone est garantie par le compte d'opération ouvert auprès du Trésor français et sur lequel les banques centrales ont un droit de tirage illimité en cas d'épuisement de leurs réserves en devises. En contrepartie de ce droit de tirage, les banques centrales doivent déposer sur le compte d'opération au moins 65 % de leurs avoirs extérieurs nets (réserves de change).Si les banques centrales peuvent recourir sans limitation aux avances du Trésor français, cette faculté doit, dans l'esprit des accords, revêtir un caractère exceptionnel. En cas de découvert prolongé du compte d'opération, les banques centrales sont tenues de mettre en œuvre des mesures de redressement (relèvement des taux directeurs, réduction des montants de refinancement, plafonnement des crédits aux États, ratissage des devises). Les variations de position sur le compte d'opération traduisent donc les résultats des paiements extérieurs. Les variations de la position extérieure sur le compte d'opération sont nettement inférieures à la fluctuation des avoirs extérieurs de chaque pays. Le flux vers la métropole étant plus important que celui vers la colonie, le Trésor dispose d’une position excédentaire en francs CFA.

4 La libre transferabilité interne

À l'intérieur de chaque sous-zone, et entre chaque sous-zone et la France, les transferts de capitaux sont en principe libres. Les transferts des capitaux entre les zones monétaires ont fait l'objet de quelques restrictions au cours des années 90, afin notamment de lutter contre les mouvements de capitaux illicites (suppression du rachat des billets entre zones). Chaque franc CFA n'est utilisable que dans sa propre zone (par exemple, le détenteur de francs CFA « Ouest » ne peut les échanger dans un pays de la zone « Est », le transfert ne peut se faire que par voie bancaire, et donc sous contrôle. En clair, les francs CFA ne sont pas identiques, même s'ils ont le même sigle. Ils sont émis par des banques centrales différentes et leur signification n'est pas la même. Le CFA de la zone Ouest se décline ainsi : franc de la Communauté financière africaine. Celui de la zone centrale : franc de la coopération financière en Afrique centrale.


L’URGENCE DE LA RECONQUETE DE NOTRE SOUVERAINETE MONETAIRE


Alors que l’Asie et le Maghreb, après s’être débarrassés des vestiges du colonialisme, s’en sortent économiquement, les pays de la zone Franc hésitent toujours à rompre le lien colonial, comme s’ils doutaient de leurs propres capacités à prendre en charge leur destinée. Le coup d’Etat monétaire de la France est en passe de devenir une servitude monétaire volontaire. Pourquoi déposer nos réserves de changes dans un Trésor Français alors que nos économies ont des besoins croissant de financement. Si les pays membres ne disposent pas d’économistes ayant une connaissance certaine des mécanismes du marché des changes alors il serait temps de désespérer de l’Afrique. Evidemment que l’Afrique a des économistes rompus à la haute compétition intellectuelle. Pourquoi donc cet esclavage monétaire ? Il n’est plus souverainement juste de perpétuer la dépendance à l’égard de l’ancienne métropole au travers de la Communauté Financière Africaine et de sa " zone Franc CFA ". Cette monnaie étrange, nous est étrangère, elle n’est pas notre monnaie. Souvenons-nous de l’épisode de la dévaluation en 1994. La dévaluation du Franc CFA annoncée par la France en 1994, avant la convocation des Chefs d’État de la zone CFA, pour consultation. Le franc CFA est un instrument de domination de la France. Cette ingérence monétaire se retrouve au niveau de la gestion de nos banques centrales. L'autonomie des Banques centrales est tempérée par les prérogatives du Conseil des Ministres des différentes zones. En particulier, il revient à celui-ci d'arrêter la distribution du crédit. De plus, à l'échelle nationale, la répartition des quotas de crédit établis par la Banque et le Conseil relève de comités nationaux contrôlés par les gouvernements locaux. Elles disposent d’un conseil d’administration où chaque membre et la France ont une représentation égalitaire. Les administrateurs, à raison de deux, sont nommés par les Etats : ce sont de hauts fonctionnaires. Par exemple, La France dispose de deux représentants au Conseil d'Administration de la BCEAO comme n'importe quel pays membre. La France, aujourd’hui comme par le passé, continue d’intimider ceux qui confessent la mort du franc CFA. Déjà en 1963, prétextant d’une mutinerie des soldats, démobilisés de la guerre d’Algérie, un coup d’Etat est organisé contre le président togolais Sylvanus Olympio. Que reprochait-on à ce dernier ? D’avoir demandé en 1958 l’indépendance du Togo, sous mandat franco-onusien. Puis, une fois l’indépendance acquise en 1960, de vouloir réviser le contrat d’exploitation du phosphate togolais; d’avoir entrepris la diversification du partenariat économique avec d’autres États occidentaux, dont l’Allemagne, ex-métropole coloniale qui devait aussi le soutenir dans la création d’une monnaie nationale, en sortant de la Zone Franc. Les pressions financières, monétaires et politiques exercées pour que le Mali soit obligé de revenir dans la zone franc après sa sortie en 1962. A contrario, l’adhésion du régime dictatorial de la Guinée équatoriale à la zone BEAC n’a pu se faire, compte tenu de la situation désastreuse du pays, que grâce au paiement par la France de sa quote part à la BEAC. Dans le cas du mali, la France a dû, pour surmonter les réticences des états membres de l’UMOA, transformer en prêts à long terme avec différé d’amortissement le découvert du compte d’opération de l’institut d’émission malien, qui s’élevait à 850 millions de franc en 1984. Inscrite au budget du ministère de la coopération, cette opération expliquait à elle seule les deux tiers de l’accroissement de l’aide française au PMA en 1984. Au nom de la restauration de notre souveraineté monétaire, le prochain sommet de l’UEMOA doit se pencher sur l’avenir du franc CFA, une monnaie qui devient de plus en plus un goulot d’étranglement pour le développement de nos économies. Les dispositions et les règles régissant le franc CFA ne permettent pas au système bancaire de jouer son rôle de moteur du développement. Enfin pour préserver l’équilibre monétaire, les concours aux Etats ne doivent pas excéder 20% des recettes fiscales de l’exercice antérieur. Comme le fait remarquer Paul Fabra « peu de grands pays s’imposent une discipline aussi strict que celle que comporte le mécanisme de la zone franc. On est plus facilement orthodoxe pour les pauvres ». Les pertes de change successives à la dévaluation de 1969 avaient été d’autant plus durement ressenties que la contribution des soldes positifs des comptes d’opérations à la défense du franc français n’avait jugé bon ni de les consulter ni de les indemniser. Les modifications des parités des francs CFA ne peuvent être décidées qu’à l’unanimité des pays membres de chaque union et après consultation de la France. . La zone franc porte la coopération monétaire au-delà des frontières de la définition théoriques, elle est le lieu où la France orchestre de façon permanente et ce, depuis la période coloniale, un coup d’Etat monétaire. Au risque de donner raison à ceux qui pensent que l’Afrique n’est pas rentrée dans l’Histoire, nous devons abandonner le débat puéril sur le gouvernorat des banques centrales pour créer des monnaies régionales puissantes et crédibles, pour aboutir à terme à la création d’une monnaie continentale.

Fasse Dieu que les pays de la zone franc comprennent que le chaînon manquant de leur développement est leur souveraineté monétaire.


Prao Yao Séraphin
Président du MLAN
www.mlan.fr
contact@mlan.fr

21:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

INTRIGUES A LA GABONNAISE

Vendredi 11 Janvier 2008


REçU DE JOEL ETTIEN DE 3A TELESUD

Incroyable mais vrai. Dans la volonté de prendre le contrôle de la chaîne de Télévision 3A TELESUD, créee par trois africains les partenaires Gabonais(qui sont Mme Pascaline Bongo la directrice de Cabinet du Président de la République et Blaise LOUEMBE le TPG du Gabon), ont franchi une nouvelle étape ce matin du Lundi 7 janvier 2007: l'envoie d'une force de police dans les locaux de la chaîne de télévision, en vue d'en interdire d'accès, Pierre Bedou, le co-fondateur et Directeur des Programmes de la chaîne depuis sa création. Depuis la prise de participation des gabonais en 2006, la crise qui semblait un moment contenue a pris une tournure beaucoup plus violente ces dernières semaines.

La cause principale: l'incapacité des Gabonais malgré diverses manouevres à prendre le contrôle à 100% de la société . Outre le fait de subir des pressions en tous genres, les employés de la chaîne n'ont plus le droit de recevoir les invités dans les locaux de la chaîne. ils doivent se contenter du trottoir...Car un vigile avec chien, en interdit l'accès comme nous avons pu le constater avec stupeur en devant être invité lors de l'enregistrement d'une émission. Il semble que dans les prochains jours, l'escalade et les révélations soient à leur comble car les Gabonais qui veulent s'approprier cette chaîne de télévision n'ont trouvé qu'une seule démarche pour atteindre leur but: l'intimidation. Les Gabonais sont de plus en plus nerveux car ils avaient prévu manifestement de partager le contrôle de la chaîne avec le Groupe BOLLORE. L'industriel français prévoyant d'offrir des locaux à la chaîne et un apport publicitaire.

Toutefois les raisons de cet amour pour les Médias du Groupe Bolloré en Afrique cache un autre objectif : Ne plus subir l'affront de Dakar. Récemment le Groupe Bolloré a été évincé du Port de Dakar au profit de DUBAI PORT. Un affront que Vincent Bolloré a promis de laver en s'en prenant au responsable de cette mésaventure : Karim Wade, conseiller spécial de son père de Président et Patron de l'ANOCI. En contrôlant une télévision africaine, la plus connue à ce jour, BOLLORE compte aussi rendre docile tous les dirigeants du continent qui sont sur sa zone de contrôle et les dissuader d'avoird des veilletés d'émancipation contre son Groupe. Une mauvaise campagne est vite arrivée.
Mais pas prévu au programme ce marché de dupes au détriment des fondateurs de 3A TELESUD semble avoir soulevé un vent de fronde dans plusieurs chancelleries et capitales africaines. Certains n'hésitant pas à voler au secours des fondateurs de 3A TELESUD, tout isolés à leur combat.

Après l'échec d'Africa N°1 (vendu aux lybiens), les ratés de multiples projets de chaîne de télévision initié au Gabon, en prenant le contrôle de cette chaîne panafricaine installée en France par des moyens très peu orthodoxes, les Gabonais pensaient prendre leur revanche. Au vu de l'ampleur du désastre causé par ces "investisseurs" peu stratèges, il semble inéluctable que c'est la justice française qui va devoir mettre tout le monde d'accord.

Une perspective qui agace au plus haut point les autorités françaises.Notamment du côté de l'Elysée. Après la flambée des banlieues, le mécontentement latent de la communauté noire en France, les secousses de la visite du truculent Khadaffi, les propriétés suspectes de certains chefs d'Etat du Continent dans l'Hexagone, l'Elysée, craint toute étincelle sur son sol et l'a discrètement fait savoir au Gabonais. Sans succès.

En France de nombreuses associations africaines ont commencé à se mobiliser sur le dossier et prévoient des actes aussi spectaculaires que médiatiques pour alerter l'opinion publique sur ce que beaucoup considèrent comme l'action de trop de la famille BONGO.

AfricainsdeFrance se mobilise aux côtés de centaine d'associations.


Merci

21:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Gabon | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

BIEN CURIEUSE QUE CETTE COTE D'IVOIRE !

Jeudi 03 Janvier 2008


Chers frères et soeurs ivoiriens,

Elle est bien curieuse notre Côte d'Ivoire bien-aimée. Serait-elle tombée sur la tête? Essayez d'y comprendre quelque chose:

1- Silence radio sur la suite de l'enquête touchant aux milliards disparus de la filière Café-Cacao, pourtant annoncée à grand renfort de presse;

2- Fermeture du seul journal libre et indépendant d'Eburnie, Le Courrier d'Abidjan, par des cabales politiques obscures, sans que cela ne pose le moindre problème à qui que ce soit sur cette terre de liberté, pas même aux défenseurs des Droits de l'Homme et encore moins aux défenseurs des intérêts et de l'éthique de la Presse;

3- Mise aux arrêts du jeune Assalé Tiémoko Antoine pour délit d'opinions relatives à la gangrène de la corruption qui mine la Côte d'Ivoire et, singulièrement, l'appareil judiciaire ivoirien;

4- Passage à tabac du leader patriotique Eugène Djué par la garde même du Président de la République pour qui il a offert sa poitrine dans la Résistance nationale.

Qu'arrive t-il donc à la Côte d'Ivoire!

Fraternellement,


Dindé.

21:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LES VOEUX DE NOUVEL AN 2008 DE Mr ET Mme DINDE

Mardi 1er Janvier 2008


Chers bien-aimés frères, sœurs et amis de tous les horizons,

En cette nouvelle année 2008, c’est pour mon épouse et moi un bonheur immense de vous présenter tous nos vœux de paix, d’amour, de salut, de santé et de prospérité en JESUS-CHRIST, pour vous-mêmes, pour vos épouses, vos époux, vos enfants, vos parents, votre famille, vos connaissances et tous ceux de votre maison !

Que l’ETERNEL vous exauce au jour de la détresse, Que le nom du DIEU de Jacob vous protège! Que du sanctuaire il vous envoie du secours, Que de Sion il vous soutienne! Qu’il se souvienne de toutes vos offrandes, Et qu’il agrée vos holocaustes! Qu’il vous donne ce que votre coeur désire, Et qu’il accomplisse tous vos desseins!

Réjouissez-vous de Son Salut, Levez l’étendard au nom de notre DIEU; L’ETERNEL exaucera tous vos voeux.
Ceux-ci s’appuient sur leurs chars, ceux-là sur leurs chevaux; Nous, nous invoquons le nom de l’ETERNEL, notre DIEU. Eux, ils plient, et ils tombent; Nous, nous tenons ferme, et restons debout (Psaume 20).
Nous vous en conjurons, au nom de l’amour que nous vous portons, confiez-vous en l’ETERNEL !

Que l’ETERNEL vous bénisse en ce nouvel an 2008, et qu’il vous garde! Que l’ETERNEL fasse luire sa face sur vous, et qu’il vous accorde sa grâce! Que l’ETERNEL tourne sa face vers vous, et qu’il vous donne la paix!
C’est ainsi que nous mettons le nom de notre DIEU sur vous, et que nous vous bénissons, tous, autant que vous êtes ! (Nombres 6)

Que la voix puissante et terrible de l’ETERNEL ordonne à la nature entière de travailler à votre bonheur et à la réalisation de tous vos projets, et qu'il accorde la paix, SA PAIX, à la Côte d'Ivoire ! Amen !! (Psaume 29)


Monsieur et Madame AGBO DINDE

21:25 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Voeux de Nouvel An | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA DIMENSION IMPERIALISTE DE LA DETTE AFRICAINE. A LIRE !

Samedi 30 Décembre 2007

LA DIMENTION IMPERIALISTE DE LA DETTE AFRICAINE

Aujourd'hui, tous les experts s'accordent pour reconnaître que l'endettement des pays africains constitue pour eux un goulot d'étranglement sur le chemin du développement. Les tentatives de juguler cette bulle de la dette n'ont pas fait défaut. Il y a eu en 1985, le plan Baker (du nom du secrétaire au Trésor américain), en 1989, le plan Brandy jusqu'à l'initiative PPTE. En effet, rien que dans les années 1990, le continent africain a transféré en moyenne entre 13 et 14 milliards de dollars annuellement à ses «créanciers» bilatéraux et multilatéraux. Entre 1980 et 2000, l'Afrique a remboursé plus de 240 milliards de dollars au titre du service de la dette. Malgré cela, sa dette a été multipliée par 3,5 passant de 61 à 216 milliards durant cette période. Et pourtant, depuis 1988, la part des arriérés de paiements dans le nouvel endettement du continent est estimée à plus des deux tiers, au point que ces arriérés constituent près de 30 % du montant de la dette africaine. L'Afrique continue de souffrir de la dette. Ainsi entre 1970 et 2002, l'Afrique a reçu 540 milliards de dollars en prêts et en a remboursé 550 milliards. Le poids de la dette pénalise surtout les pays d'Afrique subsaharienne. Dans les conditions actuelles, il est illusoire, relève la CNUCED, d'espérer que l'Afrique puisse réduire la pauvreté de moitié d'ici 2015, conformément aux objectifs du Millénaire fixés par l'ONU. La dette étrangle pratiquement tous les pays pauvres : par exemple, l'Equateur consacre 50 % de ses ressources à rembourser sa dette, l'Afrique 40%, soit autant que ce qu'elle affecte à l'éducation et la santé. En dépit de l'effort des pays africains pour sortir du sous-développement, le remboursement de la dette constitue indéniablement un obstacle. Une étude attentive et féconde de cette thématique permet de conclure à un complot contre les pays pauvres. La dette est sans aucun doute un instrument de domination des pays industrialisés. L'enjeu de cet article est de mettre en exergue la dimension impérialiste de la dette.

Origine de la dette

De façon synoptique, la dette extérieure regroupe l'ensemble des emprunts des agents économiques d'un pays (Etat, mais aussi les entreprises) vis-à-vis de prêteurs étrangers. Dans le passé, les pays qui ne parvenaient pas à générer une épargne intérieure suffisante pour financer leur essor économique ont recherché des fonds auprès d'autres pays. Les Etats-Unis ont fait appel à l'épargne étrangère, en particulier pendant la période antérieure à la guerre de sécession, de 1835 à 1860. De la même manière, la Russie a eu besoin de fonds extérieurs pour assurer son développement dans les trois décennies qui ont précédé la première guerre mondiale et la révolution communiste. L'aide étrangère, telle qu'on la conçoit aujourd'hui, est l'émanation de la phase qui a suivi la seconde guerre mondiale. Son origine remonte au plan Marshall, dont l'application a amené les Etats-Unis à transférer 17 milliards de dollars en quatre ans à l'Europe, soit l'équivalent d'environ 1,5% du PNB américain, pour la reconstruction de l'Europe. La fin des années 60 a vu se développer une surabondance de dollars dans les circuits financiers occidentaux.

La reconstruction d'après-guerre des économies européennes stimulé par le plan Marshall avait injecté des quantités massives de dollars qui se voyaient inutilisées puisque cette période de reconstruction était terminée. Dès lors, il se créait ainsi un marché des eurodollars, lequel marché s'est accru de l'arrivé des «pétrodollars» issus des chocs pétroliers de 1973 et de 1979. Par ailleurs, la concurrence inter-impérialiste acharnée, à la recherche de nouveaux marchés afin de débrider des économies menacées d'engorgement ne manque pas validité. La crise de la dette va surgir avec le développement de la dette. Ces prêts étaient facilement accessibles sans conditions rigides et allaient quasiment dans les poches des bourgeoisies locales. Il s'agissait pour les américains de «contenir le communisme» autour du périmètre du bloc soviétique, tout en essayant d'assurer l'accès des Etats-Unis aux matières premières dont leur industrie avait besoin. On estimait en outre que le développement favoriserait à la fois la sécurité et les intérêts économiques, en réduisant l'instabilité et en associant les nouvelles nations à l'ordre du monde capitaliste. C'est à la suite des américains que les pays européens et en particulier la France et le Royaume-Uni apportent leur appui à leurs anciennes colonies.

Conséquences de l'endettement

A cause la rareté des revenus liée aux remboursements de la dette, les programmes de développement et les services sociaux ont été sérieusement perturbés. Les classes les plus pauvres paient le lourd tribut des PAS. En trente ans, les pays africains ont vu 400 milliards de dollars quitter le continent, alors que la dette globale de l'Afrique est de 215 milliards de dollars. Plus de 13 milliards de dollars par an ont fui, soit "un pourcentage vertigineux" de 7,6 % du produit intérieur brut (PIB) annuel, entre 1991 et 2004, ce qui fait de l'Afrique «un créancier net vis-à-vis du reste du monde», précise Janvier Nkurunziza, économiste à la Cnuced. Depuis vingt-cinq ans, la dette et l'ajustement structurel fracassent l'Afrique et la vie de la plupart des quelque 850 millions d'Africains. Entre 1997 et 2002, les pays africains ont envoyé l'équivalent de 45,5 milliards de dollars à leurs riches créanciers, dont 34,8 pour la seule Afrique du Nord. La dette provoque donc une véritable hémorragie de capitaux pour les pays les plus pauvres, les privant de ressources nécessaires à la satisfaction des besoins humains fondamentaux. La dette opère donc une ponction insupportable sur les budgets des pays du Sud, les empêchant de garantir des conditions de vie décentes pour leurs citoyens. En moyenne, 38 % des budgets des pays d'Afrique subsaharienne vont au remboursement de la dette. Il est immoral de demander en priorité le remboursement de la dette pour des créanciers aisés ou des spéculateurs plutôt que la satisfaction des besoins fondamentaux. Pour se procurer les devises nécessaires au remboursement de la dette ou se maintenir au pouvoir, les gouvernements sont prêts à surexploiter et à brader les ressources naturelles, à mettre en péril la biodiversité, à favoriser la déforestation, l'érosion des sols, la désertification. En Afrique, 65 % des terres cultivables ont été dégradées au cours des cinquante dernières années.

Dimension impérialiste de la dette

Depuis les années soixante, la France confisque l'indépendance de ses anciennes colonies africaines en y maintenant un système d'exploitation clientéliste et néocolonial. Entre l'Angola soutenu par Cuba et le Congo-Brazzaville marxiste des années 70, le Congo de Mobutu représente pour eux un allié stratégique face au bloc soviétique. Afin de sauver les apparences, Mobutu adopte un discours nationaliste et donne à son pays le nom de Zaïre, mais il est absolument soumis aux exigences des Etats-Unis et de leurs alliés. Ces derniers ferment les yeux devant les pratiques despotiques de Mobutu et ne reculent devant aucun sacrifice pour maintenir le Zaïre sous influence. L'aide «au développement» et les prêts au tyran vont bon train, peu importe l'usage qui en est fait. La dette du Zaïre et la fortune de Mobutu explosent simultanément. Le stock de la dette passe de 32 à 300 millions de dollars entre 1965 et 1970, près de 5 milliards en 1980 et environ 13 milliards en 1998. Dans le cas du Zaïre, la dette de ce pays s'élevait en 1982 à 4,2 milliards de dollars, ce qui, selon les chiffres officiels, est inferieur à la fortune personnelle du dictateur Mobutu et de son clan, laquelle représentait «entre 4 et 6 milliards de dollars soigneusement investis dans des comptes suisses ou en biens immobiliers à l'étranger» (revue de l'OCDE).

On profite ainsi de la dette pour recoloniser les secteurs clés, on privatise, on en fait profiter les mêmes entreprises (Bouygues, Bolloré et compagnie...). Et au passage, on efface des ardoises compromettantes, notamment, en Côte-d'Ivoire, le recyclage des fausses factures des HLM franciliennes vers les caisses du RPR. Des dictateurs ont été portés au pouvoir dans ces pays avec l'aide de la France, des USA et du Royaume-Uni. Pour les pays anglo-saxons, en ce qui concerne le continent africain, on peut citer les cas d'Abacha (Nigéria), de Mobutu (ex-RDC), d'Arap Moi (au Kenya) qui ont détenu pour certains le montant du PIB de leur pays dans des banques en Europe ou aux USA. Pour la France, les cas d'Houphouët Boigny mis en place par le système gaulliste (en Côte d'Ivoire), d'Omar Bongo (au Gabon), de Sassou Nguesso pour lequel la France et la compagnie Elf ont financé la reprise de pouvoir au Congo-Brazzaville en 1997 mais aussi de Mobutu soutenu par les réseaux françafricains dans les années 1990 alors que ce dictateur était lâché par les anglo-saxons. Les dictateurs françafricains pillent allègrement leur pays en investissant massivement cet argent détourné en Europe ou aux USA. Ils sont nombreux les «néogouverneurs françafricains» qui ont pu piller les richesses de leur pays avec les encouragements tacites de Paris : Bokassa, Patassé, Bozizé en Centrafrique, Bongo au Gabon, Houphouët-Boigny en Côte d'Ivoire, Mobutu en RDC, Ismaël Omar Guelleh à Djibouti, Habyarimana au Rwanda, Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville, Idriss Déby au Tchad, Eyadéma père et fils au Togo.... Soucieux de leurs intérêts économiques et géopolitiques, la France, les USA et le Royaume-Uni ont soutenu l'arrivée de ces dictateurs ou/et leur maintien au pouvoir.

Le rôle de la France dans les organisations internationales lui donne des responsabilités écrasantes, par exemple au FMI et à la Banque mondiale. Pendant quatorze ans le directeur du FMI, a été par deux fois, l'ancien directeur du Trésor en France. On ne peut pas dire qu'il était contraint d'appliquer ces cyniques politiques contre son gré, la France a donc défendu, soutenu, mis en place des politiques ultra-libérales. Elle continue de jouer un rôle qui va au-delà de son poids financier dans ces institutions, directement et à travers l'Europe qui est l'actionnaire principal du FMI. A travers ses conditionnalités, le FMI prend le contrôle des économies africaines au profit des pays industrialisés et leurs multinationales. Les conditionnalités ne sont ni plus ni moins la prise en main de la politique économique d'un pays par les pseudos experts du FMI, remettant ainsi en cause l'indépendance et la souveraineté de ce pays. Le phénomène de la dette a accompagné le mouvement des différents impérialismes vers les conquêtes de nouveaux marchés pour y écouler leurs produits et y piller les ressources en matières premières des pays emprunteurs. Le développement de la dette a trouvé essentiellement son origine dans la caractéristique principale de l'impérialisme, à savoir la domination du capital financier, la prépondérance de l'exportation des capitaux sur celle des produits et surtout le caractère autonome des circuits financiers par rapport aux circuits de la production des marchandises.

Au nombre de ces conditions, se trouve la privatisation, qui a dévasté des économies nationales. «Des milliers de travailleurs ont été compressés et le redressement rentable et coûteux a conduit à l'exclusion de centaines de milliers de personnes des services. Par ailleurs, des flux d'investissements directs attendus et l'accès à la nouvelle technologie ne se sont pas concrétisées». De plus, cette APD ne se dirige pas en priorité vers les pays qui en auraient le plus besoin et sert avant tout les intérêts géopolitiques du pays donateur : le principal récipiendaire de l'aide délivrée par les Etats-Unis était pendant longtemps l'Egypte, et l'Inde pour celle du Royaume-Uni. La CNUCED parle de «l'impératif moral d'une responsabilité partagée, si l'on considère en particulier que les institutions de Bretton Woods ont exercé la plus grande influence sur les politiques de développement dans le continent par le biais des programmes d'ajustement structurel et des prêts correspondants, lesquels n'ont pas donné les résultats escomptés en matière de croissance et de développement.» En plus ces dettes destinées à des régimes corrompus sont considérées comme «odieuses». En définitive comme le rappelle la CNUCED, la responsabilité de dette est partagée : «l'idée couramment répandue que le surendettement de l'Afrique est tout simplement l'héritage de gouvernements africains irresponsables et corrompus. Si cette idée n'est pas entièrement dénuée de fondement, en particulier au regard de ce qu'a été la politique de la guerre froide, ce sont bien les chocs extérieurs, la dépendance à l'égard des produits de base, des programmes de réforme mal conçus et l'attitude des créanciers qui ont joué un rôle décisif dans la crise de la dette. Une analyse plus nuancée montre que le profil de la dette est passé de la "viabilité" dans les années 70 à la "crise" dans la première moitié des années 80, la majeure partie de la dette ayant été contractée entre 1985 et 1995 dans le cadre des programmes d'ajustement structurel et sous la surveillance étroite des institutions de Bretton Woods.»

Une dette illégitime mérite une annulation pure et simple

La génération actuelle ne peut accepter cette commémoration du passé. Tout d'abord, l'argument «quand on a des dettes, on les paie» ne tient plus dans le cas des pays africains, car la situation de crise a été déclenchée par des facteurs extérieurs indépendants de leur volonté (hausse des taux d'intérêt, chute des cours des matières premières). De surcroît, cette dette est largement immorale car elle fut souvent contractée par des régimes non démocratiques, voire dictatoriaux, qui n'ont pas utilisé les sommes reçues dans l'intérêt de leurs populations. Les créanciers ont prêté en connaissance de cause, pour leur plus grand profit, ils ne sont donc pas en droit d'exiger des peuples qu'ils remboursent. Le prix Nobel Wangari Maathai, , déclarait ceci «Ce n'est un secret pour personne qu'un grand nombre de prêts a été octroyé à plusieurs dirigeants dictateurs, irresponsables en Afrique et ailleurs, et que l'argent n'a jamais profité à ceux à qui c'était destiné. Comment pouvez-vous punir les pauvres citoyens, qui n'ont jamais été consultés au sujet des prêts, qui ont été utilisés pour les opprimer, pour renforcer les élites au pouvoir se montrant coopératives, et pour exploiter les ressources au détriment de la santé, de l'environnement et du bien-être des populations? Ces dettes ont été non seulement mal conclues, mais sont illégitimes».

La gestion de la dette, estiment des experts, a réduit les budgets des pays en développement. Il n'y a pas assez d'argent pour permettre aux gouvernements de fournir correctement les services de base dont l'éducation et la santé. Si les dettes sont annulées, l'Afrique et d'autres nations pauvres auront plus de souveraineté pour décider de leurs propres mécanismes de développement, étant donné que les conditions qui ont précédemment été liées aux prêts ont maintenu les nations pauvres à la merci des nations riches. Depuis 1980, la dette extérieure publique (c'est-à-dire contractée par les pouvoirs publics ou garantie par eux) à long terme de l'Afrique a continué sa progression effrénée. Celle de l'Afrique subsaharienne a été multipliée par 4, passant de 45 milliards de dollars en 1980 à 175 milliards en 2003. La dette extérieure publique de l'ensemble de l'Afrique est donc passée de 89 milliards de dollars en 1980 à 250 milliards en 2003. Suite aux plans d'ajustement structurel imposés par le FMI, l'essentiel de la politique économique des pays du Sud est décidée à l'extérieur du pays concerné, notamment à Washington, à Londres, à Paris ou à Bruxelles . Déjà, la dette a été remboursée plusieurs fois : pour 1 $ dû en 1980, les Etats africains ont remboursé 4 $ mais en doivent encore 2,5 ! Elle a donc cessé de faire l'objet d'un remboursement équitable dans des conditions régulières, pour devenir un instrument de domination implacable, dissimulant racket et pillage.

Tout compte fait, la dette organise un transfert de richesses des populations du Sud vers leurs riches créanciers. Le droit international reconnaît la nécessité de prendre en compte la nature du régime qui a contracté les dettes, et l'utilisation qui a été faite des fonds versés. Cela implique une responsabilité directe des créanciers. Ainsi, si un régime dictatorial est remplacé par un régime légitime, ce dernier peut prouver que les dettes n'ont pas été contractées dans l'intérêt de la nation ou l'ont été à des fins odieuses. Dans ce cas, elles peuvent être frappées de nullité et les créanciers n'ont qu'à se retourner vers les dirigeants de la dictature à titre personnel. Dans tous les cas, les pays africains devraient cesser de payer ces dettes fallacieuses et immorales. Thomas Sankara rappelait à propos à la tribune de L'OUA le 29 juillet 1987 : «Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n'avons pas de quoi payer. Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette. Nous ne pouvons pas payer la dette parce qu'au contraire les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront jamais payer, c'est-à-dire la dette de sang. C'est notre sang qui a été versé. On parle du Plan Marshall qui a refait l'Europe économique. Mais l'on ne parle pas du Plan africain qui a permis à l'Europe de faire face aux hordes hitlériennes lorsque leurs économies étaient menacées, leurs stabilités étaient menacées. Qui a sauvé l'Europe ? C'est l'Afrique. On en parle très peu.»

L'antidote de la dette

Le service de cette dette extérieure publique est bien sûr très élevé au regard des capacités financières du continent : 20 milliards de dollars en 2003, dont 10,5 pour l'Afrique subsaharienne. Afin d'y faire face, les institutions internationales prônent sans relâche des réformes économiques pour attirer les investissements privés, provenant notamment des firmes multinationales, à travers des privatisations ou des prises de participation. Mais ces investissements conduisent souvent à une perte de souveraineté de l'Etat dans des domaines stratégiques (énergie, eau, télécoms, etc.) et génèrent des profits qui fuient très vite le pays pour gagner la maison-mère des grands groupes et leurs principaux actionnaires. Ces rapatriements de profits se sont élevés à environ 9 milliards de dollars en 2003 et sont encouragés par la libéralisation de l'économie imposée par les programmes d'ajustement structurel. Au même moment, les institutions internationales donnent des objectifs. Réduire des trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle. Réduire de moitié, d'ici 2015, la proportion de la population dans les campagnes et dans les villes privée d'un accès régulier à l'eau potable. Parvenir, d'ici à 2020, à améliorer sensiblement la vie d'au moins 100 millions d'habitants de taudis. Enrayer, d'ici à 2015, la propagation de la malaria et d'autres grandes maladies, et commencer d'inverser la tendance actuelle. Il est vraisemblable qu'avec la ponction du service de la dette sur leurs revenus, les pays africains ne pourront pas atteindre ces objectifs .Le recours à la dette doit être une solution ultime et non la solution prêt-à-porter des dirigeants africains.

L'initiative PPTE n'est pas non plus la panacée. Entre 1998 et fin 2004, 28 pays, dont 24 en Afrique, avaient bénéficié du programme PPTE, pour un montant total de 33 milliards de dollars, soit une réduction «de plus de moitié par rapport aux exportations et aux recettes publiques». Mais, explique la Banque mondiale, «même si la dette extérieure de ces pays était intégralement annulée, la plupart d'entre eux auraient encore besoin d'une aide extérieure importante, puisque, depuis de nombreuses années, l'aide qu'ils reçoivent dépasse de beaucoup les paiements effectués au titre du service». Le comble c'est que pour bénéficier de l'annulation de la dette dans le cadre de l'initiative PPTE, il faudra accepter le démantèlement de son économie par les apprentis sorciers du FMI. Cette fourberie de vouloir être condescendant avec leur initiative PPTE ne sied pas à l'Afrique. Emmurée dans sa grandeur sacrée, la thématique de la dette a pendant longtemps été manipulée par l'élite africaine sans résoudre le problème de l'endettement. Face à un problème aussi grave, il faut une réponse virile, peut-être celle adoptée ces dernières années par les pays d'Amérique Latine. Par exemple, le président de l'Equateur, Monsieur Correa a décrété le 4 octobre 2007, une reforme de loi sur les hydrocarbures. Le décret actuel de Correa vise à ce que la répartition se fasse sur la base de 99% pour l'Etat et de 1% pour les compagnies pétrolières, ce qui rapporterait à son pays 830 millions de dollars annuels. Il est donc temps que s'arrête les programmes de privatisation et même du paiement de la dette extérieure. N'est-il pas nécessaire de demander un moratoire sur le paiement de la dette des pays africains ?

Dans le cas contraire, Il est temps de revoir de fond en comble les politiques d'emprunts extérieurs des pays africains et l'utilisation de ceux-ci. «Quand il s'agit d'y recourir, les institutions parlementaires doivent en être saisies et en délibérer». La nécessité de l'adoption d'un mode de développement endogène est opportune. Réduire au minimum le recours aux emprunts extérieurs en mobilisant l'épargne domestique. Cela passe sans doute par une souveraineté monétaire. Adopter une vision de développement inspirée par les valeurs de la Renaissance politique, sociale, culturelle, économique et scientifique africaines en développant un consensus des peuples d'Afrique. En accélérant l'intégration économique des grandes régions de l'Afrique, les pays africains pourront mettre en place des politiques de stabilisation des prix des matières premières par des cartels de producteurs comme l'OPEP. C'est in fine, une refondation des relations entre les pays du Nord et ceux du Sud qui est ainsi visée. Sans une réorganisation de nos économies et une vision endogène du développement, tout effort et gesticulation sur l'endettement des pays africains ne seront comme un simple cataplasme. Refusant le conformiste et l'immobilisme actuel, l'Afrique doit adopter une vision iconoclaste afin de montrer au monde qu'elle est capable de tracer les sillons de son destin.

Une attitude courageuse des pays africains est attendue car il s'agit de la défense de toutes les conquêtes sociales et la défense même de l'existence de nos pays et de leur souveraineté. Il est temps que s'éveille en nous la fièvre révolutionnaire. Lénine disait un jour à propos du laxisme de sa base «que personne ne vous donnera jamais rien si vous ne savez pas prendre vous-mêmes». Ensemble, avec l'audace et la volonté, nous réussirons ! Vive l'Afrique libre et prospère !



Séraphin YAO PRAO
Président du MLAN

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SUNNAMI : CE QUE L'ON NE VOUS DIRA JAMAIS !

Jeudi 20 Décembre 2007


Source: Le site TOP CHRETIEN.

19 Décembre 2007 | Monde | Source : Phila.fr |

Tsunami : ce que l'on ne vous dira jamais !

Par Paul Ettori - Tout le monde sait qu’au nord-est de l’Océan Indien où sévit le tourisme sexuel, l’Indonésie, constituée de plus de 17.000 îles, fut le théâtre d'un tragique tremblement de terre, suivi d’un tsunami sans précédent. Ce monstre -9,3 à l’échelle de Richter- a frappé le dimanche 26 décembre 2004 à 8 heures du matin, pendant dix minutes, faisant 200.000 victimes.

Banda Aceh, la rebelle, devint la ville martyre la plus touchée : on y compta 100.000 disparus.

La communauté chrétienne de la ville d’Aceh -une infime minorité- ne fut jamais autorisée à bâtir d’églises. Quand en décembre 2004, des chrétiens courageux demandèrent officiellement à se rassembler sur la plage, pour célébrer en l’honneur de Jésus, le jour de Noël, un refus catégorique leur fut opposé. Les autorités leur accordèrent seulement, de façon dérisoire, un rassemblement sur les montagnes, à plusieurs heures de marche de la ville.

Cela fut connu de la population…

Les chrétiens s’en allèrent donc passer Noël sur les hauteurs, pour célébrer le Seigneur. Quand ils redescendirent, le dimanche 26 décembre 2004, la désolation s’offrait à leurs yeux. C’est alors qu’un travail s’opéra dans les consciences. Plusieurs habitants d’Aceh, jusque là opposés au christianisme, interprétèrent cela comme un jugement de Dieu. Beaucoup se mirent à demander pardon au Dieu des chrétiens et à avoir soif de connaître Jésus. De nombreux bénévoles (ONG, MSF…) ainsi que les églises de Java furent autorisés à venir en aide à la population, apportant soins et nourriture.

Puis il y eut un autre tsunami : dans les semaines qui suivirent, on fit état d’une explosion de témoignages de conversion ; des églises commencèrent à se dresser ; le christianisme put s’implanter dans la ville ouverte.

Aujourd’hui, les observateurs officiels vous diront qu’à Aceh, rien ne sera plus comme avant : tout a été détruit, tout est à reconstruire. Mais les chrétiens authentiques vous diront, eux aussi, que rien n’est plus comme avant : la crainte de Dieu s’est emparée des habitants et l’Evangile d’amour a étendu son royaume dans bien des cœurs…

Soudain je parle, sur une nation, sur un royaume, d’arracher, d’abattre et de détruire … Et soudain je parle, sur une nation, sur un royaume, de bâtir et de planter
Jérémie 18.7, 9

21:10 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Informations diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

MON AVIS SUR "LES SOCIETES SECRETES ET LEUR POUVOIR AU 20EME SIECLE"

Mercredi 05 Décembre 2007


Cher DEHOUA Pascal,


Suite à la recommandation de lecture que tu m'as faite dans ton courriel, j'aimerais t'informer que j'ai déjà lu ce document de 222 pages, sur LES SOCIETES SECRETES ET LEUR POUVOIR AU 20 EME SIECLE (Aux visiteurs de mon blog. Le lire ou le copier au lien suivant: http://arlesquint.free.fr/jvh.pdf ).
Il est très riche en informations et en révélations troublantes sur ce qui se trame dans le monde par les Maîtres du Monde (les Illuminatis), pour la venue de leur Maître (l'Antichrist) et pour le règne de Satan.

Mais (car il y a un mais), ce document est tout aussi truffé d'énormités et de vérités anti-bibliques relatives à la réincarnation, à la magie et aux sciences ésothériques et transcendantales. Prudence donc! A part ça, il faut le lire. En tout cas, il en vaut la peine. Ne serait-ce que pour savoir ce qui se mijote autour de nous.

Contentons-nous donc d'y puiser ce qui peut nous informer et nous édifier dans notre foi en la véracité de la Bible sur les évènements de la fin des temps et rejetons le reste. Comme nous le recommande la Parole de DIEU: "N'ajoutez pas foi à tout esprit".

Que DIEU vous bénisse!

Dindé Fernand.

20:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Evènements de la fin des temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

INCROYABLE MAIS VRAI ! DANS QUEL PAYS SOMMES-NOUS ?

Mardi 04 Décembre 2007


LE FILM COMPLET DU VENDREDI NOIR.


Courrier d’Abidjan – Le feuilleton produit par Stéphane Kipré, ci-devant gendre du président de la République de Côte d’Ivoire, et accessoirement président-fondateur de l’UNG (Union des nouvelles générations), parti politique sorti de la côte du MFA (Mouvement des forces d’avenir) d’Anaky Kobena, se poursuit à Le Courrier d’Abidjan. Après l’expédition du jeudi, vendredi dans la soirée, son homme de main, Allan Aliali, est encore descendu à la rédaction avec des loubards qui ont saccagé les locaux du journal avant d’emporter une partie du matériel de travail. Conséquence, Le Courrier d’Abidjan n’a pu paraître depuis samedi. Voici le film des événements.

Par
Koffi Koffi
koffi2koffi@yahoo.fr


Courrier d’Abidjan, ce vendredi 23 novembre 2007. Il est environ 16 heures 40 minutes. Assis derrière une machine, je m’emploie à mettre la dernière main à l’article sur la dédicace de Tiburce Koffi. Comme à mon habitude, je taquine les amis du journal en travaillant. En ce moment, seules trois filles sont avec moi dans la salle de rédaction : deux commerciales et une journaliste du service sport. Les autres sont dans les autres bureaux. Je suis très concentré sur la chute de mon papier. Des éclats de voix me parviennent depuis le portail. Je n’y prête pas attention ; on est habitué aux chaudes discussions entre journalistes dans les rédactions, et souvent des discussions si passionnées qu’elles prennent des allures de dispute. Soudain, un bruit de porte qui se fracasse domine le chahut. Je jette un coup d’œil derrière moi et lance aux filles, juste pour plaisanter : «J’espère que ce ne sont pas les mêmes gars d’hier qui reviennent, hein!». Le chahut se fait de plus en plus proche. Des pas lourds et appuyés se rapprochent de nous. Marcelle, une des deux commerciales, se lève et tend le cou en direction du couloir qui mène à la salle où nous sommes. Elle crie aussitôt, affolée et hors d’elle : «Ce sont les mêmes gars, Nicole, ils arrivent, fuyons!». Au même moment, un bruit de porte fracassée retentit. C’est comme le signal des coups de pieds de défoncement des portes fermées. Le vacarme s’intensifie. Maintenant, le couloir est envahi: «Evacuez les lieux ! Videz les lieux ! Allez à la maison ! Sortez d’ici. Y a plus de travail ! Allez, sortez d’ici et on ne veut plus vous voir ici. Sortez, videz les lieux et vite !». Je ne peux pas me faire prier; le message s’est fait plus que clair. Mon premier réflexe est de m’assurer que mes portables sont à portée de main. J’y mets aussitôt la main droite et les ramasse. De l’autre main, j’empoigne mon sac et me lève instantanément, jetant un coup d’œil furtif sur l’entrée de la salle. C’est ahurissant, c’est à couper le souffle, c’est tout simplement épouvantable : des masses de chair lourdes comme des buffles bien engraissées avancent à pas de monstre, dans un vacarme de voix et de coups de pieds dans les portes. L’image du premier s’incruste en moi comme celle d’un ange de la mort : chaussé de tennis, il porte une grosse culotte en jean et un haut à la couleur verte dominante. Il a les cheveux nattés et cachés par une casquette à la visière retournée. Il est clair. Il faut deux à trois fois ma masse pour faire ce monstre. Celui qui le suit n’est pas aussi gros, mais sa tête culmine presque au plafond. Le troisième devrait avoir la taille du deuxième mais être un peu plus gros… Le reste ? Je ne me donne plus le temps de voir ; il ne faut pas davantage m’exposer. Devant la mort, l’homme a toujours de l’énergie et des ressources extraordinaires. Je ne saurai jamais comment je me suis retrouvé sur la terrasse arrière de la rédaction, en passant par la porte de derrière empruntée par les trois filles et le correcteur. J’avais fui comme un rat devant le déchaînement d’une horde d’hyènes. Derrière nous, un bruit de vitre volant en éclat. La peur au ventre, nous contournons le bâtiment par la droite pour joindre l’entrée. Je ferme la marche. Mais nous tombons à nez avec la meute. Nous nous figeons, nous croyant pris au piège. L’un des molosses s’acharne à coups de pied sur la porte du bureau de la responsable marketing, lui criant de sortir. Elle lui répond d’une voix fluette certes mais coléreuse de la laisser sortir. Raïssa pleure son sac resté à l’intérieur. Un des déchaînés qui a subitement recouvré ses qualités humaines devant la silhouette frêle de la jeune fille la prend à la taille et l’emmène chercher son sac. Je suis au portail. Dehors, dans la rue qui passe devant les locaux, trois taxis sont stationnés en file. Ce sont eux qui ont convoyé les loubards. Sur la gauche, stationnés dans le garage extérieur des visiteurs, une voiture blanche. Un peu plus loin toujours sur la gauche, deux véhicules impressionnants qui attitrent immédiatement l’attention : une Toyota Cruiser grise de type 4X4, puis juste derrière, une Nissan Navada de couleur noire immatriculée 319 ES 01. Ils sont un peu à l’écart et garés sur le côté gauche, en position départ. Ils donnent l’impression des commanditaires venus s’assurer de visu de l’exécution parfaite de la mission. Certains agents, sortis les premiers, se dirigent hors du périmètre du journal. Un homme fait des va-et-vient entre les locaux et l’extérieur. Il est constamment en communication. C’est assurément lui le chef de l’expédition. Il est clair, porte une chemise à carreaux. J’apprendrai plus tard que c’est lui Aliali Alan. «On n’est pas là pour vous», ne cesse de nous répéter la horde, maintenant que nous sommes dehors, «On n’est pas là pour vous, on n’est pas venu pour vous», continuent-ils. Ils sont maîtres des lieux. La tempête a consommé son souffle et la bête qui l’entraînait s’est calmée. Guezoa, l’un des monteurs, Didier, chauffeur, et moi-même sommes assis sur des briques sous l’acacia de l’autre côté de la rue. La Toyota Cruiser démarre maintenant, suivie de la Navada. Elles sortent du périmètre du journal. Alan traverse la rue et s’approche de nous. J’entends de lui quelque chose qui ressemble à mon nom. Je ne réagis pas parce que je n’ai pas souvenance de le connaître donc ce n’est pas moi qu’il appelle. Un de ses loubards le suit et répète après lui qu’ils ne sont pas là pour nous, que c’est de la foutaise, que c’est un petit problème qu’ils allaient régler et que si on était là pour travailler on pouvait rentrer à la rédaction, mais que si on ne voulait pas travailler, on devait rentrer chez nous. Je n’ai pas envie de répondre à ça. Déjà, le cœur bouillonne devant autant d’animalité. Me remontent les premières heures de la rébellion : on tue, on malmène tout ce qui ne nous ressemble pas et, après, on invite à retourner dans les zones sous notre contrôle. Je pense particulièrement à ce petit rebelle chargé des affaires sociales à Vavoua qui, en 2003, à l’occasion d’un reportage que j’avais fait dans la ville, m’avait demandé de venir travailler au Lycée de la ville. Je lui avais demandé qui serait mon chef en tant que fonctionnaire. Il m’avait répondu que ce serait Koné Zakaria. J’avais souri et lui avais demandé celui qui me paierait. Il m’avait dit l’Etat de Côte d’Ivoire. Je lui ai dit que Zakaria n’avait pas mon niveau et qu’il ne pouvait pas me noter et Soro non plus. Bref, on essaie maintenant de nous amadouer. Mais depuis, notre Directeur de Publication ne sort pas. Tout le personnel est pourtant dehors. Que se passe-t-il ? Les brutes ont dit n’être pas venus pour nous. Mais pour qui sont-ils donc venus ? Je m’inquiète. Que lui ont-ils fait ? J’essaie de le comparer aux loubards. Pas de commune mesure entre le garçon frêle, certes très gueulard, et les mastodontes qui ne feraient de lui que moins d’une bouchée. L’ont-ils séquestré ? Sont-ils en train de le battre, puisque, apparemment, ça devait être pour lui qu’ils sont là ? Je me représente le pire. Comme ils nous encouragent à rentrer, je demande à Guezoa qu’on aille aux nouvelles. Il hésite. Je me lève et fonce ; on meurt une seule fois. Dans la rédaction, l’un d’eux balaie les bris de vitre. La porte du bureau de DP est défoncée. A sa place, personne. Je tend le cou pour voir s’il gît quelque part. Rien. Je m’imagine qu’on l’a peut-être entraîné dans le jardin arrière de la rédaction pour lui infliger une correction méritée. J’entre et appelle une fois. Pas de réponse. Une seconde fois. Il me semble entendre une petite réponse. J’appelle cette fois en précisant que c’est bien moi son «ami» bossoniste. Cette fois, la réponse est claire. Il sort de là où il s’était mis à l’abri. Il est sain et sauf. On échange. Je suis soulagé. La responsable du service commercial et d’autres agents arrivent. Ils lui demandent d’évacuer les lieux pour se mettre à l’abri. Il répond par la négative. «Non, c’est bon. Il n’y a rien. Je préfère rester ici… Non, non, non. Ne vous en faites pas. Vous pouvez aller, moi je reste. J’ai appelé; des gens arrivent». Les autres sortent. Je demande à rester pour lui tenir compagnie. Je vais rester en salle de rédaction. Il me propose plutôt de rester à côté de lui. Je vais mettre mes textes en réseau pour les récupérer et travailler sur sa machine. Environ cinq minutes se sont écoulées. Encore des bruits de course et du chahut. La responsable du service commercial se présente à nouveau: «DP, ils sont là; la police est arrivée». Elle est bientôt suivie d’un agent qui appelle: «Monsieur le Directeur !». Au troisième appel, il est déjà devant le bureau. On est sauvé, on peut sortir. C’est la débandade du côté des assaillants. Un d’eux passe devant nous en courant. Quand nous arrivons dehors, la force publique a maîtrisé deux des plus colosses. Ils sont couchés sous le petit acacia à l’entrée. Un troisième, le clair aux cheveux tressés de tout à l’heure, tarde à se coucher. Mais il est obligé de se rendre à l’évidence de la légitimité de la force publique. Le CeCos a bouclé le périmètre. Assis sur une brique de l’autre côté de la rue, juste à côté de là où nous étions, Allan, le chef de l’expédition, observe comme s’il n’a rien à voir avec ce qui se passe. Il est identifié par DP. La police l’interpelle. Déjà, dans le coffre arrière de sa voiture, il a fait mettre les deux ordinateurs de marque Mac Intosh de la salle technique qui servent au montage du journal. Sur le coffre, se trouve encore posé le scanner. La situation est sous contrôle du CeCos. La force publique a eu raison de la force privée sauvage et brute. Il est un peu plus de 18 heures. La police a embarqué les assaillants. La Nissan noire de tout à l’heure revient sur les lieux, dépasse le théâtre, fait demi tour et se gare pour observer. Je signale à la police que ce véhicule était de l’expédition. Mais il a déjà démarré et s’est éloigné. Le CeCos démarre et va lui faire barrage à un peu plus de deux cents mètres. Escorté, il retourne sur les lieux. On nous confronte. Je confirme sa présence sur les lieux au moment de la mise à sac de la rédaction. Il reconnaît y avoir effectivement été, mais nie y être mêlé. Il dit être Directeur de je ne sais plus quoi à la société de gardiennage 911. Il aurait été contacté par Stéphane Kipré pour faire une «mise en place» à Le Courrier d’Abidjan, mais serait arrivé au moment où la situation n’était pas propice. Donc il attendait pour voir comment cela allait se passer. Une voix se lève pour le contredire. Dans tous les cas, la police ne l’autorise pas à partir. Plus tard, Stéphane Kipré, le nouvel associé du journal dont les éléments sèment la terreur depuis un certain temps est là. Il discute avec un jeune patriote venu aux nouvelles. Il élève la voix : «C’est comme ça qu’on traite mes gars ? On les arrête ? Désormais, moi même je vais m’impliquer dans ce problème. Je vais m’impliquer dedans. Ça ne se passera plus comme ça». Je me demande ce que ça va être quand il va s’y impliquer lui-même. Déjà qu’il n’y est pas, ses hommes nous font voir des vertes et des pas mûres. Qu’en sera-t-il quand Monsieur lui-même descendra dans l’arène ? Une 4X4 grise immatriculée 3690 ESO1 arrive lentement et se gare. Un homme d’une taille pas très impressionnante en descend, l’invective en bouche contre le président Mamadou Koulibaly: «Mais, il se prend pour qui, Mamadou Koulibaly ? Il est Président de l’Assemblée Nationale et puis il a fait quoi ? Ça ne se passera pas comme ça. Tu as des actions dedans, tu es associé. Ça veut dire quoi ?». Plus tard, on m’apprend qu’il serait le Pasteur Guy Vincent Kodja (celui-là même que le prête vaudou du nom de Behanzin a particulièrement indexé dans une vidéo de s’adonner à des pratiques sataniques…) Je n’y comprends rien. Qu’est-ce qu’un pasteur peut bien avoir à faire dans cette histoire, surtout qu’elle ne se passe pas dans son église ? Je n’y crois toujours pas. Au bout d’un instant, Stéphane Kipré jure de faire libérer ses hommes le même soir ou il se donne aussi à la police. Nous sommes en Côte d’Ivoire et d’ailleurs, il appellera le PR. Parole d’homme. «Venez les gars. Allons-y. Ils n’ont pas le matériel. Donc le journal ne paraîtra pas demain. C’est fini, allons-y. Le journal ne paraît pas demain, c’est l’essentiel». Pour cette fois, nous sommes d’accord avec lui : le journal ne paraîtra pas demain, samedi. Sa troupe et lui s’engouffrent dans leurs véhicules et démarrent. Nous restons sur les lieux jusqu’à 20 heures. Nous décidons d’aller voir l’un des nôtres tombé dans les pommes et admis dans une clinique juste à côté. Un des loubards avait frappé sa tête contre la porte. C’est là que nous nous séparons tous autour de 21 heures.

20:25 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

FAUT-IL DESESPERER DE LA GALAXIE PATRIOTIQUE ?

Mercredi 28 Novembre 2007


Chers Tous,


La crise à "LE COURRIER D'ABIDJAN" me désole terriblement, en tant que patriote.

De quel droit un ivoirien qui dit aimer son pays, fut-il le gendre du Président de la République, peut-il aller, sous des dehors de transactions financières et d'affaires, saborder ainsi un quotidien parmi les plus prestigieux du pays, mettre les salariés à la merci des pires incertitudes sociales, se livrer au pillage du matériel de travail et des biens de la maison, au vu et au su de tous les organes de contrôle et les syndicats et associations de presse, au vu des Forces de l'ordre, formellement interpellées à intervenir?

Dans quel pays sommes-nous? Un pays où appartenir à la famille du Président, même par alliance, peut donner tous les droits? Quel désastre! Où sont passés les défenseurs de la liberté de la presse et du droit à l'information, et même des Droits de l'Homme? Où est la galaxie patriotique?

Critiquer le Président doit-il constituer un arrêt de mort dans un pays qui se dit démocrate et de liberté?
Garder le silence devant de telles dérives ne nous autorise plus à vouer ceux qui ont dirigé la Côte d'Ivoire avant La Refondation aux gémonies. Puisque, visiblement, nous ne faisons pas mieux, et apparemment, ne proposons pas mieux!!!

Je me demande donc en toute objectivité: Faut-il désespérer de la galaxie patriotique? Les esprits vifs sauront y répondre.

Dindé Fernand.

20:20 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |