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30.06.2008
OPERATION "MAINS PROPRES", EN COTE D'IVOIRE: RETOUR DE L'ETAT DE DROIT OU OPERATION COSMETIQUE
Décidément, la Côte d’ivoire reste l’un des pays africains aux actualités brûlantes. La dernière en date concerne l’opération mains propres initiée par le président Laurent Gbagbo. Cette opération qui se résume à de nombreuses arrestations des auteurs présumés des détournements de fonds de la filière café cacao. Pour le Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN), le cas ivoirien intéresse la jeunesse populaire africaine au moins pour deux raisons. Premièrement, le pays est longtemps resté la vitrine de l’Afrique de l’Ouest et une chasse gardée française. Deuxièmement, depuis 2000, le pays a un président qui selon ses dires, partage nos valeurs, c’est-à-dire redonner aux africains la fierté d’être noirs et amorcer une véritable indépendance. Pourtant, ces dernières années, la Côte d’ivoire est devenue l’un des pays africains le plus corrompus. L’enrichissement illicite est devenu la règle et la saine gestion une exception. Le point d’orgue a même été atteint avec le déversement des déchets toxiques pour des billets de CFA. Vous imaginez chers lecteurs notre étonnement face à ce revirement encourageant certes mais soupçonneux. La présente réflexion essaie de comprendre si le retour de l’Etat de droit est effectif dans ce pays ou c’est juste une opération électorale.
Le fouet dans la cour ou l’opération mains propres
Après s’être débarrassé de son ex directeur de protocole, Son Excellence Allou Wanyou Eugène, ce sont les responsables de la filière café cacao qui font les frais du « moteur diesel » très remonté. Pour comprendre, rappelons qu’au lendemain des indépendances, les caisses de stabilisations ont été crées dans presque tous les pays africains. Mais à la faveur des ajustements structurels, ces caisses ont été liquidées ou remplacées par d’autres structures. C’est le cas de la Côte d’ivoire où la CAISTAB a été remplacée par de nombreuses structures dont la BCC (Bourse du café et cacao), Fonds de Développement pour la promotion des activités des producteurs café- cacao (FDPCC), A.R.C.C( Autorité de Régulation du Café Cacao) société d’Etat chargée de la régulation administrative, F.G.C.C. Fonds de Garantie des Coopératives Café/Cacao, F.R.C. Fonds de Régulation et de Contrôle. Ce sont donc les responsables de certaines structures qui sont aujourd’hui mis au banc des accusés. Il s’agit Pêle-mêle, de Tapé Do Lucien, Amouzou, Théophile Kouassi, Angeline Kili, Firmin Kouakou, Tano Kassi, Kouassi Tohouri Prospère Mmes Dago Sophie-Laure et Obogui, née Houssou Amenan Rosine, tous des barons de la filière de la filière café-cacao. Ils y ont été déférés par le juge d’instruction Gadji Gnakalé Joachim qui les a placés sous mandat de dépôt. Les chefs d`accusation qui sont retenus contre eux sont, entre autres, abus de biens sociaux, faux et usages de faux, utilisations illicites de ressources communes, etc. Ces arrestations de ces présumés délinquants économiques laissent croire à un retour de l’Etat de droit dans un pays où il suffit d’arpenter les couloirs des hauts lieux pour devenir riches. Lato sensu, l'Etat de Droit, avec des majuscules, quand à lui est au minimum un système institutionnel dans lequel les administrations publiques sont soumises au droit, et ou, la légitimité du droit a administrer pour le prince provient d'un contrat ou d'un ensemble de texte statutaire dûment validé par la population, a ce titre l'Etat de Droit est l'ensemble des administrations d'Etat légitime devant une population et ayant force droit sur un territoire dûment délimité. Et aujourd’hui ce que font les juges ivoiriens ou du moins la justice ivoirienne sonne comme le retour de cet Etat de droit car en pratique, le principe de l'État de droit suppose l'existence de juridictions indépendantes, compétentes pour trancher les conflits entre les différentes personnes juridiques en appliquant à la fois le principe de légalité, qui découle de l'existence de la hiérarchie des normes, et le principe d'égalité, qui s'oppose à tout traitement différencié des personnes juridiques. Le MLAN soutient de telles actions et souhaite que cela ne se limite pas seulement à cette filière mais à tous ceux qui ont en charges la gestion des deniers publics.
L’ombre d’une opération cosmétique
Habitué à l’incohérence temporelle des hommes politiques qui à l’approche des élections font ce qu’ils n’ont jamais fait auparavant, faut-il croire à la sincérité d’un médecin qui laisse se propager un virus pour vouloir le soigner après ? bien sur que non, c’est là nos inquiétudes. Comment comprendre que les auteurs des déchets toxiques qui ont fait plusieurs morts ont été mis en liberté et même réhabilités dans leur fonction. Dans une république ou du moins dans un Etat de droit, le droit est opposable et applicable à tous, pourquoi donc ce traitement différencié ? Quel est cette justice au comportement caméléonesque ? Pour que cette opération ait une crédibilité, il faudra laisser la justice dire le droit afin que ceux qui ont le privilège de servir leur peuple ne confondent pas la caisse et leurs poches. Il est difficile d’accorder plus de crédit qu’il en faut à cette opération au regard du mutisme des autorités ivoiriennes vis-à-vis des habitudes dont on a point connu sous les autres mandatures. Des dignitaires du pouvoir qui se sont enrichis au vu et au su de tous en si peu de temps. Le cri d’alarme du professeur Mamadou Koulibaly n’a même pas ébranlé les fondamentaux de ces demeurés de la république. A quelques coudées des élections, cette opération mains propres ressemble plus à une opération de charme. Mais les africains ne sont pas dupes et nous invitons les ivoiriens à exiger des sanctions et des coupables surtout les vrais car il ne suffira pas de trouver des boucs émissaires et laisser en liberté les vrais voleurs. Ce serait une injure aux pauvres paysans qui sous le soleil douloureux, à la cadence de la daba et de la machette, travaillent pour leur survie.
Dans sa parution du 27 juin 2008, le journal le patriote faisait état de la prudence de certains ivoiriens quant à l’issu de cette affaire. Le souhait du peuple ivoirien, c’est qu’elle aille plus loin et que rien n’entrave sa mise en œuvre. «Que ça ne soit pas de la poudre aux yeux du peuple»
La justice ivoirienne sur le perron de l’histoire
Dans le dossier sur le Café-Cacao, la justice ivoirienne a un coup à jouer. Celui de sa réhabilitation. Depuis la mise sous les verrous des barrons de la filière Café-Cacao, ils sont nombreux les ennemis de cette opération main propre qui doutent de la capacité de la justice ivoirienne à faire triompher le droit. La justice ivoirienne a une occasion de réenchanter le regard que l’on a d’elle depuis quelques années, une justice boiteuse, partisane et incapable de prendre des initiatives comme la mise en examen des personnes soupçonnées de fraude. Dans cette affaire infecte, le président du Conseil économique et social (CES), Laurent Dona Fologo, dont les propos sont repris vendredi 27 juin 2008, par le quotidien gouvernemental Fraternité Matin, disait "qu’il est important que cette opération aille jusqu’au bout. (...) L`heure de l`impunité est terminée". Le MLAN souhaite vivement que ceux qui, face à l’argent, manifestent le reflexe de Pavlov, avec une envie effrénée de piller ce qui ne leur appartient pas, soient traités à la mesure des sommes volées. Nul n’est au dessus de la loi, et la justice ivoirienne doit donner un signal fort à ceux qui sont habitués à la république des « protégés ». Dura lex sed lex (La loi est dure mais c'est la loi). Il est temps de frapper le bois vert pour donner une leçon au bois sec. Faisons en sorte chers frères ivoiriens que la vérité ne trébuche point à la place publique.
Que la justice de Dieu se manifeste !
Vive la Nouvelle Côte d’Ivoire !
Le président du MLAN
Prao Yao Séraphin
www.mlan.fr
contact@mlan.fr
19:20 Publié dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.06.2008
LA "GAY PRIDE" (FIERTE HOMOSEXUELLE), UNE HORREUR ET UNE EFFROYABLE ABOMINATION
Chaque année, il nous est donné de voir, en pareille période, la « Gay Pride », cette parade infâme, ignoble, nauséeuse dans laquelle les homosexuels de toute couture et de tout poil (pédérastes, lesbiennes, travestis et transsexuels) viennent se donner en spectacle au monde entier, avec fierté, sous nos yeux incrédules de partisans de la vertu morale.
Cette année encore, la tradition a été respectée (particulièrement en Europe) et même largement amplifiée par les media les plus puissants du monde, ce samedi 28 Juin 2008, dans le laxisme moral le plus total et le plus général.
Pendant combien d’années encore l’éducation familiale traditionnelle résistera t-elle à ces coups de boutoir et à des assauts aussi terribles, cautionnés par ceux qui sont sensés nous gouverner dans ce monde, avec responsabilité et justice, dans l’éthique et la morale ?
Pendant combien d’années encore arriverons-nous à tenir en laisse notre jeunesse et nos enfants matraqués de toutes parts par la pornographie ambiante, envahissante, gluante, rampante, dégoulinante, déguisée, affichée (CD, vidéo, revues, magazines, films à l’eau de rose, etc) et par la célébration des anti-symboles (stars porno, acteurs homo, stars du showbiz sans morale, désaxés sexuels) ?
Bien malin qui me dira à quoi ressemblera notre monde dans 20 années encore. Certainement, à pire que la jungle.
Bientôt, nous aurons droit à la parade des zoophiles (qui couchent avec les animaux) et ce ne sera peut-être pas encore le pire ! ! !
Peut-être qu’on aura droit, pendant qu’on y est, à des partouses entre hommes et bêtes, dans une si inextricable orgie, un tel écheveau indémêlable de perversions que les entrailles de l’enfer même s’en émouvraient.
Et pourtant, cette loi royale des Ecritures Saintes a été édictée pour garder notre monde de la dérive : « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination. Tu ne coucheras point avec une bête, pour te souiller avec elle. La femme ne s’approchera point d’une bête, pour se prostituer avec elle. C’est une confusion » (Lévitique 18 : 22, 23).
Oui, « se vantant d’être sages, ils sont devenus fous » ! (Romains 1 : 22).
L’Epître de Paul aux Romains, chapitre 1, dans le Nouveau Testament, est le parfait tableau de cette descente vertigineuse dans les profondeurs abyssales de l’égarement et de la misère spirituels.
Sel de la terre, où caches-tu ta saveur ? Défenseurs de la morale, où êtes-vous ? Chevaliers de la vérité et des valeurs cardinales, où vous cachez-vous ? Docteurs de l’éthique, que devenez-vous ?
Le bruit assourdissant de votre silence et la violence de votre inertie laisse interdits les Fils de la Justice !
Que DIEU ait pitié de notre monde !
Nota Bene : Je serais ravi et franchement honoré de partager votre opinion sur la question, sur l’un ou l’autre de mes blogs :
- http://dindefernand.over-blog.com
- http://regardscroises.ivoire-blog.com.
Pour moi, une des solutions (oh, très partielle) à ce mal lancinant, serait de faire, dans la même période et dans le monde entier, une contre-manifestation, pour célébrer l’hétérosexualité et le mariage, et cela, par tous ceux qui voudraient que soit promue la morale et qui voudraient vivre dans un monde, un tant soit peu, sain.
Qu’en pensez-vous ? Vos avis sont attendus !
Je vous recommande, à ce propos, une de mes suites de lecture, sur l’ouvrage du frère et ami Josué GUEBO : L’Eglise, le sida et la légitimation silencieuse de l’homosexualité. Cliquer ICI pour la lire.
Que DIEU vous bénisse, richement !
DINDE Fernand AGBO
19:00 Publié dans Informations diverses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28.06.2008
TAGGUE PAR EDGAR YAPO SUR OBAMA
Edgar Yapo: "J'ai eu l' honneur d'être taggué par Théo (Théophile Kouamouo). Le truc - très difficile au demeurant - c'est de dire en seulement 3 petites phrases ce qu'on pense d'Obama.
Je m'y suis prêté à la suite de mes frères Delugio, Kwaame, voici ce que cela a donné.
"Barack Obama est la face la plus noble du rêve américain. Son élection à la tête des Etats-Unis d’Amérique serait la variante politique de l’exploit de Neil Armstrong : marcher sur la lune. Obama, étendard d’une Amérique appelée à être la terre originaire du progrès".
Mes Taggués sont :
Dindé
Madison"
http://leblogdedgaryapo.ivoire-blog.com/
Réponse au très cher frère: "Cher Edgar, tu m'as taggué et c'est seulement cet après-midi que je m'en suis rendu compte. Je suis impardonnable. Mille excuses.
Au demeurant, je voudrais me prêter à l'exercice initié par l'excellent Théo (une vraie colle):
Barack Obama, candidat à l'élection présidentielle américaine, rien que cela, un symbole inouï de la grandeur du peuple américain et de la percée (dans l'imagerie des peuples africains) des noirs.
Mais point n'est besoin de s'illusionner, l'Amérique restera toujours l'Amérique!
Salut à toi, cher frère, et à tous!"
NB: Vu mon grand retard (puisque Théo a déjà publié toutes les contributions sur son blog http://kouamouo.ivoire-blog.com), je m'abstiens de tagguer un autre bloggueur. Mais cela a été un réel plaisir pour moi d'y apporter ma toute petite pierre!
20:35 Publié dans Etats-Unis d'Amérique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.06.2008
BARACK OBAMA ET SA FAMILLE DU KENYA
CHERS AMIS, Je vous donne en partage, cette photo de Barack Obama (qu'on ne présente plus?) avec sa famille. Une photo qui date de 1987. Une année au cours de laquelle, avant son entrée à la faculté de droit d'Harvard, il s'est rendu à 26 ans au Kenya, le pays de son père Barack Hussein Obama sr (1936-1982). Un voyage dans le Kenya profond (des hutes) qu'il décrit longuement dans les pages 315 à 452 de son livre : << LES REVES DE MON PERE, l'histoire d'un héritage en noir et blanc >> . Je conseille à chacun la lecture de ce livre. Amicalement.
21:30 Publié dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
PARIS ENTEND CONTRER L'INFLUENCE CHINOISE, EN AFRIQUE
Le nouveau «Monsieur Afrique» du président Sarkozy veut faire de la défense de
ses intérêts économiques le cœur de sa politique africaine. La promotion des
droits de l'homme passe au second plan.
C'est le chiffre qui fait peur à Alain Joyandet, nommé en mars par Nicolas
Sarkozy pour piloter la politique africaine de la France: «Il y a déjà 900000
Chinois en Afrique, alors que les Français sont moins de 300000.»
Au moment où le décollage économique du Continent noir se dessine, l'ancienne
puissance coloniale craint d'être supplantée par une cohorte de nouveaux venus
- Chine et Etats-Unis en tête - qui cherchent à s'assurer l'accès aux matières
premières, débouchés commerciaux et positions stratégiques.
«Avec ou sans nous?»
«Il est clair que l'Afrique est en train de bouger, a expliqué Alain Joyandet
jeudi après une série de voyages sur place. Des pays qui ne s'intéressaient pas
au continent africain y investissent beaucoup. [...] L'Afrique s'éveille, est-ce
qu'elle s'éveillera avec ou sans nous?»
Pour Nicolas Sarkozy, comme pour son nouveau secrétaire d'Etat à la coopération
et à la francophonie, la France doit réagir. Les mots-clés de sa diplomatie
africaine seront désormais «realpolitik» et «parts de marchés». «Il faut
absolument qu'on mette fin à une certaine période de naïveté», estime Alain
Joyandet. En clair: la défense des intérêts économiques devient prioritaire,
celle de la démocratie un peu moins.
Le virage est radical. Car il y a deux ans, lors d'un discours remarqué au
Bénin, Nicolas Sarkozy s'était posé en champion des droits de l'homme sur le
continent noir. «Il n'y a pas d'exception africaine, pas de prétendue
spécificité culturelle qui justifierait je ne sais quelle incompatibilité entre
l'Afrique et la démocratie, affirmait-il. Quoi qu'on ait pu penser pendant si
longtemps, la dictature, ce n'est pas la stabilité. [...] Nous mettons-nous à
ce point en danger en disant à haute et intelligible voix les torts que causent
les excès d'un dictateur à son propre pays?»
Principe de réalité
Depuis, le principe de réalité a repris le dessus. Le prédécesseur d'Alain
Joyandet, Jean-Marie Bockel, a été muté aux Anciens combattants après avoir
dénoncé les «pays qui gaspillent leurs propres ressources» et critiqué le
président du Gabon, Omar Bongo, pour la gestion de ses revenus pétroliers.
Celui-ci a d'ailleurs été le premier dirigeant africain à recevoir la visite
d'Alain Joyandet. «Cela a permis de régler le malentendu qui existait, explique
le nouveau secrétaire d'Etat, de mettre fin à une ambiance qui n'était pas très
bonne.»
Ce n'est pas le seul geste d'apaisement adressé par la France aux plus
inamovibles autocrates africains. L'enquête ouverte par la justice française
sur les patrimoines de cinq dictateurs - Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou
Nguesso (Congo-Brazzaville), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Eduardo Dos Santos
(Angola), Teodoro Obiang (Guinée équatoriale) - a été classée sans suite. Elle
avait révélé, notamment de la part des deux premiers cités, l'accumulation de
richesses imposantes sous forme d'appartements parisiens, de voitures de
super-luxe et de comptes bancaires détenus par des sociétés luxembourgeoises.
La nomination d'Alain Joyandet est un autre signe. D'abord parce que ce patron
de presse de Franche-Comté - il possédait L'hebdo de Besançon et Le
Châtillonnais -, qui est aussi maire de Vesoul, ne connaissait pas grand-chose
à l'Afrique. Or en France, il est de tradition de placer des novices à la
Coopération, pour éviter qu'ils ne dérangent les habitudes du «village»
franco-africain. «Il fallait un type qui n'ait aucun réseau en Afrique, qui
soit vraiment aux ordres de l'Elysée», commente Antoine Glaser, directeur de la
Lettre du Continent, une publication spécialisée.
Alain Joyandet est donc un fidèle de Nicolas Sarkozy. Il l'a aidé lorsque le
futur président connaissait sa traversée du désert, dans les années 1990. Les
deux hommes ont fait du vélo ensemble et, concernant l'Afrique, se retrouvent
sur une idée simple: «Ne pas se laisser tailler des croupières par les
Chinois.» La démocratie attendra. Comme le dit Alain Joyandet: «Le
développement économique est peut-être la meilleure solution pour encourager
une démocratie durable et irréversible.»
AUTEUR:www.letemps.ch - Sylvain Besson
2008-06-19 21:47:26
17:45 Publié dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
PERFORMANCE: UN ORDINATEUR DEPASSE LA BARRE DU PETAFLOP
Un ordinateur militaire américain vient de dépasser la barre mythique du pétaflop: un million de milliards d’opérations en virgule flottante par seconde!
Il est 2 fois plus puissant que son prédécesseur, le fameux Blue Gene d’IBM qui avait lui-même suivi Deep Blue qui avait battu Garry Kasparov, alors champion du monde d’échecs.
Ce nouveau monstre appelé RoadRunner a également été fabriqué par IBM. Il coûte 133 millions de dollars.
Un pétaflop, ça représente quoi? Eh bien, ce sont les 6 milliards d’êtres humains de cette planète qui calculent 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 pendant 46 ans pour égaler une journée de travail de RoadRunner.
Son architecture est essentiellement basée sur un réseau de 12′960 processeurs Cell (soit 116′000+ noyaux - “cores” - de traitement) , créés par IBM pour la PS3 de Sony. Ce processeur est déjà celui qui a permis aux PS3 du réseau Folding@Home de dépasser aussi le pétaflop l’an dernier mais de façon distribuée sur l’Internet. Le plus dur dans un tel système, c’est de trouver du travail en parallèle à tous ces processeurs….
Bien sûr, une telle puissance de calcul va permettre des avancées massives dans de multiples domaines scientifiques. Mais, Monsieur Tout Le Monde peut aussi se réjouir: ce genre d’architecture très parallèle deviendra la base de nos PCs domestiques un de ces jours ….. avec juste un peu moins de processeurs.
Dans le passé, les technologies militaires passaient dans les systèmes industriels avant de finir dans les produits de grande consommation.
Avec ce processeur Cell, il semble que le parcours du chemin inverse soit en train d’émerger!
Et ce n’est pas un exemple isolé: n’est-on pas en train de vivre cela avec d’autres domaines comme Google Maps, etc… ?
Source: http://www.20mai.net/2008/06/19/un-ordinateur-depasse-la-barre-du-petaflop/
17:25 Publié dans Informations diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
ET SI L'AFRIQUE REFUSAIT LA DEMOCRATIE?
Et si l’Afrique refusait la démocratie? [ 6/27/2008 ]
La tendance à substituer à la démocratie la pyromanie se généralise sur notre
continent. Est-ce un phénomène de type négroïde ou une manipulation blanche? Qui
peut, et comment arrêter le cercle vicieux de ces élections onéreuses soldées
par des affrontements sanglants pour finir avec un partage déréglé du pouvoir? A
la condition que les africains actualisent leur conception de ce pouvoir et
comprennent la défaite électorale et l’alternance politique comme des lois de
la nature, la démocratie sera vaine sur le continent. Le projet des Etats-Unis
d’Afrique, en conséquence, restera un voeu pieux, une fausse route, une grossière
tromperie.
Par : Kodjo EPOU
Le président Mugabé promet la guerre à son peuple en cas de défaite à l’élection
présidentielle.Le petit dictateur se croyant irremplacable au Zimbabwe a
poussé,par la force brutale,son rival à un retrait de la course.Idriss Deby,en
dépit des feux recurrents des rebelles sous ses fenêtres,s’accroche à un
fauteuil présidentiel qu’il ne doit plus qu’à l’asssistance française.Lansana
Conté pense que la démocratie,c’est l’affaire des autres et que les guinéens
doivent l’aimer jusqu’à l’idôlatrie ou mourir.Idem pour le burkinabé
Compaoré.Omar Bongo,Paul Biya et peut-être Wade,eux,explorent ardemment les
voies constitutionnelles de s’assurer que leur succession ne soit envisageable
qu’à la manière togolaise.Au sujet justement du Togo,la Communauté
Internationale,tout en veillant sur ce pays comme du lait sur le feu, retient
son souffle,ne sachant pas le genre de spectacle qu’il lui réserve pour
2010.Toute la Corne de l’Afrique est assise sur la braise alors que dans les
“monarchies” maghrébines, alternance politique ne semble pas avoir son
équivalent en arabe.L’Afrique refuse t-elle la démocratie? Peut-elle s’en
passer?
Mugabé, une plaie qui révèle la tragédie africaine.
Les difficultés du Kénya,l’année dernière,à consolider sa stabilité politique et
sa démocratie encore récemment citées en exemple n’ont rien de nouveau sur le
continent. Les situations analogues sont légion.Au Nigéria,les élections
générales de 2007 ont été ternies par des fraudes massives.Pourtant,il avait
été espéré que ce géant d’Afrique qui avait inauguré,en 1991,une ère
démocratique après de tumultueuses décennies de régime militaire,reste dans
cette voie moderne de tranfert de leadership au plan national.
Lorsqu’en décembre l’élection du président de l’ANC avait chassé de la tête du
plus grand parti d’Afrique du Sud Tabo M’BEKI,l’homme qui a échoué de répondre
aux attentes de son peuple,cette élection a fait venir un autre au caractère
discutable et sur qui pèsent des soupçons de malversations financières.La
succession de M’beki par ZUMA peut être perçue comme démocratique.Seulement,à
voir le système sud-africain de l’après Mandela,il présente beaucoup plus des
caractéristiques de parti unique;les élites de l’ANC (African National
Congres), fort de la prédominance numérique sont en train de mener le pays dans
la mauvaise direction,amenuisant les immenses espoirs suscités par la fin de
l’apartheid.Les récentes violences xénophobes commises sur les étrangers vivant
en Afrique du Sud,violences face auxquelles le président M’beki a fait preuve
d’une incompétence notoire,sont les effets de la décadence du système en
place.L’Afrique du Sud est en passe de trahir ses obligations de puissance
continentale.
Son voisin,le Zimbabwe est mis au ban de la Communanté Internationale. Le parti
gouvernant, la ZANU, au pouvoir depuis 28 ans,avait,malgré l’échec patant de
celui qui est passé du héro libérateur en dictateur meurtrier,donné à ce
dernier carte blanche et consacré sa candidature.Les résultats du premier tour
de l’élection qui a suivi n’ont jamais été proclamés en bonne et due
forme.Ainsi l’a voulu l’hectogenaire qui fera arrêter ses opposants politiques
engagés dans la course au second tour contre lui.N’est-ce pas une grande honte
pour les peuples d’Afrique lorsqu’un de leurs dirigeants se déclare prêt pour
la guerre en cas de défaite électorale?
N’est-ce pas une pure moquerie à la démocratie que de faire croire que le peuple
Zimbabwéen ait pu apporter son soutien à un président aussi
brutal,qu’intolérant, et qui, de surcroît,l’a rendu misérable.Mugabé, pour
sécuriser un second tour de la honte, a distribué voitures flambant neuves,
tracteurs, maisons clés à main et liasses de billets de banque aux Chefs
traditionnels,aux Chefs de la police et aux vétérans de guerre.Au même moment,
les sympatisants de l’opposition sont,eux, empêchés par la force d’avoir accès
à leur part de l’aide alimentaire internationale.Théoriquement, la démocratie
empêche de tels abus tout comme elle empêche la militarisation abusive et
irrationnelle d’un pays aux dépens de la production,génératrice de
richesses.Pour cela elle fait peur.
Similation
En Afrique, les périodes électorales sont celles des plus folles adversités
inter-ethniques et de crispation sociale. Pas de débats publics – l’arbre à
palabre en était dans le bon vieux temps – sur les questions sociales,malgré
l’existence,dans nos pays, de graves problèmes de santé, d’éducation, de
sécurite alimentaire et de pauvreté.
Les campagnes électorales sont identiques,dans le fond et dans la forme.Les
candidats débarquent en hélicoptère chez des populations qui ne reçoivent ces
genres de visites qu’une fois tous les quatre ou cinq ans. Habillés en grands
boubous brodés qui coûtent parfois jusqu’à mille dollars
américains(l’équivalent de trois ans de salaires pour certains de leur
compatriotes),ils trônent au podium pour suivre les Alleluias qui leur sont
dédiés par des paysans vieillis de plusieurs années parce que malnutris et
physiquement ruinés par l’usage de techniques agricoles traditionnelles.
Après avoir écouté d’une oreille distraite ces populations hôtes,ils prononcent
de vagues discours puis, quittent les lieux comme ils sont venus,brassant la
poussière dans les pauvres visages vides d’espoirs pour un lendemain meilleur.
Les élections se succèdent et se ressemblent. Des fois les messages délivrés
par les différents candidats se limitent à des promesses(fausses) de
construction de routes et d’hôpitaux ou encore d’écoles. Pas de déballage de
projets de gouvernement viables, ni d’agenda d’exécution des urgences
nationales.L’inexistence d’une feuille de route claire engendre,chez les
nouveaux élus – ils sont très rares – ou nos éternels reélus,les improvisations
qui sont généralement les causes premières des mandats présidentiels élastiques
et sans fin en Afrique.On verra des Chefs d’Etats solliciter cinq ou dix ans
supplémentaires après en avoir passés 15,20,25 à la tête de leurs pays .La
repression sanglante vient comme riposte au refus des populations de céder au
prolongement illégal ou immérité du mandat présidentiel.Ces populations sont
alors traitées d’insoumises à l’autorité,de manupulées par
l’extérieur,d’assoiffées de pouvoir ou accusées de trahison,d’atteinte a
l’ordre public et à la sûreté de l’Etat.
Tous, des “mugabes”
La plupart de nos Chefs d’Etat sont de potentiels “mugabés”,remplis de haines
latentes contre leur peuple,beaucoup plus enclins à déclencher des conflits
inter-ethniques pour justifier leur maintien au pouvoir que de donner à manger
à leurs administrés et de travailler pour la paix intérieure.Les exemples
d’élections libres facilitant la transmission pacifique de l’autorité d’un
leader à un autre – ce qui est la première base de la démocratie – sont
rarissimes sur le continent.La manipulation des urmes, des citoyens,des caisses
et de l’opinion internationale est la préoccupation dominante chez nos
présidents,au détriment du pain,de l’eau et de l’électricité,bref,du minimum
vital pour les populations.
C’est pourquoi, à la place de l’alternance que voulaient les Kénynans, KIBAKI
leur offrira une stupide guerre civile. C’est aussi pourquoi YAR’ADUA ne sera
élu que par moins de 30% de l’électorat Nigérian. C’est enfin pourquoi sur les
48 pays de la partie subsaherienne du continent, seulement 5 ont connu des
élections multipartites crédibles et sans bain de sang entre 1990 et 2004.Ce
survol ne laisse pas entrevoir une réelle volonté de nos dirigeants à concevoir
une démocratisation apaisée de l’Afrique.
La situation socio-politique au Zimbabwe est trop sévère pour être
ignorée. Qu’est-ce qui retient l’Amérique et l’Europe? Naturellement, Harare
n’est pas assise sur du pétrole. Qu’est-ce qui retient l’ONU? Rien. Cette
Organisation qui a toujours joué au médecin après la mort a un choix: ou elle se
contente de ces molles condamnations sans effet et disparaît, ou elle
commence par agir, pour gagner en crédibilité et existe. Que font les chefs
d’Etat africains? Rien. Naturellement. Ils sont tous des “mugabes” ou presque.
Finalement, doit-on avoir honte d’être africain?
Kodjo Epou
Oakdale, USA
16:10 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
25.06.2008
LA MALEDICTION DE L'OR NOIR
Courrier international - n° 920 - 19 juin 2008
En couverture/ Ce monde qui vient : Quand le baril de brut vaudra 200 dollars, (il y aura)
plus de pays pétroliers et plus de guerres.
Instabilité, corruption, insurrections… De nombreux pays, nouveaux producteurs,
connaîtront bientôt la malédiction de l’or noir, explique un politologue
américain.
Le monde est aujourd’hui beaucoup plus pacifique qu’il y a quinze ans. Mais si,
globalement, la violence est en recul, les Etats producteurs de pétrole
représentent une proportion croissante des pays victimes de conflits. Ils sont
désormais le théâtre d’un tiers des guerres civiles, de faible ou de forte
intensité, contre seulement un cinquième en 1992. A en croire certains,
l’invasion américaine de l’Irak montre que le pétrole provoque des conflits
entre Etats. Mais, le plus souvent, il engendre plutôt des affrontements
internes.
Le nombre de conflits liés aux pays producteurs est voué à augmenter, la
prodigieuse hausse des prix du brut poussant davantage d’Etats en développement
à produire du pétrole et du gaz. Plus d’une dizaine de pays en Afrique, sur la
Caspienne et en Asie du Sud-Est sont récemment devenus, ou vont bientôt
devenir, des exportateurs importants. Quelques-uns d’entre eux, comme le Tchad,
le Timor-Oriental et la Birmanie, ont déjà connu des conflits civils. La plupart
des autres sont pauvres, non démocratiques et mal gouvernés, et sont par
conséquent particulièrement susceptibles de basculer dans la violence. Enfin,
les prix record du secteur représentent une aubaine économique qui a souvent
tendance à entraîner de nouveaux troubles.
Autrefois promis à un bel avenir, l’Algérie et le Nigeria ont sombré.
Le pétrole n’est pas un cas unique. Les diamants et d’autres minerais engendrent
des problèmes comparables. Mais l’hydrocarbure, en tant que bien le plus
recherché de la planète et dont les Etats dépendent plus que de l’or, du cuivre
ou de n’importe quelle autre ressource, a un impact plus marqué et plus
généralisé.
Les booms pétroliers des années 1970 ont accouché de formidables richesses, et
débouché par la suite sur de terribles malheurs dans bien des pays du monde en
développement. A l’époque, les Etats producteurs ont connu une croissance
rapide. Mais au cours des trente ans qui ont suivi, beaucoup ont été paralysés
par un endettement écrasant, un fort taux de chômage et le ralentissement,
voire le déclin, de leur économie. Près de la moitié des membres de
l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) étaient plus pauvres en
2005 que trente ans auparavant. Des Etats riches en pétrole et autrefois promis
à un brillant avenir, comme l’Algérie et le Nigeria, ont sombré dans la
décadence après des décennies de conflits internes.
Ce sont des victimes de ce que l’on appelle la malédiction de l’or noir. Un
aspect du problème est un syndrome économique appelé la “maladie hollandaise”.
Ce nom vient des difficultés que traversèrent les Pays-Bas dans les années
1960, après la découverte de gaz naturel en mer du Nord. Un pays en est affligé
quand il devient un exportateur important de ressources naturelles. Cela fait
monter la valeur de sa monnaie, ce qui rend ses exportations de produits
agricoles ou manufacturés moins compétitives à l’étranger, et les fait chuter.
Privé des bénéfices d’une base agricole et manufacturière dynamique, le pays
dépend alors de ses matières premières et se retrouve à la merci de marchés
internationaux souvent volatils. Au Nigeria, par exemple, le boom pétrolier du
début des années 1970 causa une dégringolade des exportations agricoles, qui
passèrent de 11,2 % du PIB en 1968 à 2,8 % en 1972. Le pays ne s’en est
toujours pas remis.
L’afflux soudain de devises est une autre facette du problème. Rares sont les
pays pétroliers suffisamment disciplinés sur le plan budgétaire pour investir
prudemment cette manne. Les gouvernements du Kazakhstan et du Nigeria ont par
exemple englouti leurs revenus pétroliers dans la construction de nouvelles
capitales, tout en ne parvenant pas à alimenter en eau potable les nombreux
villages qui en manquent sur leurs territoires.
La richesse pétrolière crée également des problèmes politiques, souvent pires
que les désagréments économiques. Elle a tendance à accroître la corruption, à
renforcer le pouvoir des dictateurs et à fragiliser les jeunes démocraties.
Plus les gouvernements d’Iran, de Russie et du Venezuela ont gagné d’argent
grâce à leurs exportations de pétrole et de gaz, moins ils se sont montrés
redevables vis-à-vis de leurs citoyens, et plus il leur a été facile de faire
taire ou d’acheter leurs opposants. Les risques de conflit armé représentent le
principal danger chez ces nouveaux exportateurs. Cela peut aller du combat
sécessionniste local – comme dans le delta du Niger ou dans le sud de la
Thaïlande – à la véritable guerre civile, comme c’est le cas en Algérie, en
Colombie, au Soudan et, bien sûr, en Irak.
La solution serait pour les pays riches de moins consommer
L’exploitation du pétrole peut susciter des conflits de trois manières. Elle
peut d’abord créer une instabilité économique, source de troubles politiques.
Ensuite, les revenus servent souvent à financer des mouvements
insurrectionnels, puisqu’il est relativement facile de trouver des fonds dans
un pays possédant des hydrocarbures. Les rebelles peuvent voler des stocks et
les revendre sur le marché noir (c’est le cas en Irak et au Nigeria),
extorquer de l’argent aux compagnies pétrolières situées dans des régions
isolées (comme en Colombie et au Soudan) ou encore trouver des partenaires
commerciaux prêts à les soutenir financièrement en échange de leur future
bienveillance au cas où ils parviendraient au pouvoir (Guinée-Equatoriale et
république démocratique du Congo). Enfin, l’exploitation pétrolière encourage
les mouvements séparatistes. Les ressources pétrolières ou gazières d’un pays
sont généralement localisées dans des enclaves économiques qui fournissent une
grande partie des revenus de l’Etat central, mais où les habitants ont du mal à
trouver un emploi et subissent les conséquences néfastes de cette activité,
comme la perte de leurs droits de propriété et des dommages environnementaux.
Pour rétablir une forme d’équilibre, certains habitants demandent donc
l’autonomie, comme dans les régions pétrolifères de Bolivie, d’Indonésie,
d’Iran, d’Irak, du Nigeria ou du Soudan.
Cela ne signifie pas que le pétrole est l’unique cause de ces conflits. Mais son
exploitation exacerbe des tensions latentes et donne aux gouvernements ainsi
qu’à leurs opposants les moyens les plus virulents de s’affronter. La meilleure
solution consisterait pour les pays riches à réduire considérablement leur
consommation de pétrole et de gaz afin d’inciter les pays en développement à
trouver un chemin plus viable pour sortir de la pauvreté. Mais, compte tenu de
l’extrême dépendance des économies occidentales vis-à-vis de l’énergie fossile
et de la demande croissante de l’Inde et de la Chine, même un changement de cap
radical ne ferait pas évoluer la situation avant plusieurs dizaines d’années.
En attendant, une approche différente s’impose. Quatre pistes sont envisageables
: couper les vivres aux rebelles qui bénéficient de la vente du pétrole ;
inciter les gouvernements des Etats pétroliers à plus de transparence ; les
aider à mieux gérer leurs ressources financières ; et faire pression sur les
pays récalcitrants pour qu’ils respectent les droits de l’homme et qu’ils
négocient le cas échéant avec les mouvements rebelles dont les revendications
sont légitimes.
* Professeur associé de sciences politiques à l’université de Californie à Los
Angeles.
Michael L. Ross*
Foreign Affairs
23:40 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
ETUDES STRATEGIQUES, ANALYSE ET ANTICIPATION: L'AFRIQUE, ZERO POINTE !
Adou KOFFI, Professeur de philosophie: "Tout juste pour faire partager ce point de vue. Ce message date d'il y a quelques années."
Quand l'Afrique se soustrait à la marche du monde.
Il arrive dans la vie qu'une conversation banale nous secoue pendant des heures, voire des jours. J'attendais tranquillement un ami au terminus d'autobus de Montréal, quand un monsieur d'un certain âge a pris place à mes cotés avant d'engager l'une des conversations les plus enrichissantes de ma vie. Professeur d'études stratégiques dans un institut international, l'homme connaît le continent africain comme le fond de sa poche. Son analyse, son point de vue sur notre avenir, donne froid dans le dos. Et s'il vous plait, ne sortez pas la rancune du « colon nostalgique ». Lisez avec la tête et la raison ce qu'il dit. Je vous rapporte fidèlement ses constats :
Le vendredi 28 juillet 2006: « Cela fait maintenant plus de 25 ans que j'enseigne la stratégie. Dans ma carrière, j'ai eu affaire à des dizaines d'officiers et de hauts fonctionnaires africains. Je suis malheureusement obligé de vous dire ceci : Du point de vue des études stratégiques, de l'analyse et de l'anticipation, je leur donne un gros zéro pointé. Nos stagiaires africains sont très instruits, ils ont de belles tenues militaires ou manient le français de manière remarquable, mais, dans les cours, ils ne nous apportent rien. Tout simplement, parce qu'à ma connaissance, dans toute l'Afrique francophone, il n'y a pas un seul centre d'études stratégiques et internationales, avec de vrais professionnels à leur tête. Je vais vous expliquer pourquoi je n'ai aucun espoir pour ce continent. Au moment où je parle, le monde fait face à trois enjeux principaux : L'énergie, la défense stratégique et la mondialisation. Donnez-moi un seul cas où l'Afrique apporte quelque chose. Rien. Zéro. Commençons par l'énergie et, précisément, le pétrole. Tous les experts mondialement reconnus sont unanimes à reconnaître que d'ici 15 à 20 ans, cette ressource sera rare et excessivement chère. En 2020, le prix du baril tournera autour de 120 dollars. C'est conscients de cette réalité que des pays comme les USA, la France, la Chine, le Royaume Uni, etc., ont mis sur pied des task force chargés d'étudier et de proposer des solutions qui permettront à ces nations de faire main-basse sur les ressources mondiales, de s'assurer que, quoi qu'il advienne, leur approvisionnement sera assuré. Or, que constate-t-on en Afrique ? Les dirigeants de ce continent ne sont même pas conscients du danger qui les guette : Se retrouver tout simplement privé de pétrole, ce qui signifie, ni plus ni moins, un retour à la préhistoire ! Dans un pays comme le Gabon, qui verra ses puits de pétrole tarir dans un maximum de 10 ans, aucune mesure de sauvegarde, aucune mesure alternative n'est prise par les autorités. Au contraire, elles prient pour que l'on trouve d'autres gisements. Pour l'Afrique, le pétrole ne comporte aucun enjeu stratégique : Il suffit juste de pomper et de vendre. Les sommes récoltées prennent deux directions : les poches des dirigeants et les coffres des marchands d'armes. C'est pathétique. Ensuite, la défense stratégique. L'Etat de déliquescence des armées africaines est si avancé que n'importe quel mouvement armé, disposant de quelques pick-up et de Kalachnikov, est capable de les mettre en déroute. Je pense qu'il s'agit plus d'armées de répression intérieure que d'armées de guerre ou de défense intelligente. Pourquoi ? Parce que, comparées aux armées des nations développées, de la Chine, de l'Inde ou du Pakistan, les forces africaines rappellent plus le Moyen-âge que le 21è siècle. Prenez par exemple le cas de la défense anti-aérienne. Il n'y a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé de missiles anti-aériens modernes. Ils ont encore recours aux canons antiaériens. Les cartes dont disposent certains états-majors, datent de la colonisation ! Et aucun pays n'a accès à des satellites capables de le renseigner sur les mouvements de personnes ou d'aéronefs suspects dans son espace aérien, sans l'aide de forces étrangères. Quelle est la conséquence de cette inertie ? Aujourd'hui, des pays comme les Etats-Unis, la France ou le Royaume-Uni peuvent détruire, en une journée, toutes les structures d'une armée africaine, sans envoyer un seul soldat au sol. Rien qu'en se servant des satellites, des missiles de croisière et de bombardiers stratégiques. A mon avis, et je crois que je rêve, si les pays africains se mettaient ensemble, et que chacun acceptait de donner seulement 10 % de son budget militaire à un centre continental de recherche et d'application sur les systèmes de défense, le continent peut faire un pas de géant. Il y a en Russie, en Ukraine, en Chine, en Inde, des centaines de scientifiques de très haut niveau qui accepteraient de travailler pour 3000 dollars US par mois, afin de vous livrer des armes sophistiquées, fabriquées sur le continent, et servant à votre défense. Ne croyez pas que je rigole. Il ne faut jamais être naïf. Si la survie de l'Occident passe par une recolonisation de l'Afrique et la mainmise sur ses ressources naturelles vitales, cela se fera sans état d'âme. Ne croyez pas trop au droit international et aux principes de paix, ce sont toujours les faibles qui s'accrochent a ces chimères. Je pense qu'il est temps de transformer vos officiers (dont 90 % sont des fils à papa, pistonnés, qui ne feront jamais la guerre, et je sais de quoi je parle) en scientifiques capables de faire de la recherche et du développement. Mais, je suis sceptique. Je crois que ce continent restera enfoncé dans le sommeil jusqu'au jour où le ciel lui tombera sur la tête. Enfin, la mondialisation. Malheureusement, comme dans tous les autres sujets qui ont fait leur temps, les stagiaires africains que nous recevons sont d'excellents perroquets, qui répètent mécaniquement les arguments qu'ils entendent en Occident. A savoir, il faut la rendre humaine, aider les pays pauvres à y faire face. Vous savez, dans mes fonctions, il y a des réalités que je ne peux dire, mais je vais vous les dire. La mondialisation est juste la forme moderne de perpétuation de l'inégalité économique. Pour être clair, je vous dirai que ce concept a un but : garder...(intacte l'hégémonie des pays développés sur le monde. NDE)
16:55 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Pr SERY BAILLY: L'ELECTION DU 30 NOVEMBRE 2008 EST PERILLEUSE
Dans une interview que le Professeur SERY BAILLY a accordée à notre frère et ami Serge GRAH, il donne, sans détours, son opinion sur sa vision de l'élection présidentielle du 30 Novembre 2008, en Côte d'Ivoire. Une opinion poignante mais d'une analyse élevée et d'un réalisme déconcertant! Lu pour vous sur le blog de Serge GRAH: http://sergegrah.centerblog.net. Extrait.
Professeur, c’est dans exactement 5 mois qu’aura lieu l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Comment la voyez-vous ?
Cette prochaine élection présidentielle est très importante. Car elle va mettre fin à des mythes. Parce que cette élection va permettre à chacun des hommes politiques Ivoiriens de savoir ce qu’il pèse véritablement. Mais c’est une élection qui sera difficile. A l’image de tout accouchement, la femme est entre la vie et la mort. Cependant, il faut faire en sorte que l’accouchement se passe bien… Cette élection est donc périlleuse parce que la Côte d’Ivoire arrive en bout de chute. Certains hommes politiques vont prendre leur retraite, et en effet, ils voudraient y aller dans certaines conditions. Ils vont donc jouer leur va-tout. Gbagbo également qui a résisté durant toute la crise, voudra enfin pouvoir mettre son programme en œuvre. De mon point de vue, le pouvoir qui sortira de cette élection sera légitimé. Mais ça ne veut pas dire que la crise sera résolue pour autant. Parce que cette crise n’est pas seulement une affaire politique. Il y a aussi sa dimension sociale. Il faut qu’au sortir de cette élection, il y ait un pouvoir crédible qui relance la Côte d’Ivoire. La relancer autant dans la reconstruction physique que humaine.
Mais très peu d’Ivoiriens parient pourtant sur la tenue de ce scrutin, en tous cas à la date indiquée…
C’est pourquoi j’utilise l’image de l’accouchement. Vous connaissez une femme qui va accoucher et qui n’est pas inquiète qui n’a pas peur ? C’est d’abord douloureux, ensuite il y a le risque qu’elle subisse une césarienne, qu’elle décède même. Il est donc normal que nous soyons tous angoissés. Mais un homme politique, un intellectuel ne doit pas se limiter à l’angoisse. Il doit comprendre l’angoisse et chercher les moyens de la contourner… Cette élection ne sera pas facile. Il y aura des grincements de dents, peut-être des affrontements. Mais les Ivoiriens doivent y croire, car elle est très importante pour notre histoire. Parce qu’à partir de cette souffrance, nous déboucherons sur une nouvelle Côte d’Ivoire. Et quel que soit le résultat de ce scrutin, le président Gbagbo sera déjà rentré dans l’histoire, par sa résistance et par sa générosité. Et les autres qui ont compris qu’il faut mettre fin à la rébellion, seront eux aussi rentrés dans l’histoire.
Source: http://sergegrah.centerblog.net
16:10 Publié dans Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note





