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jeudi, 31 juillet 2008

A QUOI REVENT LES FILLES DE PRESIDENT ?

71b335170d19f4f997e035746370d6bc.jpgUne enquête de Matalana sur les nouvelles héritières africaines

Pascaline Bongo, Aicha Kadhafi, Claudia Sassou Nguesso, Zindzi Mandela, Sindiély Wade… Les filles des présidents africains sont nombreuses, aujourd’hui, à se faire un prénom dans divers secteurs d’activité. Le magazine Matalana n°12 leur consacre un dossier spécial. Il est actuellement dans tous les kiosques.


mercredi 30 juillet 2008, par Notre partenaire Matalana

Après son inscription pour une thèse de droit international à l’université Paris-V, Aicha Kadhafi, l’unique fille du président libyen, préfère l’action politique aux côtés de son père. tandis que Pascaline Bongo, fille aînée du président gabonais Omar Bongo Ondimba, s’occupe du cabinet civil de son géniteur. Lorsque Zindzi Mandela, enfant héritière de Nelson Mandela, lance une comédie musicale tirée de l’histoire de sa vie. En Afrique, aucune fille de président ne prétend remplacer papa, mais nombreuses restent dans le sillage : collaboratrice gouvernementale, conseillère ou éminence grise.

Elles sont nombreuses les filles de président à évoluer dans le secteur de la communication. A l’instar de Claudia Sassou Nguesso, ex-femme de Martin Lemboumba, le fils du ministre Jean-Pierre Lemboumba, exgrand argentier du Gabon. Idem pour Amal Abdalahi, la fille du président mauritanien qui s’occupe de la communication de son père. Quant aux deux filles de l’actuel président malien Amadou Toumani Touré, Fanta et Mabo Touré, elles dirigent une grande agence de communication, Océan Communication. Depuis la création de l’agence, les filles de papa ATT décrochent d’intéressants contrats publicitaires, au point d’irriter certaines sociétés concurrentes et d’anciens collaborateurs de la place qui soupçonnent des marchés présidentiels à leurs égards.

17:02 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 30 juillet 2008

AU LIEU DE FAIRE DES PROUESSES, L’AFRIQUE ATTEND DES PROMESSES

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Le sommet des pays du G8 a pris fin, le mercredi 9 Juillet 2008 au Japon. Comme à leur habitude, c’était l’occasion pour ceux qui se prennent pour le centre de gravité du monde, les pays qui se glorifient dans leur hypocrisie, de se faire leur publicité. Pour la première fois ce sommet peut se vanter de contraindre au moins ces pays à l’adoption d’un objectif chiffré sur la réduction des émissions de gaz. En effet, les dirigeants des huit pays les plus industrialisés (G8) se sont accordés mardi au Japon sur la nécessité de réduire «d'au moins 50 %» d'ici 2050 les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le G8 envisage pour cela de s'associer aux négociations en cours sous l'égide de l'ONU au sein de la Convention sur les changements climatiques (UNFCCC). A l’endroit de l’Afrique, le contient qui fait parler même les « muets », le communiqué final indique que le G8 a renouvelé les engagements sur l'aide publique au développement pris à Gleneagles en 2005. Lors de ce sommet ces pays s’étaient engagés à doubler l'aide à l'Afrique pour la porter à 50 milliards de dollars par an d'ici 2010. Le présent article fait suite à l’humiliation que certains dirigeants africains font subir aux valeureux fils de l’Afrique que nous sommes.

Pourquoi l’Afrique attend toujours des promesses des autres

Les dirigeants africains ont demandé, lundi ( 7 juillet, le premier jour du sommet), au groupe des huit pays industrialisés, en sommet au Japon, d’honorer leurs engagements envers le continent, tout en avertissant que l’augmentation des prix des denrées alimentaires et du prix du pétrole représente un danger immédiat. Réunis sur l’île japonaise d’Hokkaïdo, les sept dirigeants africains (Afrique du Sud, Algérie, Ethiopie, Ghana, Nigeria, Sénégal, Tanzanie, plus l'Union africaine) ont mandaté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Kazuo Kodama, en marge d'une séance à huis clos, de dire au pays du G8 qu’ils apprécient l’engagement des dirigeants du G8 envers l’Afrique au cours des derniers sommets, toutefois ils aimeraient voir ces engagements complètement mis en œuvre. Le Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN) dénonce cette attitude peu gratifiante de l’Afrique, qui, d’ailleurs ressemble bien à la mendicité. L’Afrique a tout pour son décollage, pourquoi aller faire la manche devant des pays dont le respect ne tient encore que pour leur passé reluisant. Comment comprendre qu’un continent aussi riche que l’Afrique ne trouve pas les ressources nécessaires pour son développement au point d’avoir pour projet la ferme volonté de faire respecter des promesses. Honte à l’Afrique. Nous saluons cette bonne leçon des pays du G8 à l’Afrique : les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. L’Afrique est devenue aujourd’hui la dernière de la classe, un facteur limitant au point que des stars du rock comme Bono et Bob Geldof plaident non pas pour que les pays occidentaux arrêtent leur terrorisme économique mais pour que les pays dits riches mettent « des miettes » dans la corbeille pour l’Afrique. Pourquoi courir après ceux qui existent parce nous existons ?

Que vaut encore le groupe des huit ?

Pour mémoire, rappelons que G8 s’appelait à sa création le G5. Après le premier choc pétrolier, le monde diplomatique devait prendre connaissance du fruit du cerveau fécond de Valéry Giscard d'Estaing, le G5. Le sommet avait pour but de réunir, initialement "au coin du feu" (on était à Rambouillet), les dirigeants des cinq premières puissances économiques mondiales dans un espace de concertation sur les grandes évolutions économiques des pays membres. Mais très vite ce G5 est devenu G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume Uni, Italie, Canada) et a élargi ses sujets de discussion (sida, drogue, environnement…) puis aujourd’hui on parle de G8. Ainsi donc le Groupe des huit (G8) est un groupe de discussion et de partenariat économique de huit pays parmi les plus puissants économiquement du monde : les États-Unis, le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l'Italie, le Canada, et la Russie. Ensemble, les pays du G8 représentaient 61% de l'économie mondiale. Toutefois si l’on doit retenir le poids de ces pays dans l’économie mondiale comme le critère qui fait d’eux les commandants de bord du navire mondial, nous doutons bien que ces pays ne soient des usurpateurs. D’abord, les économistes qui se respectent reconnaissent que le bilan de santé de ces pays n’est pas satisfaisant, mieux, il y a un risque de rupture d’anévrisme économique. L’an dernier, le monde a échangé pour 12000 milliards de dollars de marchandises et de services, 60 fois plus qu’il y a 40 ans. Mais alors que l’Europe et l’Amérique du Nord en réalisaient autrefois les deux tiers, l’Asie (fors Japon) 8,8% et la Chine 1%, les proportions sont respectivement passées à 52,29 et 8%. Avec l’envolée du prix du baril qui s’est installé durablement au-dessus de 100 dollars et la crise financière (14000 milliards de dollars), aujourd’hui, les pays à économie planifiée représentent 40% du PIB mondial. La réalité aujourd’hui c’est que la bascule du pouvoir tient à trois chiffres, explique l’essayiste Nicolas Baverez. Le Sud représente désormais 50% de la richesse mondiale, 72% des réserves de change et 3000 milliards de dollars de fonds souverains. Les bras et l’argent sont désormais au Sud. Reste les idées au Nord et d’ailleurs pour combien de temps. Tout dépendra des efforts, donc de la vitesse d’ajustement des économies du Sud. Selon les projections du cabinet PWC, Inde, Chine, Etats-Unis joueront jeu égal d’ici 2050, tandis que Vietnam, Nigeria et Turquie vivront sur un même pied que la France et l’Allemagne d’aujourd’hui. Mieux, 37% des exportations mondiales ont été réalisées par les pays émergents en 2006, contre 28% il y a dix ans. Sur la même période, la part des pays développés descendait de 70 à 59%. Surtout, la part du commerce Sud-Sud représente désormais 17% des échanges mondiaux contre 11% il y a dix ans (CNUCED). A travers cette photo économique du monde actuelle, point n’est besoin de charlatan pour voir que le groupe des huit mérite un procès pour faux et usage de faux, pour usurpation de titre. Regardez l’enlisement de la situation américaine en Irak où les américains se sont eux-mêmes dévalorisés sous l'administration Bush. Contemplez de même cette France qui fuit de l’Afrique après son bourbier ivoirien. Comment comprendre que des tonneaux qui sont vides jouissent d’une telle considération ? La réponse est sans doute simple : tant que l’Afrique pleurnichera, tant qu’elle ira dans ses sommets pour mendier, ce groupe de huit subsistera.

L’Afrique doit exister par elle-même

Les pays africains ou du moins certains gouvernants africains ont un drôle de jeu : détourner l’argent du peuple et courir de sommet en sommet pour quémander ce que les pays occidentaux ont pillé en Afrique. Quel est ce continent qui veut coûte que coûte exister par les autres ? Ces dirigeants qui arpentent les allées des bureaux de Washington, de Paris ou de Londres ont-ils pour ennemi la dignité ? Nous condamnons ces humiliations que nous font subir ces pantins à la tête de nos pays. Même pour organiser des élections, il faut faire la manche. C’est le cas d’un pays comme la Côte d’Ivoire qui proclame son indépendance en même temps qu’elle demande des fonds pour organiser des élections. Peut-on accepter un financement extérieur des élections et empêcher l’immixtion étrangère dans la gestion d’un pays ? À cette question que les Sachants nous répondent. La vraie liberté doit venir de nous-mêmes, elle ne se donne pas par procuration. Aujourd’hui il faut aller en Afrique Noire pour trouver des pays qui se disent indépendants et dont la monnaie est dirigée par la Banque Centrale Européenne. Si aujourd’hui, un cénacle sans légitimité aucune engage pourtant la planète, c’est parce que l’Afrique, la dernière de la classe lui donne encore des ressources pour exister. Avec les ressources minières, pétrolières et autres, nous attendons de l’Afrique des prouesses et non qu’elle attende des promesses. C’est cette disposition à toujours tendre la main qui donne des illusions à ces milliers de jeunes, qui meurent comme des animaux, sur la route d’un hypothétique eldorado européen.

Oh, Afrique, dis-moi quel jour ta nudité sera couverte !

Dieu bénisse l’Afrique !



Vive l’Afrique digne !

Le Président du MLAN
Prao YAO Séraphin
www.mlan.fr
contact@mlan.fr

18:55 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 23 juillet 2008

FRANCS-MAÇONS: L'AFRIQUE AUX PREMIERES LOGES

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17 juillet 2008

Si les "Frères de Lumière" hantent les palais présidentiels du continent, ils ont davantage perpétué les travers de la Françafrique que diffusé l'idéal humaniste maçonnique.

La scène a près de huit ans d'âge mais n'a pas pris une ride. Le 22 octobre 2000, à la nuit tombée, le criminologue Alain Bauer, alors grand maître du Grand Orient de France (GODF), reçoit cet appel insolite d'un conseiller élyséen : « Un colonel de la gendarmerie mobile de Côte d'Ivoire veut vous parler de toute urgence. » Soit. Bientôt, un dialogue ubuesque s'engage entre le pandore africain et le dignitaire franc-maçon replet au crâne poli, amateur de havanes et de mots d'esprit. « J'ai pour instruction de marcher sur le siège du FPI à la tête d'une colonne blindée, confie le gradé, faisant ainsi allusion au Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo, vainqueur annoncé d'un scrutin présidentiel orageux. Or cet ordre est contraire à mes convictions maçonniques. J'ai besoin de tes conseils. » « Les valeurs démocratiques valent plus qu'une injonction illégale », tranche Bauer. « En tant que militaire, je suis soumis au devoir d'obéissance », riposte le gendarme. « Si tu ne suis pas ta conscience, assène le grand maître, on te radie de l'obédience. » Le lendemain, l'ex-patron du GO découvre, en parcourant le quotidien Libération, qu'un convoi lancé sur le QG abidjanais de Gbagbo a mystérieusement changé de cap. « Pour une fois, ironise-t-il, j'ai eu l'impression de servir à quelque chose. Quelle puissance ! »

Réseau des réseaux, la maçonnerie n'en finit plus de fasciner, au risque du fantasme. En Afrique plus qu'ailleurs, la saga des « frères trois points » s'est trouvé un terreau fertile, tant ses codes et ses usages y font écho à la magie des rites initiatiques ou du bois sacré et à la force ancestrale du clan. Le désir d'accéder à ce sanctuaire laïc de l'élite blanche, puis le souci d'instaurer avec l'ex-métropole coloniale des canaux inconnus des profanes, discrets vecteurs d'influences, ont fait le reste. Au-delà des fables, un fait : sur le continent, une douzaine de chefs d'Etat de l'espace francophone ont « reçu la lumière ». Seul le Gabonais Omar Bongo Ondimba, initié jadis par un certain Naudy, inspecteur général des PTT, athée et socialiste, revendique cette allégeance. Maître du Congo-Brazzaville, son cadet et néanmoins beau-père, Denis Sassou-Nguesso, alias DSN, longtemps énigmatique, sinon méfiant, se fait prosélyte. Au point d'avoir orchestré la « conversion » du putschiste centrafricain François Bozizé et du Tchadien Idriss Déby, initié en 1996 en même temps que ses cousins zaghawa Tom et Timan Erdimi, devenus depuis lors les cerveaux d'une rébellion aux aguets en lisière du Darfour soudanais... Les soutiens fraternels n'ont pas manqué à Jean Ping, gabonais lui aussi, lorsqu'il brigua la présidence de la Commission de l'Union africaine. Pour le reste, on navigue entre rumeurs, demi-aveux et démentis ambigus.

Mesurée à l'aune des guerres et guérillas qui endeuillent l'Afrique, l'autorité de la maçonnerie a du plomb dans l'aile. Car l'histoire des médiations entreprises çà et là au nom des « enfants de la Veuve » ressemble à s'y méprendre à la chronique d'un long échec. Certes, les « frangins » peuvent à bon droit se prévaloir de leur activisme louable dans les coulisses du centre Kléber, théâtre en janvier 2003 d'un rabibochage inter-ivoirien aussi théâtral que fictif. Lors de la révolte civile qui ébranla 1991 l'assise du Malgache Didier Ratsiraka, il se peut que la sage neutralité des frères engagés de part et d'autre ait concouru, aussi, dans l'ombre des influentes Eglises malgaches, à conjurer le spectre du bain de sang. Tout comme elle entravera, une décennie plus tard, l'insurrection de Toamasina (l'ex-Tamatave), bastion d'un Ratsiraka qui récuse la victoire de son rival Marc Ravalomanana. De même, en rédigeant ès qualités un document solennel, la Fraternelle béninoise a sans doute amplifié en 1989 la portée de la Conférence nationale, vaste déballage un rien pagailleux dont l'ex-Dahomey fut le pionnier. Reste que la traçabilité des succès revendiqués paraît pour le moins aléatoire. Allez prouver que l'on doit à l'aura de tel vénérable l'alternance apaisée du Sénégal en 2000, ou, deux ans plus tard, la retenue du général ivoirien Robert Gueï, tenté d'arracher par les armes un mandat présidentiel que lui refusent les urnes... « Oui, nous avons évité des conflits armés ! » tonne l'avocat François Stifani, grand maître de la Grande Loge nationale française (GLNF). Où et quand ? Mystère.

Les revers, eux, sont dénués d'ambiguïtés. En 1993, la tentative de réconciliation menée au siège du GO entre le satrape togolais Gnassingbé Eyadema et ses opposants n'aboutit à rien. Quand, en 2003, Alain Bauer réunit les émissaires des crocodiles du marigot ivoirien, c'est pour entendre un maçon pro-Gbagbo lâcher sans ciller que « les Burkinabés - entendez les musulmans dioula du nord du pays - ne sont pas des êtres humains ». Mais aucun épisode ne reflète mieux l'impuissance des « triponctués » que le fiasco congolais. Conflit ô combien fratricide : il met aux prises dès 1993 le président sortant Pascal Lissouba, adepte du Grand Orient initié l'année précédente à Besançon, au lendemain de sa prestation de serment, et le général Denis Sassou-Nguesso, illuminé quant à lui à Dakar sous le label GLNF. Pour l'anecdote, Sassou avait vainement tenté d'attirer son futur ennemi juré dans l'orbite de sa propre obédience… Missions multiples, appels pressants, palabres « sous le maillet » : rien n'y fit. Pas même l'entregent du roué Bongo. « La raison avait quitté la Cité, soupire Joseph Badila, ancien très puissant souverain grand commandeur du Grand Orient et des loges associées du Congo (1). L'appétit de pouvoir prévaut souvent sur nos idéaux. C'est ainsi : les maçons sont partout, la maçonnerie nulle part. » Conseiller pour l'Afrique de François Mitterrand entre 1981 et 1986, le frère Guy Penne connaît la complainte. « Je me souviens avoir organisé des agapes - banquet rituel - à la mairie de Pointe-Noire. Six convives, venus de tous les camps. Ce fut très fraternel. Un mois après, ils se foutaient sur la gueule. »

Déchirements internes et guéguerres de succession

En août 1999, même topo. Réunis au siège du GO, rue Cadet (Paris IXe), les envoyés des trois belligérants - Sassou, Lissouba et Bernard Kolélas - doivent finaliser un « pré-accord ». Las ! On attendra en vain la délégation du premier nommé. C'est dire combien la sévère mise en demeure adressée quelques mois plus tôt aux frères dévoyés par Philippe Guglielmi, alors à la tête du Grand Orient, avait fait long feu. Le prédécesseur d'Alain Bauer peut au moins se targuer d'une intercession utile : en joignant in extremis DSN en brousse, il sauva sans doute la vie à six civils, dont trois francs-maçons, que les miliciens Cobra du futur vainqueur brûlaient de liquider.

Si le tablier, l'équerre et le compas garnissent la panoplie de tant de puissants, ils ont longtemps suscité la méfiance, voire l'hostilité des potentats du continent, hantés par la terreur du complot. Pour preuve, cet échange, en 1981, entre Guy Penne et le Béninois Mathieu Kérékou, marxiste repenti sur le tard. En visite à Cotonou, l'africain de l'Elysée prévient son hôte de son intention de rendre visite dans l'après-midi à ses frères locaux.

« Comment ? Vous êtes franc-maçon ? tonne Kérékou. Et Mitterrand le sait ? - Bien sûr. - L'est-il lui-même ? - Non. - Et il vous laisse faire... Au fait, pourquoi m'en parler ? - Mes amis hésitent à se réunir sans votre aval. Or leurs requêtes écrites restent sans réponse. - Mais qui vous dit qu'ils ne conspirent pas contre moi ? » Plus tard, le même Penne s'emploiera à désamorcer les soupçons de Laurent Gbagbo, dont l'oncle, Laurent Ottro, patron de la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR), est pourtant un frère fameux. Il faut dire que la Côte d'Ivoire fut, sous le règne du très catholique Félix Houphouët-Boigny, le théâtre d'authentiques persécutions. En 1963, invoquant une cabale imaginaire, le patriarche de Yamoussoukro embastille plusieurs ministres et députés. Ernest Boka périra en détention. Quant aux rescapés, ils seront réhabilités, après qu'Houphouët, fourvoyé à l'en croire par le chef de sa police, eut fait amende honorable. Et c'est sur les instances de Pierre Biarnès, alors correspondant du Monde en Afrique de l'Ouest et mandaté par le Grand Orient, qu'il autorise les frangins du cru à « rallumer les feux ». Le Zaïrois Mobutu, lui, lève en 1972 à la demande du GO de Belgique l'interdit décrété sept ans plus tôt. Quant au Malgache Ratsiraka, il affiche envers les « trois-points » une défiance inaltérable. « Normal, grince Guy Penne. Un despote marxisant marié à une grenouille de bénitier : voilà bien le cocktail antimaçonnique parfait. » Au jeu des anathèmes, les sectes évangéliques supplantent désormais l'Eglise de Rome. « Il a fallu les calmer, ces pasteurs, admet un proche de Sassou. Des frères haut placés au sein des services de sécurité s'en sont occupés. » Nulle part pourtant la chasse aux maçons ne fut plus barbare qu'au Liberia anglophone, paradis des loges jusqu'au coup d'Etat du sergent Samuel Doe (1980). Sur fond de massacres, le mutin ordonnera le saccage du temple le plus fameux de Monrovia. S'il n'y a pas mort d'homme, la violence des querelles au sein même de la nébuleuse des Lumières laisse pantois. Il y a bien sûr la rivalité entre le GODF, réputé de gauche et très attaché à la laïcité, et la GLNF, qui attend de ses ouailles la foi en un Grand Architecte d'essence divine ; classée à droite, celle-ci doit à sa stratégie d'entrisme par le haut - priorité à la cooptation des chefs d'Etat - de tailler depuis vingt ans des croupières au Grand Orient, pionnier de l'enracinement maçon en terre d'Afrique. Témoin, le 90e anniversaire de la Grande Loge nationale française, fêté avec faste en décembre 2003 dans un palace cannois : un écran géant déployé dans le lobby du Grand Hôtel diffuse alors en boucle l'arrivée à l'aéroport de Nice d'une demi-douzaine de présidents africains, Bongo et Sassou en tête, escortés par le grand maître Jean-Charles Foellner. Mais il y a surtout les déchirements internes et les guéguerres de succession.

« Pourquoi pas une ligne Subvention Foellner au Budget ? »

Le profane ne saurait soupçonner la virulence des imprécations, parfois fondées d'ailleurs, qui circulent par courrier ou sur le Web. Affairisme, détournements de fonds, cavalerie financière, mœurs, alcoolisme : tout est bon pour détrôner l'adversaire. En 2004, un document suffit à ébranler les colonnes du temple GLNF. Il s'agit de la photocopie d'une lettre à en-tête du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie du Congo-Brazzaville, datée du 18 novembre 2002 et signée par Rodolphe Adada, titulaire du portefeuille à l'époque. La missive prie le trésorier-payeur général de remettre, « sur instructions du président de la République », la somme de 250 millions de francs CFA - soit plus de 380 000 euros - au grand maître Foellner. « Montage ! Faux grossier ! s'insurge Adada, prompt à pointer les incohérences de la lettre. Si le chef de l'Etat voulait faire don d'une telle somme, croyez-vous vraiment qu'il agirait ainsi ? Pourquoi pas inscrire carrément une ligne Subvention Foellner au Budget ? » « Ce poulet est douteux, nuance un Congolais initié à plus d'un titre, mais la pratique est courante. Dans le genre, croyez-moi, on a vu pire. » Jamais Alain Bauer n'oubliera ce tête-à-tête avec Omar Bongo, au Palais du bord de mer, à Libreville, ni les trois mallettes pleines de cash, posées sur l'estrade où trône le bureau du chef. « Il prétendait épauler ainsi la fraternité, se souvient le criminologue. Un vrai choc culturel... »

« Un univers pourri jusqu'à la moelle »

Un autre travers fausse l'équerre : l'initiation à marche forcée de despotes élus ou pas, hermétiques aux idéaux humanistes de la maçonnerie et propulsés au sommet de la hiérarchie, sinon à la tête d'une obédience taillée sur mesure. « Brûler ainsi les étapes, c'est idiot », grommelle Guy Penne. Tel fut le cas du défunt Robert Gueï, initié en présence d'une brochette d'anciens officiers français et catapulté en un clin d'œil au 33e degré, dignité suprême. Soulève-t-on ce dévoiement et l'ascension météorique de Sassou devant François Stifani (GLNF) ? La riposte cingle : « Je ne peux pas vous laisser dire ça. Le président Sassou-Nguesso tient son maillet de manière impeccable. Chez lui, l'observance des rites est exemplaire. Moi, à la différence de mes amis du GO, je ne fais pas de politique. » L'ennui, c'est que DSN, lui, ne fait que cela. « Il veut verrouiller un consensus maçon en sa faveur d'ici à l'échéance présidentielle de 2009, avance un dignitaire congolais. Son gouvernement compte une vingtaine de frères, mais où sont les écoles, les dispensaires, les routes, les emplois, les retraites, la justice, la solidarité, le partage. Où ? Que devient le pactole que nous vaut la flambée du cours du pétrole ? » « Cessons donc d'infliger des leçons à l'Afrique, réplique Stifani l'Antibois. Pourquoi la France jetterait-elle l'anathème sur ses leaders au moment où l'Amérique et la Chine les courtisent ? » Antibois, certes. Anti-langue de bois, voire...

Au Gabon, au Congo-Brazza ou au Cameroun, décrocher un maroquin demeure, pour le non-initié, un authentique exploit. Reste que l'allégeance maçonne ne suffit pas toujours. En décembre 2004, le frère centrafricain Charles Massi, candidat à la magistrature suprême, sollicite les conseils de Bongo. A l'en croire, celui-ci lui suggère de négocier avec son futur vainqueur François Bozizé un accord de désistement mutuel « sous le couvert de la Veuve ». Trois ans plus tard, le même Massi, nommé entre-temps à l'Agriculture, fera les frais d'un remaniement, tout comme Enoch Lakoué-Derant, protégé de Sassou et prétendant malheureux à la primature (2).

Maçonnerie d'affaires, maçonnerie du ventre : maintes histoires de corruption plombent, en Afrique comme ailleurs, le prestige des loges. « Ma première impression ? Un univers pourri jusqu'à la moelle », assène Alain Bauer. « Dans le business, concède un proche de Sassou-Nguesso, le risque de trafic d'influence n'est jamais loin. A offres égales, je choisis le frère. Mais je vois mal un décideur écarter le mieux-disant profane au profit d'un initié. » En revanche, la fraternelle postcoloniale n'a rien d'un mythe. « Les passerelles fonctionnent, souligne Joseph Badila. Pour le pire, dès lors qu'elles perpétuent les travers de la Françafrique. Et pour le meilleur, parfois. Quand on peinait à instaurer à Brazza le guichet unique pour les entreprises, j'ai appelé un frère, expert en la matière au cabinet d'Alain Madelin, alors ministre de l'Economie. Sa venue nous a été utile. »

L'hôtel de Montesquiou, siège du ministère de la Coopération, a vu passer sous ses lambris plus d'un frangin. Avec un bonheur inégal : paravent d'un pillage des fonds publics, le Carrefour du développement torpilla en 1984 la carrière du socialiste Christian Nucci et de son chef de cabinet Yves Chalier, son parrain en maçonnerie, tendance Grand Orient. Plus tard vint l'Aveyronnais Jacques Godfrain, jadis élu... de Saint-Affrique. Comment le sait-on ? Grâce à la convocation à un atelier de son obédience que ce disciple de Jacques Foccart avait laissé traîner sur une photocopieuse. Machiavel africain de la France gaulliste, Foccart avait pris soin d'affranchir Guy Penne, fraîchement installé au 2, rue de L'Elysée. « Vous vous débrouillez pas mal, lui dit-il alors. Les premiers échos sont bons. Au fait, vous savez ce qui vous vaut d'être là ? Votre profil franc-mac'. » Un pedigree qui ne sauvera pas l'ancien patron du Quai d'Orsay, Roland Dumas, suspendu du GO par Alain Bauer sur fond d'affaire Elf. Question à 1 million de CFA : Omar Bongo aurait-il exigé - et obtenu - la tête de Jean-Marie Bockel si ce dernier avait été maçon ? Question à 2 millions de CFA : Bockel aurait-il dans ce cas prétendu « signer l'acte de décès de la Françafrique » ?

Qui l'eût cru ? Les initiés sont légions au sein de la tribu des « sorciers blancs », ces conseillers en communication familiers des palais africains. Témoin, Patricia Balme. A l'en croire, la fondatrice de PB Com International n'a jamais évoqué son engagement maçonnique avec ses clients, tels le président camerounais Paul Biya, le chef d'Etat centrafricain François Bozizé, l'opposant ivoirien Alassane Ouattara ou l'ex-ministre français Renaud Dutreil. Etrange coïncidence : tous, à l'exception de Biya, affilié à la mouvance Rose-Croix, sont des « triponctués ».

Quelques cadavres et de troublantes énigmes

Les placards de la maçonnerie franco-africaine recèlent encore quelques cadavres et plus d'une troublante énigme. A commencer par la mort, en février 1987, de Michel Baroin, ancien grand maître du GO et alors patron de la Garantie mutuelle des fonctionnaires (GMF), tué avec six frères, tous hommes d'affaires, lors du crash de son jet privé sur les flancs du mont Cameroun. Un autre épisode, plus ancien, mérite qu'on s'y arrête : l'assassinat, le 26 août 1973, du communiste tchadien Outel Bono, trois jours avant le lancement programmé d'un nouveau parti d'opposition. Selon les proches de cet ancien médecin-chef de l'hôpital de Fort-Lamy - aujourd'hui N'Djamena - son sort aurait été en partie scellé lors d'échanges entre le gouverneur de la Banque de développement du Tchad et un ex-colonel des services français, nommé Henri Bayonne, tous deux membres de la même loge parisienne de la GLNF. Pure coïncidence, sans doute.

(1) Joseph Badila est l'auteur de La Franc-Maçonnerie en Afrique noire (Detrad, 2004).
(2) La Lettre du continent, bimestriel confidentiel très au fait des arcanes maçonnes.
Par Vincent Hugeux, avec François Koch

Source : Trombinoscope

Tous les chefs d'Etat africains francs-maçons gravitent dans l'orbite de la Grande Loge nationale française (GLNF).

Les frères au grand jour

Omar Bongo Ondimba (Gabon).
Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville).
Idriss Déby Itno (Tchad).
François Bozizé (République centrafricaine). A noter que celui-ci, par ailleurs révérend supérieur d'une Eglise du christianisme céleste-Nouvelle Jérusalem, a sollicité à l'automne 2007 la bénédiction du pape Benoît XVI.

Les frères de l'ombre

Ceux-là s'abstiennent de confirmer, voire démentent. Il arrive que les sources initiées consultées par L'Express se contredisent...
Abdoulaye Wade (Sénégal). A, semble-t-il, pris ses distances avec sa loge. D'autant qu'il doit tenir compte de l'hostilité de l'islam confrérique envers la franc-maçonnerie.
Blaise Compaoré (Burkina Faso). Parrainé par son ministre des Affaires étrangères, Djibril Bassolé.
Amadou Toumani Touré (Mali).
Mamadou Tandja (Niger).
Thomas Yayi Boni (Bénin).
Paul Biya (Cameroun). Aurait été initié avant de se rapprocher de la mouvance rosicrucienne.

Les demi-frères

Ils ont été approchés et envisagent de rallier la « tribu ».
Faure Gnassingbé (Togo).
Joseph Kabila (République démocratique du Congo).

Un legs colonial

Dédiée à « Saint-Jacques des Vrais Amis rassemblés », la première loge en terre africaine a vu le jour en 1781 à Saint-Louis du Sénégal. Il s'agira longtemps d'une maçonnerie coloniale, réunissant sous le maillet militaires, commerçants et fonctionnaires. Plusieurs maçons fameux ont plaidé en faveur de l'abolition de l'esclavage, notamment l'abbé Grégoire sous la Révolution puis Victor Schœlcher. D'autres ont œuvré à l'expansion de l'empire français, tels Pierre Savorgnan de Brazza et Jules Ferry, désireux d'« apporter les Lumières aux races inférieures ». L'émir algérien Abd el-Kader a rallié le Grand Orient en 1864. Longtemps laissés à la porte du Temple, les frères noirs y trouvent peu à peu leur place au XXe siècle. Citons le Sénégalais Blaise Diagne, nommé commissaire de la République en 1918 par Clemenceau, puis sous-secrétaire d'Etat aux Colonies sous Paul Doumer, ou le Guyanais Félix Eboué, qui, gouverneur du Tchad en 1940, rallie l'Afrique centrale à la France libre. A l'heure des indépendances, les loges africaines s'émancipent, créant des obédiences nationales, souvent nées de la fusion entre les filiales locales du GO et de la GLNF.
A lire : La Franc-Maçonnerie en Afrique, par Georges Odo. Editions maçonniques de France, 2000.
Par Vincent Hugeux, avec François Koch

Source : L'Express
Autre lien : http://www.bakchich.info/article4440.html


Dernière mise à jour : ( 18-07-2008 )

03:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 20 juillet 2008

L'AMBASSADEUR DE FRANCE A MADAGASCAR RENVOYE POUR SES LIENS AVEC DES COUPS D'ETAT ET ASSASSINAT POLITIQUE

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juillet 16, 2008

L’ambassadeur de France à Madagascar, Gildas Le Lidec, était en poste à Kinshasa lors de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, tout comme il était à Abidjan lorsque des rebelles ont tenté - en vain - un coup d’Etat contre le président Laurent Gbagbo.

Il n’en a pas fallu plus au président malgache Ravalomana, pour lui demander de quitter le territoire malgache, et s’en aller “ambassader” ailleurs, sous d’autres tropiques. Son entrevue avec le président français, Nicolas Sarkozy en Avril dernier n’a rien changé à la conviction du président malgache (que les diplomates français s’évertuent à présenter comme un “arriéré” !!)

5 mois après avoir présenté ses lettres de créances au président malgache, Gildas Le Lidec va devoir se trouver un autre poste. Pour Madagascar, son nom est associé à trop de problème ressemblant étrangement à la Françafrique.

Le président malgache redoutait ainsi d’être pris par la “malchance” qui suit Gildas Le Lidec dans les pays africains où il passe, et on doit dire qu’en tant que président, même si la raison semble farfelue, il a tout à fait raison d’appliquer le principe de sécurité face à un diplomate que la barbouzerie semble poursuivre partout où il passe!

Comble de la honte, Gildas Le Lidec a dû l’annoncer le 14 Juillet, jour de la fête nationale de la France!


Sources: 20mai.net et Le Monde

21:55 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 19 juillet 2008

DE L’ENGAGEMENT PATRIOTIQUE A LA CROISADE SOCIALE : TOUS MES ARTICLES PUBLIES DANS LA PRESSE IVOIRIENNE

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Chers bien-aimés frères et sœurs,


La crise ivoirienne qui s’est enclenchée dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002, a révélé en moi un talent caché de chroniqueur amateur qui, pendant trois bonnes années (2006 – 2008), a croqué l’actualité socio-politique ivoirienne, à pleines dents.

Mon engagement pour l’Etat, la République, la Nation et le Peuple ivoiriens n’a souffert d’aucune équivoque, depuis les premières heures de la crise jusqu’à ce jour.
Mais cet engagement très fort, qui a quelquefois fait craindre à des amis pour mon intégrité physique, a pris des postures différentes, en fonction de l’heure et des enjeux.
C’est ainsi que plus d’un ont pu voir Dindé Fernand, le patriote indéracinable (sans jamais cesser de l’être), muer en défenseur indécrottable des causes sociales ivoiriennes et des valeurs éthiques et morales, au risque d’apparaître comme un opposant politique.

A travers les 18 différentes parutions de 12 (sur plus d’une centaine) de mes articles dans la presse ivoirienne (dans 6 quotidiens, en tout), allant de la presse « bleue » (Camp présidentiel) à la presse « verte » (Opposition), que je vous énumère ici (et qui sont tous postés sur mon blog, à l’exception d’un seul), découvrez le cheminement singulier de mon engagement pour mon pays et pour mon peuple, celui d’un patriote viscéralement convaincu mais tout à la fois lucide et critique contre son propre camp (si on peut le dire ainsi), qui se refuse à la langue de bois, au laxisme intellectuel et moral et au fatalisme :


1- La résolution 1721, un texte franchement décousu

Notre Voie, N° 2529 des Samedi 4 et Dimanche 5 Novembre 2006, p.10, rubrique Contribution.

2- Ecriture et Engagement

(Publié sous le titre : Vents de recolonisation, écriture de combat).
Afrique Matin, N° 103 du Mardi 27 Mars 2007, p.2, rubrique Opinion.

3- Jusqu’à quand serez-vous en état de grâce, Monsieur le Président ?
Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République.


Le Nouveau Réveil, N° 1712 du Mardi 4 Septembre 2007, p.6 et 7, rubrique Politique.
Le Courrier d’Abidjan, N° 1103 du Mercredi 5 Septembre 2007, p.9 et 10, rubrique Votre Courrier.

4- Droit de réponse à Théophile Kouamouo
(Rédacteur en Chef du quotidien Le Courrier d’Abidjan)


Le Courrier d’Abidjan, N° 1111 du Vendredi 14 Septembre 2007, p.8, rubrique Votre Courrier.

5- Sortir de la logique de la récompense (les Patriotes)

Le Courrier d’Abidjan, N° 1138 du Jeudi 18 Octobre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

6- Un discours rassurant (Gbagbo), mais un gros point d’ombre : la corruption

Le Courrier d’Abidjan, N° 1141 du Lundi 22 Octobre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

7- L’illogisme suspect de l’ONU

Le Courrier d’Abidjan, N° 1149 des Mercredi 31 Octobre et Jeudi 1er Novembre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

8- La France paiera un jour pour tous ses crimes

Le Courrier d’Abidjan, N° 1161 du Vendredi 16 Novembre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

9- Mes propositions pour la Côte d’Ivoire

(Publié à la Une, sous le titre : Diagnostic du mal ivoirien. 16 mesures à Gbagbo pour redresser la Côte d’Ivoire)
Le Temps, N° 1508 du Mercredi 7 Mai 2008, p.1, 6 et 7, rubrique Temps Fort.
QUOTIDIEN LE TEMPS. 7 MAI 2008.jpg


(Publié sous le titre : Crise sociale, décrépitude morale…Diagnostic et solution au mal ivoirien)
Le Matin d’Abidjan, N° 750, 751 et 752 des Mercredi 7 (p.9), Jeudi 8 et Vendredi 9 Mai 2008, p.11, rubrique Tribune.

10- Les choses bougent enfin dans ce pays. Nous n’en demandons pas mieux

(Publié sous le titre : Racket, dérives éthiques et morales, corruption…Quand les choses bougent enfin)
Le Matin d’Abidjan, N° 762 et 763 des Jeudi 22 et Vendredi 23 Mai 2008, p.11, rubrique Tribune.

11- Lutte contre le racket en Côte d’Ivoire : Aller plus loin

Notre Voie, N° 3022 du Mardi 1er Juillet 2008, p.7, rubrique Contribution.

Notre Voie, N° 3033 du Lundi 14 Juillet 2008, p.11, rubrique Contribution (C'est ce dernier numéro qui sert d'illustration photo à cet article, en chapeau de texte).

12- Article paru, en 2007, sous un pseudonyme. Très caustique. Contre un
citoyen ivoirien affreusement corrompu.


Non disponible sur mon blog. Je ne peux vous en donner le titre, ni la dénomination du quotidien qui l’a publié, pour des raisons évidentes, mais je peux vous assurer que cela a fait mouche !


L’esprit en alerte, je me tiens quotidiennement à la brèche et en éveil, au nom de l’amour immense qui m’étreint pour mon pays, la Côte d’Ivoire et pour ma terre génitrice, l’Afrique.
Merci à tous ceux qui ont bien voulu m’accompagner dans cette belle aventure et partager ma passion pour mon peuple !


Que DIEU vous bénisse tous, richement !


DINDE Fernand AGBO

13:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (3) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 15 juillet 2008

POUR COMPRENDRE LE PRESIDENT A VIE DU ZIMBABWE, ROBERT MUGABE, ET LE MAL QUI RONGE L'AFRIQUE DEPUIS SES INDEPENDANCES

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juillet 8, 2008

Les Présidentielles au Zimbabwé qui ont duré trois bons mois (du 29 mars au 29 Juin 2008) pourraient s’apparenter à une grande farce pour qui méconnaît le processus historique qui y mène : depuis les simulacres d’indépendance qui ont confié les rênes des pays africains aux commis des ex-empires coloniaux à la mutation de ces mêmes commis en dictateurs dans une indifférence internationale totale, l’Afrique et les africains sont les grands sacrifiés de l’Ordre International.
Le plus souvent, l’ONU est impuissante se contentant d’un rôle d’observation, ou alors de résolutions imposant des sanctions qui pèsent sur les populations et jamais sur leurs dirigeants et quand l’ONU avance, elle se constitue en force d’interposition, sans plus. C’est-à-dire en force favorisant le statu quo de l’exercice de la dictature. L’ONU reconnaît les Etats et pas les Nations. Par conséquent, tout Etat, dictatorial ou non, affameur on non, prédateur des richesses publiques ou non, est reconnu à l’ONU au même titre que tous les autres Etats du Monde.
Quant à l’Union Africaine, elle est dans un état contemplatif et en sort sporadiquement pour, elle aussi, observer et quand elle peut faire un peu plus, proposer un gouvernement d’alliance nationale lors des sessions forcément extraordinaires, puisqu’elle n’a pas de culture de la prévention.
A l’aube du 21ème siècle, en Afrique, les mots comme processus démocratique, changement, droits de l’homme, Justice, civilisation qui implique le respect de la vie et de la liberté humaines restent des chimères. La faute à qui ? A un ordre international complice qui cautionne le Pillage d’un côté et prône la Morale dans les discours.
Le Développement Durable sera-t-il, comme la croissance et le développement hier, exclusivement réservé aux pays riches? Que devient deux des principes fondamentaux de ce Développement Durable savoir celui de la Solidarité, non seulement dans l’espace mais aussi dans le temps d’une part, et celui de la Responsabilité, d’autre part?
Cette chronologie des évènements est faite pour nous servir d’aide mémoire.

ACTE 1: DIVISER POUR MIEUX REGNER

Souvenons-nous. 1962, un livre «l’Afrique Noire est mal partie» de René Dumont, Ecologiste avant l’heure. Souvenons-nous encore. A la publication de l’ouvrage, beaucoup avait pensé que la formule était exagérée, malgré les démonstrations imparables contenues dans le livre. Ils disaient en chœur, «le pire n’est jamais certain». Pensez donc, une vision aussi sombre et aussi noire, c’était le cas de le dire, une vision aussi noire au moment où les pays africains accédaient à l’indépendance était tout simplement irrecevable.
Effectivement, dit aussi crûment, le message avait le tort de transformer l’euphorie des indépendances arrachées au prix des guerres de décolonisation terribles en un épisode déprimant. Bref, cette formule risquait de démolir le rêve d’une victoire arrachée à la force des armes, du poignet et du patriotisme. Les africains voulaient croire que l’Afrique serait désormais gouvernée et gérée par les africains, devenus enfin libres! COMME C’ETAIT  BEAU MAIS NAIF.
Pourtant, les indépendances acquises dans l’improvisation la plus totale, sans aucune période de transition, dans un immense bain de sang, de surcroît, justifiaient à elles toutes seules le titre de l’ouvrage de René Dumont.
Déjà les frontières des pays découpées à la fauche devaient mettre la puce à l’oreille. Des ethnies semblables ont été dispersées dans des pays différents et des ethnies différentes regroupées dans un même pays ; ce qui revient d’ailleurs au même. Une application pratique de la théorie cynique: «diviser pour mieux régner».
Comme si cela ne suffisait pas, les dirigeants africains eux-mêmes ont pris le relais de cet adage qu’ils ont transposé à leur manière en faisant de la préférence ethnique et tribale leur méthode de gouvernance : chaque dirigeant favorise sa Région et ses ressortissants et ignore les autres régions de son Etat. Les germes de l’embrassement sont présents dans ce favoritisme tribal.
Mais, les Chefs d’Etat n’en ont cure. Chaque Président exclut les autres ethnies de l’accès aux postes publics, aux Pouvoirs, aux richesses nationales et aux biens publics. On en vient donc à observer que c’est le dirigeant politique, le Chef de l’Etat lui-même qui transforme les différences ethniques naturelles en confrontations guerrières.
Depuis les années 90, ce cycle culmine avec la revendication de la démocratie. Les africains veulent la démocratie. Ceux qui disaient que les africains n’étaient pas prêts pour la démocratie se trompaient. La preuve, combien d’africains sont déjà morts pour cette grande cause ? Des millions.
Voici un bilan non exhaustif. 1967-1970, la guerre du Biafra: 1 million de morts. 1994, le Rwand : un million de morts. Hier, la Somalie, l’Ethiopie, le Libéria, le Sierra Léone, l’Angola, le Congo Brazzaville, le Tchad, le Rwanda, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire. Il y a si peu encore, c’était le Kenya et, aujourd’hui encore, le Darfour au Soudan. Comment l’Afrique en est-elle arrivée à avoir des dirigeants sans aucune fibre patriotique? La “Françafrique“, concept popularisé par François-Xavier Verschave (décédé en Juin 2005) donne une clé explicative1.
Pendant les guerres de décolonisation et, bien après, les anciennes colonies se sont livrées à un acte de sabordage spirituel. En tuant systématiquement tous les Leaders indépendantistes, ceux qui revendiquaient les indépendances et qui étaient préparés à prendre la relève, les africains se sont retrouvés en quelque sorte orphelins. Sans pères fondateurs, sans têtes pensantes. Pour couronner le tout, les nouveaux dirigeants ont été choisis, puis installés à la hâte par les anciennes puissances coloniales. Ce qui s’appelait colonisation a pris le nom de coopérations d’Etats. Changement de nom mais pas de procédures ni de méthodes. Plus tard, les essayistes ont appelé cela le néocolonialisme. En clair tout continue comme avant.
D’ailleurs, lorsque les dirigeants africains ne convenaient plus à la métropole, un coup d’Etat était dirigé contre eux et ils étaient remplacés par un autre pion. Bob Denard, maître des coups d’Etat en Afrique en a tiré une gloire. Il faut dire que les accords d’assistance militaire étant d’un flou absolu, les bases militaires françaises en Afrique étaient manifestement là pour maintenir l’ordre en Afrique, c’est-à-dire pour protéger le Chef de l’Etat contre son peuple et son opposition. D’ailleurs, il n’y avait et il ne pouvait y avoir qu’un parti unique dans chaque Etat. Opposition zéro.
Le Chef de l’Etat en Afrique n’avait donc pas de comptes à rendre à son peuple mais à son ancienne métropole. Robert Mugabe lui a passé ce cap; il ne rend plus compte qu’à lui-même, convaincu, comme il l’a dit lui même que le Pouvoir lui a été donné depuis les indépendances par Dieu. Si telle est sa conviction profonde, pourquoi avoir organisé des élections? Le Pouvoir est d’ordre divin ou d’ordre démocratique, pas des deux ordres à la fois, même si les puristes avancent - avec raison - que toute autorité procède de Dieu.
Donc, à l’école des pratiques de la coopération d’Etats, les Chefs d’Etat africains ont retenu trois choses au moins: qu’il fallait systématiquement éliminer les opposants au régime politique, que la corruption et le détournement des fonds publics étaient couverts, dès lors qu’il suffisait de transférer les fonds ainsi détournés dans les institutions bancaires européennes voire de les injecter dans les circuits financiers occidentaux ou de les investir en dehors de l’Afrique. Et ils ont retenu enfin la leçon diabolique : diviser pour mieux régner. Le bilan: c’est le désastre actuel.

ACTE 2: L’AFRIQUE, NOUVELLES FRONTIERES DU BIG BUSINESS

Souvenons nous encore. Le 26 Février 1885 prenait fin la conférence de Berlin sur le partage de l’Afrique. Convaincus par les militaires, les aventuriers et les philanthropes de tout poil, les responsables politiques comme le républicain français Jules Ferry, le conservateur britannique Benjamin Disraeli, le Roi des Belges, Léopold II qui avait déjà puissamment investi au Congo Léopoldville à titre personnel et bien d’autres encore se sont ralliés à l’idée d’une Afrique sans maître qu’il fallait se partager. Le Chancelier allemand Otto von Bismark convia donc les représentants des Etats-Unis et de 13 pays européens à se répartir les dernières terres qui échappaient encore à la mainmise occidentale, comprendre à la civilisation.
En trois mois, les règles de l’occupation de l’Afrique furent fixées. Liberté de navigation sur les grands fleuves africains ; liberté pour les Etats européens déjà présents sur le littoral d’annexer l’arrière pays correspondant. Attribution à titre privé d’un vaste territoire au cœur de l’Afrique noire au Roi des Belges, Léopold II. Le pays est donc devenu la propriété du Roi des Belges et a été baptisé « Congo Léopoldville » du nom du fleuve Congo et du propriétaire. A sa mort, Léopold II lèguera le Congo à la Belgique. Tout simplement. C’était le temps des colonies.
Puis vint le temps des indépendances, 1960. Puis, celui des premiers soubresauts avec la guerre du Biafra en 1967 : guerre pour le pétrole déjà. Comme la guerre du golfe 1 en 1990. Avec la guerre du Biafra on assiste à l’entrée en scène des Humanitaires sous la bannière de «Médecins sans frontières» avec le Ministre français actuel des affaires étrangères, en co-fondateur, Bernard Kouchner, théoricien du droit d’ingérence.
A partir des années 1979, certains dictateurs en Afrique, sûrs de leur impunité, se transforment en Seigneurs de Guerre. Charles Taylor Président du Libéria de 1997 à 2003, en devient l’emblème. Devenu Président, l’ancien Chef des rebelles continuera à régner en parrain en Sierra Léone jusqu’en 2000 lorsque Tony Blair décide d’envoyer les forces spéciales britanniques pour mettre fin au bain de sang en Sierra Léone.
Qui est donc Charles Taylor ? En 1989, Charles Taylor se lance à la conquête de Monrovia, la capitale du Libéria. Il est alors le chef des rebelles du Front national patriotique du Libéria. Pour financer une guerre qui va finalement durer huit ans, Charles Taylor s’allie avec un autre chef de la rébellion en Sierra Léone, Foday Sankoh. Les deux chefs rebelles s’emparent des mines de diamants de la Sierra Leone qui leur permettront d’acheter des armes. Ces diamants de sang atterrissent à Anvers en Belgique où ils sont écoulés. Ils rapporteront un beau pactole à ces 2 Seigneurs de la guerre qu’on estime à 200 millions de dollars au moins.
L’armée des rebelles est impitoyable : elle enrôle des jeunes soldats drogués et dressés pour tuer. Les témoignages d’enfants rescapés font état de faits innommables : les enfants étaient enrôlés de force ; ils avaient ordre de tuer y compris leur père et mère, ordre de violer et de mutiler les hommes et les femmes, ordre de piller. Bref, leur mission était de semer la terreur. Une expression est devenue célèbre «manches courtes - manches longues».
Dans son livre «Allah n’est pas obligé», l’écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma en a donné une description effroyable. Il faut relire ce passage qui dit ceci : « Il faut couper les mains, au maximum de personnes, au maximum de citoyens Sierra Léonais. Il faut couper les mains à tout Sierra Léonais fait prisonnier avant de le renvoyer dans la zone occupée par les forces gouvernementales. Foday donna les ordres et les méthodes et les ordres et les méthodes furent appliqués. On procéda aux « manches courtes » et aux « manches longues ». Les manches courtes c’est quand on ampute les avant bras du patient au coude, les manches longues, c’est lorsqu’on ampute les deux bras aux poignets. Les amputations furent générales, sans exception et sans pitié.
Quand une femme se présentait avec son enfant au dos, la femme était amputée et son bébé aussi. Quel que soit l’âge du nourrisson. Autant amputer les citoyens bébés car ce sont de futurs électeurs ».
Il faut noter que pendant ces années de terreur, le business continuait as usual. Au Libéria, les exportateurs européens ou américains de bois et de caoutchouc continuaient leurs affaires comme si de rien n’était. Elu en 1997 avec un slogan de terreur « Il a tué mon père, il a tué ma mère, mais je vote pour lui », en promettant de remettre le pays à sang, s’il n’était pas élu, Charles Taylor est finalement chassé du Pouvoir en 2003 par une nouvelle rébellion. Il s’exile au Nigéria d’où il est extradé à la Haye en 2006, après avoir échoué sa tentative d’évasion vers le Cameroun.
A la Cour spéciale pour la Sierra Léone (CSSL) qui siège exceptionnellement à la Cour Pénale internationale (CPI) à la Haye, en raison des troubles que le procès de ce parrain aurait pu faire courir à la sous région, Charles Taylor doit répondre de deux chefs d’accusation « crimes de guerres » et « crimes contre l’humanité ». 2003 marque la chute de Charles Taylor et la fin d’un autre dictateur sanguinaire, exilé en Arabie Saoudite: la mort d’un certain Idi Amin, Président de l’Ouganda, arrivé au Pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat. Il dirigera l’Ouganda de 1971 à 1979. Son régime est accusé d’avoir fait entre 300 000 et 500 000 morts. Des civils opposants au régime.

ACTE 3: L’AFRIQUE A NU

Voilà donc l’Afrique en pleine interrogation, depuis qu’elle observe qu’elle peut créer des dictateurs encore plus sanguinaires que les ex-colons. L’Afrique qui ne peut plus tout mettre sur le dos de la colonisation. L’Afrique qui ne peut plus se reposer sur les coopérations d’Etat. L’Afrique face au Miroir. Seule depuis la conférence de Berlin de 1885. L’Afrique face au destin qu’elle semble appeler depuis 1985 avec un slogan local: «l’africanisation des cadres».
Nous sommes en 1985. 25 ans seulement après les indépendances durement conquises, le rêve d’une Afrique en voie de décollage économique commence à s’écrouler. Les premiers signes de la faillite des Etats sont apparus en 1979 avec la chute du cours du cacao et se sont accentués sur toute la décennie qui a suivi. C’est au bout de cette lente agonie de la chute des cours des matières premières, que le FMI entre en scène en Afrique avec ses fameux plans d’ajustements structurels, pour assainir les comptes publics et la gestion des affaires de l’Etat.
Curieusement, l’orthodoxie économique implacable des Plans d’ajustements structurels a eu pour effet immédiat d’accélérer la crise économique en y ajoutant la faillite sociale. Au point que le FMI a été obligé d’ajuster socialement les plans d’ajustements structurels. Avouez que ajuster l’ajustement, cela ne manquait pas de sel. Reste que le FMI a quand même ouvert une brèche dans une comptabilité publique hermétique. Sans marges de manœuvre, le même FMI a prescrit à l’Afrique un autre poison lent: la privatisation de tout ce que l’Etat ne peut pas économiquement viabiliser.
Autant dire de presque tout en Afrique. La grande braderie s’est donc mise en place. Au final, deux acteurs dominent l’Afrique actuelle: les Organisations non gouvernementales financées à coups de millions d’euros ou de dollars par les Etats occidentaux et les multinationales, les nouveaux prédateurs. Il semblerait que les premiers employeurs en Afrique aujourd’hui soient les ONG, encore une curiosité.
Souvenons nous encore. Après la chute du mur de Berlin, en 1989, François Mitterand a eu une phrase heureuse lors du sommet franco africain de la Baule «l’aide contre la démocratie». Tout le monde avait applaudi. Hélas, hélas, la joie fut de courte durée, puisqu’on sait depuis que le Président était personnellement lié d’amitié avec le Président rwandais Hutu Habyarimana, tué par un missile terroriste en plein vol, alors que celui-ci rentrait au Rwanda. Les Hutus ont attribué cet acte aux Tutsis. On connaît la suite: un génocide et 1 million de morts. Dans la province du Kivu, province de la République démocratique du Congo, ex Congo Léopoldville, proche du Rwanda, les viols, les meurtres et les crimes issus de cette guerre du Rwanda viennent à peine de s’éteindre et encore, cela reste à vérifier.
Depuis le discours de la Baule, l’aide contre la démocratie, non seulement il n’y a pas eu de démocratie, l’aide n’a pas été interrompue pour autant et en plus la majorité des chefs d’Etats africains qui étaient déjà au Pouvoir en 1989 sont toujours au Pouvoir. Certains d’entre eux, envisagent même de recourir au changement de la Constitution pour rester au Pouvoir à vie. Et la communauté internationale ne dit rien. Si, elle partage l’Afrique entre les ONG, les nouvelles fondations civiles, les Evangélistes et les multinationales, comme les grandes puissances se l’étaient partagée auparavant à Berlin en 1885.
Pendant ce temps-là, l’Union africaine a eu toutes les peines du Monde pour gérer la crise au Kenya, comme toutes les autres crises du continent dont celle du Zimbabwe. Après Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix en 1984, ancien Archevèque du cap, ce qui lui confère une autorité morale en Afrique, Kofi Annan, l’ex secrétaire Général de l’ONU a pris le relais de la médiation entre le Président Kenyan élu en fraude, Mwai Kibaki et son rival malheureux, Raila Odinga. Le compromis: le Président frauduleux reste en place, le candidat volé obtient un lot de consolation en devenant Premier Ministre.
L’Afrique était donc bel et bien mal partie. Et elle risque de repartir mal tant que les pays occidentaux continueront par exemple à lui vendre des armes dont elle n’a que faire. L’Union européenne en a pris acte. Tout sauf les armes pour bénéficier de l’aide européenne. On jugera dans les faits.
Là-dessus, le Président Nicolas Sarkozy, lors de sa visite africaine en Juin 2007,  déclarait à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar que : «l’Africain doit entrer davantage dans l’histoire. Jamais a-t-il dit, l’africain ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin». Les africanistes et les africains ont reçu cette phrase comme une balle en plein coeur.  Sous le choc, certains avaient même cru qu’il s’agissait de l’acte de décès de la Françafrique. Ici en France, Bernard Henri Lévy a qualifié la plume de l’Elysée de « raciste » et celui-ci, Henri Guaino a répondu à Bernard Henri Lévy qu’il était un « gros c... ».
Personnellement, je ne crois pas que les propos de Dakar du Président Sarkozy soient dénués d’objectivité. Par contre, quand il dit à Libreville, à la suite de Dakar, « que la colonisation n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les africains entre eux, des génocides, des dictateurs, du fanatisme, de la corruption », la réponse est plus nuancée. Ce n’est effectivement pas la faute de la colonisation. C’est celle de la coopération d’Etats. La colonisation est venue avec de vrais missionnaires et des businessmen à visage découvert. La coopération d’Etats est venue avec des faux prédicateurs. Le FMI lui promet carrément de faux Sauveurs à l’Afrique.
Quant aux ONG, ce n’est pas une solution durable. En fait, tous ceux qui prétendent aider l’Afrique se servent copieusement au passage. Comment peut-il en être autrement puisque les premiers à se servir copieusement sont les dirigeants africains.
Et les africains dans tout ça, me direz vous ? En pleine quête identitaire, ils ont découvert qu’ils seraient descendants de l’Egypte des pharaons Noirs.
Imhotep est devenu leur emblème et Cheikh Anta Diop, l’égyptologue, leur icône. Un site Africamaat, «l’Afrique de tous les savoirs» porte haut et fort cette quête.  Un autre «Ankh» de Mr. M’backe concentre la recherche appliquée à ce sujet. Alors, quand le Président Nicolas Sarkozy leur dit que «l’Africain doit entrer dans l’Histoire», au sein du temple du savoir baptisé Cheikh Anta Diop, vous comprenez le cri d’horreur! Quoi, nous dire ça à nous, les descendants de la civilisation Egyptienne et Nubienne !
L’Egypte qui a tout inventé : l’urbanité, l’architecture, les mathématiques, la politique, tous les savoirs quoi. S’entendre dire, je cite le Président de la République que : « l’homme africain ne serait pas assez entré dans l’histoire; que dans son imaginaire il n’y a pas de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès, Jamais il ne s’élance vers l’avenir ». C’en était trop. La vérité c’est que, devant une telle charge civilisationnelle, l’Afrique n’a rien à opposer, elle est nue. A Dakar, le choc a été tel qu’une historienne malienne, a proposé à ses collègues de mettre en place un comité interafricain de rédaction de l’histoire de l’Afrique à l’intention du Président de la République française.
Fausse route. Une telle initiative n’a de sens que si elle s’adresse d’abord aux élites africaines et si elle sert de base d’éducation aux premiers concernés : les africains bien sûr. Cela fait trop longtemps que l’Afrique louvoie, tâtonne et se fourvoie et que le monde entier accepte l’inacceptable quand il a lieu en Afrique. Foin de résolutions et des sanctions. Voici venu le temps de l’action.
Cette action pourrait prendre la forme d’une exigence simple à mettre en oeuvre : soumettre la reconnaissance des Etats à l’ONU, l’aide au développement et l’installation des multinationales à une triple charte la supervision des élections par un comité d’observation international dans les pays d’Afrique Noire où règne une suspicion généralisée de fraudes électorales depuis les années de revendication, 1990 la non reconnaissance par l’ONU de tout état coupable de fraudes électorales l’application du droit d’ingérence partout où des hommes et des femmes sont emprisonnés, tués et mutilés pour les libertés humaines.
Combattre la pauvreté et la misère, oeuvrer pour le développement des pays pauvres ne peuvent être possible que dans un cadre de libertés et de respect de la vie. Le Développement Durable est une culture de la vie et non celle de la Mort. Le Développement Durable est une culture du Renouvellement et non celle des «Natures mortes» qui singent la vie sans être la Vie.

12:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

QUE VOULAIENT LES AFRICAINS AU SOMMET DES PAYS LES PLUS PUISSANTS DU MONDE ?

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A propos de l'auteur Shanda TONME

Jean Claude SHANDA TONME est docteur en droit international formé en France et aux Etats-Unis, diplomate de carrière, professeur de relations internationales et conseiller juridique de nombreuses organisations humanitaires de premier plan dans le monde.


Titre de l'auteur: Que veulent les africains au sommet des pays les plus puissants du monde (G8)?

juillet 12th, 2008

Il sera bientôt tentant, s’il ne l’est pas encore, de considérer comme une malédiction divine, l’appartenance au continent africain. Décennie après décennie, année après année, jour après jour, d’un événement à l’autre et d’une rencontre internationale à l’autre, l’on débat de la situation de l’Afrique sur laquelle l’on s’apitoie avec des tonnes de promesses, et l’on écoute tranquillement des personnalités de premier plan venus du continent pour présenter des catalogues de revendications.
Si en public de bonnes âmes installées devant des piles de papiers et sûrs de leurs pouvoirs, font semblant de comprendre et de prendre en considération ces émissaires qui se présentent comme les plénipotentiaires des pauvres, le jugement en privé est autrement plus sévère et humiliant.

En ce début du mois de juillet 2008, c’est à Tokyo que se déroule ainsi pour une énième fois, le mélodrame de cette insoutenable pièce de théâtre qui met face à face, de puissants dirigeants d’un groupe de pays baptisé G8, et les thuriféraires africains dont le seul discours consiste à demander tantôt des aumônes, tantôt des aides, tantôt des règles de discrimination exceptionnelles dans leurs relations de partenariat.
Dans ce contexte où l’on n’en finit pas de présenter les points importants qui catalysent l’attention dans la quête d’une meilleure approche des problèmes de l’humanité, les médias du monde, maladroitement relayés par leurs confrères subalternes du continent, ne font rien pour atténuer l’ampleur de l’humiliation, de l’irresponsabilité, et de la marginalisation de ceux qui n’ont jamais fait que mendier, tendre la main, et pleurnicher au fil des siècles.
La présence de l’Afrique à Tokyo où elle est fortement représentée par sept chefs d’Etat et par les plus hauts responsables de l’Union Africaine, est déjà tout un défi et une incongruité qui résulte de la seule magnanimité des grands maîtres de ce monde.
Il est important à ce propos, de rappeler afin que personne ne se trompe, que cette institution car c’est bien devenue une institution, ne fut pas crée pour devenir un autre centre de polarisation des débats de la diplomatie planétaire. Cette instance n’est donc ni la répétition des nations Unies, ni de quelques lieux de rassemblement où chaque petit roi, sale ou propre, voleur ou puritain, blanc ou noir, vient s’exhiber au nom de ce qu’une lamentable normalisation symbolique du Droit international appelle souveraineté. Au départ, ce sont simplement les pays les plus industrialisés du monde capitaliste, en somme de l’Occident, qui ressentent le besoin de se réunir en dehors de toute autre instance courante, pour débattre des grands dossiers économiques du monde.
C’est donc à Rambouillet en France, à l’invitation du président Valery Giscard D’Estaing, que se tint le tout premier sommet au milieu des années 1970. Dans la configuration géopolitique et idéologique du monde de l’époque dominée par la guerre froide et l’activisme des pays dits du groupe des 77 qui en imposent au nom de leur majorité automatique, il est de bon ton de profiter d’une autre instance où l’on peut se concerter à tête reposée et transmettre des messages codés variés au reste du monde.
Hélas, au fil des ans, il a bien fallu tenir compte des modifications intervenues dans l’agencement idéologique du monde, et l’apaisement des contentieux au sein des principales instances multilatérales. Après l’effondrement du mur de Berlin sous le prestige stratégique de Mikail Gorbatchev qui avec la perestroïka et la glasnost, permettra d’inaugurer une nouvelle ère moins conflictuelle dans la coexistence des peuples, des Etats et des nations, l’Occident est bien obligé de changer les termes de référence de cette rencontre des pays riches et de changer complètement son agenda.
Voilà comment et sans que l’on ait planifié une telle évolution, le cercle s’élargit et en vient à prendre en considération certains dossiers relativement ouvert sur les grandes préoccupations diplomatiques et économiques. Evidemment la Russie, la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Nigéria, sont les premiers candidats reçus à cette kermesse. Chaque invité y arrive cependant selon une évaluation géopolitique et stratégique précise. L’on en vient ainsi à recréer tout le manège pour ne pas dire toute la configuration conflictuelle et conciliatoire des instances diplomatiques multilatérales les plus connues, notamment celles de l’ONU
L’Afrique qui va parler à Tokyo aujourd’hui au point de se mettre à demander des comptes sur quelques promesses, devrait bien se souvenir qu’elle s’y trouve en réalité sans les qualités premières requises et par ailleurs sous une casquette à peine voilée de pauvre mendiant dont on veut bien donner l’impression d’examiner la situation. Il s’agit plus d’enlever toute coloration d’arrogance à une instance de riches pays, que de prendre pitié de qui que ce soit. D’ailleurs, il devrait demeurer clair et vivant dans la tête des invités que ce qui motive cette réunion c’est l’arbitrage de la compétition entre les riches et la recherche de l’harmonisation de quelques règles gouvernant leurs mécanismes financiers et commerciaux.
De quoi parle t-on vraiment et de qui parle-t-on lorsque l’on entend des Chefs d’Etat qui sont incapables d’édicter les moindres règles de transparence dans les relations internationales du continent, venir se plaindre des pays riches qui n’auraient pas tenu leurs promesses ou leurs engagements ?
De quels engagements s’agit-il donc ?
Ceux qui en ordre dispersé et la tête baissée sollicitent l’aumône ont-ils d’abord fait le procès de leur mauvaise gestion, du pillage dont ils sont eux-mêmes responsables contre leurs peuples, de la corruption, des malversations de toutes natures ?
S’agit-il des mêmes gens qui n’ont pas pu condamner Robert Mugabe ?
S’agit-il des mêmes dirigeants qui changent les constitutions tous les jours ?
S’agit-il des mêmes pays où les caisses publiques sont pillées en milliards de dollars par des comparses impunis ?
L’Afrique qui se présente à Tokyo, n’a ni valeur ni qualité, ni bénédiction pour porter plainte contre le reste du monde. Admettons donc selon le vieux refrain…, que l’Occident se serait enrichi en pillant les richesses des autres peuples. D’accord mais alors, pendant combien de temps faudra-t-il gérer les conséquences de ce grand malheur avant de devenir effectivement adulte et de se prendre en charge ? Il y a un profond trouble dans cet art de l’hypocrisie. Nous ne pourrons pas éternellement jouer à ce jeu de princes de la mafia qui se présentent le jour de la fête pour se faire champion de la justice et endosser la toge du procureur des nations.
Le sommet des pays les plus riches, les plus puissants et les plus industrialisés, selon la terminologie que l’on veut utiliser, constitue une instance spécifique qui ne devrait pas souffrir de l’encombrement de sales fréquentations et des plaintes de gens qui ne savent pas balayer devant leurs portes.
L’Afrique ne devrait rien envier ni à l’Europe ni à l’Amérique, tant elle est naturellement riche sinon plus riche. Le paradoxe voudrait que ce soient les monarques illégitimes du continent qui se permettent les plus insolents des plaisirs et les plus ignobles des privilèges.
Rentrant d’un voyage récemment, j’ai eu la surprise de découvrir l’ambassadeur d’un des pays les plus puissants du monde assis tranquillement, sagement, et le plus naturellement en classe économique. Son Excellence monsieur l’ambassadeur était accompagné de son épouse et d’au moins deux collaborateurs directs. Pendant ce temps, la première classe était infestée de dignitaires sans grande importance du régime.
Je dois signaler ici qu’il s’agissait de l’ambassadeur de France dans un vol de la compagnie Air France. La scène était assez nourrie de leçons et d’interpellations et n’a donc pas échappé à l’attention de nombreux passagers, lesquels n’ont pas manqué de faire des commentaires les plus affligés sur les dépenses folles des prédateurs qui les gouvernent.
C’est donc cette Afrique si riche et si dépensière, dirigée par une élite irresponsable, insouciante et inconsciente, qui se présente à Tokyo pour demander que l’Occident respecte ses promesses. La réponse intime ne peut être qu’une légitime moquerie./.

12:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 08 juillet 2008

UNE HISTOIRE DE FOU !

46a68962ae467c65dfde87291851c179.jpgLe Directeur de l'hôpital psychiatrique rend visite à un nouvel arrivant.

- Alors cher Monsieur, pourquoi êtes-vous parmi nous? Quelle est la raison de votre séjour ?

- Et le Monsieur lui répond: Eh bien, tout a commencé quand je me suis marié; ça a été ma grande erreur!

J'ai épousé une veuve qui avait une fille de 25 ans qui est devenue ma belle-fille.


Un beau jour, mon père est venu nous rendre visite, et voilà que bien avant son départ, il tombe amoureux de ma belle-fille. Peu de temps après,ma belle-fille et mon père se marient. Du coup, ma belle-fille devient ma belle-mère.


Quelques temps plus tard, ma femme me fait un fils qui devient, illico, le beau-frère de mon père puisqu'il est le demi-frère de ma belle-fille, qui elle-même est la femme de mon père (et donc ma belle-mère).


Maintenant mon tout jeune fils est aussi devenu demi-frère de ma belle-mère, et il est donc un peu mon oncle.


Ma femme est aussi ma belle grand-mère puisqu'elle est la mère de ma belle-mère.
Et n'oubliez pas que ma belle-mère est aussi ma belle-fille.
Et si on cherche plus loin, on voit que je suis l'époux de ma belle grand-mère et donc je suis non seulement le petit-fils de ma femme, son mari,mais aussi mon propre grand-père ?

Parce que si ma belle-mère, qui est en fait ma belle-fille, donne un fils à mon père,Je serai le demi-frère mais aussi le grand-père de cet enfant.


Or, si je puis être le grand-père du fils de mon père, et étant donné que je suis le fils de mon père, je puis donc être mon propre grand-père ?

Vous comprenez pourquoi je suis ici maintenant !!!!!!



Vraiment!!!! Il y a de quoi devenir fou dingue .....

21:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 04 juillet 2008

UNION AFRICAINE, CETTE POULE MOUILLEE

17285e05f7e361199bec12a1103cf9b1.jpgRideaux sur le 11e sommet de l’Union Africaine à Charm-el-Cheick, au bord de la
mer Rouge, en Egypte. Si donc la grand-messe des princes qui nous gouvernent a
bien pris fin après un "ordre du jour chargé", la délicate question du
Zimbabwe, sur laquelle on les attendait, elle, a été presque escamotée.
Et c’est tout goguenard que, comme à son habitude, le président Omar Bongo
Ondimba, qui est réputé ne pas user de circonlocutions pour dire tout haut ce
que bien de ses collègues pensent tout bas, ou, si vous voulez emprunter
l’expression révolutionnaire à la mode dans les années 80 au Burkina, "qui
appelle un chat un chat", n’a pas été en-deçà de ce qu’on attendait de lui.

C’est ainsi que, peu avant l’ouverture de cette rencontre des grands, le doyen
des chefs d’Etat africains s’est écrié, avec cet air mi-railleur mi-sérieux
qu’on lui connaît, même sur des sujets préoccupants en ces termes : "Nous avons
accueilli Mugabe comme un héros. Il a été élu, il a prêté serment, il est là
avec nous. Alors il est président".

Pour exceller dans la provocation, on ne pourrait faire mieux que celui qui, par
abus de langage peut-être, reste, dans la mémoire collective, le doyen des chefs
d’Etat du continent. Car on nous a appris, dans notre tendre enfance, que
doyenneté rime avec sagesse.

Or ici, vous l’aurez constaté, le vieux locataire du "Palais du bord de mer" à
Libreville, en applaudissant le coup de force électoral perpétré par Mugabe,
n’a pas fait, à moins de donner un autre sens à ce mot, preuve de sagesse. A la
limite, on l’aurait compris s’il s’était tu ou, à défaut de se soumettre à ce
supplice, s’il avait tenté d’arrondir les angles, surtout que lui-même, en
dépit de son côté charmant, est loin d’être un parangon de valeurs
démocratiques.

Voilà un homme bien chanceux qui était, il y a de cela 41 ans, à la bonne place
au bon moment : directeur de cabinet du président Léon Mba. Lorsque ce dernier
tomba malade et succomba, Bongo hérita de tous les attributs de chef d’Etat,
comme on ramasse une mangue mûre tombée d’un arbre, en prenant le temps de
mettre hors d’état de nuire tous les éventuels prétendants qui pouvaient lui
faire ombrage.

Ainsi, depuis 1967, à force de bâillonner l’opposition, de la mâter sans en
donner l’impression, et de triturer la Constitution à sa guise, Ondimba est
resté perché au sommet de l’Etat. Ainsi, le Gabon est devenu sa propriété
privée et celle de ses proches, pour ne pas dire de ses valets.

Et quand on est dans un tel cas, comment ne pas vraiment trouver des
circonstances atténuantes, voire applaudir à tout rompre la tragédie qu’écrit,
en lettres de sang, Mugabe dans son pays ?

Mais, véritablement, si Bongo a eu le culot de s’exprimer, au nom de certains de
ses pairs, il est loin d’être le seul à s’être satisfait de ce déni de
démocratie qui a eu pour théâtre le Zimbabwe. Au bas mot, une bonne dizaine de
nos gouvernants, qui sont arrivés au pouvoir dans des circonstances
calamiteuses, et qui usent et abusent d’arguties constitutionnelles pour s’y
maintenir, étaient de cœur avec lui, le sourire en coin, pour l’applaudir dans
ses envolées scabreuses.

Qui peut nier que Zine El Abidine Ben Ali, qui, en dépit des grosses prouesses
économiques réalisées par son pays sous son long "mandat", reste un des plus
grands despotes du continent ?

Qu’Hosni Moubarak, en Egypte, Oumar El Béchir au Soudan, Teodoro Obiang Nguema
en Guinée Equatoriale, José Eduardo Dos Santos et nous en oublions sont loin
d’être des exemples en matière de démocratie ?

La seule éclaircie de cette scène bien triste pour le continent noir, qui s’est
jouée à Charm-el-Cheick, c’est l’agréable constat que, à côté de ce club de
présidents inamovibles, prêts à s’accommoder d’un Robert Mugabe, parti pour un
cinquième mandat présidentiel, il existe d’autres dirigeants africains, arrivés
au pouvoir à la régulière et qui mettent un point d’honneur à faire prévaloir
dans leur pays un minimum démocratique.

Sont de ceux-ci le président Abdoulaye Wade du Sénégal, Seretse Ian Khama du
Botswana, Umaru Yar Adua du Nigeria, lesquels ne se sont pas laissé divertir
par les Bongo et Cie, en dénonçant en des termes peu amènes ce simulacre de
présidentielle dans l’ex-Rhodésie.

En appelant dans sa résolution finale Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai à
"entamer le plus rapidement possible un dialogue politique en vue de la
formation d’un gouvernement d’union nationale", l’Union Africaine, cette poule
mouillée, a fait encore, hélas, preuve d’équilibrisme sans pareil, en ratant
une fois de plus le coche.

Bien d’observateurs avaient cru naïvement que, cette fois au moins, ce syndicat
de chefs d’Etat taperait du poing sur la table, pour mettre Mugabe au pas et au
ban de la communauté internationale... Mais, au lieu de le réprimander, au
propre comme au figuré, on l’applaudit, une invite à sévir davantage contre la
démocratie.

En appelant Mugabe à œuvrer à la formation d’un gouvernement d’union nationale,
le Sommet des chefs d’Etat réunis à Charm-el-Cheick veut faire de l’exception
kenyane une règle inscrite en lettres d’or à l’échelle du continent. On se
souvient tous de la crise au Kenya par suite d’une élection opaque.

Et il aura fallu de longs mois de tractations diplomatiques et d’atermoiements
pour en arriver à un partage du pouvoir entre Raila Odinga, nommé Premier
ministre, et Mwai Kibaki, qui resta à la tête de l’Etat. Mais diable, quelle
idée d’ériger l’exception kenyane en règle transposable au Zimbabwe ?

Mwaï Kibaki n’est pas Robert Mugabe, et le Kenya pas davantage le Zimbabwe. A
Charm-el-Cheick, les princes qui nous gouvernent se sont contentés, une fois de
plus, de replâtrage sans chercher à guérir le mal zimbabwéen à la racine. Et
c’est un peu pour cela que ce 11e Sommet n’a été qu’une messe de plus.

Boureima Diallo, Jeudi 3 juillet 2008.

L’Observateur

http://www.lefaso.net/spip.php?article27673&rubrique7

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UNE NOUVELLE DIPLOMATIE AMERICAINE EST-ELLE POSSIBLE AVEC BARACK OBAMA ?

31234a43b3aaa87919ff16142c33d54a.jpgA propos de l'auteur Shanda TONME:

Jean Claude SHANDA TONME est docteur en droit international, formé en France et aux Etats-Unis, diplomate de carrière, professeur de relations internationales et conseiller juridique de nombreuses organisations humanitaires de premier plan dans le monde.



Comme il est de coutume, la perspective d’un changement de Président dès le mois de janvier 2009 aux Etats Unis d’Amérique, attise des spéculations sur d’éventuelles modifications de la diplomatie de la plus grande puissance de la planète. Certes, on a souvent connu des contextes où il était effectivement autorisé de se livrer à ce jeu qui n’engage d’ailleurs qui rêvent de changement partout. Pourtant, la situation dans laquelle nous nous trouvons en ce mois de juin 2008 qui marque la fin de la campagne des primaires au sein du parti démocrate, a quelque chose de très différent.
En effet pour la première fois, un africain américain sera investi candidat officiel du parti démocrate et devra discuter les suffrages de ses concitoyens dans la course pour occuper le fauteuil de la maison Blanche. Pour ceux qui auraient tendance à l’oublier, les Etats Unis demeurent une super puissance sans pareil : 20% de la production industrielle mondiale, 1/3 de la consommation d’énergie, 3ème producteur de pétrole, 1/5 des véhicules qui circulent sur la planète.
Le Président des Etats Unis est à tous les égards, l’homme politique le prestigieux et le plus redouté de tous les autres qui dominent le monde et dictent le destin de l’humanité. Un africain à ce stade, ce n’est pas rien, c’est exceptionnel. On a déjà vu un chef d’état major noir en la personne de Collin Powell qui dirigea la première guerre du Golfe durant la présidence de Georges Bush Père, avant de devenir le premier Ministre des Affaires Etrangères noir sous Georges Bush fils.
Il n’est pas vain de souligner également, que les américains qui vont élire un nouveau président en novembre, voient aujourd’hui leur pays buté voire englué dans de nombreux conflits qui demeurent insolubles. De l’Irak en passant par le Proche orient et l’Afghanistan, le sentiment qui prévaut, c’est que le pays a perdu un peu de son âme, et de sa puissance qui faisait et défaisait les situations les plus inextricables. L’on se rend même compte que depuis Georges Bush père, les Etats Unis n’ont plus rien réussi, même pas sous la présidence du très populaire Clinton. Le terrorisme s’est renforcé au lieu de faiblir. La seule consolation diplomatique réelle semble se limiter au réalignement radical de la France sur l’atlantisme jadis combattu par les gaullistes. L’inconditionnel pro américain Nicolas Sarkozy est un atout.
Ajouté à ce tableau international sombre, il y a la crise financière interne qui a engendré d’énormes stress pour les familles américaines et désorganisé l’ensemble des mécanismes bancaires internationaux. Le clou se situe dans ce que l’on peut logiquement qualifier dorénavant de perdition du dollar. Il faut remonter très loin dans l’histoire des relations économiques internationales, pour assister à une telle humiliation du billet vert. Le plus grave c’est que les Etats Unis se retrouvent incapables de contrôler les flux financiers générés par les opérations d’envergure initiées par les nouveaux maîtres des réserves en devises que sont des pays à l’instar de la Chine, du Brésil, et de l’Inde. On ne parle plus que de leurs fonds souverains, véritables trésor de guerre et instrument de chantage diplomatique et économique.
Voilà planté un décor bien trop sombre qui ne laisse aucun doute sur le fait que la présidence qui s’achève, aura été l’une des plus difficiles de l’histoire des Etats unis. Même au sortir de la guerre du Vietnam, l’Union n’avait jamais autant été fragilisée. L’analyse que l’on pourrait faire de la part de responsabilité de Georges Bush dans cette situation, n’est pas encore à l’ordre du jour. Personne ne niera néanmoins que cet homme qui arrive à la Maison Blanche en 2000, est plutôt cueilli à froid par les attentas terroristes du 11 septembre 2001, lesquels ne lui laisseront pas le choix d’une autre diplomatie que celle de la démonstration de la suprématie militaire des Etats Unis et de sa prééminence.
Que fera ou que peut faire le nouveau président qui prendra les fonctions en janvier 2009 ? Qu’il soit blanc ou noir, qu’il soit démocrate ou républicain, jusqu’où pourra se risquer le président dans la quête d’un redressement de la situation et du rétablissement de la respectabilité et de la prééminence de Washington dans les affaires du monde ? En réalité plusieurs écoles des relations internationales soutiennent depuis longtemps, que les républicains sont ceux qui allument les incendies, pendant que les démocrates seraient des sapeurs pompiers. Si l’image n’est pas totalement fausse, elle n’est cependant pas entièrement exacte.
Ce qui semble encore plus intéressant, c’est la croyance en un penchant de justice mondiale et de pitié qui colle à l’image des démocrates, renvoyant les républicains dans le statut de diables méchants. Certains voudraient croire que si un démocrate blanc peut être gentil, un démocrate noir le serait encore d’avantage et viendrait tout changer, voire distribuer des cadeaux. L’on entend déjà certains africains y compris des gens avertis, prédire le départ des dictateurs avec l’arrivée hypothétique de leur frère de race à la Maison Blanche. Il n’est pas inutile de rappeler à ceux qui l’auraient oublié, que c’est Kennedy qui ordonna l’opération foireuse de la baie des cochons qui visait à renverser Castro, et que c’est Clinton qui bombarda une usine de fabrication de produits pharmaceutique au Soudan, sous le fallacieux prétexte qu’il s’agissait d’une usine de production des armes chimiques.
En réalité, que ce soit Obama ou son concurrent républicain, la politique internationale des Etats Unis ne changera pas d’un seul pouce, du moins pour ce qui concerne les grandes lignes, les objectifs, et les orientations essentielles. Plus que tout autre pays de la planète, la diplomatie américaine est dictée par des paramètres géopolitiques stables, immuables et inaltérables qui résultent de leur situation géographique, de leurs ambitions économiques, et de leurs intérêts commerciaux. Un président ne peut pas se lever un matin et décider de changer le cours de la diplomatie de son pays, fut-il français, allemand, sénégalais, ou chinois.
Barack Obama est un pion plus que banal dans la programmation, la planification et l’exécution de la conduite internationale des Etats Unis, et personne avant lui ou après lui, ne pourrait ou ne saurait attribuer plus de pouvoirs que ce qui provient des interactions géopolitiques et géostratégiques. L’on a bien vu que la première sortie remarquée du candidat Obama sur une question de politique étrangère a été sur le statut de Jérusalem, et ce devant un lobby juif. Il s’est cru libre de placer la barre haute dans le soutien maximaliste aux thèses sionistes que même le Gouvernement israélien ne soutien plus vraiment. En fait le populiste candidat, comme tous les autres avant lui ou après lui, n’a fait que respecter la tradition qui veut que personne n’ambitionne à diriger les Etats Unis, s’il n’a pas convaincu les milieux juifs de son soutien à l’Etat d’Israël.
Dans la pratique, il n’y a pas de tradition guerrière républicaine et de tradition pacifiste démocrate. Tous les conflits dans lesquels les Etats Unis se sont engagés, l’ont été sur la base d’un consensus politique national bipartisan. Le Congrès ne prendra jamais le risque de refuser au Président de l’Union, les moyens de défendre ses intérêts partout dans le monde. De plus, les guerres font partie d’un cycle de renaissance décennal du complexe militaro industriel dont l’impact sur l’économie est très important. Depuis la fin de la guerre de 1939-1945, les Etats Unis sont impliqués tous les dix ans dans une nouvelle guerre petite ou moyenne, avec un fort taux de renouvellement des systèmes d’armement. Ce n’est pas le jeune Obama qui y mettre fin. Il suffirait d’ailleurs pour un Président de gêner le complexe militaro industriel même indirectement, pour être congédié comme un malpropre.
Sur tout un autre chapitre, celui de la promotion des vertus de la démocratie et des droits de l’Homme à travers le monde, les africains impatients de changement, peuvent se rassurer sur le fait que les Etats Unis n’ont jamais été aussi actifs et aussi déterminés qu’ils le sont depuis 1990 sur la question. C’est d’ailleurs devenu la principale préoccupation des diplomates américains en poste en Afrique et l’on ne peut que s’en féliciter.
Que ce soit donc Obama ou un autre, la politique internationale des Etats Unis continuera dans la logique de ses principes et de ses fondements.

Juin 13th, 2008


Jean Claude SHANDA TONME

15:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 03 juillet 2008

QUE VEUT FINALEMENT LA FRANCE ?

48c338e4dbbf496f4399be38f812974b.jpgDepuis l’arrivée de M. Nicolas Sarkozy à la tête de la République française, il
est presque devenu difficile de percevoir avec exactitude, l’orientation de la
diplomatie de son pays en Afrique. Aux déclarations d’intentions les plus
ambitieuses, succèdent des signes et des actes qui n’indiquent aucun
changement, et encore moins une volonté effective de désengagement des méthodes
et des combines sales d’un passé récent.
La situation existante au moment où Sarkozy prend les rênes du destin des
relations franco-africaines, peut se résumer dans trois grands paramètres. Le
premier réside dans la modification substantielle du paysage géopolitique
dominée par l’arrivée en force de la Chine. Non seulement Pékin ne s’embarrasse
point de la langue de bois qui dicte la bonne gouvernance et les droits de
l’Homme, mais plus grave, le nouveau géant s’impose en partenaire qui force
l’admiration en usant des grands moyens. Les investissements chinois dans les
grands projets d’infrastructure ont en effet fait dire à Abdoulaye Wade, le
président sénégalais, “ que la Chine a réalisé en moins de cinq ans, ce que les
Occidentaux n’ont pas fait en quatre siècles. ”
A “ l’invasion ” chinoise qui concrétise une pénétration financière, humaine et
matérielle imparable, admirable, et imbattable, vient s’ajouter un activisme
américain débordant. Les Etats-Unis sont engagés depuis la fin des années 1990,
dans un programme méthodique de promotion de la démocratie et des droits de
l’Homme, à travers la meilleure des stratégies possibles qui s’appuie sur
l’émancipation de la société civile.
Le deuxième paramètre, résulte de l’essoufflement général de la diplomatie
française et d’une certaine perdition de son intelligence stratégique lorsqu’il
s’agit de l’Afrique. Paris est resté bloqué dans une vieille image de l’Afrique
dépourvue de toute imagination et de toute évolution. Depuis Jacques Foccart,
rien n’a été pensé, envisagé, essayé, ou préparé pour prendre en charge les
exigences élémentaires de mutation de la relation franco-africaine.
Le troisième paramètre enfin, est la forte imbrication de certains milieux
d’affaires français pas très propres avec quelques grandes familles politiques
très actifs. Les relations qui en découlent, s’incrustent au cœur des régimes
régnants sur le continent, dégageant une forte odeur d’insanité, de tricherie
et de corruption.
Que faire, ou comment se donner un air d’ange et de réparateur des erreurs de la
diplomatie française, sans tuer ce qui est considéré par certains, comme la
poule aux œufs d’or ? Comment réagir face à la pénétration chinoise qui sans
qu’il soit même besoin de faire un dessin ou de demander des chiffres au
président sénégalais, constitue une terrible humiliation pour la France ?
Comment se départir d’une image bien embarrassante de puissance coloniale
obscurantiste dépassée et cynique ?
La situation qui existe aujourd’hui, est même encore plus difficile à clarifier
qu’au moment où Sarkozy arrive au pouvoir. Le nouveau et jeune président semble
s’être trop excité pour peu de résultats, et surtout, pour plus d’ennuis et de
confusion. En dépit des discours de Dakar et de Johannesburg, les Africains de
tous les bords ne sont pas rassurés et continuent de manquer de repères pour
une lisibilité transparente des intentions françaises. La promesse de fermer
les bases militaires ne prouve rien, et les multiples sorties annonçant que
rien ne sera plus comme avant, sont contrariées par les faits. Les pays
africains au sud du Sahara demeurent certes sans grande importance économique
et commerciale dans la masse globale des échanges internationaux de la France,
mais le poids diplomatique et géopolitique du continent demeure un atout dans
la concurrence feutrée entre les grandes puissances. En effet plus de 60 pour
cent des échanges français se font avec les partenaires européens, et le
premier pays d’investissement en Afrique n’est ni le Gabon, ni le Congo, ni le
Cameroun, mais le Nigeria suivi de l’Afrique du Sud.
En réalité, les grands groupes à l’instar de Total, Lafarge, Scoa et Bolloré,
exercent un chantage énorme sur la classe politique française et celui-ci se
transforme en diktat sur les choix et les orientations de la politique en
Afrique. Si le volume des échanges avec l’Afrique est minime dans la somme
globale des échanges internationaux, il est néanmoins important et capital dans
le financement et la survie de nombreuses familles politiques de l’Hexagone.
Ceux qui viennent chercher l’argent en Afrique auprès des dictateurs, ne se
gênent jamais et sont toujours sûrs d’en trouver en quantité. Gauche comme
droite puisent dans les caisses des Etats africains et parfois jusque dans les
comptes personnels des chefs d’Etats, lesquels sont en retour assurés de tous
les soutiens.
Rendus en Afrique, le discours sur les droits de l’Homme, la bonne gouvernance
et autres quolibets humanitaires n’ont plus de sens. Les Roccart, Danielle
Mitterrand, Vergès, ainsi de suite, se fichent éperdument du sort des nègres et
savent d’avance qu’aucun journal dans leur pays, n’osera les dénoncer. A propos
de la presse française justement, elle ne se prive jamais de recevoir l’argent
de Sassou Nguesso, de Biya ou de Bongo, sous le couvert de publi-reportages.
L’immoralité de l’argent sale issu des détournements, ne les traumatise point.
En fait, il ne faut pas attendre de la France qu’elle fasse d’elle-même, à sa
manière, et en son temps voulu, sa révolution en Afrique. Le manque
d’ingéniosité et de vision dans la politique africaine de la France procède
d’une véritable malédiction génétique. Sarkozy a beau discourir, ce que
l’histoire retiendra, c’est le renvoi du ministre de la Coopération (ministre
des colonies), monsieur Bockel, exactement comme Mitterrand renvoya Jean Pierre
Cot de son premier gouvernement. Les deux ont commis le même crime, celui de
déclarer avec un peu trop de conviction, que “ rien ne sera plus comme avant. ”
Des faits très simples rappellent chaque jour aux Africains des colonies
françaises, que le jour de l’indépendance et de la liberté est encore loin, et
de toute façon que les discours de Cancun, de La baulle, de Dakar, de
Johannesburg, traduisent la même réalité d’une ruse politique pour mieux
continuer sous d’autres formes, le pillage, l’asservissement, et la soumission.
Les Camerounais qui manquent de ciment pour construire leurs cases, savent bien
que c’est la faute de Lafarge. Les Gabonais et les Togolais qui payent trois
fois le prix de sortie d’usine pour avoir une voiture japonaise, savent que
c’est Scoa qui en est responsable. Il n’est pas jusqu’à la corruption, qui ne
soit mis au compte de la France.
La réalité d’un immobilisme de la France et de l’absence de toute volonté
honnête de changement dans sa politique en Afrique, est encore plus patente
dans le comportement de ses diplomates en poste. C’est une continuité qui ne
laisse la place à aucune spéculation. Bien que le pays n’ait pourtant plus les
moyens d’une domination absolue, ses représentants restent enfermés dans les
rêves d’un patron qui refuse d’accepter sa réalité en surfant avec de vielles
chansons. Comment croire à ces gens-là, et comment les juger vraiment ?
Mais que veut donc franchement la France ?


Par SHANDA TONME.
Le 19-06-2008

Jean Claude SHANDA TONME est docteur en droit international formé en France et aux Etats-Unis, diplomate de carrière, professeur de relations internationales et conseiller juridique de nombreuses organisations humanitaires de premier plan dans le monde

16:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |