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08.08.2008
QUE LES IVOIRIENS SE (RE)METTENT A PRIER !
Chers bien-aimés frères et sœurs ivoiriens,
Je ne voudrais pas jouer les rabat-joie, les pessimistes et les oiseaux de mauvaise augure, mais j’avais affirmé et je cite que « Le signe le plus franc, pour nous, de l’adhésion de tous au processus de paix, de l’acceptation par tous de la main tendue du Président GBAGBO, du désarmement effectif des coeurs et du retour véritable de la paix (du moins dans l’attente de la période électorale qui pourrait être électrique), ce sera la participation du Président Konan BEDIE et du Premier Ministre Alassane OUATTARA aux festivités de la célébration du 48ème anniversaire de l’Indépendance de notre pays, aux côtés du Président Laurent GBAGBO et du Premier Ministre SORO Guillaume. Ce que nous n’avons pas encore vu, depuis le début de cette crise et que nous attendons, impatiemment, de voir ! »
Vous convenez avec moi que nous n’avons pas eu la joie d’assister à cette scène fraternelle, qui aurait été émouvante et réconfortante pour les Ivoiriens, à l’approche de la date fatidique des élections présidentielles, dans notre pays, rendez-vous dont toute la Côte d’Ivoire appréhende l’avènement. Nous n’avons pas eu cette joie, pour une raison toute simple : Le Président Henri KONAN BEDIE, Président du PDCI-RDA et le Premier Ministre Alassane Dramane OUATTARA, Président du RDR, ont brillé, une fois de plus (une fois de trop !), par leur absence, à la cérémonie officielle de la célébration de l’anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance.
Il ne faut pas une dialectique alambiquée pour comprendre que nous avons des raisons d’être franchement inquiets pour la période électorale prochaine. A première vue, on pourrait minimiser ce qui pourrait passer pour un détail insignifiant, anodin et qu’on pourrait même estimer être de bonne guerre, entre adversaires politiques qui ne veulent rien se concéder.
Mais pour moi, c’est un détail important, grave même, révélateur de la secousse sismique de haut degré qui va bientôt ébranler la Côte d’Ivoire.
Ce détail est révélateur, à deux niveaux :
1) Il révèle ou cristallise, une fois pour de bon, la dénégation faite au Président Laurent GBAGBO de la légitimité de son titre de Président de la République de Côte d’Ivoire.
2) Il révèle une rancune tenace, morbide, des opposants et adversaires politiques du Président Laurent GBAGBO. Et une telle rancune ne peut être sans incidence ni conséquence. C’est ABSOLUMENT impossible.
Toutes choses qui nous dévoile, par anticipation, l’atmosphère et le décor dans lesquels va se planter la période électorale, en Côte d’Ivoire. Une EVENTUELLE victoire du Président GBAGBO, dans de telles conditions et dans un tel contexte psychique et mental, n’est pas concevable et ne sera ni acceptable ni acceptée par de tels adversaires. Des adversaires qui, il faut le relever, abattent leurs dernières cartes et que menace une retraite politique imminente, à moins d’un séisme, et qui, ce faisant, comptent bien jouer leur va-tout !
Peuple de Côte d’Ivoire, deux schémas s’offrent alors à nous, auxquels il est impossible que nous échappions :
1) Soit les élections n’auront pas lieu pour cause de sabordage ou d’évènements violents, mettant en péril la République et la Nation elle-même;
2) Soit elles se tiennent mais un seul résultat est attendu : La victoire de l’opposition. Faute de quoi le pays va s’embraser dès l’annonce des résultats ou à l’affiche des premières tendances plébiscitant le Président Laurent GBAGBO. Car aucun ivoirien lucide n’est dupe : On ne peut confier le pays à ceux qui l’ont attaqué ou qui ont passé leur temps à engourdir le processus de paix, si ce n’est même à le saborder.
Conclusion de tout ceci : Que les Ivoiriens se (re)mettent à prier, parce que rien n’est gagné d’avance, rien n’est acquis, en ce moment. La paix actuelle est factice et repose sur le mensonge politique et l’hypocrisie. De la poudre aux yeux, un trompe-l’œil savamment distillé au peuple de Côte d’Ivoire, à travers la célébration du premier anniversaire de la Flamme de la Paix, le mercredi 30 juillet 2008, à Bouaké. Nous serons bientôt repartis pour une belle période de tourmente, croyez-moi.
Que tous ceux qui ont la foi, dans ce pays, se (re)mettent à la brèche et que des supplications ardentes montent au grand Trône Eternel, avant qu’il ne nous arrive bien pire que ce qui nous est déjà arrivé !
Que DIEU garde et protège la Côte d’Ivoire !
DINDE Fernand AGBO
18:55 Publié dans Crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


Commentaires
Il n'y d'émouvant que les actes concrets pour le retour de la paix par le chemin de VRAIES élections, les mise en scène cinématographiques et les discours à l'eau de rose bercent l'Afrique depuis le combat des années 50 sans qu'il y ait d'avancée notable jusqu'à ce jour.
Depuis le début de la crise , les belligérants se sont plusieurs tenus devant des objectifs d'appareil photo et de cameras, main dans la main avec le sourire adéquat, ils ont chanté ensemble l'abidjanaise mais nous sommes encore dans l'attente d'issue à cette crise qui ne fait que perdurer.
Comme quoi "PARAITRE", donner des impressions n'a jamais été l''équivalent d'une sincérité.
tout est dans la VOLONTÉ et le SÉRIEUX de ceux qui tiennent le guidon de la bicyclette ivoirienne.
Ecrit par : Krathos | 08.08.2008
Merci, mon cher Dindé, pour cette exhortation vraiment poignante et lucide. Merci. Fléchissons vraiment les genoux. Que le Seigneur te bénisse.
Ecrit par : Edgar | 08.08.2008
En lisant cette portion : "Des adversaires qui, il faut le relever, abattent leurs dernières cartes et que menace une retraite politique imminente, à moins d’un séisme, et qui, ce faisant, comptent bien jouer leur va-tout !"
Je crois qu'il faille d'abord donner la CONNOTATION adéquate à l'expression "DERNIÈRE CARTE" car pour les leaders en tant que personne, la contrainte temporelle est indéniable ( surtout pour Bédié) mais je ne crois pas que les ivoiriens, en tous cas pour ceux qui ont des affinités idéologiques avec l'opposition actuelle construisent leur conviction sur des personnes, sur des noms de leaders.
Je ne crois pas du tout à cela alors s'il s'avère que s'ils perdent les élections, la qualité du relais interne dans leur parti respectif définira la force d'une NOUVELLE CONQUÊTE du pouvoir.
Ainsi BEDIE ET ADO peuvent mourir POLITIQUEMENT, mais il n'en sera pas forcement de même pour leur parti respectif ; tout dépendra de la capacité à définir de nouvelles bases optimales à la conquête du pouvoir.
ADO aura même une ultime opportunité de se présenter s'il ne gagne pas ces élections de 2008.
Or, on observe et ceux depuis 2005 qui s'impatientent d'élections sont dans l'opposition, ceux depuis les élections de 2000 qui mobilisent le plus dans les meetings sont dans l'opposition, ceux depuis ces élections de 2000 qui enregistrent les meilleures statistiques électorales sont dans l'opposition, ceux actuellement qui sont soupçonnés de faire une course effrénée aux timbres (???) et à la fraude (Voir Kong) ne sont pas dans l'opposition.
Moi je définis plutôt cette dernière carte non pas sur un critère TEMPOREL mais plutôt sur une opportunité de TRICHERIE ou de MANIGANCE ÉLECTORALE que l'un des camps politiques a comme ultime et malhonnête issue de secours pour se maintenir au pouvoir: soit des inscriptions massives et frauduleuses sur les listes électorales, soit une sorte de résultats d'élections à la Kenyane soit une sorte de confiscation du pouvoir à la Mugabé.
Ne prions pas sur des faits que nous sommes en train de permettre et cautionner, à mon avis , c'est vain.
Mieux vaut alarmer afin qu'on ne se précipite pas dans le gouffre tracé et préparé par TOUS en qualifiant, par exemple, de MAIN TENDUE les actions subversives de l'un et de "rancunes tenaces et morbides " les retenues sages et souvent justifiées des opposants actuels.
D'ailleurs, ont-il été invité à cette fête de l'indépendance???
Ont-ils obligation morale de s'y rendre alors que la télé nationale par exemple boycotte la couverture médiatique de leurs activités politiques ?
je refuse de voir les problèmes à venir ainsi. je le refuse parce que c'est illogique de dire que des gens qui NE SONT PAS A LA BARRE (l'expression est de Gbagbo lui-même) freinent les élections qui devraient se tenir depuis 2005.
tout le monde n'attend que ça , tout le monde veut fermer la page des élections TRUQUÉES, CALAMITEUSES et ENFARINÉES de 2000, tout le monde veut un VRAI SUFFRAGE UNIVERSEL à ces élections alors si des gens manigancent pour les truquer, font tout pour les retarder pourquoi se plaindre de la prudence des partis d'opposition qui n'appellent que PACIFIQUEMENT à des élections depuis 2005 ?
" Lorsque quelqu'un vous tend la Main( comme vous le dites dans votre billet), il ne devrait pourtant pas reculer à grandes enjambées."
Ecrit par : Krathos | 08.08.2008
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