topblog Ivoire blogs

mardi, 16 septembre 2008

TROIS RAISONS FONDAMENTALES POUR DISSOUDRE LE FMI

FMI, BANQUE MONDIALE.jpg
Par Cheikh Sidiya DIOP

Photo: Le FMI, la Banque Mondiale et la BAD faisant le point avec le Premier Ministre ivoirien, SORO Kigbafori Guillaume, lors d'une séance de travail qui a porté sur le financement de la sortie de crise et la gestion de la situation post-crise.

Après la seconde guerre mondiale, il nécessitait de réorienter les relations économiques, financières et monétaires internationales. Dans ce contexte, sous l’égide des Etats Unis et de la Grande Bretagne, fut organisée en juillet 1944, dans la ville de Bretton Woods, une conférence internationale. A l’issue de celle-ci, furent créés le Fonds Monétaire International et la Banque internationale pour la reconstruction plus connue sous le nom de la Banque Mondiale. A la base, le FMI a été produit pour être une institution monétaire qui œuvre pour la stabilité du système monétaire international. Il veille au respect des grands équilibres macro-économiques, budgétaires et financiers. Il assiste les pays en développement en leur apportant des aides financières surtout à ceux qui ont des difficultés pour redresser leurs balances des paiements. Mais de nos jours, une critique exigüe du FMI révèle qu’il ne remplit pas son rôle d’institution neutre conçue pour fournir des crédits volumineux aux économies délabrées, tronquant ainsi le premier article de ses statuts : « Encourager la coopération monétaire internationale; faciliter l'expansion et l'accroissement harmonieux du commerce mondial; promouvoir la stabilité des changes; aider à établir un système multilatéral de paiements; mettre temporairement, moyennant des garanties adéquates, ses ressources générales à la disposition des États membres qui font face à des difficultés de balance des paiements ». Autrement dit, le FMI faille à sa responsabilité d'assurer la stabilité du système financier international et de l’émergence économique. Pis, il cautionne, étouffe et camoufle la mondialisation qui n’est rien d’autre qu’un système d’exploitation et de distribution très inéquitable dans un processus ne conduisant pas à une intégration des flux commerciaux, des ressources scientifiques et technologiques, des systèmes productifs et des marchés financiers. Ce qui est sur le Fmi est confronté à plusieurs aléas de sur montage liés à plusieurs facteurs. Ce pour cela que certains Economistes, experts du développement et quelques dirigeants des PED soutiennent que cette institution mérite une reforme en profondeur tant sur le plan structurel que conjoncturel. Pour mieux comprendre cette remise en cause, les altermondialistes et la nouvelle génération de jeunes économistes se focalisent sur trois raisons fondamentales et techniques qui permettent d’argumenter la dissolution définitive du FMI : l’échec des politiques d’ajustements structurels que le Fonds Monétaire International avec la Banque Mondiale avaient édicté aux pays du Tiers Monde, ensuite les dysfonctionnements du FMI face aux récurrentes crises financières qui ont attaqué l’économie mondiale, et enfin, le négationnisme du FMI face à la globalisation de l’économie internationale.

Primo, les politiques d’ajustement structurels édictées par la Banque Mondiale et le FMI n’ont pas relancé les économies du Tiers Monde. Au contraire, ces plans ont enfoncé ces pays pauvres dans un pépin économique. En effet, ces institutions de Bretton Woods ont imposé aux pays du tiers monde qui avaient déjà une économie délabrée, de libéraliser les entreprises productives en se désengageant de leur capital. Soit une baisse de dépenses publiques face à une rentrée de recettes. Ensuite de réorienter leurs économies vers le commerce international en exportant vers les pays industrialisés des matières premières contre des technologies légères, des produits manufacturés et une partie des céréales de base. Ce piège a constitué un facteur bloquant puisque ces pays sont marginalisés dans le jeu des échanges globaux où leur part constitue 1,2 % du marché mondial unifié. Ces termes de l’échange entre le Nord et le Sud subsistent antagoniques parce que les prix des matières premières sont cotés sur les marchés boursiers de Wall Street, Chicago et de la City, et, ne cessent de baisser constamment, contrairement aux cours des produits manufacturés. En conséquence, ces pays se voient disqualifiés par des fluctuations ostensibles, à vendre des matières premières sans valeur ajoutée. Par exemple, le continent africain a vu le déficit de sa balance commerciale passer de 600 millions de dollars en 1990 à prés de 25 milliards de dollars en 2005. En conséquence, ces règles remèdes appliquées à la lettre ont buté à un fiasco puisqu’elles sont bardées de lacunes, et, qui ont compliqué d’avantage la tentative de stabiliser les balances de paiements, d’équilibrer les politiques budgétaires et de maitriser le déficit des finances publiques. D’ailleurs les Economistes du développement et les altermondialistes interprètent ces plans de relance comme un piège du libéralisme sauvage.

Secundo, l’immobilisme du FMI face aux récurrentes crises financières, dégage l’impression que cette institution a perdu son rôle de gardien de la stabilité des échanges financiers et monétaires. D’abord pour le choc pétrolier de 1973, le Fmi est resté impuissant face à l’OPEP qui a décidé brusquement de former un puissant cartel et de quadrupler les prix du pétrole et qui eu pour effet l’augmentation vertigineuse des coûts de nombreux produits de consommation dans les pays industrialisés et, par conséquent, une inflation mal gérée. Afin de maîtriser celle-ci, les pays industrialisés ont élevé les taux d'intérêts, ce qui a ralenti de façon sensible la croissance mondiale en provocant une récession généralisée. Ensuite, plus tard, le FMI a mal administré la crise asiatique de 1997 par une gestion exagérément restrictive sur le plan monétaire que budgétaire, malgré que l’organisme ait cherché à éviter la contagion sur les marchés financiers. Le FMI en tant que gardien du système monétaire et financier international n’a pas su prévenir. De facto, on peut dire que son système de prévention et de contrôle des marchés financiers est inefficace. L'économiste libéral Milton FRIEDMAN, a même déclaré que « sans le FMI, il n'y aurait pas le problème de l'Asie ». Concernant la crise des subprimes, le FMI n’a pas su avertir avec des indicateurs précis le gouvernement étasunien d’une éventuelle récession économique qui serait due à l’incapacité prochaine des ménages américains de payer leurs dettes.

Tertio, le FMI a toujours camouflé l’iniquité de la mondialisation qui est un système d’exploitation injuste. Au contraire, le FMI cautionne le jeu pipé des échanges internationaux où par exemple le continent africain entier n’est impliqué qu’à 1,2% et ne reçoit que 1,3% des investissements directs à l’étranger. Malgré cela les plans de relance du FMI dirigent les pays du Tiers monde à se spécialiser dans le commerce international. Or, l’Afrique perd plus en exportant vers le Nord des matières premières contre des technologies, des produits manufacturés et une partie des céréales de base. Ces termes de l’échange entre le Nord et le Sud sont contradicteurs. Par exemple, une économie agricole à 70 % comme le Sénégal et qui exporte 90 % de ses produits primaires subit un désavantage des chocs externes. Le président Hugo Chavez a eu raison de retirer le Venezuela de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International en les qualifiant de « mécanismes de l'impérialisme destinés à exploiter les pays pauvres ».

Pour conclure, le Fonds Monétaire International est par définition une organisation appartenant à 185 nations libres. En tant que gardien des marchés financiers, son rôle est d’assurer la stabilité du système monétaire et financier international de même que l’émergence économique. Il doit non seulement prévenir mais contrecarrer les crises financières en apportant une assistance technique et financière aux économies pauvres. Pour cela, il se doit de se reformer en profondeur en changeant sa réglementation, ses droits de vote et en associant davantage les pays émergents et les pays en développement. Il doit accorder des crédits volumineux aux pays pauvres pour endiguer définitivement la précarité tout en ayant un droit de regard sur l’utilisation efficience des créances allouées. Malheureusement, il avalise la globalisation qui n’est rien d’autre qu’un système d’exploitation et de distribution très inéquitable avec un processus ne conduisant pas à une intégration des flux commerciaux, des ressources scientifiques et technologiques, des systèmes productifs et des marchés financiers. Pis, ses plans de relance ont hypothéqué les économies des pays pauvres dans une crise concave sans issue. En sus, le FMI continue d’ignorer royalement les schémas d’action proposés et élaborés par des experts du continent noir.


Cheikh Sidiya DIOP
Analyste Auditor JJW France,
Doctorant ès Sciences Economiques
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
csdiop.audit@jjwhotels.com
Cheikh-Sidiya.Diop@malix.univ-paris1.fr



23:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : fmi, banque mondiale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

Commentaires

reforme ou dissolution ???

Écrit par : Krathos | mercredi, 17 septembre 2008

On n'améliore pas le mal, on le supprime. Ces instruments de l'impérialisme rempant déguisés en outil d'assistance internationale doivent disparaître.
A défaut, les Africains devraient pouvoir se donner les moyens de se prendre eux-même en charge, solidairement! Autrement, ils devront se résigner, pour toujours, à rester les esclaves des Maîtres du monde.

Écrit par : Dindé | jeudi, 18 septembre 2008

Il est injuste que certains avis raisonnable pourrait être ignorés parce qu'ils ne sont pas faites dans la zone d'intérêt. Merci beaucoup pour cet article. Il a beaucoup de sens. Cordialement!

Écrit par : resume writer | lundi, 27 septembre 2010

t's quite hard to find a good site. And I think I am lucky enough to have come here. The posts are doing great and full of good insights. I would be glad to keep on coming back here to check for updates!

Écrit par : dui lawyer los angeles | dimanche, 27 février 2011

I hope you will success with your new project. We all know that you always make a good project and you will introduce your projecy first in this site to see our opinion.

Écrit par : Peoria AZ Dentist | mardi, 01 mars 2011

Je REMERCIE ceux qui interviennent en Anglais....

Le BLOG des Fernand Dinde developpent de bons THEMES.... mais retenons qu'on ne peut pas TOUT CHANGER avec une baguette MAGIQUE.

Il faut une VOLONTE de tout un peuple pour TRANFORMER nos REVES en REALITE.... Ce qui n'est pas dans la plupart des cas actuellement.

Au niveau de la FMI, nous ne pouvons PLUS RECULER.... Nous devrons faire AVEC en faisant des AMENAGEMENTS....

Écrit par : srika Blah | samedi, 12 mars 2011

Lorsque vous êtes dans le coin et n'ont pas d'argent pour sortir de ce point, vous auriez besoin de recevoir des prêts de crédit. Tout simplement parce que si vous aide vraiment. Je profite de garantie de prêts chaque fois que je me sens bien besoin et à cause de cela

Écrit par : neuropati diabetik | lundi, 14 mars 2011

I wanted to thank you for this great read!! I definitely enjoying every little bit of it.I have you bookmarked to check out new stuff you post

Écrit par : robert beegel ny | mercredi, 16 mars 2011

Mau tanya bagaimana spesifikasi teknis jembatan Suramadu ?? seperti panjang bentang suspension bridgenya ... kok belum masuk di the longest suspension bridges in the world ya ...

Écrit par : Chapman Executive Suites | lundi, 28 mars 2011

Valuable information and excellent design you got here! I would like to thank you for sharing your thoughts and time into the stuff you post!! Thumbs up

Écrit par : hubpages | lundi, 28 mars 2011

The intense emotions, the groups of vibrant people, and the sense of togetherness I witness at these events inspire my best work.

Écrit par : IUI | vendredi, 15 avril 2011

En conséquence, ces règles remèdes appliquées à la lettre ont buté à un fiasco puisqu’elles sont bardées de lacunes, et, qui ont compliqué d’avantage la tentative de stabiliser les balances de paiements, d’équilibrer les politiques budgétaires et de maitriser le déficit des finances publiques. D’ailleurs les Economistes du développement et les altermondialistes interprètent ces plans de relance comme un piège du libéralisme sauvage.

Écrit par : Elizabeth Olsen | vendredi, 20 janvier 2012

On n'améliore pas le mal, on le supprime. Ces instruments de l'impérialisme rempant déguisés en outil d'assistance internationale doivent disparaître.

Écrit par : TAG Heuer Watches | mercredi, 17 juillet 2013

Les commentaires sont fermés.