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dimanche, 28 septembre 2008

AJUSTEMENT MENTAL : LE REMEDE AU DRAME AFRICAIN

LA CARTE DE L'AFRIQUE 2.jpgA tous les peuples d’Afrique;
A Mamadou Koulibaly, Okili et Biwagou du Fucr, Agnès Krady des amis
miens;
En hommage aux braves populations africaines et à la mémoire des
illustres ancêtres.


Le continent africain est à la traîne des autres. Il souffre d’une
pauvreté chronique qui paraît d’autant plus incurable que toutes les
tentatives de solution ébauchées en vue de remédier à son mal se
soldent par des échecs.

Des indépendances jusqu’à ce jour, les montagnes de remèdes appliqués
par les institutions internationales de même que les velléités des
Etats africains eux-mêmes ont accouché d’une souris. Quand elles n’ont
pas tout simplement refusé d’accoucher.

Une incapacité qui témoigne de la mauvaise approche faite du drame
africain et démontre que, autant les premières citées que les
africains eux-mêmes font partie du problème. Pour parler comme le
reggaeman jamaïcain Buju Banton : ‘’ you’re not part of solution then
you’re part of problem’’. Autrement dit, si on ne fait pas partie de
la solution, on fait (d’une manière ou d’une autre) partie du
problème.


L’échec des programmes de redressement économiques mis en place
depuis les ‘’indépendances’’ de nos Etats puisent leurs sources non
seulement dans leurs caractères drastiques, mais surtout inappropriés
et inadaptés aux vraies réalités africaines. A dessein d’ailleurs…

Les institutions internationales, dont sont maîtresses les puissances
capitalistes de ce monde, n’ont jamais eu pour véritable mission de
permettre aux autres peuples d’émerger. De se hisser à leur rang,
mieux de les supplanter. Il suffit de se référer aux programmes
d’ajustement structurels des années 90 pour s’en convaincre.

Les PAS de ces années-là, n’ont eu pour principaux objectifs inavoués
que de renforcer et pérenniser (par l’entremise du FMI et de la Banque
Mondiale) la mainmise occidentale sur l’économie de nos Etats face à
la montée en puissance des contestations sociales et politiques des
masses africaines. Contestations nées des effets collatéraux du Vent
de l’Est marqué par la chute du mur de Berlin en 1989.

En effet, ce Vent de l’Est, comme son appellation l’indique, n’était
pas destiné au Sud.

Savamment planifié par les grandes nations capitalistes en vue de la
déstructuration du bloc soviétique et sa mise sous coupole, le Vent de
l’Est s’est malencontreusement déporté vers d’autres horizons.

C’est ainsi que, contre les prévisions de ses initiateurs et séduites
par les artifices de liberté et de démocratie dont il a été habillé,
les masses africaines sont intervenues dans ce vaste mouvement à
l’effet de porter haut, elles aussi, leur désir d’émancipation.

Il relève donc de l’accident que les Africains se soient invités à ce
‘’banquet démocratique’’ auquel ils étaient nullement conviés.

Une contingence de l’histoire.

Ce n’est pas un hasard si, en pleine période de contestations des
populations africaines, l’ex président français jacques Chirac –
prétextant des turbulences qui ont suivi ces mouvements et qui
n’étaient en rien différentes ceux de l’Est-, a jugé bon de
décréter : ‘’ Les Africains ne sont pas mûrs pour la démocratie.’’

Cependant, l’histoire se faisant ; ce désir de liberté, longtemps
étouffé, s’est présenté comme une grave menace pour le système de
prédation économique et politique occidental imposé à nos Etats. C’est
donc dans le but de contrer les besoins réels des Africains afin de
préserver les intérêts des nations dominantes que ces plans
conjoncturels de redressement ont été mis en œuvre.

D’ailleurs, les programmes dictés aux Etats sous domination depuis les
années 60 n’ont répondu qu’à cet unique objectif. Le cas de la
Jamaïque de Michael Manley, des années 70 à 80, nous édifie à ce
sujet. Pays émergent qui s’est retrouvé dans le gouffre sous le poids
du FMI.


Malheureusement, les différentes tentatives (?) des Etats africains à
travers les élites et les masses afin de solutionner le mal qui ronge
notre continent, ne connaissent pas meilleur sort. Car, à dessein ou
par ignorance, les Africains se refusent à reconnaître les véritables
raisons du drame qui les affecte et de s’assumer.

Il existe une vérité que nous devons constamment avoir à l’esprit.

S’il est indéniable que l’Afrique souffre de la pauvreté, celle-ci est
loin de représenter la source de ses malheurs présents. Mais la
conséquence. En ce sens que nous n’avons pas souvenance dans
l’histoire du continent d’un état de putréfaction aussi avancé et
généralisé avant la colonisation et, plus loin, l’esclavage.

En effet, en vue d’asseoir sa domination, le colonisateur s’est attelé
au démantèlement de nos sociétés et de ses valeurs pour faire de
l’homme Africain, autrefois libre, un parfait sujet.

Le système colonial, guidé par la négation de nos valeurs et partant
de l’africain lui-même, avec comme point d’encrage la fascination des
siennes, a eu pour conséquence de pervertir notre mode de pensée.
Ceci, de sorte à le réduire à un état de sauvage et de barbare dont
seule la civilisation occidentale demeure l’unique Salut.

Un cynisme poussé à un tel paroxysme que même le Roi de cette jungle
nôtre, à laquelle nous avons été cantonnés par l’imagerie hellène,
s’est trouvé encore être comme par enchantement… un certain Tarzan. Le
plus sauvage des occidentaux.

Si bien que l’Africain aujourd’hui n’a plus conscience de son
existence en tant qu’être humain doté d’une histoire, d’une culture,
d’un génie et de réalités qui lui sont propres. Ses repères étant
devenus occidentaux. A ce titre, toute chose ne suscite son intérêt
ou sa passion que lorsqu’elle porte le cachet de l’occident. Et pire
désormais, d’horizons autres que l’Afrique.

Le système d’éducation hérité de la colonisation a fait de lui, un
consommateur non un producteur, un as de la mimique non un créateur,
un éternel assisté non un partenaire. Enfin, un décor dans le monde
non un participant du monde. Une extraversion telle, que nous sommes
en total déphasage avec notre milieu et nos réels besoins.

Nos Etats forment des millions d’étudiants en espagnol alors que les
populations sont affamées en dépit de la fertilité et de la
disponibilité des terres arables.
On éduque autant de millions d’étudiants en allemand quand le chômage
et la maladie déciment nos populations.
On attend de l’Europe les remèdes aux maux qui nous affectent, alors
que leurs médications sont à portée de main, chez nous.
On enivre notre jeunesse de l’histoire des grandes conquêtes et
œuvres de Napoléon quand elle ignore celles de ses illustres ancêtres.

On se passionne, et s’entretue au besoin, pour l’islam et le
christianisme quand on rejette nos pratiques religieuses ancestrales.
Dans l’ignorance totale que la religion est l’âme culturelle d’un
peuple bien déterminé. Le ciment de sa civilisation. L’instrument de
sa conquête du monde.

Nous sommes frappés par la pauvreté, tandis que des secteurs entiers
de nos économies attendent d’être exploité et nos enfants sont livrés
à la rue.

Le tableau paradoxal de cette indicible extraversion, qui fait peine à
voir,
n’est pas exhaustif.

De surcroît, cette mentalité de colonisé, sans cesse contrariée par
les poches de résistance de nos valeurs propres qui ont vie dans ce
qui reste de nos sociétés traditionnelles, a contribué à produire un
profond déséquilibre en nous. Engendrant de ce fait, une autre espèce
d’individus.

Ni africain ni occidental, ni rien en définitive sauf un être humain,
l’Africain apparaît de nos jours comme un déséquilibré mental. Un être
hybride à l’image de la chauve- souris dans le règne animal. Ni
oiseau, ni mammifère.

C’est pourquoi, une refondation de nos mentalités s’avère plus que
jamais nécessaire afin de sortir les peuples Africains du fond de
l’abîme où ils végètent.

Ceci étant entendu que, quelques soient les pluies de milliards de
Francs ou autres richesses dont dispose un déséquilibré, il n’en fait
rien. Sinon rien que du gaspillage dans la mesure où il demeure sans
repères ni objectifs précis.

Cependant, il convient de faire remarquer qu’il ne s’agit nullement
ici d’un changement de mentalité. Car un changement de mentalité dans
le cas africain suppose, soit un reniement radical des valeurs
occidentales afin de s’arc-bouter autour de celles uniquement
africaines : signe de notre involution ; soit un accord total avec
elles : marque de notre perdition.

Il est établi que certaines valeurs occidentales font désormais partie
de nos réalités par la force des choses. Il nous appartient d’en faire
le tri et de ne retenir que ce qui est d’abord bon pour nous.

En ce qui nous concerne, le remède au mal africain réside de prime à
bord dans un ajustement mental. C’est-à-dire une prise en compte des
deux réalités marquée par la prédominance de nos valeurs propres.
Autrement dit, un rééquilibrage de notre mode de pensée qui appelle à
la réhabilitation sans complexe aucun de nos valeurs comme fondement
de notre évolution, de nos empreintes dans l’histoire de l’humanité et
à une appropriation des valeurs qui font la force des autres peuples
dans le monde.

Une condition incontournable qui scellera, à n’en point douter,
l’Unité et la Renaissance de l’Afrique.

Dans la mesure où, cet Ajustement fera ressortir, au delà des
particularismes, les traits fondamentaux communs aux peuples
africains. Traits de valeurs qui se résument au socialisme, la
solidarité, au partage vrai ; en un mot, un humanisme affirmé.

Dès lors, l’Africain ne concevra plus les problèmes d’un point de vue
sectaire et synchronique mais s’éveillera à une approche globale et
diachronique de son évolution dans le monde.

Toute chose qui conduira à une symbiose entre les élites et les
masses, fera l’unité et la stabilité de nos sociétés puis stimulera le
génie de nos peuples, particulièrement, dans les domaines où ils
excellent.

Une donne nécessaire qui constituera incontestablement la force et la
marque de l’Africain de demain dans le concert des peuples.

D’ailleurs, de toute l’histoire de l’humanité, aucun peuple ne s’est
imposé au monde en se reniant.

Pour ce faire, il nous appartient d’imaginer les voies et moyens qui
permettent d’atteindre ce but.

La logique impose, puisque c’est d’abord par la ruse puis la force que
nous, peuples africains, avons été réduits au statut d’instruments par
les puissances dominantes de ce monde, que nous empruntions la voie de
la ruse.

Pour trois raisons qui nous semblent essentielles.

Primo, l’esclavage, la colonisation et l’ère capitaliste avec leur
cortège de malheurs que nous subissons en ce moment ont assez vidé
notre continent de ses ressources humaines et de ses fils parmi les
plus valeureux.

L’Afrique est aujourd’hui sous peuplée contrairement à ce que l’on
voudrait nous faire croire. 875 millions d’habitants pour un
gigantesque territoire de 30 millions de km2 contre 375 millions
d’habitants pour seulement 3.231.000 km2 concernant l’Europe, et 2
milliards d’individus pour 9.630.960 Km2 s’agissant de la chine
uniquement.

Un dépeuplement qui constitue une de ses faiblesses majeures qu’il
nous appartient de combler.

Secundo, les rapports de force physique (militaire) entre l’occident
et l’Afrique revêtent une disproportion flagrante et indiscutable.

Tertio, le nouveau contexte de compétition mondiale de ce début de XXI
è siècle rend caduc tout usage de la force physique.

Pour preuve, l’usage abusif des opérations militaires des USA et de
l’Europe (de manière solitaire ou sous le couvert de l’ONU et l’Otan),
a grandement affecté leurs économies. Le revers de la médaille.

De plus en plus de nations au monde possèdent une capacité de nuisance
qui impose un équilibre la terreur.

Il n’est pas dans notre entendement de céder au défaitisme ni à la
résignation. Mais le bon sens recommande que tout usage de la force ou
de la ruse soit fonction du contexte. ‘’ Quand la musique change, la
danse change’’, nous apprend la sagesse africaine. C’est la marque de
tout homme et tout peuple intelligent.

Les Dragons d’Asie, le Japon et la chine en tête, de même que l’Inde
ont réussi ce pari en trouvant les ressorts de leur émergence dans la
richesse de leur valeur propre, l’intelligence de leurs peuples et la
maîtrise de ce qui fait la force du monde occidental. Ceci, sans avoir
eu recours à des conquêtes militaires.

Il appartient donc aux Africains d’en faire autant. Voire mieux, vu
l’immense potentiel dont ils disposent.

Si les solutions à nos maux résident en grande partie dans nos valeurs
fondamentales et nos réalités propres, l’éducation est la clé du
sésame de notre nouveau départ dans la marche de l’humanité. Une
Education qui ses fondements dans nos valeurs et qui concoure à
l’amélioration de notre vécu. Non une instruction telle qu’elle nous
été léguée par le colonisateur.

Il ne sert à rien de s’attaquer aux superstructures de prédation des
puissances dominantes qu’il suffit de mettre hors-jeu, si nous
imaginons les moyens de notre propre développement.

Il est aussi illusoire de se précipiter vers la constitution de grands
ensembles économiques ou politiques, si chaque Etat africain ne
procède pas à sa propre toilette, sa propre refondation. Ce serait
bâtir une maison en commençant par le toit.

Au demeurant, s’il est mathématiquement admis comme postulat que
1+1=2, donc l’union fait la force ; il n’est pas moins vrai que : 1
Pauvre+1 Pauvre= 2 Pauvres, 1 Déséquilibré + 1 Déséquilibré = 2
Déséquilibrés dont les unions font la force de désastres non seulement
pour eux-mêmes, mais pour l’humanité toute entière.

C’est dire qu’on ne sait par quelle magie un agrégat de maux incarné
par un assemblage d’Etats désintégrés (Hier l’OUA, aujourd’hui l’Union
Africaine, pâles copies de l’UE), pourrait indubitablement déboucher
sur le Salut de l’Afrique.

A l’heure où le monde occidental subit les revers d’un capitalisme
sauvage, les Etats-Unis d’Amérique et l’Europe semblent
intellectuellement ménopausées, il appartient à chacun des Etats,
chaque société africaine, chaque corporation, chaque famille, chaque
individu, de sonner l’heure du Réveil Africain afin de ne pas manquer
cet important rendez-vous de notre histoire et des Grands Peuples.

Les moyens sont là qui existent. Il suffit, ensemble, de réunir toutes
nos énergies afin de les imaginer.


Carell Bohoui-Baclaud
Consultant en Communication
Et en Stratégies politiques et sociales
+226 78 32 31 71
Ouaga, le 02 Septembre 2008.


vendredi, 26 septembre 2008

CONCOURS MISS: DE LA MISERE DE NOS COMPORTEMENTS

MISS 2007.jpgLu pour vous, du blogueur Serge GRAH: "Pour participer au débat sur ces "particularismes" ivoiriens où les concours de beauté tiennent une place de choix (on m'apprend que l'ingenuosité des Ivoiriens permet d'allonger la liste : Miss Internet, Miss Diaspora et Miss Tout Niveau), je vous donne pour lecture un texte que j'ai publié en décembre 2007 sous le pseudo de Dr Kobé Cécile. Un texte qui reste d'actualité. Bonne lecture ! Serge GRAH: http://sergegrah.centerblog.net".



De la misère de nos comportements


La Côte d’Ivoire est un pays étrange ! Vraiment ! Un pays que tout le monde s’accorde à trouver mal-en-point, un pays qui s’enlaidit… et que toute la Nation devrait aider à sortir du gouffre, mais qui ne bruit que de comportements encensant des sous-valeurs.

Loin de nous réclamer d’un certain puritanisme, autorisons-nous néanmoins à dénoncer avec force le vice et l’insouciance caractérisés qui sévissent dans notre pays et tendent à se perpétuer péremptoirement en cette période post-crise. Et ce, dans le seul objectif de tirer la sonnette d’alarme et de susciter une prise de conscience collective. Car, il faut se rendre à l’évidence, le mal est bien profond et se cache derrière de nombreuses facettes. Les Ivoiriens ont perdu tout repère. Même les dogmes sociaux élémentaires, les rudiments primordiaux au développement d’une Nation tels que la moralité, l’éducation et le respect des mœurs semblent nous échapper.

Que s’est-il passé pour qu'on en arrive-là ? Les Ivoiriens loin d'être parfaits tenaient quand même sur quelques principes. Comment sommes-nous donc arrivés à un tel deuil de l’espérance ? Pourquoi éprouvons-nous cette lassitude à la réflexion ?

Un examen sommaire de notre société amène à se rendre compte de l’appétence paroxystique des Ivoiriens pour les plaisirs. Des déviances que nous inspirent le culte de l’argent, de la perversité et du superficiel : beuverie, ripailles, luxure, orgies sexuelles, impunité, corruption, favoritisme. Des comportements vénaux qui ont pris un caractère normal et qui sont en train de passer insidieusement dans les habitudes. L’immoral a pris la place de la morale, l’anormal s’est substitué au normal. Il y a une commutation des valeurs, au fil d’une déliquescence quotidienne incontrôlée de l’éthique. Le vice a fini par se suppléer à la vertu dans une indifférence totale et dans la plus nauséeuse des désinvoltures. Visiblement, il n’y a plus dans ce pays de garde-fous, de barrières. Plus d’interdits !

Dans notre chère Éburnie, tout se passe comme si nous étions dans une sorte d’impasse culturelle faite d’une affligeante stérilité. Jamais on ne célèbre l’intelligence, celui qui a mieux réfléchi... Nos cerveaux sont si paralysés que nous n’avons rien d’autre à proposer à la jeunesse que les jeux débiles servis en quantité par « Notre Télévision poubelle »… Pour sanctionner les talents et récompenser des bassesses. Quel gâchis épouvantable !

On a même trouvé des formules pour entretenir à coup de millions des viviers… de jeunes filles : les concours de beauté. Ce phénomène occupe désormais chez nous une place légitime. « Miss Côte d’Ivoire, Miss Cedeao, Miss Campus, Miss District » par-ci, « Miss Cocody, Miss Bouaké, Miss Adjépessi », par-là. Les « reines » et les « miss » se démultiplient. Il y a une telle folie obsessionnelle à organiser ce genre de compétitions qu’on a fini par y mêler des gamines. Oui ! On n’a pas hésité à faire germer l’idée, ôh combien géniale, que dis-je répugnante, d’exhiber des bébés de 7 ans ! « Miss Noël » nous dit-on ! pour voler leur innocence à ces enfants.

Nos enfants naissent et grandissent désormais dans ce climat de médiocrité et de recherche de gain facile, qui fausse leur conscience. Convaincus que la réussite est moins dans l'effort et la recherche de l'excellence que dans la capacité à tirer profit de son physique.

Mais diantre ! Quelle répugnance pénalisante pour la Nation lorsque les futilités, la vénalité, l’ignorance tentent d’embastiller la Culture ? Franchement qu’on nous dise le type de valeurs que promeut ce genre de compétitions. La beauté ? Mais quel mérite a-t-on à être beau ? A quel emploi exige-t-on d’être beau ? Comment pouvons être aussi pauvres culturellement au point de jeter le voile pesant de notre inculture sur nos propres enfants ! Que peut-on espérer de l’avenir d’une Nation dont toute une génération est sacrifiée sur l’autel de vices suicidaires ? Dans quel psychodrame sommes-nous en train de jouer ? Comment s’étonner alors que les jeunes Ivoiriens trichent avec leur vie ! Et que le civisme, la conscience professionnelle et l'assiduité au travail soient observés avec mépris.

Baignant dans les paillettes, de tels concours mettent en jeu toute l’image qu’on se fait de la femme dans notre pays. Et ce qui se profile, c’est la sexualisation prématurée des enfants. C’est aussi la distribution des rôles futurs : « sois belle… et tout le reste te sera acquis ». Plus profondément, c’est la référence au superficiel, aux fausses valeurs, au nu avec ses profils effilés devenus le critère dominant. Le dessous comme vérité du dessus. La coquetterie et la beauté, les seules armes qu’on laisse aux enfants de ce pays… Merveilleux programme ! N’est-ce pas ?

Et qu’une Institution de la République, tel le Ministère de l’Éducation Nationale accompagne de telles actions, prend le visage de l’effroyable. Et de la révolte ! Le gouvernement ivoirien veut-il entretenir le modèle d’une jeunesse zombifiée ? Veut-on créer le stéréotype de la femme infantile ? Veut-on pour demain des femmes qui n’auront pour seule boussole que d’être « belle » ?

Aujourd’hui, la situation de notre pays est telle que les maux à combattre ne manquent pas. Au lieu de promouvoir des préjugés sexistes du genre « soit belle et tais-toi » à un moment où l’école est quasiment inexistante, un moment où le SIDA décime toute une jeunesse, le Ministère de l’Éducation Nationale devrait multiplier des actions qui exhortent plutôt les jeunes au travail, au civisme, aux valeurs éthiques et morales, etc.

Une enfant à qui on apprend à se réaliser à partir des atouts artificiels, trouvera-t-elle le moyen de croire en ses études ou au travail ? Quelle élite sommes-nous en train de former ? Ne faut-il pas construire pour cette jeunesse une société qui donne avantage au mérite par le travail et l’intelligence ? Et qu’ils comprennent ainsi qu’il n’est pas inutile d’aller à l’école et d’être surtout « beau » par l’intelligence.

Sinon, un jour, lorsqu’ils auront 20 ans, 30 ans. Et pleins d’espoir, affamés d’avenir, ils se rendront compte que nous leur avons laissé un pays usé et vidé de toute sa substance nourricière. Et ce jour-là, ils nous haïront de toute leur force. Et ils auront raison. Car c’est le pire qu’on puisse faire à ses propres enfants…



Serge GRAH

mardi, 23 septembre 2008

TOUJOURS DES BLAGUES SUR LE RESEAU ORANGE

SOURIRE.png
1- Un petit garçon demande à sa mère le sens d’un mot qu’il a entendu dans une chanson zouglou : « Maman, kpètou (l'organe génital féminin), c’est quoi ? » Sa mère, très embarrassée, lui dit, pour esquiver la question : « C’est voiture ! » Le petit est satisfait et va jouer. Le lendemain, sa tante débarque à la maison avec une très belle voiture. L’enfant jubile et veut dire : « Tantie, ton… ! » La mère, qui sent venir le coup, le cale net. In extremis. Vraiment, les enfants d’aujourd’hui, on ne peut même pas les blaguer un peu !

2- Un digba de chez agbôlô (un solide gaillard), mal moisi (désespérément fauché), va écrire sur le mur en face de sa cour commune : « Interdit de pisser, ici. Amende : 1 seconde à 1000 francs. Un gars de passage se fait prendre. Il lui saute dessus, chrono à la main : « Mon frère, tu as pissé 10 secondes. Décrou le pierre (Sors l’argent) ! Tu n’as pas vu ce qui est écrit au mur-là, ou bien ? ». "Ecrit où?", demande le gars, apeuré. Et le balèze de lui répondre: "Tu ne vois pas ce qui est écrit en chinois-là? Ou bien tu n'as pas regardé Jeux Olympiques?"

3- Un bété va à la mairie pour des papiers administratifs. Il trouve l’agent qui lui demande : « Nom du père ? » Le bété répond : « Séri Gaspard », et il ajoute, après un moment de silence « Il est mort ! » L’agent s’énerve et dit : « Il fallait me dire cela plus tôt pour que je marque FEU Séri Gaspard ! » Après rectification, l’agent demande : « Nom de la mère ? » Le bété répond : « Faut mettre FLAMME Yohou Bernadette, parce qu’elle est morte aussi ». Wahaaa gnian ! Gnian oh yé ! Bété, vraimaaa !

4- Emission de Génies en Herbes, en 2000, à Bruxelles : Belgique contre Burkina Faso : « Donnez un mot de sept lettres commençant par W » Zoungrana est le plus rapide. Il répond : Woiseau ! « Donnez un mot commençant par A ». Zoungrana surgit : Aradio ! « Donnez le nom d’un pays commençant par Z ». Encore Zoungrana : Zapon ! C’est le comble, mais le présentateur accorde une chance au Burkina. « Donnez un mot contenant deux J ». Zoungrana jaillit : Jig-Jag ! Franchement incurable, le mec !


5- Deux malades mentaux internés décident de fuir de leur asile. Ils font leur plan : Si le portail est haut, on passe en bas, si c’est bas, on passe en haut. L’heure de fuir arrive mais le portail est grand ouvert. Ils sont mélangés, déboussolés. Ils n’avaient pas prévu ce scénario. Alors, ils retournent en cellule, en disant : « Merde ! Ils nous ont eus, ya pas de portail ! Comment ils ont su qu’on allait fuir par le portail ? »

6- Un coq et une poule, en compagnie de deux gamins restés seuls, à la maison, regardent la télé. Quand commence l’émission « La Bonne Cuisine », la recette du jour annoncée est : « Kédjénou de poulet ». La poule dit au coq : « Il faut leur dire de zapper. Je n’aime vraiment pas les films d’horreur ! »

7- Deux fous sont à la piscine. L’un tombe à l’eau et l’autre le sauve. Le lendemain, le directeur convoque le héros et lui dit : « Bravo pour ton geste. Mais ce matin, on a retrouvé ton ami pendu ». Le fou répond : « Bèh, oui ! C’est moi qui l’ai accroché là pour qu’il sèche un peu, quoi ! »

8- Un mec invite sa go (sa copine) au maquis et n’a que 1000 FCFA en poche. Il se dit : « Si elle prend un Coca et moi une Tuborg, ça peut aller ». Il lui demande ce qu’elle prend. Sans réfléchir, elle répond : « Une Guiness au Coca ». Il lui demande bien: « Tu prends une Guiness ou un Coca ». Et elle insiste : « Une Guiness au Coca ! Je veux panacher, quoi ! ». Il lui dit « Ce n’est pas PANACHE tu veux, c’est SAMEDI, ÇA ME DIT ou TEMPO ! D’ailleurs même, si tu m’énerves, tu risques de faire PLEIN-AIR, au sens propre ! »

9- Un élève pilote part en exercice avec ses bouquins d’études pour apprendre tout seul à appliquer ses cours de navigation, dans un avion privé. Il ouvre le manuel au 1er Chapitre : « Comment démarrer l’avion ». Il le démarre. Ensuite, 2ème Chapitre : « Comment décoller », 3ème Chapitre : « Comment planer ». Il plane, plane et replane, grisé par sa réussite. L’élève pilote est fatigué, il veut atterrir. Il ouvre le 4ème Chapitre. Il y est écrit : "Pour l’atterrissage, consulter le volume 2". Mince ! Il a oublié le volume 2, à la maison ! Priez pour lui.

10- Dans une classe de catéchèse, le prêtre demande aux enfants comment faire pour aller au paradis. Le premier catéchumène lève le doigt et répond : « Il faut prier beaucoup ! ». Le deuxième dit : « Il faut mourir, d’abord ! ». Le troisième répond : « Mon papa et ma maman vont tous les jours, au paradis, dans leur chambre ! Je les entends, au milieu de ouuuh, de aaaah et de ouiii, dire qu’ils sont au paradis ! »

11- Carême va tuer les musulmans. Hier, Ladji est tombé évanouit, vers 15 heures. Ses parents, affolés, ont décidé de l’emmener à l’hôpital le plus proche. En route, un jeune du quartier dit : « Achetons wommi 25 F pour lui, on va voir ». Le vieux ouvre un œil et dit d’une petite voix : « Mon fils, merci ! Ils n’ont qu’à faire pour 100 F, en même temps, avec un peu de baka ».

12- Trois amis causent. Le premier dit : « Ma femme a lu l’histoire des deux héros et elle a fait des jumeaux ! ». Le deuxième dit : « La mienne a lu l’histoire des trois mousquetaires et elle a fait des triplés ». Et le troisième, qui les a bien écoutés, se met à pleurer parce que sa femme est enceinte et qu’elle est en train de lire Ali Baba et les quarante voleurs.




AUTRES SMS


1- Dieu se cache. Le saviez-vous ? « Tu es un Dieu qui te caches, Dieu d’Israël, sauveur ! » Esaïe 45 : 15. Pourquoi Dieu se cache ? Pour que ne le trouvent que ceux qui le cherchent et qui le cherchent de tout leur cœur. Il a dit lui-même : « Je n’ai pas dit : Cherchez-moi vainement ! » Esaïe 45 : 19. Alors, comment cherchez-vous Dieu, vous, avant de l’accuser, à tort, de ne pas vous répondre ou de ne jamais vous répondre ?

2- Par la bonté, contrecarre la méchanceté, par l’amour, consume la haine, par la douceur, absorbe la colère, par le calme neutralise la violence et par la fidélité confonds le parjure. Oui, par le bien, réponds toujours au mal. Passe le message !


Recueilli pour vous.


Dindé Fernand.







SORCELLERIE ET SOUS-DEVELOPPEMENT

FETICHE VAUDOU.jpg
A l’aube du 21ème siècle où l’Afrique se bat pour rattraper son retard sur les autres continents, certains intellectuels n’ayant pas peur du ridicule, proposent la sorcellerie comme moyens de développement. Le degré d’approche du problème et les conclusions tirées pourraient témoigner de nos incapacités, et cela quels que soient nos niveaux d’études universitaires, à juger avec bon sens et esprit critique.
Il n’y a pas longtemps, une cassette vidéo, témoignage d’un homme, Béhanzin, qui serait converti au christianisme circulait à Abidjan mais surtout dans les cités universitaires. Selon son contenu, le prétendu prêtre vaudou faisait des révélations sur ses activités magiques : il disait avoir rehaussé de façon magique le niveau religieux, politique, économique et sportif de certains ivoiriens. Il serait à la base de la réussite fulgurante et plus ou moins douteuse de certaines personnes grâce à ses procédés magiques consistant à enterrer des fœtus, des parties du corps humains comme cheveux, ongles puis à invoquer à la fin des esprits.

Ce procédé de justification de la réussite sociale doit être l’occasion pour l’ensemble des intellectuels et particulièrement pour les philosophes d’ouvrir leur esprit critique, afin d’améliorer la capacité à comprendre du peuple ou du commun des mortels. Ce devrait être l’occasion d’inviter la masse à faire de meilleures analyses de tout ce qui l’entoure. Pourquoi toute réussite en Afrique devrait-elle devoir son mérite aux bons soins des esprits magiques ? Pourquoi l’Africain serait-il particulièrement « programmé » pour croire à la sorcellerie ? Y a-t-il des explications psychologiques, économiques et socioculturelles qui favorisent un tel attachement aux croyances mystiques chez les Africains ?
Après cinq années de guerre, le peuple ivoirien est exaspéré ; il est fatigué. Il assiste impuissant à d’interminables grèves visant à améliorer le niveau de vie des fonctionnaires du public et du privé. Beaucoup d’artistes, d’agriculteurs, de pratiquants du secteur informel mènent aujourd’hui des actions pour sauvegarder leurs intérêts économiques et sociaux. En somme, la pauvreté à certains égards s’installe de plus en plus fermement dans une société où la corruption et l’individualisme sont devenus monnaies courantes.

Quand un peuple ou un individu en arrive là, la capacité réflexive du citoyen se réduit à l’instinct animal. L’instinct de survie domine sa capacité d’analyse ; l’intelligence est étouffée par les mécanismes naturels de survie. Il est aux aguets, prêt à répondre à celui qui lui offre les moyens les plus rapides de résolutions de ses problèmes. On fuit la difficulté et on recherche en priorité la facilité. La magie répond à ce besoin de réponse facile et rapide. Par elle, les individus croient posséder des forces irrationnelles de réussite. Ils finissent par s’encombrer de superstitions, d’objets de protection et de pratiques douteuses. Ils croient trouver dans la sorcellerie le remède de leur souffrance. Comme contrepoids à la sorcellerie, d’autres s’abreuvent de prières et de protections diverses. En réalité, la misère, l’ignorance et la crainte sont les principales causes de la croyance à la sorcellerie. Par paresse de la pensée, ces individus implorent les esprits ou le divin.

La sorcellerie apparaît à leurs yeux comme technique de possession de prétendus pouvoirs surnaturels pouvant plier la nature à leur volonté. Ces pouvoirs permettraient de se déplacer quand ils veulent, sans moyens de transport conventionnels, d’un bout à l’autre du monde pour faire du mal à qui ils veulent. Ces pouvoirs leur donneraient des facultés secondaires de divination. A l’inverse, ces individus, sachant tout le mal qu’ils font, sont perpétuellement à la recherche de la protection d’un Dieu bon qui sauve contre un dieu mauvais qui donnerait ces pouvoirs de destruction à certaines personnes.

L’apologie d’un démon est donc fait. Cependant ce n’est point l’apologie du démon naturel de destruction contenu en tout homme comme chez T. Hobbes dans sa théorie de l’homme Léviathan. Mais c’est celle d’un démon extérieur au monde et qui pousserait à commettre des actions contraires à toutes règles humaines sur les autres pour acquérir une certaine puissance magique et s’assurer d’une réussite sans faille dans la société. On pourrait se croire dans un conte ou à la limite dans un mythe. Malheureusement, ces faits s’accordent encore aujourd’hui avec les réalités sociales et culturelles des Africains. Nos mentalités ont instauré dans nos coutumes et traditions des règles et des croyances répondant à de telles dérives intellectuelles.

De nos jours, personne ne veut remettre en cause ses manières de faire anciennes totalement en désaccord avec l’évolution scientifique du monde. Un pasteur pense que des esprits provoquent des accidents sur l’autoroute du nord, au Banco. Comme remède, il propose, sans avoir peur du ridicule, purement et simplement des prières au lieu d’inviter les automobilistes à la prudence et au respect des règles élémentaires d’entretien de leurs voitures. Ce magicien des temps nouveaux s’égosille dans l’exorcisme des « esprits d’accidents » alors qu’il devrait interpeller l’Etat à veiller à l’éclairage public et à l’entretien des routes. Au nom de la sorcellerie, des pauvres individus sont enterrés vivants, après des procès coutumiers expéditifs, au mépris des lois de la république. En somme, la croyance aux esprits et à la superstition contribue à rendre les individus et l’Etat moins responsables. Tout le monde se cache derrière des forces magiques pour ne pas faire son travail citoyen.
A l’heure de la mondialisation, il est important que les Africains sortent de leurs réserves dogmatiques, de leurs croyances absolues aux mystères pour affronter rationnellement un monde complexe. Ce monde est celui des débats scientifiques et du respect des droits de l’homme. C’est dans la confrontation des idées et non dans l’imposition des croyances liées aux délires de l’imagination que l’Afrique pourra asseoir, à certains niveaux, son leadership intellectuel et assurer son développement.

Prof. BOA Thiémélé Ramsès et Mlle GNEBO Zohon Rachelle (étudiante). Université de Cocody/ Département de Philosophie.

MISS NOEL ET CONCOURS MISS, EN COTE D'IVOIRE, EN GENERAL: DISCUSSION A BATONS ROMPUS

MISS 2007.jpg
Miss Noël vraiment ?

Un biais pour une analyse rapide.
Quoi ? Préselections Choco Miss Noël 2008

Où ? Abengourou, Daloa, Yamoussoukro, San Pédro, Divo, Daoukro, Abidjan

Analyse de l'image d'appel En haut à droite : Gros logo du partenaire Chocodi. Au grand centre : Une enfant, dix ans à peine, habillée d'une robe de princesse, un sourire éclatant, une bouche super maquillée, des paupières maquillées, des faux cils (ça se voit), des rallonges de cheveux, une mimique séductrice...

But d'un tel évènement ? .... (j'attends des propositions)

Partenaires Entre autres, le Ministère de l'Education Nationale

Promotrice de l'évènement ? Patricia Kalou.

Rappels sur babiwatch

Vous en pensez quoi vous ?

Lu sur: http://babiwatch.ivoire-blog.com/archive/2008/09/10/miss-...

FLEURS.jpg


AUTRES LIENS SUR LE DEBAT

Le Blog de Yoro: http://leblogdeyoro.ivoire-blog.com/archive/2008/09/03/mi...

Le Blog de Théophile Kouamouo: http://kouamouo.ivoire-blog.com/archive/2008/09/04/choco-...

Réseau Ivoire: http://www.rezoivoire.net/news/enquete-article/2994/conco...


Mon commentaire sur l'article:

Ce que j'en pense, moi? Totalement débile! Franchement! Quelle mérite a t-on d'être la plus belle! Nous sommes beaux ou belles, un point c'est tout, c'est DIEU, le Créateur qui l'a voulu ainsi! Quel mérite pouvons-nous objectivement en tirer?

Ces concours Miss sont une véritable plaie morale, une abérration! Quelle est la valeur qu'on veut ainsi promouvoir? Exhiber ses charmes pour se faire de l'argent? Une prostitution savemment déguisée? Cela ne correspond pas aux modèles avec lesquels on batit une grande nation.
Les Ivoiriens doivent, comme je l'ai toujours dit, revisiter, reconsidérer leur échelle des valeurs.

Est-ce tellemnt leur faute quand des media d'Etat comme la RTI, à travers RTI MUSIC (dès 9h, le matin) et les films à l'eau de rose de 19h, désaxent moralement notre jeunesse et nos enfants par une musique crétine, des danses obscènes et le culte du nudisme et des embrassements érotiques? Au vu et au su des pouvoirs publics et surtout du CNCA qui censure des pubs de beurre et de savonnerie et qui laisse passer les choses les plus graves et les plus répréhensibles!
Que sert-il de couler la mouche et d'avaler le chameau? Honnêtement! (Cf. La Bible). Et vous, qu'en pensez-vous?

Fraternellement!

Dindé Fernand.


Réaction d'un internaute à ma diatribe:

Je suis tout à fait contre vos propos Monsieur DINDE; pourquoi toujours vouloir chercher à donner des leçons, pourquoi critiquer la façon de penser ou la façon de raisonner des autres, ca peut arriver d'avoir des points de vue differents, plus je lis les messages échangés essentiellement vos propos, plus je me rends compte d'une certaine intolérance d'une volonté permanente d'imposer ses idées, sa façon de voir les choses sa façon de penser. pourquoi traiter la façon de voir les choses des autres de je cite: "totalement débile", « de plaies morales », « d’aberration »; pourquoi dire que Dieu a voulu qu'on soit beau ou belle un point c'est tout. Si c’est ainsi pour la beauté ca devrait etre pareil pour l’intelligence, la sagesse la force le courage la richesse……Cependant dans la bible certaines personnes sont connues et meme reconnues pour avoir été les plus beaux, les plus forts les plus courageux les plus sages les plus riches de leur époque je vais vous citer de ce fait JOB (richesse), les enfants de JOB (beauté), Rebecca « la femme de Jacob » (beauté), le roi SALOMON (richesse et sagesse), SAMSON (force), DAVID(courage) et beaucoup d’autres encore.

Concernant Les concours de beauté, je suis désolé ils sont justes organisés dans le but de distraire d’occuper les gens, si on continue à raisonner dans ce sens la les jeux olympique par exemple ca ne sert à rien, les competitions de football ca ne sert à rien parce que quelle mérite avons-nous à courir plus vite ou a savoir taper dans un ballon mieux qu’un autre.

Je ne sais pas ce que vous appellez musique crétine mais je me sens choqué je dirai meme outré par ce manque de tolérance. Comprenez déjà que pour nous ivoiriens vivants pour l’instant à l’étranger, c’est un vrai bonheur d’entendre cette musique « crétine », peut etre que nous aussi sommes crétins pour autant l’apprecier.

Concernant les danses obscenes, je suis désolé de vous dire que les ivoiriens sont producteurs de films pornographiques, on a cependant pas pour autant condamné les films ivoiriens comme ABLAKON- LE 6e DOIGT- COULEUR CAFE et j’en passe. On ne va donc pas condamné la musique ivoirienne parce que certains veulent détourner le concept à leur avantage pour faire des conneries.



Jean-René A.


Ma réponse à la réaction de Jean-René


Cher bien-aimé Jr A.,

Ce que je condamne n'est nullement le loisir que ces concours offrent ou la compétition qui est organisée en tant que telle, mais le fait de récompenser une fille parce qu'elle est belle, et mise au dessus de toutes, honorée, choyée, acclamée, pour n'avoir fourni AUCUN effort, tandis qu'on ignore celles qui ont le BAC avec la mention, qui tiennent des entreprises avec brio, qui occupent admirablement des postes traditionnellemnt consacrés aux hommes, qui sont parties du bas de l'échelle pour accéder à la prospérité et à l'accomplissement de leurs personnes, celles qui ont des idées novatrices, celles qui par l'effort et le travail se sont distinguées, etc, etc, etc!

Voici ce qu'on doit promouvoir dans un pays sous-développé comme le nôtre, où plus personne ne veut travailler, où on préfère le loisir et le luxe rapidement acquis au travail patient et à l'effort soutenu et constant. Tout le monde veut être Miss pour être la femme d'un boss, tout le monde veut jouer au football pour devenir Drogba, tout le monde veut travailler dans les régies financières sans être admis régulièrement à un concours mais en corrompant des indélicats qui sapent les bases de la nation et de notre administration (où l'éthique n'existe plus) pour longtemps.

Après cela, comment fait-on pour construire un pays solide et bosseur qui puisse prétendre à des taux de croissance supérieurs ou égaux à ceux des Dragons d'Asie, qui avaient le même PIB que nous, en 1960?

Alors, comprends-moi, cher frère, mon coeur pleure de voir l'Afrique s'amuser et danser pendant que le monde avance et que l'histoire s'accélère!

Justement, j'appelle musiques crétines les musiques où on chante des grossièretés (Dedans, mets dedans!) et qui font danser tout le pays, où les paroles sont des bruits de bouches sans aucun sens et qui font se trémousser les trois-quart de la nation, où le tintamare remplace les belles harmonies musicales (je suis instrumentiste et chef du groupe musical de mon église), où les textes sont nuls et incohérents et où des concepts immoraux encouragent à la luxure, à la fornication, au gain facile et à la gabégie, qui sont des valeurs qu'un pays en voie de développement ne peut pas s'offrir le luxe de promouvoir!

Voici donc ce que je n'accepte pas pour mon pays où j'estime que le travail doit être la PREMIERE VALEUR. J'espère que tu me perçois maintenant un tout petit peu.

Fraternellement!

Dindé Fernand.



jeudi, 18 septembre 2008

SORCELLERIE ET TRADITIONS CRIMINELLES

FETICHE VAUDOU 2.jpgBOA Thiémélé Ramsès, Maître de conférences de philosophie, Université de Cocody Abidjan

Le 11 juillet à 17h, dans le cimetière de Sahuyé, un village de Sikensi, un homme, ligoté a été enterré vivant sous le cercueil de sa présumée victime. Landry Kohon, le journaliste de Fraternité Matin qui relate ces événements a raison de dire que les mots inhumain, cruel, horrible, abominable ou odieux ne sont pas assez forts pour qualifier ce crime commis au vu et au su de tout le village.
Peut-on rester silencieux face à l’indicible ? Peut-on ne pas regarder avec dédain cette tradition criminelle fondée sur la sorcellerie ?


QUELLE TRADITION ?

On nous dit de ne pas regarder avec dédain nos cultures. Certes. Mais que vaut une tradition quand elle ne garantit pas la liberté de ses membres, quand elle ne protège pas les plus faibles ? Que vaut une tradition quand visiblement elle est en déphasage avec l’évolution scientifique et morale de l’humanité ?
Toute société évolue aussi bien dans ses manières de faire que dans ses manières d’être. Elle doit passer par le rejet des formes anciennes inaptes à rendre compte du présent. Elle doit nécessairement devenir moderne si elle veut innover. La modernité exige une critique sévère des formes périmées de savoir, de savoir-faire et de savoir-être. Elle nous oblige à regarder avec un certain dédain ces traditions singulières qui oppriment la personne humaine et encouragent la servitude de l’esprit. Aujourd’hui les élites africaines qui auraient dû être les défenseurs de la modernité étonnent par leurs agissements quelquefois semblables à ceux de l’ignorant analphabète. Elles retournent à un stade d’ignorance qu’elles avaient déjà franchi grâce à l’instruction. Elles deviennent médiocres au sens où, pour le philosophe camerounais Njoh-Mouelle, la médiocrité, conformisme irréfléchi aux pensées élémentaires, a pour base l’absence de jugement personnel, la dépendance par rapport à l’opinion et au jugement anonyme de la majorité, les comportements stéréotypés et la renonciation à l’autonomie. La médiocrité se présente alors comme grégarité, fidélité inconditionnelle à des us et coutumes dégradants.
En somme, cette tendance générale de la tradition à voir la sorcellerie partout, aussi bien dans la réussite sociale que dans la mort, produit des esprits médiocres, véritables freins à la modernité. Toute société désireuse de modernité fait le deuil de l’ancienneté qui ne correspond plus à la nouveauté. Il ne s’agit pas de rejeter les certitudes anciennes parce qu’elles sont anciennes mais simplement parce qu’elles ne donnent plus de réponses pertinentes aux préoccupations du moment. Maintenir artificiellement en vie une tradition culturelle anachronique est une faute morale ; l’amener au contraire vers la forme universelle qu’elle contenait est signe d’intelligence et de courage. Il s’agit en réalité d’épurer les traditions des aspects dépassés. C’est pourquoi dans toute modernité, la raison fait reculer l’ombre de l’irrationnel ; les émotions collectives se dissolvent dans des pensées personnelles assumées. Dans la pensée de la modernité, c’est la Loi de l’Etat qui règne au détriment de celle du terroir ; c’est le respect du droit de la personne que l’on garantit contre tous les abus. Dans la modernité, force est donnée à la Loi républicaine pour faire régner la justice universelle.

FETICHE VAUDOU.jpgLES RENONCIATIONS COLLECTIVES

Aucun des éléments qualifiant la modernité n’était présent dans les actes ignobles commis à Sahuyé ce 11 juillet 2008. C’est le jugement sommaire d’une foule excitée par la haine qui a eu raison de ce jeune homme enterré vivant. Que vaut une société quand, par paresse, ses élites refusent d’interpréter la culture à la lumière des nouveaux cadres de crédibilité ? Les élites ivoiriennes en donnant du crédit aux superstitions, renoncent à leur fonction de critiques et de producteurs des savoirs. Elles sombrent dans une paresse de pensée doublée de couardise.
La gendarmerie arrivée sur les lieux au moment où le jeune homme ligoté était conduit par ses bourreaux au cimetière n’a pas daigné arrêter le cortège. N’est-ce pas un acte flagrant de non assistance à personne en danger ? Quand les institutions républicaines commises à la protection des citoyens renoncent à leur devoir, tout citoyen est exposé à l’arbitraire.
Par ailleurs, la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI) dirigée par une juriste émérite et des humanistes confirmés est restée silencieuse sur ces cas évidents de violation des droits de l’homme. A la lecture des comptes rendus de la récente conférence de presse de la CNDHCI, nous avons eu l’impression qu’une fois encore l’Etat ivoirien s’était donné bonne conscience en créant une institution sans moyens d’action. A-t-elle reçu des pouvoirs publics les moyens matériels et financiers pour réaliser pleinement sa noble mission ? A moins que ne sont prises en compte par elle que les droits politiques et les viols de femmes ! En se focalisant uniquement sur les droits politiques, la CNDHCI renonce à une de ses vocations : dénoncer toute violation des droits de l’homme. Elle laisse ainsi dans l’ombre un pan entier des droits civils dont la violation se traduit par la torture, les traitements cruels, inhumains et dégradants.
Accuser des individus de sorcellerie, les exposer à la vindicte populaire et au lynchage, c’est ne pas respecter la dignité inhérente à la personne humaine. En dehors de Sahuyé, d’autres cas non moins cruels de tortures ont été déjà signalés : cas de lynchage à Oghlwapo à Alépé faisant trois morts et de nombreux blessés (voir Fraternité Matin du 7 juillet, p. 16) ; cas de Ouleglepleu à Toulépleu où un prétendu exorciseur de sorciers installé avec la bénédiction républicaine du sous-préfet a dénoncé « L’équipe nationale des sorciers de Toulépleu » (voir Réveil Hebdo du 30 juillet 2008, p. 9). Citons aussi le cas relatif à l’enterrement de Kuyo Serges, ancien secrétaire général de la Fesci : le 15 septembre 2007, lors de l’inhumation de Kuyo Serges à Logobia, les étudiants, sous prétexte de venger leur camarade victime selon eux des sorciers de son village, ont mis le feu à une partie du marché du village, saccagé des habitations et des magasins, détruits les biens des pauvres paysans. Cette horde d’étudiants excités et en colère a battu à sang des présumés coupables, accusés d’avoir, par des pratiques de sorcellerie, provoqué la mort, par accident de voiture, de leur ancien camarade (voir Soir Info du lundi 17 septembre 2007).
Mais la CNDHCI renonce d’autant plus à ses charges que l’une des fonctions des commissions nationales des droits de l’homme, selon les textes de l’ONU, consiste à recevoir des plaintes d’individus ou à s’autosaisir des abus commis dans le domaine des droits de l’homme en violation de la législation nationale. Or dans les cas mentionnés plus haut, n’est-ce pas la coutume du terroir (ou pratique interne) qui est appliquée au détriment des lois de la République ? La CNDHCI ne peut fermer les yeux sur cette pratique archaïque de dénonciation de sorciers par le port des cercueils.
En plus de la violation de la législation nationale, il y a eu une violation massive des droits de l’Homme car une des finalités des procès traditionnels en sorcellerie, c’est le désir inavoué de débarrasser la société de ses membres devenus inutiles, souffrants et encombrants. Déjà en 1932, L. Tauxier (Administrateur colonial du Cercle du Sanwi puis de celui de l’Indénié de 1924 à 1926) remarquait avec justesse, « que par la terreur fétichiste, la société se débarrasse des vieilles femmes plus bonnes à rien, encombrantes et laides, des vieillards grognons, récalcitrants, pauvres, sans parenté puissante et sans défense ou bien mal vus dans leur famille et suspects à leurs proches. » La sorcellerie se transforme ainsi en un alibi que des individus sans scrupules utilisent pour dépouiller de leurs biens des groupes de gens ou des individus sans défense. Le plus souvent et selon les pratiques du milieu, les biens des prétendus sorciers tueurs sont récupérés par leurs dénonciateurs.
Quand la sorcellerie devient un principe d’explication de tout, elle apparaît comme un aveu d’impuissance devant la complexité du monde. La sorcellerie prospère parce que nos esprits désespèrent de comprendre. Dès lors est menacé de dénonciation tout esprit critique à la recherche du savoir. Il nous faut accroître la part de vérité contenue dans le monde et en nous-mêmes en soumettant à révision nos cadres anciens de perception du monde. Comment enrichir l’humanité de nos véritables savoirs si nous l’appauvrissons par nos ignorances et notre refus d’interpréter les traditions ?


Prof. BOA Thiémélé Ramsès
Département de Philosophie.
Université de Cocody Abidjan

Dernier ouvrage paru « Nietzsche et Cheikh Anta Diop », Paris, L’Harmattan 2007
Mail : boathie@yahoo.fr



L'ARTICLE DE FRAT-MAT

EMOTIONS A SAHUYE: LE CORPS DE L'ENTERRE-VIVANT EXHUME


Dernière mise à jour : 26 Juillet 2008 - 00:30 GMT


Le corps en état de putréfaction d’un homme, apparemment jeune, au torse nu et en pantalon jeans de couleur noire, portant des baskets noires à rayures blanches ! Le cadavre au visage méconnaissable et étendu sur le dos, avec les bras et les pieds ligotés, se trouvait bien dans la tombe sous le cercueil contenant un autre corps. Image horrible que celle, qu’il nous a été donné de voir avant-hier jeudi, sous le coup de 16 h 10, au cimetière du village de Sahuyé, sous-préfecture de Gomon, département de Sikensi. Le corps exhumé est bien celui de Ando Gbofé Clément, 38 ans, enterré vivant depuis le 11 juillet sous le cercueil de Okpro N’Dri Emmanuel, 34 ans, dont il est accusé de la mort par ses bourreaux (voir Frat-Mat du 23 juillet, page 6). Une exhumation faite pour répondre aux procédures d’usage. Ont donc assisté et supervisé l’opération, le procureur de la République de la section du tribunal de Tiassalé, M. Tegé Désoto Michel et son adjoint, le substitut Zahé Edmond, ainsi que le sous-préfet de Gomon, Mme Ekponon N’Glomma Lydie. Le constat du corps a été le fait du médecin général de l’hôpital de Tiassalé, Dr. Angui Aristide.

Ce jeudi-là, Sahuyé était comme en état de siège. Deux cargos de gendarmes équipés et en tenues de combat, y sont arrivés et ont paradé toute la journée. Sous les ordres du capitaine Affo Eugène, commandant de la compagnie Abidjan campagne, les forces de l’ordre ont dressé un cordon sécuritaire autour du cimetière du village. Cela en valait la peine, vu le «volcan en veilleuse» que représente un groupe d’individus de ce village qui n’ont pas hésité à enterrer un homme vivant. Mais, que de péripéties avant l’exhumation proprement dite!

En l’absence du chef du village, la délégation est reçue par le chef de terre, le chef de la génération Sete avec à leurs côtés les parents de la victime et quelques notables ainsi que des jeunes gens du village. L’objet de la visite expliquée après les échanges de civilités, a suscité des discussions, parfois houleuses. Parce que pour exhumer un corps, il faut bien qu’il y ait des fossoyeurs pour creuser. Ce que les villageois présents se refusent à faire, arguant que, «ce sont ceux qui ont enterré, qui doivent déterrer», faisant ainsi allusion aux quatre individus appréhendés et en détention à la Brigade de gendarmerie de Sikensi. Mais sur la question, le chef de la Brigade, l’adjudant-chef Zadi Toupli Lazare, est catégorique : «Ce sont des prisonniers et ils ne peuvent pas sortir de leur cellule.» Un autre obstacle dressé par les villageois : ils font savoir qu’exhumer un corps fait appel à des pratiques rituelles dont seuls, les anciens sont détenteurs. Enervé, le capitaine Affo lance en direction des notables : «Il y a bien dans ce village, des gens qui creusent habituellement les tombes ! Désignez d’autorité ces personnes, car nous n’allons pas nous éterniser ici ! » Après cette sorte de menace voilée, les villageois par petits groupes vont encore aller de concertation en concertation avant de trancher enfin. Les parents de Clément qui ont déjà apprêté sa nouvelle tombe et un cercueil acceptent de creuser pour l’exhumation du corps.

C’est une odeur nauséabonde qui accueille la délégation au cimetière à 13 h. Une odeur pour laquelle des feuilles de tisanes sont distribuées à tout le monde. On se bouche les narines avec, ou on les mâche avant de cracher le jus. Mais, en dépit de cette potion des villageois, il a fallu utiliser des insecticides achetés par le chef de brigade de Sikensi pour atténuer l’odeur. Trois heures d’horloge aux fossoyeurs avant d’atteindre leur but. Le cercueil contenant le corps de Okpro N’Dri Emmanuel est découvert. Soulevé à l’aide de morceaux de bois, le cercueil fait découvrir en dessous, l’horreur dans toute sa dimension : le corps de Andoh Gbofé Clément dit Makina ou Hagler. La bouche ouverte fait penser à un dernier cri étouffé par le poids du cercueil lourdement déposé sur le corps et la terre qui a refermé la tombe.

Pour rappel, la victime soupçonnée d’être à la base de la mort de Okpro N’Dri Emmanuel, un autre natif du village, a été prise à partie par une foule de compatriotes … autochtones. Solidement ligoté des pieds et des mains, Clément, en présence de ses parents impuissants, et en dépit de ses supplications a été… comble d’horreur, enterré vivant sous le cercueil contenant le corps de celui qu’il est accusé d’avoir tué. Quatre des auteurs de ce crime hors de l’entendement, sont aux mains de la gendarmerie de Sikensi. Il s’agit de Kamenan Franck dit Appolos, repris de justice, condamné à 20 ans de prison pour braquage suivi de meurtre, et évadé de la prison de Dimbokro, son frère Kamenan Yao dit Kambiré, 32 ans, leur père Ayo Komenan, 59 ans et un jeune homme répondant au nom de N’Guessan N’Dri Landry dit Jimmy, 28 ans.

Landry Kohon


LE DROIT FACE A LA SORCELLERIE

Le droit face à la sorcellerie en Côte d’Ivoire est le sujet de la thèse de doctorat en droit privé, brillamment soutenue hier à l’université d’Abidjan Cocody par M. Legré Okou Henri. A travers son volumineux exposé, l’étudiant qui avait en face de lui, un jury composé d’éminents professeurs de droit et d’un haut magistrat en fonction, s’est évertué à démontrer que le droit qui ne s’appuie que sur des données scientifiques, bute dans son application sur l’irrationalité qui entoure la pratique de la sorcellerie. Il suggère par conséquent l’adaptation des textes en la matière.

En dehors de toutes les analyses de l’auteur tendant à faire admettre que la sorcellerie est une force vive de nuisance contre laquelle il convient d’agir radicalement, Legré Okou dans son travail ne fait que rappeler pour l’heure, que la sorcellerie ou tout acte qui s’y assimile échappe à la rigueur de la loi pénale, du fait de l’absence de preuves irréfutables.

Eu égard au droit et donc, à la loi, les auteurs de la mort atroce de Ando Gbofé Clément à Sahuyé n’ont agi que sur des présomptions. Parce qu’il n’existe aucune preuve scientifique attestant que Okpro N’Dri Emmanuel est mort par empoisonnement. Et que cet empoisonnement est le fait de Clément.

Landry Kohon

LA PROBLEMATIQUE IDEOLOGIQUE COMME AXE DE JUSTIFICATION DES CRIMES (2)

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A propos de l'auteur Shanda TONME

Jean Claude SHANDA TONME est docteur en droit international formé en France et aux Etats-Unis, diplomate de carrière, professeur de relations internationales et conseiller juridique de nombreuses organisations humanitaires de premier plan dans le monde.




II- TRIBUNAUX NATIONAUX CONTRE TRIBUNAUX INTERNATIONAUX

L’étalage argumentaire de nos premières interpellations, prouvent à suffire, que la construction des relations internationales depuis 1945, s’est faite dans un presque mouchoir de poche machiavélique et pour la consécration des normes juridiques entièrement ou partiellement biaisées. Les puissances dominantes avaient certes imaginé par exemple le Tribunal de Nuremberg ou encore la Cour permanente d’Arbitrage et la Cour internationale de justice, mais il est essentiel de rappeler que toutes ces instances n’ont reçu que des compétences relatives. Il demeure non seulement écrit, mais défendu ardûment en doctrine, que les Etats restent libres de reconnaître ou de ne pas reconnaître la compétence de ces Tribunaux.

En fait, derrière les expressions de moralisation du monde, se cache en permanence, le défi des puissants et des nantis qui ne reconnaissent de règle que pour autant que leurs intérêts vitaux ne sont pas menacés.

La Cour internationale de Justice n’est donc ni le prétoire universel attendu, ni le moule judiciaire universel espéré. Les Etats Unis ont si bien démontré et réaffirmé cette réalité élémentaire, qu’ils ont simplement dénié à la Cour pénale internationale, toute validité dès lors qu’un citoyen américain pouvait être mis en cause.

Il faut maintenant tirer les conséquences de ce qui ressemble à une tromperie permanente, voire un abus de confiance aggravé organisé par des pays qui clament leur très grande avance morale et la supériorité de leur civilisation. Les pays de la périphérie doivent faire preuve d’audace et pousser la logique d’une indépendance d’esprit jusqu’au bout. Cela suppose que le concept de la compétence universelle fasse l’objet d’une large appropriation par ces pays et une intégration conséquente dans leur système judiciaire.

Si la Belgique ou la France peut arrêter un dirigeant d’Afrique et le traduire devant les tribunaux français au nom de la compétence universelle, pourquoi le Sénégal ne feraient-ils pas autant pour un dirigeant français ?

Les auteurs des plus grands crimes commis dans les pays de la périphérie sont encore vivants et ils méritent d’être poursuivis devant des tribunaux spéciaux ou ordinaires constitués dans ces pays. La Cour pénale internationale ne lancera jamais des enquêtes et des poursuites contre les assassins de Ruben Um Nyobè et des génocides au Cameroun. C’est au peuple camerounais, agissant dans le cadre d’institutions politiques nationales, indépendantes, et souveraines, qu’il reviendra tôt ou tard de conduire cette action.

L’évolution du monde épouse dorénavant une somme de complexités qui rendent plutôt possibles, la rupture avec des dogmes de faiblesse et de subordination. Si hier les Etats Unis pouvaient encore aller arrêter un Chef d’Etat au Panama et le traduire devant leurs tribunaux, ils ne peuvent plus le faire avec une égale facilité aujourd’hui, sans redouter des implications insurmontables. Certes, il a été possible d’envahir l’Irak et de renverser son président sous de fallacieux prétextes plus tard dévoyés, mais la jurisprudence qui est construite à travers ce hold up moderne, est de nature comme nous en la preuve chaque jour depuis cinq ans, de donner plus d’arguments aux ennemis de Washington.

L’autre aspect de la question réside dans la nature des régimes locaux qui ne sont pas assez forts ou nationalistes pour créer des dynamiques internes d’attaque envers les grands pays regorgeant d’auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. L’on n’imagine pas le régime de Paul Biya au Cameroun engageant des poursuites contre les auteurs de l’assassinat de Ruben Um Nyobè, ni même le régime du sanguinaire Comaporé mettant en place une commission d’enquête pour élucider l’assassinat de Thomas Sankara.

En l’absence de cadres institutionnels et politiques viables ou appropriés, les peuples représentés par leurs sociétés civiles, devraient constituer les tribunaux pour traquer et juger les criminels des pays Occidentaux. L’avenir des peuples africains passe absolument par ce sursaut de révolte et de contestation qui permettrait de combler momentanément l’inaction ou l’incapacité des régimes corrompus du continent.

Notre propos tends à soutenir que les burkinabés devraient constituer un tribunal pour juger les auteurs de l’assassinat de Thomas Sankara. Ce tribunal ne devrait pas forcément statuer publiquement ou absolument sur le territoire national. Les camerounais devraient faire autant pour tous leurs martyrs.

LA PROBLEMATIQUE IDEOLOGIQUE COMME AXE DE JUSTIFICATION DES CRIMES (1)

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A propos de l'auteur Shanda TONME

Jean Claude SHANDA TONME est docteur en droit international formé en France et aux Etats-Unis, diplomate de carrière, professeur de relations internationales et conseiller juridique de nombreuses organisations humanitaires de premier plan dans le monde.




I- DE LA RELATIVITE DES CRIMES DE GUERRE ET DES CRIMES CONTRE L'HUMANITE

1- Même si le témoignage d’un ancien chef de guerre devant la commission vérité et réconciliation du Libéria a pu établir que Sankara fut assassiné par un gang de mercenaires internationaux commandités de loin avec la participation active de Compaoré, cela ne veut rien dire pour l’Occident et cela ne peut pas émouvoir la Cour pénale internationale.

2- Même si une commission d’enquête tchadienne a pu établir l’implication de monsieur Idriss Déby dans l’assassinat du chef de la coordination des partis d’opposition, cela ne vaut rien aux yeux des Etats Unis, de la France et de la Grande Bretagne.

3- Et lorsque le premier Ministre italien présente ses excuses au peuple libyen et accepte de verser des compensations pour des décennies d’occupation, tout cela ne change pas du tout les humeurs des dirigeants de la France.

Nous sommes en présence de la dure réalité du subjectivisme qui caractérise la démarche des Etats dans les relations internationales, et particulièrement les pays occidentaux. C’est à un petit groupe de pays et à eux seuls, qu’il revient de décider ce qui est crime contre l’humanité et ce qui est crime de guerre. Parce qu’ils contrôlent les médias, parce qu’ils tiennent la finance internationale, parce qu’ils ont la main mise sur les trois quarts des richesses du monde et dictent la conduite à tenir à de nombreux gouvernements impopulaires, les Pays Occidentaux tiennent les martyrs des autres peuples pour des chiens errants qui ne méritent aucune récitation de mémoire. La Cour pénale internationale est leur outil par excellence pour l’instrumentalisation des emmerdements contre les tenants des idéologies et des doctrines contraires à leurs aspirations mercantiles. Cette espèce bizarre de tribunal sectaire est devenue le compas qui permet de dessiner toutes les figures d’intrigues, d’inquisition, et de forfaiture diplomatique.

En Géorgie, celui qui a déclenché la guerre sera absout, pendant que ceux qui n’ont fait que réagir seront mis en cause. Il suffit d’un coup de canon, et voilà l’autre machin à la solde de Washington que l’on appelle Union européenne qui tient réunion et se fend en déclaration pour décider de la création d’une commission d’enquête internationale. En Afghanistan, le corps expéditionnaire de l’OTAN peut déverser des bombes sur de paisibles citoyens célébrant un mariage, mais aucune voix ne se lèvera pour demander une enquête internationale. Au Liban, il suffit de la mort certes regrettable par attentat du premier Ministre Rafik Hariri, et voilà le Conseil de sécurité vite convoqué pour mettre sur pied une commission d’enquête internationale. Mais, le vice président du Soudan peut décéder dans un accident d’hélicoptère plutôt bizarre, et il n’y aura jamais de commission d’enquête internationale.

Nous pouvons aller plus loin dans la démonstration pour observer que des personnes considérées comme criminels nazis ou traîtres de la guerre de 1939-1945 continuent d’être recherchées, traquées, jugées et sévèrement condamnées en Occident, quand en Afrique, il n’est même pas question de porter un regard sur les crimes contemporains. Cette manière d’envisager l’ordre du moral du monde en plusieurs poids et plusieurs mesures, traduit la plus inacceptable des escroqueries anthropologiques et déontologiques. Nous vivons dans une mécanique juridique et intellectuelle qui produit une idéologie de profonde discrimination entre les cultures. En fait, les maîtres du monde ont installé mais à leur défaveur, une base de contestation qui prépare la guerre et annonce l’apocalypse.

Lorsque les pays Africains sont invités à se soumettre à la Cour pénale internationale, ils sont loin de douter que l’Occident à simplement à cœur de cristalliser leur soumission éternelle à des lois et des règlements qui sont de purs prolongements des normes antiques d’avilissement.

Nous avons régulièrement soutenu et défendu la thèse selon laquelle l’Union Africaine n’est qu’un piètre syndicat de potentats et d’affairistes disqualifiés pour parler au nom des peuples du continent. Pourtant, sur la réaction de cette institution après l’annonce par le procureur de la Cour pénale internationale de la mise en cause du président soudanais El Béchir, nous n’avons pas hésité à saluer l’argumentaire qui a consisté pour elle, à émettre le doute sur l’impartialité de la Cour.

Il y a en effet lieu de demander à ce fameux Procureur pourquoi n’avait-elle pas enquêté sur les morts qui ont marqué l’accession de Eyadema fils au pouvoir au Togo, ou sur les quelques dizaines de morts officiels des émeutes de la vie cher au Cameroun.

Même les esprits les plus tordus sont bien renseignés sur la relativité avec laquelle un certain Bernard Kouchner, ministre des affaires Etrangères de la France, traite des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. En réalité il en va chez ces idéologues de l’esclavagisme moderne à propos des crimes, comme à propos de la démocratie et des démocrates. Les Um Nyobè, Biko, Cabral, Lumumba et autres, n’ont jamais été et ne pouvaient pas être des démocrates, le qualificatif est réservé dans leur vision aux Bongo, Déby, Musseveni et quelques amis inconditionnels.

Si Mandela peut être célébré en Occident au point de se voir consacré au plus haut des panthéons de son vivant, c’est qu’il représente très bien ce que l’Occident n’a pas pu obtenir des autres traités de terroristes, de communistes, d’agités, d’empêcheurs de tourner en rond et de chiens errants. Mandela a pu accepter le compromis qui lui fut imposé de voir la majorité noire accéder au pouvoir à condition que les traîtres qui avaient collaboré avec le régime raciste ne soient pas punis, que le dossier de la coopération nucléaire avec l’Occident soit gardé secret, que les mécanismes qui permettaient de violer l’embargo de l’ONU ne soit pas révélé, et enfin que l’Afrique du Sud sous la conduite de la majorité noire, s’abstienne d’encourager ou de soutenir les mouvements révolutionnaires sur le continent. Voilà une réalité bien trop cruelle que beaucoup d’africains ne connaissent pas, et qui ne souffre pourtant d’aucun doute pour ceux qui maîtrisent les négociations sécrètes de ce marché.

Une autre vérité troublante est de dire que à bien observer, la Cour pénale internationale peut être considérée comme un instrument de police planétaire contre les sauvages et les indésirables. C’est le principe même de la juridiction mondiale qui est ainsi profondément et raisonnablement remis en cause. Tous les tribunaux spéciaux qui ont été constitué l’ont été d’abord parce que l’Occident n’était pas et ne pouvait pas être mise en cause. Il en est ainsi du tribunal spécial pour le Rwanda, de celui pour l’ex Yougoslavie, de celui pour la Cambodge et plus récemment de celui pour le Liban.

mercredi, 17 septembre 2008

MAMADOU KOULIBALY: POURQUOI LE FRANC CFA DOIT DISPARAITRE

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L`idée de la création d`une monnaie indépendante, sans lien avec le passé colonial. est plus que d`actualité avec la récession économique sur le continent. Dans cet entretien datant de janvier 2008, le Pr Mamadou Koulibaly, économiste un des défenseurs de cette vision panafricaniste explique pourquoi une nouvelle monnaie s`impose à la zone UEMOA
Mamadou Koulibaly, président de l`Assemblée nationale de Côte d` Ivoire et professeur d`économie, fait la lumière sur les dégâts causés dans les Etats membres de la zone franc en raison de l`indexation de leur monnaie sur le franc français, aujourd`hui, sur l`euro. Dans cet entretien réalisé par Ruth Tete et Soh Tadhieu de New African, Mamadou Koulibaly ne mâche pas ses mots et appelle à la création d`une monnaie indépendante, sans lien avec le passé colonial.


Pourriez-vous expliquer à nos lecteurs quels sont les principaux mécanismes de la zone Franc ?

La zone du franc CFA est une union de coopération monétaire dont les leviers de contrôle se situent à Paris où priment les intérêts de la France. Les États satellites, membres de cette zone, sont des pays d`Afrique occidentale et centrale. La logique qui sous-tend le fonctionnement de cette zone rappelle la manière dont les Etats de l`Europe de l` Est étaient liés à l`ex-Union soviétique par le biais du Pacte de Varsovie à l`époque de la Guerre froide.

Les principes de la coopération monétaire entre la France et les Etats membres de la zone franc ont été énoncés dès les années 1960 dans le cadre d`un pacte colonial. Ce pacte a été modifié par la convention de coopération monétaire du 23 novembre 1972 entre les Etats membres de la Banque des Etats de l`Afrique centrale (BEAC) et la France d`une part, et par l`accord de coopération du 4 décembre 1973 entre les pays membres de l`Union monétaire ouest-africaine (UMOA) et la République française d`autre part. Juste avant que la France n`accède aux demandes d`indépendance des pays africains dans les années 1960, elle a obligé ces Etats à placer 65% de leurs réserves de change sur un compte du Trésor français, après avoir défini un taux de change fixe du franc CFA. Bien que la gestion de cette monnaie ait été confiée à des banques centrales communes [BEAC et BCEAO, ndlr], ces banques n`ont d`africain que le nom. En réalité, elles n`ont aucun pouvoir et ne sont rien de plus que de gigantesques institutions bureaucratiques qui ne décident pas des politiques monétaires. Elles sont là pour faire croire aux pays de la zone franc qu`ils sont maîtres de leur destinée. Les pays de la zone franc continuent de perpétuer un système mis en place par l`ancien bourreau colonial.

Comment décririez-vous la situation financière des pays de la zone franc depuis qu`ils font partie de cette union monétaire ?

La zone franc a engendré un long débat. D`une manière générale, il ne faut pas oublier que cette union a apporté à la France d`immenses avantages en termes de marchés pour ses biens et services. La situation monétaire des pays de la zone franc est une longue histoire de secrets jalousement gardés par la France, dont la seule préoccupation est de préserver ses intérêts. Par exemple, les réserves de change des Etats de la zone franc sont placées sur un compte commun du Trésor français, mais aucun pays africain n`est capable de dire quelle partie de cet argent durement gagné lui appartient. Seule la France a le privilège d`accéder à ces informations. Et pourtant ces fonds, placés sur des “comptes d`opérations”, génèrent des intérêts chaque fois que leur montant est supérieur aux besoins d`importation des pays africains concernés. Ces comptes d`opérations, en vertu des accords de coopération monétaires signés par la France et les pays de la zone franc, sont en théorie assortis du principe de découvert illimité. Cependant, les autorités françaises ont inclus, dans les statuts des banques centrales africaines, des mesures, parfois préventives, destinées à éviter que les comptes d`opérations deviennent constamment débiteurs. Les opérations liées au franc CFA sont secrètes et seul le Trésor français connaît le montant des fonds appartenant aux pays de la zone franc placés sur les comptes d`opérations. Seul le Trésor français peut indiquer le niveau de rémunération ainsi que les frais de gestion de compte. Le système est donc opaque et autoritaire.

Les économies de la zone franc sont très vulnérables. Les effets provoqués par le mécanisme de fonctionnement du franc CFA sont asymétriques. Les pays les plus dépensiers de la zone franc peuvent utiliser les réserves de change des pays qui ont une gestion plus prudente. De fait, l`unité monétaire profite aux pays les plus riches et encourage l`exploitation des pays les plus pauvres. L`existence d`un système monétaire stable et unifié n`a pas conduit à l`émergence d`un système bancaire et financier efficace dans les pays africains de la zone franc. Sur les 107 banques que comptent ces pays, 42 avaient fait faillite en 1990. Les réseaux bancaires, qui se sont constitués par la suite, dépendent fortement des banques françaises. La France encourage les pays de la zone franc à vivre largement au-dessus de leurs moyens. Quelle différence y a-t-il entre le Gabon dont les réserves de change sont placées en France et le Ghana, qui possède sa propre monnaie ? Ou entre le Cameroun et le Kenya ? Le Bénin et la Tunisie ? Ces questions suscitent des questions légitimes sur le bien-fondé de la zone franc.

La zone franc existe depuis plus de soixante ans. Comment expliquez-vous qu`elle perdure malgré les effets négatifs qu`elle continue de produire dans les pays africains ?

A mon avis, cela est dû à l`influence que la France exerce sur les pays d`Afrique francophone, même si les partisans utilisent les arguments suivants pour défendre leur position : garantie monétaire, qui génère un afflux de capitaux, mesures d`austérité limitant le risque d`inflation et permettant de maintenir l`équilibre de la balance extérieure, et la crédibilité de la monnaie.
Les partisans du franc CFA font semblant de ne pas voir la répression politique et financière qu`ont exercée les présidents français successifs sur les pays africains qui ont tenté de se retirer de la zone franc. Nous avons été témoins de mesures répressives visant à couper court à toute velléité d`émancipation du système : la protection des intérêts français a engendré récemment des crises au sujet de l`uranium au Niger, de l`or au Mali, du pétrole au Tchad, des matières premières et du transfert des actions d`entreprises du service public en Côte d`Ivoire, auxquelles sont à ajouter d`autres crises au Rwanda, en République démocratique du Congo et au Sénégal. Quand le Sénégal a annoncé récemment qu`il avait découvert du pétrole à Saint Louis, le pays a demandé au Vénézuela de l`aider dans son exploitation, et non à la France. Paris a perçu ce geste comme une trahison et une violation des accords de coopération liant la France aux pays de la zone franc et à leurs ressources. Par ailleurs, les élites et la classe politique africaines n`ont fait qu`empirer la situation en prétendant qu`elles ne possédaient pas les compétences nécessaires pour gérer leur propre monnaie de manière responsable et efficace, à l`inverse des pays occidentaux ou asiatiques. Elles se satisfont de voir les Etats africains être réduits à l`état de contribuables au profit de la France, avec les 65% de réserves de change qu`ils déposent chaque année auprès du Trésor français ! Et pourtant, nos citoyens n`ont pas la nationalité française, et n’ont pas non plus accès aux services publics dont bénéficient les autres contribuables français. Cela conduit à une situation qu`on ne peut que qualifier d`asservissement volontaire, et qui a incité la population et les acteurs économiques à croire qu`ils ne pouvaient se passer de la France. C`est bien dommage car cette idée est totalement fausse. Le monde est vaste : il suffit de vouloir s`y intégrer de façon libre et responsable par le biais du commerce et non de l`aide étrangère qui réduit les gens à la situation de mendiants. Chaque jour, la mondialisation crée des milliers d`opportunités dont nous ne tirons pas profit, parce que nous sommes piégés dans un système inefficace.

Une réunion des ministres des Finances des pays de la zone franc s`est tenue à Paris le 14 octobre 2007. Cette réunion précède traditionnellement la conférence d`automne de la Banque mondiale et du FMI. Vous avez été ministre des Finances de Côte d`Ivoire, et peut-être avez-vous eu l`occasion de participer à ces réunions. Beaucoup d`Africains disent que rien de positif pour le peuple africain ne ressort de ces réunions. Est-ce vrai ?

Je n`ai jamais participé à ce type de réunion quand j`étais ministre des Finances. Mais la plupart des pays de la zone franc sont faibles. Avec des économies sous perfusion, ils n`ont aucun poids dans les décisions prises dans le cadre de ces réunions. On peut donc se demander pourquoi ils continuent de se rendre à ces réunions dans lesquelles ils n`ont aucune voix. En agissant ainsi, ces pays montrent qu`ils sont convaincus que la France peut tout faire pour eux. Nos pays préfèrent choisir la solution de la facilité même si elle met en danger l`emploi, les revenus, l`épargne et les investissements privés. Nous nous rendons complices du piège de la pauvreté dans lequel nous avons été poussés. Pourriez-vous citer au moins trois raisons pour lesquelles les Etats africains devraient se libérer du franc CFA ?
En premier lieu, le franc CFA est coercitif, injuste et moralement indéfendable. Il a favorisé la corruption de l`État. Au moment des élections françaises, les pays de la zone franc sont sans cesse sollicités pour donner des dons aux hommes politiques français, une obligation qui ne peut se justifier. Ces " cadeaux " ont été à l`origine de nombreux conflits et ouvrent la voie à de nombreuses autres formes de corruption. Ce sont ces relations qui perpétuent le monopole français dans les pays de la zone franc, malgré la mondialisation. Sous prétexte d`aider les pays pauvres avec l`argent du contribuable français, c`est la classe politique française et africaine qui s`enrichit de manière illicite. Cette réalité justifie à elle seule l`abandon de la zone franc. La libéralisation économique et financière ne peut se produire avec un taux de change fixe et une zone d`influence économique créée artificiellement. En fait, l`émergence de tensions apparues au sein du système monétaire international et les crises financières de ces dernières années portent à croire que le choix du régime de taux de change dépend du système d`engagements pris auprès des autorités monétaires. Et pourtant, la restriction de la liberté des pays de la zone franc dans le domaine de la politique monétaire ne protège pas du risque de dévaluation du franc CFA. Ainsi, dans les années 1990, faisant fi de la clause de découvert illimité, la France a ordonné la dévaluation du franc CFA. Avant la dévaluation, 1 franc français s`échangeait contre 50 francs CFA. En 1994, après la dévaluation, 1 FF s`échangera contre 100 FCFA. Les autorités françaises sont pourtant arrivées à faire croire que le taux de dévaluation était de 50%, alors que nous venions de subir une dévaluation de 100% !

Après l`abandon du système, quel avenir monétaire proposez-vous aux pays africains du point de vue monétaire ?

Etant donné les enjeux, il est nécessaire d`entreprendre des réformes financières et monétaires. La monnaie doit être au service de l`économie. Elle doit s`adapter au contexte économique actuel. A cet effet, il faut permettre aux pays de se prémunir contre les chocs asymétriques, d`améliorer la convergence et l`ajustement macroéconomiques et de financer le développement.
Il est vital aujourd`hui que le franc CFA acquière une autonomie, qu`il se libère du joug colonial. Il est grand temps que les pays africains assument les conséquences d`une politique macroéconomique librement choisie. Il n`y a pas de secret. Il suffit que nous décidions de nous choisir nos politiques et d`en assumer la responsabilité. La liberté n`a de sens que si elle est assortie de responsabilité. Une fois la rupture accomplie, les pays de l`ex-zone franc devront créer leur propre système basé sur des principes simples : accès direct aux marchés internationaux sans tuteur, c`est-à-dire la France, mise en place d`un système fiscal simple sans règles d`imposition incompréhensibles, taux de changes flexible par rapport aux principales monnaies. Pour atteindre cet objectif, les pays concernés ont deux possibilités. La première consisterait à créer des monnaies nationales indépendantes, avec une parité flexible comme les monnaies de l`Union européenne avant l`introduction de l`euro. Cette solution peut fonctionner uniquement si les banques sont privées et indépendantes et que les banques centrales ont la liberté de mettre en œuvre des politiques monétaires crédibles. La deuxième option, c`est que les pays africains s`unissent et créer une monnaie commune, mais cela suppose un gouvernement unique, contrôlée par une banque centrale unique et indépendante du pouvoir politique, ainsi qu`une politique économique monétaire et budgétaire uniques. Quelle que soit la solution adoptée, les États doivent être démocratiques. Ils doivent indiquer clairement à leurs citoyens leurs droits de propriété et leur accorder la liberté de décider s`ils veulent hypothéquer ces droits. Tout commence avec l`attribution du droit de propriété aux citoyens, un droit qui les fera émerger de la pauvreté. Le libre échange fera le reste.

En 2005, vous avez publié un livre intitulé " Les servitudes du pacte colonial ". Pourriez-vous expliquer brièvement le sujet de cet ouvrage et le message qu`il transmet ?

L`objectif de ce livre était de faire connaître au public le " pacte colonial ", fondement des accords de coopération franco-africains. Il s`agit d`un modèle institué par la France sous de Gaulle à la veille de l`indépendance des Etats d`Afrique francophones, destiné à contrôler indirectement les affaires de ces pays de manière subtile, sans apparaître en première ligne comme pendant la longue période coloniale. Le livre publie les textes utilisés pour organiser les interventions de l` Etat français, malgré la fin de l`époque coloniale dans les années 1960. Selon ce pacte colonial, les présidents des Etats d`Afrique francophone doivent diriger leurs pays en fonction des intérêts de Paris. L`indépendance s`est donc résumée au transfert de compétences de l` Elysée aux chefs d` État africains, qui doivent faire acte d`allégeance à la France, et non aux peuples qu`ils gouvernent. Paris se charge de leur dicter les politiques à adopter. Ce livre révèle comment les accords de Défense sont en réalité que des accords commerciaux obligeant les Etats d`Afrique francophone à conserver des bases militaires françaises sur leur sol, avec des soldats prêts à intervenir pour chasser les dirigeants récalcitrants afin de les remplacer par des individus plus dociles. Dans ce livre, on découvre que la France détient un monopole sur toutes les matières premières de l`Afrique francophone. On apprend comment la France a pris des mesures pour s`assurer qu`elle conserverait toutes ses prérogatives coloniales après avoir accordé "l`indépendance" aux pays africains. Par le biais de ce pacte colonial, la France est demeurée omniprésente en Afrique francophone et a conservé les avantages d`hier. Paris a confisqué la véritable indépendance des pays d`Afrique francophone.
Nous nous devons de dénoncer collectivement ce pacte colonial. Lors de sa visite au Sénégal en juillet 2007, le fraîchement élu président français Nicolas Sarkozy a reconnu que la colonisation était un crime contre l`humanité, mais a refusé de se repentir. Les Africains doivent dénoncer tous les accords et systèmes qui éloignent l`Afrique des marchés. Le pacte colonial constitue une violation du droit de propriété africain.

Etes-vous parvenu à transmettre ce message à travers ce livre ?

Je pense que oui. Je voulais partager mes convictions avec un grand nombre d` Africains. Et d`amis de l`Afrique, afin qu`ils soient dans une meilleure position pour mesurer les dangers du pacte colonial, du contrôle de l`Etat, et surtout de prendre conscience que la gestion de l`économie sous l`emprise du pacte colonial est une source de pauvreté dans nos pays. Nous ne voulons pas l`aumône ; notre problème n`est pas le manque d`argent. Je suis convaincu que nous devons avant tout revendiquer clairement nos droits de propriété sur nos terres et nos ressources, qui ont été aliénées par les colons, et dont le pacte colonial nous dépossède aujourd`hui. Enfin, je voulais dire que l`Afrique a un besoin urgent de libertés individuelles, d`un contrôle de l`Etat limité, de marchés libres, d`une société ouverte et de la paix, qui ne peuvent exister que si la liberté économique et politique est respectée.

In New African, Janvier 2008

mardi, 16 septembre 2008

TROIS RAISONS FONDAMENTALES POUR DISSOUDRE LE FMI

FMI, BANQUE MONDIALE.jpg
Par Cheikh Sidiya DIOP

Photo: Le FMI, la Banque Mondiale et la BAD faisant le point avec le Premier Ministre ivoirien, SORO Kigbafori Guillaume, lors d'une séance de travail qui a porté sur le financement de la sortie de crise et la gestion de la situation post-crise.

Après la seconde guerre mondiale, il nécessitait de réorienter les relations économiques, financières et monétaires internationales. Dans ce contexte, sous l’égide des Etats Unis et de la Grande Bretagne, fut organisée en juillet 1944, dans la ville de Bretton Woods, une conférence internationale. A l’issue de celle-ci, furent créés le Fonds Monétaire International et la Banque internationale pour la reconstruction plus connue sous le nom de la Banque Mondiale. A la base, le FMI a été produit pour être une institution monétaire qui œuvre pour la stabilité du système monétaire international. Il veille au respect des grands équilibres macro-économiques, budgétaires et financiers. Il assiste les pays en développement en leur apportant des aides financières surtout à ceux qui ont des difficultés pour redresser leurs balances des paiements. Mais de nos jours, une critique exigüe du FMI révèle qu’il ne remplit pas son rôle d’institution neutre conçue pour fournir des crédits volumineux aux économies délabrées, tronquant ainsi le premier article de ses statuts : « Encourager la coopération monétaire internationale; faciliter l'expansion et l'accroissement harmonieux du commerce mondial; promouvoir la stabilité des changes; aider à établir un système multilatéral de paiements; mettre temporairement, moyennant des garanties adéquates, ses ressources générales à la disposition des États membres qui font face à des difficultés de balance des paiements ». Autrement dit, le FMI faille à sa responsabilité d'assurer la stabilité du système financier international et de l’émergence économique. Pis, il cautionne, étouffe et camoufle la mondialisation qui n’est rien d’autre qu’un système d’exploitation et de distribution très inéquitable dans un processus ne conduisant pas à une intégration des flux commerciaux, des ressources scientifiques et technologiques, des systèmes productifs et des marchés financiers. Ce qui est sur le Fmi est confronté à plusieurs aléas de sur montage liés à plusieurs facteurs. Ce pour cela que certains Economistes, experts du développement et quelques dirigeants des PED soutiennent que cette institution mérite une reforme en profondeur tant sur le plan structurel que conjoncturel. Pour mieux comprendre cette remise en cause, les altermondialistes et la nouvelle génération de jeunes économistes se focalisent sur trois raisons fondamentales et techniques qui permettent d’argumenter la dissolution définitive du FMI : l’échec des politiques d’ajustements structurels que le Fonds Monétaire International avec la Banque Mondiale avaient édicté aux pays du Tiers Monde, ensuite les dysfonctionnements du FMI face aux récurrentes crises financières qui ont attaqué l’économie mondiale, et enfin, le négationnisme du FMI face à la globalisation de l’économie internationale.

Primo, les politiques d’ajustement structurels édictées par la Banque Mondiale et le FMI n’ont pas relancé les économies du Tiers Monde. Au contraire, ces plans ont enfoncé ces pays pauvres dans un pépin économique. En effet, ces institutions de Bretton Woods ont imposé aux pays du tiers monde qui avaient déjà une économie délabrée, de libéraliser les entreprises productives en se désengageant de leur capital. Soit une baisse de dépenses publiques face à une rentrée de recettes. Ensuite de réorienter leurs économies vers le commerce international en exportant vers les pays industrialisés des matières premières contre des technologies légères, des produits manufacturés et une partie des céréales de base. Ce piège a constitué un facteur bloquant puisque ces pays sont marginalisés dans le jeu des échanges globaux où leur part constitue 1,2 % du marché mondial unifié. Ces termes de l’échange entre le Nord et le Sud subsistent antagoniques parce que les prix des matières premières sont cotés sur les marchés boursiers de Wall Street, Chicago et de la City, et, ne cessent de baisser constamment, contrairement aux cours des produits manufacturés. En conséquence, ces pays se voient disqualifiés par des fluctuations ostensibles, à vendre des matières premières sans valeur ajoutée. Par exemple, le continent africain a vu le déficit de sa balance commerciale passer de 600 millions de dollars en 1990 à prés de 25 milliards de dollars en 2005. En conséquence, ces règles remèdes appliquées à la lettre ont buté à un fiasco puisqu’elles sont bardées de lacunes, et, qui ont compliqué d’avantage la tentative de stabiliser les balances de paiements, d’équilibrer les politiques budgétaires et de maitriser le déficit des finances publiques. D’ailleurs les Economistes du développement et les altermondialistes interprètent ces plans de relance comme un piège du libéralisme sauvage.

Secundo, l’immobilisme du FMI face aux récurrentes crises financières, dégage l’impression que cette institution a perdu son rôle de gardien de la stabilité des échanges financiers et monétaires. D’abord pour le choc pétrolier de 1973, le Fmi est resté impuissant face à l’OPEP qui a décidé brusquement de former un puissant cartel et de quadrupler les prix du pétrole et qui eu pour effet l’augmentation vertigineuse des coûts de nombreux produits de consommation dans les pays industrialisés et, par conséquent, une inflation mal gérée. Afin de maîtriser celle-ci, les pays industrialisés ont élevé les taux d'intérêts, ce qui a ralenti de façon sensible la croissance mondiale en provocant une récession généralisée. Ensuite, plus tard, le FMI a mal administré la crise asiatique de 1997 par une gestion exagérément restrictive sur le plan monétaire que budgétaire, malgré que l’organisme ait cherché à éviter la contagion sur les marchés financiers. Le FMI en tant que gardien du système monétaire et financier international n’a pas su prévenir. De facto, on peut dire que son système de prévention et de contrôle des marchés financiers est inefficace. L'économiste libéral Milton FRIEDMAN, a même déclaré que « sans le FMI, il n'y aurait pas le problème de l'Asie ». Concernant la crise des subprimes, le FMI n’a pas su avertir avec des indicateurs précis le gouvernement étasunien d’une éventuelle récession économique qui serait due à l’incapacité prochaine des ménages américains de payer leurs dettes.

Tertio, le FMI a toujours camouflé l’iniquité de la mondialisation qui est un système d’exploitation injuste. Au contraire, le FMI cautionne le jeu pipé des échanges internationaux où par exemple le continent africain entier n’est impliqué qu’à 1,2% et ne reçoit que 1,3% des investissements directs à l’étranger. Malgré cela les plans de relance du FMI dirigent les pays du Tiers monde à se spécialiser dans le commerce international. Or, l’Afrique perd plus en exportant vers le Nord des matières premières contre des technologies, des produits manufacturés et une partie des céréales de base. Ces termes de l’échange entre le Nord et le Sud sont contradicteurs. Par exemple, une économie agricole à 70 % comme le Sénégal et qui exporte 90 % de ses produits primaires subit un désavantage des chocs externes. Le président Hugo Chavez a eu raison de retirer le Venezuela de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International en les qualifiant de « mécanismes de l'impérialisme destinés à exploiter les pays pauvres ».

Pour conclure, le Fonds Monétaire International est par définition une organisation appartenant à 185 nations libres. En tant que gardien des marchés financiers, son rôle est d’assurer la stabilité du système monétaire et financier international de même que l’émergence économique. Il doit non seulement prévenir mais contrecarrer les crises financières en apportant une assistance technique et financière aux économies pauvres. Pour cela, il se doit de se reformer en profondeur en changeant sa réglementation, ses droits de vote et en associant davantage les pays émergents et les pays en développement. Il doit accorder des crédits volumineux aux pays pauvres pour endiguer définitivement la précarité tout en ayant un droit de regard sur l’utilisation efficience des créances allouées. Malheureusement, il avalise la globalisation qui n’est rien d’autre qu’un système d’exploitation et de distribution très inéquitable avec un processus ne conduisant pas à une intégration des flux commerciaux, des ressources scientifiques et technologiques, des systèmes productifs et des marchés financiers. Pis, ses plans de relance ont hypothéqué les économies des pays pauvres dans une crise concave sans issue. En sus, le FMI continue d’ignorer royalement les schémas d’action proposés et élaborés par des experts du continent noir.


Cheikh Sidiya DIOP
Analyste Auditor JJW France,
Doctorant ès Sciences Economiques
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
csdiop.audit@jjwhotels.com
Cheikh-Sidiya.Diop@malix.univ-paris1.fr



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