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31.10.2008
COTE D'IVOIRE: SORTIE DE CRISE APOCALYPTIQUE

Pour l'homme de DIEU (que je connais, du reste, très personnellement pour être quelqu'un d'extrêmement sérieux et consacré à DIEU) la sortie de crise ivoirienne sera apocalyptique mais le relèvement de la Côte d'Ivoire sera tout aussi glorieux. Tellement si glorieux que la Côte d'Ivoire deviendra un pays fameux et renommé dans le monde pour sa prospérité de légende, sa vocation missionnaire mondiale et pour la droiture de ses fils!
Vous pouvez lire les articles suivants, publiés sur mon blog en 2006, dans la catégorie Révélations sur la Côte d'Ivoire, relatifs aux détails de cette révélation (Cliquer sur le titre de votre choix):
1- Alerte aux intercesseurs!
2- La solution à la crise ivoirienne
3- La repentance comme unique solution
4- L'Abidjannaise: Explication prophétique
5- Appel à la repentance
Je ne recommande pas aux âmes trop sensibles de lire ces révélations.
Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire!
DINDE Fernand AGBO
19:00 Publié dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pasteur dali claude, juliette anzian, mythes et mystères, fréquence 2, apocalypse
26.10.2008
ET SI ON SE MARRAIT UN COUP ?
Rire, rien de tel pour décompresser et pour déstresser. Je vous propose, une fois de plus, quelques blagues en circulation sur le réseau ORANGE (ils attendent quoi pour m’envoyer des unités, entre nous les gars ? Quand mêmou hein ! Juste pour rire), en espérant pouvoir vous arracher ne serait-ce qu’un éclat de rire ou, à tout le moins, un sourire large comme ça ! Bonne lecture !
1- Prière d’un nouchi (sorte d’argot ivoirien et personne qui s’exprime dans cette langue) à DIEU : « Notre kôrô dja, si je te kouman à l’heure-là, c’est que ya les chiéments, partout dans le pays. Gbangban est trop et tous mes mangements et mes grigrali sont à l’eau. C’est vrai qu’avant, j’étais dans les hiahi de gbrougbran et de tatali. J’ai même bakrô pendant 2 ans, en kaba. Mais à l’heure-là, je veux fraya des sciences, quoi. C’est pourquoi, je veux gué ma vie à ton kpèkpèro, JESUS, pour qu’il soit enjaillé de moi. Amen ! »
2- Un jeune français, dans une pirogue avec un vieux gouro (ethnie du centre-ouest ivoirien), lui demande : « Connais-tu la géologie ? ». « Non », répond le vieux. « Connais-tu la géographie ? ». « Non », répond encore le vieux. « Et la psychologie, alors ? ». « Non », dit le vieux. « As-tu, au moins, étudié la sociologie ? ». « Non ! », répond, un peu confus, le vieux gouro. « Mais finalement tu connais quoi même ? », ironise le jeune blanc, qui se moque du vieux, le traitant d’inculte et d’ignorant. A force de rire de la déconvenue du vieux, il fait tanguer la pirogue, qui se renverse. Or, il ne sait pas nager. Il crie à l’aide. Alors, le vieux réplique : « Tu connais nagégraphie ? Tu vas te noyélogie et puis mourilogie. Toi même, tu connais pas respecter ta papalogie, quoi ? Faut bien boire l’eau, d’abord ! Regardez-moi ça ! »
3- Un président arabe, donnant son discours, dit : « Chers compatriotes, les américains sont allés sur la lune. Mais nous, nous allons leur montrer la technologie révolutionnaire arabe ! Nous irons sur le soleil ! ». Le public, tout acquis à la cause, l’acclame à tout rompre. Mais une humble femme lui dit : « Monsieur le Président, si on va sur le soleil, on sera grillé avant d’être arrivé ». Contrarié, celui-ci lui répond, énervé : « Idiote ! On ira la nuit ! »
4- Un fils demande à son père si JESUS est un chanteur ou un comédien. « Pourquoi ? », demande le père. « Parce qu’à l’église, le pasteur dit que JESUS est l’Alpha et l’Oméga. Or, je sais qu’Alpha Blondy est chanteur et Oméga David est comédien. C’est que JESUS doit être les deux alors ! »
5- Un nouchi abidjanais envoie, un soir, un SMS à son ami nouchi, qui vit à l’intérieur du pays : « Que dja t’accorde un gbonhi de lock. Qu’il te soutra dans tous tes gbangban et qu’il fasse béhou tous les esprits soihé de ta vie. Sois positif. Que GOD te gué tous les douahou de la vie. Sois krakra et grigra. Si tu n’es pas en drap, ton étoile approche. Fais un bon crôli et des kpata rêves, boho ! Demain est mieux hein ! Ou bien ? »
6- Discours d’un candidat aux élections municipales ivoiriennes de 1965, pendant son meeting : « Chers électeurs, je suis très heureux d’être là, vous au milieu de moi et moi autour de vous. Sachez-le, je suis là pour vous. Je vais le prouver, en électrifiant les villages jusqu’à ce que tout le monde soit électrocuté. Je vais construire un hôpital, deux hôpital, trois hôpital, jusqu’à ce que tous les villageois soient hospitalisés. Il y aura tellement d’eau que vous serez tous noyés ». Bilan, à la fin du meeting : Un arrêt cardiaque pour excès de rire.
7- Digbeu, par amour pour la religion musulmane, se fait baptiser Moussa et devient l’un des musulmans les plus respectés de la ville. Mais un jour, en visite chez lui, les frères musulmans sont étonnés de le voir en train de raser un porc. « Mais Moussa, que fais-tu ? », demandent les frères. « Ne vous inquiétez pas, dit Moussa, comme vous m’avez baptisé Moussa, je l’ai baptisé Mouton, on peut maintenant le manger ».
8- Un futur marié adresse une lettre de sollicitation à un ami, cadre de la ville, dans l’espoir de recevoir une aide, pour finaliser l’organisation de son mariage : « Vieux père, je suis stationné par rapport aux courses de mon mariage, faute de moyens financiers. S’il te plaît, viens-moi en aide. On a fait ce qu’on peut. Il reste : La caméra, les photos, la voiture de mariage, la nourriture, la robe de ma femme, mon costume, le gâteau de mariage, les alliances, la chambre d’hôtel, la tenue des garçons et des filles d’honneur. J’allais même oublier : La salle pour la réception de mariage coûte 200 000 francs. On a cinq mille francs, pour le moment. Vieux père, pense à tes bons petits ! »
9- Un ouvrier, de mauvaise humeur parce que frappé par une mesure de compression de personnel et qui a reçu sa lettre de licenciement, le matin, fait du bricolage dans sa maison, muni d’une planche, d’un marteau et d’une scie. Une mouche récalcitrante vient lui bourdonner dans les oreilles. Il la chasse. Sans succès. Elle part et revient, aussitôt. Il la chasse, à nouveau. Elle fait une voltige et se pose sur la planche. En voulant l’aplatir, il la rate et casse sa scie. Il s’efforce, malgré tout, de se concentrer sur son bricolage. La mouche têtue vient se poser sur sa main et dans un instant de distraction, il s’écrase le pouce gauche, d’un coup de marteau mal ajusté. Il pique la colère de sa vie et regarde, impuissant, la mouche voltiger au-dessus de sa tête. Il se déchaîne contre elle. En vain. Il la rate. Quelques secondes seulement après, la revoici. Elle se pose, cette fois, tranquillement sur le sommet de sa tête chauve. Là, il enrage ferme. Il a encore le marteau en main. La suite de l’histoire ? Un cahier de condoléances est ouvert chez lui.
10- A Adjoufou, des fidèles chrétiens, impuissants devant l’ampleur du drame, pleurent leur temple qui brûle. Un fou, de passage, leur dit : « Hè, vous-là ! Je crois que toujours, toujours, quand vous priez-là, vous dites que le feu du Saint-Esprit n’a qu’à descendre sur vous, non ? C’est ça qui est là ! Ou bien ? »
AUTRES SMS INTERESSANTS
1- Dormir, c’est naturel mais pouvoir se réveiller, c’est divin. DIEU est celui qui opère, chaque jour, ce miracle dans notre vie. Qu’il veille sur toi et remplisse ton cœur d’amour de paix et de joie !
2- Applique et conserve ces trois lois dans ton cœur. Ce sera pour toi le chemin du bonheur véritable et de la vie : 1) La loi de l’hospitalité : « N’oubliez pas l’hospitalité ; car, en l’exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir » Hébreux 13 : 2. 2) La loi du pardon : « Si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses » Matthieu 6 : 24. 3) La loi royale : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes » Matthieu 7 : 12.
DINDE Fernand AGBO
22:28 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blagues, sms, rire, déstresser, sourire, orange
25.10.2008
ENLEVEMENTS D’ENFANTS A ABIDJAN : UNE DECLARATION PEU RASSURANTE ET PEU CONVAINCANTE DES AUTORITES POLICIERES

Que s’est-il passé ? Tout est parti d’une rumeur selon laquelle des ravisseurs d’enfants, en tenue militaire, seraient dans la ville et qu’ils auraient enlevé sept enfants, aux abords des écoles primaires, dans des véhicules de type 4X4, aux vitres teintées.
Il n’en a pas fallu plus pour jeter les parents dans la rue, les uns pour retirer leurs progénitures des écoles et les autres pour manifester bruyamment et violemment sur la place publique, avec en pic une véritable émeute, dans la commune d’Abobo.
Bilan de la folle journée d’hier : Deux civils innocents tués, quatre policiers tailladés à la machette, plusieurs blessés, des bus de la SOTRA et des véhicules particuliers saccagés.
Que les autorités policières aient décidé de faire une déclaration télévisée, après des évènements aussi graves, est une initiative louable. Mais nous attendions bien plus de nos limiers. Franchement !
Pour ma part, j’ai été honnêtement déçu de cette sortie approximative qui révèle les lacunes et le manque criant d’anticipation de notre police et ce, pour au moins deux raisons :
1- Le Porte-parole de la Police Nationale ne s’est prononcé que sur les évènements d’hier, comme si la question désormais nationale des enlèvements et des disparitions qui ont cours, en ce moment, dans le pays n’est apparue qu’hier ! Parce qu’il n’en a jamais parlé, avant. Or, tout Ivoirien qui vit actuellement sur le territoire national sait que ces faits sont récurrents, depuis au moins une année, en Côte d’Ivoire, et singulièrement à l’approche des élections.
2- Le Commissaire Principal DIAGOURY GNAHOUA a également donné l’impression, à la nation entière, que les rumeurs qui ont entraîné les faits d’hier, relèvent de la pure affabulation, s’appuyant sur le cas de la fille du sapeur pompier, le Sergent UZA Dodo Charles, qui n’aurait pas réussi à leur indiquer, avec précision, l’endroit où ses ravisseurs l’auraient retenue captive avec dix autres enfants (dont les parents, selon les dires du Commissaire Principal, n’ont pas porté plainte) et d’où elle aurait fui. Est-ce si étonnant de la part d’un enfant ? N’est-ce pas à notre police de tranquilliser les populations en les assurant de conduire à termes ses investigations, sans qu’il soit besoin de jeter le doute et un quasi discrédit sur le témoignage d’une fillette traumatisée ? Notre police démontre ainsi qu’elle est franchement dépassée par les évènements et qu’elle ne fait aucune investigation sérieuse. Toutes choses qui la décrédibilisent, grandement. Et même si les évènements d’hier avait relevé de la simple rumeur, qu’a fait notre police pour les autres dizaines de cas de disparition déclarés antérieurement, à la télévision ivoirienne, et jamais résolus ?
Chers ivoiriens, c’est tous les jours que la RTI, à l’émission magazine de la mi-journée, consacrée aux annonces d’évènements, montre à la nation des photographies d’enfants, d’adolescents et de personnes adultes portés disparus, dans le District d’Abidjan. Les cas les plus récents ont même eu lieu dans cette semaine. Je peux même personnellement en témoigner et relater le cas éloquent qui nous a été présenté par l’animatrice Christelle DIBY, il y a seulement quatre jours de cela : Une petite fille de la classe de CE2, à la recherche de ses parents et accompagnée, sur le plateau de la télévision ivoirienne, d’une dame, parente d’une autre à laquelle la petite s’est agrippée, dans la rue, après avoir échappé à ses ravisseurs.
L’écolière, racontant les faits en direct, révèle qu’un inconnu l’a abordée devant la cour familiale, pendant qu’elle jouait.
Et la suite de l’histoire se déroule comme suit : Il lui demande d’aller lui acheter des cigarettes et une boîte d’allumettes. Ce qu’elle fait. A son retour, l’inconnu lui ferme vigoureusement la bouche d’un mouchoir et l’endort.
Son ravisseur l’emporte mais n’en reste pas là. Dans un autre secteur de la commune de Yopougon où il opérait, aux abords de la cité SIB, il appelle d’autres enfants dont il devait faire ses prochaines victimes.
Sur ces faits, la fillette sort de l’effet des soporifiques et s’éjecte, à corps perdu, du véhicule 4X4 où elle était tenue prisonnière. La brusquerie de la sortie de l’écolière du véhicule jette l’effroi sur les autres enfants, en approche, qui prennent leurs jambes à leurs cous.
Notre fillette court immédiatement s’agripper à une dame qui venait tout juste de descendre du bus, celle dont la parente l’a accompagnée sur le plateau de la télévision ivoirienne.
Alors, comment passer sous silence ces faits gravissimes et traiter la question des enlèvements (même s’il y a eu des dérives dramatiques, hier) comme s’il ne s’agissait que de rumeurs et d’affabulation, voire de vues de l’esprit. Qu’on ne prenne pas les Ivoiriens pour des demeurés mentaux !
Je savais notre police limitée, en matière d’investigation (il n’y a qu’à voir le cas des enquêtes sur l’assassinat du Directeur d’INTERPOL Côte d’Ivoire, le Commissaire Bridji ZOGOUE - lui-même policier et pas n’importe lequel - qui s’est incroyablement achevé sur un non–lieu, là où la presse ivoirienne a relevé des preuves et indiqué des pistes extrêmement précises. Qui a donc intérêt que ce crime odieux ne soit jamais élucidé ?) mais je ne la croyais pas aussi incompétente et, à ce point, frappée de carence ! Je pensais, objectivement, que nous avions une police, dans ce pays. Mais ma déconvenue est immense.
Que Monsieur le Porte-parole de la Police Nationale sache qu’il n’est pas besoin de faire l’Université d’Harvard, aux Etats-Unis, pour comprendre que quand un peuple ne fait plus confiance à sa police et à son appareil judiciaire, il a tendance à se faire justice, lui-même. Et c’est ce à quoi nous assistons, actuellement, à Abidjan. Si vous parvenez à comprendre ce mécanisme social – et je vous en crois capable, cher monsieur – vous trouverez, tout seul, les mesures et les solutions, ainsi que les devoirs, qui s’imposent à votre corporation, vis-à-vis du peuple ivoirien.
Mais pourquoi faut-il toujours que nous frôlions la catastrophe, dans ce pays, avant que les dispositions que recommande - non pas même l’intelligence mais le simple bon sens - soient prises ? Pourquoi donc ?
Que DIEU bénisse le peuple de Côte d’Ivoire et le délivre de tous ses oppresseurs ! Qu’il le libère de toutes les âmes damnées qui perturbent sa paix et sa sérénité!
DINDE Fernand AGBO
17:20 Publié dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : enlèvements, ravisseurs, panique, rumeurs, véhicules 4x4, diagoury gnahoua, disparitions
22.10.2008
L'EFFONDREMENT DU SYSTEME CAPITALISTE ? (2)

La question est bien revenue sur toutes les lèvres et a suffisamment hanté les nuits des plus grands argentiers de la planète. L’on sait que face à une crise d’une ampleur qu’ils n’avaient pas soupçonnée, les dirigeants du monde capitaliste ont d’abord eu recours à des thérapies de circonstance. D’abord recroquevillés dans des solutions se limitant à des appels au calme sur les marchés financiers et à quelques colmatages, les dirigeants se sont empressés, mais sans aucune cohérence, vers l’édiction de mesures de protection des épargnants. Il a fallu que trois grandes institutions financières américaines déclarent la faillite, en moins d’une semaine, y compris la plus grande caisse d’épargne américaine, pour que la Maison Blanche élabore précipitamment un plan de 700 milliards de dollars, PLAN PAULSON, du nom du Secrétaire d’Etat au trésor, pour soutenir les banques ; en fait, pour racheter les créances en difficulté de ces institutions. De façon désordonnée, l’Irlande a dégagé 100 millions d’euros pour soutenir ses institutions, pendant que les pays nordiques, en Europe, entraient en force dans le capital du mastodonte FORTIS. La Grande Bretagne quant à elle, a annoncé la mise à disposition de 200 millions d’euros pour les mêmes fins, et les ministres des finances de l’Union, tous ensemble, ont convenu, en dépit de la mésentente franco-allemande une fois de plus évidente, de garantir les épargnes des citoyens, jusqu’à un montant de 50.000 euros.
Il faut observer, ici, que contrairement à la belle démonstration de cohésion démontrée lorsqu’il a fallu soutenir les Etats-Unis dans son bras de fer contre la Russie, lors du conflit avec la Géorgie, l’Europe a offert un triste spectacle de division, apportant la preuve que le groupe, malgré les succès politiques dont on la crédite, manque cruellement de cohérence, en ce qui concerne les politiques budgétaires et monétaires.
Dans la pratique, tout ce qui a été fait par les Etats que l’on qualifie trop souvent de riches, relève d’une politique de nationalisation pure et simple, démentant les dogmes de la prééminence des marchés et des règles d’or d’autorégulation des rapports marchands. C’est un désaveu terrible que les Etats-Unis et leurs alliés du capitalisme triomphant ont infligé aux théories bruyantes sur lesquelles leur système économique a vécu, des siècles durant. Le problème, ce n’est pas que ces pays aient démontré leur capacité à intervenir dans le jeu des marchés avec les privilèges et les prérogatives de la puissance publique, car nous savions déjà qu’ils le font de temps à autre, sans crier fort. La vraie surprise vient des discours que l’on a entendus par-ci et par-là, sur la nécessaire protection des épargnes des ménages et la garantie du patrimoine des institutions financières. Des journaux à travers le monde ne se sont pas gênés de considérer que Wall Street était devenue la plus belle place de la pratique du socialisme, du communisme, de tout ce qui incarne le totalitarisme économique et la planification bolchévique. Qui l’eut cru.
Au fond, le système capitaliste, pensé comme articulation des relations économiques, marchandes et financières laissée au libre jeu des acteurs privés, hors de toute tutelle publique, a vécu et n’a même sans doute jamais existé dans la plénitude du terme. En réalité, il est impossible d’un point de vue économique pur, en rapport avec les exigences du pouvoir régalien de l’Etat, de concevoir une société où les acteurs privés à travers les marchés, fixeraient définitivement et éternellement les règles du jeu. Laisser les mains libres aux acteurs privés spéculateurs, reviendrait fondamentalement à leur concéder le droit de battre monnaie. Il ne faut pas perdre de vue, que les bourses du monde parmi les plus importantes, influencent les politiques des banques centrales d’émission et orientent les politiques économiques des gouvernements.
Réformes, oui, mais quelles réformes ?
Ces observations conduisent à reposer le problème de la réforme des deux institutions majeures issues des négociations de Breton Wood que sont le FMI et la Banque Mondiale. Avec l’importance prise par ces deux institutions, l’on est en droit de s’interroger, aujourd’hui, sur leur rôle réel et leurs responsabilités effectives dans la conduite de l’économie mondiale. L’on sait que dans l’imagination populaire, le FMI et la BM sont des gendarmes dont le terrain de prédilection est devenu les pays pauvres, particulièrement Africains. D’ailleurs, il faut rappeler que de nombreux analystes et politiques, ne les avaient jamais considérés que comme des jouets au service de la première puissance économique du monde. Le Général De gaulle, lors de l’une de ses colères mémorables, ne se gêna pas de le dire publiquement et ouvertement, en dénonçant la dictature du dollar. Or, le dollar ne fut pas, pendant longtemps, autre chose que du papier gagé sur le rêve américain et la présomption d’une puissance économique éternelle et dominante, capable de couvrir le monde entier de biens industriels, en échange.
L’économiste camerounais Tchundjang Puémi, n’est pas allé chercher bien loin pour livrer la sentence. Son livre “MONNAIE, SERVITUDE ET LIBERTE“, sonne comme le chef-d’œuvre de l’accusation des peuples pauvres, des exclus de la périphérie, trompés et abusés par ce que cet autre génie, monté trop tôt au ciel, de Sankara, baptise FONDS DE MISERE INSTANTANEE.
Dans les années 1970, les droits de tirage spéciaux (DTS) qui consistaient en un panier de monnaies pondérées selon les mises des Etats membres dans le capital du FMI, fut conçu pour atténuer justement la perception d’un impérialisme américain relayé trop ouvertement par l’institution, mais cette idée opportuniste ne fut jamais en mesure d’anéantir les conséquences néfastes d’une gestion fondée sur la loi des puissants. L’évolution montre très nettement son impuissance dans un système capitaliste égocentrique, et son incapacité à supplanter ou, à tout le moins, à orienter véritablement les politiques des banques centrales. Même le Comité des Vingt qui fut crée pour réfléchir sur une réforme de cette institution, dû se cantonner à des propositions superficielles dont les plus visibles étaient la révision du système de pondération, pour accroître les pouvoirs des nouvelles puissances financières, mais pas industrielles. La remarque est importante car contrairement aux assertions de départ, cela supposait que l’on tienne compte de la masse des réserves en devises des Etats et non leur amplitude économique globale. En fait, il fallait prendre en considération la richesse des monarchies du Golfe et trouver à mieux intégrer leurs pétrodollars dans les politiques de financement. Evidemment, le Japon connu une promotion, avec un Yen pris en compte, et conforme au rôle moteur de ce pays dans le commerce mondial.
LES DEBATS AU SEIN DE L’OMC ONT ETALE LA MEME REALITE TROUBLANTE.
LE NOUVEAU DIRECTEUR DU FMI, LE FRANÇAIS DOMINIQUE STRAUSS-KAHN, DESIGNE EN 2007, A REPRIS LE DISCOURS D’UN REEQUILIBRAGE DES INFLUENCES AU SEIN DE L’INSTITUTION POUR VALORISER LES APPORTS DES PAYS JADIS TENUS A LA MARGE DES POUVOIRS. COMME IL L’A LUI-MEME DECLARE, DES SON ENTREE EN FONCTION, IL FAUT METTRE FIN AUX FRUSTRATIONS LEGITIMES DES PAYS PAUVRES. EN REALITE, LE POIDS DES PAYS DITS EMERGEANTS DERANGE DORENAVANT ET IL FAUT EN TENIR COMPTE. CEPENDANT, QUOI QUE L’ON FASSE, IL N’EXISTE PLUS DE DYNAMIQUE UNIVERSELLE DANS LA PROJECTION DES RESPONSABILITES DE LA BANQUE MONDIALE ET DU FMI, AUJOURD’HUI. ELLES ONT TROP FONCTIONNE COMME DES INSTRUMENTS DE L’IMPERIALISME FINANCIER ET MONETAIRE INTERNATIONAL ET ONT SECRETE, NATURELLEMENT, LE REJET POUR CERTAINS, ET UNE PRUDENCE NON MOINS ACCUSATRICE, POUR D’AUTRES.
Le FMI fut crée dans le but de servir d’institution de régulation des politiques monétaires des banques centrales. Non seulement elle a perdu cette prérogative, mais plus grave, elle a trop joué de complaisance ou de mercenariat, favorable à des choix politiques contestables. Avec la Banque Mondiale, qui elle n’était pas destinée à utiliser les crédits pour emprisonner les pauvres, le FMI a été accusé, certainement pas à tort, de jouer un rôle prépondérant dans la guerre froide, de soutenir les dictatures, et d’imposer des stratégies de développement suicidaires dans les pays du sud. L’on sait que les principaux conseillers de Pinochet, au Chili, furent de talentueux et cyniques cadres du FMI. Par ailleurs, le fait que les dirigeants de ces deux institutions ont toujours été originaires des Etats-Unis et de l’Europe capitaliste, a fait dire à des dirigeants des pays émergeants du Sud, qu’il était temps de les changer, de fond en combe. LE PRESIDENT VENEZUELIEN HUGO CHAVEZ A POUSSE LA LOGIQUE DE CETTE ACCUSATION A SON PAROXYSME, EN ANNONÇANT LE RETRAIT DE SON PAYS DE CES DEUX INSTITUTIONS.
Au-delà de la mise en accusation des institutions de Breton Wood, il se pose le problème de la réorganisation du système économique et financier international, si tant est qu’il est possible d’en concevoir un de plus équitable, moins sauvage et générateur de bien-être pour tous les peuples, pour toutes les nations. En 1974, l’Assemblée Générale de l’ONU avait adopté une résolution célèbre sur l’instauration d’un nouvel ordre économique international qui n’a jamais dépassé le stade de quelques débats houleux et des contestations théoriques, sans lendemain. LA LOI DU MARCHE SEMBLE AUJOURD’HUI S’IMPOSER A TOUTES LES VERTUS HUMANISTES DE LA PLANETE. MEME LES ANCIENS MARXISTES ONT PRIS PIED DANS LE GRAND JEU DES NEGOCIATIONS MERCANTILES. L’ON DECRIT D’AILLEURS LES CHINOIS COMME PLUS DANGEREUX DANS LE NEGOCE D’EXPLOITATION ET LES PLACEMENTS USURIERS.
Ce qui reste comme message universel incontournable, c’est sans aucun doute, le souhait d’une vision plus générale des concepts de bonne gouvernance, de démocratie participative, et d’alternance libre aux sommets des Etats. L’effondrement du système capitaliste devrait être relativisé, pour confiner l’affirmation à une faute dans la gestion des institutions, et non une incompatibilité de fond avec les notions de bien-être, de progrès et d’évolution de l’espèce humaine.
Le débat sur les choix des systèmes est clos depuis longtemps et il relève de la folie de discuter encore de la nécessité pour les individus de travailler et de vivre dans la liberté. Ce n’est pas que l’on ait choisi l’égoïsme ou l’individualisme, c’est que la liberté de l’individu est le fondement incontestable de toute réussite, que l’on se situe à l’échelle micro-économique ou à l’échelle macro-économique. MEME EN S’EN TENANT A LA THESE DE LAURENT GBAGBO, LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE, QUI DANS UNE DECLARATION LORS DES MANIFESTATIONS DE LA JOURNEE EN HOMMAGE A AIME CESAIRE, INSINUAIT QUE L’ON NE DEVRAIT PAS SE REFERER AUX APPLICATIONS DEVIANTES DU MARXISME ET DU COMMUNISME POUR CONCLURE A L’ECHEC DU SOCIALISME, LE BILAN DES ANCIENS PAYS COMMUNISTES EST ELOQUENT DE FAILLITE.
La nécessaire relativisation de l’effondrement du système capitaliste
Même si personne ne peut plus discuter aujourd’hui le bien-fondé des thèses marxistes, personne ne peut non plus prononcer un réquisitoire de condamnation absolue à l’endroit du capitalisme. Ce qu’il est convenu de dénommer système capitaliste, c’est d’abord une philosophie de l’entreprise et de l’expression du pouvoir de la pensée et de l’action fondée sur la liberté, liberté du génie, liberté créatrice, liberté de mouvement, liberté d’échange. Et s’il fallait se fier à quelques comparaisons historiques et actuelles, rien dans les faits, les réalisations et les constructions systémiques, n’autoriserait de conclure à l’échec du capitalisme et à sa mise à mort. BIEN AU CONTRAIRE, TOUT MONTRE QUE LE SYSTEME CAPITALISTE EST DEMEURE LE MODELE ACCEPTABLE DE PROGRESSION ET DE VALORISATION DES COMPETENCES HUMAINES.
L’on aura beau s’appuyer sur la crise financière née des crédits hypothécaires pour s’en prendre aux Etats-Unis, rien ne pourra changer la réalité selon laquelle, c’est le pays le plus industrialisé de la planète, le plus inventif, le plus riche, le plus généreux, et le plus ouvert. Avec 300 millions d’habitants, soit 5% seulement de la population mondiale, les Etats-Unis offrent 20% de la production industrielle mondiale et un tiers du PIB. A titre de comparaison, il faut savoir que la Chine affiche exactement l’inverse, c’est-à-dire 20% de la population mondiale et 5% de la production industrielle. A ceux qui ont commencé à imaginer une Chine super puissance, dépassant les Etats-Unis, il vaudrait mieux les prévenir que l’attente d’une telle éventualité risque d’être longue. Internet, la téléphonie mobile et bien d’autres gadgets qui sont devenus la soupe planétaire de toutes les couches sociales et de toutes les programmations communicationnelles, sont nés aux Etats-Unis. Ils font, certes, partie de l’intelligence humaine, mais ils sont, d’abord, des inventions américaines. La moitié des laboratoires les plus performants du monde se trouvent encore aux Etats-Unis et l’on pourrait continuer de citer à l’infini, ce qui en fait un géant inégalable que le reste du monde est contraint de suivre, de subir aussi.
Ce qui est en cause dans la crise du système capitaliste actuel, c’est moins ses fondements qu’un ensemble de pratiques déviantes, décriées par les autorités monétaires et politiques américaines elles-mêmes. C’est encore aux Etats-Unis que l’on trouve les lois et les sanctions les plus sévères contre les délits d’initié, les détournements, les atteintes à la fortune publique, et les violations des codes éthiques gouvernant les transactions financières. Régulièrement, la Security and Exchange Commission (SEC), véritable police de la bourse qui n’a d’équivalent dans aucun autre pays au monde, conduit des enquêtes qui aboutissent à des révélations et des résultats sensationnels, dans l’intérêt des citoyens. Ces enquêtes ont déjà envoyé de nombreux pachas de la finance, que l’on croyait intouchables, derrière les barreaux. En 1983, au moins une douzaine de grosses pointures du genre dont un certain Yvan Boesky, fut arrêtée, jugée, sévèrement condamnée et jetée en prison, pour des dizaines d’années, avec des amendes, par-dessus tout, et des confiscations de biens.
A chaque crise, ses dégâts, ses malheurs, et ses remèdes. Nous sommes de ceux qui pensent que de façon peut-être plus raisonnable, les relations économiques et financières internationales devraient être encadrées par une éthique souple prenant effectivement en considération les intérêts de tous les peuples. IL Y A TROP LONGTEMPS QUE LE CONCEPT DE NOUVEAUX ESPACES INTERNATIONAUX DOMINES PAR DE NOUVEAUX ACTEURS PLUS RESPONSABLES, A ETE AVANCE. UN TEL CONCEPT SUPPOSE LA RECONSIDERATION ABSOLUE DES CRITERES D’ELIGIBILITE ET D’ELEVATION AU STATUT D’ACTEUR INTERNATIONAL, SELON DES TERMES DE REFERENCE A DEFINIR.
Mais au-delà, le dilemme d’une scène internationale dominée dorénavant par une multitude d’acteurs aux statuts et aux obligations contradictoires, ne peut pas être résolu avec la facilité que certains préfigurent, en théorie. Nous retrouvons la thèse marxiste reprise par les économistes, à l’instar de Rosa Luxembourg et Samir Amin implicitement, sur le règne du capitalisme monopoliste d’Etat. La question cruciale pour toute réflexion positive, devient alors celle-ci : Le capitalisme dans son essence, peut-il exister et prospérer sans le libre jeu des acteurs privés ? Que dire des Etats devenus très riches et qui agissent sur le marché financier international, exactement comme des firmes privées, en usant de leurs vastes réserves de devises appelées fonds souverains, pour dicter leur loi ? Et si le capitalisme n’était qu’une affaire de démocratisation des relations globales de coopération entre les nations souveraines ? C’est une idée folle à abandonner car capitalisme ne rimera jamais avec puissance publique.
En fait, c’est le rôle que les petits pays sont appelés à jouer dans le concert marchand mondial, qui devrait constituer la source de toutes les réflexions, à long terme. Il n’y a aucun moyen d’empêcher l’enchevêtrement des puissances politiques et des puissances d’argent sur la scène internationale, de même qu’il est impossible, de ramener la gestion à long terme de la crise, à une opération de jalousie des pays pauvres contre les pays riches. Le capitalisme dans sa mécanique systémique et macroéconomique, procède d’abord d’une capacité de travail, de production, d’invention et d’accumulation. Mécanique systémique d’excellence et de compétition donc, il devrait être analysé comme un défi pour des nations paresseuses trop habituées aux aides et aux dénonciations gratuites qui les confinent dans l’éternel position de marginaux périphériques.
Le système capitaliste n’est donc pas mort, et ne saurait être donné pour définitivement abattu. Les chefs des principales nations capitalistes réunis à Washington, le 10 octobre, soit plus d’un mois après le déclenchement de la crise, n’avaient pas à l’ordre du jour de changer le système, mais plutôt de mieux le structurer, mieux le protéger, et mieux le faire accepter. Certes, les dirigeants de la Banque Mondiale et du FMI présents, ont relevé la gravité de la situation, mais seulement pour déplorer l’absence d’harmonie dans les réponses des grands pays. Personne n’a douté de ce que la crise est grave, même très grave, mais personne n’a non plus, demandé de casser le système. Le président de la Banque Mondiale s’est d’ailleurs voulu plus rassurant sur la capacité des pays développés à juguler les effets de cette crise, à très brève échéance. Son seul souci, et il rejoint notre analyse, a semblé se concentrer sur le sort des quelques 50 millions d’enfants nécessiteux des 28 pays classés comme très pauvres, qui risquent de mourir dans les dix prochaines années, si l’aide internationale est frappée de réduction, consécutivement à la crise.
Concrètement, la réunion d’urgence de Washington a adopté un plan en cinq points qui reprennent pour l’essentiel, les mesures déjà engagées individuellement par presque tous les pays, par exemple la garantie des épargnes et le soutien actif des banques en difficulté, par le rachat des créances compromises. Ce qui y apparaît plus important, c’est l’engagement à joindre les efforts et à tout mettre en œuvre, y compris la nationalisation, pour éviter toute nouvelle faillite d’une grande banque. L’allusion est faite, ici, aux géants LEHMMAN BROTHERS, aux Etats-Unis, et FORTIS, en Europe, lesquels ont chuté avec des conséquences multiples pour des centaines d’autres institutions financières, à travers le monde.
Ce qui est encore plus encourageant sans doute, c’est le retournement des pays dits du Groupe des Sept. Ceux-ci ont, dès le début de la crise, géré la situation de façon presque sécrète, pour ne pas dire sectaire. Ils se sont ravivés et ont associé, lors d’une grande concertation au siège de la Banque Mondiale, à Washington, les pays émergeants, afin de mieux affirmer le caractère mondial de la catastrophe et d’obtenir leur adhésion aux solutions mises en œuvre. C’est le fameux Groupe des Vingt, incluant la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et le Nigéria, dont le poids équivaut à près de 95% de la production planétaire. Il faut, d’ailleurs, relever que les pays émergeants, mis ensemble, disposent aujourd’hui d’énormes réserves en devises, et sont l’objet d’une cour assidue, pour leur injection dans le capital de quelques institutions, en difficulté. Le Ministre argentin des finances n’a pas hésité à donner une réponse on ne peut plus simple : Nous n’étions pas associés aux causes. Comment voulez vous que nous prenions part aux solutions ?
Le système capitaliste est donc vraiment malade, mais pas mort. Vive le système capitaliste !
Lu pour vous sur www.20mai.net
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L'EFFONDREMENT DU SYSTEME CAPITALISTE ? (1)

Jean-Claude SHANDA TONME est docteur en droit international, formé en France et aux Etats-Unis, diplomate de carrière, professeur de relations internationales et conseiller juridique de nombreuses organisations humanitaires de premier plan dans le monde.
Octobre 12, 2008
La malédiction de septembre aura aussi eu raison de la redoutable citadelle capitaliste dont quelques célèbres places financières mondiales, à l’instar de New York, Londres, Zurich, Paris, Tokyo, ou Singapour, assuraient à la fois le triomphe et l’insolence, au point de laisser croire qu’elle était inébranlable.
LE MOIS DE SEPTEMBRE ENTRE, DORENAVANT, DANS LES RELATIONS INTERNATIONALES, COMME UN MOIS CHARGE DE DANGERS, DE SURPRISES ET DE BOULEVERSEMENTS EPOUSTOUFLANTS.
En septembre 1972, un groupe de combattants palestiniens fait irruption dans le village olympique à Munich et prends en otage des athlètes israéliens. Le dénouement sanglant qui s’en suit, annonce une ère nouvelle dans le conflit israélo-arabe et imprime une tournure jusque-là inconnue aux mouvements de libération, à travers le monde. La diplomatie est obligée de s’adapter tant bien que mal à cette nouvelle phase, pendant que le radicalisme qui voit le jour un peu partout dans le monde arabe, embrase les relations internationales, en exacerbant les positions déjà fortement tranchées et opposées.
En septembre 2001, la première puissance militaire et économique planétaire, l’île tranquille et paisible des Etats-Unis qui n’avait jamais connu la guerre sur son sol, assurée de vivre sous une des protections les plus garanties et les plus sophistiquées que l’intelligence humaine ait pu construire, est brutalement et sévèrement frappée, contrariée et humiliée par l’audace d’une dizaine de jeunes terroristes au service du groupe islamiste fanatisé, Al Qaïda. Tous les experts des questions stratégiques internationales concluent, logiquement, que le monde ne sera jamais plus comme avant. Dorénavant, souligne t-on, les dangers sont globalisés et l’insécurité démocratisée. La nouvelle configuration de la géopolitique de la terreur, ne connaît ni frontières, ni limites technologiques, ni nationalité. Tous les peuples, toutes les nations, tous les Etats et toutes les personnes physiques ou morales, ont un égal intérêt à la réflexion sur les termes de référence et les conditions de l’organisation d’un monde meilleur, plus juste, plus équitable, et plus solidaire.
Septembre 2008 ne vient donc que logiquement jouer un rôle qui fut toujours le sien depuis le dernier siècle du précédent millénaire, en servant de support dans le temps, à l’implosion du capitalisme. La qualification de l’événement ne peut pas encore prendre toute la signification qu’il mérite, compte tenu en effet, du fait que les conséquences n’ont pas encore été entièrement étalées, et que par-ci et par-là, les Dieu de la finance publique à l’échelle des nations, continuer de balbutier, de s’embrouiller et de se contredire sur les solutions urgentes à mettre en œuvre, et que par ailleurs, les bandits en cols blancs, jusqu’à une date récente traités en talentueux richissimes, tiennent profil bas, en attendant les procès populaires.
Karl Marx ressuscité
A la réalité, il faudrait être injuste, plus que malhonnête, pour ne pas foncer dans la relecture des œuvres du plus grand penseur des révolutions sociales communistes. Le meilleur et le plus célèbre des penseurs qui a longuement et profondément réfléchi sur la nature, les mécanismes, les rapports marchands et spéculatifs du capitalisme, établit une relation dialectique entre le rayonnement et la décrépitude inéluctable du système capitaliste. Il en élabore même une philosophie qui au bout de la démonstration, et après avoir savamment présenté toutes les thèses et les antithèses, conclut à l’hypothèse d’une révolution du système par lui-même. Marx n’établit pas seulement que l’essence du capitalisme, c’est l’exploitation du travailleur, il établit aussi et surtout que ce système d’exploitation, par son obstination à rechercher le profit au détriment de la cohésion sociale et de la valorisation du facteur humain dans le travail, conduit à la ruine de toute sa construction et, finalement, à sa mort.
Pendant longtemps, les contradicteurs du savant ont voulu faire croire que ses analyses et ses conclusions étaient propres à la société industrielle embryonnaire de la fin du dix-huitième et du début du dix-neuvième siècle et que, par conséquent, il apparaissait comme une hérésie, de les transposer à la société capitaliste modernisée, ambitieuse, et conquérante du vingtième siècle. Le principe de l’exploitation, de l’égoïsme, du profit à tout prix qui est au centre de l’observation de Marx, n’a pourtant jamais changé et c’est la principale cause du mal qui vient de plomber toute l’économie mondiale.
En réalité, la lutte des classes n’a jamais été ni contestée ni évacuée dans aucune étude sérieuse, d’autant plus que les luttes syndicales amenées par les travailleurs ont dominé et dominent la vie sociale du monde industrialisé, depuis le dix-huitième siècle. Ce que l’on a cru ou voulu mettre en avant pour renier voire atténuer les thèses Marxistes, c’est la généralisation et l’extension de la société de consommation qui, en permettant l’accès d’un plus grand nombre des citoyens aux biens d’équipements courants, auraient réduit le fossé entre les classes sociales et anéanti les rancœurs.
En fait, il suffisait pour les usines de tourner à fond, y compris dans des conditions de travail peu regardant de l’intérêt et de la dimension humaine des travailleurs et de produire un maximum de biens qui seraient aussi écoulés par tous les moyens, et le plus largement possible.
Karl MARX ne perd pas cette manœuvre de vue et la considère d’ailleurs comme une pure tromperie du travailleur, une diversion. Le philosophe et économiste de tous les temps soutient que c’est la propriété des machines et la destination des profits qui font la différence et établissent, définitivement, le rapport d’exploitation et de brimade qui conduit à l’inéluctable soulèvement. L’on sait que les théoriciens communistes soutiendront à la suite de Marx, que la collectivisation et la centralisation permettent de mieux traiter le travailleur, de le responsabiliser en décrétant la propriété collective et le réinvestissement subséquent des bénéfices dans l’intérêt de la société.
Si, à l’évidence, personne n’a eu entièrement raison d’un côté comme de l’autre, il n’en demeure pas moins vrai que les thèses de l’ultralibéralisme positionnées par les adeptes du capitalisme outrancier se sont plantées. Il suffit de lire profondément dans les causes de la crise de septembre 2008.
Aux sources de la crise
Pour un esprit simple qui ne voudrait pas s’encombrer de mille théories démonstratives, il suffirait de s’interroger sur les raisons qui peuvent amener toutes les banques à s’effondrer, un matin. Pour celui qui a planté ses économies dans une de ces institutions de renom, comment va t-on lui faire comprendre que les mouvements d’humeur de quelques individus, à la bourse de Wall Street ou à Zurich, ont entraîné l’amenuisement de son patrimoine ? Comment faire croire à un honnête citoyen que le patron d’une grande entreprise multinationale continue de s’enrichir et de voir ses fonds propres augmenter, pendant que l’entreprise tombe, se déclare en faillite et, bientôt, ferme les portes ?
Tout le système capitaliste a fonctionné sur la fraude, le vol, et toutes sortes de manipulations qui dans tous les cas de figure, sont contraires au bon sens et à l’éthique morale. Le mythe de la société de consommation a dévoyé le capitalisme au lieu de le valoriser et de confirmer son triomphe. La rage des cartes de crédit, l’incitation à la consommation à outrance, et l’accélération de l’intégration des géants de la finance pour mieux encadrer les marchés, a construit une race d’esclaves et gadgétisé les valeurs.
La crise actuelle a commencé par l’incapacité des ménages à faire face à leurs endettements immobiliers. Or, ce que l’on appelle endettements immobiliers n’est qu’un jeu d’écritures des institutions financières qui se juxtaposent pour se soutenir et échanger des titres de créance, sur une longue chaîne, couvrant des centaines de milliers de personnes et de structures. Au bout de la chaîne, l’on retrouve des garanties factices, des cautions hasardeuses, et des gages superficiels dont le seul mérite est la capacité de spéculation.
La crise de septembre 2008 s’est mise en place avec une manœuvre aussi savante que diabolique et selon un processus qui a joué sur les cours des principales matières premières. L’on a vu le prix du baril de pétrole brut monter au-delà de 150 dollars, puis une crise alimentaire que les gouvernements à travers le monde n’ont rien fait pour stopper. De part en part, l’argument c’était que personne ne peut rien faire pour diminuer le cours du baril, lequel aggrave le coût des transports maritimes et aériens, et se répercute sur les produits de première nécessité. Partout, l’inflation a grimpé subitement, les prix dans les magasins ont flambé, et l’on a commencé à enregistrer le déséquilibre dans les cotations boursières.
Au moment où l’on annonce la naissance de la crise ouverte aux Etats-Unis, il est clair que beaucoup de spéculateurs à l’origine des mouvements incohérents soulignés plus haut, ont déjà empoché les bénéfices nets. Aussi, les images des maisons abandonnées par les familles incapables de payer leurs dettes, peuvent être assimilées à une pure hypocrisie, du sadisme des gouvernants complices, quoi que l’on en dise, des spéculateurs. Les gouvernements des grands pays industrialisés avaient tous les moyens d’éviter cette situation et d’en maîtriser les conséquences, mais ils ont accentué la crise par leur silence, leur mollesse intéressée, et une complicité non démentie avec les milieux de la spéculation.
Nous retrouvons, ici, l’une des thèses marxistes développées par les continuateurs du philosophe, notamment dans quelques thèses avancées du léninisme socialisant et anti-capitaliste. Si l’on prend le cas du consortium européen EADS qui construit le célèbre avion Airbus, notamment les problèmes qu’à connu l’entreprise en 2007, avec le retard dans le lancement de son avion vedette A380, le plus gros porteur commercial du monde, l’on s’aperçoit que le patron de la boîte a réalisé de très bonnes affaires avec toute sa famille. Dès l’annonce du retard dans la livraison des premiers appareils, les actions du consortium ont chuté à la bourse, occasionnant des pertes immenses pour les actionnaires dont certains sont des petites gens qui y ont placé toutes leurs économies. Mais l’on s’est aussi rendu compte, très vite, que le patron avait vendu des paquets d’action un mois seulement avant l’effondrement du cours de l’action EADS à la bourse. Ce schéma est courant et se répète tout le temps, sans que les gouvernements ne s’en émeuvent réellement et effectivement. Dans ce cas comme dans bien d’autres, des enquêtes ont été ouvertes, par la suite, et des poursuites engagées. Mais la réalité demeure bien loin de ces gesticulations. Le capitalisme, dans sa phase avancée, opère ce que les théoriciens marxistes considèrent comme la domination de l’Etat. Il s’agit du capitalisme monopoliste d’Etat.
Il est donc clair, que la fanfaronnade selon laquelle la société de consommation avancée allait gommer les disparités sociales et faire taire les contestations de l’ordre mercantile et exploiteur, n’a pas de sens au-delà d’une superbe tromperie. La lutte des classes est donc bien vivante. Ce ne sont pas les familles bourgeoises et aisées des magnats de la bourse qui sont défaillantes vis-à-vis des banques et qui voient leurs affaires jetées à la rue. LES FAMILLES BUSH, SARKOZY, ET BERLUSCONI NE RISQUENT RIEN, ET SONT BIEN EN COMPLICITE AVEC LES PROFITEURS DU DESORDRE ORGANISE QUE L’ON APPELLE CRISE.
Un réseau de complicités des classes dirigeantes politiques et financières
Officiellement, l’agitation des dirigeants américains et européens est destinée à protéger les petits épargnants, et sauver ce qui reste de l’intérêt public. La réalité est toute différente. Lorsque le président des Etats Unis s’empresse d’injecter près de 1.000 milliards de dollars dans la crise pour racheter les actions des banques défaillantes et reconstituer leurs fonds de garantie, ce n’est pas le citoyen ordinaire qui est sauvé, c’est la clique des spéculateurs et dirigeants indélicats qui sont des amis de toujours de la classe dirigeante qui gagnent sur toute la ligne. Le simple fait que la réaction des gouvernements, en Europe, soit clairement le recours à la nationalisation, devrait amener à réfléchir. Soit ils se trompent complètement et agissent, de fait, contre toutes les orientations économiques fondées sur le libre jeu des marchés qui ont été le moteur de leurs doctrines, depuis des lustres, soit ils se livrent à un jeu qui pourrait facilement être dépeint ainsi: QUI PERD GAGNE.
Il faut comprendre que l’argent public injecté dans les banques ne va rien changer dans la manière dont celles-ci sont gérées, ni dans la qualité, la nature et le statut des dirigeants. Les mêmes vont s’installer aux commandes et vont se comporter exactement comme avant. Il ne faudra pas trop longtemps pour déboucher à nouveau sur une autre crise, avec les mêmes manifestations, les mêmes effets, les mêmes acteurs, et les mêmes propositions de solution. Les classes dirigeantes des pays fortement industrialisés ont construit des systèmes de vol dont les conséquences sont ensuite supportées par les citoyens ordinaires et partagées dans le monde entier.
Dans ces conditions, la libre entreprise et le modèle triomphant de la rapidité et de la capacité d’innovation, ne servent pas réellement une doctrine saine, au service de l’humanité. Comment peut-on à la fois encourager des fusions, des délocalisations, et prôner le protectionnisme, le nationalisme, la réduction du chômage, et l’accès facile aux crédits ? TOUS LES LEVIERS DE COMMANDE DE L’ECONOMIE CAPITALISTE SONT VICIES PAR LE SEUL FAIT DE L’INCOHERENCE DES PROPOSITIONS DE BASE. L’argent donné au travailleur misérable, aux familles modestes, sous le couvert de salaires, est vite repris dans la spéculation, dans le formalisme fiscal, dans le processus d’endettement en vue d’accéder à la propriété d’une maison ou de valeurs en bourse. Tout cela s’écroule selon des mécanismes qui n’ont pas pitié et qui ne font pas de cadeaux. C’est la théorie de L’ESCLAVE ETERNEL que nous avons mis en exergue, tantôt.
Une observation attentive permet de se rendre compte que tous les dix ou quinze ans, la même situation se reproduit à des niveaux plus ou moins importants. Lorsque les analystes clament que la crise de septembre 2008 est seulement la première de cette importance, depuis la crise de 1929, ils ne disent pas la vérité. A diverses étapes de la croissance de l’économie mondiale au cours du dernier siècle du précédent millénaire, l’on a assisté à de grands désordres qui, certes, n’avaient pas la même amplitude, mais dont les effets étaient, à peu de chose près, similaires. Chaque fois que l’endettement des Etats-Unis qui détiennent, avec 15.000 milliards de dollars, le tiers du PIB de la planète, devient trop important, les autorités monétaires américaines provoquent la crise pour faire supporter le poids de leur bien-être excessif au reste du monde et obliger les autres à les refinancer. C’EST LA LOGIQUE SELON LAQUELLE, SI VOUS NOUS LAISSER TOMBER, LES CONSEQUENCES VOUS EMPORTERONT.
Sur les implications internationales réelles
Plusieurs analystes ont pratiquement brouillé les pistes en déclarant tantôt que la crise n’aurait pas des incidences planétaires, tantôt que celle-ci ne serait qu’un malheur pour les entreprises, et enfin que ce sont les valeurs boursières concernant les parts détenues sur les firmes financières uniquement qui en souffriraient. L’on a même pu entendre des responsables des banques centrales au plus niveau pour ce qui est de l’Afrique, tenter de minimiser les conséquences pour leurs économies. Il importe de clarifier les données à ce sujet.
Premièrement, il est incontestable que l’effondrement des valeurs boursières résulte d’abord des politiques d’endettement irresponsables et intéressées pratiquées aux Etats-Unis, politiques élaborées, contrôlées, et gérées de façon indirecte par la FED, la banque centrale américaine. Les ménages américains ruinés et surendettés sont inévitablement les premières victimes. L’interconnexion entre les économies capitalistes a entraîné l’effet de contagion, par le simple fait que l’argent circule électroniquement et ne connaît presque plus de frontières. Une banque qui s’écroule aux Etats-Unis emporte donc forcément toute la chaîne et ce sont des liquidités, des capitaux qui se perdent dans la spéculation féroce. Avec cette conséquence, aucune monnaie n’est plus stable, et aucun titre n’est plus sûr.
Qu’en est-il des ménages européens ? Ils subiront à peu de chose près, le sort des ménages américains, avec la nuance que les fonds de réserve et de garantie sont, ici, mieux protégés par les gouvernements. L’Europe aussi prête ardûment, mais pas au rythme ni aux conditions de légèreté observés aux Etats-Unis. Le dénominateur commun entre les vautours de la finance des deux côtés de l’Atlantique, c’est justement cette insouciance déjà évoquée s’agissant du sort des ménages et des petits épargnants. La peur des uns, les plus riches, contraste avec l’assurance des plus pauvres, des familles moyennes.
Deuxièmement, pour ce qui est de l’Asie, il est impossible de soutenir que les conséquences seront perceptibles tout de suite. Parce que le rythme de consommation et, par conséquent, d’endettement des ménages est à l’opposé de ce que l’on constate, en Europe ou aux Etats-Unis, la crainte concerne plus les partenaires de grande taille et surtout les entreprises impliquées dans des capitalisations avec les firmes américaines et européennes. En Chine ou en Inde, pays dont les réserves en devises ont gonflé de façon exponentielle, être propriétaire de son habitation n’est pas encore la chose la plus répandue et le crédit n’est pas à la portée de la majorité des populations. Les causes profondes de l’enfermement du citoyen sont absentes et les risques de plongeon dans la galère créés par les spéculateurs boursiers, également. L’on pourrait dire « pas de dette, pas de problème », pourtant, les dangers ne sont pas si loin et sont susceptibles de se produire sous la forme de dommages collatéraux.
Troisièmement, et c’est ici qu’intervient le sort des pays Africains, la crise mettra à mal tous les projets financés selon le système BOT (Built, Operate and Transfert). Il s’agit du système qui permet à une entreprise d’apporter, de financer entièrement un projet, de l’exploiter durant un certain temps, et de restituer sa propriété au pays. Dans le contexte de la restriction des financements sur le marché international, d’où viendra les milliards indispensables pour ces réalisations ? Le continent demeure très sous-équipé en infrastructures de première nécessité. Routes, barrages hydroélectriques, adductions d’eau, logements sociaux, hôpitaux et écoles font cruellement défaut et les gouvernements ont, dans certains cas, engagé des projets pour commencer à pallier ces insuffisances. Un pays comme le Cameroun doit réaliser, d’ici dix ans au moins, dix barrages hydroélectriques et engager une vingtaine d’exploitations minières. Les aéroports et les salles d’attente des ministères en Angola, au Gabon, en Centrafrique, à Yaoundé, Brazzaville et Dakar, ressemble à des foires de marchands pressés. Il s’agit, en fait, de représentants de grandes entreprises multinationales qui viennent proposer de prendre en charge tel ou tel projet.
En fait, les démarcheurs qui se proposent pour les projets BOT, sont conditionnés par les disponibilités de l’argent sur les marchés financiers internationaux, un marché devenu exsangue, frileux et recroquevillé, par peur d’aggraver une situation déjà désespérée. Les banques américaines et européennes ne vont pas donner le peu de cash qui leur reste, à des pays lointains, pour le plaisir des profits de quelques entreprises qui vivent d’exportations. Il est déjà possible de prévoir des modifications importantes dans le montage financier de plusieurs projets. Il n’est d’ailleurs pas exclu que certains de ces projets soient tout simplement abandonnés ou renvoyés à plus tard. Pour les effets induits directs et indirects, il faut entrevoir les contentieux qui naîtront des commissions déjà encaissées d’une part, et des manques à gagner pour les nouveaux emplois d’autre part.
Il convient de souligner que la construction d’un barrage électrique de taille moyenne mobilise pendant cinq ans, en moyenne 500 emplois directs et près de 2000 emplois indirects, dont environ 50 emplois de cadres, 100 emplois de contremaître ou d’agent de maîtrise et nourrit plus de dix mille personnes. Quand aux vastes exploitations minières projetées par-ci et par-là, les grands conglomérats occidentaux qui sont positionnés et dont certains ont dépassé le stade des tests de production et de rentabilité, ce sont justement leurs actions qui dégringolent, aujourd’hui, sur les places boursières à une allure étourdissante, les plongeant dans le doute absolu. Ce qui les intéresse maintenant au premier chef, c’est de préserver ce qui reste de leurs trésoreries propres et la stabilisation des engagements antérieurs. Pas question donc d’aller ouvrir de nouveaux chantiers.
L’autre retombée négative que n’ont pas pu ou su voir les ministres africains des finances de la zone Franc, réunis précipitamment à Yaoundé, c’est la chute du flux financier positif issu des transferts de fonds provenant de l’immigration. La crise financière entraîne la compression des activités des entreprises et la fragilisation subséquente de la main-d’œuvre. Or, c’est connu que lorsque les choses vont mal, les millions de travailleurs immigrés sont les premiers sinon les plus fragiles parmi ceux qui en payent le prix. Comment vont-ils continuer à envoyer les mêmes montants qui se chiffrent en milliards de dollars dans leurs pays s’ils ne sont pas sûrs du lendemain ou si, du coup, ils sont mis à la porte de leur boulot ? Pour un pays comme le Mali, les transferts opérés par les travailleurs immigrés représentent le quart du PIB et c’est énorme.
Il convient, s’agissant toujours des manques à gagner, de mettre en exergue, ce que nombre d’experts, par inadvertance ou par étroitesse d’esprit, n’ont pu évoquer. Il s’agit de la diminution du volume des financements en provenance des institutions philanthropiques. Pour avoir une idée claire sur cet aspect, il faudrait savoir que l’aide publique au développement, multilatérale et bilatérale, ne représente plus que 60% du volume total, contre 40% pour l’aide privée dans laquelle sont rangées toutes les opérations des organismes humanitaires très actives non seulement en Afrique, mais partout dans le monde. A titre d’exemple, l’organisation humanitaire internationale SOS-Kinderdorf qui prend en charge les enfants déshéritées à travers un réseau de plus de 500 villages techniques appropriées, est présente dans 143 pays, aussi bien en Afrique, en France, en Asie qu’aux Etats Unis.
Comme Kinderdorf, Care International, Médecins sans frontières, le Comité International de la Croix Rouge (CICR) et bien d’autres, reçoivent l’essentiel de leurs financements de donateurs individuels, souvent des hommes et des femmes qui puisent dans leurs revenus directs ou dans leurs épargnes. Il est incontestable qu’avec la crise financière qui a fragilisé toutes les petites épargnes et fragilisé durablement les économies, les dons vont connaître une stagnation pendant une période dont il est, pour l’instant, difficile de situer la durée. La seule chose à peu près certaine, c’est que dans de nombreux pays d’Afrique où les organisations humanitaires ont développé des projets, des difficultés apparaîtront inévitablement. L’on pourrait assister à la compression voire à l’abandon de certains projets, et les conséquences courantes que sont les pertes d’emploi et autres effets collatéraux, deviendront évidentes. D’ailleurs, il importe de signaler à ce propos, que ces organisations versent généralement des salaires plus confortables et offrent une meilleure protection de leurs employés, contrairement au secteur public et au secteur privé locaux.
21:07 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : capitalisme, communisme, shanda tonmé, crise des marchés financiers
21.10.2008
ENLEVEMENTS ET DISPARITIONS A ABIDJAN

Avez-vous entendu parler des enlèvements d’individus, à Abidjan. On m’a rapporté des expériences vécues par des connaissances, au cours des 30 derniers jours. Une dame d’environ 45 ans que l’on faisait entrer de force dans un véhicule 4x4 vers 19h 30 dans le secteur de la Pisam. Elle a été sauvée par un blanc qui avait lâché son chien sur les malfaiteurs.
Une autre, dans un taxi compteur, à 20h venant de Cocody en direction d’Angré. Le taximan a changé de direction, il est allé garer dans la petite forêt vers le Lycée Technique, après avoir dit à un interlocuteur au téléphone qu’il avait quelqu’un. Refusant de répondre aux questions de la dame sur cet arrêt non prévu hors de l’itinéraire normal, cette dernière s’est jetée dans le ravin et s’est mise à courir comme une folle.
Commentaire de l'auteur de l'article: C’est peut être des sacrifices humains que les gens font, en vue des élections ! Il parait que c’est fréquent, en Afrique. Quoiqu’il en soit, évitez les coins trop calmes et réagissez promptement si une voiture bizarre vient brusquement garer devant vous, si vous êtes seul au bord d’une route, quelque soit l’heure. On ne sait jamais !
Commentaires des lecteurs:
M Richman, ce que vous dites est vrai. Il y'a un plus d'une semaine, on a vu une fille lutter avec 2 gars au carrefour Duncan. On a cru que c'était une histoire de couple. Elle luttait tellement violemment, qu'avec mes amis, on a décidé d'aller les séparer. Lorsqu'ils nous ont vu venir, ils sont montés dans la voiture et ils ont fui.
La fille nous a dit qu'elle ne les connait pas et ne les a jamais vu. Elle attendait un taxi et elle a vu les 2 gars garés devant elle et l'obliger à monter dans leur voiture. Elle n'a rien compris. En lisant vos histoires, je vois que le problème est très sérieux.
Ecrit par : Ignace | 21/10/2008
Moi aussi, j'ai entendu parler de ce type de phénomène, je relaie sur mon blog.
Ecrit par : Théo | 21/10/2008
cela ne peut pas etre l'oeuvre de l'ANSI (services secrets ivoirien), eux ils sont plus sofistiquer et ont de veritable moyens, ils agissent dans la plus grande discretion ! donc qui sont ces personnes
Ecrit par : Akwa Bahi | 21/10/2008
Les scènes que vous décrivez sont tout à fait effrayantes ! Cette pratique ne m'étonne guère. Elle est la preuve que notre conscience politique est encore très faible. Placer notre foi dans les choses que nous faisons, dans les projets que nous bâtissons, dans les institutions que nous donnons est encore au-dessus de notre propre entendement.
Je voudrais me tromper sur l'élément déclencheur d'un tel comportement. Mais le rapprochement que tu fais de ce phénomène avec les prochaines élections est à prendre très au sérieux.
Ecrit par : St-Ralph | 21/10/2008
19:33 Publié dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : enlèvements, sacrifices humains
20.10.2008
CELESTIN MONGA: LA ZONE FRANC CONSTITUE UN ANACHRONISME ECONOMIQUE ET MONETAIRE

Certains Etats abusent de la malchance au point de banaliser la notion de crise économique. C’est certainement le cas des quatorze pays africains qui, avec les Comores et la France, constituent depuis 1939 une étrange union monétaire connue sous le nom de Zone franc. Relique d’un passé colonial qui semble n’avoir jamais eu de fin, cette union reflète à la fois le mimétisme intellectuel des élites africaines qui ne se sont jamais libérées de la mémoire de l’oppression, et l’égoïsme cupide des membres des réseaux de la Françafrique qui continuent de dominer la classe politique et l’administration de la coopération à Paris.
Alors que les anciens pays africains du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie) qui étaient eux aussi membres de la zone franc pendant la période coloniale s’étaient réappropriés leur souveraineté monétaire avec l’indépendance, les pays d’Afrique sub-saharienne avaient reconduit la logique du pacte colonial, signant avec la France des accords de coopération qui les plaçaient sous la tutelle monétaire de Paris—ceci au nom d’une “intégration africaine” qui ne s’est jamais matérialisée. Près d’un demi-siècle après les indépendances que le Général de Gaulle leur avait généreusement attribuées, ces pays aux économies fort différentes les unes des autres et ne commerçant pratiquement pas entre eux, continuent d’utiliser la même monnaie qu’à l’époque coloniale (le franc CFA). Celle-ci est liée à un taux de change fixe avec l’Euro et gérée en réalité par une poignée de fonctionnaires de la Banque centrale européenne à Francfort, sans aucun souci ni considération pour la réalité et les besoins réels de ces pays, qui sont aussi parmi les plus pauvres de la planète.
Au moment où l’économie mondiale montre des signes d’essoufflement, que la crise des systèmes financiers et des bourses internationales menace de provoquer une baisse de la croissance dans les pays en développement, il est difficile de comprendre que l’Afrique noire francophone, qui ne peut compter que sur ses exportations pour se développer, continue de s’accommoder d’arrangements monétaires qui la privent de toute marge de manœuvre en matière de compétitivité externe et de politique économique. Les choses sont d’autant plus graves que les importations de ces pays africains sont souvent libellées en euro, alors que leurs exportations leurs sont réglées en dollar. La montée de l’euro par rapport au dollar provoque non seulement une surévaluation du franc CFA (c’est-à-dire une perte de compétitivité de ses produits sur les marchés internationaux), mais aussi une perte de ses recettes d’exportations et revenus fiscaux. La situation actuelle rappelle la situation vécue à la fin des années 1980 lorsque la détérioration des termes de l’échange et la surévaluation du franc FCFA avaient entraîné un appauvrissement des Etats, la baisse des investissements, l’accroissement du chômage, la fuite des capitaux, et une spectaculaire dévaluation dont les conséquences sociales restent incrustées dans l’imaginaire collectif.
Un anachronisme
La zone franc constitue assurément un anachronisme économique et monétaire. Ses partisans justifient son existence en invoquant une série d’arguments politiques et économiques. D’abord, ils affirment qu’elle sert de socle à une future union politique africaine. Si c’était le cas, cette union imposée de facto depuis bientôt soixante-dix ans aurait déjà donné quelques résultats tangibles. Or les mauvais traitements réservés par des africains à d’autres communautés africaines sur leur territoire (exemple des Camerounais au Gabon et en Guinée équatoriale) prouvent bien que le rêve d’unité africaine entre des populations affamées demeure un lointain mirage, ceci malgré les slogans sur la liberté de circulation des personnes et des biens.
La zone franc est présentée ensuite comme une sympathique copie de l’Union européenne, une espèce de voie obligée dans un monde où les Etats-nations disparaissent au profit de grands ensembles. Ceux qui soutiennent cette thèse oublient que la logique des grands regroupements est dictée en priorité par des considérations économiques, et non idéologiques : c’est à force de commercer entre eux que les pays européens ont créé un grand marché communautaire, et justifié ainsi l’abandon de leurs monnaies nationales pour l’adoption d’une monnaie unique. Les échanges intra-européens représentaient environ 60 % du commerce extérieur français ou allemand lorsque l’euro a été adopté.
En Afrique francophone, soixante-dix ans après l’adoption d’une monnaie unique, ils continuent de représenter moins de 5 %.
Des dirigeants africains incapables de gérer une monnaie ?
De plus, un pays qui choisit d’abandonner sa souveraineté monétaire pour faire partie d’une union doit bénéficier en contrepartie de la flexibilité de l’emploi, qui est alors le meilleur moyen de s’adapter aux chocs extérieurs - ses agents économiques peuvent alors se déplacer librement pour aller saisir des opportunités ailleurs dans la zone monétaire. C’est cette flexibilité du marché du travail qui permet à des plombiers polonais de quitter Varsovie pour s’établir à Hambourg ou Paris, s’ils y trouvent plus d’opportunités professionnelles. Un plombier Sénégalais qui voudrait s’installer à Libreville n’a aucune chance de se voir délivrer un visa. S’il s’y aventure clandestinement, il y sera en permanence guetté par la violente méchanceté et la jalousie des travailleurs gabonais aigris et au chômage qui, dans cet Etat de non-droit, ne s’embarrasseront pas de fioritures pour incendier ses biens, voire attenter à sa vie !
Autre argument souvent invoqué pour justifier l’existence de la Zone franc : les dirigeants africains sont trop irresponsables pour qu’on leur confie la gestion d’une monnaie. Ils seraient tous tentés de faire fonctionner la planche à billets comme Mobutu Sese Seko et Robert Mugabe l’ont fait au Zaïre et au Zimbabwe. D’ailleurs, affirme-t-on, la zone franc a permis aux pays d’Afrique noire francophone de maîtriser l’inflation et de maintenir la convertibilité de leur monnaie. Vrai. Mais selon la même logique, ces pays n’auraient jamais dû accepter l’indépendance politique, puisque de nombreux leaders africains se sont montrés bien pires que les colons d’hier. De plus, les cas extrêmes de l’ex-Zaïre et du Zimbabwe (qui n’ont jamais été membres de la zone franc) ne doivent pas dissimuler les très nombreux exemples de grands succès d’anciens membres du club qui ont bien géré leurs monnaies et en ont même fait l’instrument principal de leur industrialisation et de leur développement (Maroc, Tunisie, Vietnam).
La zone franc, un marché captif pour quelques hommes d’affaires français
Quant au mythe de la convertibilité du franc CFA, il suffit d’essayer d’effectuer un virement bancaire de Brazzaville à Bangui ou de Bamako à Ndjamena pour mesurer la pauvreté de ce slogan: les tracasseries administratives, l’ampleur des formalités et documents à fournir, la lourdeur des procédures, le coût des transactions, le nombre d’intermédiaires qui doivent chacun être rémunérés, le volume des taxes et commissions et les délais de l’opération sont tels que cette convertibilité ressemble à un leurre.
Elle est d’ailleurs “garantie” par la Banque de France, qui exige en contrepartie à tous les pays de la zone franc d’ouvrir un Compte d’Opérations ouvert au Trésor français, et d’y déposer au moins 65 % de leurs recettes d’exportations. Tiens donc !
En vérité, les avantages tant vantés de la zone franc consistent surtout à offrir un marché captif à quelques hommes d’affaires français installés en Afrique, et à faciliter les transactions de ces élites africaines corrompues qui se rendent régulièrement à Paris pour y approvisionner leurs comptes bancaires, s’offrir des costumes Pierre Cardin ou y faire leurs courses de ménages sans avoir à se soucier du taux de change. Quant aux vrais entrepreneurs français et africains qui désirent s’établir durablement sur le continent et y développer des industries dignes de ce nom, ils se préoccupent plutôt de la détérioration de la compétitivité de ces économies, qui est un problème structurel lorsque la monnaie d’économies aussi faibles est liée, par un taux de change fixe, à une monnaie aussi forte que l’euro. Ce qui intéresse ces vrais créateurs d’emplois, ce n’est pas tant le niveau modéré de l’inflation dont parlent tant les défenseurs de la zone franc, mais les opportunités d’affaires. Malheureusement, il semble bien que la politique monétaire suivie par les pays d’Afrique noire francophone relève actuellement du masochisme. Quel dommage, quand on sait qu’ils pourraient tirer des enseignements précieux des expériences remarquables d’anciens membres de la zone franc comme la Tunisie ou le Vietnam.
Célestin MONGA
[Les pays de la zone franc : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée Bissau, Guinée équatoriale, Mali, Niger, République centrafricaine, Sénégal, Tchad et Togo.
Cet article est repris de l’étude intitulée “1 FCFA = 0,00154 euro ? Macroéconomie du masochisme”, paru dans l’ouvrage L’avenir de la zone franc : perspectives africaines, dirigé par Hakim Ben Hammouda et Moustapha Kassé, Paris, Karthala, 2001.
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OBAMA, LES NOIRS, LES JUIFS ET L'AFRIQUE

Thierry TENE est fondateur et directeur d’A2D Conseil spécialisé dans le conseil et la formation sur le développement durable.
Octobre 13, 2008
Le 4 novembre, OBAMA sera « probablement » le prochain président des Etats-Unis d’Amérique, si on en croit les derniers sondages. Un autre indicateur est la crise économique qui frappe actuellement l’Amérique et le reste du monde. En effet, les américains font plus confiance aux démocrates, pour les questions économiques, et aux républicains, pour celles de la sécurité. Quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, l’Obamania a pris une telle ampleur, notamment dans la communauté noire, qu’on peut légitimement s’interroger sur les marges de manœuvres du sénateur de l’Illinois pour répondre aux attentes du monde entier.
Quand on est noir, faut-il être prophète chez les blancs avant de le devenir chez les noirs ?
La mobilisation actuelle des noirs américains, de l’Afrique et sa diaspora pour Obama est si forte (une visite des sites et forums communautaires permet de mesurer cet engouement) qu’on oublierait presque qu’il y a à peine 9 mois, le sénateur métisse ne faisait pas l’unanimité surtout chez les afro-américains. Il existe chez la plupart des noirs, une idéologie assez incroyable qui voudrait qu’on ne soit reconnu pour son talent et ses compétences que lorsqu’on est apprécié par les autres communautés, particulièrement les blancs. L’examen de passage d’Obama a donc lieu le 3 janvier 2008, lorsque à la surprise générale, il remporte les caucus (première élection des primaires démocrates) dans l’Iowa. Cet état a la particularité d’être très conservateur et peuplé majoritairement de blancs. L’impact médiatique de cette victoire symbolique sur Hillary Clinton va pousser certains électeurs afro-américains à croire aux chances d’Obama. Les remarques subtiles et frôlant parfois le racisme de Bill Clinton vont contribuer à consolider le vote des noirs pour Obama. L’ancien président américain avait même été déclaré « président des noirs » par ces derniers. Paradoxalement, au début des primaires, Obama a eu du mal à mobiliser l’électorat noir. En effet, le débat a fait rage chez les afro-américains pour savoir si Obama, qui n’est pas descendant d’esclaves (du moins directement) et qui est métis, faisait réellement partie de leur communauté.
Obama, candidat des noirs ou des juifs ?
Il est toujours un peu risqué de s’autodéclarer ou de désigner quelqu’un comme le représentant d’une communauté, surtout lorsque celui-ci n’a rien demandé et s’en défend. L’humoriste Dieudonné peut être cité en exemple. Suite au sketch « controversé » de celui-ci et de l’impact médiatique que cela a eu, la majorité des membres de la diaspora africaine va prendre fait et cause pour ce dernier. Les critiques de la presse, de certaines associations communautaires et des hommes politiques français vont contribuer à l’élever en martyr et défenseur de la cause noire. Lorsque le comédien va prendre des positions plus polémiques et fréquenter des personnalités (comme Jean-Marie Le Pen) dont certains propos à l’encontre des noirs sont clairement racistes, ces derniers vont se retrouver face à un véritable dilemme. On peut aussi citer Harry Roselmack dont la promotion aux commandes du journal le plus regardé d’Europe était présentée comme une réelle avancée pour les noirs. Qui peut réellement évaluer cet impact ? Cette nomination a-t-elle modifié le contenu rédactionnel du journal ou le nombre d’articles positifs sur les noirs et l’Afrique ? Citons enfin la Secrétaire d’Etat Rama Yade dont l’ascension devrait être un évènement pour les noirs. Madame Yade influence-t-elle la politique africaine de la France ? Sous son impulsion, quelles sont les initiatives qui ont été prises pour améliorer le quotidien des français d’origine africaine ?
Ces exemples montrent bien qu’il est important que les noirs se posent la question suivante : Est-ce que la réussite personnelle de l’un d’eux, sans leur soutien, en fait une réussite collective et, par corollaire, un représentant de leur communauté?
Barack Obama est-il donc le candidat des noirs ? Pour répondre à cette question, suivons le parcours politique du candidat et l’origine de ses principaux collaborateurs. Après son diplôme à Columbia, Obama décide de s’investir dans le social à Chicago. Il y rencontre Gerald Kellman, un juif qui a besoin d’un afro-américain afin de faciliter la mise en place de projets sociaux auprès de cette communauté. Diplômé également de l’Université d’Harvard, il épouse Michelle Robinson, en 1992. Le rabbin Capers C. Funnye Jr, cousin de celle-ci, est le premier afro-américain membre du Conseil des rabbins de Chicago et a été ordonné rabbin, en 1985. Il œuvre activement pour le rapprochement entre les différentes communautés et particulièrement entre juifs et noirs.
Dans le premier et deuxième cercle du candidat démocrate, à l’



