topblog Ivoire blogs Créez votre blog Envoyer ce blog à un ami

« COTE D'IVOIRE: SORTIE DE CRISE APOCALYPTIQUE | Page d'accueil | OBAMANIA, OUI, MAIS SAVOIR RAISON GARDER »

05.11.2008

NOVEMBRE, MOIS DE LA RESISTANCE IVOIRIENNE

BLE GOUDE.jpg
En guise de commémoration des évènements tragiques et combien douloureux de Novembre 2004, qui ont vu la France tomber le masque contre la Côte d’Ivoire, le quotidien LE COURRIER D’ABIDJAN d'alors avait décrété, en début de mois de Novembre 2007, en édito, le mois de Novembre comme MOIS DE LA RESISTANCE.

A cette occasion, il nous avait été donné, les 09 et 10 Novembre 2007, de lire le magnifique interview de « l’homme de l’Appel du 06 Novembre 2004 », Charles BLE GOUDE, grand patriote devant l’ETERNEL, rappelant les circonstances de cet appel mémorable et parlant de l’avenir de la Résistance ivoirienne.

A la fin du parcours de cet entretien, on reste pétrifié, sidéré, devant la dimension du complot, devant l’ampleur des évènements et surtout des non-dits et des aspects sous-jacents de ces quatre interminables jours d’angoisse pure, qu’ignorait le commun des Ivoiriens, dont notamment le projet bien ficelé d’assassinat du leader des Jeunes Patriotes.

Devant le profond désarroi, l’étrange solitude de la Côte d’Ivoire, la confusion totale, les grandes incertitudes et les doutes paralysants qui ont marqué et dominé ces heures de terreur, sans que le pouvoir actuel ne soit pour autant tombé, l’on peut avancer, sans risque de se tromper, que DIEU était au contrôle.

Sinon, comment comprendre la marée humaine, la déferlante historique, de plusieurs millions d’âmes qui s’est déversée dans les rues du pays, pour faire obstacle, les mains nues, au dessein clairement affiché de la cinquième puissance militaire du monde, armée jusqu’aux dents, devant des Forces Armées Nationales consignées en caserne, avec des instructions fermes de ne pas intervenir, devant un Président GBAGBO esseulé, affaibli, désarmé, prêt à être cueilli comme un fruit mûr et qui pourtant a survécu à la tempête. DIEU seul a pu faire un tel prodige.

Bilan de ces folles journées et de ces nuits d’épouvante : 57 morts, des handicapés à vie et des milliers de blessés.
Pour mettre le comble à l’incongruité et à la pire des mufleries, au lendemain de ce carnage innommable, la Côte d’Ivoire se fait passer sous la chape de plomb par l’ONU : Embargo sur les armes, sanctions ciblées et personnalisées, peinture apocalyptique des Droits de l’Homme, en Côte d’Ivoire, menaces en tout genre, commanditées par la france.
Ce qui n’a pas manqué, trois années après la suprême offense, d’arracher au cœur de Charles BLE GOUDE ce soupir de l’âme : « Tôt ou tard, la France paiera pour sa barbarie, en Côte d’Ivoire ».
Oui, la France doit payer, un jour, pour tous ses crimes. En Côte d’Ivoire et en Afrique.

Au-delà de la paix qui se profile à l’horizon, dans notre pays, depuis la signature de l’Accord de Ouagadougou, le 04 Mars 2007, la Résistance ivoirienne doit rester en veille. Parce que par essence, elle née de la volonté des Ivoiriens de faire obstacle aux visées néocolonialistes de la France – qui n’ont d’ailleurs pas encore été revues à la baisse (conférer la Résolution 1782) – et non pas de combattre d’autres frères, insurgés.
La paix entre les Ivoiriens, oui, mais la mort de la Résistance , non ! Il nous faut, absolument, faire la part des choses, au risque de vendre nos âmes aux compromissions les plus couardes et les plus nauséeuses.

Chers compatriotes, la France est une singularité, une bien grande curiosité, dans ce monde actuel de globalisation et de mondialisation. Et c’est avec beaucoup d’étonnement et d’interrogation que j’observe ce pays, adoubée à tort ou à raison, Pays des Droits de l’Homme, et dans le plus grand silence de son intelligentsia, faire la pluie et le beau temps, en Afrique, au vu et au su de l’ONU et des nations dites puissantes ou civilisées (qui auraient donc dû réagir au nom de la civilisation), sans personne pour l’interpeller, sans personne pour nous venir en aide, et sans que personne ne s’en émeuve, outre mesure. C'est une affaire de gros intérêts stratégiques et de pré-carré.

Quand il arrive, au forceps, que quelqu’un parmi ces grands et ces civilisés le fasse, c’est tout juste pour se donner bonne conscience.
J’en veux pour preuve le génocide rwandais : Des preuves de l’implication de la France et de sa participation active (qui ont servi de toile de fond à la rupture des relations entre les deux pays, par le Président KAGAME) existent à profusion, à propos de ce dossier, mais le monde entier reste sourd et aphone devant la quête de justice du peuple rwandais, qui se bat seul, et du peuple africain, meurtri dans sa dignité.
Les enquêtes sur les crimes perpétrés par la France , les 06, 07, 08, et 09 Novembre 2004, en Côte d’Ivoire, ne sont pas logées à meilleure enseigne.
Autrement dit, il n’y a pas de justice pour les faibles.
Dans le cas rwandais, on n’a eu droit qu’à quelques excuses de Kofi ANNAN, alors Secrétaire Général de l’ONU, des Américains et des Belges. Sans plus.

C’est vrai que « DIEU sauvera la Côte d’Ivoire » (et je le crois très personnellement), comme l’a écrit Bernard B. DADIE, celui qu’on considère comme l’un des pères de la Littérature Négro-Africaine .

En attendant que DIEU nous sauve, les morts de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique crient justice. Dans un désert généralisé des cœurs. Au milieu de républiquettes sous perfusion française, prenant leurs ordres à Paris.
Et nous qui sommes encore en vie, voudrions rappeler aux décideurs de ce monde, comme le disait un patriote ivoirien, que « nous sommes aussi l’Humanité ! Nous aussi, nous avons droit à la paix, à la justice et à la joie de vivre ».

Chers frères ivoiriens, la France , en octroyant, dans les années 60, « l’indépendance » aux nouvelles Républiques africaines, a donné le change au monde entier.
En réalité, aucun de ces nouveaux Etats n’est sorti ou n’a été autorisé à sortir du giron maternel gaulois. Et pire, aucun de ces Etats n’a pu accéder à un niveau de développement acceptable.
La plupart des pays francophones, en dehors de la France et du Canada, et particulièrement ceux d’Afrique, connaissent (fatalement) des crises à répétition, sur le plan politique et militaire, avec des conséquences économiques fâcheuses, faisant d’eux des pays toujours à la traîne, obligés de demander l’aumône aux institutions financières internationales, où leurs pairs du Commonwealth sont devenus des Dragons d’Asie, de par leur dynamique de croissance et leur essor économique.

Depuis la guerre d’Algérie, débutée en 1954, en passant par l’atroce guerre de libération avortée du Cameroun, en 1962, réprimée dans un fleuve de sang par la France , et ensuite par le régime qu’elle y a soutenu, jusqu’à nos jours, la politique africaine de la France n’a pas changé d’un iota : Elle est demeurée génocidaire et colonialiste.
J’irais même plus loin : Apparemment, la France n’a pas bougé du 18ème siècle, avec sa féodalité, ses courtisans (les Chefs d’Etats africains), ses guerres coloniales (Côte d’Ivoire) et son aristocratie régnante (12 familles fortunées, ultralibérales, régentent la presse, l’affichage et les médias audiovisuels, en France, tenant en captivité la liberté d’expression et dérobant aux yeux et à la connaissance des Français, la réalité de la politique africaine de la France ).

Celle qui a été hissée au rang des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale par les bons soins des Alliés s’est durablement installée dans une anachronique et rétrograde politique de néocolonialisme primaire, faisant et défaisant les régimes en Afrique, sous les regards complices de la « Communauté Internationale », écrasant, au besoin, les résistants et les opposants, concoctant des résolutions farfelues contre ceux qui refusent son diktat et associant son armée officielle à la pègre la plus funeste et la plus sordide d’Afrique, pour parvenir à ses fins. En tuant, en volant et en pillant. Impunément. Là où en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, on passe des soldats en Cour Martiale pour avoir simplement tourné en dérision des combattants ennemies désarmés.
Dans ce genre de séries noires, la France est unique au monde !
Comme le disait un analyste politique ivoirien, « la France tire l’Humanité vers le bas ! Elle est la honte de l’Humanité ! ». Et j’adhère, sans réserve aucune, à cette assertion.

Merci, malgré tout, à la France et à son désormais ex-Président, Jacques CHIRAC, « l’Africain » qui ont - comme l’a dit avec beaucoup d’à propos, le Professeur GNAOULE OUPOH de l’Université de Cocody - donné, sans le vouloir, un violent coup d’accélérateur au mûrissement et à la cristallisation d’une conscience nationale et patriotique, en Côte d’Ivoire, qui fait école en Afrique, et singulièrement, au sein de la jeunesse. Une véritable bombe à retardement.
Merci encore à la France dont la politique approximative, hasardeuse et rétrograde libèrera l’Afrique de ses chaînes coloniales.

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire, et lui fasse justice pour le sang innocent de ses fils répandu sur sa terre hospitalière!



DINDE Fernand AGBO

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://regardscroises.ivoire-blog.com/trackback/7296

Commentaires

Merci à toi Fernand de nous rappeler ces choses!
J'en profite pour exprimer des regrets! Deux regrets et même trois! La vie est une somme de choix et chacuns d'eux est fait d'avantages et d'inconvénients; on peut facilement ébaucher l'analyse des choix qu'on a faits puisqu'on en vit les conséquences positives ou (ou inclusif, cela s'entend) négatives . Mais il est difficile d'évaluer les retombées de choix qu'on n'a pas faits. Je vais toutefois me hasarder à le faire! conforté par des expériences dont la plus récente est l'élection de B. Obama dont noud avons dit qu'il serait investi comme candidat démocrate et qu'il serait élu (au moment où des amis n'y croyaient pas du tout, obnubilés par la psychose du racisme...)! Bref.
Je regrette deux choix dans la résistance ivoirienne! Le premier est le fait d'avoir choisi d'abdiquer en paraphant "le complot de Kléber";
le second est de n'avoir pas rompu les relations diplomatiques avec la France alors qu'elle avait tiré à bout portant sur la résidence du Chef de l'Etat, et donc sur le Chef lui-même! Le monde entier retenait son souffle et attendait un seul mot mais, hélas!
Le troisième est d'avoir libéré barrabas (le Rebelle en chef) et d'avoir crucifié le christ (le peuple ivoirien)! Que celui qui a de l'intelligence pour comprendre comprenne!
En politique, la sincérité envers le peuple met à l'abri de surprise désagréable! Aux USA, les Républicains ont été défaits à ces dernières élections parce qu'ils ont passé cette dernière décennie à mentir au peuple américain pour protéger "LEUR SEUL FAUTEUIL PRESIDENTIEL" en disant "si on ne faisait pas ceci cela, les terroristes feraient ceci cela".

Dans le cas de la Côte d'Ivoire, on a dit que si on ne signait pas ceci cela; si on ne ménageait pas celui-ci celui-là; si on ne nommait pas celui-ci celui-là, la guerre ne finirait pas, les rebelles ne désarmeraient pas, la souffrance des Ivoiriens ne prendrait pas fin... avec arrogance!!!

On a tout fait mais tout est mi-figue mi-raisin! Ils volent l'Etat dans les zones qu'ils occupent et ils reçoivent de l'Etat des biens dans la zone gouvernementale; mais on laisse faire, on les cajole en espérant en retour qu'ils give up! Leur porte-flambeau a même confessé publiquement (il y a à peine une semaine) qu'il ne sera pas du tout facile de laisser tomber ces habitudes! Hélas, ils restent aggripés tant qu'ils n'ont pas eu le pouvoir suprème! Et on continue de faire de la politique! En mentant, en démobilisant ceux-là mêmes qui ont soutenu l'Etat au plus fort de la crise!!! Beware!

Si on n'avait pas signé on serait libéré, la guerre serait finie depuis longtemps.

Si on avait rompu les relations diplomatiques la crise aurait pris fin depuis plus de trois ans!

Si on n'avait pas choisi le rebelle en chef on avancerait mieux!



Mais, hélas, ce ne sont que des regrets!!!

Shalom!

Ecrit par : J. Bogny | 06.11.2008

Ecrire un commentaire