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12.11.2008
UN INSTANT DE DETENTE AVEC QUELQUES BLAGUES-SMS

1- J’ai fait un beau songe sur toi, dans lequel j’ai vu que tu recevras, demain matin, des mains d’une âme généreuse, la somme de cent mille francs, à condition que tu ne lises pas ce SMS (reçu sur ton portable) en te servant de ton pouce. Mince, tu l’as utilisé ?! Dommage ! Cent mille francs, ce n’était quand même pas rien !
2- Au cours de l’opération d’enrôlement pour l’identification des populations ivoiriennes, on demande au vieux Tapé sa profession. « Bachelier ! », dit-il. « C’est quoi ça encore ? », demande l’agent. Le vieux Tapé lui répond : « Quand ya funérailles, c’est nous on met bâche ».
3- Un fou voit son ami fou de longue date, à Yopougon. Il lui dit : « Tchiéé ! C’est pas possible ! Tu as grossi, ooh ! C’est dans quelle poubelle du quartier tu manges ? » Et l’autre lui dit : « J’ai fini avec ça ! Je mange dans poubelle de Gbagbo, maintenant ! ». « Tu as percé, hein ! », s’exclame le premier. Et l’autre de répondre : « Ah oui ! Abidjan, ici, qui va se négliger ? »
4- Voici l’histoire de quatre personnes dont les noms suivent : Monsieur Tout Le Monde, Monsieur Quelqu’un, Monsieur N’importe Qui et Monsieur Personne. Lorsqu’est venu le temps d’accomplir un travail important, Tout Le Monde était sûr que Quelqu’un le ferait. N’importe Qui aurait pu le faire, mais Personne ne l’a fait. Quelqu’un s’est choqué parce que c’était le travail de Tout Le Monde. Tout Le Monde pensait que N’importe Qui aurait dû le faire mais Personne n’avait réalisé que Tout Le Monde a blâmé Quelqu’un lorsque Personne n’a fait ce que N’importe Qui aurait pu faire !
5- Un fils demande à son père de lui expliquer la différence entre le réel et le virtuel. Le père lui dit : « Va demander à ta mère si elle coucherait avec le voisin pour cent mille Euros (plus de 65 millions de francs CFA) ». La mère répond : « Oui, avec tout le palier même ! ». Ensuite le père dit à son fils : « Va demander à ta sœur si elle coucherait avec plusieurs voisins pour deux cent mille Euros (plus de 130 millions de francs CFA) ». La fille répond : « Oui, même avec tout le quartier ». Alors le père dit : « Tu vois, fiston, virtuellement, on a trois cent mille Euros (plus de 195 millions de francs CFA) à la maison et réellement, on a deux putes sous le même toit ».
6- Annonce : Job de vacances au zoo. C’est pour laver un lion, chaque matin, avant son petit-déjeuner. Salaire : Cent mille francs CFA par jour. Si t’es intéressé, écris maintenant même à l’adresse e-mail suivante : lamortmefaitpaspeur@zoo.ci.
7- Trois enfants et leur père, buvant du jus de gingembre bien glacé que leur mère venait de leur servir, regardent la télé. Le premier dit : « Les gars, la vieille a bobaraba-dèh (le postérieur bien fourni) ! ». Le deuxième dit : « Et c’est papa gaou-là qui gère ça ! ». Le troisième dit : « Quand on dit ça, le vieux est enjaillé (content) ! ». Et le papa de leur décocher une flèche : « Vous pouvez me remercier, petits coquins, parce que si je n’avais pas din din (regardé) ça, vous n’auriez pas eu le privilège d’être assis devant ce magnifique poste téléviseur, en train de siroter le bon jus glacé qu’elle vous a servi ! »
8- Un fait semble établi : 99,99 % des hommes sont infidèles. Un signe distinctif de ces hommes, c’est qu’ils lisent les SMS sur leur portable avec le pouce. Si tu as lu ce SMS en utilisant ton pouce, c’est que tu fais parti du lot ! Ne t’en défends pas ! (NB : Une vraie colle pour les hommes, car il est presqu’impossible de lire un SMS sans se servir de son pouce, à moins de ne pas en avoir un).
9- Un enseignant drague sa jeune et charmante élève de 4ème, âgé de 15 ans. Arrivés en chambre, tout se passe sans problème. L’enseignant indélicat est étonné de ce qu’elle ne soit pas vierge. Il demande à la fille : « Donc je ne suis pas le premier, alors ? ». La jeune fille lui répond : « Même mon maître de CM1 était étonné ! »
10- Un avion transportant des passagers de toute race, en partance pour l’Europe, arrive dans une zone de turbulence. Le pilote demande, d’urgence, de jeter du lest pour alléger l’avion et éviter un crash. Les bagages sont donc, séance tenante, balancer. Une heure plus tard, l’appareil entre dans une deuxième zone de turbulence, plus violente encore. Cette fois-ci, le pilote est hystérique. Il demande de jeter, de toute urgence, quelques passagers, par ordre alphabétique : Y a-t-il des Africains ? Personne. Y a-t-il des Black ? Personne. Y a-t-il des hommes de Couleur ? Personne. Inquiet, Koffi dit à son père : « Papa, devant DIEU, c’est de nous qu’on parle, non ! ». Son père lui répond : « Pour aujourd’hui, nous sommes des Nègres, mon petit. S’il le faut même, nous sommes des Zoulous. Alors du calme ! ».
DINDE Fernand AGBO
14:17 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blagues-sms, orange, humour
FRANCE-RWANDA : REPONSE DU BERGER A LA BERGERE
« A malin, malin et demi ! ». Il n’y a pas adage plus indiqué pour dépeindre l’escalade diplomatique qui a cours, en ce moment, entre le Rwanda et la France.
En effet, il y a deux années de cela (en 2006), la France, pour se donner bonne conscience devant la communauté internationale ou donner le change, à travers le Juge Jean-Louis BRUGUIERE, lance un mandat d’arrêt européen contre 9 personnalités et autorités rwandaises qu’elle suspecte d’avoir participé à l’assassinat, le 6 Avril 1994, de l’ex-Président Juvénal HABYARIMANA, dont la mort a servi d’élément déclencheur à l’effroyable génocide tutsi.
Cette méprise (je dirais plutôt, cette incongruité hallucinante) va lui coûter la peau du dos : Le Rwanda, pays modeste du Tiers-monde, rompt ses relations diplomatiques avec la France et expulse son ambassadeur. Qui l’eût cru ? L’ampleur médiatique de l’affaire met la France dans ses petites chaussures.
Un pays dirigé par des hommes humbles et conséquents aurait fait pression pour qu’un mandat d’arrêt aussi illogique qu’illégal, et même insultant, soit, séance tenante, retiré.
Mais que non ! Comme il fallait s’y attendre de la part de la France, impérialiste, orgueilleuse et inutilement provocatrice, se prenant pour le centre intouchable du monde, ledit mandat d’arrêt reste en l’état. On me parlera de séparation de pouvoirs. Je n’en disconviens nullement. Mais cela, c’est quand l’image de la « La Grande France » n’est pas susceptible d’être écorchée ! En dehors de ce cas précis de figure, la justice et le pouvoir français ne font qu’une seule et même entité. Au nom de la gloire de « La Grande France » ! Autrement, les auteurs de la tuerie innommable de l’Hôtel Ivoire, en Novembre 2004, à Abidjan, auraient déjà été jugés et écroués.
C’est donc en toute logique que l’Allemagne exécute la consigne internationale, en arrêtant, dans la journée du dimanche 9 Octobre 2008, Rose KABUYE, la Directrice du Protocole d’Etat rwandais. Aubaine inespérée ! Rose KABUYE accepte d’être extradée, en France, pour que le débat se déporte désormais dans la « surface de réparation » - pour parler comme les footballeurs - de la France dont le rapport d’une commission d’enquête rwandaise publié, en Août 2008, a établi, avec des preuves plus qu’accablantes, la responsabilité et l’implication dans le génocide de 1994. Lire le rapport ? Cliquer ICI.
Pour arranger les choses et mettre une pression totale à la France, le Président rwandais, Paul KAGAME expulse l’ambassadeur d’Allemagne au Rwanda et actionne les services judiciaires rwandais pour lancer (très bientôt) des mandats d’arrêts internationaux contre 23 personnalités françaises dont la responsabilité est établie dans la préparation et l’exécution du génocide.
Enfin, la France a trouvé à qui parler, elle qui croyait avoir affaire à ces chefs d’états liges qu’elle régente, en Afrique.
Nous l’avons dit sur ce blog, à la faveur de la célébration du Mois de la Résistance ivoirienne : « La France paiera, un jour, pour tous ses crimes, en Côte d’Ivoire et en Afrique ! »
Oui, l’heure est venue pour la France de rendre compte au monde de sa participation au génocide rwandais. L’occasion est trop inespérée pour être manquée. Même si nous ne nous faisons pas l’illusion de croire que les pays puissants de ce bas monde vont aider à traduire la France devant le TPI (qui, du reste, est le tribunal des vaincus et des faibles) ou lever le petit doigt pour infliger des sanctions à leur pair, eux qui font pareil sous d’autres cieux, si ce n’est pire.
Bon vent au Président Paul KAGAME et au peuple rwandais dans leur quête de justice ! Nous, jeunes africains, les assurons de notre total et indéfectible soutien !
Que DIEU bénisse le Rwanda et que DIEU bénisse l’Afrique !
DINDE Fernand AGBO
14:09 Publié dans Afrique, France, Rwanda | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : génocide, bruguière, habyarimana, rwanda, rose kabuye
L'AFRIQUE N'A PAS D'HISTOIRE
A maître Abel kassi, avocat international émérite. En hommage à ses idées lumineuses et tous les brillants cerveaux africains encore mal exploités.
L’instabilité chronique, les conflits incessants semblent être les marques déposées du continent africain. Un continent qui, des siècles auparavant, a connu des époques de lumière. Notamment sous l’Egypte antique. En ces périodes-là, l’Afrique fut la boussole du monde.
Aujourd’hui, c’est une tautologie de l’affirmer, l’Afrique va mal. Et ce malaise suscite des débats tranchés entre anthropologues de tout acabit, Afro-pessimistes et ceux qui croient encore en la capacité du véritable vieux continent, berceau de l’humanité, à renaître de ses cendres funestes héritées d’une histoire qui à notre sens n’est pas vraiment la sienne. De ce point de vue, ces passions ne devraient pas se poser. Car il est une vérité universelle qui trouve tout son sens dans la substance même de la dialectique hégélienne. Une Vérité magistralement exploitée par Karl Marx et qui ne laisse nulle place à la fatalité: La dialectique.
Loin de nous l’idée de faire de l’esprit, mais le principe même de la vie et partant de la dynamique de toute société humaine rend ce débat forclos.
En revanche, ce qui nous paraît fondamental se résume en un vrai diagnostic du mal être africain sans lequel tout débat sur l’avenir de notre continent se retrouve faussé à la base. L’Afrique telle qu’il nous l’a été démontré par Cheick Anta Diop et, avant lui, des savants arabes, grecs et romains a été l’épicentre de la civilisation humaine notamment sous l’Egypte pharaonique. Un continent où les peuples du monde venaient s’abreuver à la source du savoir. Elle a aussi connu de brillantes autres civilisations entre le VIII et le XVIè siècle. Les témoignages sont édifiants en la matière.
Celui de l’archéologue Mauny ne dit pas autre chose. Parlant de la ville de Koumi-Saleh, capitale de l'empire du Ghana (XIIIème siècle), il écrit ceci :
« Le centre de la ville est articulé autour d'une grande place d'où partent plusieurs rues ; dallages sur le sol, plaques sur le sol, plaques épigraphes, peintures en inscription sur les murs, escaliers de pierres [...]. Tout ceci nous permet de nous faire une idée de ce que fut une civilisation qui fleurit en ces lieux ».
Une description qui rompt d'avec les clichés caricaturaux dépréciatifs d'anthropomorphistes occidentaux tel le comte arthur de Gobineau, soutenu dans ses errements par des africains eux-mêmes dont le journaliste ivoirien Venance konan,auteur de ''Les prisonniers de la haine''.
A l’image de l’empire du Ghana, l’empire du mali – dont Tombouctou et Djéné, fondées entre les IXè et Xèmes siècles, étaient au XVIème siècle de grands centres d'échanges commerciaux- , l’empire Songhaï, le royaume du Congo, le royaume d’Ethiopie et bien d’autres encore ont connu de brillantes civilisations. Oeuvre des africains eux-mêmes.
L’Afrique influençait, tout en écrivant sa propre histoire, l’histoire de l’Humanité. Cependant, au cours de son évolution, deux faits marquants connus de tous, affectent grandement son histoire et signent par la même occasion sa descente en enfer. De ces deux moments - l’esclavage et la colonisation-, il nous semble crucial de nous attarder sur le deuxième pan qui, à nos yeux, apparaît comme le coup de grâce porté à l’histoire de notre continent.
Il convient, en tant qu’africains, de ne pas se voiler la face. L’Afrique s’est faite complice de l’esclavage. Ce que reconnaît explicitement l’écrivain journaliste ivoiro-antillais Serges Bilé, auteur de ’’noirs dans les camps nazi’’, dans son nouveau livre "Quand les Noirs avaient des esclaves blancs". Même si son intention, à travers ce livre, est d’ôter tout complexe d’infériorité aux Noirs vis-à-vis des occidentaux quant à leur passé d’esclaves ou de descendants d’esclaves.
On se faisait des guerres pour avoir le maximum de ‘’marchandises’’. Ce commerce de la honte a grandement contribué au rayonnement de certains empires comme ceux du Ghana, du mali et l’empire Songhaï pour ne citer que ces exemples.
La multiplication des conflits entre peuples, tribus, royaumes et empires africains, motivée par le juteux commerce des esclaves porté à l'échelle industrielle avec l'arrivée des européens, a eu pour effets l’affaiblissement de notre continent et de nous mettre à la merci d’une Europe hégémonique ainsi que des peuples arabes venus d’Asie.
Si en participant au pillage de ses ressources humaines et de ses propres richesses naturelles, en échange de babioles et autres pacotilles, les africains ont écrit avec l’apport de l’Europe une page sombre de leur histoire ; peut-on en dire de même au sujet de la colonisation ?
La colonisation, elle, revêt un tout autre sens. Car elle marque la fin de l’histoire de l’Afrique.
Contrairement à l’esclavage dont l’occident a contribué au développement, la colonisation consacre le moment où l’histoire de l’Afrique s’est arrêtée par la ruse et la force pour faire place à l’histoire de l’Europe à travers l’Afrique et les Africains. A compter de cette période jusqu’à ce jour, la dynamique de notre continent est rythmée par l’occident au gré de ses exigences. Il définit ses orientations selon les besoins de son histoire et impose à l’Afrique la cadence qu’elle lui exige. Si bien que les africains s’interrogent sur leur devenir, leur histoire présente et future. Une angoisse à laquelle l’ex ministre malienne et écrivain engagé Aminata Traoré donne tout son sens dans le résumé de son livre, ‘’L’Afrique humiliée’’:« Nous, peuples d’Afrique, autrefois colonisés et à présent recolonisés à la faveur du capitalisme mondialisé, ne cessons de nous demander : que sommes-nous devenus ? ».
Cette question identitaire démontre, si besoin l'est encore, l'absence d'une histoire propre aux peuples africains depuis la période de la colonisation.
De la colonisation à aujourd’hui, ce sont les occidentaux qui font une partie de leur histoire, en Afrique. Et les africains n’en sont que les instruments. Or tout instrument ou outil n’a pas d’histoire propre. Il n’a d' "histoire’’ que l’usage que le maître en fait.
C’est pourquoi, il ne nous semble pas opportun d’affirmer comme René Dumont-en mettant en avant les travers de nos sociétés et les fléaux qui minent le continent depuis la colonisation jusqu’à nos jours- que ''l’Afrique (noire) est mal partie''. Car depuis la période coloniale, elle s’est arrêtée. Et elle n’est pas encore (re) partie. On ne peut donc juger de la valeur de son départ. C’est une autre Afrique, l’instrument de l’Occident, qui est en marche.
L’histoire de l’Afrique, celle des africains, ne redémarrera que lorsque l’Afrique imprimera sa raison à son évolution, autrement dit, quand elle redeviendra l’actrice principale de son destin et se l’appropriera. Car un esclave, un colonisé (mental ou physique) n’est rien d’autre qu’un instrument et, en tant que tel, n’a pas d’histoire.
Aminata Traoré, à ce sujet, traduit bien une des voies à suivre pour redémarrer notre histoire : ‘’Le défi auquel nous faisons face aujourd’hui, c’est d’imaginer des perspectives d’avenir centrées sur les êtres humains. Une réappropriation de nos destins qui fait appel à nos langues, à nos repères, à des valeurs de société et de culture qui nous sont familières ».
Carell BOHUI-BACLAUD
Consultant en communication
et en stratégie politique et sociale
+226 78 32 31 71
Ouaga, le 09 Août 2008.
13:55 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : afrique, pas d'histoire, égypte antique
COTE D’IVOIRE: LA RUMEUR NE DOIT PAS OCCULTER LES ENLEVEMENTS D’ENFANTS

"J`allais à l`école ce jeudi matin (le 23 octobre), lorsque des individus à bord d`une voiture ont marqué un arrêt à mon niveau. L`un des ravisseurs a subitement ouvert la portière avant de me soulever de vitesse et me jeter à bord. Il faisait sombre à l`intérieur", a déclaré Anne-Marie plus tard.
"Ils ont tenté de me couvrir la tête avec un sac avant de donner un coup à la nuque. Mais cela n`a pas permis de me maîtriser. C`est à la suite de mes cris que j`ai été projetée de la voiture pendant que celle-ci marquait à peine un temps d`arrêt", a-t-elle ajouté.
Le côté gauche du corps de la fillette reste encore marqué par de larges plaies. Elle a été recueillie par des gens qui l`ont conduite à l`hôpital d`Abobo, où `Roxal`, une organisation non gouvernementale (ONG) alertée, est allée lui apporter assistance. L`ONG Roxal est basée à Abidjan.
Cet enlèvement manqué a constitué l`une des premières alertes aux rapts des enfants dans en Côte d`Ivoire depuis quelque temps.
Selon Roxal, deux à trois enlèvements sont enregistrés par jour par cette organisation. "Cela nous donne entre 60 et 90 enlèvements d`enfants par mois", affirme à IPS, son président, Evrard Maïga, indiquant que ce chiffre n`est pas officiel. "Si tous les parents avaient les moyens financiers pour se rendre à la télévision nationale lancer des avis de recherches où entrer en contact avec les ONG, nul doute que ce chiffre allait connaître une hausse, car les enlèvements sont quotidiens".
En effet, la télévision nationale diffuse des communiqués, chaque jour à la mi-journée, pour lancer un appel à retrouver des personnes disparues. Le plus souvent, ce sont des enfants de cinq et 13 ans.
Mariam Kéïta, 12 ans, a été enlevée en juin dernier au cours d`un mariage à Adjamé (centre d`Abidjan) auquel elle participait avec ses parents, et elle s`est retrouvée à Duékoué, dans l`ouest de ce pays d`Afrique de l`ouest.
"Nous étions quatre filles dans une voiture. Les ravisseurs nous ont conduites à une destination inconnue. Après, nous nous sommes retrouvées dans une pièce pour coucher avec un homme", relate Kéïta. "Sans la moindre assistance, j`ai été abandonnée par la suite, la nuit à Duékoué. Les autres ont été amenées vers une autre destination".
Jusqu`à présent, les ONG disent n`avoir aucune information sur les trois autres filles, mais restent dans l`espoir de les retrouver saines et sauves un jour afin qu`elles fassent un témoignage. Mariam, elle, a été conduite, à sa demande, à Abidjan où elle a regagné la famille, mais elle est toujours assistée par des ONG.
Mais, quelques mois plus tôt, le 17 avril, l`enlèvement d`un petit garçon lui a été fatal car il a été abandonné par ses ravisseurs, mais avec des yeux détruits qui l`on rendu aveugle malgré des soins et l`assistance de l`ONG de Maïga.
"Ce matin-là, je suis allé avec mes amis à la plage de Vridi (sud d`Abidjan) pour me promener. Sur le chemin du retour à la maison, un inconnu m`a proposé de le suivre, mais j`ai refusé; alors, j`ai été enlevé et amené à une destination inconnue", raconte à IPS, Roxal Kouakou, âgé de 11 ans.
"Quelque temps après, je ne savais plus ce qui se passait avec mes ravisseurs, car j`avais perdu connaissance. A mon réveil, tout était noir. Mes yeux avaient été arrachés, me laissant sans la vue. J`avais mal et j`étais seul", ajoute Kouakou qui déclare avoir été recueilli par un passant.
Avec des lunettes noires au visage pour cacher son handicap, Kouakou réside chez Maïga qui, ému par le drame de l`enfant, a décidé de donner son prénom `Roxal` à son ONG qui lutte contre les enlèvements d`enfants.
"Le fait est réel, mais banalisé", déplore Maïga. "Aujourd`hui, les enlèvements d`enfants sont à une échelle importante qui ne doit plus laisser quiconque indifférent", dit-il à IPS.
Pour Maïga, ce phénomène est lié à plusieurs facteurs. "Il y a d`abord un réseau de trafic d`organes humains, qui se met discrètement en place dans notre pays. Puis, le trafic des enfants pour le travail dans les plantations et pour une exploitation sexuelle, sans oublier ce qui semble être évident : les sacrifices humains".
"Il convient d`évaluer réellement la situation de ces enlèvements et leur contexte", suggère Mathurien Dagbé, un sociologue basé à Abidjan. "Je souhaite que ce phénomène ne soit pas pris à la légère. Le fait existe et le nier ou le mettre sur le compte de la simple rumeur constituerait une grave erreur", souligne-t-il à IPS.
La semaine dernière, la nouvelle de l`enlèvement manqué de Anne-Marie avait provoqué la panique au sein de la population. Elle avait été qualifiée de "rumeur" par la police, et deux personnes ont été lynchées à mort dans des manifestations populaires provoquées à Abidjan par cette information.
En visite à l`intérieur du pays, le chef de l`Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, l`a également inscrite sous le signe de la rumeur. "On dit qu`on enlève des enfants et ensuite on va les tuer. Abidjan a été paralysée. Toutes les écoles ont été fermées. Evidemment, rien de tout ça n`était vrai. On n`a enlevé aucun enfant", a-t-il affirmé.
Pour Gnagbo, cette "rumeur" serait liée aux élections qui doivent se tenir dans le pays. "...Convenez avec moi que cette situation de panique n`est pas faite pour que la Côte d`Ivoire aille sereinement aux élections. Or nous devons aller aux élections et nous irons aux élections. Que les bandits passent à gauche, à droite où au centre, nous irons aux élections...", a-t-il déclaré à Bouna, dans le nord-est du pays.
"Nous sommes désormais face à une situation à double face", estime le sociologue Dagbé. "Ou les événements de la semaine dernière, même s`ils ne sont pas avérés, attirent l`attention de tous pour que des mesures soient prises afin de lutter contre les enlèvements d`enfants...", commente-t-il. "Ou alors, le phénomène est définitivement banalisé. A ce moment, tous les enfants courent de gros risques, car aucune disparition ne sera désormais prise au sérieux".
Pour Dagbé, le sort réservé aux enfants enlevés n`est pas obligatoirement l`amputation des organes génitaux. "Mais il faut savoir que les enfants sont aussi volés pour être soumis à la pédophilie, à la sodomie, aux travaux dans les plantations", explique-t-il. "La rumeur ne doit pas occulter le phénomène, le trafic d`enfants commence aussi par-là".
Hervé Gouamené, président de l`ONG Action pour la protection des droits de l`Homme, basée à Abidjan, se dit conscient de l`existence du phénomène. Mais, "il ne faudrait pas amplifier les choses avec des rumeurs", prévient-il. "C`est à la police de faire son travail et non aux populations de se faire justice en tuant".
Mais, à la police, on se refuse à tout commentaire.
Fulgence Zamblé
(FIN/2008)
Source : Abidjan.net > Actualité > Autre presse,
Vendredi 31 Octobre 2008.
13:43 Publié dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : enlèvements d'enfants, disparition

