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samedi, 29 novembre 2008

COMMENT INTERNET SAPE LES BASES MORALES DE NOS JEUNESSES

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Trouver, aujourd'hui, un poste dans un cyber, à Abidjan (où j'ai élu domicile depuis quelques semaines pour une formation professionnelle), en vue d'effectuer des recherches sérieuses, est un vrai cauchemar! La raison? Des arnaqueurs de tout poil et de tout acabit (particulièrement nos frères nigérians) qui occupent inutilement les écrans pendant des heures et des heures et de jeunes gens, filles et garçons, véritables accros des sites de rencontres et de pornographie, qui ne vous laissent plus le temps de remplir vos engagements vis-à-vis de vos lecteurs, sur les blogs, et d'effectuer vos travaux de recherches! Franchement déprimant!

C'est une grande douleur pour moi de voir tous ces jeunes ne trouver d'autre intérêt à Internet que l'accès au sexe facile, les relations libertines et l'arnaque. Nombre d'entre eux se font passer pour des jeunes filles (quite à utiliser des photographies de leurs soeurs ou de leurs amies, ou même d'inconnues), avec la claire intension de séduire, de tromper et de se faire de l'argent, sur la base de monsonges bien ficellés. Quel naufrage pour la jeunesse ivoirienne.

Je croyais les jeunes ivoiriens seuls à se pervertir de la sorte. Que neni! Un article camerounais lu sur www.20mai.net, nous édifie sur la dérive et la catastrophe qui sont en cours dans nos pays, du fait de la pauvreté et de la misère. Bonne lecture!


Les cybers cafés de Yaoundé sont désormais envahis par une clientèle de plus en plus jeune.
Loin d’y aller pour effectuer des recherches académiques, les jeunes y vont pour rencontrer des blancs. Aucun obstacle ne semble pouvoir arrêter ces internautes qui sont prêts à tout pour quitter le pays.
La toile est désormais assimilable à un marché de bétail. A la merci des proxénètes et des trafiquants de toutes sortes les jeunes filles qui veulent trouver des preneurs sont amenées à développer toutes sortes d’ astuces pour se faire remarquer.

On peut par exemple citer :

- L’envoi des photos en petite tenue,
- Se déshabiller devant une webcam pour montrer sa poitrine et son sexe
- Se masturber et regarder son partenaire le faire devant une webcam .


Les gérants de cybers café ont flairé la bonne affaire et ont installé des cabines privées avec webcam. Le coût de la navigation sur internet à partir d’une cabine privée est parfois le double du prix normal, mais cela ne suffit pas à décourager les jeunes filles qui ne pensent qu’à se mettre à l’abri des regards indiscrets pour satisfaire la perversité de leur futur époux.

Peu importe que l’homme rencontré soit un vieillard, un handicapé, ou un psychopathe, l’essentiel est qu’il soit un blanc afin que l’obtention du visa d’entrée dans un pays européen soit facilité.

Le coupable de cette dépravation n’est autre que la pauvreté: une pauvreté morale qui à l’exemple d’un cancer ronge petit à petit toutes les bonnes mœurs.

Trouver l'âme soeur grâce à Internet

S’il est vrai qu’il n’y a pas de lieu standard de rencontre, on peut tout de même constater la multiplication des sites de rencontre sur internet. En effet, au lieu d’aller danser ou draguer dans les cafés, beaucoup préfèrent l’intimité d’un clavier, d’un écran d’ordinateur et surtout d’un pseudonyme.

Lorsque la solitude devient lourde à porter, internet se présente comme une solution facile pour faire des rencontres. Toutefois, les romances virtuelles cachent parfois quelques pièges :

- L’on n’est pas toujours sûr de la bonne foi de son interlocuteur
- Le risque de tomber sur des psychopathes, et des escrocs est plus élevé sur les sites de rencontre.
- Les correspondants mentent souvent sur leur apparence physique et leur situation matérielle ce qui cause de grosses déceptions lors de la rencontre réelle.


Les rencontres sur internet n’ont pas que des inconvénients:

- Les personnes timides et mal dans leur peau ont à travers internet, l’occasion de sortir virtuellement de leur coquille.
- Internet est également un moyen puissant de créer des liens entre les gens qui en ont envie.


Comme le montrent quelques avis recueillis dans les rues de Yaoundé, au Cameroun, l’idée générale est que les gens qui s’essaient aux rencontres sur internet le font plus par intérêt que par amour.


Anne-Mireille NZOUANKEU.

A propos de l'auteur: Anne-Mireille est une jeune journaliste qui a fait ses armes à Camer.be, au quotidien camerounais "Le Jour" avant de rejoindre l'aventure 20mai.net



22:53 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : internet, pauvreté, misère morale, cyber-café | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 26 novembre 2008

POURQUOI JE BLOGUE SUR L'AFRIQUE?

LA CARTE DE L'AFRIQUE 2.jpgVoici le nouvel exercice auquel nous convie le "chef du village" Théophile KOUAMOUO: "Avec la participation de tous les blogueurs afro-orientés, j'aimerais bien lancer une nouvelle "chaîne de blogs", après la première "Barack Obama à travers le regard d'un Africain". J'aimerais que nous nous exprimions sur le thème suivant : pourquoi bloguer sur l'Afrique ? A bien y réfléchir, cela ne va pas de soi : déjà parce qu'Internet n'est pas une réalité franchement démocratique en Afrique. Bloguons nous pour la diaspora et le vaste monde, coupé de nos contemporains sur le continent ? Blogue-t-on sur l'Afrique comme on blogue sur l'Europe ou l'Asie ? La blogosphère afro-orientée a-t-elle quelque chose de spécifique à offrir au concert de l'universel version 2.0 ?
Le principe de la chaîne est simple. Je tague un certain nombre de personnes, qui en font de même, pendant deux semaines. Je suis sûr que de belles choses se dégageront. Ma réponse à moi :

"Je blogue sur l'Afrique avec joie parce que je crois que c'est de nos voix individuelles et mêlées que naîtra la renaissance africaine qui arrivera aussi sûrement que le rêve de Martin Luther King est devenu réalité quarante années plus tard. Je lis les blogs afro-orientés avec bonheur parce qu'ils me donnent une image moins monolithique et moins catastrophiste du continent et de ses habitants." Théophile KOUAMOUO."

L'exercice, je l'avoue n'est pas évident. Mais j'ai été tagué par l'ami YORO et je me dois de répondre à l'appel. Voici donc ma réponse à moi:

"Je blog sur l'Afrique pour deux raisons simples: Par militantisme (panafricaniste) et par patriotisme.

1) Par militantisme, parce que j'estime que les Africains doivent prendre totalement conscience de leur besoin d'union et d'indépendance véritable. L'Afrique est victime de trop d'injustices, de pillage, de prédation (avec la complicité de gouvernements fantôches et de fils indignes) et encore l'objet de trop de convoitises impérialistes qu'il faut dénoncer avec la plus grande énergie, parce que constituant institutionnellement la plus grande faiblesse de nos jeunes Etats, qui ne sont pas toujours maîtres de leur destinée, qui gagneraient à faire bloc contre les appétits et les visées extérieurs et à s'unir dans une véritable politique de développement global.

2) Par patriotisme, parce que j'aime profondément cette terre mienne qui est bien souvent présentée sous des prismes déformants, dévalorisants et dégradants alors qu'elle recèle énormément d'intelligences et de compétences capables de la propulser en avant, qui ne demandent qu'à être franchement utilisées, en faisant abstraction de toutes les considérations politiciennes paralysantes qui nous ont toujours retardés. Cet immense amour pour mon continent m'amène à ne faire preuve d'aucune complaisance sur nos tares, errements et lacunes propres en tant qu'Africains, et à les dénoncer vertement, sans faire acception de personnes.

Mais, il est bien de reconnaître que tous, en Afrique, n'ont pas accès à Internet et que ce travail de dénonciation, de sensibilisation et de conscientisation est une oeuvre de longue haleine qui portera, à terme, ses fruits parce que je crois que la conceptualisation de notre lutte fait des émules, dans le silence des cyber-cafés, dans le silence de nos écoles, de nos bureaux et de nos domiciles. Cette lutte devrait pouvoir révolutionner, à la longue, les mentalités des jeunesses africaines actuelles que nous sommes et de celles qui sont à venir, pour une Afrique nouvelle, libre, indépendante et prospère.
Oui, la liberté se trouve au bout du changement de mentalité et au bout de la lutte pacifique et persévérante!"

Je tague à mon tour:

- Edgar Yapo
- Paul Arnaud et
- Brym.

DINDE Fernand AGBO

22:47 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tagué par yoro, bloguer sur l'afrique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

CONGO: DE QUOI LA BELGIQUE POLITIQUE A T-ELLE PEUR?

JOSEPH KABILA.jpg
La dernière sortie médiatique du Ministre belge des Affaires étrangères fait couler beaucoup d'encre et de salive. Sa remise en question de la diplomatie parallèle des Michels a conforté, dans certains milieux politiques belges, sa réputation de gaffeur. A tort ou à raison?

Une certaine opinion congolaise, témoin de la malheureuse implication de Louis Michel dans la vie politique congolaise depuis les années 90, estime que Karel De Gucht est le modèle d'homme politique belge qu'il faut dans la gestion diplomatique des relations belgo-congolaises. Parmi ceux qui partagent cette opinion, il y a au moins deux Congolais engagés dans la recherche de « la vérité » sur les véritables raisons de l'engagement du « réseau Michel » au Congo.

Un autre groupe de Congolais fouineurs pense qu'une relecture de notre histoire commune est nécessaire à la compréhension de ce qui se passe aujourd'hui. D'autres Congolais encore, « kabilistes » pour la plupart, voient la violation du principe de souveraineté dans les attaques de Karel De Gucht à l'endroit de Joseph Kabila. Mais savent-ils qu'il n'y a de souveraineté du peuple que représentée et que la représentation comporte au moins deux dimensions (abstraite et concrète) dont le représentant (symbole) doit rendre compte en permanence par son action politique?

Une certaine opinion belge reproche à Karel De Gucht son langage très peu diplomatique et exige qu'il soit défenestré du gouvernement. Pour ces Belges, « les gaffes » de Karel De Gucht risquent de compromettre les bonnes relations entre nos deux pays.

Ces différentes opinions posent certaines questions que nous voudrions examiner dans cet article.

Les Michels sont-ils les premiers Belges à pratiquer la diplomatie parallèle? Qu'est-ce que cette pratique rapporte? Dans son discours peu diplomatique, Karel De Gucht invente-t-il des secrets de polichinelle? Le Congo se réduit-il à Joseph Kabila comme symbole? Que symbolise-t-il aujourd'hui? Perdre Joseph Kabila équivaut-il à perdre le Congo? Quel genre de relations la Belgique politique cherche-t-elle à mener avec le Congo?

Du point de vue de la pensée politique, toutes ces questions peuvent se résumer en une seule: « la Belgique et le Congo sont-ils bien représentés par les acteurs politiques qui sont aujourd'hui sur le devant de la scène médiatique belgo-congolaise? »

La Belgique et la diplomatie parallèle

Les relations tourmentées et / ou ambiguës entre la classe politique belge et congolaise ne datent pas d'hier. Au plus fort de la dictature de Mobutu, « de nombreux leaders socialistes ont succombé à son charme: Leburton, Cools, Harmegnies, pour ne citer que ceux-là. Les chrétiens n'ont pas mieux résisté: Wilfried Martens en est le plus bel exemple, lui qui s'exclamait, au cours d'une de ses visites au Zaïre: « J'aime ce pays, son peuple et ...ses dirigeants. » ( V. DELANNOY et O. WILLOCX, Le livre des Belges zaïrianisés. Secret d'Etat. 1973-2007, p.7) Mobutu charmait tellement « ses amis Belges » que le président socialiste Leburton avait pu inviter au Congrès de son parti une délégation du MPR au moment où le parti socialiste belge venait de parrainer l'UDPS d'Etienne Tshisekedi, un parti de l'opposition au pouvoir de Mobutu.

Les Congolais qui accusent « les Michels » de pratiquer la diplomatie parallèle devraient lire ce petit livre. En effet, « l'expression « diplomatie parallèle » (fut) utilisée par la presse dès 1973 pour qualifier l'attitude d'Edmond Leburton (...). En dehors de tout mandat gouvernemental, le socialiste wallon n'hésite pas à entrer en contact et à nouer des liens d'amitié avec le chef de l'Etat zaïrois. » (Ibidem, p.50) Cette amitié éclabousse la diplomatie officielle. En d'autres termes, « à côté de la diplomatie officielle, dirigée par le ministre titulaire, se déploie une diplomatie officieuse, réalisée en dehors de tout mandat et de tout contrôle, notamment parlementaire. » (Ibidem, p.51) Celle-ci est profitable à son initiateur. Il en tire des avantages personnels. « Il ne doit rendre aucun compte; il se crée un canal d'informations privilégié, confidentiel et exclusif. Cette diplomatie présente toutefois deux inconvénients majeurs: elle ne sert pas nécessairement l'intérêt de l'Etat belge et phagocyte les compétences du ministre des Affaires étrangères. »(Ibidem)

La presse belge reparlera de la diplomatie parallèle en 1974. Leburton est parlementaire de l'opposition et il rencontre Mobutu à Kinshasa... Bref, l'amitié de Leburton avec Mobutu lui permettra d'arracher un contrat (pour les usines ACEC de Charleroiafin quelles fabriquent du matériel à utiliser dans la construction du barrage d'Inga) et d'en faire un thème de la campagne électorale. « Ce n'est pas tout. D'après le témoignage de Ngunza Karl i Bond, Mobutu aurait chargé son ami belge Pierre Davister, journaliste et éditeur, de remettre en 1975 à M. Edmond Leburton une valise contenant 20 millions FB pour services rendus. Cette valise-si elle a existé- est-elle parvenue à son destinataire? Mobutu, coutumier des cadeaux, aurait-il envoyé d'autres présents vers la Belgique? Par ailleurs, à cet égard, l'existence d'avantages pécuniaires destinés à Monsieur Davister semble bel et bien attestée. » (Ibidem, p.54-55)

Ce rappel historique a l'avantage de nous aider à comprendre qu'un certain jeu politicien belge ne sert pas nécessairement l'intérêt de nos deux peuples; mais les individus. A en croire deux compatriotes (Mryus NOKO et MBAYI KANYINDA), l'implication des « Michels » dans le dossier congolais aurait des avantages pécuniaires énormes pour leur famille. Ces deux compatriotes travailleraient présentement à la récolte des données qui constitueraient un dossier explosif pour la famille Michel. Objets de menaces multiformes, ils auraient décidé de sacrifier leur vie pour leur pays. Qui vivra verra!

Les relations intéressées de la famille Michel avec Joseph Kabila se comprennent mieux dans ce contexte qu'à partir de la rhétorique michelienne sur la démocratie congolaise sans Etat.

(Ceux qui ont suivi Louis Michel sur TV5 dernièrement savent qu'il a soutenu que le capitalisme non régulé devient sauvage et que la Congo est une démocratie sans Etat!Donc, la démocratie peut exister comme régime sans l'un des principes structurants majeurs: l'Etat! Cette thèse est aussi soutenue par un ami à Louis Michel, le professeur Congolo-belge, BOB KABAMBA! Ils disent cela quand, du Congo, Vincent de Paul Lunda Bululu, Sénateur de son état, affirme: « Le Congo n'est pas gouverné. » Nous y reviendrons.)Dans ce contexte, que symbolise Joseph Kabila? Qui est-ce qu'il représente?

De quoi Kabila est-il le symbole?

Si les élections (ou la mascarade électorale de2006-2007) ont fait de Joseph Kabila le symbole de la souveraineté congolaise, sa pratique quotidienne le délégitime. Un signe, un symbole a du sens à partir de ce à quoi il renvoie. Il ne signifie pas une fois pour toutes.

Or, depuis les élections jusqu'à ce jour, quels sont les signes de souveraineté que le Congo donne? En marge de ce que Karel De Gucht avait appelé « les privilèges fabuleux de certains », qu'y a-t-il de symboliquement signifiant au Congo? Peut-être un peu de résistance de la part de nos compatriotes qui ne savent plus à quel saint se vouer. Ceux de l'Est crient et disent ceci: « Ces derniers jours, le territoire de Rutshuru est en proie à des hostilités. La ville de Kiwanja a été prise et reprise par le CNDP et c'est la population qui paie le prix. Nous assistons à un drame jamais vu et jamais entendu au monde où des populations civiles sont sommairement exécutés par des balles ou à coups de machettes, de couteaux, des houes et de lances. Les cadavres jonchent les rues de la cité et les odeurs de cadavres en putréfaction accueillent tout passant. Signalons en passant que le nombre des cadavres déjà découverts n'est pas définitif car les fouilles se poursuivent et aux dernières nouvelles, d'autres cadavres sont enfermés dans des maisons ou plongés dans des latrines. » (Lire Un appel des organisations locales et de la société civile du Nord-Kivu, à l'est de la République Démocratique du Congo, adressé au Conseil de sécurité des nations unies et aux dirigeants internationaux, dans www.congoforum.be) Et que remarquent ces compatriotes? « Pendant que l'armée de conquête de Laurent Nkunda conquière progressivement de nouvelles localités, l'armée congolaise prend fuite et dans sa fuite elle se livre aux tueries, au pillage, au viol et au vol créant le chaos et la débandade totale partout où elle passe. » Et il y a pire: « Le recrutement forcé a pris une ampleur plus grave. Dans plusieurs localités de Rutshuru et de Masisi, les groupes armées, en particulier le CNDP, passent de porte à porte pour forcer les jeunes garçons et les adultes à aller au front sans formation militaire au préalable. » (Ibidem)

A l'est, Joseph Kabila est le symbole des populations abandonnées à leur triste sort et trahies par ceux-là mêmes qui devraient être leurs gardiens; des populations occupées par « une armée de conquête » ayant fait, du nerf de combat de l'Occident contre le Congo (revisiter les contrats) chinois, l'une de ses huit recommandations et dont le chef, responsable des crimes contre l'humanité est présenté comme un partenaire dialogual des oligarques prédateurs de Kinshasa.

A l'ouest et au centre, il est le symbole des enfants abandonnés à eux-mêmes, sans infrastructures scolaires; des parents sans pouvoir d'achat et des jeunes sans avenir. Au Nord, Joseph Kabila représente des pans entiers de notre pays occupés par les pays voisins et leurs troupeaux.

Au parlement et à l'armée, il représente les militaires dont les soldes sont détournés par les généraux roulant en 4X4 à Kinshasa et « leurs honorables » touchant plus de 5000 dollars par mois.

Disons que le symbole politique de souveraineté n'a pas de sens qu'abstrait: celui émanant de l'application du principe de démocratie électorale. Sociologiquement, il signifie à travers l'action politique de gouvernement assumant les fonctions de sécurisation des populations, d'éducation et de création d'emplois dont certains peuvent leur permettre de participer à l'édification du secteur public. L'assomption des dimensions abstraite et sociologique du symbole politique permet de donner sens et forme au vivre-ensemble. Cela ne peut être le privilège d'un individu ou d'un gouvernement. Cela exige une représentation du pays élargie aux dimensions des autres « forces vives » du pays, en marge des forces politiques (l'exécutif et le législatif).

Dans cet ordre d'idées, la question congolaise est aussi celle de la prise en otage des autres « forces vives » du pays par les politiques. Si la société civile du Kivu a fini par écrire aux nations unies(?) et aux dirigeants internationaux (?), c'est parce que les institutions issues des élections sont tombées dans la malreprésentation de leurs bases. Les acteurs y opérant s'occupent d'eux-mêmes et de leur ventre, quand ils ne sont pas tout simplement complices des misères de nos populations.

Karel De Gucht n'est pas le seul à dire cela. Un philosophe et théologien congolais notait ceci au sujet des dirigeants congolais actuels: « Quand des élites politiques se mettent elles-mêmes à s'enrichir de manière indue et à devenir prédateurs dans leur propre pays tout en courant partout au monde pour chercher des financements en vue de construire des infrastructures de base pour le développement, un mot vient vite aux lèvres pour caractériser cette attitude: idiotie. » KA MANA, Leçons d'un débat sur la situation à l'Est de la RDC, dans www.congoindependant.com ). Colette Braeckman fait allusion à cette idiotie quand,traitant de la guerre à l'est de notre pays, elle écrit: « Le malaise est cependant plus profond. Non seulement les soldats touchent une solde insuffisante (42 dollars par mois contre dix voici trois ans) mais des fonds destinés à l'armée subissent ce que l'on appelle des « opérations retour », où des montants envoyés dans l'est pour soutenir l'effort de guerre sont détournés à la source ou...renvoyés chez les généraux qui mène grand train à Kinshasa. » (C. BRAECKMAN, Talk and fight face à Obasanjo, dans Les carnets de C. Braeckman).

Se confiant à la Radio Onusienne, Okapi, dans l'émission « Grand Témoin » le 17 novembre 2008, le Sénateur Congolais Vincent de Paul Lunda Bululu a parlé d'une somme de 100.000 dollars envoyés au front dont 5000 seulement sont arrivés à destination. « Ce phénomène, note encore Colette Braeckman, n' a pas échappé aux alliés du Congo: lors de la réunion des pays d'Afrique australe, qui s'est tenue le week- end dernier à Johannesbourg et où la président Kabila a demandé l'appui de ses alliés, des propos jugés « humiliants » pour les Congolais ont été tenus: « Vos officiers sont des bourgeois, ils restent en arrière et achètent de belles voitures, et vous voudriez que nous allions au front à votre place » ont déclaré Angolais et Zimbabwéens en posant des conditions de leur éventuelle intervention. » (Ibidem)Et quand on sait que ces généraux sont issus pour la plupart de la rébellion tutsie, jadis soutenue par le Rwanda, le RCD, on comprend bien des choses.

De ce qui précède, nous pouvons affirmer que Joseph Kabila est le symbole de l'enrichissement illicite des généraux (tutsis et collabos) et de l'humiliation des Congolais(es) résistants et de la base.

Sociologiquement, la signification du symbole « Kabila » est pauvre et appauvrissante. Elle participe de l'humiliation de tout un peuple et de la montée d'une petite bourgeoisie prédatrice.

Est-ce ce symbole que la Belgique politique a peur de perdre?...

Jean-Pierre MBELU

14:32 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans RD Congo | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rd congo, belgique politique, diplomatie parallèle | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 23 novembre 2008

ET SI DIEU N'AIMAIT PAS LES NOIRS?

SERGE BILE. LIVRE SUR LE RACISME DU VATICAN.jpg
"Et si Dieu n’aimait pas les Noirs?", est le prochain livre de Serge Bilé. Il paraîtra le 8 janvier 2009, aux éditions Pascal Galodé. Sous-titré « Enquête sur le racisme aujourd’hui au Vatican », cet ouvrage, écrit en collaboration avec le journaliste italo-camerounais Audifac Ignace, « regroupe des témoignages de prêtres, d’évêques et de cardinaux africains, en poste à Rome, mais aussi de religieuses africaines envoyées par les congrégations de leur pays dans les couvents italiens, explique le Franco-Ivoirien. Tous racontent, pour la première fois, avec beaucoup de douleur, les discriminations dont ils sont victimes, au Saint-Siège même, de la part de leurs confrères et consœurs européens. »

En janvier 1944, alors que les armées alliées font route pour libérer Rome, occupée par les nazis, le pape Pie XII exige, curieusement, qu'aucun soldat noir, africain, antillais, ou américain, ne soit déployé aux portes du Vatican.

En août 1988, le secrétaire particulier de Jean-Paul II, l'évêque zaïrois Emery Kabongo, est sauvagement agressé, officiellement par des inconnus, à Castel Gandolfo, la résidence d'été du souverain pontife, pourtant si bien gardée.

Aujourd'hui, les prêtres africains, en poste ou de passage au Saint-Siège, se disent discriminés. Plusieurs ont même été bannis, pour avoir prolongé leur séjour italien, au-delà de la limite autorisée. Ils sont désormais mendiants et sans papiers.

Quant aux religieuses africaines, que les congrégations romaines font venir, pour pallier la crise des vocations, elles constituent une main-d'œuvre corvéable à merci. Désemparées, beaucoup d'entre elles échouent dans la prostitution !

Ce livre, fruit d'une minutieuse enquête, dévoile les ombres et contradictions d'une institution, qui n'arrive toujours pas à se débarrasser de ses propres préjugés sur les Noirs, qu'elle considérait, jadis, à l'image, non pas de Dieu, mais du diable !

Serge GRAH
Source: http://sergegrah.centerblog.net

Note personnelle: DIEU peut-il ne pas aimer les Noirs? La Bible déclare clairement: ''Car DIEU a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui, ne périsse point mais qu'il ait la vie éternelle'', Evangile de Jean, chapitre 3, verset 16. L'amour de DIEU pour l'homme, quel qu'il soit ou de quelque couleur qu'il soit, ne peut faire l'ombre d'un doute! La question - et la vraie - serait donc, en tout état de cause: ''ET SI LE VATICAN N'AIMAIT PAS LES NOIRS?'', étant clair pour tous que le Vatican, une institution purement humaine, ne peut être substitué à DIEU ou l'inverse!

DINDE Fernand AGBO

20:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : racisme, vatican | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA PORNOGRAPHIE ET SES MENSONGES

PORNOGRAPHIE ET MENSONGE.jpg
La pornographie n'apprend pas à faire l'amour. Au contraire, tout y est mensonge, et un homme risque plutôt de ne jamais savoir s'y prendre avec une femme s'il prend des films pornos pour modèles ! La pornographie, ça n'est pas la réalité !

Dans un film X tout est faux, rien ne fonctionne comme dans la vraie vie. Si un adulte le visionne avec un certain recul, ça ne fera peut-être pas de dégâts dramatiques. Mais si un spectateur, ou un adolescent croit pouvoir prendre cette pornographie comme référence en matière de sexualité, s'il prend tout ce qu’il y voit pour argent comptant, il avale des couleuvres sans s'en rendre compte !

Le sexe des hommes a une taille inhabituelle. Ils sont choisis uniquement pour ça. Malheureusement, cet aspect bassement quantitatif traumatise beaucoup d'hommes et d'adolescent qui, par comparaison, se trouvent subitement fort mal outillé pour l'amour. Pourtant, c'est faux ! C'est exactement comme si l'on croyait, en regardant les pubs, que toutes les filles mesurent 1,80m et pèsent 45 kilos toutes habillées !

La quantité de sperme éjaculée est invraisemblable. Si dans les pubs pour la bière on ajoute de la mousse à raser pour nous faire croire que la bière mousse, pourquoi voulez-vous qu'on se prive d'accentuer artificiellement l'illusion dans les films X ? Pourtant, la quantité de sperme n’a rien à voir avec la virilité ou le plaisir !

Les positions sont celles qui permettent à la caméra d'en montrer le plus possible aux spectateurs… Elles ne sont pas forcément ni agréables ni pratiques à réaliser.

Et surtout, l'image de la femme est totalement erronée.
Non, une femme n'est pas prête à faire l'amour 24 heures sur 24, n'importe où et avec n’importe qui…
Non, une femme n'aime pas être humiliée, rabaissée au rang d'esclave ou de prestataire de service sexuel.
Non, une femme ne crie pas forcément quand elle a du plaisir.
Non, une femme n’a pas forcément envie de faire l’amour avec plusieurs hommes en même temps, ni avec une autre femme.
Et quand une femme dit non, ça veut dire non, et pas du tout : oui, j'ai envie qu'on me brusque, qu'on me violente, qu'on me force.
Et oui, les actrices X simulent un plaisir qu'elles ne ressentent absolument pas !

C’est une version extrêmement partielle de la sexualité.

La pornographie n’est ni plus ni moins qu’une mise en scène. Avec tout ce que cela peut véhiculer comme sens… On n’y trouve jamais d'émotion (sinon l'excitation), ni de sentiment (sinon de pouvoir sur l’autre), ni de désir qui monte… Toute la partie affective de l'amour est totalement ignorée. Or, notre cœur et notre cerveau sont des organes sexuels aussi importants que notre sexe !

Un mensonge, ce n'est pas très grave si l'on sait que c'est un mensonge. Parce qu'alors, c'est une sorte de jeu. Mais si l'on prend tout pour argent comptant, on obtient des hommes complexés, des femmes qui croient trouver un modèle de comportement sexuel dans les actrices X, des hommes qui méprisent les femmes et qui ne sauront jamais leur donner de plaisir...

La pornographie n'est pas tant marquée par la jouissance que par son absence, et même par son impossibilité, dans la mesure où elle ne veut surtout pas que ça s'arrête. Dans la porno, on supprime tout mystère, on sursature l'atmosphère jusqu'à son point irrespirable et nauséabond d'obscénités. La quête est celle d'un tout impossible qui s'autorise toute violence et conduit possiblement au totalitarisme. La pornographie réduit l'essence même de l'homme à son expression la plus limitée, à celle de la chair ou plutôt de la viande.

Serge GRAH
Source: http://sergegrah.centerblog.net

20:28 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Informations diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pornographie, mensonges, sexe, plaisir, films x | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 22 novembre 2008

OFFREZ-VOUS UN INSTANT DE SOURIRE !

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Ne perdons pas le sourire, même si nous avons bien des raisons de ne plus en avoir ! Un détour dans nos blagues-SMS rituelles ne nous fera pas de mal. Bien au contraire ! Quelques nouveautés sélectionnées sur le réseau ORANGE pour votre plaisir !


1- Petit Kouadio vient de se faire prendre, par son père, en train de boire de la liqueur, un Gin bien serré. Le père décide de lui donner une leçon, pour la vie. Il l’emmène dans le jardin, plonge un ver de terre dans un verre contenant du Gin et un autre ver dans un verre contenant de l’eau. Le ver de terre reste vivant dans le verre d’eau, alors que celui du Gin se tortille violemment pendant quelques instants et meurt. « Quelle remarque fais-tu ? », demande le père à son fils. « Je remarque que l’alcool est un bon déparasitant, papa », dit Petit Kouadio. Ce n’est pas sa faute, c’est un bon Baoulé (ethnie du centre de la Côte d’Ivoire)!

2- Un professeur demande à son élève de lui donner la définition du mot « Désert », avec un exemple à l’appui. L’élève répond : « Un désert, c’est une surface naturelle sur laquelle rien ne pousse. Exemple, le désert du Sahara ». « Très bien, dit le professeur en allant écrire au tableau, aujourd’hui, nous allons étudier les déserts ». Au fond de la classe, une voix souterraine se fait entendre : « Deuxième exemple de désert, la tête du professeur ! ». La classe explose de rire : Le professeur est, en effet, un chauve absolu.

3- Deux fous se promènent ensemble. L’un remarque un miroir dans lequel il a vu passer son image. Il revient sur ses pas et se voyant dans la glace, il s’écrit : « Cette tête me dit quelque chose ! ». Le second prend le miroir, s’y mire et dit au premier : « Mais tu es bête, c’est moi que tu voyais dedans ! ».

4- Pendant la récréation, un petit Guéré (ethnie de l’Ouest de la Côte d’Ivoire) reste en classe. La maîtresse lui demande : « Pourquoi tu ne joues pas avec tes camarades ? ». Il répond : « Madame, mon père m’a dit de ne pas jouer avec la nourriture ! ». Han ! Donc, il nous voit en choukouya, quoi ! C’est pas lui, oh !

5- Le pays est vraiment dur, ya pas l’argent ! Un vieux baoulé, fraîchement débarqué du village, arrête un taxi. Le chauffeur fait marche arrière et se gare. Le vieux lui demande si marche arrière, c’est payant. Le chauffeur répond : « Non ! ». Alors, le vieux lui dit : « Emmène-moi au Plateau (centre des affaires abidjanais), en marche arrière. Baoulé vraimeeent !

6- Pendant le cours de mathématique, le maître pose une opération au tableau : 2 – 2 =. Il se tourne vers Toto et lui demande d’aller résoudre l’opération. Toto n’y voit rien. Alors, le maître, pour l’aider lui dit : « Tu as deux gbofloto (beignets) dans ta main. Tu les manges tous les deux. Que reste t-il dans ta main ? ». Toto répond : « Huile, monsieur ! »

7- Des articles de toilette discutent. Le mouchoir dit : « Les gars, si un jour vous apprenez que je suis mort, ce sont les odeurs de sueur, surtout celles des aisselles et les morves qui m’ont tué ». L’éponge dit : « Moi, je souffre trop avec la saleté et les mauvaises odeurs de corps ! ». La brosse à dent dit, à son tour : « Pour vous est petit. Et moi ? Mauvaise haleine, odeur de gueule avec des dents pourries. Je souffre trop ! ». Le papier hygiénique, resté calme jusque-là, explose : « Vous-là, vous êtes des plaisantins, quoi ! C’est ce que vous appelez souffrance ? Pardon, quand on parle de souffrance-là, taisez-vous ! Moi, je vais dire quoi, alors ? »

8- Trois fous (encore des fous ! Les faiseurs de blagues les aiment bien, finalement !) veulent s’évader d’un asile. L’un dit aux autres : « Si le gardien est à droite, on passe à gauche, s’il est à gauche, on se faufile à droite. Ok ? ». « Ok ! ». Ainsi, un d’entre eux va voir. Mais, il revient très abattu, en disant : « Impossible de s’échapper, les gars ! Le gardien n’est pas là ! »

9- Un vieux Bété se moque d’un vieux Baoulé qu’il traite d’analphabète. Le vieux Baoulé s’en défend, mordicus. Alors, le vieux Bété le défie : « Si tu dis tu connais papier, faut compter jusqu’à 20, on va voir ! ». Et le vieux Baoulé, qui n’entend pas passer pour un analphabète, de s’y mettre, avec un bon accent Baoulé : « In, dé, troua, quatri, cinqui, ....…, dix-septi, dix-huiti, dix-neufi, dou vin ! ». Vraiment, Baoulé ! Même si on dit (que vous aimez le vin) !

10- Un instituteur est en inspection. Son inspecteur est un bon Sénoufo (ethnie du Nord de la Côte d’Ivoire), bien balafré. Le maître fait son cours sur le mot « rayé ». Il donne des exemples: « Le carré est rayé-rayé (hachures). La chemise de Irié est rayé-rayé ». « Qui peut encore me donner un exemple ? », demande t-il. Les élèves donne plusieurs bons exemples. Moussa, au fond de la classe, très agité, donne de la voix : « Moi, monsieur ! Moi, monsieur ! Moi, monsieur ! ». Le sachant parfaitement cancre, le maître l’évite pour ne pas gâcher son inspection. Mais, l’inspecteur qui suit bien les choses demande au maître de bien vouloir interroger le petit Moussa. A son corps défendant donc, le maître l’interroge : « Oui, Moussa ! ». « Monsieur, la joue de l’inspecteur est rayé-rayée ! ». L’inspecteur l’aura cherché.


DINDE Fernand AGBO

19:15 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blagues-sms, humour, orange, sourire, rire, blagues ivoiriennes | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA CRISE FINANCIERE ACTUELLE, LA GOUTE D'EAU QUI FERA DEBORDER LE VASE DES INSTITUTIONS DE BRETTON WOODS?

LE DOLLAR ILLUMINATI.jpg
Par Fred NTOUTOUME. Economiste.

Depuis que le 28 Juillet 2007, deux importants fonds d’investissements appartenant à la banque américaine Bear Stearns se sont déclarées en faillite, l’onde de choc de l’éclatement de la bulle immobilière américaine - ou crise des subprimes, a fait tache d’huile dans le reste de l’économie mondiale. Cette crise des prêts hypothécaires immobiliers de l’Outre-atlantique, faisant elle-même suite à une série d’autres crises sur les places financières depuis le début du XXe siècle, est à l’origine des poussées de fièvre actuelles que connaissent les marchés financiers américains, européens et asiatiques.

Sous le vocable de crises financières actuelles, nous retiendrons les principaux phénomènes d’exubérance irrationnelle suivie d’éclatement de bulles spéculatives – appelé « krach » - qui sont intervenus depuis le début de la décennie. L’euphorie boursière du Nasdaq puis sa brutale chute du 10 Mars 2000, suite à un afflux massif d’ordres de vente des valeurs technologiques, venait préfigurer la crise dite de « l’éclatement de la bulle Internet ». Elle durera jusqu’en 2003. Tout juste quatre années plus tard, un autre krach, visiblement plus violent, tourmente de nouveau les places financières. Comment se manifeste cette nouvelle crise et quelles en sont les conséquences ? Comment revenir à un système financier international plus stable ?

I/ Ampleur de la crise financière actuelle

Au plan financier, l’ampleur de la crise actuelle s’avère préoccupante, selon les analystes. En effet, si l’on compare l'évolution du S&P 500, indice qui reflète la valeur de 500 grandes entreprises américaines cotées, ajusté de l'inflation, pendant les différentes crises qui ont émaillé la décennie, on remarquera que la crise actuelle est de loin la plus violente. En l’espace de 11 mois, en effet, l'indice a perdu 21%, alors que la crise Internet n'avait diminué la valeur du même indice que de 10% sur la même période. A ce sujet, A. Greenspan , l’ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), reconnaissait récemment "qu'il s'agit d'un événement qui se produit une fois tous les cinquante ans, probablement une fois par siècle" (interview accordée à la chaîne américaine ABC).

Sur un plan plus large, et selon le rapport semestriel de la Bank Of England (BoE) sur la stabilité financière, paru mi-octobre 2008, le montant global des financements mis à la disposition des marchés par les banques centrales et les Etats, depuis le mois d'avril 2008, se chiffre à 5.000 milliards de Livres Sterling (6.250 milliards d’Euros). Le coût de la crise, à proprement parler, avoisinerait les 2.800 milliards de dollars (2.240 milliards d’Euros), selon le même rapport. Une autre source assure que sur l’année 2008, les bourses occidentales auraient perdu, au total, 12.000 milliards de dollars US, dont 4.000 pour le seul mois de septembre (S. Garbi, Jeune Afrique N°2493/94, P.126).

Au plan socio-économique, les répercussions que l’on aurait pu attendre d’une crise économique aiguë, ont été circonscrites grâce aux mesures de refinancement entreprises d’urgence par les banques centrales américaines (700 milliards de dollars), européennes, britannique, et asiatiques. En substance, il s’agit pour ces « pompiers » de reprendre les actifs jugés risqués sur les bourses et délaissés par les investisseurs, en injectant une manne financière neuve sur les marchés. Ces rachats permettent aux banques de nettoyer leurs bilans d'actifs dévalorisés et de relancer l'offre de crédit, indispensable pour ramener la confiance chez les investisseurs. En outre, elles permettent de limiter les risques de faillite en cascade qui auraient pour conséquence de très nombreux licenciements, la hausse du chômage, la baisse des pouvoirs d’achat, le rationnement du crédit, le ralentissement de l’économie mondiale et donc une récession sans précédent.

Mais si les mesures pour essayer de contenir les effets de la crise financière ont le mérite d’exister, elles ne semblent pas en empêcher totalement les effets sur l’économie réelle. Aux USA d’où est partie la crise, la consommation s’essouffle. Les ventes ont chuté de 30 à 40% dans l’automobile, selon les marques, depuis 10 mois. La raison, les banques ne prêtent plus, ou alors elles demandent tellement de garanties que cela décourage les acheteurs. A ce rythme, la croissance de l’économie mondiale est attendue en baisse à 3,3% pour cette année, selon la Banque Mondiale. Ce qui risque d’augmenter considérablement le nombre de chômeurs de la planète, si l’on en croit les estimations préliminaires de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Pour le Directeur Général de l’organisation, Juan Somavia, le nombre de chômeurs pourrait, en effet, passer de 190 millions de personnes, en 2007, à 210 millions, à la fin de 2009.

Ainsi, l’ampleur de la crise actuelle demeure préoccupante et menace de s’aggraver si les quatre principales raisons des dérapages sur les marchés financiers (Ecofinance, Magazine Jeune Afrique, N°2431, p.63) ne trouvent pas de solution rapidement. L’absence de contrôle lié à la capacité des banques d’investissement à prendre des risques dans leur offre de produits financiers, la sophistication croissante des produits financiers (titrisation, produits dérivés,..) qui ajoute au flou des investisseurs-citoyens, la faillite des agences de Rating garantes de l’évaluation des risques des acteurs financiers et de l’information financière, et la valorisation des actifs au prix du marché qui renforcent la volatilité des comptes, sont autant de principes pointés du doigt. Une restructuration d’ordre systémique est nécessaire, pour améliorer les réglementations des marchés financiers et réduire les risques de crise.

II/ Des réformes urgentes

Au plus fort de la crise, le Président Français Nicolas SARKOZY a émis avec sa collègue la Chancelière Allemande Engela MERKEL, l’idée d’une refondation du système financier international. Le sommet de Washington tel qu’il a été organisé par l'administration américaine sur proposition donc européenne, a réuni, les 14 et 15 novembre 2008, les chefs d'Etat et de gouvernement du G20. Cette rencontre historique a été également précédée, les 8 et 9 novembre, d'une réunion des Ministres de l'Economie et des Finances du G20, à Sao Paulo, au Brésil. Ces concertations au plus haut niveau répondent à l’urgence de revisiter certains rôles auxquels étaient prédestinées les institutions de Bretton Woods.

A ce sujet, M. Hort Kohler, ancien Directeur Général du Fonds Monétaire International (FMI) avertissait déjà, en l’an 2000, que « le FMI doit acquérir une meilleure maîtrise de la dynamique des marchés internationaux des capitaux et du fonctionnement des institutions financières privées pour s'acquitter plus efficacement de son mandat de surveillance du système monétaire international et de promotion de la stabilité financière internationale ».

Dans cette optique, sans verser dans les potions magiques, le FMI pourrait :
1) renforcer la détection et le contrôle de la vulnérabilité externe des économies, notamment à travers la mise au point de systèmes d’alertes avancés sous réserves que les Etats possèdent des données statistiques fiables,
2) renforcer l’harmonisation des normes et codes internationaux de bonnes pratiques telles que la norme spéciale de diffusion des données (NSDD) couvrant les principales catégories de données économiques,
3) renforcer la surveillance des mouvements de capitaux dans l’optique de circonscrire les effets déstabilisateurs,
4) réformer les mécanismes financiers du FMI liés aux prêts tels que les lignes de crédit préventives (LCP), tout en œuvrant pour une plus grande transparence dans la diffusion des informations économiques et financières.

Dans la même lancée, le rôle de la Banque Mondiale (BM) qui se résume aujourd’hui à accorder des prêts aux Pays les Moins Avancés (PMA) pourrait être revu. Alors qu’elle avait été créée, en 1944, pour reconstruire l’Europe et le Japon de l’après guerre, sur le modèle d’une banque classique qui prête de l’argent aux pays dans le besoin, elle a évolué peu a peu vers des missions de lutte contre la pauvreté. Or la récurrence des crises financières actuelles devraient la ramener à jouer un rôle plus catalyseur dans l’offre de crédit sur les marchés boursiers.

Enfin, la Banque des Règlements Internationaux (BRI) joue à la fois le rôle de banque des banques centrales de 49 pays, pour la gestion de leurs réserves internationales et de centre de coopération internationale sur tous les sujets relevant de leur compétence ou de leur intérêt. La BRI pourrait, aux cotés du FMI :

1) contribuer à élargir la couverture de ses statistiques bancaires internationales, en améliorant l’information réciproque,
2) renforcer la surveillance et la transparence des places financières off-shore dans l'application des standards internationaux,
3) concourir à la réduction de la volatilité des flux de capitaux par le levier des risques liés à l’endettement extérieur de court terme, entre autres.

Conclusion

Au sortir de notre analyse, il ressort que l’ampleur et les conséquences de la crise financière actuelle, en termes de réformes, resteront historiques. La première puissance mondiale, les Etats-Unis, a connu, en moins de huit années, deux crises majeures. La crise de l’éclatement de la bulle Internet a laissé place à celle des subprimes, dont les répercussions plongent actuellement les pays les plus développés dans une instabilité économique préoccupante.

La crise actuelle est telle que l’économie américaine, suivie des autres économies du nord et de certains pays émergents connaissent déjà le ralentissement de leur demande intérieur, principal facteur de croissance, via un « credit crunch » qui rend de plus en plus difficile l’accès au crédit. Pointés du doigt, la super spéculation pour le profit et le manque de transparence des marchés financiers sont les principaux facteurs d’explication de la formation des fameuses « bulles» qui précèdent les krachs boursiers.

Bien que pour parer au plus pressé, des mesures de compensation financière par injection de liquidités sur les marchés boursiers aient été entreprises par les Banques Centrales et les Etats, l’urgence d’une restructuration du fonctionnement de la finance internationale est indéniable, voire incontournable.

19:08 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : institutions de bretton woods, krach, subprimes, g20, crise financière | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 20 novembre 2008

DRAME EN RD CONGO: LE VIOL COMME ARME DE GUERRE !

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Chers Tous. Visionnez ces 12 films, atrocement inhumains, décrivant la barbarie de la guerre sans nom, en RDC !

Le viol est devenu une pratique courante dans l'Est de la République Démocratique du Congo. La population locale est la proie de groupes armés, qui la harcèlent dans une impunité quasi totale.

Ces films décrivent des scènes terribles, témoignages de victimes à l'appui, de femmes violées et torturées. Des femmes sans âge, jeunes et moins jeunes, mais qui ont en commun d'avoir subi des violences sexuelles inouïes. Ce sont des Congolaises vivant dans la province située à l'Est de la RDC et livrée à une guerre civile : le Sud-Kivu, non loin de la frontière poreuse, et violée aussi, avec le Rwanda. Les films ? " Viol, une arme de guerre, au Congo "… A découvrir!

Cliquez ICI pour visualiser les vidéos.

13:26 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, RD Congo | Lien permanent | Commentaires (28) | Tags : rdc, viol comme arme de guerre, sud-kivu, congolaises violées | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 18 novembre 2008

SOMMET DU G20, A WASHINGTON: LES REACTIONS

Le G20 dessine les contours d'un plan de lutte anti-crise.
Voici les principales réactions au plan d'action du G20 adopté à Washington, le samedi 15 novembre 2008. Revue de presse:



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EN FRANCE

Nicolas Sarkozy, président de la République: "Je crois pouvoir dire que c'est un sommet historique, dans la mesure où pour la première fois, des pays aussi différents que ceux qui étaient rassemblés dans le G20, décident de prendre des initiatives en commun et que l'administration américaine accepte de faire mouvement sur des sujets où historiquement, toutes les administrations américaines avaient refusé de le faire . Le sommet apporte des réponses structurelles à la crise financière et des réponses à la crise économique. Il reste beaucoup de travail à faire mais c'est passionnant. L'année 2008 sera celle qui aura marqué l'entrée dans le 21è siècle". (Déclaration à la presse, samedi 15 novembre)

François Fillon, Premier ministre: "Le double écueil de la division entre pays développés et émergents et des réticences de certains de nos partenaires à réguler la sphère financière a été surmonté. La lutte contre les paradis fiscaux est relancée" et "comme l'ont souhaité l'Europe et la France, aucun acteur financier, aucune juridiction, aucun segment de marché" ne restera "à l'écart de la régulation et de la supervision. Ce sommet voulu par la France et le président de la République Nicolas Sarkozy envoie un double message au monde: face à la crise économique, les pays du G20, qui représentent plus de 80% de l'économie mondiale, s'engagent à prendre des mesures de soutien à l'économie coordonnées et concertées et à refuser tout recours au protectionnisme. Face à la crise financière, ils mettront en place avant le 31 mars 2009 une nouvelle régulation financière internationale pour qu'une telle crise ne puisse plus se reproduire". (communiqué, dimanche 16 novembre)

Christine Lagarde, ministre de l'Economie: "C'est un vrai succès pour la France et pour l'Europe car ce sommet, qui était un extraordinaire exemple d'unité et de concertation, c'est vraiment le président de la République qui l'a poussé. Voir des pays aussi différents que l'Arabie saoudite, la Chine, la Turquie, les Etats-Unis et la Russie tomber d'accord sur la nécessité d'un plan de relance et sur la rénovation du système financier, c'est une étape magnifique. J'ai la conviction que le président américain élu Barack Obama va valider les dispositions adoptées par le G20. Le gouvernement [français, ndlr] a déjà pris des mesures pour soutenir la consommation et l'investissement. (Déclaration dimanche sur France 2)

Hervé Morin, ministre de la Défense: "Le sommet du G20 marque la fin d'une époque: celle de l'impunité de la finance mondiale. Les engagements pris vont bien au-delà de simples déclarations d'intention et s'appuient sur un calendrier contraignant. Ces engagements constituent une première étape de la refonte du système financier mondial. Alors que le monde entre dans une période de récession sans précédent depuis 1945, il est plus que jamais indispensable de ne pas céder à la tentation du repli protectionniste et de promouvoir un système de gouvernance mondiale fondé sur une coopération accrue entre les Etats et les grandes organisations internationales". (communiqué, dimanche 16 novembre)


EN EUROPE

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne: "Toute réforme de la gouvernance mondiale devra assurer la participation réelle des pays en développement, touchés en premier lieu par la crise". (Message enregistré à Washington à l'attention des participants aux Journées européennes du développement à Strasbourg, dimanche 16 novembre)

Gordon Brown, Premier ministre britannique: "Je crois que vous allez assister au cours des prochaines semaines à des annonces significatives d'un certain nombre de pays. Il est tout à fait clair que nous essayons de construire de nouvelles institutions pour l'avenir. Nous sommes déterminés à nous battre contre le protectionnisme. L'une des manières de signaler que le protectionnisme est inacceptable est de signer un nouvel accord commercial. Nous allons réformer le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale devrait aussi être réformée". (Déclaration à la presse, samedi 15 novembre)

Silvio Berlusconi, chef du gouvernement italien: "A partir du 1er janvier, nous aurons la présidence du G8, qui n'a pas été effacé par le G20. En réalité, certains problèmes doivent être discutés par des pays qui sont des démocraties accomplies alors que d'autres pays, qui font partie du G20, sont encore sur la voie de la démocratie" (intervention téléphonique dans un congrès politique à Vérone, dimanche 16 novembre)

Roland Meier, porte-parole du gouvernement suisse: La Confédération prend acte avec intérêt des mesures envisagées lors de ce sommet et souhaite que les principales places financières soient intégrées à ce processus. -La Suisse, qui n'a pas été invitée au G20, souhaite toutefois intégrer les groupes de travail prévus à l'issue du sommet.


DANS LE MONDE

Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU: Le plan d'action du G20 permet "une nouvelle régulation des marchés pour éviter de futures crises, une nouvelle gouvernance économique plus complète et la nécessité d'éviter le protectionnisme sur le commerce et l'investissement. Il faudra associer tous les pays à la constitution d'une future gouvernance économique mondiale. Il faut une coordination internationale des plans de relance et l'importance de respecter les engagements d'aides pour éviter un ralentissement économique mondial, qui affecterait négativement la sécurité mondiale, la stabilité et le bien-être des pays pauvres et des populations démunies. (Communiqué, samedi 15 novembre)

Robert Zoellick, président de la Banque mondiale: "Ce sommet des dirigeants du G20 et la rencontre des ministres des Finances du G20 ce week-end ont commencé à jeter des bases productives de discussion, de résultats et d'entente. Je me félicite de la réaffirmation par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'importance des Objectifs du millénaire pour le développement et de leur engagement à honorer leurs promesses d'aide internationale. Je salue également l'engagement à accroître la voix et la représentation des économies émergentes en développement dans la structure de gouvernance des institutions de Bretton Woods. Même si la direction peut faire des propositions, au final la décision sur la taille et le programme des réformes est entre les mains des actionnaires. J'espère que quelques pas courageux seront entrepris pour bâtir sur les réformes préliminaires adoptées à l'assemblée générale annuelle le mois dernier".

Pascal Lamy, directeur de l'Organisation mondiale du commerce: "Le G20 a donné l'impulsion politique très nécessaire au cycle de Doha. Cet engagement au plus haut niveau pour élargir le système commercial global est vital pour le succès de nos négociations. Nous avons désormais besoin que cette forte manifestation de soutien se traduise en action au niveau des tables de négociations à Genève". (Communiqué, lundi 17 novembre)

Dmitri Medvedev, président de la Russie: "La crise économique mondiale témoigne de l'obsolescence d'un nombre de principes de l'organisation économique du monde d'après-guerre. Nous constatons que beaucoup de structures et systèmes internationaux créés à cette époque sont dépassés. Il nous faudra reconstruire toute l'architecture financière mondiale, la rendre ouverte et juste, efficace et légitime. A notre avis, le G20 doit devenir le principal coordinateur de la réforme et du développement du système financier mondial. Dans le même temps les autres formats d'interaction entre les grands pays du monde doivent être conservés. Avant tout sur les questions de sécurité. Le FMI et les autres organisations internationales doivent se voir assurer les fonds nécessaires pour soutenir les pays les plus pauvres".

Luiz Inacio Lula da Silva, président du Brésil: "Je quitte Washington très heureux car la structure mondiale a acquis une nouvelle dimension géopolitique. Il ne serait pas logique de prendre des décisions politiques et économiques sans les membres du G20. Les pays en développement doivent être totalement associés à la solution de la crise financière mondiale". (Déclaration à la presse, dimanche 16 novembre)

Susilo Bambang Yudhoyono, président indonésien: "J'espère que le sommet du G20 sera le point de départ d'un processus qui mènera à la réforme de l'architecture financière internationale afin de refléter la réalité du XXIe siècle".

Qin Gang, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois: "Le sommet du G20 a été propice à la croissance de l'économie mondiale et à la réforme de système financier international. La Chine espère que tous les pays vont continuer à améliorer la coordination, à rechercher le consensus, à renforcer considérablement la régulation financière et à prévenir la récession économique mondiale". (Déclaration à l'agence Chine Nouvelle, dimanche 16 novembre)

Stephen Harper, Premier ministre canadien: "C'est un processus sans précédent où les pays développés et les pays en développement vont travailler ensemble pour gérer les problèmes actuels de l'économie mondiale. Le développement à mon avis le plus surprenant est qu'il y a eu un accord presque unanime sur tous les sujets majeurs. Tout le monde comprend les grands dangers de la situation actuelle et la nécessité de travailler ensemble. Les marchés vont comprendre que tous les gouvernements du monde comprennent la nécessité d'une action et d'une action en collaboration". (Déclaration à la presse, samedi 15 novembre)

Donald Kaberuka, président de la banque africaine de développement: "L'Afrique se sent exclue. Cela sera tentant pour le G8 ou le G20 de prendre derrière des portes fermées des décisions pour résoudre les problèmes du secteur financier, et c'est possible de le faire". Or, la crise concerne également l'accès à la nourriture et à l'eau, les migrations, la sécurité, "et je ne vois pas comment ces questions pourraient être réglées avec seulement une partie du monde autour de la table".

Jean Ping, président de la commission de l'Union africaine: "Il y a pour nous un problème, c'est qu'on a pris l'habitude de prendre les décisions à notre place, sans nous écouter, et de nous les imposer. L'Afrique demande à être entendue. Si nous ne sommes rien, nous voulons être quelque chose. Nous voulons être écoutés, nous voulons être entendus et nous souhaitons prendre part aux décisions qui vont engager notre destin. On nous a imposé un modèle que nous avons accepté mais que l'Asie a refusé. Les résultats sont là: en Asie un développement époustouflant, l'Afrique s'est effondrée". (Discours aux Journées européennes du développement à Strasbourg, dimanche 16 novembre).

Source: Challenges.fr>Monde>le 17.11.2008 | 15:33

10:46 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : g20, crise financière mondiale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 17 novembre 2008

AU PETIT COIN JOYEUX DES BLAGUES-SMS

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Tout juste une petite parenthèse de bonne humeur pour déstresser un tout petit peu, avec quelques nouvelles blagues-SMS du réseau ORANGE. Cela vous dit ? Alors, très bonne lecture !

1- Un vieux musulman va à la mosquée, à 5 heures du matin, pour prier. L’imam, qui a remarqué une chose étrange, lui demande : « Qu’as-tu en main-là, Arouna ? ». Le vieux répond : « C’est mon chapelet ! ». L’imam lui dit : « Regarde bien, safroulaye ! C’est le baya (collier de perle pour bassin) de ta femme, koutoubou ! Ladjila djilala ! »

2- Un aveugle et un infirme vont chercher les go (filles) de rue. L’aveugle met au dos l’infirme, qui lui sert de guide. Arrivés au coin de la rue, l’aveugle s’arrête et son ami, l’infirme, perché sur son dos, lui demande : « Mais pourquoi t’arrêtes-tu ? ». Et l’aveugle dit : « On est arrivé chez les go teint clair ». « Comment le sais-tu ? », demande l’infirme. L’aveugle de lui répondre : « « Parce que tu bandes dans mon dos ».

3- Une petite fille observe sa mère enceinte et lui demande : « Maman, ya quoi dans ton ventre ? ». Et sa mère lui répond : « Ton petit frère ». La petite reste pensive un moment et demande : « Tu l’aimes ? ». La mère lui répond : « Oui, chérie ! ». Et la petite d’interroger : « Alors maman, pourquoi tu l’as avalé ? »

4- Trois fous veulent s’évader d’un asile. L’un dit aux autres : « Si le gardien est à droite, on passe à gauche. S’il est à gauche, on passe à droite ». Un d’entre eux va voir et revient très déçu, en disant : « Impossible de s’échapper. Le gardien n’est même pas là ! »

5- Un mort arrive au paradis et demande, tout étonné, à l’Apôtre Pierre : « Pourquoi toutes ces horloges ? ». Saint Pierre lui répond : « Elles tournent à chaque fois que quelqu’un ment, sur la terre. Tu vois, celle de JESUS est restée figée sur zéro heure parce qu’il n’a jamais menti, pendant sa vie terrestre. Celle de Bush est à 18 heures. Celle de Alliot Marie est à deux fois 24 heures ». Et le mort de demander : « Et celle de Chirac (surnommé, en France, Super Menteur) ? ». Pierre dit : « Elle tourne à vive allure. Elle est chez JESUS. Il s’en sert comme ventilateur ! ».



AUTRES SMS INTERESSANTS

1- La météo « Love » signale un grand ouragan de tendresse. Alors, passagers du navire « Amour », se munir de beaucoup de préservatifs ou de fidélité pour éviter la grande tempête qui fait ravage dans le monde : Le sida. Ensemble, luttons contre le VIH. Envoie ce message aux personnes que tu aimes.

2- Pour la réconciliation nationale : Pardon ! Ayah ! Sabari ! Yaki ! I am sorry ! Mé Sèrè! Yaya ooh yaya! Le pardon a de multiples façons d’être demandé. Usons-en en abondance pour la restauration de notre pays, la Côte d’Ivoire.



DINDE Fernand AGBO

13:56 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : blagues-sms, humour, réseau orange, bonne humeur, déstresser | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

MONNAIE OU RELIQUE COLONIALE: COMMENT LE FRANC CFA RETARDE LES PAYS DE LA ZONE FRANC

Novembre 9, 2008

1000 FRANCS CFA ANCIEN.jpgFace à une Amérique en crise et à la panique qui règne sur les marchés financiers mondiaux, les gardiens du Temple de la Banque Centrale Européenne se veulent les garants d’une stabilité monétaire et d’un euro fort. Leur attitude s’inscrit en faux contre celle des dirigeants des deux économies les plus puissantes de l’Europe, à savoir la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, qui craignent que le maintien d’un Euro fort mène les économies européennes à la ruine. A leur inquiétude devrait faire écho, en théorie, le désarroi de leurs collègues des pays d’Afrique membres de la zone franc. En effet, leur monnaie, le franc CFA, étant ancrée à la monnaie européenne à un taux fixe surévalué, on est en droit de penser qu’ils ne pouvaient manquer de s’interroger sérieusement sur l’avenir, sinon sur le destin du franc CFA. Cette monnaie, dont la convertibilité fait les choux gras des spéculateurs, est une source majeure de perte de compétitivité, d’évasion de capitaux et de controverses quant à son rôle, supposé ou réel, dans la crise qui continue de plomber les économies des pays de la zone franc dans un contexte de turbulence économique, notamment financière, à l’échelle mondiale.

L’histoire du CFA est étroitement liée à celle de la colonisation des pays africains. Durant la période coloniale, Français et Anglais, deux des pays colonisateurs de la région, avaient mis respectivement sur pied la zone franc et le « board of currency » pour doter leurs empires africains d’un système monétaire unifié. Ce système était subordonné au franc français et à la livre sterling.

Au lendemain de la proclamation des indépendances nationales à partir de la fin des années 1950, les ex-colonies anglaises ont démantelé leur zone monétaire commune pour mener des politiques monétaires souveraines et autonomes.

• En revanche, dans la zone franc, seuls quelques pays en ont fait de même la Guinée, la Mauritanie, Madagascar, le Mali (provisoirement), l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Cambodge, le Laos et le Vietnam.
• Les pays qui ont choisi de demeurer dans le giron de la France en conservant leur monnaie unique, le Franc CFA, sont : Djibouti, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République Centrafricaine, les Comores, le Congo, la Côte-d’Ivoire, le Gabon, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo. La Guinée Equatoriale et la Guinée-Bissau se sont jointes à eux.

La France a doté cette monnaie d’une convertibilité qu’elle s’est engagée à garantir sous réserve de la rétention de tout ou partie des avoirs extérieurs en devises de ces pays dans un « COMPTE D’OPERATION » ouvert auprès du Trésor Public français par les banques centrales de la zone franc:

1. la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
2. la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) .

LA FRANCE S’EST EGALEMENT ARROGEE UN DROIT DE VETO DANS LA GESTION DE CES BANQUES CENTRALES. DE MEME, TOUT CHANGEMENT DES REGLES DU JEU AU SEIN DE LA ZONE MONETAIRE FRANCOPHONE NECESSITE UN ACCORD PREALABLE AVEC LA FRANCE.

On devine aisément les implications qui s’attachent au corset ainsi créé quand on connaît l’importance de la monnaie dans la marche d’une économie.

FRANCS CFA BILLETS.jpgCelle-ci a, en effet, trois fonctions traditionnelles:
1. Elle est, d’abord, une unité de compte,
2. ensuite un moyen de paiement,
3. et enfin un instrument de réserve.

Son émission ayant constitué de tout temps un droit régalien réservé aux seuls dirigeants des territoires indépendants, les détracteurs de la zone, qualifiant ces accords monétaires de relique coloniale, ont demandé leur abrogation. Les tenants du système, quant à eux, pour justifier le maintien du franc CFA, arguent du privilège de disposer d’une monnaie unique convertible et la capacité des pays de la zone à satisfaire les trois critères sur lesquels doit reposer une politique monétaire durable, à savoir la stabilité interne et externe et la croissance économique.

Tout Etat réglemente comme il l’entend la sortie de sa monnaie nationale et l’entrée des monnaies étrangères sur son territoire par le biais de sa politique de change, sa monnaie pouvant être transférable, c’est-à-dire convertible sur le marché international des changes. La convertibilité d’une monnaie réside dans sa capacité à être échangée contre une autre devise. Par exemple, des dollars peuvent s’échanger contre des euros et vice versa. Ces monnaies sont convertibles entre elles et cette convertibilité signifie que les banques centrales qui les ont émises s’engagent à les racheter. Lorsqu’une monnaie est convertible, le gouvernement qui l’émet en autorise la sortie. C’est généralement le cas des pays développés à économie de marché. LA CONVERTIBILITE N’EXCLUT PAS L’EXISTENCE D’UN CONTROLE DES CHANGES PLUS OU MOINS COERCITIF, EN PARTICULIER POUR LES RESIDENTS QUI PEUVENT ETRE SUJETS A DES RESTRICTIONS DANS L’USAGE DES MONNAIES ETRANGERES ET DANS LES MONTANTS QU’ILS PEUVENT TRANSFERER. C’EST LE CAS DU FRANC CFA DONT LA CONVERTIBILITE EST RESTREINTE A L’EURO ET LE LIBRE TRANSFERT A LA FRANCE.

LE FRANC CFA, MONNAIE COMMUNE, EST SUPPOSE CONTRIBUER A UNE PLUS GRANDE TRANSPARENCE DES PRIX, A L’ELIMINATION DES DISTORSIONS LIEES AU RISQUE DE CHANGE ENTRE MONNAIES NATIONALES ET DE FRAIS BANCAIRES INUTILES. SON OBJECTIF THEORIQUE EST AUSSI DE CREER UNE DISCIPLINE MONETAIRE ET BUDGETAIRE SAINE. CETTE MONNAIE DEVAIT ASSURER A LA FOIS UNE STABILITE DES PRIX, UNE ABSENCE DE DEVALUATIONS COMPETITIVES ENTRE PAYS MEMBRES DE L’UNION MONETAIRE ET L’OBTENTION DE TAUX D’INTERET REELS BAS ET STABLES FAVORABLES A LA CROISSANCE ET A L’EMPLOI.


Mais, force est de constater que la convertibilité et le libre transfert du franc CFA favorisent une sortie massive des capitaux à travers le transfert, sans risque de change des bénéfices des entreprises du secteur privé, françaises dans leur très grande majorité. Elle encourage également l’exode des revenus des ménages expatriés vers leur pays d’origine. Ces flux monétaires et commerciaux qui passent tous par le filtre des banques centrales ont pour seule destination l’Hexagone. C’est le cas depuis la mise en place, en 1993, du régime de contrôle de change par la France. ENTRE 1970 ET 1993, LE RAPATRIEMENT DES BENEFICES ET DES REVENUS D’EXPATRIES S’EST ELEVE A 6,3 MILLIARDS DE DOLLARS ALORS QUE LES INVESTISSEMENTS ETRANGERS S’ELEVAIENT A 1,7 MILLIARDS DE DOLLARS. LES RAPATRIEMENTS ONT DONC ETE QUATRE FOIS SUPERIEURS AUX INVESTISSEMENTS. De même, anticipant une dévaluation qui était devenue inéluctable eu égard à la détérioration des comptes dans les années 1990 et le refus de la France de soutenir les budgets africains, les placements spéculatifs effectués en francs CFA en France entre janvier 1990 et juin 1993 s’étaient élevés à 928,75 milliards de francs CFA soit environ 1,416 milliards d’euros .

De surcroît, en contrepartie de la garantie de convertibilité du CFA, d’abord en franc français puis en euro, la France exige depuis 1960 que les pays de la zone déposent leurs réserves de change sur un compte du Trésor Public français. A l’aube des indépendances le dépôt exigé était de 100%. Il a été réduit à 65% en 1973, puis plafonné à 50% depuis septembre 2005, le reliquat devant servir au remboursement de la dette extérieure des pays membres. Mais, hormis les « gourous » des finances françaises, nul ne sait ce que recèle en réalité ce compte d’opérations et ce que la France fait des très importantes sommes qui y sont déposées.

D’après la convention sur ce compte, signée en 1962 entre le ministère français de l’Économie et ses ex-colonies membres de la zone franc, le Trésor français perçoit, en cas de découvert, des agios payés par les banques centrales. En revanche, il leur verse des intérêts si les comptes sont créditeurs. Depuis la mise en œuvre des accords de coopération monétaire, le compte d’opération n’a été débiteur temporairement qu’à cinq reprises depuis 1973, le solde étant créditeur de manière ininterrompue depuis janvier 1994. Le rapport 2005 de la zone Franc montre que les banques centrales détiennent des records de réserves au Trésor français estimées à 6300 milliards de FCFA, équivalents à 9,6 milliards d’euros soit un taux de couverture de l’émission monétaire supérieur à 110 %, alors que la convention de 1962 n’exige qu’un taux de couverture de 20 %. Entre janvier et décembre 2006, les avoirs extérieurs nets de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest avaient progressé de 544,3 milliards de F CFA (830 millions d’euros) pour se situer à 3 710 milliards de F CFA (5,7 milliards d’euros). Sur la même période, ceux de la Banque des Etats de l’Afrique centrale avaient augmenté de 1757 milliards (2,7 milliards d’euros) pour atteindre 4382 milliards de FCFA (6,7 milliards d’euros).

Les pays membres de la zone franc, dont certains sont classés parmi les plus pauvres du monde, selon leur indice de développement, se voient ainsi privés par la France d’énormes ressources financières qui auraient pu être investies dans les secteurs clés de leurs économies (production vivrière, éducation, santé, logements et infrastructures). LE PLUS REVOLTANT DANS CE MARCHE DE DUPES EST QUE LA FRANCE SE SERT DE L’ARGENT DE CES PAYS POUR LEUR CONCEDER DES PRETS A DES TAUX PROHIBITIFS. LE COMBLE EST QUE LES PAYS DE LA ZONE, NON CONTENTS DE SE VOIR AMPUTER D’UNE PART IMPORTANTE DE LEURS REVENUS, S’ENDETTENT AUPRES DE LA BANQUE MONDIALE ET DU FMI AUX CONDITIONS DRASTIQUES QUE L’ON SAIT AU LIEU D’USER DE LEURS PROPRES AVOIRS CONFISQUES PAR LA FRANCE. En se comportant comme des victimes consentantes, lesdits pays n’ont fait que traduire une attitude éminemment freudienne des Noirs qui confine à l’auto-flagellation.

En ce qui concerne la stabilité interne de la zone franc, le rattachement du franc CFA au franc Français et aujourd’hui à l’euro était censé permettre aux autorités monétaires de la zone franc d’imposer la discipline anti-inflationniste de la Banque de France et maintenant de la Banque européenne. La zone s’est toutefois révélée impuissante à contrecarrer la flambée des prix du pétrole, des matières premières et des denrées alimentaires provoquées en partie, par la progression de la demande des Asiatiques en matières premières, particulièrement des Chinois. L’augmentation des prix des denrées alimentaires a donné naissance à des émeutes de la faim dans nombre de pays d’Afrique parmi lesquels figurent des pays de la zone franc tels que la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Burkina Faso et le Sénégal.

Quant à la stabilité externe, c’est à dire la stabilité d’une monnaie sur les marchés des changes, elle est étroitement liée à la politique de change qui la sous-tend. Les pays de la zone franc ont opté pour une politique de taux de change fixe alors que le taux de change de l’euro sur lequel il est arrimé est flottant et ne cesse de s’apprécier . La politique d’un euro fort et de taux d’intérêts élevés poursuivie par la Banque Centrale Européenne (BCE) pour juguler tout risque d’inflation et attirer les capitaux étrangers en Europe prive les pays de la zone franc de compétitivité. Le franc CFA est surévalué par rapport aux autres monnaies des pays du Sud avec lesquels il est en concurrence. LES PRODUITS LIBELLES EN FCFA DEVIENNENT TROP CHERS ET LES PAYS DE LA ZONE SE RETROUVENT AINSI EXCLUS DES MARCHES DU SUD. La politique d’un euro fort est préjudiciable aux économies de la zone franc comme l’a été auparavant la politique d’un franc fort menée par l’ex ministre de l’économie et des finances, Pierre Bérégovoy, sous le gouvernement socialiste de François Mitterrand. L’appréciation de l’euro par rapport au dollar ruine les économies des pays de la zone Franc. De janvier 1999 à mai 2008, l’euro est passé de 1,17 à 1,59 dollars, ce qui signifie que le franc CFA, monnaie des économies jugées parmi les plus indigentes du monde, s’apprécie par rapport au billet vert. Cela ne manque pas de poser problème, car les prix des principaux produits d’exportation de la zone comme le café, le cacao et le coton sont libellés en dollars, tandis que ceux de leurs plus gros volumes d’importation le sont en euros. EN EFFET, SE FAIRE PAYER SES EXPORTATIONS EN MONNAIE FAIBLE ET REGLER SES IMPORTATIONS EN MONNAIE FORTE NE PEUT QUE PROVOQUER UNE INCIDENCE NEGATIVE TRES HANDICAPANTE SUR LES BALANCES COMMERCIALES, AU POINT QUE LA QUESTION D’UNE NOUVELLE DEVALUATION DU FRANC CFA, A SEULE FIN D’ACCROITRE ARTIFICIELLEMENT LA COMPETITIVITE DES EXPORTATIONS DE LA ZONE FRANC, SE POSE A NOUVEAU. Quel contraste avec la Chine qui, depuis le 1er Janvier 1994, a ancré sa monnaie, le yuan, au dollar à un taux de change extrêmement bas, ce qui lui donne un avantage compétitif par rapport à ses concurrents occidentaux et des possibilités d’exportation accrues.

La zone franc a également été promue comme étant un espace propice à la croissance économique de ses membres. La croissance économique est sujette au niveau des taux d’intérêt et des liquidités mises en circulation par la Banque centrale, au volume des investissements et des échanges commerciaux. La masse monétaire en circulation dans la zone franc se mesure à l’aune des seuls échanges entre la France et ses alliés africains, aux transferts des travailleurs émigrés, au rapatriement des capitaux spéculatifs et aux décaissements des bailleurs de fonds. Dans un tel contexte, les taux d’intérêt demeurent toujours élevés. Leur haut niveau est préjudiciable à tout essor économique et prive les entrepreneurs de ces pays des crédits bon marché sans lesquels il n’y a point d’existence pour les petites et moyennes entreprises ni de classe moyenne vecteur de développement.

La convertibilité du franc CFA et son arrimage à l’euro éliminant tout risque de change entre les zones franc et euro, cela était censé faciliter l’afflux des investissements productifs créateurs d’emplois, en provenance d’Europe. En réalité, les investissements dont ont bénéficié les pays d’Afrique se sont portés quasi exclusivement dans l’exploitation des ressources naturelles. Les investissements directs étrangers (IDE), en Afrique, ont atteint 38 milliards de dollars US en 2007 contre 126 milliards de dollars en Amérique latine et aux Caraïbes, 224 milliards de dollars pour les pays d’Asie du sud et d’Océanie, 98 milliards de dollars pour les pays de l’Europe du sud-est et de la Communauté des États Indépendants (CEI). Durant la période 2002 - 2004, les IDE en Afrique avaient seulement été de 1,2 milliards de dollars . L’accroissement enregistré est essentiellement dû aux investissements en provenance des pays émergents d´Asie : Hong-Kong, République de Corée, Chine, Inde et Malaisie et non d’Europe. Ils sont concentrés dans les industries extractives et ne bénéficient qu’à un nombre limité de pays tels que le Nigeria, l’Angola, le Mozambique, le Soudan, le Congo Brazzaville, la Guinée Equatoriale ou la République démocratique du Congo. CES INVESTISSEMENTS DANS L’EXPLOITATION DES RESSOURCES NATURELLES, PARTICULIEREMENT LE PETROLE ET LES MINERAIS, PERPETUENT LA DEPENDANCE DE LA REGION ET SON APPAUVRISSEMENT RESULTANT D’UNE EXPLOITATION SYSTEMATIQUE DE SES RESSOURCES SANS LA CONTREPARTIE D’INVESTISSEMENTS PRODUCTIFS, DE CREATIONS D’EMPLOIS ET D’EXPORTATIONS DE BIENS MANUFACTURES. IL EN EST DE MEME DES FLUX COMMERCIAUX ENTRE LES PAYS DE LA ZONE FRANC ET CEUX DU RESTE DU MONDE QUI SE REDUISENT A L’IMPORTATION DE PRODUITS MANUFACTURES ET A L’EXPORTATION DE PRODUITS DE BASE, CE QUI EXCLUT TOUT DEVELOPPEMENT INDUSTRIEL AUTONOME. Ceci devrait inciter les Africains à promouvoir la diversification des investissements, à renforcer leurs capacités productives dans leurs autres secteurs économiques et à développer un espace légal régissant les partenariats entre les filiales étrangères et les entreprises locales pour favoriser le transfert de la technologie dont la région a besoin pour s’industrialiser.

L’EXISTENCE D’UN MARCHE UNIQUE DEPOURVU DE BARRIERES COMMERCIALES OU FINANCIERES ET D’ENTRAVES A LA LIBRE CIRCULATION DES BIENS ET DES CAPITAUX SONT LES CONDITIONS SINE QUA NON POUR TIRER LE MAXIMUM DE BENEFICES D’UNE MONNAIE UNIQUE. POURTANT, CE MARCHE UNIQUE DANS LEQUEL LES PAYS DE LA ZONE FRANC SONT SUPPOSES EVOLUER N’A D’EXISTENCE QUE DE NOM. ILS EN SONT ENCORE, DEPUIS PRES DE DEUX DECENNIES, A S’ECHINER A METTRE EN PLACE UNE UNION DOUANIERE AU SEIN DE L’UNION ECONOMIQUE ET MONETAIRE OUEST AFRICAINE (UEMOA) ET DE LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE ET MONETAIRE DE L’AFRIQUE CENTRALE (CEMAC), LES DEUX ORGANISATIONS CHARGEES DE LA MISE EN PLACE DE L’HARMONISATION DES REGIMES FISCAUX ET DES POLITIQUES DE CONVERGENCE ECONOMIQUE DE LEURS MEMBRES. Il faut se souvenir que de 1945 à 1960, la coopération monétaire et la coordination des politiques économiques avec la France, dans le cadre de la zone franc, s’étaient en effet appuyées sur une intégration politique, économique et monétaire complète ainsi qu’une libre circulation des personnes, des biens et des services. Le choix des pays africains qui ont décidé de rester sous la tutelle monétaire de la France aurait donc été justifié si ces mêmes pays avaient maintenu le marché commun et les structures fédérales dans lesquels ils opéraient sous le régime colonial. Mais ils n’en ont rien fait. BIEN AU CONTRAIRE, ILS SE SONT EMPLOYES A LES DEMANTELER DES LEUR ACCESSION A L’INDEPENDANCE. EN ERIGEANT DES BARRIERES DOUANIERES ENTRE EUX, LES AFRICAINS SE SONT DELIBEREMENT COUPES LES UNS DES AUTRES, CREANT DE FACTO UN ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE IMPROPRE A L’ADOPTION D’UNE MONNAIE UNIQUE. De plus, les banques centrales de la zone franc n’ont aucune existence juridique sur le marché des changes. Il revient donc à la Banque Centrale Européenne (BCE), qui a hérité des accords franco-africains, d’agir en leurs noms. MAIS QUAND LA BCE INTERVIENT SUR LE MARCHE INTERNATIONAL DES DEVISES, C’EST POUR DEFENDRE L’EURO ET NON LE FCFA. CETTE SOUS-TRAITANCE DE LA GESTION DU FRANC CFA A LA BCE CONSTITUE UN FREIN SUPPLEMENTAIRE AU PROCESSUS D’INTEGRATION DES ECONOMIES DES PAYS DE LA ZONE ET A L’ACCROISSEMENT DE LEURS ECHANGES INTRA-COMMUNAUTAIRES.

Dans ces circonstances, il y a quelque chose de kafkaïen dans cette démarche qui consiste à démanteler des structures pour ensuite essayer de les remettre en place à rebours. Cela engendre des distorsions structurelles, institutionnelles et économiques dont les dirigeants et les élites francophones d’Afrique noire n’ont cure, d’autant qu’ils en tirent des intérêts personnels. En effet, la convertibilité du FCFA est un moyen bien commode pour eux de disposer de fortunes considérables et d’immenses domaines immobiliers dans l’Hexagone.

Les crises économiques et financières qui affectent les pays de la zone franc depuis les années 1990 sont les manifestations les plus éloquentes de l’échec des politiques et des choix qui ont prévalu en son sein. Elles ont conduit à la dévaluation de 100% du franc CFA en janvier 1994 et à la paupérisation qui a conduit aux désordres que l’on sait et qui vont aller s’aggravant A MOINS QUE L’ON METTE FIN AU SYSTEME D’EXPLOITATION INSTITUTIONNALISEE QUE REPRESENTE LA ZONE FRANC.

En l’état actuel du développement des économies africaines, la norme, en matière de politique de change devrait reposer sur l’inconvertibilité et l’intransférabilité des monnaies nationales. Lorsqu’un Etat interdit la sortie de sa monnaie nationale, cette monnaie est dite non convertible donc non transférable. Dans ce cas, un contrôle des changes hermétique donne le monopôle des monnaies étrangères aux autorités monétaires qui contrôlent toutes les opérations de change avec l’extérieur. Cette restriction légale assure une gestion rigoureuse des rentrées et des sorties de devises, ce qui permet de les allouer en priorité au développement des secteurs clé des économies concernées. Cette situation est d’ailleurs fréquente dans le monde en particulier dans les pays en voie de développement (PED) très déficitaires qui connaissent de graves difficultés de paiements. C’est également le cas des économies régulées de type semi-étatique où l’Etat prend en charge le contrôle des secteurs essentiels de l’économie comme en Chine, en Inde ou au Vietnam. Rappelons également que pendant longtemps l’échange de francs français contre des devises n’était pas libre mais réglementé. Une convertibilité externe du franc, rétablie en 1958 pour les non-résidents, n’était pas totale pour les résidents. Par exemple, ceux-ci ne pouvaient pas sortir des capitaux hors des frontières sans autorisation administrative. Quant au géant chinois, soucieux de ne pas faire peser des risques importants sur sa croissance économique par une sortie incontrôlée de devises, il n’autorise pas la libéralisation de son marché des changes et sa monnaie, le yuan, n’est pas librement convertible.

AU VU DE CE QUI PRECEDE, LES AVANTAGES AVANCES POUR LE MAINTIEN DE LA CONVERTIBILITE DU FRANC CFA SE REVELENT ETRE UN SUBTERFUGE QUI INSTITUTIONNALISE L’APPAUVRISSEMENT SOCIO-ECONOMIQUE DES PAYS DE LA ZONE FRANC. ILS SE DOIVENT D’Y METTRE FIN, DE RECOUVRER LA GESTION DE LEURS RESERVES DE CHANGE, D’INSTITUER UN STRICT REGIME DE CONTROLE CHANGE ET D’ETENDRE LES POLITIQUES D’HARMONISATION FISCALE ET DE CONVERGENCE ECONOMIQUE QU’ILS MENENT AU SEIN DE L’UEMOA ET DE LA CEMAC A L’ENSEMBLE DES PAYS MEMBRES DE LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ETATS DE L’AFRIQUE DE L’OUEST (CEDEAO), L’ORGANISATION MANDATEE PAR L’UNION AFRICAINE (UA) POUR COORDONNER LES POLITIQUES D’INTEGRATION DANS LA SOUS-REGION.



*SANOU MBAYE,
économiste, ancien fonctionnaire international, auteur de l’Afrique au secours de l’Afrique, à paraître en janvier 2009, aux Editions de l’Atelier.


Source: 20mai.net

13:34 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (39) | Tags : franc cfa, zone franc, monnaie, relique coloniale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 12 novembre 2008

UN INSTANT DE DETENTE AVEC QUELQUES BLAGUES-SMS

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Sacrifions à ce qui est désormais une tradition sur notre blog : Nous offrir un moment de bonne humeur pour rompre, un tant soit peu, avec le stress domestique et la grisaille mondiale et nationale. Voici pour vous quelques nouveaux SMS qui ont fait leur apparition sur le réseau ORANGE. Bonne lecture !


1- J’ai fait un beau songe sur toi, dans lequel j’ai vu que tu recevras, demain matin, des mains d’une âme généreuse, la somme de cent mille francs, à condition que tu ne lises pas ce SMS (reçu sur ton portable) en te servant de ton pouce. Mince, tu l’as utilisé ?! Dommage ! Cent mille francs, ce n’était quand même pas rien !

2- Au cours de l’opération d’enrôlement pour l’identification des populations ivoiriennes, on demande au vieux Tapé sa profession. « Bachelier ! », dit-il. « C’est quoi ça encore ? », demande l’agent. Le vieux Tapé lui répond : « Quand ya funérailles, c’est nous on met bâche ».

3- Un fou voit son ami fou de longue date, à Yopougon. Il lui dit : « Tchiéé ! C’est pas possible ! Tu as grossi, ooh ! C’est dans quelle poubelle du quartier tu manges ? » Et l’autre lui dit : « J’ai fini avec ça ! Je mange dans poubelle de Gbagbo, maintenant ! ». « Tu as percé, hein ! », s’exclame le premier. Et l’autre de répondre : « Ah oui ! Abidjan, ici, qui va se négliger ? »

4- Voici l’histoire de quatre personnes dont les noms suivent : Monsieur Tout Le Monde, Monsieur Quelqu’un, Monsieur N’importe Qui et Monsieur Personne. Lorsqu’est venu le temps d’accomplir un travail important, Tout Le Monde était sûr que Quelqu’un le ferait. N’importe Qui aurait pu le faire, mais Personne ne l’a fait. Quelqu’un s’est choqué parce que c’était le travail de Tout Le Monde. Tout Le Monde pensait que N’importe Qui aurait dû le faire mais Personne n’avait réalisé que Tout Le Monde a blâmé Quelqu’un lorsque Personne n’a fait ce que N’importe Qui aurait pu faire !

5- Un fils demande à son père de lui expliquer la différence entre le réel et le virtuel. Le père lui dit : « Va demander à ta mère si elle coucherait avec le voisin pour cent mille Euros (plus de 65 millions de francs CFA) ». La mère répond : « Oui, avec tout le palier même ! ». Ensuite le père dit à son fils : « Va demander à ta sœur si elle coucherait avec plusieurs voisins pour deux cent mille Euros (plus de 130 millions de francs CFA) ». La fille répond : « Oui, même avec tout le quartier ». Alors le père dit : « Tu vois, fiston, virtuellement, on a trois cent mille Euros (plus de 195 millions de francs CFA) à la maison et réellement, on a deux putes sous le même toit ».

6- Annonce : Job de vacances au zoo. C’est pour laver un lion, chaque matin, avant son petit-déjeuner. Salaire : Cent mille francs CFA par jour. Si t’es intéressé, écris maintenant même à l’adresse e-mail suivante : lamortmefaitpaspeur@zoo.ci.

7- Trois enfants et leur père, buvant du jus de gingembre bien glacé que leur mère venait de leur servir, regardent la télé. Le premier dit : « Les gars, la vieille a bobaraba-dèh (le postérieur bien fourni) ! ». Le deuxième dit : « Et c’est papa gaou-là qui gère ça ! ». Le troisième dit : « Quand on dit ça, le vieux est enjaillé (content) ! ». Et le papa de leur décocher une flèche : « Vous pouvez me remercier, petits coquins, parce que si je n’avais pas din din (regardé) ça, vous n’auriez pas eu le privilège d’être assis devant ce magnifique poste téléviseur, en train de siroter le bon jus glacé qu’elle vous a servi ! »

8- Un fait semble établi : 99,99 % des hommes sont infidèles. Un signe distinctif de ces hommes, c’est qu’ils lisent les SMS sur leur portable avec le pouce. Si tu as lu ce SMS en utilisant ton pouce, c’est que tu fais parti du lot ! Ne t’en défends pas ! (NB : Une vraie colle pour les hommes, car il est presqu’impossible de lire un SMS sans se servir de son pouce, à moins de ne pas en avoir un).

9- Un enseignant drague sa jeune et charmante élève de 4ème, âgé de 15 ans. Arrivés en chambre, tout se passe sans problème. L’enseignant indélicat est étonné de ce qu’elle ne soit pas vierge. Il demande à la fille : « Donc je ne suis pas le premier, alors ? ». La jeune fille lui répond : « Même mon maître de CM1 était étonné ! »

10- Un avion transportant des passagers de toute race, en partance pour l’Europe, arrive dans une zone de turbulence. Le pilote demande, d’urgence, de jeter du lest pour alléger l’avion et éviter un crash. Les bagages sont donc, séance tenante, balancer. Une heure plus tard, l’appareil entre dans une deuxième zone de turbulence, plus violente encore. Cette fois-ci, le pilote est hystérique. Il demande de jeter, de toute urgence, quelques passagers, par ordre alphabétique : Y a-t-il des Africains ? Personne. Y a-t-il des Black ? Personne. Y a-t-il des hommes de Couleur ? Personne. Inquiet, Koffi dit à son père : « Papa, devant DIEU, c’est de nous qu’on parle, non ! ». Son père lui répond : « Pour aujourd’hui, nous sommes des Nègres, mon petit. S’il le faut même, nous sommes des Zoulous. Alors du calme ! ».


DINDE Fernand AGBO

14:17 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blagues-sms, orange, humour | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

FRANCE-RWANDA : REPONSE DU BERGER A LA BERGERE

PHOTO GENOCIDE.jpg« A malin, malin et demi ! ». Il n’y a pas adage plus indiqué pour dépeindre l’escalade diplomatique qui a cours, en ce moment, entre le Rwanda et la France.

En effet, il y a deux années de cela (en 2006), la France, pour se donner bonne conscience devant la communauté internationale ou donner le change, à travers le Juge Jean-Louis BRUGUIERE, lance un mandat d’arrêt européen contre 9 personnalités et autorités rwandaises qu’elle suspecte d’avoir participé à l’assassinat, le 6 Avril 1994, de l’ex-Président Juvénal HABYARIMANA, dont la mort a servi d’élément déclencheur à l’effroyable génocide tutsi.
Cette méprise (je dirais plutôt, cette incongruité hallucinante) va lui coûter la peau du dos : Le Rwanda, pays modeste du Tiers-monde, rompt ses relations diplomatiques avec la France et expulse son ambassadeur. Qui l’eût cru ? L’ampleur médiatique de l’affaire met la France dans ses petites chaussures.

Un pays dirigé par des hommes humbles et conséquents aurait fait pression pour qu’un mandat d’arrêt aussi illogique qu’illégal, et même insultant, soit, séance tenante, retiré.
Mais que non ! Comme il fallait s’y attendre de la part de la France, impérialiste, orgueilleuse et inutilement provocatrice, se prenant pour le centre intouchable du monde, ledit mandat d’arrêt reste en l’état. On me parlera de séparation de pouvoirs. Je n’en disconviens nullement. Mais cela, c’est quand l’image de la « La Grande France » n’est pas susceptible d’être écorchée ! En dehors de ce cas précis de figure, la justice et le pouvoir français ne font qu’une seule et même entité. Au nom de la gloire de « La Grande France » ! Autrement, les auteurs de la tuerie innommable de l’Hôtel Ivoire, en Novembre 2004, à Abidjan, auraient déjà été jugés et écroués.

ROSE KABUYE ET KAGAME.jpgC’est donc en toute logique que l’Allemagne exécute la consigne internationale, en arrêtant, dans la journée du dimanche 9 Octobre 2008, Rose KABUYE, la Directrice du Protocole d’Etat rwandais. Aubaine inespérée ! Rose KABUYE accepte d’être extradée, en France, pour que le débat se déporte désormais dans la « surface de réparation » - pour parler comme les footballeurs - de la France dont le rapport d’une commission d’enquête rwandaise publié, en Août 2008, a établi, avec des preuves plus qu’accablantes, la responsabilité et l’implication dans le génocide de 1994. Lire le rapport ? Cliquer ICI.

PAUL KAGAME.jpgPour arranger les choses et mettre une pression totale à la France, le Président rwandais, Paul KAGAME expulse l’ambassadeur d’Allemagne au Rwanda et actionne les services judiciaires rwandais pour lancer (très bientôt) des mandats d’arrêts internationaux contre 23 personnalités françaises dont la responsabilité est établie dans la préparation et l’exécution du génocide.

Enfin, la France a trouvé à qui parler, elle qui croyait avoir affaire à ces chefs d’états liges qu’elle régente, en Afrique.
Nous l’avons dit sur ce blog, à la faveur de la célébration du Mois de la Résistance ivoirienne : « La France paiera, un jour, pour tous ses crimes, en Côte d’Ivoire et en Afrique ! »
Oui, l’heure est venue pour la France de rendre compte au monde de sa participation au génocide rwandais. L’occasion est trop inespérée pour être manquée. Même si nous ne nous faisons pas l’illusion de croire que les pays puissants de ce bas monde vont aider à traduire la France devant le TPI (qui, du reste, est le tribunal des vaincus et des faibles) ou lever le petit doigt pour infliger des sanctions à leur pair, eux qui font pareil sous d’autres cieux, si ce n’est pire.

Bon vent au Président Paul KAGAME et au peuple rwandais dans leur quête de justice ! Nous, jeunes africains, les assurons de notre total et indéfectible soutien !


Que DIEU bénisse le Rwanda et que DIEU bénisse l’Afrique !




DINDE Fernand AGBO

14:09 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Rwanda | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : génocide, bruguière, habyarimana, rwanda, rose kabuye | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

L'AFRIQUE N'A PAS D'HISTOIRE

LA CARTE DE L'AFRIQUE 2.jpgA maître Abel kassi, avocat international émérite. En hommage à ses idées lumineuses et tous les brillants cerveaux africains encore mal exploités.

L’instabilité chronique, les conflits incessants semblent être les marques déposées du continent africain. Un continent qui, des siècles auparavant, a connu des époques de lumière. Notamment sous l’Egypte antique. En ces périodes-là, l’Afrique fut la boussole du monde.
Aujourd’hui, c’est une tautologie de l’affirmer, l’Afrique va mal. Et ce malaise suscite des débats tranchés entre anthropologues de tout acabit, Afro-pessimistes et ceux qui croient encore en la capacité du véritable vieux continent, berceau de l’humanité, à renaître de ses cendres funestes héritées d’une histoire qui à notre sens n’est pas vraiment la sienne. De ce point de vue, ces passions ne devraient pas se poser. Car il est une vérité universelle qui trouve tout son sens dans la substance même de la dialectique hégélienne. Une Vérité magistralement exploitée par Karl Marx et qui ne laisse nulle place à la fatalité: La dialectique.
Loin de nous l’idée de faire de l’esprit, mais le principe même de la vie et partant de la dynamique de toute société humaine rend ce débat forclos.
En revanche, ce qui nous paraît fondamental se résume en un vrai diagnostic du mal être africain sans lequel tout débat sur l’avenir de notre continent se retrouve faussé à la base. L’Afrique telle qu’il nous l’a été démontré par Cheick Anta Diop et, avant lui, des savants arabes, grecs et romains a été l’épicentre de la civilisation humaine notamment sous l’Egypte pharaonique. Un continent où les peuples du monde venaient s’abreuver à la source du savoir. Elle a aussi connu de brillantes autres civilisations entre le VIII et le XVIè siècle. Les témoignages sont édifiants en la matière.
Celui de l’archéologue Mauny ne dit pas autre chose. Parlant de la ville de Koumi-Saleh, capitale de l'empire du Ghana (XIIIème siècle), il écrit ceci :
« Le centre de la ville est articulé autour d'une grande place d'où partent plusieurs rues ; dallages sur le sol, plaques sur le sol, plaques épigraphes, peintures en inscription sur les murs, escaliers de pierres [...]. Tout ceci nous permet de nous faire une idée de ce que fut une civilisation qui fleurit en ces lieux ».
Une description qui rompt d'avec les clichés caricaturaux dépréciatifs d'anthropomorphistes occidentaux tel le comte arthur de Gobineau, soutenu dans ses errements par des africains eux-mêmes dont le journaliste ivoirien Venance konan,auteur de ''Les prisonniers de la haine''.

A l’image de l’empire du Ghana, l’empire du mali – dont Tombouctou et Djéné, fondées entre les IXè et Xèmes siècles, étaient au XVIème siècle de grands centres d'échanges commerciaux- , l’empire Songhaï, le royaume du Congo, le royaume d’Ethiopie et bien d’autres encore ont connu de brillantes civilisations. Oeuvre des africains eux-mêmes.
L’Afrique influençait, tout en écrivant sa propre histoire, l’histoire de l’Humanité. Cependant, au cours de son évolution, deux faits marquants connus de tous, affectent grandement son histoire et signent par la même occasion sa descente en enfer. De ces deux moments - l’esclavage et la colonisation-, il nous semble crucial de nous attarder sur le deuxième pan qui, à nos yeux, apparaît comme le coup de grâce porté à l’histoire de notre continent.
Il convient, en tant qu’africains, de ne pas se voiler la face. L’Afrique s’est faite complice de l’esclavage. Ce que reconnaît explicitement l’écrivain journaliste ivoiro-antillais Serges Bilé, auteur de ’’noirs dans les camps nazi’’, dans son nouveau livre "Quand les Noirs avaient des esclaves blancs". Même si son intention, à travers ce livre, est d’ôter tout complexe d’infériorité aux Noirs vis-à-vis des occidentaux quant à leur passé d’esclaves ou de descendants d’esclaves.
On se faisait des guerres pour avoir le maximum de ‘’marchandises’’. Ce commerce de la honte a grandement contribué au rayonnement de certains empires comme ceux du Ghana, du mali et l’empire Songhaï pour ne citer que ces exemples.
La multiplication des conflits entre peuples, tribus, royaumes et empires africains, motivée par le juteux commerce des esclaves porté à l'échelle industrielle avec l'arrivée des européens, a eu pour effets l’affaiblissement de notre continent et de nous mettre à la merci d’une Europe hégémonique ainsi que des peuples arabes venus d’Asie.

Si en participant au pillage de ses ressources humaines et de ses propres richesses naturelles, en échange de babioles et autres pacotilles, les africains ont écrit avec l’apport de l’Europe une page sombre de leur histoire ; peut-on en dire de même au sujet de la colonisation ?

La colonisation, elle, revêt un tout autre sens. Car elle marque la fin de l’histoire de l’Afrique.
Contrairement à l’esclavage dont l’occident a contribué au développement, la colonisation consacre le moment où l’histoire de l’Afrique s’est arrêtée par la ruse et la force pour faire place à l’histoire de l’Europe à travers l’Afrique et les Africains. A compter de cette période jusqu’à ce jour, la dynamique de notre continent est rythmée par l’occident au gré de ses exigences. Il définit ses orientations selon les besoins de son histoire et impose à l’Afrique la cadence qu’elle lui exige. Si bien que les africains s’interrogent sur leur devenir, leur histoire présente et future. Une angoisse à laquelle l’ex ministre malienne et écrivain engagé Aminata Traoré donne tout son sens dans le résumé de son livre, ‘’L’Afrique humiliée’’:« Nous, peuples d’Afrique, autrefois colonisés et à présent recolonisés à la faveur du capitalisme mondialisé, ne cessons de nous demander : que sommes-nous devenus ? ».
Cette question identitaire démontre, si besoin l'est encore, l'absence d'une histoire propre aux peuples africains depuis la période de la colonisation.
De la colonisation à aujourd’hui, ce sont les occidentaux qui font une partie de leur histoire, en Afrique. Et les africains n’en sont que les instruments. Or tout instrument ou outil n’a pas d’histoire propre. Il n’a d' "histoire’’ que l’usage que le maître en fait.
C’est pourquoi, il ne nous semble pas opportun d’affirmer comme René Dumont-en mettant en avant les travers de nos sociétés et les fléaux qui minent le continent depuis la colonisation jusqu’à nos jours- que ''l’Afrique (noire) est mal partie''. Car depuis la période coloniale, elle s’est arrêtée. Et elle n’est pas encore (re) partie. On ne peut donc juger de la valeur de son départ. C’est une autre Afrique, l’instrument de l’Occident, qui est en marche.
L’histoire de l’Afrique, celle des africains, ne redémarrera que lorsque l’Afrique imprimera sa raison à son évolution, autrement dit, quand elle redeviendra l’actrice principale de son destin et se l’appropriera. Car un esclave, un colonisé (mental ou physique) n’est rien d’autre qu’un instrument et, en tant que tel, n’a pas d’histoire.
Aminata Traoré, à ce sujet, traduit bien une des voies à suivre pour redémarrer notre histoire : ‘’Le défi auquel nous faisons face aujourd’hui, c’est d’imaginer des perspectives d’avenir centrées sur les êtres humains. Une réappropriation de nos destins qui fait appel à nos langues, à nos repères, à des valeurs de société et de culture qui nous sont familières ».


Carell BOHUI-BACLAUD

Consultant en communication
et en stratégie politique et sociale
+226 78 32 31 71
Ouaga, le 09 Août 2008.

13:55 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : afrique, pas d'histoire, égypte antique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

COTE D’IVOIRE: LA RUMEUR NE DOIT PAS OCCULTER LES ENLEVEMENTS D’ENFANTS

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IPS - Anne-Marie N`Guessan, 10 ans, élève dans une école primaire d`Abobo, au nord-est d`Abidjan, la capitale économique ivoirienne, a échappé de justesse à une tentative d`enlèvement, le 23 octobre dernier, grâce à ses cris qui ont dissuadé ses ravisseurs qui l`ont finalement abandonnée.

"J`allais à l`école ce jeudi matin (le 23 octobre), lorsque des individus à bord d`une voiture ont marqué un arrêt à mon niveau. L`un des ravisseurs a subitement ouvert la portière avant de me soulever de vitesse et me jeter à bord. Il faisait sombre à l`intérieur", a déclaré Anne-Marie plus tard.

"Ils ont tenté de me couvrir la tête avec un sac avant de donner un coup à la nuque. Mais cela n`a pas permis de me maîtriser. C`est à la suite de mes cris que j`ai été projetée de la voiture pendant que celle-ci marquait à peine un temps d`arrêt", a-t-elle ajouté.

Le côté gauche du corps de la fillette reste encore marqué par de larges plaies. Elle a été recueillie par des gens qui l`ont conduite à l`hôpital d`Abobo, où `Roxal`, une organisation non gouvernementale (ONG) alertée, est allée lui apporter assistance. L`ONG Roxal est basée à Abidjan.

Cet enlèvement manqué a constitué l`une des premières alertes aux rapts des enfants dans en Côte d`Ivoire depuis quelque temps.

Selon Roxal, deux à trois enlèvements sont enregistrés par jour par cette organisation. "Cela nous donne entre 60 et 90 enlèvements d`enfants par mois", affirme à IPS, son président, Evrard Maïga, indiquant que ce chiffre n`est pas officiel. "Si tous les parents avaient les moyens financiers pour se rendre à la télévision nationale lancer des avis de recherches où entrer en contact avec les ONG, nul doute que ce chiffre allait connaître une hausse, car les enlèvements sont quotidiens".

En effet, la télévision nationale diffuse des communiqués, chaque jour à la mi-journée, pour lancer un appel à retrouver des personnes disparues. Le plus souvent, ce sont des enfants de cinq et 13 ans.

Mariam Kéïta, 12 ans, a été enlevée en juin dernier au cours d`un mariage à Adjamé (centre d`Abidjan) auquel elle participait avec ses parents, et elle s`est retrouvée à Duékoué, dans l`ouest de ce pays d`Afrique de l`ouest.

"Nous étions quatre filles dans une voiture. Les ravisseurs nous ont conduites à une destination inconnue. Après, nous nous sommes retrouvées dans une pièce pour coucher avec un homme", relate Kéïta. "Sans la moindre assistance, j`ai été abandonnée par la suite, la nuit à Duékoué. Les autres ont été amenées vers une autre destination".

Jusqu`à présent, les ONG disent n`avoir aucune information sur les trois autres filles, mais restent dans l`espoir de les retrouver saines et sauves un jour afin qu`elles fassent un témoignage. Mariam, elle, a été conduite, à sa demande, à Abidjan où elle a regagné la famille, mais elle est toujours assistée par des ONG.

Mais, quelques mois plus tôt, le 17 avril, l`enlèvement d`un petit garçon lui a été fatal car il a été abandonné par ses ravisseurs, mais avec des yeux détruits qui l`on rendu aveugle malgré des soins et l`assistance de l`ONG de Maïga.

"Ce matin-là, je suis allé avec mes amis à la plage de Vridi (sud d`Abidjan) pour me promener. Sur le chemin du retour à la maison, un inconnu m`a proposé de le suivre, mais j`ai refusé; alors, j`ai été enlevé et amené à une destination inconnue", raconte à IPS, Roxal Kouakou, âgé de 11 ans.

"Quelque temps après, je ne savais plus ce qui se passait avec mes ravisseurs, car j`avais perdu connaissance. A mon réveil, tout était noir. Mes yeux avaient été arrachés, me laissant sans la vue. J`avais mal et j`étais seul", ajoute Kouakou qui déclare avoir été recueilli par un passant.

Avec des lunettes noires au visage pour cacher son handicap, Kouakou réside chez Maïga qui, ému par le drame de l`enfant, a décidé de donner son prénom `Roxal` à son ONG qui lutte contre les enlèvements d`enfants.

"Le fait est réel, mais banalisé", déplore Maïga. "Aujourd`hui, les enlèvements d`enfants sont à une échelle importante qui ne doit plus laisser quiconque indifférent", dit-il à IPS.

Pour Maïga, ce phénomène est lié à plusieurs facteurs. "Il y a d`abord un réseau de trafic d`organes humains, qui se met discrètement en place dans notre pays. Puis, le trafic des enfants pour le travail dans les plantations et pour une exploitation sexuelle, sans oublier ce qui semble être évident : les sacrifices humains".

"Il convient d`évaluer réellement la situation de ces enlèvements et leur contexte", suggère Mathurien Dagbé, un sociologue basé à Abidjan. "Je souhaite que ce phénomène ne soit pas pris à la légère. Le fait existe et le nier ou le mettre sur le compte de la simple rumeur constituerait une grave erreur", souligne-t-il à IPS.

La semaine dernière, la nouvelle de l`enlèvement manqué de Anne-Marie avait provoqué la panique au sein de la population. Elle avait été qualifiée de "rumeur" par la police, et deux personnes ont été lynchées à mort dans des manifestations populaires provoquées à Abidjan par cette information.

En visite à l`intérieur du pays, le chef de l`Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, l`a également inscrite sous le signe de la rumeur. "On dit qu`on enlève des enfants et ensuite on va les tuer. Abidjan a été paralysée. Toutes les écoles ont été fermées. Evidemment, rien de tout ça n`était vrai. On n`a enlevé aucun enfant", a-t-il affirmé.

Pour Gnagbo, cette "rumeur" serait liée aux élections qui doivent se tenir dans le pays. "...Convenez avec moi que cette situation de panique n`est pas faite pour que la Côte d`Ivoire aille sereinement aux élections. Or nous devons aller aux élections et nous irons aux élections. Que les bandits passent à gauche, à droite où au centre, nous irons aux élections...", a-t-il déclaré à Bouna, dans le nord-est du pays.

"Nous sommes désormais face à une situation à double face", estime le sociologue Dagbé. "Ou les événements de la semaine dernière, même s`ils ne sont pas avérés, attirent l`attention de tous pour que des mesures soient prises afin de lutter contre les enlèvements d`enfants...", commente-t-il. "Ou alors, le phénomène est définitivement banalisé. A ce moment, tous les enfants courent de gros risques, car aucune disparition ne sera désormais prise au sérieux".

Pour Dagbé, le sort réservé aux enfants enlevés n`est pas obligatoirement l`amputation des organes génitaux. "Mais il faut savoir que les enfants sont aussi volés pour être soumis à la pédophilie, à la sodomie, aux travaux dans les plantations", explique-t-il. "La rumeur ne doit pas occulter le phénomène, le trafic d`enfants commence aussi par-là".

Hervé Gouamené, président de l`ONG Action pour la protection des droits de l`Homme, basée à Abidjan, se dit conscient de l`existence du phénomène. Mais, "il ne faudrait pas amplifier les choses avec des rumeurs", prévient-il. "C`est à la police de faire son travail et non aux populations de se faire justice en tuant".

Mais, à la police, on se refuse à tout commentaire.



Fulgence Zamblé
(FIN/2008)
Source : Abidjan.net > Actualité > Autre presse,
Vendredi 31 Octobre 2008.


13:43 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enlèvements d'enfants, disparition | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 07 novembre 2008

LES 12 TRAVAUX DE BARACK OBAMA (2)

7. Recentrer la lutte en Afghanistan

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Les Etats-Unis comptent aujourd'hui 35000 hommes environ en Afghanistan. © DoD photo by Sgt. Freddy G. Cantu, U.S. Marine Corps.

"C'est le vrai front de la guerre contre le terrorisme". Cela fait sept années que les Etats-Unis sont engagés en Afghanistan. Et la dernière s'est soldée par une vive contre-attaque des Talibans détrônés en 2001. Bilan : 622 soldats américains tués sur les 35 000 aujourd'hui sur place. La coalition de 75 000 hommes (en comptant les pays alliés, dont la France) n'arrive plus à retenir l'étau des Talibans au nord du pays, à la frontière du Pakistan, au sud-est, dans les environs de Kandahar, et enfin à la périphérie de la capitale, Kaboul. Le général David Petraeus, qui a permis le rétablissement de la situation irakienne ces derniers mois, a également été mis aux commandes de l'Afghanistan. À plusieurs reprises, le président George W. Bush avait assuré que les Etats-Unis augmenteraient les effectifs américains en 2009. Une option que devrait confirmer Barack Obama. Mais, selon les stratèges militaires américains, il aura besoin pour se faire de réduire l'effort militaire colossal en Irak. Le nouveau président n'a pas non plus exclu d'intervenir au Pakistan, où se trouve un certain nombre de camps d'entraînements des talibans et d'Al Qaïda.

8. Tenter un dialogue avec l'Iran

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Barack Obama est partisan d'un dialogue sans condition avec Mahmoud Ahmadinejad (ici aux côtés de Vladimir Poutine). © Kremlin.ru

Malgré les pressions internationales, l'Iran n'a toujours pas abandonné un programme nucléaire civil soupçonné par les occidentaux de cacher une course à la bombe atomique. Une situation d'autant plus explosive que l'Iran de Mahmoud Ahmadinejad s'affiche depuis déjà plus de trois ans comme l'ennemi des Etats-Unis. Que faire pour mettre un terme à cette situation "inacceptable" pour la majorité des dirigeants américains, Barack Obama compris ? George Bush aurait préparé il y a plusieurs mois une offensive militaire. John McCain était lui aussi un partisan de la force, refusant tout dialogue avec le régime iranien. Barack Obama, lui, affirmait dans son programme vouloir ouvrir des négociations avec l'Iran, et ce, sans contrepartie de la part de Téhéran. Une option que le nouveau président compte bel et bien mettre en œuvre d'après les dernières informations. Reste une inconnue dans cette équation : la réaction d'Israël, un allié des Etats-Unis qu'Ahmadinejad veut "rayer de la carte" et qui n'hésitera pas à frapper l'Iran à la moindre menace.

9. Redorer l'image des Etats-Unis

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Le secrétaire d'Etat à la Défense Robert Gate lors d'une rencontre avec le président géorgien Mikheil Saakashvili. © DoD photo by R. D. Ward.

Les deux mandats de George W. Bush auront coïncidé avec une période de défiance sans précédent vis-à-vis des Etats-Unis. La récente guerre dans le Caucase, mais aussi la polémique qui a entourée l'installation d'un bouclier anti-missile américain en Europe sont indirectement liées à ce climat hostile. Le facteur anti-américain vient aussi régulièrement polluer les relations entre la Syrie et le Liban ou encore entre Israël et ses voisins arabes. Il est omniprésent en Amérique du sud où plusieurs pays ont opté pour le socialisme. Même chez les alliés de Washington que sont la France ou la Grande-Bretagne, les opinions favorables sur les USA ont chuté de plus de 20 % depuis 2000. Comment enrayer cette période de désamour profond pour les Etats-Unis ? Pour Barack Obama, il faut accepter la fin d'un empire américain basé sur sa puissance : puissance économique, financière, culturelle ou militaire. Le nouveau président devra s'employer à instaurer le "soft-power" dans un monde devenu multipolaire et où la suprématie des Etats-Unis est devenue moins évidente. Autrement dit un passage de la domination à la séduction.

10. Lutter (enfin) contre la pollution

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Les Etats-Unis représentent aujourd'hui un peu moins d'un quart des émissions de carbone. © Getty Images

Les chiffres ont été répétés encore et encore alors que George Bush s'entêtait à négliger le réchauffement climatique : les Etats-Unis consomment un quart de l'énergie de la planète pour seulement 5 % de sa population et rejettent à peu près autant de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Avec la Chine, ils sont les principaux contributeurs du réchauffement climatique. Face à la pression internationale, à une dépendance énergétique croissance vis-à-vis des pays du Golfe, mais aussi à la prise de conscience des Américains, le nouveau président devra réorienter l'économie vers la "croissance verte". Barack Obama a déjà assuré qu'il ratifierait rapidement le protocole de Kyoto. Mais il lui faudra aller plus loin qu'une simple signature. Son chantier prévoit en effet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 % d'ici à 2050, mais aussi de réaliser 50 % d'économies d'énergie et de réduire la consommation américaine de pétrole de 35 % d'ici 2030. Un défi pour lequel il devra s'appuyer notamment sur les pionniers des "green tech" du Colorado (éolien) ou encore de la Californie (solaire). Barack Obama prévoit d'investir 150 milliards de dollars en dix ans dans les énergies renouvelables.

11. Régler le sort des clandestins

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Près de 15 millions d'immigrés clandestins se trouvent aujourd'hui sur le sol des Etats-Unis © Getty Images

A son arrivée à la Maison Blanche, George Bush voulait régulariser massivement les immigrés clandestins présents sur le territoire des Etats-Unis. Les attentats du 11 septembre l'ont contraint, dès le début de son mandat, à une politique plus restrictive sur l'immigration. Le gouvernement a renforcé les contrôles à la frontière mexicaine et a érigé un mur pour réduire l'afflux de clandestins sud-américains. Depuis, le dossier des clandestins n'a pas trouvé de solution claire et définitive. Ils seraient aujourd'hui près de 15 millions sur le territoire américain, en grande partie des Hispaniques, et soutiendraient des pans entiers de l'économie américaine. En plus d'une sécurisation des frontières, Barack Obama veut lancer un processus de légalisation des clandestins, sans pour autant aller jusqu'aux régulations massives. Le nouveau maître de Washington devrait dans le même temps élargir les quotas d'immigration légale tout en sanctionnant les patrons employeurs de sans-papiers.

12. Relever le défi des inégalités raciales

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Quarante ans après les derniers débats sur les droits civiques, les Noirs sont encore victime de nombreuses inégalités. © Getty Images

Cela n'aurait peut être pas été un dossier chaud pour John McCain. Mais pour Barack Obama, il s'agit d'un sujet d'une haute importance. L'élection du premier président noir a suscité un espoir inédit dans la communauté afro-américaine aux Etats-Unis, encore victime de nombreuses inégalités. Les Noirs sont les Américains qui ont les revenus moyens par ménage les plus faibles (34 000 dollars par an contre 55 000 pour les Blancs), près d'un quart vit sous le seuil de pauvreté (8,2 % des Blancs) et 19,5 % n'ont pas d'assurance santé (10,4 % des Blancs). Logement, chômage, espérance de vie, prisons, éducation... la liste pourrait être encore plus longue. Et malheureusement, pour plusieurs observateurs, l'élection de Barack Obama ne devrait pas changer la donne : fidèle à son image de candidat "post-racial", le sénateur de l'Illinois a constamment tenté d'évacuer la question raciale de sa campagne. Son programme sur les inégalités raciales est quasi-inexistant. Bien que partisan officiel de la discrimination positive, il ne cache pas son scepticisme vis-à-vis de ce système. Il serait même susceptible pendant son mandat de transformer les critères ethniques de "l'affirmative action" en critères économiques.

14:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : barack obama, 12 travaux | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LES 12 TRAVAUX DE BARACK OBAMA (1)

L'Internaute>Actualité>Monde>Les 12 travaux de Barack Obama

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Barack Obama. © Cecily Johnson

Les observateurs sont unanimes : jamais depuis Franklin Delano Roosevelt en 1932 un président des Etats-Unis n'avait trouvé situation si délicate après son élection. Economie, société, international : quels sont les principaux défis qui attendent Barack Obama dans le bureau ovale de la Maison Blanche avant son investiture le 20 janvier ? Quel est son plan pour gérer ces dossiers brûlants ? Voici les 12 travaux que devra mener le nouveau président.

1. Relancer l'économie américaine

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La chute des ventes de voitures est le symbole du déclin de l'économie américaine. © Getty Images

Rien ne va plus pour l'économie américaine. La croissance s'est effondrée à 0,3 % au deuxième trimestre 2008, la récession a déjà été annoncée pour 2009, et le chômage a déjà bondi à 6,1 % en août 2008. Les ménages, dont l'endettement représente plus de 130 % des revenus, ont réduit pour la première fois leur consommation depuis 1991. Les "Big Three", Général Motors, Chrysler et Ford, qui voient leurs vente baisser de près de 45 %, symbolisent les graves difficultés des entreprises américaines. Quant à l'Etat, lui aussi frôle la faillite. Son déficit budgétaire pour l'exercice 2008 atteignait 445 milliards de dollars contre 162 milliards en 2007. On annonce déjà le chiffre de 1000 milliards de dollars en 2009. La faute notamment à la crise et au coûteux plan Paulson. Pour relancer croissance et emploi au plus vite, Barack Obama veut investir dans les énergies vertes, mais aussi lancer un programme d'investissement dans la construction et la recherche de 50 milliards de dollars. Côté finances publiques, il prévoit d'annuler les baisses d'impôts, instaurées par la précédente administration et rétablir l'impôt pour les foyers les plus riches.

2. Tourner la page des subprimes

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Conséquence directe de la crise des subprimes, le nombre d'expulsions devrait atteindre les 5 millions en 2008. © Getty Images

Les Etats-Unis se sont souvent vantés de leur pourcentage de propriétaires. En 2007, ce dernier dépassait les 68 % (contre 55 % en France). Mais ce résultat a été obtenu au prix d'un endettement des ménages sans précédent et à la multiplication des prêts à risques : notamment les subprimes. Depuis 2002, la banque centrale américaine encourage le développement de ces prêts bas au début, mais dont le taux variable peut atteindre 18 % au bout de 3 ans. Pendant l'été 2007, la crise immobilière a rapidement étouffé certains ménages, incapables de rembourser leur prêt. A la fin de l'année, le nombre expulsions suite à des saisies avait augmenté de 75 % dépassant les 2,2 millions. Le nombre d'expulsés devrait atteindre les 5 millions en 2008. Barack Obama prévoit d'aider au plus vite ces propriétaires en difficulté (1 sur 6) par un crédit d'impôt sur les hypothèques. Il veut aussi créer un fond national pour prévenir les saisies et permettre aux juges de transformer les subprimes en prêts à taux fixe sur 30 ans. Surtout, il prévoit d'instaurer de nouvelles sanctions pour les courtiers en prêt hypothécaires. Les banques et les fonds spéculatifs qui ont transformé la crise des subprimes en crise financière globale, seront aussi concernés par les nouvelles réglementations.

3. Protéger 46 millions d'Américains

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Aujourd'hui, 46 millions d'Américains ne disposent pas d'une assurance maladie. © Getty Images

C'est l'une des caractéristiques les plus commentées de la société américaine : contrairement à la France, l'assurance maladie n'est pas obligatoire aux Etats-Unis. Les Américains ont donc deux options pour être protégés face à un problème de santé : souscrire à une assurance privée sur son lieu de travail ou, pour les plus pauvres, s'en remettre à des programmes comme Medicaid ou Medicare. Mais les entreprises peinent aujourd'hui à assurer la couverture de leurs salariés et les programmes publiques sont très coûteux pour le budget de l'Etat. Pire : 46 millions d'Américains, trop riches pour être aidés, mais trop pauvre pour souscrire une assurance privée, vivent aujourd'hui sans couverture maladie. Le défaut de couverture santé concerne plus de 8 millions d'enfants. Face à ce dossier brûlant, Barack Obama a tranché : il veut instaurer une couverture maladie universelle et obligatoire fournie par les employeurs. Une taxe sur les entreprises n'ayant pas mis en place d'assurance maladie permettra de financer un fonds public pour la couverture des plus démunis.

4. Sauver l'éducation

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En 2007, près de 60 % des enfants américains ne savaient pas lire à 11 ans. © Getty Images

Le classement Pisa, document de référence de l'OCDE sur l'Education, n'est pas tendre avec les jeunes Américains : ces derniers ne sont que 35e en mathématiques et 29e en sciences dans le dernier classement. Il faut dire que l'Education est un des dossiers les plus difficiles que le futur président aura à gérer dans les prochains mois. Les chefs d'entreprises se plaignent déjà depuis plusieurs années du niveau des diplômés américains. Malgré le programme "No Child Left Behind" et le milliard de dollars consacrés aux écoles américaines, près de 60 % des élèves ne seraient pas en mesure de lire correctement à 11 ans contre 15 % en France. Aujourd'hui, un Américain sur vingt est illettré (23 millions de personnes) et 29 % de la population ne possède que les connaissances de base de la lecture et du calcul. Barack Obama veut mettre en place un plan de 10 milliards de dollars annuels pour l'éducation. Les premières étapes de ce programme reviendront à commencer la scolarisation des enfants dès 3 ans et à améliorer la rémunération des professeurs, qui sont aujourd'hui près de 30 % à quitter l'école après 5 ans d'enseignement.

5. Faire oublier Guantanamo

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Le camp-prison de Guantanamo compte encore aujourd'hui 250 détenus. © DoD photo by Seaman David P. Coleman, U.S. Navy.

Pour emprisonner et juger les "ennemis de la nation" faits prisonniers en Irak et en Afghanistan, l'administration de George Bush ne s'était pas embarrassée des accords internationaux sur les droits de l'Homme ou les prisonniers de guerre. Dès 2001, elle ouvre un camp sur l'enclave militaire américaine de Guantanamo, à Cuba, sans autre encadrement juridique. Cette prison hors convention comptera jusqu'à 750 détenus au début de la guerre contre les talibans. Il y reste aujourd'hui un peu plus de 250 prisonniers suspectés de terrorisme. Depuis les accusations de torture et de mauvais traitements, les républicains comme les démocrates souhaitent une fermeture rapide de ce "camp de la honte". Mais comment sortir du vide juridique de Guantanamo ? Quels prisonniers doivent être jugés et comment ? Où les transférer en attendant leur jugement ? Que faire des détenus libérés ? Barack Obama reste flou sur sa stratégie. Il a promis d'abolir les tribunaux militaires et de revoir les dossiers au cas par cas. Les prisonniers devraient également être rapatriés sur le sol américain. Des noms de plusieurs prisons circulent déjà en Caroline du Sud et dans le Colorado.

6. Sortir au plus vite d'Irak

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L'objectif initial de Barack Obama : retirer l'ensemble des troupes américaines d'Irak en seize mois. © DoD photo by Pfc. Sarah De Boise, U.S. Army.

C'est la toute première étape du mandat du nouveau président. Comment sortir d'Irak sans perdre la face ? L'envoi de renfort et surtout la nouvelle stratégie mise en place depuis un an par le général David Petraeus, basée sur une meilleure collaboration avec les sunnites, a permis une stabilisation de la situation. Mais aujourd'hui, 170 000 soldats américains sont encore positionnés en Irak. Près de 4 200 y ont déjà été tués. Et 525 milliards de dollars ont été dépensés par les USA en 5 ans de conflit. Même s'il est souhaité par la majorité des Américains, un retrait trop brutal pourrait aujourd'hui déstabiliser le pouvoir irakien encore précaire et relancer la guerre civile. Surtout, il apparaîtrait comme une victoire des ennemis des Etats-Unis, notamment de l'Iran. Barack Obama a annoncé lors de sa campagne un retrait d'Irak dans les seize mois suivant l'élection. Un retrait progressif "bataillon par bataillon" a aussi été évoqué. Mais une chose est sûre : le nouveau président devra sans doute revoir ses délais pour un retrait complet d'Irak, faute de temps, mais aussi de budget.

14:06 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : barack obama, 12 travaux | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

CRISE FINANCIERE MONDIALE: QUEL ENSEIGNEMENT POUR LES PAYS AFRICAINS DE LA ZONE FRANC?

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Depuis février 2007, une crise qui a débuté aux Etats-Unis, à Wall street, s’est amplifiée pour prendre des proportions insoupçonnées ces derniers mois. Comme tous les événements hors du commun, les commentaires fusent de partout. Les uns parlent de « séisme financier » tandis que d’autres parlent de « tsunami financier », jamais expérimenté par l’économie mondiale. Ces termes parfois puissants semblent pourtant refléter la réalité actuelle des économies au regard de l’énormité du désastre. Jamais une crise n’a aussi fait l’unanimité quant à la thérapie à adopter : pays socialistes et libéraux ont compris la nécessité de réguler les marchés par l’Etat, "la main invisible" d’Adam Smith étant vraiment invisible.

Dans ce flot de commentaires, l’Afrique n’est pas en marge, elle aussi a eu droit à des analyses économiques de la crise financières. Pour la Secrétaire générale adjointe de l'Onu, Asha-Rose Migiro, au cours d'une réunion ONU-Union Africaine (UA) à Addis Abeba, la crise financière globale risque d'aggraver le sous-développement et la crise alimentaire, en Afrique. Cette observation de l’organisation onusienne coïncide avec l’analyse de la plupart des spécialistes sur les conséquences de cette crise en Afrique. Le présent article se propose de revisiter cette crise dans sa globalité, c’est-à-dire ses origines, les leçons tirées, mais surtout, nous voulons insister sur l’impératif pour l’Afrique et, en particulier, les pays africains de la zone franc, de saisir l’importance de la dimension monétaire dans le développement.


Origine de la crise

Comme introduit plus haut, la crise des subprimes a débuté à Wall street, au Etats-Unis. Les banques les plus prestigieuses et les plus arrogantes aussi, ont commis des fautes graves. Si la crise a éclaté en 2007, elle trouve son fondement dans la mini-récession traversée par les Etats-Unis en 2001 et dans la folie des innovations financières ces deux décennies passées.

En premier lieu, disons qu’après les attentats du 11-Septembre 2001, le gouvernement américain avait alors pour priorité la relance de l’économie. Pour maintenir la confiance et surtout accroitre les liquidités pour soutenir l’économie, la Fed a baissé son taux directeur, de 6,5% jusqu’à ce qu’il atteigne 1% en 2003 niveau le plus bas depuis 1958. La réserve fédérale (FED) a commencé à le remonter, progressivement, qu’à partir de 2004. L’intention était de procéder à une forte injection de liquidités pour éviter tout risque de récession en dopant la croissance. Cette abondante liquidité, du fait de la baisse des taux d’intérêt à long terme, accompagnée d’une sous évaluation des risques liés à la volatilité des prix des actifs, et des règles comptables inadaptées, ont fini par accroitre les mauvais crédits. On voit bien que c’est donc le laxisme monétaire qui a régné aux Etats-Unis ces dernières années qui est mis en cause.

En deuxième lieu, nous pouvons citer la dérégulation accélérée et sauvage de la sphère financière au cours des deux dernières décennies. L'expression d'innovation financière a désigné cette nouvelle donne : l'incorporation de nouvelles technologies dans le secteur bancaire et financier (exemple d'Internet), l'introduction de nouveaux instruments de placement ou de financement, l'apparition de nouveaux marchés de capitaux. Selon les cas, elle correspond à des changements à la marge ou, au contraire, à de vrais bouleversements (comme l'essor, à partir des années 1970 aux États-Unis et plus tard ailleurs, des marchés d'instruments dérivés - contrats à terme ferme, swaps, options, etc. Le marché des produits dérivés représente aujourd’hui environ 55000 milliards de dollars. Ce système de goinfrerie débridée a donc provoqué des dégâts incalculables.

La dérégulation et le laxisme américain en matière monétaire après le 11 septembre 2001 ont favorisé le boom de crédits malsains. Entre 2000 et 2007, la dette des ménages américains est passée de 85% du PIB à 116%, soit un endettement supplémentaire de 5000 milliards de dollars d’euros. Les ménages ne pouvant plus rembourser leurs prêts hypothécaires et les banques ne pouvant se refaire sur le prix des maisons en chute libre, les prêteurs, disséminés dans le monde entier avec le mécanisme de la titrisation, se retrouvent avec des créances pourries, ce qui va occasionner pour eux des pertes substantielles.
Il faut également citer les fonds spéculatifs (hedge funds) qui ont très largement contribué à la formation du grand casino mondial de la finance. Avec la succession d’événements parfois interdépendants, la crise est devenue finalement manifeste.


La manifestation de la crise

Le Trésor américain a décidé le dimanche 7 septembre, de mettre sous tutelle gouvernementale les organismes de refinancement hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae, afin de restructurer leurs finances particulièrement touchées par la crise financière. Washington a signé un chèque de 200 milliards de dollars pour assurer la survie de ces deux entreprises. Le tournant dans cette crise a été la chute de Lehman Brothers qui a fait faillite le 15 septembre 2008. En ne sauvant pas cette grosse entreprise, l’Etat américain voulait donner à tort un signal aux banques trop laxistes. L’Etat a apporté par contre une aide de 85 milliards de dollars à l’assureur AIG (ex numéro un des assurances au niveau mondial) pour éviter une crise financière planétaire car AIG compte 74 millions de clients dans le monde, employant 116.000 personnes dans 130 pays. Mais en contrepartie, l’ensemble des actifs d’AIG, évalués à 1.050 milliards de dollars en juin 2008, seront apportés comme garantie à la banque centrale, le prêt ayant été calqué sur celui consenti pour sauver le constructeur automobile Chrysler dans les années 80. Mais voici que le 29 septembre 2008, toutes les bourses mondiales s’effondrement, elles ont perdu la boussole. Pour sauver le système financier, le plan Paulson a donné le ton avec 700 milliards de dollars déboursés pour venir au secours des banques en détresse.
En Europe, au total, entre le 15 et le 30 septembre, la BCE a sorti 914 milliards d’euros de ses caisses, à la demande de la FED, pour lubrifier les marchés. Les mesures prises ont eu pour objectif de s’attaquer à la fois aux problèmes de liquidités et de solvabilité des banques. Les gouvernements européens, ont de leur côté relevé le gant avec l’injection de 1500 milliards d’euros (360 milliards pour la France, 480 milliards d’euros pour l’Allemagne, 380 milliards d’euros pour la GB, etc). Aujourd’hui la crise est manifeste avec à sa clé la raréfaction du crédit, qui a son tour crée le chômage. Dans ce tourbillon monétaire et financier, on aura vu tous les acteurs reconnaître la nécessité du retour de l’Etat comme garant de la stabilité de l’économie.


La nouveauté dans la gestion de la crise : le retour de l’Etat

Il y a eu des crises dans l’histoire. On peut citer entre autres, la panique bancaire de 1907, le krach de 1929 (le jeudi 24 octobre), la crise pétrolière de 1973, le lundi noir de 1987 où le dow jones a perdu 22,6%, la crise asiatique débutée le 2 juillet 1997 qui dura jusqu’en 1998 et la crise actuelle. Mais ce qui est frappant dans cette dernière, c’est le grand retour de l’Etat dans la gestion du marché. Par exemple, la Grande Bretagne, par le biais de son premier ministre, Gordon Brown, a annoncé dimanche 17 février la nationalisation de la Northern Bank, un établissement de Newcastle qui a subi de plein fouet la crise des subprimes. C'est la première fois depuis les années 1970 qu'une société est officiellement nationalisée au Royaume-Uni. Début octobre 2008, le gouvernement britannique annonçait un plan de soutien aux huit plus grandes banques du pays. A Londres, les huit banques concernées par ce plan de sauvetage sont Abbey, qui appartient à l'Espagnol Santander, Barclays, HBOS, qui est en train d'être rachetée par Lloyds TSB, HSBC, Lloyds TSB, Nationwide Building Society, la plus grosse banque non cotée du pays, Royal Bank of Scotland et Standard Chartered. Toutes ont confirmé leur participation au plan de recapitalisation. La participation de l’Etat s'élevait jusqu'à 50 milliards de livres (65 milliards d'euros), ce qui revient à une nationalisation partielle. Le Trésor devait débloquer 200 milliards de livres pour leur assurer une liquidité suffisante à court terme.
Face donc à ce véritable «tsunami» qui menace la finance internationale, les sommes en jeu sont colossales et les mesures prises sont à la mesure de l'enjeu: elles ne tiennent plus compte des préjugés politiques et idéologiques. Ainsi, les gouvernements prennent des mesures contraires à leurs choix politiques. Des exécutifs de droite sont amenés à nationaliser des banques pour éviter la banqueroute, alors que des équipes de gauche soutiennent des banques privées, pour ne pas sombrer avec leur économie.
Il fallait le faire car le virus s’est propagé à l’économie réelle avec le chômage comme premier symptôme. En effet, le chômage est la conséquence directe car lorsque les perspectives ne sont pas bonnes, une entreprise qui doit diminuer sa production préfère d’abord faire l’ajustement avec les emplois.
Au delà du chiffon rouge des normes comptables que certains dirigeants politiques agitent, puisqu’en période de fièvre, le meilleur moyen de la nier est encore de casser le thermomètre qui la mesure, c’est le système même qui a pris l’eau et le monde entier l’a compris. C’est pourquoi les nationalisations des banques sont devenues la mode en Europe et aux Etats-Unis.
Aujourd’hui, en France, en Allemagne, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et même dans le monde entier, le retour de l’Etat est manifeste et son action justifiée. On peut pourtant se poser la question de savoir si les pays africains, surtout ceux de la zone franc africaine ont saisi le clignotant que l’histoire leur donne. C’est de cela que nous allons parler à présent.


L’Afrique et la crise financière mondiale

Nous avons dit plus haut que le sujet était complexe et les commendataires fusaient de partout, chacun avec sa grille de lecture. L’actualité nous apprend que le crédit est devenu rare et tout le monde est à sa recherche, comme Orphée à la recherche de son Eurydice. Il fut un temps où New York était la capitale financière mondiale, où le dollar était la monnaie universelle, où la signature de l’Etat américain était la plus sûre au monde. Ce temps est aujourd’hui révolu avec cette crise. La main tendue des grandes banques américaines aura fait l’effet d’un coup de revolver dans la maison des libéraux. Ceux qui brandissaient la main invisible comme infaillible n’y voient que du feu. Tout cela est vrai mais que l’Afrique sache qu’elle n’est pas concernée par ce vent violent. Cette crise est l’affaire de ceux qui ont compris l’importance de la monnaie dans la marche de l’économie et qui en ont abusé. Au lieu que l’argent soit utilisée pour soutenir le capitalisme d’entrepreneur, il a été utilisé, comme au casino, à faire des paris, de la pure spéculation. Comment les économies qui n’ont rien compris de l’importance de la dimension monétaire dans le développement puissent être affectées drastiquement par cette crise ? Quelqu’un qui est en jeûne peut-il avoir une overdose de nourriture ? Cela relèverait de la pure magie ! Étant donné l’extraversion très forte des économies africaines, la crise financière pourrait avoir des conséquences sur les économies africaines, parce que la conjoncture économique devient morose en occident. Le président Wade a raison de dire sur RFI, que « cette crise sera limitée pour l’Afrique. Même si chez moi, il y a des banques qui vont s’effondrer ». Les pays africains de la zone franc peuvent se tranquilliser, car leur secteur bancaire est quasiment exempt de tout risque systémique du fait d’une régulation excessive et conservatrice. A cela, il convient d’ajouter la surliquidité bancaire au sein de l’UEMOA et de CEMAC depuis 1997. À titre d’exemple, pour la zone UEMOA, fin 1999, les réserves constituées excédaient les réserves requises de 293 milliards de FCFA contre 298 milliards en 1998. En juin 1999, ces réserves atteignaient 434 milliards soit 7 fois le montant des réserves obligatoires. En 2003, l’excédent s’élevait à 418 milliards pour se situer en 2006 à 205 milliards de FCFA. Dans ces conditions comment l’argent qui « dort » peut-il perturber une économie ? En tout cas, pour ceux qui veulent se donner de l’importance en croyant que l’Afrique connaitra la situation des autres pays du monde, il est temps de ne pas déraisonner. Une preuve comme si ce que nous venons de dire ne suffisait pas, les dirigeants de 20 pays ont été invités à participer à un sommet économique qui se tiendra à Washington le 15 novembre prochain afin de discuter de l'actuelle crise financière, de ses causes et des moyens d'y mettre fin par des règlements plus efficaces et des réformes, on remarquera qu’aucun pays de la zone franc ne fait partie.

Rappelons que les membres du G20 sont les ministres des finances et les directeurs des banques centrales des 19 pays suivants, dont les pays membres du groupe des huit (G8) (Allemagne, Canada, États-Unis d'Amérique, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie) et les grandes économies émergentes (Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique, Turquie).

Il est temps que les pays de la zone franc comprennent que les mécanismes du franc CFA jouent contre la performance de leurs économies, que les banques qui y sont, n’ont pas vocation à financer le développement mais le transfert de nos matières premières, que la surévaluation de cette monnaie esclave ne nous a pas permis de faire partir une fusée sur la lune comme l’ont fait les chinois et les indiens.

La crise aura donné une seule leçon capitale: le capitalisme est l’hydre de Lerne. Il dispose de multiples formes et la crise en est l’occasion pour se métamorphoser. Mais les pays de zone franc ont-ils appris quelque chose de cette crise ? ont-ils compris que le destin de l’homme se joue sur la monnaie ?

Dieu aide les pays africains de la zone franc à comprendre l’importance de la monnaie dans le développement économique.

Prao YAO séraphin

Economiste, chercheur au CREPEM de Grenoble
Spécialiste du franc CFA, Président du MLAN.





13:42 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : crise financière mondiale, franc cfa, tsunami financier, yao prao séraphin, mlan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 06 novembre 2008

ENLEVEMENTS, DISPARITIONS ET CRIMES RITUELS EN AFRIQUE NOIR: CAS DU GABON

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Gabon : 13 crimes rituels recensés en un mois (depuis septembre 2008).

Treize crimes rituels ont été enregistrés au Gabon depuis le mois de septembre, ont affirmé des représentants de la société civile, le samedi 29 Octobre 2008, à Libreville, dénonçant une augmentation de ces pratiques et une "banalisation" du phénomène par les autorités.

"A Libreville, nous avons totalisé cinq cas, et à l'intérieur du pays, (...) huit cas depuis le mois de septembre", a déclaré lors d'une conférence de presse Jean-Elvis Ebang Ondo, président de l'Association de lutte contre les crimes rituels (ALCR).



Ce chiffre pourrait cependant être en deçà de la réalité, l'ALCR ne disposant pas "d'antennes" dans tout le pays, a estimé M. Ebang Ondo, dont le fils de 12 ans a été enlevé, tué et mutilé en mars 2005.

Le bilan a été établi sur la base d'informations recueillies par des membres de l'ALCR, a-t-il précisé, regrettant une "banalisation" du phénomène par les autorités.

Selon des organisations non-gouvernementales (ONG), les crimes rituels sont pratiqués par des réseaux secrets, pour prélever du sang et certaines parties du corps des victimes (yeux, sourcils, oreilles, sexe, langue, lèvres, bouts de peau), censés offrir jeunesse, santé, richesse, réussite ou pouvoir.

Les autorités gabonaises reconnaissent l'existence de crimes rituels mais estiment que leur nombre est bien moindre que celui avancé par les ONG. Interrogé sur le sujet par l'AFP en mars, le ministre de l'Intérieur André Mba Obame avait déclaré: "Ces crimes alimentent la rumeur. Mais les gens ont tendance à considérer chaque cadavre retrouvé, chaque corps un peu abîmé par la mer ou autre chose, comme un crime rituel".

Marc Ona Essangui, de l'ONG Brainforest, a fustigé l'inertie de la justice face à ces crimes, ce "qui pousse les auteurs de ces actes à (les) perpétuer".

A cause de cette impunité, "nous nous retrouvons dans une insécurité juridique", a-t-il accusé.

"Les crimes rituels ont longtemps été dénoncés" au Gabon, mais "jamais élucidés", a souligné Georges Mpaga, président du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG), suggérant notamment la création de "brigades d'éveil et de dénonciation".

"Le travail que nous menons nécessite beaucoup de prudence, parce que nous avons en face de nous un système bien organisé, qui nous tend des pièges tout le temps", a encore affirmé M. Ebang Ondo de l'ALCR.

Récemment, le quotidien national L'Union a rapporté qu'une quinquagénaire a été tuée et "dépecée" dans un village du nord-ouest du Gabon. Les restes de son corps, auquel manquaient "certaines parties", ont été retrouvés le 13 octobre.

Source: AFP

13:54 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : crimes rituels, disparitions, enlèvements | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 05 novembre 2008

OBAMANIA, OUI, MAIS SAVOIR RAISON GARDER

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Quelle folle nuit, celle que nous venons de passer et qui a vu le quasi plébiscite du candidat démocrate américain, Barack OBAMA! Tout simplement magique, mémorable, historique, géant comme on dit! Le monde entier a été en fête, à l'unisson, pour l'élection du candidat de couleur OBAMA, dans la course à la Maison Blanche. Pour plus d'un, cela a été une nuit merveilleuse! Pas donc étonnant que toute la communauté internationale lui adresse ses sincères félicitations.

Mais (car il y a un mais), l'euphorie qui a suivie cette élection, notamment côté africain, me donne quelques appréhensions. Deux lectures peuvent être faites de cette liesse populaire continentale:

1- Les africains, tout comme le reste du monde d'ailleurs, célèbre la force du symbole que représente l'accession à la magistrature suprême américaine de Barack Hussein OBAMA, un homme dans les veines duquel coule du sang africain comme le leur. Cela est de bonne guerre!

2- Les africains espèrent, à travers cette véritable révolution, que la politique américaine pour l'Afrique change significativement, parce que c'est leur "cousin" qui trône au sommet du monde. C'est à ce niveau de la perception africaine qu'une tristesse qui ne dit pas son nom m'étreint. Comme je l'ai déjà dit sur ce blog et que je le redis, l'Amérique reste l'Amérique, un système puissant, implaccable et depuis longtemps huilé, qui ne saurait minimiser l'intérêt américain au profit d'actes de philanthropie, à l'adresse de l'Afrique ou du reste du monde.

BARACK OBAMA 7.jpgLes africains ne devraient pas "béatifier" OBAMA. Leur déconvenue pourrait en être que plus effroyable! Tout ce qu'ils devraient retenir de cette victoire d'OBAMA, c'est qu'à force de croire à un idéal et à force de travail, on parvient toujours à atteindre son objectif et à réaliser ses rêves les plus fous. C'est ce que les Africains devraient retenir et se mettre immédiatement et sérieusement au travail, pour sortir leur continent de la précarité lamentable dans laquelle il est plongé, par la faute de certains de ses fils indignes, d'authentiques rénégats, assoiffés de pouvoir, sans attendre un nouveau messie, en la personne du nouvel élu.

En tant qu'Africain, nous éprouvons tous une légitime fierté de voir qu'un des fils de l'Afrique (même si on ne peut plus vraiment dire qu'il est africain) soit devenu l'homme le plus puissant de la planète mais nous devons savoir raison garder. Plutôt que de désormais passer leur journée à passer la pommade à OBAMA, nos Chefs d'Etat devraient tirer une leçon remarquable et significative de cette merveilleuse expérience d'OBAMA, un homme qui a travaillé de façon ardue pour se hisser parmi l'élite (il est l'un des meilleurs avocats de tous les Etats-Unis, après avoir fait de brillantes études à Havard) et qui a bravé vents et marées pour se percher sur le piedestal le plus haut du monde, devant des icônes comme Hillary CLINTON ou John McCAIN.

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Bon vent à Barack Hussein OBAMA et que l'Afrique se mette au travail pour se sortir, elle-même, de la précarité, par la force de ses poignets!

Que DIEU bénisse l'Afrique!

DINDE Fernand AGBO


22:51 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : barack obama, symbole, messie, maison blanche | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |