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vendredi, 27 février 2009

BLAGUES-SMS POUR LE WEEK-END

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Des amis m'ont encore envoyé des blagues-SMS sur le réseau ORANGE et je ne pouvais manquer de les partager avec vous. Gardez le sourire! Bonne détente à vous et, surtout, bon week-end!

1- Un enfant suit un corbillard, en pleurant à chaudes larmes. Des femmes du quartier, le voyant pleurer, se disent : « Oh, le pauvre ! Il doit être bien malheureux ! ». Et elles se mettent aussi à suivre le corbillard, en pleurant. Finalement, c’est une belle petite foule qui accompagne l’enfant et le cortège funèbre. Après l’enterrement, on demande au petit garçon lequel de ses parents est décédé. Il répond : « C’est mon papa qui est le chauffeur du corbillard. Il veut pas me donner l’argent de petit déjeuner ! ». « Bouhouuu ! Ouhinnn ! », continue t-il à pleurer.

2- Une future mariée était au salon de coiffure avec son amie. Son fiancé, à la mairie, impatient, la bipe. N’ayant plus d’unités, elle emprunte le téléphone de la coiffeuse pour l’appeler. Mais lorsqu’elle compose le numéro, il apparaît sur l’écran du portable de la coiffeuse : « Mon bébé ». Croyant s’être trompée, elle dit, cette fois-ci, à son amie venue l’accompagner : « Compose, sur ton téléphone à toi, le numéro de mon fiancé. Je suis tellement stressée que je l’ai oublié. Ou tu penses qu’il peut me faire ça ? ». Celle-ci répond : « Non, toi aussi ! Me faire ça à moi, une fois encore… ? Euh, qu’est-ce que je raconte ; je veux dire à toi, déjà ? Jamais ! ». Et elle compose le numéro du future marié. Rassurée, la fiancée prend le portable de son amie et dit : « Tu as raison », et lance le numéro de son fiancé. Alors apparaît sur l’écran du portable de son amie : Djandjou International… !

3- Savez-vous pourquoi le Père Noël a toujours le sourire ? Et bien, tout simplement parce que ce n’est pas lui qui règle les factures !

4- Un professeur demande à ses élèves : « C’est quoi le suspense ? ». Dago, le plus remuant de la classe, lève le doigt. Le professeur dit : « Oui, Dago ? ». Il se lève et répond, dans tout son sérieux : « Monsieur, c’est quand le film fait guinguin, guinguin !!! ».

DINDE Fernand AGBO

20:32 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : blagues-sms, humour, blagues ivoiriennes, sourire, rire, orange | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

TRESOR FRANçAIS, ARGENT AFRICAIN: SOUVERAINETE ET DEVELOPPEMENT

LE PACTE COLONIAL.jpg
Lu sur le blog SAOTI.OVER-BLOG.COM: Un ami expert financier qui vit aux Etats-Unis, Camerounais de souche, George Bediong a Nyokon, n'a pu se retenir après la révélation faite par Mutations dans son édition du mercredi 18 février dernier et dans laquelle, sur la base d'un rapport de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (Beac), il est indiqué que : "au 31 Décembre 2008, les six Etats de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) disposaient d'une somme totale de 7482 milliards de Fcfa au sein de la Banque des Etats d'Afrique centrale (Beac)." Son irritation se décuple quand il est fait mention de ce que 55% de ce pactole est à la disposition du Trésor français.

Il retrouve tout de même sa lucidité pour expliquer en français facile l'entourloupe qui a cours pour les pays de la zone Cfa depuis 1943. "C'est comme aller garder son épargne - réserves financières - chez son voisin. En d'autres termes, après avoir travaillé pendant une saison et consommé ce que tu peux, au lieu de garder ton excédent dans ton grenier pour y avoir accès et le contrôle lors des temps difficiles, tu préfères aller garder ton épargne dans le grenier du voisin. La saison d'après, le même processus se reproduit; ainsi de suite. Pendant que tu continues à travailler dur pour consommer, ton voisin utilise cette épargne pour investir, et mener une vie de pacha. Génération après génération, l'écart et le fossé d'enrichissement s'agrandissent. Tes enfants deviennent de plus en plus pauvres, pendant que les enfants de ton voisin s'enrichissent.

"Résultat des courses, "tout l'argent, que ce soit en forme des revenus d'export, ou d'aide internationale, octroyée au nom du pays en question, tout est porté au sortir des pays utilisant le Cfa pour être gardé en France, au Trésor français." La conséquence de cette servitude entretenue depuis belle lurette est que la France est considérée comme une puissance avec le fruit du labeur des millions d'Africains qui croupissent dans la misère du fait de gouvernants, émanation de la France, et qui n'envisagent aucunement leur émancipation de ce tutorat dévastateur pour leurs compatriotes afin de prendre date avec l'histoire. Donc, comme l'indique Babissakana dans cette édition, "l'argent déposé par la Beac est un financement cadeau qui est toujours là pour permettre à la France de faire face à ses dépenses". Pendant ce temps, elle doit feindre de se montrer magnanime avec des pays qui lui tendent la sébile et se voit donc rétrocéder sous forme d'aide ou prêt un argent qui est le leur en réalité.

Sans abandonner la piste de la réparation du préjudice subi depuis des décennies par les Etats des zones Cemac et Uemoa que suggère Bediong a Nyokon, l'urgence pour les pays africains asservis par la France depuis l'époque coloniale est d’arrêter la saignée en dénonçant ces accords scélérats et en reprenant leur souveraineté monétaire. Avec des pratiques comme celle qui est décriée ici et qui ne trouve pas beaucoup d'experts pour en défendre son bien fondé pour le développement des Etats logés à l'enseigne pays pauvres très endettés, le préalable est de couper ce cordon ombilical qui rattache la zone Cfa à l'Euro. Un développement est-il possible pour tous ces pays sans une politique monétaire autonome ? Pas besoin d'être un disciple de Keynes ou tout autre maître de la pensée économique pour répondre par la négative.

Une observation simple permet de se rendre compte de ce que les pays comme ceux désignés par le générique "Dragons d'Asie", dont certains avaient le même niveau de développement que le Cameroun en 1960, sans justifier du même potentiel énergétique, présentent aujourd'hui une situation économique enviable, sont regardés comme modèles par leurs égaux d'hier qui leur quémandent désormais la fameuse aide publique au développement. Quel paradoxe ! Corée du Sud, Indonésie, Thaïlande… n'ont pas eu besoin d'un arrimage à une monnaie de référence pour être où ils sont aujourd'hui. Idem pour les puissances émergentes que sont la Chine, l'Inde ou le Brésil. La création d'une monnaie n'est pas une panacée et n'est pas le seul facteur qui retarde le décollage économique du Cameroun. On aura toujours beau jeu d'évoquer le Zaïre de Mobutu et ses poussées inflationnistes. Mais cette monnaie propre constitue un préalable auquel il faudra annexer une vision, des compétences, la transparence et le sens de l'intérêt général.

Par Junior Binyam in Mutations, le 20 février 2009

12:58 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : franc cfa, saoti, trésor français, souveraineté africaine, bceao, zone cfa, cemac, beac, junior binyam, mutations | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LES COUTS DE LA CORRUPTION

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Lu sur le blog SAOTI.OVER-BLOG.COM: Ce texte, écrit il y a 10 ans par le Pr Mamadou Koulibaly, se lit comme un face-à-face décalé dans le temps entre l’opposant d’alors et l’homme d’Etat d’aujourd’hui, tout en prouvant la constance de l’actuel numéro 2 ivoirien sur la thématique de la corruption. Une exclusivité Saoti.

La corruption, c’est le fait d’être corrompu, c’est-à-dire transformé en mal. Il s’agit donc d’une perversion, d’une altération d’un phénomène, d’un individu, d’une personne ou d’un acte. Au-delà d’être un fait, la corruption est aussi un acte. Celui de corrompre quelqu’un en s’assurant son concours à prix d’argent pour qu’il agisse contre son devoir. Il s’agit dans ce cas, d’un pourrissement de l’acte, de sa dépravation, donc d’une action de décadence. Dans cette acception, la corruption relève de la morale individuelle, même si elle peut conduire à des coûts macroéconomiques non intentionnels. Le devoir est l’obligation à quelque chose, qu’une personne peut avoir envers une autre par la loi, la morale ou les convenances. Donc soudoyer quelqu’un, le corrompre pour qu’il agisse contre son devoir, c’est violer et provoquer la violation de règles de conduite en usage dans une société.


Le corrupteur, comme le corrompu, refuse de se conformer aux règles en vigueur et qui sont considérées comme honnêtes et justes. La corruption est donc un vice individuel qui débouche sur une décadence collective. Donc, aussi bien à l’échelle micro-, méso- que macroéconomique, elle a des coûts directs et indirects.


La corruption en tant que vice individuel


La définition restrictive qui vient d’être adoptée permet, au lieu de la critiquer et de la condamner sans réussir à la vaincre, de la caractériser à travers quelques déterminants et d’analyser ses effets sur l’activité individuelle et collective. Les coûts de la corruption peuvent ainsi être appréciés à travers les coûts externes et les coûts d’opportunités qu’elle fait subir à la collectivité.

La corruption est une activité que des hommes mettent en place, organisent et adoptent. Elle demande qu’on lui consacre du temps et des ressources, même si a priori elle se présente comme une activité non vertueuse. La corruption est une activité qui est donc rentable, sinon personne ne s’y adonnerait. Les personnes qui s’y impliquent, soit offrent de la corruption, soit la demandent pour leurs besoins. Les corrupteurs et les corrompus sont des personnes qui s’entendent et organisent la corruption en vue d’atteindre leurs objectifs réciproques. Même s’il n’y a pas de contrat écrit qui donne un cadre juridique à cette activité commune, les gens impliqués ne passent pas moins un accord implicite ou explicite d’exploitation commune d’un filon mutuellement rentable. Ils sont des cocontractants pour atteindre un objectif commun. La corruption étant définie comme un changement en mal d’un fait, s’y adonner n’est rien d’autre qu’entreprendre de la destruction de valeur et de ressources.

Le corrupteur, comme le corrompu sont des prédateurs. La corruption relève du « free riding », or le free rider est un destructeur de valeur. La corruption paie son homme. Le crime économique paie, il rapporte. Malheureusement, le jeu de la corruption n’est pas à somme nulle.

La corruption implique, au-delà du corrupteur et du corrompu, ceux qui doivent faire les frais de « petit jeu ». Il y a nécessairement une tierce personne qui paye ce que les autres se partagent. Le coût de la corruption peut s’apprécier par la prise en compte de cette tierce personne, qui peut être soit une personne physique ou morale, soit une collectivité plus grande et plus complexe comme l’Etat, la Nation ou la communauté. Dans tous les cas, il n’est pas gratuit, le repas des corrupteurs et des corrompus.

Prenons un exemple simple et qui est pourtant fréquent en Afrique. En voyage dans la chambre d’un splendide hôtel de Ouagadougou, vous confiez votre costume au blanchisseur pour une somme homologuée et affichée de 3000 F CFA, que vous acceptez de payer au moment où vous appelez le service de la blanchisserie. A son arrivée, le blanchisseur vous propose un deal, un accord, un arrangement. Soit vous acceptez la proposition de l’hôtel à 3 000 F, soit vous lui confiez, à lui, en tant qu’employé, pour 1 500 F CFA, votre costume avec la garantie que la qualité du service que vous demandez sera la même dans un cas comme dans l’autre puisque c’est lui le blanchisseur et personne d’autre.

La fiche de blanchisserie du service comptable de l’hôtel fixe le prix du service à 3 000 F CFA et le blanchisseur de l’hôtel propose le même service, au même endroit avec les mêmes intrants à 1 500 F CFA. Pour vous, comme pour lui, s’entendre sur cette occasion signifie que le jeu en vaut la chandelle et qu’il vous rapporte autant à vous qu’au blanchisseur. Il vous propose de corrompre le système des prix de l’hôtel. Le gain attendu est une des principales motivations de la violation de la confiance que le propriétaire de l’hôtel met en vous à travers le contrat de travail et le contrat de logement qu’il a passés avec vous et avec son employé. Vous trahissez sa confiance. Vous violez une loi morale et cela ne se fait pas sans coût. Votre viol a nécessairement une victime et c’est le propriétaire de l’hôtel qui paye ce que votre corruption vous rapporte. Le propriétaire supporte le premier les coûts directs de la corruption. La proposition du blanchisseur, si elle est acceptée, vous fait gagner 1 500 FCFA, puisque vous ne payerez que les 1 500 F CFA demandés par lui. En termes de surplus, vous êtes gagnant.

De même, le blanchisseur, dans cette opération, gagne 1 500 F puisqu’il ne déclarera pas l’opération au service comptable de l’hôtel. A deux, vous vous partagez les 3 000 F CFA attendus dans les recettes de l’hôtel. Le chiffre d’affaires de cette journée sera amputé de 3 000 F. Mais ce n’est pas tout.

Le blanchisseur, pour fournir le service qu’il vous a garanti, sera bien obligé d’utiliser l’eau, l’électricité, les produits de lessive, la main-d’œuvre, le local et les machines achetées par l’hôtel. Les coûts d’exploitation de l’hôtel augmenteront donc nécessairement. Le propriétaire de l’hôtel, sans être présent, paye. Il perd sur le chiffre d’affaires et ses charges augmentent. En conséquence, son bénéfice réalisé sera plus faible que le bénéfice qu’il aurait pu atteindre. Or, il n’y a pas très longtemps que le propriétaire s’est endetté auprès d’amis et du système bancaire pour construire son hôtel. Il n’a même pas terminé les finitions par manque de moyens financiers. Il s’est résolu à ouvrir l’hôtel et à travailler aux finitions progressivement par autofinancement. La corruption d’un de ses employés lui fait perdre de l’argent. Ses clients futurs trouveront l’hôtel toujours pas complètement terminé. Les réparations se feront difficilement car, entre le remboursement du prêt bancaire, les salaires et les autres charges directes, il restera peu d’argent pour continuer les travaux de finition. Ses clients futurs seront moins accommodés et toujours mal logés. Le bien-être collectif intertemporel se dégrade donc ainsi. Au-delà des coûts directs supportés par le propriétaire, les usagers et clients de l’hôtel auront à supporter des coûts indirects et psychologiques.

Il apparaît alors que le retour sur investissements pour le propriétaire de l’hôtel sera faible par rapport à ce qu’il aurait s’il n’y avait pas eu corruption. La baisse du retour sur investissements conduit à la faiblesse du rendement de l’épargne qui a été investie. Les investisseurs potentiels décodent ce message et préfèrent ne pas investir. La consommation de biens durables augmente alors plus vite que la production et l’emploi. Indirectement, la corruption est un acte de prédation économique. Les propriétaires et les consommateurs en sont les victimes. Par le viol de la confiance, elle transforme un phénomène moral en un désastre économique.


La corruption, source de décadence collective


Imaginez ce gouvernement africain, membre du club très fermé des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) et vivant d’aide publique internationale. Imaginez que l’Union Européenne alloue à ce pays un appui budgétaire de 50 milliards de F CFA entre 1992 et 1997 pour aider à soulager les effets sociaux des plans d’ajustement structurel (PAS) que ce pays applique sans beaucoup de succès depuis une vingtaine d’années. Dans le budget de ce pays, environ 2 000 milliards de F CFA, voté par son Parlement, 600 milliards sont attendus de l’aide internationale. Et, au titre des dépenses, 700 milliards sont à payer pour le remboursement de la dette. Il s’agit donc d’une situation économique délicate qui devrait inciter à une bonne gestion des rares ressources prélevées sur le travail des paysans, des ouvriers, des hommes d’affaires et autres producteurs, consommateurs et contribuables nationaux et étrangers (dans les pays bailleurs de fonds).

L’utilisation de l’appui budgétaire est encadrée par un système de contrôle dit infaillible. Les fonds ne sont pas directement versés au Trésor Public, c’est la délégation locale de l’UE qui les conserve. Le gouvernement africain est autorisé à effectuer les dépenses de construction et d’équipement de services sociaux pour les populations. Il présente, par la suite, les factures à l’UE qui, après vérification des pièces, rembourse les dépenses effectuées par le Trésor Public. Des plans de passation de marchés sont paraphés. Tout le système semble ainsi verrouillé. Aucune tricherie ne devrait être possible.

Cependant, entre les ministères qui sont les maître d’œuvre, le Trésor Public qui exécute les dépenses et l’UE qui rembourse les factures, l’on s’aperçoit, à la grande surprise de plusieurs personnes dont l’Union Européenne elle-même, qu’une évaluation de programme d’appui réalisée en 1999 révèle des détournements de près de 25 milliards de F CFA sur les 50 milliards alloués. Malgré les verrous, 50 % environ des fonds ont fait l’objet de malversations, de vols, et de détournements grossiers.

Ainsi, pour contourner les procédures d’appels d’offre lors des passations de marchés publics, les dépenses ont été fractionnées par les mêmes entreprises avec plusieurs dénominations différentes et le même compte contribuable sans qu’aucun inspecteur des impôts ne s’en offusque. Les prix pratiqués dans les opérations financières par le programme d’appui sont surfacturés par rapport aux prix de marchés réglementés, sans qu’aucun inspecteur du Trésor Public ne s’en offusque. Les hauts fonctionnaires des ministères bénéficiaires certifient des prestations de services plusieurs mois après, selon n’importe quelle formule technique et sur n’importe quel support, sans que cela ne choque aussitôt les administrateurs des fonds. Des services sont facturés alors qu’ils n’ont aucunement été réalisés ou livrés.

Ainsi, 30 à 50 % des dépenses effectuées par le gouvernement de ce pays africain l’ont été de façon non conforme aux procédures comptables établies. Ce cas concerne des fonds d’aide au développement, mais les techniques adoptées pour mettre en place les jeux de corruption et de malversations proviennent d’un agenda bien chargé de faux et d’usages de faux pour abuser de biens sociaux avec de multiples comptabilités. Ces techniques s’appliquent aussi aisément aux organisations non étatiques ONG, associations, entreprises privées, établissements publics, etc.

Barry Mamadou, expert comptable, commissaire aux comptes et auditeur externe à Dakar, nous livre une pléiade de cas commentés avec leurs mécanismes, dans un ouvrage sur les «Détournements, fraudes et autres malversations».

Ces pratiques sont peut-être universelles, mais l’impunité dans les économies africaines est reconnue d’utilité publique. La corruption est condamnée par tous, mais l’impunité est admirée et célébrée par les individus impliqués dans la corruption et organisés en bande, en clan, en gang et en réseau avec différentes strates de responsabilité au sommet desquelles, très souvent, se trouvent des magistrats suprêmes de ces républiques. On peut ainsi parler du « clan Suharto », du « clan Mobutu » et autres. Plus l’impunité est forte, plus l’on est proche du sommet de la hiérarchie étatique. La corruption est donc acceptée, même si les hommes de l’Etat la condamnent. Comme le vice aime rendre hommage à la vertu !

La corruption est un acte volontaire de malversation et, en tant que telle, la société la reconnaît puisqu’elle la reconnaît puisqu’elle la connaît. Les cas célèbres de tous ces douaniers africains millionnaires et même parfois milliardaires, pour le haut de la hiérarchie, expliquent l’engouement des jeunes à s’orienter vers ce métier. L’entrée dans les cycles de formation de la douane, de la police, de l’administration fiscale ou de toute autre administration à « haut pouvoir corruptible » se fait sur des listes de candidatures corrompues. Pour entrer dans ces écoles, il faut corrompre la procédure d’entrée. Mais à capacité de corruption égale l’intervention d’une autorité politique est décisive.

Les Etat africains sont responsables de la corruption et les hommes de l’Etat convertissent, par le biais de la corruption, le patrimoine collectif en biens privés leur appartenant et dont ils deviennent les redistributeurs. Pourtant, par le biais de l’Etat, ces mêmes hommes de l’Etat savent que la corruption est moralement condamnable, économiquement répréhensible. C’est pour cela d’ailleurs que les Etats africains ont été dotés d’instruments pour assurer à tous, aussi bien la responsabilité politique, la responsabilité civile et la responsabilité pénale.

Des lois ont été conçues et adoptées pour se prémunir contre tous les crimes économiques et sociaux. Des gendarmes et des policiers sont formés et mis à la disposition de l’Etat par de grandes écoles pour protéger la propriété et le patrimoine des citoyens. Des magistrats et des juges sont formés dans les universités et les grandes écoles d’ici et d’ailleurs, par de brillants professeurs de droit, aux techniques juridiques et d’administration judiciaire. Des procureurs sont, au nom de la République, nommés par les gouvernements ; des prisons, certes en nombre insuffisant, ont été construites et nos huissiers connaissent leur métier autant que nos avocats et nos percepteurs. Pourtant, tout ce beau système avec son beau monde ne fonctionne pas parce que les personnes qui en ont la charge sont elles-mêmes aussi corrompues les unes que les autres, comme l’ensemble de la société. Alors la rentabilité du crime économique consubstantiel à la corruption devient encore plus forte.

Quand les dirigeants d’une économie sont corrompus, ils sanctifient l’impunité nécessaire à leur survie. La probabilité diminue qu’un corrompu soit appréhendé parce que les gendarmes, les policiers, les douaniers, les inspecteurs des impôts et des douanes et autres contrôleurs sont corrompus. Et même quand un criminel est arrêté, la probabilité qu’il soit jugé et condamné est faible parce que le parquet, les magistrats, les juges et autres procureurs, huissiers, notaires et avocats sont corrompus. Même quand il se trouve un juge pour condamner un tel criminel, la probabilité que la peine soit appliquée est très faible parce que les juges d’application des peines, les gardiens de prisons sont corrompus. Connaître un corrompu, avoir les preuves de sa corruption ne signifie donc pas que l’on a vaincu la corruption. Le blanchisseur qui demande à être corrompu viole la confiance que son employeur place en lui à travers son contrat de travail. Le ministère de la Santé publique et de la population qui participe au détournement de l’appui budgétaire de l’Union Européenne hypothèque la santé et l’avenir de l’enfance. Ce sont des centres de santé en moins dans nos villes et nos campagnes. Des moyens de bien vivre en bonne santé sont ainsi arrachés aux populations pour être confisqués par des corrompus, des prédateurs qui détruisent ainsi les valeurs futures des populations. Il se pose un problème d’équité intergénérationnelle, de justice interpersonnelle, c’est-à-dire d’éthique. La responsabilité morale de la République se transforme ici en responsabilité politique des dirigeants de l’Etat. Cette responsabilité ne pose pas seulement la question de l’enrichissement personnel par le vol. Elle rappelle aussi et surtout la rupture dans la chaîne de solidarité. La corruption renforce la fracture sociale intertemporelle. Les générations présentes de tricheurs et de corrompus hypothèquent le niveau de vie des générations futures. Le détournement des appuis budgétaires consacrés aux dépenses sociales signifie que dans le pays bénéficiaire de cette aide, il y aura moins d’écoles et moins de centres de santé correctement équipés et faciles d’accès.

Cette réduction de l’offre de services sociaux implique nécessairement de fortes pressions sur la répartition du peu que l’on aura à offrir. La demande excédentaire de santé et d’éducation sera rationnée. De nombreuses personnes ne pourront pas accéder à ces biens. Dans ce pays africain, cette année, 50 % des enfants en âge d’aller à l’école n’y ont pas été. Ces enfants non scolarisés d’aujourd’hui présentent, compte tenu de la relation positive entre capital humain (santé, éducation) et niveau de vie, les plus grands potentiels à devenir des adultes pauvres dans une génération. La corruption accroît ainsi la probabilité de la hausse de la pauvreté du prochain millénaire africain.

Le rationnement de la demande de services sociaux signifie aussi conflit d’arbitrage dans la répartition et donc discrimination face à l’école, à la maladie et à la mort. Ce sont des questions éthiques de redistribution qui ont des conséquences économiques et politiques énormes.

La corruption, en réduisant l’investissement social, comprime l’investissement public effectif. Les montants budgétisés de dépenses sociales ne sont pas, loin s’en faut, les montants réalisés. Et les montants réalisés sont dans de fortes proportions gaspillés, détournés, surfacturés. L’une des lois les plus violées impunément en Afrique se trouve être la loi des finances et personne, même pas les députés, n’osent s’élever contre cette violation parce qu’ils ne votent ces budgets qu’après avoir accepté des pots-de-vin de leur chef d’Etat. C’est le monde du donnant-donnant. L’altruisme en Afrique souffre des méfaits de la corruption. Ce type de corruption est un catalyseur de la pauvreté des économies. Les Etats se battront pour obtenir des Facilités d’Ajustement Structurel Renforcé. Ils gaspilleront ces Facilités. Ils ne seront pas capables de rembourser. Ils reporteront les charges de la dette sur les générations futures alors que celles-ci sont de moins en moins bien assurées face à la maladie et à l’éducation. Les coûts de la corruption conduisent aussi à la décadence, car il s’agit de prendre la même route. La décadence d’une économie est l’étape suprême de sa corruption.


Les réformes juridiques d’abord


De nombreux Africains, leurs partenaires internationaux et plusieurs hommes d’affaires travaillant avec l’Afrique se sont laissés persuader que sur ce continent, le piston politique remplace sans difficultés l’analyse commerciale et financière du risque et protège leurs investissements contre les réalités du marché africain.

La culture politique dominante en Afrique qui inspire les Etats, les gouvernements, les administrations, les entrepreneurs, ne traduit cependant que le programme particulier des partis uniques et de leur régime civil ou militaire au pouvoir. La corruption, contrairement à ce que croît le Président Bédié de la Côte d’Ivoire, ne vient pas du colon et des pays du Nord. Il ne s’agit que de l’expression d’un puissant conservatisme qui sous-tend les traditions et la culture du parti unique qu’il confond avec la culture de la pauvreté, alors que ce dernier dérive du premier. Dans son ouvrage intitulé «Sur les chemins de ma vie» et publié chez Plon à Paris en 1999, le chef de l’Etat ivoirien soutient que les membres du G7 se trompent lorsqu’ils estiment que les pays en développement sont en proie à une corruption généralisée. Pour lui, «c’est au Nord que la corruption existe et donne quelques miettes aux Africains, par le biais de certains agents. Ce sont généralement des investisseurs ou des marchands qui veulent obtenir des contrats facilement et distribuent des pots de vin. S’ils le font ici, c’est qu’ils le pratiquent également chez eux. Je pense même que ces « usages » décriés sont plus développés en Europe et dans les pays avancés (page 212)».

Dans le contexte politique africain, ne pas s’en remettre à ses relations politiques est un gage d’échec dans le monde des affaires. S’en remettre à ses relations politiques est un appel à la corruption institutionnelle et au népotisme généralisé. Pour éviter que ces coûts conduisent aux extrêmes de la pauvreté et du sous-développement, des reformes institutionnelles s’imposent.

Dans les économies africaines, de plus en plus de gens sont convaincus que la question de la corruption ne peut se traiter par des artifices et autres habillages de façades à travers «des campagnes de sensibilisation des masses» sur la bonne gouvernance, le civisme et la moralisation de la vie publique. Ce sont des changements fondamentaux qu’il faut admettre.

Il est presque impossible que les dirigeants actuels de l’Afrique guérissent leurs Etats de la corruption et donnent ainsi l’exemple que leurs économies suivront. Toute tentative donnant aux Etats des occasions de discours incantatoires ne fait que renforcer le développement dirigé par les politiciens des partis uniques et des démocraties apaisées, sources mêmes de la corruption. Jusqu’à présent, cela n’a pas marché et les politiciens africains n’acceptent presque jamais la responsabilité de leurs erreurs. La responsabilité politique n’a pas de sens en Afrique, alors que les politiciens africains aiment à se mêler des affaires des autres. Au lieu de voir ce qui ne va pas dans leurs propres actions, il est plus simple et politiquement moins risqué de s’en prendre au peuple, à une ethnie, à une profession, à une corporation, ou simplement aux étrangers et pourquoi pas aux bailleurs de fonds dont la complicité est de plus en plus soupçonnée.

Les reformes radicales, si elles ne sont pas faites à temps, peuvent conduire soit à la rébellion (les cas de Suharto et de Mobutu), soit à l’informalisation de l’économie, de la politique et de la vie tout court. Le statut quo conformiste, qui voit la pauvreté et la corruption coexister, choque de plus en plus de consciences qui réclament des réformes réelles et profondes. Ces reformes ne doivent, dans un premier temps, que contribuer au rétablissement de la responsabilité, de la liberté et des droits de la propriété, toute chose capable de limiter l’avancée de la corruption.

Le droit de la responsabilité est de faire supporter à chacun les conséquences de ses actes, de ses choix. La responsabilité civile protège la propriété et les personnages des dommages causés à autrui. Comme les individus ne sont pas neutres vis-à-vis du risque, ils ne seront pas indifférents aux règles de responsabilité, qu’elles soient civiles, pénales ou politiques. C’est donc le droit, la justice qu’il faut restructurer, c’est vers l’Etat de droit qu’il faut aller. L’Etat de droit signifie ici la situation dans laquelle le droit s’impose à tous sans exception. Les premières réformes doivent être judiciaires pour rétablir la responsabilité politique des hommes de l’Etat. Les réformes économiques suivront ensuite, avec l’appropriation privée des moyens de production pour obliger le prédateur soit à restreindre son champ d’action, soit à payer pour ses actes. Réhabiliter le contrat de sorte que les gens se sentent obligés d’exécuter les promesses lorsqu’elles sont à la base de l’échange volontaire. Ces réformes élargiront les rayons de l’échange marchand et réduiront la place de l’altruisme aux relations plutôt familiales et affectives.

En clair, il n’est pas possible de lutter contre la corruption si l’Etat de droit n’est pas instauré. Mais cela ne veut pas dire qu’avec l’Etat de droit, la corruption cesse.

La démocratie est une condition nécessaire pour éradiquer la corruption, même si les démocraties ont elles-mêmes leur dose de corruption. L’Afrique doit d’abord rompre avec l’idéologie du parti unique. Sans un succès dans ce sens, le challenge de l’éradication de la pauvreté ne sera qu’un vœu pieu. Car le coût principal de la corruption, c’est la pauvreté supplémentaire qu’elle impose aux pays.

Par Mamadou Koulibaly in Le Courrier ACP-UE ; N° 177 Octobre-Novembre 1999

12:51 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : mamadou koulibaly, corruption, saoti | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 20 février 2009

QUESTION FRAR!

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Juste un peu d'humour. Lisez-moi cette petite histoire reçue, hier, d'un ami.

Ah, les femmes! Affaire de curiosité, dèh !

Un couple est invité à une soirée très costumée. Juste au moment de partir la femme est prise d'une violente migraine.
Elle dit à son mari d'aller à la fête sans elle. Le mari enfile alors son déguisement et s'en va, tandis que la femme va se coucher.

Après avoir dormi un peu, elle se réveille en pleine forme. Elle décide alors d'aller rejoindre son mari à la fête, mais comme elle est un peu soupçonneuse, elle se dit qu'elle va le surprendre en se déguisant avec un autre costume que celui qu'elle avait prévu.

Dès son arrivée à la fête, elle repère son mari : il est en train de danser avec une fille, puis encore une autre, puis une autre encore…

Elle veut en savoir plus, et voir jusqu'où il est capable d'aller. Dans la cohue, elle l'aborde et l'invite à danser.

Sans la reconnaître, il lui susurre à l'oreille qu'ils pourraient s'isoler un petit peu, ce qu'ils font en allant directement faire l'amour dans un des recoins de la salle.

L'affaire faite, la femme s'en va précipitamment et rentre chez elle.

Le mari rentre un peu plus tard, et sa femme l'attend ferme derrière la porte.... Alors ! Comment était la fête ?

Il répond : ' Ce n'était pas drôle sans toi chérie '.

Je ne te crois pas, je suis sûr que tu as bien rigolé ! '

' Non je t'assure. Quand je suis arrivé, il n'y avait pas d'ambiance, alors avec quelques gars qui étaient là, on a décidé d'aller jouer aux cartes au bistrot voisin...

Par contre, j'ai passé mon costume à un ami qui n'en avait pas, et il m'a téléphoné pour me remercier:

Il est tombé sur une sacrée salope et il parait qu'il s'est bien régalé.

Sa femme perdit connaissance sur le champ.

A ton réveil que diras-tu à ton mari ????? Question frar!!!!!

19:58 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : blague, rire, sourire, humour | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 19 février 2009

MANU DIBANGO ATTAQUE MICHAËL JACKSON ET RIHANNA POUR PLAGIAT

Le musicien camerounais Manu Dibango a assigné, ce mardi (17 février 2009), devant le tribunal de Paris les maisons de disque de Michael Jackson et Rihanna qu'il accuse d'avoir plagié l'une de ses chansons. Lorsque l'on évoque Manu Dibango, on ne peut passer à côté de son immense succès Soul Makossa. Michael Jackson, qui s'était emparé de son refrain au début des années 80, avait dû le dédommager pour ce plagiat. En 2009, l'affaire rebondit lorsque le chanteur américain autorise la chanteuse Barbade Rihanna à reprendre le morceau composé par Manu Dibango.

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Le légendaire saxophoniste camerounais Manu Dibango.

Ils avaient fini par trouver un terrain d'entente financier. 23 ans plus tard, Manu Dibango remet ça. Suite à l'accord de Michael Jackson pour que la jeune chanteuse Rihanna, reprenne son titre où se trouve ce fameux sample de Soul Makossa, le célèbre musicien camerounais a assigné mardi en référé les maisons de disques Sony BMG, EMI et Warner, afin que les droits générés par cette chanson en France soient bloqués dans l'attente d'une décision sur le fond.

1972 : Manu Dibango compose l'hymne pour la coupe d'Afrique de football avec en face B Soul Makossa. Dix ans après, Michael Jackson enregistre Thriller, le disque le plus vendu au monde, sur lequel figure Wanna be startin' something avec un extrait du morceau du saxophoniste camerounais sans aucune concertation.

1986 : Manu s'accorde avec Michael pour renoncer à ses droits en échange de deux millions de francs. En revanche, toute autre reprise restera sous contrôle.

Hélas, la chanson, Don't stop the music par Rihanna écoulée à plus de 7 millions d'exemplaires contient l'entêtant « Mama Ko Mamassa, Mamakossa ».

A 75 ans, Dibango réclame aux maisons de disques de ces artistes 500 000 euros et le versement de ses droits d'auteur


Publié le : 17 février 2009
Rubrique : People
Source : RFI

17:01 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Informations diverses | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : manu dibango, barbade rihanna, michael jackson, plagiat, saxophoniste camerounais | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 14 février 2009

LE DROIT FACE A LA SORCELLERIE EN COTE D'IVOIRE

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Une erreur de publication de Frat-Mat m'avait fait poster sur ce blog, le 18 Septembre 2008, dans l'article "Sorcellerie et traditions africaines", ceci: "Le droit face à la sorcellerie en Côte d’Ivoire est le sujet de la thèse de doctorat en droit privé, brillamment soutenue, hier, à l’université d’Abidjan Cocody, par M. Legré Okou Henri". En réaction, le vrai impétrant, Monsieur GALE Gbagbé Jean-Pierre, a posté un rectificatif sur ledit article et m'a fait parvenir le résumé de sa thèse pour rétablir la vérité. Je vous propose donc de lire: « Le Droit face à la sorcellerie, en Côte d’Ivoire », sa Thèse de Doctorat (nouveau régime) en Droit privé, soutenue publiquement, le 25 juillet 2008, à l’Université de Cocody (Abidjan)- Résumé.


Comment le droit ivoirien appréhende t-il la sorcellerie ? Telle est la problématique de notre étude qui s’intitule « le droit face à la sorcellerie en Côte d’ Ivoire ».

De la confrontation « Droit et sorcellerie », il ressort que le droit se voulant gardien de l’ordre social ne tolère pas la sorcellerie qui constitue un fait susceptible de mettre en mal cette harmonie. Il a à son égard la réaction que commande tout fait anti-social : il la poursuit et la réprime. Eu égard à la spécificité de l’infraction, la poursuite et la répression se font non sans difficultés. Un regard rétrospectif dans l’histoire nous donne de constater que le législateur est allé de tâtonnements en balbutiements pour la mise en place d’un dispositif légal qui au demeurant est très lacunaire. Le législateur ordonne la poursuite de cette pratique sans donner à l’accusation les moyens d’ y parvenir. Il garde un mutisme quant aux actes à poursuivre. A l’image du législateur colonial et de ses homologues africains, le législateur ivoirien opte pour le silence. Ce mutisme est on ne peut plus préjudiciable aux justiciables. Le juge répressif invité ainsi à combler ce vide n’ y est pas parvenu. La sorcellerie doit être perçue comme une force immatérielle ayant pour objet de nuire à autrui. Doivent être considérés comme actes de sorcellerie, l’envoûtement, la métamorphose, en somme tout acte visant à nuire à autrui par le biais d’une force métaphysique.

Par ailleurs, force est de constater que la donnée psychologique de l’infraction qui nous occupe est présumée comme c’est le cas pour bien d’autres. De ce qui précède, il se dégage que la structuration de l’infraction qui nous occupe constitue un véritable casse tête. Aussi des obstacles se dressent-ils sur la voie de sa poursuite.

En effet, alors que dans la mentalité collective africaine presque tous les décès sont attribués à la sorcellerie, les poursuites sont relativement rares en la matière. Des facteurs d’ordre sociologue jalonnent le chemin de l’accusation. A cela, il faut ajouter des obstacles d’ordre judiciaire. C’est après avoir franchi toutes ces entraves qu’il faudra envisager la répression. La preuve qui en est la condition sine qua non constitue une épineuse question. Les moyens classiques de preuve ne sont pas d’une grande utilité. De l’examen des décisions de justice recueillies, il ressort que le juge ivoirien a tendance à dénier tout crédit probatoire aux épreuves de vérité. La procédure toute entière semble tourner vers la recherche de l’aveu. Le juge prononce la condamnation dès qu’il l’obtient. Il ne recourt à la preuve testimoniale que rarement. En absence de l’aveu, la question de la preuve constitue un nœud inextricable. Il en résulte une répression à une portée on ne peut plus limitée. Ni la peine d’emprisonnement, ni l’arsenal répressif qui est du reste caractérisé par une étonnante légèreté ne permet au Droit d’atteindre ses buts classiques.

Il y a donc lieu de perfectionner les outils usités par la science du Droit. Cela nécessite inéluctablement une réforme de fond en comble. Dans cette perspective, le législateur devra clairement définir la pratique de sorcellerie. En ce qui se réfère à la preuve, nous recommandons que les producteurs et les acteurs du droit fassent une jonction de la science et de notre tradition. Dans cette optique, les modes de preuve ordaliques peuvent être d’un secours inestimable. En outre, nous recommandons l’instauration des chambres coutumières dans chaque juridiction ou tout au moins que la pratique qui nous occupe relève de la compétence de la cour d’assises qui aura l’avantage de comprendre outre les magistrats professionnels, des jurés experts de la matière dont l’apport sera considérable pour l’éclatement de la vérité.


GALE Gbagbé Jean-Pierre

00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Livre, Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : sorcellerie, thèse doctorat, dr galé jean-pierre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 11 février 2009

VOUS NE POUVEZ MANQUER D’EN RIRE !

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Chers lecteurs, nous prenons notre rendez-vous habituel du rire à avec ces quelques nouvelles blagues-SMS que je vous propose. Elles sont typiquement ivoiriennes et vont vous faire franchement marrer. Elles m’ont été expédiées par des amis sur le réseau ORANGE. Je vous invite maintenant à les lire.

1- Une patiente se rend au CHU de Yopougon et dit, pendant la consultation : « Docteur, j’ai des courbatures et une forte migraine ». Le médecin lui demande : « Vous chauffez beaucoup ? ». Elle répond : « Hiii ! Docteur, si c’est chauffer-là, hum !, faut quitter ! Parfois, je chauffe à la Rue Princesse, au LG, parfois quand c’est mou, je chauffe Derrière-Rails ! ».

2- « Je ne comprends plus rien ! J’ai mis trois carreaux de sucre dans mon café et c’est pas sucré ! », se lamente le premier. Le second, très concentré sur l’affaire, lui répond : « Je ne crois pas que tu aies suffisamment mélangé ! Mélange encore ! Mais qu’est-ce que tu fais-là, mélange plus fort que ça ! ». Ce sont deux fous devant une barrique d’eau ! Quand mêmou, hein !

3- Un chat poursuit une souris qui se réfugie dans un trou. Le chat affamé l’attend, bien planqué, en position d’attaque. Après de longues minutes, de sa cachette, la souris entend des aboiements. Rassurée, elle sort du trou et le chat ne se fait pas prier pour lui bondir dessus. Etonnée, la souris lui demande, de dessous ses pattes : « Mais, tu es un chat et puis tu aboies ? ». Le chat lui répond : « Tu ne sais pas que la vie est dure, maintenant, et qu’Abidjan aussi, c’est technique ? Je suis devenu bilingue ! ».

4- Un gars perd un bras dans un accident d’usine. Complexé, il décide de se pendre, du haut de son balcon. Soudain, il voit dans l’appartement d’en face, un homme sans bras qui danse le « Kpangô ». Impressionné, il va chez lui et lui demande ce qui le motive tant à aimer la vie, malgré son handicap, au point de danser le « Kpangô ». L’autre de lui répondre : « Qui t’a dit c’est Kpangô ? Je cherche à me gratter les fesses ».

5- Il y a eu un accident très, très grave, près d’un village Guéré. Les pompiers sont arrivés en 5 minutes. Si bien que les Guéré ont été pris de court mais ils sont, quand même, contents. Ils attendent pour faire la fête. Les pompiers commencent par évacuer d’abord les blessés, ensuite les morts entiers et, enfin, les morts ayant la tête, le bras, ou la jambe broyés. Les Guéré sont dépassés. Ils n’en croient pas leurs yeux. Leur chef, ne comprenant rien, approche le commandant pompier et lui demande : « Chef, même gâté gâté-là, vous prenez aussi ? Et le commandant de répondre : « Tous les pompiers que tu vois-là, ils sont guéré ! ».

6- Une jeune fille de Yop, malade, va se faire ausculter par un médecin. Le médecin lui demande : « Est-ce que tu chauffes ? ». La fille répond : « Hayi, Docteur ! C’est quelle question ça ? Tous les week-end, je chauffe au Shangaï jusqu’à 6h ?! Ou bien ? Même au Jack Pot, au 225, au Jet Set et aux 1000 maquis, à Marcory, ils connaissent mon adresse ! Si toi-même tu ne crois pas, invite-moi, le 14 Février tout près ici-là, tu vas voir ! ». Ehéé, les mange-mil, changez un jour ?! Les gars, passez le message, ya danger ! On devient transparent comme l’air ; les mange-mil ne doivent nous voir qu’après le 14 Février ! Salut, la compagnie !


DINDE Fernand AGBO

09:38 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blagues ivoiriennes, humour, blagues-sms, rire, sourire, blagues 2009, orange | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 09 février 2009

LE FRANC CFA ET L'EURO CONTRE L'AFRIQUE

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Un livre à lire absolument! Celui de l'ivoirien Nicolas AGBOHOU: LE FRANC CFA ET L'EURO CONTRE L'AFRIQUE. Un véritable bréviaire pour briser la répression monétaire dont les anciennes colonies de la France, en Afrique, sont victimes depuis de très longues, incompréhensibles et inacceptables décennies. Préface du Professeur Grégoire BIYOGO, Postface du Professeur Jean ZIEGLER. Editions SOLIDARITE MONDIALE A.S, Paris, 1999.

Le Professeur Nicolas AGBOHOU, docteur en économie politique, démontre dans cet ouvrage de 296 pages comment les institutions et les principes de fonctionnement de la zone franc CFA bloquent le décollage socio-économique et politique de l'Afrique.

Sortant des sentiers habituels, et battant en brèche les idées reçues, ce livre va au-delà d'un simple diagnostic. Il éclaire, de façon lumineuse, les voies et les moyens qui permettront aux Africains de s'affranchir de cet ordre monétaire hérité de la colonisation, et de prendre leur propre destin en main.

Selon Grégoire BIYOGO,
écrivain, Professeur à l'Université de Créteil (France)
et Directeur de l'Institut Cheikh Anta DIOP de Libreville (Gabon) :


" L’ouvrage de Nicolas AGBOHOU, le Franc CFA et l’Euro contre l’Afrique, est une contribution importante du point de vue des sciences économiques et politiques et des recherches actuelles sur le filiationnisme égypto-nubien et l’Afrique Noire.

La thèse centrale ici est que les institutions et les règles de fonctionnement de la zone franc comme la monnaie unique européenne qui naît —l’Euro- ne profitent pas à l’Afrique. Mais qu’elles comportent des contraintes énormes, dont la finalité est de maintenir le continent africain dans la dépendance économique et politique. Sans doute cette thèse avait-elle été soutenue naguère par des éminents économistes d’Afrique. Cependant, jamais elle n’avait été aussi clairement et aussi complètement développée, non sans du reste fournir une série d’analyses et de matériaux techniques, enrichis par des tableaux dont les chiffres confirment les thèses de l’économiste… Celles-ci vont certainement entraîner des révisions déchirantes et des reniements nécessaires. Un ouvrage courageux, lucide et tonique ! "

Pour Jean ZIEGLER,
écrivain et Professeur à l'Université de Genève en Suisse :


" Nicolas AGBOHOU a écrit un livre de révolte, intelligent et puissant. Livre d’économiste d’abord. En homme de science, érudit et précis. L’auteur démontre le mécanisme de la répression monétaire des anciennes colonies de la France. Le maintien du Franc CFA, en d’autres termes : la camisole de force des pays africains enserrés dans la zone franc, est pour lui la première cause de la persistante misère, de l’humiliation permanente, du sous-développement devenu réalité minérale des pays d’Afrique francophone…

Nicolas AGBOHOU défend sa thèse avec un langage vif, tranché et une foule d’arguments logiques et d’énoncés pertinents. Il est le contraire de ces scientifiques désincarnés et mornes qui, usant de leur érudition, énoncent des évidences, puis éteignent la lumière et sortent du champ de bataille. AGBOHOU est Africain, passionnément. C’est un patriote continental. Un homme en révolte. Bref : un intellectuel engagé au service des luttes populaires et des lumières à venir.

AGBOHOU appelle donc à la renaissance, à la revitalisation des mémoires, à l’insurrection des consciences. Quelles humiliations ne subissent-ils pas, les Africaines et Africains de cette fin de millénaire !

Ce livre est nécessaire. Il faut le diffuser largement et le lire avec attention. "

Pour information et commande s'adresser aux :

Editions Solidarité Mondiale A.S.
23, rue du départ 75 014 Paris.

Tél : 01 40 64 70 21

Fax : 01 40 64 74 63

E-mail : esmas99@hotmail.com

Prix 168 FF ou 25,61 Euros

20:59 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : nicolas agbohou, franc cfa, euro, répression monétaire, jean ziegler, grégoire biyogo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 07 février 2009

QUELQUES BLAGUES-SMS IVOIRIENNES POUR NOUS DETENDRE

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Prendre un peu de bon temps, de temps à autre, rien de tel ! Voici, à cet effet, quelques bonnes blagues-SMS ivoiriennes, en circulation sur le réseau ORANGE, pour vous délier les traits du visage. Prenez du paisir !


1- Deux petits dioula, Yacou et Ali, sont à Paris en France, à la gare du métro. Yacou regarde le sac d’un blanc et dit à son compère Ali : « A ta ka bori ! ». Le blanc le lorgne et lui répond en disant : « Ni ka ta kabori, me bori y ko et puis si n’ka y mlan, mais n’be nan y bougô mal, mal quoi ! ». Han !

2- Un soldat en mission reçoit cette lettre de sa copine restée au pays : « Chéri, je ne peux plus continuer notre relation. La distance entre nous est trop grande. J’avoue que je t’ai déjà trompé, deux fois. Ce n’est pas juste pour toi ni pour moi. Je suis désolée. Retourne-moi la photo que je t’ai envoyée. Je t’aime ! ». Le soldat, très déçu, demande à ses amis toutes les photos de leurs copines, sœurs, anciennes copines, cousines, tantes, nièces, etc. A la photo de sa copine, il ajoute 57 photos de belles filles, plus une note qu’il lui envoie. En voici le contenu : « Très sincèrement, mademoiselle, je ne me souviens plus de vous. Récupérez votre photo de ce lot et ramenez-moi le reste en l’état, je vous prie ». Han ! Pah, pah, pah !

3- Un jour, à la leçon de calcul, le maître demande à Yao, 5+5 égal combien ? Yao répond : 10 ! Alors le maître dit : Bien ! 10 bonbons pour Yao ! Et toi Ali, 6+7 ? Ali répond : 13 ! Et le maître dit : Très bien ! 13 bonbons pour Ali ! A toi Grégoire, 1+1 ? Grégoire se dit intérieurement : Djahaa, il croit que je suis bête pour dire 2 et puis il va dire : Bien ! 2 bonbons pour Grégoire ! Alors Grégoire crie : Ça fait paquet, Monsieur, ça fait paquet de bonbons ! Le maître était de teint clair, il a viré au rouge sang. S’il n’a pas eu une crise cardiaque, c’est déjà pas mal !

4- Trois amis habitant à Abobo (commune la plus peuplée de Côte d’Ivoire), reviennent sans le moindre sou d’une virée, d’un show grave, à Yopougon (la plus grande commune de Côte d’Ivoire). Alors, ils décident de rentrer en taxi, espérant tromper le conducteur, en jouant les Atôtô (fantômes, revenants). A l’approche du cimetière du quartier, l’un d’eux dit : « Enfin, nous arrivons chez nous, laisse-nous à la 6ème tombe ». Et le conducteur de répondre : « Bizarre, j’habite la 4ème tombe depuis 16 ans et je ne vous connais pas ! Je ne vous ai même jamais vus, par ici ! ». « Je vous invite donc chez moi pour « mazé » ! (manger) », termine le conducteur, dans un de ces effroyables ricanements gutturaux dont seuls ont le secret les personnages de films d’horreur. Devinez la suite.



AUTRES SMS INTERESSANTS

1- 2009 sera pour toi : 1 an de Joie, 12 mois de Paix, 52 semaines de Succès, 365 jours de Santé, 21 915 heures d’Amour, 1 314 900 minutes de Bonheur, 78 897 000 secondes de réussite !

2- Les amis sont des anges qui nous remettent sur pied quand nos ailes ne savent plus voler. Rares sont les amis de cœur car ils le sont pour la vie. Ils nous défendent en public. Ils sont heureux de notre réussite. Ils nous consolent dans nos échecs. Ils sont toujours disponibles. Les amis comme toi sont une richesse inépuisable.

3- Sois attentif à la voix de ton DIEU, car il est plus proche de toi que le vêtement que tu portes. Souviens-toi de Lui, dans l’aisance et il se souviendra de toi, dans la souffrance. Sache que ce qui t’a manqué ne t’était pas destiné et que ce qui t’est destiné ne pourra te manquer. N’oublie pas que la victoire implique l’endurance, que le soulagement arrive après l’affliction, tout comme la facilité après la difficulté.

4- Que la paix soit dans ton cœur, la joie sur ton visage, la grâce à tes côtés, l’amour dans tes actes et tes pensées, en cette nouvelle année 2009 !

DINDE Fernand AGBO

20:57 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (112) | Tags : blagues ivoiriennes, humour, blagues-sms, rire, sourire, blagues 2009, orange | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 02 février 2009

NE PAS SOUS-ESTIMER L'EXTREME CAPACITE DE NUISANCE DE LA FRANCE

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La prochaine réduction annoncée des effectifs du contingent militaire français, en Côte d'Ivoire, par les autorités françaises, a donné presque lieu à de la délectation et à de la réjouissance parmi les patriotes et dans la presse "bleue". Mais il ne faut pas aller trop vite en besogne et se laisser gagner par l'euphorie ou le triomphalisme. Avec la France, rien n'est joué d'avance. Ses intentions, en Côte d'Ivoire, demeurent sombres malgré les sourires diplomatiques et les bons offices, et même si les rênes de la France sont tenues, non plus par Jacques Chirac "l'Africain", mais par "l'hyper président" Nicolas Sarkozy.

Les intérêts de l'Hexagone sur ce lopin de terre de l'Eburnie sont immenses et, croyez-moi, nous n'allons pas tarder à connaître le vrai visage de cet homme issu des milieux les plus ultra-libéraux de France.
Avec Gbagbo débarrassé de tout moyen de rétorsion politique et réélu, ont-ils la moindre chance d'assurer leurs prébendes, en Côte d'Ivoire? Rien n'est moins sûr! Et ils le savent très bien.

La capacité de nuisance de la France, militairement parlant, reste intacte. Son potentiel opérationnel n'a aucunement besoin d'être domicilié sur les rives de la Lagune Ebrié pour constituer une menace. Même en dehors de nos frontières, mais simplement en Afrique, l'Armée Française demeure un danger pour notre pays. Et Théophile Kouamouo en a fait une parfaite lecture quand il a dit: "Cyniquement, on peut dire qu'en Côte d'Ivoire, la force Licorne, a été prise dans un grand torticolis: Comment aider au renversement de Gbagbo en donnant l'impression d'être une force de maintien de la paix?". Cette posture n'a jamais changé même si des dehors d'accompagnement du processus de paix ivoirien voilent de gros soucis budgétaires et donnent l'impression au monde non initié aux arcanes de la crise ivoirienne que la France est une amie de la Côte d'Ivoire. Faux, un milliard de fois!

Le peuple ivoirien réécrira bientôt son histoire. L'approche de la période électorale révèlera ce que nous avons toujours clamé: L'histoire de notre pays se réécrira avec le sang du peuple digne de Côte d'Ivoire. Ce peuple est la seule armée qui vaincra la France et brisera A TOUT JAMAIS son joug! Le théatre sera plus apocalyptique que Novembre 2004. Comparé à ce qui arrive à grands pas, Novembre 2004 n'aura été qu'un échauffement d'avant match! L'orgre ne lâchera jamais prise sans le sacrifice du peuple. Cela arrivera et ne tardera pas.

Après cette libération, la Côte d'Ivoire aura sa propre monnaie et deviendra vraiment une nation, une vraie, indépendante, libre, éprouvée par le feu et devenue précieuse comme l'or. Ceux qui le veulent peuvent voir en ces paroles une prophétie divine, mais c'est mon intime conviction, depuis toujours!

DINDE Fernand AGBO


L'analyse de Théophile Kouamouo:

La nouvelle est tombée cet après-midi (29 Janvier 2009) et sera, à juste titre, très commentée. Le constat que je fais est que, pris à la gorge par des soucis économiques, Nicolas Sarkozy revient à la "doctrine Jospin" de désengagement militaire progressif de la France en Afrique. Il prend acte de l'impasse stratégique de "Jacques Chirac l'Africain", qui avait recréé de la présence militaire française dans le pré carré pour soutenir des régimes amis. Au final, ces dépenses folles ont-elles préservé les intérêts de l'Hexagone sur le continent ? Cyniquement, on peut dire qu'en Côte d'Ivoire, la force Licorne, prise dans un grand torticolis (comment aider au renversement de Gbagbo en donnant l'impression d'être une force de maintien de la paix) a travaillé à fragiliser les PME françaises sur le terrain et à ouvrir la voie aux entrepreneurs libanais, chinois, indiens et aux pétroliers nord-américains rassurés par son interposition. Présence militaire ne signifie pas influence, comme l'a montré l'échec de novembre 2004 et surtout le refus des membres du Conseil de sécurité des Nations unies de valider une résolution qui mettrait entre parenthèses la Constitution ivoirienne. Retour à une doctrine de "soft power" à Paris ? Peut-être. Il reste qu'Idriss Déby et François Bozizé, maintenu pour l'un et installé pour l'autre, auront du mal à se passer du parapluie français. Nous devons également faire un constat : Françafrique ou pas, l'Afrique est bien fragile et doit commencer par le commencement, c'est-à-dire construire de vrais Etats impartiaux.

Extrait de la presse française:

La France a annoncé mercredi le retour cette année de 2.100 de ses soldats déployés dans des opérations africaines, en Côte d'Ivoire et au Tchad, et le retrait de ses deux navires participant à la composante maritime de la force de l'ONU au Liban.

Cet allègement du dispositif militaire français à l'étranger répond à la stabilisation de la situation en Côte d'Ivoire et à la relève par l'ONU de l'opération européenne Eufor au Tchad et en Centrafrique destinée à protéger les réfugiés du Darfour. Elle correspond aussi à un souci d'économie budgétaire.

Selon le ministre français de la Défense Hervé Morin, une réduction de 20% des effectifs permet "d'économiser de l'ordre de 100 à 150 millions d'euros par an" sur des opérations dont le montant a "approché les 900 millions" d'euros en 2008.

La France possède l'une des deux grandes armées européennes, et avec 13.000 hommes, constitue le deuxième contributeur européen aux opérations extérieures, derrière la Grande-Bretagne (15.000 hommes), devant l'Italie (8.100) et l'Allemagne (6.500).

Pour la Côte d'Ivoire, le Premier ministre François Fillon a annoncé mercredi, devant l'Assemblée nationale, le retrait dès cette année de 1.100 des 2.000 soldats français stationnés dans le pays.

"En Côte d'Ivoire, les enjeux sécuritaires ont perdu de leur intensité et l'attente d'échéances électorales toujours incertaines ne justifie plus le maintien de notre dispositif militaire en l'état", a-t-il assuré.

Notant que "l'ONU a entamé" le désengagement de sa force (Onuci), M. Fillon a ainsi estimé que la mission des 200 soldats français qui concourent à cette force "peut être considérée comme achevée" et annoncé qu'ils "rentreront en France cette année".

En outre, "notre pays devrait réduire de moitié le contingent de 1.800 hommes qui constitue la force Licorne d'ici l'été 2009", a-t-il poursuivi. La force française Licorne avait été déployée en 2002 après un coup d'Etat manqué. Elle a pour mission de soutenir les 8.000 Casques bleus engagés dans le pays.

Ce retrait annoncé est "une bonne nouvelle", a réagi mercredi le chef d'état-major des forces loyalistes ivoiriennes, le général Philippe Mangou. La "réduction progressive" des forces étrangères "veut dire" que "la paix n'est plus loin", a-t-il estimé.

Source: http://kouamouo.ivoire-blog.com/

23:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : licorne, crise ivoirienne, armée française | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |