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dimanche, 08 mars 2009

LES METTEURS ENCEINTE ET LES ENCEINTEES

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L'un des films phares de l'école ivoirienne: "Les metteurs enceinte et les enceintées".
Kouamé Sylvie a 17 ans quand elle a eu des rapports sexuels avec un homme qu'elle a rencontré en ligne, en Côte d'Ivoire. Elle avait besoin de quelques billets de banque pour ses frais d'école.


Elle n'a plus eu besoin de cet argent car à 5 mois de grossesse, elle s'est vue dans l'obligation de laisser tomber l'école quelques années avant de pouvoir atteindre la classe de 3ème. "Figurez-vous que j'étais couverte de dépenses alors que mes parents étaient sans emploi depuis 6 ans. C'est ainsi qu'il y a 2 ans je m'étais jointe à un club de filles de mon école qui se prostituaient avec des mecs via l'Internet'', avance Sylvie Kouamé."

Selon l'ONG Jeunes Sans Vices, le nombre d'élèves dans le Secondaire et à l'Université qui abandonnent les études pour cause de grossesses chaque année et principalement durant ces 2 dernières années, avoisine les 30.000."C'est dramatique", dit Martine Angoh, membre de ladite ONG. ‘‘C'est une urgence et il faut arrêter cette hémorragie'', ajoute-t-elle.

Beaucoup de ces filles, à l'image de Kouamé Sylvie ont des rapports sexuels non-protegés avec des personnes qui leur sont pratiquement étrangères à cause de l'argent ou avec leurs enseignants pour avoir la moyenne.

‘‘Il existe une sorte de prostitution non avouée, mais réelle dans les écoles. Les filles s'adonnent de plus en plus à cette activité lucrative'' ajoute Angoh. "Les filles les plus chanceuses qui sortent avec leurs enseignants gagnent doublement: En argent et en moyenne" affirme l'ancienne élève Sylvie Kouamé. Et d'ajouter: "Faites le tour des écoles d'Abidjan et même dans tout le pays. Vous verrez que sur 10 filles, il n'y a pas plus de 3 qui ne s'adonnent pas à cette pratique''

Un officiel du Ministère de l'Education Nationale qui a préféré garder l'anonymat affirme que les enseignants informent régulièrement les élèves sur les méthodes contraceptives et les maladies sexuellement transmissibles.

Aux affirmations de Sylvie Kouamé et Martine Angoh, s'ajoute celle de Dr. Mathurin Allah, en sa qualité de médecin. Ce dernier ajoute que dans certains cas, les parents qui sont dans l'incapacité de s'occuper de leurs enfants encouragent leurs filles à avoir des relations sexuelles pour de l'argent.

Pour le sociologue Anicet Assandé ce phénomène à ses racines dans la guerre qui secoue la Côte d'Ivoire depuis septembre 2002. En effet, selon lui, la cause de ces grossesses juvéniles est liée à la crise socioéconomique de la Côte d'Ivoire. « Nous sommes dans un temps où ce genre de vices est devenu monnaie courante dans le monde de l'éducation. Nous sommes dans un contexte socioéconomique qui favorise ce genre de dépravation. »

« La crise a engendré beaucoup de problèmes entre autres le chômage. En outre elle a favorisé la prostitution ouverte et ‘‘cachée''. Les élèves et étudiantes sont dans la seconde catégorie de prostitution. Innocentes et sans encadrement parental réel, elles s'abandonnent facilement au premier venu et le résultat c'est la grossesse et les MST ».

Quoique les filles ont des rapports sexuels protégés ou non. Quoique ce soit pour de l'argent, pour les moyennes de classe ou pour de simples compagnies, le nombre est sobre ; ajoute des travailleurs d'ONG.

« Cette situation est due à une activité sexuelle intensive parmi les jeunes et la tendance est particulièrement aux rapports non-protégés », ajoute Dr. Allah.


Laboratoire de grossesses

Selon les sources du Centre de Santé Urbains spécialisés dans la santé estudiantine et scolaire (CSUS-SSU), des centaines d'élèves des cours secondaires sont tombées en grossesse dans les quatre premiers mois de l'année scolaire 2008-2009. Cela se repartit comme suit: 47 dans la ville de Daoukro; 65 à Dimbokro; 15 à Agboville; 42 à Bouaflé et 15 à Dabou pour ne mentionner que ces localités.

« Pendant longtemps, nous avons appelé à l'éducation de nos filles, mais l'appel est tombé dans l'oreille de sourds », affirme Angeline Kadio de l'association SOS Abstinence. « L'école est faite pour qu'on y reçoive une éducation et pour réussir dans la vie. Maintenant on a l'impression que c'est devenu un laboratoire de grossesses ».

Sylvie Kouamé, espère pouvoir avoir un boulot dans le futur malgré l'interruption de ses études. « Après mon bébé, j'espère pouvoir faire un stage professionnel afin de faire du commerce et me faire une vie ».

Publié sur http://criticafric.ning.com/

Source: IRIN

18:28 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, irin, grossesse, prostitution, éducation, criticafric, metteurs enceinte, enceintées | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

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