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samedi, 21 mars 2009

COUP D'ETAT A MADAGASCAR: L'ATTITUDE HYPOCRITE DE LA FRANCE

madagascar-andry-rajoelina.jpg
Chers tous, je vous fais partager le commentaire que j'ai posté sur le dernier article de Théophile KOUAMOUO relatif au coup d'Etat de Madagascar.

La France se positionne pour le pétrole malgache, en 2010. C'est à cette date que Madagascar deviendra, officiellement un pays producteur de pétrole. C'est tout le fond de ce coup d'Etat qu'elle condamne HYPOCRITEMENT, à la face du monde, alors qu'elle en est l'instigatrice! Dans la mesure où elle a protégé et chouchouté Rajoelina, à son ambassade et dans sa presse, plusieurs jours avant sa prise de pouvoir. Une vraie peste que cette France!

Faisons gaffe, Ivoiriens, à l'action d'encerclement et à l'effet de contournement menés, en ce moment, par la France. Le coup d'Etat militaire en Guinée (nous y avons du matériel militaire, en positionnement. Pourrons-nous le récupérer), avec une main obscure de la sus-nommée. La mort, dans des circonstances troublantes (quelques temps seulement après son passage en Côte d'Ivoire), du Président Viera de Guinée Bissau, un allié sûr de la Côte d'Ivoire. Avec l'arrivée d'un nouveau chef d'Etat que nous ne connaissons pas et que nous ne sommes pas sûr d'avoir pour allié, au même niveau de qualité relationnelle. Nous y aurions du matériel de guerre. Surtout quand une certaine France s'y active désormais.

Madagascar tombe dans la cagnotte pour son pétrole, par un coup d'Etat, à la plus grande honte de toute l'Afrique.
Au moment où le président ELU Ravalomanana était en difficulté devant Andry Rajoelina, la presse française disait (trompette et confetis): "RAVALOMANA S'ACCROCHE AU POUVOIR! RAVALOMANA REFUSE DE QUITTER LE POUVOIR!"
Hônnetement, j'ai été profondément choqué d'entendre de telles incongruités d'une nation adoubée démocrate!!! Quoi de plus normal qu'un président élu veuille rester au pouvoir jusqu'aux échéances suivantes? C'est plutôt d'un régime illégitime qu'on aurait pu dire une telle chose! Pas de celui de RAVALOMANA, élu de la façon la plus régulière. Même si on ne l'aime pas ou qu'on estime qu'il a mal géré son pays et pas tenu ses promesses électorales. Il aurait fallu attendre de le battre aux prochaines élections présidentielles. C'est cela la démocratie! Pas autre chose. Ou peut-être que l'Afrique est, finalement, impropre à la démocratie. Comme le disait un certain Jacques CHIRAC, "l'Africain". Avec la bénédiction d'un peuple majoritairement analphabète et manipulé à des fins politiciennes et impérialistes.

Mais, finalement, est-ce vraiment étonnant de la part de LA PREDATRICE PATENTEE de l'Afrique entière (prédation qui permet à TOTAL de faire 14 milliards d'Euros de bénéfices, en 2008, elle qui n'achète pas la matière première, qui la vole il faudrait dire plutôt, et qui n'éprouve, malgré tout, aucune honte à parler de bénéfices. Quelle désolation!)? Point du tout! Ivoiriens, gardez l'oeil ouvert. La France est actuellement dans une dynamique. Les appels à l'insurrection de certains hommes politiques, en ce moment, dans le pays et les folles rumeurs de coup d'Etat en préparation pour l'avant Pâques, ne sont pas fortuits! Pas plus que l'alerte actuelle de l'Armée ivoirienne et les nombreuses raffles nocturnes qui s'opèrent, actuellement, dans tout Abidjan. Il y a péril en la demeure! Vous êtes avertis!

DINDE Fernand AGBO


L'article de Théo: Ravalomanana s'en va, victoire du chantage militaire.

L'Afrique politique marche la tête en bas ces derniers mois. Les coups d'Etat redeviennent la mode, sanctifiés par une "communauté internationale" qui n'aime les démocrates que quand elle les a choisis, ce qui advient très rarement. A Madagascar, une coalition hétéroclite dont le visage, le "maire-DJ", a été protégé de manière inouïe par l'ex-colonisateur. L'Histoire retiendra que Andry TGV a organisé son coup depuis l'ambassade de France.
Ce n'est pas la victoire du jeune maire, c'est la victoire des militaires qui, partout sur le continent, prennent la place du peuple : celui d'arbitre et de délégataire du pouvoir.
Gageons que bientôt, Andry augmentera les soldes des hommes en armes de son pays, véritables mercenaires sans patrie qui s'offrent au plus offrant. Pauvre Afrique !

21:23 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Madagascar | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : coup d'état, madagascar, france, ravalomanana, andry rajoelina | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

Commentaires

Finalement, c'est nous qui prêtons le flanc à cette France qui ne s'est jamais décolonisée. Quelque soit son envie de revenir à la situation d'avant les indépendances, elle a toujours besoin d'alliés sur place pour réussir son coup.Dans le cas d'espèce, elle s'est appuyée sur l'opposition politique malgache, sur une armée corruptible et a capitalisé le mécontentement de la population due à la misère galopante.

Écrit par : inza | dimanche, 22 mars 2009

Entièrement d'avis avec toi, cher ami INZA! De ce point de vue, nous les Africains, nous sommes franchement DE - SO - LANTS ! ! ! Sommes-nous condamnés par un atavisme qui ne dit pas son nom à nous comporter comme des sous-hommes, même quand nous revendiquons, avec force, l'inverse? Et en le disant ainsi, je suis TRES tendre!

C'est la manière dont vous vous percevez, vous-même, qui détermine la manière dont les autres vous traitent. Sous cet angle, rien à en redire. Pauvre Afrique. Salut, l'ami!

Écrit par : Dindé | dimanche, 22 mars 2009

bonjour Fernand Dindé. remerciement pour ton article qui entre dans le cadre de la crise socio-politique actuelle de madagascar, qui rappellons-le, n'a cessé de revendiquer l'éternelle imposition interne de la france alors que madagascar est indépendant... il s'est passé beaucoup de choses très graves là-bas depuis plusieurs mois, et à l'heure où je vous écris celà continue. inutile que je relate tous les faits réels, on en a assez vu et de toute façon, malgré les puissantes désinformation et intox effectuées depuis l'intérieur du pays, les informations ont fini par pouvoir passer en quantitatif vers les publics locale et extérieur... en tous les cas, LA VRAIE CRISE à madagascar commence maintenant. officiellement depuis samedi 21 mars 2009, et apparement en s'intensifiant dangereusement, les manifestations en masse de la population malgache contre le pouvoir mis en place sans urne (je vous épargne des faits réels très graves produits durant tous ces mois de crise grave par un groupe isolé pour arriver au pouvoir de madagascar) va sans doute s'étendre de Tana jusqu'aux provinces. ces manifestations sont très organisées et COUVERTES par la PRESSE.

- Source officielle locale: site internet TIM Madagascar (site internet du gouvernement démocratique renversé), ainsi que les médias locaux figurants dans le lien dans l'arborescence en haut à gauche de la page d'accueil du site.

- Autres sources: Google (mots clés: crise madagascar, coup d'état madagascar). cependant, les infos sur google sont bizarrement arrétées net depuis le coup d'état.

Écrit par : jean-yves | mercredi, 25 mars 2009

Article de Michel Collon, paru sur: anarkismo.net et Madagascar Magazine.

Les médiamensonges de Madagascar - 25/03/2009 @ 14h44 - Paris

Les médiamensonges de Madagascar

southern africa | imperialism / war | non anarchist press Wednesday March 25, 2009 14:27
by Michel Collon

Quelle image avez-vous de Madagascar? Celle d'un beau pays, peuplé d'animaux endémiques et de plantes aux formes incroyables. Celle aussi d'un pays pauvre, l'un des plus pauvres du monde en fait. Si vous êtes un observateur un peu intéressé vous saurez également que la si belle nature malgache subit depuis de nombreuses années les effets de l'augmentation drastique de la population. Si vous êtes allé sur place, vous gardez alors également toujours à l'esprit l'accueil chaleureux de cette population malgache, ses sourires, sa disponibilité, malgré les difficultés de la vie quotidienne.

Cette image est cependant tronquée. Derrière le décor se jouent des luttes de pouvoir qui ne s'expliquent que par la richesse même de cette île-continent. Pendant que Didier Ratsiraka était au pouvoir, de 1975 à 2001, rares étaient les reportages relatant ces richesses. De l'or, il y en avait très peu, des pierres peut-être mais semi-précieuses. Les exportations officielles de matières premières étaient extrêmement réduites. Quelques années avant que Didier Ratsiraka soit chassé du pouvoir, sa famille était à la tête de mines de saphir gardées jour et nuit par des milices armées. Pendant ce temps là, le pays s'endettait pour devoir, en 2002, plus de 4 milliards de dollars.

Prenons donc comme acquis que Madagascar est riche en matières premières, en biodiversité, en sites touristiques, en immenses espaces cultivables, en main-d'œuvre, etc. La qualité de son université jouit même d'une bonne renommée régionale. La position géostratégique de l'île en fait aussi un atout.

Trois types de personnes ont donc avantage à maîtriser le pouvoir pour que le développement politique et économique de Madagascar n'ait jamais lieu: les grandes entreprises étrangères qui peuvent profiter de l’exploitation des richesses naturelles à moindre coût ; la mafia malgache constituée de grandes familles s'entraidant pour maîtriser des réseaux de marché noir ; et les individus qui peuvent, en maîtrisant la corruption, faire fructifier leurs petites affaires pour obtenir à moindre frais une qualité de vie qu'ils ne retrouveraient pas ailleurs.

Ce sont ces intérêts-là qui maîtrisent les médias et qui, depuis le début de la crise et même avant, forgent notre vision.

Ravalomanana, l'homme à abattre ?

En 2002, un industriel hors des cercles habituels est parvenu à se faire élire grâce à sa notoriété, notoriété accumulée au travers de ses produits laitiers distribués dans tout le pays. Il devait aussi son élection à sa fortune qui lui a permis d'envoyer des émissaires dans tous les bureaux de vote pour déjouer les systèmes de manipulation des résultats.

Alors que l'ensemble de l'opposition contestait son élection depuis le début mais également après que son parti ait gagné les législatives puis les communales, les médias français l'ont tout de suite dépeint comme un arriviste, un nouveau-riche sans envergure.

Ravalomanana est pourtant l'un des très rares industriels malgaches ayant fait prospérer une industrie dans le pays. Il est l'un des seuls, sinon le seul, à ré-investir dans ce pays. Elu maire de la capitale, il est parvenu à transformer son visage en quelques années.

Après avoir finalisé les accords permettant à Madagascar d'effacer une grande partie de ses dettes, Marc Ravalomanana a très tôt mis sur pied un système de gestion et de contrôle des actions du gouvernement d'une rare qualité: le Madagascar Action Plan (1). Qui en a parlé dans nos médias ?

Durant son premier mandat, Marc Ravalomanana a déjà essuyé une tentative d'assassinat orchestrée par Pety Rakotoniaina, alors maire de Fianarantsoa, et par le général Randrianafidisoa dit « Fidy », le 18 novembre 2006, à la veille des élections présidentielles (2).
Cette tentative de coup d'État fut soutenue par de nombreux « opposants » qui pour la plupart n'obtiendront même pas le minimum de voix pour se voir retourner leur caution. Ce sont ces mêmes opposants que l'on retrouve autour de Andry Rajoelina aujourd'hui. Citons par exemple Monja Roindefo qui, après avoir obtenu 29 voix sur toute l’île en 2006, a été proclamé « Premier ministre » du « gouvernement de transition » de Rajoelina.

Andry Rajoelina, la dernière carte

L'élection à la mairie d'Antanananarivo d'Andry Rajoelina en 2007 a été initialement saluée par de nombreux observateurs comme un signe de la pluralité politique à Madagascar. Les Tananariviens critiquaient la gestion de l'ancien maire du parti présidentiel. Ils ont massivement boudé les urnes.

Jeune entrepreneur audacieux, ancien DJ de boite de nuit huppé, Andry Rajoelina jouissait d'une certaine popularité notamment auprès des jeunes. Plusieurs observateurs politiques ont cependant remarqué en 2008 un changement de comportement avec le retour sur le devant de la scène de plusieurs « vieux caïmans », proches de Didier Ratsiraka et des familles mafieuses. Les brouilles se sont multipliées jusqu'à la diffusion, à la mi-décembre et sur la chaîne privée appartenant au maire, d'une interview de l'ancien président en exil appelant à la désobéissance civile. Cette diffusion a été jugée comme portant atteinte à la sécurité de l'Etat et a conduit à la fermeture de la station.

Les médias ont présenté cette fermeture comme une atteinte à la liberté de la presse. Mais ils se sont bien gardés d'indiquer ce qu'avait dit l'ancien président dans cette interview réalisée en France, pays dans lequel il est autorisé à séjourner sous réserve de s'abstenir de toute activité politique.

Utilisant le prétexte de la fermeture de la télévision Viva, Andry Rajoelina a tout de suite émis un ultimatum auprès du pouvoir en demandant sa ré-ouverture et la démission de ministres sans quoi, « après le 13 janvier, il ne répondrait plus de ce qui allait arriver ». Parallèlement, une réelle campagne de diabolisation du Président était lancée profitant de deux autres faits divers: la prospection de terrain agraire par une société Sud-Coréenne et l'achat d'un nouvel avion présidentiel remplaçant l'ancien.

Dans les médias, le mouvement d'Andry Rajoelina a été montré, depuis le début et jusqu'aux derniers rebondissements de la mi-mars, comme une contestation populaire du pouvoir, le cri d'un peuple voulant se débarrasser de son président.

Si, jusqu’au 24 janvier, une partie de la population pensait encore participer à une manifestation contre la vie chère, cela n'était plus possible dès le 26, après que les manifestants eurent détruit des bâtiments stratégiques et pillé des magasins de produits de première nécessité. Les jours qui suivirent, le mouvement ne comptait plus que quelques milliers de partisans. Pourtant les journalistes français se pressaient au portillon pour interviewer le « jeune président », tout comme les diplomates et jusqu'à l'émissaire des affaires étrangères françaises, M. Joyandet.
Toutes les dépêches et tous les reportages de la radio et des télévisons de France Monde (France 24, RFI…) étaient au diapason. Plusieurs interviews de Andry Rajoelina, plusieurs dizaines de minutes d'explication justifiant son mouvement. Quelques secondes seulement pour le véritable Président de la République, Marc Ravalomanana.

Le parti présidentiel a organisé successivement deux meetings pacifiques regroupant jusqu’à 50 000 personnes au stade de Mahamasina (3). La seule explication présentée par le JT de France 2 : le président a payé l'assistance. « Témoignage » douteux. Pas de preuve.

Lorsque le 7 février Andry Rajoelina enjoint ses partisans à prendre possession du palais présidentiel d’Ambohitsorohitra et que cette tentative se solde par la mort de plusieurs dizaines de personnes, les médias accusent aussitôt le Président d'avoir fait massacrer des manifestants. Si l'on peut regretter le résultats et condamner la manière dont les forces de l'ordre ont réagi, la mise en accusation du Président dans cette affaire est un raccourci trop facile. Tout le monde savait ce qui allait arriver. On se demandait seulement comment? La presse n'a pas fait un large écho du fait que le Président a, dès le lendemain, demandé à ce qu'une commission d'enquête indépendante fasse la lumière sur les circonstances du drame.

Les « causes officielles » de la crise

Depuis le début de la crise, les reproches adressés par Andry Rajoelina sont présentés comme autant de vérités que les médias s'abstiennent de chercher à vérifier.
Présentée comme un fait avéré, la nouvelle du prétendu « don » de 1.3 million d'hectares de terrain agraire à la société Daewoo a fait le tour du monde en quelques jours (4). Des démentis ont été publiés dès le lendemain par la Présidence et par la société Daewoo (5) mais ils n'ont pas eu le même écho. Cette affaire a été utilisée par Andry Rajoelina pour justifier son mouvement.

L'achat d'un avion présidentiel de 60 millions de dollars a également fait grincer des dents. Ce qu'on oublie de dire, c'est que de nombreux pays possèdent de tels avions et que cela est d'autant plus utile à Madagascar qu'il y a très peu de routes et encore moins de voies aériennes internationales. Un avion est le seul moyen pour le Président de s'affranchir de la dépendance aux bailleurs de fonds ou à la France. Ce qu'on a oublié de dire également, c'est que l'avion précédent a été cédé à la compagnie aérienne nationale qui en avait un besoin urgent (6).

Andry Rajoelina reproche également au Président de mélanger les affaires de l'État avec ses propres affaires, mais il se garde bien de dire clairement ce qu'il pourrait y avoir d'illégal dans les agissements du Président (et il pense encore moins ester en justice…)

Finalement, la presse étrangère continue à faire l'impasse sur les réalisations du gouvernement ces dernières années (7). Ces réalisations restent cependant la meilleure carte du Président et la raison pour laquelle la population reste soudée derrière celui qu'elle considère comme un héros national. Des gens portent encore les T-shirts « électoraux » dans les rues…

Le recours à la force

La prise d'otages dans des écoles publiques puis au lycée français d'Antananarivo (8) a marqué un tournant dans la situation. Andry Rajoelina ne pouvait dès lors plus être considéré comme une carte valable. Après s'être caché plusieurs jours, il est réapparu « sous la protection de l'ONU, de la France et du Vatican » dans un joli imbroglio diplomatique: il aurait peur d'être arrêté.

Quelques jours auparavant, dès le 4 mars, les forces de l'ordre avaient enfin commencé à faire leur devoir pour rétablir l'ordre. Plusieurs manifestants étaient arrêtés, des pillards désarmés. La presse française parlait de « répression ».

Ce que nous cachent encore les médias c'est que, depuis le début de la crise et de manière de plus en plus intense, ce sont les proches du Président qui font l'objet de menaces et qui sont obligés de vivre cachés: les journalistes de l'anicenne télévision du président, mise à sac le 26 janvier, les membres dirigeants du parti présidentiel, les ministres, le Président de la Délégation Spéciale ayant remplacé le maire déchu. La maison de ce dernier a récemment été incendiée par les partisans de Rajoelina(9). Aucune mention n'a été faite sur le fait que les artistes malgaches qui devaient se produire lors des meetings en faveur du président auraient reçu des menaces (10).

Aucune mention sur le fait que, régulièrement, la radio d'Andry Rajoelina diffusait des menaces à peine voilées envers des personnes ciblées. Aucune enquête n'est faite auprès des familles malgaches qui vivent dans l'anxiété la plus totale depuis bientôt deux mois. Andry Rajoelina n'a donc rien à craindre du Président qui a promis plusieurs fois qu'il ne serait pas inquiété (11).

Le jeudi 12 mars devait marquer le début d'assises nationales placées sous la médiation d'un émissaire de l'ONU et du conseil des églises chrétiennes. Le Président avait accepté d'y participer et d'écouter les doléances de l'opposition. Andry Rajoelina a fait savoir qu'il boycotterait ces assises (12). Pendant ce temps, une fraction de l'armée malgache se mutinait. La sécurité des biens et des personnes n'étaient plus assurées. Un meeting en faveur du Président se terminait mercredi soir par des tirs sur plusieurs manifestants poursuivis, selon des témoins, par des soldats mutins (13). Pas un mot dans les médias français.

Ou presque. Mercredi soir, France 24 posait la question de savoir si les soldats mutins qui quadrillaient la ville poursuivaient les pillards ou les manifestants pro Ravalomanana. La télévision montrait le corps d'un manifestant tué par balles.

Posté par : Madagascar Magazine | Source : anarkismo.net |

Écrit par : jean-yves | jeudi, 26 mars 2009

La position de la France reste ambiguë
26 mars 2009

Interrogé par l’African Press si « la France a condamné un coup d’Etat ou a juste dénoncé une situation hors-norme » à Madagascar, M. Chevalier le porte-parole du Quai d’Orsay a répondu qu’il s’agit d’un coup d’Etat. Il a ensuite tenté de clarifier la position de la France en ajoutant « qu’il faut suivre une logique de respect des dynamiques constitutionnelles »…

Tenté en effet, car finalement cette dernière phrase reflète la position de la France depuis le début de la crise : floue et hésitante. Le silence pesant de la France suite à l’auto proclamation d’Andry Rajoelina comme président du pays alors même que les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Union Africaine mettaient en garde toute tentation de l’ancien maire de prendre le pouvoir par des moyens non démocratiques, ont réveillé des soupçons. La France n’aura eu de cesse que de proposer une ligne « neutre », pour aucune des « parties », quitte à s’effacer devant une tentative de déstabilisation d’un pouvoir élu dans son ancienne colonie.

Les 1ers soupçons de soutien
A l’époque les premières banderoles anti-françaises apparaissaient lors de manifestation pro-gouvernementales pour inviter M. Joyandet, secrétaire d’Etat à la coopération en médiation d’urgence, à ne pas favoriser un mouvement qui visait la prise du pouvoir par la rue.

Malgré les propos rassurants de Joyandet les soupçons persistaient et cela d’autant plus que voyant son mouvement faiblir et sentant son arrestation lui pendre au bout du nez, Andry Rajoelina trouva refuge à la résidence de l’Ambassade de France. Personne ne sait aujourd’hui encore si Rajoelina a profité de cette protection pour continuer à planifier son coup d’Etat. Personne ne sait non plus si la France l’a laissé agir et s’organiser alors qu’il était sur son territoire. Toujours est-il que quelques jours plus tard, la mutinerie du camp stratégique du CAPSAT s’est déclenchée. On connaît la suite.

Le « nouveau Maître de Madagascar » fait du pied à la France qui envoie son ambassadeur
De son côté Andry Rajoelina n’a cessé d’afficher sa sympathie pour la France. Devenu président grâce à l’armée, il a trouvé « louable » la position de la France dans la crise. Deux jours après la chute du pouvoir Ravalomanana, Rajoelina a même accueilli le nouvel ambassadeur de France. M. Jean-Marc Châtaigner qui est arrivé la veille, comble donc un vide de plusieurs mois depuis l’expulsion du dernier ambassadeur l’été 2008. « Simple visite de courtoisie » d’après le diplomate mais perçue par beaucoup d’observateurs comme un soutien affiché au président putschiste.

Les condamnations et les menaces de sanctions contre le nouveau pouvoir commençaient à pleuvoir : UA, SADC, Etats-Unis. De son côté, la France via le porte-parole du Quai d’Orsay se contentait de qualifier cette prise du pouvoir « d’hors norme » sans la condamner et en déclarant qu’il n’était « pas question » de suspendre l’aide bilatérale. L’Union Européenne « osa » cependant parler de vrai « Coup d’Etat » et les condamnations se multipliaient. Sentant la position de la France se fragiliser, le président Sarkozy vint à la rescousse d’une diplomatie française devenue nuageuse aux yeux de nombreux Malgaches, et utilisa le terme de « coup d’Etat » en exigeant des élections le plus rapidement possible. Ce jour là, Nicolas Sarkozy n’a d’ailleurs pas manqué de déclarer qu’il y a « beaucoup de choses à dire sur l’ancien président » tout en précisant : « il doit être jugé s’il y a besoin ».

Isolé diplomatiquement, le nouveau pouvoir a depuis multiplié les appels de pied en direction de la France : Andry Rajoelina a affirmé « nous ne pouvons pas sous-estimer notre relation avec la France » suite à sa rencontre avec l’ambassadeur et son nouveau ministre des Affaires Étrangères d’appuyer « le pays compte beaucoup sur la France », sans oublier le ministre de l’éducation qui a rétabli en début de semaine le français comme langue d’enseignement. Dernière initiative qui peut être discutable certes, mais est-ce là vraiment la priorité en temps de crise ?

Des intérêts français non privilégiés par Ravalomanana
Comme le remarque le Canard enchaîné (journal français), la France n’a jamais apprécié Ravalomanana qui n’a pas privilégié les intérêts français depuis son arrivé au pouvoir

Ce coup d’Etat survient après sept années de fâcheries franco-malgaches. Illégitime, selon Paris, qui a mis cinq mois à reconnaître son élection, en 2002, « Ravalo » se venge, en mettant la France, premier fournisseur de son pays jusqu’en 2007 et qui compte 25 000 ressortissants, en concurrence avec la Chine, le Canada, les USA, etc.

Si certaines entreprises tricolores (les banques, le bétonneur Colas, le téléphoniste Orange) n’en souffrent guère, Bolloré, qui guignait la gestion du port à conteneurs de Toamasina (deuxième ville malgache), a été sèchement écarté. Quant au groupe Total, il ne devra qu’à l’intervention personnelle de Sarko d’arracher, en 2008, et après deux ans de négociations, un permis de prospection terrestre. L’ex-président entendait —ô scandale— confier le marché aux Chinois !

Durant les dernières années de son « mandat », le même président, milliardaire de l’agroalimentaire, confondra souvent ses affaires avec celles de l’Etat.

Certains espèrent sûrement que son successeur les confondra davantage avec celles de la France…

Nicolas Sarkozy est aujourd’hui en visite officielle au Congo. La crise économique mondiale a-t-elle mis au placard la rupture avec la Françafrique tant prônée par le candidat Sarkozy ?

A.R. dans A Vous la Parole sur TopMada.com

Écrit par : jean-yves | jeudi, 26 mars 2009

Article du Canard Enchainé:

http://www.topmada.com/wp-content/uploads/2009/03/canard-article-france.jpg

Écrit par : jean-yves | jeudi, 26 mars 2009

Cher JEAN-YVES,

Merci pour toutes ces informations précieuses et ces articles tout à fait pertinents qui apportent une lumière nouvelle aux évènements graves qui se sont produits, à Madagascar, et du rôle insidieux de la France. Encore elle et toujours elle!

Je me propose d'en poster un (Les médiamensonges de Madagascar) sur mon blog. Merci encore!

Fraternellement.

Écrit par : Dindé | vendredi, 27 mars 2009

bonsoir Fernand Dindé.

je te remercie pour ta réaction concernant mes commentaires. l'action de chacun serait peut-être infime contre le problème très grave à Mada, mais vu la tournure que ça prend en ce moment, contrairement à ce qu'on croit puisque pour "beaucoup" c'est "terminé", le retour de manivelle semble approcher, dangeureusement... extérieur: une effervescence grossit de jour en jour via les preuves qui se libèrent, local: les malgaches sont en train de bouillir 24 h / 24 h depuis officiellement samedi 21 mars 2009... les malgaches avaient déjà les preuves puisqu'ils les ont vécues, tout du moins ceux qui sont encore vivants à l'heure où on parle...

Article dans le cadre de ton sujet:

Gisement de Bemolanga : Sarkozy avait fait pression sur Ravalomanana pour privilégier TOTAL
27 mars 2009 - Paru sur Topmada.com

Selon des informations recueillies par Africa Energy Intelligence (AEI nº589), c’est grâce à Nicolas Sarkozy que le groupe TOTAL a pu finaliser l’acquisition, le 17 septembre 2008, de 60% du bloc onshore de pétrole lourd de Bemolanga.

Entamées en 2006, les négociations entre TOTAL et le gouvernement malgache traînaient, notamment à cause des relations politiques franco-malgaches très difficiles. C’est la chancelière allemande Angela Merkel qui, durant une visite officielle du président malgache Marc Ravalomanana à Berlin en avril, a joué le rôle d’intermédiaire entre les deux chefs d’Etat. Ravalomanana a été reçu à Paris le 12 avril par Sarkozy, sans que cela ait été prévu originellement par l’agenda. Ils ont ainsi pu évoquer, entre autres dossiers, celui de TOTAL à Madagascar.

Ravalomanana n’a jamais soutenu le projet de TOTAL, militant plutôt pour les Chinois de la China National Petroleum Corp, un des plus gros groupes pétroliers au monde. Le gisement de Bemolanga est un des gisements inexploités de pétrole lourd les plus importants au monde avec une capacité de 16 milliards de barils.

Ravalomanana au tropisme anglo-saxon (l’anglais est la troisième langue nationale dans le pays depuis 2007) fait preuve d’une volonté personnelle de ne pas renforcer les acquisitions des compagnies françaises dans l’île. Il a depuis son arrivée au pouvoir mis les grands groupes français qui étaient en situation de quasi monopole auparavant comme Colas, en concurrence avec des entreprises venant des Etats-Unis, du Canada, d’Afrique du Sud et aussi d’Asie. Depuis, la part de la France dans les investissements n’a fait que s’amoindrir.

Aujourd’hui Sarkozy est au Niger pour consacrer un accord signé avec ce pays pour que le groupe français Areva exploite le 2ème gisement d’uranium au monde.

>> A DIFFUSER >>

Écrit par : jean-yves | vendredi, 27 mars 2009

la situation devient très très grave à madagascar.

à l'extérieur, étrangement, pas un mot, ni aucune réaction.

sur place, l'anarchie est absolue et barbare.

dernier évènement grave en date: les militaires de TGV (ce dernier soutenu assidument par la france) ont ouvert le feu sur les manifestants démocratiques (28 mars 2009).

suivez cette crise inhumaine sur les médias malgaches, notament sur topmada.com

Écrit par : jean-yves | samedi, 28 mars 2009

Ravalomanana n’a jamais soutenu le projet de TOTAL, militant plutôt pour les Chinois de la China National Petroleum Corp, un des plus gros groupes pétroliers au monde. Le gisement de Bemolanga est un des gisements inexploités de pétrole lourd les plus importants au monde avec une capacité de 16 milliards de barils.

Écrit par : flour mill | lundi, 28 mars 2011

I do resent that when you're in the most cool, powerful time of your life, which is your 40s, you're put out to pasture. I think women are so much cooler when they're older. So it's a drag that we're not allowed to age.

Écrit par : Natural Cures Candida | lundi, 28 mars 2011

superbe article

Écrit par : mincir sans regime | jeudi, 07 avril 2011

Je voulais juste vous le signaler

Écrit par : comment maigrir sans regime | lundi, 09 mai 2011

Puis-je disposer ce site internet dans mes favoris. Je ne savais pas qu’aller sur le net se révélait utile!

Écrit par : savoir magrir | mercredi, 29 juin 2011

Les commentaires sont fermés.