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vendredi, 16 octobre 2009

FAIRE GAFFE A LA CRISE GUINEENNE

 

 

MOUSSA DADIS CAMARA.jpg

Avant-hier et hier, jeudi 15 octobre 2009, une sortie quelque peu cavalière du Commissaire européen pour le développement et l’aide humanitaire, le belge Karel De Gucht, relayée dans la presse internationale, nous a laissé pantois : L’Europe agite le chiffon rouge de la Cour Pénale Internationale (CPI) contre le président guinéen, le Capitaine Moussa  Dadis Camara, pour sa responsabilité dans les évènements du 28 septembre 2009, au stade de Conakry, ayant fait 56 morts selon les autorités guinéennes et plus de 157 morts selon la presse française, citant comme source d’énigmatiques ONG en activité en Guinée, sans jamais décliner leur dénomination. Ce que - au demeurant - nous trouvons suspect.

Nous sommes tous d’accord que les faits qui se sont produits à la manifestation de protestation de l’opposition, à Conakry, constituent une bavure inacceptable et qu’il serait souhaitable, voire qu’il est impérieux, qu’une commission d’enquête indépendante soit mise sur pied pour faire la lumière sur ce drame, situer les responsabilités et sanctionner les auteurs de ce crime sidérant. Mais on ne peut désigner des coupables avant d’avoir reconstitué et établi les faits. Ceci est valable en Occident et tout aussi valable en Afrique.

Il est donc normal que les tueries de Conakry soient condamnées, sans faiblesse, parce que totalement inacceptables. Mais de là à menacer ce Chef d’Etat africain - même arrivé par un coup d’Etat, en décembre 2008 - de comparution devant la Cour Pénale Internationale, pour crime de guerre, est tout aussi et simplement inacceptable. De quel droit l’Europe se permet-elle de parler ainsi d’une autorité africaine quand elle est restée muette devant les plus de 80 morts causés avec une sauvagerie absolue par la Force Licorne française, en Côte d’Ivoire, en Novembre 2004 ? De quel droit un simple ministre des Affaires Etrangères, fut-il le français Bernard Kouchner, peut-il se croire obligé de parler d’un dirigeant africain comme de son petit copain de quartier, quand son pays a fait deux fois pire en Côte d’Ivoire, et de clamer sur toutes les antennes françaises et aux moindres occasions que « la France ne veut plus travailler avec cet homme », que « lui, ne laisserait pas faire, cette fois-ci » et qu’il faudrait « y envoyer une force d’interposition » ? Pour qui se prend t-il et où se croit-il ? Nous ne sommes pas leurs « sous-hommes » et nous exigeons un peu de respect !

Les morts de Guinée suscitent-ils autant d’émotion, en Occident, parce qu’ils sont simplement des êtres humains ou sont-ils dignes d’intérêt seulement parce qu’ils ont été (prétendument) refroidis par un Chef d’Etat africain et pas par l’armée française, qui a toujours fait l’omerta sur ses odieux et abominables crimes, en Afrique, y compris sa participation active au génocide rwandais ?

Ces morts-là ne sont-ils dignes d’attention que parce qu’ils peuvent servir aux Occidentaux (qui ne sont pas les meilleurs exemples en matière de respect de la vie humaine et de Droits de l’Homme, contrairement à ce qu’ils peuvent faire croire) à demander la tête d’un putschiste indésirable, vu comme un frein à l’assouvissement de l’appétit gargantuesque des pays puissants qui convoitent les richesses minières et minérales de ce pays pauvre ouest-africain, considéré comme un scandale géologique ?

La France a commis des atrocités sans nom en Côte d’Ivoire et on n’a entendu personne. Alors, que ces autorités occidentales arrêtent de s’ériger tout le temps en « donneuses » de leçon ! Elles sont loin d’être, elles-mêmes, des modèles. Nous avons encore sous nos yeux l’actualité brûlante rapportant le népotisme éhonté de « l’hyper-président », Nicolas Sarkozy, qui veut pistonner son « écolier » de fils à la tête d’une superstructure comme l’EPAD, en France.

En tout cas, le voisin, la Côte d’Ivoire, a intérêt à se tenir tranquille et à ne dormir que d’un œil. Et pour cause : Le Secrétaire d’Etat français à la Coopération, Alain Joyandet, a demandé, ce matin même (vendredi 16 octobre 2009), aux 2500 ressortissants français de quitter la Guinée et, pour ceux qui ont le projet d’y aller, de ne pas s’y rendre. Arguant qu’il ne s’agit que d’une simple mesure de prévention et non d’une « évacuation généralisée », devant ce qu’il considère comme une « détérioration de la situation sécuritaire », en Guinée. Et d’autres pays européens pourraient emboîter le pas à la France. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’effet d’annonce est bien passé.

Au cas où cette détérioration s’accélèrerait, Alain Joyandet envisage même, en des termes à peine voilés, l’envoi par la France d’une force d’intervention. Il ne reste plus qu’à provoquer cette « accélération », à laisser l’engrenage s’emballer de la façon la plus naturelle du monde et le tour est joué. Aussi simple que « bonjour » ! Les guinéens et les Ivoiriens sont avertis, s’ils savent lire entre les lignes. En ces matières, la France est experte. Et en Côte d’Ivoire, nous en savons quelque chose.

Si par un affreux malheur, une force d’interposition ou d’intervention (dont la France s’arrangera – comme toujours – pour avoir l’initiative) était envoyée en Guinée, sous la couverture d’une prétendue « détérioration de la situation sécuritaire », l’on peut être sûr qu’un autre coup d’état se produira et que la Guinée basculera bien vite dans une spirale de la violence qui fera flamber la sous-région.

Nous redoutons d’autant plus ce scénario que nous connaissons la période critique d’élection présidentielle dans laquelle est en train d’entrer la Côte d’Ivoire et pour laquelle la France échafaude des plans aussi machiavéliques les uns que les autres, pour imposer son poulain issu du RHDP, à notre pays. Dans un schéma chaotique guinéen, il sera plus aisé d’installer un candidat non élu et un gouvernement fantoche à la tête de la Côte d’Ivoire, par la Force Licorne, avec l’appui d’un détachement des Opérations Spéciales françaises, qui sera justement basé en Guinée, pour les besoins de la cause.

A l’analyse, ce scénario est tout à fait vraisemblable et les Ivoiriens gagneraient à prier ardemment pour la paix en Guinée. De cette paix dépendra leur propre paix. Le temps nous est compté. Peuples d’Eburnie, vous avez été avertis !

 

Que DIEU protège et bénisse la Côte d’Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

Commentaires

Je comprend ta position, toujours c'est les autres qui sont responsables des sauvagéries de nos présidents ivres de pouvoir.
''TUER DES MANIFESTANTS DANS UN ENDROIT CLOS ET DIRE QUE LE CHEF DES ARMEES BLANC COMME NEIGE EST VRAIMENT DIGNE DE VOUS. TOUT COMME DEVERSER DES PRODUITS TOXIQUES POUR TUER DES IVOIRIENS ET DIRE QUE LES CHEFS DES DIFFERENTS DEPARTEMENTS RESPONSABLES NE SONT PAS COUPABLES.''
Qui doit-on accuser dans le cas de la guinée sinon le chef de l'état? QUI?
Soyons responsables de nos acts, nous avons fait la rébellion en cote d'ivoire et nous avons assumé.
Aujourd'hui on se demande mutullement pardon.
Ce n'est pas en accusant les autres qu'on règle problèmes, soyons responsables. OK!

Écrit par : Karamoko | samedi, 17 octobre 2009

Avedc tout le respect que je vous doit, je pense que pour cette analyse vous faites fausse route monsieur Dinde. L'Afrique n'a pas de chef d'Etata digne de ce nom. Ce sont tous des ennemis du continent comme l'a su bien dit un Rasta du continent. Si pour reigner, on sacrifie des vies humaines, on viole et tuent nos mamans et no soeurs, c'est le comble. Certe la france est responsable de beaucoup de chose en Afrique mais l'arbre ne doit pas cacher la fôrêt. Nos dirigeant sont des ecervélés, regardez autour de vous et suivez mon regard...........
Qui est propre parmis les chef d'Etat africains? Je pense que la jeunesse doit prnedre son courage à deux mains et finir avec cette géneration de tueurs.

Écrit par : CISSE | lundi, 02 novembre 2009

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