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lundi, 30 novembre 2009

TOTALEMENT HILARANT: L'HISTOIRE DU PRETRE A LA DOUANE!

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Une dame distinguée rentre de Suisse en avion. Elle s'y retrouve assise à côté d'un brave curé à qui elle demande:

"Pardon, mon père, est-ce que je pourrais vous demander une faveur?"
"Bien sûr, ma fille, que puis-je faire pour vous?"

"Voici: je me suis acheté un épilateur électrique super sophistiqué que j'ai payé extrêmement cher. J'ai vraiment dépassé les limites permises et j'ai peur de me le faire confisquer à la douane. Ne pourriez-vous pas le dissimuler sous votre grande soutane?"
"Bien sûr, mon enfant, que je le peux. Seulement je dois vous avertir que je NE sais pas mentir..."

"Vous avez tellement bon visage, on NE vous posera sûrement aucune question..." Et elle lui remet l'épilateur.

L'avion arrive à destination. Et vint le tour du curé de se présenter devant le douanier :

"Mon père, vous avez quelque chose à déclarer?"
"De la tête à la ceinture, je n'ai rien à déclarer, mon fils."

Trouvant cette réponse un peu étrange, le douanier ajoute: "Et de la ceinture vers le bas, qu'est-ce que vous avez?"
"J'ai là un merveilleux petit instrument destiné aux femmes, mais qui n'a jamais été utilisé..."

Et dans un grand éclat de rire, le douanier dit : "Allez, passez, mon père. Au suivant!"

Entre nous soit dit, ce curé a-t-il menti?

16:47 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : humour, rire, déstresser, bonne humeur, blagues, sourire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

FRANçOIS SPIRLET: L'INCROYABLE TEMOIGNAGE DU DERNIER COLON D'AFRIQUE CENTRALE

 Le dernier colon d'Afrique Centrale, François SPIRLET (86 ans)

A la claire fontaine…

 

 

 

Un conte bantou vécu par un blanc.

 

 

L’Afrique coloniale

 

Je venais d’arriver en terre africaine, c’était il y a près de 50 ans. Rescapé des Camps nazis, j’avais choisi d’être enseignant. En espérant apporter à mes élèves les moyens d’empêcher de revivre mon calvaire. Une longue carrière d’enseignant m’a permis de le réaliser.

À peine sorti de ce qui n’était alors qu’un modeste aérodrome, je n’ai guère eu le temps de chercher un taxi, deux européens se sont avancés vers moi pour m’accueillir, le sourire aux lèvres, c’étaient des compatriotes, qui m’ont dirigé vers leur voiture.

Un accueil auquel je ne m’attendais pas, ainsi, c’était donc cela, notre belle colonie ?

Un havre de paix et de compréhension, de sollicitude et de solidarité ?

 

Mais le désenchantement, brutal, ne tarda point. À peine installé dans une voiture américaine récente, j’ai eu droit à un conditionnement qui n’a jamais quitté ma mémoire.

Après un bref souhait de bienvenue, une série de recommandations sensées faciliter mon adaptation et m’éviter ainsi bien des erreurs accaparèrent tout le trajet en voiture.

D’emblée, leur tutoiement devait me faire comprendre qu’il s’agissait d’aider un compatriote à acquérir un comportement qui le mettrait à l’abri des dangers qui le guettaient.

Ne donne jamais la main à un noir, elles sont sales, remplies (sic) de microbes. Et quand tu prendras un boy (domestique), rappelle-toi qu’ils sont tous voleurs. Évite de leur donner à manger, tu les paies, ils doivent apprendre à se débrouiller.

Je ne me souviens plus du reste, l’essentiel m’avait déjà rendu malade. C’est alors que me revint en mémoire mon ordre de mission : vous serez chargé de créer une des 5 premières écoles professionnelles laïques de notre colonie (70 ans après le début de l’occupation du pays par les colonisateurs…)

 

Je n’avais de cesse de voir mon école, mais ce ne fut que le lendemain, un jour mémorable.

L’inspecteur de l’Enseignement professionnel m’avait emmené dans sa voiture. Les 15 Kms qui nous séparaient du village de N’DJILI m’ont paru bien longs. Nous étions arrivés, à perte de vue la brousse, plantée dans un environnement accidenté où l’on distinguait pourtant un plateau, celui du village de N’DJILI, de quelques dizaines de cases à peine,en me montrant un coin de brousse, l’inspecteur, avec un sourire de circonstance, m’annonça : mon cher directeur, voici votre école, je vous confie 4 hectares de brousse !

Et il avait ajouté, les plans de votre établissement ne sont pas encore terminés et les travaux ne commenceront sans doute pas avant l’année prochaine. Vous risquez d’avoir des vacances prolongées. Néanmoins, je reste à votre disposition pour vous préparer à vos nouvelles fonctions. Rendez-vous demain à notre Direction Provinciale de l’Enseignement.

 

C’est ainsi que débuta ma carrière africaine et ce conte, où le souvenir des Camps fut omniprésent.

Vêtus de haillons, certains tenaillés par la faim, mais surtout méprisés par les blancs,

sans le moindre respect pour leur dignité, j’avais retrouvé dans ces africains : L’UNTERMENSCH (le sous-homme) que j’avais été dans les Camps nazis !

Dès ce moment, je n’ai eu de cesse de les aimer….Ce conte est leur histoire.

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ADAMA DAHICO... ET L'ÉTAT COMIQUE

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Virginie Kamarah, une amie de la région parisienne, m'a expédié ce brillant texte, fruit de sa réflexion sur la candidature de Monsieur Dolo Adama (il faudra désormais l'appeler ainsi), alias Adama Dahico, à la prochaine élection présidentielle ivoirienne. Elle a vivement souhaité partager son opinion (sur fond de déception) avec tous mes lecteurs que vous etes. Une analyse qui en vaut bien le détour! Bonne lecture à tous!

Virginie Kamarah: "Personnellement, je prenais l'affaire pour une grosse blague à la coluche! Et puis, le sieur Dolo Adama de sobriquet « Dahico » ou « Adama l'ivrogne » nous a accoutumés à ses irruptions verbales sur la scène politique ivoirienne! Il a toujours proclamé en riant qu'il était président-fondateur d'un parti politique : « le PIR », approximativement:« parti ivoirien du rire »! Son slogan était clair et sans ambiguïté: « donnez-moi le pouvoir et je vous rendrai le rire »! pour dire que tout son projet de gouvernement échouait auprès de notre faculté à nous esclaffer, comme si nous n'avions pas assez ri dans ce pays, lequel possède à son actif de nombreux classiques du rire: de wintin wintin Pierre et Vieux Foulard, Gazékagnon, Ayatollah Comédie, Zoumamana, Oméga David, Gohou Michel, aux plus jeunes comme Zongo et Tao, Agarawal, Djimmy Danger, Digbeu Cravate, Glazaï Dohou Kévin, Abass ou même aux femmes du milieu comme Djuédjuessi, Akissi Delta, Léa Dubois, Adrienne Koutouan, Fanta Coulibaly, Marie-Louise Asseu, Clémentine Papouet, et bien d'autres valeurs confirmées ou montantes.

Pourtant, au-delà de la surprise générale qu'elle engendre, disons sans langue de bois que la candidature de Dolo Adama à l'élection présidentielle ivoirienne, n'augure rien de spécialement prometteur. Je dirais même qu'elle m'inspire une profonde déception, pour trois raisons, dont la première a trait au malheureux mélange des genres.

En effet, de toute la pléthore de comédiens et d'humoristes qui prospère sur la place ivoirienne, Dolo Adama (avec Sidiki Vakaba alias Sidjiri Vakaba et Akissi Delta) sont les quelques rares à honorer leur statut d'artistes au sens où on dirait d'un artiste qu'il vit de son art.

Prétendre à être président de la République de Côte d'Ivoire aurait pu constituer une merveilleuse leçon à méditer si l'acte ne s'était pas défait de ses oriflammes artistiques, car en devenant un acteur politique au sens dénoté du terme, Adama Dahico perd dorénavant toute la force de sa parole publique. Il parlera désormais de politique comme un homme de métier sans qu'on ne sache très bien quel registre le caractérise. Le regard affectif qui rattache à l'artiste fera désormais place à la pesanteur suspicieuse que subit l'homme politique, espèce de citoyen nuisible par excellence. En se ralliant à « ses gens-là », Adama Dahico, modeste conscience critique de son état trahit les ivoiriens relativement à la fonction sociale qui lui était assignée, car ils l'avaient aimé et adopté pour ce qu'il était et faisait.

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La deuxième raison de ma déception relève d'une des caractéristiques de ce que j'appelle « l'état comique ». On le trouve dans tous les espaces politiques en décrépitude comme le nôtre: Ici les stigmates de la pauvreté sont élevés au rang d'arguments présidentiels: le fameux « on peut être fils de pauvre et devenir président de la République » que répète à volonté Dolo Adama est un résidu du populisme outrancier de Laurent Gbagbo. Comme dans bien d'autres contrées tropicales, tout se passe comme s’il ne saurait y avoir d'autres activités possibles en dehors de la politique, celle-ci étant, en fin de compte, la seule entreprise pourvoyeuse d’emplois. Aussi, pour la plupart des jeunes ivoiriens d'aujourd'hui, l’unité de mesure d’une vie heureuse et bien remplie est-elle celle qui méprise le statut ou le devoir de citoyen ordinaire pour programmer hic et nunc le désir d’être « Président de la république ».

Étudiants mal formés pour la plupart, sans autres diplômes que ce qu’ils ont pu subtiliser par les chemins tortueux de la tricherie, dépourvus d'expérience professionnelle, donc n’ayant jamais servi l'État que par des coups de gueule prétextant de vulgates souvent mal maîtrisées dans leurs positivités intrinsèques, certains de ces jeunes ivoiriens sont devenus des icônes dont le seul avenir possible, selon eux, est d'accéder à la magistrature suprême, exactement comme le prétend Adama Dahico.

La dernière raison transcende la personne même de Dolo Adama. Je découvre en effet que « l'état comique » a transformé la politique en une activité tout aussi comique. Les comédiens rêvent de politique quand les politiques s'exercent au comique. L'état comique et/ou l'état postcolonial a ceci de troublant que les frontières d'identité professionnelle bougent infiniment, avec des rôles sociaux sans cesse redistribués. Ainsi, de Laurent Gbagbo, Dadis Camara, à Dolo Adama, on ne voit pas très bien ce qui fait la différence, sauf que le dernier, malgré son talent, n'est pas encore parvenu à exposer son plumard au monde entier, en petite culotte de chambre ou sans chaussures, avant de monopoliser entre ses mains tous les pouvoirs, celui d'être tout à la fois juge, Chef de l'État, chef-comptable et père fouettard".

Virginie Kamarah

mercredi, 25 novembre 2009

ADJAME, "FORUM DES MARCHES": LA PROSTITUTION A CIEL OUVERT


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Le Forum des marchés d'Adjamé est devenu un nid de prostituées. De jour comme de nuit, des jeunes filles y vendent leur corps pour survivre. Nous les avons rencontrées. Reportage.


Sous un soleil peu ardent par ces temps de pluies, il faut se débattre pour avancer. Les vendeurs ambulants disputent la chaussée aux automobilistes. Leurs cris, les bruits des véhicules et la musique jouée dans certains magasins créent une ambiance particulière. Le «Forum» des marchés, avec ses bâtiments jaunes et ses toitures en dents de scie, est imposant. De l'extérieur, il offre une belle vue. La publicité des produits alimentaires sur la face de l'immeuble séduit. Au rez-de-chaussée, des étals de condiments et des boutiques de vêtements. Entre deux bousculades, on accède aux marches poussiéreuses qui conduisent aux niveaux supérieurs. Il faut marcher dans la poussière, enjamber des résidus d'aliments. Des jeunes filles assises sur ces marches regardent avec des yeux hagards les visiteurs qui montent et descendent les escaliers. Au premier étage, des vendeurs installés dans les magasins bavardent. Nous faisons quelques achats. De nombreuses jeunes filles se baladent sur les marches. Elles sont pleines d'entrain et ont l'air de ne s'occuper de personne. Ce ne sont ni des commerçantes, ni des clientes. A l'autre bout du bâtiment, au-dessus des vendeurs de poisson, un autre groupe de jeunes filles. L'une d'elle, la vingtaine, visage potélé et excessivement maquillé, nous sourit. Elle porte un décolleté noir qui laisse apparaître son soutien-gorge gonflé. Le pagne bigarré qu'elle porte moule parfaitement ses rondeurs alléchantes. Nous l'approchons. Tout en bavardant, Ami, c'est le nom qu'elle nous donne, montre tout de suite ses intentions. Elle fait signe de se mettre à l'écart. « Grand frère, ce n'est pas cher, 2.000 Fcfa sans capote», dit-elle en mâchant son chewing-gum. Par curiosité, nous jouons le jeu : «Accepté». Pendant que nous marchons pour trouver un endroit isolé, elle continue de mâcher son chewing-gum tout en maintenant le regard sur nous. La jeune fille semble se dire que : «ce garçon est un novice».

2000 Fcfa sans capote !

Elle ne montre aucune gêne, comme si elle était sous l'effet d'une drogue. Cette confiance affichée nous encourage à lui demander pourquoi elle se prostitue. Visiblement effrayée par cette question, notre compagne de circonstance essaie de s'enfuir. Il faut trouver des arguments pour la rassurer. Un billet d'argent, et elle reprend confiance. Ami avoue qu'elle est prostituée. Elle « fait ça avec tout le monde.» Son lieu de prédilection, ce sont les bâtiments jaunes du «Forum» des marchés d'Adjamé. Ici, elle peut se confondre aux commerçantes. De plus, il y a de la place et un abri. Mais, Ami se dérobe un peu à la tradition de la prostitution classique. Pour elle, il n'y a pas d'heure pour se prostituer. Elle affirme s'en tirer souvent avec 20 000 Fcfa par jour. Voyant les questions se multiplier, notre interlocutrice se sauve pour se fondre dans la masse. Elle a eu le temps de nous montrer d'autres filles qui, comme elle, se prostituent au forum. C'est le groupe de filles que nous avions vu au départ. Pour les rejoindre, il faut se diriger vers le point de vente des volailles. Elles sont attroupées-là. Certaines mangent sur des tables, d'autres dorment sur des dalles, des barres de fers, où même sur des tables abandonnées. Deux d'entre elles portent des enfants. La première, 20 ans, dit s'appeler Mariam. Son enfant, une fillette de 8 mois, s'appelle Clémentine. A côté d'elle, Aïcha, un peu chétive, a à peine 18 ans. Un peu bedonnante, sans être enceinte, elle tient dans sa main un enfant d'un an. Couchée sur la même table, une autre fille dort. Elle s'apelle Sidibé, selon ses camarades. Mais, tout le monde l'appelle «la vieille». Elle dort la tête posée sur un sachet bleu qui contient des vêtements. Les filles sont méfiantes. Autour d'elles, des cordonniers, des plumeurs de poulets et d'autres jeunes aux allures de voyous rôdent. Ils ont l'air de les surveiller. Nous nous sentons épié.

On les appelle bâcôrôman

Ici, on peut agresser quelqu'un, le voler et disparaître sans être inquiété. Les jeunes filles devinent notre intention. Sidibé se reveille soudain. Une de ses camarades la taquine. Elle lui demande de faire attention, au risque de déchirer sa valise. La valise en question, c'est le sachet bleu qui contient des vêtements. «La vieille» n'a pas de complexe à expliquer qu'elle se balade ainsi avec ses affaires. Nous lui en demandons les raisons. Comme toutes les filles de ce lieu, elle n'a pas de domicile fixe. «On nous appelle Bacôrôman», indique-t-elle. En malinké, cela désigne quelqu'un qui dort là où la nuit le trouve. Selon Sidibé, elles viennent achever leurs nuits sur les tables libres du marché. Que font-elles alors comme activité si elles doivent dormir toute la journée ? Une question qui paraît les embarrasser. Mariam, qui nourrit son bébé à l'attiéké, nous sourit tout en gardant la tête baissée. Aïcha en profite pour filer à l'anglaise. Seule « la vieille», plus bavarde, continue : «On vend des chocolats, deux à 25 Fcfa et aussi des lotus». Où sont donc ces objets qu'elles disent vendre ? Aucune réponse. En ce moment, une autre fille qui a l'air plus âgée s'approche. Elle est gaie. Elle porte aussi un enfant. « Nous sommes dans la même situation », informe Sidibé en la désignant. La fille qui vient de s'ajouter au groupe est grosse, avec un tee-shirt sale et déchiré. Elle se présente sous le nom de Abiba. La vraie Abiba qui a pris la conversation en cours, dément: «Aucune d'entre nous ne vend. Que celle qui fait une activité lève le doigt». Les autres filles rient pour se décomplexer. Abiba, qui n'a pas sa langue dans la poche va plus loin : «Toi, dis-leur ce que tu fais la nuit», lance-t-elle à une fille qui vient de s'ajouter au petit cercle qui s'anime. Elle, c'est Aimé Wangni. Habillée et maquillée de façon extravagante avec des mèches touffues, Aimée se met aussi à rire. Les filles plaisantent, se taquinent. L'ambiance est plutôt cordiale. Sur notre insistance, Abiba raconte qu'elles se prostituent parce qu'elles n'ont pas de métier. « Mais, moi j'ai arrêté parce que j'ai un copain», se dédouane-t-elle. Ayant dévoilé le mystère, Abiba ne laisse pas d'autre choix aux autres filles qui se confessent avec prudence. « Je suis venue d'Odienné pour vivre chez ma tante à Abidjan. Elle me maltraitait, j'ai donc fui la maison», explique la Vieille. Grâce à une camarade qui est dans ce circuit depuis 3 ans, elle s'est retrouvée en ce lieu. La camarade en question se nomme Salimata.

«C'est notre vieille mère», affirme la Vieille. Elle a connu Salimata à Odienné. Selon elle, dès que celle-ci à su qu'elle était maltraitée par sa tante, elle lui a proposé de venir avec elle pour se prostituer au Forum. Ses parents savent-ils où elle est ? «J'appelle souvent ma mère. Mais, je ne lui ai jamais dit ce que je fais. J'irai la voir quand je serai riche», rêve-t-elle. Pour l'instant, pour s'enrichir, elle n'a qu'une seule voie : vendre son corps à vil prix. Les tarifs varient entre 1.500 et 2.000 Fcfa. De jour comme de nuit, elles se prostituent, tout comme Ami. Abiba, elle, a quitté Seguela pour rejoindre sa grand-mère à Abidjan. Celle-ci la maltraitait, accuse-t-elle à son tour. «C'est pour cette raison que j'ai fui la maison pour venir ici», ajoute-t-elle. Même son de cloche chez Mariam, Aïcha et Aimée qui viennent de Ouragahio. Si elles n'ont pas été maltraitées par une tante, c'est une grand-mère ou un oncle qui les haïssait. Ici, la prostitution se déroule d'une manière différente. Les filles atteignent la centaine. Le jour, elles essayent de se camoufler comme elles le peuvent. Ce qui explique qu'au Forum , on a l'impression que ce sont des commerçantes ambulantes. Le plus souvent, quand elles ne dorment pas, elles circulent entre les marches des bâtiments, ou bavardent. «Je ne fais rien toute la journée, je dors», jure Abiba. Pourtant, elle arrive à se nourrir et à s'habiller, dit-elle. Celles qui ne dorment pas le jour, sont disponibles pour les hommes. Il suffit de connaître le circuit. «Au Forum, quand vous parlez de bacôrôman, on vous les montre du doigt. A vous de jouer. Si vous voulez aller avec une, vous l'approchez discrètement, elle vous suivra n'importe où, même dans les vieux magasins abandonnés à l'étage», avance Aboulaye C., un vendeur de chaussures qui passe à côté. Ces filles ne passent pas la nuit au Forum. «Nous dormons au marché Gouro», affirme Mariam. Au marché Gouro, les bacôrôman, par centaine, se retrouvent près d'un grand magasin de vente de pagnes, appelé «maison blanche». Un hangar s'y trouve, et c'est là qu'elles passent leurs nuits, presqu'à la belle étoile, selon Mariam. Avec son enfant de 8 mois, elle continue d'exercer le plus vieux métier du monde. Dès 19 heures, elles quittent le forum pour le hangar qu'elles appellent le « hangar de Haïdara». «A minuit, les portes gardées par des vigiles sont fermées au cadenas pour être rouvertes à 4 h», ajoute Abiba. Heure à laquelle tout le monde doit quitter le camp pour laisser la place aux commerçants. «Si minuit te trouve dehors, tu dors dehors», précise la Vieille. Mais, entre 19 h et minuit, beaucoup de choses se passent. Elles se livrent au premier venu. Les clients savent le plus souvent où les trouver. Très souvent, disent-elles, ce sont des personnes respectables qui les abordent.

Avec ou sans préservatifs

Les nuits sont longues. Ce qui explique que beaucoup d'entre elles sont obligées de dormir au Forum la journée. Cette activité, selon Sidibé, n'est pas sans conséquences. «Nous nous faisons agresser tous les jours par les voyous. C'est pour cela qu'aucune d'entre nous n'a un objet de valeur. Nous sommes aussi victimes de viol», explique Aimée W. Beaucoup de filles lient amitié avec des voyous. Ceux-ci profitent d'elles. Mais, en contrepartie, ils les protègent contre les agressions et les viols. La prostitution en elle-même à ces conséquences immédiates. «La plupart d'entre nous ont des enfants sans père», raconte la Vieille. Jusque-là, elle a miraculeusement échappé à cette situation. Mariam, Aïcha, Abiba et les autres ont souvent jusqu'à 4 gosses à nourrir. D'autres bakôrômans envoient leurs enfants chez les parents, en inventant n'importe quoi pour les faire accepter là-bas. Mais, de nombreuses filles sont livrées à elles-mêmes. Beaucoup perdent leurs enfants. Comme Dosso Fatou. La semaine dernière, cette fille a perdu son enfant en plein jour, au Forum. «L'enfant était malade, sans soin», raconte une des filles. Une information confirmée par Diomandé Mamadou, le responsable de la sécurité du Forum. «Cette fille avait reçu des médicaments de la part d'une Ong qui s'occupe des prostituées. Au lieu d'envoyer l'enfant à l'hôpital, elle est allée acheter des canaris pour faire de l'indigénat», explique-t-il. L'enfant qui était mal soigné a succombé dans ses bras, en plein jour. «Quand on l'a interrogée sur ses problèmes, elle a avancé qu'elle avait été chassée par sa tante. Mais, l'une de ses soeurs qui est arrivée ici un jour a démenti cette information. En faite, Dosso vendait pour sa tante. Elle détournait les recettes de la vente. Le jour où on lui a demandé de montrer où elle les cachait. Dosso a déserté les lieux pour toujours», explique Diomandé qui suit ces filles depuis 3 ans. La plupart des explications qu'elles avancent pour justifier leurs actes sont fausses, selon lui. «J'ai assisté à l'arrivée de ces filles au Forum. Au début, c'étaient des pickpockets. Elles faisaient semblant de vous aider à transporter vos bagages, puis elles se sauvaient avec. Ensuite, elles ont commencé à se prostituer depuis 3 ans. Il y en a même de 13 ans», explique-t-il. Selon Diomandé, leur nombre sans cesse croissant au Forum inquiète. C'est sans espoir pour ce responsable de la sécurité. «Elles prennent des stupéfiants pour exercer leur activité. Plus précisément du «rivo». C'est difficile de s'en sortir», ajoute-t-il.

Comme un monstre, le nombre de bacôrômans croît d'année en année. Elles sont de plus en plus incontrôlables. Quelques Ong, telle que «Cavoéiquiva» et «Save the Children» tentent de les sortir de ce gouffre. Sans succès. C'est donc un cri d'alerte lancé à tout le monde. Attention quand vous allez faire des achats au Forum, les bacôrômans sont là !

 

Raphaël TANOH (Quotidien Nord-Sud)

 

Source: ALL AFRICA.COM

mardi, 24 novembre 2009

L'IMPOSTURE DU VACCIN DE LA GRIPPE A (H1N1) DEVOILEE

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Le vaccin de la grippe A (H1N1) est une imposture. Le pot-aux-roses a été dévoilée sur la chaîne française « La Locale », dans son émission de 23 heures, le 25 Octobre 2009. Une affaire rocambolesque, une arnaque mondiale, une insulte à notre intelligence!

Intervenants sur « La Locale » : Christian Cotten (Journaliste), Dr Vercoutere (Médecin), Jean-Frédéric (Citoyen)
Intervenants sur « France 24 » : Jennifer Knock (Spécialiste Santé à France24), Marc Girard (Médecin)

Voici le lien de l'émission qui dévoile tout. Cliquer sur: VIDEO. Et que triomphe la vérité!

14:36 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : imposture grippe a h1n1, chaîne "la locale" | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

VIOLS EN GUINEE: REALITE OU MANIPULATION?

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Depuis la survenue de la crise guinéenne et après l'inacceptable tuerie du 28 septembre 2009, au Stade de Conakry, un trésor d'énergie est déployé pour diaboliser plus que de nature Dadis Camara, le chef de la junte au pouvoir. Parmi les accusations les plus véhémentes, celle de viols perpétrés contre des guinéennes sur les lieux du drame.

Un mail au vitriol circule même sur le Net pour mobiliser le peuple frère de Guinée contre cette bande de "Bilakoros" (sic!), qui doit être éjectée au plus tôt.

Mais là où je suis resté personnellement interrogatif et même sceptique, c'est quand les seules preuves de viol qu'on nous produit dans ce mail débordant d'outrecuidance, d'impertinence et d'invectives, sont les trois photos ci-dessus, avec pour commentaire (extrait):

"Elle a eu beaucoup de chance : celle d’être "simplement" violée ! Tu as aidé ce malade frustré, qui a déclaré avoir été mis au monde par une femme de plus de 60 ans, à devenir plus fou et ivre de pouvoir. Voici comment tes filles, tes femmes, tes sœurs, tes mamans et tantes ont été violées, souillées et tuées en pleine journée et en public par cette bande. Il s'agit là des preuves qui enfonceront Dadis, Pivi, Sékouba, Thieboro, Toumba, Moussa Keita, Korka et leurs nervis et complices (notamment le félon Komara) devant une juridiction internationale".

Et l'auteur du mail de conclure son papier: " Merci et bravo aux leaders politiques ! Merci à la France et à l’Union Européenne pour le soutien au peuple de Guinée ! Merci à l’Union Africaine et à la CEDEAO pour le soutien et de ne plus associer les vieux Kaddafi et Wade aux affaires guinéennes !".

Ce qui a fait dire à un frère ivoirien:

"J'ai entendu parler, dans la presse, de viol de femmes par des militaires en Guinée, en plein stade et de jour. J'en attendais des preuves car cela dépassait tout entendement humain.

Après avoir consulté les photos, je reste convaincu que cette information est de la pure intox car quand on veut prouver par des photos qu'une femme a été violée, il y a mieux que ça à produire comme pièces à conviction. J'invite mes frères guinéens à ne pas se diaboliser les uns les autres car la faute présumée d'un guinéen (tuerie) n'excuse pas celle d'un autre guinéen (intoxication). Les problèmes de la Guinée doivent trouver solution entre guinéens, pas par la communauté internationale, un terme qui ne veut rien dire. Parole de ressortissant ivoirien ayant l'expérience directe de la crise du 19 septembre 2002."

 

Attention donc, Africains! Que la juste colère et l'aspiration légitime à la paix et à la liberté ne nous fasse pas tomber dans le travers odieux de la manipulation et dans le danger de prêter notre flanc à la récupération européenne ou internationale qui risque d'installer pire au pouvoir. A bon entendeur... salut!

 

DINDE Fernand AGBO

12:03 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Guinée | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : dadis camara, guinée, viols en guinée, conakry 28 septembre 2009 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

SERGE BILE, INVITE DU PROCHAIN CAFE LITTERAIRE

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10:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : serge bilé, 25ème café littéraire, case des arts, nid de cocody, abidjan évènement littéraire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 22 novembre 2009

GREVES DES ENSEIGNANTS: BLACK-OUT SUR L'ECOLE IVOIRIENNE

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Tout va mal en ce moment pour l’école ivoirienne. Il y a trois (3) semaines, la Coordination nationale des enseignants-chercheurs de l’enseignement supérieur public (CNEC) a entamé une grève, à l’effet d’interpeller les autorités ivoiriennes sur la question de la nouvelle grille indiciaire, revalorisant leur salaire. « Puisque personne ne nous a reçus pour discuter et trouver des solutions à nos problèmes, nous prolongeons la grève de deux (2) semaines à partir du lundi 23 novembre », a déclaré Flavien Traoré, porte-parole de la CNEC.

 

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En début de semaine dernière, huit (8) syndicats de l’Enseignement secondaire général et technique ont déposé la craie pour une période illimitée. Ce, afin de revendiquer leur nouveau salaire. Au cours d’une Assemblée générale qui s’est tenue récemment, le collectif des syndicats de l’Enseignement primaire public est entré dans la danse pour le même motif. Et a décrété une semaine de grève aussi, à compter du lundi 23 novembre. Pour dire vrai, c’est tout le système éducatif ivoirien qui est paralysé, puisque tous les établissements, primaires, secondaires, supérieurs publics, sont fermés. Incompréhension ou mauvaise foi ? La question reste posée. Une chose est sûre, les enseignants ne sont pas prêt à lâcher du lest et sont déterminés à aller jusqu’au bout pour obtenir gain de cause : le paiement de leur nouveau salaire. Ce qui intrigue dans cette histoire, c’est que les élèves qui ont à peine repris le chemin de l’école sont à nouveau contraints de rester à la maison. Le pire est que du côté du gouvernement, aucune réaction n’a été donnée. Troublant, tout de même! Comme si la question de l’éducation ne préoccupait personne. Tous sont concentrés sur des élections reportées.

 

Attention! Des enfants mal formés peuvent devenir les rebelles de demain.

 

Un article de KNRK.

 

Source: ABIDJAN TRIBUNE

samedi, 21 novembre 2009

ET DE SEPT POUR LEANDRE SAHIRI!

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Léandre Sahiri, un auteur prolifique! Et de sept pour le brillant homme de lettres ivoirien. Pour vous donner une idée de la grande richesse et de la qualité de cette dernière production, je vous en propose (ci-dessous) la préface. Un texte signé Sylvain de Bogou*. Bonne lecture!

 

 

 

Il est d’abord à remarquer que Léandre Sahiri a pondu une oeuvre dense, intéressante à lire et à enseigner.

 

Au total, 43 poèmes mis à notre disposition et qui révèlent l’une des multiples facettes de cet éternel insatisfait, de cet écrivain prolixe et iconoclaste aux sources d'inspiration variées, spécifiquement intéressé par la promotion des valeurs humaines et rêvant du meilleur des mondes possibles...

 

Au commencement, le poète, en une réflexion interrogative, accuse, nous accuse et s’accuse lui-même,  dans le premier poème éponyme qui justifie bel et bien du titre du recueil « Accusations » :

« Pourquoi toujours trouver

En autrui

Le responsable de nos maux ? »

 

Et, comme répondant, lui-même, à cette interrogation, il lance une invite à chacun et à chacune de nous : face à toutes crises, nous devons  effectuer, en toutes circonstances, une réelle introspection individuelle et, si besoin est,  collective, en vue de trouver les causes de nos maux et les cures idoines :

« Au lieu d’accuser les autres

Accusons-nous 

Nous-même

D’abord ».

 

Dans le même ordre d’idées, et utilisant la parole de Zarathoustra, du moins feignant de se dissimuler derrière ce personnage mythique, Léandre Sahiri nous somme instamment de puiser résolument en nous-mêmes les ressources suffisantes et nécessaires pour trouver les solutions à toute crise que nous vivons. En d’autres termes,      

« … chacun de nous… (doit)

… se confronter à

Sa propre guerre intérieure… ».

 

Le deuxième poème du recueil, notamment « Zarathoustra », ouvre la page des dénonciations des manipulations politiques, domaine dans lequel d’ailleurs Léandre Sahiri excelle.

 

De ce point de vue, on lira avec intérêt les poèmes suivants : « Il n’y aurait pas de guerre » où il accuse les dirigeants d’avoir beau jeu d’allumer partout des foyers de tension (guerres, rebellions…), pour ensuite envoyer à l’abattoir les enfants des autres et faire semblant de jouer aux pompiers, alors que c’est eux les pyromanes ; « Mal à l’Afrique » où il accuse les Africains d’être les premiers ennemis de l’Afrique et de favoriser, consciemment ou inconsciemment, la spoliation et la paupérisation du continent, berceau de l’humanité et de la civilisation, terre qui, on ne peut le nier, regorge de ressources et de richesses (or, diamant, cacao, bauxite, manganèse, coltan, agrumes...) et qui, cependant, est en proie, on ne peut le nier non plus, à d’énormes difficultés… :  trop de problèmes, trop de manques, trop de souffrances, etc.

 

Dans un tel contexte environnemental, on en vient à se demander : la vie a-t-elle encore un sens ? (Ou plutôt) comment donner du sens à la vie ?

 

Cette question fondamentalement existentielle, Léandre Sahiri nous invite à la reposer dans ses poèmes « Zégloubèdè», « Comme des moutons », « Là-bas dans mon pays », « Insomnie », « L’Inutile », « Décrétale d’exil », « A mon peuple »…, dont les personnages pourraient être l’un ou l’une ou l’autre d’entre nous.

 

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Par exemple, on pourrait imaginer aisément que, lorsqu’il nous accuse d’encombrer nos vies de choses  inutiles et de nous accommoder de « l’inutile », lorsqu’il célèbre l’idéal politique dans « A Gabriel Péri »…, ou bien lorsqu’il stigmatise les dérives de la jouissance du pouvoir dans « Nguur » et « Inconscience », Léandre Sahiri fait un clin d’œil particulier, voire donne une griffe, à ses camarades de lutte d’hier, parvenus à la haute marche de l’échelle sociale et étatique, aujourd’hui aux commandes dans son pays d’origine, qu’il accuse de

« Brader

Nos idéologies communes

Hier avec hargne défendues

Et aujourd’hui

Par les réalités de la jouissance du pouvoir

A rude épreuve mises »

Par-delà les thèmes, ce qu’il nous paraît intéressant de souligner dans « Accusations », c’est l’abondance des symboles et des images ; c’est également la grande maîtrise de la langue, ainsi que la qualité du langage de l’auteur.

En effet, Léandre Sahiri refuse volontiers le langage ésotérique qui empêche bien souvent de s’immerger dans une œuvre poétique. Il  a, dans « Accusations », choisi de s’exprimer dans un langage simple et accessible à tous. Il brise ainsi les « murs sécurisés » qui entourent la poésie classique.

Sans doute, veut-il, en procédant ainsi, loin d’enlever à la poésie son essence et sa substantifique moelle, faire de ce genre d’écriture quelque chose qui rime avec notre temps et nos réalités.

 

Sans doute, veut-il, en sa qualité de professeur de Lettres et critique littéraire, prôner une poésie d’actualité qui aborde directement les sujets, sans détours, sans faux-fuyant, sans accroche-cœur, sans sourciller, en toute liberté…

 

Le recueil est, comme nous l’avons souligné plus haut, immense et dense. Et, il n’est pas dans nos forces de prétendre en épuiser la présentation en quelques pages. D’ailleurs, tel n’est pas l’objet d’une préface.

 

Cependant, il nous semble impérieux et important de préciser  qu’on ne sort pas vierge de la lecture de cet amas d’« accusations ». C’est une machine qui transforme et façonne, profondément, positivement, du moins à notre avis. Chacun ou chacune s’y retrouve. On y est parfois surpris par des révélations qui nous touchent, qui nous concernent singulièrement, au point qu’on est, de temps à autre, amené à se demander si, avant d’écrire, Léandre Sahiri, éventuellement, ne nous espionne pas, ou n’enquête pas sur nos vies privées.

 

En tout cas, ceci, entre autres aspects, impose « Accusations » comme une grande oeuvre littéraire que nous apprécions et dont nous avons plaisir à recommander la lecture.

Sylvain de Bogou*

Londres, mai 2009

 

* Sylvain de Bogou est  journaliste (radio et presse écrite) et consultant, parlant couramment et sans distinction l’anglais et le français. Il est titulaire d’un Master en Droit des Relations Internationales. Il prépare une carrière d’enseignant-chercheur. Pour son franc-parler dérangeant, son non-conformisme, son engagement politique…, ou on l’approuve, ou on le réprouve. Sa soif de savoir le « contraint » à s’intéresser à presque tous les domaines de la connaissance. Il déclare avoir deux ennemis jurés qu’il combat de toutes ses forces, à savoir l’ignorance et l’injustice. Il est l’auteur de plusieurs articles de presse et d’un recueil de poèmes qui vient de paraître « Unfinished Symphony ».

21:06 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : léandre sahiri, accusations, poèmes, écrivain ivoirien, sylvain de bogou | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA DERNIERE OEUVRE DE FODJO KADJO ABO

 

 

LIVRE FODJO KADJO ABO.jpg Résumé

 

Le vent de la démocratie qui souffle sur la planète depuis les années 1990 avait suscité beaucoup d'espoirs chez les populations des pays en développement qui, dans leur immense majorité, aspiraient à un vrai changement. Près de deux décennies après le déclenchement de cet ouragan qui a entraîné de nombreux bouleversements, son bilan reste très mitigé.

Que ce soit en Afrique ou en Asie et en Amérique du Sud, dans nombre de pays, opposants comme gouvernants ne jurent que par la démocratie pour arriver au pouvoir. Malheureusement, les premiers soutenus dans bien des cas par de grandes puissances - lorsque les seconds deviennent indociles - usent de la violence pour arriver à leurs fins. Les gouvernements, alors soucieux du maintien de l'ordre et de leur pouvoir, n'hésitent pas à réprimer sévèrement leurs déstabilisateurs supposés.

L'on se retrouve ainsi dans une situation où des acteurs prétendent tous lutter pour un même idéal et ne regardent pas dans la même direction. C'est ce paradoxe que l'auteur dénonce dans cet essai. II déplore notamment que la démocratie, censée apporter la délivrance, la liberté, le bien-être et la joie de vivre deviennent source de malheur et de souffrances.

 

L’auteur

 

Ecrivain résolument engagé, Fodjo Kadjo Abo est le premier lauréat du Prix Haut de Gamme de la littérature, qui a récompensé le meilleur écrivain ivoirien en 2008. Né en 1959 à Adounkro, en Côte d’Ivoire, il a occupé de nombreuses fonctions dans la magistrature, au ministère de la Justice et au Ministère de la Sécurité. En outre, il a été membre de la Commission supérieure des recours auprès de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle.

 

Table des matières

 

Introduction

 

Chapitre 1 : La conquête du pouvoir par la violence au nom de la démocratie

L'accession au pouvoir par les armes

La conquête du pouvoir par des manœuvres de déstabilisation

Les manifestations déstabilisatrices

Les grèves politiques

Chapitre 2 : La conservation du pouvoir par la terreur au nom de la démocratie

L'instrumentalisation de la force publique

L'instrumentalisation de la rue

Chapitre 3 : La promotion de la démocratie par la terreur

La sponsorisation de la violence au nom de la démocratie

La promotion de la démocratie érigée en fondement de l'impérialisme

 

Conclusion

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Vous pouvez commander cet ouvrage directement à votre libraire habituel
ou sur notre site internet :
http://editions-harmattan.fr

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19:38 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fodjo kadjo abo, pratique de la terreur, démocratie, éditions harmattan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 20 novembre 2009

Dr YAO PRAO: CE QUE JE SAIS DE LA MONNAIE

 

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« Entre amis tout est commun » répète Aristote. Ainsi donc, on peut dire qu’une société formée d’amis ne repose pas sur l’échange mais sur le partage. Dès lors, la comptabilité minutieuse de la justice distributive et de la justice commutative n’a pas cours ici. Mais notre société moderne est loin d’être cette société d’amis. Les modernes ont voulu voir dans les processus de l’échange marchand la structure de base d’une société stable, pacifique, garantissant à chacun la liberté personnelle. Le marché devient le moyen de socialisation par excellence.  En effet, si le marché est le moyen le plus efficace pour réguler la vie sociale, il lui faut un vecteur qui est la monnaie. La monnaie n’est pas un objet ou un bien particulier, elle peut être considérée comme un ensemble de règles. Pour mettre en exergue l’aspect organisationnel de la monnaie, on parle souvent de système de paiement, c’est-à-dire une institution qui rend possible la coordination des actions économiques des individus. Sans la monnaie, on ne peut même pas penser le marché.

En acceptant cette hypothèse, il est possible de mener une réflexion sur le lien entre la monnaie et le développement économique. Après le « tsunami financier » mondial qui a tout ravagé sur son passage, les systèmes financiers africains ont fait preuve de résilience face à cette tourmente financière mondiale. La crise a exercé  des pressions substantielles  sur les marchés monétaires, financiers et des changes, tout en continuant de fonctionner normalement. Cette stabilité relative tient à plusieurs facteurs, dont une intégration limitée, quoique croissante, aux marchés financiers mondiaux, une exposition minime aux instruments financiers complexes, une liquidité bancaire assez élevée, une dépendance modérée à l’égard des financements étrangers et le faible endettement des institutions.

Bref, ce qui semble réjouir les pays africains cache en réalité une faiblesse de leurs économies : la faiblesse de la dimension monétaire du développement. Notre présent papier « Ce que je sais de la monnaie et ce que je ne comprends pas dans nos économies » est un appel à une plus grande considération des phénomènes monétaires dans les stratégies de développement en Afrique.

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 Ce que je sais de la monnaie

 

La monnaie n’est pas un phénomène très simple, c’est d’ailleurs pourquoi Charles Rist se refusait à la définir. Pour lui en effet, le phénomène monétaire est trop disparate ; or le plus souvent, on lui donne la définition traditionnelle, celle d’Aristote. Selon lui, l’échange entre les individus trouve sa source dans leur besoin. Celuici permet le lien social et donc la monnaie, moyen qui se substitut aux besoins, apparaît comme un facteur essentiel du lien social. La   « monnaie » répond à trois critères : elle doit être à la fois unité de compte, réserve de valeurs et moyen de paiement. Une telle définition ne permettrait pas d’en rendre compte pour Rist car il  craignait que l’on donne à cette définition, compte tenu de la diversité des monnaies, les caractères minima communs à tous ces phénomènes. Il en est de même de l’apparition de la monnaie. La plupart des manuels disent que  la monnaie est apparue en Lydie au VIIe siècle et à Athènes au VIe. La monnaie athénienne est en argent, extrait des mines du Laurion qui fournissent en abondance un excellent métal que l'on frappe à l'effigie de la chouette.

Parce qu’il n’y a pas de magnum opus en matière de théorie monétaire, comme l’œuvre de Keynes l’est pour la macroéconomie, la définition  de la monnaie devient comme celle du sexe des anges.

 

Certains historiens de la monnaie font remonter son invention à la révolution néolithique (il y a 12000 années), d’autres au « miracle grec » (7e siècles avant Jésus-Christ). En étudiant la monnaie, nous nous sommes rendu compte que très souvent, il y a une confusion entre les supports de la monnaie et la monnaie elle-même. Ce qui est certain, c’est que la monnaie est une création de l’économie de marché. C’est d’ailleurs ce qui semble dire, Marie Ange Cotteret dans sa thèse de Doctorat : « Il y a cinq mille ans, apparaissent presque simultanément, semble-t-il, le marché, l’écriture, l’école, la métrologie et le fonctionnement judiciaire. On peut supposer que ce n’est pas une coïncidence, mais un enchaînement logique. Tout part, semble-t-il, du développement des échanges. Au delà d’un certain volume d’échange, la parole donnée ne suffit plus à garantir la confiance, il faut consigner par écrit : on invente l’écriture. Alors, il faut apprendre à lire, à écrire et à compter : on invente l’école. Il faut aussi avoir confiance dans la quantité, mesurer ce que l’on échange : on invente les étalons et la métrologie. Enfin, il faut aussi avoir un arbitre en cas de litige : on invente les tribunaux. »[1].

La définition de la monnaie doit donc être clarifiée  de façon que soit définitivement dissipés les malentendus qu’on s’ingénie, dans certains milieux mêmes les plus autorisés.

Ce qui est vrai, la monnaie n’est pas une marchandise mais une créance à vue des agents économiques sur le système bancaire et une dette pour ce dernier. Une créance étant la contrepartie d’une dette, le mot dette doit être compris ici dans un sens très général, c'est-à-dire l’obligation pour un agent d’effectuer dans un futur plus ou moins proche une action en faveur d’un autre agent. Plus précisément, la monnaie est une dette pour l'émetteur de monnaie et une créance pour son possesseur.

 

Ce que je ne comprends pas dans nos économies

 

L’Afrique subsaharienne n’a pas dû faire face à une crise financière systémique car ses banques ont peu de liens directs avec les actifs toxiques qui affectent les grandes places financières. En réalité, les pays africains n’ont rien saisi de l’importance de la monnaie, sa force, son rôle dans l’économie. La place de la monnaie dans le processus de développement, c’est ce que nous appelons la dimension monétaire du développement. On entend  par dimension monétaire, la capacité d’une banque à créer la monnaie sur une promesse de remboursement, pour financer une activité économique ou un projet tout court.

Rappelons qu’en général, les stratégies de la plupart des PED durant la période 1950-1970 présentent des traits communs : elles sont le fait d’Etats qui tentent de conforter l’indépendance politique par des politiques d’industrialisation volontaristes, qui trouvent toutes, leur cohérence dans des modèles théoriques. Les politiques commerciales occupent généralement une grande place dans les stratégies de développement des PED. L’expérience de l’ajustement en Afrique Subsaharienne n’a pas été révolutionnaire, insistant sur l’importance du développement de l’épargne dans le financement de l’investissement privé. Le financement monétaire c’est-à-dire la place des banques a été occultée. En Afrique, les banques sont très peu actives dans le financement de l’investissement. Elles sont très frileuses dans l’octroi des crédits. Du coup, le système bancaire regorge d’énormes liquidités inutilisées.

Au sein de l’UEMOA, le montant des crédits alloués à l’économie est de l’ordre de 16% tandis qu’il se situe autour de 70% en Tunisie.

Par exemple, en Côte d’Ivoire, sur la période 1996-2003, le crédit à court terme était en moyenne, de l’ordre de 70 % et les crédits à moyen et long terme 30%.

Au Sénégal, sur la période 1996-2003, le crédit à court terme était en moyenne, de l’ordre de 60% tandis que les crédits à moyen et long terme se situaient à 40%.

L’orientation sectorielle du crédit  dans ces deux pays témoigne du comportement bancaire dans le processus de développement. 

Au niveau de l’orientation sectorielle, en Côte d’Ivoire, c’est l’industrie manufacturière (27%),  le secteur du commerce (38%), le transport et la communication (12%) qui bénéficient des offres de crédit.

Au Sénégal, le secteur manufacturier (29%) et le secteur du commerce (27%) obtiennent les parts les plus importantes.

Une des conséquences, très visible au sein de l’UEMOA  est la surliquidité bancaire apparue depuis 1994 dans la zone UEMOA.  Cela nous enseigne sur la somnolence du secteur bancaire et relance le débat sur la faiblesse de l’épargne en Afrique.

Au sein de l’UEMOA, elle représentait 7% du PIB nominal en 1996 ; 3,81% en 2000 et 2,25% en 2006.

Nos économies sont tellement extraverties, à tel point que la création monétaire n’est pas impulsée de l’intérieur.

Pour Frenkel et Johnson (1976)[2], « en régime de change fixe, les déficits de la balance des paiements procèdent globalement, soit des facteurs réels (importations, exportations, mouvements des capitaux), soit des facteurs monétaires (création excessive de monnaie). Dans ce cas, l’offre de monnaie peut être dictée par la relation structurelle de la balance des paiements. Ceci entraîne que la politique de crédit est étroitement liée à la balance des paiements et le mécanisme d’ajustement ne peut être analysé parfaitement sans l’analyse de la politique monétaire et sa résultante qui est l’offre excédentaire ou demande excédentaire de la monnaie. »

 

En effet, en accord avec le FMI, la BCEAO a mis en place depuis 1975, un  système de programmation monétaire destiné à déterminer, à partir d’un objectif d’avoirs extérieurs, le montant de ses concours aux Etats membres. Le système prévoit la soumission chaque année au Conseil des Ministres d’un objectif d’avoirs extérieurs nets pour l’ensemble de l’UMOA et chacun des pays membres. Dans chaque pays, l’agence nationale de la BCEAO et le Conseil National du Crédit établissent pour l’année leurs prévisions dites non monétaires relatives à l’évolution du PIB brut à prix constants, de la position nette du gouvernement à l’égard du système bancaire et la balance des paiements (en tenant compte de l’objectif des avoirs extérieurs). A partir des prévisions du PIB et du coefficient de liquidité de l’économie, les services de la BCEAO calculent alors l’évolution attendue de la masse monétaire. Ils estiment de la sorte, la ventilation de la masse monétaire entre circulation fiduciaire, et dépôts et le crédit intérieur qui est le solde entre la masse monétaire et les avoirs extérieurs nets retenus au départ.

 

L’Afrique doit se familiariser au  fonctionnement de l’économie monétaire

 

Dans l’économie réelle, la production, le crédit bancaire et la monnaie sont étroitement liés. Toute production nécessite un financement. Une augmentation de la production requiert un financement additionnel. La monnaie est créée pour les firmes. Et la demande effective et les anticipations jouent un rôle crucial dans la détermination du niveau de crédit nécessaire pour garantir les plans de production et d’investissement. La répartition du revenu est aussi importante dans la détermination du crédit. Par exemple, une distribution du revenu qui favorise les employés (salariés) rendra la demande effective très forte, ce qui incitera les producteurs à plus produire et demander plus de crédit. Une politique monétaire qui baisse les taux d’intérêt encourage des investissements additionnels, de rentabilité modeste. Le volume de la demande effective s’en trouve accru et, par là, le niveau de la production. Le niveau de l’emploi s’améliore. Voici comment fonctionne une économie monétaire de production.

 

La monnaie est indispensable à l’économie puisque l’incertitude est la caractéristique principale de l’économie.

« Tant qu’on s’en tient à l’étude de l’industrie ou de l’entreprise individuelle en supposant que la quantité globale des ressources employées est constante et en admettant provisoirement que les conditions des autres entreprises ou des autres industries restent inchangées, il est exact que les propriétés caractéristiques de la monnaie n’ont pas à intervenir. Mais aussitôt

qu’on en vient à chercher ce qui détermine les volumes globaux de la production et de l’emploi, la Théorie complète d’une Economie Monétaire est indispensable. Peut-être la ligne de séparation pourrait-elle encore être placée entre la théorie de l’équilibre stationnaire et la théorie de l’équilibre mouvant, c’est-à-dire la théorie d’un système où les changements de vues sur l’avenir peuvent influencer la situation présente ; car l’importance de la monnaie découle essentiellement du fait qu’elle constitue un lien entre le présent et l’avenir »[3].

Se trouvent ainsi placées au cœur de l’analyse, l’incertitude et les anticipations. Or comme le rappelle P. Combemale (1999, p.30)[4], « ces deux caractéristiques conduisent directement à la monnaie : l’incertitude, parce que la monnaie est la forme de richesse la plus liquide, c’est-à-dire la plus commode et la plus sûre, la moins irréversible : acceptée en paiement par tous et à tout moment, elle laisse ouvertes les possibilités de choix ; les anticipations, parce que la monnaie, en tant que réserve de valeur, permet d’attendre et de voir venir. »

La monnaie est pour l’économie ce que le sang est pour le corps. La quantité de sang dans le corps humain dépend de ce que l’être humain mange et de son âge. Il en est de même de la monnaie et de l’économie. Il ne faut pas qu’elle sorte du « corps » qu’elle est censée irriguer, sinon ce dernier dépérit.

Il n’est plus possible que les pays africains se paient le luxe de s’endetter alors qu’ils ont une possibilité de se développer de façon endogène en comptant sur leur système financier comme pilier financier. Les phénomènes monétaires ne sont pourtant pas étrangers aux africains.

 

En Egypte, dès 2700 avant Jésus-Christ, on utilisait un indice monétaire : le shat[5]. Certes, ce n’était pas  encore une monnaie, mais une unité abstraitequi trouvait sa "réalisation" avec une foule de marchandises, lesquelles, plus ou moins pratiques à transporter pouvaient servir à compléter un paiement ou à parfaire l'entente quant à l'évaluation des prix des marchandises échangées. D'autres unités ont été utilisées : le Shâty, le Shenâ (ou Shenâou, Shenât,Shenâty), le Séniou, etc...

L'Egypte ancienne connait bien le phénomène monétaire, la monnaie étant au départ une pure abstraction de la valeur avant les premières monnaies frappées  vers le 7ème siècle av JC.

 

Pour conclure notre propos sur l’importance de la monnaie et donc des banques, le mieux est sans doute ici de citer ce passage de Dominique Plihon « Les banques ont une double fonction essentielle dans l’économie : d’une part, elles financent les agents économiques, et d’autre part elles gèrent les moyens de paiement. Ces deux fonctions sont simultanées et indissociables, comme l’illustre le célèbre adage selon lequel « les crédits font les dépôts »[6]

 

 

 

Séraphin PRAO

 

Docteur en économie monétaire

Diplômé de l’Université Pierre Mendès France de Grenoble

Président du MLAN

 

www.mlan.fr

contact@mlan.fr



[1] Source : MA Cotteret, Métrologie et enseignement, thèse de doctorat N° 0312495T,UFR Paris 8, mars 2003

 

[2] Frenkel J. A & Johnson H. G. (1976), The Monetary Approach to the Balance of Payments, University of Toronto Press.

[3] La traduction française de Théorie Générale (1936) par Jean de Largentaye,p.297.

[4] Combemale P. (1999),« Introduction à Keynes », Paris, La Découverte.

[5] Le shat avait un multiple : le deben, lequel valait 12 shats.

  Le quite valait un dixième de deben

 

[6] Plihon D. (2004),« La monnaie et ses mécanismes », La découverte, «Repères»,

n°295, 4e éd.

14:46 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monnaie, afrique, économie monétaire, stratégies de développement en afrique, phénomènes monétaires | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 17 novembre 2009

AFFAIRE KONE DOSSONGUI: "LES PETITS DIOULAS DE GBAGBO" REPONDENT AU QUOTIDIEN "LE PATRIOTE"

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Un certain article du quotidien « PATRIOTE » s’est égosillé, la semaine dernière, à démontrer le caractère « ingrat » (sic !) et opportuniste, sans preuve et sans raison, du sieur KONE DOSSONGUI, dont, apparemment,  le seul crime fut d’apporter son soutien au candidat LAURENT GBAGBO pour les élections présidentielles futures.

Déception, indignation et même regret, tels sont les sentiments qui nous ont animés lorsque nous lûmes cet article à fort relent injurieux que la prétendue présentation sui generis du mise en cause.

Il va sans dire que M.KONE DOSSONGUI n’allait pas perdre son temps à répondre à de telles ignominies. Trop préoccupé à conduire ses himalayennes affaires que de répondre à un quidam dont la syntaxe est aussi vacillante que l’idée est fixe.

Nous nous en chargeons donc !!!

LA FAUTE DE KONE DOSSONGUI : SOUTENIR GBAGBO.

Doit-on rappeler aux messieurs du « PATRIOTE » que la démocratie est une discipline dans lequel la liberté d’opinion ou d’appartenance à une opinion est le maitre-mot. L’article 7 des déclarations des Droits de l’Homme de 1789 en est la base institutionnelle et insubmersible.

Partant, doit-on s’atteler à convaincre son auditoire et lui susciter  cette tendance au changement de comportement que de patauger dans du déjà-entendu et du déjà-vu dont la seule conséquence est de créer une certaine monotonie suffocante et harassante pour les condisciples qu’on veut sinon conquérir, à tout le moins garder. Petite leçon de communication ou de marketing politique certes ! Mais leçon quand même. Que nos chers journalistes devraient rappeler à leurs différents mentors.

Lorsqu’on jette un regard, même rapide et sans analyses componentielles,  on comprend vite que le sieur GBAGBO LAURENT a parfaitement compris cette leçon depuis l’opposition jusqu’à son tout dernier voyage dans le Worodougou ce matin.

On n’a pas besoin d’avoir un PHD en Marketing politique pour comprendre que toute la stratégie politique du Président GBAGBO est fondamentalement basée sur la conquête du NORD et de ses fils émérites. Y a qu’à épeler le nom de son Directeur de Campagne, qu’à se souvenir de sa « 2ème femme », qu’à compter le nombre de ses visites d’Etat effectuées dans le Nord….Nord d’ailleurs qui lui a toujours été hostile depuis Houphouët jusqu’à SORO en passant par l’Inusable ADO.

Que cet acharnement stratégique porte ses fruits aujourd’hui, tout le salut doit être au sieur GBAGBO. D’autres devraient, à la limite faire du Benchmarking. Il aurait donc été démocratiquement loyal que les adversaires de GBAGBO fissent pareil en débauchant des hauts dignitaires des régions qui leur sont hostiles plutôt que de se lancer dans la petite délation, palliatif momentané de leur incompétence professionnelle. La politique est un métier, pour rappel !

Chers Messieurs, on vous savait naïfs. On ne pensait pas que vous fussiez autant inconséquents !!!

ET LES AUTRES DIOULAS QUI SOUTIENNENT GBAGBO ???

Dans votre logique, on s’attend à une ribambelle d’écrits biographiquement satiriques sur les INZA DIABY, TRAORE DOHIA MAMADOU et autres  COULIBALY DOULAYE qui, comme KONE DOSSONGUI ont rallié le camp présidentiel…Simple logique à l’opposé du contraire. Tant qu’à être limité, il faut l’être jusqu’au bout.

Alors, comme ça, ETRE DIOULA ET SUPPORTER GBAGBO serait un crime de lèse-majesté ??? Au point de s’encaper les lazzis et les hallalis des confrères autant médusés que médisants ???

COLLIN POWELL, farouche Républicain au point d’être le Secrétaire d’Etat américain n’a-t-il pas, à la fin, soutenu le très historique BARAK OBAMA ? Fut-il tué par les Républicains ? Eric Besson, le cerveau des programmes de SEGOLENE ROYAL a, au final, rallié SARKOZY aux élections présidentielles françaises, est-il mort ? Je ne vais pas inventorier tous les leaders d’opinions qui ont tourné casaque dans l’histoire de la politique.

Alors, nos chers amis Dioulas n’ont pas réinventé la roue politique. Ils ne font que conforter le célèbre postulat de…… (Bon ! malgré tous mes efforts, je n’arrive pas à trouver qui l’a dit)…donc le célèbre postulat selon lequel «SEUL  LE TRAVAIL PAIE ».

A ces hommes d’affaires et intellectuels émérites, GBAGBO offre une certaine garantie et sécurité qu’ils ne trouvent pas ailleurs. Que ce soit pour leurs affaires ou pour leur carrière, peu doit chaloir les raisons profondes. Toujours est-il que ce ne sont pas des cancres à la solde du premier démagogue venu.

Bon, écoutez, nous soutenons GBAGBO piannnnnn ! Et chaque fois que l’un quelconque de ces honorables personnalités DIOULAS sera attaqué par une quelconque presse, nous répliquerons. C’est aussi cela la DEMOCRATIE : les débats d’idées.

 

« Nata ko tè ; nafa ko lo »

 

MOUSSA TRAORE.

Président du Mouvement  « LES PETITS DIOULAS DE GBAGBO »

09 00 06 06 / 600 71 603

moussatraore@yahoo.fr

LE PANAFRICANISME COMME REPLIQUE A LA COLONISATION MODERNE

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« L’avenir sera impitoyable pour ceux qui, jouissant du privilège exceptionnel de pouvoir dire à leurs oppresseurs des paroles de vérité, se sont cantonnés dans une attitude de quiétude, d’indifférence muette et quelquefois de froide complicité » disait notre lucide frère Frantz Fanon. Nous nous proposons de fournir ici, une modeste réflexion sur la colonisation. C’est un sujet qui a été beaucoup discuté. En effet, il existe peu d’événements historiques chargés d’une connotation aussi négative que la colonisation et la dictature nazie. Je ne vais donc pas prétendre donner un texte résumant fidèlement le fait colonial tant il est diffus. Je me bornerai donc à quelques indications qui me paraissent au moins essentiels. Des apprentis sorciers de l’histoire ont distillé au sein de la communauté scientifique des conceptions aussi fantaisistes qu’erronées : le révisionnisme injurieux. C’est ce dont nous parlons dans un premier temps. Dans un deuxième temps, nous essayerons de présenter un condensé du fait colonial. On verra que la colonisation continue encore sous une autre forme. Enfin, dans un troisième temps, nous pourrons, je crois, accepter le panafricanisme comme une réplique à la colonisation moderne.

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17:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : séraphin yao prao, panafricanisme, colonisation moderne, révisionnisme injurieux, zone franc | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

PROSPER NDOUBA: LE JOURNAL D'UN CAPTIF DES "LIBERATEURS"

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DES REALITES  INSAISISSABLES !

En République centrafricaine, les avatars de la guerre ont conduit à la captivité un acteur politique,  en l’occurrence, Prosper N’douba, auteur du livre « L’otage du Général rebelle centrafricain François Bozizé, Journal d’un captif   des libérateurs » publié chez l’Harmattan en 2005.

 Sous le régime de Ange-Félix Patassé de la République centrafricaine, Prosper N’douba  a servi comme porte-parole.

Dans  ce livre, il  nous parle de sa captivité et des conditions de vie dans les mains de ses ravisseurs durant trente-huit jours.

 Ainsi, ses trente-huit jours de détention par les rebelles lui ont permis d’être en face des réalités socio-économiques de son pays. Car, détenu, au fin fond du pays, Prosper N’douba a pu constater les ravages de la gestion économique de la Centrafrique par les régimes successifs à la tête de l’Etat depuis l’indépendance.

Là en tant qu’acteur, à un moment donné, précisément sous Patassé, il a pu se rendre à l’évidence que les pouvoirs se succèdent mais n’apportent rien de différent sur tous les plans.

Les dirigeants politiques ainsi que lui-même ont vécu dans une bulle qui ne leur permettait pas de connaitre en fait ce qu’est la réalité du peuple centrafricain.

Il n’y a  pas que l’amour pour rendre aveugle, le pouvoir aussi conduit à la cécité croissante : c’est ce que Prosper N’douba démontre à travers son livre.

Cette lumière lui a été donnée à cause de la captivité dont il a été victime. La leçon de captivité qu’il nous donne peut arriver à chacun de nous. N’attendons pas que cela nous arrive pour comprendre, car il ce serait alors trop tard.

 

NOTE DE LECTURE DE

L’otage du Général rebelle centrafricain François Bozizé

Journal d’un captif «  des libérateurs ».Editions l’Harmattan en 2005.

Maurice Mouta  W  GLIGLI-AMORIN 

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AFRIQUE: JONCTION ENTRE LUTTE POLITIQUE ET PAUVRETE
 
La lutte politique en Afrique est loin de disparaitre dans le discours sociétal.
En dépit des déclarations sur les avancées démocratiques faites lors des séminaires et autres colloques internationaux, l'idée du combat politique sur ce continent inspire bien encore des auteurs et  penseurs africains.
C'est notamment le cas de l'écrivain Loro Mazono.


Dans son dernier livre, La quatrième poubelle édité chez L'Harmattan, le Burkinabé revient sur les maux de la société et la manière de les résoudre.
En faisant d'une poubelle, le lieu de résistance, l'auteur attire l'attention sur la prise de conscience des conditions de vie .Et celle-ci devient inéluctablement moteur de changement.
La quatrième poubelle symbolise la jonction entre la résistance et la pauvreté à Korodogou. Ainsi, comme la plupart des villes africaines, Korodougou est-elle une ville qui compte beaucoup de pauvres encore appelés " damnés" ou "déchets sociaux".
Ces derniers pour survivre se nourrissent dans les poubelles disséminées dans la ville et surtout dans la quatrième, la plus connue. Peut-être, c'est là que les nantis de la ville viennent y déposer les miettes tombées de leurs tables.
 La quatrième poubelle se transforme en un terreau où germent les idées de lutte pour le changement.

Les intellectuels  - Did et Dan, étudiants de l'université de Korodogou; Bâ, sociologue au chômage - ont pris conscience de la gravité de la situation dans leur pays. Pour cette raison, ils ont crée des cellules clandestines de résistance.
 C'est ainsi que La quatrième poubelle, symbole de tous les malheurs de la ville, est choisie par ces intellos comme poche de résistance. Ce choix montre que les leaders du mouvement de changement ont identifié la couche sociale la mieux préparée pour les accompagner dans la lutte. C'est cela le plus grand mérite de ce livre. Il nous apprend qu'une chose est de comprendre les maux de sa société ou expliquer les causes de la misères, mais une autre est d'identifier ses alliés.
 
 
Note de lecture
La quatrième poubelle de Loro Mazono
Editions L'Harmattan.
 
Maurice Mouta  W  GLIGLI-AMORIN
Bruxelles. (BELGIQUE) 

samedi, 14 novembre 2009

L'AFRIQUE NE DOIT PAS AVOIR POUR MAITRE LA CHINE MAIS FAIRE COMME ELLE

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La grandeur d'un homme, c'est rester humble devant la vérité. Aujourd'hui, nul ne peut contester la place qu'occupe l'empire du Milieu dans le microcosme mondial : la Chine est devenue une puissance. Elle l'a démontré lors des cérémonies d'ouverture des jeux olympiques de Pékin, en piochant dans son histoire, sa culture, ses mœurs, pour dévoiler son plus beau visage. La Chine est, elle aussi, revenue aux sources de ce qu'elle a de plus glorieux : Confucius, son histoire impériale, la route de la soie, sa calligraphie ou son Taji, la gymnastique traditionnelle locale.

Papier, imprimerie, boussole, poudre à canon, ces quatre inventions ont été longtemps considérées comme l'emblème du génie chinois. Cela est témoin de l'inventivité chinoise. La boussole, de toutes les grandes inventions chinoises, est sans doute l'une de celles qui a le plus marqué l'histoire de l'humanité. Un progrès, en effet, grâce à la « petite boite » (bossolo, en italien), le voyageur et le cartographe disposent en permanence et par tous les temps d'un point de repère fiable. Et c'est justement cette fiabilité dans le repérage qui conduit les chinois à se tourner vers le continent africain pour étendre leur empire. Rien n'est plus incontestable que la présence croissante de la Chine en Afrique. Les uns disent que la Chine pille le continent africain, les autres en revanche pensent qu'elle est une chance pour un continent dont le processus de développement a un caractère hésitant. Notre présente contribution nous a été inspiré par la citation de Joseph Joubert qui dit que « la raison peut nous avertir de ce qu'il faut éviter, le cœur seul nous dit ce qu'il faut faire ».

La Chine est partout en Afrique

Les chinois sont partout en Afrique, tant en hommes qu'en investissement. A vrai dire, pas un mois ne passe sans l'annonce d'un contrat chinois en Afrique. Pendant l'été 2009, les géants chinois du pétrole CNOOC et Sinopec indiquaient qu'ils étaient prêts à dépenser 1,3 milliard de dollars pour participer au développement d'un champ pétrolier en Angola. Quelques jours avant, c'était le groupe de Telecom ZTE, qui  emportait à Madagascar, le contrat de déploiement du réseau de téléphonie mobile de l'opérateur Madamobil, étendant ainsi sa présence sur le continent africain. Le fond de développement sino-africain pour l'heure est doté de 5 milliards de dollars destinés à accompagner les entreprises chinoises présentes sur le continent. Les principales destinations africaines des investissements chinois sont : la Libye , le Niger, le Nigeria, le Togo, la Guinée , l'Ethiopie, l'Angola, la Zambie , le Zimbabwe, le Botswana, l'Afrique du Sud et l'ile Maurice. Le stock d'investissement chinois est de l'ordre de 6 à 7 milliards de dollars par an, ce qui, à l'échelle du revenu africain, est important. Les Chinois exportent comme partout ailleurs leurs produits manufacturés, et importent des matières premières, du pétrole, du fer, des bois tropicaux (le tiers du bois tropical transformé en Chine vient d'Afrique) des diamants etc...

Selon les statistiques du ministère chinois du Commerce, les échanges entre la Chine et l'Afrique sont passés à 55 milliards de dollars en 2006 avec 2,1 milliards de déficit commercial du côté chinois contre 12 millions de dollars en 1950. L'Afrique est devenue le troisième plus grand partenaire commercial de la Chine. Selon les statistiques officielles chinoises, les investissements directs chinois sur le continent africain sont passés de 491 millions de dollars en 2003 à 7,8 milliards fin 2008. Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont quant à eux décuplé depuis le début de la décennie: ils ont atteint 106,8 mds USD en 2008, une hausse de 45,1% sur un an. Les chinois sont gourmands à tel point qu'ils sont dans tous les secteurs de l'économie. Notons par exemple la construction du chemin de fer « tanzam » reliant la Tanzanie à la Zambie  - ainsi que les accords de coopération militaire à ses amis idéologiques d'Afrique de l'Est (Ethiopie, Ouganda, Tanzanie, Zambie, etc.) et aux pays non alignés les plus importants comme l'Egypte. Cette coopération militaire est vieille : de 1955 à 1977, la Chine a vendu pour 142 millions de dollars de matériel militaire à l'Afrique.

Deuxième consommateur de brut de la planète, plus de 25 % de ses importations de pétrole proviennent du golfe de Guinée et de l'hinterland soudanais. La soif d'un pays qui sera contraint d'importer 60 % de son énergie d'ici 2020 ne connaît aucune frontière, pas même celles des Etats qui, tel le Tchad, maintiennent leurs relations diplomatiques avec Taïwan.

Bref, tel un géant éléphant, la Chine « ravage » tout sur son passage, de sorte que, jaloux de cette percée, les occidentaux n'ont que leurs yeux pour pleurer. Ces derniers ne pouvant rien faire devant ce ras de marée chinois, agitent le drapeau des droits de l'homme, pour les contrecarrer sur le terrain africain.

La chine et les droits de l'homme

L'irruption des Chinois en Afrique fait beaucoup de bruit, et la presse occidentale, un peu nostalgique de la perte de terrain et de vitesse que l'Europe subit en Afrique, parle de plus en plus d'une Chine déficitaire en droits de l'homme.

En effet, pour ceux qui peinent à concurrencer la grande Chine, et qui n'ont que, pour  paraclet, le déficit de droits de l'homme comme  seul moyen, à vrai dire, ils ne connaissent pas ce pays.  Pour utiliser le langage scientifique, on dira que les chinois sont plus  « empiriques » que « théoriques ». Cette prédominance  des connaissances empiriques trouve son fondement dans des préoccupations philosophiques : les savants de l'empire du Milieu ne croyaient pas, par exemple, à l'existence des lois de la nature. Pour Tian Miao, de l'institut d'histoire des sciences naturelles de Beijing, « les chinois ne faisaient que constater le fonctionnement de la nature et ne cherchaient pas comme les occidentaux des explications causales ou mécanistes du monde ».

On se souvient que, le fameux accord de coopération économique signé entre la Chine et le gouvernement militaire au pouvoir en Guinée, a été très mal reçu par l'Union européenne, les Etats-Unis et la Communauté des pays d'Afrique de l'Ouest.

Annoncé quelques jours après le massacre par l'armée d'au moins 150 personnes dans le stade de Conakry, ce contrat a suscité l'indignation de l'opposition guinéenne et de l'ensemble des organisations de défense des droits de l'homme.

Il ressemble aussi à une provocation. Pékin déclare urbi et orbi que la volonté ou la prétention de l'UE et des Etats-Unis de fonder les relations internationales sur un socle minimal de respect des droits de l'homme sont illusoires et que ceux qui s'en réclament sont des naïfs ou des hypocrites.

Alors que la crise économique sévissait et pendant que les occidentaux gelaient les projets sur le continent, les chinois, eux, ont accéléré leurs investissements.

L'attitude des occidentaux est disons-le courageuse car, c'est un tour de force que de parler de droits de l'homme car, à notre sens, il est impossible de parler de droits de l'homme sans démocratie. Un pays comme la France ne peut pas critiquer la Chine en Afrique : c'est l'hôpital qui se fout de la charité. Que dire du  fils qui succède au père dans des conditions rocambolesques au Togo et au Gabon, avec la bénédiction de la France  ?  Demain, ce sera, sans aucun doute, Karim Wade au Sénégal ou Gamal Moubarack en Egypte. Que dire du bourbier français en Côte d'Ivoire depuis 1999 ? Les africains sont lucides et ce n'est pas non plus les élucubrations d'un pays en voie d'appauvrissement qui vont entamer l'ardeur chinoise en Afrique. Et la Chine n'est pas le seul pays asiatique à « faire la cour » de façon assidue aux pays africains, l'Inde n'est pas moins un sérieux prétendant.

La Chine ratisse large mais l'Inde est au rebond

Avec le développement économique du géant indien, ses besoins énergétiques sont en constante augmentation. Selon Harry Broadman, conseiller économique pour la région africaine à la Banque mondiale et auteur de « China and India go to Africa », dans la revue Foreign Affairs de mars-avril 2008, « les échanges se font principalement avec une poignée de pays africains, pour la plupart producteurs de pétroles ou de minéraux ». Aujourd'hui, 68 % des exportations africaines vers l'Inde proviennent d'Afrique du Sud et concernent des minerais, des pierres précieuses, des métaux et alliages et des produits chimiques.

Les investisseurs indiens, à rebours de leurs concurrents chinois,  sont plus discrets  et ne déboursent pas encore des sommes astronomiques. Cependant, ils avancent scrupuleusement leurs pions en Afrique de l'Ouest, en Afrique centrale et au Maghreb.

Avec une croissance de 8 % en 2008, 1,2 milliard d'habitants, des importations d'acier qui ont triplé en cinq ans, 70 % de la consommation pétrolière du pays achetée à l'étranger, la machine économique indienne fait face à des besoins énergétiques colossaux. Mais ce n'est que récemment que les gouvernants indiens ont pris conscience que l'Afrique pouvait en partie les satisfaire. C'est la raison pour laquelle, les indiens multiplient depuis deux ans l'organisation de rencontres censées dessiner le cadre d'un partenariat stratégique.

De plus, elle fait miroiter un pactole de dix milliards de dollars qu'elle serait prête à investir en Afrique, et on pourrait comprendre aisément l'empressement de certains pays pauvres africains à venir se bousculer aux portes de la capitale indienne.

En tout cas, le ministre des affaires étrangères indien Shri Anand Sharma n'en démord pas lorsqu'il présente la philosophie du sommet Inde-Afrique, sur le site de son ministère en ces termes : « Un partenariat dynamique, une vision partagée  ».

Les autorités indiennes chargées d'organiser le sommet y ont donc invité, en plus de différents chefs d'États africains, les représentants des associations économiques régionales africaines comme le Marché commun d'Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), ainsi que l'Union africaine et les représentants du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD)

Les géants économiques asiatiques, la Chine et l'Inde  intensifient donc massivement des activités commerciales et des investissements, en Afrique.

Selon les nouveaux éléments d'information concernant l'activité des entreprises chinoises et indiennes en Afrique, en 2006,  l'Asie reçoit aujourd'hui 27 % des exportations africaines (trois fois plus qu'en 1990), ce qui est à peu près l'équivalent du niveau des exportations de l'Afrique à destination de ses deux partenaires commerciaux traditionnels que sont les États-Unis et l'Union européenne. Parallèlement, les exportations asiatiques vers l'Afrique augmentent de 18 % par an - un taux de progression qu'elles ne connaissent nulle part ailleurs. Les flux d'investissement direct étranger de la Chine et de l'Inde vers l'Afrique sont plus modérés que les flux commerciaux, mais l'étude indique qu'ils connaissent eux aussi une progression très rapide. 

« Cette nouvelle "Route de la soie" offre en potentiel à l'Afrique subsaharienne - région où vivent 300 millions de personnes parmi les plus pauvres qui soient, et qui constitue pour le monde le défi le plus redoutable sur le plan du développement - une occasion majeure et jusqu'ici inégalée d'accélérer son intégration internationale et sa croissance », déclare l'auteur de l'étude, Harry G. Broadman, conseiller économique pour la Région Afrique à  la Banque mondiale.

Mais faut-il pour autant s'emballer devant ces géants asiatiques et surtout la Chine ?

L'Afrique ne doit pas avoir pour maître, la Chine mais faire comme elle

"Après plus de deux décennies de réformes et d'ouverture, la Chine est en mesure de satisfaire aux besoins des pays africains, notamment pour les technologies sophistiquées, à un coût relativement bas, et d'apporter son expérience de réduction de la pauvreté et de développement économique", a dit Liu Naiya, chercheur de l'Académie des sciences sociales de Chine spécialisé dans les affaires africaines. Cà, c'est le côté luxuriant de l'idylle entre les pays africains et les asiatiques. Pour autant, il ne faudra pas, à notre sens, danser plus vite que la musique. En effet, il semble que  les entreprises chinoises soient compétitives parce qu'elles ne respectent ni l'environnement, ni le social. Elles  arrivent clefs en mains en Afrique, embauchent peu ou pas, et ne favorisent pas d'activité locale. De sorte que s'il existe un début d'intégration de l'économie africaine dans l'économie asiatique, c'est toujours de la même manière : l'Afrique fournit la matière première, laquelle bénéficie à une nouvelle puissance. En fait, on peut même parler de deux économies qui se juxtaposent.

Pour l'Afrique, le regain d'intérêt pour ses ressources doit lui être bénéfique. On sait qu'après la chute du mur de Berlin en 1989, l'Afrique a cessé d'être un enjeu de la rivalité entre les blocs occidental et communiste. La diminution de l'aide publique au développement destinée à ce continent, les donateurs se tournant vers d'autres parties du monde, a été l'un des signes de cette perte d'intérêt stratégique. Mais voilà, ceux vers qui les occidentaux se tournaient, se braquent eux-mêmes vers l'Afrique.

En effet, loin d'être resté à l'écart des flux mondiaux, le continent connaît depuis le début du XXIe siècle une croissance économique annuelle en moyenne supérieure à 5,5 %, et un véritable reclassement géopolitique est en cours. Les atouts de l'Afrique ne se résument pas seulement à ses performances en matière de croissance. De nombreux facteurs sont à l'origine de ce changement : les préoccupations sécuritaires des grandes puissances et leur recherche d'appuis dans les organisations internationales, la compétition pour l'accès aux ressources minérales et aux hydrocarbures, ainsi que la prise de conscience de "l'exception africaine" ont favorisé l'intégration de l'Afrique au sein du "village planétaire".

Point n'est besoin d'être diplômé de Harvard ou d'Oxford, pour savoir que le continent a là, un grand coup à jouer si tant est que nos gouvernants comprennent cela. Voila ainsi énoncé le véritable enseignement que les africains doivent tirer de l'appétit des chinois en Afrique.

L'Afrique doit profiter de sa nouvelle position géostratégique pour sortir par exemple de sa dépendance humiliante à l'égard de ses matières premières.

Le Brésil a annoncé en septembre 2009, à l'occasion d'une visite du président français Nicolas Sarkozy, sa décision de principe d'acquérir 36 avions de combat français Rafale. Mais en retour, la France va acheter de son côté une dizaine d'exemplaires du futur avion de transport militaire brésilien KC-390. Le président Lula a fait part de sa satisfaction en mettant en avant «l'étendue des transferts de technologie» proposés par la France. Le Brésil pourra assembler les Rafale et les vendre dans les autres pays d'Amérique latine. L'Elysée a précisé que les six premiers appareils, dont le premier exemplaire sera livré en 2013, seraient fabriqués entièrement en France et que graduellement la technologie serait transférée pour permettre aux Brésiliens d'assembler les autres avions. C'est avec cette intelligence que la Chine , l'Inde et même le Japon ont pu avoir la technicité qu'ils se vantent de  vendre aujourd'hui aux pays africains.

C'est ce qu'a fait l'empire du Milieu après des années d'humiliation pour aujourd'hui renouer avec la gloire.

 Au cours de sa visite au Nigeria, en avril 2006, le Président Hu Jintao n'a pas manqué de mettre en évidence les atouts du continent, devant les parlementaires en déclarant: «  l'Afrique a de riches ressources et un grand potentiel de marché, tandis que la Chine a accumulé dans sa modernisation une expérience profitable et des techniques pratiques. La coopération sino-africaine a donc de vastes perspectives. » L'argumentaire chinois repose sur l'adaptation des techniques chinoises au substrat social et économique des pays africains, en raison de leur simplicité et de leur rusticité.

Il est de coutume d'entendre dire à propos de l'Afrique, qu'en dépit de ses fabuleuses ressources, elle reste le continent  le plus arriéré économiquement. Notre continent est ainsi comparé à un homme en guenilles qui n'arrête pas de pleurer de faim, de malnutrition, de maladies, etc., bien qu'il soit assis sur des montagnes de richesses fabuleuses.

Il faut surtout éviter que l'appétit des chinois en Afrique soit seulement une manière pour les africains de dire « non » aux occidentaux qui ont pendant longtemps été les fossoyeurs de nos économies.

Nos pays ont davantage de choix avec l'arrivée de la Chine , qui, dans un sens, nous donne la possibilité de nous exprimer sur l'exploitation de nos ressources, car plus il y a des « prétendants », plus cela est bénéfique au continent africain.

 

Séraphin PRAO

Docteur en économie monétaire

Spécialiste des pays de la zone franc

Consultant en politique internationale

Président du MLAN

www.mlan.fr

contact@mlan.fr

21:48 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : séraphin yao prao, chine, afrique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

MYSTERE AU NIGERIA: DES CHIENS AVEC UN CORPS HUMAIN

 "Etrange découverte ou savant photo-montage?", s'est interrogé un aîné, à Abidjan. La question mérite bien d'être posée! Jugez-en par vous-mêmes.

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D'étranges chiens avec un corps humain ont été trouvés au Nigeria. Cette chienne à la forme humaine prend soin de ses petits comme un humain.

Un chasseur  autochtone,  M. Ahutoyi qui avait continué une partie de chasse nocturne a rencontré par hasard ces créatures étranges dans une forêt vierge. Il a rapidement alerté les habitants. Ahutoyi a été stupéfié et il a affirmé que la découverte terrifiante était sa plus étrange image vue de tous ses 25 ans de pratique de chasse. Il a témoigné avoir crié à la vue de ces créatures. Mais son courage de chasseur lui a permis de s’approcher davantage de ces créatures. Il a tout de suite alerté les habitants.

  Un groupe de jeunes les a enlevés et les a placés dans une  église locale où les habitants de la ville viennent par milliers voir ces créatures bizarres. La nouvelle s’est répandue à Lagos et au Bénin et ces créatures attirent des visiteurs en grand nombre à l'église où ils (les chiens) sont gardés... (Source inconnue).

21:18 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Informations diverses | Lien permanent | Commentaires (89) | Tags : mystère au nigéria, des chiens avec un corps humain, réalité ou photo-montage | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 06 novembre 2009

TROP DROLE: UNE PUB DE COCA AU MOYEN-ORIENT!

Un commercial de Coca revient du Moyen-Orient très remonté. 

Il était parti pour y développer la marque. 

Son ami lui demande alors : "Pourquoi n'as-tu pas réussi avec les Arabes ?"
 

Il lui répond : « Quand j'ai été envoyé au Moyen-Orient, j'étais très confiant de pouvoir faire de bonnes ventes car Coca-cola n'est pas très connu là-bas. Mais  le problème était que je ne parlais pas arabe. J'ai donc fait passer le message à travers 3 images…

La 1ère image représentait un homme allongé dans le sable chaud du désert, totalement faible et épuisé…
 
La 2ème représentait un homme buvant du Coca...
La 3ème photo montrait notre homme totalement rafraîchi…
 
Ces panneaux furent publiés dans toute la ville...
"


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Lis la suite ...............! LOL !

 

 
"Ben ça aurait dû bien marcher !?!.. " lui répond son ami…
 

"Un putain d'enfer ouais !!!.." lui  répond le commercial… "Je ne savais pas que les arabes lisaient de droite à gauche !!!.."

 

Bon week-end à tous!!!

22:32 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : blagues, humour, détente, rire, sourire, déstresser, se marrer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 03 novembre 2009

DADIS, LE CAUCHEMAR DE LA GUINEE

 

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La Guinée n'est « pas une sous-préfecture, ni un arrondissement de la France» : cette phrase émane du capitaine-président Dadis Camara, en réponse à celle du ministre français des affaires étrangères. 
 En effet, le dimanche 4 octobre 2009, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner s'était indigné de l'extrême violence de la répression d'une manifestation, le 28 septembre à Conakry, qui a fait au moins 150 morts selon l'ONU, 56 morts civils selon le bilan officiel.
 Cette réponse du « berger » à la « bergère » est drôle mais ce qui l’est moins, c’est la violence de la barbarie du 28 septembre 2009 dans ce stade mythique. 
 Ce sujet sera passionnément discuté pendant longtemps. Nous n’avons pas l’intention de nous livrer ici à une discussion approfondie, nous voudrions simplement indiquer les questions soulevées par une analyse de cet ordre. 
 

Lire la suite

21:15 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Guinée | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : dadis camara, crise guinéenne, séraphin yao prao, mlan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LEANDRE SAHIRI: MA LETTRE OUVERTE AU CANDIDAT GBAGBO

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Monsieur le Président et cher frère,

 

Je viens de lire dans le journal malien « Le Républicain » du 28/10/2009 (via Abidjan.net), le compte-rendu de la rencontre que vous avez eue avec les cadres du FPI, le mercredi 21 Octobre 2009, lors du séminaire organisé dans votre village natal, dans le but de réfléchir sur la stratégie à adopter pour réussir votre campagne électorale et pour vous faire réélire sans conteste.

 

Je voudrais, en tant qu’intellectuel et citoyen ivoirien, réagir par rapport aux propos que vous avez tenus à cette occasion et, faire part, à quelques jours du scrutin du 29 novembre prochain, de ma position en ce qui concerne votre candidature.

 

Je vais, Monsieur le Président, en m’adressant à vous, dans cette lettre, laisser parler mon cœur, certes. Mais, je pense pouvoir dire la vérité. Car, la vérité est une chose tellement précieuse qu'on doit la partager. Et puis, lorsque la vérité triomphe, ici ou ailleurs, c’est toujours, comme dit Philippe Alexandre, la dignité de l’homme qui gagne. Mais si, d’aventure, en voulant dire la vérité, mes propos gênent ou blessent quelques personnes ou vous-même, je m’en excuse par avance, car tel n’est pas mon intention.

 

A propos de votre Directeur et

de votre équipe de campagne

 

Tout d’abord, un mot sur le choix de votre directeur de campagne et la composition de votre équipe de campagne.

 

Pour diriger votre campagne, vous avez, au détriment des dignitaires de votre parti, le FPI, coopté M. Issa Malick Coulibaly, quoiqu’il soit un nouveau venu dans votre entourage. De même, pour la composition de votre équipe de campagne, vous avez, aux « barons » du FPI, préféré des personnalités d’autres partis, regroupées sous le label « La Majorité Présidentielle » (LMP). Ce faisant, Monsieur le Président, vous avez, au-delà de la volonté affichée d’ouvrir votre champ d’action vers d’autres horizons, enfin pris vos responsabilités vis-à-vis des « barons » du FPI qui ont vidé de leur contenu les actions et les principes de justice sociale que, en arrivant au pouvoir en 2000, vous avez promis instaurer sous l’égide de la « refondation » et à travers le slogan « gouverner autrement ».

 

Ces « barons », se prétendant « protégés », intouchables, nous ont assez exaspérés par leurs exactions, leurs détournements et leurs arrogances, que vous avez, Monsieur le Président, stigmatisés en ces termes : «Vous êtes tous devenus riches, arrogants, je ne vous reconnais plus… Si j’envoie des gens comme vous devant les populations, c’est que je ne veux pas me faire réélire». Cinglant désaveu, certes, de ces « anciens pauvres d’hier » devenus subitement de « nouveaux riches », en abusant de notre confiance, et en profitant de nos sacrifices pour, contre toute attente et à nos dépens, reproduire, en pire, les erreurs d’hier que, dans nos tribunes et dans nos forums, nous pourfendions de toutes nos énergies.

 

Ils se sont bâti, ces « anciens pauvres d’hier », des fortunes et des châteaux sur le socle des misères et des souffrances des populations. Et ça, nul ne l’ignore, Monsieur le Président.

 

Ils ont, ces « anciens pauvres d’hier », érigé une haute muraille autour de vous, Monsieur le Président, pour nous empêcher de vous approcher, de vous apporter certaines informations, d’échanger avec vous comme par le passé, et qui pis est, pour nous faire passer pour des brebis galeuses, bien souvent sur la base d’allégations mensongères et d’amalgames abjects.

 

Et, croyez-moi, Monsieur le Président, nous désespérions... Nous désespérions de la deuxième république. Nous désespérions même de vous, quand, fort heureusement et à bon escient, vous avez réagi. Pour bien faire, il n’est jamais trop tard.

 

Même si ce n’est pas trop tôt, même si la sanction prise n’est pas appropriée, ni à la mesure des délits et méfaits, du moins à mon avis, le mérite vous revient, quand même, Monsieur le Président, d’avoir enfin réagi. Sans doute, pour sonner le glas de cette époque.

 

Le mérite vous revient également, Monsieur le Président, d’avoir dit haut et fort que, par leurs comportements, les dignitaires du FPI nous ont trahis. Ce sont des traîtres : « Quand on créait le FPI on était 5, Adou Assoa, assis ici en était un. Nous n’avions pas pour objectif ce que vous faites... Ne pensez pas que c’est à moi que vous faites du mal. C’est bien à vous-mêmes que vous le faites, parce que c’est vous qui allez perdre vos postes». Nul mieux que vous, Monsieur le Président, ne pouvait assener ces vérités.

 

Vos propos rappellent la teneur de mon poème intitulé « Nguur », (mot Ouolof, du Sénégal, qui signifie : la jouissance du pouvoir). Ce poème, publié pour la première fois en 2000, comme d’ailleurs ma lettre ouverte à vous du10 août 2004, m’avait attiré les foudres de nombre de cadres et autres dignitaires du parti. Et pourtant, il suffisait de l’entendre autrement, ce poème, et on aurait peut-être pu nous épargner quelques uns de ces scandales en cascade que nous déplorons tous aujourd’hui.

 

Les élections doivent avoir

effectivement

lieu le 29 novembre 2009

 

Sachez, Monsieur le Président, que, comme M. Mamadou Koulibaly, le président de notre Assemblée Nationale, nous sommes des millions et des millions d’Ivoiriens à être fatigués. Fatigués de cette crise. Fatigués de cette situation de ni guerre ni paix. Je dirais même que nous sommes épuisés. Nous n’en pouvons plus.

 

Et,  comme vous savez, Monsieur le Président, quand on en peut plus, on prend la décision qui s’impose ; on choisit la solution qui arrange. Dans le cas d’espèce, optez, Monsieur le Président pour la solution qui assurera la paix dans notre pays, celle qui garantira à nous-mêmes et au monde entier que nous sommes a jamais, résolus, déterminés à enterrer la hache de guerre, à reprendre le travail de construction et de reconstruction de notre pays, plutôt que de continuer à survivre, à rester là avec des hôpitaux-mouroirs, des écoles pourries et désolées, etc.

 

Faites diligence, Monsieur le Président, pour que les élections aient effectivement lieu le 29 novembre 2009. Elevons-nous au-dessus des petitesses et des considérations viles. Ne restons pas cloués au sol, coincés avec la peur au ventre. Peur des candidats. Peur des listes électorales. Peur des choix des électeurs. Peur des fraudes... Surmontons la peur. Car, quiconque ne surmonte pas la peur ne sait pas vivre ; il ou elle en vient même à craindre les choses dont on peut recevoir du secours

 

Monsieur le Président, réfléchissons à notre situation actuelle, à l’avenir de notre pays. Si on veut que le la Côte d’Ivoire avance, de grâce, que ces élections aient effectivement lieu le 29 novembre 2009. Que le président soit élu et légitimé par la voie des urnes et qu’il puisse travailler dans la paix et dans le respect de tous. Que nous puissions vivre, dans notre pays, sans violences inutiles et insensées.

 

Monsieur le Président, faites-nous la promesse de gagner ce pari, pour nous faire retrouver la joie et la fierté de vivre dans notre pays et pour nous faire envisager l’avenir avec optimisme et bon espoir. Vous, et vous seul, êtes à même de relever ce défi, du moins de mon point de vue, sachant ce que valent et représentent vos concurrents ou adversaires, face auxquels, le 29 novembre prochain, vous réussirez, j’en suis convaincu, à vous faire élire sans ambages.

 

Persuadé que, vous êtes le candidat qui, milite le mieux pour le sursaut national et les idéaux de progrès pour notre pays en particulier, et pour l'Afrique en général, et au total, pour la dignité de l'homme face aux néo esclavagistes, je soutiens sans faille votre candidature, Monsieur le Président.

 

Par la même occasion, j’en appelle à tous ceux et à toutes celles de mes connaissances et de mes relations, y compris mes amis, mes parents proches et lointains, mes anciens camarades des Syndicats des enseignants du Secondaire et du Supérieur (SYNARES, SYNESCI) et du Mouvement Ivoirien Pour le Droits Démocratiques (MIDD), mes anciens élèves, étudiants et collègues…, à vous donner, Monsieur le Président, leur voix pour une éclatante « victoire, par la voie des urnes».

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée.

 

 

 

 

Léandre Sahiri. Professeur de Littérature. Critique littéraire. Ecrivain Docteur ès Lettres de l’Université de la Sorbonne, Paris. Auteur de : La victoire par la voie des urnes, essai ; Contes d’actualité, contes ; Les obsèques de Bahi Oromé, théâtre ; Le Code noir de Louis XIV, théâtre ; Jonathan Livingston le goéland, roman traduit de l’anglais ; Monica ou De l’injustice de la justice, roman ; Accusations, poèmes.

MAMADOU KOULIBALY: LE CRI DU COEUR D'UN IVOIRIEN QUI EN A MARRE

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Le président Mamadou Koulibaly en a ras-le-bol. La crise ivoirienne n'a que trop duré. Il propose des voies de sortie pour aller vite aux élections, seule barrière sur le chemin des ivoiriens dont le pays est, à bien des égards, absolument méconnaissable. Une sortie insolite qui a laissé les thuriféraires de la Galaxie Patriotique pantois. Une sortie qui n'est pourtant pas dénuée de tout sens, loin s'en faut! Quand on veut la paix, on en paye le prix. Mais tous les prix sont-ils payables? S'interrogent bien de patriotes. Le président Mamadou Koulibaly a tenu un discours totalement inhabituel, pour ceux qui connaisse l'homme. Mettant à mal le camp présidentiel tout entier. Faut-il le brûler au feu? Faut-il suivre la voie qu'il recommande sans avoir l'air de se renier et d'avoir renié toute la lutte? Je retiens toutefois que ce laïus est le cri désespéré d'un ivoirien épuisé et qui veut voir son pays avancer et s'occuper des seuls dossiers qui en vaillent vraiment la peine: ceux du développement et du bonheur social des ivoiriens!

Je vous propose, ci-dessous, l'intégralité du discours de Koumassi du président Mamadou Koulibaly, invité de l'Association EBOYEKOUN de Béoumi, un discours qui laisse à réfléchir!

 

Cette cérémonie d’aujourd’hui permet au grand public de Béoumi résidant à Abidjan de constater qu’une présidente est partie et une autre arrive. L’association Eboyekoun vit. Nous allons investir la nouvelle présidente afin qu’elle puisse travailler dans l’intérêt de l’ensemble des membres. Que Béoumi et toute la Côte d’Ivoire puissent bénéficier de ce travail. Aujourd’hui on est avec la présidente koffi Adjoua et ses sœurs. Merci de l’occasion que vous nous donnez pour célébrer l’union, la fraternité et le travail. Merci au gouverneur Amondji d’être venu. (…) s’il y a le reste des aides qu’il apporte aux communes, il ne faut pas qu’il oublie Agboville et Azaguié. (…) merci au commissaire divisionnaire Goly, merci aux députés qui sont venus, je n’oublie pas le conseiller économique et social Diabaté Bê. Merci à tous. Ces femmes essaient chacune à sa façon de faire ce qu’elle peut pour le développement de leur région, il faut les encourager. Le fait qu’elles s’entendent déjà est un pas positif. Les hommes d’Abidjan doivent aussi faire comme ces femmes. Entre les populations, les palabres doivent finir. Les méchancetés et les guerres doivent finir. Les chefs qui sont là doivent donner les conseils qu’il faut pour cela. Merci à tous.

Le ministre Amani N’Guessan dit qu’il y a beaucoup de problèmes à Béoumi. Pour les résoudre, il faut que ce qu’on gagne à Abidjan soit beaucoup. Or les temps sont durs à cause des palabres. Cela fait huit ans que ça dure. Nous sommes tous pressés que ça finisse et qu’on commence à faire la paix. Ce qui nous barre la route qui mène à la paix, ce sont les élections. Avant ces élections, il y a la liste électorale. Si on finit avec cette liste, nous irons au vote et celui qui gagne va travailler pour le pays. 5 ans après, si celui-ci travaille bien, on va encore voter pour lui. S’il ne travaille pas bien, on va voter contre lui. On nous a dit que la liste provisoire est préparée. Mais, ce n’est encore affiché. Or, il faut le faire pour que chacun aille voir si son nom y est inscrit. Mais, on a un gros problème là-bas. Quand on a établi la liste, on a trouvé qu’il y a 2, 752.000 personnes dont les noms ne se retrouvent sur aucun ancien fichier de la Côte d’Ivoire. Le président a demandé qu’on aille fouiller encore. Ils sont allés trier et ils pu repêcher 900.000 personnes. Il y a des fautes de frappe sur les noms et sur les dates de naissance. Si je dis que je m’appelle Kouamé Kouakou et je dis que mon père est né en 1918 alors qu’il est né en 1919, si on cherche Kouamé Kouakou avec un père qui est né en 1918, on ne le retrouve pas. On a corrigé cela. Maintenant, il reste 1.900.000 personnes. On ne sait pas comment on va les traiter. Certains disent que ce sont des fraudeurs et des étrangers. On ne sait pas. A trois millions, on a fouillé et on a pu trouver des Ivoiriens dedans. Si on fouille bien, on va encore trouver des Ivoiriens. Si on ouvre les plaintes, Adjoua va dire que tel n’est pas ivoirien, lui , il prétendra le contraire. Le monsieur ira chercher des papiers pour venir se justifier. Cela peut déboucher sur des palabres entre Adjoua et la personne qu’elle accuse. Ce genre de palabres, on se connait, divise, et c’est ce qui a divisé la Côte d’Ivoire.

Les rebelles disent qu’ils ont pris les fusils à cause de papiers. Or jusqu’à aujourd’hui, les rebelles n’ont pas déposé les armes. Va-t-on continuer avec ces problèmes de papiers sans les résoudre ? Si on va aux élections dans ces conditions, est-ce qu’on aura la paix après ? Si on déclare que Mamadou est sur la liste et qu’Amenan dit que Mamadou n’est pas ivoirien et qu’on doit l’enlever du listing, c’est sûr que Mamadou ira chercher ou fabriquer des papiers pour se défendre. Si on dit que ses papiers ne sont pas bons et que Mamadou est écarté, il ira s’asseoir à la maison mais il ne sera pas content. Alassane Ouattara lui seul, il n’était pas content et cela nous envoyés la guerre de 2002 à maintenant 2009. Si aujourd’hui, on dit que 1.900.000 personnes sont pas ivoiriennes, vous voyez ce que ça peut donner. Pour un seul cas, on est là depuis 2009, imaginez-vous le temps qu’on mettra pour tout ce monde. Comment allons-nous sortir de ce problème ? A l’indépendance, Houphouët a identifié le problème. Il a proposé la double nationalité. Les députés d’ici ont refusé et Houphouët n’a rien dit. Il a laissé la situation comme cela. Ce problème nous a rattrapés aujourd’hui. Va-t-on laisser cette situation perdurer et le léguer à nos enfants ? Et dans 10 ans, ils vont continuer les palabres. Est-ce que pour construire ce pays, il n’est pas bon qu’on s’asseye qu’on se dise que si Mamadou est à Béoumi, sa maison, sa femme et ses enfants sont à Béoumi ; peut-être même qu’il a épousé une femme de là-bas, on ne peut pas le chasser, on ne peut pas le tuer, est-ce que ce n’est pas mieux qu’on dise que comme son nom est sur la liste et qu’il veut voter, il n’a qu’à prendre. Et nous, on continue tranquillement notre histoire. Ça va être très dur à accepter pour certaines personnes. Mais à dire vrai, s’il est ivoirien cela nous enlève quoi ? Cela ne nous enlève rien. Si on demande à chacun d’aller chercher ses papiers on ne finira pas. ? Comment allons-nous procéder puisqu’il n’y a pas la gendarmerie, la police et les tribunaux sur l’ensemble du pays actuellement. Dans ce débat, celui là est ivoirien et l’autre ne l’est pas, on ne s’en sortira pas. Même ici à Koumassi, moi-même j’ai eu des problèmes lors de l’enrôlement. Imaginez-vous à Tengrela, Bouna, Korhogo où il n’y a ni police ni gendarme ni militaire. Qui va protéger qui ? Si vous dites que tel n’est pas ivoirien, il prendra sa machette et vous sortirez la vôtre. On apprendra qu’il y a eu 25 morts à Tengrela. C’est 25 vies de perdues. Est-ce qu’il n’est pas temps de réfléchir. On les prend tous, on organise les élections et continue de construire notre pays avec les écoles, les routes, les hôpitaux…

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