topblog Ivoire blogs

lundi, 31 mai 2010

FRANC CFA: LE GOLIATH QUI DEFIE NOTRE DEVELOPPEMENT

 

AFRIQUE.jpg


« On ne détruit pas un système en abattant seulement les murs » : disait le professeur Pierre KIPRE lors de la cérémonie d’ouverture du cinquantenaire de la Côte d’Ivoire. Cette déclaration est belle car elle met à nue l’échec des africains dans le combat pour le développement. Longtemps, on a cru qu’il fallait dire « NON » aux impérialistes pour se vanter d’être indépendant. Bien sûr que non, cela ne suffit pas : il faut briser toutes les chaînes qui fondent cette domination.

Dans le cas des pays africains de la zone franc(PAZF), une des batailles qu’il faut impérativement gagner pour sortir victorieux de la guerre contre le sous-développement, c’est celle du franc CFA.

En effet, s’il est un sujet dont tout le monde veut se saisir actuellement, c’est celui du franc CFA. Le sujet est apparu d’autant plus brûlant que le chef de l’Etat sénégalais, maître Abdoulaye WADE n’a pas hésité à tirer à boulets rouges sur cette monnaie qui retarde notre développement.

Depuis la création de cette monnaie, une certaine élite, la plus courageuse et digne, n’a eu de cesse de tenter de débouter cette soumission monétaire, qui aliène structurellement nos économies. Et c’est dans cette optique que s’inscrit notre présent article. Il ambitionne encore une fois, de lever les équivoques, d’infirmer certaines affirmations simplistes, d’éclairer les populations de la zone franc, sur l’épineuse question du franc CFA.

Une telle œuvre mérite, pour une bonne compréhension, une démarche méthodique et claire.

Dans un premier temps, nous montrerons que le franc CFA est une camisole de force que les pays africains acceptent de la France. Les africains continuent d’accepter cette monnaie parce qu’on leur a fait savoir qu’ils étaient incapables d’avoir une « bonne monnaie » sans la garantie de la France. C’est pourquoi dans un deuxième temps, nous nous attarderons sur ce qui détermine la valeur d’une monnaie.

Une fois qu’on aura démontré que la valeur du franc CFA ne dépend pas de la France, il faudra également dire à ceux qui rêvent d’une indépendance politique que celle-ci reste impossible si les chaînes monétaires ne sont pas rompues. Ce sera donc l’objet de notre discussion dans un troisième temps.

Faisant immédiatement suite à cette démonstration, nous aborderons dans un quatrième temps,  la sempiternelle question de structure des économies africaines. Là encore, nous verrons comment le franc CFA pérennise l’économie de traite au détriment d’une économie de production.

Au bout de cet article, un choix s’impose : abandonner le franc CFA. C’est de cela qu’il s’agira dans un cinquième temps.

LE FRANC CFA EST UNE CAMISOLE DE FORCE POUR LES AFRICAINS

C’est pour contrôler nos économies que la France magouille pour que la monnaie esclavagiste, le franc CFA, demeure la monnaie des pays de la zone franc. Cette monnaie qui, dans sa gestion, dépouille les africains de tous les leviers qui permettent un développement autocentré. On oblige les africains à compromettre leur développement par le respect scrupuleux de certaines règles orthodoxes. Et pourtant, les pays réunis au sommet du G20 de Londres du 2 avril 2009 ont décidé de mettre entre parenthèses les règles orthodoxes de l’équilibre budgétaire, afin d’atténuer les effets de la crise financière, économique et sociale.  La baisse de l’activité, les difficultés des entreprises et des ménages ont fait fondre les recettes fiscales sans oublier les coûts des plans de relance qui ont creusé un trou de 5000 milliards d’euros dans les budgets 2009 et 2010 des vingt principaux pays de la planète. Ces pays ne se sont pas encombrés de règles inutiles alors que leurs économies tanguaient.

Puisque la France fait partie intégrante de la zone franc, en termes d’optimalité de la zone, il faut que les profils d’inflation soient similaires. En clair, les niveaux de vie doivent être très proches or la France et les pays de la zone franc n’ont pas les mêmes besoins ni les mêmes moyens de le résoudre. La gestion du franc CFA impose aux pays africains une orthodoxie monétaire qui les oblige à ne pas tolérer un taux d’inflation supérieur à 3%. Il y a une certaine contradiction entre les besoins des pays africains de la zone franc et ceux de l’économie française, ou à tout le moins une absence de convergence (des européens, si l’on considère l’euro).

Au Botswana, par exemple, la fourchette est de 3% à 6%, ce qui leur laisse une marge dans la lutte contre la pauvreté. D’ailleurs, Il nous semble que, pour leur développement, les pays africains doivent tolérer un taux d’inflation qui avoisine les 10%. Pendant les trente années de prospérité économique qui ont succédé à la seconde guerre mondiale, que  l'économiste Jean Fourastié (1907-1990, auteur de : Les Trente Glorieuses ou la Révolution invisible, 1979), a appelé les trente glorieuses, les taux d’inflation étaient élevés et avoisinaient les 10%. Ce n’est pas en contraignant son économie que sa monnaie prend de la valeur.

LA VALEUR DU FRANC CFA NE DEPEND PAS DE LA FRANCE

Il est communément admis dans l’esprit des populations africaines que le noir est congénitalement incapable de créer et de gérer sa propre monnaie. S’il arrive à le faire, cette monnaie n’aura aucune valeur, c’est la raison pour laquelle, il faut que son colonisateur d’hier garantisse sa monnaie pour qu’elle soit acceptée. Il est donc utile, dans un souci de clarification d’apporter des éclaircissements sur la valeur d’une monnaie.

Dans une première approximation, pour faire simple, nous dirons que la valeur d’une monnaie se détermine à partir de sa fonction d’échange, par sa capacité à s’échanger contre tous les biens et services disponibles au sein d’une économie. La valeur d’une unité monétaire provient donc de son pouvoir d’achat au regard du panier de consommation moyen parmi la population, soit l’inverse des prix à la consommation.

Cette définition purement technique n’est pas révolutionnaire car occulte la dimension sociale de la monnaie. Il y a une autre dimension de la monnaie, la confiance dans son acceptation unanime, à la fois dans le présent et dans le futur. Une belle illustration est donnée par P. Samuelson lorsqu’il écrit : « si, pour une raison quelconque, une substance donnée (bétail, alcool, coquillage) commence à être utilisée en tant que monnaie, le public, y compris les végétariens ou les abstinents ou ceux qui mettent en doute son utilité intrinsèque, commence à lui attribuer une valeur. Aussi longtemps que des biens peuvent être achetés ou vendus contre cette substance, le public consentira à s’en servir pour ses achats et ses ventes. Que ce soit paradoxal ou non, la monnaie est acceptée parce qu’elle est acceptée » (P. Samuelson, L’Economique, édition de 1982, tome 1, p. 384).

Pour qu’une économie monétaire de production fonctionne parfaitement, il faut un pari global sur l’avenir concernant l’acceptabilité infinie de la monnaie  de génération en génération. En effet, la monnaie possède un pouvoir libératoire universel à la fois au sein d’une population à un moment donnée, mais aussi au sein de générations différentes sur plusieurs périodes  successives. Pour autant, cette unanimité est spéciale car elle porte sur la validité qualitative et non sur une valeur quantitative de la monnaie car le pouvoir d’achat d’une unité monétaire ne peut pas demeurer constant dans le temps. Cette confiance dont nous parlons met en scène trois logiques étroitement articulées : la confiance hiérarchique, la confiance méthodologique et la confiance éthique. (Aglietta et Orléan, La monnaie souveraine, 1998, p.24).

Entendons par confiance hiérarchique, celle qui repose sur un rapport accepté de subordination qui permet de surmonter les aléas du quotidien. Pour ce faire, une instance supérieure (le seigneur, l’Etat, la banque centrale) va énoncer les règles d’usage de la monnaie, garantir les moyens de paiement, protéger les créanciers et également représenter une voie de recours en cas de non-respect des règles monétaires.

En ce qui concerne la confiance méthodologique, elle opère sur la sécurité des relations de paiements au quotidien, tant entre agents économiques de « base » (entreprises, ménages) qu’entre agents financiers. Par exemple, lors d’une transaction entre agents économiques, le vendeur recourt le plus souvent à une procédure permettant de conjecturer la sécurité du paiement proposé. En fait il n’acceptera une pièce qu’après l’avoir mordue et pesée, un billet, qu’après l’avoir passé au détecteur de faux, un cheque qu’après avoir demandé auprès de la banque si le compte est approvisionné.

Enfin, la confiance éthique renvoie au lien qui existe entre la permanence des valeurs sociales et la confiance en la monnaie. Dans les faits, le point de vue éthique varie selon les sociétés : respect des traditions ancestrales, respect de la loi de Dieu, respect des castes ou des ordres ou, dans la majorité des sociétés occidentales actuelles, respect des droits de la personne humaine.

Dans tout ce qui vient d’être dit et démontré, il apparait qu’un pays tiers ne peut garantir la monnaie d’un autre. Cette supposée garantie accordée par la France au franc CFA qui fait croire aux africains qu’ils sont incapables d’avoir leur propre monnaie n’est qu’illusoire et factice.

La peur des africains est basée en fait sur rien du tout car la valeur d’une monnaie ne dépend pas d’une quelconque garantie qu’un pays tiers doit fournir si tant est que cela soit possible. La valeur d’une monnaie dépend du dynamisme de l’économie. Si les pays de la sous-région comptent économiquement dans l’économie mondiale, leur monnaie sera demandée et contribuera ainsi à sa hausse. Ce qu’il faut c’est la chaîne de création de valeur à l’échelle régionale, pour soutenir notre monnaie, pas le soutien de la France.

La monnaie revêt d’autres dimensions plus importantes : Elle repose sur le principe de souveraineté.

LA MONNAIE ET LA POLITIQUE SONT LIEES

Il serait bien réducteur comme l’a fait Aristote, de vouloir limiter le pouvoir de la monnaie aux seules fonctions d’unité de compte, de moyen de transaction et de réserve de valeur. La monnaie va au-delà, même très loin.  La monnaie est un puissant instrument et son fonctionnement peut être un outil de domination. On sait aujourd’hui par exemple, que la société romaine, face aux nations « barbares », dangereuses pour sa souveraineté exaltait son unité et sa cohésion. Et le pouvoir et les symboles qui lui sont attachés donnent à la communauté civique romaine, les moyens d’exprimer, sur la monnaie en particulier, mais aussi sur tous les autres supports du discours figuratif, sa puissance, sa personnalité. Les contenus des messages monétaires, frappés à des milliers d'exemplaires, s'imposent  peu à peu à l'esprit des populations parmi lesquelles ces monnaies circulent. Le  discours monétaire laisse transparaître comment la conquête de I’ Orient détermine l'universalité de l'Empire romain et fonde la supériorité de Rome.

Aujourd’hui encore, ces dimensions religieuses, politiques et anthropologiques de la monnaie ne sont pas usées. On sait encore que l’évolution du billet vert, c’est-à-dire le dollar en 2009, a ramené le thème de la trop grande dépendance du monde à la devise américaine sur le devant de la scène. Les chinois ont donc lancé l’idée de faire émerger une « monnaie de réserve supra-souveraine » qui  serait « déconnectée  des nations individuelles » et de leurs enjeux intérieurs, suggérant que les droits de tirage spéciaux (DTS), l’unité de compte du Fonds monétaire international (FMI), pouvaient jouer ce rôle. Les chinois ont été rejoints par Dmitri Madvedev, le président russe, qui a tenté de mener une fronde antidollar avec ses homologues brésilien, indien et chinois. De leur coté, les américains critiquent la sous-évaluation de la monnaie chinoise, le yuan, face au dollar et à l’euro, ce qui développe leurs exportations.

Pendant que les monnaies dessinent les structures de l’économie mondiale, le franc CFA déstructure les économies des PAZF.

LE FRANC CFA ET LA PERENNISATION DE L’ECONOMIE COMMERCIALE

Le franc CFA devrait, selon certains économistes, en tout cas, grâce à la garantie accordée par le Trésor français, donner aux pays de la zone franc une position  privilégiée en matière d’investissement international. De la sorte, cela pallierait la faiblesse de leurs ressources financières internes. La convertibilité externe du franc CFA était supposée favoriser la mobilité des capitaux au profit de la zone franc. Les populations africaines sont bien placées pour reconnaitre que la zone franc n’a pas connu ce boom des investissements étrangers. En lieu et place, c’est bien la pérennisation de l’économie de traite qu’on observe sans oublier la fuite massive des capitaux. L’activité économique repose essentiellement sur des productions de produits primaires agricoles, forestiers ou miniers. Les structures de production sont insuffisamment diversifiées et, en tout état de cause, manquent d’élasticité : elles ne peuvent pas bien répondre à une croissance rapide de la demande provoquée par le développement du crédit.  Tandis que les autres pays : Brésil, Russie, Inde et Chine, tentent de construire un système économique de production, les pays de la zone franc consolide le système économique commercial, que favorise le franc CFA. Dans le creuset de la crise, on a vu que  certains pays s’en tiraient mieux que d’autres. Les puissances émergentes : Chine, Brésil, Inde, pour ne citer que les plus importants se sont tirées d’affaire. Ces pays sont maintenant dotés de classes moyennes dont la consommation a servi de relais à des exportations minées par la crise en occident. La chine, en dépit de sa monnaie sous-évaluée a engagé un plan de relance de 4000 milliards de yuans (400 milliards d’euros) sur deux années, ce que les pays de la zone franc sont incapables de réaliser. Les pays d’Afrique subsaharienne sont très  vulnérables et fragiles avec une dette qui absorbe plus de 40% de leur  revenu national en moyenne. Dans les pays en développement, et c’est le cas des pays africains de la zone franc, ces relations avec l’extérieur sont très importantes, en partie du fait que leur appareil de production n’assure pas la satisfaction de l’ensemble des besoins des économies et notamment en biens d’équipement. Cela a des conséquences directes sur la distribution de crédit et l’évolution des avoirs extérieurs. En effet, une distribution abondante du crédit entraîne une augmentation des exportations, donc une consommation des réserves. En revanche, une baisse ou une augmentation modérée des crédits attenue les tensions exercées sur les avoirs extérieurs. Vu que la monnaie est un instrument d’échange, le développement des activités requiert une immobilisation des moyens monétaires. Pour autant, la distribution du crédit ne profite pas à des investissements à moyen et long terme, mais au développement des activités commerciales (import-export, en général).

Le franc CFA est devenue une monnaie bourgeoise qui profite à une bourgeoisie compradore, c’est-à-dire, ces africains qui acceptent de lier leur sort au capitalisme mondial en profitant de ce système pour s’enrichir illicitement. Si le franc CFA pouvait permettre le développement, comment comprendre qu’un pays comme la Côte d’ivoire, soit classé 163e sur 182, selon l’indice de développement humain en 2009 alors que le Maroc qui frappe sa monnaie, se classe au 9e rang des économies arabes et en 61e position sur le plan mondial ? La monnaie CFA est créatrice d’inégalité très fortes : en Côte d’ivoire, les 10% des ivoiriens les plus riches détiennent 32,8% du revenu total contre 30,4% pour les 60% les plus pauvres.

La question se pose pour les africains de savoir si le franc CFA « joue » contre son développement. Mais la réponse ne fait pas de doute : le franc CFA déforme et tue les économies des PAZF au profit des européens.

IL FAUT EN FINIR AVEC LE FRANC CFA

On entend souvent dire que ceux qui luttent pour la décolonisation du franc CFA oublient que les questions monétaires se résument à un problème de bonne gouvernance monétaire. Certains experts, comme on les appelle en Afrique, parfois travaillant à BAD ou à la Banque mondiale, voir même au FMI, pensent que le franc CFA ne dérange pas le processus de développement des pays de la zone franc. Le comble c’est que nos gouvernants écoutent ce genre d’hérésie liée un manque d’effort de réflexion. Ces partisans du moindre effort ont une vision exclusivement économique de la monnaie. Or si les apports d’autres  sciences  sociales, telles que l’anthropologie, la psychologie, la sociologie et l’histoire sont d’un intérêt  certain pour la Science économique en général, cela est sans doute plus vrai pour l’analyse monétaire.

L’indépendance n’est plus une question de statut mais une question de maitrise de sa pensée dont l’un des fruits est la monnaie. Les occidentaux nous ont volé les feuilles, les branches et mêmes les tiges de l’arbre, il est temps que les africains se battent pour garder les racines, c’est-à-dire, conquérir la souveraineté monétaire.

La  décolonisation du franc CFA signifie simplement que les pays qui constituent aujourd’hui la zone franc, resteront dans leurs unions monétaires respectives, par souci de solidarité mais briseront le lien vertical entre elles et la France, dans la gestion de leur monnaie. Il s’agit tout simplement de ne plus déposer une partie de leurs réserves de change auprès du Trésor Français. Ce n’est pas le fait de centraliser les réserves de change qui gène, mais son dépôt dans un compte courant dénommé : compte d’opérations. La centralisation des devises permet par exemple, d’éviter le relèvement des taux d’intérêt dans le pays frappé par un choc exogène.

Jusqu’en 1973, il fallait verser toutes nos réserves sur ce compte afin que la France les utilise à nouveau pour faire des prêts à ces mêmes pays qui ont créé cette richesse. Après la convention monétaire de 1973, qui voulait assouplir  cette contrainte, les pays de la zone franc étaient tenus de verser désormais au moins 65% de leurs réserves de change auprès du Trésor Français. Depuis le 26 septembre 2005, pressé par une vigoureuse et digne élite africaine, ce taux est passé de 65% à 50%, pour ce qui concerne les pays de l’UEMOA.

 

Il est temps que les gouvernants africains ou du moins ceux de la zone franc décident de sortir de la tutelle française dans la gestion de leur monnaie. Il est moralement et intellectuellement inacceptable que cinquante années après leur accession à la souveraineté nationale et internationale, le cri de colère des « anti-CFA » ne soit pas intégré comme si on pourrait en rester au débat entre les pro-CFA et ceux comme nous qui pensons que notre développement ne se fera pas dans le giron français

 

Dieu nous aide dans cette lutte !


Dr Séraphin PRAO

Enseignant-chercheur à l’UFR Sciences économiques et développement de l’université de Bouaké (Côte d’Ivoire)

Président du Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN)

Président de l’Association des Théoriciens Africains de la Monnaie (ATAM)

 

www.mlan.fr

www.atamsouv.e-monsite.com

 

Tél : 0022501118760

dimanche, 30 mai 2010

RETOUR DE LA BAD EN COTE D'IVOIRE: DE LA PURE SORCELLERIE!

DONALD KABERUKA.jpg

L'intrigue du retour de la BAD à son siège d'Abidjan relève, à n'en point douter, de la haute sorcellerie. Sinon, comment comprendre qu'une institution bancaire veuille dicter à un Etat sa façon de fonctionner et en lui opposant des conditions de retour, là où des efforts incommensurables et des sacrifices de toutes sortes ont été fournis pour ramener la paix, en Côte d'Ivoire ? A-t-on un seul instant pensé à délocaliser l'OUA, actuelle UA, d'Addis-Abeba, en Ethiopie, au plus fort même des multiples crises qu'a connu ce pays ? Non ! Pourquoi fait-on deux poids deux mesures, quand il s'agit de mon pays ? Assurément, la Côte d'Ivoire est victime d'un complot ourdi par des intérêts politico-mafieux aux contours encore mal cernés (Françafrique, Franc-maçons, Illuminatis ? DIEU seul sait) ; les mêmes qui ont planifié et financé l'attaque du 19 septembre 2002 et la guerre qui en a suivi dans ce pays paisible! Sinon, comment comprendre cette posture injuste et illogique tenue contre notre pays par Monsieur Donald KABERUKA, président de la BAD ? En vérité, cet homme n'est rien d'autre que la parfaite marionnette des pouvoirs occultes de qui il tient ses ordres. Comme disent les Ivoiriens, « on laisse pour nous à DIEU » !

 

Retour à Abidjan, la BAD veut d’abord des élections, Gbagbo se fâche

Le sortilège n'a pas marché. Les efforts fournis par les autorités ivoiriennes, pour rendre possible et « convenable » la tenue des assemblées annuelles de la banque africaine de développement (BAD) à Abidjan ponctués par l'appel « à revenir à la maison » du chef de l'Etat ivoirien n'ont pas produit l'effet attendu. Avant même la clôture des assemblées annuelles de la banque hier dans la soirée, le président de la BAD, le rwandais Donald Kaberuka, a donné une réponse, feutrée mais limpide à la demande du chef de l'Etat ivoirien. Pour que la BAD « revienne à Abidjan, son siège », il faut organiser les élections. C'est une condition.

« Je mesure l'ampleur des efforts que la nation ivoirienne a déployée pour organiser cette rencontre. Nous sommes reconnaissants. Nous savons que vous attendez avec impatience notre retour. Nous sommes persuadés que le peuple ivoirien trouvera une solution durable et permettra bientôt un terme définitif à la crise qu'il traverse, pour permettre à la Banque de retourner à son siège», a-t-il déclaré. Même le discours émouvant du président du conseil des gouverneurs, par ailleurs, ministre ivoirien du plan et du développement, Paul Antoine est resté sans effets.

De sources proches de l'entourage présidentiel, le chef de l'Etat Laurent Gbagbo a mal accueilli cette réponse officielle qu'il assimilerait à du chantage, lui qui ne veut pas que l'extérieur lui impose une démarche quelconque dans la conduite des affaires internes. Alors qu'Abidjan a tenu toutes ses promesses pour accueillir les délégations, le chef de l'Etat aurait voulu au regard des compromis politiques internes que les gouverneurs de la BAD décident du retour au siège de l'institution. Irrité, le chef de l'Etat a décidé de ne pas pointer à la cérémonie de clôture. Surtout que les bruits ont circulé sur un retour probable de la banque en Côte d'ivoire qu'en 2012

Pour le reste de la cérémonie, le président de la BAD a été reconduit par l'ensemble des gouverneurs pour autre mandat de cinq ans. La BAD a triplé son capital sans que cela influence la configuration actuelle des membres. Un nouveau conseil des gouverneurs présidé par le Portugal a été installé. La 45ème assemblée annuelle de la BAD a pris fin officiellement par une soirée culturelle au palais de la culture de Treichville. Il faut savoir que depuis 2003 la BAD a délocalisé ses activités à Tunis la capitale tunisienne pour raison de sécurité.


Source : KOACI.COM

19:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Monde, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : côte d'ivoire, afrique, koaci.com, bad, donald kaberuka, oua, ua, addis-abeba, éthiopie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

BONNE FETE, MAMAN !

 

COEUR D'AMOUR.jpg

Qu’est-ce qui est plus réconfortant que le sourire d’une MAMAN, plus tendre que son regard, plus doux que sa caresse, plus enveloppant que sa tendresse, plus merveilleux que son amour et plus profond qu’une de ses larmes ?

 

Avoir une mère prévenante est une bénédiction de DIEU, grandir sous les attentions d’une MERE pleine d’amour et sage est un don du ciel.

 

Que deviendrons-nous ou que serions-nous devenus sans vos soins, vos nuits blanches, vos tendres baisers, vos fessées, vos conseils et vos sacrifices?

 

MAMAN, tu mérites aujourd’hui, mes plus affectueux hommages.

 

Bonne fête, MAMAN, et que DIEU te bénisse, richement !

FETE DES MAMANS.jpg



DINDE Fernand AGBO

17:24 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Informations diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fête des mères, amour, tendresse, voeux | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

L’ACTEUR AMERICAIN GARY COLEMAN DE LA SERIE TELEVISEE « ARNOLD ET WILLY » EST DECEDE


GARY COLEMAN DIT ARNOLD.jpg


L'acteur Gary Coleman lors d'un festival de cinéma à New York le 25 avril 2009.

L'acteur américain de petite taille Gary Coleman, célèbre pour son rôle d'« Arnold » dans la série télévisée « Arnold et Willy », a succombé vendredi dans un hôpital de l'Utah (ouest) à une « hémorragie cérébrale », a annoncé son directeur artistique.

 

L'acteur, âgé de 42 ans, avait été hospitalisé mercredi au « Utah Regional Medical Center » après s'être blessé à la tête lors d'une chute à son domicile, ont rapporté les médias américains.

Un peu plus tôt vendredi, John Alcanter, le directeur artistique de Gary Coleman, avait confirmé à l'« AFP » que l'artiste avait été placé sous assistance respiratoire et qu'il était tombé dans le coma. Il avait qualifié son état de « critique ».

Selon John Alcanter, Gary Coleman est mort peu après 12H00 locales (18H00 GMT), après que la décision a été prise de cesser de le maintenir en vie artificiellement.

« Les appareils qui le maintenaient en vie ont été débranchés. Peu après, il est mort rapidement et paisiblement. Sa femme et d'autres membres de sa famille étaient à ses côtés », a indiqué M. Alcanter dans un communiqué.

« Merci à tous ceux qui ont exprimé leur soutien durant ce moment tragique. Maintenant que Gary est décédé, l'affection et le soutien qui lui ont été témoignés au cours des deux derniers jours nous prouvent qu'il va manquer » à de nombreuses personnes, a-t-il continué.

Gary Coleman, 1m42, qui devait sa petite taille à un accident de santé lorsqu'il était enfant, a joué dans « Arnold et Willy » de 1978 à 1986, puis dans de nombreux feuilletons et publicités.

Le personnage d'« Arnold » était connu pour la phrase devenue culte: « Mais qu'est-ce que tu me racontes là, Willy ? ».

Selon des estimations, Gary Coleman gagnait environ 100.000 dollars par épisode tourné, faisant de lui l'un des acteurs les mieux payés de l'époque.

Mais Gary Coleman a connu des revers financiers et a fait les choux gras de la presse people ces dernières années en raison de ses relations conjugales tumultueuses. Son épouse Shannon Price et lui ont plusieurs fois été arrêtés pour violences conjugales.

« Cela n'a pas toujours été évident, mais (Gary Coleman) s'est toujours souvenu avec émotion de sa carrière d'acteur et a toujours été sensible au soutien de ses admirateurs durant toutes ces années », a poursuivi John Alcanter.

 

GÉNÉRIQUE DU FEUILLETON TÉLÉVISÉ « ARNOLD ET WILLY» :






Source: NERRATI.NET/AMERIQUES-DOSSIER

15:49 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, amérique, usa, nerrati.net, amériques dossier, gary coleman, arnold et willy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 26 mai 2010

"LOUVERTURE EST RESSUSCITE..."

JOSUE GUEBO.jpg

Pour vous, l'interview de Josué GUEBO, auteur de L'or n'a jamais été un métal , un livre de poésie de 103 pages.

Henri N’KOUMO: Vous êtes présent dans le paysage littéraire ivoirien depuis plusieurs années. Cependant, vous n'êtes pas toujours connu du grand public. Qui est Josué Guébo ?

Pas connu du grand public ? C’est un sort que je partage avec d’illustres devanciers. On le sait, la littérature en Côte-d’Ivoire n’est pas une garantie de célébrité. On n’a pas à s’en plaindre. Je suis Josué Guébo, poète et auteur de « L’or n’a jamais été un métal », un texte paru il y a quelques mois aux éditions Vallesse. En 2000, un jury m’a fait l’honneur de me décerner la première place du concours national de poésie initié par l’Association des Ecrivains de Côte-d’Ivoire, pour mon texte intitulé « Noel, un fusil nous est né ». En 2007, double manuscrit d’or, avec mon poème « C’était hier » et ma nouvelle « Confidences d’une pièce de 25 F », primés et publiés en un ouvrage collectif sous le titre de « Ecrire pour la paix ».


Henri N’KOUMO : "L'or n'a jamais été un métal" est-il le résultat d'une longue maturation ou est-ce un texte écrit d'un jet?

Le livre est composé de quatre parties. Certaines sont le fruit d’un jet unitaire et d’autres plutôt des mosaïques, réalisées sur un temps relativement étendu. La pièce « L’or n’a jamais été un métal » qui donne son titre à l’œuvre est le fruit d’un long cheminement. Ce qui n’est pas le cas d’un fragment comme « sept et deux font soixante quatre », qui reste l’expression d’un jet, juste retouché à quelque chose près. Mais c’est certain que même un texte écrit d’un seul jet porte toujours la marque d’une maturation larvée.


Henri N’KOUMO : Le souffle poétique mis en branle dans "L'or n'a jamais été pas un métal" est comme retenu: les vers sont brefs, vous gardez prisonnière votre parole, vous optez pour une économie de mots...

C’est un choix d’écriture. La marque d’une poétique individuelle, évolutive, dynamique et donc susceptible d’être fécondée. Il y a qu’à un moment du cheminement on perçoit que la suggestion est première sur la démonstration en poésie. Ce caractère allusif me parait appeler une quête permanente de l’ellipse, non pas pour emprisonner la parole mais pour encaserner le terme. Un mot n’est jamais aussi explosif que comprimé ! Le paradigme stylistique qui a donc présidé à la naissance de « L’or n’a jamais été un métal » est imprégné de trois évidences: d’abord que le mot n’est jamais qu’un « civil » de façade. Deuxièmement qu’il faut rendre le mot à une sorte de grande muette lexicale pour le réconcilier avec la force de l’ordre suggestif. Troisièmement que le champ de l’allusion reste la seule et unique fréquence d’émission du discours poétique.


Henri N’KOUMO : Avez-vous des affinités, du point de vue de l'écriture ou de la pensée, avec certains auteurs d'ici ou d'ailleurs?

Je suis un communiant tardif à la messe surréaliste. Et puis il y a ensuite une fascination pour Césaire, Zadi Zaourou, Bohui Dali, Joseph Anouma, René Depestre, Kokoun Lares, Tati-loutard, Grobli Zirignon et Séry Bailly. Le dernier cité, sans être officiellement un auteur de textes poétiques est pour moi, avant tout, un poète implicite à qui, je pense, mon écriture doit un nombre importants de ses accents. Hors de la sphère négro-africaine, je me dois principalement à Verlaine, à Prévert, à l’inévitable Hugo et au cher Baudelaire de nos années scolaires !

Henri N’KOUMO : C'est à votre initiative que les écrivains de Côte d'Ivoire consacrent un livre aux Haïtiens. Pouvez-vous nous dire un mot concernant cette initiative?

Une seule phrase peut résumer ma démarche, je la tiens du divin Césaire : « Un homme qui crie, n’est pas un ours qui danse ». Je crois qu’il y a eu autour d’Haïti depuis le 12 janvier 2010 des élans de solidarité véritable, mais aussi du folklore pur jus, sans sucre ni colorant. Or le drame en Haïti nous interpelle au moins à double titre. Premièrement, au nom de la solidarité universelle qui doit tous nous animer quand l’humanité souffre en quelque lieu que ce soit, mais aussi pour des raisons historiques. Haïti nous le savons, est la première née des Républiques du monde noir. Au plan symbolique, Haïti est ainsi le lieu où est contesté, de manière concrète, tout le bavardage de mythomanes comme Arthur Gobineau ou Paul Broca. Dans l’imagerie de l’histoire de l’émancipation, Haïti porte ainsi, depuis les origines, l’étendard du Noir. Chacun de ses succès est nôtre, chacune de ses chutes est nôtre. Nous ne pouvions pas nous taire, quand la terre tremblait en Haïti, surtout, nous ivoiriens. Je ne délire pas : Louverture est ressuscité et vit depuis un certain temps déjà en Côte-d’Ivoire, riche d’une expérience historique qui le rend invulnérable aux méthodes surannées de la prédation. Le Fort-de-Joux garde toute sa nocivité, mais les temps ont changé et les chaines même ont perdu la mémoire des chevilles de Louverture. Le texte collectif qui paraitra très bientôt est la marque de notre solidarité, voire notre identité, avec ce peuple qui comme dit le poète Alain Tailly, « nous ressemble et nous rassemble ».


Henri N’KOUMO : Avez-vous d'autres projets? Des titres en phase d'édition?

Je préfère communiquer sur des produits. Les projets je ne vois pas l’opportunité d’en parler. Un « produit » sort de mes forges ces mois-ci. L’œuvre est déjà réalisée. C’est un texte poétique qui parait simultanément en France, en Belgique en Suisse et au Canada et s’intitule « D’un mâle quelconque ». C’est un coup de boutoir à la tyrannie du mâle. Le mâle qu’il soit noir ou blanc, à bien y regarder, reste le plus vieux des esclavagistes !

Interview parue dans le magazine "Point de Lecture" N° 6, mai 2010.

00:31 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : côte d'ivoire, livre, josué guébo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 25 mai 2010

EN PLEIN DANS LE DELIRE: PHILIPPINES, TERRE PROMISE DES TRANSSEXUELS!

 

TRANSSEXUELS.jpg

Légende photos

Rica Paras, ex-Richard Paras, manager et consultante internationale chez Hewlett-Packard, basé au coeur du centre d'affaires de Manille. Elle est l'image de la transsexuelle épanouie, qui a réussi à percer et à se faire reconnaître dans un milieu masculin (photo de g.). Britney, 25 ans, est danseuse au Club Mwah. Elle revient du Japon, où les transsexuels philippins ont beaucoup de succès (au centre, en ht). Bianca, 19 ans, fait le trottoir dans l'une des rues du quartier rouge de Manille. Elle n'a pas de travail fixe dans les nombreux gogo bars de la rue, mais n'a pas trop de problèmes à trouver des clients, qui s'arrêtent en taxi (en ht à dr.). Le Club Mwah ! Un cabaret très populaire de Manille, où tous les danseurs sont des transsexuels, jeunes et moins jeunes (au centre, en bas). Inez est responsable d'un salon de coiffure du quartier d'affaires de Manille. Quand elle s'habillait encore en homme,« il » était assistant du prêtre de son quartier. Maintenant, elle va toujours à l'église, mais se cache le visage pour ne pas être reconnue (en bas à dr.).


Bien acceptés dans cette société asiatique matriarcale, ils seraient près de 80 000 transgenres à travailler dans le spectacle et dans les innombrables salons de coiffure et de beauté. Avec Bemz Benedito, le « troisième sexe » espérait avoir un élu au Parlement grâce à quelque 600 000 sympathisants. Dans l'attente fébrile du résultat des élections nationales qui ont eu lieu le 10 mai, Paris Match a mené l'enquête.

Sébastien Farcis - Paris Match

Rica Paras est belle. Sa robe bleue à fines rayures épouse ses courbes généreuses et ­finit à mi-cuisses sur des jambes galbées montées sur talons. Elle a les cheveux très longs, châtain foncé, soigneusement lissés. ­Assise sur le rebord de la table de la salle de conférence, elle discute et rit gaiement avec ses ­collègues.

Rica Paras est consultante internationale pour Hewlett-Packard. Agée d'à peine 27 ans et diplômée en mathématiques d'une des plus prestigieuses universités des Philippines, elle a grimpé les échelons en quelques années au sein de cette multinationale installée à ­Manille, dans le Central Business District, le centre d'affaires et de la finance de tout l'archipel asiatique.

«Une femme dans un corps d'homme»

Un magnifique parcours. Surtout si l'on considère que Rica est un homme. Elle est née Richard, et c'est ­encore sous ce nom et ce sexe qu'elle est reconnue à l'état civil. Une femme dans un corps d'homme, dit-elle, à l'instar de tous les transgenres philippins qui se battent pour faire reconnaître leur différence : « Depuis que j'ai conscience de ma personne, j'ai toujours su que j'étais une femme, raconte-t-elle d'une voix douce et ­tirant vers le grave. Quand j'étais petite, à l'école élémentaire, lorsque les gens me demandaient ce que je voulais devenir plus tard, ma première image était celle d'une femme. Mais à cet âge, on ne peut pas insister pour porter des vêtements de filles. Alors j'ai caché cela pour faire plaisir à mes parents, et j'ai ­attendu d'être à l'université, loin de ma famille, pour opérer ma transition. »

Richard a alors commencé à s'habiller ­ostensiblement en femme : jean serré, petits talons et maquillage. C'est à l'âge de 16 ans qu'« il » a commencé à devenir « elle ». Mais Rica devra tout de même attendre d'avoir la vingtaine pour commencer à transformer son corps avec des opérations du nez, des yeux, des ­lèvres et, finalement, des seins. Une chirurgie qui lui a coûté en tout plus de 2 200 euros, payés de sa poche et économisés sur son salaire de 750 euros par mois. Un très bon revenu pour les ­Philippines, où la moyenne tourne autour de 130 euros mensuels.

Mais Rica n'a pas opéré son pénis. « Pas encore », dit-elle. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir un petit copain et de vivre avec lui depuis six ans. « Un homme hétérosexuel, qui aime les femmes, dit-elle simplement. Une relation normale. Nous sommes comme mari et femme. Il n'y a rien de bizarre, d'extraordinaire, de différent. C'est ce message que j'essaie de faire comprendre aux gens. »

«En France, personne n'a jamais deviné que j'étais une transsexuelle»

Rica a ainsi réussi à briser les clichés sur les transsexuels et à se faire intégrer dans un monde de l'entreprise aux règles strictes. Pas seulement aux Philippines, mais aussi dans de nombreux pays européens où elle a réalisé des missions, et particulièrement en France. « J'ai été amenée à réaliser une longue mission pour une entreprise française. Tous les jours, je travaillais avec des Français. Et personne n'a jamais deviné que j'étais une transsexuelle, raconte-t-elle. Dans la rue, j'ai même été draguée par un beau Français, qui m'a invitée au restaurant et m'a fait faire le tour de Paris. C'était charmant ! »

Le secret de cette réussite : « J'ai confiance en moi, en mes capacités professionnelles et je suis à l'aise dans mon corps. Je sais qui je suis, je sais ce que je vaux. Et cela, même les recruteurs, qui sont parfois gênés de découvrir dans leurs papiers que je suis un homme, n'arrivent pas à le nier. Et ils m'engagent ­malgré tout. »

Ces atouts ont fait de Rica une célébrité dans d'autres domaines que le simple conseil en informatique. Elle est devenue une figure du show-biz après treize ­semaines passées dans la version philippine de l'émission de télé-réalité « Big Brother » ! Véritable porte-parole, elle aide la grande communauté de transgenres philippins à s'émanciper et à se faire reconnaître dans une société qui les tolère avec bonne humeur, mais leur nie encore l'accès à des droits élémentaires.

Les institutions et l'Eglise empêchent ces «transgenres» d'être totalement intégrés

Un plafond de verre institutionnel rigide et conservateur empêche ces « transgenres » d'être totalement intégrés dans l'économie marchande, et surtout d'avoir les mêmes droits que n'importe quel citoyen philippin. L'Eglise catholique, qui a une influence politique très forte dans ce pays de 80 millions de fidèles, a toujours empêché ces « anormaux » d'avoir accès à une quelconque reconnaissance officielle.

Au Club Mwah ! chez Violette Yolanda... Nombreux aux Philippines, ils peuplent les salons de coiffure et de beauté qui sont légion dans l'archipel. Dans les cafés-théâtres, leur sens de l'humour et de l'autodérision fait la conquête de tous les Philippins. Les touristes, qui les appellent communément des « ladyboys », viennent les voir en spectacle au Club Mwah ! un grand cabaret de Manille dans un style proche du Moulin-Rouge. Mais au Mwah, toutes les danseuses sont des transsexuelles.

Dans sa loge, Britney, une danseuse de 25 ans, applique son épais maquillage. Dans l'échancrure de son peignoir japonais pointe une ­généreuse poitrine siliconée. Sur son miroir, une photo d'elle en maillot de bain finit de convaincre le visiteur. « Nous, les transsexuels, nous sommes comme une ­famille dans le milieu du divertissement. Il est très ­facile de trouver un job. D'ailleurs, mon frère de 20 ans est aussi transgenre et travaille dans un autre comedy bar de Quezon City, au nord de Manille. »

On compte environ 80 000 coiffeurs et ­esthéticiens aux Philippines, dont la grande majorité est constituée d'hommes habillés, maquillés et coiffés en femmes. Ils prennent souvent des hormones pour faire pousser leur poitrine quand ils ne peuvent pas se permettre le coût d'une transplantation mammaire.

«Nous savons rendre les gens beaux. Nous sommes nés artistes»

Dans une rue passante de Makati, près du quartier d'affaires de la capitale, Inez Dagohoy, 29 ans, un coude gracieusement posé sur son avant-bras, finit sa cigarette devant le salon Violette Yolanda dont elle est la gérante. Sa longue chevelure teintée châtain clair tombe joliment sur des épaules découvertes. « Mon père était barbier, mais il ne savait pas couper les ­cheveux. Alors c'est moi, toute petite, qui le faisait. Nous, les homosexuels et trans, avons un don pour cela : nous savons rendre les gens beaux. Nous sommes nés artistes. Aux Philippines, beaucoup de personnes ne font pas confiance à un homme ou une femme, ils choisissent de se faire coiffer par un trans. »

Le phénomène des transgenres n'est pas unique aux Philippines. Mais son importance sociale et quanti­tative est exceptionnelle. Dans cette société matriar­cale, presque 10 % des ­Philippins veulent changer de sexe. Un sondage, mené par l'Université des Philip­pines en 2002, a révélé que 7,9 % des jeunes Philippins de 15 à 24 ans avaient la volonté de changer de sexe. « Ces personnes peuvent être classées de fait comme transsexuelles car l'intention de changer de sexe est présente, même si elles n'ont pas encore passé le cap de l'opération, commente Eric Manalastas, professeur de psychologie et chercheur en sexologie dans cette université. Le terme "transgenre", lui, est plus géné­rique et n'implique pas obligatoirement l'idée d'un changement de sexe. »

Une société matriarcale où les valeurs féminines sont reconnues

Le transsexualisme est plus fréquent dans le sens homme-femme, car la société philippine est matriarcale. Les femmes y ont un poids souvent plus important que les hommes (la présidente sortante, Gloria ­Arroyo, est au pouvoir depuis neuf ans). Les valeurs ­féminines y sont valorisées : les Philippins sont, par exemple, reconnus de par le monde pour la qualité de leurs services à la personne (domestiques, infirmières...) ainsi que pour leurs talents artistiques (chanteurs, musiciens...).

Pour les chercheurs, cette tolérance des transgenres dans la société philippine n'est pas une surprise.

Le phénomène était encore plus marqué avant la colonisation des Espagnols au XVIe siècle. Des hommes habillés en femmes et vivant comme telles, appelés « babaylans » (dérivé du mot « femme » en tagalog) avaient alors un rôle très important dans la société, relate dans ses recherches Neil Garcia, professeur de littérature à l'Université des Philippines et spécialiste de la culture ­homosexuelle : « Ces "Babaylans" étaient des chamans qui servaient d'intermédiaires entre les mondes visible et invisible, un terrain sur lequel même les chefs locaux n'osaient pas s'aventurer. Ils avaient le pouvoir d'apaiser le courroux des esprits, de prédire le futur, de guérir les infirmes et même de réconcilier les couples et les tribus en conflit. »

Cette situation a radicalement changé après plus de trois siècles de colonisation espagnole, et surtout du fait de l'enracinement du catholicisme dans la société. Aujourd'hui, si les Philippins apprécient les transgenres, les institutions feignent d'ignorer leur existence et imposent de nombreuses discriminations aux membres de ce troisième sexe.

Les Philippines sont en effet le pays catholique le plus peuplé d'Asie, avec près de 90 millions d'habitants, dont plus de 80 % pratiquent de manière fervente. Le clergé, particulièrement conservateur, jouit encore d'un poids politique certain et se bat comme un diable pour empêcher que ces « anormaux » obtiennent une quelconque reconnaissance officielle.

TRANSSEXUELS 2.jpg

Sassest la fondatrice d'une organisation de défense des droits des transsexuels. Son parcours a été beaucoup plus difficile. Interdite d'entrer dans une université catholique, elle se bat, soutenue par le parti Ang Ladlad, pour obtenir une loi contre la discrimination des transsexuels. Elle espérait beaucoup de l'élection d'une députée transsexuelle (Photo Romain Rivierre).

Les premiers obstacles et brimades surgissent souvent dans les écoles et lycées, dont beaucoup sont tenus par le clergé. Sass Rogando Sasot, 28 ans, le corps fin habillé d'une robe blanche légère et la frange sévère couvrant son front, se souvient de deux ­expériences « traumatisantes » qu'elle a vécues dans un lycée catholique pour garçons, alors qu'elle essayait d'affirmer son changement d'identité, portant les cheveux longs et un léger maquillage : « J'avais été élu délégué par les étudiants pour représenter ma classe au conseil d'école, raconte-t-elle aujourd'hui. Le directeur a refusé mon élection, il estimait que je donnerais une mauvaise image de la classe. Plus tard, j'ai voulu entrer dans l'université de cette même institution catholique. La direction n'a même pas ­accepté que je passe l'examen d'entrée ! Alors que j'avais fait toute mon éducation chez eux ! »

Une organisation de défense des droits des transsexuels

Sass, l'une des rares rencontrées à avoir opéré son changement de sexe, vient donc de terminer son master, par correspondance, auprès d'une université de Hongkong. Elle a fondé Strap, une organisation de défense des droits des transsexuels qui lutte contre les arrestations arbitraires et les harcèlements de la police, les refoulements à l'entrée des bars. Les discriminations à l'embauche, nombreuses mais cachées, montrent que le formidable exemple de Rica Paras reste l'exception plutôt que la règle. Dès qu'ils cherchent à sortir des rôles de coiffeur, artiste et comique qui leur sont communément attribués, les portes de l'emploi se ferment. Impunément : il n'existe tout simplement pas aux ­Philippines de loi contre la discrimination sexuelle.

La situation commence cependant à évoluer : le 10 mai dernier, Bemz Benedito, 31 ans, une candidate transsexuelle, a, pour la première fois dans l'histoire des Philippines, été autorisée à se présenter comme députée. Même si elle n'a pas été élue, cette candidature est déjà en soi une victoire : sous la pression du clergé catholique, le parti de défense des gays, bi et transsexuels, Ang Ladlad, avait toujours été disqualifié par la Commission des élections.

TRANSSEXUELS 3.jpg

Bemz ­Benedito, ­diplômée en sociologie, est la candidate aux élections législatives pour le parti gay et transsexuel Ang Ladlad. Ce parti, qui est aussi un groupe de défense des gays et lesbiennes, a 600 000 membres inscrits et en âge de voter, soit deux fois plus que le nombre nécessaire pour obtenir un siège. Cela n'a malheureusement pas suffi pour que Bemz soit élue le 10 mai dernier (Photo Romain Rivierre) .

En décembre 2009, cette institution avait encore une fois refusé la participation de ce parti, fondant sa résolution sur des citations de la Bible et du Coran, avant que cette décision ne soit cassée par la Cour suprême au nom de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Bemz Benedito avait donc une lourde responsabilité sur les épaules : « Je sais que je n'ai pas le droit d'être faible », avouait avant l'élection la tête de liste d'Ang Ladlad. Elle ne sera pourtant pas la première députée transsexuelle d'Asie. La seule au monde à avoir été élue reste à ce jour une transgenre italienne dans une circonscription de Rome en 2006. Titulaire d'un master en sociologie de la prestigieuse université Ateneo de Manille, Bemz est l'assistante d'une sénatrice. Et a elle-même souffert de flagrantes discriminations à l'embauche : « Je postulais pour un travail qui s'effectue au téléphone ! »

Si elle avait été élue députée, son premier objectif était clair : « Faire passer la loi contre les discriminations sexuelles, qui traîne au Parlement ­depuis une décennie, et celle sur la protection contre le viol, car celui-ci n'est reconnu qu'entre des hommes et femmes biologiques, pas pour les transsexuels ! » Le parti Ang Ladlad a également dans son programme l'intention de faire voter une loi pour autoriser le changement de sexe à l'état civil, ce qui est interdit actuellement. Mais il n'est pas encore question de ­toucher à l'institution sacrée du mariage, un sujet bien trop sensible dans ce pays catholique.

Quant à la France, si le changement d'identité sexuelle est admis, le transsexualisme vient à peine d'être retiré de la liste des maladies mentales par le ministère de la Santé !

Pour la France, informations : trans-en-france-mauvais-genre sur liberation.fr.

 

Source: PARIS MATCH

23:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (39) | Tags : monde, philippines, transsexuels, ladyboys, bemz benedito, parismatch.com | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 20 mai 2010

MONSTRUOSITE FRANÇAISE EN AFRIQUE : MASSACRE AU CAMEROUN

 

CAMEROUN REPRESSION CONTRE UPC.jpg


«Ils ont massacré de 300 à 400 000 personnes. Un vrai génocide. Ils ont pratiquement anéanti la race. Sagaies contre armes automatiques. Les Bamilékés n'avaient aucune chance.[…] Les villages avaient été rasés, un peu comme Attila », témoigne le pilote d'hélicoptère Max Bardet. (Extrait de La Françafrique. Le plus long scandale de la République, par F-X Verschave)


J'appris avec ces phrases le massacre littéralement inouï d'une population camerounaise au tournant des années soixante. Je m'attachai à en savoir davantage. Ce ne fut pas facile, tant la terreur, là-bas, produit encore son effet. Ce n'est pas terminé. En 1938, de jeunes Camerounais formés à l'école française créent la Jeucafra, Jeunesse camerounaise française.

Parmi eux, un certain Ruben Um Nyobé, commis-greffier au tribunal de Yaoundé. Nettement pro-français, ce mouvement se pique au jeu de la conférence de Brazzaville où, en 1944, le général De Gaulle avait annoncé des libertés politiques nouvelles pour les peuples de l'Empire colonial.

Au même moment débouche le mouvement de syndicalisation suscité par des salariés français expatriés, travaillant dans l'enseignement et les chemins de fer. Ce mouvement est proche de la CGT française, à laquelle adhéraient la plupart de ses initiateurs. Il aboutit en décembre 1944 à la création de l'Union des syndicats confédérés du Cameroun (USCC). Ruben Um Nyobé s'y inscrit, avec plusieurs de ses amis.

L'injustice sociale et politique est alors criante. Les colonies ont connu l'«effort de guerre», l'austérité et une forte hausse des prix. A la Libération, les salaires des fonctionnaires de nationalité française sont augmentés, ceux des camerounais restent bloqués : la ségrégation continue !  Anticipant sur les libertés promises, la Jeucafra exige l'impossible : la liberté de parole et de presse, la participation des autochtones à la gestion des affaires publiques, etc.  Comme en Algérie, au Sénégal, ou plus tard à Madagascar, le refus est brutal : lors d'une grève le 27 septembre 1945, une bande de colons armés tirent sur une manifestation d'Africains. Il y a au minimum soixante morts. Ainsi restauré, l'« ordre » colonial engendre des frustrations considérables. En mars 1947, la Jeucafra se fond dans un front anticolonialiste, le Racam (Rassemblement camerounais), qui réclame carrément la création d'un État camerounais. Après la guerre 1914-18, le Kamerun détenu par l'Allemagne vaincue s'était vu placé par la Société des nations sous un double mandat : la tutelle de la France, pour la majeure partie du territoire, et celle de la Grande-Bretagne, pour la région Ouest limitrophe du Nigeria. Le Racam demande tout simplement la fin des mandats tutélaires, en application de la charte des Nations unies, et la réunification du Kamerun. On l'interdit au bout de deux mois. Ce n'est que partie remise. Avec les mêmes revendications, Ruben Um Nyobé fonde le 10 avril 1948 l'Union des populations du Cameroun (UPC). Celle-ci adhère bientôt au Rassemblement démocratique africain (RDA), créé par l'Ivoirien Houphouët-Boigny. Pour l'administration coloniale, pas de doute : non seulement la revendication d'indépendance sent le soufre, mais les fréquentations cégétistes d'Um Nyobé et l'adhésion de l'UPC au RDA portent la marque du complot communiste international. Certes, les députés du RDA à Paris se sont apparentés un temps au groupe communiste, avant d'être récupérés par le parti charnière de François Mitterrand, l'UDSR. Mais quand on voit l'évolution ultérieure d'Houphouët… Un multimilliardaire, pas vraiment rouge ! L'amalgame indépendantisme- communisme, plus ou moins délibéré, parfois machiavélique, fera des ravages. Bien qu'Um Nyobé ait toujours nié la filiation communiste de l'UPC, le dynamisme de ce parti naissant lui vaudra très vite d'être la cible d'une croisade - pour la «défense du monde libre», contre le «péril rouge». C'est la politique sans nuances du Haut-commissaire du Cameroun, André Soucadaux (1949-54). En face, Ruben Um Nyobé tient des propos qui font songer à son contemporain Mandela - ce Mandela qu'il aurait pu être :

«Les colonialistes ne veulent pas admettre qu'un Noir soit l'égal d'un Blanc. Cette conception se manifeste dans le domaine social, dans l'échelle des salaires, dans le traitement médical, dans le logement, dans la justice et hélas, à l'Église. Quelle est alors l'âme éprise de liberté qui resterait insensible devant ce fait révoltant d'un étranger qui traite les enfants de la terre comme des hommes de seconde zone ? La doctrine coloniale n'a jamais cessé de proclamer que le Blanc est un être supérieur et que le Noir, spécialement, ne possède que des capacités limitées […]. Une telle façon de ne rien faire pour modérer, sauf cas exceptionnel, la discrimination raciale fait beaucoup pour renforcer notre méfiance et notre combativité».

Un discours tellement vrai qu'il fait «exploser le conflit entre le système colonial et la condition faite au peuple came­rounais», observe le politologue Achille Mbembe. L'UPC attire la population pauvre des grandes villes, Douala en particulier. Elle convainc aussi une partie des élites. Elle s'implante progressivement à travers tout le Cameroun, mais connaît deux zones de prédilection.


Lire la suite

23:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Cameroun, France | Lien permanent | Commentaires (73) | Tags : afrique, cameroun, g. bediong à nyokon, saoti, mahalia nteby, um nyobe, moumie, ouandie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

HUMOUR: FAITES GAFFE AUX CHIENS!

 

CHIEN DENONCIATEUR.jpg

 

Voici une réalité de la vie qui se passe de tout commentaire.
N'est-ce pas que ce chien est indiscret?
Faites attention, le chien est un fidèle compagnon!


Un chien qui a dévoilé le secret de sa Patronne à son Patron…

22:27 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humour, blagues, décompresser, déstresser, détente, rire, sourire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 19 mai 2010

DECAPANT: LE SOLDAT ET LA RELIGIEUSE!

 

NONE.jpg

Ça se passe aux U.S.A... 

-Un soldat se précipite sur une religieuse et, à bout de souffle, lui demande :

«S'il vous plaît, puis-je me cacher sous votre jupe ? Je vous expliquerai dans un instant pourquoi».


-La religieuse accepte de le faire et une minute plus tard deux policiers militaires se précipitent et demandent :

« Ma Sœur, avez-vous vu un soldat ?».


-La religieuse leur répond :

«Il est parti dans cette direction».


-Une fois les deux policiers militaires partis, le soldat sort en rampant de sa jupe et dit :

«Ma Sœur, je ne vous remercierai jamais assez. Vous voyez, je n'ai pas envie d'aller en Irak». 

-La religieuse lui dit :

«Je vous comprends tout-à-fait». 

-Le soldat ajoute :

«J'espère que vous ne me trouverez pas grossier, mais vous avez une belle paire de jambes!».

-La religieuse répond :

«Si vous aviez regardé un peu plus haut, vous auriez vu une belle paire de couilles. Je n'ai pas envie d'aller en Irak non plus».


R. Gisèle AMANGOUA

16:23 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : humour, blagues, rire, déstresser, se marrer, détente, sourire, blague ivoirienne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

HILARANT: LE CHIEN DE KPAPEKOU!

 

CHIEN ALLEMAND BERGER.jpg

Un  planteur nouveau riche qui demeure à Kpapékou s'est acheté un chien berger  allemand et il en est vraiment fier. Comment!!! Il faut qu'il fasse comme les riches d'Abidjan. Qui va se négliger! En tout cas, pas lui!

Un jour, il voit dans le journal qu'on peut permettre à son chien de parler à l'issue d'une opération qui coûte 2 500 000 F. Il est intéressé pour son chien.

Il demande donc à son fils d'emmener son chien à Abidjan pour cette opération :

- Ma petit, vas à Abidjan avec le chien!

Son fils très heureux part avec le chien et 4000 euros environ 2 500 000F en poche...
Imaginez, un bété en plein Abidjan avec 2 500 000 en poche! Rapidement le jeune prend gout à sa nouvelle vie, il dépense tout l'argent.

Après quelques jours d'euphorie passés, il revient à la réalité et se demande comment affronter son père et lui annoncer que le chien n'a pu être opéré et qu'il n'a plus un sou en poche...

Assis tout pensif dans un maquis, il retourne la situation sans cesse... Connaissant son père, peut-être est-il mieux de ne pas rentrer au village? Mais subitement, une idée géniale lui vient à l'esprit. Il prend le téléphone et appelle son père!
-" Mais ma petit ça fait 4 jours que je na  pas  de tes nouvelles! Et le chien?"
-"Ah! Le chien va très très bien... J'ai essayé de téléphoner mais c'était toujours occupé! Il devait avoir un problème de réseau avec le téléphone."

Mais tout ce discours, le vieux n'en a rien à faire. Ce qui l'intéresse, c'est la situation de son chien. Il s'empresse donc de questionner:
-"Et le chien, il a commencé parlé un peu? Il  peut chanter aussi?"
-"Il bavarde trop papa! Il parle, Il parle....
Mais papa est-ce que tu couches toujours avec la femme  du gendarme là?"
-"Qui t'a parlé ça ma petit?" chuchote le vieux.
-"Mais le chien!" répond le fils.
-"Han! Chien-là!? Faut lui vendu à Dagari, il vont lui manger vite. Et puis, viens à Kpapékou. Je vais payer l'autre chien".

Bien malin, …. !

16:19 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humour, blagues, rire, déstresser, se marrer, détente, sourire, blague ivoirienne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

QUESTNET, UNE ARNAQUE PYRAMIDALE QUI DEBARQUE EN AFRIQUE

CHI PENDANT.jpg

Des clients de QuestNet portent des ChiPendant pour "éloigner les ondes nocives des téléphones portables".


Paul, l'un de nos Observateurs au Burkina Faso, nous alerte sur une société, QuestNet, qui développe un réseau de vente qui lui semble douteux dans son pays. Après enquête, il s'avère que cette société, déjà interdite dans plusieurs pays d'Amérique et d'Asie, tente effectivement d'implanter en Afrique un commerce de type "pyramidal", une vieille arnaque déguisée en système de vente révolutionnaire.

Contributeurs

Paul M.

Notre Observateur explique comment fonctionne le système

Paul M. (pseudonyme) souhaite rester anonyme. Il a été invité par un ami à une conférence organisée par QuestNet dans un hôtel de Koudougou, au Burkina Faso.

Nous étions une centaine dans l'hôtel. Les gens de QuestNet nous ont expliqué que leur société commercialise deux produits. Le Bio Disc d'une part, un filtre qui permettrait "d'énergiser l'eau" et présenté comme un remède miracle. Le ChiPendant d'autre part, un pendentif qui éloignerait les mauvaises ondes (portable, micro-onde, etc.) et qui permettrait d'améliorer sa forme de façon spectaculaire.

On nous a expliqué que revendre ces produits pouvait nous rendre riche. L'achat du premier Bio Disc, ou du premier ChiPendant, est certes très onéreux, 325 000 F CFA (495 euros) mais, selon eux, nous pourrons rentrer rapidement dans nos frais. Car dès que nous recrutons deux personnes pour revendre ces produits, nous gagnons 30 000 F CFA. Ensuite, nous touchons une commission sur chaque nouveau revendeur que nous attirons, mais aussi sur les revendeurs qu'eux même auront recruté. D'après eux, on peut ainsi devenir riche très vite. Ils nous ont d'ailleurs affirmé que 2 000 personnes vendaient déjà leurs produits au Burkina.

Ce type de commerce me semble suspicieux. D'abord parce que leurs produits est tellement cher que des gens autour moi sont obligés de s'endetter pour l'acheter. Ensuite parce que je ne suis pas convaincu de l'efficacité du Bio Disc et du ChiPendant. J'ai fait des recherches sur Internet, personne ne parle de ces produits en France. Or, s'ils étaient si efficaces que ça, est-ce qu'on les vendrait uniquement au Burkina ?"

Paul M.

Décryptage d'une arnaque

Alertée par notre Observateur, l'équipe des Observateurs de France 24 a fait une enquête sur la société QuestNet.

La société QuestNet pratique la vente "pyramidale", un système qui lui permet d'arnaquer les vendeurs de ses produits. Ce système de vente est connu et parfaitement expliqué sur cette page Wikipedia. En résumé, QuestNet fait croire à ses vendeurs qu'ils parviendront à trouver facilement des revendeurs sur lesquels ils toucheront des commissions. Or c'est faux. Le système peut effectivement permettre aux tout premiers vendeurs de gagner un peu d'argent, en profitant de la crédulité de leurs proches. Mais, très vite, le nombre de vendeurs est trop important et il n'y a plus assez d'acheteurs pour écouler les produits QuestNet. L'immense majorité des gens qui achètent très cher le Bio Disc ou le ChiPendant n'ont donc aucune chance de recruter assez de vendeurs pour rentrer dans leur investissement.

Ce système de vente est interdit dans plusieurs pays, notamment en France, au Canada et en Belgique. La société QuestNet profite depuis des années du flou qui existe dans certaines législations nationales pour développer son arnaque. Dès que son activité soulève des suspicions dans un pays, elle en cherche un nouveau où s'implanter.

Interdit en Inde et à Dubaï

L'origine géographique de QuestNet est inconnue, mais nous avons retrouvé de premiers signes de son activité aux États-Unis, où elle vendait, sous le nom de "Gold Quest", des pièces de monnaie de collection aux populations amérindiennes. Depuis le début, son activité est basée sur une arnaque de type pyramidal.

Condamnée aux Etats-Unis (ici une décision de la SEC, le gendarme de la bourse américain, contre GoldQuest), Gold Quest/Quest Nest s'est également implantée dans d'autres pays, adaptant ses produits au marché local, mais appliquant toujours la même méthode de vente. Elle a ainsi été condamnée en Inde, à Dubaï et a attiré l'attention de parlementaires au Cambodge.

Elle a d'abord tenté de commercialiser des sous-verres censés protéger du sida...

La société s'implante aujourd'hui sur le continent africain. Elle a d'abord tenté de commercialiser des sous-verres censés protéger du sida en Ouganda, au Kenya et au Rwanda. Dans ce dernier pays, une enquête lancée par la Banque nationale du Rwanda a toutefois rapidement abouti à l'interdiction de QuestNet, sur décision expresse du ministre des Finances. QuestNet tente aujourd'hui de s'implanter dans d'autres pays du continent, comme la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso.

L'arnaque de QuestNet touche surtout les plus pauvres

Les objets commercialisés par QuestNet sont présentés comme des remèdes miracles, sans bien sûr que leur efficacité soit prouvée scientifiquement. Mais là n'est finalement pas le problème, car c'est le système de vente lui-même qui est frauduleux. L'arnaque de QuestNet touche surtout les plus pauvres, ceux qui rêvent de devenir riche rapidement. L'arnaque participe en outre à la destruction du tissu familial. Car c'est auprès de leur famille et de leurs amis que les vendeurs de QuestNet tentent de recruter des revendeurs. Ils poussent souvent leurs proches à s'endetter et se retrouvent responsables de leurs problèmes financiers lorsque la pyramide s'écroule.

Nul besoin d'ouvrir un bureau

QuestNet dispose d'une méthode très efficace pour se développer dans un nouveau pays. Nul besoin d'ouvrir un bureau. La société commence par organiser une réunion d'informations, le plus souvent dans un hôtel. Elle attire ses premiers vendeurs en leur offrant notamment des tarifs préférentiels. Une fois ces premiers vendeurs recrutés, la viralité du système fait le reste. QuestNet transfère ensuite rapidement ses bénéfices hors du pays, avant que le nombre de vendeurs soit trop important, que la pyramide s'effondre et que le scandale éclate.

La société sait très bien gérer sa communication et utilise le Net pour répondre aux attaques dont elle fait l'objet. Elle met notamment en ligne des blogs et des pages de questions/réponses spécifiques à tous les pays dans lesquels elle s'implante (ici pour la Côte d'Ivoire). Elle dispose également de nombreux sites et blogs très bien référencés dans Google. Ils ressortent parmi les premiers résultats de recherche pour "QuestNet fraud" ou "Qest Net scam". Sur ces pages, QuestNet affirme utiliser un système de vente "à plusieurs étages" tout à fait légal, et non "pyramidal". Dans la plupart des pays où la société s'est implantée, les juges ont vu les choses autrement...

Source: Observateurs France24

16:09 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Monde | Lien permanent | Commentaires (92) | Tags : afrique, burkina faso, observateurs france24, questnet, chi pendant, bio disc | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 18 mai 2010

MAROC: LES VIOLS SUR LES FEMMES NOIRES SE BANALISENT

FEMME QUI PLEURE.gif

Rapport de Médecins sans frontières

Des femmes subsahariennes arrêtées et violentées au Maroc

 

Au cours de leur transit pour gagner l’Europe, les femmes subsahariennes sont maltraitées au Maroc, où elles subissent notamment des violences sexuelles, comme le révèle un document de Médecins sans frontières, établi sur la base des cas pris en charge par cette organisation médico-humanitaire.

 

Devant le nombre de plus en plus croissant de femmes victimes, soixante-trois, révélé par les données et témoignages recueillis lors de ses projets d’action médico-humanitaire, Médecins sans frontières veut contribuer à la recherche d’une réponse globale à cette problématique qui touche toujours plus de femmes, et des femmes de plus en plus jeunes.

Le rapport réalisé par MSF a pour but de faire connaître "la problématique de la violence sexuelle subie par les femmes migrantes d’origine subsaharienne qui arrivent au Maroc" au cours de leur tentative alors de gagner l’Europe.

Parmi les conséquences directes des sévères politiques d’immigration européennes, Médecins sans frontières fait remarquer que les populations subsahariennes candidates sont désormais dans l’obligation de s’embarquer dans des voyages de plus en plus longs et dangereux en la difficulté à utiliser les routes traditionnelles en raison des contrôles stricts aux frontières. Elles sont, par ailleurs, exposées à une situation de blocage à durée indéterminée au Maroc en raison tant de leur impossibilité de continuer vers l’Europe que de rentrer dans leur pays d’origine.

En l’absence de chiffres officiels, MSF estime, sur la base d’un recensement réalisé en janvier 2010, que le nombre actuel de migrants sub-sahariens au Maroc s’élève à 4 500. Les filles et les jeunes femmes sont particulièrement exposées à toutes sortes de violence et d’abus au cours du voyage et à leur arrivée au Maroc.

Les criminels communs et les réseaux de traite et trafic d’êtres humains, en tant que principaux auteurs de ces attaques contre l’intégrité physique et la dignité des femmes, selon la même source.

Même si peu de femmes osent parler des agressions qu’elles ont subies et encore moins les dénoncer, mais on devine, suite aux informations recueillies par MSF, un phénomène aux proportions immenses, qui requiert une approche immédiate et audacieuse sur le plan institutionnel, national et international, afin de fournir une prise en charge adéquate aux victimes. Ceci étant, les cas de violence sexuelle traités dans les projets sont une constante et une augmentation progressive a été enregistrée à partir de juillet 2009, ce qui démontre une tendance alarmante.

Entre mai 2009 et janvier 2010, une femme sur trois prise en charge par MSF à Rabat et Casablanca a admis avoir subi un ou plusieurs épisodes de violence sexuelle, que ce soit dans son pays d’origine, pendant le processus de migration ou une fois sur le territoire marocain.

"Ce chiffre pourrait être plus élevé puisque certaines femmes ont refusé de parler ou n’ont pas reconnu ce que leur propre témoignage mettait en évidence. L’usage de la violence sexuelle devient ainsi une des pratiques violentes les plus courantes subies par les femmes dans le contexte des migrations", ajoute la même source.

Ainsi, au total, dans ses activités, MSF a documenté l’histoire de 63 patientes (8) qui ont déclaré avoir été victimes de violence sexuelle. De nombreuses femmes subissent des viols dans leurs pays d’origine, sont à nouveau victimes d'épisodes de violence sexuelle sur le trajet avant d’être de nouveau attaquées à la frontière ou sur le territoire marocain.

L’âge de ces 63 patientes allait de 2 à 40 ans. Il est particulièrement grave de constater que parmi ces femmes, 21,5 % sont mineures, dont 10% ont moins de 16 ans. Les femmes MSS sont majoritairement originaires de la République démocratique du Congo (RDC), principalement des zones les plus touchées par le conflit armé, et du Nigeria ; elles appartiennent majoritairement aux ethnies Ibo et Yoruba, celles qui sont le plus exclues du partage des richesses de ce pays.

Elles viennent aussi notamment du Cameroun, du Congo-Brazzaville, de la Côte d’Ivoire et de la République centrafricaine (RCA). Les femmes et mineures non accompagnées sont victimes d’agressions qui demeurent impunies et presque cachées, de la part de criminels ordinaires ou d'autres migrants sub-sahariens de leur entourage. La peur engendrée par leur situation irrégulière les empêche généralement de dénoncer les faits. D’autres femmes sont sous l’emprise des réseaux de traite ou de trafic d’êtres humains.

Sur les 63 femmes interrogées, un tiers a déclaré avoir subi des abus sexuels au Maroc en dehors de la ville d’Oujda. Médecins sans frontières est un témoin direct de l’impact de la violence sexuelle sur les femmes migrantes sub-sahariennes depuis leur lieu d’origine jusqu’à leur séjour obligé au Maroc et de l’impact considérable sur leur santé physique et affective.

Bien qu’au Maroc, depuis quelques années, la lutte contre la violence domestique et sexuelle est devenue une priorité, comme l’indiquent les différentes mesures adoptées par certains départements ministériels en collaboration avec les associations locales, les chiffres sont là pour montrer l’aggravation de la situation.

 

Source : http://mampouya.over-blog.com/

14:22 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : afrique, maroc, rapport médecins sans frontières, patrick éric mampouya | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 14 mai 2010

VOUS ALLEZ VOUS MARRER!

 

RHINOCEROS.jpg

 


1- Deux fous grimpent au même arbre. Au bout d’un moment, l’un se laisse tomber. L’autre lui demande ce qu’il y a. Tu es fatigué ? Il répond : Non, je suis mûr. Han !


2- Corridor de Gesco, à Yopougon, sur l’autoroute : Un policier arrête un gros camion chargé de moutons. Il demande au chauffeur : Que transportes-tu ? Le chauffeur répond : Des animaux. « Ah bon, c’est du bétail ! », dit le policier. Le chauffeur de rectifier : « Non dèh, chef ! C’est du moutail ! »


3- Un sénégalais, noir comme du charbon, arrive à l’aéroport avec un faux passeport. Le passeport est tellement faux que la photo est celle de l’acteur Leonardo Di Caprio du film Titanic. Surpris, le contrôleur le regarde et observe la photo, il le regarde à nouveau et observe encore la photo ; pendant dix bonnes minutes. Puis tout perplexe, il se tourne vers son supérieur et lui demande : « Dites, chef, vous qui êtes cultivé et qui avez plus de connaissances que moi : le Titanic, il a coulé ou brûlé ? »


4- Un homme assis près d’une table se met à tuer des mouches. Sa femme, très étonnée, lui demande : « Chérie que fais-tu ? ». L’homme lui répond : « Rien de bien grave ; je ne fais que tuer quelques mouches ! ». La femme lui demande à nouveau : « Combien en as-tu tué, comme ça t’amuse tant ? ». Le mari dit : « Cinq : trois mâles et deux femelles ! ». Elle l’interroge encore : « Comment sais-tu leur sexe ? ». Il répond : « Il y en avait trois sur ma bière ; eux, ce sont des mâles. Et il y en avait deux sur mon argent ; elles, se sont des femelles ».


5- Un américain, un belge et un ivoirien croisent un génie en bordure de mer. Il leur dit : « Jetez n’importe quoi dans l’eau. Si je le retrouve, vous mourrez. Dans le cas contraire, je meurs et la personne qui a triomphé de moi devient riche comme Crésus ». L’américain jette une minuscule bille métallique dans l’eau. Le génie la retrouve et il meurt. Le belge jette un petit bout de fil de nylon transparent. Le génie le retrouve ; il meurt. L’ivoirien jette quelque chose dans l’eau. Le génie cherche, cherche mais rien ; il ne voit pas l’objet. Epuisé, il lui demande : « Djo, qu’est-ce que tu as jeté dans l’eau ! ». Le gars répond : « Un bout d’Efferalgan (comprimé effervescent), mon vieux ! »


6- Séry visite Israël. Il veut faire un tour en bâteau. Le prix ? Deux mille piastres (un million de francs CFA). Séry crie : « Han ! Pour monter dans bâteau ! J’a comprend pourkoi Jésus il a marché sur l’eau !!! ».


7- Un vieux baoulé se retrouve hospitalisé au CHU, après un accident. Il regarde autour de lui et voit deux patients sous perfusion : l’un dont le sérum dans le ballon est jaune et l’autre, rouge. Curieux, il regarde son ballon et voit que le sérum est clair. Alors il appelle l’infirmier et lui dit : « Missié (monsieur), pourkoi vous donné bière le bébé-là et pi douvin (du vin) lo zéne-là (le jeune) et pi moi vié-là vous donne moi l’eau ? ».


AUTRES SMS INTERESSANTS


1- Senghor a été le premier africain membre de l’Académie française ; Cheick Modibo est le premier africain chercheur en chef à la Nasa ; George Weah est le seul africain à avoir remporté le Ballon d’or européen ; Nelson Mandela a été le premier noir président de l’Afrique du Sud ; Boutros Ghali a été le premier africain Secrétaire Général de l’Onu ; Barack Obama est le premier président afro-américain de l’Histoire… Et toi, que feras-tu pour valoriser le continent et la race noirs ?


2- Construisons sur du solide et non sur de la paille, frères et sœurs ! 2 Corinthiens 4 : 18 : « Nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles passagères, et les invisibles sont éternelles ». 1 Jean 2 : 17 : « Et le monde passe, et sa convoitise aussi ; mais celui qui fait la volonté de DIEU demeure éternellement ». Dans ce siècle en pleine mutation et en pleine décomposition, aspirons-nous à construire notre existence sur du solide, en JESUS-CHRIST, ou sur ce monde illusoire, fondé sur des valeurs corrompues et qui court à sa perte ? Un choix décisif s’impose.


3- Quelle attitude, chrétien né de nouveau et craignant DIEU, dois-tu adopter face au méchant qui prospère tout en foulant au pied la Parole de DIEU ? Ou encore, face à quiconque a ce que tu n’as pas, est ce que tu n’es pas ou fait ce que tu ne peux faire ? Psaume 37 : 1-20 : Evite 1- de t’irriter ; 2- de le jalouser ou de l’envier ; 3- de t’aigrir contre DIEU. Que faire, en revanche ? 1- Confie-toi au DIEU des promesses tenues ; 2- Fais de l’ETERNEL tes délices, en tout temps, bon ou mauvais ; 3- Demeure calme et silencieux, et attends l’heure de DIEU.


Bon week-end à tous !



DINDE Fernand AGBO

14:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humour, blagues, blagues-sms, blagues ivoiriennes, décompresser, déstresser, détente, rire, sourire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 13 mai 2010

LE RHDP ENFIN VISITE PAR LA RAISON

GBAGBO ET BEDIE.jpg

 

Annoncée comme la marche de tous les dangers, la fameuse et désormais célèbre marche (pour avoir incroyablement polarisé les ivoiriens et la classe politique) a été reportée d’autorité, hier, par le PDCI-RDA et le RDR, après une négociation au sommet entre les présidents Gbagbo et Bédié, au grand dam des deux autres partis membres de la confrérie (UDPCI et MFA), furieux de voir une fois encore le RHDP désavouer sa base, eux qui avaient appelé ouvertement à l'insurrection (armée?).

Je crois que pour une fois, il faut tirer le chapeau au Président Henri Konan Bédié et au Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara qui ont décidé de reporter cette marche qui allait, à coup sûr, faire des morts. Des morts de trop. Plusieurs camps s’attendaient, en effet, de pied ferme dans tout le pays et plusieurs caches d’armes avaient été découvertes (pour celles qu’on a pu voir) ; le risque d’explosion était immense. En plus d’être une mauvaise publicité pour la Côte d’Ivoire, à l’approche des assises de la BAD qui devraient confirmer le retour de la prestigieuse institution dans notre pays.

Merci à vous, chers leaders du RHDP, d’avoir mis au premier plan l’intérêt de notre chère patrie. Dans l’espoir, bien entendu, que vous vous afficherez toujours sur ce registre et que cette sage décision ne sera pas de la poudre aux yeux des Ivoiriens !!!

Je te salue, peuple digne de Côte d’Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

SEPP BLATTER SAUVE LA FACE A ISSA HAYATOU

TOGO CAN 2010.jpg

 

Après sa scandaleuse décision de suspendre le Togo pour deux éditions de la CAN, au lendemain du mitraillage du bus de son équipe nationale qui a motivé son retrait de l'édition 2010 sur ordre du gouvernement togolais, le comité exécutif de la CAF se ressaissit. Sous la médiation de Sepp Blatter, le président de la FIFA. Il en était temps. Les africains, dans leur grande majorité, n'avaient pas du tout digéré cette incongruité qui avait dégradé un peu plus l'image de la CAF et surtout celle déjà assez mafieuse du camerounais Issa Hayatou, son président, grand monarque devant l'Eternel.

 

Le Togo réintègre la Coupe d'Afrique des Nations

Par Dépêche le 08/05/2010

 

La Confédération africaine de football a levé la suspension qui pesait sur le Togo pour la CAN 2012 et 2014. Le pays avait été sanctionné après avoir quitté prématurément la compétition suite à l'attaque de son convoi par des rebelles angolais.

 

 

REUTERS - Le Togo a été autorisé à réintégrer la Coupe d'Afrique des Nations, compétition dont il était suspendu pour les deux prochaines éditions en 2012 et 2014 après les tragiques incidents de Cabinda en Angola, a annoncé la Fifa vendredi.

Sepp Blatter, le patron de la Fédération internationale, a joué les médiateurs auprès du président de la Confédération africaine de football (CAF), le Camerounais Issa Hayatou, qui a accepté de demander à son comité exécutif de lever la suspension.

Le Togo avait été exclu de la CAN après avoir refusé de participer à la compétition qui s'est déroulée en Angola au mois de janvier.

L'autocar transportant l'équipe nationale avait été pris dans une embuscade à Cabinda et deux membres de la délégation ainsi que le chauffeur du bus avaient été tués dans une fusillade.

"Cette décision est une bonne nouvelle pour nous. Elle est un élément tremplin pour nous. Si la sanction était maintenue, on serait tombés sur la tête. Il faut maintenant s'organiser pour aller plus loin", a commenté Elitsa Lanou, directeur technique national de l'équipe togolaise.

 

14:51 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Sport | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : togo, can 2010, issa hayatou, sepp blatter, caf, fifa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LES ACTEURS IVOIRIENS DU WEB CREENT UN SYNDICAT

LOGO SIPCOL.jpg

 

Le secteur du web en Côte d’Ivoire s’organise de plus en plus. Au point d’en arriver aujourd’hui à la création, le 8 mai dernier, d’un « Syndicat Ivoirien des Producteurs de Contenus en Ligne » (SIPCOL).

Selon la blogueuse ivoirienne Edith Brou, présidente de ce syndicat, il y a tant de revendications légitimes à faire dans le domaine du web en Côte d’Ivoire. Au-delà, c’est aussi donner une couleur plus « glamour et saine » à l’activité du « Syndicalisme ».

Pour Edith Brou, le SIPCOL va permettre à la Côte d'ivoire de connaître « un accroissement des vocations dans les métiers du web et en conséquence, une éclosion de son économie numérique». Interview - 

 

 

Israël Yoroba A quels besoins répond la création de ce syndicat ?

EDITH BROU.jpgEdith Y. Brou - Ce syndicat a été crée pour combler un très grand vide dans les secteurs d'activité et les métiers en Côte d'Ivoire. Aujourd'hui, il est indéniable que l'Internet a gagné du terrain dans les usages d'une partie des personnes résidant en Côte d'Ivoire. Et avec ce bouleversement, de nouvelles activités, de nouveaux services et métiers en rapport avec le web se sont crées. C'est ce qu'on appelle aussi l'économie numérique. Malheureusement, les travailleurs du web sont encore ignorés, du fait d'une insuffisance d'information des populations et surtout des pouvoirs locaux. De plus, les travailleurs de ce secteur par manque d'une législation, d'un organe de régulation, ne bénéficient pas réellement des retombées de leur travail. Le SIPCOL vient remédier à cet état de fait. Le SIPCOL est l'expression d'une nouvelle corporation basée sur l’économie numérique.

 

IY - Quels sont les objectifs que vous visez ?

 

EB- Le premier objectif est de permettre à tous les fournisseurs de contenu web (site, blog, sites jeux videos, sites e-commerce, regies web, web-journalistes, info-graphistes) basés en Côte d'Ivoire, d'avoir un organe officiel qui soit reconnu par l'Etat de Côte d'ivoire, en vue de défendre leurs intérêts et accroître les mécanismes de leur rentabilité.

Ensuite, il faut obtenir une reconnaissance de notre secteur professionnel: le web. Cela suppose de défendre un cadre juridique et réglementaire qui va permette un réel développement économique des métiers du web, et assurer leur pérennité.

Nous avons également pour but de participer activement au renforcement d'un secteur professionnel en pleine évolution, en définissant des principes de fonctionnement communs, ainsi qu'en partageant des expériences et des pratiques très diverses.

Dans notre démarche nous pensons au futur. C’est pourquoi il nous faut développer de nouvelles vocations auprès de la jeunesse. On travaillera enfin à promouvoir un contenu web ivoirien de  qualité et en quantité.

 

IY - Lorsqu'on entend "syndicat" ça résonne "revendication"... pourquoi pas une association, une fédération ou une ONG comme a coutume de le voir à Abidjan ?

 

EB - Je confirme, à ce stade, nous revendiquons. Et je crois que cela est légitime. En effet, lors de la création, nous avons entendu la même remarque. Mais nous sommes demeurés ferme dans ce choix parce que le terme Syndicat est plus corporatif.

Une association n'a pas autant de poids qu'un syndicat. Une fédération est un ensemble de syndicat et le choix d'une ONG ne correspond pas au but que nous visons. Nous voulons donner une meilleure image au mot ''syndicat'' de par notre regroupement et surtout être reconnus comme un corps de métier. Une simple association ne bénéficiera pas de ce statut. Il faut dépasser les préjugés. Le SIPCOL va sûrement rendre le terme de Syndicat plus sain et plus glamour.

 

SALLE INTERNET.jpg

 

IY - Qu'est ce que cela va apporter ou changer en Côte d'Ivoire ?

 

EB - Sous l'impulsion du SIPCOL, la Côte d'ivoire va connaître un accroissement des vocations dans les métiers du web et en conséquence, une éclosion de son économie numérique. En plus de l'économie classique (brick-and-mortar), on parlera comme dans les grandes nations, d'économie numérique (click-and-mortar). Enfin, la Côte d'Ivoire aura une meilleure réputation numérique car elle sera appréciée et sollicitée pour la quantité et la qualité de ses contenus web.

 

IY - Quelles seront les actions à court, moyen et long terme de ce syndicat ?

 

EB – Il y a un certains nombre de démarches à faire dans l’immédiat. D’abord organiser la sortie officielle du SIPCOL avec une conférence de presse, rencontrer le CSP (Conseil supérieur de la publicité) pour le volet publicité en ligne et régies web, se rapprocher du syndicat des travailleurs de Côte d'Ivoire. Ensuite nous allons organiser des formations et recenser les travailleurs de ce secteur et les associations internet et les institutions... ..et pourquoi pas à long terme, créer une école des Métiers du Web.

 

IY - Et qui peut adhérer à ce syndicat et que faut-il ?

 

EB - les éditeurs de sites web, les éditeurs de sites de e-commerce, des éditeurs de Blogs, les développeurs d'applications monétisables, les info-graphistes, les communities manager, les rédacteurs-web, tous ceux et toutes celles qui exercent dans les métiers du web en Côte d'Ivoire. Pour adhérer à ce syndicat, il suffit juste d'envoyer un mail à edithbrou@gmail.com en précisant dans l'objet: Adhésion SIPCOL.

 

Source: Les blogs de FRANCE 24

MADELEINE TCHIKAYA: J'AI ETE VICTIME D'INUTILES FRUSTRATIONS

MME TCHIKAYA.jpg

Mme Madeleine Tchikaya est la première femme énarque de Côte d'Ivoire, major de la première promotion du cycle supérieur de l’Ena en 1965, option diplomatie et ex-PDG de JAG (Jean Abil Gal). Cette femme dynamique, humble, discrète, intelligente et vraie, a fêté ses 80 ans le 28 avril 2010. A cette occasion, la « dame de fer » comme on l’appelle affectueusement a bien voulu s’ouvrir à notre journal. Avec le franc-parler qu’on lui connaît, Madeleine Tchikaya est revenue sur les amères frustrations qu’elle a vécues dans sa carrière politique et administrative.


Mme Madeleine Tchikaya vous êtes la première femme énarque de Côte d'Ivoire. Dites-nous comment ce parcours a-t-il pu être possible ?

Je dois rendre grâce à mon père. S’il ne m’avait pas mise à l’école, je ne serais pas arrivée-là. Il m’a mise à l’école à une époque – dans les années 30 – où on le traitait de fou. A Sinfra, il y avait même une chanson qui le tournait en dérision : « Pourquoi mettre une femme à l’école ? Tu vas en tirer quoi ? Elle a 15 ans tu la maries à un de tes riches amis et on en parle plus. » Mon père a dit non. « Je vais la mettre à l’école. C’est la seule fille que j’ai, je voudrais pour elle tout ce qu’il y a de meilleur. » Ayant eu cette enfance, j’ai gardé le goût des études. Et pour moi, c’était tellement naturel que dès qu’on a dit qu’une école d’administration allait être ouverte, j’ai tout de suite exprimé la volonté d’y entrer. Et c’est pendant que j’étais en stage à New-York (USA) que le cycle supérieur a été ouvert. J’ai fait des pieds et des mains pour que les autorités ivoiriennes me permettent de présenter le concours. Ainsi, pour moi et moi seule, on a ouvert un centre d’examen pour le cycle supérieur à New-York. Ça s’est passé à l’ambassade de Côte d’Ivoire, du temps de Usher Assouan.

Comment les hommes vous regardaient-ils à cette époque-là ?

Les hommes avaient fini par m’adopter. Il faut souligner qu’au cycle moyen supérieur, nous étions deux femmes, mais au cycle supérieur, j’étais la seule. J’avais déjà un caractère de garçon… Un garçon manqué en quelque sorte. Je ne voulais surtout pas qu’ils voient en moi la femme en jupon.

Après donc l’Ena, quel a été votre premier poste ?

Malheureusement, je dis bien malheureusement, car après toutes ces études, major de ma promotion, j’ai été affectée au ministère des Affaires Etrangères. L’administration est ce qu’elle est, vous ne pouvez pas donner le meilleur de vous-mêmes… Je me disais que je ne m’étais pas donnée tant de mal à étudier pour venir transmettre des bordereaux. Le président Houphouët-Boigny lui-même avait dit que malgré mes brillants résultats, je lui posais quand même problème. Parce qu’on l’aurait pris pour un fou s’il m’avait nommée ambassadrice dans ces années 60. Bref ! J’ai donc commencé ma carrière professionnelle au Ministère des Affaires Etrangères où j’ai d’abord été sous-directeur des affaires politiques et puis après, sous-directeur de la coopération internationale. A ce dernier poste, que j’ai vraiment aimé, j’avais des contacts avec des ambassades. Celles-ci nous offraient des bourses d’études pour les étudiants ivoiriens. J’ai statué sur les dossiers de plusieurs centaines de jeunes Ivoiriens. Parmi ceux-ci, il y avait le ministre Yaya Ouattara qui, un jour m’a interpellé en ces termes : « Mme Tchikaya, c’est grâce à vous que j’ai pu continuer mes études à l’étranger. » Et puis, en 1970, on crée le ministère du tourisme avec comme ministre, monsieur Loua Diomandé. Pour ce ministère, il cherchait des cadres. Et sur proposition de certains de ses amis, le ministre Loua a demandé mon détachement dans son département. J’y suis restée de 1970 à 1975 comme directeur des opérations de la promotion du tourisme. Pour mener à bien ma mission, j’ai dû prendre des cours de tourisme par correspondance dans une école internationale de tourisme qui se trouvait à Genève. J’étais encore dans ce ministère quand une délégation de compatriotes arrive du village pour me demander d’être leur représentant à l’Assemblée Nationale (Ndrl : à cette époque, on désignait les députés). Après moult tractations, je finis par accepter d’être député et je me retrouve à l’Assemblée Nationale où, j’avoue, que je me suis ennuyée à mourir. Après les cinq années de législature, le président Houphouët-Boigny décide de reconduire la douzaine de femmes que nous étions. Moi, j’ai dit au président que je ne voulais plus retourner à cette Assemblée Nationale. Ça ne m’intéressait plus. Mais le président Houphouët, pour nous permettre d’aller battre campagne pour les primaires, a donné à chacune de nous une enveloppe de 10 millions de francs. Moi, je savais que je n’avais plus envie d’y retourner. Je décide donc de lui retourner son argent. Mais qu’est-ce que je n’ai pas entendu ? Le président Houphouët-Boigny pour la première fois donnait de l’argent à quelqu’un et on osait le lui retourner. Après cet incident, une question se posait à moi. Ou bien je retourne au ministère du Tourisme ou au ministère des Affaires Etrangères. En fait, mon opinion était déjà faite sur l’administration : on s’y ennuie. En fonction de ça, j’ai dit « prenez votre diplomatie et votre administration, moi je pars. » Je me suis retrouvée ainsi à faire des demandes d’emploi à plusieurs entreprises de la place. Toutes m’ont répondu favorablement. Mais, les propositions de JAG (Jean Abile Gal) étaient les plus intéressantes. Je suis donc rentrée dans cette entreprise où j’ai terminé ma carrière professionnelle.

En tant que pionnière, vous avez été à l’avant-poste de la lutte pour l’émancipation de la femme. Avez-vous le sentiment aujourd’hui que ce combat a porté les fruits que vous espériez ?

Dans un sens oui. Parce que mon exemple a donné le goût des études aux jeunes filles. Des générations de jeunes filles après moi ont travaillé dans des secteurs d’activités qui jusque-là étaient réservés aux hommes. Je vois aussi aujourd’hui beaucoup de jeunes femmes qui ont fait des études pour être à la tête de sociétés d’Etat, elles ne sont donc pas à ces postes-là par complaisance… Mais comme dans tout pays en développement, en Côte d’Ivoire, on s’est laissé griser par le superficiel. Au point qu’il y ait des jeunes gens, des jeunes filles en particulier, qui se satisfont uniquement de leur beauté. Elles n’hésitent plus à se livrer ouvertement à la prostitution. On me dira que ça existe partout et que se sont les tares congénitales de la modernité et du développement. Mais pour notre jeune Nation, le sida est une autre grande bataille à gagner. C’est pourquoi, je voudrais que nos autorités s’appesantissent un peu sur la question des mœurs et des modèles à promouvoir dans notre société.

Le 24 décembre 1949, des femmes marchent sur la prison de Grand-Bassam pour libérer les hommes politiques emprisonnés par le pouvoir colonial de l’époque. Après cet épisode, on s’attendait à voir les femmes jouer un plus grand rôle dans la gestion de l’indépendance. D’après vous, qu’est-ce qui a freiné cet élan des femmes en Côte d’Ivoire ?

C’est dommage ! Parce qu’on aurait dû en tenir compte... Il n’y a pas que cette marche d’ailleurs. Dans la lutte anticoloniale, certaines femmes étaient même aux avant-postes. Mais comme vous le dites, une fois l’indépendance acquise, on les a oubliées. On pourrait me rétorquer que c’est parce qu’elles étaient analphabètes. Mais analphabètes ou pas, ça ne les a pas empêchées de jouer le rôle qui a été le leur pendant cette lutte. Moi j’ai vu à l’Assemblée Nationale des députés hommes complètement analphabètes, mais qui étaient là par récompense. On pouvait donc en faire de même pour les femmes. En tout cas, les femmes se sont repliées sur elles-mêmes. Car aucun homme ne les a encouragées. Même aujourd’hui, dans les instances politiques, on retrouve par-ci, par-là une secrétaire générale consacrée aux femmes. Mais diantre, pourquoi ne seraient-elles pas secrétaire générale du parti tout court ?

Quel pourrait être, selon vous, l’indice de participation des femmes dans la l’environnement sociopolitique ivoirien ?

Je n’ai pas les chiffres. Je me base uniquement sur mon expérience personnelle. A l’époque, elles étaient confinées dans de petites tâches, on les ameutait pour applaudir tel ou tel homme politique ; on les rassemblait pour venir faire à manger aux hommes. Mais aujourd’hui, je dois reconnaître qu’il y a un peu plus de femmes à des postes importants. C’est vrai qu’elles ne sont pas toutes à des postes de décision, mais le regard que les hommes posent sur elles aujourd’hui est différent.

Membre de l’AFI (Association des femmes ivoiriennes), vous étiez candidate à la présidence de cette association. Mais, contre toute attente, vous décidez de retirer votre candidature le jour même des élections. Que s’est-il passé au juste ?

Avec le tempérament que j’ai, il fallait s’y attendre. En effet, j’étais membre de l’AFI, comme toute femme en Côte d’Ivoire à cette époque-là. Un jour, des femmes me proposent d’être candidate à la présidence de l’AFI, parce que disent-elles, « on voudrait changer un peu à la tête de l’AFI. » J’adresse donc ma demande de candidature au comité exécutif du parti (PDCI). Ainsi ma candidature fut-elle entérinée. Mais que de remue-ménages en dessous ! Le jour de l’élection, nous nous retrouvons à la maison du congrès du PDCI à Treichville. Il y avait deux candidates en lice : Mme AKA Anghui et moi. Et puis, le ministre Jean Konan Banny arrive et me fait appeler. Il me dit : « On vient de recevoir un coup de fil de Yamoussoukro, le président veut que tu retires ta candidature. » Je lui rétorque qu’il faudrait que le président de la république m’en donne d’abord les raisons. Peu après, le même Banny revient me dire que le président dit que si je veux connaître les raisons, il faut que je le trouve à Yamoussoukro. Je dis à Banny de demander au président par quel moyen voudrait-il que je me rende à Yamoussoukro ? Banny revient encore une fois me dire que le président envoie son Gruman me chercher. J’explique donc la situation aux femmes... Avant d’aller à l’aéroport, je fais un détour chez moi afin d’informer ma famille. A ma grande surprise, arrivée à l’aéroport, des dizaines de femmes acquises à ma candidature étaient couchées sur le tarmac. Elles disaient que l’avion ne décollera qu’à la seule condition qu’elles soient du voyage. Après négociations, le pilote, M. Abdoulaye Coulibaly accepte de faire embarquer quelques-unes d’entre elles, au nombre desquelles il y avait Danielle Bony Claverie, Achi Brou Marthe et Assana Sangaré. Arrivées à Yamoussoukro, le président nous reçoit aussitôt… Mais vous savez, on a beau être un Chef d’Etat, commettre une injustice n’est pas chose facile. Le président Houphouët-Boigny qui, en son âme et conscience, savait qu’il était en train de commettre un grave tort, a eu du mal à me dire en face de retirer ma candidature. Au bout d’un moment, il me dit : « Ma fille, je sais que je suis en train de commettre une injustice, mais pour des raisons politiques, je te demande de retirer ta candidature. » En effet, pour cette élection-là, des gens sont allés raconter au président que j’étais soutenue par Kadhafi… J’ai répondu au président que si j’ai des pétro dollars de Kadhafi, ce ne serait pas pour briguer la présidence de l’AFI. Mais pour construire des dispensaires, des écoles, etc. dans mon village. J’ai même ajouté que s’il croit vraiment que Kadhafi me soutient, il lui était très facile de le vérifier. Il m’a répondu : « C’est déjà fait ». C’est pour vous dire, jusqu’où ça peut aller ces histoires de politiques… Après avoir promis au président que je retirerais ma candidature, nous sommes retournées à Abidjan. Quelle ne fut ma surprise quand nous sommes arrivées chez moi. Toute la « Rue des jardins » était noire de femmes en pleurs. Jusqu’aujourd’hui, je ne peux pas en parler sans écraser une larme… Et puis, réapparait Jean Konan Banny. Il me demandait de faire une déclaration à la presse où je devais dire que je me suis retirée par amour pour ma patrie. Je lui ai dit qu’il n’en était pas question. Et que si je devais faire une déclaration, ce serait pour dire exactement ce qui s’est passé. On en était là quand je reçois un coup de fil de Yamoussoukro. C’était le président Houphouët-Boigny qui me dit : « Si tu ne veux pas faire de déclaration, ne fait rien du tout… » Ainsi se termina le triste épisode de l’AFI.

Mme Madeleine Tchikaya est-ce que ce n’est pas votre tempérament et votre façon de dire la vérité nue qui vous ont finalement été préjudiciables dans votre carrière politique ?

Je crois que oui… Je sais que tout cela ne m’a pas servi dans ma carrière tant politique que professionnelle. En tout cas, j’ai été victime d’inutiles frustrations. Mais le peu que j’ai eu à la sueur de mon front, j’en suis tellement fière que je suis prête à recommencer. Chez nous, pour réussir en politique, il faut ramper. Or moi, je ne rampe pas, parce que j’ai mal au dos. Si on estime que j’ai les qualités pour occuper un poste quelconque, on me met là, c’est tout. Mais si on attend que je fasse la cour, que je rampe, que je dénigre des gens et que je ne caresse quelqu’un que dans le sens des poils, je crois qu’ils vont attendre longtemps.

Quelle est votre conception du rôle de l’intellectuel dans la société ?

Nous avons tous fait des études, mais ça ne fait pas de nous forcément des intellectuels. Parce que si vous n’avez pas de conviction ni de personnalité et que vous tournez telle une girouette au gré du vent pour vous remplir la panse, vous serez tout, sauf un intellectuel.

La Côte d’Ivoire, comme d’autres pays africains, se prépare à commémorer le cinquantenaire de son accession à l’indépendance. Qu’est-ce que cela vous inspire-t-il ?

Quand la Côte d’Ivoire accédait à son indépendance, j’avais 30 ans. J’étais donc déjà une adulte. J’ai vu un peu ce qui s’est passé avant et après l’indépendance. Les gens de ma génération et même après ont fait ce qu’ils ont pu. Nous n’avons pas, c’est vrai, tous été des héros, mais chacun dans sa sphère, selon son expertise a joué le rôle qui était le sien. C’est à la génération montante de continuer le travail, de rectifier ce qu’il y a à rectifier et de mener la barque ivoire à bon port.

A quoi rêviez-vous au moment de l’indépendance que vous n’avez pas encore vu se réaliser ?

J’ai vu ce qu’était la Côte d’Ivoire avant et après l’indépendance. Je ne peux donc pas dire que je suis déçue, car la Côte d’Ivoire a fait une avancée remarquable. Et puis à l’époque, il n’y avait pas tous ces universitaires. Il y avait quelques pionniers qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour que notre pays soit là où il est aujourd’hui. La Côte d’Ivoire a, certes, connu des maladies de jeunesse, mais elle a toujours joué un rôle essentiel dans la sous-région.

Au début des indépendances africaines, le géographe français René Dumont déclarait que « l’Afrique noire est mal partie ». Au vu du bilan de ces 50 années, est-ce que vous avez aujourd’hui la pleine mesure d’un tel propos ?

Juste après les indépendances, on a assisté à l’avènement des républiques d’opérette, avec une succession de coups d’Etat. En tout cas, des présidents qui faisaient honte à l’Afrique. Dans ce sens là, René Dumont avait eu raison de dire cela, car l’Afrique noire était effectivement mal partie. Mais ce n’étaient que des erreurs de croissance. Aujourd’hui, la plupart des dirigeants africains travaillent au développement de leur pays.

Le développement n’est-il qu’un problème de pays colonisés, pauvres, etc. ?

Je pense qu’au début de notre indépendance, on a donné trop d’importance au clinquant au lieu du travail proprement dit. Nous avons eu des empereurs, des maréchaux, des présidents à vie, etc. Et pourtant, nous avons, en termes de richesses naturelles, tout ce qu’il faut pour nous développer… On a même dit que la RDC était « un scandale géologique ». Tout cela, pour dire que ce n’est pas forcément un problème de richesses ni de pauvreté. Il s’agit de la volonté d’aller effectivement au développement. Un pays peut bien être sans richesses naturelles, mais s’il a des dirigeants sérieux, honnêtes, rigoureux, organisés, patriotes et une population disciplinée et travailleuse, il n’y a pas de raison que ce pays-là ne se développe pas.

Vous êtes certainement une observatrice attentive de la scène sociopolitique ivoirienne, quelle est votre appréciation du processus de sortie de crise en cours ?

Je préfère ne pas aborder ce sujet, simplement parce que je suis sous serment. En effet, de 2002 (avant l’éclatement de la crise) jusqu’en février 2010, j’étais membre de la CEI. Je ne peux donc pas répondre à cette question parce qu’en parler va m’amener à prendre partie.

50 ans après son indépendance, la Côte d’Ivoire enregistre sa première femme candidate à une élection présidentielle. Quel sentiment vous anime-t-il à ce sujet ?

C’est une très bonne chose… 50 ans après, est-ce à dire que nous avons trop attendu ? Je ne le pense pas. Il faut noter qu’aujourd’hui encore, il y a des gens qui pensent que mettre une fille à l’école est une perte de temps. Je crois donc qu’on se serait précipité si plutôt on avait eu une candidate à la présidentielle. Ceci étant, je connais Mme Jacqueline Oble, et je crois que c’est une femme qui a toutes les qualités pour diriger la Côte d’Ivoire.

Réalisée par Serge Grah
serge_grah@yahoo.fr

Source : Le Blog de Serges Grah

12:47 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : côte d'ivoire, serges grah, madeleine tchikaya, première énarque ivoirienne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

ILLUSTRATION DE LA QUERELLE FLAMANDS-WALLONS EN BELGIQUE: TROP MARRANTE!

 


 cid:FA3DB017A23C49F695D5294FC4E8B7FF@lea5a051e44c11

Les Flamands diront encore que les Wallons ne font pas d'efforts !...
i fiamminghi diranno ancora che i walloni non fanno nessun sforzo

 
 

12:31 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humour, blagues, rire, sourire, déstresser, détente, relaxation, bonne humeur | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 08 mai 2010

UNE BONNE POUR GARDER LE SOURIRE!

KANGOUROU.jpg

Il y a un  Français, un Belge, un Hollandais et un Arabe dans le compartiment d'un train.
Lorsque le Français jette une  paire de baguettes de pain par la fenêtre, il  dit :

-  "
Nous en avons quand même assez en France !"


Un peu plus tard, le  Hollandais jette des boules de fromage par la fenêtre,  et dit :

- "
Nous en avons quand même assez en Hollande !".

A ce  moment-là, l'Arabe dit au Belge :

- "
N'essaie pas, hein mec  !!!".

 

Excellent week-end à tous!!!

00:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humour, blagues, décompresser, déstresser, détente, rire, sourire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

UNE CACHE D'ARMES DECOUVERTE A ANYAMA

 

DECOUVERTE CACHE D'ARMES A ANYAMA.jpg

Une cache d’armes, longtemps recherchée par les services de sécurité, a été découverte mercredi par les éléments de la gendarmerie du général Kassaraté à Anyama, à la périphérie d’Abidjan. Le nommé Fofana Baya, natif de Dabakala et retrouvé sur les lieux, a été mis aux arrêts.

C’est par une action conjointe de l’unité d’intervention de la gendarmerie, le GDR, et de l’escadron commando d’Abobo, que ce qui était considéré jusque-là comme des rumeurs, a été démantelé dans le quartier RAN d’anyama.

Les armes découvertes sont de belle facture. On peut citer pêle-mêle, 05 RPG (Roquettes Propulsées par Gaz), 05 fusils de type SIG, 02 fusils de calibre 12, 03 kalachnikovs, 03 fusils mitrailleurs, 01 arme automatique modèle 52 (AA52), 01 bande de munitions AA52, 18 charges propulsives, 04 roquettes anti personnel, 16 roquettes anti chars, 04 cartouches de fusil calibre 12, 11 chargeurs de fusil kalachnikov, 02 chargeurs de fusil SIG, 13 paquets de munitions de 7,62 mm, 10 munitions en vrac de 7,62 mm, 10 sacs de treillis différents et 04 cartons de treillis différents.

Visiblement, ces armes devaient servir à une insurrection armée sur Abidjan ou ailleurs dans le pays. Pour l’instant, aucune information n’a filtré sur l’origine et la destination de ces armes. Une information judiciaire a été ouverte pour élucider toute cette affaire, qui nul doute, permettra de remonter à leurs puissants commanditaires.

Nous y reviendrons.

Harry’O

Source : AbidjanTV.net

00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : côte d'ivoire, cache d'armes, anyama, désarmement, insurrection | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |