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lundi, 19 juillet 2010

ARRESTATION DE 3 JOURNALISTES DU NOUVEAU COURRIER: DECLARATION DU MOUVEMENT DE LIBÉRATION DE L'AFRIQUE NOIRE




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Notre justice nous tire vers le bas. C'est incroyable que Théophile Kouamouo et ses collaborateurs, nos frères et amis, aient été arrêtés pour avoir accompli leur devoir d'information au nom de la liberté de la presse. Que ce soit le Procureur de la République qui l'ait ordonné, dans un état dont le chef a promis ne jamais mettre un journaliste dans l'exercice de sa profession en prison, est un fait gravissime. On peut vraiment tout se permettre dans cette Afrique obscurantiste! Que le droit soit dit et que la Justice triomphe, n'en déplaise aux adeptes de pratiques judiciaires d'une époque à jamais révolue!  Lire, ci-dessous, la déclaration de soutien du MLAN à nos amis incarcérés. Dindé Fernand.

 

DECLARATION DU MOUVEMENT DE LIBÉRATION DE L'AFRIQUE NOIRE SUITE À L'ARRESTATION DES TROIS JOURNALISTES DU JOURNAL

« LE NOUVEAU COURRIER »

Les journalistes du quotidien Le Nouveau Courrier, Théophile Kouamouo  (directeur des rédactions du journal), ainsi que  Stéphane Guédé et Saint Claver Oula, gardés à vue depuis le mardi 13 juillet à la police criminelle ont été placés sous mandat de dépôt à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca) le vendredi 16 Juin 2010. Il leur est reproché d'avoir publié une partie des conclusions du juge d'instruction et des réquisitions du parquet sur l'affaire de la filière café-cacao. L'information a été donnée à l'AFP par leur avocat, Me Désiré Gueu.

Pour  le MLAN, la liberté de la presse est un socle indéboulonnable dans une démocratie car le droit à l'information est fondamental pour le développement d'un pays. En sus, les journalistes ont le droit de  s'opposer à la saisie de documents permettant l'identification de leurs informateurs. Réuni en comité des droits de l'homme, il a décidé de ce qui suit :

-         condamne sans réserve l'arrestation des trois journalistes et la barbarie avec laquelle ils ont été traités ;

-         s'émeut du silence des autorités face à cette situation d'extrême gravité ;

-         demande la cessation des intimidations incessantes tendant à faire prospérer le déficit d'information et la libération sans délai de ces trois journalistes.

Pour le MLAN, le droit à l'information est constamment et arbitrairement  mutilé lorsque le droit d'informer est monopolisé par des pouvoirs publics qui exercent un droit de censure illimité, ou des pouvoirs sociaux qui s'entourent de secrets destinés à garantir leur puissance, par des pouvoirs médiatiques qui se soumettent alternativement ou conjointement aux pouvoirs politiques et économiques.

Rappelant qu'aucun peuple ne peut aspirer aux délices de la liberté et de l'indépendance sans un minimum d'état de droit.

Soulignant la nécessité d'une lutte pour la liberté véritable de la presse en Côte d'Ivoire, le MLAN salue à juste titre le soutien sans faille des  organisations ivoiriennes de la presse (Gepci, Synappci, Cnp, Unjci) aux journalistes arrêtés.

Le MLAN invite le procureur de la république, Raymond Tchimou, à traiter ce sujet avec sollicitude et le respect du droit. La Côte d'Ivoire est malade de la corruption et le procureur gagnerait à enquêter sur l'origine de la fortune des nouveaux riches dans un pays où un ivoirien sur deux vit dans la pauvreté.

Le MLAN s'étonne de l'empressement avec lequel le procureur de la république  conduit des journalistes en prison lorsque des enquêtes sont en cours pour élucider un certain nombre d'affaires d'Etat.

Considérant que la justice doit être équitable et accessible à tous, et s'exercer dans des délais raisonnables - retarder la justice signifie nier la justice. Or le Procureur garde en détention préventive depuis plus de deux ans, la quasi-totalité des responsables de la juteuse filière Café-Cacao.

Le MLAN exhorte le chef de l'Etat à œuvrer pour le rétablissement de la paix sociale et de la justice sociale. La crédibilité de la démocratie ivoirienne s'en trouve éprouvée.

A la jeunesse ivoirienne, l'heure de la révolte démocratique a sonné, il faut renoncer à la peur car la coupe est pleine ; opposez avec éclat une résistance historique  en utilisant les moyens les plus démocratiques à toutes les œuvres tendant à tirer le pays vers le bas. Nous vous invitons avec empressement, partout où vous êtes à vous affranchir de l'impureté.

Fait à Paris le 18 Juillet 2010
Pour le MLAN
Le Président

Dr Séraphin PRAO

Commentaires

C'est vraiment REGRETABLE pour notre pays. C'est l'autorité de l'Etat qui a permis la fuite des informations secretes qui doit etre CONDAMNEE et non les joursnalistes qui ne font que faire leur metier....

Nous nous trouvons TOUJOURS dans un ROYAUME et non dans un Etat de droit.

Écrit par : srika blah | jeudi, 22 juillet 2010

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