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jeudi, 12 août 2010

DITES-NOUS, LES REFONDATEURS, OU EST LE CHANGEMENT?

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« Tous ces hommes qui nous font peur, qui écrasent l'émeraude jalouse de nos rêves, qui bousculent la fragile courbe de nos sourires, tous ces hommes en face de nous, qui ne nous posent point de questions, mais à qui nous en posons d'étranges. ... Qui sont-ils ».

Cette phrase est tirée du livre de Frantz Fanon, intitulé Pour la révolution africaine, écrits politiques-Paris : La Découverte, 2006.  Qui sont ceux qui écrasent donc nos rêves ? Il ne faut pas chercher loin et pendant longtemps, il s'agit des refondateurs ivoiriens.

Les ivoiriens connaissent bien ceux qu'on appelle depuis 2000, les Refondateurs. Mais pour les autres, ils n'ont pas d'inquiétude à se faire car dans notre exposé, des définitions seront données.

Notre contribution du jour est une question que nous posons à ceux qui nous gouvernent aujourd'hui en Côte d'Ivoire. Nous désirons avec leur permission, savoir ce qu'ils ont fait du changement promis. Cette question est donc la suivante : « dites-nous les Refondateurs, où est le changement ?».

Pour faciliter notre exposé, il nous semble intéressant de rappeler aux lecteurs certaines définitions, toujours obnubilé par le souci constamment affiné de rendre objectivement notre pensée.

Les Refondateurs sont les « acteurs » d'un « scenario » qu'on appelle : la Refondation. Cette dernière est une philosophie de la vie en société, un programme de gouvernement, une affirmation des valeurs éthiques et une vision de l'homme et de l'humanité. Elle a promis un changement radical de l'édifice national. Tout était à reconstruire pour le pays, sa structuration administrative, son organisation économique, politique, sociale, culturelle.

A ce stade de notre exposé, contentons-nous de cette définition que nous compléterons plus loin.

On peut définir le changement comme une action qui consiste à chambarder, innover, réformer, rénover, renverser, révolutionner. Une telle définition nous conduit à une autre question, celle de savoir ce qui était à changer.

Dans la suite de notre exposé, il nous faudra brièvement présenter la Côte d'Ivoire avant l'irruption des Refondateurs. Ce sera le premier point à développer.

Nous discuterons dans un deuxième point, des retombées de la Refondation. Pour être sincère avec nous-mêmes, la Refondation en tant que philosophie n'est pas blâmable, mais le comportement des « acteurs » de la Refondation.

Enfin, dans un troisième point, nous appellerons les ivoiriens à ne pas laisser le « volant » de la « voiture ivoire » à des aventuriers.

LA CÔTE D'IVOIRE SOUS LE PARTI UNIQUE : FORCES ET FAIBLESSES

Avant l'avènement du multipartisme, l'histoire politique et économique de la Côte d'Ivoire se confond avec celle de Félix Houphouët-Boigny, fondateur du PDCI (Parti Démocratique de Côte d'Ivoire).  Jusqu'en  1990, en tout cas, le PDCI-RDA régnait et son modèle économique était le fondement de l'effort de développement.

Sur le plan politique, il faut dire que le parti unique n'est pas attrayant pour le démocrate que je suis. Le parti unique est un suicide politique dont les effets pervers sont le plus souvent un boomerang social. Or comme les grecs l'enseignent, c'est de la polémique[1] que dérive la vérité, une république animée par un parti unique n'est pas démocratique.

En matière de diplomatie  et de politique internationale, dès l'accession à l'indépendance de son pays, le président Félix Houphouët-Boigny opte pour une coopération étroite avec la France. Rappelons qu'à cette époque, deux conceptions différentes de l'Afrique s'affrontent, d'une  part les « progressistes » du groupe de Casablanca, qui souhaitent à la fois une indépendance totale des pays africains ainsi qu'un fort panafricanisme, et d'autre part, les « modérés » du groupe de Monrovia dont faisait partie Félix Houphouët-Boigny, qui aspirent également à une indépendance de l'Afrique, mais sous la férule de la France.

Félix Houphouët-Boigny, n'était pas un véritable président mais le représentant de la France en Afrique francophone : il défendait les intérêts français.

Il n'a rien fait pour aider à la construction d'une monnaie sous-régionale décolonisée, c'est-à-dire gérée par les africains eux-mêmes, sans la tutelle française. Il a préféré tout donner à la France et se contenter des résidus.

Au niveau économique, le pays connait un semblant de développement. Les résultats affichés par la Côte d'Ivoire sont impressionnants : le taux de croissance annuel moyen du Produit Intérieur Brut est d'environ 7 % entre 1960 et 1980, indique la Banque Mondiale. Les dépenses dans le domaine de l'éducation et de la santé sont très importantes, 40% du budget de l'État est alloué au secteur de l'éducation et de nombreux hôpitaux et dispensaires de village sont mis à la disposition des populations.

Mais la croissance ivoirienne est une croissance appauvrissante, puisqu'elle est basée sur l'exportation de quelques matières premières. Il a suffit que les prix des matières premières chutent pour que le PIB par tête se détériore, enfonçant le pays dans une crise.

Sur le plan social, certes l'ivoirien vivait mieux que son homologue de certains pays voisins, mais la distribution de la richesse n'était pas égalitaire. Elle se faisait selon des normes clientélistes et claniques.

La paix sociale était tout de même préservée dans un pays où un quart de la population est étrangère. On pourra tout reprocher à Félix Houphouët-Boigny, mais il a réussi à asseoir une précaire cohésion sociale.

DU MULTIPARTISME A LA REFONDATION : L'ESPERANCE AVORTEE

Les partis politiques existaient en Côte d'Ivoire avant les indépendances mais l'histoire leur donne un point de départ en 1990.

Comme le souligne Jean-François Bayart, «  Une légende plaisante veut que la conférence de La Baule, en juin 1990, ait propulsé l'Afrique dans l'ère du multipartisme, parfois à son corps défendant. C'est oublier la chronologie des faits : la France a pris acte tardivement, et de manière bien ambiguë d'une revendication libérale ... qui était devenue irrépressible »[2].

En Côte d'Ivoire, le multipartisme est arraché à Félix Houphouët-Boigny en 1990. Le Front Populaire Ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo se trouve en première ligne dans le combat pour les libertés individuelles.

Ces démocrates là ont confondu démocratie et multipartisme. Nous le répétons encore une fois, la démocratie est fondamentalement le règne du droit.  Selon le Rapport préparé par International IDEA (l'Institut international pour la démocratie et l'assistance électorale) et dans le cadre de son programme mondial sur la recherche et le dialogue avec les partis politiques, publié en 2007, la Côte d'Ivoire disposerait de plus de 130 partis politiques. Or à en croire Freedom House[3], le pays ne serait  pas propice aux libertés civiques.

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que l'éclosion des partis politiques ne garantit pas nécessairement le multipartisme. Il est par conséquent nécessaire de faire la distinction entre l'existence d'un grand nombre de partis politiques et un système de partis. Dans la première situation, il y a beaucoup de partis mais il n'y a aucune compétition significative entre eux ; un seul parti domine. Dans le deuxième cas, il y a un système pluraliste compétitif et démocratique.

Bref, le Front Populaire Ivoirien (FPI), dans sa vocation légitime de conquérir et d'exercer le pouvoir d'Etat, a élaboré un projet de société. Ce projet ébauché de 1982 à 1992, finalisé entre 1993 et 1997, a été publié en 1998 sous la direction de Harris Mémel FOTË sous le titre « Fonder une Nation Africaine Démocratique et Socialiste en Côte d'Ivoire ». C'est donc ce projet qui constitue la matrice, la boussole, la référence idéologique concernant un choix politique, économique, social, culturel, etc[4].

Le programme du FPI baptisé « LA REFONDATION », se proposait de refonder les relations ambivalentes avec les puissances impérialistes, construire un Etat démocratique avec une justice juste, animée par des magistrats compétents et crédibles, donner à l'école son rôle d'ascenseur social, distribuer égalitairement les richesses du pays, lutter contre la corruption et ériger la méritocratie comme mode de promotion sociale.

Dans les faits, la Refondation n'a été qu'une curiosité intellectuelle, pas plus. En tout cas en termes de progrès social.

Sous la Refondation, la corruption est devenue le « toboggan » qui permet d'accéder à l'enrichissement illicite. Et pourtant un ivoirien sur deux est pauvre.

En Aout 2006, la société Trafigura, spécialisée dans le négoce de produits pétroliers déversait des déchets toxiques à Abidjan et ses environs faisant des morts et personnes hospitalisées avec des séquelles à vie.

En 2007, Global Witness publiait un rapport "Chocolat chaud", qui dénonçait notamment la tendance du secteur du cacao ivoirien à la mauvaise gestion des revenus, à l'opacité des comptes et à la corruption. Mieux la filière Café-Cacao est accusée de pillage systématique dans une rocambolesque affaire de 100 milliards de franc CFA. Il s'agit d'un détournement de 100 milliards de l'usine de Fulton aux Etats-Unis, par des responsables de la filière café-cacao. Notre pays est devenu le nid de la  corruption. Le classement de Transparency International du degré de corruption varie de 10 à 1, avec la matrice la plus élevée indiquant les moins corrompus du lot et la matrice la moins élevée les plus corrompus. En 2005, le Ghana, avec le niveau le plus bas de corruption en Afrique de l'Ouest, a un score de 3,5, et a été classé 65e sur 159 pays impliqués dans le classement. Le Nigeria et la Côte d'Ivoire étaient considérés comme les pays les plus corrompus de la sous-région, avec un score de 1,9, et classés 152e ex æquo sur 159 pays.

Aujourd'hui, en Côte d'Ivoire, il semblerait que tous les concours d'accès à des postes publics, fassent l'objet d'un chantage monétaire.   Ainsi, pour rentrer à la prestigieuse Ecole Nationale d'Administration (ENA), il faut payer. Il faut faire pareil pour l'Ecole Nationale de Police (ENP), l'Ecole Nationale de la Gendarmerie (ENG), l'Ecole Normale Supérieure (ENS). Du coup, la motivation a déserté les lycées et les collèges ainsi que nos universités.

Le secteur stratégique qu'est l'éducation est malade.  L'école  va encore plus mal sous la Refondation, avec à la fin de l'année scolaire 2008-2009,  des scores décevants : 80% d'échec au BEPC et 80% d'échec au BAC.  En 2010, le taux d'échec au Bac est de 75,5 % et  de 70%  au BEPC.  L'école est pour le pays ce que  l'enfant est pour une famille. Le taux de scolarisation qui se situait à 74% en 1998 est tombé à 66% en 2006/2007.

Les Refondateurs n'ont pas réussi à lutter contre la françafrique car dans ce combat,  la Côte d'Ivoire a tout perdu.

Le Président ivoirien a tout donné aux multinationales colonisatrices or il critiquait le parti unique de « vendre » le pays à la France.

En effet, depuis le 12 octobre 2005, le groupe BOUYGUES à travers sa filiale CIE, est encore et ce, pendant 15 ans le distributeur exclusif de l'électricité en Côte d'Ivoire. De sa production jusqu'à son exportation, en passant par la distribution et l'importation, l'Etat a accordé le secteur au groupe français. Même la construction du troisième pont est encore attribuée à BOUYGUES alors que les chinois pouvaient le faire à un prix raisonnable.

Il en est de même de Bolloré qui a tout obtenu après un non tonitruant. En 2004, le groupe Bolloré obtenait du Port autonome d'Abidjan (PAA) une concession de "gré à gré" à travers sa filiale SETV, pour un coût de 5,5 milliards de FCFA (8,4 M EUR) et une promesse d'investissement de 27 milliards de FCFA (plus de 41 M EUR) sur cinq ans.

Finalement, les ivoiriens ont été floués par les Refondateurs.

LES REFONDATEURS ONT ECHOUE LAMENTABLEMENT : LE PEUPLE DOIT AVISER

Disons-le avec empressement, en vérité, il faut rechercher dans la mauvaise foi des Refondateurs, la folie de leurs œuvres. Il serait curieux d'étudier l'influence qu'a pu exercer la guerre sur la vie des ivoiriens depuis 2002.  Pour autant, la guerre n'est pas un passeport pour arriver à des fortunes colossales. S'il  y'a un paradoxe rapidement rencontré dans la Refondation, c'est  ce que notre brave compatriote Lekadou Tagro Gérard nomme « la qualité et le choix des hommes ». Non content de l'échec au niveau de l'amélioration du niveau de vie des ivoiriens, les Refondateurs torturent moralement le peuple avec l'épandage de leur fortune.

Pendant qu'on nous ressassait que nous étions en  guerre parce que la Chiraquie s'est rendu compte que l'actuel chef d'Etat n'est pas prêt à brader les richesses de son pays, nos propres frères pillaient les caisses de l'Etat. A un certain moment, on avait pu croire à ces différentes diversions avant de retrouver toute notre lucidité.

Dieu seul sait combien sont les Refondateurs qui ont critiqué  les détournements des deniers publics, la mégalomanie, les achats de conscience, le tribalisme etc. ils ont critiqué le monarque Boigny qui ne se gênait pas d'emprisonner, de torturer, de mettre en exil.

Posez la question aux ivoiriens, ils vous diront qu'ils ne voient point de différence entre l'époque du Parti unique et celle des Refondateurs, en tout cas, sur le plan politique.  Ce ne sont pas les journalistes du « Nouveau Courrier » qui  diront le contraire.

Les ivoiriens sont devenus aujourd'hui nostalgiques des temps passés. Ils sont admiratifs de ce qu'ils ont répudié hier, car le changement a été un mirage.

Pour répondre à la question posée aux refondateurs (à savoir où est le changement ?), il est facile de trouver les mots justes.

Les Refondateurs n'ont plus de boussole, ils ont perdu les nobles valeurs qui faisaient rêver les ivoiriens.

Pour être honnête, ce n'est pas la « Refondation » en tant que philosophie qui est condamnable, bien au contraire, il faut reconstruire le pays sur des bases nouvelles.

Ce qui a été sans doute le problème de la  « Refondation », c'est le choix des hommes.  Un bon scenario a besoin de bons acteurs et un metteur en scène chevronné, pour que le rendu soit sans reproche.

Dire que la « Refondation » était porteuse d'espoir ne signifie pas qu'il faille renouveler notre confiance à ces acteurs insoucieux. Pareilles tentatives ignorent volontairement le caractère versatile de l'être humain.

Pour ma part, ce que je souhaite pour les Refondateurs, c'est une sanction populaire dans les urnes. Mais le dernier mot appartient au peuple ivoirien.

Les ivoiriens espèrent en des lendemains meilleurs mais pour l'heure, il faut que nous nous battions pour obtenir les élections même par césarienne.


Dieu aide la Côte d'Ivoire à se relever de sa chute.

Dieu bénisse l'Afrique !


Dr Séraphin PRAO

Président du Mouvement de Libération de l'Afrique Noire (MLAN)

www.mlan.fr

contact@mlan.fr

 


[1] Le terme polémique vient du grec polemos qui désigne le combat. Le registre polémique désigne un débat où l'échange d'arguments prend un tour agressif voire violent.


[2] Jean-François BAYART, La politique africaine de la France. Ni le Zambèze ni la Corrèze ", Le Monde, 5 mars 1992.


[3] Source : Freedom House, Freedom in the World Report, 2006 (Washington, DC: Freedom House,

2006).


[4] Tiré du Texte de la conférence « Ce que Refonder veut dire ; la Refondation à l'épreuve du pouvoir »,

prononcée le vendredi 30 Avril au Palais de la Culture à Abidjan. Texte disponible à l'adresse

suivante :http://liberte.fpi.ci/content/index.php?option=com_content&view=article&id=13%3Aconferences&catid=2%3Aevenement&showall=1

Commentaires

merci pour cette exposer sur la politique de votre pays , je me rend conte des diffficultées que recontre votre pays , ses vrait baucoup d entreprises française on le monopol de tros de choses chez vous au nom de quoi je me pose toujours la question , seul les ivoirien pourrait changer le court des choses , car politique et gros sous fon tres bon menage , je voudrait vous poser une question ,votre pays viver t il mieut quant il etait une colonie française , car je ne connait pas la situation de la cote divoire a cettte epoque la , et votre pays me plais baucoup , merci de nouvrir l esprit ,
bonjour de fraznce gerard

Écrit par : fougerat de david de lastours | jeudi, 12 août 2010

Merci, cher FOUGERAT, de t'intéresser autant à mon pays! Pour répondre en peu de mots à ta question, la Côte d'Ivoire ne vivait pas mieux pendant la colonisation: elle manquait d'infrastructures de toutes sortes, les libertés individuelles et les droits de l'homme étaient une vue de l'esprit, le pays n'était pas maître de son destin et ne pouvait décider pour lui-même de ce qui était bien pour lui, en plus d'être proprement pillée par la puissance colonisatrice française.

L'indépendance des années 60 a fondé de grands espoirs pour nos populations qui étaient brimées et traitées comme des bêtes de somme. 50 ans après, nos espérances semblent s'être évanouies avec cette gestion calamiteuse qu'en ont fait et qu'en font encore nos dirigeants.

Il faut, aujourd'hui, à la Côte d'Ivoire des leaders qui l'aiment et qui sont prêts à payer tous les prix pour sa liberté, sa vraie indépendance et sa prospérité, sans calculs politiciens mesquins. C'est à ce point que nous en sommes, cher ami FOUGERAT.

Bien à toi, en France, et merci pour la visite!

Écrit par : Dindé | lundi, 16 août 2010

"Il faut, aujourd'hui, à la Côte d'Ivoire des leaders qui l'aiment et qui sont prêts à payer tous les prix pour sa liberté, sa vraie indépendance et sa prospérité, sans calculs politiciens mesquins. C'est à ce point que nous en sommes,"
Cela résume bien ce billet que je viens de lire frère.Ma question est:
-en existent-ils, avec ce niveau de recherche de mieux être sans vouloir travailler?
-cette façon de déifier la médiocrité, donne t'elle les armes pour une véritable indépendance?
L'on a point besoin de chercheur pour faire ce constat, d'enrichissement frauduleux, de culte de la médiocrité, du contentement du peu, du système "gombo" à tous les niveaux

Écrit par : hilaire KOUAKOU | mardi, 17 août 2010

Pour être franc avec toi, cher frère HILAIRE KOUAKOU, je réponds par la négative à ta première question. Ou (pour ne pas être péremptoire), il en existe très peu!

En ce moment, je suis un patriote TERRIBLEMENT désabusé!... Je n'en dis pas plus. Au risque de déverser sans retenue la morgue qui m'étreint le coeur sur cette bande de vauriens sans éthique, sans dignité, sans honneur, sans valeurs et sans morale qui gouverne, en ce moment la Côte d'Ivoire, et qui passe son temps à copuler sans frein, à mentir, à voler et à piller mon pays.

Stop, j'arrête. Sinon je vais être encore plus cru. J'ai la mort dans l'âme. Nos leaders politiques sont une horde d'amuseurs publics qui ne rêvent qu'au pouvoir. Aucun d'eux n'a les tripes et des idéaux assez élevés pour prétendre diriger ma Côte d'Ivoire. Voilà où nous en sommes après 50 ans d'indépendance! Pas sûr que cette année je me pointe devant un bureau de vote.

Que DIEU garde la Côte d'Ivoire!

Écrit par : Dindé | mercredi, 18 août 2010

Cher Ferdinand, tu dis "notre contribution du jour est une questions que nous posons à ceux qui nous gouvernent aujourd'hui, en Côte d'Ivoire".
Permets-moi de te renvoyer la question : Qui gouverne aujourd'hui en Côte d'Ivoire ? Retiens une chose qu'il ne faudra jamais perdre de vue. Quand tous les partis cohabitent au sein d'un gouvernement, la responsablité des fautes n'incombe nullement à tel ou tel parti, mais bien à tous. Dans un pays européens à vieille tradition démocratique comme la France, le systhème politique permet de temps à autre d'aboutir à ce genre de situation. Les Français l'appellent "la cohabitation". Une période où l'opposition participe à l'action du président élu en entrant dans son gouvernement afin de l'empêcher de mener les réformes que l'on ne veut pas. C'est seulement lorsque l'on remet tous les pouvoirs entre les mains d'un SEUL parti qui chosit lui-même ses alliés - ou entre les mains de plusieurs partis alliés avant de se soumettre au vote du peuple, - que les réformes peuvent être menées.
Je te prie donc de ne pas confondre le titre de Président de la République et le pouvoir d'un gouvernement. Une cohabitation est faite pour qu'aucun parti ne mène seul une action concrète ! Tu ne peux te permettre de confier le pouvoir à tous les partis et ensuite choisir le camp que tu veux rendre responsable de ce qui ne va pas. Dans ce cas, c'est toi qui n'est pas cohérent. Tu dois donc préalablement répondre à la question suivante : "pourquoi j'accepte que tous les partis de mon pays soient au gouvernement, donc au pouvoir ?" Ta réponse à cette question te mènera vers la clef de la solution de la Côte d'Ivoire.

Écrit par : St-Ralph | samedi, 21 août 2010

Merci, cher ami ST-RAPH, pour ton commentaire. Excuse-moi mais je ne me rappelle pas avoir fait mention d'un parti dans ma réaction précédente. Tous les partis au gouvernement assume à part égale la débâcle sociale, politique et morale de mon pays. Même si je reconnais aux Refondateurs une frénésie sans nulle autre pareille pour piller et renier toutes les valeurs du socialisme dont ils se réclament.

Au demeurant, la phrase que tu as citée (et mise entre guillemets) est celle de l'auteur de cet article (voir paragraphe 4) et il se nomme Dr Yao Prao.

Et quand, moi, je parle de "patriote TERRIBLEMENT désabusé", pour en revenir à ma réaction, ce n'est pas par rapport à un cloisonnement manichéen du champ politique ivoirien mais au sens le plus large et le plus noble du terme "patriote". Rien à avoir avec le "vacarme patriotique" comme dit l'autre, qui nous est servi sans discernement et sans idéal véritable.

Je ne suis le suiveur de personne et je ne suis pas prêt à ménager quiconque détruit mon pays. Je suis attaché à des principes, à des idéaux et à des valeurs. Non à un homme, encore moins à un parti.

J'entends des individus délirer totalement en disant: "On ne peut pas être de La Mouvance Présidentielle et attaquer GBAGBO" (dixit Stéphane KIPRE, le bienheureux gendre présidentiel). Si dénoncer les dérives des Refondateurs, c'est attaquer GBAGBO, c'est qu'il y a des gens qui n'ont rien à faire en politique. Ils nous rendraient un énorme service en allant se faire voir ailleurs.

Au pire des cas, si nous restons dans leur logique, c'est qu'alors, GBAGBO ne mérite plus d'être soutenu par les milliers de patriotes que nous sommes, qui croyons en l'émergence d'une Côte d'Ivoire nouvelle pour laquelle nous sommes prêts à payer n'importe quel prix. Ce n'est pas avec des réflexions aussi rétrogrades et incongrues qu'on bâtira cette nouvelle Côte d'Ivoire!

Amicalement!

Écrit par : Dindé | dimanche, 22 août 2010

Alors mon cher Dindé, mes interrogations vont à M. Yao Prao. Je crois savoir que quand on parle des "Refondateurs" en Côte d'Ivoire, il s'agit du parti socialiste ivoirien. A aucun moment, il ne montre sa déception à l'égard de ceux qui sont là pour accomplir leur tâche qui consiste à empêcher le président élu de faire ses réformes. Car la cohabitation c'est cela. Quant à moi, je n'émets pas de critique à l'égard de tel ou tel individu exerçant le pouvoir avec Gbagbo puisque ce qui se passe est exactement ce qui doit se passer avec cette "associations d'ennemis" et un pays coupé en deux. Tout le monde tourne en rond.

Écrit par : St-Ralph | dimanche, 22 août 2010

La réfondation a fait rêver les ivoiriens. Ce rêve s'est malheuresement transformé en cauchemar. Tous les maux décriés sous "l'empire Houphouet Boigny" ont pris l'ascenseur sous la réfondation. Et je suis désolé, contrairement à la position de St-Ralph, la guerre ne justifie pas ce vol organisé. Les réfondateurs sont fiers de clamer haut et ford que la Côte d'Ivoire est gouverné, que malgré cette crise le président Gbagbo tient solidement la barre. Il y a bien quelqu'un qui a la signature des décrets. Quand il lui a plus de disoudre le gouvernement et la CEI, il l'a bel et bien fait.
Toutes les dérives relevées par l'auteur de cet article ont commencé avant cette crise. Je me souvient que déja en 2001, on a commencé à parler des nouveaux riches avec lleurs 4x4 dernier cri et leur attitude arrogante.
C'est vrai que la guerre a plombé le développement du pays, mais elle ne justifie tous ces vols à grande échelle.

Écrit par : Abelkassi | lundi, 23 août 2010

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