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mardi, 31 août 2010

NOMINATION DU GENERAL BETH COMME AMBASSADEUR AU BURKINA : FAIRE TRES GAFFE A LA FRANCE !

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Sous des dehors de préoccupations sécuritaires dans la région sahélienne, la France installe dans la sous-région ouest-africaine un commandement d'opérations spéciales (obscures) contre la Côte d'Ivoire, en nommant le Général Beth, un acteur de la crise ivoirienne, ambassadeur au Burkina Faso. Pour mémoire, Emmanuel Beth commandait le Centre de Planification et de Conduite des Opérations (CPCO), en novembre 2004, quand la Force Licorne a détruit la flotte aérienne ivoirienne, sur ordre de Chirac. Ivoiriens, il faut savoir lire entre les lignes; vous êtes avertis! A bon entendeur...! Fernand Dindé.

 

A deux mois de la présidentielle en Côte d'Ivoire : Paris installe le général Beth à Ouagadougou


Le général de corps d'armée Emmanuel Beth, est officiellement, depuis le mercredi 4 août 2010, le nouvel ambassadeur de France au Burkina Faso. Il remplace, à ce poste, le civil François Goldblatt.


Pour ceux qui ne s'en souviennent pas, le général Beth fut le premier commandant de l'opération Licorne en Côte d'Ivoire, en 2002, après la tentative de coup d'Etat muée en rébellion armée. Il dirigea la Licorne du 1er octobre 2002 au 30 mai 2003. C'est sous lui que s'est déroulée la récupération des ressortissants français vivant à Bouaké qui fut "un prétexte", selon des sources informées, pour "permettre aux rebelles acculés par l'armée ivoirienne de bénéficier d'appui de mercenaires et d'armement". La signature du cessez-le-feu entre les Fds et la rébellion sous les auspices du Sénégal, alors président en exercice de la Cedeao et l'accord de Linas-Marcoussis se sont effectués pendant qu'il était à la Licorne.


Le général Beth est surtout celui qui a consacré la partition de la Côte d'Ivoire. Puisqu'il est le concepteur de la zone de confiance. Pourquoi Sarkozy nomme-t-il Beth à Ouaga en cette période-ci ? La revue française "La Dépêche diplomatique", datée d'août 2010, livre en des termes voilés, les raisons de ce pré- positionnement d'un ambassadeur militaire français au Burkina Faso : "Les confins sahélo-sahariens seraient devenus une zone à risques, la situation n'est pas stabilisée au Niger ; au Mali, le général d'armée, Amadou Toumani Touré, président de la République, va probablement laisser la place à un "civil" lors de la prochaine élection 2012. A Abidjan, la présidentielle d'octobre 2005 sera organisée (au mieux) en octobre 2010 ; et si cela ne se produisait pas, on peut penser que l'axe Abidjan-Ouagadougou en subirait les effets collatéraux (pour ne pas dire plus). A Ouagadougou, Blaise Compaoré va rempiler (sans surprise) pour cinq ans à la suite de la présidentielle du 21 novembre 2010 (dans tout juste trois mois). C'est dire que Ouaga est le centre de gravité du triangle Abidjan/Bamako/Niamey. Voilà pour le contexte. Pour le reste, ce sera le job de Beth", écrit le magazine.


En des termes plus clairs, la France, qui visiblement prévoit une déflagration du contexte sociopolitique en Côte d'Ivoire si l'élection présidentielle ne se tient pas comme prévue le 31 octobre prochain, a préféré nommer, à Ouagadougou, un général, ancien commandant de l'opération Licorne, pour organiser les interventions en terre ivoirienne.


Paris qui ne croit ni en l'Accord de Ouagadougou ni en l'excellence des relations bilatérales entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, présage déjà des tensions entre les deux pays au-delà du 31 octobre.


Comme on peut le constater, cette nomination du général Beth cache bien des secrets qui ne sont pas faits pour ramener la stabilité en Côte d'Ivoire et en l'Afrique de l'ouest. Une sous-région confrontée, pourtant, à des réalités ignominieuses telles que les coups d'Etat, les rébellions armées, le terrorisme, le trafic de drogue, le fondamentalisme religieux et le rapt de civils occidentaux innocents.


Didier Depry (ddepry@hotmail.com)

Source: Notre Voie N° 3669 du Lundi 30 Août 2010

REALITE DU FRANC CFA : LE NAZISME MONETAIRE FRANÇAIS EN AFRIQUE

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Vidéo : Histoire du Franc CFA interview de Nicolas AGBOHOU

http://www.youtube.com/watch?v=myqXvbrSelo

http://www.youtube.com/watch?v=vB9GQWKGdXk

http://www.youtube.com/watch?v=9pnMyNbMm40


Le professeur Nicolas AGBOHOU a donné à son livre un titre qui résume la réalité qu'il décrit et annonce le combat qu'il mène : "Le Franc CFA et l'Euro Contre l'Afrique"

Quelle est cette réalité ? C'est d'abord la servitude de quinze pays africains à la monnaie française. Un système de parité fixe, sans équivalent dans l'histoire monétaire, ligote la monnaie de ces pays, à la monnaie française, hier le franc français, aujourd'hui l'euro. La singularité de ce système, c'est l'arsenal légal et statutaire qui régit le fonctionnement de la zone franc. Le lecteur est vivement invité à lire avec attention l'analyse que fait Nicolas AGBOHOU de cet arsenal.

A ce jour et à notre connaissance, seuls deux auteurs ont consacré leur ouvrage à cette analyse : feu le professeur Joseph TCHUNDJANG POUÉMI, dans un livre paru au début des années 1980, "Monnaie, servitude et liberté - La répression monétaire de l'Afrique" (tiré à un nombre restreint d'exemplaires, épuisé aussitôt après sa publication, ce livre est resté longtemps introuvable. Il a été récemment réédité par les éditions Menaibuc) et Nicolas AGBOHOU, dans le livre "Le Franc CFA et l'Euro Contre l'Afrique". C'est dire l'importance de ce livre et l'exceptionnelle valeur du travail qu'a accompli Nicolas AGBOHOU.

La réalité du franc CFA et de la zone franc, c'est aussi et peut-être surtout, le nazisme monétaire. Mettre en lumière cette autre réalité est l'un des intérêts majeurs de la présente et nouvelle édition du livre de Nicolas AGBOHOU.

Le franc CFA, ou franc des Colonies Françaises d'Afrique, est créé le 25 décembre 1945 par un décret signé par trois Français (Charles De GAULLE, président du gouvernement provisoire ; René PLEVEN, ministre des finances ; Jacques SOUSTELLE, ministre des colonies) qui ont en commun un double caractère : ils sont imbus de la suprématie blanche ; ils sont de fervents acteurs de l'agression coloniale contre l'Afrique. Surtout, leur pays, la France, vaincue et conquise par l'Allemagne hitlérienne en mai 1940 vient de subir cinq années d'occupation nazie. Or cette occupation n'avait pas que le caractère spectaculairement bestial des hordes de soldats allemands soumettant les Français, pillant et versant le sang. L'occupation allemande de la France fut aussi un formidable champ d'exécution du nazisme monétaire externe.

Conçu par Herman GOERING, ministre de l'économie de Hitler, et appliqué aux territoires conquis par les troupes allemandes, le nazisme monétaire externe allemand n'avait que deux objectifs : soumettre et piller. Parce qu'elle était, et de loin, le plus gros des territoires conquis par l'Allemagne, la France a subi le nazisme monétaire allemand avec beaucoup plus de rigueur que les autres territoires eux aussi conquis par l'Allemagne, par exemple la Belgique et la Pologne.

Curieusement, alors qu'il existe des tonnes de livres, de mémoires, de thèses de doctorats et d'articles sur l'occupation nazie de la France, et que chaque année apporte de nouvelles publications sur le sujet, il n'existe quasiment rien sur le nazisme monétaire infligé par les Allemands aux Français. Pourquoi ?

La grande surprise ici, c'est le silence des Français, de leurs historiens et de leurs universitaires, d'habitude si diserts, sur ce qui est sans doute l'épisode le plus saignant de l'histoire contemporaine de leur pays.

Il faut remonter soixante-trois ans plus tôt, pour trouver un Français écrivant sérieusement sur ce sujet : René SÉDILLOT, qui publie en 1945, son livre intitulé Le Franc enchaîné - Histoire de la monnaie française pendant la guerre et l'occupation. SÉDILLOT constate : "Avec les siècles, les formes de pillage sont devenues plus savantes. Les anciens Germains dévastaient en toute simplicité les pays qu'ils avaient conquis. Leurs descendants, en 1940, ont recouru à une méthode de rapine plus subtile et plus fructueuse : ils ont mis le mark à 20 francs".

Cette manipulation du taux de change, à l'avantage exclusif du conquérant est l'une des caractéristiques du nazisme monétaire appliqué à la France, nazisme monétaire que celle-ci, une fois libérée du joug hitlérien, appliquera aussi, intégralement et même en l'accentuant à l'Afrique. Ce n'est pas une surprise, les Français créent le CFA en 1945, après l'occupation nazie, la même année où René SÉDILLOT publie son livre.

Pour cette création, ils ont au préalable récupéré l'arsenal statutaire du nazisme monétaire que leur a infligé l'Allemagne et qui fut entre autres inclus dans la convention d'armistice signée le 22 juin 1940 entre la France conquise et l'Allemagne conquérante. Les Français ont alors fait du copier-coller : à leur tour, ils ont retourné l'arsenal nazi contre les Africains, de sorte que le franc CFA et la zone franc, c'est du nazisme monétaire.

Parmi les nombreux mérites de la présente édition de "Le Franc CFA et l'Euro Contre l'Afrique", l'un des plus instructifs est donc que Nicolas AGBOHOU, ici, est l'un des premiers auteurs à jeter la lumière sur le caractère foncièrement nazi de la zone franc. Du coup, il montre aussi la transmutation par laquelle, la France, d'opprimée et exploitée par l'Allemagne hitlérienne, est devenue oppresseur et exploiteuse de l'Afrique, en usant du nazisme monétaire. Nicolas AGBOHOU ouvre ainsi un vaste domaine de recherches que devront explorer historiens, économistes et divers chercheurs.

Nicolas AGBOHOU n'est pas qu'un chercheur. Il est aussi un combattant pour la justice. Son livre est un outil de ce combat. Combat contre le double caractère malsain des pères fondateurs du franc CFA : suprématie blanche, agression coloniale de l'Afrique. Double caractère qui est hélas une immuable constante de la zone franc et qui permet à l'Etat français de réussir l'exploit de maintenir intact son système de domination monétaire des pays CFA, malgré les "indépendances" qu'elle leur a accordées dans les années 1960.

Rien n'a changé, pas même le sigle : on a gardé CFA, qui signifie désormais quelque chose comme Communauté Financière d'Afrique.

Combat contre l'infantilisation dans laquelle la zone franc maintient l'Afrique, infantilisation qui relève du syndrome "Ne-le-faîtes-pas-vous-même, nous-nous-en-chargeons-pour-vous".

Au lieu de gérer eux-mêmes leurs réserves, les États CFA les confient au Trésor français.


-        Au lieu de fixer eux-mêmes leurs objectifs de taux d'inflation, ils se contentent de singer ceux de la France et aujourd'hui de l'eurogroupe.

-        Au lieu de favoriser et intensifier les échanges entre eux, les États CFA miment les "critères de convergence" définis par la France et l'eurogroupe.

-        Au lieu de se doter des moyens techniques pour fabriquer eux-mêmes leur monnaie, ils se contentent de tout sous-traiter aux imprimeries de la Banque de France, qui facturent au prix fort.

-        Au lieu d'encourager l'émergence d'une élite africaine d'économistes et financiers compétents et indépendants, capables de défendre les intérêts africains, de promouvoir le point de vue africain et de le faire entendre dans le monde, les Etats CFA, s'en remettent aux "experts" de la Banque de France et du Trésor français ou à ceux des institutions multilatérales comme le FMI ou la Banque Mondiale.


Toute politique sans contradicteurs est corrompue. C'est précisément le cas de la zone franc et du franc CFA en Afrique. Dans cette zone, les questions monétaires sont un sujet tabou, la répression sévère, parfois meurtrière, comme ce fut probablement le cas concernant le décès, certains disent l'assassinat de TCHUNDJANG POUÉMI.

Les premiers responsables de cette situation sont les dirigeants africains. Au lendemain des "indépendances", ils ont embarqué leurs populations dans l'impasse du franc CFA, lequel n'est rien d'autre que la prolongation de l'agression coloniale et raciale contre l'Afrique.

Cette monnaie a admirablement servi le but pour lequel il fut créé : être l'instrument de "l'appauvrissement automatique de l'Afrique et de l'enrichissement automatique de la France", pour paraphraser René SEDILLOT. Il y avait d'autres voies. Par exemple celle choisie par les pays du Maghreb, dès qu'ils se sont libérés du joug colonial français. Ces pays se portent aujourd'hui infiniment mieux que les pays CFA. Toutes les études le montrent, la décision de quitter la zone franc est pour beaucoup dans la meilleure santé économique de ces pays maghrébins.

Le travail de Nicolas AGBOHOU peut donc être considéré comme une œuvre salutaire contre la corruption en Afrique. En déchirant le voile du tabou, en mettant le débat sur la place publique, en présentant aussi objectivement que possible tous les termes du débat, il rend un grand service à l'Afrique entière. S'il vise les décideurs qui, par leurs fonctions dans l'appareil d'État, sont capables de prendre les mesures nécessaires à la libération monétaire de l'Afrique, Nicolas AGBOHOU s'adresse d'abord au plus commun des citoyens africains : bien informés, ceux-ci seront mieux armés pour obliger leurs dirigeants à prendre les meilleures décisions.

Ici encore, il faut rendre hommage à Nicolas AGBOHOU : il a abandonné le jargon des hommes de sa profession, les économistes, pour utiliser une langue simple, que peut comprendre tout Africain qui accepte de faire le moindre effort personnel.

Au livre de TCHUNDJANG POUÉMI publié voici bientôt trente ans, les adeptes du statu quo néocolonial et les bénéficiaires du nazisme monétaire français ont répondu par un silence. Total black- out. Ils ont refusé le débat. Il n'y a pas eu débat. Ils ont été imités par leurs relais dans les cercles influents, en l'occurrence le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement, qui ont la mainmise sur les questions économiques ou stratégiques concernant l'Afrique. Les banques centrales des pays CFA ont réagi exactement comme ces adeptes et ces bénéficiaires.

A la première édition de Le Franc CFA et l'Euro contre l'Afrique, publiée en 1999, l'année de l'introduction de l'euro, on a observé encore la même réaction de ces adeptes, de ces bénéficiaires et de ces banques centrales.

Jusqu'ici, cette réaction, ainsi que la répression et l'intimidation contre la pensée libre en Afrique ont bloqué tout débat sur ce qui est sans doute le plus grand scandale monétaire de toute l'histoire et aussi la principale cause de l'appauvrissement de centaines de millions d'Africains.

Les choses pourraient être différentes avec la présente édition. Deux éléments nouveaux poussent à le croire. D'abord, l'euro n'a apporté aux Africains aucun des nombreux bienfaits qu'on leur avait promis lors de l'introduction de cette monnaie et de l'arrimage du franc CFA à elle. Au contraire, les populations africaines souffrent aujourd'hui plus que jamais de l'asservissement du franc CFA à l'euro : l'appréciation considérable de l'euro par rapport au dollar a pour conséquence l'appréciation automatique du franc CFA et donc aussi une dévastatrice perte de compétitivité des pays CFA.

Second élément, le plus important, la guerre en Côte d'Ivoire. La guerre que les bénéficiaires du nazisme monétaire français ont provoquée en Côte d'Ivoire ces cinq dernières années, a permis à grand nombre d'Africains, en premier lieu les Ivoiriens, d'identifier clairement les ennemis de l'Afrique.

Des millions d'Africains sont descendus dans la rue pour affronter les chars ennemis et protéger les responsables Ivoiriens décidés à défendre l'intérêt Africain et à mettre fin au néocolonialisme dont le franc CFA n'est qu'un aspect. Un nombre considérable d'Africains, souvent des jeunes, sont morts dans ce combat pour la libération de la Côte d'Ivoire et celle de l'Afrique.

Une responsabilité particulière est donc placée sur les épaules des dirigeants actuels et futurs de la Côte d'Ivoire. Toutes ces victimes, tous ces jeunes, sont-ils morts pour rien ? Le débat pour la libération définitive de l'Afrique ne peut plus être interdit. Or cette libération passe, à notre avis, par un rejet du franc CFA. Il ne peut donc plus y avoir tabou, et aujourd'hui, l'on ne peut plus répondre à Nicolas AGBOHOU par le black-out.

Mieux, les dirigeants de Côte d'Ivoire, ont pour ainsi dire l'obligation d'aller de l'avant sur le chemin de la libération. Or il se trouve que, malgré la guerre qui a considérablement affaibli ce pays, économiquement, politiquement et administrativement, le divisant en deux territoires antagonistes, l'un aux mains des rebelles et de leurs commanditaires étrangers, la Côte d'Ivoire demeure et de loin, la plus importante économie de l'UEMOA, représentant à elle seule près de 40% du PIB de cette union. La sortie de la Côte d'Ivoire de l'UEMOA sonnerait le glas de la zone franc.

Tout ceci souligne l'importance exceptionnelle aujourd'hui de la Côte d'Ivoire pour le progrès en Afrique. L'année 2010, est annoncée comme aussi l'année des élections en Côte d'Ivoire. Les Ivoiriens, quel que soit leur niveau de responsabilité, doivent bien saisir la portée des choix qu'ils auront à effectuer lors de ces élections. Tout mouvement vers la libération étant pour l'instant invisible dans la zone CEMAC soumise à des autocrates s'éternisant au pouvoir, totalisant près de deux siècles d'exercice continu de dictature, c'est à l'UEMOA que revient la tâche de lancer la marche vers l'émancipation de l'Afrique. Et à l'intérieur de l'UEMOA, c'est au leader de cette union, la Côte d'Ivoire, de donner le cap.

Il se trouve que Nicolas AGBOHOU, patriote panafricain convaincu, est aussi Ivoirien. Il se trouve aussi que c'est en Côte d'Ivoire que TCHUNDJANG POUÉMI a élaboré sa théorie et rassemblé les éléments qui lui ont permis d'écrire son livre.

Nicolas AGBOHOU, en digne successeur de TCHUNDJANG POUÉMI, est un Ivoirien conscient des responsabilités qui incombent à son pays dans le combat sans merci contre le nazisme monétaire français en Afrique. Les dirigeants ivoiriens pourraient-il l'écouter ? Les dirigeants Africains pourraient-ils lui prêter l'oreille ?


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LES PROPHETIES DE LA VOYANTE BABA VANGA : UN PRESIDENT NOIR AUX USA ET UNE TROISIEME GUERRE MONDIALE.

 

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Baba Vanga, aveugle, voyante et prophétesse célèbre bulgare (1916 - 1996).


Près de 15 ans après sa mort, la célèbre prophétesse bulgare Baba Vanga fait de nouveau parler d'elle ! Récemment, l'une de ses « prophéties » a été redécouverte et fait grand bruit : elle annonçait l'élection d'un président noir aux Etats-Unis suivi d'un conflit mondial qui ressemble beaucoup à ce que l'on pourrait appeler d'ici peu la « 3ème guerre mondiale » ! La célèbre voyante bulgare, Baba Vanga, née Vangelia Goushterova, est décédée à l'âge de 80 printemps en 1996 ; elle est désormais un véritable mythe dans les Balkans.


BABA VANGA, AVEUGLE MAIS CLAIRVOYANTE

Comme Tirésias - le vieux prophète révéré des Grecs qui révéla à Oedipe sa terrible destinée - Baba Vanga était aveugle, mais voyait au-delà des apparences et du temps :elle pouvait lire l'avenir de l'Homme...

Ses prophéties se sont pour la plupart confirmées dans le temps (80 % selon les données de l'Institut de Parapsychologie Bulgare, un taux de réussite inégalé !). Elle a exercé 55 années durant et ses consultations attiraient chaque année des milliers de personnes venues du monde entier.

En 1989, l'une de ses prophéties passa inaperçue, et pourtant... Elle avait prédit la tragédie du 11 septembre 2001 et décrivait les « attentats-suicides » contre les tours jumelles du « World Trade Center de New-York » !


OBAMA ET LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE

Aujourd'hui, plusieurs de ses « prophéties » affolent les spécialistes et sur les forums Internet la nouvelle se répand.

Selon Baba Vanga, la 3ème guerre mondiale débutera en Octobre 2010 pour s'achever quatre ans plus tard. Les principaux belligérants seront le « Grand Ouest (pays nord-occidentaux) » et le « Croissant (plusieurs pays musulmans) ». Il s'agira d'une guerre sans précédent qui verra l'utilisation d'armes nucléaires, chimiques et qui détruira l'hémisphère Nord. L'ordre mondial sera totalement modifié. La Chine s'imposera comme la première puissance mondiale.

Cette terrible prophétie est à corréler à une autre : en 1979, elle avait prédit l'élection d'un président noir aux États-Unis au début du XXIème Siècle. Ce président noir a été élu, il s'agit évidemment d'Obama, Baba Vanga ne s'était pas trompée dans sa prophétie !

Elle ajouta que ce serait le dernier président des États-Unis, car ces derniers cesseraient d'exister peu de temps après son élection...

Si l'on couple ces deux prophéties, le trouble s'installe : L'une des deux s'est réalisée, et l'autre approche ! Comment ne pas prendre en compte cette menace qui approche ?

Si l'on considère le taux de 80% de réalisation des prophéties de Baba Vanga, il y a huit chances sur dix pour que la 3ème guerre mondiale
commence vraiment dans quelques mois à peine...

LES PROPHÉTIES DE LA VOYANTE BULGARE BABA VANGA (1916 - 1996)

La célèbre voyante Bulgare, Baba Vanga (1916-1996) savait lire l'avenir, au-delà des apparences, au delà du visible...

Régulièrement publiées par la presse mondiale, ses prophéties se sont pour la plupart confirmées dans le temps. Selon les données de l'Institut de Parapsychologie Bulgare, 80 % des « prophéties » de Vanga se sont accomplies.

Pour avoir prédit la mort de Staline, elle passera 6 mois en prison. Bien avant les faits, elle annoncera la catastrophe de « Tchernobyl » en 1986, l'élection lors des présidentielles en Russie de Boris Yelstin en 1991, le destin tragique du sous marin nucléaire russe « Koursk » : « + Koursk + sera noyée par les eaux, le monde pleurera sa disparition ». A l'époque personne n'avait compris sa prédiction et fait le rapprochement avec le sous marin russe qui a sombré dans la mer de Barents avec ses 118 membres d'équipage, le 18 août 2000. La ville de Koursk se situe au beau milieu de la plaine Russe, très loin des mers et des fleuves !

En 1989, elle annonçait le drame du 11 septembre 2001 et décrivait les « attentats-suicides » contre les tours jumelles du « World Trade Center de New-York », en ces termes : « A l'automne 2001, nos frères américains seront attaqués par des oiseaux d'aciers, le sang des innocents sera versé... »

QUELQUES PROPHÉTIES DE BABA VANGA (JUSQU'EN 5059)

A l'aube de l'hiver 2010 (octobre) : Début de la troisième guerre mondiale entre l'occident et plusieurs pays musulmans. Une guerre sans précédent qui verra l'utilisation d'armes nucléaires, chimiques et d'une nouvelle arme américaine permettant le refroidissement climatique. L'hémisphère Nord sera entièrement détruit.

2014 : Fin du conflit. L'ordre mondial sera totalement modifié. La Chine s'imposera comme le première puissance mondiale. L'Europe préparera sa reconstruction et la poursuivra jusqu'en 2025.

2028 : Lancement d'un vaisseau spatial sur Vénus.

2046 : Nouvelles greffes d'organes rendues possible par le biais du clonage humain.

2088 : Le monde souffrira d'une nouvelle maladie provoquant un vieillissement précipité.

2170 : Sécheresse sans précédent sur une grande partie de la planète.

2221 : L'humanité prend définitivement conscience de la réalité d'une présence Extra-Terrestres sur Terre.

2288 : Une nouvelle invention permet d'effectuer des voyages dans le temps.

2302 : Les secrets de l'univers sont révélés.

2371 : Famine mondiale.

3005 : Début d'une guerre entre Terriens et Extra-terrestres.

3815 : Fin du conflit. La terre est anéantie, de rares survivants contribuent au renouveau de la civilisation.

3871 : Un Prophète organise une nouvelle église, il est suivi par la majorité de la population mondiale.

4308 : Le mal a totalement disparu, la paix s'installe définitivement.

4599 : Les scientifiques permettent d'accéder à l'immortalité.

5709 : Fin du monde.


SOURCES, NOTES ET RÉFÉRENCES :
«  Svetlana Popova & J-C Ruth-CERPI » (Centre d'études et de recherches sur les phénomènes inexpliqués, existe en Belgique depuis 1979).


Source: NERRATI.NET

D'APRÈS LA PRESSE IRANIENNE, CARLA BRUNI EST UNE PROSTITUEE.

 

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Les médias français sont en émoi : la presse iranienne vient de qualifier la « première dame de France » de « prostituée » ... Nicolas Sarkozy va beaucoup apprécier ... Etant donné que l'amour rend aveugle, on sait d'ores et déjà où les soldats français vont être envoyés pour mourir demain ...! Evènement.

 

L'épouse du président français Nicolas Sarkozy a été qualifiée de « prostituée » en Iran après avoir signé la « pétition » appelant à libérer Sakineh Mohammadi Ashtiani. Ashtiani est accusée : « d'avoir trompé son mari et d'avoir établi un complot en vue de le tuer ».

En réalité, le mot « prostituée » est fréquemment utilisé chez les « traditionnalistes » et dans les sociétés traditionnelles pour y qualifier les femmes de mauvaise vie, celles qui font des choses indignes avec leur corps, avec les hommes etc ... Il ne s'agit pas spécifiquement d'une question de profession. Il est évident que Carla Bruni n'est pas une « prostituée » qui tapine au bois de Boulogne, car par définition une « prostituée » se fait payer pour louer ses services ...

PROPOS DE CARLA BRUNI DIGNE D'UNE PROSTITUÉE :

La semaine dernière, la première dame de France a écrit une lettre ouverte à Ashtiani, où elle dit : « Pourquoi ton sang serait-il versé et tes enfants seraient-ils privés de leur mère ? Parce que tu as vécu, parce que tu as aimé, que tu es une femme et parce que tu es iranienne ? Tout en moi refuse d'accepter cela ».


ADJANI AUSSI QUALIFIÉE DE PUTE :

Le journal « Kayhan » - contrôlé par le gouvernement iranien - a traité Carla Bruni et l'actrice française Isabelle Adjani de « prostituée ». Adjani, tout comme Bruni, fait campagne pour la libération de Sakineh Mohammadi Ashtiani. Carla Bruni a reçu une attaque supplémentaire en étant accusée d'« immoralité ».

 

PAS DE MESSAGE DIPLOMATIQUE :

Non content de qualifier Isabelle Adjani et Carla Bruni « de putes françaises » pour avoir manifesté leur soutien à Sakineh Mohammadi-Ashtia, cette Iranienne condamnée à mort par lapidation pour adultère, le quotidien conservateur Kayhan vient de trouver un soutien de poids chez l'agence de presse iranienne « Inn ».

Selon l'organisme de presse, « les médias occidentaux, en détaillant ses nombreux antécédents d'immoralité, ont implicitement confirmé qu'elle méritait ce titre », déclare-t-il en réaction aux propos de Kayhan, avant d'ajouter : «  Ses antécédents montrent clairement pourquoi cette femme immorale a apporté son soutien à une femme condamnée pour avoir commis des adultères et été complice du meurtre de son mari ». Toujours aucune réaction de la part de l'Elysée...

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Photo de Carla Bruni posant nue

 

Cordialement,
Appolinaire Noël KOULAMA


Source: NERRATI.NET

01:02 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans France, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : iran, france, carla bruni sarkozy, nicolas sarkozy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

REPRESSION DES CYBERCRIMINELS: LE SYNDICAT DES CYBERCAFES DE COTE D'IVOIRE S'ORGANISE

 

EDITH BROU 2.jpg

Samedi 28 août 2010. 16h30. Koumassi Remblais. EPP BAD.

C'était une rencontre qui vue de loin aurait pu paraître assez banale avec une vingtaine de personnes. Mais malgré la modestie du lieu de ce ''meeting'', il était primordiale pour moi d'y participer car il revêt un caractère presque Historique. C'était la réunion extraordinaire du Syndicat National des Exploitants de Cybercafés de Côte d'Ivoire (SYNECCI). Session auquel j'ai pris part avec M. Frédéric Tapé, également membre et administrateur de l'Organisation Akendewa. En effet, Akendewa faisait parti des invités spéciaux au cours de cette rencontre. Des décisions importantes concernant le développement de l'Internet en Côte d'Ivoire et les directives territoriales pour la lutte contre la cybercriminalité y ont été annoncées.

Pour rappel, le SYNECCI existe depuis juillet 2009 avec 750 cybercafés affiliés. En Côte d'Ivoire, c'est en général à partir des cybercafés qu'on s'initie à l'Internet et c'est aussi grâce à ces ''access point'' que s'effectue la plupart des actes de cyberescroquerie.

Les points adoptés furent les suivants:

1. Le SYNECCI en sa réunion extraordinaire du 04 juin 2010 a adopté dans le cadre de l'assainissement des mœurs au sein des cybercafés, un code de bonne conduite pour le client de cybercafé et un code de déontologie de l'exploitant de cybercafé. Par exemple, il est mentionné à l'Article 5 que le client ne devra entreprendre aucun acte d'arnaque de tout genre, de contrefaçon, de pédophilie et de pornographie dans le cybercafé. En ce qui concerne, les exploitants de cybercafés, ils s'engagent à n'autoriser aucune pratique violant la loi de Côte d'Ivoire en matière de NTIC (piraterie, arnaque, contrefaçon, espionnage, etc...). C'est en substance quelques extraits des différents articles des codes de déontologie. Chers clients et clientes de cybercafés, attendez vous donc à voir les présentes déclarations être affichées de manière visible dans tous la plupart des cybercafés, avec l'appui de l'ATCI. La police scientifique prendra part également au déploiement et au respect de ces codes.

2. Adoption de l'utilisation de Cybercafé pro 5 comme logiciel d'exploitation dans les cybercafés en raison de la possibilité d'identification et de la traçabilité des activités des clients. Chaque client aura donc un compte individuel ouvert, dans chaque cybercafé qu'il fréquentera. (et personnellement, j'applaudis cette mesure que je trouve excellente!!)

3. La police scientifique de Côte d'Ivoire et le CI-CERT (Côte d'Ivoire Computer Emergency Response Team ), cellule technique de lutte contre la cybercriminalité sont les partenaires stratégiques du SYNECCI.

4. M.Camara Laciné, représentant de l'ATCI à cette rencontre, a présenté le CI-CERT, plateforme de lutte contre la cybercriminalité composée d'experts en sécurité informatique. C'est une Équipe de réponses aux urgences informatiques. Le siège de ce détachement de l'ATCI se trouve au plateau,, immeuble postel 2001, Abidjan. Le CI-CERT a déjà eu à contribuer à des arrestations. Il a aussi rendu son rapport annuel d'activités, disponible sur son site web: www.cicert.ci.

5- Le CI-CERT a pour objectif principal de sécuriser le cyber-espace national. Par ailleurs, M. Laciné, nous a fait savoir, que le CI-CERT, après avoir effectué un audit de plusieurs sites web ivoiriens, a constaté que la majeure partie était très vulnérable. On compte d'ailleurs les sites web de certaines banques, celui de la présidence de Côte d'Ivoire et des opérateurs de téléphonie mobile.Le CI-CERT a libéré un programme informatique qui se propage, dans le cyber-espace ivoirien, ce qui lui permet, entre autres,  d'identifier à distance tous les cybercafés, disséminés sur le territoire ivoirien. Grâce à cela, les experts de cette cellule ont découvert des cybercafés ''fantômes'' où on leur a tout simplement interdit l'accès lorsqu'ils s'y sont rendus.

6- Le CI-CERT se bat au quotidien, pour enrayer définitivement les actes de cybercriminalités sur le territoire national. Malheureusement, ils sont confrontés au quotidien à la réalité du système, c'est-à-dire le manque de volonté politique et même la passivité de certaines hautes autorités qui protègent certains cyberescrocs. Dernier exemple en date: l'affaire ''Kourouma''. Ce cybercriminel a escroqué plus de 740 millions à un homme d'origine française. Aujourd'hui, ce cyberescroc porte le pseudonyme de ''Momo de Paris'' et est devenu un Opérateur économique ivoirien car il circule en toute liberté, vu qu'il a été relaxé avec l'appui de certaines autorités, juste après été arrêté par la police scientifique. C'est pour dire.....!!!

7- Sachez également que le CI-CERT fait parti des projets de l'IGICI (Initiatives pour la Gouvernance de l'Internet en Côte d'Ivoire). l'IGICI a réalisé le forum sur la Gouvernance de l'Internet,qui s'est tenu en Côte d'Ivoire du 07 au 09 Juillet 2010 à l'espace CRRAE - UMOA en présence de plus de 500 participants et de plusieurs experts . L'IGICI a également en projet, la création d'une monnaie électronique en Côte d'Ivoire. Le CI-CERT qui est parrainé par la Malaysie, devrait bientôt être membre de l'OIC-CERT, la représentation de tous les CERT à l'échelle mondiale. Définition d'un CERT via ce lien.

8- Une campagne Grand Public de lutte contre la cybercriminalité  sera initiée dans les jours à venir sur tout le territoire national (affichage, radio, TV, Site Internet)

9- Un atelier de formation et de mise à niveau des gérants de cybercafés sera supervisé par Aviso, un des fournisseurs d'accès Internet.

10- La police scientifique sera donc l'unité de répression des cybercriminels dans les cybercafés.

Gare à vous donc, les escrocs digitaux!! La lutte a déjà commencé et le ''rouleau compresseur'' va continuer son chemin avec tous les acteurs de l'informatique et du web de Côte d'Ivoire.

Les mots de la fin furent prononcés par la direction du SYNECCI, le chargé de communication, M. Frédéric Lela, le Secrétaire Général et le Secrétaire Général Adjoint, M. Bamba Inza. Ils ont tenu à remercier les représentants de l'organisation Akendewa pour leur participation à cette réunion extraordinaire. Selon eux, c'est grâce à cette organisation web que le Syndicat des Cybercafés (SYNECCI) a pu enfin sortir de l'ombre et mieux se faire connaître des populations. Akendewa, par la voix de ses représentants que nous étions s'est donc engagée à soutenir toutes les actions de lutte contre la cybercriminalité qui seront incessamment initiées par le SYNECCI, le CI-CERT et l'ATCI.

Internautes de Côte d'Ivoire et de la diaspora, lecteurs et lectrices du blog ''l'Actu Web d'Edith'', restez donc à l'écoute pour suivre dans les jours à venir, le déploiement de toutes ces actions.

 

Source: L'ACTU WEB D'EDITH

dimanche, 29 août 2010

ISRAEL-PALESTINE: UN JOURNALISTE ARABE DONNE "6 RAISONS POUR ETRE OPTIMISTE"

 

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La reprise des pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens à Washington, le 2 septembre, s'ouvre dans un climat de pessimisme perceptible dans les médias arabes et israéliens. Seul le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat trouve matière à espérer.

Quand le président américain invite à des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens sous l'égide de Washington, c'est une bonne chose et ça mérite qu'on s'y intéresse. L'ouverture de telles négociations sur le sol américain, assorties d'une date butoir pour arriver à un accord d'ici au plus tard un an, signifie que Barack Obama pense pouvoir obtenir un succès qui lui permettra d'aborder la prochaine élection présidentielle avec sérénité. Car c'est dans un an exactement que la campagne électorale commencera aux Etats-Unis. S'il fait ce pari, cela veut dire qu'il faut prendre la chose au sérieux. Davantage en tout cas qu'au moment de la conférence d'Annapolis [novembre 2007], dans le Maryland, qui avait été organisée sous l'administration de George W. Bush. Ainsi, plusieurs éléments incitent à l'optimisme.

Premièrement, les Américains doivent être convaincus, ne serait-ce qu'à 70 %, que les négociations aboutiront vraiment à une solution d'ici un an.

Deuxièmement, les navettes de George Mitchell [l'envoyé spécial de la Maison-Blanche pour le Proche-Orient] et les négociations indirectes ont dû aboutir à des résultats suffisamment convaincants pour que l'administration Obama pense qu'il est possible de réaliser un succès historique qui contribuera à sa réélection.

Troisièmement, Obama a une idée de ce qui pourrait être un règlement définitif et qui pourrait convenir à toutes les parties du conflit. Les entretiens qu'il a eus avec Mahmoud Abbas, Benyamin Nétanyahou et certains dirigeants arabes lui ont peut-être permis de parvenir à la moyenne arithmétique des positions propalestiniennes d'un côté, israéliennes de l'autre.

Quatrièmement, il existe un accord entre Israël et les Etats-Unis sur un ensemble d'intérêts communs dans la région, notamment la stabilité du Golfe pourvoyeur de pétrole, la nécessité d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire et finalement l'idée de "la paix contre des marchés", c'est-à-dire l'ouverture officielle du marché des pays du Golfe aux produits israéliens en contrepartie de la paix.

Cinquièmement, on fait appel à l'Egyptien Hosni Moubarak et au Jordanien Abdallah II afin de se prémunir contre la répétition de l'échec de 1998, quand Bill Clinton avait obtenu un accord de la part de Yasser Arafat mais que celui-ci s'était laissé convaincre ensuite par un certain nombre de dirigeants arabes qu'il serait incapable de l''imposer sur le terrain et qu'il serait préférable de déclencher une nouvelle Intifada. Les Américains ont bien retenu la leçon et insistent aujourd'hui sur la nécessité de voir les pays arabes s'engager en tant que garants d'un règlement à venir. Ainsi, Israéliens et Palestiniens semblent d'accord pour dire que les Américains cautionneraient la signature israélienne, tandis que l'Egypte et la Jordanie agiraient de même pour celle des Palestiniens.

Finalement, Israël sait qu'il est dans son intérêt de parvenir à un règlement avant que le monde entier, y compris l'Union européenne et la Russie, reconnaisse l'Etat palestinien à l'ONU.

Il n'en reste pas moins que toutes les expériences du passé n'ont rien apporté de concret qui permette aux dirigeants arabes, et notamment palestiniens, de vendre l'idée d'un compromis à leurs populations. C'est en 1988 qu'Arafat avait annoncé la "paix des braves", et cela fait donc plus de vingt ans que les Arabes assistent à différentes négociations qui n'aboutissent à rien et qui sont plus lassantes qu'un mauvais feuilleton mexicain sur une chaîne satellitaire de seconde zone. Pour parvenir à un accord, il faudrait que les Palestiniens soient assistés d'une véritable puissance qui couvrirait leurs arrières. En lieu de quoi, les pays arabes, petits et grands, se livrent à une compétition pour jouer chacun sa propre partie, les uns soutenant le Fatah, les autres le Hamas, affaiblissant d'autant la position de Mahmoud Abbas.

Le problème n'est pas tant que les Palestiniens sont divisés, mais que le monde arabe est divisé. Si Israël et les Etats-Unis étaient certains que tous les Arabes soutiennent Mahmoud Abbas et sanctionnent un éventuel échec des négociations, les Palestiniens seraient en position de force. Malheureusement, Israël entretient aujourd'hui des relations avec un grand nombre de pays arabes, soit en vertu d'accords de paix en bonne et due forme, soit par des "dessous de la table". Ainsi, jusqu'à présent, le monde ne nous prend pas au sérieux. Et les Palestiniens seront contraints de négocier en position de faiblesse. Même si, en fin de compte, cela devait aboutir à une solution acceptable, il se trouvera toujours quelqu'un pour dire qu'il ne faut pas l'accepter.

Asharq Al-Awsat | Mamoun Al-Fandy

NDLR - L'analyse en vaut bien d'autres. L'analyse de Dore GOLD sur la violence verbale, doit aussi nous inciter à écouter des voix audibles.

Source: Le Portail Juif Francophone

20:54 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Israël | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : israël, pourparlers de paix, palestiniens, israéliens, asharq al-awsat, mamoun al-fandy, dore gold, netanyahu, abbas, barack obama | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 28 août 2010

ALERTE AUX REQUINS: DRAME SUR UNE PLAGE DE LUANDA!

REQUIN 1.JPG

 

Ames sensibles, s'abstenir! Un drame affreux sur une plage de Luanda, en Angola (Afrique). Avis aux baigneurs!

Un requin, devant témoins, vient de dévorer une fille.Tout simplement PETRIFIANT!!!

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23:10 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : afrique, angola, luanda, alerte aux requins, baigneuses dévorée par un requin | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 20 août 2010

TROP DROLE: C'EST QUI LE PLUS FORT?

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Un ingénieur, un comptable, un chimiste, un informaticien et un fonctionnaire Ivoirien se vantent d'avoir chacun un chien merveilleux.

Pour le démontrer, l'ingénieur appelle sa chienne : "Racine carrée, montre-nous tes talents !"

Le chien trotte jusqu'à un tableau noir, dessine rapidement un carré, un cercle et un triangle.

Le comptable dit a son chien : "Actif/passif, montre-nous tes compétences!"

Le chien va dans la cuisine, en revient avec une douzaine de biscuits et les range en 3 piles égales de 4 biscuits.

Le chimiste prétend que son chien peut faire mieux : "Thermomètre, fais ton numéro !"

Le chien ouvre le frigo, prend un litre de lait, va se procurer un verre de 10 cl dans l'armoire et y verse exactement 8 cl de lait sans en renverser une seule goutte.

L'informaticien pense bien les supplanter tous : "Disque dur, impressionne-les !" Le chien s'installe devant l'ordinateur, le fait démarrer, fait partir le programme anti-virus, envoie un e-mail et installe un nouveau jeu.

Les 4 hommes se tournent vers le fonctionnaire et demandent : "Et ton chien, qu'est-ce qu'il peut faire ?"

"Pause-café, montre-nous tes talents de fonctionnaire !" dit le fonctionnaire Ivoirien.

Le chien se lève, mange les biscuits, boit le lait, efface tous les fichiers de l'ordinateur, nique la chienne de l'ingénieur, prétend s'être blessé au dos en le faisant, remplit un formulaire d'accident du travail et prend un congé maladie de six mois.

ALORS, C'EST QUI LE PLUS FORT ???

 

Excellent week-end à tous!

DINDE Fernand AGBO

20:44 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : humour, blagues, rire, déstresser, décompresser, se marrer, détente, sourire, blagues ivoiriennes | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

HUMOUR: EXAMEN DE FRANÇAIS AU PRIMAIRE

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Histoires authentiques et drôles, surtout !

Réponses d'élèves du primaire:

1. Dans la phrase ''Le voleur a volé les pommes'', où est le sujet ?
- En prison.


2. Le futur du verbe ''je baille'' est... ?
- je dors.


3. Que veux dire l'eau ''potable'' ?
- C'est celle que l'on peut mettre dans un pot.


4. Qu'est-ce qu'un oiseau migrateur ?
- C'est celui qui ne peut se gratter que la moitié du dos.


5. Que faire la nuit pour éviter les moustiques ?
- Il faut dormir avec un mousquetaire.


6. À quoi sert la peau de la vache ?
- Elle sert à garder la vache ensemble.


7. Pourquoi le chat a-t-il quatre pattes ? 
- Les 2 devant servent à courir, les 2 derrière à freiner.


8. Quand dit-on ''chevaux'' ?
- Quand il y a plusieurs chevals


9. Qui a été le premier colon en Amérique ?
- Christophe.


10. Complétez les phrases suivantes :

À la fin les soldats en ont assez...
- ...d'être tués.
La nuit tombée...
- ....le renard s'approcha à pas de loup.


11. Pourquoi les requins vivent-ils dans l'eau salée ?
- Parce que dans l'eau poivrée, ils tousseraient tout le temps.

Ma préférée

12. L'institutrice demande : Quand je dis «je suis belle», quel temps est-ce ?
- Le passé, Madame.

20:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : humour, blagues, rire, déstresser, se marrer, détente, sourire, blague ivoirienne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

10 MENSONGES CONTRE ISRAEL EN 2010

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Une mise au point contre 10 mensonges admis

Chabbat chalom

Rav Yehoshua Rahamim Dufour
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Reprenez confiance en lisant ce texte du Centre SIMON WIESENTHAL et diffusez le partout, à vos leaders nationaux, aux gouvernements mondiaux, à vos medias, à tout ceux qui sont sincères et qui écouteront:

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LA VERITE HISTORIQUE SUR LES 10 MENSONGES CONTRE ISRAEL EN 2010


Mensonge 1: « Israël aurait été créé par l'Europe en raison de sa culpabilité dans l'holocauste (la Choa). Alors, pourquoi les Palestiniens devraient-ils en payer le prix ? »

Vérité:

- Trois mille (3.000) ans avant la Choa, avant qu'il n'y ait un Empire romain, les rois et prophètes d'Israël marchaient dans les rues de Jérusalem. Le monde entier sait que le prophète Isaïe n'a pas annoncé ses prophéties du Portugal, et aussi que Jérémie n'a pas exprimé ses « Lamentations » en France.

- Jérusalem est mentionné 600 fois dans les Ecritures Saintes hébraïques mais pas une seule fois dans le Coran.

- Pendant son exil de 2.000 ans, il y a toujours eu une présence juive en Terre Sainte jusqu'à la renaissance moderne d'Israël commençant dans les années 1800 et non en 1930 ou en 1945. La récupération par le peuple juif de SA terre qui était en grande partie de la rocaille et du désert par des Sionistes innovateurs qui sont devenus une majorité sur la terre d'Israël a eu lieu bien avant la montée du Nazisme.

- Après la Choa, près de 200.000 survivants de la Shoah ont trouvé refuge dans l'Etat Juif, créé par un vote des deux-tiers de l'ONU en 1947.

- Peu après la naissance du jeune Etat, près de 1 million de juifs ont du FUIR les persécutions des pays arabes où ils vivaient souvent avant même l'arrivée des Arabes envahisseurs, et sont allés trouver refuge en Israël et sans aucun dédommagement.

- Quelques décennies plus tard, l'Etat d'Israël absorba un million d'immigrants de l'ex-Union soviétique et des milliers de Juifs éthiopiens.

- Aujourd'hui, loin d'être une création par la culpabilité européenne ou par le colonialisme, Israël est une société diverse, cosmopolite, accomplissant le rêve séculaire d'un peuple et la fidélité au Retour à Sion qui est la patrie ancestrale.


Mensonge 2 : « Si Israël était revenu à ses frontières de juin 1967, la paix serait venue il y a longtemps. »

Vérité:

- Depuis 1967, Israël a à plusieurs reprises cédé des territoires en échange de la paix et l'a proposé souvent.

- Après la visite historique, en 1977, du Président égyptien Sadat, à Jérusalem, et les Traités de paix de Camp David, Israël s'est retiré de la vaste Péninsule du Sinaï et il y a eu la paix avec l'Egypte, depuis cette date.

- En 1995, la Jordanie a signé un traité de paix avec Israël, mais ni les Palestiniens ni les 21 autres Etats Arabes n'en ont fait ainsi.

- En 1993, Israël a signe les fameux Accords d'Oslo cédant le contrôle administratif de la Cisjordanie (de la Rive ouest) à l'Autorité Palestinienne (autrefois appelée l'OLP). Mais l'Autorité Palestinienne n'a jamais tenu sa promesse de stopper ses attaques de propagande et de laisser tomber son désir de destruction d'Israël comme il est stipule dans sa Charte Nationale.

- En 2000, le Premier Ministre Barak a offert à Yasser Arafat la pleine souveraineté, soit plus de 97% de la Cisjordanie (de la Rive ouest), un couloir à Gaza et une Capitale dans la partie arabe de Jérusalem. Arafat a dit... NON !

- En 2008, le Président de l'Autorité Palestinienne Abbas a mis son veto pratiquement à la même offre du Premier ministre Olmert.

- En 2005, le Premier Ministre Sharon s'est unilatéralement retiré de la bande de Gaza, qui fut reprise immédiatement par l'organisation terroriste du Hamas.

- Le démantèlement des communautés Juives de Gaza a permis au Hamas d'en faire une base de lancement pour les auteurs d'attentat-suicide et  8,000 roquettes ont été tire sur Israël depuis.

- En 2010, le Premier ministre Netanyahou reprit les offres de négociations inconditionnelles pour mener à un Etat palestinien, mais les Palestiniens ont refusé, exigeant des concessions israéliennes plus unilatérales, y compris un gel total de toute la construction israélienne dans le quartier de Jérusalem dit Jérusalem-Est et dans la Cisjordanie (la Rive ouest).

Mensonge 3: « Israël serait le principal obstacle et ne veut pas œuvrer pour une solution à deux (2) Etats. »

Vérité:

- Les Palestiniens eux-mêmes font blocage à la réalisation d'une solution à deux Etats.
Avec qui Israël devrait-il être en pourparlers ?

- Avec le Président Abbas qui, pendant quatre ans, a été interdit par le Hamas de rendre visite à 1,5 millions d'habitants à Gaza ?

-Avec l'Autorité Palestinienne, laquelle continue à glorifier les terroristes et prêcher la haine contre les Juifs et Israël dans son système éducatif et ses médias ?

- Avec le Hamas dont les leaders, soutenus par l'Iran, nient la Choa et utilisent la rhétorique Jihadiste fanatique de meurtres et de suicides criminels pour appeler à la destruction d'Israël ?

- Aujourd'hui, il y a un simple fait : Israël est préparé à reconnaitre tous les Etats arabes ou Musulmans mais ces mêmes Etats refusent catégoriquement de reconnaitre Israël comme un Etat Juif et LUI demande la reconnaissance du faux « droit au retour » de cinq millions « de prétendus réfugiés » palestiniens - une garantie sûre pour l'annihilation directe d'Israël !


Mensonge 4: « Le nucléaire Israélien (mais pas l'Iranien) serait la principale menace pour la paix et la stabilité au Proche Orient. »

Vérité:

- Jérusalem n'a jamais officiellement admis posséder la bombe mais il est généralement assume qu'Israël ait des armes nucléaires. Mais, à la différence du Pakistan, de l'Inde et de la Corée du Nord, Israël n'a JAMAIS conduit des essais nucléaires.

- En 1973, quand sa propre survie a été mise à l'épreuve lors de la guerre de Yom Kippour par les attaques des armées syrienne et égyptienne, nombreux sont ceux a l'époque qui pensaient qu'Israël allait faire usage de la bombe nucléaire, mais Israël ne l'a pas fait.

- Contrairement aux condamnations publiques, de nombreux leaders arabes (sans oser le dire) expriment le soulagement que la force de dissuasion nucléaire israélienne existe.

- Tandis qu'Israël n'a jamais menacé aucun pays, les mollahs de Téhéran menacent quotidiennement « d'effacer Israël de la carte ».
Les Etats-Unis et l'Europe peuvent se permettre d'attendre de voir ce que le régime iranien fait avec ses ambitions nucléaires. Mais Israël NE LE PEUT PAS. En effet, elle est sur la ligne de front et se rappelle chaque jour le prix que les Juifs ont payés pour ne pas avoir pris Hitler au mot, et elle entend les mots de Ahmedinekjad.
Israël n'est pas préparé à sacrifier six millions d'autres Juifs sur l'autel de l'indifférence et de l'hypocrisie du monde.


Mensonge 5: « Israël serait un Etat d'Apartheid qui mériterait un boycott international, le désinvestissement commercial global et des sanctions. »

Vérité:

- Des deux cotés de l'Atlantique, des groupes pro-palestiniens, des représentants de l'Eglise romaine ou protestante, des universitaires et des syndicats mènent des campagnes le plus souvent antisémites diabolisant l'Etat Juif en le comparant au régime de l'Apartheid.
La vérité est qu'à la différence de l'Apartheid en Afrique du Sud, Israël est un Etat démocratique. Sa minorité arabe de 20% jouit de tous les droits politiques, économiques, religieux.
Les libertés de citoyenneté, y compris l'élection des membres de leur choix à la Knesset (le Parlement israélien) sont garanties.
Les Arabes israéliens et les Palestiniens ont position devant la Cour suprême d'Israël.
Par contre, aucun Juif ne peut posséder un titre de propriété en Jordanie, aucun Chrétien ou Juif n'est autorisé à visiter les sites les plus saints de l'Islam, en Arabie Saoudite.


Mensonge 6: « Le projet de construction de 1600 appartements à Jérusalem prouverait qu'Israël veut judaïser la ville Sainte. »

Vérité:

Les ennemis d'Israël exploitent cette fausse question.

- Jérusalem est la ville sainte des trois grandes religions.

- Sa population diverse inclut une majorité juive avec des minorités
musulmanes et chrétiennes.

- Depuis 1967, pour la première fois de son histoire, il existe à Jérusalem une totale liberté pour toutes les minorités religieuses.

- Des organismes religieux musulmans et chrétiens administrent leurs propres lieux saints.

- En effet, on permet au Waqf de contrôler le Mont du Temple de Jérusalem, bien qu'il repose sur le temple de Salomon et soit saint tant pour les Juifs que pour les Musulmans.

- L'annonce (malheureusement faite lors de la visite du Vice-président américain Biden) de 1.600 nouveaux appartements à Ramat Shlomo, n'était pas la bienvenue et ne concernait pas le voisinage arabe de Jérusalem-Est, mais plutôt le voisinage Juif au Nord de Jérusalem, établi depuis bien longtemps ou 250.000 Juifs vivent (une population équivalente à celle de Newark, NJ). C'est un secteur qui ne sera jamais abandonné par Israël.


Mensonge 7: « La politique d'Israël mettrait en danger les troupes américaines en Afghanistan et en Irak. »

Vérité:

L'accusation voulant faire croire qu'Israël met en danger des troupes américaines en Irak ou en Afghanistan est une mise à jour du vieux mensonge antisémite « du coup de couteau dans le dos » selon lequel les Juifs trahiraient toujours leurs propres amis et c'est la diffamation émise par Henry Ford et par les Protocoles des Sages de Sion les accusant, selon ce slogan, en ces termes: « Les Juifs sont le père de toutes les guerres. »

- Le général américain Petraeus a déclaré qu'il considère Israël comme un atout stratégique majeur pour les Etats Unis.
Ses remarques précédentes liant la sécurité des troupes américaines dans la région à un accord de Paix Israélo-palestinien (ce que veulent les 2/3 des Israéliens) ont été comprises hors contexte.
Une résolution du conflit Palestino-israélien serait un avantage pour tous, incluant les Etats-Unis d'Amérique.
Mais un retour imposé de millions de soi-disant réfugiés palestiniens comme l'avait appelé, en 1967, Abba Eban dans « les Frontières d'Auschwitz de 1967 » mettraient en danger la survie d'Israël et serait, en fin de compte, désastreux pour les Américains et leur crédibilité dans le monde.


Mensonge 8: « La politique d'Israël serait la cause de l'antisémitisme mondial. »

Vérité:

De l'Inquisition espagnole aux pogroms et aux 6 millions de Juifs assassinés par les Nazis, l'histoire prouve que la haine du Juif a existé à une échelle mondiale bien avant même la naissance de l'Etat d'Israël.

- En 2010, cet antisémitisme existerait même si Israël n'avait jamais été créé.
Un exemple : Un récent sondage indique que 40% des Européens reprochent « aux Juifs d'être responsables de la crise économique mondiale » et que « les Juifs ont trop de pouvoir dans l'économie ». C'est donc un canular qui n'a rien à avoir avec Israël.

- Le conflit palestino-israélien non réglé aggrave les tensions entre Musulmans et Juifs mais ce n'est pas la racine même du problème.
Durant la 2ème guerre mondiale, le Grand Muphti de Jérusalem, le tristement célèbre haïsseur de Juifs, a aidé les Nazis à organiser la 13ème
Malheureusement, en plus des références respectueuses envers les Patriarches et Prophètes Juifs, le Coran contient aussi les stéréotypes antisémites virulents qui sont largement invoqués par les extrémistes Islamistes, y compris par le Hezbollah (dont les agents ont fait exploser le Centre communautaire Juif de Buenos Aires en 1994), pour justifier l'assassinat de Juifs dans le monde entier.
La disparition d'Israël encouragerait seulement encore plus les haïsseurs de Juifs partout dans le monde.
Division SS, composée de Musulmans.

Mensonge 9: « Israël, pas le Hamas, serait le responsable « de la catastrophe humanitaire » à Gaza. Et Goldstone avait raison de désigner Israël comme coupable de crimes de guerre. »

Vérité:

- Le rapport Goldtsone sur la guerre défensive d'Israël contre Gaza contrôlé par le Hamas d'où près de 8.000 roquettes ont été tirées après le retrait unilatéral d'Israël, en 2005, est un produit biaisé du mal nommé Conseil de Droits de l'Homme de l'ONU.
L'UNHRC est obsédé de fausses résolutions anti-israéliennes. Il refuse de dénoncer les graves violations des droits de l'homme commises en Iran, en Corée du Nord, Soudan, Arabie Saoudite, Cuba et bien d'autres pays.

- Face à des attaques similaires, chaque Etat membre de L'ONU incluant les Etats-Unis et le Canada, aurait sûrement agi plus agressivement que les forces de défense d'Israël l'ont fait à Gaza. - Pourtant, Richard Goldstone, un juriste Juif sud-africain n'a pas hésité à signer un document préparé par des enquêteurs dont la principale qualification était d'être des enragés anti-Israël.
Il a accepté chacune des diffamations anonymes contre les forces de défense d'Israël. Il a même insisté pour que les témoignages de Gaza soient diffusés à la Télévision, ce qui garantirait aux Palestiniens craintifs de ne jamais témoigner contre le Hamas qui utilise les civils comme bouclier humain ou se sert des mosquées et hôpitaux comme cache d'armes de guerre.
Le professeur de Harvard Alan Dershowitz a dénoncé le Rapport Goldstone comme une forme moderne de « buveurs de sang », accusant les soldats israéliens de crimes qu'ils n'ont jamais commis.


Mensonge 10: « Le seul espoir pour la paix est un état unique, binational, éliminant l'État juif Israël. »

Vérité:

- La solution a un Etat, promue par des universitaires, n'est pas acceptable parce qu'elle éliminerait la patrie JUIVE. Cependant, les pressions actuelles sur Israël sont également dangereuses.
En réalité, le monde est exigeant envers Israël, pays qui représente la taille du New Jersey. Il lui demande encore plus de concessions en acceptant une solution à 3 Etats : un Etat avec une autorité palestinienne sur la rive occidentale et un Etat terroriste du Hamas, contrôlant 1,5 million de Palestiniens, à Gaza.

- Tout cela, pendant que le Hezbollah mandataire de l'Iran au Liban, s'approvisionne de 50.000 roquettes et menace les populations civiles du nord et du centre d'Israël.
- En 2010, la plupart des experts du Moyen-Orient croient que le seul espoir pour accomplir la paix est une solution à deux Etats, avec des frontières finales définies.

- Mais trop de diplomates, d'experts, d'universitaires et de représentants de l'Eglise ignorent le fait que de récents sondages montrent bien que la plupart des Israéliens sont favorables à une solution à 2 Etats mais la plupart des Palestiniens continuent à s'y opposer.

C'est à nous, à vous, de diffuser ces faits sur Israël - à vos leaders nationaux de toutes fonctions politiques ou sociales, aux gouvernements mondiaux, à vos médias et à tout ceux qui écouteront.

20:11 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Israël | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : israël, centre simon wiesenthal, 10 mensonges contre israël en 2010, rav yehoshua rahamim dufour | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

50 ANS APRES L'INDEPENDANCE, LA COTE D'IVOIRE MALADE DE SES INTELLECTUELS

 

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Dans les sociétés primitives, l'intellectuel était le prêtre, le gardien de la tribu. Son savoir était spirituel et matériel. Il savait interpréter les rythmes lunaires pour que les bonnes périodes de semence et de récolte soient respectées. Il connaissait les propriétés des plantes qui guérissent. Sa connaissance de l'homme dans toute sa dimension faisait aussi de lui un psychologue, et parfois même un psychiatre... Dans ces sociétés-là, c'est à l'intellectuel qu'était confiée, de diverses manières, la responsabilité de toute la communauté. L'image de celle-ci, était à sa charge. Il devait la préserver et signaler quand cette image commençait à s'effondrer du fait des comportements de certains membres de ladite communauté.

La fonction de l'intellectuel n'est donc pas récente. Aujourd'hui encore, ce vocable désigne toute personne qui s'engage publiquement pour défendre des valeurs. Comme on le voit, l'intellectuel n'est pas nécessairement un universitaire. Il n'a pas forcément de lien avec le niveau scolaire. C'est une personne qui dispose d'une forme d'autorité qu'il met à profit pour persuader, proposer, débattre, permettre à l'esprit critique de s'émanciper des représentations sociales. Par exemple, clarifier les enjeux majeurs de son temps et définir les principales menaces pour la paix, le développement, la justice sociale, la vraie indépendance nationale, ainsi qu'identifier et soutenir les principaux défenseurs de ces principes. Par le seul fait de son intégrité et de son héroïsme à se porter en exemple, il convainc par son autorité morale. Par ses seules idées et analyses, il apporte éclairage dans tous les secteurs de la société, afin que les décisions soient prises en toute connaissance de cause.

Que sont devenus nos intellectuels ?

Notre pays commémore aujourd'hui 50 ans d'indépendance... dit-on. Et à ce stade, il convient de s'interroger rigoureusement sur le rôle de nos intellectuels dans la marche de notre Nation. L'heure est venue de nous questionner sur leur rapport à la société ivoirienne. Quelle a été leur responsabilité dans la situation actuelle de notre pays ? Où sont-ils ? Que font-ils aujourd'hui ? La réponse, c'est Paul Nizan qui la donne dans « Les Chiens de garde » : « Ils gardent leur silence. Ils n'avertissent pas. Ils ne dénoncent pas... L'écart entre leur pensée et l'univers en proie aux catastrophes grandit chaque semaine, chaque jour, et ils ne sont pas alertés. Et ils n'alertent pas. L'écart entre leurs promesses et la situation des hommes est plus scandaleux qu'il ne fut jamais. Et ils ne bougent point... » Le constat est triste et amer. Qu'après 50 ans, nos intellectuels en soient encore à faire le sempiternel procès de la traite négrière, de la colonisation, de la néo-colonisation, de la mévente des matières premières ou de leur pillage. C'est vrai qu'on ne doit pas faire comme si l'esclavage et ses ravages n'ont jamais eu lieu. Mais on ne doit pas non plus rester figé à l'émotion de cette parenthèse horrible de notre histoire. Et être frappé de paralysie intellectuelle. Parce qu'il est clair que le bilan politique de notre pays est honteux. Mais celui des intellectuels est des plus catastrophiques. Car, force est de le reconnaitre, leurs actions ont été plus dangereuses et plus dévastatrices. Puisque plus insidieuses et plus vicieuses, parce qu'agissant directement sur la conscience des populations.

Depuis l'indépendance, nos intellectuels se partagent quasiment seuls l'espace politique. Et exercent des fonctions de pouvoir... Ils ont choisi de défendre égoïstement leur chapelle et d'ainsi sacrifier l'intérêt général au profit du leur. Certains ont même développé la mauvaise foi et la malhonnêteté intellectuelle, prémices de la dépravation des mœurs à laquelle nous assistons impuissants. D'autres se sont perdus dans un nombrilisme suicidaire. Hélas ! Et pourtant, on attendait d'eux qu'ils endossent la tâche exaltante de modeler la société et de se poser en vecteurs des valeurs positives. Au contraire, ils ont préféré inoculer à la population le virus des inconduites nocives à la société. Ils ont inscrit ces comportements de déstabilisation sociale dans notre culture, poussant la population à haïr et à dédaigner la vérité, l'honnêteté, la responsabilité, le civisme, etc. Des attitudes qui ont inondé la Côte d'Ivoire de fausses idéologies et ruiné la population toute entière. En définitive, ils ont bradé tout ce qu'ils avaient de crédibilité. Dans un tel environnement, la population miséreuse à outrance a perdu tous ses repères, ses modèles et même sa foi en la vie. Ainsi les Ivoiriens en sont-ils venus ainsi à développer des réflexes de survie caractérisés par la corruption, le je-m'en-foutisme, le pillage des biens publics, la prostitution, etc. Et il s'en trouve qui déplorent leur indolence devant la faillite de leur propre réalité, mais oublient de rappeler de quelles fables ils ont été bercées 50 ans durant...

Finalement, nos intellectuels se sont tus. Et le bruit de leur silence cinquantenaire est devenu bien plus qu'assourdissant et révoltant. Surtout, en cette période de crise aiguë d'où nous avons du mal à sortir. En réalité, c'est la Vérité qu'ils ont tue pour promouvoir des fausses valeurs sur lesquelles a été bâtie une fausse réalité sociale et politique. Ceux qui étaient sensés être nos lumières nous ont donc plongés dans les ténèbres. Pendant 50 ans, nos intellectuels n'ont pas su améliorer notre perception de nos handicaps majeurs. Pis, ils n'ont même pas été capables de nous offrir une grille de lecture simple et efficace qui rende intelligibles les raisons de nos faiblesses et de nos défaites historiques. Pour éviter ces responsabilités historiques, et sociales, ils ont installé des comportements de nature à faire prospérer le désespoir, la fatalité et l'absence de toute éthique.

N'est-ce pas eux les fameux idéologues des régimes qui ont bloqué toute idée d'ouverture et de modernisation de notre pays ? 50 ans durant, ils ont soutenu l'injuste système des équilibres régionaux au détriment de la compétence, y compris dans les examens et concours. Si des idées comme « la terre appartient à celui qui la met en valeur » ou « on ne regarde pas dans la bouche de celui qui grille des arachides », « l'école télévisuelle », « le complot du chat noir », « la rébellion armée du 19 septembre 2002 », etc. ont prospéré et détruit notre pays, c'est bien grâce à la caution de ces intellectuels ou supposés tels. Ils ont soutenu à cors et à cris qu'on pouvait tripatouiller la Constitution, comme un simple règlement intérieur d'association de quartier. Ce sont les mêmes qui ont dit que le parti unique était une chance pour notre pays et le multipartisme, une vue de l'esprit. Ils ont été les fervents défenseurs des programmes d'ajustement structurel. Ce sont eux encore qui, aujourd'hui, dénoncent doctement et avec véhémence les ravages causés par ces PAS. Comment des gens qui sont supposés mieux connaître les réalités de notre pays, ont-ils pu se faire dicter des mesures économiques par des jeunes cadres sans expérience du FMI et de la Banque mondiale ? Quant à leur conviction politique, inutile d'en parler. Car pour parvenir au sommet de l'échelle sociale, ils ont trempé dans toutes les combines politiques et intellectuelles. Dans tous les compromis et toutes les compromissions. Ils ont participé à toutes les rapines économiques. Ils ont expérimenté toutes les idéologies et tous les régimes : ils étaient houphouétistes, ils sont devenus bédiéistes, puis guéistes, ils sont aujourd'hui gbagboéistes. Pendant 50 ans, ils se sont reniés et ont ruiné le crédit de leur corporation en trahissant leur vocation à la Sagesse. Finalement, leur rapport à la population fait penser à cette parabole : « le ventre de ma mère peut être fermé, du moment que j'en suis sorti ! »

En clair, c'est de morale qu'il faut parler aujourd'hui aux intellectuels ivoiriens. S'il est une valeur qu'ils ont oubliée, c'est bien celle-là. Non pas pour l'asséner à leurs compatriotes. Mais pour l'appliquer à eux-mêmes. Car, s'ils sont aujourd'hui complètement inaudibles, c'est qu'eux-mêmes n'entendent pas ce qu'ils doivent entendre : la parole des autres, la parole du peuple. Et s'ils n'entendent pas, c'est qu'ils n'écoutent pas. Or, être intellectuel c'est non seulement parler, mais, par sa parole, écouter, et aller chercher la vérité là où elle se trouve, c'est-à-dire dans la parole des autres.

Fort heureusement, il existe encore chez nous des intellectuels, dans le sens noble du terme, des femmes et des hommes probes qui résistent et qui refusent de tremper dans les combines et combinaisons sordides. Et en ces heures difficiles, il faut le dire, le Pr Mamadou Koulibaly fait partie de ces rares spécimens, malheureusement en voie de disparition, qui sauvent l'honneur de la classe intellectuelle ivoirienne et portent cette charge écrasante avec foi et conviction.

Qu'attendons-nous de nos intellectuels ?

Que peuvent donner les intellectuels ivoiriens ? Que doivent-ils refuser ? C'est vrai qu'en tant qu'êtres sociaux, ils ont des appartenances. Mais dans quelle mesure sont-ils au service de la Nation ? Parce qu'il est vrai que dans toutes les sociétés, ce sont les hommes qui, engagés fermement, font l'histoire à travers leurs actions pour orienter le destin de leur Nation. C'est pourquoi, les intellectuels doivent s'impliquer et être attentifs aux réalités de leur pays. En un mot, être les témoins de leur temps. Des témoins qui vont témoigner, au nom de la Vérité. Et suivre résolument la voie de leur conscience quel qu'en soit le prix à payer.

C'est ce niveau de perfection réflexive et discursive que lui envient tous ceux qui reconnaissent son savoir. Il participe ainsi à la reproduction d'une valeur sociale. Cependant, comme l'écrit Antonio Gramsci dans ses Cahiers de prison, « on peut dire que les hommes sont des intellectuels, mais que tous les hommes n'ont pas dans la société la fonction d'intellectuel. » Alors, combien sont-ils dans notre pays à exercer réellement cette fonction d'intellectuel ?

Pareils aux philosophes du siècle des Lumières en Europe, il faut aux intellectuels ivoiriens absolument être les éclaireurs du progrès, de la modernisation et de la vraie indépendance. Cette période de crise est justement l'occasion pour les intellectuels ivoiriens de se manifester, se distinguer, sortir du lot du commun des mortels, et s'obliger à produire des idées de génie afin qu'un terme soit mis aux souffrances des populations.

Car rien ne défigure plus l'image des intellectuels que le louvoiement, le silence prudent, le vacarme patriotique et le reniement théâtral. L'adhésion des intellectuels ne doit pas être synonyme d'allégeance servile. L'affiliation politique, l'appartenance régionale et ses fidélités ne doivent à aucun moment prendre le pas sur les critères de Vérité. Son rôle n'est pas de produire des louanges pour le pouvoir lui-même en contrepartie d'une rente, mais d'émettre des idées constructives, selon sa propre vision du monde, par un discours de vérité pour faire avancer la société grâce à un débat contradictoire utile, son refus du silence face à l'inacceptable, son autorité morale, sa capacité à proposer des solutions... et son intransigeance dans ses idées. Ne pas le faire, c'est démissionner.

Nul n'a donc besoin d'être un économiste ou politologue sorti de Harvard pour comprendre que « l'indépendance et le développement » dans un système de dépendance politique, économique et culturel n'est rien d'autre qu'un leurre, une grosse farce dont le seul et unique objectif est d'occulter les vrais problèmes pour justement éviter de les poser... Si nous sommes encore en proie à ces désordres qui bloquent notre vraie indépendance et handicapent notre développement, c'est bien parce qu'il y a des choix contestables qui ont été faits en amont et qui sont, hélas, encore entretenus.

Nos éminences grises ont passé 50 ans à juste inventorier les facteurs qui seraient caractéristiques de notre sous-développement, sous-entendant qu'il suffirait de surmonter les problèmes de la démocratie, de la pauvreté, etc. pour que les portes de la liberté et du développement s'ouvrent à nous. Un pays peut être aussi riche que possible, mais si son élite est irresponsable et corrompue, abandonnant sa structure économique et politique asservie à un système dont elle-même ne contrôle pas les données, ce pays ne sera jamais indépendant, encore moins développé. Il faut vraiment faire preuve d'une mauvaise foi déconcertante ou souffrir d'une grave myopie intellectuelle pour ne pas le reconnaître.

Nous croyons qu'une autre Côte d'Ivoire est possible et même nécessaire pour les 50 prochaines années ! Et c'est maintenant qu'il faut la construire. Mais par pitié, que nos élites ne commettent plus l'erreur de le faire avec des comportements et attitudes que nous ne voulons plus, et qui de toute façon ne sont pas viables. Un tel édifice ne peut que s'écrouler avant même son achèvement, entraînant un nouveau naufrage cinquantenaire, un second drame, une autre tragédie.


Serge Grah

Source: Le Blog de Serge Grah

jeudi, 19 août 2010

COTE D'IVOIRE: FPI, TRAGEDIE D'UN PARTI QUI INCARNAIT L'ESPOIR

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On a parfois besoin de vivre les faits pour y croire. Ou encore, la vie quotidienne, comme qui dirait, se révèle souvent la meilleure des écoles, voire le meilleur apprentissage. Sans cette expérience, on croit bien souvent que ce que certains disent ou racontent autour de nous n'est que du pur idéalisme ou simple utopie ou encore des fantasmes. Descendons sur terre et disons les choses plus simplement pour nous faire mieux comprendre ; n'est‐ce pas là l'une de nos nombreuses missions à travers « Le Filament » ?

Ce qui se passe aujourd'hui en Côte d'Ivoire et tout précisément au sein du parti du Président Laurent Gbagbo, nous oblige à parler, sans tabou, du futur du FPI et de la Côte d'Ivoire après l'ère Gbagbo et surtout à revenir quelques années en arrière pour réviser les leçons de philosophie pure, de philosophie politique, de science politique et même de droit que nous buvions, avec volupté, et sans penser que, un jour, nous serions des témoins et acteurs de ce que nos différents maîtres ( que, au passage, nous saluons de nous avoir ouvert les yeux et les oreilles) tentaient, contre vents et marrées, de nous faire comprendre.

Il est très important de rappeler que le Front Populaire Ivoirien (FPI) est né d'une révolte contre les pratiques politiciennes du temps du parti unique ; des pratiques socialement et économiquement dégradantes et inhumaines de l'ancien régime, le PDCI (Parti Démocratique de Côte d'Ivoire) dirigé alors par le « bélier » de Yamoussoukro, M Félix Houphouët‐Boigny. Le FPI est né aussi de la volonté et dans le but de « gouverner autrement la Côte d'Ivoire » (Lire à ce sujet « Propositions pour gouverner la Côte d'Ivoire» de Laurent Gbagbo). Et donc « gouverner autrement la Côte d'Ivoire », tel est le slogan qui, comme le « Yes we can » de Barack Obama, a conduit le peuple ivoirien à prendre le risque de porter M. Laurent Gbagbo au pouvoir, en acceptant ou en faisant les sacrifices exigés, allant de la perte du gagne‐pain jusqu'à la perte de la vie (Kpéa Domain, par exemple). Tout le monde le sait, des foyers ont été disloqués ; des légions remplies d'espérance ont été brisées, des ressortissants de certaines régions du pays ont été frappés d'ostracisme, purement et durement, de la part des dirigeants du PDCI ; et ce, parce qu'ils avaient épousé les idéaux véhiculés ouvertement par le discours nouveau ou inédit de Laurent Gbagbo et ses camarades.

En effet, Monsieur Laurent Gbagbo promettait de changer, radicalement et positivement, la condition de vie des Ivoiriens et des Africains. A ce propos, il disait : « J'ai les hommes et les femmes pour gouverner la Côte d'Ivoire autrement » ou encore « Je mets les pieds là où je connais », autrement dit, je viens en homme d'expérience, j'ai un programme pour gouverner, contrairement à mes prédécesseurs, etc. Nous ne croyons pas qu'il ait une seule fois dit qu'il venait au pouvoir pour empirer la situation des Ivoiriens. C'est pourquoi au vu de la situation exécrable, déliquescente et nauséabonde qui prévaut aujourd'hui au sein du FPI, et partant en Côte d'Ivoire, nous ne pensons pas que M. Laurent Gbagbo devrait être, n'en déplaisent à certains, épargné de nos critiques. Il est le chef du village, il est donc entièrement responsable, comme l'étaient hier M. Houphouët‐Boigny et M. Konan Bédié, de l'ivresse et de la folie devenues quotidiennetés de la part de ces hommes et de ces femmes en qui il a placé sa confiance. N'est‐ce pas lui qui répétait que, pour guérir une plaie, il faut percer l'abcès ? Alors pourquoi s'émouvoir lorsque son nom apparaît dans une quelconque analyse ou une critique ? Simplement, arrêtons de donner raison à Senghor qui avait du mal à supporter la couleur de sa peau et qui, sans conscience, disait : « La raison est hellène et l'émotion est nègre ». Dépassons le culte de la personne, battons‐nous pour la dignité du Noir, et de l'Africain en particulier. Que les « Gbagboïstes » voient plus loin que le bout de leur nez et qu'ils placent la Côte d'Ivoire au centre ou au‐devant de leur vision politique.

Aujourd'hui, lorsque nous jetons un regard froid sur la situation qui prévaut au sein du FPI et sur celle de toute la nation ivoirienne, nous sommes obligés de conclure, sans ambages, que le train des rêves sur lequel des millions d'Ivoiriens ont embarqué, s'est transformé en un minuscule wagon de cauchemars, voire en un coma politique et socio‐économique. Au FPI, de l'idéalisme socialiste prometteur, l'on est tombé dans un « matérialisme » vagabondant, nauséabond , du moins dans une aristocratie éhontée qui écrase l'Ivoirien, qui conforte la pauvreté et la misère, au point de contraindre les autres Ivoiriens à vivoter ou à se prostituer dans les écoles, sur les lieux de travail, voire dans les toilettes des immeubles aux murs verdâtres et lézardés d'Abidjan et d'ailleurs.

C'est vrai que la France fasciste continue de livrer une guerre farouche d'intérêts à la Côte d'Ivoire, depuis que Laurent Gbagbo a décidé de « gouverner autrement ». Mais, nous disons : assez ! « La guerre de la France contre la Côte d'Ivoire », pour parler comme le Président de l'Assemblée nationale, le professeur Mamadou Koulibaly, ne doit pas cacher la gangrène dans laquelle la nation ivoirienne est plongée, purement et simplement par les agissements des hommes et des femmes du FPI. Leur attitude renvoie à l'idée, du moins porte à convaincre qu'ils sont venus au pouvoir pour voler, pour piller, pour détourner les deniers publics, pour se bâtir des châteaux, pour faire de leurs enfants les seuls méritants du pays et les seuls aptes à faire de bonnes études, et ce, dans les écoles et institutions les plus prestigieuses et non moins coûteuses dans les pays occidentaux.

Pour conclure cette première partie, nous disons que la Côte d'Ivoire est très riche et que sa modeste superficie ne constitue pas un obstacle pour son développement, ni pour le bien‐être des Ivoiriens. Le seul problème ou l'un des obstacles est la course effrénée et illégale vers l'enrichissement rapide qui fait fi de toute loi morale et de toute logique, qui nous éloigne des promesses d'hier, qui nous pousse au désespoir, plutôt qu'à l'espoir. (A suivre)


Sylvain de Bogou,

Directeur de la Rédaction, Le Filament.

sylvaindebogou@yahoo.com

Source: LE FILAMENT N°6 du 15 Juillet 2010


Prochainement :

Le FPI, un parti gangréné et aux lendemains incertains.


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15:01 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : côte d'ivoire, fpi, le filament, sylvain de bogou, léandre sahiri | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LES PAYS AFRICAINS DE LA ZONE FRANC SONT TOUJOURS COLONISES 50 ANS APRES LA PROCLAMATION DES INDEPENDANCES




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Par Dr Séraphin PRAO

L'histoire nous enseigne qu'entre le 1er Janvier et le 31 Décembre 1960, 17 pays d'Afrique subsaharienne (ASS), dont 14 anciennes colonies françaises, accédaient à la souveraineté nationale et internationale. Evidemment cela fait cinquante ans, qu'ils sont théoriquement libres. Pour ne pas démentir la légende qui veut que les africains aient un faible pour les festivités, ils n'ont pas manqué cette occasion pour danser et festoyer.

Les africains veulent considérer ce cinquantenaire comme l'an zéro de l'Afrique libre. C'est dans ce cadre que des journées de réflexions ont été organisées pour trouver les remèdes au mal africain : son retard en matière de développement. La Côte d'Ivoire n'a pas manqué à l'appel.

Si le cinquantenaire des indépendances doit être considéré comme l'année zéro pour les africains, alors, on peut le dire sans se tromper que ceux de la zone franc sont mal repartis et n'ont encore rien compris.

En effet, lors du colloque international sur le cinquantenaire de l'indépendance et ses perspectives en Afrique subsaharienne, qui s'est tenu à la Fondation Houphouët-Boigny pour la Recherche de la Paix, à Yamoussoukro, le 3 août 2010, le Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), l'Ivoirien Philippe DACOURY-TABLEY, a en substance plaidé en faveur du maintien du Franc CFA. Pour le gouverneur, il ne s'agit pas d'avoir une monnaie.

"Tout le monde peut le faire. Mais, si c'est pour faire et s'asseoir à côté, ça ne sert à rien", a-t-il fait remarquer. Pour le banquier, il faut plutôt dépassionner la question et "rendre nos économies indépendantes"

Lorsqu'il évoquait "l'indépendance du drapeau", le leader indépendantiste tanzanien Julius NYÉRÉRÉ voulait faire comprendre que la véritable indépendance ne réside pas uniquement dans ses attributs extérieurs. Pour être effective, elle ne peut se contenter d'être diplomatique. Elle doit aller au-delà, pour se manifester dans tous les domaines de la vie d'un pays, le politique et administratif, l'économique et le financier, le culturel enfin.

L'objet  de cet article est de dire sans détour que la conquête de l'indépendance passe nécessairement par celle de la souveraineté monétaire. La littérature sur le sujet est dense (AGBOHOU Nicolas, 1999 ; TIANI KEOU François, 2002 ; HUGON, 1999 ; TCHUNDJANG POUENI, 1980 etc...).

Il s'agit ici de déférer à la barre de la "raison" comme à la barre de la "conscience", l'élite bourgeoise africaine qui peine à comprendre ce que les autres savent déjà : la monnaie est à la fois un instrument de développement et de domination.

Il faudra répondre à l'innocente question initiale : le franc CFA est-il défendable ?

Nous trouvons ici comme prétexte, une réponse au gouverneur de la BCEAO, Philippe DACOURY-TABLEY, pour apporter des éclairages sur le concept mal connu qu'est la monnaie.

Ce que notre étude apporte c'est la dimension sociale de la monnaie qui vient convaincre définitivement que si les africains veulent une identité économique, ils doivent battre leur propre monnaie.

Nous commençons par revenir sur la définition de la monnaie car il nous semble utile de poser le problème de fond : celui de la nature de la monnaie.

Ensuite, on pourra montrer pourquoi, le Franc CFA doit disparaître si nous aspirons à l'indépendance et au développement. Ce sera le lieu de rappeler que les pays africains en général et ceux de la Zone Franc, en particulier, doivent s'affranchir de la tutelle française pour penser réellement leur développement.

QU'EST-CE QUE LA MONNAIE ?

D'ordinaire, les manuels d'économie définissent rapidement la monnaie comme un bien économique remplissant trois fonctions : une fonction d'unité de compte, une fonction d'intermédiaire des échanges, une fonction de réserve de valeur.

Respectivement, la monnaie permet d'exprimer en une seule et même unité la valeur des biens et services échangés, éliminer les contraintes liées au troc de marchandises et constituer un lien entre le présent et l'avenir.

Une telle définition présente des limites. On peut citer au moins deux inconvénients majeurs :


-        elle ne hiérarchise pas les différentes fonctions et sous-estime donc le problème de savoir où se situe la limite entre ce qui est de la monnaie et ce qui n'en est pas. Ainsi, si l'on considère que la principale fonction de la monnaie est d'être une réserve de valeur, on constate que de nombreux objets tels que des timbres, des tableaux peuvent servir de réserve de valeur sans être pour autant une monnaie.

-        l'approche fonctionnelle est trop limitative, puisqu'elle ne prend pas en compte la nature de la monnaie qui est d'ordre social.


Délaissons à jamais l'approche fonctionnelle de la monnaie pour nous concentrer maintenant sur les approches vivifiantes.

La monnaie peut alors être considérée comme un lien social essentiel, c'est à dire un "objet" liant entre eux des individus hétérogènes afin d'en faire une société. Il est admis par un grand nombre d'économistes, depuis les écrits d'Adam SMITH et la naissance de l'économie en tant que discipline autonome, que le marché était généralement considéré comme le seul lien nécessaire pour réunir en une société des individus par ailleurs isolés.

Mais La publication par Karl MARX du livre premier du Capital en 1867 va constituer une rupture très nette avec l'économie politique classique en ce qui concerne la théorie monétaire.

Selon Karl MARX, derrière la circulation des marchandises, il existe toujours des rapports sociaux. La valeur est en effet un rapport social de production qui revêt la forme d'un objet obtenu à partir de travail. Pour aller vite, disons que la monnaie dans la pensé de Karl MARX a un caractère double puisqu'elle est à la fois une marchandise et l'expression d'une relation sociale.

Or, le rôle de convention sociale de la monnaie s'accommode mal du statut de marchandise qu'il cherche à lui donner.

Comme par miracle, c'est un autre auteur allemand, Georg SIMMEL, qui, dans sa Philosophie de l'argent, va s'émanciper du concept de monnaie marchandise. L'échange monétaire peut en effet être considéré comme une socialisation, c'est à dire "l'une de ces relations dont la présence transforme une somme d'individus en un groupe social".

Pour former un lien social, il est nécessaire de passer par la médiation de l'instance collective que représente l'institution monétaire. C'est ce qui se passe, d'après SIMMEL, lors de l'extension de la sphère des échanges. Selon FEMENIAS (2008), pour SIMMEL, c'est donc bien la communauté dans son ensemble qui garantit que la monnaie soit acceptée aujourd'hui et dans l'avenir en règlement des échanges.

Dans le même ton, Michel AGLIETTA et André ORLÉAN dans La violence de la monnaie, ont de façon savante, démontré la dimension sociale de la monnaie. La monnaie est vue comme le moyen de canalisation de la violence censée caractériser tout ordre social. La socialité n'est possible qu'après un processus de socialisation dans lequel l'institution monétaire joue un rôle essentiel. Elle permet ainsi la conciliation de deux contraires : l'affirmation de l'autorité souveraine et celle d'une liberté personnelle, individuelle.

La forme générale de socialisation que constitue l'échange représente la forme sui generis du lien social. C'est l'adhésion de tous à la monnaie en tant que forme "socialement reconnue et légitimée de la richesse" (AGLIETTA et ORLÉAN, 2002, 67) qui confère son statut à la monnaie.

Comme l'État est porteur d'un projet d'unification politique et qu'il en a les moyens, il joue un rôle qui peut être déterminant pour conduire le processus monétaire jusqu'à sa réussite, en particulier en tant qu'il possède la légitimité permettant d'affronter les puissants antagonismes d'intérêt politique que la définition de la monnaie ne peut manquer de faire naître.

L'indépendance est aussi l'occasion de rétablir les symboles nationaux d'avant la guerre et de jeter les bases d'une restauration monétaire.


La monnaie est sans aucun doute une expression de la souveraineté d'un pays. La monnaie joue un rôle  dans l'ensemble des processus et des relations par lesquels une communauté se constitue en autorité souveraine.

On peut citer l'exemple du cens à Rome. La société romaine met en place, dès le 6e siècle av. J.-C., le cens, une sorte d'état civil d'état. Sous la monarchie romaine, existaient deux classes principales, les nobles et le peuple (populus), outre les esclaves et les non-citoyens. Après l'instauration de la République,  la société romaine se définissait elle-même comme une société d'ordres (ordines) implacablement stratifiée. L'évaluation en monnaie y apparaît au centre d'un dispositif qui établit la citoyenneté et assigne à chaque citoyen une place au sein de la hiérarchie sociale. Finalement, le census marque solennellement la limite entre les citoyens et ceux qui ne le sont pas.

Enfin, exposons rapidement, l'approche de la monnaie comme système de paiement. Celle-ci explique que la monnaie doit être analysée comme point de départ obligé de la théorie du marché plutôt que comme un simple objet économique.

La monnaie est ainsi considérée comme une institution, un ensemble de règles d'emblée sociales. Pour CARTELIER, "la monnaie, ou système de paiement, est l'institution qui rend possible la coordination des actions économiques des individus".

L'approche de CARTELIER est différente de celle  exposée plus haut, faisant de la monnaie, une canalisation de la violence. Selon CARTELIER, la monnaie n'est qu'un des résultats possibles du processus de canalisation de la violence. Ainsi, la loi ou le sacré constituent autant de solutions alternatives.

POURQUOI LE FRANC CFA DOIT DISPARAÎTRE

Nous avons pris soin de rappeler dans notre introduction que les pays africains sont logiquement indépendants depuis 50 ans. Pourtant, ils sont aujourd'hui encore nourris au "lait" de la France. Que le lecteur m'accorde la faveur de dire que notre continent ne se développera que lorsqu'il sera en amont et en aval de ses stratégies de développement.

a)  Les principes de la Zone Franc sont des leviers du pillage des économies africaines

La parité fixe. Un nombre croissant de monnaies vernaculaires se rattachent à des monnaies véhiculaires (Bourguinat) qui permettent l'acceptabilité, la liquidité et la stabilité permettant la prédictibilité.

Les francs CFA sont ainsi rattachés au franc français par une parité fixe (éventuellement ajustable). Deux régimes de taux de change sont possibles : le taux de change flexible et le taux de change fixe.

La réflexion n'a pas été menée pour savoir lequel des deux, éventuellement, doit être préféré. On sait pourtant que le taux de change remplit deux fonctions conflictuelles dans la gestion de l'économie [BOUGHTON, 1991] : point d'ancrage à la stabilité économique (un pays qui stabilise son taux de change par rapport à une devise forte, gagne en crédibilité); instrument de rééquilibrage des comptes extérieurs (un pays qui surévalue sa monnaie perd de la compétitivité).

Le taux de change flexible permet d'utiliser la politique monétaire à d'autres fins. On admet généralement qu'une économie fortement exposée à des chocs extérieurs, ce qui est le cas des pays africains de la Zone, ont intérêt à stabiliser l'économie par la flexibilité de change.

En imposant le régime de taux de change fixe aux PAZF (Pays Africains de la Zone Franc), la politique monétaire avait un seul objectif à poursuivre, celui du maintien du taux de change à son niveau annoncé.

L'ancrage nominal conduit à réduire l'inflation et il favorise des anticipations non inflationnistes; il crée une contrainte pour la convergence des politiques économiques et il impose une discipline monétaire.

La fixité du change réduit la spéculation déstabilisatrice sur les modifications de taux de change.

En réalité, le choix du régime de taux de change fixe était de faire en sorte que les bénéfices des  entreprises françaises ne subissent pas les caprices d'un taux de change erratique.

En clair, la France voulait stabiliser les bénéfices des entreprises françaises. Pour cela, la France a promis réduire l'impact des chocs extérieurs avec des mécanismes coopératifs (comptes d'opérations) ou d'aides (exemples du Stabex ou du Sysmin).

En ce qui concerne, la liberté des transferts, elle est limitée au niveau des pays africains mais massive entre les pays africains et la France. Cette liberté de transferts a conduit à un rapatriement massif des bénéfices des investisseurs étrangers vers leur maison-mère et à un exode des revenus des ménages expatriés vers leur pays d'origine : entre 1970 et 1993, alors que les investissements étrangers s'élevaient à 1,7 milliards de dollars, le rapatriement des bénéfices et des revenus d'expatriés s'est élevé à 6,3 milliards. Les rapatriements ont donc été quatre fois supérieurs aux investissements (Nicolas AGBOHOU, 1999, p. 87).

La transférabilité interne a pris un coup depuis les années 90. Il y a une mesure de suspension de rachat des billets de banque CFA entrée en vigueur le 2 août 1993. Auparavant, et ce jusqu'au 1er août 1993, la convertibilité des billets était libre et illimitée aux guichets de la banque de France. En plus d'une mesure de suspension de rachat des billets CFA entre la zone UMOA et la zone CEMAC à compter de septembre 1993.

Cela n'a pas empêché la détérioration des comptes dans les années 1990 et l'incapacité déclarée de la France à soutenir sans limites les budgets africains. Résultat : les deux francs CFA ont été dévalués de 50 % en janvier 1994 pour passer de 0,02 à 0,01 FF. Cette parité fixe ne changea pas avec le passage du FF à l'euro (1999). Elle s'est traduite automatiquement par le taux de 1 euro pour 655,957 F CFA.

La libre convertibilité et la libre transférabilité sont limitées par le contrôle des changes (surtout depuis la suspension de la convertibilité des billets FCFA) et l'absence de marchés des FCFA (tous les flux passent par le filtre des banques centrales).

Finalement, la zone franc est un espace de circulation asymétrique des capitaux privés, d'investissements publics, et de répartition de l'aide publique où les entrées de flux publics sont compensées par des sorties de flux privés.

Elle demeure caractérisée par le poids des intérêts des firmes françaises. Elle est un espace politique, linguistique, financier marqué par des relations privilégiées avec l'ancienne métropole. D'espace commercial préférentiel, elle est devenue un espace financier privilégié; de système centralisé et hiérarchique de défense externe de la monnaie dans un espace protégé, elle est devenue une institution plus souple de coopération monétaire.

Au sujet de la convertibilité illimitée ou la garantie illimitée du Trésor Français, cette disposition était une manière légale pour les entreprises françaises d'avoir des devises avec leurs milliards de franc CFA. La convertibilité des francs CFA ne résulte pas du marché mais d'une convention avec le Trésor français. La convertibilité permet l'accès aux marchés internationaux et favorise l'entrée des capitaux.

Depuis la dévaluation des francs CFA du 12 janvier 1994, les pays africains membres de la Zone ont perdu leurs droits de tirage automatique. La France est devenue un prêteur résiduel qui se situe en second rang par rapport aux institutions de Bretton Woods, et qui intervient après mobilisation des multilatéraux notamment la Banque africaine de développement.

Enfin, le principe des comptes d'opérations est une escroquerie morale, financière de la France.  Les comptes d'opérations auraient même une origine nazie. Il faudrait reprendre l'idée de Nicolas AGBOHOU (1999, p.79) sur ce point.

Selon l'auteur, "la France applique actuellement aux Africains, les cruautés financières que l'Allemagne hitlérienne lui a infligées pendant l'occupation. En effet, l'Allemagne nazie a fait supporter des charges financières énormes à la France envahie...", Selon un mécanisme bien décrit par Pierre ARNOULT.

Selon Nicolas AGBOHOU, l'Allemagne avait organisé sous des apparences commerciales l'exportation chez elle, à peu près gratuitement, de toutes les richesses françaises dont elle avait besoin.  Pour réaliser ce dernier projet, elle imagina d'instituer un accord de compensation franco-allemand qui, à la vérité, n'aurait d'accord que le nom et mettrait la production française à sa merci.

Lorsque deux pays décident de régler leurs relations commerciales par voie de compensation, ils créent un clearing, c'est-à-dire un organisme chargé d'équilibrer leurs créances et leurs dettes respectives.

En dehors de l'argumentation fournie par Nicolas AGBOHOU, celle de Maurice NIVEAU (1954) ne manque pas d'intelligence. Cette technique de compte d'opérations, qui est en réalité une escroquerie était pourfendue par les français eux-mêmes.

Maurice NIVEAU (dans Histoires des Faits Economiques contemporains, PUF, 1966, p.306-307) nous rapporte le sentiment français, par les propos de  M. Emile MOREAU (gouverneur de la banque de France de 1926 à 1930) qui disait ceci à M. POINCARÉ (président du conseil) : "j'expose au président du conseil que l'Angleterre ayant été le premier pays européen à retrouver une monnaie stable et sûre après la guerre, a profité de cet avantage pour jeter sur l'Europe les bases d'une véritable domination financière. [...] les remèdes comportent toujours l'installation auprès de la banque d'émission d'un contrôleur étranger anglais ou déguisé par la banque d'Angleterre, et le dépôt d'une partie de l'encaisse de la banque d'émission à la banque d'Angleterre, ce qui sert à la fois à soutenir la livre et à fortifier l'influence anglaise..."

b)  Le Franc CFA n'a pas apporté le développement économique mais le développement du sous-développement

Le franc CFA est un facteur de sous-développement. Nous le verrons dans les lignes qui suivent. Mais il y a un autre argument que nous devons brièvement examiner ; il renforce la tendance à la libération des PAZF (Pays Africains de la Zone Franc).

b.1) La création monétaire est du domaine de la souveraineté d'un pays

Jamais, en réalité, l'Etat ne s'est désintéressé de l'émission ; même quand l'institution d'émission était un organisme strictement privé, comme en grande Bretagne, les relations entre la Banque et la Trésorerie étaient étroites.

Les PAZF ont abandonné à la France, la création monétaire qui est pourtant une prérogative régalienne de l'Etat. C'est un "droit inconditionné de définir les règles qui gouvernent l'évolution de la monnaie qui a cours sur son territoire". Et ceci sous deux aspects : au plan interne, s'agissant du "pouvoir d'émettre la monnaie fiduciaire, de définir un système de contrôle de la quantité globale de monnaie en circulation, de définir dans quelles limites l'Etat peut avoir recours à la création de la monnaie pour financer sa dette".

Sur le plan externe, la liberté de choisir un système de change et éventuellement de fixer la position de la monnaie nationale dans ce système. Certaines fonctions sont indispensables à la survie de l'identité nationale et spécifiques à l'Etat et touchent au plus près à la souveraineté et donc ne sauraient souffrir que des limitations très restreintes.

Cela concerne au premier chef le maintien de l'ordre public, la justice et le monopole de la contrainte à l'intérieur, la diplomatie, la défense et enfin la monnaie.

La plus grande démission des intellectuels africains, en tout cas, ceux du sous-continent noir, c'est d'avoir toléré ce viol monétaire pendant longtemps. Nous avons dit plus haut que le Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), l'Ivoirien Philippe DACOURY-TABLEY, a en substance plaidé en faveur du maintien du Franc CFA.

Pour le gouverneur, il ne s'agit pas d'avoir une monnaie. "Tout le monde peut le faire. Mais, si c'est pour faire et s'asseoir à côté, ça ne sert à rien", a-t-il fait remarquer. Pour le banquier, il faut plutôt dépassionner la question et "rendre nos économies indépendantes"

Il nous semble  mystérieux de rendre les économies africaines indépendantes quand la monnaie elle-même, l'instrument de mesure, est colonisée.

La banque centrale a d'abord été le banquier de l'Etat. C'est du fait de cette relation privilégiée, et seulement dans un second temps, qu'elle a été considérée progressivement comme la "banque des banques", celle qui compense les paiements des banques commerciales et régule la liquidité du secteur bancaire (GOODHART, 1988).

Ce n'est que plus tard qu'on a voulu centrer le mandat des banques centrales sur la lutte contre l'inflation, et les protéger en construisant un cadre institutionnel qui les mette à l'abri des pressions politiques et leur interdise de prêter à l'Etat. Ce cadre est consacré en Europe, en 1992, par le traité de Maastricht.

Le gouverneur sait qu'il n'est que haut fonctionnaire du trésor français. La BCEAO est administrée par un conseil d'administration composé de 16 membres dont deux français. La conduite de la politique monétaire est confiée au Conseil d'Administration de la BCEAO avec le "concours" des comités nationaux de crédits (article 52 du statut de la BCEAO).

L'article 10 de l'accord de coopération entre la République Française et les Républiques membres de l'UMOA dit : "Deux administrateurs désignés par le gouvernement français participent au Conseil d'Administration de la BCEAO dans les mêmes conditions et avec les mêmes attributions que les administrateurs désignés par les Etats membres de l'Union ".

Si l'on doit arrêter une décision à l'unanimité, une simple opposition de la partie française peut compromettre la vie des millions d'africains. C'est tout simplement une infamie. La France contrôle par le biais du franc CFA toutes les économies des PAZF et en conséquence, leur souveraineté.

b.2) Le franc CFA n'apporte pas le développement mais le sous-développement

Si le gouverneur de la BCEAO arbore une joie non dissimulée de faire partie de la zone franc, les populations africaines sont loin de le suivre dans cette œuvre solitaire. Et pour cause, le franc CFA n'apporte pas le développement promis.

Le franc CFA ne permet pas le financement des entreprises, n'entraine pas l'intégration régionale et en dernier ressort ne nous donne aucune dignité.

Le franc CFA étant structurellement et économiquement étranger aux africains, le système bancaire est faiblement développé et les africains n'y attachent aucun intérêt.

Selon le rapport JUMBO de l'agence Française de Développement (AFD, 2007, p.11), en 2007, le total des bilans des banques de l'UEMOA et de la CEMAC est inferieur à la somme des actifs de la première banque sud-africaine.

Le système financier et bancaire de la zone UEMOA a été soigneusement étudié par PRAO Séraphin. (2009) et arrive à la conclusion que la dimension monétaire du développement est absente.

En tout cas, qu'il s'agisse de la Côte d'Ivoire ou du Sénégal, le ratio de l'approfondissement n'atteint jamais le seuil de 36,5.

En effet, BERTHÉLÉMY et VAROUDAKIS (1998) ont validé par une analyse de panel l'idée selon laquelle l'impact de l'approfondissement financier sur la croissance ne se manifeste qu'à partir d'un certain seuil (  au moins égal à 36,5). Pour la Côte d'Ivoire et le Sénégal, ce taux moyen est respectivement  de l'ordre de 0,26 et 0,21  sur la période 1962-2004.

La densité du réseau bancaire des pays de l'UEMOA est très faible. Il y a 1,4 agences ou bureaux bancaires pour 100 000 habitants. Le taux de bancarisation dans l'UEMOA à fin décembre 2003 variait de 0,76% pour la Guinée Bissau à 5,18% pour la Côte d'Ivoire avec une moyenne de 3,02% pour l'Union. En 2005, seules 3 personnes sur 100 ont accès à un compte (BCEAO, 2005b, CB-UMOA, 2006). En comparaison, la France était en 2001 à un taux de 99% (Daniel et Simon, 2001).

Les africains estiment que le système bancaire est réservé aux riches. Ils sont d'autant plus persuadés d'avoir raison que le financement bancaire ne représente que 16% du produit intérieur brut (PIB) en Côte d'Ivoire contre environ 70 % en France ou en Tunisie.

En 2006, le ratio moyen du crédit privé au PIB était de 110% dans les pays de l'OCDE, de 31% dans les pays d'Amérique latine et de 20% seulement en Afrique Subsaharienne (ASS).

En Afrique, les banques sont très peu actives dans le financement de l'investissement. Elles sont très frileuses dans l'octroi des crédits. Du coup, le système bancaire regorge d'énormes liquidités inutilisées.

Le comble c'est que les banques sont depuis 1994 apparues surliquides. La liquidité peut être définie comme l'aptitude d'un établissement de crédit à faire face à ses engagements à court terme, c'est-à-dire concrètement à répondre à une demande inopinée de retraits d'une partie des fonds déposés par la clientèle. Dès lors la surliquidité bancaire n'est rien d'autre que la possession par une banque d'un excès de liquidité.

Mais selon le FMI (2006)[i], la surliquidité bancaire est définie comme le montant des dépôts des banques commerciales auprès de la banque centrale qui excède les réserves obligatoires. C'est cette même définition qu'on retrouve chez  Jean CALVIN (2008), en la considérant comme les réserves auprès de la banque centrale excédant les montants minimum requis, en moyenne sur l'année.

PRAO Séraphin (2009) a estimé que cette surliquidité bancaire représente en moyenne sur la période 1996-2006, entre 2% à 7% du PIB nominal de la zone UEMOA.

Avec cette paresse bancaire, l'effort d'investissement n'a pu engendrer une croissance forte. Sur la période 2002-2007, le taux d'investissement n'excède pas 20% dans l'espace UEMOA (17% (2002) ; 16,1 (2004) ; 18,8% (2005) ; 19,2% (2007)). Sur la même période, en ASS, le taux est en moyenne nettement supérieur à ceux de la zone UEMOA (18,7% (2002) ; 19,3% (2004) ; 20,4%(2005) ; 22,4% (2007)).

Le taux de croissance du PIB réel dans la zone UEMOA ne permet pas de dire que le franc CFA a un impact positif sur l'économie des pays membres.

En comparant cette zone et l'ASS, le taux de croissance du PIB réel y est faible.

Sur la période 2002-2007, dans la zone UEMOA, ce taux est de 1,5% en 2002 ; 2,9% en 2003 ; 2,8% en 2004 ; 3% en 2007. En ASS,  ce taux est de l'ordre de 3,5% en 2002 ; 4% en 2003 ; 6,8% en 2004 et 7,2% en 2007.

Les défenseurs du franc CFA ont échoué lorsqu'ils ont cherché à rendre explicite la correspondance entre la monnaie unique (le franc CFA) et l'intégration régionale.

Les monnaies coloniales ont plutôt encouragé l'intégration économique avec la puissance de tutelle, et, dans une moindre mesure, avec le reste du monde.

En imposant leur monnaie, leur système bancaire, et d'autres types de régulation économique dans les frontières arbitraires qu'ils avaient données à l'Afrique, les pouvoirs coloniaux ont en partie empêché l'intégration économique à l'intérieur du continent.

Mais, en même temps, une intégration économique de l'Afrique avec l'Europe et le reste du monde a été possible. Des économies sont intégrées lorsque "leurs relations réelles et monétaires sont si intenses que leurs marchés réagissent simultanément aux mêmes chocs""par le marché" ; elle résulte de l'essor des flux commerciaux et financiers. (BAUDASSE, MONTALIEU, SIROËN, 2001, p. 78) ; Le concept d'intégration traduit deux types de dynamique : l'une est spontanée, elle se réalise de fait,

L'autre est institutionnalisée, "formelle" ; elle traduit un volontarisme et des accords politiques ; obtenue "par les règles", elle suppose la mise en place d'institutions et le passage d'étapes programmées dans le temps.

En effet, les grands pays exportateurs dans le commerce intra UEMOA sont la Côte d'Ivoire et le Sénégal qui ont exporté vers la zone respectivement 11 et 6,5% de leurs exportations totales entre 1990 et 2003 (BOOGAERDE et TSANGARIDES, 2005). Ces pays sont de ce fait de loin les grands offreurs de biens manufacturiers dans la zone en détenant respectivement 74 et 14% des exportations intra zone.

Selon la commission européenne (2002), en 1999, 40% des exportations de l'espace UEMOA étaient destinées à l'Europe. Les importations en provenance de l'union européenne en direction de l'UEMOA la même année se situe à 43%. Les exportations de la zone UEMOA en direction du même espace représentent 12% tandis que les importations se situent à 10%.

Le renforcement de l'intégration régionale doit passer par le développement du commerce intra régional à travers l'amélioration des infrastructures routières notamment. Il a été démontré que le commerce au sein de l'UEMOA triplerait si toutes les routes nationales reliant les pays membres entre eux étaient revêtues en dur. Pour cela, il nous faut trouver des ressources pour le financement de grands projets routiers. Et pourtant, des milliards de Franc CFA dorment dans les caisses du Trésor français, signe que les africains sont tout simplement terribles.

CONCLUSION

La monnaie, lien social, est au cœur d'une légitimation par le pouvoir, d'une confiance par les marchés et d'une crédibilité par le dynamisme de l'économie, et par les politiques, notamment de la Banque centrale. Les francs CFA ont une convertibilité conventionnelle; la monnaie CFA ne constitue pas un symbole de Souveraineté.

Si le Franc CFA ne disparaît pas, on aura garde de paraître conférer aux Africains une étiquète d'incapable congénitale.  Être libre, être indépendant, pouvoir se gouverner soi-même, être maitre de ses décisions, c'est une fin en soi. C'est même la première fin qu'il faut rechercher quand on veut se bâtir un pays ou une vie à soi.

Un pays indépendant est un pays qui exerce sa souveraineté en toute liberté, n'a d'allégeance pour aucun autre pays et ne se détermine qu'en fonction de ses intérêts et de sa volonté. Telle est, en gros, la définition de l'Indépendance.

BODIN, un des plus grands théoriciens de la souveraineté dans les Six livres de la République (1576) reprend le thème de l'imitation de Dieu pour caractériser l'autorité souveraine. Cette autorité insiste-t-il est indivisible absolue (elle est au-dessus des lois puisqu'elle les fait) ou encore perpétuelle. Il va ainsi fixer les attributs de la souveraineté.

En Egypte ancienne, le pouvoir du pharaon reposait sur un certain nombre de symboles. Ils étaient les témoins de sa force, de sa divinité et de son autorité sur les terres d'Egypte.

La monnaie fait partie des attributs de la souveraineté, l'ignorer, c'est simplement faire fausse route dans le combat pour la souveraineté tout court.


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LA NOTION DU TEMPS ET DU FUTUR AU SENEGAL ET EN AFRIQUE

 

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Le temps doit être perçu comme une denrée précieuse, une ressource, un moyen d'action, de production, de réalisation, au même titre que l'homme (la force physique, les aptitudes intellectuelles, mentales, morales), au même titre que l'argent et d'autres moyens matériels et immatériels. D'où les questions suivantes : Comment l'Africain conçoit‐il, comprend‐il, apprécie‐t‐il le temps ? Comment l'Africain utilise le temps, cette denrée quotidienne, précieuse, naturelle ? Quel est le rapport de l'Africain avec le temps ? D'aucuns disent que les réponses à ces trois questions fondamentales restent plutôt négatives pour l'Africain. Celui‐ci aurait une « mauvaise appréciation et une mauvaise utilisation du temps », ce qui aboutit naturellement à des « mauvais rapports» avec le temps. Qu'en pensez‐vous ?

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La notion du temps et du futur au Sénégal et en Afrique


Si l'homme pouvait disposer d'une machine à remonter le temps, il n'aurait aucune difficulté à vaincre la mort... Malheureusement, le propre du temps, c'est son mouvement définitif vers l'avant : le temps passe toujours, il ne s'arrête point, il ne recule jamais. Au Sénégal et en Afrique noire, on ne semble pas avoir compris que si l'écoulement du temps est fatal en soi, la trajectoire du futur est parfaitement maîtrisable. Cheikh Yérim Seck constate que : «Ayant toujours du mal à entrer dans une culture de la production, l'Afrique n'attache aucune valeur au temps... Des comportements irrationnels, laxistes et amateurismes sont justifiés par une référence à ce qu'il est convenu d'appeler l'heure africaine. Ce qui doit être fait à 10 h en temps réel, va être fait à midi, heure africaine. En d'autres termes, les Africains ont choisi d'être les plus grands retardataires de l'humanité et de rester éternellement à la traîne ». La défunte compagnie Air Afrique avait fini par prendre l'éloquente appellation : «Air peut‐être»... Vieux Savané admet, malgré lui, qu'«une conception élastique du temps a forcément des conséquences sur le rendement ».

«Le refus de la tyrannie du temps» n'est peut‐être pas totalement blâmable. Anne Cécile Robert défend que «refuser la cadence ou la dictature du temps ne signifie pas refuser de travailler ou l'incapacité de travailler sérieusement ou avec dévouement. Cela signifie que l'acte de travail s'inscrit dans un rapport à la vie et à la sociabilité tout à fait différent ». Elle est donc loin de partager le constat paradoxal de Cheikh Yérim Seck, selon lequel «les Africains sont, sur la planète, les plus pauvres, les moins développés et plus réticents au travail ».

La postérité se prépare, l'avenir se construit, le futur s'invente. Le destin n'existe que lorsque toutes les voies de recours humainement possibles ont été épuisées ; le cas de force majeure ne peut être légitimement invoqué que lorsque l'événement incriminé est anormal, imprévisible, irrésistible et extérieur à la volonté de l'acteur. Le recours abusif à la sorcellerie et au fétichisme est un aveu d'impuissance face à la contingence présumée du futur. Il est révélateur d'une incapacité à mettre la raison et l'action au service d'un objectif rationnel et d'une tendance aléatoire et laxiste à obtenir un résultat voulu sans endurer les sacrifices correspondants.

La nonchalance de l'Africain face à l'épreuve et à l'urgence estelle une forme de résilience ou une marque de résignation ?

Le fatalisme suffit‐il à expliquer la léthargie de la culture africaine, «sa passivité, son manque d'ardeur à aller à la rencontre des autres cultures avant que ces dernières ne s'imposent à elle et ne l'écrasent, son incapacité, une fois le mal fait, à évoluer à leur contact, sans tomber dans un mimétisme abject ». Cette attitude irrationnelle de l'Africain face au temps et au futur mérite d'être diagnostiquée dans une optique curative.

De l'inertie et l'insouciance

La gestion optimale du temps, loin d'être une question de capacité ou de niveau d'instruction, relève d'abord de la culture individuelle et collective. Tout est lenteur en Afrique : la démarche, les salutations, la cuisson, le langage, etc. Et, l'on persiste dans l'inertie et l'insouciance «comme si l'espoir du bonheur à venir l'emportait sur les enseignements de l'histoire ». C'est cet espoir et cette attente pieuse de lendemains meilleurs qui poussent certains à faire un nombre élevé d'enfants, alors qu'ils n'ont même pas les moyens de se nourrir eux‐mêmes.

L'environnement et les conditions d'existence constituent aussi un facteur déterminant. La misère et la précarité réduisent les âmes à la recherche du minimum quotidien : il faut survivre aujourd'hui ; pour demain, on verra. La terrible pression des besoins vitaux finit d'ailleurs par grignoter la rationalité et imposer la formule : «Agir d'abord, réfléchir après». Dans ces conditions, la spéculation sur les futurs possibles s'égare dans les réalités de la débrouille quotidienne. Certains putschistes arrivent au pouvoir par l'épée, sachant parfaitement qu'ils risquent, eux aussi, de périr par l'épée. Mais, pour eux, la question de leur propre sécurité est une question future, l'essentiel est d'accéder aux délices du pouvoir dans l'immédiat, pour s'extirper d'une pauvreté acquise depuis la naissance.

Le dirigeant africain est très peu favorable à des investissements à long terme. Il préfère les actions tapageuses susceptibles de donner des fruits immédiats auxquels il va lui‐même goûter.

Au Sénégal, suite aux fortes pluies qui ont provoqué des inondations dans certains quartiers de la capitale notamment, on parle de report des élections législatives de 2006 pour le financement d'urgence des secours aux sinistrés. Les quantités de pluies recueillies sont certes inhabituelles, mais elles ne sont ni inédites, ni excessives outre mesure. Les causes véritables des inondations sont à rechercher dans la vétusté et la faiblesse des systèmes d'évacuation des eaux de pluie, l'imprévoyance des services chargés de l'assainissement, la construction de cités ou de bâtiments clandestins dans des zones de captage et d'accumulation d'eau, dans des bas‐fonds et des marigots temporairement asséchés. Ces causes sont sciemment ignorées au profit d'opérations ostentatoires de recasement. La prospective est donc sacrifiée sous l'égide d'options purement conjoncturelles. On reste confiné à l'immédiateté au lieu de s'ouvrir à une gestion anticipative et prévisionnelle. Qu'adviendra‐t‐il des élections combinées a venir, si de nouvelles inondations arrivaient en ce moment ?...

Dans le cas sinistre du bateau Le Joola, la déroute des services responsables à l'annonce de la catastrophe montre bien qu'aucun plan d'urgence véritable n'avait été conçu par anticipation, alors que le bateau, régulièrement surchargé et manifestement déséquilibré, portait, depuis sa mise en circulation, les germes du drame. En Gambie, pays au large duquel le bateau a chaviré, avec des corps retrouvés çà et là sur la plage, le ferry continue à faire la navette sur le Fleuve, sans distribution de gilets de sauvetage aux passagers...

Le Sénégal est l'un des pays d'Afrique les plus prolixes en matière de planification. La plupart des secteurs de la vie économique et sociale (santé, population, éducation, environnement, jeunesse, etc.) ont fait l'objet de documents de planification et de stratégie. Mais, peu d'efforts sont consentis dans la mise en oeuvre et le suivi de ces plans. Les séminaires d'évaluation et de capitalisation dans ce domaine sont généralement taillés sur la mesure d'un projet vorace de détournement d'une partie du budget affecté à l'organisation de la manifestation.

Il est évident que vouloir changer radicalement une attitude devenue habitude, un mode de vie devenu culturel, est une entreprise aussi prétentieuse que vaine. Mais, dans l'intérêt du rattrapage du retard économique et social de l'Afrique, le rapport de l'homme au temps ainsi que sa vision du futur gagneraient à s'insérer dans le cadre d'une culture du résultat efficient. Les défis urgents du développement doivent être relevés, avec diligence, afin que le capital temps épargné soit réinvesti dans d'autres combats. Les différents plans de développement pilotés par l'Etat devraient être conçus dans une mouvance réellement participative, afin que les populations bénéficiaires se les approprient et s'investissent activement dans leur mise en oeuvre. Les opérations d'exécution des contrats administratifs, des missions de service public, des plans de développement, des budgets régulièrement adoptés par l'autorité compétente, devraient être astreintes à des délais rigoureux sanctionnés par des pénalités de retard à l'encontre des responsables. Cela suppose que pour chaque tâche prévue, un responsable soit désigné avec précision et pertinence.

La gestion du temps n'est généralement enseignée que dans les écoles de management, comme si elle n'était qu'une exigence économique. La rationalisation du rapport de l'homme au temps est une condition du progrès. Elle intéresse donc tous les aspects de l'existence et mérite d'être érigée en préoccupation fondamentale dans les stratégies d'éducation populaire. Au vieux proverbe «Time is money», on pourrait ajouter «Time is life»...


Rosnert Ludovic Alissoutin

(in LE FILAMENT, N° 6 du 15 Juillet 2010)


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A QUI PROFITE LA REBELLION AFRICAINE ?

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« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire ». (Voltaire).

A qui profite la rébellion africaine ?

Il y a quelques semaines, une des lectrices du Filament, Mme Emilie K., pour ne pas la nommer, m'a adressé une lettre, personnellement, pour me demander de donner un résumé et un commentaire du livre « Pourquoi je suis devenu un rebelle », écrit et publié, en 2004, par M. Guillaume Soro, Premier ministre ivoirien. Mme Emilie K. m'a aussi demandé de répondre aux questions suivantes : Qu'est‐ce qu'un rebelle ? Pourquoi et comment la rébellion est née en Afrique ? A qui profite la rébellion africaine? Qu'est‐ce que la rébellion apporte à l'Afrique ?...

Au‐delà de ma modeste personne, c'est, à ce que je pense, à nous tous et toutes, que Mme Emilie K. demande de réfléchir, très sérieusement, sur la rébellion et de tirer des leçons des rebellions africaines, comme hier on en a tiré des guérillas sud‐américaines. En attendant que des personnes bien outillées puissent apporter des réponses plus édifiantes aux questions que pose Mme Emilie K, je me vais m'atteler à dire, ici, ce que je pense, étant donné, n'est‐ce pas, que Mme Emilie K. m'a interpellé personnellement.

Du livre de Soro Guillaume

D'abord, en ce qui concerne le livre « Pourquoi je suis devenu un rebelle », je dois d'emblée avouer que, connaissant plus ou moins les raisons de la rébellion ivoirienne, à travers les diverses déclarations des rebelles eux‐mêmes, les reportages, et les dossiers de presse, je ne me suis sincèrement pas intéressé à le lire. Certes à tort, je le reconnais. A preuve, je ne puis actuellement pas en proposer un commentaire.

Mais, j'ai changé d'avis. Depuis quelques jours, j'ai passé la commande du livre et crois pouvoir le lire et être à même d'en parler dans l'une de nos prochaines parutions. Ceci dit, venons‐en à l'autre volet de la lettre de Mme Emilie K., notamment les questions.

Qu'estce qu'un rebelle ?

Une rébellion est un mouvement de contestation ou de remise en cause des autorités en place, ainsi que de refus, voire de négation de l'ordre institutionnel établi. Tel est le principe de base de toute rébellion.

Généralement, la rébellion a une base locale et une sphère de rayonnement régionale. En effet, elle naît toujours dans une région ou part communément d'une région donnée du territoire national et s'y cantonne. Pour justifier leur action ou leur mouvement, les rebelles mettent en avant la mauvaise répartition des richesses nationales, les disparités ou inégalités socio‐économique de l'espace national, tout cela brandi comme une injustice flagrante plus jamais insupportable, et comme des motifs de frustrations longtemps contenues, et dont il faut immédiatement se départir.

Voilà ce qui, en principe et au‐delà des motivations individuelles des leaders, sert de motifs fondateurs, d'alibi ou de justification sociale, politique, morale, psychologique ou intellectuelle à toute rébellion. Sur cette base, on s'attendrait a ce que les rebelles s'engagent dans des activités, des ouvrages ou des actions pratiques pour développer la région concernée. Mais non ! En lieu et place de tout cela, c'est‐à‐dire d'un mouvement « pacifique » de revendication régionale pour réparer les inégalités et les frustrations décriées, les rebelles défient les autorités et s'arment, sans doute pour conférer plus d'efficacité à leur action. Leur mouvement devient, alors, politique et surtout militaire, autrement dit, de violence. On en arrive alors, à une lutte armée. Ainsi, la stratégie, les méthodes et les buts changent, du tout au tout, et cela devient une autre histoire. En effet, ce qui, au départ, n'était qu'une soi‐disant expression de révolte locale et régionale, dégénère et devient un conflit national violent, comme on en a vu au Liberia, en Sierre Leone, en Côte d'Ivoire, etc.

Les rébellions ont la même logique

Les rébellions connaissent, toutes ou presque toutes, la même logique : mouvement régional uni, et enthousiaste au départ, une rébellion le demeure rarement jusqu'à sa fin ultime. Tout le monde sait qu'une rébellion prend fin, soit par la satisfaction entière et totale de ses revendications, soit par une victoire militaire nette, soit par la prise du pouvoir d'Etat, soit par une défaite militaire, soit par sa récupération par le pouvoir et l'ordre en place, soit par la dispersion de ses leaders et dirigeants dont la plupart sont contraints à l'exil ou réduits à la clandestinité intérieure...

On peut alors se demander : d'où vient‐il que la rébellion, qui, au départ, était un mouvement uni, en vient‐elle à se trouver divisée et fatalement affaiblie? La réponse est toute simple. C'est que, chemin faisant, des divergences et des divisions internes apparaissent entre les responsables du mouvement rebelle. Ces divergences qui, généralement, opposent les leaders et principaux dirigeants de la rébellion entre eux et les uns aux autres, sont basées sur des querelles de personnes ou sur des conflits d'intérêts égoïstes essentiellement matériels, financiers et sociaux, et ont un rapport direct avec le niveau d'instruction et de conscience des rebelles dont 95% sont des analphabètes ou demi‐lettrés. Ces divergences apparaissent dès lors que les objectifs premiers du mouvement (de contestation du départ) se trouvent altérés et rejetés en arrière‐plan, chacun agissant désormais, au sein de la rébellion, pour son propre compte et celui de son clan. La vision angélique et l'action unitaire du départ ayant fait place aux soupçons, à la suspicion et aux règlements de compte, eu égard aux spasmes ou fibres ethniques, aux positions sociales privilégiées acquises rapidement par certains chefs rebelles, positions qui les placent, de fait, aux postes d'honneur, souvent avec tapis rouge déplié sous leurs pieds, avec des voyages nombreux, officiels et officieux à l'étranger en première classe, des séjours dans les hôtels huppés avec suites, etc. Ces prérogatives ou privilèges finissent par convaincre les chefs rebelles que, si au sein du mouvement contestataire, on est toujours ensemble, en tout cas on n'est plus désormais les mêmes. Ainsi, même si les rebelles se parlent et se saluent encore, ce n'est désormais plus avec enthousiasme ou ferveur, etc. De ces faits, c'est à se demander à qui profite, en réalité, la rébellion ? Nous y reviendrons plus loin. Pour l'heure, intéressons‐nous aux cas singuliers de Jonas Savimbi et de Soro Guillaume.

Du cas exemplaire de Jonas Savimbi

Comme tout le monde le sait, c'est le 22 février 2002 que, à quelques six mois de son 68ème anniversaire, que M. Jonas Malheiro Savimbi, l'un des plus vieux rebelles d'Afrique, le chef de l'Union Nationale pour l'Indépendance Totale de l'Angola (UNITA, fondée le 13 mars 1966) est tombé au front, les armes à la main. En effet, c'est sur les bords de la rivière Luvuei, dans la province de Moxico, au sud‐est de l'Angola, non loin de la frontière zambienne, que le vieux chef rebelle a livré sa dernière bataille. Surpris par l'armée gouvernementale, il a été abattu, non sans s'être défendu.

Quinze balles logées dans son corps. Montré le lendemain à la télévision angolaise, son corps gisait sans vie, baignait dans son propre sang, son sang à lui Jonas Savimbi. Toutefois, il avait le visage serein et intact, les yeux mi‐clos. II a fini comme finissent tous les rebelles de son espèce, Samuel Doe, Fodé Sankoh, Ousmane Mané, Joseph Kabila..., qui, eux aussi, avaient défiguré leurs pays respectifs, par des guerres, par des violences, par des tueries sans nom...

L'Histoire retient que le leader de l'UNITA, M. Jonas Savimbi, avait résisté très longtemps, depuis 1962, au temps du FNLA (Front National de Libération de l'Angola, présidé par Holden Roberto). Pour lui, céder au MPLA aurait signifié l'humiliation suprême. Certes, Savimbi était à la fois un chef charismatique, un stratège, un nationaliste intransigeant. Avec un parcours exceptionnel, où le revers l'a, finalement, emporté sur le succès. Obstiné par une volonté farouche d'aller, tête baissée, jusqu'au bout de ses convictions, il reste, en définitive, un rebelle jusqu'au bout, du moins jusqu'à la mort. Tel est le sort de tout rebelle, c'est‐à‐dire de tout individu qui prétend rétablir ses concitoyens dans leurs droits, et qui ôte à ceux‐ci le premier des droits humains, à savoir, le droit à la vie. Telle est la leçon que devront retenir ceux qui, commandités ou commis pour tuer M. Laurent Gbagbo et prendre le pouvoir sans passer par la voie des urnes, ont hélas ! défiguré la Côte d'Ivoire et nous ont mis dans la ténébreuse et ignominieuse situation où nous nous trouvons depuis plus de 8 ans.

Ma « Lettre ouverte à Monsieur Guillaume Soro ».

En 2002, je me trouvais à Abidjan, en tant que professeur de Lettres à l'université de Cocody et intervenant à l'ENA, quand la guerre a éclaté en Côte d'Ivoire. En 2004, quand, j'ai appris que M. Soro Guillaume, chef des rebelles, fut de nos élèves au lycée de Korhogo, j'ai décidé, sans doute par déformation professionnelle, de lui adresser une Lettre ouverte pour lui dire ce que je pense et pour l'amener à bien situer sa responsabilité dans cette rébellion dont il se gargarisait, par des déclarations ronflantes et tonitruantes. Pour votre respect, je me permets de reproduire ici, ma « Lettre ouverte à Monsieur Guillaume Soro », qui semble être passée inaperçue, à l'époque, et dont Mme Emilie K. me donne l'opportunité de reparler. La voici, cette lettre ouverte :

« Monsieur Guillaume Soro,

Je vous envoie cette lettre en espérant qu'elle vous parviendra, que vous la lirez jusqu'au bout et que vous m'en donnerez réponse et avis.

Tout d'abord, je voudrais vous poser cette question : M. Soro Guillaume, d'où tirez‐vous votre légitimité pour prétendre nous imposer votre volonté et vos caprices de cow‐boys des films westerns d'antan, lesquels cow‐boys, hors‐la‐loi et sans civisme ni éducation, défient le Sheriff du district et imposent leur loi, par la force de leurs pistolets ? Sachez, M. Soro Guillaume, que cette époque est révolue. Les temps modernes nous commandent d'utiliser, de nos jours, même dans le Far West, la voie des urnes pour accéder au pouvoir, pour pouvoir marcher sur des tapis rouges et pour pouvoir prétendre diriger les hommes en vue, (tenez‐vous bien !), de contribuer à favoriser leur bien‐être et le progrès de l'humanité.

A votre avis, depuis que vous êtes rebelle, M. Soro Guillaume, qu'est‐ce que la Côte d'Ivoire a gagné ? Qu'est‐ce que les gens du Nord ont gagné ? Qu'est‐ce que vous avez ajouté à l'humanité ? Quelle image représentez‐vous pour le présent et le futur dans l'histoire ? Quelle leçon la jeunesse peut‐elle tirer de vos actes?...

Alors que les autres peuples sont dans des laboratoires et dans les usines pour fabriquer des ordinateurs, des médicaments, des avions, des machines, des appareils..., pour notre aisance et notre santé, vous et vos amis en armes (rebelles et ex‐rebelles), ainsi que vos alliés (connus et inconnus ou méconnus), n'avez aucune honte, aucun regret, ni remords, de tuer nos parents et nos amis.

Vous n'éprouvez aucune gêne, ni aucun dégoût à voir notre pays dans cet état lamentable, à vous faire payer sans travailler, à piller et à faire piller les ressources de notre pays ; vous êtes fiers de narguer nos autorités et nos élus, fiers de fouler aux pieds nos lois, nos institutions et notre Constitution, comme des gens sans éducation ni morale. Vous vous en enorgueillissez de nous imposer les chefs que vous, vous voulez sans même notre avis, sans notre accord, et sans élection, etc. Mais, on est où là ? Vous n'avez pas honte de publier des livres et de faire des déclarations et des tapages sur vos tueries et vos desseins diaboliques qui relèvent de la pure délinquance. Avez‐vous jamais compris que vous vous êtes ainsi déclaré à la face du monde, par vous‐même, délinquant de première catégorie et assassin en liberté ? Les preuves sont là, palpables, par vous‐même fournies, dans votre livre qui se résume en ceci : Je suis un rebelle et voici ce que j'ai fait et commis comme actes. Ce que les Ivoiriens ont subi, ce n'est ni un conte de fée, ni une rumeur... Oui ! M. Soro Guillaume, vous avez osé écrire cela ! C'est à se demander si l'on ne manque pas parfois de bon sens et d'« esprit des lois » (Montesquieu)?

M. Soro Guillaume, vous qui, à ce que je crois savoir, avez fait des études universitaires, devriez avoir honte d'agir comme vous faites. Arrêtez de vous comporter comme un cow‐boy ou un dozo (chasseur analphabète initié dans le maniement de fusil traditionnel). Arrêtez ça, ici et maintenant. Aucun rebelle n'a, il faut le savoir, longue vie. Et donc, vous êtes en train d'écourter, de miner votre espérance de vie, comme les Savimbi, John Garrang, Fodé Sankoh et autres rebelles qui croyaient que la nuit était si longue qu'il ne ferait pas jour. Et puis, vous savez, on connaît le sort des cow‐boys dans les westerns : le film finit quand finit la vie du cow‐boy, parce que toute chose a une fin.

M. Soro Guillaume, ceux qui vous financent, ceux qui vous poussent et vous encouragent à cet orgueil insensé, à ces fanfaronnades, à ces débilités, ne vous aiment pas du tout et sont vos ennemis premiers. Ceux qui vous suivent savent ce qu'ils y gagnent et se foutent éperdument de ce que vous y perdez. Ils ne vous ont pas conseillé la bonne voie, parce que vous êtes dans l'impasse. Et, je suis à me demander comment vous allez pouvoir vous en tirer, je veux dire, de ce sale drap. Zut ! Il vous faut revenir à la raison! Mais, cela exige, d'abord et avant tout, de mettre bas votre orgueil déraisonné et sans fondement ; cela vous impose d'arrêter de prendre des vessies pour des lanternes. Si, bien entendu, vous tenez encore à la vie qui vous tend les bras et qui vous a tant donné afin que vous soyez utile à l'humanité, et non pour détruire des vies humaines, non pour servir, sans vergogne ni envergure, des intérêts égoïstes, partisans, ethnocentriques, mesquins, utopiques, sataniques...

Il n'est jamais trop tard, dit‐on, et seul le repentir est votre unique voie de salut, quelque soit ce qu'il vous en coûtera. C'est ce que je pense. Du moins, tel est mon sentiment. Avec mes salutations distinguées et sans rancune ».

Je précise que je n'ai pas eu de réponse à cette lettre. Peu importe ! L'essentiel est que, aujourd'hui, M. Soro Guillaume est premier ministre, dans la république. Je pense qu'il m'a entendu. C'est un motif de satisfaction qui m'amène à répondre, pour terminer, à la question : à qui profite la rébellion ?

A qui profite la rébellion ?

On constate, en se référant à la rébellion ivoirienne, que trop de sang a coulé à Korhogo et Bouaké, à Abidjan, à Man, à Gagnoa..., partout, dans toute la Côte d'Ivoire, plus que jamais auparavant. Du sang des Ivoiriens comme des étrangers. Du sang des forces de l'ordre et des populations civiles comme des rebelles. « Nous avons eu plus de morts entre rebelles qu'entre nous et les Forces loyalistes », avait déclaré sur Rfi, M. Séhi Claude, chargé de communication d'IB à Paris. Ces pertes importantes de vies humaines ont endeuillé la Côte d'Ivoire et suscité partout animosité, rancoeur, indignation, colère et désirs de vengeance... Telles les réalités et les résultats de la rébellion ivoirienne.

On constate également que la rébellion ivoirienne n'a pas atteint son objectif qui était de prendre le pouvoir d'Etat. Loin de là. Aujourd'hui, M. Soro Guillaume est siège dans le gouvernement de Laurent Gbagbo. M. Soro Guillaume est premier ministre. M. Soro Guillaume mange à la même table que M. Laurent Gbagbo que, poussé ses mandataires et mû par des forces sataniques, il prétendait assassiner, ou tout au moins chasser du pouvoir pour accéder (lui ou un de ses commanditaires) à la magistrature suprême de notre pays. M. Soro Guillaume a abandonné le sentier battu de la violence sauvage, ignoble et inutile. En a‐t‐il tiré des leçons, de sa rébellion ? S'est‐il assagi ? A‐t‐il compris que les rebellions africaines rabaissent les Africains au rang d'animaux sauvages et de barbares des temps anciens ? Sait‐il désormais que les rebellions africaines réduisent l'Afrique à l'état de jungle ou de champ de bataille permanent, comme du temps des Gaulois ou des vikings ? A‐t‐il compris que les rebellions africaines ont pour victimes les populations africaines, c'est‐à‐dire des femmes, des hommes, des enfants qui ne demandaient qu'à vivre et que, prétendant les rétablir dans la justice ou dans leurs droits, on éventre, on viole, on pille, on déshérite, on égorge, on assassine, on mutile, on chasse de leurs terroirs, on prive de leurs biens acquis durement et âprement ? A‐t‐il compris que ceux qui fabriquent les armes, nous les vendent ou nous arment ne sont pas responsables de l'utilisation que nous en faisons ? A‐t‐il compris que, par les rebellions, les Africains se révèlent les pires ennemis de l'Afrique ?... Par exemple, on sait que les conflits en RDC sont, en grande partie, liés à l'exploitation et au commerce du coltan. Le commerce du coltan aurait procuré aux rebelles et chefs militaires et à des civils rwandais et ougandais des ressources financières énormes et encourage la poursuite du conflit. Les alliés zimbabwéens, angolais et namibiens du gouvernement de Kinshasa sont aussi accusés d'avoir systématiquement pillé les ressources du Congo avec la collaboration de lobbies internationaux et de grandes compagnies aériennes qui arment les rebellions. Dans les circuits économiques, le commerce du coltan a été qualifié de «nerf de la rebellion», dans l'est du Congo. Des intrigues compliquées, qui stimulent l'action d'alerte des ONG. Il en va du coltan comme du diamant et de la RDC comme de la Côte d'Ivoire, ainsi que de tous les pays qui ont connu la rébellion. Tout cela, M. Soro Guillaume, M. Sidiki Konate et les autres membres des Forces Nouvelles (ex‐rebelles), je pense, l'ont compris. Et, c'est ça l'essentiel. Ils savent, et nous savons, à qui profite les rebellions africaines. Certes pas aux Africains. C'est ce que je pense.

Léandre Sahiri,

Directeur de Publication, Le Filament.

Source: LE FILAMENT N°6 du 15 Juillet 2010


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ETUDE: UN HOMME MOINS PAYÉ QUE SA FEMME EST PLUS SUSCEPTIBLE D’ADULTÈRE

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Une « étude » publiée ce lundi (16 août 2010) aux Etats-Unis révèle que les hommes gagnant moins d'argent que leur femme, sont proportionnellement plus enclins à l'« adultère ». Une manière de « restaurer leur masculinité ».


Christin Munsch, doctorante en sociologie à l'Université « Cornell » aux Etats-Unis vient de dévoiler les résultats d'une étude sur les liens entre l'« argent » et la « fidélité » qu'elle a mené sur une période de 6 ans auprès de 1.024 hommes et de 1.559 femmes mariés ou en couple depuis au moins un an. La conclusion la plus surprenante est que les hommes gagnant  moins d'argent, que leur femme auraient tendance à la tromper plus facilement.

IDENTITÉ MASCULINE MENACÉE

« Gagner moins d'argent que sa partenaire féminine peut menacer l'identité masculine des hommes en remettant en cause la notion traditionnelle qui les définit comme ceux qui subviennent aux besoins » de la famille, explique la chercheuse.  Tromper sa partenaire serait un moyen pour les hommes de restaurer leur masculinité ressentie comme menacée par cette situation. « Ce lien de cause à effet peut être particulièrement prononcé dans certains groupes de la population fortement attachés à une masculinité traditionnelle, comme les hommes d'origine latino-américaine », précise-t-elle.

PHÉNOMÈNE INVERSE POUR LES FEMMES

Par contre, le phénomène serait inversé pour les femmes. Si la femme (l'épouse) dépend financièrement de son mari, elle aurait moins tendance à le tromper. « La féminité pour la femme n'est pas définie par son statut de soutien de famille, ni par les conquêtes sexuelles. La dépendance financière n'est pas une menace pour les femmes », explique Christin Munsch. « Au contraire (...), il est plus probable que, pour les femmes, la dépendance financière les conduit à être plus fidèles ».

Source: LE TELEGRAMME.COM


NOTE :

Au regard du comportement de la femme dans le dernier sous titre : « phénomène inverse », on peut dire que le rôle de la femme c'est d'être une « femme au foyer » et de dépendre de l'homme. De cet état de fait, on constate que la femme reste fidèle à son mari.

D'ailleurs, la presse nous apprend ce que la sainte Eglise ne cesse de répéter depuis 2000 ans : comment peut-on vivre dans une société saine et équilibrée si celle-ci refuse de se conformer à l'ordre naturel ?

Nous n'excusons absolument pas l'« adultère » qui est un péché extrêmement grave et exécrable, mais le désordre social anti-traditionnel est tel qu'on ne pourra s'étonner de ce foisonnement de dérives. La place de la femme est au foyer, pas à la tête d'une entreprise. Son rôle, c'est d'être une mère et une bonne épouse. La femme doit être soumise à son mari et celui-ci a pour devoir lui apporter amour et protection en retour. A moins qu'elle n'entre dans les ordres. C'est comme cela que ça a toujours été avant que la société ne dégénère :

« féminisme », « mixité », « divorces », « infidélités », « avortements », « concubinages », « éducation sexuelle », « planning familial », « impudicité », « dépravation totale », « coquetterie » ...



Cordialement,

Appolinaire Noël KOULAMA

13:13 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Informations diverses, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, homme adultère, christin munsch, appolinaire noël koulama | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 12 août 2010

DITES-NOUS, LES REFONDATEURS, OU EST LE CHANGEMENT?

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« Tous ces hommes qui nous font peur, qui écrasent l'émeraude jalouse de nos rêves, qui bousculent la fragile courbe de nos sourires, tous ces hommes en face de nous, qui ne nous posent point de questions, mais à qui nous en posons d'étranges. ... Qui sont-ils ».

Cette phrase est tirée du livre de Frantz Fanon, intitulé Pour la révolution africaine, écrits politiques-Paris : La Découverte, 2006.  Qui sont ceux qui écrasent donc nos rêves ? Il ne faut pas chercher loin et pendant longtemps, il s'agit des refondateurs ivoiriens.

Les ivoiriens connaissent bien ceux qu'on appelle depuis 2000, les Refondateurs. Mais pour les autres, ils n'ont pas d'inquiétude à se faire car dans notre exposé, des définitions seront données.

Notre contribution du jour est une question que nous posons à ceux qui nous gouvernent aujourd'hui en Côte d'Ivoire. Nous désirons avec leur permission, savoir ce qu'ils ont fait du changement promis. Cette question est donc la suivante : « dites-nous les Refondateurs, où est le changement ?».

Pour faciliter notre exposé, il nous semble intéressant de rappeler aux lecteurs certaines définitions, toujours obnubilé par le souci constamment affiné de rendre objectivement notre pensée.

Les Refondateurs sont les « acteurs » d'un « scenario » qu'on appelle : la Refondation. Cette dernière est une philosophie de la vie en société, un programme de gouvernement, une affirmation des valeurs éthiques et une vision de l'homme et de l'humanité. Elle a promis un changement radical de l'édifice national. Tout était à reconstruire pour le pays, sa structuration administrative, son organisation économique, politique, sociale, culturelle.

A ce stade de notre exposé, contentons-nous de cette définition que nous compléterons plus loin.

On peut définir le changement comme une action qui consiste à chambarder, innover, réformer, rénover, renverser, révolutionner. Une telle définition nous conduit à une autre question, celle de savoir ce qui était à changer.

Dans la suite de notre exposé, il nous faudra brièvement présenter la Côte d'Ivoire avant l'irruption des Refondateurs. Ce sera le premier point à développer.

Nous discuterons dans un deuxième point, des retombées de la Refondation. Pour être sincère avec nous-mêmes, la Refondation en tant que philosophie n'est pas blâmable, mais le comportement des « acteurs » de la Refondation.

Enfin, dans un troisième point, nous appellerons les ivoiriens à ne pas laisser le « volant » de la « voiture ivoire » à des aventuriers.

LA CÔTE D'IVOIRE SOUS LE PARTI UNIQUE : FORCES ET FAIBLESSES

Avant l'avènement du multipartisme, l'histoire politique et économique de la Côte d'Ivoire se confond avec celle de Félix Houphouët-Boigny, fondateur du PDCI (Parti Démocratique de Côte d'Ivoire).  Jusqu'en  1990, en tout cas, le PDCI-RDA régnait et son modèle économique était le fondement de l'effort de développement.

Sur le plan politique, il faut dire que le parti unique n'est pas attrayant pour le démocrate que je suis. Le parti unique est un suicide politique dont les effets pervers sont le plus souvent un boomerang social. Or comme les grecs l'enseignent, c'est de la polémique[1] que dérive la vérité, une république animée par un parti unique n'est pas démocratique.

En matière de diplomatie  et de politique internationale, dès l'accession à l'indépendance de son pays, le président Félix Houphouët-Boigny opte pour une coopération étroite avec la France. Rappelons qu'à cette époque, deux conceptions différentes de l'Afrique s'affrontent, d'une  part les « progressistes » du groupe de Casablanca, qui souhaitent à la fois une indépendance totale des pays africains ainsi qu'un fort panafricanisme, et d'autre part, les « modérés » du groupe de Monrovia dont faisait partie Félix Houphouët-Boigny, qui aspirent également à une indépendance de l'Afrique, mais sous la férule de la France.

Félix Houphouët-Boigny, n'était pas un véritable président mais le représentant de la France en Afrique francophone : il défendait les intérêts français.

Il n'a rien fait pour aider à la construction d'une monnaie sous-régionale décolonisée, c'est-à-dire gérée par les africains eux-mêmes, sans la tutelle française. Il a préféré tout donner à la France et se contenter des résidus.

Au niveau économique, le pays connait un semblant de développement. Les résultats affichés par la Côte d'Ivoire sont impressionnants : le taux de croissance annuel moyen du Produit Intérieur Brut est d'environ 7 % entre 1960 et 1980, indique la Banque Mondiale. Les dépenses dans le domaine de l'éducation et de la santé sont très importantes, 40% du budget de l'État est alloué au secteur de l'éducation et de nombreux hôpitaux et dispensaires de village sont mis à la disposition des populations.

Mais la croissance ivoirienne est une croissance appauvrissante, puisqu'elle est basée sur l'exportation de quelques matières premières. Il a suffit que les prix des matières premières chutent pour que le PIB par tête se détériore, enfonçant le pays dans une crise.

Sur le plan social, certes l'ivoirien vivait mieux que son homologue de certains pays voisins, mais la distribution de la richesse n'était pas égalitaire. Elle se faisait selon des normes clientélistes et claniques.

La paix sociale était tout de même préservée dans un pays où un quart de la population est étrangère. On pourra tout reprocher à Félix Houphouët-Boigny, mais il a réussi à asseoir une précaire cohésion sociale.

DU MULTIPARTISME A LA REFONDATION : L'ESPERANCE AVORTEE

Les partis politiques existaient en Côte d'Ivoire avant les indépendances mais l'histoire leur donne un point de départ en 1990.

Comme le souligne Jean-François Bayart, «  Une légende plaisante veut que la conférence de La Baule, en juin 1990, ait propulsé l'Afrique dans l'ère du multipartisme, parfois à son corps défendant. C'est oublier la chronologie des faits : la France a pris acte tardivement, et de manière bien ambiguë d'une revendication libérale ... qui était devenue irrépressible »[2].

En Côte d'Ivoire, le multipartisme est arraché à Félix Houphouët-Boigny en 1990. Le Front Populaire Ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo se trouve en première ligne dans le combat pour les libertés individuelles.

Ces démocrates là ont confondu démocratie et multipartisme. Nous le répétons encore une fois, la démocratie est fondamentalement le règne du droit.  Selon le Rapport préparé par International IDEA (l'Institut international pour la démocratie et l'assistance électorale) et dans le cadre de son programme mondial sur la recherche et le dialogue avec les partis politiques, publié en 2007, la Côte d'Ivoire disposerait de plus de 130 partis politiques. Or à en croire Freedom House[3], le pays ne serait  pas propice aux libertés civiques.

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que l'éclosion des partis politiques ne garantit pas nécessairement le multipartisme. Il est par conséquent nécessaire de faire la distinction entre l'existence d'un grand nombre de partis politiques et un système de partis. Dans la première situation, il y a beaucoup de partis mais il n'y a aucune compétition significative entre eux ; un seul parti domine. Dans le deuxième cas, il y a un système pluraliste compétitif et démocratique.

Bref, le Front Populaire Ivoirien (FPI), dans sa vocation légitime de conquérir et d'exercer le pouvoir d'Etat, a élaboré un projet de société. Ce projet ébauché de 1982 à 1992, finalisé entre 1993 et 1997, a été publié en 1998 sous la direction de Harris Mémel FOTË sous le titre « Fonder une Nation Africaine Démocratique et Socialiste en Côte d'Ivoire ». C'est donc ce projet qui constitue la matrice, la boussole, la référence idéologique concernant un choix politique, économique, social, culturel, etc[4].

Le programme du FPI baptisé « LA REFONDATION », se proposait de refonder les relations ambivalentes avec les puissances impérialistes, construire un Etat démocratique avec une justice juste, animée par des magistrats compétents et crédibles, donner à l'école son rôle d'ascenseur social, distribuer égalitairement les richesses du pays, lutter contre la corruption et ériger la méritocratie comme mode de promotion sociale.

Dans les faits, la Refondation n'a été qu'une curiosité intellectuelle, pas plus. En tout cas en termes de progrès social.

Sous la Refondation, la corruption est devenue le « toboggan » qui permet d'accéder à l'enrichissement illicite. Et pourtant un ivoirien sur deux est pauvre.

En Aout 2006, la société Trafigura, spécialisée dans le négoce de produits pétroliers déversait des déchets toxiques à Abidjan et ses environs faisant des morts et personnes hospitalisées avec des séquelles à vie.

En 2007, Global Witness publiait un rapport "Chocolat chaud", qui dénonçait notamment la tendance du secteur du cacao ivoirien à la mauvaise gestion des revenus, à l'opacité des comptes et à la corruption. Mieux la filière Café-Cacao est accusée de pillage systématique dans une rocambolesque affaire de 100 milliards de franc CFA. Il s'agit d'un détournement de 100 milliards de l'usine de Fulton aux Etats-Unis, par des responsables de la filière café-cacao. Notre pays est devenu le nid de la  corruption. Le classement de Transparency International du degré de corruption varie de 10 à 1, avec la matrice la plus élevée indiquant les moins corrompus du lot et la matrice la moins élevée les plus corrompus. En 2005, le Ghana, avec le niveau le plus bas de corruption en Afrique de l'Ouest, a un score de 3,5, et a été classé 65e sur 159 pays impliqués dans le classement. Le Nigeria et la Côte d'Ivoire étaient considérés comme les pays les plus corrompus de la sous-région, avec un score de 1,9, et classés 152e ex æquo sur 159 pays.

Aujourd'hui, en Côte d'Ivoire, il semblerait que tous les concours d'accès à des postes publics, fassent l'objet d'un chantage monétaire.   Ainsi, pour rentrer à la prestigieuse Ecole Nationale d'Administration (ENA), il faut payer. Il faut faire pareil pour l'Ecole Nationale de Police (ENP), l'Ecole Nationale de la Gendarmerie (ENG), l'Ecole Normale Supérieure (ENS). Du coup, la motivation a déserté les lycées et les collèges ainsi que nos universités.

Le secteur stratégique qu'est l'éducation est malade.  L'école  va encore plus mal sous la Refondation, avec à la fin de l'année scolaire 2008-2009,  des scores décevants : 80% d'échec au BEPC et 80% d'échec au BAC.  En 2010, le taux d'échec au Bac est de 75,5 % et  de 70%  au BEPC.  L'école est pour le pays ce que  l'enfant est pour une famille. Le taux de scolarisation qui se situait à 74% en 1998 est tombé à 66% en 2006/2007.

Les Refondateurs n'ont pas réussi à lutter contre la françafrique car dans ce combat,  la Côte d'Ivoire a tout perdu.

Le Président ivoirien a tout donné aux multinationales colonisatrices or il critiquait le parti unique de « vendre » le pays à la France.

En effet, depuis le 12 octobre 2005, le groupe BOUYGUES à travers sa filiale CIE, est encore et ce, pendant 15 ans le distributeur exclusif de l'électricité en Côte d'Ivoire. De sa production jusqu'à son exportation, en passant par la distribution et l'importation, l'Etat a accordé le secteur au groupe français. Même la construction du troisième pont est encore attribuée à BOUYGUES alors que les chinois pouvaient le faire à un prix raisonnable.

Il en est de même de Bolloré qui a tout obtenu après un non tonitruant. En 2004, le groupe Bolloré obtenait du Port autonome d'Abidjan (PAA) une concession de "gré à gré" à travers sa filiale SETV, pour un coût de 5,5 milliards de FCFA (8,4 M EUR) et une promesse d'investissement de 27 milliards de FCFA (plus de 41 M EUR) sur cinq ans.

Finalement, les ivoiriens ont été floués par les Refondateurs.

LES REFONDATEURS ONT ECHOUE LAMENTABLEMENT : LE PEUPLE DOIT AVISER

Disons-le avec empressement, en vérité, il faut rechercher dans la mauvaise foi des Refondateurs, la folie de leurs œuvres. Il serait curieux d'étudier l'influence qu'a pu exercer la guerre sur la vie des ivoiriens depuis 2002.  Pour autant, la guerre n'est pas un passeport pour arriver à des fortunes colossales. S'il  y'a un paradoxe rapidement rencontré dans la Refondation, c'est  ce que notre brave compatriote Lekadou Tagro Gérard nomme « la qualité et le choix des hommes ». Non content de l'échec au niveau de l'amélioration du niveau de vie des ivoiriens, les Refondateurs torturent moralement le peuple avec l'épandage de leur fortune.

Pendant qu'on nous ressassait que nous étions en  guerre parce que la Chiraquie s'est rendu compte que l'actuel chef d'Etat n'est pas prêt à brader les richesses de son pays, nos propres frères pillaient les caisses de l'Etat. A un certain moment, on avait pu croire à ces différentes diversions avant de retrouver toute notre lucidité.

Dieu seul sait combien sont les Refondateurs qui ont critiqué  les détournements des deniers publics, la mégalomanie, les achats de conscience, le tribalisme etc. ils ont critiqué le monarque Boigny qui ne se gênait pas d'emprisonner, de torturer, de mettre en exil.

Posez la question aux ivoiriens, ils vous diront qu'ils ne voient point de différence entre l'époque du Parti unique et celle des Refondateurs, en tout cas, sur le plan politique.  Ce ne sont pas les journalistes du « Nouveau Courrier » qui  diront le contraire.

Les ivoiriens sont devenus aujourd'hui nostalgiques des temps passés. Ils sont admiratifs de ce qu'ils ont répudié hier, car le changement a été un mirage.

Pour répondre à la question posée aux refondateurs (à savoir où est le changement ?), il est facile de trouver les mots justes.

Les Refondateurs n'ont plus de boussole, ils ont perdu les nobles valeurs qui faisaient rêver les ivoiriens.

Pour être honnête, ce n'est pas la « Refondation » en tant que philosophie qui est condamnable, bien au contraire, il faut reconstruire le pays sur des bases nouvelles.

Ce qui a été sans doute le problème de la  « Refondation », c'est le choix des hommes.  Un bon scenario a besoin de bons acteurs et un metteur en scène chevronné, pour que le rendu soit sans reproche.

Dire que la « Refondation » était porteuse d'espoir ne signifie pas qu'il faille renouveler notre confiance à ces acteurs insoucieux. Pareilles tentatives ignorent volontairement le caractère versatile de l'être humain.

Pour ma part, ce que je souhaite pour les Refondateurs, c'est une sanction populaire dans les urnes. Mais le dernier mot appartient au peuple ivoirien.

Les ivoiriens espèrent en des lendemains meilleurs mais pour l'heure, il faut que nous nous battions pour obtenir les élections même par césarienne.


Dieu aide la Côte d'Ivoire à se relever de sa chute.

Dieu bénisse l'Afrique !


Dr Séraphin PRAO

Président du Mouvement de Libération de l'Afrique Noire (MLAN)

www.mlan.fr

contact@mlan.fr

 


[1] Le terme polémique vient du grec polemos qui désigne le combat. Le registre polémique désigne un débat où l'échange d'arguments prend un tour agressif voire violent.


[2] Jean-François BAYART, La politique africaine de la France. Ni le Zambèze ni la Corrèze ", Le Monde, 5 mars 1992.


[3] Source : Freedom House, Freedom in the World Report, 2006 (Washington, DC: Freedom House,

2006).


[4] Tiré du Texte de la conférence « Ce que Refonder veut dire ; la Refondation à l'épreuve du pouvoir »,

prononcée le vendredi 30 Avril au Palais de la Culture à Abidjan. Texte disponible à l'adresse

suivante :http://liberte.fpi.ci/content/index.php?option=com_content&view=article&id=13%3Aconferences&catid=2%3Aevenement&showall=1

lundi, 09 août 2010

CELEBRATION DU CINQUANTENAIRE: MESSAGE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO A LA NATION

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Ivoiriennes,
Ivoiriens,
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d'Ivoire.


En ce jour de la commémoration du cinquantième anniversaire de notre indépendance, mon vœu le plus cher a été de vous offrir une Côte d'Ivoire unifiée, pacifiée et rassemblée autour de ses fils et de ses filles ; une Côte d'Ivoire prête, résolue à rebondir, tirant les leçons de cette expérience de cinquante années et assumant son héritage, avec le courage et la confiance des peuples valeureux.


Nos efforts inlassables pour ramener la paix, les sacrifices innombrables que vous avez consentis, pour pardonner et tourner la page de la fracture vécue en 2002, n'ont malheureusement pas suffi à nous y conduire, même si, résolument, nous avons ensemble avancé sur le chemin de la paix et réussi à tourner le dos à la guerre.


Enfant des élections, comme j'aime à le dire, mon vœu le plus cher est de permettre à mes concitoyens de pouvoir s'exprimer librement, à l'occasion de la tenue des élections présidentielles tant attendues, pour choisir en toute conscience, celui qui conduira les destinées d'après crise de notre pays. La première conséquence de notre accession à la souveraineté nationale est en effet de conférer aux citoyens la possibilité de choisir librement leurs dirigeants et de déterminer en toute souveraineté les voies de l'évolution de leur pays.


Depuis que je suis entré en politique, je prône les valeurs de liberté, de justice sociale et d'indépendance économique véritable et je ne m'y déroberai pas. Je reste profondément attaché à ce compartiment essentiel de la vie démocratique commune et je dis à tous : Cette année verra se tenir l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire et notre pays amorcera sa reconstruction.


Mes chers compatriotes,


Nous l'avons souhaité sobre, cette commémoration de notre indépendance pour rester mobilisés sur nos objectifs prioritaires. C'est une commémoration orientée vers la meilleure compréhension de notre passé et axée sur la critique exhaustive et non partisane du parcours réalisé ensemble pour en tirer les leçons les plus significatives.


Un peuple qui méconnait son histoire, peut-il en effet construire avec succès son avenir ? L'avenir commun ainsi envisagé, avec confiance, sera le condensé des voies nouvelles de consolidation de notre indépendance afin de nous engager avec lucidité, audace et responsabilité, dans la voie du progrès.

La sobriété de ces instants n'entame en rien leur solennité parce qu'en ce jour, nous nous réjouissons de l'existence d'un Etat indépendant. Il y a cinquante ans, nos aînés, malgré leurs divergences, ont mené le combat noble de la libération du continent, pour engager la bataille de la construction de nos nations. Chemin difficile mais parcours exaltant, dont la finalité demeure de diriger des nations prospères et de voir y vivre des citoyens libres et heureux.

En ces instants précis, j'ai une reconnaissance profonde pour nos devanciers, vaillants combattants qui ont œuvré pour l'aboutissement de cette perspective mémorable. J'ai une pensée particulière pour le Président Félix Houphouët-Boigny, celui là-même qui, en ce jour du 7 août 1960, a proclamé l'indépendance de notre pays, en ces termes :


« En vertu du droit qu'a tout peuple à disposer de soi-même,

je proclame solennellement l'indépendance de la Côte d'Ivoire. » !


Enfin, j'ai une pensée pour tous ceux qui sont tombés dans la lutte pour l'indépendance, tous ceux qui sont morts pour leurs idées, tous ceux qui ont tracé avec courage et persévérance, les premiers sillons.


Chers compatriotes,


Notre cheminement a alterné périodes fastes et moments de difficultés, années de prospérité et conjonctures austères. Sur le chemin, des écueils ont existé, entraînant de profondes fractures, des blessures parfois encore vivaces ; mais mon devoir est de rappeler à tous l'exigence d'amour fraternel et de pardon mutuel pour préserver la Côte d'Ivoire et entrer dans le second cinquantenaire confiants. Nous y sommes déjà et nous devons poursuivre l'œuvre avec foi, espoir et détermination.

Pendant ces cinquante ans, et malgré les obstacles persistants, des avancées remarquables ont été réalisées qu'il nous importe de garder à l'esprit. Ces avancées qui forgent les nations prospères, il nous faut les défendre et les préserver parce qu'elles sont la marque de notre progrès.


En tout premier lieu, notre dignité de nation libre, la dignité de pouvoir s'affirmer et participer au progrès du monde en tant qu'Etat reconnu, respecté et œuvrant en toute fraternité avec les autres nations du monde pour le progrès de l'humanité. Cette dignité, il faut s'en prévaloir, mais en user sans agressivité ni ostentation, parce que c'est elle qui induit les choix autonomes, souverains et responsables que nous faisons pour l'accomplissement du destin que nous voulons collectivement. Cette dignité-là, ces dernières années, a été particulièrement mise à mal mais ensemble, nous l'avons préservée ; nous sommes heureux aujourd'hui de dire : la résistance a payé !

En second lieu, nous avons hérité de cette indépendance la responsabilité collective de notre devenir commun. Les grandes nations se sont forgées à travers l'histoire en connaissant des moments de prospérité, de gloire et de succès, mais aussi des moments de crise ; elles sont restées résolues devant les crises et les dissensions qui leur ont été préjudiciables. Elles ont ainsi atteint des niveaux appréciables de progrès économique et de justice sociale, s'étant accordées sur la nécessité de surmonter ces obstacles. Ces nations ont supporté des moments particulièrement pénibles mais la raison et le profond désir de cohésion a fini par prévaloir sur les intérêts conjoncturels et les calculs personnels, pour faire triompher la renaissance et la prospérité collective.

En ces instants-là, ce qui a primé, c'est la volonté commune de préserver les générations futures. Cette primauté de l'intérêt général sur les intérêts personnels ou partisans, a été le véritable ferment de leur prospérité retrouvée. La leçon principale que nous pouvons en tirer demeure, en conséquence, le dépassement de soi dans le respect mutuel des divergences.


Au-delà des divergences politiques qui heureusement consolident les Etats démocratiques, au-delà des divergences d'opinion qui enrichissent les perspectives d'alternative qu'elles offrent, cette responsabilité collective, nous devons l'assumer et à chaque instant, la traduire dans tous nos actes.


Ma responsabilité de Chef de l'Etat me l'impose en tout premier lieu et je ne m'y déroberai en aucune façon. Depuis huit années en effet, nous l'assumons, affrontant des vicissitudes multiples et de féroces adversités, internes et externes. Notre souci, conformément à notre serment, demeure de préserver la vie de nos concitoyens et garder intact le territoire de la Côte d'Ivoire, de 322 462 km2 que nous ont légués nos prédécesseurs. C'est dans cette perspective que nous avons inscrit l'accord politique inter-ivoirien de Ouagadougou et les récentes évolutions du dialogue politique interne. Ce dialogue interne devra se raffermir et se consolider, pour nous engager résolument sur la voie du salut collectif.


La troisième avancée significative, que je vous invite à garder en mémoire en ce jour, est notre pratique progressive de la démocratie. Sur ce point, les chantiers réalisés par notre pays sont appréciables. Souvenons-nous en effet de la période d'avant 1990 où la liberté d'expression et le pluralisme politique étaient encore inexistants. La Côte d'Ivoire peut s'enorgueillir d'avoir aujourd'hui les instruments réglementaires et les institutions adéquates pour entretenir la démocratie et veiller au respect par tous des droits et devoirs opposables.


La construction d'un Etat démocratique, protecteur des libertés individuelles et collectives et respectueux des droits de l'homme, n'est certes pas chose aisée ; mais nous y sommes engagés. Nous pouvons en effet nous réjouir de l'existence et du maintien de nos institutions clés : Présidence de la République, Assemblée nationale, Conseil constitutionnel, Conseil économique et social. A ces institutions, nous en avons ajouté d'autres, nouvelles et autonomes de promotion du pluralisme politique, de la démocratie et des droits de l'homme : Conseil National de la Communication audiovisuelle, Conseil national de la presse, Commission nationale des droits de l'homme.


Nous devons également nous réjouir de l'existence de textes de lois novateurs concernant la presse écrite et audiovisuelle afin d'aider à construire une presse responsable, garant d'une véritable conscience citoyenne. C'est ainsi en effet que se réalise l'avènement des nations prospères et démocratiques.


Dignité d'hommes libres, responsabilité collective de notre devenir et enracinement dans la démocratie, telles sont les leçons de cette accession à l'indépendance que nous nous devons de préserver.

Mes chers compatriotes,

Les circonstances actuelles et les contraintes de la période d'après 2002 ont certes limité notre capacité d'agir mais elles n'ont, en aucune façon, entamé l'idéal de justice sociale et de prospérité qui a fondé mon entrée en politique. C'est pourquoi je vous invite à demeurer confiants parce que nous avons fait le choix du courage, de la persévérance et de l'espérance. Nous nous devons de continuer à faire progresser le niveau de vie de nos concitoyens.

La crise que nous vivons a laissé de profondes blessures qu'il nous appartient de guérir. Blessures d'ordre moral avec la perte d'êtres chers mais aussi dysfonctionnements profonds dans nos pratiques, dislocation de nos valeurs essentielles. Deux chiffres résument, à eux seuls, l'ampleur des méfaits de cette crise : celui de la pauvreté de nos compatriotes qui s'est aggravée ces dernières années pour atteindre un chiffre de 49 % environ du fait principalement de la guerre ; l'accroissement du taux de chômage, avec un niveau record de 16 % !

Ces indicateurs nous invitent à repenser d'urgence et profondément notre mode de production et d'allocation des ressources, dans le sens d'une croissance économique plus forte et beaucoup plus diversifiée et d'opportunités nouvelles, de création de nombreux emplois.


La remise en état sera fonction de l'ampleur de notre engagement à conduire les indispensables changements éthiques et de notre ingéniosité pour agir sans délai. Cette situation exige en effet un sursaut national et un engagement sans faille pour la prospérité, le plein emploi et la justice sociale.


Nous avons progressé mais nous avons également régressé alors même que nos potentialités nous permettent d'avancer. Eh bien, avançons !

Dans cette perspective, nous avons passé déjà avec succès, une étape importante dans la procédure d'élimination du fardeau de la dette qui constitue une hypothèque sur nos objectifs de croissance et de développement. L'admission de la Côte d'Ivoire au point de décision de l'initiative PPTE, en ramenant notre endettement extérieur de 160 % de la richesse nationale en 1990 à environ 50 % à la fin de cette année 2010, est un réel motif d'espoir. Bien évidemment, cette réduction de dette n'est pas en soi une finalité de développement mais constitue un instrument essentiel de gestion publique qui, préservé, assurera aux générations futures un avenir dans des conditions de plus grande sécurité.

Le temps est donc venu d'une gouvernance publique profondément remaniée, honnête et efficace, faite d'engagements audacieux. Le temps est arrivé des politiques publiques résolument saines et endogènes garantissant des effets positifs de long terme. Il s'impose à nous désormais, après cette fracture sociale et cette crise politique, la nécessité d'avoir des institutions plus solides et une justice efficace, plus accessible et indépendante, afin d'asseoir les conditions d'une paix durable.


Nous devons entreprendre le saut de qualité, réaliser notre indépendance économique et aboutir à une démocratie véritable. Engageons nous donc à amorcer la nouvelle donne en assumant en même temps l'héritage particulier de la multi-culturalité de notre pays.


Je dis aux Ivoiriens et aux Ivoiriennes d'ici et d'ailleurs, ingénieux et ayant un sens élevé de l'intérêt général, ceux de l'administration publique, des entreprises, des professions libérales, des zones rurales, des usines et des ateliers, des multinationales et des organisations internationales, dès cet instant : Les cinquante prochaines années vous appartiennent. Prenez donc votre place !


La Côte d'Ivoire n'a pas sombré hier, malgré les bourrasques.

La Côte d'Ivoire résiste aujourd'hui.
Mais, plus encore, la Côte d'Ivoire de demain, par l'engagement de tous ses fils et de ses filles et dans un sursaut d'orgueil, sera conquérante.

En ce jour, c'est donc un message d'espérance et une invitation à la confiance et à la solidarité que je vous envoie.

Bonne fête de l'indépendance à tous et à toutes.

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !



Laurent Gbagbo

NB: Lire également l'adresse du 7 Août 2010, à la Présidence de la République.

 

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LA PORNOCRATIE MONDIALE OU COMMENT ABRUTIR LE PEUPLE

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Un magazine People


La « pornocratie » ou comment le monde crée des dégénérés. Parmi-nous, combien se laissent influencer par la télévision sans réfléchir, Combien à bout comptant toute la vie sulfureuse que nous envoie les images de publicité, de télévision ou du cinéma. Réflexion sur les nouvelles communications par les images :


D'année en année, le monde s'enfonce dans une luxure préméditée par le capitalisme, en France la civilisation héritière de Mai 1968, la doctrine « Jouissons-nous sans entrave » est le poison de la société.

Cette doctrine véhicule une idée falsifiée du sexe, alors que le sexe est réservé à l'érotisme de l'amour véritable dans une sphère privée.

Ces faussaires de l'amour, via les publicités et les films hollywoodiens, instrumentalisent le corps de la femme et laisse l'homme esclave de ses pulsions égoïstes.

Cette propagande du sexe artificiel est en partie, responsable, de la dépravation des mœurs et de la décadence de notre civilisation.

Cette situation entraîne la chute du mariage et de la fidélité, cela anéantie la famille unie, si sécurisante pour l'homme, la femme et les enfants, en entraînant au passage « Divorce, famille recomposée, famille monoparentale, relation sexuelle multiples, féminisme, etc.... »

Tout ça n'a qu'un objectif final pour le capitalisme : « Fragiliser et manipuler l'humanité pour mieux la contrôler et mieux la manipuler ».

Voici le cru de « l'été-2010 » des faussaires de l'amour :

  • Des textes érotiques qui étourdissent les hommes et pourrissent les femmes
  • Des images violentes et dégradantes de la femme en string incitant parfois les hommes à violer les femmes ou les petits garçons pour les sodomistes-pédophiles.

L'on peut tout lire dans les magazines « people » : « Les faux culs de sexe, comment réveiller le désir, le sexe sans tabou, Parler de relation sexuelle sans tabou avec ses enfants, etc.... ».

On annonce, aussi, dans ces magazines, avec un grand plaisir le divorce des musiciens, des grands sportifs, des acteurs de cinéma, ou tout ce petit monde fait partie de la vie mondaine.

Ces mêmes magazines « people » ne parlent jamais de la vie de famille des savants, des ingénieurs, des médecins, des intellectuels de la lumière etc....

Vous imaginez vous-même, il s'agit de la manipulation du capitalisme, et par conséquent, il y a prolifération des marchands de l'illusion du sexe artificiel

Et malheureusement, dans l'histoire de la 5ème république, la France vient d'élire un président people, quand tout va mal, la presse à sa botte, montre régulièrement Nicolas sarkozy et Carla Bruni. Ainsi la politique se substitue, temporairement au « people », détournant au passage,  les français sur les vrais questionnements.

Souvenez, la presse, au lendemain, de l'élection de Nicolas Sarkozy, avait été complimenté comme un président moderne pour avoir divorcer plusieurs fois. Non, pardon pas ce langage moderniste !

Or comme le dit la sainte église, « La liberté et le bonheur durable sont dans la pureté et l'engagement du mariage devant Dieu ! »

Libérons-nous de cette société de l'esclavagisme sexuel, suivez le chemin qui conduit vers la sainteté.

La pornocratie mondiale ou comment abrutir le peuple ...



Cordialement,


Appolinaire Noël KOULAMA

14:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, pornocratie, pornographie, magazine people, apologie du sexe, dégénérescence morale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |