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mardi, 21 septembre 2010

CRISE IVOIRIENNE DU 19 SEPTEMBRE 2002: UNE GUERRE SANS PERE

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Il y a 8 ans, le 19 septembre 2002: la guerre que personne ne voulait assumer

In le Nouveau courrier N°082 du 18 Septembre 2010 par Sylvie Kouamé

La crise ivoirienne qui a débuté depuis septembre 2002 a livré beaucoup de secrets. Mais beaucoup de zones d'ombres subsistent encore, huit ans après.


Qui a organisé ? Huit ans après le 19 septembre 2002, on en sait finalement très peu de détails sur la nature de l'organisation qui a pris l'initiative de porter le feu à Abidjan par une nuit indécise. Et pour cause : à la différence des attentats du 11 septembre 2001 - auxquels certains Ivoiriens comparent leur «grand choc» à eux -, le coup d'Etat avorté qui a accouché de la rébellion n'a pas été revendiqué d'emblée. Marionnettistes peu téméraires, ses initiateurs se sont réfugiés au départ derrière le paravent d'une «mutinerie» avant de laisser apparaître un visage, le seul qui assumera l'insurrection - sans doute aussi parce qu'il a toujours été évident pour tous qu'il ne pouvait être qu'un «porte-parole». Celui de Guillaume Soro. L'Histoire retiendra en tout cas que Soro a été le seul à avoir le cran de revendiquer - et de justifier - le choix des armes. Aujourd'hui, il en tire les dividendes, à l'opposé de Ibrahim Coulibaly dit «IB», cheville ouvrière qui s'est marginalisée par son silence et ses dénégations.

Depuis le 19 septembre 2002, une certaine omerta continue de régner sur «la vraie histoire» du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), qui s'est transformé, sous l'impulsion de Soro, en Forces nouvelles (FN). Qui a fait quoi exactement et à quel moment ? Motus.

Blaise Compaoré : du parrainage à la facilitation

Seule la crise homérique entre Soro et IB, permettra d'avoir des témoignages - et surtout des photos - qui fourniront la preuve absolue de ce dont tout le monde se doutait : la rébellion s'est préparée pendant de longs mois à Ouaga, sous la protection de Blaise Compaoré, dont Guillaume Soro assume aujourd'hui le parrainage avec panache. «C'est mon mentor, je n'ai pas honte de le dire. Il m'inspire, il m'a énormément donné, il est à mes côtés. Sans lui, je ne serais pas ce que je suis», disait-il ainsi fin 2008 (Frat- Mat du 1er octobre 2008).

Blaise Compaoré lui-même s'est gardé d'endosser de quelque manière que ce soit la crise ivoirienne. Il s'est imposé comme facilitateur et pacificateur, et peut savourer le plaisir ambivalent de régler une crise - qu'il a contribué à créer - tout en continuant à l'alimenter à travers la poursuite des livraisons d'armes aux Forces nouvelles (selon des rapports de l'ONU) et la contrebande du cacao des zones Centre Nord Ouest (CNO). Sous le regard complaisant - ou impuissant - de son homologue ivoirien Laurent Gbagbo qui, lors d'une interview diffusée par RFI et France 24 le 30 mai dernier, tenait ces propos surprenants : «Il y a certaines personnes qui me disent souvent : «Vous savez, tel pays exporte maintenant du cacao». Je réponds : «qu'est-ce que ça fait ?» Le jour où la guerre sera finie, où la crise sera finie, où nous aurons placé des douaniers, ce sera fini cette situation.»

Le cas Ouattara

Et Alassane Ouattara dans tout ça ? S'il n'a plus honte de glorifier en public «le combat» des Forces nouvelles, il campe toujours sur une ligne de défense claire : il n'a rien à avoir avec la naissance de la rébellion. «Je n'ai aucune responsabilité dans la crise. J'ai été accusé de beaucoup de choses. Ce sont des allégations, sinon sept ans après, on aurait eu des preuves. Mais jusque-là, aucune preuve. Je condamne la rébellion, les coups d'Etat, la violence. Et j'ai été le premier à le faire, dès les premiers jours du coup d'Etat manqué du 19 septembre 2002. Je pense que quitter une institution aussi prestigieuse comme le FMI, ayant été Gouverneur de la Banque Centrale de l'Afrique de l'Ouest, on ne peut pas être instigateur de coup d'Etat. Ma vision de la politique, c'est de faire de l'alternance dans les urnes. La violence ne résout jamais les problèmes de manière définitive », a-t-il ainsi martelé lors d'une récente interview sur Africa 24. Contredisant encore et toujours la fameuse confidence de Koné Zakaria, prononcée lors d'un meeting filmé à Séguéla.

Selon Zakaria, le petit groupe d'hommes qui préparait la rébellion depuis le Burkina Faso était financé par Alassane Ouattara à hauteur de 25 millions de FCFA par mois. Il est en tout cas évident que la question de la participation d'ADO à la guerre sera une des questions-clés de la prochaine campagne en vue du scrutin présidentiel du 31 octobre 2010.

La France officielle plaide non coupable

Egalement accusée d'avoir trempé dans la rébellion, la France officielle a toujours vivement démenti. Et les accusations voilées de Charles Pasqua, ancien ministre de l'Intérieur, affirmant que Villepin avait essayé, quand il était à l'Hôtel Matignon, de renverser deux chefs d'Etat africains - dont Laurent Gbagbo - ne sont intervenues qu'après le départ du pouvoir de Jacques Chirac. Un Jacques Chirac qui est aujourd'hui devant les tribunaux de son pays pour une affaire de malversations à la mairie de Paris. Quand son ministre des Affaires étrangères de l'époque, Dominique de Villepin, au contrôle des opérations françaises en Côte d'Ivoire est également face aux juges pour son rôle présumé dans la falsification de fausses preuves de forfaiture contre Nicolas Sarkozy. Ministre de la Défense au moment des faits, Michèle Alliot-Marie quant à elle a été entendue par le Tribunal aux armées comme témoin dans le cadre des enquêtes sur les événements de novembre 2004... et leurs zones d'ombres. Curieuses coïncidences!


Source: LE NOUVEAU COURRIER IVOIRE-BLOG.COM

Commentaires

bien

Écrit par : konesiaka | vendredi, 01 octobre 2010

il est trés sage que les deux chalangers s'ettendent si et seulement si ils sont des véritables patriotes au service du peuple ivoirien.Dans le cas contaire;ils n'ont pas des raisons de de,eurer éternellement à la au sommet du pays.

Écrit par : etiennesilimu | mercredi, 23 février 2011

on peut tout arracher à un homme sauf son reve; continuer dc de revendiquer la libération de ce sanguinnaire.

Écrit par : KONATE | dimanche, 13 novembre 2011

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