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samedi, 30 octobre 2010

LE CROC-EN-JAMBE DE LA FRANCE AU CANDIDAT GBAGBO A DEUX JOURS DE L'ELECTION PRESIDENTIELLE

 

CLAUDE GUEANT EN COTE D'IVOIRE.jpg

L'on se souvient que les samedi 2 et dimanche 3 octobre 2010, le secrétaire général de l'Elysée, , bras droit du , était en visite en Côte d'Ivoire. Il avait à cette occasion rencontré samedi soir, à Yamoussoukro, le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo, un mois avant le scrutin présidentiel fixé au 31 octobre. La France n’a certainement pas de candidat, « elle n’a même pas de favori », avait dit le principal collaborateur du président Sarkozy, qui est venu parler de tous les sujets, y compris de ceux qui ont fâché par le passé. Car « entre amis, on parle franchement de tout », avait lancé Claude Guéant selon Norbert Navarro, le correspondant de RFI sur les bord de la Lagune Ebrié.

En clair, il fallait retenir que la France n'avait pas de candidat et nous nous en étions réjouis, ne serait-ce que pour l'aspect diplomatique de la déclaration, bien que nous soyions convaincus du contraire. Les faits n'ont pas tardé à nous donner raison: hier, vendredi 29 octobre, dans l'édition de 18 heures de son journal Paris Direct, à seulement deux jours du scrutin présidentiel ivoirien, la France, à travers France 24, fait un croc-en-jambe au candidat Gbagbo en faisant résurgir le dossier Guy-André Kieffer. On voudrait noircir le président candidat ivoirien qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Selon le reportage qui y a été diffusé, un militaire ivoirien confirmerait les propos cousus de fil blanc de l'imposteur qui s'était fait passer pour un soldat ivoirien, du nom de Alain Gossé. Or il a été prouvé sans embage que cet individu était, en réalité de nationalité burkinabé et n'avait rien d'un militaire ivoirien (au point de ne même pas savoir porter le béret ivoirien).

Selon l'élément diffusé, Guy-André Kieffer serait bel et bien mort en Côte d'Ivoire et serait enterré à 20 kilomètres d'Abidjan. Pire, sa tombe serait gardée par des policiers ivoiriens, en faction sur les lieux. On nous a même passé les images de trois policiers soit disant en faction sur le site. Quelle bassesse! Franchement! Ce n'est pas loyal. Tirer ainsi dans le dos d'un candidat en pleine campagne.

Claude Guéant est venu en réalité nous distraire par sa visite, qui du reste a été souhaitée et suscitée par le Président Gbagbo dans son soucis de normaliser ses relations avec l'Elysée et lever toute équivoque sur un éventuel soutien de la France à des candidats à l'élection présidentielle. Visiblement, il continue à ne pas faire l'affaire de l'Elysée. Le passage éclair de Claude Guéant dans notre pays n'était en fait que de la poudre aux yeux. Les faits sont têtus et crus: la France a bel et bien des candidats et des favoris. Et pour leur donner un coup de main (tardif) contre le candidat Gbagbo, elle le dépeint comme un tueur infréquentable, ce qui est infiniment loin de la vérité. Il est même clairement rapporté dans le reportage que ce nouveau témoignage jette le discrédit sur la présidence ivoirienne, en clair, sur Laurent Gbagbo. Cela, c'est une vue de l'esprit. Le candidat Gbagbo n'a jamais été plus populaire et le peuple digne de Côte d'Ivoire le prouvera, au soir du 31 octobre 2010.

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

jeudi, 28 octobre 2010

GRAVES MENACES SUR LE PROCESSUS ELECTORAL: MANGOU MET SEVEREMENT EN GARDE LES FAUTEURS DE TROUBLES



MANGOU.JPG

 

Eût égard aux rumeurs persistantes de coup de force et aux affrontements récurrents entre militants de candidats à l'élection présidentielle, le Chef d'Etat-major des armées, Philippe Mangou, a animé, hier, un point de presse, à l'Etat-major des armées, au Camp Galiéni du Plateau. Il a mis en garde contre toute tentative de troubles. L'intégralité de sa déclaration.



Les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire qui se sont félicitées du climat d'apaisement et de convivialité ayant prévalu au début de la campagne électorale lancée le 15 octobre 2010, font aujourd'hui le constat suivant:


1-Les affiches de certains candidats, quand elles ne sont pas littéralement détruites, sont badigeonnées de produits de toutes natures ;
2-Des militants de partis politiques subissent des menaces dans plusieurs localités du pays;
3-Des cortèges de certains leaders politiques sont attaqués ici et là ;
4-Des affrontements sanglants sont même enregistrés dans certaines villes de la Côte d'Ivoire...


Ces actes sont à tout point de vue inadmissibles.
Les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire sont ainsi arrivées à la conclusion que plus la date du 31 octobre 2010 approche, plus la violence s'empare de certains militants de partis politiques.
La démocratie se nourrissant de tolérance et de l'acceptation de l'autre, les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire appellent les militants de l'ensemble des partis politiques à l'apaisement et au respect des uns et des autres.
Les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire rappellent à tous et à toutes leurs missions:


1-Défendre l'intégrité du territoire en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance;
2-Protéger les institutions de la République et des personnes qui les incarnent;
3-Protéger les personnes et leurs biens.


Les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire mettent donc sévèrement en garde, les éventuels fauteurs de troubles et leurs commanditaires en cette période cruciale et sensible de l'histoire de la Côte d'Ivoire. Ceux-ci subiront la rigueur de la loi.
Les Ivoiriens et les populations vivant en Côte d'Ivoire ayant suffisamment souffert de cette crise déclenchée dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire ne sauraient accepter que le pays replonge dans l'horreur par la faute de certains individus inconscients et ennemis de la paix.


Les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire assurent l'ensemble des populations de leur détermination à garantir leur sécurité durant le déroulement de tout le processus électoral. Elles les invitent dès lors à aller voter massivement le 31 octobre 2010 sans crainte de représailles ni de menaces d'atteinte à leur intégrité physique.


Les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire les informent que toutes les dispositions sont prises à cet effet.
"Quant à vous, éléments des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire déployés sur le terrain pour la sécurisation du scrutin et des électeurs": assurez vos missions en toute rigueur, avec le professionnalisme et la discipline qui vous ont toujours caractérisés. Ne cédez en aucun cas aux provocations dont vous pourriez être victimes.


En tout état de cause, les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire mettent une fois de plus en garde les abonnés aux troubles et à la violence, contre toute tentative de fuir le pays après y avoir mis le feu. Ils sont avertis que les frontières et l'aéroport seront fermés à ce moment-la et qu'ils seront contraints à aider les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire à éteindre le feu qu'ils auront eux-mêmes allumé.


Fait à Abidjan, le mercredi 27 octobre 2010


Pour les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire


Le Général de corps d'armée
Philippe Mangou
Chef d'état-major des armées de Côte d'Ivoire

mardi, 26 octobre 2010

DE L'HUMOUR POUR UN MOMENT DE REPIT DANS LA GRISAILLE

RIRE FEMME.jpg

La campagne présidentielle en Côte d'Ivoire charrie un stress énorme pour tous les ivoiriens qui ne savent quelle issue aura cette période, certes, historique mais également de tous les dangers. Indispensable donc de s'en déconnecter un tantinet pour se payer un peu de bon temps : je vous propose ici et maintenant un instant d'humour pour vous détendre un peu les traits du visage avec ces quelques blagues-SMS ivoiriennes. Bonne lecture !


1-      Un policier rentre chez lui après le boulot. Il voit ses enfants étudier et va corriger les devoirs du plus grand. Furieux de son travail, il le bat. Il se tourne ensuite vers le petit-frère. Toute la maison s'attend à une raclée. Il ouvre son cahier, le feuillette quelques instants et s'en va. C'est à n'y rien comprendre. Tout ahuri, le grand-frère demande au petit-frère : « Mais toi, tu es le plus nul et tu échappes à une punition !? Comment se fait-il qu'il ne t'a rien fait ? ». Le plus jeune répond : « Toi-même tu sais que papa est un policier. J'ai tout juste glissé 500 francs dans mon cahier ».

2-      Un père surprend sa cancre de fille en plein ébat amoureux avec son répétiteur sur la table d'étude. Loin d'être mécontent, il lui dit : « Aaah ! C'est bien ça, ma fille ! Si papier ne rentre pas que zizi rentre, c'est bon aussi ».

3-      Un jeune homme attendait sa copine qui se douchait. Le téléphone portable de la jeune fille sonne. Il jette un coup d'œil sur l'écran. C'est marqué : « Gaou 1 ». Quelques minutes plus tard, un deuxième appel. C'est « Gaou 3 ». Il se demande s'il n'est pas le Gaou 2 ; il lance alors son propre numéro. Aussitôt, il s'affiche : « Super Gnata ». Ah, les femmes !

4-      Un prof d'Histoire-Géo demande à ses élèves : « Quel pays a pour capitale Bangui ? ». Silence de cathédrale dans la classe. Yao se lève et dit : « Moi messié ! C'est le pays Baoulé ! ». (NB : Le vin de palme se désigne par le mot « Bangui » en Côte d'Ivoire et les Baoulé, une ethnie du centre du pays, en sont les plus grands consommateurs, loool !).

5-      Deux élèves réfléchissent sur leur avenir. L'un demande à l'autre : « Qu'aimerais-tu faire plus tard comme métier ? ». « Moi, dans ma future carrière, tout le monde se mettra en rang pour m'attendre et on sera très enchanté de me voir apparaître ». « Génial ! Tu seras donc quelqu'un de très important, alors ! Mais c'est dans quelle branche ? ». « Chauffeur de bus ! ».


AUTRES SMS INTERESSANTS

1-      Le plus grand obstacle de la vie, c'est la PEUR. La chose la plus facile, l'ERREUR. La pire défaite, le DECOURAGEMENT. Le plus grand mystère, la MORT. La plus belle chose, l'AMOUR ! Que DIEU veille sur nous pour que le meilleur soit à chacun.

2-      La quête quotidienne de ce qui est matériel et les inquiétudes qui en découlent enchaînent souvent notre esprit et nous font oublier notre glorieuse espérance : vivre pour toujours dans le royaume de DIEU. C'est pourquoi le SEIGNEUR nous appelle à la vigilance : Luc 12 : 35-48. Il nous demande d'être des serviteurs constamment prêts, jour et nuit, afin d'accueillir notre Maître pour les noces célestes et d'entrer dans sa joie éternelle. Si le Maître revenait, aujourd'hui, te trouverait-il prêt ? A quelle occupation serais-tu attaché (e) ?

3-      Notre désir est de réussir à tous les niveaux. Tous, nous nous acharnons à chercher de vaines choses (mariage, argent, confort, etc). Mais que faisons-nous du retour du SEIGNEUR ? Examine ta vie et pose-toi la question de savoir : si je mourais à cet instant précis, où irais-je ? Si le SEIGNEUR revenait aujourd'hui, irais-je avec lui ? Est-ce que la vie que je mène actuellement me le permet ? Est-ce que j'honore DIEU par la sanctification ? Si non, il est encore temps de te ressaisir. Car que sert-il à l'homme de gagner ce monde s'il doit perdre son âme ? N'oublie pas le vrai but de ta vie, celui de gagner le royaume des cieux. Il a dit : « Cherchez d'abord le royaume et la justice de DIEU ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Matt. 6 : 33).


DINDE Fernand AGBO

20:43 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humour, blagues-sms, rire, déstresser, se marrer, détente, sourire, blagues ivoiriennes | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

ELECTION PRESIDENTIELLE: RETOUR IN EXTREMIS AU COMPTAGE NUMERIQUE DES VOIX

 

MEITE SINDOU.jpg

Le Premier Ministre SORO Kigbafori Guillaume a récemment pris la décision courageuse de revenir au comptage informatique des voix, récusé par les candidats du RHDP pour des raisons totalement fallacieuses: la SILS Technology est une branche du BNETD, dirigé par M. Ahoua DON MELLO, un des directeurs de campagne du candidat GBAGBO. Et ils attendent d'être à quelques jours de l'élection présidentielle pour faire de telles récriminations. En réalité, le RHDP est prisonnier de ses propres peurs. Peur d'être étalés, aux yeux du monde et dans la plus grande transparence, dans une course où le candidat LMP les distance depuis de très longs mois voire années. Ils ne s'imaginent tout de même pas que les Ivoiriens porteront leur choix sur les quidams qui ont éventré et défiguré la mère-patrie! Rêvez toujours; au soir du 31 octobre 2010, le réveil sera très brutal! Pour l'heure, disons simplement que le Premier Ministre a réussi l'esquive, à merveille.


Cabinet du  Premier Ministre

Service du Porte-parole du Premier Ministre                 


COMMUNIQUE DU PREMIER MINISTRE
n°01/24102010/PP/PM


Le jeudi 21 octobre 2010, à l'issue d'une session extraordinaire, la Commission Electorale Indépendante décidait de recourir au comptage manuel pour la proclamation des résultats de l'élection présidentielle du 31 octobre 2010.

Une telle décision, prise à seulement dix jours du scrutin présidentiel, a suscité des inquiétudes dans certains états major. Aussi, le Premier Ministre, Monsieur Guillaume Kigbafori Soro, a cru bon de se saisir de la question en vue de prévenir toute crispation et parvenir au meilleur compromis possible.

Après de multiples consultations avec le Représentant Spécial du Facilitateur du Dialogue Direct inter-ivoirien, le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l'Onu et la CEI elle-même le samedi 23 octobre, le Premier Ministre a fortement recommandé la mise en place d'un Comité d'experts indépendants composé de techniciens issus du Cabinet du Premier Ministre, de la Commission Electorale Indépendante, de la Facilitation, de la société informatique de droit suisse dénommée CRYPTO AG et d'observateurs issus de l'ONUCI.

Ce Comité d'experts, en collaboration avec la SILS Technology (Société Informatique de Localisation et de Sécurité), procédera en toute transparence à la transmission sécurisée des résultats du scrutin présidentiel et en garantira ainsi leur inviolabilité.

Le Premier Ministre informe les populations ivoiriennes que le Comité d'experts ainsi créé exercera ses missions sans préjudice de toutes les autres mesures prises par la Commission Electorale Indépendante, seule institution responsable de la proclamation des résultats provisoires de l'élection présidentielle de sortie de crise.

Le Premier Ministre tient à rassurer les populations ivoiriennes que l'élection présidentielle du 31 octobre 2010 sera transparente à tout point de vue. Aucune manipulation susceptible d'altérer la sincérité du vote des électeurs ne sera possible au regard du dispositif rigoureux mis en place. Le retour d'une paix durable dans notre pays est à ce prix.

Le Premier Ministre appelle les candidats à l'élection présidentielle à continuer la campagne dans la sérénité et invite les ivoiriens à aller massivement aux urnes le 31 octobre 2010, date de rigueur.


Fait à Abidjan, le 24 octobre 2010



Pour le Premier ministre

Le Porte-parole

20:26 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : côte d'ivoire, élections présidentielles, comptage informatique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 25 octobre 2010

COTE D'IVOIRE : L'ORIGINE DE LA DETTE EXTERIEURE



MONNAIE.jpg

Aujourd'hui, tous les experts s'accordent sur le fait  que l'endettement des pays africains constitue pour eux un goulot d'étranglement sur le chemin du développement. Les tentatives de juguler cette bulle de la dette n'ont pas fait défaut pour autant, le sujet n'est pas encore épuisé.  En trente ans, les pays africains ont vu 400 milliards de dollars quitter le continent, alors que la dette globale de l'Afrique est de 215 milliards de dollars. Plus de 13 milliards de dollars par an ont fui, soit "un pourcentage vertigineux" de 7,6 % du produit intérieur brut (PIB) annuel, entre 1991 et 2004, ce qui fait de l'Afrique "un créancier net vis-à-vis du reste du monde", précise Janvier Nkurunziza, économiste à la Cnuced. Depuis vingt-cinq ans, la dette et l'ajustement structurel fracassent l'Afrique et la vie de la plupart des quelque 850 millions d'Africains. La dette provoque donc une véritable hémorragie de capitaux pour les pays les plus pauvres, les privant de ressources nécessaires à la satisfaction des besoins humains fondamentaux.

Pour prendre toute la mesure de la question de l'endettement des pays africains, il faut bien la replacer dans son contexte historique. C'est pourquoi notre présent article se propose de revenir sur l'origine de la dette extérieure en général et sur celle de la Côte d'Ivoire en particulier.

AUX ORIGINES DE LA DETTE

Il n'est sans doute pas de manière plus adéquate de parler d'origine de la dette que la définir au préalable.

La dette extérieure regroupe l'ensemble des emprunts des agents économiques d'un pays (Etat, mais aussi les entreprises) vis-à-vis de prêteurs étrangers. Le plus souvent la dette extérieure est une composante de la dette publique, à côte de la dette intérieure.  L'histoire nous renseigne que dans  le passé, les pays qui ne parvenaient pas à générer une épargne intérieure suffisante pour financer leur essor économique ont recherché des fonds auprès d'autres pays. Les Etats-Unis ont fait appel à l'épargne étrangère, en particulier pendant la période antérieure à la guerre de sécession, de 1835 à 1860. De la même manière, la Russie a eu besoin de fonds extérieurs pour assurer son développement dans les trois décennies qui ont précédé la première guerre mondiale et la révolution communiste. L'aide étrangère, telle qu'on la conçoit aujourd'hui, est l'émanation de la phase qui a suivi la seconde guerre mondiale. Son origine remonte au plan Marshall, dont l'application a amené les Etats-Unis à transférer 17 milliards de dollars en quatre ans à l'Europe, soit l'équivalent d'environ 1,5% du PNB américain, pour la reconstruction de l'Europe. La fin des années 60 a vu se développer une surabondance de dollars dans les circuits financiers occidentaux.
Après la guerre, la reconstruction des économies européennes étant terminée, des quantités massives de dollars  se voyaient inutilisées. Dès lors, il se créait  un marché des eurodollars, qui a pris du volume avec l'arrivé des « pétrodollars » issus des chocs pétroliers de 1973 et de 1979.

Par ailleurs, la concurrence inter-impérialiste acharnée, à la recherche de nouveaux marchés afin de débrider des économies menacées d'engorgement ne manque pas validité.  Les américains vont multiplier les prêts pour  « contenir le communisme » autour du périmètre du bloc soviétique, tout en essayant d'assurer l'accès des Etats-Unis aux matières premières dont leur industrie avait besoin. On estimait en outre que le développement favoriserait à la fois la sécurité et les intérêts économiques, en réduisant l'instabilité et en associant les nouvelles nations à l'ordre du monde capitaliste. C'est à la suite des américains que les pays européens et en particulier la France et le Royaume-Uni apportent leur appui à leurs anciennes colonies.

 

LES CAUSES DE L'ENDETTEMENT EN CÔTE D'IVOIRE

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19:20 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Monde, Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : afrique, côte d'ivoire, yao prao séraphin | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 19 octobre 2010

DES PISTES POUR COMBATTRE LA CYBERCRIMINALITE EN COTE D'IVOIRE

 

JEUNE BROUTEUR IVOIRIEN.jpg

Chers tous, la cybercriminalité en Côte d'Ivoire est une préoccupation majeure. J'en ai fait un sujet de recherche et d'étude sociologique dans le cadre de ma formation de Conseiller d'Education Permanente. Je vous livre, ici, le résumé de mes investigations. Plus bas, en WORD, le contenu de mon mémoire.

 

Dans le cadre de notre mémoire de fin de formation, nous avons choisi de travailler sur le thème « Contribution à la lutte contre la cybercriminalité des jeunes et celle les visant, dans les communes de Marcory et de Treichville, le cas des quartiers Anoumabo Sans-fil et Remblai, Arras et Belleville ». La préoccupation majeure étant de répondre à la question de recherche suivante : «Comment lutter plus efficacement contre la cybercriminalité des jeunes et celle les visant, en Côte d'Ivoire ?».

Pour se faire, les objectifs opérationnels suivants ont été assignés à la présente étude : décrire les rapports des jeunes avec la navigation sur Internet et la cybercriminalité ; identifier les facteurs psychosociaux qui les amènent à établir, maintenir ou entretenir ces rapports et ceux qui les disposent potentiellement à être des victimes de la cybercriminalité ; identifier les actions pouvant permettre aux pouvoirs publics ivoiriens de faire baisser le niveau de la cybercriminalité des jeunes et de celle les visant ; proposer des solutions et un plan d'action pour une lutte efficace contre la cybercriminalité, en Côte d'Ivoire.

Dans une première étape, nous avons fait l'état de la question et effectué une revue de littérature en rapport avec le thème et la question de recherche. Ensuite, les informations recensées nous ont permis de bâtir nos instruments d'investigation.

Le questionnaire nous a permis de recueillir les données auprès d'un échantillon de 231 enquêtés, composé de 209 jeunes internautes, 20 gérants de cyberespaces des communes de Marcory et de Treichville et de 2 autorités administratives concernées par la question cybercriminelle. Leur analyse révèle que 53,59% des répondants ont Internet pour loisir préféré et 68,90%, s'y connectent tous les jours. A 53%, ils ont pour sites de prédilection les sites de recherche et les sites de rencontres. 45,58% des répondants font des rencontres amoureuses sur Internet et à 42,70% d'entre eux, ces rencontres rapportent de l'argent. 31,58% pratiquent le « broutage », le « formate » ou les deux à la fois ; pour 44,98% des répondants, c'est l'attrait du gain facile qui est la raison principale des pratiques délictueuses des jeunes sur Internet. 50,72% des répondants, ne voient aucune valorisation des jeunes en rapport avec la pratique du « broutage » ou du « formate » et pour 52,15% des enquêtés, ces pratiques constituent une mauvaise action. Néanmoins, 51,20% pensent que ces pratiques rendent les jeunes utiles à leurs familles et à la société et pour 59,81%, elles sont une chance de devenir financièrement indépendants. 82,78% des internautes enquêtés sont pour l'abandon par les jeunes de ces pratiques illicites et 76,08%, prêts à s'engager dans une action de lutte contre la cybercriminalité. 80,86% des répondants sont favorables à l'introduction de l'éducation à la navigation dans les programmes scolaires et 73,21%, à l'interdiction et la répression des pratiques cybercriminelles par l'Etat de Côte d'Ivoire.

Aussi, pour nous inscrire dans cet élan, nous avons suggéré des actions principalement fondées sur la sensibilisation - par l'information, l'éducation et la communication - et la répression. L'Etat devra mettre en place un cadre législatif et réglementaire approprié, créer une police spéciale des cyberespaces et de la cybercriminalité, mettre sur pied une plate-forme multisectorielle et interministérielle de veille, de concertation et de collaboration et introduire l'éducation à la navigation à l'école, dès le cycle primaire, dans l'enseignement général, technique et professionnel. Relativement au fonctionnement des cybers, il devra prendre des textes engageant la responsabilité pénale des propriétaires et des gérants de cyberespaces laxistes et leur imposer la tenue rigoureuse d'un registre de fréquentation. Le ministère des NTIC devra instaurer dans les cybers un cahier de charges à observer strictement et mieux équiper et structurer le CICERT. Le Ministère chargé de la jeunesse devra créer une direction technique opérationnelle chargée de la question de la cybercriminalité des jeunes et de celle les visant et mener des actions de sensibilisation de grande envergure dans les communes, en collaboration avec les unions, organisations et associations de jeunesse. Le Ministère de l'Education Nationale rendra effective l'éducation à la navigation à l'école et interpellera les parents des élèves cybercriminels. Les parents, eux, devront surveiller et suivre la vie d'internautes de leurs enfants, et les jeunes, s'investir dans la sensibilisation de leurs amis et la création d'associations de lutte.

 

DINDE Fernand AGBO

 

Mon mémoire:

Pour l'obtenir en intégralité, bien vouloir m'écrire à cette adresse: dindefernand2@yahoo.fr

Ou l'acheter directement en ligne: ICI

MA PREMIERE IMPRESSION A MI-PARCOURS DE LA CAMPAGNE ELECTORALE PRESIDENTIELLE

 

PDCI_logo.PNG

 

Depuis bientôt une semaine, la Côte d'Ivoire vit au rythme de la campagne électorale présidentielle. A travers des projets de société et des programmes de gouvernement aussi novateurs et audacieux les uns que les autres, les candidats au scrutin du 31 octobre 2010 rivalisent d'ardeur, d'idées et d'arguments pour rafler le plus de suffrage des ivoiriens.

A l'analyse et au regard des premières sorties de tous les postulants au fauteuil présidentiel ivoirien, nous nous sommes sentis fier de notre peuple. Tant les idées sont pertinentes et les solutions proposées remarquables. A un premier niveau d'appréciation, nous pensons que tous les candidats semblent bien savoir ce qu'ils veulent pour leur pays et nous nous en félicitons, après avoir écouté dame Lohouès Oble, Félix Akoto Yao, Gnamien Konan, Pascal Tagoua, Tohou Henri, Dolo Adama, Francis Wodié, Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et j'en passe. Ils ont été tout simplement brillants et donnent quelquefois envie de changer de candidat... Bref !

La seule fausse note à ce niveau est l'entrée on ne peut plus maladroite du PDCI-RDA, à travers l'adresse de son candidat, le Président Aimé Henri Konan BEDIE qui, le samedi 16 octobre sur les antennes de la RTI, plutôt que de s'atteler à dérouler son programme de gouvernement et son projet de société comme les autres, s'est englué dans l'entreprise stérile de s'attaquer à la Refondation et à faire un appel à témoignages aux ivoiriens pour recueillir des faits et récits dévoilant ou soulignant la précarité de leur vie, depuis l'arrivée des Refondateurs ( ?).

Que la Refondation soit condamnable pour ses manquements, tous les ivoiriens le savent déjà ; mais si nous voulons être justes et équitables dans notre jugement, il nous faut lui accorder au moins le bénéfice de l'indulgence (ce qui est d'ailleurs déjà fait), en raison de la guerre qui lui a été injustement faite. Jusqu'à preuve du contraire, aucun leader politique ivoirien, en dehors du Président GBAGBO, n'a eu à gérer la Côte d'Ivoire en état de guerre. En d'autres temps et dans d'autres circonstances (notamment avant la campagne électorale), une telle initiative aurait été compréhensible. Mais le faire maintenant, en pleine campagne présidentielle, c'est desservir gravement le PDCI-RDA. Puisque donnant la preuve qu'Henri Konan BEDIE est un leader à la rancune tenace, incapable d'élévation, et qu'il faudrait craindre comme la peste qu'une fois élu président, le « châtieur » s'engage dans une périlleuse chasse aux sorcières qui replonge la Côte d'Ivoire dans la violence. Soit dit en passant, ce n'est pas Laurent GBAGBO qui l'a éjecté du pouvoir en 1999. Cela, il ne doit pas au moins l'oublier et éviter de faire des amalgames.

Henri Konan BEDIE aurait pu valablement soigner son image en exposant magistralement son projet de société pour la Côte d'Ivoire, qui du reste, n'est pas le moins brillant des projets de société actuellement en promotion, loin s'en faut. Mais que nenni ! Il a fallu qu'il s'affiche sur ce tableau dégradant. Dommage pour le seul mentor capable d'égaler le candidat Laurent GBAGBO ! On ne peut obliger personne à être grand. Etre grand est un état d'esprit, une nature. Ainsi est faite la vie !

Nonobstant la qualité des programmes de gouvernement et des projets de société de nos candidats à l'élection présidentielle, il y a une cause qui transcende toutes les autres : la libération et l'affranchissement politique, économique et monétaire de la Côte d'Ivoire du joug impérialiste de la France. Sans ce préalable, tout développement et toute émergence véritables de notre pays, ainsi que toute lutte efficace contre la pauvreté, seraient une vue de l'esprit, un leurre. Et jusqu'à preuve du contraire, le seul leader politique ivoirien qui a déjà prouvé qu'il peut être le fer de lance de cette lutte, c'est le candidat GBAGBO. Et il a payé cash cette outrecuidance. Il ne faut pas se contenter de gérer les effets (ce que se propose de faire tous les autres candidats), il faut attaquer les causes, les racines profondes, historiques et subliminales.

La Côte d'Ivoire doit, une fois pour toutes, se donner les moyens de sortir du sous-développement. Comme la Corée du Sud, comme l'Inde, comme le Brésil, comme la Chine. Il faut une haute vision pour son peuple pour s'assigner un tel objectif. Seuls les grands hommes, les visionnaires, sont capables d'en avoir. Et Laurent GBAGBO en est un. A bon entendeur... Salut, la compagnie !


DINDE Fernand AGBO

LES DONNEURS DE LEÇON A L'EPREUVE DE LA REALITE ET DE LA VERITE

 

NICOLAS SARKOZY GUIGNOL.jpg


Il y a de cela quelques années, la Côte d'Ivoire en pleine guerre était traitée de « xénophobe » et de « fasciste » parce qu'en démêlées avec les étrangers vivant sur son sol, dont certains ont été des acteurs de première ligne de la crise ivoirienne. Et ceux qui tenaient de tels propos contre notre pays, ce sont les ténors de l'exécutif français d'alors, parrainés par un déprimant Jacques CHIRAC. Appuyés en cela par des chefs d'états africains aux conceptions panafricanistes qui laissent à désirer.

Parmi ceux-ci, il faut citer le Président sénégalais, Abdoulaye WADE qui en son temps avait dit à peu près ceci : « A l'heure où je vous parle, des étrangers sont traités en Côte d'Ivoire comme dans aucun pays au monde ». Tout naturellement, sans tenir aucun compte du contexte et des circonstances particulières qui accablaient notre pays.

Comme DIEU sait bien faire les choses, voici aujourd'hui la France au pied du mur, avec la honteuse affaire de l'expulsion des Roms, citoyens itinérants roumains, vivant dans des camps précaires en Hexagone, vidés comme des malpropres. Une affaire qui lui a valu d'avoir échappé, aujourd'hui, à une procédure d'infraction contre les lois européennes en la matière.

Pour bien faire, l'Allemagne, à travers la Chancelière Angela MERKEL, se mêle à la danse et intime l'ordre à ses émigrés d'intégrer le modèle allemand ou « de débarrasser le plancher ». Voici l'Europe en train de reconsidérer ses premières convictions vis-à-vis des étrangers, droit qu'elle nous avait royalement dénié pendant la crise de 2002, nous qui comptons plus de 26% d'étrangers sur notre sol. Cas unique au monde.

Mieux, on n'entend curieusement plus le Président Abdoulaye WADE, qui aurait dû casser la baraque (tant il y a matière) et qui, du reste, se livre à des dérives népotistes sans nom dans son pays, œuvrant d'une façon scandaleuse à imposer son fils comme son successeur à la tête de l'état sénégalais. Vous l'avez devinez, on se croirait dans une monarchie.

Voici donc que les donneurs de leçons ne font guère mieux, à l'épreuve de la réalité et de la vérité ! Comme dit l'adage : « C'est au pied du mur qu'on voit le vrai maçon ». Et les donneurs de leçons ont échoué. Lamentablement. Nous osons espérer que prochainement, ils ne s'aviseront plus de ruer dans les brancards et s'empresser de charger la Côte d'Ivoire, et souhaitons qu'ils « tourneront sept fois la langue dans la bouche » avant de clouer quiconque au pilori. Au demeurant, nous sommes en pleine campagne électorale présidentielle. Nous les prions de se tenir bien à l'écart de notre chemin et de nous laisser assumer nos responsabilités face à l'histoire et face à la destinée de notre nation.

En attendant la proclamation des résultats du scrutin du 31 octobre en Côte d'Ivoire, nous souhaitons aux donneurs de leçons de sortir intacts de l'écheveau de la fronde sociale française contre la loi de retraite à 62 ans, qui paralyse en ce moment leur pays.

Que chacun s'occupe de ses oignons et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes !

 

DINDE Fernand AGBO

dimanche, 10 octobre 2010

SEMAINE DES DESS-MASTER DU GROUPE MISA: UN SUCCES TOTAL!


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Photo de clôture: La promotion DESS-MASTER avec son parrain et l'Administration du Groupe MISA (Fernand Dindé, SG de la promotion, 3ème à partir de la droite. Ne pas tenir compte de la date sur l'image. Due au mauvais réglage de l'appareil numérique)


Chers lecteurs, le mercredi 29 septembre, je vous annonçais, à travers un post sur ce blog, la tenue de la "Semaine des DESS/MASTER du Groupe MISA", du lundi 04 au vendredi 08 octobre 2010, au Centre de Cartographie et de Télédétection (CCT), à Cocody, quartier Ambassade.

L'évènement s'est bel et bien tenu, sous le Parrainage de Monsieur GBA DAOUDA, Directeur du Centre de Formation Atlantic Financial Group (Groupe Banque Atlantique), Expert Formateur International, et était placé sous la Présidence de Monsieur TAPE MAMBO Lucien, Président de l'Union des ONG de Côte d'Ivoire (UOCI). La part prise par ces deux personnalités dans la réussite de nos journées à été considérable. Nous leur en devons une immense reconnaissance. Merci encore à vous, cher président et cher parrain!

Les communications, comme il fallait s'y attendre au regard de la qualité et de l'éminence des intervenants, ont été d'un niveau très élevé et il fallait être là pour comprendre ce que les absents ont manqué!

Nous avons enregistré plus de 30 inscrits sur le Net à partir de mon post et de mon mailing (dont de hauts cadres de l'administration douanières, des chefs d'entreprises, des présidents d'ONG, des juristes, des informaticiens, etc) et plus de 70 auditeurs DESS, invités et autres participants, s'en allant et venant au gré des jours et des thèmes.

L'organisation d'un séminaire de cette envergure, et surtout de cette qualité, menée sur 5 jours, avec 15 conférenciers éminents dans leur domaine, avec toutes les contraintes implacables de timing, de logistique, d'organisation pratique et de coordination, ainsi que les quelques râtés, a été, à n'en point douter, un excellent exercice de management et de leadership pratique pour le bureau de la promotion, au sein duquel j'ai assuré, avec bonheur et abnégation, les fonctions de Secrétaire Général.

Pour notre part, nous avons avons rempli de fort belle manière notre contrat de promotion sortante et passons donc le flambeau à la promotion de l'année prochaine pour relever son challenge à elle, comme il est de coutume au Groupe MISA.

Vivez l'évènement à travers ces quelques photos dont de nombreuses, de qualité très moyenne, n'ont pu vous être proposées, ici, vous privant d'une part importante des témoignages de notre passionnante aventure. Les suivantes sont celles des auditeurs DESS-MASTER, à 99% (sans les autres participants). Salut, la compagnie!


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Les auditeurs et le Président de la Semaine, M. TAPE MAMBO Lucien (le vendredi 8 octobre, après sa communication. Fernand Dindé, accroupi, 2ème à partir de la gauche)



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Le parrain, M. GBA DAOUDA, et les dames de la promo et de l'organisation (le vendredi 8 octobre, après sa conférence de clôture)



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Le Président TAPE MAMBO Lucien dans un "travaillement" grave! (Fernand Dindé, très attentif au geste. Tout comme les autres, d'ailleurs, loool!)



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Le parrain, Mme Gwladys TRA (Administration des DESS) et une partie des hommes de la promo



PDT DE LA SEMAINE ET FONDATEURS MISA.JPG

Le président de la Semaine (à la fin de sa communication), son Directeur de Cabinet (M. BOGUIFO Sylvain, extrême gauche), le fondateur (Pr KOUADIO Georges, extrême droite) et le co-fondateur (KOUASSI Koffi Ambroise, dit "Big Manager", micro en main)



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Le président TAPE MAMBO Lucien posant avec quelques auditeurs et participants, à l'entrée des bureaux du CCT



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Le président TAPE MAMBO Lucien et une partie des auditeurs et participants (Fernand Dindé, 2ème à partir de la droite)



M. EYIMIN ASSO ERNEST EN PLEINE COMMUNICATION.JPG

M. EYIMIN ASSO Ernest, Directeur de l'Exploitation à la CNPS, en pleine communication



M. EYIMIN ASSO ERNEST ET PROMOTION DESS.JPG

M. EYIMIN ASSO Ernest posant avec la promotion DESS et quelques participants (Fernand Dindé, accroupi)



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Le Lieutenant-Colonel DIOMANDE VAGONDO, Commandant en Second du GSPM Abidjan Indénié, avec les auditeurs DESS, après sa communication (Fernand Dindé, à l'extrême droite)



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M. ZANNOU-TCHOKO Jean de Dieu (centre droit), Chef de Service Conception et Planification au Centre des Métiers de l'Electricité (CME) de Bingerville (Groupe CIE/SODECI) posant après sa communication avec quelques auditeurs, à l'entrée des bureaux du CCT (Fernand Dindé, à l'extrême gauche)



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Dr DAGO Clément (au centre), Administrateur électoral à l'ONUCI, chargé de la formation, de l'éducation civique et de la sensibilisation, après sa communication, avec les auditeurs DESS-MASTER (Fernand Dindé, SG de la promotion, à l'extrême gauche)



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Mme Gwladys TRA, Consultante Formatrice en GRH et Droit Humanitaire, en pleine communication, à la table de séance, sur le thème: "Droit, Entreprise et Développement personnel", en compagnie du président de la promotion, le Pasteur KOUASSI Koffi François.



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Mme Gwladys TRA, en pleine explication de la "Méthode DISC" sur paperboard


 

MME GWLADYS TRA EN EXPLICATION SUR PAPERBOARD 2.JPG

Mme Gwladys TRA en explication sur paperboard


 

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Zoom sur quelques amis auditeurs (de gauche à droite: Sadia, Sarneige, Inza, Dr Camara et Atsé)


 

DES AUDITEURS DESS 2.JPG

Zoom sur quelques amis auditeurs (Atsé, à gauche et Dr Coulibaly, à droite)

EXIGER LE RETOUR EN AFRIQUE DES QUELQUES 3.000 MILLIARDS FCFA DE LA BCEAO LOGES AU TRESOR FRANÇAIS



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Exiger le retour en Afrique des quelques 3.000 milliards FCFA de la BCEAO logés au trésor français et qui peuvent servir au développement des pays de la sous-région ouest africaine.


Le Professeur Kako Nubukpo est un économiste togolais, agrégé des Universités en économie et ex-fonctionnaire de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).

Aujourd'hui consultant auprès de l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), il dresse un bilan de cette institution sous-régionale qui, selon lui, a réalisé très peu en quinze ans, parce qu'elle se contente surtout de gérer de grands équilibres macroéconomiques, au détriment de l'amélioration des conditions de vie des citoyens. De plus, le Pr Kako Nubukpo, revenant sur une question dont la BCEAO parle peu, réclame le retour en Afrique de plus de trois mille milliards FCFA de la Banque centrale, logés au trésor français et qui pourraient servir au développement des pays de la sous-région ouest africaine, membres de l'UEMOA. Interview.


Ouestafnews - En tant qu'économiste, quel est votre regard sur les progrès réalisés, après 15 ans, en matière d'intégration économique sous régionale, dans la zone UEMOA ?

Pr Nubukpo - C'est comme la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide (...). Au plan formel, il est indéniable qu'il y a eu des progrès, notamment du point de vue des institutions sous régionales, du point de vue même de la cohésion au niveau des décideurs. Le mécanisme de surveillance multilatérale, le mécanisme de surveillance par les pairs, entre autres, constituent des progrès indéniables.

Mais, concrètement, par rapport à ce que vit le citoyen de l'Uemoa, force est de reconnaître que nous n'avons pas avancé. La pauvreté continue d'augmenter. Comme on voit bien, le coût de la vie augmente dans l'Union ; on ne peut pas circuler librement en dépit des textes qui disent qu'il y a une liberté de circulation etau plan de ce que moi j'appellerai la gouvernance macro économique de la zone. Il y a de sérieux problèmes. Nous avons une monnaie qui est extrêmement forte parce qu'elle est rattachée à l'Euro, et l'Euro fait à peu près 1,40 dollar. Mais, nous ne pouvons pas exporter, parce que nous exportons en dollar et nos intrants sont importés en Euro. Donc, nos hommes d'affaires, nos agriculteurs, nos commerçants ont beaucoup de mal à être compétitifs à l'export... En quelque sorte, les gens en parlent, les institutions progressent mais le citoyen lambda de l'Union ne voit pas encore le fruit de l'intégration. [...]

Ouestafnews - Lors d'un débat à l'occasion de ce 15ème anniversaire, vous avez mentionné la Banque Centrale et vous avez évoqué la question de ses réserves à l'extérieur, notamment en France. Pouvez-vous nous expliquer davantage ce mécanisme et en quoi il plombe la relance de nos économies que vous défendez ?

Pr Nubukpo - Oui ! Ce qu'il faut savoir, c'est il y'a ce qu'on appelle les « conventions du compte d'opération » qui organisent la gestion du franc CFA. Pour être simple, lorsque la Banque centrale émet du franc CFA, il faut qu'elle ait des devises, qui sont logées auprès du trésor français et la convention dit : lorsque vous émettez 1 franc CFA, vous devez avoir 0,2 franc CFA sous forme de devise auprès du trésor français, soit 20% de taux couverture de l'émission monétaire. Aujourd'hui, nous sommes à plus de 110 % de couverture de cette émission monétaire! C'est-à-dire que quand nous émettons un franc CFA nous avons plus de 1 franc CFA sous forme de devises logés au trésor français à Paris. La question est de savoir si entre les 20% de couverture qui sont exigés pour que la France garantisse la parité fixe entre le CFA et l'euro et les 110 % de couverture qui sont effectifs à l'heure actuelle, s'il n'y a pas moyen de mobiliser une partie de ces ressources pour financer la croissance de nos économies qui en manque cruellement.

Ouestafnews - De quels montants parle-t-on ? De milliards, de dizaines ou de centaines de milliards?

Nubukpo - Il y a plus de 3.000 milliards de francs CFA à l'heure actuelle, provenant de la zone UEMOA et la zone CEMAC (Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale). Je crois savoir qu'on n'est pas loin d'en avoir le double, parce que c'est une zone productrice et exportatrice de pétrole. Donc, si on accumule les réserves de change des deux Banques centrales de la zone Franc, on n'est pas loin de 8.000 milliards de francs CFA qui ne servent finalement qu'à garantir la parité fixe. La question qu'on est en droit de se poser est de savoir si nous privilégions une croissance, quitte à avoir un peu d'inflation dans nos zones, ou si nous voulons simplement défendre le taux de change et nous glorifier d'être une zone de faible inflation ? Tout ceci en sachant, en plus, que cette inflation n'est pas d'origine monétaire, c'est une inflation importée. Ce sont les chocs pétroliers, les aléas climatiques, donc la question c'est : à quoi servent les banques centrales de la zone Franc ?

Ouestafnews - Vous remettez en cause le modèle ou, en tout cas, le choix de la régulation, alors qu'on sait que pendant les quinze dernières années, ça a été l'ossature de la politique, le coeur, voire l'âme de la politique de l'UEMOA : baisse de l'inflation et contrôle des déficits budgétaires.... Est-ce qu'un économiste raisonnable peut remettre en cause ces modèles sans remettre en question les équilibres ? Jusque-là, on nous a convaincus que l'équilibre de nos économies repose sur ces deux paramètres, ou encore que ces deux paramètres font partie des fondements auxquels il ne faut pas toucher...

Pr Nubukpo - Tout à fait. Je voudrais être clair. Je ne fais l'apologie de la mauvaise gestion, ni du laxisme en matière de gestion économique. Mais, je dis simplement que nous devons être pragmatiques. La variable aujourd'hui qui manque le plus dans nos économies, c'est le crédit. Et, toutes les études sur le financement de notre zone montrent qu'il y a rationnement du crédit. Donc, la Banque centrale doit jouer son rôle pour alimenter nos économies en liquidité et c'est très important. Elle doit également jouer son rôle pour une bonne fluidité des impulsions monétaires, voir comment le secteur bancaire se comporte et elle est d'autant plus obligée de jouer ce rôle qu'elle a promu la libéralisation financière, en 1989. Ce que je dis simplement, c'est que nous devons avoir du crédit pour obtenir la croissance et la croissance va générer les recettes d'exportation des devises qui vont nous promettre de garantir notre parité. Il n'est pas normal que les économies les plus faibles du monde aient la monnaie la plus forte du monde. La monnaie doit refléter un tant soit peu la qualité de la production d'une économie, la monnaie ne peut pas être déconnectée du secteur réel de nos économies. C'est comme si on voulait vivre au-dessus de nos moyens, sans accepter d'en payer le prix.


LE FILAMENT No.8 du 15 Septembre 2010

 

Source : Ouestafnews

01:52 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, france, professeur kako nubukpo, franc cfa, bceao, uemoa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

A QUI PROFITE L'AIDE AU DÉVELOPPEMENT ?

 

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Arnaques en tous genres et escroqueries organisées pour se donner bonne conscience

Officiellement, le développement désigne la volonté des pays industrialisés d'aider les pays dits "sous-développés", d'anciennes colonies généralement. Depuis cinquante ans, de nombreuses institutions ont été créées en ce sens : ministères spécialisés, Programme des Nations Unies pour le Développement, Banque Mondiale, Fonds Européen de Développement, etc.

Ces dernières années, l'ensemble des pays de l'OCDE  a consacré entre 50 et 80 milliards de dollars par an pour l'aide publique au développement. L'OCDE ou Organisation de Coopération et de Développement Economique rassemble 29 pays parmi les plus industrialisés de la planète, tous attachés "à la démocratie et l'économie de marché"

Cependant, cette version officielle est très controversée. L'aide au développement est notamment accusée d'être un instrument de politique étrangère permettant de conserver une influence sur les anciennes colonies.

L'expression Pays du Sud est une manière de rassembler les expressions pays en développement, pays sous-développés ou encore pays du Tiers-Monde, en se référant au schéma selon lequel les pays riches sont au Nord de la planète, les pays pauvres au Sud.

Vision évidemment simpliste, que nous utiliserons toutefois par souci de commodité. L'aide publique au développement est-il un outil de solidarité internationale ou bien un mécanisme de domination du Nord sur le Sud ?

Jugeons l'arbre à ses fruits en examinant ce que nous savons de la répartition et du devenir de l'aide publique française au développement.

En 2005, l'État français a consacré environ 8 milliards d'euros pour l'Aide Publique au Développement. Cela représente environ 2,5% de son budget annuel et 0,47% de son Produit Intérieur Brut. Le PIB de la France atteignait près de 1 500 milliards d'euros en 2002.

En 1970, la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement avait fixé comme objectif aux pays de l'OCDE une APD au moins égale à 0,7% de leur PIB. Les autres pays industrialisés sont également en dessous du seuil de 0,7%, à quelques exceptions près (Danemark, Norvège, Pays-Bas, Luxembourg, Suède).

La France est l'un des pays qui a le plus réduit son APD depuis une dizaine d'années. Entre 1994 et 2000, cette somme a diminué de 30% environ. Néanmoins, depuis 2002, elle est en légère hausse. Cette hausse est toute relative. Elle est essentiellement due à l'augmentation des annulations ou réductions de dette Comptabilisées dans le budget de l'APD. Comme nous le verrons pas la suite, les principales activités financées sont très éloignées des besoins prioritaires des populations.

Comparé à d'autres indicateurs économiques tels que la dette des pays du Sud, le poids de l'aide publique au développement dans les flux financiers internationaux est faible.

Contrairement à l'idée reçue selon laquelle la France donne plus d'argent aux pays en développement qu'elle n'en reçoit, une analyse des flux économiques met en évidence une tendance globalement bénéficiaire pour la France dans ses échanges avec les pays du Sud.

Ainsi, selon le Centre Français du Commerce Extérieur, la France a dégagé 29 milliards d'euros de bénéfices commerciaux avec l'Afrique (principale destination de l'APD) entre 1989 et 1998, tandis qu'elle lui a versé sur la même période 21 milliards d'euros d'aides.

L'aide des migrants plus forte que l'aide officielle

On considère que les migrants envoient de 10 à 20% de leurs revenus à leur famille restée dans leur pays d'origine. Ces montants ont considérablement augmenté ces dernières années et dépassent les 80 milliards de dollars annuels.

L'aggravation de la crise économique internationale et la détérioration des conditions de vie des populations des PED (Pays En Développement) semblent avoir provoqué un renforcement de la solidarité de la part des migrants établis dans les pays riches, bien qu'eux-mêmes soient touchés par la récession.

Notons que ces envois, généralement effectués sous forme de virement bancaire, constituent une manne lucrative pour les banques occidentales : elles gardent entre 7 et 18% du montant envoyé (soit plus de 10 milliards de dollars par an).

Qui bénéficie de l'aide ?

L'aide publique au développement se répartit en une part bilatérale et une part multilatérale :

-        la part bilatérale : aide de l'État français à un autre État.

Même si l'argent peut transiter par des associations ou des entreprises, c'est l'État français qui décide du pays bénéficiaire. Environ deux tiers de l'APD sont ainsi concernés.

-        la part multilatérale : contribution de l'État français aux institutions financières internationales (Fonds Monétaire International, Banque Mondiale...) ou à des organismes de développement (Fonds de Développement Européen, ONU...).

Cela concerne environ un tiers de l'APD. Notons que le volume de l'APD multilatérale tend à augmenter en proportion.

L'aide multilatérale

L'aide multilatérale est destinée aux institutions financières ou organisations internationales officiellement engagées dans des programmes de coopération économique, sociale ou humanitaire. Voici sa répartition moyenne pour la France :

60-70 % Union Européenne (Fonds Européen de Développement essentiellement)

20-30 % Banque Mondiale

5-10 % Fonds Monétaire International

5-10 % Organisme des Nations Unies (PNUD, UNESCO, UNICEF, HCR, CNUCED, etc.)

Nous connaissons mal le fonctionnement et l'impact des organismes de développement de l'Union Européenne. Nous n'évaluerons donc pas le devenir de l'APD française au sein de ces instances. Notons cependant que le Parlement européen n'exerce quasiment aucun contrôle sur les projets du Fonds Européen de Développement.

Ces derniers sont gérés par la diplomatie des pays donateurs. En revanche, les politiques de la Banque Mondiale et du FMI font l'objet de larges études d'impact. Elles ont largement contribué à l'imposition du modèle néo-libéral dans les pays du Sud et sont accusées d'avoir provoqué le délabrement des systèmes d'éducation et de santé, la surexploitation des ressources naturelles à des fins d'exportation, la montée du chômage, etc...

L'aide bilatérale

Le devenir de l'APD bilatérale française est complexe :

-        Elle est gérée par une multitude d'acteurs étatiques : le Ministère de l'Economie et des Finances, le Ministère des Affaires Etrangères (depuis 1998, le ministère de la Coopération -créé en 1959, héritier du ministère des Colonies, puis de l'Outre-mer) est rattaché au ministère des Affaires étrangères, le Ministère de l'éducation Nationale, les conseils régionaux et généraux, l'Agence Française de Développement, le Secrétariat d'État à la Coopération, etc. Cette pluralité des centres de décision entraîne des discordances ; il n'existe pas de stratégie commune autour d'objectifs largement acceptés.

-        Sa destination est obscure. Il est très difficile d'obtenir des renseignements précis quant aux lignes budgétaires affectées à l'APD bilatérale. Il n'existe pas de tableau récapitulatif de toutes les opérations menées à ce titre. Le Parlement français n'a pas accès aux affectations précises de l'APD. La cour des comptes elle-même déplorait, en 1996, le manque de contrôle financier sur l'APD bilatérale française.

Dans ces conditions, comment identifier la destination précise de ces fonds ? Comment en mesurer l'impact ?

" ... l'APD n'existe pas : personne ne la conçoit, ne l'organise ou la supervise. Ce qu'on appelle APD est seulement un chiffre établi après coup par nos comptables publics. Ils y intègrent l'ensemble des dépenses relatives aux relations avec un quelconque pays du "Sud" (y compris la Corée du Sud ou Israël...). Ils se demandent seulement si l'étiquette 'développement' qu'on pourrait accoler à ces dépenses n'est pas tellement aberrante qu'elles seraient rejetées par le jury - le Comité d'Aide au Développement de l'OCDE. Inutile de le préciser, les administrations qui ont ordonné ces dépenses n'ont, très généralement, jamais songé à inscrire leur action dans une stratégie de développement. Comme tous les pays industrialisés pratiquent le même habillage, le jury est très coulant : on y discute par exemple de la recevabilité de la remise des dettes liées à des achats d'armes". F.X. VERSCHAVE, La Françafrique

Quels sont les pays bénéficiaires ?

Jusqu'en 1998, l'APD bilatérale était principalement dirigée vers nos anciennes colonies, c'est-à-dire les pays d'Afrique francophone. En 2004, l'Afrique sub-saharienne a par exemple obtenu 55% de l'APD totale française, contre 12% pour les pays d'Afrique du Nord.

En 1998, a été créée la Zone de Solidarité Prioritaire, une liste des 60 pays les plus pauvres devant bénéficier de l'APD française. En réalité, la France octroie davantage d'aide aux pays à revenu intermédiaire ou aux pays exportateurs de matières premières - commercialement intéressants.

De plus, cette aide bénéficie à nombre de régimes dont le caractère "démocratique" est pour le moins contestable, comme le Tchad, le Gabon, le Congo Brazzaville, le Cameroun, etc...

De manière générale, l'aide occidentale se concentre vers les pays suscitant un intérêt géostratégique, commercial ou économique.

"A titre d'exemple, à la fin des années 80, des pays comme Israël et la Jordanie, au premier plan des enjeux proche-orientaux, recevaient respectivement une aide de 110 et 280 dollars par habitant, contre 20 pour l'Éthiopie et 15 pour le Bangladesh. Lorsque la Guerre du Golfe éclate, les États-Unis annulent près de la moitié de la dette égyptienne en échange de son ralliement au bloc occidental, et comptabilisent cette réduction dans leur budget d'aide publique au développement. Plus récemment, la hausse de l'APD américaine constatée en 2001 résulte pour l'essentiel du soutien financier de plus de 600 millions de dollars accordé en un temps record au Pakistan à la suite des événements du 11 septembre (Une grande partie de cette aide était destinée à renforcer la sécurité du personnel américain présent sur place). Similairement, la guerre déclenchée en Irak au printemps 2003 a donné lieu à une augmentation massive des crédits de l'agence de coopération USaid, pour la reconstruction du pays, profitant quasi exclusivement aux entreprises américaines".

De fait, deux tendances semblent guider la répartition de l'APD bilatérale française :

Plus le pays exporte des matières premières, plus il reçoit. Plus le pays est pauvre, moins il reçoit.

Il existe une corrélation (proche de 80%) entre le volume d'exportation du pays (pétrole, bois, cacao, minerais, etc...) et l'APD bilatérale française reçue.

Un bilan officiel de l'APD française : le rapport Tavernier

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samedi, 09 octobre 2010

L'HYPOTHESE D'UN PACTE DE NON PROGRES DE L'AFRIQUE

 

GEORGES GOMA GAKISSA.jpg

Par Georges Goma-GAKISSA

L'Afrique est-elle capable de mutation sociétale dans le sens du progrès social?

Le progrès social est consubstantiel de la dynamique économique qui elle-même dépend de la clarté de l'agenda politique et surtout de la volonté politique. La globalisation de l'économie, fait marquant de l'entre-siècle, n'est que la cristallisation d'un paradigme préexistant à savoir une économie mondiale dominée par la primauté des superpuissances occidentales.

La nécessaire régulation de l'ordre mondial par le truchement des institutions internationales majeures pour la plupart nés au lendemain de la Dernière Grande Guerre et ayant vocation à répandre le progrès social ne cesse de montrer ses limites. Les vagues de démocratisation en Afrique, consécutives à la fin de la guerre froide symbolisée par la chute du mur de Berlin, sont sujet à questionnement.

Cette présentation se propose d'esquisser une critique radicale de l'idée d'une Afrique qui refuse le progrès économique, social et démocratique et puis la démocratie partant n'est absolument pas "un luxe pour l'africain" [dixit Jacques CHIRAC, Président de la France de 1995 a 2007].

Elle s'efforcera de montrer combien les anciennes théories du centre et de la périphérie restent d'actualité en dépit, toutefois, des oripeaux d'une dynamique internationale soit disant branchée sur et préoccupée par le développement de l'Afrique.

Pour comprendre en profondeur, cette présentation s'efforcera de montrer et de faire saisir les fondamentaux de ce qui se trouve au creux de la dynamique du commerce transactionnel entre l'Afrique et le reste du monde pour travailler l'hypothèse d'un pacte de non progrès en Afrique : le progrès de l'occident parait ainsi être inversement proportionnel au progrès de l'Afrique Sub-Saharienne. Tel est mon postulat de départ.

LA DÉMARCHE DE RÉFLEXION

Ce texte écrit dans la perspective d'une pensée libre, se voudrait d'abord et avant tout essentiellement une ébauche de réflexion. Une réflexion en profondeur et une réflexion décomplexée sur le continent noir ; notamment sur son droit supposé ou réel au progrès social, économique et démocratique.

Ce texte se propose aussi, dans sa structuration progressive et son élan d'achèvement, un projet articulé à une ambition de caractère théorisant. Non pas une théorisation spécifique mais plutôt une théorisation, disons-le, ouverte fondée sur des concepts susceptibles de rendre pertinemment compte de la complexité même des déterminants majeurs qui constituent le substrat réel du continent noir aussi bien dans son éthos que dans sa praxis.

L'ethos c'est le caractère intrinsèque de l'homme africain ; ce qu'il fut, ce qu'il est devenu et certainement aussi ce qu'il préfigure dans un contexte fluctuant de changement de mentalité. Il y aurait-il une mentalité africaine ou des mentalités africaines ; et d'ailleurs, ces mots ont-ils réellement un sens ?

Je voudrais d'emblée par ces mots, réaffirmer la démarche critique qui caractérise cet essai. Et donc, le caractère de l'africain, cet ethos existentiel, tiendra bien aussi de la culture africaine ou des cultures africaines. La culture est certainement l'une des dimensions fondamentales qui impact la reconnaissance tangible ou non du continent noir dans ses relations internationales. La praxis, quant à elle, c'est l'Afrique en pratique. L'Afrique pratiquée par les africains eux-mêmes dans leur géographie propre mais aussi l'Afrique pratiquée par des africains hors de l'Afrique dans une mesure mais encore et surtout aussi l'Afrique pratiquée par les non-africains en Afrique et l'Afrique pratiquée par ces non- africains dans les périmètres de leurs propres sphères géographiques.

Conceptualiser le progrès social en Afrique suppose, dans cette perspective, de bien articuler les corrélats de l'ethos et de la praxis. Mais mon ambition d'une théorisation pertinente demeurera partielle et partant non-opératoire sans prendre en compte une troisième dimension de l'être africain ou de l'être tout court : l'éthique.

Toute pensée et toute pratique de et/ou sur l'être devrait s'articuler à des principes éthiques, à une culture de l'éthique qui protège l'être africains plutôt que de le détruire. Ces principes éthiques ont un impact sur les fondamentaux de l'économie - et la globalisation nous offre aujourd'hui un modèle presqu'achevé de l'interdépendance des économies au niveau supra national - et sur les enjeux politiques qui, en dernière instance, ont vocation à maintenir, soutenir et entretenir les enjeux économiques.

Après ces quelques préalables sur la filiation de ma pensée, commençons donc cette ébauche de réflexion par des questions très simples.

Qu'est-ce que le progrès social aussi bien à l'échelle des nations dites souveraines qu'à l'échelle des grands ensembles étatiques ? (Dans la suite de cet exposé, j'utiliserai progrès social dans un sens plus global englobant aussi bien le progrès démocratique que le progrès démocratique. Je soulignerai les spécificités liées aussi bien au progrès social, au progrès économique et au progrès démocratique si nécessaire).

Et quels sont les facteurs explicatifs des états perçus comme en situation de réel progrès et d'autres définis comme en absence de progrès voire même en situation de régression ? (Certaines comparaisons historiques montrent le recul dans beaucoup de domaines depuis la fin de l'ère coloniale).

La notion même de progrès social, est-ce un fait de culture ou un trait universel ?

Qu'est ce qui est à l'entrelacs des liens transactionnels entre les peuples, les nations et les états au fondé de ce même principe du progrès social ?

La première question est de nature définitionnelle quand la deuxième est d'ordre conceptuel et la troisième d'ordre interactionnel.

INSTABILITÉ SOCIOPOLITIQUE ET POTENTIALITÉS ÉCONOMIQUES DE LA RÉGION

L'instabilité sociopolitique est assurément un construit social. Les forces qui construisent l'instabilité sont bidimensionnelles. Elles sont endogènes et exogènes. Peu d'instabilité sous les ordres esclavagiste et colonial. Les vagues d'instabilité apparaissent comme étant des construits sociopolitiques tirant leur sève d'un travail structurel sur le clivage interethnique voir même intra ethnique.

Les forces exogènes sont structurées et structurantes. Elles sont jalonnées sur une vision et un champ historiques eux aussi structurés. Les premiers contacts avec l'Afrique au quinzième siècle, la mise en œuvre des traites négrières, les conquêtes et les exploitations coloniales, la gestion des ères postcoloniales obéissent à un principe rationnel de domination et son corrélat le plus puissant qui est l'exploitation des matières premières incontournables au progrès social du monde occidental.

Cette vision des choses, sous l'œil occidental, s'érige à la dimension d'un paradigme qui traverse les siècles et les générations. Le progrès de l'humanité dont il se réclame peine aujourd'hui à dissimuler son vrai visage.

Certains peuples semblent, aujourd'hui, plus humains que d'autres quand ces autres se sont, à l' origine, ingénieusement vus se denier la qualité d'êtres humains. Cette question tarauda longtemps la philosophie, la théologie et la biologie européennes des siècles fondateurs.

LA GLOBALISATION DE L'ÉCONOMIE

La globalisation de l'économie reste le grand enjeu du vingt et unième siècle. Disons-le une fois de plus, c'est juste la cristallisation d'un paradigme ancien. L'idée du progrès est au cœur de la pensée occidentale depuis plus de deux siècles. Toute l'histoire des rapports entre peuples différents puis, par la suite, entre états différents s'était fondée sur le paradigme originel du progrès du monde occidental.

Mais cette vision, si elle a été travaillée et pratiquée tout au long de l'histoire, n'est guère absolue par détermination. Le maintien et la survivance d'une telle perspective n'a été possible que par l'exercice d'un rapport de force qui, jusque-là, ne s'est établi qu'au profit de l'occident conquérant. Ceci s'est historiquement fait et continue à se faire par le truchement d'une avance prise par ce monde occidental dans la maitrise d'un certain nombre de marqueurs de temporalités cristallisantes, des idées fondatrices et des environnements matériels définis.

Les outils concrets de cette maitrise ayant permis la consolidation de la suprématie occidentale sur le reste du monde et l'Afrique en particulier sont de quatre ordres principaux. Le pouvoir scientifique, le pouvoir économique, le pouvoir socioculturel, le pouvoir théologique et religieux ; le tout encadré et couronné par le pouvoir militaire. Ce sont là les ingrédients qui rentrent dans l'ordonnancement et le maintien de la suprématie de l'occident.

La question de fond dans cette élaboration devient : quid du monde africain dès lors que l'on connait désormais les fondamentaux qui constituèrent et qui continuent à faire, de nos jours, le progrès social du monde occidental mutatis mutandis.

L'Afrique est-elle capable de mutation sociétale dans le sens du progrès social? Est-elle capable, elle aussi, de puissance hégémonique? Une négative à cette question fondamentale est assurément une impertinence bien que d'apparence irréaliste.

L'histoire de l'humanité regorge pourtant d'exemples qui montrent combien des modèles de suprématie attribués à des temps précis à certains ensembles politiques organisés tels que les royaumes, les empires et les états modernes dans le cours de l'histoire n'ont guère jamais été que des formations relatives. Elles ont eu leurs conditions d'émergence, ont eu leur temps d'apogée et finalement ont soit péri soit se sont transformées. C'est la logique même du changement social. Il en fut de l'empire romain et de l'ancienne Grèce aux temps antiques ; du puissant empire Byzantin au temps de Justinien au 6e siècle ; du puissant empire du Mali en pays mandingue au 13e siècle avec des personnages légendaires tel que Soundiata Keïta; des puissances ibériques espagnole et portugaise autour aux 15e et 16e siècles ; des empires coloniaux britannique et français des 19e et 20e siècles ; de la montée en puissance des Etats Unis au lendemain de la dernière Grande Guerre ; de l'essor des puissances asiatiques entre le Japon d'abord ; la Chine et l'Inde aujourd'hui sans oublier la marche forcenée de l'Iran vers la puissance nucléaire pour ne retenir que ces cas.

Ici et là sont mises en exergue les velléités de puissance et de domination. Et ces attentions velléitaires pour ces nations qui osent ont en commun la grandeur de la nation concernée et donc son progrès d'une manière générale. Et, je garde le concept de progrès social fortement corrélé à l'amélioration des conditions existentielles des personnes pour lesquelles la nation tire son essence c'est-à-dire les populations.

Les états modernes du continent noir d'une manière globale semblent bien, partant d'un regard synoptique, s'inscrire en étrangers à ces patterns de dynamique sociétale. Ici est donc une invite à re- contextualiser pour ainsi re-conceptualiser le continent noir dans la dynamique de la globalisation devenu substrat de la pratique du monde au vingt et unième siècle.

Cette re-conceptualisation qui se voudra critique devra se vouloir tout aussi décomplexée. Décomplexée face à l'occident et aux institutions internationales majeures que je pose, par hypothèse, être au profit structurel des nations occidentales ; mais décomplexée également face à une certaine élite politique africaine et pas des moindres responsable et coupable d'apostasie du progrès social qui, sous d'autres cieux, constitue la valeur centrale de l'engagement politique.

LES DÉTERMINANTS CONCRETS DU NON-PROGRÈS

Les déterminants politiques

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23:56 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, un pacte de non progrès, georges goma gakissa, progrès sociétal, mutation sociétale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

SOUS-DEVELOPPEMENT : UN PROBLEME DE CULTURE OU D'INCITATIONS ?

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Par Emmanuel Martin

Un des arguments récurrents dans le débat sur le sous-développement, notamment en Afrique, consiste à poser le problème en termes de culture et de mentalité. Nombre d'Africains, pour expliquer leur "sous-développement", pointent ainsi du doigt le manque de confiance en soi et entre eux, le manque d'organisation et d'esprit d'initiative : "l'homme africain" serait sujet à une peur paralysante l'empêchant d'initier la dynamique du développement.

Ce qui s'apparente à un véritable complexe d'infériorité, à un discours d'auto-dévalorisation, semble être internalisé, particulièrement par l'élite universitaire Africaine : "les Africains n'ont pas l'esprit d'entreprise ou du commerce".


A voir les milliers de petites échoppes sur les routes Africaines, ou toutes ces femmes qui vendent des fruits et légumes qu'elles transportent souvent sur leur tête, ou encore ces jeunes agents de change informels sur les trottoirs, on a du mal à croire que "l'homme Africain n'a pas l'esprit d'entreprise ou du commerce".

C'est même tout le contraire qui se dégage de cette vie économique informelle qui grouille véritablement partout en Afrique. En fait, la culture du marché est profondément ancrée dans la tradition Africaine. Le contraste est donc saisissant entre cette réalité et l'analyse rapide de la société Africaine par une certaine élite Africaine (et internationale).
Un complexe étouffant

Cette vision pessimiste des Africains semble en fait légitimer un modèle d'État autoritaire, planificateur, initiateur, doté d'une une administration étouffante, une bureaucratie d'État productrice de réglementations souvent insensées : c'est le paternalisme à l'Africaine.
Et monter une entreprise formelle passe nécessairement par des appuis politiques.

Le "bas" étant posé par définition comme incapable, on le dénigre ; et on justifie en même temps un "haut" qui ne fait en réalité qu'étouffer le "bas" en l'empêchant de s'épanouir.

L'idée que le développement se fait "par le bas", c'est à dire par l'activité entrepreneuriale, ne semble pas faire partie du paysage analytique de cette élite. Une certaine science économique, très largement inspirée par une macroéconomie désincarnée plutôt que par l'étude de l'action humaine, a ici très largement contribué à biaiser la perception des mécanismes du développement.
"Politique d'industrialisation" , planification, encouragement des secteurs clés : tout passe "par le haut", c'est à dire le politique. Ce mécanisme d'autolégitimation est bien pratique et aboutit à un formatage idéologique des jeunes diplômés, qui finissent alors par aspirer à un poste dans l'administration plutôt qu'à devenir des entrepreneurs. Le système est alors verrouillé : les intérêts "en haut" comme les idées vont dans le sens du statu quo.


La vision de la mondialisation est elle aussi biaisée dans ce discours élitiste pessimiste. Plutôt que de réaliser que les Africains ne profitent pas assez des opportunités de la mondialisation, cette dernière est fustigée comme source de leurs malheurs. Pourtant, dans ces États, les "relations internationales" sont limitées à quelques contrats avec des multinationales soutenues par d'autres États.


Ces collusions ont plus à voir avec la corruption du politique (des deux côtés), que d'une quelconque logique de marché libre : les privatisations sont par exemple très souvent effectuées sans véritables appels d'offres. L'argument "nous ne sommes pas prêts" revient de manière récurrente, et renforce l'attitude "parentaliste", cet appel à l'État protecteur. Mais ce dernier est en réalité étouffeur et prive les populations des opportunités de la mondialisation.
Culture ou incitations.


Mais les comportements économiques ne sont pas que déterminés par la culture : les incitations des individus sont très largement dépendantes des institutions formelles, c'est à dire les règles économiques et juridiques explicites, en vigueur dans un pays.
Lorsque tout est fait par une administration pléthorique pour mettre des obstacles à la constitution d'entreprises légales dans le secteur formel, comme des délais de plusieurs années pour obtenir des autorisations ou des titres de propriété, il est bien évident que les populations se cantonnent au secteur informel qui par définition ne leur offre pas l'opportunité de faire grandir leur affaire.


La faible qualité institutionnelle du soi-disant paternalisme Africain étouffe le développement.
Bien sûr la plupart des gens n'ont pas l'esprit d'entreprise, et n'ont pas un sens aigu de l'organisation. Ce fait n'est pas limité aux pays en développement : il est aussi vrai dans les pays dits développés.


Mais dans ces derniers règne en règle générale un certain degré de qualité institutionnelle qui favorise justement l'épanouissement de l'esprit d'entreprise et de l'organisation de certains, qui peuvent ainsi faire prospérer leurs affaires dans le secteur formel, créer des grands réseaux anonymes de commerce, et embaucher, diriger ceux qui n'ont pas ces aptitudes. Dans ce cadre, la possibilité d'imiter ceux qui réussissent, à travers un processus d'essai-erreur-correction, est un moteur puissant pour l'évolution sociétale et économique.
En matière de développement, avant de se poser des questions de culture, qui sont bien sûr importantes, il faut d'abord traiter celles des incitations posées par les institutions formelles émanant du politique.


La créativité humaine et l'échange sont universels : dans ce cadre, le processus de développement qui est fondé sur leur épanouissement ne peut être initié que par les institutions de la liberté.

 

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22:54 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, afrique, problème de développement, problème de culture, problème d'incitation | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 06 octobre 2010

POUR UNE APPROCHE INTELLECTUELLE DES SORTIES DE MAMADOU KOULIBALY

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Bien qu'étant l'un des dirigeants les plus charismatiques du FPI, il n'en est pas un membre fondateur ; il a rejoint le bateau socialiste de Laurent Gbagbo sur le tard. Mais, sans se ménager, avec un engagement sans calcul, il s'est jeté dans le combat pour l'avènement d'une nouvelle Côte d'Ivoire. Partisan de la réflexion et de la production intellectuelle, il a offert à son parti sa vision du développement, ses connaissances en matières économiques, ses idées de la politique. Au début de la guerre ivoirienne, Koulibaly a été le premier à prophétiser sur la durée de la crise et à présenter la France comme l'hydre contre lequel nous nous battons, préparant ainsi les esprits à la résistance et à l'endurance. Lors des accords de Marcoussis, face à la sorcellerie du coq gaulois incarnée par le juge Mazeaud, il a superbement claqué la porte pour marquer son désaccord avec le néo-colonisateur. En novembre 2004, lorsque les sbires de la France Chiraquienne, ont décidé d'assommer l'ordre constitutionnel, il a, sous l'emprise d'une inspiration céleste, courageusement réuni Mathias Doué, Cema de l'armée ivoirienne  et le General Poncet, Cema de la licorne et leur a fait déclarer sur les antennes nationales qu'ils n'étaient pas dans une logique de coup d'état. Cette rencontre épique a participé à décrisper l'atmosphère d'affrontement sanglant qui planait sur le pays. Parallèlement, l'intellectuel qu'il est a produit des ouvrages pour proposer ses réflexions sur la crise en vue d'éclairer la masse. Ces repères précités visent simplement à montrer la sincérité et le degré d'engagement du professeur Mamadou Koulibaly en faveur de son pays.

Toutefois l'imminent économiste est plus qu'un David armé d'une fronde destinée à abattre l'ennemi. Mamadou Koulibaly mène de surcroit un combat introverti, interne, le plus difficile, le plus embarrassant. C'est le guetteur, le veilleur qui flétrit les dérives internes au parti, qui débusque les pratiques honteuses des camarades, qui dénonce les filouteries des abonnés aux indélicatesses, heurtant les susceptibilités, bousculant les intouchables. Dans une contribution étincelante publiée par Fraternité-matin « les blues de la république », il avait, dans une logique d'autocritique, stigmatisé les déviations de la ligne socialiste auxquelles s'adonnent certains barons de son parti. Il avait par le biais du néologisme «la « rebfondation », dénoncé l'état hybride dans lequel se trouvait le pays, cause de tous les maux. Prenant souvent à contrepied la ligne officielle du parti, Koulibaly  a été vu ou même présenté comme un agent double, un rebelle infiltré dans la refondation ou du moins un militant indiscipliné. Lors de la crise dénommée « l'affaire Tagro » dont il a été l'instigateur, incompris, il a subi le courroux de ses camarades et même de ses admirateurs. Des articles ont même été pondus pour le salir et le tuer politiquement. Malgré cette contre-offensive, le professeur est resté égal à lui-même : simple, honnête, véridique. De nombreux ivoiriens le présentent comme « un vrai socialiste ».

La question que nous nous posons est la suivante : Mamadou Koulibaly est-il véritablement compris ? A l'instar de « l'albatros » de Baudelaire, ne parait-il pas « veule et maladroit » dans l'arène politique à cause justement de « ses ailes de géant » ? Au lieu de tancer « l'enfant terrible d'Azaguié » n'est-il pas légitime de réfléchir sereinement sur ses intentions et ses motivations ?

Dans les œuvres dramatiques anciennes européennes inspirées des intrigues des cours royales, il y a un personnage appelé « Le Fou » dont le rôle est de dénoncer en toute impunité (parce qu'il est considéré comme un malade mental) les dérives de la cour. Si le professeur jouit de toutes ses facultés mentales et intellectuelles, son rôle n'est pas loin de celui de ce personnage de théâtre. Mamadou Koulibaly n'est pas un naïf : il sait où il va ; il sait ce qu'il recherche. Homme politique de conviction, il est attaché à des valeurs et à des principes. N'écrit-il pas dans son livre Les Servitudes du Pacte Colonial que nous avons plus besoin « des hommes de conviction que des hommes d'ambition » si nous voulons sortir notre pays de la gadoue de l'indignité ? Pour lui, il faut  que la politique reste saine et surtout que les animateurs ou militants de son parti restent attachés aux idéaux fondateurs du parti auxquels ils se sont nourris et promis de mettre en œuvre. La soif de Koulibaly c'est la justice, c'est la transparence, c'est la rigueur, bref c'est la bonne gouvernance. Avec la crise, nous avons assisté à un pourrissement du socle moral de la république. Conjugué avec la pression de la France carnassière, des refondateurs « bon teint » ont cru à un moment donné, surtout à partir de novembre 2004, que Laurent Gbagbo allait tomber. Conséquence inéluctable : la majorité s'est mise à se mettre plein la poche dans l'intention d'assurer leurs arrières au cas où le pire se produisait.

Devant ces dérives fallait-il se taire au nom de la discipline du parti ? Le président de la république, occupé à chercher des voies heureuses de sortie de crise, le bateau était exposé à toutes les gourmandises. Dans ces conditions, seule une voix charismatique, intrépide pouvait sauver le bateau. Le silence, l'abdication ou le suivisme, à ce moment-là, auraient pu nous conduire inéluctablement dans un mur. Il suffisait que tous les militants décident de faire comme tout le monde pour que notre pays suive le chemin irréversible de la décrépitude. Mamadou Koulibaly a joué le rôle qui urgeait tout au long de la crise. Un rôle ingrat, harassant qui pouvait aboutir à la marginalisation, au rejet, au mépris, mais ce rôle, il fallait que quelqu'un le joue. Mamadou Koulibaly a « porté la cognée dans ce bois mort, allumé l'incendie dans la brousse stérile » ( in Ethiopiques, Chaka, L. Sédar Senghor, éditions Point). Afin que tous ne succombent pas à toutes les tentations qu'offre la guerre, afin que les valeurs socialistes soient préservées. Nous avons besoin que le cocorico qui nous réveille vienne de notre basse-cour. Nous avons besoin qu'un des nôtres fasse retentir la trompette, frappe sur la table pour que nous nous n'endormions pas. Pour nous rappeler nos idéaux et ce que nous avons promis pour la CI. Le parti de Laurent Gbagbo étant un front, tous les militants ne peuvent pas avoir la même vision de la politique. La pensée unique et l'unanimisme sont aux antipodes des valeurs sacrées du FPI.

Si Mamadou Koulibaly a subi de nombreuses attaques, c'est parce que sous les tropiques, on pense que la politique est un terrain où doivent régner comme des règles célestes la langue de bois, le double langage, l'hypocrisie, la mauvaise foi etc. Quand la politique devient le lieu de la confrontation des idées et des mots, de la transparence et de la liberté d'opinion, elle devient intéressante et favorise l'élévation à tous les niveaux. Il faut que nous acceptions le débat interne car il permet de surmonter les contradictions et d'avancer. Lorsqu'un militant met en cause la gestion d'un autre militant, son intention n'est point de le salir ou de fragiliser le parti. Bien au contraire, le parti gagne en vitalité. En outre, l'autocritique désarme l'adversaire car elle lui enlève tous les points sur lesquels il avait préparé ses attaques.

Mamadou Koulibaly est le rayon de soleil qui nous permet de voir nos salissures ; c'est l'œil tapis dans l'ombre qui nous regarde et nous rappelle que malgré la pénombre, ce que nous faisons sera révélé au grand jour. Le professeur est le genre de militant dont a besoin un parti qui veut grandir. Après le choc, les sauts d'humeur et les crises d'émotion, nous devons maintenant nous interroger si notre parti n'avait pas besoin de ce traitement de choc pour sa propre survie. Au moment où les clameurs se sont tues, nous proposons une approche intellectuelle et sympathique des sorties de Mamadou Koulibaly. Ses méthodes ne plaisent pas et ne peuvent pas plaire à tous, mais elles ont l'avantage de réveiller toutes les valeurs nobles auxquelles nous nous sommes nourris. Son intention n'est pas différente de celle du Roi Christophe quand il s'écrie : « J'ai voulu leur donner la faim de faire et le besoin d'une perfection » (in La Tragédie du Roi Christophe, A. Césaire, Présence Africaine, P. 138). Peut-on reprocher au prophète Nathan d'avoir joué son rôle auprès du roi David ? Après avoir médité cette question, mettons nous ensemble, surmontons les susceptibilités pour la victoire de Laurent Gbagbo au nom de la Côte d'Ivoire.


Source : Le Blog d'Etty Macaire

00:56 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : côte d'ivoire, mamadou koulibaly, fpi, refondation | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

ECONOMIE DE LA FRANÇAFRIQUE

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Par Emmanuel Martin

Les relations opaques entre la France et ses anciennes colonies en Afrique depuis les indépendances sont désormais qualifiées par le terme de "FrançAfrique", sans doute popularisé par François-Xavier VERSCHAVE. L'étude de la FrançAfrique est généralement cantonnée à des articles ou ouvrages d'associations telles Survie en France. Leur travail, important, peut parfois avoir des conclusions anticapitalistes et antimondialistes et reste essentiellement historique.

Il est cependant possible, d'une part, de fournir une critique non pas du capitalisme et de la mondialisation, mais du système de capitalisme d'État, corrompu et anticoncurrentiel qui est au cœur de ces pratiques et, d'autre part, de se servir de la théorie économique pour systématiser l'analyse.

Premièrement, le capitalisme suppose l'état de droit et notamment le respect de la propriété justement acquise, des contrats, des droits individuels, et l'égalité devant la loi.

Qu'on le veuille ou non, c'est le système qui a permis le développement économique d'une bonne partie de la planète en quelques siècles. Le rôle premier de l'État est de faire respecter l'état de droit pour qu'une saine concurrence libre puisse jouer. Le capitalisme de copinage, le fameux crony capitalism, voit au contraire des décideurs politiques favoriser certains intérêts, qui le leur rendent bien, au détriment de l'état de droit et de la concurrence libre. La relation FrançAfrique semble tenir de ce crony capitalism, et même d'une stratégie d'État.

Deuxièmement, si l'on se tourne vers les chiffres du commerce international de l'Afrique, il est difficile d'y voir un continent mondialisé.

En 2008 par exemple, le stock d'investissement direct étranger entrant en Afrique est de 3,4% du stock mondial soit un peu plus que la moitié de ce que la France à elle seule reçoit en investissements. Les exportations africaines de biens et services représentaient respectivement 2,87% et 2,52% du commerce mondial. L'Afrique, continent d'un milliard d'âmes, semble souffrir du manque de mondialisation, et des opportunités qui vont avec.

Une partie de l'explication du sous-développement africain a trait aux institutions peu propices à l'échange et à l'entreprise. Les nations se trouvent dans ce qui est parfois appelé un verrouillage institutionnel de mauvaise qualité dans lequel le changement, notamment vers un climat propice aux affaires et donc au développement économique, semble impossible.

L'analyse économique des relations de type FrançAfrique peut-elle expliquer à son tour ce verrouillage ?

Depuis une cinquantaine d'années bon nombres d'économistes se sont intéressés au fonctionnement du marché politique et des bureaucraties, faisant tomber l'hypothèse de bienveillance et d'esprit de service public des acteurs qui les composent. Cette théorie dite du Public Choice, applique l'hypothèse de la recherche de l'intérêt personnel également dans ces sphères, et a ainsi pu expliquer nombre de "défaillances de l'État".

Cette théorie repose aussi sur le fait qu'il est peu coûteux pour des petits groupes aux intérêts similaires de se coaliser pour faire pression sur le politique et obtenir avantages et protections. Il est en revanche coûteux pour les millions de contribuables de se coaliser pour se protéger des privilèges très variés qui sont accordés aux lobbies.

Sur la base de ces hypothèses, il serait possible de reconstruire le tableau de la FrançAfrique, en termes de recherche d'intérêts de la part de groupes coalisés et d'hommes politiques (une théorie n'éclairant bien sûr qu'un aspect de la réalité) :

-        Quelques grandes entreprises françaises bien implantées et jouissant d'un quasi-monopole d'exploitation, sans doute avec des prix d'achats très faibles, ou bien bénéficiant d'un marché privilégié où elles peuvent vendre très cher leurs services, n'auraient aucun intérêt à voir émerger la concurrence du fait d'un meilleur climat des affaires.

-        Quelques autocrates africains et leurs clans souhaitent, et c'est humain, conserver le pouvoir et les richesses qu'il leur procure. Ils n'auraient aucun intérêt au développement de leur pays et donc au développement d'une classe moyenne et d'entreprises qui pourraient financer l'opposition et menacer leur accès aux revenus des industries extractives. Ils pourraient aussi bénéficier de l'argent de l'aide publique qui leur permettrait de rester au pouvoir et de "boucler les fins de mois" pour payer les fonctionnaires.

-        D'ailleurs, les bureaucrates des agences publiques d'aide auraient aussi un intérêt dans ce système, puisque leurs revenus, leurs emplois, leur influence en dépendent. Leurs actions seraient en outre légitimées par un prétendu système d'aide au développement qui en réalité contribuerait en premier lieu à "acheter", avec de l'argent des contribuables, des autocrates africains, pour la stabilité qu'ils fourniraient à quelques lobbies.

-        L'État français n'aurait aucun intérêt dans la concurrence de compagnies étrangères puisqu'elle donnerait la possibilité aux autocrates africains de réduire leurs privilèges, concessions, prix préférentiels ou marchés aux quelques intérêts français. De ce point de vue le pétrole bon marché africain serait une aubaine pour l'État français qui peut accroître sa marge de taxation sous le prix socialement tolérable en France (un taux de taxation de l'ordre de 200%, ça ne se refuse pas). Si en plus ce pétrole permettait des fuites de cash qui pourraient financer les partis politiques français...

-        Par ailleurs, d'un point de vue stratégique, la dépendance énergétique aux "caprices" des marchés internationaux n'est pas tolérable pour une puissance respectable comme la France. Les approvisionnements énergétiques sont une stratégie d'État. Si en outre, un de ces approvisionnements constituait le socle de la politique d'expansion des marchés énergétiques de la France (et donc de sa géostratégie en tant que grande puissance) dans le secteur où elle est leader mondial, son intérêt évident serait de protéger coûte que coûte cet approvisionnement.

-        Bien sûr avec la nouvelle concurrence internationale, notamment de la Chine, les autocrates pourraient gagner en pouvoir de négociation : la France devrait donc en théorie se montrer plus tolérante sur le non-respect des droits de l'homme en Afrique, ou plus "amicale" quant au traitement de plaintes pour corruption par exemple.

La théorie, forcément réductrice, est-elle loin de la réalité ?

 

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00:39 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, france, emmanuel martin, françois-xavier vershave, survie, françafrique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |