topblog Ivoire blogs

samedi, 11 décembre 2010

"FRANÇAFRIQUE, LA RAISON D’ETAT", POUR MIEUX COMPRENDRE LA CRISE IVOIRIENNE

 

SARKOZY-BONGO. FRANçAFRIQUE 2.jpg

Documentaire. Réalisé par Patrick Benquet. Scénario de Patrick Benquet. Produit par Compagnies des Phares et Balises. Avec la participation de France Télévisions. Conseiller historique : Antoine Glaser.

Film documentaire diffusé ce jeudi 9 décembre, à 23h10, sur France 2. Première partie : La Raison d'Etat.

 

Pendant plus d'un an, Patrick Benquet a enquêté avec l'aide précieuse d'Antoine Glaser, spécialiste unanimement reconnu dans ce domaine. Il montre dans ce film qu'à travers les présidences successives qu'avaient connues la France, de droite et de gauche, les bouleversements mondiaux entraînés par la chute du mur du Berlin et la mondialisation, il existe une étonnante cohérence dans la politique française à l'égard de ses anciennes colonies.

Que tous les grands événements africains dont les français gardaient le souvenir, le Biafra, les diamants de Giscard, l'action du mercenaire Bob Denard, les coups d'États à répétition, les assassinats politiques, l'affaire Elf et ses valises de billets, le licenciement de Jean-Marie Bockel..., étaient reliés par une logique implacable : la mise en œuvre d'une politique occulte dont la motivation principale était l'approvisionnement énergétique de la France, en particulier en pétrole.


Françafrique révèle un monde secret où, en dehors de tout contrôle parlementaire ou gouvernemental, tous les coups sont permis pour maintenir au pouvoir des chefs d'État africains dévoués à la France. Un monde ou des sommes d'argent colossales irriguent clandestinement des réseaux d'enrichissement personnel et de financements de partis politiques. Le film donne la parole aux hommes de l'ombre, chefs des services secrets français, hommes de main au service de la République, baroudeurs du continent noir et à des acteurs historiques français qui ne s'étaient jamais exprimés : "Messieurs Afrique" de l'Élysée, ambassadeurs, ministre de la coopération, etc. Avec, par ordre d'apparition :


Maurice Delaunay : Formé à la Coloniale, l'École Nationale de la France d'Outre-mer, Maurice Delaunay fut le prototype de ces serviteurs de l'État qui ont géré l'empire africain sans état d'âme, justifiant les opérations illégales au nom de la " raison d'État ". Se définissant lui-même comme un homme de Foccart, il fut en charge de la grande répression des indépendantistes au Cameroun à la fin des années 50.


Ambassadeur au Gabon à deux reprises, il organisa la montée au pouvoir d'Omar Bongo. Il géra depuis Libreville l'intervention française au Biafra. Il dirigea et protégea le mercenaire Bob Denard en particulier pour les opérations de déstabilisation au Bénin. Il fut le témoin des mouvements de fonds clandestins entre l'Afrique et les responsables français.


Maurice Robert : En tant que responsable du secteur Afrique, il fut l'homme de main de Jacques Foccart au sein du SDECE, les services secrets français. De l'intervention de la France au Biafra à la déstabilisation de la Guinée ou du Bénin en passant par la mise au pouvoir de Bongo, il fut l'exécuteur en chef de la politique secrète de la France en Afrique. Débarqué des services secrets français, il fut immédiatement embauché dans les services de renseignements chez Elf et finira par être nommé ambassadeur au Gabon à la demande exprès d'Omar Bongo avant de terminer sa carrière de nouveau chez Elf.


André Lewin : Ambassadeur de France en Guinée de 1975 à 1979, il est la mémoire de la violente rupture entre le Général de Gaulle et Ahmed Sékou Touré et des tentatives de déstabilisation de ce pays par les services secrets français.


Bob Maloubier : Ancien responsable du service Action des services secrets français, c'est lui qui organisa, à la demande de Jacques Foccart, la garde présidentielle du président gabonais Léon M'Ba, victime d'une tentative de coup d'État en 1964. Il fut ensuite embauché par la compagnie Elf au Nigéria.


Jacques Pigot : Jacques Pigot a fait partie de ces hauts fonctionnaires que la France nomma pour encadrer les nouveaux présidents africains. Il passa 50 ans dans l'entourage direct du premier président gabonais Léon M'ba puis d'Omar Bongo.


Jacques Thiebaut : Pilote d'avion, baroudeur au Gabon, il participa au ravitaillement en armes du Biafra en guerre contre le Nigéria, sous les ordres de Maurice Delaunay afin de renverser le pouvoir en place puis de placer à la tête du Nigéria le rebelle Odjuku, dont le premier fils fut adopté par Omar Bongo.


Martin Kirsch : Il fut le "Monsieur Afrique" de Valéry Giscard d'Estaing de 1980 à 1981. Symbole de la continuité de la politique africaine, sa nomination avait été recommandée par Jacques Foccart.


Albin Chalandon : PDG d'Elf de 1977 à 1983, il conforta le rôle du Gabon comme premier fournisseur de pétrole de la France et entreprit de fructueuses négociations avec le Congo-Brazzaville, pourtant dirigé par le procommuniste Denis Sassou Nguesso. Il distribua généreusement les enveloppes pour le financement des campagnes électorales de tous les grands partis politiques aussi bien de droite que de gauche.


Jacques Salles : Chef des services secrets français au Zaïre puis au Gabon, il eut à connaître de la décision française de renverser le président Bokassa. En poste à Libreville, il fut le témoin privilégié des manipulations électorales et des prodigalités financières corruptrices du président Bongo.


Jean-Pierre Cot : Vingt deux ans avant Jean-Marie Bockel, Jean-Pierre Cot connaîtra la même mésaventure. Nommé en mai 1981 ministre de la Coopération par François Mitterrand, il prônait la transparence dans les relations avec l'Afrique et la fin des réseaux secrets. Il sera démissionné au bout de 20 mois et remplacé par Christian Nucci.


Pierre Marion : Directeur de la DGSE de 1981 à 1982, il échoua dans sa tentative de nettoyer les services secrets français de l'influence des réseaux Foccart et des hommes de Elf. Désavoué par le président Mitterrand qui l'avait nommé, il démissionna.


Jean-Christophe Mitterrand : "Monsieur Afrique" de son père à l'Élysée, de 1986 à 1992, il hérita du surnom de "Papa m'a dit" auprès des chefs d'État africains.


Loïk Le Floch-Prigent : Président-directeur général d'Elf, du 28 juin 1989 au 3 août 1993, il fut l'instrument consentant du président François Mitterrand qui poursuivit la pratique des financements occultes des partis politiques par l'argent secret du pétrole. Dans le scandale de l'affaire Elf, il fut la victime collatérale de la tentative balladurienne de prise du pouvoir présidentiel. Au nom de la raison d'État, il justifia les pratiques occultes de la compagnie pétrolière et en particulier le financement par Elf des guerres civiles au Congo Brazzaville et en Angola dans le cadre de la stratégie pétrolière de sa compagnie.


Eva Joly : Juge d'instruction de l'affaire Elf, elle démonta les mécanismes de la corruption et des financements occultes générés par l'argent du pétrole.


Robert Bourgi : Avocat d'affaires, conseiller personnel de plusieurs présidents du continent noir, il travailla dans l'ombre des relations franco-africaines d'abord pour Jacques Chirac et Dominique de Villepin puis pour Nicolas Sarkozy qu'il initia aux réseaux africains. Se définissant lui-même comme le fils spirituel de Jacques Foccart, il est considéré aujourd'hui comme l'homme de plus influent des réseaux françafricains.


Michel de Bonnecorse : Ambassadeur dans plusieurs pays africains, il fut le conseiller aux affaires africaines de Jacques Chirac de 2002 à 2007. Pourfendeur des réseaux il assista à leur remontée en puissance après l'élection de Nicolas Sarkozy.


Dominique Pin Adjoint de l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire de 2002 à 2005, il fut ensuite directeur d'Areva au Niger.


François Stifani : Il est le Grand-maître de la Grande Loge nationale de France (GLNF) qui procéda à l'intronisation d'Ali Bongo, fils d'Omar Bongo, comme Grand-maître de la Grande Loge gabonaise.


Et en archives, dans la première partie de ce grand film documentaire, apparaissent successivement : le Général de Gaulle, Pierre Guillaumat, Jacques Foccart, Ahmed Sékou Touré, Pierre Mesmer, Ahmadou Ahidjo, Félix Mounier, William Bechtel, Léon M'ba, Omar Bongo, le Colonel Benjamin Adekunlé, Valéry Giscard d'Estaing, René Journiac, Mathieu Kérékou, Bob Denard, Denis Sassou Nguesso, Jean-Bedel Bokassa, David Dacko, François Mitterrand, Guy Penne, Pascal Lissouba, Eduardo Dos Santos, Edouard Balladur, Philippe Jaffré, Roland Dumas, Bernard Kouchner, Laurent Gbagbo, Vincent Bolloré, Francis Bouygues, Félix Houphouët-Boigny, Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, Jean-Marie Bockel, Alain Joyandet , Mamadou Tandja et Ali Bongo.



Sources : France 2, Décembre 2010 et AFRIK53

Commentaires

Cher ami

Le texte est bien écrit. L'interpellation fondée! Il faut dire ceci pour que le monde entier comprenne bien pourquoi la Cote d'Ivoire de Laurent Gbagbo a vaincu les biceps égorgeurs, la diplomatie de la morgue et les flyers de cimetiere de la Communauté dite internationale. 

Les assassinats des élites noires et africaines sur le continent ont visiblement commencé en Cote d'Ivoire. La première victime porte un nom: Victor Biaka Boda, enlevé au domicile de l'imam de Bouafle par les supplétifs alaouites de l'administration coloniale française (1950). Il était né Bété. A Dahiepa dans le département de Gagnoa. Tout comme Koudou Gbagbo Laurent. 

En regardant bien  et en lisant correctement les événements qui ont cours dans le pays, on peut dire que la France vient de signer la fin d'une époque. On peut le dire: fin de la présence de l'Etat français en Cote d'Ivoire et en Afrique noire.

L'assassinat politique des élites noires et africaines a commencé en Cote d'Ivoire. Il prend fin en Cote d'Ivoire. Et plus précisément c'est Koudou Gbagbo Laurent, un Bété de Mama dans le pays  Bété de Gagnoa qui y met un coup d'arrêt ferme et définitif. 

Il le dit sèchement. A son investiture: "je ne négocie pas la souveraineté de la Cote d'Ivoire". A l'audience qu'il a accordé aux Atchan: "il n'y aura pas de guerre en Cote d'Ivoire". La messe est dite. Ou l'Etat français l'élimine physique et reinstaure la politique de la terreur coloniale et du crime de la Françafrique ou elle quitte définitivement notre pays et le continent noir! C'est aussi simple que ça! On n'a pas besoin de discours savant pour ça! On essaie de vouloir créer la chienlit dans l'armée de la Republique. On veut reproduire un mauvais Congo de Sassou! Or l'équivalent de l'armée Sassou de Cote d'Ivoire s'appelle Forces armées des Forces nouvelles ou Fafn. Elle a un ministre de la défense (Soro) et un chef d'Etat-major Soumaila Bakayoko.

Le Golf Hôtel est finalement le symbole achevé de la prison d'Assabou de Cote d'Ivoire. On ne fera rien pour en délivrer les actuels occupants et ils y mourront de leur belle mort. Et si leurs soutiens français et autres veulent les en délivrer, ils répondront du "bain de sang" évoqué par le leader malawitte!!!! 

Les Ivoiriens peuvent donc en toute sérénité vaquer a leurs occupations quotidiennes. Les entreprises peuvent travailler, les marchés populaires rouverts et approvisionnés. "Il n'y a rien en face!" L'histoire des crapules de la "suprématie blanche" a pris fin dans le pays où elle avait commencé!!!!! La "main invisible que nous voyons" en train de manipules les masques noirs du "parti de l'étranger" a fini par se montrer d'elle-meme. Elle a ete condamnee par notre justice. Elle va être tranchée dans les règles. Sans précipitation mais avec méthode et patience.

Les assassins de nos parents et leurs mentors se sont d'eux-mêmes constitués en prisonniers. 

Le jour se lève toujours
Lettê  naa Lettê

Écrit par : Lette naa Lette | samedi, 11 décembre 2010

Sacré coup de gueule, cher frère LETTE NA LETTE! Je comprends ta colère. La France doit effectivement cesser de nous infantiliser. Nous prétendons en toute légitimité et légalité parler et coopérer avec elle, d'égal à égal. Comme avec tous les autres états, d'ailleurs. Aussi puissants soient-ils. Jamais plus de subordination!

Vive le peuple digne de Côte d'Ivoire et vive l'Afrique libre et décomplexée!

Écrit par : Dindé | samedi, 11 décembre 2010

Cher ami
Ce n'est pas seulement un "sacré coup de gueule"! C'est plus profond que ca! Quelque chose d'essentiel se passe sous nos yeux. Un tort fait a notre Memoire individuelle et collective est en train d'être réparé! Un petit bonhomme au verbe hésitant a osé lever la voix pour exiger le respect des lois et institutions de son pays. Et le monde entier gesticule! Et ses pires ennemis de l'interieur se sont eux-mêmes en résidence surveillée, l'autre nom de la prison!!!!

Je constate. Je vois des symboles. Élimination physique de Victor Biaka Boda. Résistance victorieuse de Laurent Koudou Gbagbo. Tous deux du même pays la Cote d'Ivoire. Tous deux de la même ethnie Bete comme on dit. Tous deux originaires du meme departement de Gagnoa.

Puis je vois Houphouet-Boigny invitant toutes les élites du pays pour étaler les conspirateurs ou comploteurs autour de Paul Anaky. Tous les opposants présumés seront embastillés. Ils ne sortiront pas. Félix Houphouet-Boigny élèvera autour d'eux les murs de la prison d'Etat d'Assabou. Ernest Boka y mourra. Et curieusement, les héritiers de Felix Houphouet-Boigny se sont donnés rendez-vous au Golf Hotel le principal QG de son unique Premier ministre. Et deux murs de chars se sont érigés autour de cet Hotel de débauche. Une sorte de nouvelle Assabou. Et ceux et celles qui sont retenus contre leur gré ne pensaient pas que cela allait durer plus d'une semaine. Le Président Youssouf Bakayoko y est peut-être mort déjà. Le puissant Président de la CEI n'a plus donné de la voix.

Le jour se lève toujours
Lette naa Lette

Écrit par : Lette naa Lette | samedi, 11 décembre 2010

Les commentaires sont fermés.