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vendredi, 14 janvier 2011

LAURENT GBAGBO SUR CBN NEWS: «JE PROPOSE QU'ON RECHERCHE LA VERITE, OUATTARA REFUSE»

 

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Après ses interviews avec Al Jazeera, Le Figaro, Associated Press, le président élu de Côte d'Ivoire, SEM Laurent GBAGBO, vient de s'entretenir avec la chaîne de télévision communautaire américaine CBN News qui a dépêché à Abidjan son grand reporter international Gary Lane. Entretien.



Gary Lane (CBN News) : Nous sommes ici parce que nous sommes très préoccupés par la situation qui prévaut dans votre pays, vous êtes confronté à beaucoup de défis ces dernier temps, vous venez de rencontrer pour la deuxième fois la CEDEAO avec un représentant de l'UA, comment avez-vous ressenti ces réunions, qu'est-ce que vous en pensez ?

SEM Laurent GBAGBO (président élu de Côte d'Ivoire): Je suis très heureux, c'est fraternel de parler à ces chaînes-là. J'ai reçu une première délégation de la CEDEAO et la deuxième fois, une délégation de la CEDEAO plus un représentant de l'Union Africaine. On a parlé de la situation. Je leur ai expliqué que mon adversaire n'a pas gagné les élections et que c'est moi qui ai gagné. Et que j'ai des éléments pour montrer que c'est moi qui ai gagné effectivement les élections, la preuve, je propose qu'on aille à la vérité, à la recherche de la vérité. Pour dire que je souhaite la voie de la négociation avec mon adversaire. On m'a proposé de mettre en place une commission en partie composée de mes partisans et ceux de Ouattara afin que les discussions démarrent, j'ai accepté. Quand ils sont allés faire la même proposition à Ouattara, il a refusé. La discussion devait porter sur différents sujets de négociation. Mais mon adversaire voulait que je reconnaisse qu'il a gagné. Alors je leur ai dit que la demande de négociation ne vient pas de moi. Ma proposition est qu'on recherche la vérité. Mais si je reconnais qu'il a gagné, il n'y a plus de négociation. Si lui aussi reconnait que c'est moi qui ai gagné, il n'y a plus de négociation. C'est parce que je conteste sa victoire et que lui conteste la mienne, que nous sommes disposés à la négociation. Dans tous les cas, moi j'attends d'autres propositions car mon adversaire a refusé les négociations.

G. L. : Savez-vous quand ils vont revenir ? Vont-ils tenir une autre réunion avec Ouattara ?

L. G. : Je ne sais pas, ils m'on dit qu'ils me feraient signe quand ils viendraient.

G. L. : La situation de blocage continue donc...

L. G. : Oui, la situation reste bloquée. Cette élection est unique en son genre, parce que dans le monde il y a quelque fois des fraudes, mais c'est généralement ceux qui sont au pouvoir, le président, qui fraudent. Mais ici, c'est celui qui n'est pas président qui fraude. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu la rébellion en 2002. L'essence de la rébellion, c'est d'abord la négation de la voix du peuple. Quand la rébellion a occupé une partie du pays, et que j'ai demandé qu'elle soit désarmée, elle n'a pas voulu le faire. Et cette rébellion est appuyée en cela par certaines puissances. Mon adversaire qui est le père de la rébellion s'est appuyé sur les armes de celle-ci. Le jour du vote, les éléments de la rébellion sont entrés dans les bureaux de vote avec des armes, ils ont même violé une femme.

G. L. : Je l'ai rencontrée.

L. G. : Elle a été violée, des gens ont été blessés, mes représentants ont été chassés des bureaux de vote. Les fiches des bureaux de vote et les procès verbaux ont été refaits. Alors on a, par exemple, dans le Nord 2.200 bureaux de vote où le nombre de votants est supérieur à celui des inscrits.
Toujours dans le Nord, il y a plus de 500 bureaux de vote où j'ai zéro voix. Alors que j'ai deux représentants par bureau de vote. Ce qui veut dire que même mes représentants n'ont pas voté pour moi. Ils ont fraudé de façon grossière et moi, ce que je veux, c'est qu'on recherche la vérité, qu'on aille au fond des questions. Mais comme la délégation de la CEDEAO a commencé une négociation, j'attends.

G. L. : Monsieur le président, pourquoi les rebelles n'ont pas respecté leur engagement ?

L. G. : C'est à cause de ce qu'on appelle la communauté internationale dont on parle aujourd'hui. La France, les Etats Unis, l'Angleterre, tous ceux là me mettaient la pression pour qu'on aille au vote ; malgré le fait que le désarmement n'a pas été fait. J'ai résisté, mais quand vous êtes le président d'un petit pays, vous ne pouvez pas résister plus longtemps. Donc tous ceux-là m'ont mis la pression pour qu'on aille aux élections malgré la présence des armes. Aujourd'hui, il faut qu'ils acceptent de prendre leurs responsabilités vis-à-vis de ce qui arrive. On ne peut pas aller aux élections avec des rebelles qui vous pointent le fusil sur la tempe. C'est tout cela qu'on appelle la communauté internationale qui nous oblige à aller aux élections.

G. L. : Avez-vous discuté avec les représentants de la CEDEAO d'un certain fonds à la Banque Centrale qui ne serait pas à la disposition de votre gouvernement ?

L. G. : Non, ils ne sont pas concernés par cela, la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest concerne les Etats. Il y a la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, le Niger, le Mali, la Guinée- Bissau, le Bénin, le Togo et le Sénégal. Cela concerne un autre groupe de pays qui n'étaient pas là. Bien sûr qu'il y a certains pays de la CEDEAO qui étaient là, mais il y a l'Union Africaine qui n'est pas concernée.

G. L. : Vous ne leur avez donc pas parlé de la question ?

L. G. : Non.

G. L. : Est-ce que c'est un sujet qui vous préoccupe ?

L. G. : Elle me préoccupe et j'en ai parlé à trois reprises. Notamment, avec le président de l'UEMOA qui est celui du Mali. J'ai appelé le gouverneur de la Banque Centrale, nous en avions discuté parce que la CEDEAO n'a pas de monnaie, donc elle n'a pas de banque centrale, tout comme l'Union Africaine. Cette Banque Centrale là est constituée de huit Etats dont le président en exercice est Monsieur Touré du Mali, nous sommes en contact, nous en parlons.

G. L. : Les pouvoirs ont été transférés à Ouattara, quelles en sont les conséquences sur votre pays ?

L. G. : Cela fait du tort parce que c'est nous qui gérons le pays. J'ai dit au président du Mali qui est notre président en exercice, de faire attention et de rétablir rapidement la situation afin que les opérations courantes puissent être faites. Mais nous n'avons pas terminé la discussion à ce propos. Donc, je vais le rappeler après cette interview.

G. L. : Mais cela va poser des problèmes, vu que les fonctionnaires...

L. G. : C'est leur objectif, ils veulent qu'on ait des difficultés avec le peuple, que celui-ci se révolte contre nous. Or la Côte d'Ivoire a toujours payé les fonctionnaires. Durant les huit années de crise, pas une seule fois les fonctionnaires n'ont manqué de salaire. Nous arrivons toujours à remplir nos obligations vis-à-vis de nos employés. C'est pour cela qu'ils veulent nous embêter, mais nous allons trouver une solution.

G. L. : Mais, il y a aussi la question des ambassadeurs...

L. G. : Oui, c'est tout cela qu'on appelle la communauté internationale. Moi, je pense qu'on devait rechercher la vérité pour savoir qui a gagné les élections. Je souhaite que les gens ne fassent pas du brigandage politique. Ce que je veux dire, c'est que c'est nous qui gérons le pays. Essayer de donner la signature à la Banque Centrale à un autre, cela n'a aucun sens, tout comme faire nommer des ambassadeurs par quelqu'un qui n'est pas élu et qui bénéficie du soutien de quelques Etats. Mais nous sommes en crise et ces faits en sont les manifestations. Nous allons régler cela.

G. L. : Cela ressemble à un coup d'Etat politique de la France suivie des Etats Unis. Quels sont vos sentiments ?

L. G. : J'ai déjà dit que c'était un coup d'Etat, un coup d'Etat électoral et on ne peut pas accepter cela. Nous avons des règles précises et vous Américains savez que la Constitution est sacrée. Chez vous la Constitution est très sacrée. Quand les élections sont organisées, la commission électorale indépendante proclame les résultats provisoires qui doivent refléter la volonté du peuple. Mais une fois que les résultats provisoires ont été donnés, le Conseil constitutionnel qui est l'instance supérieure en Côte d'Ivoire regarde les résultats et proclame les résultats définitifs. On n'a pas eu de résultats provisoires et le Conseil constitutionnel donne les résultats définitifs. Et au lieu de suivre ces résultats, la France, l'ambassadeur de la France et l'ambassadeur des Etats-Unis s'en vont chercher le président de la Commission électorale indépendante et l'amènent au Golf Hôtel où se trouve le quartier général de campagne de mon adversaire. Et là-bas, il donne un résultat à la presse étrangère et non pas à la presse nationale. Et donc tout cela est un coup d'Etat électoral et nous n'accepterons pas cela.

G. L. : Il a donc été conduit là-bas par l'ambassadeur des Etats-Unis et de la France ?

L. G. : Oui, par l'ambassadeur des Etats-Unis et de la France. Normalement, l'ONU devrait poser des questions à ces gouvernements. Mais comme l'ONU elle-même est impliquée dans ces complots par l'intermédiaire de ses représentants sur place, ce n'est pas elle qui va poser les questions à ces deux diplomates. Vous avez travaillé avec deux personnes, deux victimes qui ont reçu des balles du bataillon des Nations Unies qui est censé être une armée de paix.

G.L : Bien que le mandat soit expiré, ils ont prolongé cela de six semaines.

L. G. : Oh ! Non. Non, pas du tout. Nous sommes Africains mais vous qui êtes Américain et qui êtes dans un pays où les droits des individus sont reconnus, je souhaite que vous témoigniez. Nous tous, nous cotisons pour les Nations Unies et quand il y a un problème dans un pays et qu'on nous amène une force des Nations Unies, c'est pour nous aider à maintenir la paix. Or dans notre pays, il y a de cela quelques années, les forces des Nations Unies ont déjà tué cinq personnes dans une ville de l'ouest de la Côte d'Ivoire qu'on appelle Guiglo. Et ces deux jours-ci, vous-même avez vu les civils qui ont été blessés par les forces de l'ONU. Je ne peux pas être d'accord avec cela, je ne peux pas du tout être d'accord. Je souhaite que les forces des Nations Unies partent et que les forces françaises qui les soutiennent partent. Je pense que les Africains doivent eux-mêmes s'arranger pour régler leurs propres affaires. Voila mon point de vue.

G. L. : Ces jours-ci on a vu que les Etats-Unis ont été impliqué dans les fraudes en Afghanistan et même le responsable des Nations Unies a été renvoyé de son poste et peut-être que là-bas ils vont encore recompter les voix. Comment voyez-vous cette situation de deux poids deux mesures, en Afghanistan, ils acceptent qu'on fasse des investigations et qu'on recompte des voix alors qu'en Côte d'Ivoire, ils adoptent une autre attitude ?

L. G. : Mais, parce qu'ils n'ont pas les mêmes intérêts. En Afghanistan, les Etats-Unis recherchent les cerveaux d'Al-Qaïda et cela prime sur tout. Donc leur objectif, c'est que quelle que soit la manière dont leur gouvernement a été élu, ce n'est pas leur problème, ils travaillent avec lui pour rechercher les responsables d'Al-Qaïda. Mais ici, on n'a pas ce problème. Donc on traite nos problèmes avec nonchalance, avec légèreté et avec injustice. Parce qu'ils estiment que nous ne sommes pas une plaque stratégique, c'est pourquoi ils peuvent être injustes avec nous. Mais nous crieront tant que nous auront la force, pour dire qu'il faut qu'on respecte la voix de notre peuple, qu'on respecte la démocratie. Moi, j'ai passé plus de la moitié de ma vie à lutter pour la démocratie. Aujourd'hui, si des élections démocratiques peuvent se tenir ici, c'est à cause des combats que nous avons menés. Voir des gens soutenus par l'occident, venir et pratiquer la fraude, c'est malheureux. Comme c'est malheureux ! Alors, je leur demande de se ressaisir, la France, les Etats-Unis, tout ceux-là, qu'ils se ressaisissent parce que nous ne laisserons pas piétiner notre Constitution.

G. L. : Chez-vous, vous prêtez serment sur la Constitution...

L. G. : Bien sûr, et j'ai prêté serment en 2000 et en 2010 sur la Constitution et devant le Conseil constitutionnel.

G. L. : Est-ce que Hilary Clinton et le président Obama vous ont contacté pour savoir ce qui se passait, vous-ont-ils appelé ?

L. G. : J'ai reçu quelques lettres. Mais je ne voudrais pas tellement parler des contacts personnels.

G. L. : Mais à part les courriers, vous avez eu des contacts ?

L. G. : Oui, on a quelques contacts, ils ne sont pas toujours agréables mais on a des contacts.

G. L. : Mais est-ce que vous pourriez refaire ces élections parce que j'ai rencontré le Conseil constitutionnel, hier (vendredi 7 janvier 2011, NDLR) qui m'a dit que ce serait anticonstitutionnel d'envisager la reprise car vous avez prêté serment et il vous a déclaré vainqueur ?

L. G. : Vous savez, moi, je respecte la loi de mon pays. Depuis que je suis président, je n'ai jamais posé un acte illégal. Je crois que c'est comme cela qu'un citoyen doit se comporter. Et en plus, si ce citoyen se trouve être le chef de l'Etat, il doit s'efforcer de travailler selon la loi. La Constitution, c'est la Bible d'un pays. De la même manière qu'un chrétien respecte les prescriptions de la Bible, de la même manière un citoyen doit respecter les prescriptions constitutionnelles. Moi, je respecte la Constitution de mon pays.

G. L. : Et évidemment là-bas, vous êtes un modèle dans ce sens ?

L. G. : Je respecte la Constitution de mon pays.

G. L. : Vous avez parlé d'une commission internationale qui pourrait exposer la vérité. Pensez-vous que cette commission pourrait voir le jour ?

L. G. : Je n'en sais rien, parce que le problème ne se pose pas tellement à l'intérieur de la Côte d'Ivoire. Le problème peut se poser avec l'extérieur parce que les soutiens de mon adversaire sont surtout des soutiens extérieurs. C'est à ceux de l'extérieur que je demande, pour découvrir la vérité, de venir et de recompter les bulletins de vote et de revérifier les procès-verbaux des bureaux de vote. Comme cela, ils vont découvrir, eux-mêmes, que dans plus de deux mille deux-cent (2.200) bureaux de vote, le nombre des votants est supérieur au nombre des inscrits. Je crois qu'à partir de là, ils vont comprendre beaucoup de choses. Les rebelles armés ont donné environ cinq cents mille (500.000) voix de plus à mon adversaire.

G. L. : Et le Conseil constitutionnel a annulé ces voix ?

L. G. : Alors, bien entendu, ce sont ces voix-là que le Conseil constitutionnel a annulées parce que ce sont des voix sans fondement qui n'émanaient pas du peuple.

G. L. : Les Nations Unies disent que vous les empêchez d'enquêter, de rechercher des charniers qui existeraient. Il y a des rapports qui disent que certaines personnes qui vous soutiennent commettent des crimes, vont attaquer des gens. Quelle est votre analyse sur la situation ?

L. G. : Je pense que les Nations Unies qui ont ici leurs troupes devraient faire preuve de sagesse. Jusqu'à présent, on les appelait les Forces impartiales, donc on les respectait. Mais avec ces élections, elles se sont montrées des forces partiales, des forces partisanes engagées aux côtés de mon adversaire. Donc, on ne veut plus d'eux. Et il ne faut pas qu'ils essayent de détourner la question. La question est électorale. Nous disons que les forces des Nations Unies présentes en Côte d'Ivoire, ont pris fait et cause pour Monsieur Ouattara contre Monsieur Gbagbo. C'est pourquoi, on n'en veut pas. Et donc, malgré le fait que je donne des consignes de calme au peuple, de temps en temps quand ils veulent abuser, les gens leur barrent les chemins. Mais, ils devraient être sages ; quand dans un pays, on dit qu'on ne veut pas de vous, il faut rester sage, il faut rester tranquille jusqu'à ce que l'ordre de votre départ du pays vienne. Voilà ce que je voudrais dire.

G. L. : Certains disent que ces informations sur les charniers, les massacres sont manipulées, ne sont pas vraies et que c'est encore un moyen de vous discréditer...

L. G. : C'est un moyen pour me discréditer. C'est l'hôpital qui se moque de la charité. Mais la violence a été introduite dans la politique ivoirienne depuis que Monsieur Ouattara fait la politique. En 1993, au moment où le président Houphouët est décédé, il a essayé de s'emparer du pouvoir de façon illégale et depuis, il y a des faits de violence. Quand nous disons que nous ne voulons pas des forces de l'ONU, c'est pour cela. Parce qu'elles soutiennent mon adversaire. Allez regarder comment il vit à l'Hôtel du Golf, où il est réfugié. Il est refugié avec ses hommes, ce n'est pas nous qui l'avons poussé à s'y refugier. C'est lui qui y est allé tout seul.

G. L. : Mais qui le garde ?

L. G. : Ce sont les forces de l'ONU. Ce sont elles qui surveillent Monsieur Ouattara. Alors, ils allèguent que s'ils ne sont pas là, on va attenter à la vie de Monsieur Ouattara. Mais Monsieur Ouattara et nous, nous vivons ensemble, ici, depuis toujours. Est-ce que nous avons déjà tenté de l'assassiner ? C'est moi-même qui ai fait qu'aujourd'hui Monsieur Ouattara est candidat. C'est moi qui ai pris des décisions pour contourner certaines décisions constitutionnelles qui, par le passé, l'en ont empêché, pour que Ouattara soit candidat. Il ne faut pas que les Nations Unies se mettent dans des jeux partisans, dans des jeux politiciens, il ne faut pas cela. Il faut qu'ils partent ou bien s'ils sont là qu'ils restent tranquilles.

G. L. : Les gens disent que vous empêchez Monsieur Ouattara de sortir de l'Hôtel du Golf

L. G. : Mais c'est pas nous qui l'y avons emmené, et sa maison est même à cent mètres de l'Hôtel du Golf. Donc même s'il va chez lui, on ne saura pas qu'il a quitté l'Hôtel. Il peut même aller à pied en longeant la lagune, s'il veut. Il habite si près de l'Hôtel du Golf, il peut y aller quand il veut. Alors, qu'il arrête de raconter n'importe quoi aux étrangers qui viennent ici. Nous avons pris des décisions de sécurisation parce que l'Hôtel du Golf est le lieu où sont logés les rebelles depuis 2003. Puis Ouattara y est allé avec ses partisans. Jusqu'au mercredi 15 décembre, on n'avait pris aucune disposition quand nous avons vu qu'ils étaient surarmés à l'intérieur de l'Hôtel du Golf, avec plus de 300 personnes armées.
Il faut que vous sachiez que l'Hôtel du Golf est à cinq minutes de la Résidence du chef de l'Etat, sur l'eau, en pirogue, cinq minutes pour atteindre l'ambassade de France, et sept minutes pour aller à l'ambassade d'Allemagne. Il faut que vous sachiez que la résidence de l'ambassadeur des USA est toute proche de l'Hôtel du Golf, l'ambassade de Russie aussi est toute proche et puis c'est un quartier habité. Il faut que vous sachiez que la résidence de Madame Félix Houphouët-Boigny, la veuve du premier Président de Côte d'Ivoire, est à peu près à deux minutes de l'Hôtel du Golf.
Quand nous avons su qu'il y avait plus de 300 rebelles armés à l'Hôtel du Golf, nous avons pris des dispositions sécuritaires pour les empêcher de nuire. Ce n'est rien d'autre. On ne peut pas faire un assaut pour les déloger parce que les gens ne vont pas comprendre. Donc, on les empêche de nuire et on filtre les entrées pour que d'autres armes n'aillent pas grossir le lot des armes qui y sont déjà.

G. L. : Ouattara dit que s'il quitte le Golf Hôtel, il sera assassiné. Vous aussi vous avez des raisons de penser la même chose ?

L. G. : Ils sont là, ils sont 300 soldats à l'Hôtel du Golf. Alassane, il est ici, il est avec nous depuis longtemps, est-ce qu'une seule fois on a tenté de l'assassiner ? Je vous dis une chose : à travers votre télévision, je demande à tous ceux qui sont à l'Hôtel du Golf de renter chez eux, il faut qu'ils aillent à la maison pour que la Côte d'Ivoire retrouve une vie normale. Mais ils aiment être à l'Hôtel du Golf pour jouer à la victime, pour faire comme si nous les avons confinés à l'Hôtel du Golf, or, ce sont eux qui y sont allés, librement. Nous savons que Ouattara va chez lui à la maison tous les soirs. Il habite à un pas de chez lui. Il faut qu'ils rentrent chez eux pour que l'Hôtel du Golf redevienne un hôtel normal.

G. L. : Pourquoi est-ce que la France et les USA soutiennent-ils Monsieur Alassane Ouattara ?

L. G. : Je sais qu'il y a longtemps qu'ils souhaitent que Monsieur Ouattara soit président. Je ne sais pas pourquoi mais je sais qu'ils veulent que Ouattara soit président. Je ne sais pas quel deal il y a entre Ouattara et eux, je ne suis pas dans leur secret mais je sais qu'il y a longtemps, ils sont avec Ouattara.
Mais le pouvoir, c'est Dieu qui le donne. Dieu passe par le peuple pour donner le pouvoir. Ce n'est pas ma faute, c'est le peuple qui m'a choisi. S'il veut être président qu'il attende un autre moment. Il y a des gens en Occident qui veulent mettre Ouattara au pouvoir mais le peuple n'est pas d'accord et cela, ce n'est pas la démocratie. Rester à Paris et décider qu'un tel doit être président, ce n'est pas de la démocratie.

G. L. : Votre ministre de la jeunesse, Monsieur Charles Blé Goudé, que nous avons interviewé, a dit que la France et les USA cherchent le pétrole, le cacao et cherchent un président qu'ils vont mettre à la tête de ce pays pour le manipuler et pour la société Total qui a une grande part dans la gestion du pétrole en Côte d'Ivoire.

L. G. : Chacun fait ses analyses. Le Gouvernement français actuel et certains Américains veulent que Ouattara soit président. Et c'est un fait visible. Je respecte l'avis de Blé Goudé mais je n'ai pas assez d'éléments pour avancer sur ce point de vue. Mais il faut qu'ils comprennent qu'il y a Dieu et le peuple qui choisissent un chef d'Etat.

G. L. : Je sais que cette situation est vraiment difficile pour vous mais vous donnez l'impression d'être calme. Vous êtes préoccupé, certes, mais vous n'avez pas peur. D'où est-ce que vous sortez cette force pour rester comme vous êtes ?

L. G. : (Rires) Vous savez, il y a longtemps que je fais de la politique donc j'ai traversé des moments difficiles. Ce n'est pas la première difficulté que je rencontre, j'espère que celle-ci sera la dernière. Je suis serein parce que je suis dans la vérité. Je souhaite que tous ceux qui veulent être dans la vérité viennent pour qu'on recompte les bulletins de vote et qu'on réexamine les procès-verbaux de tous les bureaux de vote. Quand je propose cela, c'est pour la vérité, je suis dans la vérité, c'est pourquoi je suis serein. Le Dieu que je prie, n'est pas un Dieu d'injustice. Je le prie toujours, je lui demande de me donner la force pour que je dirige le peuple qu'il m'a confié, et tout le reste c'est pour lui.

G. L. : Il y a beaucoup de chrétiens qui prient pour vous, Monsieur le Président, et pour votre pays. Moi aussi, je prie pour la Côte d'Ivoire. Merci de nous avoir accordé un peu de votre temps car nous savons que vous êtes très occupé, merci et bon courage !

L. G. : Je remercie tous les chrétiens qui prient pour nous, je leur demande de continuer de prier parce que notre assurance est dans le seigneur. Nous demandons à tous ceux qui contestent ces élections de venir pour que nous recomptions les voix. Je remercie tout le monde.



Interview réalisée par Gary Lane, Grand Reporter International de CBN News

(Abidjan, le vendredi 7 janvier 2011)

Commentaires

mais il m'énerve ce gars là chaque fois que je l'entend dire que la CEI n'a pas donné de résultat.
OU EST CE QUE LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL A EU SES RÉSULTATS????
Aussi quel est le texte de loi en cote d'ivoire qui que si la CEI ne donne pas de résultat provisoire le conseil constitutionnel en fabrique un et le rend définitif?
pauvre cote d'ivoire!!!
et on nous fait croire qu'on défend les lois et institutions de la république.

DEKANI


http://opinionslibres.over-blog.com/

Écrit par : dekani | samedi, 15 janvier 2011

imbecil de dekani. quand on connait pas 1 sujet on la boukle et cè mieux. tu es qui pr dir des mensonges.au lieu de te contenter de dir des insanités tu ferè mie d'argumenté ce que tu pense et le dabat va s'engager.

Écrit par : bonat | dimanche, 16 janvier 2011

DEKANI,

Arrête le délire. Tu joues avec les mots sans rien expliquer ni rien prouver.

Si tu es en Côte d'Ivoire, tu devrais savoir que Youssouf Bakayoko, le président de la CEI, a transmis tous les PV au Conseil Constitutionnel ainsi que le dossier du contentieux et du recours en annulation du camp présidentiel avant de disparaître et de se faire cueillir par les ambassadeurs de France et des USA pour annoncer de faux chiffres à l'Hôtel du Golf!

Alors, que racontes-tu? Ce qui a été déclamé dans un hôtel, du reste quartier général d'Alassane Ouattara, hors délai et sans aucun autre membre de la CEI, au mépris de toutes les dispositions constitutionnelles et même du règlement intérieur de la CEI, tu appelles ça des résultats?!

Ne sois pas ridicule, DEKANI!

Bien à toi!

Écrit par : Dindé | dimanche, 16 janvier 2011

Dekani, tu ferais mieux de la boucler, parce qu'avec des ignares de ton espèce il n'est pas possible de faire avancer le monde. Tu t'invites dans un débat que tu ne maîtrises pas à cause de ton insuffisance. Si je dis « insuffisance » c’est parce que je veux être polis. Connais-tu le rôle et la composition de la CEI et du conseil constitutionnel ? j’en doute. Tu ne peux pas comprendre que la CEI n’a pas donné de résultat parce que c’est plus fort que toi. Tu ignores totalement le statut et les règles qui régissent cette administration. Pour ta propre gouverne, Les procès verbaux sont libellés en plusieurs exemplaires et transmis en même temps à la CEI, au conseil constitutionnel, à l’ONUCI et à chaque candidat. C’est tout de même ridicule de vouloir prendre position ou défendre une cause quand on a ne sait même pas de quoi on parle. Parler pour parler enfin de compte ça énerve.

Écrit par : kas.ci | mercredi, 19 janvier 2011

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