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jeudi, 17 février 2011

L'ETAT MET LE CAP SUR LA SOUVERAINETE MONETAIRE

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Lentement mais sûrement, la Côte d'Ivoire est en train de conquérir sa souveraineté monétaire. La rupture brutale provoquée par la Bceao- Siège depuis Dakar y est pour quelque chose. Après avoir essayé vainement les armes diplomatique, militaire et politique, Sarkozy et sa Françafrique, ont décidé de désorganiser voire tuer le secteur bancaire de l'espace de l'Union économique et monétaire ouest-africain, (Uemoa).

Certainement, selon leurs propres termes, «étouffer financièrement et économiquement le camp Gbagbo». Dans l'espace, Uemoa, la France est membre très influent dans le Conseil d'administration. La Banque centrale des Etat de l'Afrique de l'Ouest (Bceao). Mieux, c'est elle qui contrôle et manipule à volonté plus de la moitié des avoirs extérieurs des pays ayant en commun, l'usage du Franc Cfa à travers le compte d'opération logé au Trésor français.

Ainsi, après le dernier sommet des chefs d'Etat et gouvernement de l'Uemoa tenu à Bamako au Mali, le gouverneur en fonction Dakoury-Tabley Henri Philippe a été contraint à la démission et depuis, le vice-gouverneur, le Burkinabé Jean Baptiste Compaoré, a pris l'intérim pour trois mois. Comme il n'attendait que ça, le premier acte qu'il a posé, c'est de déconnecter l'agence nationale de la Bceao pour la Côte d'Ivoire, du système informatique de la Banque d'émission.

Le gouvernement Aké N'Gbo ne se fera pas pier pour réquisitionner les agents nationaux de la Bceao travaillant en Côte d'Ivoire. Dès cet instant, Abidjan a mis le cap sur son autonomie. Ce qui fait mal à Bceao- Siège surtout que la Côte d'Ivoire, c'est le pays phare de l'Uemoa avec environ 40%. Face à cette nouvelle donne qui laisse entrevoir non seulement la désagrégation de l'Uemoa, avec à la clé une dévaluation du Fcfa, un nouveau conseil des ministres des Finances de l'Uemoa, a été tenu à Dakar ; le 5e en moins de deux mois. C'est à l'issue de cette rencontre que Jean-Baptiste Compaoré va brandir le bâton des sanctions contre les banques qui vont collaborer avec le gouvernement du Premier Aké N'Gbo.

BCEAO ABIDJAN.jpg

Comme il fallait s'y attendre, l'un des satellites en Côte d'Ivoire, la Banque internationale pour le commerce et l'industrie en Côte d'Ivoire (Bicici), filiale de la Banque nationale de Paris (Groupe Bnp Paribas), qui boycottait la transaction manuelle, mise en place par le gouvernement, a sauvagement et de façon inélégante, fermé nuitamment ses agences en Côte d'Ivoire. En attendant, le départ des autres épargnants, il convient de préciser que la Bicici perd avec le non virement des salaires des fonctionnaires et agents de l'Etat, un dépôt mensuel d'environ 7 milliards de Fcfa sur lesquels, elle ne percevra plus des agios.

Par ailleurs, la Citibank qui a également fermé son agence a pris soin d'ouvrir ses guichets automatiques dit-on à l'hôtel Sebroko. En clair, nous sommes passés à une autre phase de la crise ivoirienne et qui porte à croire, que tout est mis en œuvre, pour pousser la Côte d'Ivoire, non seulement à bout, mais l'obliger à sortir de l'Uemoa. En le faisant, ceux qui poussent la Côte d'Ivoire confortent le ministre délégué au Budget Koné Katinan Justin quand il dit :

«Nous n'avons pas l'intention de sortir de l'espace communautaire, mais si on y oblige, nous aviserons». Pour montrer la bonne foi et faisant la posture de la mentalité de l'orphelin avec une vision de souveraineté affichée par le gouvernement Aké N'Gbo, le budget d'Etat 2011, est essentiellement bâti sur la mobilisation des ressources internes. Cap sur la souveraineté monétaire Le budget d'Etat 2011 s'équilibre en recettes et en dépenses à 2907,320 milliards de Fcfa dont 924,7 milliards de Fcfa seront mobilisés par la Direction générale des impôts (Dgi) contre 938 milliards de Fcfa des douanes ivoiriennes qui promettent mobiliser 1000 milliards de Fcfa.

S'agissant de la mobilisation des ressources, il convient de rappeler cette déclaration en substance du ministre Koné Katinan : « Nous n'attendons rien en terme de mobilisation des ressources extérieures, mais sur l'honneur nous prenons l'engagement d'honorer nos obligations envers nos créanciers extérieurs». Aux grands maux, un traitement de choc approprié. Pourrait-on dire. C'est ce que vient de faire le gouvernement à travers sa déclaration du 14 février 2011, avec la série de mesures prises pour sécuriser le paiement régulier des salaires des fonctionnaires et agents de l'Etat.

Mais aussi et surtout ceux des travailleurs du secteur privé. Pour les salaires du mois de février et des mois à venir, la Direction générale du trésor et de la comptabilité publique est instruite à l'effet de procéder à l'ouverture d'office, de comptes dans les autres banques afin d'y effectuer les virements des salaires des fonctionnaires et agents de l'Etat.

Par ailleurs, le gouvernement qui ne veut plus se laisser distraire et se faire surprendre, a décidé de la fermeture immédiate dans ces deux banques, des comptes de sociétés d'Etat et ceux des sociétés à participation financière publique, afin de procéder à leur ouverture dans les autres banques. Pendant que le Garde des Sceaux est instruit d'engager sans délai, des poursuites judiciaires contre ces deux banques. En outre, un secrétariat est créé au sein du Trésor afin d'informer et d'orienter les usagers des secteurs privés et publics de ces deux banques.


Bamba Mafoumgbé


Source : GBAGBO.CI

Commentaires

On n'attendait que ça!

Quelle décision courageuse que vient de perndre l'Etat Ivoirien. Vraiment il faillait ça. Etre indépenant par rapport à sa monnaie est vraiment une marque de souveraineté. Nous autres qui avons choisit ce beau pays comme seconde patrie, nous avons hâte de voir les ivoiriens manipuler leur propre monnaie (l'Eburnie?.....?) comme notre Cedi qui fait notre fièrté au Ghana.

Seulement attention, je présens d'énormes difficultés auxquelles seront soumises la population ivoirienne. Vu les méthodes inhumaines et cruelles qu'emploient ces puissances maléfiques pour aboutir à leur fin. Courage, car le chemin qui mène pays promis passe nécessairement par le désert. Le choc sera certes terrible, mais que chaqun consentisse de faire sa part de sacrifice pendant ces moment très dûrs qui arrivent. Rien ne peut ébranler la volonté d'un peuple souverain!

Au fait, comment vous appelerez déjà votre banque centrale? Banque de Côte d'Ivoire? Banque Nationale Ivoirienne? Banque Centrale de Côte d'Ivoire? Banque de l'Eburnie? Vivement qu'elle advienne!

Sacrée Côte d'Ivoire!! La belle!

Écrit par : L'Etranger | jeudi, 17 février 2011

Merci, L'ETRANGER, pour le soutien indéfectible depuis le début de la crise ivoirienne et que DIEU bénisse richement le peuple frère ghanéen, digne, lucide et foncièrement attaché à la vérité.

La BCEAO nationale actuelle constitue les prémices de la banque centrale de Côte d'Ivoire en gestation. Quelle que soit la dénomination qui lui sera donnée, le processus est désormais irréversible, avec les sorties hasardeuses de Sarkozy, de l'UEMOA et, récemment, de l'establishment de la BCEAO, à Dakar.

Il y aura assurément un prix à payer. Nous le paierons, fièrement sois-en sûr, et par la grâce de DIEU, nous triompherons.

Sois béni et merci pour la visite!

Écrit par : Dindé | jeudi, 17 février 2011

Je pense que c'est une très bonne nouvelle. La souveraineté monétaire permet de mieux faire face aux crises en ayant un levier qui permet de faire effet sur toute l'économie.

Écrit par : bonus | samedi, 06 août 2011

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