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lundi, 30 mai 2011

SIMONE GBAGBO, BATTUE MAIS PAS VIOLEE PAR LES FRCI DE OUATTARA

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Vendredi 27 mai, la Première Dame de Côte d'Ivoire, Simone Gbagbo, par ailleurs députée et responsable du FPI, a été auditionnée à Odienné. En présence de trois avocats : Lucie Bourthoumieux, Serge Gbougnon et Ly Ciré Clédor. Selon nos informations, Simone Gbagbo s'est prévalu de son immunité parlementaire. À la question, posée en marge de l'audition, de savoir ce qu'il en était des violences qu'elle a subies, à partir du 11 avril, date de la capture du couple présidentiel et de centaines de dignitaires, officiels et employés, elle a démenti avoir été violée. Elle a en revanche été battue, y compris des coups au visage, avec une férocité inouïe par les FRCI de Ouattara.

Mme Gbagbo a également démenti l'information circulant depuis une dizaine de jours selon laquelle elle aurait été la proie de sadiques habitantes locales, qui auraient fait payer ("200F CFA", a-t-on pu lire) aux voyeurs le droit de l'observer "à travers les vitres" de sa résidence surveillée. Étonnée, elle s'est demandé d'où pouvaient venir "de telles insanités".

De la liste des avocats proposés par sa famille, en l'occurrence sa fille Marie-Antoinette Singleton, Simone Gbagbo, enfin, a désigné comme son seul avocat à ce jour Me Ly Ciré Clédor (qui avait, en fait, déjà été mandaté par la soeur du président Gbagbo).


Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

INTERVIEW DU PRESIDENT MAMADOU KOULIBALY AU QUOTIDIEN PRO-GOUVERNEMENTAL FRAT-MAT



MAMADOU KOULIBALY.gif

 

Fraternité Matin vient de lancer, dans le cadre de ses Grands débats mensuels, celui portant sur le sujet suivant: quel régime politique pour la Côte d'Ivoire? Les avis sont partagés, nous voulons bien savoir votre position sur cette question.

Dans une période post-crise immédiate, ce n'est pas le moment de changer un régime politique. Cependant, l'histoire de la Côte d'Ivoire nous montre que depuis les indépendances, la Côte d'Ivoire souffre d'un Etat centralisé, omniprésent et osons le dire envahissant, hérité du modèle jacobin importé par la France. En tant que libéral, je prône un Etat minimum, c'est-à-dire un Etat qui assume ses responsabilités au niveau de la sécurité, de la justice mais qui laisse la liberté à ses populations de faire le reste. Bien sûr? l'Etat a le devoir de mettre en place l'environnement institutionnel qui permette à chacun de travailler et d'être propriétaire. Cette vision m'amène à prôner le régime parlementaire en Afrique car c'est dans ladécentralisation du pouvoir que les pays africains trouveront la stabilité. Audace Institut Afrique (AIA), le think tank indépendant que je préside, travaille sur le sujet et publiera en octobre des propositions. J'ai le sentiment que rapidement, la Côte d'Ivoire aurait intérêt à s'orienter vers un régime parlementaire, d'autant qu'elle l'a déjà connu à travers la constitution de 1959.

Les pouvoirs en Afrique, sont tous, ou presque, d'essence présidentialistes, des sortes de monarchies déguisées ou des dictatures en exercice. Et les exemples montrent bien que les pays de type parlementaire, comme le Cap-Vert, ont des réussites de développement que des pays mieux lotis comme la Côte d'Ivoire envieraient. Quelle lecture faites-vous d'un tel constat?

Des chercheurs au sein d'AIA travaillent là-dessus et les premières tendances qui se dégagent de leurs travaux semblent mettre en évidence que dans les régimes parlementaires, certes peu nombreux sur le continent, la liberté économique y est plus importante et les conflits moins fréquents. Bien sûr, je ne souhaite pas tirer de conclusion hâtive mais en octobre, nous aurons avancé le travail et nous pourrons ainsi engager une discussion constructive sur les résultats.

Doit-on voir, dans nos crises à répétition, la matérialisation de cette conception du pouvoir où le Président est tout à la fois?

Il est évident qu'un Etat qui repose sur un homme ou une poignée d'hommes est un Etat fragile. Cependant, des pays comme la France ont opté pour un régime présidentiel qui, sous Sarkozy, est encore plus marqué. Il y a un président omniprésent et pourtant la France ne connaît pas les crises de l'Afrique, parce que le pouvoir là-bas est décentralisé et que les villes, les départements, les régions, ont des pouvoirs et des moyens financiers pour les exercer. Il y a certes le problème de la concentration du pouvoir, mais en Afrique, nous nous heurtons également à la mauvaise gouvernance qu'induit facilement ce modèle. Comme nous ne sommes pas responsables, il faut donc créer des limites pour protéger les populations des excès des pouvoirs en place. Le régime présidentiel complique la chose.

La crise postélectorale qui a fait des morts et d'énormes dégâts a pris fin par l'arrestation du Président Laurent Gbagbo. Regrettez-vous aujourd'hui le fait qu'il n'ait pas cédé pacifiquement le pouvoir à Alassane Ouattara reconnu par la communauté internationale?

J'ai prôné dès le début du mois de décembre 2010 une sortie de crise par le dialogue. Les deux camps adverses que j'ai rencontrés et tenté de convaincre sont restés totalement hermétiques à mes propositions. La situation était figée. Aujourd'hui, bien sûr, lorsque nous comptons les morts et les dégâts, nous ne pouvons que le regretter.

L'on semble vous reprocher votre silence face à cette crise qui aura fait, dit-on, 3000 morts?

Je n'ai pas l'impression d'être resté silencieux. J'ai tenté une médiation qui n'a pas abouti. J'en ai pris acte. La situation reposait ensuite sur des éléments que je ne maîtrisais plus, sur la volonté des hommes politiques. Le silence ne veut pas dire indifférence. Je suis au contraire profondément attristé par tous ces morts et ces souffrances. Je suis d'autant plus touché que cette situation était prévisible et que j'avais d'ailleurs mis en garde contre ces dérives possibles durant la dernière décennie dans différents discours publics et privés. A l'époque, on me reprochait de trop parler! Depuis la signature de l'accord de Marcoussis, tout s'est enchaîné logiquement pour conduire au chaos, mais le dire était devenu politiquement incorrect dans tous les camps.

Il y a même plus: que vous auriez dû démissionner de votre poste de président de l'Assemblée nationale, au lieu de vous installer dans un mutisme?

Les gens dont vous parlez sont alors ceux qui reconnaissent l'institution ! Ces derniers temps, nombre de communications officielles vont à l'inverse ! Si ma démission pouvait débloquer la crise, il est évident que je me serais empressé de le faire. Je crois que certaines personnes mélangent tous les problèmes et les rendent encore plus compliqués.

Le parlement ne fonctionne pas depuis fin avril et les députés ne seraient pas payés depuis deux mois. Quel est votre rôle?

Effectivement, les députés ne sont plus payés depuis fin avril. Le Président Ouattara a pris cette disposition considérant que, depuis le second tour du scrutin, les députés exerçaient dans l'illégalité. Décision étrange sachant que la constitution ivoirienne établit une séparation entre les pouvoirs exécutif et législatif. Dans cette logique, il est étrange également que les fonctionnaires de l'Etat n'aient pas été soumis à ces sanctions. C'est tant mieux d'ailleurs. Je ne cherche pas à polémiquer sur cette histoire de salaires. Ce n'est pas un évènement central et il faut réellement se concentrer aujourd'hui sur la réconciliation et sur les mesures qu'il faudra mettre en place pour que dans l'avenir, nos institutions ne soient plus un terrain de jeu pour les influents. Les conseillers juridiques du Président de la République qui soutiennent cette violation de la constitution doivent savoir qu'ils l'induisent en erreur et au parjure. Selon l'alinéa 4de l'article 59 de la Constitution sur laquelle le serment du Chef de l'Etat a eu lieu, les élections législatives ont lieu 20 jours au moins et 50 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs de l'Assemblée nationale. Cela voudrait dire tout simplement que l'élection des nouveaux députés doit impérativement avoir lieu avant l'expiration du mandat des députés en place. L'élection législative n'étant pas intervenue, les pouvoirs de l'Assemblée Nationale ne peuvent prendre fin. Le Chef de l'Etat n'a pas raison de suspendre le traitement des députés. Il en est de même des émoluments des membres des autres institutions de la République.

Ils sont nombreux à s'expliquer difficilement que vous soyez libre de vos mouvements, tout comme Miaka Oureto, alors que plus de 200 cadres de votre parti sont assignés en résidence surveillée ou détenus?

Je me pose parfois la question. Je n'ai pas forcément saisi la logique des arrestations. On peut dire que certaines personnes ont été impliquées plus directement dans les excès et d'autres ne se trouvaient tout simplement pas au bon endroit au bon moment. Je ne peux répondre pertinemment à votre question. Il faudrait poser la question au Ministre de l'Intérieur, au ministre de la Défense, au Président lui-même. Je ne suis pas le seul dans ce cas.

Y aurait-il un deal entre vous et le nouveau pouvoir pour faire de vous le successeur de Laurent Gbagbo sans la volonté de la base, comme il se murmure?

Est-ce à dire que vous jugez mon envergure politique tellement faible que je pourrais être un opposant idéal pour le nouveau pouvoir ? Le Fpi n'est pas à la recherche d'un successeur. Pour l'instant, notre préoccupation est plus de réintroduire la notion de parti d'opposition et de contrepouvoir. Nous souhaitons simplement retrouver un espace d'expression pour éviter que le pays ne glisse vers le parti unique et la pensée unique. Ce sera ma contribution à l'ancrage de la démocratie dans notre pays. Le Fpi n'est pas une Pme familiale ou un club de soutien et la Côte d'Ivoire n'est pas une monarchie, autant que je sache.

Votre parti et ses alliés du Cnrd dont vous assumez le secrétariat général par intérim, depuis le 17 mai, en lieu et place de Mme Simone Gbagbo, va-t-il prendre part aux législatives de décembre? Si oui, à quelles conditions et quelles sont vos chances?

Oui, le Fpi et le Cnrd prendront part aux élections législatives et nous sommes conscients des difficultés que nous allons rencontrer. Nous savons que nos chances sont minces. Mais cela ne veut pas dire que nous devons renoncer à nous renforcer en vue des prochaines échéances électorales. Notre objectif est d'être une véritable opposition d'ici à 2015. La Côte d'Ivoire a d'ailleurs intérêt à cela, car un modèle de parti unique est la voie ouverte à tous les excès.Le contre-pouvoir est le moyen de contrôle le plus efficace entre les échéances électorales dans un modèle démocratique. Notre existence est donc un enjeu important pour tous. Du moins, nous osons le croire.

Le Président du Ghana, Atta Mills, aurait œuvré pour que le président du Conseil constitutionnel, Yao N'Dré, organise la cérémonie de prestation de serment. Y-a- t-il eu des négociations ou des pressions sur vous et Atta Mills?

Le Président Atta Mills s'est en effet impliqué en tant que médiateur ou facilitateur dans le dossier ; mais il n'est nullement question de pressions. Moi, j'ai agi parce que je voulais aller à l'apaisement et au retour des conditions de l'Etat de droit en Côte d'Ivoire, après la guerre postélectorale.

Vous parlez sans cesse de réconciliation. Cet engagement n'est-il pas contrarié par des informations selon lesquelles certains cadres de votre parti auraient à cœur de se venger de Ouattara?

Je connais peu de cadres animés d'un désir de vengeance. Il est vrai que les vainqueurs ont utilisé l'humiliation comme moyen de domination et que l'humiliation est le sentiment qui conduit naturellement à la frustration et à la violence. Les cadres avec lesquels je demeure en contact ont pourtant plus envie de revenir chez eux en Côte d'Ivoire que de vivre en exil enlisés dans le désir de vengeance. Le nombre d'Ivoiriens morts a forcément conduit chacun à l'humilité et au devoir de Plus jamais ça! Les esprits se tournent vers l'avenir et la réconciliation. J'ai foi en cet avenir qui devrait nous conduire vers une Nation.

Vous avez dit dans un récent entretien sur les antennes d'une radio que vos médiations au plus fort de la crise se sont heurtées au refus des faucons des deux camps. Pensez-vous pouvoir aujourd'hui faire fléchir les faucons pro-Gbagbo au point d'accepter le principe de la réconciliation nationale?

Je crois sincèrement que chacun est animé d'une volonté de réconciliation nationale. Une tâche importante est aujourd'hui entre les mains de M. Konan Banny et de l'équipe qu'il va former autour de lui, pour faire en sorte que chacun se retrouve dans la responsabilité et le pardon pour avancer vers une solide réconciliation. Cependant, dans le même temps, le Président de la République qui affiche sa volonté de réconciliation parle fréquemment de justice. Ce qui est une bonne chose. Mais de quel concept de justice s'agit-il ?

S'agit-il d'une vengeance justicière qui conduit le vainqueur d'une guerre à imposer aux vaincus et à eux seuls les punitions et autres humiliations ? S'agit-il d'une justice réconciliatrice qui implique que, soit l'on amène tout le monde en justice, soit l'on n'y amène personne ? La réconciliation ne peut être sélective comme le préconise le Président

Ouattara. Soit l'on part sur la piste d'un forum de réconciliation où chacun vient faire son mea culpa et recevoir son absolution, soit l'on traîne tout le monde en justice et chacun paie le prix à payer à la hauteur de ses crimes, sans exception. S'agit-il d'une justice sécurisante qui devrait permettre de rétablir tous les citoyens dans la puissance de tous leurs droits. Elle doit mettre un terme à la violation récurrente et systématique des droits individuels des populations? Cette dernière conception me semble mieux à même d'aider à la reconstruction politique, économique, morale et sociale de la Côte d'Ivoire.

Le Fpi que vous dirigez, aujourd'hui, en l'absence de son président, Affi N'Guessan, incarcéré, est-il prêt à entrer dans le gouvernement d'union proposé par le Président Alassane Ouattara? Si oui, quels sont les noms de vos cadres «ministrables»?

Le Comité central du Fpi élargi à la haute direction du Cnrd vient de décider que les conditions n'étaient pas remplies pour sa participation à un gouvernement d'union nationale. Les conditions de sécurité de ses membres en liberté, celles de ses membres en exil ne militent pas en faveur d'une participation au gouvernement d'union. De plus, la question du statut exact des membres incarcérés à la Pergola, à Katiola, à Odienné, à Bouna et à Korhogo ne rassure guère pour un parti invité à la table du Conseil des ministres. Les militants disent ne pas avoir peur de se trouver franchement dans l'opposition vraie. Ils disent qu'ils ne peuvent pas avoir critiqué les modèles de gouvernement Nzassa et venir maintenant en faire la promotion. De plus, ils ne veulent pas être comptables des politiques que le régime du Rhdp mettra en place. Ils ne veulent pas servir de faire valoir à un régime qui a décapité leur parti. Ils souhaitent que la démocratie s'ancre en profondeur dans notre pays et souhaite une alternance véritable sans gouvernement d'union dans les conditions actuelles. Ils m'ont donné mandat de discuter de toutes ces questions avec les autorités. Ils m'ont demandé de faire savoir que, pour eux, les urgences aujourd'hui ont trait au statut de la Commission électorale? avec la disparition de nombreuses composantes que sont le Mpci le Mpigo, le Mjp. Ils estiment que la commission électorale centrale est très déséquilibrée en leur défaveur. Ils aimeraient parler du nombre de places à l'Assemblée nationale, compte tenu de la démographie qui a évolué ces dix dernières années. Ils aimeraient comprendre le statut actuel de l'Accord de Ouaga que le Président Ouattara appelle accord inter-ivoirien, après que l'un des signataires a été capturé, déporté etincarcéré. Ils veulent comprendre la logique de la construction de la nouvelle armée. Ils ont de nombreuses autres urgences ayant trait à la liste électorale, au découpage électoral, etc. Dans ces conditions, voyezvous, le Fpi n'a pas de ministrables pour le moment. Nous avons d'abord besoin de nous restaurer, de comprendre ce qui nous est arrivé et nous aviserons, si besoin est, quand nous serons mieux adaptés à notre environnement.

L'on spécule assez sur les notions: gouvernement d'ouverture; gouvernement d'union; gouvernement de large ouverture, etc. Quelle pourrait être la bonne formule, pour vous?

Mon point de vue est que quelle que soit l'appellation que l'on souhaite donner à l'ouverture, le partage du pouvoir est une mauvaise chose. L'expérience africaine a pu le mettre en évidence de nombreuses fois. On voit également où a mené le partage du pouvoir sous Gbagbo. Comment voulez-vous gouverner dans ce contexte ? L'équipe du Président Ouattara devrait gouverner seule pour à la fois avoir une chance d'appliquer son programme mais également pour en assumer toutes les responsabilités. C'est le point de vue de Koulibaly Mamadou. Je leur suggère de ne pas s'inquiéter, nous ne souhaitons pas quémander des postes ministériels. Ils pourront travailler à leur programme que nous critiquerons ou soutiendrons en fonction des orientations.

L'opposition n'est pas un groupe de perdants qui restent assis jusqu'au prochain scrutin. Nous avons une vision moderne d'une opposition active et constructive.

Bientôt, les élections législatives. Comment évaluez-vous les chances du Fpi décapité à cette bataille électorale?

Comme je viens de vous le dire, les chances du FPI sont minimes, tant le parti est affaibli.

Aujourd'hui, quand vous regardez la Refondation, que vous dites-vous: on a échoué, on a dévié...

La Refondation est un mot très utilisé mais vide de sens puisque le programme n'a jamais été appliqué. Nous avons d'abord fait l'erreur de nous orienter vers un partage du pouvoir, pour ensuite nous retrouver face à une rébellion armée, un pays ingouvernable, puis un Premier ministre issu des Forces nouvelles, ex-rébellion, et nous étions largement minoritaires dans l'équipe gouvernementale. La Refondation restera donc un programme intéressant qui n'a jamais été appliqué.

De la réunion du Comité central du Front populaire ivoirien que vous avez présidée mercredi dernier, le Comité pose de nombreuses conditions pour entrer dans le prochain gouvernement. Parmi elles, la question de la libération de vos camarades posée comme condition sine qua none. N'est-ce pas une manière de consacrer l'impunité? Les nombreuses conditions du Fpi, ne peuvent-elles pas être vues comme une sorte de chantage?

Peut-on parler de conditions ? Nous ne posons pas de conditions réellement. Nous avons simplement fait un constat. Nous jugeons que, compte tenu de l'insécurité actuelle pour les opposants politiques en Côte d'ivoire et du fait de la détention de nos camarades, l'environnement n'est pas propice à l'entrée du FPI au gouvernement. Poser des conditions voudrait dire que nous sommes indispensables au nouveau gouvernement. Nous ne pensons pas que ce soit le cas. Nous ne pensons pas non plus que les missions qui nous ont été réservées au sein de la nouvelle équipe soient essentielles. Donc, dans ce contexte, je ne pense pas que nous puissions parler de chantage ou de condition sine qua none. Quant à la libération de mes camarades du FPI, vous savez que je n'ai jamais consacré l'impunité. Pour cette raison, certains me trouvent très dérangeant. Je ne souhaite pas non plus m'ériger en juge et déterminer les responsabilités de mes camarades. Ce qui est certain, comme je vous le disais dans votre précédente question, c'est que s'il y a jugement et qu'ils sont les seuls jugés, une part de justice sera faite et si l'on s'arrête là, ce sera une forme de justice du vainqueur animée de vengeance.

D'évidence, comme d'ailleurs semblent le prouver différents rapports, tous les camps ont commis des crimes graves. Je ne dis pas cela pour minimiser les crimes de mon camp mais pour faire une place nécessaire à l'objectivité qui semble brutalement manquer au pays. Je ne crois pas trop au clan des gentils et à celui des méchants. Ainsi, limiter la justice aux perdants de l'élection pourrait profondément saper le processus de réconciliation. Nous pensons d'ailleurs, mes camarades et moi, que la participation du FPI au gouvernement n'est pas franchement une démarche réconciliatrice ou alors ce genre de réconciliation serait une coquille vide. On peut se réconcilier sans partager le « gâteau». Nous ne courrons pas après des postes. Par contre, la manière dont la justice se prononcera dans les mois qui viennent sera au coeur de la dynamique de réconciliation. La justice sélective est profondément injuste et ne peut conduire au pardon et à la réconciliation.

Aujourd'hui, avec du recul, qu'est-ce qui a bien pu expliquer le refus du camarade Gbagbo d'accepter le verdict des urnes? L'en aviez-vous dissuadé?. Auquel cas, de quoi aviez vous eu peur?

- Que votre discours d'homme libre soit mal vu par les autres camarades?

- D'être... tué dans le pire des cas?

Je ne peux me prononcer à la place de Laurent Gbagbo. Il est déjà emprisonné. Je ne vais pas m'octroyer sa liberté d'expression ! Quant à nos conversations privées avant sa chute, elles demeurent de l'ordre du privé. D'évidence, mon parcours politique répond à votre question: est-ce que j'ai peur? Quant à mon statut de libéral, je l'assume et le FPI est un parti ouvert au sens où notre indépendance de penser est respectée. C'est dans la diversité et l'échange que l'on grandit, même si la différence peut parfois réveiller des susceptibilités. Malheureusement, les gouvernements d'union, la rébellion et les différents accords de paix qui l'ont accompagnée, ont brisé la machine et les pensées sont restées sur papier, car nous étions minoritaires au sein des gouvernements. Je reste un libéral avant tout, car je suis persuadé que seule une politique libérale peut apporter le progrès au pays.

Aujourd'hui, vous tentez de redonner vie au Fpi, revenu au pays. Est-ce la fin de votre exil? D'ailleurs, l'on se demande encore, pour quoi cet exil au Ghana?

Je ne me considère pas comme un exilé. Je fais certes des séjours en famille à Accra... Ici, le gouvernement de réconciliation avait totalement marginalisé l'Assemblée nationale et le pays était géré par ordonnances. Cette situation m'a laissé du temps pour faire des allers et retours sur Accra. Parler d'exil est un bien grand mot!

Volet économique. Où en êtes-vous avec votre monnaie flottante?

Effectivement, je pense qu'après plus de 50 ans d'indépendance, il serait nécessaire de revoir les accords monétaires liant les pays de la zone franc à la France, de manière à rendre l'institution monétaire adaptée à la mondialisation et à l'ouverture.

La monnaie est un pilier de l'économie et il est difficile de progresser sans liberté à ce niveau. De plus, l'inflation qui se profile pour les années à venir dans les pays européens expose les pays de la zone à ce risque, alors que l'argument des défenseurs du Cfa est bien souvent la stabilité et la faible inflation. Je crois que dans les années à venir, les pays de la zone franc vont devoir s'asseoir pour aborder sans tabou ces problèmes avec les autorités françaises.

Sinon, nous continuerons à avoir une bancarisation faible et des investissements privés faibles comparés aux flux de l'aide publique au développement. Le monde est aujourd'hui à la flexibilité, au libre marché et à l'ouverture. Le système du franc CFA est protectionniste, appauvrissant et moralement et économiquement indéfendable.

Considérez-vous encore que l'Afrique et ses Cfa arrimés à l'euro devait s'en éloigner, pour trouver la voie d'une indépendance économique?

Je reste convaincu de la nécessité de revoir la parité entre le franc Cfa et l'euro. Mais je vous invite à poser la question aux industriels des pays africains membres de la zone franc.



Source: Le blog de Théophile Kouamouo

dimanche, 29 mai 2011

MARINE LE PEN: «ALASSANE OUATTARA DOIT ETRE JUGE POUR SES CRIMES»

MARINE LE PEN.jpg

Marine Le Pen, Présidente du Front National, lors de son passage vendredi sur la chaîne Française France 2, a déclaré  qu'Alassane Ouattara devrait être jugé pour ses crimes en Côte d'ivoire.

« Il y a quelques jours Monsieur Sarkozy, qui a contribué à mettre en place Alassane Ouattara, était présent à son investiture en Côte d'Ivoire, or le rapport d'Amnesty international indique que les combattants d'Alassane Ouattara se sont rendus coupables de crimes de guerres et de crimes contre l'humanité », a précisé la présidente du Front National avant d'ajouter :

«Je pense qu'Alassane Ouattara doit être poursuivi...ou alors on considère encore une fois qu'il y a des intérêts supérieurs qui font qu'il y a des « gentils criminels de guerre » et des « méchants criminels de guerre », comme il y a de « bons dictateurs » et de « méchants dictateurs ». Ça dépend d'ailleurs du moment. Parce que les gentils dictateurs deviennent des méchants dictateurs en quelques jours...».

Alassane Ouattara, le nouveau chef d'Etat ivoirien installé par la coalition armée Licorne-ONUCI-FRCI, a qualifié vendredi le Président Laurent Gbagbo de « criminel », estimant qu'il devrait rester en « prison ».

Cette sortie de celui qu'on surnomme « le Préfet d'Abidjan » (en référence à ses liens étroits avec le Président français) intervient alors que la procédure judiciaire vient de démarrer avec la deuxième audition jeudi du Procureur désigné par Ouattara.

Laurent Gbagbo, qui a été capturé le 11 avril par les forces armées (Licorne, ONUCI et FRCI) soutenant Ouattara est détenu « illégalement» dans une résidence à Korhogo (nord du pays). Aucun chef d'accusation n'a été, à ce jour, prononcé contre lui, ni contre les nombreuses personnalités enlevées en même temps que lui.

 

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LE PARTI DU PRESIDENT GBAGBO «PAS PRESSE» DE PARTICIPER AU GOUVERNEMENT OUATTARA


 

Le FPI (Front Populaire Ivoirien, parti fondé par le Président Laurent Gbagbo) a soumis mercredi ses préalables quant à son éventuelle participation au prochain « gouvernement d'union » annoncé par  Alassane Ouattara, le nouveau Président installé par la coalition armée Licorne-ONUCI-FRCI.

« Quand les conditions de sécurité, de libération de nos camarades (seront remplies) alors, nous pourrons envisager sérieusement d'entrer au gouvernement. Il n'y a pas d'urgence ! », a indiqué le Professeur Mamadou Koulibaly, à l'issue d'un conclave de plus de 3 heures du Comité Central du parti élargi à ses alliés du Congrès National pour la Résistance et la Démocratie (CNRD).

Selon le rapport final de la rencontre dressé par Mamadou Koulibaly, d'autres questions, non sans importances, feront l'objet dans les jours avenirs de réflexions afin de constituer un mémorandum qui servira de directive.

«La question de la Commission électorale indépendante. Oui ou non, cette Commission est encore valable ou pas, vu que le changement du champ politique est profond. Ils se sont interrogés sur la liste électorale : est-ce que cette liste électorale est encore valide pour aller à des élections à venir ? Est-ce que nous y intégrons les nouveaux majeurs ou pas ? Ils se sont posé la question du découpage électoral et du nombre de députés à l'Assemblée Nationale et du mode de scrutin. Ils aimeraient savoir exactement ce qui va se passer », a-t-il expliqué.

Alassane Ouattara a annoncé, dans la foulée de son investiture en tant que « Président de la République de  Côte d'Ivoire», la constitution d'un gouvernement ouvert au FPI, le parti de son prédécesseur capturé par les forces armées le soutenant.

Mamadou Koulibaly, Président de l'Assemblée Nationale et assurant l'intérim de la présidence du FPI, avait interpellé, début mai, les nouvelles autorités sur « l'urgence d'un retour rapide à la normalité », préalable à toute activité politique.

Les exactions se poursuivent, faisant penser à une « chasse aux sorcières » contre les personnes jugées proches du Président Gbagbo, obligées de fuir ou de rester cacher pour échapper à une mort certaine.

Plusieurs organisations internationales des droits de l'homme, ont révélé que la situation sécuritaire reste précaire à Abidjan, plus d'un mois après la capture du Président Gbagbo par la coalition France-ONUCI-Licorne. Les forces de Ouattara commettent encore des exactions sur les civils, ont-elles rapporté.



Source: DIRECTSCOOP.NET

vendredi, 27 mai 2011

INTERVIEW: TRAORE ZANGA (CDT DES FRCI) CRIE SA COLERE: «NOUS AVONS ETE OUBLIES !»


TRAORE ZANGA. CDT FRCI.PNG

« Beaucoup de soldats sont impatients »


C'est dans son bureau situé dans les locaux du Commissariat du 1er Arrondissement au Plateau qu'il nous a reçu. Accompagné de ses camarades de lutte, Traoré Zanga, Commandant du « Groupement guerrier pour la dignité et la justice en Côte d'Ivoire » a dit regretter que ses éléments soient délaissés aujourd'hui. A dire vrai, il n'est pas content et il demande un minimum de reconnaissance.

Interview.

Comment se fait la cohabitation entre vous et les policiers du Commissariat du 1er arrondissement ?

Traoré Zanga : Il faut dire que c'est suite à de durs combats avec les miliciens et mercenaires de Gbagbo que nous nous sommes retrouvés ici. Et, comme les policiers tardaient à reprendre le travail après l'appel du président de la République, nous avons estimé qu'il était bon d'être ici pour les rassurer. C'est étant ici que Mme la commissaire est arrivée. Depuis lors, elle fait son travail normalement. Quant à nous, nous faisons les interventions sur le terrain en cas de vols, bien sûr en collaboration avec la Police. La cohabitation se passe bien.

C'est quand vous allez céder le 1er Arrondissement à l'ensemble des policiers ?

T. Z : Lorsque tout va se stabiliser et que le président de la République va estimer que le pays est réunifié et maîtrisé, nous allons retourner dans les casernes.

Mais le président Ouattara, il y a au moins trois semaines, vous a demandé de retourner dans les casernes.

T. Z : Effectivement, il avait demandé de le faire. Et beaucoup sont rentrés dans les casernes. Mais, tout le monde ne peut pas y rentrer parce qu'il y a des velléités. Ce qui fait qu'il y a encore des check-points. En plus, certaines personnes nous demandent de rester un peu. Elles disent ne pas être assurées par la présence des autres (ex-Fds, Ndlr).

Vous dites que certaines personnes vous demandent de rester un peu, mais il y a que d'autres personnes qui se plaignent des pillages et autres exactions commmis par des éléments des Frci. N'êtes-vous pas informés ?

T. Z : Oui, nous sommes informés. Il faut reconnaître que dans tout groupe, il y a toujours des éléments incontrôlés. Nous travaillons d'arrache-pied pour que cela cesse. Il est important que les uns et les autres sachent qu'aujourd'hui, nous sommes dans un climat apaisé et qu'il faut collaborer avec tout le monde. Ce n'est plus la chasse aux sorcières. Nous passons ce message tous les jours pour que tout le monde revienne à la raison. Mais n'oublions pas que beaucoup de personnes ont subi des préjudices par la faute de voisins ou de collègues « corps habillés ». A la Pj (Police judiciaire, Ndlr) par exemple, bien que le président de la République ait lancé un appel, la reprise est difficile. Le problème, c'est que, entre eux-mêmes, ils n'ont pas été bien. Certains passaient au domicile de leurs collègues avec les escadrons de la mort pour les menacer. Aujourd'hui, on leur demande de venir, mais ils ne viennent pas.

Au 1er Arrondissement où vous êtes, est-ce que tous les policiers ont repris le travail ?

T. Z : Non. Il y a à peine 30% de l'effectif qui a repris.

Et les autres policiers, où sont-ils?

T. Z : Moi, je ne gère pas les Policiers.

Vous êtes combien d'éléments des Frci présents au 1er Arrondissement ?

T. Z : C'est une section, c'est-à-dire 25 éléments.

Comment vous vous êtes retrouvés dans ce commissariat ?

T. Z : Dans la stratégie d'attaque, depuis Abobo, un groupe devait progresser vers Williamsville et un autre vers le Plateau avec le commandant Chérif Ousmane. Donc, nous faisions partie du groupe qui devait progresser vers le Plateau. Après avoir conquis le Plateau, étant donné que le Commissariat du 1er Arrondissement est un poste stratégique, nous avons posté des éléments-là.

Vous êtes venus de Bouaké ou vous étiez à Abidjan et depuis quand avez-vous commencé votre combat?

T. Z : Nous étions à Abobo. Avec l'entêtement de Laurent Gbagbo à rester au pouvoir, nous avons pris des dispositions. Nous avons commencé à Abobo Pk 18, ensuite à Abobo avocatier, à Abobo gare jusqu'au Samanké où nous avons détruit des chars.

Vous faites partie du « commando invisible » ?

T. Z : Ce sont les journalistes qui ont donné ce nom-là. Parce qu'ils ne savaient pas qui combattaient. Sinon, moi le groupe que je dirige, c'est le « Groupement guerrier pour la dignité et la justice en Côte d'Ivoire ».

Après avoir mené le combat qui était juste, selon vous, est-ce que vous avez été récompensés ?

T. Z : Aujourd'hui, les pères de la victoire sont connus. Il y a, entre autres, moi, Traoré Zanga, Coulibaly Sindou à Abobo derrière rails avec Sangaré Fousseni. Quand on évolue vers Adjamé, il y a Coulibaly Ibrahim, Ouattara Lacina dit Barbu et Abass. Ce sont les personnes-là qui ont combattu et qui continuent de combattre.

N'aviez-vous pas de liens avec feu Ibrahim Coulibaly dit IB ?

T. Z : Pas du tout. Je ne le connais même pas.

Comment se fait votre identification aujourd'hui ?

T. Z : L'identification se fait avec beaucoup de désordre. Les initiateurs de l'offensive sont là. Ils savent ceux avec qui ils ont commencé et progressé. Pour l'identification d'Abidjan, il aurait fallu contacter les initiateurs.

Vos éléments n'ont donc pas encore été identifiés ?

T. Z : Ils n'ont pas encore été identifiés. Il y a des éléments qui sont postés au Palais présidentiel. Il y a d'autres à Azito et à la base navale à Yopougon...

N'avez-vous pas de contacts avec les responsables des Frci comme Wattao, Chérif Ousmane sur le sujet ?

T. Z : J'ai de bons rapports avec le commandant Wattao avec qui j'échange. Tout comme avec le commandant Chérif avec qui j'évoluais dans l'offensive. Ils m'ont dit que les dispositions sont en train d'être prises pour que tout le monde soit enrôlé. Mais, il faut dire que beaucoup de soldats sont impatients. Ils n'arrivent pas à comprendre qu'étant au Plateau, leur enrôlement n'ait pas été fait au moment où l'opération se faisait dans cette commune. Je vous apprends que ceux qui font l'enrôlement ont fini au Plateau et se trouvent aujourd'hui à Abobo. Donc, il y a lieu de s'inquiéter...

Vous pensez avoir été oubliés ?

T. Z : Certainement !

Comment vos éléments vivent depuis que vous avez commencé votre combat ?

T. Z : Depuis que nous avons commencé, je n'ai reçu aucune ration alimentaire. D'autres commandants vont venir confirmer ce que je dis. C'est donc nous-mêmes qui soignons nos blessés et nourrissons nos soldats.

D'où tirez-vous alors vos moyens ?

T. Z : De nombreuses personnes, qui épousent notre combat, nous aident avec le peu de moyens qu'elles ont.

A vous entendre, on se rend compte que vous êtes frustrés et déçus ?

T. Z : C'est vrai qu'il n'y a pas eu d'engagement entre nous et quelqu'un. Mais il faut un minimum de reconnaissance.

Vous voulez quoi concrètement ?

T. Z : Le pays est dirigé quand même. Nous pensons qu'ils savent au moins tout ce que nous avons fait. Ils doivent se demander au moins qui sont ces jeunes-là. Et, après s'il y a d'autres paramètres, on pourra en discuter.

L'argent par exemple ?

T. Z : Moi, je ne suis pas trop accroché à l'argent. Si j'étais trop porté sur l'argent, j'aurais abandonné la lutte. Ce que nous avons fait, c'est grand. Donc, on mérite un merci.

Souhaitez-vous, en plus de la réinsertion, intégrer l'armée, la Police, la Gendarmerie et les autres corps para-militaires ?

T. Z : La réinsertion, c'est tout à fait normal. D'autres méritent d'entrer aussi dans l'armée, s'ils le souhaitent et s'ils remplissent les conditions.

Avez-vous posé ces revendications au commandant Chérif Ousmane qui le responsable du Plateau avec qui vous êtes ?

T. Z : Le commandant Chérif Ousmane ne peut pas décider du sort des combattants d'Abidjan. Il n'a pas lancé un appel pour demander aux jeunes d'Abobo de prendre les armes.



Propos recueillis par SYLLA A. in le quotidien ivoirien SOIR INFO


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POUR INSTALLER SA MILICE, OUATTARA DISSOUT: CRS, BAE, CECOS ET DEMIR


Pour mieux installer sa milicie, ouattara vient de dissoudre les unités spéciales des forces de sécuirté nationales chargées de la sécurité intérieure du pays. Il s'agit de:

-La Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS)

-La Brigade Anti-Emeute (BAE)

-Le Centre de Commandement des Opérations de Sécurité (CECOS)

-Le Détachement Mobile d' Intervention Rapide (DEMIR)

L'information qui circulait dans le milieu de la police depuis près d'un mois, a été confirmée par des éléments du Centre de commandement des opérations de sécurité (Cecos). Qui soutiennent qu'un message affiché à l'école de gendarmerie fait état de la dissolution du Cecos de Guiai Bi Poin.

D'autres sources policières rapportent qu'il en est de même pour la Compagnie républicaine de sécurité (Crs), la Brigade anti-émeute (Bae) et le Détachement mobile d'intervention rapide (Demir) de l'ex-comthéâtre, Boniface Konan.

Selon ces sources, Ouattara reprocheraient à ces unités d'avoir été trop proches du président Gbagbo. Surtout qu'on connaît leur fidélité à la légalité constitutionnelle et à la souveraineté de la Côte d'Ivoire.

Le nouveau régime installé par la France, compte plutôt travailler avec sa milice dont les membres sont pratiquement tous originaires du grand nord de la Côte d'Ivoire acquise à la cause de Ouattara. Aussi les camps de la Bae et de la Crs serviront désormais à leur encasernement.

Les policiers et les gendarmes qui composent ces unités devraient être redéployés dans le Nord, pour la plupart et dans les services civiques, comme la police secours et la police de salubrité. tandis que les autres iront à la police de salubrité. Une façon de les désarmer, pour que sa milice puisse travailler sans être inquiétée.

C'est elle qui va constituer sa nouvelle force spéciale dirigée par un nordiste, le colonel-major Doumbia Lacina, ancien commandant du 1er bataillon.


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OUATTARA APPELLE A LA REACTIVATION DU 43ème BIMA, LA SOUVERAINETE NATIONALE MENACEE!


Au fur et à mesure que les jours passent, Alassane Ouattara montre par ses attitudes et sa nouvelle politique étrangère qu'il n'est ni moins ni plus qu'un gouverneur aux ordres de la France, dont l'unique feuille de route est de permettre à cette petite puissance de reprendre totalement possession de son pré-carré.

La Côte d'Ivoire, la France la veut et elle la veut à elle seule.

Dans une interview accordée à Europe 1, Alassane Ouattara a annoncé avoir demandé le maintien de la force française Licorne en Côte d'Ivoire et la réactivation de la base du 43ème Bataillon d'infanterie de marine (BIMa) à Port-Bouët que le président Gbagbo avait dissout en juin 2009.

"Je l'ai demandé", a déclaré M. Ouattara, interrogé sur le point de savoir s'il avait fait une requête au président Nicolas Sarkozy pour le maintien en Côte d'Ivoire de la force Licorne. "Je demande également que la base française, le 43ème BIMa, soit réactivée et continue en Côte d'Ivoire", a-t-il dit.

Avec cette nouvelle demande, qui demeure surprenante dans une Afrique qui réclame de plus en plus son indépendance, ce sont les accords secrets humiliants de 1960 qui reviennent. Les forces françaises assurent le maintient et la sécurité du pouvoir en place et la France garde l'exclusivité des échanges internationaux. Tout doit désormais passer par elle. C'est ce qui était au temps de Houphouët. On comprend désormais ce qui signifie " leur retour à l'ère Houphouët-Boigny".

C'est cette même politique qui est appliquée au Gabon, au Niger, au Sénégal, au Tchad..., dans la plupart des ex-colonies françaises.

Avec Ouattara, on peut dire que la Côte d'Ivoire gouvernée par la France " is back" !



Source des 3 articles: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

GBAGBO VU DE L'INTERIEUR DU POUVOIR OUATTARA: «UN REDOUTABLE ADVERSAIRE POLITIQUE, IL EST HUMAIN ET GENEREUX»

 

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COMMENT GBAGBO EST VU DE L'INTERIEUR DU POUVOIR OUATTARA :

Entretien révélateur avec un proche de Ouattara enregistré discrètement par un «agent secret»




Appelez-moi DM, 47 ans, américain d'origine sénégalaise, cadre dans un cabinet américain d'évaluation de risque d'investissement. Je rentre d'une mission en Cote d'Ivoire pour le compte d'un de nos clients. Nous avons eu à faire, mes collègues et moi, en plus d'Abidjan, un fructueux déplacement à Yamoussoukro pour assister à l'investiture de monsieur Ouattara Alassane.


Nous ne pouvions pas manquer, comme certains cabinets concurrents qui avaient aussi leurs hommes en mission, ce grand rendez-vous qui se présentait à nous comme une véritable aubaine pour réactiver nos contactes dans l'entourage des présidents africains, et surtout sonder, dans le cas du nouveau pouvoir ivoirien, ceux que nous appelons dans notre jargon les "back sits", et qui ne sont rien d'autres que les hommes de l'ombre qui aspirent un jour à être en première ligne. Ceux-là sont plus ouverts, francs, un peu bavard pour certains, que les officiels qui, très souvent, nous tiennent un langage diplomatique, lorsqu'ils savent l'objet de notre visite.


C'est dans cette perceptive que je fais la rencontre, parmi tant d'autres, de celui que je nommerais AK, à qui je n'ai pas révélé le but réel de séjour en Cote d'Ivoire, et dont j'ai enregistré la conversation à son insu comme le veut ma profession. Rien de méchant en cela, puisque ce que nous faisons peut être assimilé à de l'espionnage. Nos clients ont besoin de savoir où et avec qui, ils iront faire du business. Passé de gros contrats pétroliers nécessite un minimum de garantie.

Je précise que AK que je voyais pour la troisième fois ne sont pas ses initiales réelles. Je me dois sincèrement de protéger l'identité de cet homme intelligent, sympathique, plein de bon sens, dont on m'a dit après, qu'il a d'énormes chances de rentrer au gouvernement dans les jours à venir. Mon but n'étant pas de l'exposer, j'ai délibérément retiré de notre entretien que je publie en dessous de mon introduction, certains passages qui pourraient amener ses connaissances à l'identifier. A lui-même qui se reconnaitra probablement, je voudrais d'ores et déjà lui présenter mes excuses les plus honnêtes pour l'acte que je pose. Qu'il se rassure, ma nature, mon honneur et mon métier ne me permettront jamais de le porter au grand jour. Seulement voilà, je ne pouvais pas m'empêcher de publier cet aveu fait sur Laurent Gbagbo, cet homme politique que j'admire pour ses idées, son audace et son courage à défier la France qui du reste, pour moi, reste un des maux majeurs pour nous les africains. Ne dit-on pas que le meilleur hommage vient de son adversaire? AK et moi avons eu un long échange "amical". C'est peu à peu, astucieusement, comme le veut ma méthode de travail que je l'ai conduit à un jeu de question-réponse. Voici l'extrait concernant uniquement le président Gbagbo que je souhaite partager avec vous, frères africains, pro et anti Gbagbo. Merci pour vos commentaires qui j'en suis sûr seront diamétralement opposés les uns aux autres. C'est ça aussi la beauté de la démocratie qui ne devrait pas nous amener à nous entre-tuer pour le toubab. Que la paix revienne en Cote d'Ivoire.

Moi : Ouf ! Pourrait-on dire. Après tant d'années de lutte, le président Ouattara y est enfin.


AK : Oui, on pourrait voir les choses comme ça. Sauf que nous y sommes pas encore parfaitement. La tâche n'est pas aisée pour être franc avec vous.


Moi : Non, mais, monsieur...


AK : A...


Moi : Pourquoi? Laurent Gbagbo est en résidence surveillée, le président Ouattara est investi aujourd'hui devant ses pairs africains et Sarkozy...


AK : Oui, ça, c'est le coté cérémonial de la prise du pouvoir. Mais le volet sécuritaire qui est du domaine de l'exercice quotidien du pouvoir, nous le laisse croire. Quand vous avez eu affaire à un adversaire politique chevronné, aussi coriace que Laurent Gbagbo, vous ne racolez pas les morceaux aussi aisément après lui. Son ombre, nous en sommes tous conscients au parti, planera encore sur le mandat du président Ouattara, si Allah nous aide à le conduire à terme. Politique jusqu'au bout des ongles, je crois sincèrement qu'il a préféré cette sortie pour mieux nous discréditer à la face du peuple et des panafricanistes. Nous entendons beaucoup de choses à ce propos. Si son départ avait été autre que celui que nous avons connus, gagner l'estime d'une partie de la population qui répugne le président Ouattara aurait été plus facile par des actes concrets de développement. Mais là, c'est très compliqué pour lui et ses collaborateurs que nous sommes. Il y a une partie de la population qui, quelque soit ce que nous ferrons de bien pour elle, ne nous acceptera jamais. Mais ce n'est pas pour autant que nous baisserons les bras dans la voie de la réconciliation.

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Moi : Ses principaux généraux ont faits allégeance ! Avec un peu de temps, leurs subalternes suivront certainement...

AK : Ça fera bientôt deux mois que nous les attendons ! (rires) Nous avons l'impression d'être dans une situation savamment orchestrée, où on nous donne la tête et on garde le cœur pour soi. Hors vous conviendrez avec moi que sans le coeur, le corps ne fonctionne pas ! Avec Gbagbo tout est possible. (rires) Il est d'une perversité hors paire dans son approche de la chose politique, et personne ne peut limiter son champ d'action dans ce domaine. Ce que nous savons, par contre, tous de lui, c'est qu'il affectionne l'adversité. Cela semble l'exciter. C'est homme extrêmement rusé qui ne vous lâche pas dans un affrontement politique. Vous savez, s'il y a quelque chose que Laurent Gbagbo a parfaitement réussi, c'est son appareil sécuritaire. Cette armée qui a fondu dans la nature est une armée redoutable qui dispose de quatre composantes : les FDS, les milices, la FESCI et les mercenaires, le tout avec encore assez d'armes dissimulées un peu partout sur le territoire que nous cherchons vainement.


Moi : Et pourtant, elle n'est pas parvenue à le maintenir au pouvoir...


AK : C'est là où il y a lieu de s'interroger profondément. Hormis le fait que ce soit à cause de la puissance de feu française, l'on pourrait aussi se demander, comment une armée pour laquelle L'ONUCI et la France ont eues une attention particulière, parce que bien équipée et très bien entraînée (nombreux de ses jeunes officiers font partie des meilleurs de leur promotion), peut-elle décrocher et refuser de rejoindre les nouvelles autorités? On suppose que si elle a décrochée, c'est parce qu'elle ne voulait plus suivre son chef. Mais pourquoi ne veut-elle pas nous rejoindre dans ce cas alors?


Moi : Par peur de représailles peut-être !


AK : Je veux bien croire pour ceux qui étaient à des postes de commandements. Mais qu'avons nous comme moyens pour mener des actions de représailles contres des milliers d'hommes de rang sans attirer les regards de la communauté internationale? Non, la vraie cause doit être ailleurs. Est-ce un piège qu'on nous a tendu? Du genre prenez place et nous nous occuperons de vous après. N'oubliez pas que pendant dix ans, elle n'a pas renversé Gbagbo comme nous l'aurions aimés. Aujourd'hui, c'est à ce niveau que se situe notre plus grosse inquiétude. Comment gouverner avec tous ces milliers de militaires dans la nature? Qu'ils fassent allégeance ou pas, ils resteront, de toute évidence une épée de Damoclès sur nos tète. Si nous leur confions la sécurité du pays, ils pourront nous renverser. Si nous les laissons là où ils sont, ils pourraient mener une attaque depuis leur cachette. Je ne vous le cache pas, notre situation est très inconfortable, au point que beaucoup d'entre nous gardent encore femmes et enfants hors du pays.


Moi : Qu'allez-vous faire maintenant? Le premier ministre qui est aussi celui de la défense s'attèle à cela je suppose?


AK : Qui ça? Le jeune frère Soro? Non..., il a joué sa partition, il est maintenant temps qu'il prenne un bon repos mérité. Il faut que le grand-frère (Ouattara) fasse appelle à quelqu'un de plus étoffé, plus âgé ayant un CV requis pour la fonction. Nous sommes en Afrique et cela est très embarrassant pour beaucoup de se voir appeler tonton en privé et de lui donner du monsieur le premier ministre avec révérence en publique. (rires)


Moi : Ç' a quand même marché avec le président Gbagbo !


AK : C'est la particularité de l'homme Gbagbo ça ! (rires) On croyait lui faire mal en lui demandant de prendre le jeune frère comme PM, il l'a accepté pour plutôt mieux ridiculiser nos amis qui étaient au gouvernement dans l'ordre protocolaire.


Moi : La Licorne et l'ONUCI vous aident à sécurisé le pays, je constate?


AK : Oui, mais cela nous fait passer pour un pouvoir à la solde de l'étranger et ne rassure ni nos compatriotes quant à la fin de la guerre, ni les éventuels investisseurs qui verront en cette présence un signe d'instabilité. Voilà pourquoi certains au parti disent que même chassé du pouvoir, Laurent Gbagbo codirige la Côte d'Ivoire avec nous. (rires)


Moi : Vous qui semblez le connaitre, comment le décrirez-vous?


AK : Vous êtes un Gbagboïste, il me semble ! (rires)


Moi : Non, pas nécessairement... Je suis chez vous, autant me faire une idée autre que celle de la presse !


AK : Nos frères sénégalais sont en général pour le président Ouattara. (rires) Ou bien, c'est parce que vous vivez aux USA, vous? Non...Il est humain, généreux, très généreux, amusant, aimant la femme (rires)..., et un redoutable adversaire politique pour ce qui me revenait très souvent des amis du parti qui ont eus à bien le côtoyer. Pour ma part, j'ai eu à le rencontrer que quatre fois où il nous à bien fait rire avec des histoires drôles qu'il aime conter pour détendre l'atmosphère. Mais quand nous allions le croiser, la consigne était claire : faire attention à ce qu'il propose comme solution. Car, il a un don inouï de piéger ses adversaires politiques qui ont fini par le surnommer le boulanger. (rires) Oui, c'est vrai, avec Gbagbo vous prenez goût à la politique qui devient un jeu de réflexion excitant. Ce serait faux de dire qu'il ne nous passionne pas tous quelque part.


Moi : A vous entendre, c'est vous plutôt le gbagboïste ! (rires) Apercevez-vous la noblesse de son combat dont parlent encore ses partisans?


AK : Noblesse de son combat... Vous savez, il y a ceux qui veulent changer les choses et qui n'y arrivent pas. C'est le cas de Gbagbo. Et il y a ceux qui disent, l'ordre est déjà établi, autant faire avec. Pour le reste, le débat peut être lancé en ayant à cœur la question suivante : avons-nous les moyens nécessaires, en tant qu'africain, d'inverser l'ordre de la domination occidentale? S'il s'en est lui-même remis à l'aide divine, c'est parce qu'il n'avait pas la capacité de l'emporter sur la France.

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Moi : Attendez-là, je croyais qu'il s'agissait d'un duel entre lui et le président Ouattara ! (rires)

AK : (Rires) Je vous sais intelligent pour croire que c'en est la principale raison. Il y a un chanteur reggae de chez nous qui dit "ils ont partagés le monde, rien ne m'étonne...". C'est Tiken Jah.


Moi : Je m'apprêtais à poser une autre question, lorsque je suis interrompu par une tape dans le dos. Qui vois-je en me retournant?

TH, ancien compagnon d'université aux USA. Devenu membre influent du cabinet présidentiel de son pays, il était du voyage avec son président Toute suite, il se lance dans une violente critique, en anglais bien sûr, pour ne pas que les gens nous comprennent, cela, à l'endroit de la France impérialiste qui venait de renverser le président Gbagbo pour installer Ouattara. Je profite pour lui demander: " what about your boss? How he is seeing the all situation?" (et ton patron? Comment voit-il la situation? ). Il me répond qu'il n'a pas cessé de se plaindre tout le temps qu'a duré le vol de ce que ce petit (Sarkozy) les ait presque obligé à venir à Yamoussoukro. Ce dernier aurait ironisé à un de ses homologues africain en lui disant : "ça t'ennuierait pas de le provoquer (Sarkozy) pour qu'il te bombarde et qu'il me mette à ta place? Toi au moins, tu as la forêt que je n'ai pas, moi ! ".

Lorsque TH nous quitte, AK qui comprend l'anglais, j'aurai du m'en douter vu son niveau d'étude, me fait remarquer que si TH était dans l'opposition en train de courir après le pouvoir d'état, il n'aurait pas tenu ses propos presque désobligeants à l'endroit de son patron à lui, le président Ouattara. Quand il me demande de quel pays est-il? Je presse de lui dire gentiment qu'il n'y aura pas d'incident diplomatique par ma faute. Il a fallu aller à la recherche d'autres sujets avant de revenir sur celui qui m'intéressait le plus ce jour-là, c'est à dire le président Gbagbo.

Moi : Allez-vous vraiment l'envoyer devant la CPI?


AK : J'en sais rien. Je ne suis pas en charge du dossier. Mais si tel était le cas, nous aurions empirés une situation déjà chaotique de laquelle nous peinons vraiment à sortir. Et puis dans le fond, sommes-nous, nous-mêmes exempts de tout reproche? Ce que je sais, par contre, c'est que plus il sera entre nos mains, moins il sera probable que nous subissions une attaque armée de ses partisans. Cela nous donne donc le temps d'asseoir notre pouvoir avec l'aide de l'armée française à laquelle le grand-frère (Ouattara) a demandé un plan de restructuration de la notre en incluant des coopérants français dans sa chaîne de commandement comme au temps du président Houphouët. C'est après cela que nous pourrions être sûrs d'être réellement aux commandes. (rires) La politique, c'est aussi l'art de faire diversion. Garder Gbagbo, c'est amener ses partisans à plus réclamer sa libération que contester la légitimité du président Ouattara.


Moi : Entre nous, de vous à moi, la présidentielle, vous l'avez vraiment remportés? Parce que sur le net, j'ai vu des preuves...


AK : (Eclats de rires) Eh bien là, vous vous êtes dévoilés maintenant ! Vous êtes pour Gbagbo. (rires) Vous savez, il y a un proverbe chez nous qui dit, et je cite : quand vous avez faim et qu'on vous donne à manger, vous ne vous demandez pas, si les mains qui ont cuisiné la nourriture étaient sales. Nous avons le pouvoir et nous avons l'intention de l'exercer pleinement. La polémique des élections, c'est du passé. (rires)


Moi : Il va falloir compter avec la résistance dite patriotique de Blé Goudé alors !


AK : Mais elle était là avec ses meetings qui coutaient au contribuable, et puis nous sommes arrivés au pouvoir ! Vous savez, elle était d'ordre pécuniaire. Et comme ils n'ont plus les caisses de l'état et qu'ils vivent dans des conditions déplorables au Ghana, elle s'essoufflera à coup sûr ! Dans peu de temps beaucoup d'entre eux négocieront leur retour pour retrouver le confort de leur palace qui leur manque tant. La seule chose que nous craignons, je vous le répète, ce sont les militaires et non Blé Goudé que d'aucun déclare mort. Lorsque les français nous auront aidés à les mettre sous l'éteignoir, nous roulerons en roue libre. Les partisans de Gbagbo qui, nous le reconnaissons, est un doué de la politique, n'ont pas la persévérance qui est la notre. C'est elle qui nous a amenée à acculer leur champion pendant dix ans. Leur machine est décapitée, ils baisseront les bras tôt ou tard. Vous verrez qu'à votre prochaine visite, ils seront tous rentrés dans les rangs. Ya rien en face, comme ils avaient l'habitude de nous le dire.



Moi : Pourtant, pour ce que j'ai entendu de nombreux pro-Gbagbo, vous ne seriez pas au bout de vos peines, parce qu'ils ne vous lâcheront pas !



AK : Ils peuvent menacer. Quand ils se seront remis de la chute de Gbagbo, cela leur passera. (rires)

 


Source: TELEDIASPORA.NET

jeudi, 26 mai 2011

LE PRESIDENT GBAGBO RENCONTRE POUR LA PREMIERE FOIS SES AVOCATS !

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Cette nouvelle vient personnellement du conseiller spécial du président Gbagbo, M. Toussaint Alain, alors que de folles rumeurs circulent actuellement sur une éventuelle hospitalisation du Président dans un hôpital célèbre à Abidjan, la PISAM.

Cette nouvelle vient aussi d'être confirmée par l'agence Reuters.

Selon cette agence le président ivoirien, son excellence M. Laurent Gbagbo a pu aujourd'hui rencontrer ses avocats à sa résidence surveillée à Korhogo en vue d'une éventuelle audition par le procureur de Ouattara. Il s'agit de deux avocats, Me Habiba Touré et Me Hervé Gouaméné.

Le président Gbagbo est actuellement détenu arbitrairement dans cette ville du nord de la Côte d'ivoire, fief de la rébellion armée de Soro, à la demande de Ouattara qui dit craindre une tentative d'enlèvement.


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

LES SOUS-MARINS QUE CACHENT LES WIKIBRUITS

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Par Bernard Desgagné

Les histoires de sous-marins et les opérations psychologiques dont j'ai donné un exemple frappant dans mon article précédent, sur la crise des prétendus sous-marins soviétiques en Suède, en 1981 et 1982, n'appartiennent pas qu'à l'époque de la rivalité entre les États-Unis et l'URSS. Les wikibruits font partie des opérations psychologiques, eux aussi. Ils nous cachent des bruits de bottes quelque part. Comme c'est presque toujours le cas, les suivistes médiatiques ne font preuve d'aucun esprit critique et se montrent friands des potins potentiellement générateurs de bonnes cotes d'écoute.

Les journalistes ont le regard fixé là où leurs patrons les envoient, alors que des évènements majeurs se produisent parallèlement à leurs romans-savons. Ils n'accordent qu'une importance secondaire à ces évènements, quand ils ne les déforment pas ou ne les ignorent pas totalement. Comme nous n'avons pas envie de demeurer prisonniers de l'univers fantaisiste auquel les médias de la ploutocratie veulent confiner nos esprits, jetons un coup d'oeil du côté de la Corée, car il s'y est passé récemment des choses inquiétantes, mais largement occultées, qui expliquent peut-être qu'on veuille tant que le public s'intéresse à Julian Assange, en guise de dérivatif. Mais d'abord, un peu d'histoire.

La guerre de Corée

Le 25 juin 1950 débute la sanglante guerre de Corée, qui fera trois-millions de morts, dont 516 soldats canadiens. Le Sud prétend qu'il est envahi par le Nord, mais le Nord prétend exactement l'inverse. Le Nord n'a aucune raison d'attaquer, mais le dirigeant du Sud, Syngman Rhee, est très impopulaire et a toutes les raisons de vouloir se servir d'une guerre avec l'appui des États-Unis pour rester au pouvoir.

Les États-Unis et leurs laquais n'ont jamais fourni la moindre preuve que le Nord avait attaqué le Sud et ainsi déclenché la guerre. En fait, nous avons aujourd'hui de très bonnes raisons de douter de la version étasunienne de l'histoire, puisque, depuis 1945, les États-Unis ont systématiquement menti pour justifier chacune de leurs guerres et de leurs opérations militaires, d'Hiroshima à l'Irak, en passant par le Vietnam.

En 1950, la Chine entre en guerre, elle aussi, non pas pour conquérir la Corée, mais plutôt parce que les centrales hydroélectriques coréennes alimentant la Mandchourie sont attaquées. Les États-Unis et leurs laquais ont souvent prétendu que la Chine voulait conquérir la Corée, mais, encore une fois, n'en ont jamais eu la moindre preuve. À l'inverse, il y a de très bonnes raisons de croire que la volonté d'attaquer l'autre venait des États-Unis, plus précisément du coeur du commandement étasunien, où s'activait le fanatique MacArthur, avec ses bombes nucléaires. C'est lui qui voulait attaquer la Chine au départ, et non l'inverse. La guerre de Corée fut en somme une guerre impérialiste d'agression étasunienne.

À la fin de la guerre, la Corée est séparée en deux États, l'un communiste et l'autre, inféodé à l'Empire. Depuis ce temps, la tension persiste, et la Corée du Nord fait l'objet d'une campagne constante de diffamation dans les médias occidentaux. Récemment, ces tensions se sont accrues, dans le cadre de la politique d'encerclement et d'agression indirecte de la Chine pratiquée par les États-Unis. N'oublions pas que sont les États-Unis qui envoient leurs soldats aux portes de la Chine, et non l'inverse, toujours en invoquant le besoin d'installer ou de protéger la supposée démocratie dans un pays, c'est-à-dire, en réalité, le besoin, pour la ploutocratie, de s'enrichir sans limites et de devenir propriétaire du régime.

La lutte de l'Empire en déclin contre la Chine

Les États-Unis ne veulent pas évidemment d'une guerre ouverte avec la Chine, qui est devenue l'usine du monde et dont ils ont besoin. Une telle guerre serait de toute manière sans issue. Ils cherchent plutôt à contenir la sphère d'influence de la Chine et à conserver leurs bons clients, acheteurs de monnaie de singe et d'avions d'attaque Lockheed-Martin. Si les États-Unis n'arrivaient plus à imposer leur dollar pour l'achat du pétrole dans le monde, ils seraient rapidement acculés au pied du mur par leurs créanciers, compte tenu de leur énorme dette publique et de leur déficit commercial. Ils perdraient beaucoup de plumes et s'appauvriraient considérablement. Compte tenu des habitudes de consommation des Étasuniens et des inégalités scandaleuses qui minent de plus en plus leur confiance en leurs dirigeants, de graves troubles internes se produiraient vraisemblablement et pourraient entrainer la dislocation du pays, dont les divers composants, du Texas au Vermont, en passant par la Pennsylvanie, sont passablement disparates.

Mais la Chine est devenue une puissance de plus en plus indomptable pour les États-Unis. Il n'y a qu'à voir comment Shangaï a complètement déclassé Manhattan par ses réalisations architecturales et son aménagement. La Chine est un immense chantier, alors que l'Empire est déjà très avancé sur la pente du déclin. Que faire ? En fait, les États-Unis ne savent pas du tout quoi faire. Pris de panique, ils se comportent de façon complètement erratique et, puisque leurs usines ne peuvent plus concurrencer celles des Chinois depuis longtemps, ils ont fait de la guerre leur principale industrie. C'est une industrie mafieuse, qui se nourrit non seulement des deniers publics étasuniens, mais aussi de ceux des pays qui acceptent de payer le parrain « pour la protection » et de participer à ses montages bellicistes. Mieux vaut payer et sacrifier quelques soldats que se faire casser la gueule soi-même. En tant que membre de la fédération canadienne, le Québec est rançonné par cette mafia, à laquelle Ottawa verse des milliards de dollars chaque année pour ne pas vexer le parrain et pour préserver supposément des emplois.

C'est dans ce contexte de déclin de l'Empire et d'ascension de l'Asie que les États-Unis ont convaincu les dirigeants sud-coréens d'asticoter la Corée du Nord et la Chine au moyen de prétendus exercices militaires près de leurs frontières. En entretenant la peur de la Corée du Nord, ils s'assurent de maintenir au pouvoir, en Corée du Sud et au Japon, des dirigeants de droite, qui leur obéissent au doigt et à l'oeil. En même temps, ils se livrent à des opérations psychologiques en Occident pour y rallier le public et justifier la guerre éventuelle. L'inoffensive Corée du Nord n'est manifestement qu'un autre épouvantail. Comment en être sur ? Comment savoir que Pyongyang n'est pas le dangereux régime qu'on prétend, dirigé par un fou prêt à se servir de son arsenal nucléaire ? Comment savoir qui dit vrai ?

Demandons-nous plutôt comment il est possible de croire des gens qui mentent sans arrêt depuis 1945. Pourquoi faudrait-il croire l'Empire, cette fois ? Voilà la vraie question. Voilà la question que ne semblent pas se poser certains médias, en particulier Radio-Canada, qui se sert de l'argent de nos impôts pour nous retransmettre machinalement les communiqués du Pentagone.

La corvette Cheonan et le sous-marin nucléaire

S'il y a eu, autour de l'an 2000, une amorce de réconciliation entre les deux Corées, les relations se sont considérablement refroidies depuis quelques années, et le prix Nobel Obama ne semble pas y avoir changé grand-chose, au contraire. Le 26 mars 2010, alors qu'a lieu dans la mer Jaune un exercice naval conjoint des États-Unis et de la Corée du Sud, un bâtiment de guerre sud-coréen, la corvette Cheonan, explose et coule à environ 2 kilomètres au sud de l'ile de Baengnyeong (environ 5 000 habitants), qui appartient à la Corée du Sud, mais qui se trouve à 20 kilomètres seulement de la Corée du Nord. L'armée sud-coréenne affirme n'avoir détecté aucun navire de guerre nord-coréen dans les parages. La Corée du Nord, elle, nie toute implication.

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La section avant de la corvette Cheonan, rapportée sur une barge après son repêchage


À la mi-avril, les deux sections de l'épave sont remontées à la surface, et une enquête a lieu. Les experts constatent qu'une forte explosion externe à proximité de la corvette a causé son sectionnement. Effectivement, le navire est complètement coupé en deux, plutôt que d'avoir un trou dans la coque, comme le ferait normalement une torpille. Par ailleurs, il est peu probable qu'un sous-marin nord-coréen ait pu s'approcher de la corvette sans être détecté, puisque la corvette elle-même était spécialisée dans la lutte anti-sous-marine.

Puis, coup de théâtre, le 20 mai, une supposée commission d'enquête internationale, composée essentiellement d'Étasuniens et de laquais des États-Unis (Corée du Sud, Australie, Royaume-Uni et Suède) déclare aux médias que c'est une torpille nord-coréenne qui a coulé le Cheonan. C'est le déchainement médiatique, et le président sud-coréen, Lee Myung-bak, annonce des représailles. À l'approche des élections régionales du 2 juin, cette affaire est pour lui et son parti une véritable aubaine puisqu'ils préconisent la ligne dure envers Pyongyang.

La Corée du Nord décide de rompre ses relations avec la Corée du Sud et met fin à un accord de prévention des conflits maritimes. La question est portée à l'attention du Conseil de sécurité de l'ONU. Encore une fois, les médias se comportent généralement en suivistes, notamment Radio-Canada, qui fait figure de véritable antenne de propagande du Pentagone. Malgré les contradictions et la mise en scène grossière, où des militaires de l'Empire déguisés en commission d'enquête internationale présentent comme preuve un morceau de torpille portant un numéro de série écrit au crayon-feutre, les journalistes gobent tout. Ils semblent avoir perdu tout sens critique. Du reste, en ont-ils déjà eu un ?

Mais le pire, dans tout cela, c'est que pratiquement personne ne s'aperçoit, malgré les reportages diffusés au début par la télévision sud-coréenne KBS, qu'un autre navire a coulé en même temps près de la corvette Cheonan. Il s'agit vraisemblablement d'un sous-marin nucléaire étasunien, ayant à son bord des missiles à tête nucléaire. La bouée indiquant l'emplacement de l'épave se trouve à quelques centaines de mètres des falaises de l'ile de Baengnyeong et non à plus de deux kilomètres, où ont sombré les deux parties de l'épave de la corvette.

C'est le branlebas de combat. Les militaires étasuniens n'ont pas l'intention de laisser des têtes nucléaires au fond de l'eau sans en connaitre l'état, ni de permettre aux médias de diffuser cette information. Comme ils commandent dans les faits le gouvernement et l'armée sud-coréens, ils n'ont pas de difficulté à obtenir et la censure, et la participation forcée des plongeurs de l'armée sud-coréenne pour localiser et inspecter l'épave subito presto. Des plongeurs coréens bien entrainés, qui ne sont pas du genre à subir normalement de bêtes accidents de décompression, sont obligés de se jeter au fond de l'océan dans des conditions dangereuses, sans attendre les compartiments hyperbares. Les plongeurs perdent connaissance les uns après les autres. Certains officiers de l'unité des plongeurs diront que « les plongeurs étasuniens ont refusé de faire le travail, car le danger était trop grand ». L'un des plongeurs coréens meurt. Il s'agit de Han Joo-ho, qui aura des funérailles de héros national. La cérémonie commémorative n'a pas lieu près de l'une des deux bouées marquant l'emplacement des deux sections de la corvette, mais près de la troisième bouée, où se trouve l'épave du sous-marin.

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Des recherches sont effectuées à partir d'un bâtiment de guerre sud-coréen, à l'emplacement de la troisième bouée, où se trouve l'épave du sous-marin nucléaire étasunien, c'est-à-dire à quelques centaines de mètres des falaises de l'ile de Baengnyeong.


Mais que faisait donc le sous-marin nucléaire étasunien à cet endroit ? Comment a-t-il été coulé ? Participait-il à l'exercice naval ? Mais non, il avait vraisemblablement une mission beaucoup plus cruciale, dont l'équipage de la corvette Cheonan n'était pas au courant. Les eaux près des falaises au sud de l'ile de Baengnyeong sont profondes et constituent l'endroit idéal pour cacher un sous-marin nucléaire, qui peut rester sous l'eau pendant un mois sans faire surface. À cet endroit, il était indétectable pour la Corée du Nord. Mais surtout, cette ile est la partie de la Corée du Sud située la plus près de Pyongyang, soit à environ 170 km. Les salopards de l'Empire se préparaient à frapper, comme à leur habitude, en prétextant une quelconque urgence ou une quelconque provocation. Comme au bon vieux temps de la chasse aux sorcières communistes et de MacArthur.

Et comme au temps de l'invasion de l'Irak, les frappes supposément chirurgicales des paranos de Washington pour détruire des armes de destruction massive imaginaires auraient fait des milliers de morts et de blessés parmi les civils. Peut-être même des dizaines, voire des centaines de milliers de victimes puisqu'il se serait agi de bombes nucléaires. Une sorte de reprise préventive d'Hiroshima, pour « sauver des vies ».

Malheureusement ou heureusement, selon le point de vue, il est arrivé ce qui finit par arriver quand on joue avec le feu, à l'instar des sous-mariniers insolents qui jouaient à cachecache avec la marine suédoise en 1982 et qui ont fini par frapper une mine. Sauf qu'ils ont été encore moins chanceux et qu'au lieu d'une mine, ils ont frappé une corvette qui leur a balancé une pluie de grenades sous-marines sur la tête. Est-ce l'explosion du sous-marin qui a causé la perte de la corvette ou un tir quasiment simultané ? Difficile à dire. Mais les généraux des deux pays alliés n'ont pas dû en être très heureux. Revenus de leur profond malaise, le 20 mai, ils auront décidé de récupérer l'accident pour relancer les opérations psychologiques contre la Corée du Nord.

Un sous-marin chinois lance un missile devant Hollywood

Évidemment, les Chinois et les Coréens du Nord ont appris ce qui s'était passé. Les Chinois, fidèles à leur habitude, ont fait preuve de beaucoup de réserve. Mais ils préparaient la riposte. Elle est venue quelques mois plus tard, en pleine visite de Barack Obama, qui faisait la tournée de ses clients d'Asie, du 4 au 14 novembre. Le matin du 10 novembre, l'empereur a dû se lever de bien mauvais poil et perdre pour un bout de temps l'envie de jouer au basket en apprenant que, la veille, le 9 novembre, au coucher du soleil, les Chinois lui avaient fait un petit coucou ! spectaculaire à quelques encablures de Hollywood, où sont fabriqués tant de navets faisant partie intégrante des opérations psychologiques du Pentagone.

Figurez-vous que la Chine est allée lancer un missile balistique intercontinental à partir d'un sous-marin, à une soixantaine de kilomètres au large de Los Angeles. Les Chinois ont déjoué tout le système de détection anti-sous-marin étasunien dans le Pacifique Nord et ont surpris le Pentagone, dont les laveurs de cerveau professionnels se sont mis à bégayer et à raconter n'importe quoi, allant même jusqu'à prétendre que le spectacle hallucinant visible en pleine heure de pointe par toute la population de la ville était un avion, un jouet ou une illusion d'optique ! Le lancement a été diffusé pratiquement en direct par la station de télévision KCBS. Heureusement pour les Étasuniens, le missile, qui aurait pu, dans d'autres circonstances frapper et raser Los Angeles en moins de deux minutes, est parti vers la Chine et ne transportait pas d'ogive nucléaire.

L'avertissement chinois est sévère. Il constitue la réplique directe à la présence du sous-marin nucléaire étasunien au sud de l'ile de Baengnyeong, en mars 2010. Les États-Unis sont profondément humiliés, eux qui n'ont pas l'habitude d'être menacés si près de leur territoire et qui doivent maintenant s'apercevoir que les Chinois ont les moyens de leur faire énormément mal. Le message des Chinois est sans équivoque : « Remballez votre attirail de GI avec lequel vous jouez à la guerre dans la mer Jaune et allez vous bombarder vous-mêmes si ça vous chante. Vous répandez la guerre et la terreur aux quatre coins de la planète depuis 65 ans et vous allez finir par gouter à votre propre médecine si vous insistez pour nous provoquer.

Comme on s'y attendait, et pour la énième fois, Radio-Canada n'a rien dit de toute cette histoire. Trop occupée avec Wikileaks et d'autres singeries du genre. La propagande a repris de plus belle lorsque, le 23 novembre, des obus nord-coréens ont frappé l'ile de Yeonpyeong après une provocation de la Corée du Sud. Radio-Canada n'a pas donné la version des faits de la Corée du Nord. Seulement celle de la Corée du Sud et de leurs maitres désinformateurs étasuniens. Quelle bande de menteurs ! Falardeau les appelait Radio-Cadenas, et ce n'est pas pour rien. Ils nous gardent dans la prison de l'ignorance avec nos impôts.

D'autres exercices militaires ont eu lieu après le bombardement de l'ile de Yeonpyeong. Actuellement, la mise en scène se poursuit. Un ballet diplomatique est en cours. Les Chinois vont peut-être chercher à donner une porte de sortie aux États-Unis, qui pourront dire que leurs amis chinois ont fait entendre raison aux dictateurs nord-coréens. Mais il y a l'affaire du prix Nobel de la paix décerné à Liu Xiaobo, une nouvelle provocation manifeste. Xiaobo est un criminel de droit commun, et non un prisonnier politique. Les Chinois sont loin d'être isolés. Ils ont avec eux les Russes et beaucoup de mauvais clients de l'Empire, notamment l'Iran, l'Irak et l'Afghanistan. La situation reste très tendue.

Pendant ce temps, Radio-Canada et les autres journaleux à gages de Desmarais jouent à Wikileaks et traquent les petits escrocs provinciaux. Jamais la démocratie véritable ne sera possible dans de pareilles conditions, où le peuple est systématiquement trompé et tenu dans l'ignorance des parties qui se jouent à Washington ou à Ottawa et qui ont une incidence déterminante sur son avenir. Le peuple abreuvé de commissions Bouchard-Taylor ou Bastarache protestera à gauche ou à droite en élisant le PQ ou l'ADQ, puis en revenant au PLQ, mais il continuera de ne pas voir les enjeux fondamentaux, le premier étant qu'il n'est pas du tout maitre de son destin. Obsédé par les fripouilles amateurs, il ne s'aperçoit pas des vices systémiques qui rongent la société en toute légalité. Réaliser l'indépendance du Québec et nationaliser l'information pour la confier à des agences indépendantes financées directement par les contribuables et relevant de l'Assemblée nationale seraient sans doute les meilleurs choix à faire à moyen terme pour commencer à changer chez nous ce monde de pourris et de menteurs.


Épilogue

Sans avoir étudié dans les moindres détails le phénomène Wikileaks, j'ai fait au début de la présente série deux constats qui me paraissent difficilement contestables : 1) La vague récente de divulgations de Wikileaks concorde avec la politique étrangère des États-Unis et d'Israël ; 2) Wikileaks a une énorme résonance médiatique qui est loin d'être typique des « médias alternatifs ». Des révélations beaucoup plus graves et parfaitement vérifiables n'ont jamais été reprises par les grands médias, du moins pas avec un tel battage.

Ces deux constats ont alimenté grandement ma suspicion, et je ne suis pas le seul. Michel Chossudovsky, lui, a poussé l'enquête plus loin et il arrive à des conclusions qui renforcent mes deux constats. Si vous lisez l'anglais, je vous suggère de prendre connaissance de l'article qu'il a publié le 13 décembre 2010 dans son site Web, GlobalResearch.ca/Mondialisation.ca. L'article s'intitule « Who is behind Wikileaks ». Il sera peut-être traduit en français bientôt. Si c'est le cas, j'ajouterai un lien ici même.


Source: VIGILE.NET

mercredi, 25 mai 2011

REVOLUTIONS ARABES: L'HEROÏSME SE DEVALUE AU CHANGE

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La «révolution» tunisienne s'est  rapidement invitée dans le débat sur  les frontières intérieures de l'Union européenne (UE). Ils sont des milliers à affluer en Italie, ces Tunisiens plus ou moins  jeunes, à la rencontre du paradis que les polices déchues de Ben Ali et de Kadhafi protégeaient  jalousement. Dès les premiers craquements, ils se sont préparés. Ensuite, ils ont fendu les flots de  la Méditerranée. Mais, y avait-il que l'opportunité de le faire, de fuir la mal- vie et la misère ? Il semble que  non, parce que ceux qui ont eu accès aux médias ont interloqué plus d'un. La première à réagir a été Marine Le Pen qui, cyniquement, a rappelé que les «clandestins» n'avaient plus de raisons de fuir leur pays.

Et des réactions plus explicites ont commencé à fuser, comme celle-ci : «L'espoir est bien là chez eux alors quelles motivations réelles incitent ces personnes à rejoindre notre pays ?» Ou encore celle-ci : «Souci démocratique ? Mais la démocratie naissante en Tunisie n'est pas assez bonne à leurs yeux ?» Ou encore celle-là : «Trouver du travail? Mais la Tunisie va avoir besoin de tous leurs bras pour se construire   sur des schémas nouveaux !» La réponse, inattendue et apparemment incompréhensible, nous vient de l'un des harraga : «Je pensais que je serais accueilli en héros».  Rien que ça !

A Lampedusa, accueilli par la police des frontières, il est conduit tout droit dans un centre de rétention. Des jours et des semaines à attendre, sans égard, sans couverture ni matelas.  Ce qui doit lui traverser l'esprit doit être assez terrible. Il est venu en «héros» et il est traité comme un «moins que rien». Et puis, qu'est-ce qui a  fait qu'il ait cru à ce statut ? Ce sont ces journalistes des télévisions qui parlaient de lui et de tous ceux qui, comme lui, se sont insurgés. Les images étaient belles et les mots ronflants et colorés. Il n'y avait alors aucun doute, il était bien un «héros» puisqu'on le lui a dit. Et là, il est réduit  à un problème dont on ne veut pas. L'Italie d'abord, qu'il veut quitter de toutes façons, car c'est en France qu'il veut se rendre, et la France, ensuite, qui refuse de l'accueillir.

Au point qu'une crise assez intense est née entre ces deux pays. Le premier pour se débarrasser de «ses» Tunisiens leur a tout simplement délivré le sésame qu'il faut, un permis de séjour, la clé de l'Europe, sachant par avance la ruée qu'il allait observer  vers la frontière française. Le permis devant, légalement,  permettre la libre circulation dans l'espace Schengen. Notre harrag et ses amis ne sont pas au bout de leur calvaire. La France installe, immédiatement,  un dispositif  policier quasi hermétique et décrète qu'il faut  avoir un passeport valide et justifier de ressources suffisantes pour pouvoir séjourner dans un autre pays de l'espace Schengen.

«L'Europe ne va nulle part si on érige des murs», s'offusque les Italiens. Peine perdue, la Commission européenne approuve la décision française et rappelle  aux Italiens que les permis de séjour temporaires n'étaient en aucun cas une autorisation de voyager dans les autres pays de l'espace Schengen. Ailleurs, la Belgique prend des mesures similaires alors que l'Allemagne et l'Autriche projettent de faire de même.

Les «héros» doivent comprendre, tel que l'a dit Le Pen pour les «arabes», qu'on ne les aime que chez eux.



Par Ahmed Halfaoui


Source : LES DEBATS.COM

AMNESTY INTERNATIONAL DENONCE LES EXACTIONS DES COMBATTANTS DE OUATTARA

Amnesty international a dénoncé mercredi dans son rapport, les exactions des combattants de Ouattara Alassane contre des populations notamment celles du Président Laurent Gbagbo.

Selon l'organisation, les combattants de Ouattara continuent de pourchasser les partisans du président Laurent Gbagbo. Amnesty international a demandé aussi à Alassane Dramane Ouattara, président installé par la coalition, ONUCI-Licorne- FRCI, à mettre un terme aux exactions qui se poursuivent dans certaines communes.

Dans son dernier rapport l'organisation des défenses des droits de l'homme demande à Alassane Ouattara  » de donner un ordre immédiat à ses forces afin de mettre un terme à ce qui se passe et à juger les auteurs ».

Amnesty international prévient que si Ouattara ne prend pas ses responsabilités, la Côte d'Ivoire risque de basculer vers de nouvelles violences. « On est loin d'une réconciliation. Que Ouattara reconnaisse la responsabilité de ses forces et qu'il suspende les responsables dans l'attente d'un procès. Qu'il protège la population encore en brousse dans les camps de déplacés qui n'osent pas rentrer chez elles, » averti, Salvador Sagès, porte-parole de l'organisation.

Revenant sur l'implication des combattants d'Alassane Ouattara dans les massacres de Duekoué, ouest de la Côte d'Ivoire, Salvador a été ferme. « Nous avons interrogé plus de 100 personnes. Elles ont tous dit que les gens qui ont tué avaient des uniformes des rangers avaient des voitures. Le jour du massacre de Duékoué, le 29 mars, toute la ville était aux mains des Frci. Ils étaient responsables de ce qui se passait là. La responsabilité des Frci n'est plus aucun doute ».

Ce rapport d'Amnesty international intervient alors que les combattants d'Alassane Ouattara sont indexés par l'association française reporter sans frontière (RSF)  dans l'assassinat d'un journaliste à Yopougon. RSF affirme que Sylvain Gagnéto journaliste de « radio Yopougon », connu pour être proche de l'ancien régime, aurait été arrêté et tué avec d'autres personnes par des éléments des FRCI.

 

Source: DIRECTSCOOP.NET

AUX FRANÇAIS DE COTE D'IVOIRE: «OTAGES, SAUVEZ-VOUS !»

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N'étaient le visage et la voix de notre frère en humanité Philippe Rémond, l'un de ceux grâce auxquels, en ces temps de ténèbres, un citoyen français peut encore s'honorer de l'être, elle aurait de quoi faire frémir, l'ovation qui a salué l'engagement pris par Nicolas Sarkozy, dans son adresse aux ressortissants français d'Abidjan, à maintenir sur place les forces armées françaises.

Bien sûr, en l'absence d'images montrant la foule, on peut aisément l'imaginer noyautée par une clique payée pour faire la "claque" à ce moment clé du discours. Mais quoi qu'il en soit, l'écho de cette ovation retentira longtemps dans la mémoire africaine : Sarkozy aurait voulu aggraver le porte-à-faux de la communauté française en Côte d'Ivoire qu'il ne s'y serait pas pris plus sournoisement.

D'autant que, si cela n'avait tenu qu'à lui et à ses nervis du Quai d'Orsay et de Matignon, c'est à Paris que le Président français se serait adressé à la communauté française d'Abidjan, après en avoir réussi l'évacuation massive; on se souvient en effets des efforts pathétiques déployés il y a peu, autant pour persuader sur place les "expatriés" de quitter le pays, que pour faire croire aux téléspectateurs français qu'une foule d'entre eux s'apprêtaient à fuir.

On vient d'assister en somme à la deuxième tentative de prise d'otage des Français de Côte d'Ivoire par les autorités de la République en l'espace d'un mois en demi : faute d'avoir réussi à les victimiser début avril -la recette de 2004 ayant mal vieilli-, il s'agit maintenant de les faire passer collectivement pour une caste de profiteurs que réjouiraient des propos du genre "vous n'avez plus rien à craindre : ces sales nègres menés par le chef Gbagbo sont désormais hors d'état de nuire; les nègres maintenant au pouvoir sont en notre pouvoir : plus rien ne vous empêche, avec notre soutien, de trafiquer à loisir pour contribuer à l'enrichissement de la Métropole".

Les voilà malgré eux embarqués sur l'énorme cargo du pillage méthodique, pistolet sur la tempe et barbouzes à la manœuvre, pris entre le marteau d'une France impudente, effrontément vorace, et l'enclume d'une Afrique au bord de l'explosion libératrice.

Pour déjouer une telle machination, et se sortir du piège mortel tendu à ses propres compatriotes par le premier d'entre eux, la meilleure option ne serait-elle pas celle choisie, peu de temps avant son assassinat, par Philippe Rémond : demander la nationalité ivoirienne, et -pourquoi pas- s'en contenter, en se souvenant que face aux traîtres actuellement associés à ce "trône de malice, qui façonne la peine et l'érige en décret"(1), et bientôt "anéantis par leur propre méchanceté"(2), le droit, la justice et la vérité -même séquestrés !- demeurent, et ne tarderont pas à l'emporter.

C'est sans doute à ce prix qu'une immense majorité d'"expatriés", loyalement épris de leur terre d'adoption, pourront acquérir sur place le poids d'un réel contre-pouvoir, et le mettre, en l'honneur de la France authentique, au service de la vraie Côte d'Ivoire, pour que se lève et que vive l'Afrique.

Alors Philippe Rémond, hier encore odieusement et scandaleusement ignoré par le Prince noir de l'Élysée dans son évocation des souffrances endurées par la communauté française; Philippe Rémond, solidaire jusque dans la mort de ce peuple qu'il aimait; uni à la foule de ces martyrs ivoiriens condamnés à une mort atroce par le petit caporal et son sergent Ouattara, valets serviles de l'internationale prédatrice; Philippe Rémond ne sera pas mort pour rien.


Eliahou Abel

Jérusalem, le 22 mai 2011


(1) Psaume 94:20

(2) Psaume 94:23

UN JOURNALISTE ASSASSINE, UN JOURNAL D'OPPOSITION TRAQUE, LES REGLEMENTS DE COMPTE SE POURSUIVENT EN COTE D'IVOIRE

 

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Reporters sans frontières est choquée d'apprendre l'assassinat de Sylvain Gagnetaud, membre au bureau de l'Organisation des journalistes professionnels de Côte d'Ivoire, rédacteur-adjoint et présentateur d'émissions à la Radio de Yopougon, commune d'Abidjan, théâtre ces derniers mois de violents affrontements entre les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) du Président Alassane Ouattara et des miliciens de l'ancien président, Laurent Gbagbo. Sylvain Gagnetaud était connu pour sa proximité avec le Front Populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo, manifestée lors de ses activités journalistiques. Selon des sources convergentes, il aurait été arrêté lors d'une opération de ratissage des forces pro-Ouattara dans le quartier de Koweït à Yopougon, aux environs du 8 mai, et exécuté peu après, en compagnie de jeunes suspectés d'être des miliciens. Cette nouvelle accablante est inquiétante pour l'avenir des médias en Côte d'Ivoire, où les journalistes et les médias affiliés à l'opposition sont traqués par les bandes armées. Ce mardi 24 mai, Nina Bolou, directrice de la société éditrice du quotidien d'opposition Le Temps, dont la réouverture est prévue dans les jours qui viennent, a été arrêtée dans les locaux du journal par des hommes armés.

Reporters sans frontières constate avec une grande déception que l'heure semble plus que jamais aux règlements de compte en Côte d'Ivoire, où la situation demeure toujours tendue et délicate pour de nombreux journalistes. La capacité des forces de l'ordre à faire la lumière sur ce crime aura valeur de test pour les autorités nouvellement investies. Reporters sans frontières exhorte la justice ivoirienne à retrouver et à juger les commanditaires de cet assassinat afin de mettre un terme à l'impunité. L'organisation appelle ainsi le gouvernement du président Alassane Ouattara à tenir ses promesses et à créer les conditions d'une presse libre et indépendante.

Après la chute de Laurent Gbagbo, la radio Yopougon avait été attaquée puis incendiée dans la nuit du 13 au 14 avril 2011. Craignant pour ses jours, Sylvain Gagnetaud avait tenté de fuir, à cette date, alors que le quartier de Yopougon était le lieu de violents combats. Les circonstances de son arrestation et de sa mort restent floues. Malgré la nouvelle encourageante du retour en kiosques de la presse d'opposition, et les promesses faites, les journalistes politiquement engagés auprès de Gbagbo lors des violences électorales, sont traqués. Nina Bolou, directrice des ressources de Cyclone, la société éditrice du journal Le Temps, a été arrêtée ce matin par des hommes armés inconnus. Elle s'était rendue dans les locaux du journal afin de dresser l'état des lieux avec un avocat et un huissier, en vue de la réouverture prochaine du quotidien.


Source: REPORTERS SANS FRONTIERES

MAMADOU KOULIBALY: «IL FAUT RENONCER A LA VENGEANCE JUSTICIERE»

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Président par intérim d'un FPI aux abois et président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Mamadou Koulibaly revient, dans un entretien exclusif accordé à RFI, sur cinq mois de crise en Côte d'Ivoire vu de l'intérieur du camp Gbagbo. Présent lors de l'investiture d'Alassane Ouattara, il reconnaît la pleine autorité de ce dernier. Et lui promet un candidat du FPI « à sa taille » dans cinq ans, s'il parvient à reconstituer une opposition républicaine.


Mamadou Koulibaly répond aux questions de Jean-Karim Fall et Christophe Boisbouvier de RFI.


RFI : Pourquoi êtes-vous allé à la cérémonie d'investiture d'Alassane Ouattara samedi dernier ?

Mamadou Koulibaly : Par devoir républicain. La Côte d'Ivoire s'est donnée un président de la République et en tant que président de l'Assemblée nationale, je devais y être.

RFI : Est-ce que ça veut dire que vous, personnellement, reconnaissez Alassane Ouattara comme le président de Côte d'Ivoire ?

M. K. : Oui et ça ne date pas d'aujourd'hui. J'ai déjà signé pour le compte du Front populaire ivoirien une déclaration qui le disait.

RFI : A quel moment avez-vous compris que Laurent Gbagbo avait perdu l'élection ?

M. K. : Après la décision du panel. Le panel ayant conclu que le vainqueur était Ouattara, il fallait que tous les partisans de Gbagbo se rendent compte de l'évidence, que Ouattara était président.

RFI : C'est le sommet du 10 mars à Addis-Abeba. A ce moment-là, vous vous êtes dit, c'est fini ?

M. K. : Je n'ai pas les dates exactes, mais c'est cela.

RFI : Au premier tour, Laurent Gbagbo est arrivé premier avec six points d'avance sur Alassane Ouattara. A ce moment-là, est-ce qu'il pouvait encore gagner ?

M. K. : Oui, il était encore possible de gagner. Si nous avions eu un discours plus rassembleur, si nous ne nous étions pas focalisés sur les discours qui divisent, qui affaiblissent, c'était un moment clé.

RFI : Et le FPI (le Front populaire ivoirien) n'a pas su obtenir le ralliement du PDCI (l'ancien parti unique) de Henri Konan Bédié ?

M. K. : Pas du PDCI, mais de l'électorat du PDCI. Mauvaise stratégie.

RFI : On a souvent dit que Laurent Gbagbo était un boulanger, qu'il roulait ses adversaires dans la farine, mais ne s'est-il pas laissé rouler lui-même dans la farine par Guillaume Soro ?

M. K. : Nous sommes obligés de le constater. Je me suis battu pour que Laurent Gbagbo gagne. Nous avons perdu et on ne va pas pleurer éternellement.

RFI : L'échec du FPI, est-ce que ce n'est pas aussi l'échec d'une expérience socialiste en Afrique de l'Ouest ?

M. K. : Est-ce qu'elle était vraiment socialiste ? Est-ce que nous avons vraiment appliqué notre programme de gouvernement ou est-ce que nous avons fait autre chose ? Je me pose des questions.

RFI : Et est-ce que, au cours de ces dix dernières années, votre parti n'a pas fonctionné en double-commande, c'est-à-dire une direction officielle et disons un cabinet plus secret ?

M. K. : Oui, disons que nous sommes tombés dans le piège des partis qui accèdent au pouvoir et qui se laissent entraîner par l'ivresse du pouvoir. C'est vrai. La personnalité de Laurent Gbagbo était telle que bien qu'ayant cédé le fauteuil de président du FPI à Pascal Affi N'guessan et même s'il ne décidait pas directement des choses, chaque fois que nous avions des décisions importantes à prendre pour le parti, nous lui posions la question d'abord de savoir si cette décision ne gênait pas sa politique générale.

RFI : Le rôle de l'armée française dans la chute de Laurent Gbagbo, ça vous choque ?

M. K. : Non, c'était dans la logique des choses. A partir du moment où nous avions signé l'accord politique de Ouagadougou, il était évident que les choses allaient se terminer de cette façon-là.

RFI : Donc, vous ne dites pas comme certains partisans de Laurent Gbagbo qu'on assiste à une recolonisation de la Côte d'Ivoire ?

M. K. : Non, on assiste à une remise en ordre de la Côte d'Ivoire là où nous, FPI, avons été incapables. On aurait eu notre gouvernement à nous, on aurait peut-être mieux géré la situation, il n'y aurait pas eu de rébellion et on n'en serait pas là aujourd'hui. Mais dans le gouvernement mélangé, on a pensé que tout baignait dans l'huile. Or, l'adversaire nous attendait au tournant. Et on a été victime de notre grande naïveté.

RFI : Le maintien d'une base militaire française à Port-Boué à Abidjan, comme l'a annoncé Nicolas Sarkozy, le président français, et comme l'a confirmé Alassane Ouattara, qu'est-ce que vous en pensez ?

M. K. : De mon point de vu, il n'est pas admissible qu'aujourd'hui encore, les choses se passent entre Paris et Abidjan comme elles se sont passées en 45-46 ou en 1960. L'assistance permanente de la France en matière monétaire, financière, politique, est de nature à infantiliser ces Etats. Mais pour moi, ce n'est qu'une période passagère. Le moment viendra où les mêmes Etats responsables s'assiéront autour d'une table pour renégocier et signer d'autres accords.

RFI : Quelle est la dernière fois où vous avez parlé avec Laurent Gbagbo ?

M. K. : Le lendemain du jour où Pascal Affi N'guessan est rentré d'Addis-Abeba avec les conclusions du panel. Nous nous sommes rencontrés et on a parlé de ces conclusions-là.

RFI : Et là, vous avez peut-être dit à Laurent Gbagbo, « c'est fichu », non ?

M. K. : Il le pensait lui aussi. Et puis, nous nous sommes dits qu'il fallait réfléchir pour savoir quelle attitude adopter. Et depuis, je n'ai plus eu de nouvelles.

RFI : Mais lui avez-vous conseillé, à ce moment-là, de renoncer et de reconnaître la victoire de son adversaire ?

M. K. : Je garde ça pour moi.

RFI : Et depuis, plus aucun contact ?

M. K. : Par la suite, je suis allé à Accra (Ghana) jusqu'au 11 avril.

RFI : Quand vous lui avez dit cela, il n'a pas dû apprécier ?

M. K. : Quand je lui ai dit quoi ? (rires). Quand j'ai eu des démarches auprès des principaux responsables politiques, je me faisais taper dessus de part et d'autre. J'ai préféré m'installer à Accra et attendre la fin pour revenir lorsque l'accalmie serait arrivée ou lorsqu'ils auraient conclu leur jeu.

RFI : Est-ce que vous avez été menacé par les durs du régime de Laurent Gbagbo ?

M. K. : De part et d'autre. Les dieux des deux camps. Ce n'est pas facile de se tenir au milieu avec des tirs croisés de part et d'autre.

RFI : Avez-vous tenté une médiation dans le courant du mois de mars ?

M. K. : Même avant le mois de mars, tout début décembre. Nous n'étions encore qu'à dix ou quinze morts. Justement après l'investiture du président Gbagbo, j'ai suggéré cette idée aux deux camps, comme ça se passe en Afrique en général : lorsqu'il y a une crise post-électorale et que l'on est à cinq cents, six cents morts, on utilise ces morts comme moyen de pression pour rapprocher les camps et aller vers un gouvernement d'union. Des amis à moi ont contacté les cadres autour de Ouattara et Ouattara nous a reçus à l'hôtel du Golf. Nous y sommes allés nuitamment...

RFI : Secrètement ?

M. K. : Secrètement et je lui ai demandé si ce ne serait pas bien que Gbagbo et lui se rencontrent secrètement, se parlent pour éviter à la Côte d'Ivoire le chaos. On était dans un jeu de bras de fer. Personne ne m'a vraiment écouté.

RFI : Que pensez-vous des camarades FPI qui sont exilés aujourd'hui, notamment au Ghana, et qui rêvent de revanche ?

M. K. : J'en ai rencontré très peu qui rêvent de revanche. Je les ai vus arriver presque tous. Nous n'avons pas beaucoup de contacts physiques mais nous nous parlons au téléphone. Tous ne rêvent que d'une chose, revenir rapidement en Côte d'Ivoire. Et ils ont une peur, la peur de se faire arrêter ou de se faire tuer. Ils sont désargentés avec leur famille, des enfants qui ne vont pas à l'école, mais ils n'ont pas l'intention de revanche ou d'un coup d'Etat.

RFI : Avez-vous des nouvelles de Charles Blé Goudé ?

M. K. : Non, aucune nouvelle.

RFI : Demain, si Alassane Ouattara vous demande d'entrer dans un gouvernement d'union nationale. Qu'est-ce que vous répondrez ?

M. K. : Si j'arrive à organiser, avec l'appui du secrétaire général du FPI, une réunion du comité central du FPI et si ce comité central décide que nous devons répondre positivement à l'invitation du président de la République à entrer au gouvernement, j'aviserai. Mais ma propre position, c'est que l'Afrique n'a pas besoin de gouvernement d'union. Et lorsque l'on va aux élections et qu'il y en a un qui gagne, ma philosophie c'est qu'il prenne l'entièreté du pouvoir, qu'il l'assume complètement pendant la durée de son mandat.

RFI : Est-ce que exceptionnellement, vu la crise, la guerre qui s'est produite, il ne faut pas faire un geste de réconciliation et faire entrer dans un gouvernement les principaux partis du pays ?

M. K. : C'est le raisonnement que nous avons tenu en 2000 quand Laurent Gbagbo a gagné les élections. Ca s'est terminé par une guerre. Aujourd'hui, si l'on veut aller à la réconciliation, le gouvernement d'union n'est pas forcément la solution. Il faut déjà renoncer à la vengeance justicière et permettre que l'opposition s'organise et que l'opposition ait le droit d'exister. En étant dans l'opposition, nous pouvons contribuer à la réconciliation.

RFI : Il faut renoncer à la vengeance justicière ? Est-ce que vous voulez dire qu'il faut libérer Laurent Gbagbo ?

M. K. : Je pense qu'on peut lui reprocher tout ce qu'on veut, mais il faut reconnaître qu'il n'est pas le seul à avoir commis toutes les fautes. Je ne dis pas au président de la République Ouattara de ne pas faire la justice, mais je dis qu'un bon geste de réconciliation serait aussi de montrer qu'il est capable de pardonner à Gbagbo et à tous les militants de son parti qui sont en ce moment incarcérés à la Pergola, à Odienné, à Korhogo. Se venger n'est pas forcément bon signe.

RFI : Est-ce que la libération de Laurent Gbagbo et tous vos anciens camarades qui sont en résidence surveillée est votre priorité ?

M. K. : Non, le FPI n'est pas en mesure aujourd'hui de poser des préalables. Ce n'est pas la priorité. Mais si vous ne pouvez pas juger tous les criminels, alors pourquoi ne pas renoncer à cette vengeance et établir un processus qui libérera tout le monde, mais en donnant quand même des leçons à tout le monde. Ou bien vous prenez tout le monde, ou bien vous ne faites rien. Et si vous faites les choses à moitié, ce serait créer des injustices et cela peut être source de nouvelles haines et de nouvelles frustrations qui sont des moteurs très puissants d'instabilité politique, surtout en Afrique.

RFI : Est-ce que vous ne dites pas ça aussi parce qu'actuellement le FPI est décapité et que vous n'êtes peut-être pas en mesure de réunir un comité central parce qu'il y a trop de monde en prison ?

M. K. : Oui, c'est possible. Décapité et surtout apeuré. Les cadres et les militants qui sont à l'étranger ne sont pas chauds pour revenir maintenant, ils ont peur. Ceux qui sont à Abidjan n'osent pas sortir. Et puis, les cadres ne comprennent pas toujours pourquoi certaines personnes sont harcelées et d'autres pas. Quels sont les critères qui permettent d'arrêter un tel plutôt que tel autre. Et lorsque des réunions sont prévues, de très nombreux cadres militants promettent de venir. Mais aux heures de réunion, on ne les voit pas. Ils me disent tous, est-ce que Mamadou, tu nous garantis la sécurité ? Je leur dis que je suis incapable puisque le ministre de l'Intérieur lui-même me dit que pour le moment, il doit avouer qu'il ne maîtrise pas complètement tous ceux qui sont en ville.

RFI : Est-ce que le FPI est mort ou est-ce qu'il pourra revenir au pouvoir un jour ?

M. K. : Le FPI n'est pas mort. Le FPI est très affaibli.

RFI : Vous vous donnez combien de temps dans l'opposition. Cinq ans ? Dix ans ? Peut-être plus ?

M. K. : A court terme, cinq ans. C'est quasiment sûr que les législatives à venir vont être catastrophiques pour nous, mais je pense que dans cinq ans, le président Ouattara trouvera en face de lui un candidat FPI de taille.

RFI : Vous êtes président par intérim. Etes-vous prêt à devenir le président du nouveau FPI ?

M. K. : Le président du FPI est pour le moment incarcéré. Je me bats pour qu'il puisse retrouver la liberté et c'est le congrès qui décidera. Ça ne fait pas partie de mes plans à moyen et long terme pour le moment.

RFI : Si le prochain congrès du FPI vous demande de prendre la présidence du parti, est-ce que vous irez ?

M. K. : Oui, j'irai si le congrès le demande et si je suis candidat, mais ce n'est pas encore dans mes priorités. La priorité, c'est d'abord de reconstituer cette opposition républicaine face à Ouattara. Il n'est pas question que l'on retombe dans un régime de parti unique. Si dans cette dynamique, je réussissais, alors Ouattara pourrait avoir en face de lui une bonne opposition et ce serait ma contribution à la réconciliation. Mais si j'échouais sur ce terrain, que le FPI disparaissait, alors monsieur Ouattara aurait en face des factions dispersées sur l'ensemble du territoire et organisées n'importe comment, qui lui rendraient la vie très difficile. Et cela n'est pas souhaitable.

RFI : Il y a des velléités au sein du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix) de pérenniser la structure RHDP, donc concrètement que le RDR rejoigne « la maison mère », le PDCI. Est-ce que vous ne craignez pas que votre pays, la Côte d'Ivoire, se retrouve en fait avec un RHDP qui règne en maître ?

M. K. : Le risque existe. On se retrouverait dans les partis uniques et les partis uniques vivent dans la peur permanente d'un coup d'Etat, d'un assassinat, d'une instabilité. Et je ne pense pas qu'ils en aient besoin. Par contre, s'ils arrivent à s'organiser pour reconstituer l'ancienne famille PDCI d'Houphouët et, sans nous embastiller, sans bloquer nos comptes, sans nous tuer, s'ils nous permettraient d'organiser nous aussi le CNRD en face un grand mouvement d'opposition, on irait vers un bipartisme en Côte d'Ivoire. Un grand parti au pouvoir et un grand parti d'opposition. C'est possible, c'est jouable. Et c'est dans ce sens-là que j'aimerais bien, avec quelques amis, le secrétaire général, pouvoir travailler. Créer en face du RHDP, un grand mouvement politique d'opposition.


Source: RFI.FR

mardi, 24 mai 2011

HYPOCRISIE: KADHAFI, LA «COMMUNAUTE INTERNATIONALE» ET NOUS


SARKOZY ET KADHAFI.jpg

Cette photo est introuvable sur le site de l’Elysée. Selon L'Express.fr (cliquer pour lire), il n'y a plus aucune trace de la visite du leader libyen en France sur le site Elysée.fr. Certains accusent les administrateurs dudit site d'avoir supprimé les photos. La présidence de la République Française dément. Vous avez dit hypocrisie et perfidie ? Fernand Dindé.


[Quand je pense, qu'un certain président de la RF disait que : "l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire..." il y a de quoi rire, les arriérés ne sont pas là où il pense ! L'Afrique, bruissant d'âmes et d'énergies, est en train de laisser sur place les vieux réacs d'Occident, ses birbes et ses contempteurs, et il n'y a qu'à se promener sur Internet pour s'en faire une idée. J-J].


Il faut faire attention au «Baobab qu'on abat» en utilisant des arguments ridicules qui cachent mal des manœuvres d'encerclement.

Je suivais la télévision cette nuit de Dimanche 1er Mai, dans mon salon à New York, lorsqu' à 23H, en Breaking News, le Président Américain est apparu sur l'écran pour annoncer, qu' après qu'il ait donne le feu vert d'agir, Ossama Bin Laden avait été tué dans un raid d'une unité d'élite de l'armée américaine au Pakistan. Une décision politique donc. Une idée m'a tout de suite traversé l'esprit : les militaires de l'OTAN ne pouvaient pas avoir pris l'initiative de bombarder pour tuer, la veille, la résidence familiale de Kadhafi, le Chef d' Etat de la Libye, sans que cela n'ait été en exécution d'un ordre politique de Sarkozy et autres. Il est donc fort probable que le week-end du 1er Mai devait voir être annoncée la liquidation de Ossama Ben Laden et ...de Mouammar El Kadhafi, le caractère absolument criminel de l'assassinat de Kadhafi, dirigeant d'un pays souverain, par les forces coalisées des pays occidentaux devant être couvert par les clameurs de la mort de Ben Laden.

Dieu merci, ce but n'a pas été atteint, sauf la mort sous le bombardement du fils et des trois petits enfants de Kadhafi, qui n'a d'ailleurs suscité aucune expression de regrets à Paris, Londres, Washington... Les bombardements à répétition du Palais de Kadhafi qui sont autant de tentatives d'assassinat, sont le signe d'un échec politique et stratégique, la manifestation d'une impatience enragée de ceux qui ont engagé cette guerre qu'ils croyaient finir en 72 heures.

Malheureusement pour eux, en dépit des moyens technologiques et des systèmes d'armement sophistiqués utilisés, Kadhafi résiste et son régime ne s'est pas effondré. Nos envahisseurs cachés derrière les soit- disant rebelles, pour sortir de l'enlisement, croient tenir la solution en assassinant Kadhafi, pariant ainsi que sa mort entraînera l'effondrement instantané de son régime.

L'objectif de la guerre en Libye, préparée de longue date par les Services secrets français et ayant utilisé le fallacieux prétexte de la protection de civils, en réalité des rebelles armés, n'est pas seulement la prise du contrôle du pétrole et du gaz naturel de ce pays. Dans le viseur des envahisseurs, il y avait les Fonds Souverains Libyens, ces capitaux que l'État libyen a investis à l'étranger. Ils sont gérés par la Libyan Investment Authority (LIA) et sont estimés à plus de 150 milliards de dollars- soit 75. 000 milliards de francs.

Les cercles dominants américains et européens, avant d'attaquer militairement la Libye pour mettre la main sur sa richesse énergétique, se sont approprié ces fonds, dans le plus grand acte de piraterie et de rapine de tous les temps. Cette opération a été favorisée par le représentant même de la Libyan Investment Authority, Mohamed Layas qui, comme le révèle un câble diplomatique publié par WikiLeaks, le 20 janvier, a informé l'ambassadeur américain à Tripoli que la LIA avait déposé 32 milliards de dollars dans des banques américaines. Cinq semaines plus tard, le 28 février, le Trésor Américain les a soi-disant «gelés».

Selon les déclarations officielles, c'est «la plus grosse somme d'argent jamais bloquée aux États-Unis», que Washington garde «en dépôt pour l'avenir de la Libye». Elle servira en réalité pour une injection de capitaux dans l'économie américaine toujours plus endettée. Quelques jours plus tard, l'Union européenne a «gelé» de son coté environ 45 milliards d'euros de fonds libyens, pour en faire un usage similaire.

Martyr du Panafricanisme

Le ''premier crime'' que les nouveaux maîtres du monde imputent à Kadhafi et tentent d'en corriger férocement les manifestations est son Panafricanisme militant. Ainsi, il était connu que l'assaut sur les fonds libyens aura un impact particulièrement fort en Afrique. Ici, la ''Libyan Arab African Investment Company'' a effectué des investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, et programmait de les augmenter dans les cinq prochaines années dans les secteurs minier, manufacturier, touristique et dans celui des télécommunications, où la Libye a contribué de manière décisive à la réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional African Satellite Communications Organization), qui permet aux pays africains de se rendre indépendants des réseaux satellitaires occidentaux, et de réaliser des économies annuelles de centaines de millions de dollars.

Beaucoup plus importants encore auraient été les investissements libyens dans la réalisation des trois organismes financiers lancés par l'Union africaine et qui auraient contribué à asseoir l'émancipation monétaire et financière du continent noir: la Banque africaine d'investissement, dont le siège est à Tripoli ; le Fonds monétaire africain, basé à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, installée à Abuja (Nigeria). Le développement de ces organismes devait permettre aux pays africains d'échapper au contrôle de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, tous deux instruments de domination néocoloniale, et devait marquer la fin du franc Cfa, la monnaie que sont obligés d'utiliser 14 ex-colonies françaises.

Le gel des fonds libyens assène un coup très dur à tout le projet. Notamment, si la Banque Centrale Africaine voit le jour, les dépôts au compte d'opération des réserves des pays de la zone CFA cesseront et les positions du Trésor Français en seraient fragilisées. L'hystérie interventionniste du Président Français, Nicolas Sarkozy, et du Premier ministre Britannique David Cameron dont le pays est lié inextricablement à la France s'explique donc, non pas par l'amour des ''civils- rebelles- armés'' libyens, mais par les conséquences qu'auraient pour leurs pays l'émancipation monétaire de nos nations, dont Kadhafi était l'architecte et l'artisan.

Le second ''crime'' imputé à Kadhafi est qu'il est en passe de gagner la guerre de l'Eau et de se présenter comme un réel challenger du Grand Capital. La Libye et l'Egypte se partagent un véritable océan souterrain d'eau douce, le ''Nubian Sandstone Aquifer'' dont les réserves s'élèvent à 200 années de débit du Nil en haute saison. Depuis plus de 25 ans, Kadhafi a lancé le '' GMMRP- Great Man-Made River Project'', qui est un réseau de 4000 km de pipeline qui procure de l'eau à toutes les villes côtières libyennes, de Tripoli a Benghazi en passant par Syrte.

Dans une deuxième phase, il est prévu que le GMMRP alimente un système d'irrigation en direction du Sud qui rendra vert le désert du Sahara et le Sahel, ouvrant ainsi des possibilités insoupçonnées de production agricole dans ces immenses régions qui pourraient devenir le grenier du monde au 22eme siècle, arrachant a l'Occident sa place de premier producteur de céréales et de produits alimentaires du monde.

Kadhafi a engagé 85 milliards de dollars dans cette entreprise pharaonique sans en solliciter un seul de la Banque Mondiale- quel mauvais exemple !!!- et en défiant les ''trois sœurs'' - Veolia (autrefois Vivendi), Suez Ondeo (autrefois Générale des Eaux) and Saur - les compagnies françaises qui contrôlent 40% de la production mondiale de l'eau.

Quand on met côte à côte ce pari titanesque et sa contribution décisive dans la mise en place de RASCOM, ces cas font que pour le Grand Capital Occidental, Kadhafi est devenu l'homme à abattre à tout prix autant pour ses velléités d'indépendance que pour son audace et son impertinence.

Le troisième ''crime'' de Kadhafi est de n'avoir jamais voulu s'enrôler dans toute organisation qui affaiblirait ou freinerait la mise en place de l'Union Africaine. Son refus de participer à l'Union pour la Méditerranée en a enragé la France de Sarkozy - à qui par ailleurs, il a refusé d'acheter les avions Rafales- car un espace méditerranéen intégré est l'un des leviers sur lequel compte ce pays pour se redonner du souffle, lui qui est si impuissant à résoudre le problème du déclassement de son économie et n'entrevoit d'autre issue que les reconquêtes coloniales. Les Anglo-saxons sont prêts à lui concéder au détriment de notre continent quelques os à ronger. C'est ainsi qu'il faut comprendre sa férocité manifestée hier en Côte d' Ivoire, et que l'on revoit aujourd'hui en Libye.

Les Nouveaux Barbares

L'agression contre la Libye est l'illustration du monde sans loi que ceux que nous appellerons : "l'empire"- en minuscule s'il vous plait ! - instaure de manière éhontée. Certains chroniqueurs en verve les appelleraient d'ailleurs sans trop abuser '' Les Nouveaux Barbares''.

L'empire, "puissante machine du mensonge" qui s'affuble du nom usurpé de ''la Communauté internationale'' et dont l' ONU est désormais le bras séculier, a deux objectifs clairement discernables : Premièrement, détruire tout dirigeant de l'espace afro-arabe qui pourrait initier et soutenir un projet politique qui affranchirait nos pays de sa domination ; deuxièmement, s'accaparer des ressources financières et imposer à la tête des pays riches en matières premières, des dirigeants qui lui sont, non pas seulement acquis, mais soumis.

Ce n'est pas seulement Kadhafi que les ''Blancs'' veulent tuer, c'est le symbole qu'il représente. C'est le rêve d'émancipation réelle de nos peuples qui est entrain d'être assassiné. C'est l'Afrique dont les richesses ont toujours nourri les convoitises de l'Occident. C'est ce Baobab qu'on abat, pour voir nos enfants hériter de pays qui ne seraient souverains que de nom. C'est la réécriture à l'envers de l'Histoire des 100 dernières années, où se retrouvent à la manœuvre deux des maîtres colons d'hier, la France et l'Angleterre. Triste perspective qui constitue pour le peuple africain un nouveau défi, ou à nouveau un défi, si on croyait l'avoir relevé.

Ultime recours

Et pourtant, les faits et les chiffres parlent et rendent un verdict irréfutablement positif sur une gestion politique, financière et économique exemplaires de la Libye par Kadhafi. En Libye, il n'y avait ni prisonnier politique, ni dissident crédible. S'il en existait un, son nom serait claironné sur tous les médias de l'empire en nouveau Lech Walesa ou Vaclav Wavell. Ce pays était entrain de réussir, avec la Jamarhiya, un système de démocratie directe organisée en comités populaires, un modèle politique et économique original, avec 0% de taux de chômage à comparer aux taux de 9.9% de l'Union Européenne et de 8.8% des USA. C'est un pays où les soins de santé et l'éducation sont gratuits, à comparer aux Etats Unis où plus de 40 millions de personnes n'ont aucune couverture maladie ; un pays où tout adulte est propriétaire de sa maison et de sa voiture.

En Libye, 7.5% de la population vit en dessous de la ligne de pauvreté contre 14,3 % aux USA et... 48% au Cameroun. Ces chiffres confirment que les causes de la '' rébellion'' ne sont pas endogènes, mais d'essence extérieure.

Fait le plus remarquable, Kadhafi a su éviter à son pays le '' syndrome hollandais'', ce grave déséquilibre économique causé par un apport massif de ressources financières par l'exploitation du pétrole ou du gaz naturel. Des pays aussi variés que les Pays Bas, le Royaume Uni, et tous les pays pétroliers d'Afrique Centrale en ont été, à un moment donné, victimes.

Les pays et les peuples africains se retrouvent sans une organisation établie en pacte de défense collective qui pourrait les soutenir populairement, diplomatiquement, les protéger militairement. La créer serait donc la mission du nouveau panafricanisme dont l'esprit, la doctrine et les actes étaient inscrits dans les actions de Kadhafi.

C'est ce qui doit prévaloir aujourd'hui dans nos pensées, notre discours et notre démarche, c'est un engagement total pour l'avènement des structures et des institutions africaines, une Union Africaine des Peuples qui, seule, peut être notre bouclier contre les convoitises prédatrices des ''nouveaux barbares''. Tel devrait être notre message aux générations futures.


Célestin BEDZIGUI

http://celestinbedzigui.blogs.nouvelobs.com/
Economiste, Poète, Essayiste
Chairman, Global Democratic Project,
En exil aux USA
BIOGRAPHIE


Autres articles intéressants de l'auteur :

Guerre contre la Libye : Prétexte humanitaire et Volonté de domination impériale :

http://celestinbedzigui.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/...

LE VRAI DEBAT :

http://www.cameroon-info.net/stories/0,26302,@,le-vrai-de...


Pour développer son info :

Emeutes de février 2008 : Célestin Bedzigui demande une enquête de l'Onu :
http://www.africapresse.com/actualite/news-50/25/02/2010/

17:46 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, afrique, libye, kadhafi et nous, célestin bedzigui | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LUMIERE SUR LE DISCOURS DE SARKOZY A LA COMMUNAUTE FRANÇAISE EN COTE D'IVOIRE

 

ADO ET SARKO.jpg

Sarkozy est finalement venu en Côte d'Ivoire, à l'occasion de la cérémonie d'investiture d'Alassane, ce 21 mai 2011, à Yamoussoukro. Après l'arrestation du président Laurent Gbagbo par les forces spéciales françaises, il est arrivé pour couronner officiellement son poulain ADO. Comme il l'avait promis, il a rencontré des membres de la communauté des expatriés français vivants en côte d'ivoire. Au cours de cette rencontre, il a livré un discours qui traduit dorénavant, la manière dont il compte mener la politique étrangère de la France en côte d'ivoire.

Nous avons lu ce discours pour vous, afin de mettre en exergue les enjeux de l'implication de la France dans cette crise mais aussi les nombreuses contre vérités qu'il renferme.

Ce discours s'articule tout d'abord autour d'un souci permanent : celui de justifier l'intervention de l'armée française, car hantée et acculée de par les critiques qui fusent de toutes parts et même au sein de la classe politique française.

Il commence son propos par un tour de charme destiné à la communauté française. Cette communauté qui aux heures chaudes de la crise avait refusé de se faire évacuer, car ayant en mémoire les déboires qu'avaient connus ceux qui l'ont été aux cours des évènements de 2004. Il leur exprime les préoccupations, les soucis, les inquiétudes qu'il avait ressentis pour eux pendant la crise dite postélectorale. Et leur affirme que c'est surtout à cause d'eux et de leurs familles que l'armée française est intervenue. On le sait, des expatriés français, il n'en était point question : seuls les intérêts économiques français comptaient. N'est ce pas eux qui chaque année rapatrient des capitaux vers leur pays d'origine, la France ? En effet ses agissements (destruction des aéronefs de l'armée ivoirienne, hélicoptère tirant sur les jeunes patriotes sur le pont De Gaule, tueries des jeunes gens sur l'esplanade de l'hôtel ivoire) avaient mis à mal cette paisible communauté livrée ainsi à la vindicte des ivoiriens. L'on se souvient encore des slogans : '' à chacun son blanc'' d'un côté et de l'autre '' à chacun son nègre''.

Poursuivant, il ne cache pas sa joie d'avoir reconquis l'ex colonie, en utilisant le terme de : '' relations fraternelles''. Quelqu'un disait quelque part : « ...les pays n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts... ». Puis, il n'oublie pas de féliciter son Ambassadeur Jean Marc Simon qui a accompli sa mission commandée. On se rappelle comment ce dernier, aidé par celui des USA avait amené Youssouf Bakayoko président de la CEI à l'hôtel du Golf pour y proclamer les résultats de l'élection de décembre 2010. Notons en passant que ce dernier avait bénéficié depuis lors d'un exil doré en France.

Cette opération de charme va plus loin ; il évoqué la disparition des deux français enlevés et deux autres étrangers et promis de non seulement les retrouver, mais de punir les auteurs de cet enlèvement. Là-dessus, il ignore royalement Philippe Rémond, Français vivant à Yamoussoukro, assassiné selon de nombreux témoignages par les FRCI d'Alassane Ouattara. Il va plus loin en affirmant : « On ne peut pas toucher à des citoyens français en toute impunité», oubliant les nombreux ivoiriens aussi tués en toute impunité. Deux poids, deux mesures donc : la vie du français est plus importante que celle de l'ivoirien.

A maintes reprises il a évoqué la démocratie. Selon ses propos, la France a pour vocation de soutenir la démocratie, donc des régimes démocratiques. Chères frères, cela fait bientôt deux mois qu'Alassane a pris le pouvoir. En Côte d'Ivoire il n'y a pas de démocratie :

- La liberté de réunion est compromise par l'insécurité grandissante

- Les journaux proches de l'opposition ne paraissent plus, ceux qui essaient de contrarier le régime en place sont menacés (exemple du quotidien l'Inter)

- La chasse à l'homme continue : plusieurs de nos ressortissants : plusieurs de nos citoyens sont exilés dans d'autres pays, fuyant les exactions

- Les rackets se sont intensifiés sur nos routes

- Plusieurs personnes politiques et civiles sont maintenues arbitrairement en prison au motif d'appartenir au camp Gbagbo

C'est cela la démocratie que ADO prône et que la France compte soutenir, alors que les médias français restent muets sur tous ces faits évoqués plus haut.

Parlant des élections, il affirme sereinement que le peuple s'est exprimé librement. C'est faire preuve de mauvaise foi : ignorer qu'au nord les rebelles ont intimidés, empêchés, menacés, violés les partisans de la LMP et ont bourrés les urnes, falsifiés les bulletins de vote, etc. Plusieurs observateurs notamment africains ont relevés tous ces manquements graves.

Du mandat de Gbagbo, il le décrit comme ''un décennie de crise et de souffrance''. Les ivoiriens sont encore là, ils ont vécu ces 10 années sous le régime Gbagbo et peuvent témoigner. Pendant 10 ans, des progrès significatifs ont été enregistrés :

- Amélioration des traitements des fonctionnaires

- De nombreux jeunes recrutés dans la fonction publique

- Gratuité de l'école

- Création de centres de soins

- Amélioration des revenus des producteurs agricoles

- Liberté d'expression etc.

Oui, les ivoiriens sont encore là. Tout n'a pas été rose, mais tout n'a pas été négatif non plus.

Puis il va plus loin dans son désir de tronquer l'histoire. En évoquant les présumés tueries des femmes à Abobo et l'utilisation des armes lourdes. A ce niveau, il faut rappeler que plusieurs gendarmes et policiers ont été aussi assassinés par ceux qu'ont a appelés ''les commandos invisibles'', sans compter les déplacements massifs des populations fuyant les combats. Des armes lourdes, il y en avait dans les deux camps. Mais seulement voilà, chose curieuse, l'ONU et la France avaient décidés de ne voir que celles du camp Gbagbo. Comment appeler cela sinon un parti pris pour des forces qui se disaient impartiales.

Dans son discours, il tire des leçons. Intéressons-nous à la deuxième : '' la responsabilité de protéger''. Il affirme : «  la communauté internationale ne peut pas fermer les yeux sur un massacre... » Eh oui, elle ouvre les yeux lorsqu'il s'agit des blancs et des partisans de celui qu'elle supporte, et ferme les yeux sur ceux du Rwanda et plus près de nous ceux de Duékoué. A ce sujet, on peut se référer au rapport du Nouvel Observateur, organe de presse français. Les massacres de milliers de guérés de Duékoué reprochés d'être proche du camp Gbagbo, se sont perpétrés au nez et à la barbe des forces onusiennes qui y étaient stationnées.

3ème leçon, il réaffirme que la France a agit sous le mandat de l'ONU. Encore un stratagème quand on veut assouvir ses basses besognes, on utilise la couverture de l'ONU, comme en Libye. Voilà la nouvelle politique africaine de la France.

Avant de terminer, il évoque une série de mesures sur lesquelles la France compte aider ADO. Des mesures qui touchent des domaines sensibles tels que l'éducation, l'armée, la reconstruction, la réconciliation, etc. Mesures qui ressemblent étrangement dans leur description à des consignes qu'il laisse à son protégé ADO. La France compte aider la Côte d'Ivoire ? Quelqu'un a dit : «  les pays n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts », sinon, au nom de quelle ''amitié'' ou ''fraternité'' la France s'ingèrerait-elle si ouvertement en Côte d'Ivoire ?

Cerise sur le gâteau : l'armée française sera maintenue en Côte d'Ivoire, bien plus, il sera signé entre les deux pays un nouvel accord de défense. Le ministre français à la défense sera dépêché dans les tous prochains jours en Côte d'Ivoire pour finaliser le document, qui dit-il sera rendu publique puisque publié. Rassurez-vous, la France est experte dans ce genre de traité floues et opaques qui n'offrent aucune lisibilité. Rappelez-vous, l'ancien accord de défense signé le 24 avril 1961 sous Houphouët Boigny.

Pour conclure son propos, il nous éclaire sur la morale de cette histoire : « ... la conviction, la détermination, le courage, les principes finissent par toujours triompher ».

Chers ivoiriens, reprenons à notre compte cette morale. A tous les ivoiriens qui aiment leur pays : notre conviction, notre détermination, notre courage, nos principes finiront par triompher de ce pouvoir ouattariste indigne et vendu à la France.

Côte d'Ivoire, la lutte continue...



Source: POUR UNE COTE D'IVOIRE SOUVERAINE

21 MAI : LE LAPSUS REVELATEUR DE DIABATE

DAGRI DIABATE INVESTITURE.jpg

 

«Monsieur le Préfet» (cliquer pour voir la vidéo) a lâché, avant de se rebiffer, la toute nouvelle Grande Chancelière nommée par Ouattara, lors de son investiture de samedi.

« Ce lapsus serait passé inaperçu n'eût été le contexte politique ivoirien où Ouattara est considéré par une grande partie de la population ivoirienne, et même africaine, comme l'homme de Paris », estime un observateur.

Alassane Ouattara, arrivée au pouvoir grâce à l'action de l'armée française, a exprimé sa reconnaissance à la France, non sans révéler « une vision commune de l'avenir » avec celle-ci.


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UNE «INTRONISATION» A PLUS DE 20 MILLIARDS


Les dépenses liées à l'investiture du chef d'Etat ivoirien, installé par la coalition armée Licorne-Onuci-FRCI, s'élèvent à plus de 20 milliards, rapporte dans son édition de lundi l'Observateur de Palga, journal burkinabé pro-Ouattara.

« Le coût élevé de l'évènement choque plus d'un ivoirien d'autant plus que le contribuable ivoirien sort de près de 10 ans d'une crise qui s'est soldée ces 4 derniers mois par un épuisement des dernières ressources qui pouvaient exister », commente-t-on à Abidjan. Pour certains, « il s'agit de l'intronisation du nouveau Préfet imposé par la France à la Côte d'Ivoire ».

Alassane Ouattara s'est fait investir Président de la République de Côte d'Ivoire samedi 21 mai à Yamoussoukro en présence d'une vingtaine de chefs d'Etat, dont Nicolas Sarkozy, seul représentant l'Occident.

Le Président Laurent Gbagbo, précédemment investi Président à l'issue de sa victoire constatée par le Conseil Constitutionnel aux élections de novembre 2010, est quant à lui détenu illégalement, sans chef d'accusation et sans droit de visite, dans le nord du pays depuis sa capture le 11 avril par la coalition pro-Ouattara.


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BURKINA FASO: MOUVEMENT DE COLERE DES MILITAIRES A OUAGADOUGOU


Les militaires du camp de gendarmerie Paspanga, en colère, ont tiré en l'air lundi aux environs de 20 heures dans la capitale du Burkina Faso, a-t-on appris d'une source militaire.

Des membres de la Garde nationale réclamaient des indemnités au gouvernement. Le centre de Ouagadouou a de nouveau été le théâtre d'un soulèvement militaire.

« Nous revendiquons des indemnités. Ce sont des sous qui sont déjà là, mais qu'on ne nous verse pas. On ne sait pas où ça va », a expliqué un militaire.

Un officier de l'armée a pour sa part affirmé que les militaires réclament des indemnités spécifiques, les mêmes que la Garde présidentielle.

Les mutins ont ensuite mis en place un barrage routier, bloquant avec des autobus les principales artères autour du camp militaire et refoulant les véhicules s'aventurant jusque-là. Le centre-ville s'est rapidement vidé dans la soirée, les passants sont rentrés chez eux en hâte.

Une mutinerie qui intervient alors que lundi matin, des milliers de collégiens et de lycéens ont de nouveau manifesté à Ouagadougou pour demander au gouvernement de satisfaire aux revendications de leurs professeurs en grève, qui exigent le versement d'indemnités.

Le Burkina Faso est en proie depuis le mois de février à une crise sociale généralisée. Amorcée par les élèves et étudiants suite au décès dans des conditions non encore élucidées de l'élève Justin Zongo, elle a fini par gagner toutes les autres couches jusqu'aux militaires de la garde prétorienne.

Cette crise avait conduit fin avril à la nomination d'un nouveau gouvernement dans lequel le porte-feuille revenait au Président Compaoré et dirigé par Luc-Adolphe Tiao en remplacement de Tertius Zongo.

Arrivée au pouvoir suite à un coup d'état sanglant qui emportera le père de la révolution en 1987, Thomas Sankara, Blaise Compaoré s'est fait réélire, dans un contexte électoral controversé, pour la 4ème fois. L'opposition exige son départ.



Source des 3 articles: DIRECTSCOOP.NET

SOS COTE D'IVOIRE: POUR QUE LE MONDE SACHE

SOS COTE D'IVOIRE.JPG

 

Enfin, une base de données sur les exactions des FRCI et du pouvoir Ouattara sur les Ivoiriens! Cliquer sur l'image pour accéder au site.

lundi, 23 mai 2011

SARKOZY - L'INTEGRALITE DU DISCOURS DE PORT-BOUET


OUATTARA ET SARKOZY.jpg


A chaud, je partage avec vous l'intégralité du discours que Nicolas Sarkozy a prononcé devant la communauté française réunie sur la base militaire de Port-Bouët. Bien entendu pour qu'on en débatte. Ma première remarque est qu'il est absolument curieux de venir s'expliquer sur des choix diplomatiques et une nouvelle orientation de "politique africaine" devant ce type de public. A priori, ses "explications", Sarkozy les doit soit aux Africains en Afrique, soit aux Français en terre française. Là, la première chose qu'il risque de faire est de créer une sorte de polarisation politique et idéologique sur une communauté qui sera encore plus associée aux errements de la classe politique hexagonale. Alors que les Français sont déjà pris pour cible dans les pays du Sahel en raison des choix de leur gouvernement, une telle mise en scène apparaît comme profondément irresponsable. Le lieu choisi, s'il peut se justifier par des nécessités de sécurité, est également problématique et rappelle l'obsession militariste d'un pays qui lie la perennité sa présence économique en Afrique à ce qu'il faut bien appeller une occupation armée. Pour les questions de fond, le débat est ouvert. Une dernière chose, Sarkozy se préoccupe du sort de Stéphane Frantz di Rippel et Yves Lambelin, deux Français disparus lors de la crise poste électorale - parce qu'ils auraient été enlevés par des forces pro-Gbagbo -, et ignore superbement - comem la presse de son pays - le destin tragique de Philippe Rémond, Français assassiné selon de nombreux témoignages par les FRCI d'Alassane Ouattara. C'est cette logique qui consiste à évoquer des "massacres" en ignorant le plus massif qu'ait jamais connu la Côte d'Ivoire : celui de Duékoué, perpétré par les forces de Ouattara, et qui a fait environ un millier de morts, selon Le Nouvel Observateur.



Mesdames et Messieurs,


Je voudrais d'abord vous demander de bien vouloir excuser notre grand retard qui est dû au fait que nous sommes restés un peu plus longtemps que nous l'avions prévu à Yamoussoukro, compte tenu des impératifs de la cérémonie d'investiture.

Messieurs les Ministres, cher Alain, cher Henri,

Monsieur le Sénateur,

Monsieur l'Ambassadeur,

Madame et Messieurs les Conseillers à l'Assemblée des Français de l'Étranger,

Mesdames et Messieurs, mes chers compatriotes et si vous le permettez mes chers amis,

Je veux d'abord vous dire notre profonde émotion de nous retrouver aujourd'hui en terre ivoirienne, dans ce pays auquel la France est profondément attachée, et dont le destin, au cours des derniers mois, nous a causé tant d'inquiétude.

Notre émotion, mes chers compatriotes, de nous retrouver aujourd'hui à vos côtés, vous dont le sort, tout au long de la crise, n'a cessé d'être au cœur de nos préoccupations. Il n'est pas un moment, je vous l'assure, pendant ces événements, où nous n'avons pas pensé à vous et à vos familles.

A cette émotion se mêle naturellement la joie d'avoir célébré, ce matin, l'investiture du Président Alassane Ouattara. Il s'agit de l'avènement d'une Côte d'Ivoire nouvelle ; une Côte d'Ivoire démocratique, une Côte d'Ivoire en paix ; une Côte d'Ivoire qui retrouve le chemin de la stabilité et de la prospérité et puis surtout une Côte d'Ivoire qui renoue avec la France des relations fraternelles.

Mes chers compatriotes,

Je sais par quelles épreuves vous êtes passés, et si j'ai tenu à vous rencontrer aujourd'hui, c'est d'abord pour vous exprimer, en notre nom à tous et au nom de la nation toute entière, notre sympathie, notre admiration et notre solidarité.

Informé jour après jour des évènements qui se déroulaient ici, nous savons ce que vous avez vécu pendant quatre longs mois : l'inquiétude, l'angoisse, l'angoisse des parents pour la sécurité de leurs enfants ; l'angoisse des chefs d'entreprise, déjà profondément marqués par le traumatisme de 2004 et qui redoutaient de voir le fruit de leur travail à nouveau anéanti ; l'angoisse également quand les pillards frappaient à vos portes, ou quand les combats faisaient rage, parfois tout près de chez vous.

Dans ces circonstances extraordinairement difficiles, vous avez fait preuve d'un grand sang-froid, et d'une confiance inébranlable en l'avenir d'un pays auquel vous êtes profondément attachés. Les Français, tous les Français, par ma voix, vous rendent hommage, et je suis venu vous dire, au nom de chacun d'entre nous, que nous sommes fiers, que nous avons été fiers, de nos compatriotes de Côte d'Ivoire.

Si le pire, lors de cette crise, a pu être évité, nous le devons aussi à votre action, Monsieur l'Ambassadeur, et à celle de vos collaborateurs. Votre calme, votre solidité, le courage et la lucidité dont vous avez fait preuve dans les moments les plus délicats, tout cela n'a échappé à personne. J'ai voulu que vous en soyez récompensé et je veux ici vous dire, une fois de plus, ainsi qu'à tous ceux qui vous ont assisté pendant cette période, mon estime et notre amitié.

Comment enfin, dans ce camp de Port-Bouët, haut lieu de la présence militaire française en Côte d'Ivoire, ne pas saluer le travail admirable effectué, au profit des Ivoiriens et des ressortissants de nombreux pays, par les officiers, sous-officiers et soldats de la Force Licorne tout au long de ces évènements ? Ils ont accompli avec professionnalisme, avec dévouement et avec humanité les missions qui leur étaient confiées. Je veux leur dire qu'ils ont fait honneur à notre armée et je veux leur exprimer, en notre nom à tous, la plus vive reconnaissance de la nation.

Mesdames et Messieurs,

Le pire a été évité, lors de cette crise. Le traumatisme d'une nouvelle évacuation a été évité. L'année scolaire a été perturbée, mais finalement sauvée.

Pour autant, des tragédies individuelles n'ont pas pu être évitées.

Je pense bien entendu à nos compatriotes Stéphane Frantz di Rippel et Yves Lambelin, ainsi qu'aux collaborateurs béninois et malaisien de ce dernier, enlevés le 4 avril et dont nous sommes, toujours depuis lors, absolument sans nouvelles. Que leurs familles, que leurs proches sachent que nous ne les oublions pas. Nous ne ménagerons aucun effort pour les retrouver, je l'espère, je veux y croire, sains et saufs. Nous mettrons également tout en œuvre pour que soient identifiés et punis sévèrement les auteurs de cet enlèvement abject. On ne peut pas toucher à des citoyens français en toute impunité. Ca ne serait pas juste, ça ne serait pas conforme à l'idée que je me fais de la morale. Le Président Ouattara m'a assuré, à cet égard, de son soutien et du plein concours des autorités ivoiriennes.

Je pense également à ceux d'entre vous dont l'outil de travail a subi des dommages graves et dont l'entreprise voit sa survie menacée. C'est un sujet que nous avons évoqué ce matin avec le Président Alassane Ouattara. Il s'y est montré attentif.

Il m'a d'abord promis de se pencher sur le cas des entreprises qui ont subi des dommages lors des manifestations anti-françaises de 2004.

Mais plus largement, nous sommes convenus de travailler à l'adoption rapide de mesures destinées à aider les entreprises à surmonter les conséquences des évènements récents. Dans cet esprit, l'Agence française de développement, en liaison avec les banques locales, soutiendra l'octroi, au cours des deux années à venir, de 100M€ de prêts aux PME, grâce à des crédits bonifiés et des mécanismes de garantie. La partie ivoirienne, pour sa part, étudie un certain nombre de dispositions destinées, à soutenir le secteur privé et à accélérer la relance de l'économie.

C'est un dossier, Monsieur l'Ambassadeur, que je vous demande de suivre personnellement, en liaison avec nos chefs d'entreprise et, naturellement, avec les autorités ivoiriennes. Et comme le Premier ministre François Fillon viendra en Côte d'Ivoire au mois de juillet, j'aimerais que ces dossiers soient réglés ou en voie de l'être pour le mois de juillet, de façon à ce que vous puissiez conclure avec le Premier ministre. Il n'est pas question là non plus de laisser seuls celles et ceux d'entre vous qui ont investi une grande partie de leur vie de travail ici.

Mes chers compatriotes,

L'action de la France, tout au long de la crise ivoirienne, s'est inspirée de principes simples : soutien à la démocratie ; appui aux efforts de la communauté internationale ; respect de nos engagements.

Prévues dès 2007 dans l'Accord Politique de Ouagadougou, les élections se sont longtemps fait attendre. Cinq ans après l'échéance normale, les Ivoiriens ont finalement pu voter le 31 octobre, puis le 28 novembre. Ils se sont déplacés en masse, sous le regard de trois mille observateurs.

Le peuple s'étant exprimé librement en faveur du changement et de la paix, nous avons donc appelé au strict respect de sa volonté.

Mes chers compatriotes,

Je vous demande de comprendre  qu'agir autrement, accepter un véritable hold-up électoral, n'aurait été au final acceptable ni pour les Ivoiriens, ni pour la communauté internationale. C'eût été sacrifier une chance historique de clore une décennie de crise et de souffrances. C'eût été se résigner à l'impuissance, alors que les Nations Unies avaient déployé des moyens considérables. C'eût été, enfin, la certitude d'un recul durable de la démocratie sur le continent africain : pourquoi aller voter si l'élection peut en toute impunité être volée ?

La France n'avait pas de candidat, la France a choisi de soutenir le candidat choisi librement par les Ivoiriens. Très vite, la CEDEAO, l'Union Africaine, et toute la communauté internationale, ont marqué, dans l'unité, leur refus de l'inacceptable.

La seule réponse fut une répression systématique. Chacun se souvient de ces femmes désarmées tombées sous les balles d'une mitrailleuse le 3 mars, ou du massacre sur le marché d'Abobo, provoqué deux semaines plus tard, par des tirs de mortier.

A l'initiative de la France et du Nigéria, le Conseil de Sécurité des Nations Unies, unanime, a alors autorisé les forces impartiales à détruire les armes lourdes qui menaçaient les populations. La France, avec l'ONU, a pris ses responsabilités. De nombreuses vies - et la démocratie - ont été sauvées.

Je veux le dire avec force pour que chacun le comprenne : la démocratie n'est pas un privilège réservé aux pays occidentaux. C'est une aspiration profonde de chaque peuple, sur tous les continents de la planète. C'est aussi la garantie de la paix et du développement, comme nous le constatons aujourd'hui en Côte d'Ivoire. Voilà la première leçon de cette crise !

Il ne viendrait à l'idée de personne, en Europe ou partout ailleurs en Occident, de transiger sur la démocratie. Il était hors de question de le faire, ici, en Côte d'Ivoire. J'ai été stupéfait, je dois le dire, d'avoir entendu des voix se lever, dans mon propre pays, dans notre pays, pour suggérer entre guillemets un « arrangement » avec un pouvoir devenu illégitime. En matière démocratique, il n'y a pas d'arrangement. Il y a la démocratie ou il y a la dictature. Il y a le respect de l'Etat de droit ou il y a la violence.

Mais il y a une deuxième leçon, qui me paraît tout aussi importante. En Côte d'Ivoire hier comme en Libye aujourd'hui, les Nations Unies ont mis en œuvre un principe qu'elles avaient adopté à l'unanimité en 2005 mais qui n'avait jamais été vraiment appliqué : la responsabilité de protéger. Oui je l'affirme, la communauté internationale ne peut pas fermer les yeux sur un massacre. Dans ces deux crises, l'ivoirienne et la libyenne, face à des dirigeants - j'emploie les mots - qui massacraient leur propre population, la communauté internationale a décidé d'agir avec détermination, et c'est l'honneur de la France d'avoir, avec quelques autres, mené ce juste combat. L'armée française a agi au service de la démocratie. C'est là son honneur.

Troisième enseignement de cette crise -, tout ce que la France a fait, elle l'a accompli en appui aux organisations africaines, et dans le cadre strict de ses engagements vis-à-vis des Nations Unies. La France a eu le souci permanent de l'unité de la communauté internationale Et je veux rendre hommage au ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, pour l'action personnelle qu'il a menée au Haut Conseil de Sécurité, pour garantir cette unité. La France est intervenue en Côte d'Ivoire au nom de principes universels, forte d'un mandat international.

Mes chers compatriotes,

Vous l'avez compris, c'est une nouvelle politique africaine que nous mettons en œuvre. Et même une nouvelle politique étrangère que notre engagement en Côte d'Ivoire a illustrée ces derniers mois.

Mesdames et Messieurs, chers amis,

L'investiture du Président Alassane Ouattara ouvre un nouveau chapitre de l'histoire de la Côte d'Ivoire et des relations franco-ivoiriennes.

Même si c'est aujourd'hui l'espoir qui domine, nous savons que ce pays fait face à d'énormes défis : reconstruction d'une économie exsangue, mise à mal par des années d'inertie et de crise ; défi du rétablissement de l'autorité de l'État, de la reconstruction de forces de sécurité réellement nationales et non pas ethniques; défi de la restauration de l'unité du peuple ivoirien, par des mesures de justice et de réconciliation.

Nous en avons parlé ce matin avec le Président Ouattara, que j'ai trouvé, sur tous ces sujets, lucide et animé d'une détermination sans faille. Je lui ai exprimé la confiance de la France dans sa capacité à relever ces multiples défis. Je l'ai surtout assuré de notre ferme volonté de tout mettre en œuvre pour l'aider et aider la Côte d'Ivoire dans ce moment si crucial de son histoire.

Nous avons déjà mis en place des financements pour permettre à l'État de remettre l'administration en marche et de remplir ses obligations les plus urgentes. Nous serons également à ses côtés pour l'aider à renouer avec l'ensemble des organisations multilatérales.

La France prendra toute sa part de l'effort collectif en faveur de la Côte d'Ivoire. Des moyens importants seront consacrés à la relance de notre coopération bilatérale. Je souhaite qu'une attention particulière soit apportée, dans ce cadre, à des secteurs essentiels comme l'éducation, la formation professionnelle, les infrastructures, secteur sur lequel un travail spécifique du G20 est en cours d'initiative. Alain Juppé et Henri de Raincourt y travaillent déjà.

Pour financer ces secteurs prioritaires, la France mettra en place, conformément à ses engagements internationaux et après l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE par la Côte d'Ivoire, un contrat de désendettement et de développement pour la Côte d'Ivoire. Celui-ci sera d'un montant sans précédent puisqu'il dépassera les 2 milliards d'euros.

Dans le domaine militaire, la France contribuera à la réforme de l'armée ivoirienne. Je vous le dis mes chers compatriotes, nous garderons toujours des forces militaires ici, pour assurer la protection de nos ressortissants, dans ce camp. Mais je veux que les choses soient claires entre nous : l'armée française n'est pas là pour assurer la stabilité de quelque gouvernement que ce soit, fut-il un gouvernement ami.

Ce sont les Ivoiriens qui doivent choisir. Ici, nous avons des milliers de nos compatriotes, leur sécurité doit être assurée et donc il y aura des soldats pour cela, français, en accord avec les autorités de la Côte d'Ivoire. Mais l'armée française n'a pas vocation, c'est une nouvelle époque, à soutenir ou à intervenir dans les affaires des Etats africains. Nous sommes intervenus parce que la communauté internationale nous l'a demandé. Je dois vous dire avec honnêteté, que si nous n'avions pas obtenu de mandat de la communauté internationale, nous ne serions pas intervenus comme nous sommes intervenus. Nous serions intervenus sans mandat si vous aviez été vous-mêmes en danger, pour vous évacuer et pour vous protéger. Mais l'action que nous avons menée, c'est une action dans un cadre international.

J'ai demandé donc au Président Ouattara, et le ministre de la Défense viendra dans les semaines qui viennent, qu'un nouvel accord de défense soit conclu entre nos deux pays. Et j'ai indiqué que cet accord de défense sera publié. La France ne veut plus d'accord secret, d'accord caché. La France n'a rien à cacher. Elle est l'amie de la Côte d'Ivoire, ce sont les Ivoiriens et eux seuls qui choisissent leur gouvernement. C'est cela, la politique africaine de la France.

Mes chers compatriotes,

Dans ce nouveau partenariat franco-ivoirien, vous avez naturellement un rôle majeur à jouer.

Vous aimez profondément ce pays dans lequel nombre d'entre vous sont nés, ou ont vécu une grande partie de leur existence. Vous avez contribué à son développement par votre dynamisme et par vos compétences. Vous l'avez vu, ce pays, se déchirer. Vous en avez été meurtris mais, malgré les épreuves, vous êtes restés ici et vous avez maintenu votre confiance dans ce pays. Vous êtes le cœur battant de la relation entre la Côte d'Ivoire et la France.

Vous faites aussi rayonner, dans ce pays, nos savoir-faire, nos valeurs, notre culture. Vous y êtes l'image de la France.

Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire reprend sa marche en avant et compte sur vous pour l'accompagner dans cette nouvelle étape. Le Président Ouattara nous l'a confirmé avec force. Quant à nous et quant à moi, je compte sur vous pour nous aider à établir avec la Côte d'Ivoire la relation renouvelée, sereine, fraternelle, décomplexée - tournons-nous vers l'avenir au lieu de systématiquement évoquer le passé - et équilibrée entre deux grands pays indépendants et maintenant démocratique, que j'appelle de mes vœux.

Croyez bien que ce déplacement, pour nous, c'est un déplacement qui compte. Et pour moi qui aime tant la Côte d'Ivoire, que je ne puisse venir qu'à la 4ème année de mon mandat, ça en dit long sur la situation dans laquelle était tombée la Côte d'Ivoire. Vous, vous le saviez, mais nombre de gens ne le savaient pas ou faisaient semblant de ne pas le savoir.

Mes chers amis, la morale de cette histoire, c'est que la conviction, la détermination, le courage, les principes, finissent toujours par triompher.

Vive la France ! Vive la République et vive la Côte d'Ivoire !


Je vous remercie.



Source: Le blog de Théophile Kouamouo

dimanche, 22 mai 2011

TELECHARGEZ « REGARDS CROISES », VOTRE BLOG PREFERE: MISE A JOUR DU 20 MAI 2011


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Vous pouvez aussi effectuer votre téléchargement en passant par la nouvelle catégorie que nous avons créée à cet effet dans la colonne de droite (dernier titre, en bas) : « Télécharger le blog Regards Croisés : Lancer l'export de la mise à jour du (date de la dernière mise à jour) ».


Comment visualiser le blog Regards Croisés, une fois le téléchargement effectué ?


1-      Double-cliquer dans le fichier zip (compressé : en icône de livres rouge, bleu et vert empilés, avec le titre en minuscule sans accent « regardscroises », terminé par un nombre en milliers et le mot « zip ») ;

2-      Si votre ordinateur comporte un logiciel « WinRAR » installé, il vous fera apparaître un encart de dialogue sous forme de tableau. Cliquer dans « Extraire vers » et choisissez le dossier (ancien ou nouveau) ou le périphérique où vous voulez conserver votre archive zip extraite;

3-      Une fois l'opération effectuée, vous allez vous retrouver avec deux nouveaux documents, dans le dossier ou le périphérique d'accueil que vous aurez choisi: un dossier (jaune) « regardscroises » et un fichier « index.html »). Votre extraction est donc achevée. Faire alors un double-clique dans le fichier « index.html ». Vous découvrirez avec émerveillement votre blog préféré Regards Croisés dans toute sa splendeur (seuls quelques fichiers ne seront pas actifs parce que hors connexion) ! Bonne lecture !



DINDE Fernand AGBO

samedi, 21 mai 2011

INVESTITURE D'ALASSANE OUATTARA: LA GRAND'MESSE DE LA FRANÇAFRIQUE, DE LA FRANC-MAÇONNERIE ET DU NOUVEL ORDRE MONDIAL

 

SARKOZY ET OUATTARA.jpg

Spectacle désolant que celui qu'il nous a été donné de voir, ce jour tristement historique du samedi 21 mai 2011 : les valets africains de la françafrique, de la franc-maçonnerie, du Nouvel Ordre Mondial et du gouvernement fédéral africain (en formation), au grand complet, dans leurs plus beaux apparats du jour, avec à leur tête le Grand prêtre Nicolas Sarkozy, Président de la République française et son âme damnée internationale, Ban Ki Moon, Secrétaire Général des Nations Unies, venus célébrer leur victoire sanglante contre la jeune démocratie ivoirienne, contre les velléités d'émancipation et d'indépendance du digne peuple ivoirien et contre la légitime aspiration des peuples africains à choisir par eux-mêmes leurs dirigeants et à décider souverainement de leur destinée.

Ce funeste tableau festif peint de l'encre du sang des Ivoiriens nous a laissé apparaître les silhouettes non moins sinistres de tous les comploteurs africains et internationaux de la crise ivoirienne (sans les grands maîtres Barack Obama et Hillary Clinton) parmi lesquels : les présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Goodluck Jonathan du Nigéria, Blaise Compaoré du Burkina faso, Idriss Deby Itno du Tchad, Alpha Condé de la Guinée (nouvelle recrue), Paul Biya du Cameroun, Mahamadou Issoufou du Niger (nouveau venu sous peu), Ali Bongo du Gabon, Faure Gnassingbé du Togo, Helen Johnson Sirleaf du Libéria, Denis Sassou N'Guesso du Congo Brazzaville, le Premier Ministre Raïla Odinga du Kenya, Young Jin Choï de l'ONUCI et Youssouf Bakayoko de la CEI de Côte d'Ivoire.

Les dignes fils de l'Afrique se sont abstenus d'effectuer le voyage de Yamoussoukro. En tout cas, ceux qui ont sondé le secret du complot international contre la Côte d'Ivoire, parmi lesquels les présidents Jacob Zuma d'Afrique du Sud, Edouardo Dos Santos d'Angola, Yahya Jammeh de Gambie et Pedro Pires du Cap Vert.

Le tout, macéré et malaxé dans un reportage en direct de près de 4 heures (du jamais vu, en Afrique) de France 24, un média aux ordres qui n'a de professionnel que le nom, qui nous a servi et ressassé au fil des heures, avec deux consultants acquis à la cause dont le journaliste ivoirien Soro Solo, et une envoyée spéciale - Vanessa Burggraf, toujours au rendez-vous des messes noires contre la Côte d'Ivoire! - tous les mensonges éculés de la crise ivoirienne de 2002, du coup d'état électoral de la France et de la communauté internationale contre le Président Laurent Gbagbo et de la crise post-électorale ivoirienne. Comment le dire autrement quand un journaliste de cette presse de triste renom impute, dans les commentaires de son élément filmé, le rejet de la candidature d'Alassane Ouattara, en 2000, au camp Gbagbo ? Oui, vous avez bien lu ! C'est à y perdre son équilibre mental! Soit dit en passant, Laurent Gbagbo n'était même pas encore au pouvoir. Comment aurait-il donc pu réussir une telle prouesse ! Un tel révisionnisme est tout simplement nauséeux et écoeurant, et dessert grandement ses auteurs, même si - il faut l'avouer - la cause impérialiste l'emporte largement sur l'éthique, la morale et la déontologie, en Occident. iTélé n'a pas manqué à l'appel de la comédie internationale et de la grand'messe françafricaine maçonnique.

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Quant au nouvel investi, Alassane Dramane Ouattara, il a disserté pendant 20 minutes sur la réconciliation - sans jamais prononcer le mot « pardon » à l'adresse des Ivoiriens - et l'avenir de la Côte d'Ivoire retrouvée et rassemblée, à chaque problème de laquelle il aurait une solution, pendant que par sa faute des millions d'Ivoiriens sont au comble du désastre, n'ont pas l'âme à la fête parce qu'ayant tout perdu, pleurent leurs morts par milliers, sont dénoncés et tués à Abidjan et dans d'autres villes du pays, épurés à l'Ouest, s'ils ne sont tout bonnement pillés ou systématiquement rackettés par des rebelles incontrôlés, analphabètes, dépenaillés, déguenillés, aux tenues bigarrées. Des milliers d'autres sont carrément exilés à cause de la chasse implacable à l'homme qu'on orchestre sciemment et savamment et qu'on veut couvrir par des discours et des sourires protocolaires.

Le tout, dans une Côte d'Ivoire dont l'appareil de production est grippée et à genoux par la faute de la rébellion qui a volé, pillé, détruit des entreprises et même déboulonné des machines-outils dans les zones industrielles d'Abidjan, une Côte d'Ivoire où la sécurité est inexistante - le Droit l'étant encore plus -, les libertés une vue de l'esprit, l'administration un rêve ancien (avec des com'zones proprement illétrés qui font autorité devant des préfets, parchemins d'énarques émérites en main), les médias à la pensée unique, la presse pro-Gbagbo muselée et traquée, l'armée un vœu pieux, le pardon et la réconciliation proclamés religieusement sur les antennes mais dans les mots et les comportements relégués aux calendes grecques, la compassion due à ceux qui souffrent le cadet des soucis - la célébration de la victoire tant attendue et souhaitée prenant le pas sur tout le reste -, humanité et solidarité nationale étant désormais inopérantes.

Vive la Côte d'Ivoire françafricaine, maçonnique, dernière ponte du Nouvel Ordre Mondial et vive l'Afrique asservie, bafouée, recolonisée et vassale de l'Occident impérialiste !


Que DIEU délivre et restaure la Côte d'Ivoire! Que DIEU garde et sauve l'Afrique!



DINDE Fernand AGBO

vendredi, 20 mai 2011

INVESTITURE DE OUATTARA: DEPUIS LE BURKINA, DES CENTAINES DE CONVOIS DESCENDENT SUR YAMOUSSOUKRO

 

COTE D'IVOIRE BURKINA.jpg

Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d'Ivoire, installé par les grandes puissances.


La ville de Yamoussoukro est actuellement pleine à craquer. Selon une source proche du Conseil municipal de la capitale politique de la Côte d'Ivoire, chaque jour, ce sont plusieurs dizaines de cars en provenance du Burkina Faso qui arrivent à Yamoussoukro. De sorte que dans cette capitale politique, la circulation est devenue quasi impossible. « Nous sommes surpris par l'évènement. Chaque jour, des Burkinabè viennent à Yamoussoukro. Et lorsqu'on leur demande le motif de ce mouvement massif, ils ne se gênent pas à dire qu'ils viennent célébrer l'investiture de leur fils devenu Président de la République de Côte d'Ivoire. Cette situation nous gène beaucoup, nous qui avions pensé qu'en devenant Président de la République de Côte d'ivoire, ce serait pour l'intérêt de notre pays. Aujourd'hui, nous nous rendons compte que Ouattara veut servir son pays d'origine. Et ça, nous ne l'accepterons jamais. Nous attendons de voir comment il va gouverner. Si ce n'est pas dans l'intérêt du peuple ivoirien, alors nous aviserons et je sais que nous ne serons pas les seuls à agir pour changer les choses. ».

De vrai, toute la ville de Yamoussoukro respire au rythme de la cérémonie dont les préparatifs vont bon train. Yao Boniface, la trentaine environ, n'est pas du tout content. Et se demande pourquoi ce sont les militaires blancs avec à la tête, l'ambassadeur de la France en Côte d'Ivoire, qui sont à l'œuvre pour cette fête supposée être purement ivoirienne. Comme lui, ils sont nombreux à s'interroger sur les raisons de l'implication très active de la France dans une affaire d'Investiture. Blé Gbalé, fonctionnaire en poste dans la ville dit avoir maintenant compris pourquoi le Président Laurent Gbagbo disait de Ouattara qu'il était le candidat de l'étranger. « Nous avons voté Ouattara parce que nous pensions qu'il allait travailler pour le bien des Ivoiriens. Aujourd'hui, cela ne fait l'ombre d'aucun doute. Nous sommes maintenant convaincu que tout ce travail que nous avons fourni pour sa réélection ne va pas nous servir et c'est dommage pour l'ensemble des Ivoiriens ».

Sinon comment comprendre que pour une simple investiture, la capitale Yamoussoukro est bondée. Des Blancs et non des moindres, des hommes d'affaires, des dignitaires de la franc maçonnerie seraient même arrivés. Une source sur place nous apprend que le Président français Nicolas Sarkozy sera présent lors de la cérémonie d'investiture. Pour lui, cela ne fait aucun doute. Il s'agira par cette cérémonie d'installer le chef des francs-maçons à qui, ils vont confier la gestion mystique de la sous région. Quant aux rebelles dits forces républicaines de Côte d'Ivoire, ils font la pluie et le beau temps. Déjà dans la capitale, les taxes communales sont aux mains des rebelles comme cela était et est actuellement le cas dans toutes les villes détenues depuis 2002 par les rebelles de Ouattara, appelés pour la circonstance, forces républicaines de Côte d'Ivoire. Comme quoi, on ne peut jamais cacher le soleil avec la main. Parce qu'en fait d'une gestion démocratique, c'est à une gestion chaotique que Ouattara servira aux Ivoiriens. Lui qui croyait tromper le peuple ivoirien, voilà rattrapé en quelques semaines par son mensonge.



Le 20 mai 2011, in le quotidien Le Temps


Grékou Bayard