topblog Ivoire blogs

lundi, 29 août 2011

LE COLONEL CHARAUX LIVRE SA VERSION DES FAITS ET DENONCE LES ABUS DES FRCI

COLONEL CHARAUX.jpg

Interview d'un des trois Français victimes d'arrestation arbitraire en Côte d'Ivoire, le samedi 20 août. Pour France-Soir, le colonel de gendarmerie Jean-Grégoire Charaux livre sa version des faits et dénonce les abus de pouvoir commis par certains FRCI.


France-Soir. Le ministre de l'Intérieur de Côte d'Ivoire, Hamed Bakayoko, a déclaré dans une interview à France-Soir que vous n'avez pas été arrêté mais que vous avez été "entendu" par la police et la gendarmerie, le samedi 20 août. Est-ce votre version des faits ?

Jean-Grégoire Charaux. Je n'ai pas été « entendu » ni « arrêté ». J'ai été enlevé. Je suis officier de gendarmerie à la retraite et je connais les procédures légales pour les avoir pratiquées durant toute ma carrière. J'ai enseigné la police judiciaire en Côte d'Ivoire et ailleurs. Quand on est entendu, on signe un procès verbal, on a droit à un avocat, on peut prévenir un proche. Là, non, aucun de ces droits ne m'ont été garantis. Tout m'a été retiré. J'ai été enlevé sur dénonciation.

F.-S. Qui vous a enlevé et vous a donc « entendu »?

J.-G. C. Je sais faire la différence entre un policier, un gendarme et un militaire. Ces gens là étaient dans une tenue panachée, mi-civile, mi-militaire...

F.-S. Comment les choses se sont-elles passées ?

J.-G. C. Je suis arrivé par avion de Lomé (Capitale du Togo, Ndlr) à 1′aéroport d'Abidjan à 15H10. J'étais entre 16H15 et 16H30 en train de faire visiter un domicile à un couple de Français expatriés.  A ce moment là, ces hommes que je vous décris sont arrivés. Ils étaient armés de kalachnikov et d'armes de poing. Ils nous ont demandé de sortir. Nous avons obtempéré. Ils ont libéré le couple et des trois qui restaient ils m'ont nommément désigné pour monter dans un véhicule noir sans plaque d'immatriculation en me menaçant de leurs armes. J'ai bien voulu demander qui ils étaient et ce qu'ils me voulaient mais ils ont répondu en m'intimidant avec leurs armes. Ils m'ont intimé l'ordre de monter et à mes compagnons de les suivre, encore une fois, sous la menace. Mes bagages ont été montés dans leur véhicule. Ils nous emmenés dans une caserne entre le boulevard de Marseille et le boulevard Valéry Giscard d'Estaing. Cette caserne abrite apparemment les Forces républicaines de Côte d'Ivoire. Ce n'est pas un poste de police ! Il était 17H30. Dehors, ils ont directement sorti mon sac, m'ont demandé la clé de mon bagage. En ouvrant ils ont « découvert » 41.000 $ en espèces que je venais de récupérer à la compagnie aérienne de mon employeur, à sa demande, pour régler le carburant des avions. Dans l'aviation en Côte d'Ivoire, et ailleurs en Afrique, tout se paye en dollars. Ils savaient que je venais de retirer cette somme. J'ai été victime d'une dénonciation et la victime d'une embuscade. Comment voulez-vous qu'ils me désignent autrement aussi facilement ? Ils sont venus nous cueillir et ils savaient où se trouvaient l'argent. Je m'y connais en embuscade, je suis un ancien capitaine d'infanterie, ce n'est ni plus ni moins que du banditisme. C'est du banditisme sous le sceau d'une autorité militaire d'Etat.

F.-S. Que s'est-il passé une fois qu'ils vous ont retiré l'argent ?

J.-G. C. Ils m'ont séparé du reste du groupe et isolé dans un bureau dans le corps central de la caserne. Mes deux ravisseurs, sans grades, avaient toujours leurs armes pointées sur moi et franchement ils ne m'inspiraient pas confiance. Ils n'avaient rien de militaires officiels, réguliers. L'un avait une tête de barbu et l'autre portait avec son treillis une casquette de baseball. J'ai connu les événements de 2004 et là, honnêtement j'ai cru que je voyais les mêmes hommes. J'ai eu peur que l'on me retrouve dans une forêt avec une balle dans la tête. Je me suis aussi souvenu de l'affaire Kieffer. Etre enlevé, séquestré, humilié par ces gens-là m'a vraiment inquiété sur le moment. Je ne savais pas ce qu'il pouvait se passer. Là, un type arrive que l'on me présente prétendument comme un capitaine de police, sans en avoir l'air, me pose un tas de questions sur mon patron, m'accuse d'être un salopard, un trafiquant ! Evidemment aucun procès verbal, aucune déposition, aucune procédure légale... Je nie tout ce dont on m'accuse et répond que la somme est celle de mon patron, qu'il me l'a confiée parce que je suis un homme de confiance et que celle-ci sert à l'approvisionnement en essence des avions de sa compagnie. Vers 19H45, le commandant Wattao (« Com-zone » en charge des FRCI sur le secteur et nommé commandant en second de la Garde républicaine par Alassane Ouattara, Ndlr), appelle pour savoir si j'ai été brutalisé. Il m'a demandé de faire un écrit spécifiant que je n'avais pas été victime de violences et que l'on m'avait rendu mes effets personnels. J'ai signé bien évidemment, mais en sachant qu'à côté de moi mes ravisseurs étaient toujours armés. Que se serait-il passé si je n'avais pas signé ? J'ai signé, oui. Et quand on m'a rendu mes « effets personnels », on ne m'a pas rendu l'argent qui s'y trouvait au moment de mon enlèvement.

WATTAO 3.gif

F.-S. Hamed Bakayoko, ministre de l'Intérieur de Côte d'Ivoire, déclare dans l'interview donné à France-Soir ne pas savoir où l'argent est gardé. Qu'en pensez-vous ?

J.-G. C. J'ai du respect pour Hamed Bakayoko qui m'a appelé pour avoir ma version des faits. Mais c'est un politique. Il est embarrassé par les hommes de Wattao qui ne sont ni des gendarmes ni des policiers... L'action de ces hommes là paralysent son objectif de rétablir la sécurité publique. Les gens à qui j'ai eu à faire sont en réalité plus des voyous que des militaires. Après, que Hamed Bakayoko défende le commandant Wattao, je peux le comprendre, c'est de la politique. Le problème c'est que ce n'est pas mon problème. Je ne fais pas de politique, je veux simplement que l'on respecte mes droits, que l'on répare le préjudice que j'ai subi et que l'on rende l'argent que l'on m'a dérobé sans motif et qui appartient à une société privée.

F.-S. Vous avez porté plainte pour quels motifs le lendemain ?

J.-G. C. J'ai porté plainte auprès de la gendarmerie pour arrestation arbitraire, séquestration et vol. C'est bien de cela dont il s'agit. Après avoir fait enregistrer cette première plainte, un officier de police judiciaire de la Sûreté de l'Etat s'est présenté pour que je présente une deuxième déposition. Ce que j'ai fait. Il y a donc deux plaintes et deux enquêtes. Les deux sont identiques et je suis formel dans celle-ci comme ici : ce qui s'est passé samedi 20 août est une bavure de la part des FRCI.

F.-S. Vous n'avez donc pas en tout cas été « brutalisés » par les FRCI ?

J.-G. C. Nous n'avons pas été brutalisés mais nous avons été intimidés par des hommes armés qui refusent de s'identifier et de vous dire pourquoi vous êtes embarqué et séquestré ! Ce n'est déjà pas mal non ? Franchement quand vous vous retrouvez face à ces hommes là vous ne savez vraiment pas comment vous allez sortir de là... Ils nous ont traités comme de la viande, comme des voleurs.

F.-S. L'ambassade de France est-elle bien intervenue dans votre libération ?

J.-G. C. Oui, c'est vrai et je remercie l'ambassade et le Premier conseiller ainsi que la Force Licorne. Ils suivent l'affaire avec attention depuis le début.

F.-S. Est-ce que vous pensez que le commandant Wattao a commandité votre enlèvement ?

J.-G. C. Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que c'est son second qui a fait le coup. Je n'envisage pas qu'il n'ait pas été informé par lui. Je n'accuse pas le commandant Wattao de corruption mais ce sont ses hommes qui m'ont pris l'argent dans la zone qu'il est sensé contrôler. Il y a une expression parfaite pour cela : « responsable mais pas coupable ».

F.-S. Cette affaire semble embarrasser le gouvernement ivoirien. Ne croyez-vous pas que votre « affaire » tombe au mauvais moment pour lui ?

J.-G. C. Au contraire ! Avec cette affaire on rend service au gouvernement Ouattara pour qui j'ai le plus grand respect. Il faut qu'Abidjan soit débarrassée de la prédation et que gendarmerie et police retrouvent leurs prérogatives. Je n'ai rien contre le nouveau pouvoir au contraire. Je n'accepte pas l'injustice parce que je suis un soldat de la loi. Par mon action je veux laver mon honneur et que ces actions de ce genre cessent ! Il faut le savoir, tous les jours les Français sont pillés, volés, vandalisés taxés, rackettés par ces voyous qui ont mis Abidjan sous leur coupe. Ces voyous, il faut les encaserner ou leur trouver un travail ! Mon affaire permet de lever le voile sur cette vérité là. Je veux rendre service. C'est un test fort pour le pouvoir qui suit l'affaire de près. Il n'est pas le seul... Les investisseurs internationaux regardent aussi cette affaire avec un grand intérêt. Si le gouvernement refuse de rendre justice et montre que l'Etat de droit n'est pas de retour en Côte d'Ivoire, ces investisseurs là se détourneront et ne feront pas confiance au pays. En attendant, j'ai confiance en la Justice ivoirienne.

F.-S. Vous parlez de « voyous » au sujet de certains FRCI. Vous n'y allez pas un peu fort?

J.-G. C. Je n'ai pas peur de dire ce que je pense même si ces jours-ci je ne sors pas de mon hôtel de craintes de représailles. Ils sont les mêmes que les voyous d'avant. La seule chose qui a changé ? Leur ethnie. Sinon les mœurs restent les mêmes, la seule chose qui les motive c'est l'argent. Aujourd'hui ces gens-là squattent des domiciles privés, volent des voitures... La Côte d'Ivoire mérite bien mieux. Je ne fais pas de politique mais j'aime ce pays. C'est mon deuxième pays. J'y ai de la famille, j'y ai travaillé pendant des années, j'ai protégé des familles chrétiennes, j'ai protégé des familles musulmanes à Yamoussoukro où j'étais en poste, j'ai formé des gendarmes qui sont aujourd'hui responsables, officiers... Je sais que la Côte d'Ivoire peut réussir à retrouver la paix. Les Ivoiriens ont le droit à la démocratie. J'ai confiance en ce pays et je veux y vivre.

F.-S. Que demandez-vous à la justice ivoirienne ?

J.-G. C. C'est simple. Je veux récupérer l'argent de mon patron. Je veux laver mon honneur. Je veux recevoir des excuses de ces hommes-là. Il faut que cette histoire serve d'exemple. Ces méthodes doivent cesser.

 

Source: FRANCE-SOIR

Commentaires

Mais ou était le COLONEL CHARAUX lorsque la LICORNE,l'Armée Française,BOMBARDAIT la RESIDENCE de GBAGBO?ENLEVE,SEQUESTRE,HUMILIE,ça me RAPELLE,le PRESIDENT GBAGBO.A ce moment la,je n'ai NI VU NI ENTENDU ces FRANCAIS.Il faut qu'il se PLAIGNE auprès du PREMIER VOYOU de la REPUBLIQUE FRANCAISE,MONSIEUR NICOLAS SARKOZY.C'est LUI en PREMIER qui est RESPONSABLE de cette SITUATION d'INSECURITE,un COMBLE pour lui qui a été MINISTRE de l'INTERIEUR en FRANCE.AUJOURD'HUI en COTE d'IVOIRE,les EXPATRIES FRANCAIS sont les MIEUX NANTIS!c'est au NOM du PEUPLE FRANCAIS que SARKOZY a BOMBARDE la COTE d'IVOIRE!que représente 41 OOO EUROS par RAPPORT à TOUT ce QUE la FRANCE A VOLE à la COTE d'IVOIRE?RIEN.SANS COMPTER le PREJUDICE MORAL subit par le PEUPLE et les MILLIERS de PERTES en VIE HUMAINE.QUI VA UN JOUR NOUS DEDOMAGER?PERSONNE.Tous les jours les IVOIRIENS sont aussi,pillés,volés,vendalisés,taxés,rackettés dans l'INDIFFERENCE du GOUVERNEMENT IVOIRIEN et FRANCAIS.Il n'y a AUCUNE RAISON que les FRANCAIS aient un TRAITEMENT de FAVEUR!s'ils avaient encore un PEU de DIGNITE,et bien les FRANCAIS auraient QUITTE le PAYS sur le CHAMP!pour en REVENIR à l'HISTOIRE,du COLONEL CHARAUX,c'était IMPRUDENT de sa PART de TRANSPORTER une si GROSSE SOMME d'ARGENT!Il a peut-etre été VICTIME d'un GUET-APPENS ou d'une DENONCIATION.Que penser d'un FRANCAIS qui a du RESPECT pour le NOUVEAU POUVOIR qui CAUTIONNE ce TYPE de COMPORTEMENT?NUL!

Écrit par : RitaFlower | mardi, 30 août 2011

Si la franc-maçonnerie veut éliminer Wattao, elle l'éliminera et il n'y aura rien. On doit donc conseiller a Wattao et a ses partisans de se retirer du système maçonnique, de ne plus couvrir et servir "l'effroyable imposture" contre leurs frères et sœurs de Cote d'Ivoire. Ils voient bien qu' ils servent un système raciste. Tant qu'ils humiliaient, égorgeaient et massacraient les Noirs de Cote d'Ivoire, ils étaient des démocrates et des modernes. En contrôlant des hommes blancs douteux, ils sont dits crapules et leur chef Wattao accuse de tous les torts d'Israel!

Le jour se leve toujours
Lette naa Lette

Écrit par : Lette naa Lette | mercredi, 31 août 2011

Je cite ;

'Le problème c'est que ce n'est pas mon problème. Je ne fais pas de politique, je veux simplement que l'on respecte mes droits, que l'on répare le préjudice que j'ai subi et que l'on rende l'argent que l'on m'a dérobé sans motif '

Vous me faite rire colonel chareaux VOUS OSEZ PARLER DE DROIT !
mais les ivoiriens eux meme ont vecu pire que ca et par la faute de la france de sarkozy
Vous au moins vous etes en vie!

tchrrrrrrrrrrrrrr

Écrit par : lila likikoua | mercredi, 31 août 2011

Mais les ivoiriens, ne sont pas des êtres humains, en tout cas les pro-gbagbo.!!!!

Avez-vous suivi les déclarations de l'imam de la riviéra golf qui dit que ce sont le musulmans et imam qui le plus souffert de la crise post électorale par la faute des miliciens, et grâce à ado leur calvaire a pris fin. un pro-gbagbo tué ou pillé, c'est juste pour se rendre "justice"(?), comme réclamé encore par le guide(?) spirituel de la communauté musulmane de la Riviéra.


Les blancs c'est juste un incident de parcours à vite oublier, faut pas toucher aux cheveux des enfants du roi sarko

Écrit par : Yao | mercredi, 31 août 2011

le prochain chef rebel qui va etre éliminer à coup sur sera wattao à lui de faire attention. mais ce colonel il n'a cas se plaindre chez sarkozy .ils ont oublié que se sont eux qui ont enlever de force gbagbo et qu'en enlevant la france légitimait le désordre en cote d'ivoire.pourquoi se plaind il . vous n'avez pas dit que gbagbo est un obstacle au développement de la cote d'ivoire .aujourd'hui vous pleurez des dérives des frci arretz de pleurnicher et assumez monsieur les francais .pareil en lybie vous avez tout fait pour fragiliser le pouvoir de kadafi mais demain le cnt va s'opposer à vous lorsqu'il se rentrons compte que leur combat va profitera.en effet la seule chose qui me rassure dans ces crises et que tous les acteurs internes et externes paieront certains payent deja d'autres très bientot.

Écrit par : attegbre guy franck | jeudi, 01 septembre 2011

ce blanc nous parle de koi des voyous kan la LICORNE , l ,arme Francaise avec la complicite de SARKOZY ont arme ces voyous pr TUER ,SEQUESTRE, HUMILIE E VIOLER vs etiez ou aujourd,hui vs avez eu des pblemes avec eux vs ns parle insecurite e de justice dit A SARKOZY KE TOUT CE PAYE SUR TERRE cek,il a seme en CI ce ke vous recolte vs KI VIVER SUR LE TERRITOIR IVOIRIEN [BLANCS] DIEU GARDE LA CI

Écrit par : mima. | samedi, 03 septembre 2011

Les commentaires sont fermés.