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samedi, 17 septembre 2011

COTE D'IVOIRE - PLUIES DE MILLIARDS: ALASSANE DRAMANE OUATTARA SEME LE VENT


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Le régime de Ouattara s'est mis hier à rêver de pluies de milliards à la suite de la déclaration conjointe faite par le FMI et la Banque Mondiale qui ont séjourné pendant plus de deux semaines dans la capitale économique ivoirienne. Pourtant, les choses ne sont pas aussi simples en Côte d'Ivoire où la vie quotidienne éclaire  d'une réalité crue la conjoncture économique difficile dans laquelle vivent les abidjanais.


Les ouvriers de dame Kanaté avaient hier la mine des mauvais jours. Leur patronne devait en principe leur verser une partie de leurs dus. Lorsqu'elle a d'ailleurs affirmé, sous le coup de dix heures, qu'elle était à la banque, le petit groupe s'était senti requinqué. Dramane s'est alors emparé des derniers paquets de ciment qui étaient encore dans le magasin et s'est littéralement jeté sur le reste du sable pour faire des briques. Rien, se disait-il, ne pouvait alors contrarier son rêve d'empocher les 85.000 Fcfa qui doivent lui être payés. Mais à 13 heures, la patronne est revenue de ses courses matinales en affirmant que la banque avait des problèmes de connexion et qu'en conséquence, elle n'avait pas pu retirer de l'argent sur son compte. Les problèmes d'informatique, les pannes de guichet, des distributeurs d'ailleurs souvent non alimentés etc... A Abidjan, les gestionnaires de compte et les caissiers ont une panoplie de vocabulaire pour justifier un paiement qui ne viendra pas, parce que par principe, ici la vérité n'est jamais bonne à dire. Le sachant, le gouvernement joue   à fond la carte de la communication et se contente parfois d'expédients comme l'emprunt obligataire pour essayer de maintenir en haleine une population qui croit de moins en moins aux milliards qu'on lui a annoncés pendant la campagne électorale.

Avant-hier d'ailleurs, un sentiment de soulagement se lisait sur le visage du ministre de l'économie et des finances qui sort de deux semaines de réunions éprouvantes avec la délégation conjointe du FMI et de la Banque Mondiale. M. Diby avait de toute évidence besoin de ce type de déclaration diplomatique de clôture de Doris Ross pour être ensuite relayé par les communicants du gouvernement. Mais la joie risque d'être de courte durée. Car les promesses d'appuis budgétaires devront être entérinées en novembre par le conseil d'administration des deux banques. Le FMI et la Banque Mondiale ont refusé d'autoriser le principe des appuis budgétaires pour cette année. Les décaissements probables des 300 milliards devront ainsi attendre l'année prochaine et s'étendre sur trois ans, c'es-à-dire de 2012, 2013 et 2014. La presse quelque peu en retrait de l'euphorie des pro-Ouattara a insisté hier sur les conditionnalités, notamment la bonne tenue des élections législatives. Mais c'est surtout dans les non-dits de la déclaration qu'il faut situer les vrais enjeux du programme de facilité de crédit que le gouvernement négocie depuis l'arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir. Le ministre de l'économie et des finances Charles Diby Koffi a même concédé que la promesse de 300 milliards était conditionnée par l'application d'un train de réformes que le communiqué se garde d'énumérer parce qu'elles ont un coût social lourd. Il s'agit notamment de l'augmentation du prix de l'énergie pour combler les pertes de la Compagnie Ivoirienne d'Electricité qui a subi le pillage de ses installations et dont les infrastructures sont désuètes. Le gouvernement avait espéré avoir le temps nécessaire pour convaincre ses partenaires du privé, notamment jusqu'à la fin de 2012. Mais sur cette question, le régime a subi son premier gros revers puisque la discussion a entériné le principe des augmentations dès mars prochain dans une proportion  de 10% au départ pour se stabiliser à la fin à 19% comme le demandaient les deux bailleurs de fonds. Le gouvernement doit aussi débloquer les prix du carburant à la pompe pour laisser la vérité du marché s'imposer. Pour les transporteurs, c'est le principal acquis obtenu sous la présidence Gbagbo qui disparaîtrait ainsi.

Le gouvernement doit aussi accélérer la privatisation d'un certain nombre d'entreprises publiques comme il s'y est engagé depuis plusieurs mois et optimiser ses ressources internes. Sans elles, Alassane Ouattara ne pourra pas faire face au fonctionnement régulier de l'Etat comme actuellement où le gouvernement a choisi de prioriser les salaires des fonctionnaires ivoiriens pour éviter d'entrer en conflit avec les populations. Quant aux autres partenaires, ils sont obligés d'attendre. Les tensions de trésorerie sont perceptibles et les fournisseurs de l'Etat s'en prennent à d'imaginaires agents véreux qui rendraient le versement de leurs dettes aléatoire. Le gouvernement annonce par ailleurs un niveau d'apurement de la dette intérieure que ne reconnait pas par exemple le patronat ivoirien et mise encore sur la peur des populations pour essayer de mieux s'installer.

Officiellement, la dissolution de la Centrale devrait permettre de disposer enfin des impôts du nord, plus de cinq mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo par les français après une série de bombardements de sa résidence. Mais à part le communiqué de dissolution, rien n'a encore changé dans les zones centre, nord et ouest du pays toujours aux mains des ex rebelles qui se préparent à aller aux législatives avec leur chef Guillaume Soro. Le FMI et la Banque Mondiale rechignent d'ailleurs à l'idée de voir l'armée du Premier  ministre grossir le nombre des fonctionnaires du pays. « L'incorporation post-crise à la solde de l'État des anciens combattants et des enseignants précédemment non rémunérés du nord du pays aura pour effet d'accroître une masse salariale déjà lourde », déplore la déclaration qui prend pour ainsi dire acte de la défense du gouvernement de faire des économies en réduisant les dépenses habituelles de l'Etat. C'est ce qui explique d'ailleurs la poursuite du recensement des fonctionnaires et agents de l'Etat. Mais le gouvernement est sur des braises. Il ne peut mener l'ensemble des réformes, y compris celle de la filière café-cacao en si peu de temps. Il sait aussi que les législatives ne seront pas crédibles tant que l'opposition n'y sera pas. Bref, le gouvernement sait que ce genre de déclaration même venant du FMI et de la Banque Mondiale ne vaut pas grand-chose et ressemble aux promesses électorales. N'y croient alors que ceux veulent bien y croire.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 66 du samedi 17 septembre 2011.

Commentaires

Bel article, vraiment pitiant

Écrit par : PY | samedi, 17 septembre 2011

Ouattara Alassane le bourkinabé a fait croire au monde qu'il était un brillant economiste, et a un gropuscule Ivoiriens.Mais aujourd'hui les Ivoiriens ce sont rendus compte que ce menteur est un caissier de super marché.Le retour de GBAGBO aux affaires est pour bientot au nom de JESUS.DIEU va vomit ses criminels qui ont pris le pays en otage.

Écrit par : ouattara | mercredi, 21 septembre 2011

Tous les DIRIGEANTS du MONDE CHERCHE à AMELIORER avec des moyens je vous le CONCEDE DISCUTTABLES,la vie des ses CONCITOYENS.Il ya qu'en Cote d'Ivoire qu'on voit un CHEF d'état qui APPAUVRIT VOLONTAIREMENT sa population.Le PANIER de la MENAGERE a EXPLOSE depuis son arrivée SPECTACULAIRE au pouvoir.C'est le "petit peuple"qui trinque le plus de cette situation dure.En l'espace de 5 mois,combien de voyages a effectué OUATTARA au compte de l'état ivoirien?sans parler des frais de séjour et tout le personnel déployé pour l'accompagner à chaque déplacement.Le tout dernier voyage à PARIS a couté des millions,j'ai pas le chiffre exact.Pendant que la population creve de faim,OUATTARA et BEDIE font la fete sans pudeur.Il fallait les voir.C'était une COMEDIE GROTESQUE et PITOYABLE à voir,ils n'ont pas honte,ces deux clowns!!!S'il veut se maintenir au pouvoir,il n'a pas intéret à se mettre à dos les FONCTIONNAIRES qui sont les DIGNES REPRESANTANTS de l'état.Ils sont au service du peuple.Que deviendraient les ivoiriens si les fonctionnaires devaient faire GREVE,ce qui est à prévoir si l'état les paie plus.Un pays qui n'est plus capable de nourrir,loger,offrir du travail à son peuple peut sur la durée tenir combien de temps?c'est le sort des ivoiriens qui me préauccupe beaucoup pas les fausses promesses de OUATTARA qui est milliardaire et n'a pas des soucis d'argent.J'espère que les JOURNALISTES IVOIRIENS se pencheront un jour,sur l'origine exact de sa FORTUNE et celle de sa femme Dominique.COMME ON DIT AIDE TOI,LE CIEL T'AIDERA,mes FRERES...

Écrit par : RitaFlower | jeudi, 22 septembre 2011

OUATTARA, il fallait s'y attendre, un piteux soi disant Président intronisé par Sarkozy ne peut rien faire pour les Ivoiriens; il a été placé par Sarkozy pour ses intérets propres et ceux de la France. qu'attendez vous de plus? sinon pillez la Cote d'Ivoire et remettre aux Francais. L'incarnation de la honte, l'afrique peut elle se développer avec des gens qui ont vendu leur peuple pour etre au pouvoir?

Écrit par : albert bernard | jeudi, 22 septembre 2011

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