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dimanche, 25 septembre 2011

POURQUOI GBAGBO FAIT SI PEUR

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Les  récurrents appels des adversaires de l'ancien président de la République de Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo à le laisser juger par la Cour pénale internationale  a ceci de pathétique qu'ils montrent à quel point Gbagbo inspire de la peur à Alassane Dramane Ouattara et à son parrain blanc Nicolas Sarkozy.


Finalement, il ne se passe pas un seul jour sans qu'on ne parle de Laurent Gbagbo à Abidjan. Que cela soit dans les  médias ivoiriens, à part bien évidement la télévision nationale tenue par les séides du régime en place et particulièrement dans la presse écrite toutes tendances confondues, ou dans les états-majors des partis politiques. D'ailleurs, toutes les visites à l'étranger d'Alassane Dramane Ouattara sont dominées par les sujets se rapportant à l'actualité de Laurent Gbagbo et le chef de l'Etat l'a encore appris à ses dépens lors de son dernier séjour en France. Même Henri Konan Bédié ne trouve grâce aux yeux des médias européens que pour évoquer le devenir de Laurent Gbagbo que le président du parti démocratique de Côte d'Ivoire et son alter ego du rassemblement des républicains alliés dans le rassemblement des houphouëtistes pour la recherche de la paix (RHDP) voudraient voir écrouer à la Cour pénale internationale.

Car même s'il est officiellement inculpé depuis plusieurs mois par le procureur de la République Simplice Koffi, la justice ivoirienne est embarrassée par le cas Gbagbo. D'abord parce qu'en l'état actuel des choses, elle ne peut juger l'ancien président de la République qui bénéficie du statut d'ancien chef d'Etat. Pressée par les politiques qui n'ont pas prévu de plan B à la non reddition de Gbagbo, la justice ivoirienne a violé toutes les procédures en la matière, à commencer par le décret de mise en résidence surveillée précédé par l'acte lui-même. C'est le contraire qui est normal. Les avocats de Gbagbo ont aussi du mal à rencontrer leur client à Korhogo en violation de toutes les règles du permis de communiquer. Mais il reste le fond du problème. Inculpé pour crimes économiques, la justice ivoirienne perd son latin et sa difficulté est celle des politiques. Malgré toutes les possibilités qu'ils ont aujourd'hui pour démontrer toutes les allégations de détournement présentées comme vérifiées à l'époque, le Procureur de la République n'a pas la moindre preuve de crimes économiques provenant d'avantages personnels que le président Gbagbo aurait tirés de son mandat. Les crimes économiques dont il parle seraient la conséquence d'une usurpation de titre. Or, sur cette question il faut un miracle pour que l'accusation démontre qu'Alassane Dramane Ouattara qui s'est fait investir par des personnalités non assermentées dans son QG de l'hôtel du Golfe était président de la République avant l'arrestation du président Gbagbo par les français.

C'est pour quoi aussi bien Dramane que Bédié ne jurent plus que par la Cour pénale internationale censée établir des preuves de la culpabilité de Gbagbo sur des cas de violences politiques dans le pays. Dramane et Bédié espèrent surtout que le président Gbagbo sera lourdement condamné pour qu'il soit à jamais éloigné du paysage politique ivoirien.

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Parce que la survie des deux hommes politiques en dépend. Henri Konan Bédié est un vieil homme de 77 ans. Cet âge le rend inéligible à un autre mandat présidentiel en Côte d'Ivoire et l'expose à la furie des jeunes à l'intérieur. Ces derniers avaient déjà  tenté de le pousser à la retraite sous la présidence Gbagbo qui, de toutes les trois grosses personnalités du pays est le plus jeune et le seul à ne pas hésiter à confier des responsabilités aux jeunes. L'effet Kigbafori (du nom de l'actuel Premier ministre) a en effet rendu la plupart des jeunes militants des partis  ambitieux. La jeunesse du PDCI dont les leaders ont été royalement ignorés lors de la formation du cabinet Dramane ont déjà montré de la déception en critiquant cette mise à l'écart. La présence de Gbagbo à la tête de l'Etat aurait donné plus de force à ce type de revendications à l'intérieur du PDCI. Henri Konan Bédié semble même cacher d'autres projets, notamment la possibilité d'être candidat en 2015 où il pourrait surfer sur la vague nationaliste insufflée au pays par Gbagbo contre Alassane Ouattara dont les conditions d'accession au pouvoir continuent de rebuter l'opinion pro-Gbagbo.

Dramane est donc la solution du moins pire que Bédié joue à fond en espérant renaître de ses cendres, lui que ses partisans appellent aussi le sphinx de Daoukro. Quant à Dramane, il sait qu'un procès de Gbagbo qui s'ouvrirait   à Abidjan serait une tribune populaire contre lui. Il n'a pas envie de voir relancer le débat sur sa légitimité. Son principal écueil demeure cependant le temps. Pour être entendu par la Cour pénale internationale, il faut entre deux ou trois ans de procédure. L'environnement international risque entre-temps d'évoluer pendant ce temps puisque le président français Nicolas Sarkozy et son homologue américain Barack Obama qui sont ses principaux soutiens doivent faire face à des élections cruciales  dans leur pays dans le but d'assurer leur propre survie politique.  La défaite de l'un ou l'autre risque de changer les rapports au pays où les partisans de Laurent Gbagbo auront vaincu la peur. La jeunesse du front populaire ivoirien se prépare déjà à enclencher une série de meetings dits de libération et la direction du parti vient de quitter officiellement la commission électorale indépendante et semble dessiner les contours d'un boycott qui va mettre en doute la crédibilité du scrutin et faire l'impasse sur la reconnaissance nationale que Dramane voulait payer en prenant en otage l'ensemble des procédures électorales.

La France vient d'ailleurs de s'inventer une nouvelle polémique sur l'assassinat manqué de Gbagbo dont la résidence a été la cible de 800 tonnes de la part des avions français et onusiens. Le chef de sa diplomatie Alain Juppé a préféré nier en bloc les assauts des hélicoptères français contre la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo pourtant filmés en mondovision. Sarkozy devra répondre devant la justice de son pays mais aussi devant la conscience de tous ceux qui continuent de se mobiliser dans le monde pour la libération du Président Gbagbo qui n'a jamais été aussi populaire que maintenant.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 71 du vendredi 23 septembre 2011.

 

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LES NOUVEAUX INQUISITEURS

 

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La Ouattarandie a de beaux jours devant elle. En cinq mois, elle s'est offert de nouveaux sicaires qui, de toute évidence, n'ont aucun état d'âme. Les frères Cissé qu'on a fini par appeler les Forces républicaines de Côte d'Ivoire, en partie pour absoudre tous leurs crimes, sont partout dans nos rues avec leurs armes. Elles nous rappellent que nous sommes face à un tyran qui peut décider d'avoir notre tête quand bon lui semble. Avec elles, il faut désormais compter le Conseil national de la presse devenu un instrument d'inquisition contre la liberté de penser. En fait, penser autrement ou critiquer est plus que jamais la pire hérésie que les dramanistes ont décidé d'expurger du corps social. Alors le CNP joue sa partition, menace, suspend. Sa dernière trouvaille fut de menacer quiconque ne reconnait pas que Dramane Ouattara a été élu selon les règles de notre République. Parce que selon sa belle théorie, ceux qui écrivent cela sont des imposteurs et corrompent en plus l'opinion en la persuadant de ne pas reconnaître la réalité.

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Nous sommes donc l'ivraie, qui fait pourrir l'ensemble des bons fruits qui sont au service de la ouattarandie. Et pour qui sait comment ils assainissent, il ne serait pas étonnant qu'ils nous coupent nos bras pour ne plus qu'on écrive les lignes qu'ils détestent tant. Ce ne serait qu'un bon spectacle pour Eugène Kakou qui n'a pas manqué d'applaudir  l'assassinat de notre confrère Sylvain Gagnétaud. Selon ses bonnes dispositions, Gagnétaud n'était que journaliste à 20%. Il avait donc 80% de chance de mourir. C'était écrit, et le président du CNP n'a pas intérêt à remettre en cause les lois de la nature.

Seulement voilà, les faits sont têtus. Le 11 avril, Laurent Gbagbo n'est pas allé se rendre à Dramane Ouattara qui a refusé le recomptage des voix qui lui était proposé comme ultime moyen pacifique de sortie de la crise postélectorale. Nous ne sommes pas les auteurs prolixes et imaginatifs de cette histoire. Ceux que le président du CNP présente comme des gogos ou de parfaits amnésiques pour se rappeler au moins les souvenirs de ces nuits de bombardement, étaient chez eux quand les bruits assourdissants des 800 tonnes de bombes allaient à l'assaut de la résidence de Laurent Gbagbo. Un homme qui était chez lui avec sa femme et ses enfants. Cet homme a été arrêté par l'armée française qui l'a remis à ceux qui se font passer pour des forces républicaines et dont on ne raconte pas assez les tueries.

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Ce n'est pas parce que les ivoiriens ne le crient pas sur tous les toits qu'ils ne savent pas ce qui s'est passé ; et ce n'est pas parce que le CNP se sent fort dans son nouveau rôle de tortionnaire attitré, l'anti-liberté de service de la ouattarandie que ce qu'il veut imposer deviendra une vérité.

Le zèle, c'est connu, peut vous valoir plus des subsides ; il peut même vous donner l'illusion que vous comptez. Mais le zèle au service du mensonge ne rend que plus vil et plus méprisable. Certes, nous avons  besoin, en dépit des contingences conjoncturelles, de nous réunir autour d'un minimum de consensus, d'un certain nombre de valeurs qui nous réunissent. Mais ces valeurs-là se négocient. On ne les impose pas pour montrer qu'on est passé inquisiteur de la République après avoir encouragé à ce même poste la chienlit des uns et l'appel au meurtre des autres.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 71 du vendredi 23 septembre 2011.

Commentaires

ET DIEU CREA KOUDOU LAURENT GBAGBO,c'est un REDOUTABLE ADVERSAIRE POLITIQUE,une BETE POLITIQUE.30 ANS de COMBATS POLITIQUE,OPPOSANT HISTORIQUE de FELIX HOUPHOUET BOIGNY.PERE FONDATEUR de la DEMOCRATIE,CREATEUR du MULTIPARTISME,de la LIBERTE de la PRESSE.PANAFRICANISTE dans l'ame.Malgré son emprisonnement,on continue de l'appeller PRESIDENT puisqu'il a laissé en Cote d'Ivoire,une TRACE INDELEBILE,qui peut l'oublier.Meme les OCCIDENTAUX reconnaissent eu lui,un HOMME LIBRE qui n'a jamais joué le jeu de l'OCCIDENT.Qu'on l'aime ou qu'on le déteste,il ne laisse PERSONNE INDIFERENT.Jamais un PRESIDENT,sur le CONTINENT NOIR n'a déchainé autant de PASSIONS dans le MONDE,excepté peut-etre MANDELA,en AFRIQUE du SUD.Il est rentré dans l'histoire du Pays.on peut remercier OUATTARA pour une chose,il en a fait une ICONE dont la Cote d'Ivoire peut se montrer fier.Nous l'aimons tous pour tout ca...

Écrit par : RitaFlower | vendredi, 30 septembre 2011

Motion de soutien total, ma sœur RITAFLOWER!

C'est tellement bien dit! Merci. Tout simplement.

Ouattara fera peut-être de GBAGBO un martyr (si DIEU le veut) pour son plus grand malheur et celui de la France.

L'histoire nous situera.

Bien à toi!

Écrit par : Dindé | vendredi, 30 septembre 2011

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