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vendredi, 30 septembre 2011

J'AI FAIT LE REVE D'UNE GRANDE COTE D'IVOIRE ET D'UN GRAND PRESIDENT



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Les turpitudes de la vie politique ivoirienne de cette dernière décennie auront réussi le tour de force de nous plonger, nous, Ivoiriens bons vivants pleins d'humour, dans une mélancolie, une torpeur et une léthargie d'après-guerre qui nous consument lentement mais sûrement. Au point de nous donner la nostalgie de ses beaux jours du temps passé où il faisait bon vivre en Côte d'Ivoire (même en temps de crise) et où notre pays faisait l'objet de toutes les envies.

Sortie tout droit d'un cauchemar, la réalité actuelle sur cette belle terre éburnéenne n'incline guère plus à la joie, à la sérénité et à l'espoir d'une cohésion sociale sans hypocrisie. Les sourires et les regards ne sont plus francs, les belles amitiés d'il y a quelques temps se retrouvent empruntées dans leurs nouveaux épanchements ; même les liens familiaux en sont arrivés à se distendre, la jovialité s'est figée dans du plâtre et n'est plus que sa propre ombre et les cœurs, plus que jamais amers. La prise de parole libre et publique devient un exercice d'un péril certain. Chaque mot doit être pesé, chaque pas, mesuré. Pour chaque « dérapage », vous pouvez en répondre de votre vie ou, au meilleur des cas, de votre journal. CNP oblige !

La sécurité ? S'en remettre à la grâce de DIEU. Car ceux dont elle constitue la principale attribution en sont devenus la principale menace. On ne sait par quelle prestidigitation abracadabrantesque. En Côte d'Ivoire, désormais, l'insécurité est, à titre principal, le fait des FRCI, nos bien-aimés « sauveurs ». Peut-on envisager pire tableau ? L'actualité nous renseigne largement sur cette réalité désormais toute ivoirienne. Les tueries de Ziriglo, dans la Sous-préfecture de Taï, menées par les FRCI, en expédition punitive contre une population sans défense et excédée, qui a protesté contre le fait d'être régulièrement l'objet du racket, des injustices, des exactions et de l'insécurité entretenus par les nouveaux occupants de leur village, en est un exemple patent. A titre de parole de consolation et de commisération, le ministre délégué à la défense Paul Koffi Koffi, n'a rien trouvé d'autre à leur dire que ces propos totalement irréels : « Nous enverrons plus de FRCI pour assurer votre sécurité. Ils vont s'installer ici pour longtemps. Que vous le vouliez ou pas, vous êtes obligés de les accepter. Celui qui ne veut pas des FRCI, qu'il change de pays et aille vivre ailleurs ». Paroles d'un ministre de la République ! Rien qui soit plus désolant.

Lourd tribut que le prix que nous payons à la politique, dans ce pays ! Pour aboutir, au final, à une réconciliation à la baïonnette, en marche et cadence militaires.

Mais nous ne nous résignons pas à cette sombre peinture de notre patrie et souhaitons, pour l'heure (seulement pour l'heure), ne pas nous afficher de façon définitive comme ivoiro-dépressif pratiquant. Nous avons, à l'instar du combattant des droits civiques, l'afro-américain Martin Luther King Jr - auteur du célèbre discours « I have a dream » délivré sur les marches du Lincoln Memorial, à Washington D.C, le 28 octobre 1963, dans lequel il manifeste sa volonté et son espoir de connaître une Amérique fraternelle - fait le rêve d'une grande Côte d'Ivoire et - malgré tout - d'un grand président.

Une grande Côte d'Ivoire où l'amour sincère reprenait le dessus sur la haine et la méfiance morbide, où le pardon faisait place à la rancœur et au sentiment de vengeance ; où le militant RHDP et le militant LMP marchaient bras dessus-dessous en s'esclaffant d'un rire bon enfant, se serraient les coudes pour désherber, repeindre, restaurer ensemble toutes les infrastructures et services pillés et incendiés du pays ; où tous les fils et filles du pays, dans un seul et même élan fraternel, balayaient les rues de nos villes au sein d'associations de quartier, sans attendre d'être rémunérés ou de bénéficier d'une quelconque reconnaissance ou distinction sociale ; où les femmes, les hommes et les jeunes réalisaient des ouvrages d'intérêt public, conduisaient des actions de développement communautaire, menaient des opérations de propreté dans nos hôpitaux et maternités, avec à leur tête les hommes de DIEU, les chefs de partis locaux et nos hommes en armes.

J'ai fait un rêve où les Ivoiriens s'étaient vraiment et totalement pardonnés, non pas sur ordre, par communiqué officiel, décret présidentiel ou annonce de presse ; où ils bénissaient et priaient pour ceux qui avaient été leurs ennemis, donnaient à boire et à manger à ceux qui s'étaient révélés être leurs bourreaux, portaient leurs enfants sur leurs épaules et les chérissaient, compatissaient sincèrement à leurs douleurs et détresses. Ne se reconnaissant désormais qu'en un seul et unique peuple. Indivisible et bienheureux. J'ai rêvé d'un peuple qui a fait sa catharsis et qui a été conquis par l'amour.

Oui, j'ai fait un rêve où l'ethnie n'était plus une référence politique ou religieuse mais simplement une information indicative pour les statistiques de l'administration. J'ai fait un rêve où les journaux ivoiriens faisaient vraiment de l'information et avaient cessé d'être les caisses de résonnance des obédiences politiques et les courroies de transmission de la haine ambiante, dans une guerre de chiffonniers dépenaillés.

J'ai fait un rêve où tous les Ivoiriens et les hautes autorités de l'Etat en exil étaient rentrés en chantant, la tige de fleur au coin de la bouche, accueillis et célébrés chez eux par les militants LMP et RHDP de leur quartier, en totale symbiose, même si de ligne politique différente ; où les ex-FDS de retour au pays ont été reçus par un comité d'accueil présidé par les ex-FAFN, à une cérémonie au cours de laquelle ils ont fait la promesse sincère de ne jamais plus offrir aux Ivoiriens ce spectacle désolant d'affrontements et de guerre fratricides.

J'ai fait le rêve de la naissance d'une vraie nation ivoirienne plus que jamais fraternelle, prospère et unie, avec une économie amorçant une émergence fulgurante, le travail pour devise réaffirmé, la droiture et la justice pour socle, la vérité et la crainte de DIEU pour fondement moral et spirituel.

Mais j'ai aussi fait le rêve que cette nouvelle Côte d'Ivoire est née sous l'impulsion d'un grand président, unificateur, rassembleur, magnanime, repentant, modeste, initiateur d'une réconciliation vraie, pas celle des vainqueurs en cours en ce moment, mais celle fondée sur l'amour, le pardon, la compassion et la vérité. Un grand président qui a libéré Laurent Gbagbo, son épouse Simone, son fils Michel et tous ses partisans et collaborateurs croupissant dans les geôles ivoiriennes. Un grand homme d'Etat qui a remis à tous leurs fautes et crimes, y compris ceux humblement reconnues de ses propres affidés, dans une amnistie générale à la sud-africaine. Ce geste majeur de miséricorde l'a grandi encore plus, l'a fait aimer même par ses pires détracteurs et a ramené la consolation, la joie de vivre et le bonheur dans le cœur meurtri de chaque ivoirien.

Ce grand homme a pansé les plaies du peuple, a mis du baume au cœur des affligés, a consolé les veuves et les orphelins de la crise ivoirienne issue de tous les bords et de toutes les conditions par des paroles appropriées et des actes de grande munificence, a rassuré tous ceux que ses actes antérieurs avaient terrifié ou apeuré, qui se sont terrés, qui n'osaient plus se montrer, et a secouru le malheureux et le pauvre, en leur accordant la priorité de toutes ses actions.

Oui, j'ai fait le rêve qu'Alassane Ouattara a su rassembler à nouveau tous les Ivoiriens, leur a redonné la joie de servir leur pays et d'en être ressortissant, a formé un nouveau gouvernement en prenant conseil auprès des présidents Gbagbo et Bédié, dans une union sacrée de salut national pour la Côte d'Ivoire qu'ils jurent tous d'aimer et de chérir. Après avoir, chacun en ce qui le concerne, fait amende honorable auprès du peuple ivoirien déchiré pour le mal qu'il lui a personnellement fait, en reconnaissant sa part objective dans la déflagration nationale. Parce que tout pardon et toute absolution part de la repentance.

Ensuite, dans un brassage ethnique, politique, religieux et régionaliste achevé, ils ont procédé ensemble, sous la signature du chef de l'Etat, à la nomination dans les institutions et services du pays de valeurs sûres dont cette nation regorge en termes de compétence, de qualification et d'excellence. En prenant l'engagement formel et formalisé de veiller à une alternance systématique et tournante à la tête de l'Etat, tous les quinquennats, entres les formations politiques les plus significatives du pays. Toutes choses qui auront eu le mérite incommensurable de solder définitivement 10 années de crise ivoirienne et de taire, ad vitam aeternam, toutes les rancœurs qu'a cristallisées la crise postélectorale.

Merveilleux, ce rêve, non ? Mais malheureusement, ce n'est qu'un rêve. Certainement, totalement fou. Pourra-t-il malgré tout, un de ces prochains matins, devenir réalité et faire émerger cette nouvelle nation que nous appelons de tous nos vœux ? Fasse le Créateur que cette prière soit entendue en haut ! Comme disent les anglophones : « Dream can come true » ! A moins qu'à défaut d'accéder à la grandeur, nous ne nous satisfassions tous de notre triste petitesse et de nos médiocrités individuelles.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 329 du jeudi 29 septembre 2011.

Commentaires

Il y a un mot de 4 LETTRES qui résument à lui seul tout ce que tu viens de dire:YAKO!et qui est compris par tout le monde en Cote d'Ivoire sans distinction.yako à ma sublime Cote d'Ivoire,yako à mon peuple chéri,yako à mon président préféré,yako à ma première dame de coeur,yako à tous les étrangers africains et européens,yako à tous ceux qui sont morts,yako aux ivoiriens vivants,yako aux exilés et réfugiés,yako aux chrétiens,musulmans et anemistes,yako à mes frères et soeurs,yako à mon amour sans oublier yako à mon frère de coeur,DINDE,à tes 4 merveilles et ta charmante femme.YAKO à vous tous!!!! Tu as juste OUBLIE les IVOIRIENS de la DIASPORA de FRANCE,YAKO!!!!tu fais beaucoup pour la COMMUNAUTE IVOIRIENNE!!!

Écrit par : RitaFlower | vendredi, 30 septembre 2011

Oui, RITAFLOWER, un grand YAKO à tous mes frères et soeurs de la diaspora ivoirienne de France et des autres pays.

Si Ouattara ne peut pas être ce grand homme dont je rêve, qu'il cède la place. Nous en attendrons un autre qui, à coup sûr, pourra réunir toutes ces vertus. Il est assigné à résidence dans le Nord de la Côte d'Ivoire. Son nom, c'est Laurent Gbagbo.

YAKO à tous les Ivoiriens! Je vous aime profondément.

Que DIEU, qui ne vous a pas oubliés, vous bénisse tous richement!

Écrit par : Dindé | vendredi, 30 septembre 2011

merci Dindé pour ce beau texte, heureusement que c'est un rêve car je souhaite même pas qu'alassane aie cette hauteur d'esprit!!!

Écrit par : argentus | vendredi, 30 septembre 2011

Ah bon, ARGENTUS?! (rires).

Toi, tu ne fais vraiment pas de quartier, quoi! Mais je te comprends, cher frère. Le chien ne change jamais sa manière de s'asseoir, comme on dit dans nos contrées. A moins qu'Alassane Dramane Ouattara nous en prouve le contraire.

On verra donc bien.

On suit l'histoire.

Écrit par : Dindé | vendredi, 30 septembre 2011

Merci à Odette Lorougnon, une brave femme qui sait au moins de quoi l'on doit parler contrairement au nouveau pseudo-Président par intérim. On devrait donc commencer par débarrasser le FPI du "bon a rien" de Miaka Oureto qui fut le faire-valoir du cancre Mamadou Koulibaly à Soubre et dans les terroirs Kodia.

On ne peut plus faire des élections en Côte d'Ivoire tant que la France y ordonnera - la Côte d'Ivoire est sous tutelle militaire de la curieuse Communauté maçonnique mondiale.  Dr Dramane Allassane  en est le pantin noir bien entouré de Serey Eiffel et consorts. Il  peut toujours nommer les élus de ses "gouvernorats" et autres comme il l'a fait au Conseil constitutionnel, au Conseil économique et social et à la Commission électorale indépendante.

 Donc, pour la bonne lecture de ce qui se passe dans notre pays et que l'on voudrait bien appeler Réconciliation et Reconstruction de tous les liens brisés (cf. blog de Dinde Agbo Fernand), des actes clairs préalables doivent être posés dans la vérité et la "vertu" des faits têtus:

1. Libérer le "Président élu et régulièrement investi" donc le vrai Kanegnon ivoirien et tous ses compagnons pour qu'ils s'asseyent autour de la Table au chevet de notre Patrie commune pour débattre sans concession de l'avenir de nos terroirs avec  les compagnons de Dr Dramane Allassane Ouattara.
2. Vider le contentieux électoral parce que tout le monde sait avec le témoignage de Young Ji Choi - après le fait et le forfait accomplis -  que c'est bien Laurent Gbagbo qui a gagné les élections en Côte d'Ivoire. Au moins dire la vérité nue des urnes et des conditions particulièrement barbares dans les zones Cno  selon le mot de Bamba Affoussi Morifere
3. "Le reste suivra" pour reprendre les conclusions de notre ami et frère Assoa Adou. On ne réconciliera pas , on ne reconstruira pas la Cote d'Ivoire tant que la franc-maçonnerie d'Occident y édictera ses certitudes, tant que l'Etat français y déploiera ses forces spéciales et ses Dozo, tant que les structures majeures de l'économie ivoirienne seront gangrenées par les francs-maçons de Sarkozy et Chirac, tant nos moyens d'échanges internationaux  seront conditionnes par l'accord préalable de l'Etat français, tant que notre langue officielle sera le Français, etc..... Cette barbarie a donc quelque chose de positif: notre véritable liberté individuelle et collective !
 
Pour le reste, la tutelle maçonnique de Sarkozy et des coalisés de la Communauté dite internationale  ne nous concerne pas. Nous devons donc nous organiser dans ce climat de terreur maçonnique pour sortir définitivement notre pays des logiques stupides. Agbohou, Zeguen, Djue, Doza et tant d'autres parlent de "véritable indépendance". Il n'y a de dignité pour un peuple que sa totale souveraineté pour reprendre Niangoran Boua. Nous prions la Communauté internationale maconnique d'abandonner la Côte d'Ivoire.

Le jour se lève toujours
Lette naa Lette

Écrit par : Lette naa Lette | samedi, 01 octobre 2011

Cher Fernand,

Comme dit Goethe : "J'aime celui qui rêve de l'impossible".

Bien cordialement.

Écrit par : P.F.T | samedi, 01 octobre 2011

Ouattara ne peut pas devenir grand homme par un pouvoir volé et établit sur le sang d'innocentes personnes et dont il ne reconnait pas leur mort.
Ce serait se rénier lui-même. Ce qui amenerait le peuple à lui arracher le pouvoir pour le donner à son élu.
Par les agissements de Ouattara, on voit qu'il n'est pas prêt pour devenir le Grand Homme dont tu parles mon frère Fernand.
On ne peut pas se réconcilier avec quelqu'un qui continue de tuer, brader le pays, lancer les mandats d'arrêt, empêcher la liberté d'expression, de religion etc.
Ouattara est à la recherche de légitimité et il cherche des faire valoir.
Heureusement que c'est un rêve et contrairement ceux qui deviennent réalité, celui de Ouattara ne peut devenir réalité.
Même quand Dieu permet à un tyran de régner, il finit par le juger tôt ou tard.
La Saga Ouattara moura de sa propre mort, sa propre suffisance et son propre orgueil.
Les anglais disent ''wait and see

Écrit par : DMG | dimanche, 02 octobre 2011

Exact, DMG, wait and see! Car le "tyran" ne règne pas à toujours.

Merci P.F.T pour cette belle citation à laquelle je suis vraiment sensible!

Quant à toi, mon frère LETTE naa LETTE, entièrement d'accord avec toi: "Libérez Gbagbo et le reste suivra"! En dehors de cette option, point de réconciliation qui tienne. Les vœux pieux de Charles Konan Banny ne sont bons qu'à être relégués au statut de dissertation.

Bien à tous!

Écrit par : Dindé | dimanche, 02 octobre 2011

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