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vendredi, 30 septembre 2011

MALGRE LES PERSECUTIONS: LE FPI RESTE INCONTOURNABLE

 

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Malgré sa volonté affichée de diriger la Côte d'Ivoire d'une main de fer en brisant l'opposition, le pouvoir Ouattara n'a pas d'autre choix que d'entamer des discussions avec Le Front populaire ivoirien (Fpi). La preuve que ce parti reste la première force politique du pays.


Vous n'avez pas rêvé. Miaka Oureto et ses camarades étaient bel et bien au palais présidentiel hier, pour des échanges-vérités avec l'actuel occupant des lieux. 5 mois, après l'arrestation puis la détention arbitraire de Laurent Gbagbo, le pouvoir se résout à entamer des discussions avec le fer de lance de l'opposition ivoirienne.

Un scénario sur lequel personne n'aurait parié, le 11 avril 2011. Et pourtant, l'homme du moment a dû se plier à cette implacable «exigence démocratique». Dialoguer avec l'adversaire. La rencontre historique d'hier constitue sans équivoque la preuve qu'en dépit de sa volonté affichée de diriger la Côte d'Ivoire d'une main de fer en brisant l'opposition, le pouvoir Ouattara n'a pas d'autre choix que d'entamer des pourparlers avec le parti fondé par Laurent Gbagbo. Mais, en fait, le Fpi s'impose au nouveau régime comme une force politique incontournable et majoritaire. La première du pays, avec La majorité présidentielle (Lmp), qui a permis à Laurent Gbagbo de gagner l'élection présidentiel de novembre 2010, avant d'être spolié de sa victoire suite au complot international. De bonnes sources, il est établi que Ouattara n'avait pas en projet de dialoguer avec le parti de celui qu'il considère, non pas comme un adversaire politique, mais comme un ennemi qu'il faut humilier et éliminer par tous les moyens. Le mentor du Rdr et la rébellion ont d'abord compté sur la menace, l'intimidation, la violence, les exactions et la persécution. Le locataire du palais, nous dit-on, entendait venir à bout du Fpi et de l'opposition par la terreur.

Mais l'homme, après avoir manœuvré en vain, a bien été obligé de descendre de son piédestal pour rencontrer la direction de ce parti. Voici que le pouvoir est acculé sur le terrain de la démocratie, le terrain de prédilection de Laurent Gbagbo. Qu'importe qu'il tende à ses interlocuteurs une oreille agacée. Ouattara est contraint d'écouter ses adversaires parler, de vive voix, des sujets qu'il ne veut pas entendre évoquer. Ce sont les vérités du Fpi au pouvoir "dictatorial" de Ouattara qui ne mise que sur la force. Il s'agit de la libération de Laurent Gbagbo et des siens, de l'arrêt des poursuites engagées contre eux et de la traque des cadres et militants Lmp, de la levée des sanctions injustes qui les frappent, de l'ouverture du jeu démocratique, entre autres points. Des conditions indispensables à une réconciliation vraie et à des élections législatives crédibles, telles que voulues par les bailleurs de fonds. 

Ouattara acculé

En fait, Ouattara qui fait le dur apprentissage de la démocratie, n'a pas d'alternative. Ici, la force n'étant pas à l'ordre du jour, il est acculé sur plusieurs points. La Banque mondiale et le Fmi ont exigé qu'il organise des législatives démocratiques et crédibles, c'est-à-dire libres, transparentes, ouvertes à tous..., s'il veut recevoir quelques «gouttes» de milliard. Or, des législatives sans la principale force politique du pays, celle qui a permis à Laurent Gbagbo de gagner la présidentielle 2010 avec 52% des voix, n'aurait vraiment aucun sens.

Hélas, nous convenons que les réalités du moment ne sont pas propices à un scrutin législatif ouvert à l'opposition. Du coup, Ouattara se trouve dans l'obligation de discuter, bien malgré lui, des conditions posées par le Fpi. Par ailleurs, les capitales européennes viennent d'infliger Ouattara un revers cinglant sur le plan diplomatique. Il n'est plus le chouchou de la communauté internationale. Son mandat d'arrêt international contre les proches du Président Laurent Gbagbo a été rejeté du revers de la main par ses alliés qui ont jeté le document à la poubelle. Ce qui signifie que son projet d'envoyer Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale (Cpi) a très peu de chance d'aboutir. D'autant plus qu'à travers le monde entier, des voix de grande dimension comme Desmond Tutu, l'archevêque anglican Sud-Africain, qui a dirigé la commission vérité et réconciliation en Afrique du Sud, s'élèvent pour demander la libération du président Gbagbo. Ce qui met Ouattara dans une position inconfortable.

Car on ne comprend pas qu'il s'acharne à poursuivre, à emprisonner, à torturer, à humilier et à persécuter ceux avec qui il prétend vouloir faire la paix. Se conduire ainsi, c'est donner la preuve qu'on est un ennemi de la paix qui ne tient pas vraiment à la réconciliation. Une telle image gêne terriblement le nouvel occupant du palais, au moment où les choses sont mal engagées pour son parrain, le président Nicolas Sarkozy en difficulté devant la gauche socialiste, à quelques mois de la présidentielle en France. De plus, l'homme qu'il a choisi pour diriger la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr), Charles Konan Banny, son «collègue» ex-gouverneur de la Bceao et ex-Premier ministre, vient d'être investi à Yamoussoukro, en qualité de président de ladite commission. Ouattara est donc tenu de donner un «signal fort» dans le sens de la réconciliation. Même si cela doit le conduire à faire des choses qu'il ne voulait pas au départ. 

Ne dit-on pas que la faim chasse le loup hors du bois ? Il faut seulement espérer que le mentor du Rdr retrouve le bon sens pour comprendre qu'il ne peut pas diriger seul la Côte d'Ivoire par l'instauration un autoritarisme kaki, en écartant les partisans de Laurent Gbagbo. Il ne fera que continuer à enfoncer ce pays. Jusqu'à ce que, à la fin de son règne, son nom soit inscrit dans les annales comme la page la plus noire de l'histoire de la Côte d'Ivoire.


K. Kouassi Maurice

 

Source : LE TEMPS

J'AI FAIT LE REVE D'UNE GRANDE COTE D'IVOIRE ET D'UN GRAND PRESIDENT



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Les turpitudes de la vie politique ivoirienne de cette dernière décennie auront réussi le tour de force de nous plonger, nous, Ivoiriens bons vivants pleins d'humour, dans une mélancolie, une torpeur et une léthargie d'après-guerre qui nous consument lentement mais sûrement. Au point de nous donner la nostalgie de ses beaux jours du temps passé où il faisait bon vivre en Côte d'Ivoire (même en temps de crise) et où notre pays faisait l'objet de toutes les envies.

Sortie tout droit d'un cauchemar, la réalité actuelle sur cette belle terre éburnéenne n'incline guère plus à la joie, à la sérénité et à l'espoir d'une cohésion sociale sans hypocrisie. Les sourires et les regards ne sont plus francs, les belles amitiés d'il y a quelques temps se retrouvent empruntées dans leurs nouveaux épanchements ; même les liens familiaux en sont arrivés à se distendre, la jovialité s'est figée dans du plâtre et n'est plus que sa propre ombre et les cœurs, plus que jamais amers. La prise de parole libre et publique devient un exercice d'un péril certain. Chaque mot doit être pesé, chaque pas, mesuré. Pour chaque « dérapage », vous pouvez en répondre de votre vie ou, au meilleur des cas, de votre journal. CNP oblige !

La sécurité ? S'en remettre à la grâce de DIEU. Car ceux dont elle constitue la principale attribution en sont devenus la principale menace. On ne sait par quelle prestidigitation abracadabrantesque. En Côte d'Ivoire, désormais, l'insécurité est, à titre principal, le fait des FRCI, nos bien-aimés « sauveurs ». Peut-on envisager pire tableau ? L'actualité nous renseigne largement sur cette réalité désormais toute ivoirienne. Les tueries de Ziriglo, dans la Sous-préfecture de Taï, menées par les FRCI, en expédition punitive contre une population sans défense et excédée, qui a protesté contre le fait d'être régulièrement l'objet du racket, des injustices, des exactions et de l'insécurité entretenus par les nouveaux occupants de leur village, en est un exemple patent. A titre de parole de consolation et de commisération, le ministre délégué à la défense Paul Koffi Koffi, n'a rien trouvé d'autre à leur dire que ces propos totalement irréels : « Nous enverrons plus de FRCI pour assurer votre sécurité. Ils vont s'installer ici pour longtemps. Que vous le vouliez ou pas, vous êtes obligés de les accepter. Celui qui ne veut pas des FRCI, qu'il change de pays et aille vivre ailleurs ». Paroles d'un ministre de la République ! Rien qui soit plus désolant.

Lourd tribut que le prix que nous payons à la politique, dans ce pays ! Pour aboutir, au final, à une réconciliation à la baïonnette, en marche et cadence militaires.

Mais nous ne nous résignons pas à cette sombre peinture de notre patrie et souhaitons, pour l'heure (seulement pour l'heure), ne pas nous afficher de façon définitive comme ivoiro-dépressif pratiquant. Nous avons, à l'instar du combattant des droits civiques, l'afro-américain Martin Luther King Jr - auteur du célèbre discours « I have a dream » délivré sur les marches du Lincoln Memorial, à Washington D.C, le 28 octobre 1963, dans lequel il manifeste sa volonté et son espoir de connaître une Amérique fraternelle - fait le rêve d'une grande Côte d'Ivoire et - malgré tout - d'un grand président.

Une grande Côte d'Ivoire où l'amour sincère reprenait le dessus sur la haine et la méfiance morbide, où le pardon faisait place à la rancœur et au sentiment de vengeance ; où le militant RHDP et le militant LMP marchaient bras dessus-dessous en s'esclaffant d'un rire bon enfant, se serraient les coudes pour désherber, repeindre, restaurer ensemble toutes les infrastructures et services pillés et incendiés du pays ; où tous les fils et filles du pays, dans un seul et même élan fraternel, balayaient les rues de nos villes au sein d'associations de quartier, sans attendre d'être rémunérés ou de bénéficier d'une quelconque reconnaissance ou distinction sociale ; où les femmes, les hommes et les jeunes réalisaient des ouvrages d'intérêt public, conduisaient des actions de développement communautaire, menaient des opérations de propreté dans nos hôpitaux et maternités, avec à leur tête les hommes de DIEU, les chefs de partis locaux et nos hommes en armes.

J'ai fait un rêve où les Ivoiriens s'étaient vraiment et totalement pardonnés, non pas sur ordre, par communiqué officiel, décret présidentiel ou annonce de presse ; où ils bénissaient et priaient pour ceux qui avaient été leurs ennemis, donnaient à boire et à manger à ceux qui s'étaient révélés être leurs bourreaux, portaient leurs enfants sur leurs épaules et les chérissaient, compatissaient sincèrement à leurs douleurs et détresses. Ne se reconnaissant désormais qu'en un seul et unique peuple. Indivisible et bienheureux. J'ai rêvé d'un peuple qui a fait sa catharsis et qui a été conquis par l'amour.

Oui, j'ai fait un rêve où l'ethnie n'était plus une référence politique ou religieuse mais simplement une information indicative pour les statistiques de l'administration. J'ai fait un rêve où les journaux ivoiriens faisaient vraiment de l'information et avaient cessé d'être les caisses de résonnance des obédiences politiques et les courroies de transmission de la haine ambiante, dans une guerre de chiffonniers dépenaillés.

J'ai fait un rêve où tous les Ivoiriens et les hautes autorités de l'Etat en exil étaient rentrés en chantant, la tige de fleur au coin de la bouche, accueillis et célébrés chez eux par les militants LMP et RHDP de leur quartier, en totale symbiose, même si de ligne politique différente ; où les ex-FDS de retour au pays ont été reçus par un comité d'accueil présidé par les ex-FAFN, à une cérémonie au cours de laquelle ils ont fait la promesse sincère de ne jamais plus offrir aux Ivoiriens ce spectacle désolant d'affrontements et de guerre fratricides.

J'ai fait le rêve de la naissance d'une vraie nation ivoirienne plus que jamais fraternelle, prospère et unie, avec une économie amorçant une émergence fulgurante, le travail pour devise réaffirmé, la droiture et la justice pour socle, la vérité et la crainte de DIEU pour fondement moral et spirituel.

Mais j'ai aussi fait le rêve que cette nouvelle Côte d'Ivoire est née sous l'impulsion d'un grand président, unificateur, rassembleur, magnanime, repentant, modeste, initiateur d'une réconciliation vraie, pas celle des vainqueurs en cours en ce moment, mais celle fondée sur l'amour, le pardon, la compassion et la vérité. Un grand président qui a libéré Laurent Gbagbo, son épouse Simone, son fils Michel et tous ses partisans et collaborateurs croupissant dans les geôles ivoiriennes. Un grand homme d'Etat qui a remis à tous leurs fautes et crimes, y compris ceux humblement reconnues de ses propres affidés, dans une amnistie générale à la sud-africaine. Ce geste majeur de miséricorde l'a grandi encore plus, l'a fait aimer même par ses pires détracteurs et a ramené la consolation, la joie de vivre et le bonheur dans le cœur meurtri de chaque ivoirien.

Ce grand homme a pansé les plaies du peuple, a mis du baume au cœur des affligés, a consolé les veuves et les orphelins de la crise ivoirienne issue de tous les bords et de toutes les conditions par des paroles appropriées et des actes de grande munificence, a rassuré tous ceux que ses actes antérieurs avaient terrifié ou apeuré, qui se sont terrés, qui n'osaient plus se montrer, et a secouru le malheureux et le pauvre, en leur accordant la priorité de toutes ses actions.

Oui, j'ai fait le rêve qu'Alassane Ouattara a su rassembler à nouveau tous les Ivoiriens, leur a redonné la joie de servir leur pays et d'en être ressortissant, a formé un nouveau gouvernement en prenant conseil auprès des présidents Gbagbo et Bédié, dans une union sacrée de salut national pour la Côte d'Ivoire qu'ils jurent tous d'aimer et de chérir. Après avoir, chacun en ce qui le concerne, fait amende honorable auprès du peuple ivoirien déchiré pour le mal qu'il lui a personnellement fait, en reconnaissant sa part objective dans la déflagration nationale. Parce que tout pardon et toute absolution part de la repentance.

Ensuite, dans un brassage ethnique, politique, religieux et régionaliste achevé, ils ont procédé ensemble, sous la signature du chef de l'Etat, à la nomination dans les institutions et services du pays de valeurs sûres dont cette nation regorge en termes de compétence, de qualification et d'excellence. En prenant l'engagement formel et formalisé de veiller à une alternance systématique et tournante à la tête de l'Etat, tous les quinquennats, entres les formations politiques les plus significatives du pays. Toutes choses qui auront eu le mérite incommensurable de solder définitivement 10 années de crise ivoirienne et de taire, ad vitam aeternam, toutes les rancœurs qu'a cristallisées la crise postélectorale.

Merveilleux, ce rêve, non ? Mais malheureusement, ce n'est qu'un rêve. Certainement, totalement fou. Pourra-t-il malgré tout, un de ces prochains matins, devenir réalité et faire émerger cette nouvelle nation que nous appelons de tous nos vœux ? Fasse le Créateur que cette prière soit entendue en haut ! Comme disent les anglophones : « Dream can come true » ! A moins qu'à défaut d'accéder à la grandeur, nous ne nous satisfassions tous de notre triste petitesse et de nos médiocrités individuelles.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 329 du jeudi 29 septembre 2011.

COMPOSITION DE LA CEI: LA PART DE VERITE DU FPI


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Tapé Kipré, l'un des représentants du Front populaire ivoirien (Fpi) à la Commission électorale indépendante (Cei), a donné hier mercredi 28 septembre 2011, les raisons qui ont motivé la suspension de la participation du parti aux travaux de l'institution chargée de l'organisation des élections en Côte d'Ivoire. Au siège du Congrès national pour la renaissance de la démocratie (Cnrd), sis à Cocody.


Le mercredi 21 septembre 2011, le FPI a rendu public sa décision de suspendre sa participation aux travaux de la commission centrale, ainsi que de toutes les structures locales de la Commission Electorale Indépendante (C.E.I).

Mon propos liminaire, sera structuré en 3 parties :

1- la photographie actuelle de la C.E.I

2- un bref rappel historique

3- une analyse et quelques commentaires

I - De la photographie actuelle de la CEI

La C.E.I aujourd'hui, comment se présente-t-elle?

La C.E.I : ce sont une commission centrale et des commissions locales. Nous rappelons que la C.E.I est chargée de conduire et de gérer l'ensemble du processus électoral. A ce titre, elle valide la liste électorale, organise le scrutin et proclame les résultats provisoires.

La CEI est donc l'arbitre de la compétition électorale dans notre pays. Elle est composée de représentants d'acteurs en compétition et un certain nombre d'autres acteurs de l'administration intéressés par la compétition.

Depuis la prise du pouvoir par le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), acteur majeur de la compétition électorale en Côte d'Ivoire, voici la nouvelle configuration de la C.E.I.

Au niveau du bureau

Le bureau est composé de 12 membres dont un président et 4 vice-présidents. Désormais,en côte d'Ivoire, le président de la CEI et les 4vice-présidents sont tous du R.H.D.P., c'est-à-dire 100% des postes occupés par un seul protagoniste.

Au niveau de la commission centrale

Sur les 31 membres que compte la commission centrale de la CEI, le R.H.D.P se taille la part du lion avec 26 membres. L'opposition toutes tendances confondues, doit se contenter seulement de 5 représentants, soit 84%pour un protagoniste et 16% pour l'autre.

Comme nous le constatons tous, la Cote d'Ivoire s'apprête à organiser des élections législatives avec une C.E.I monocolore, tant au niveau du bureau que de la commission centrale.

Alors question ! Sur quelle base, et à partir de quels accords a-t-on mis sur pied une telle

C.E.I. ?Sur quelle règle arithmétique et sur quelle éthique a-t-on osé mettre en place un tel arbitre de la compétition électorale dans notre pays ?

C'est pourquoi, Mesdames et Messieurs les journalistes, je voudrais vous faire un bref historique de la C.E.I qui a été conçue dans l'esprit et la lettre pour être l'arbitre impartial et juste des compétitions électorales en Côte d'Ivoire.

II - Du bref historique de la C.E.I

L'idée de la création d'une commission électorale en charge des élections remonte à la lutte du FPI dans les années 1990, dès la réinstauration du multipartisme en Cote d'Ivoire.

Ceci, parce que, dans le parti unique et jusqu'en 1999, le Gouvernement par l'intermédiaire du Ministère de l'Intérieur, organisait les élections, sans le regard l'opposition.

C'est à la faveur de l'élaboration de la Constitution de la 2ème République en 2000,que cette idée a été admise. Elle est donc inscrite à l'article 32 aliéna 4 de la Constitution. Cependant, c'est la loi numéro 2001-634 du 9 octobre 2001 qui lui a finalement donné corps.

A. composition de la CEI avant les accords de paix (Marcoussis et Pretoria).

A sa création, la CEI est composée de 25membres repartis de la façon suivante :

- deux représentants de chaque parti politique ayant au moins un élu (soit 7 partis: FPI, PDCI, RDR, MFA, UDCY, UDPCI, PIT).

-Un représentant du Président de la République

-Un représentant du Président de l'Assemblée Nationale

-Un représentant du Conseil Economique et Social

- Deux représentants du Conseil Supérieur de la Magistrature

- Deux représentants du Barreau des Avocats

-Un représentant di ministère de l'Economie et des Finances

-Un représentant du Ministre de la défense

-Un représentant du Ministre de la sécurité

-Un représentant du Ministre de l'Administration du Territoire.

Les membres ainsi désignés délibèrent, votent et prennent une part active aux discussions.

B. La CEI et les accords de paix

Au lendemain de la rébellion armée de septembre2002, la CEI, dans sa composition initiale, tout comme dans son fonctionnement, va subir une profonde modification proposée par les Accords de Marcoussis, mais surtout ceux de Pretoria.

1. Modification structurelle

De vingt cinq membres (25) au départ, l'on est passé à trente et un (31).Les mouvements rebelles MPCI, MPIGO, et MJP obtiennent le droit de siéger à la commission centrale, à raison de deux (2) membres par mouvement(2x3 = 6 +25 =31).

2. Introduction de notions de voix délibératives et voix consultatives

L'accord de Pretoria introduit une classification entre les membres de la commission.

-les neuf (9) membres issus des Ministères Techniques et des Institutions (Conseil Economique et Social ; Conseil Supérieur de la Magistrature), n'ont plus que des voix consultatives.

-Les vingt deux (22) autres membres relevant des partis politiques et mouvements rebelles ont des voix délibératives.

Cette distinction instaure, non seulement la primauté des partis politiques et des mouvements de la rébellion armée, mais aussi, biaise la Commission Electorale dite Indépendante, car le RHDP, un des protagonistes et ses alliées rebelles ont désormais une majorité mécanique :

(4 RHDP x2 =8) + (3 Forces Nouvelles x2 = 6 +2 PIT) = 16/22 soit 73%, (2 FPI+2 UDCY+1 Représentant Président de la République +1 Représentant Assemblée Nationale) = 6/22 soit 27%, alors que ce protagoniste était au pouvoir.

Mesdames et Messieurs les journalistes, ce déséquilibre structurel s'est répercuté sur la composition des commissions locales de la CEI.

III- Notre analyse et nos commentaires

Comme on le voit, la C.E.I constitue un enjeu majeur en ce qu'elle peut et doit garantir la paix sociale si nous sommes tous d'avis que la crise postélectorale tire sa source dans les résultats controversés de l'élection présidentielle organisée par cette CEI. Il serait donc plus responsable d'accorder, sans a priori et préjugés, une attention particulière à cette structure.

Garantir la transparence et l'équité pour les élections législatives à venir devrait être la préoccupation de tout responsable politique.

La CEI doit inspirer confiance à tous les protagonistes, c'est pourquoi nous devrions rester dans l'esprit des accords signés, qui demandent une CEI équilibrée.

La CEI doit demeurer l'arbitre impartial de la compétition électorale. Ce qu'elle n'est pas dans l'état actuel des choses. Le FPI, qui est fils des élections, ne peut qu'adopter la posture qu'il a en ce moment,c'est à dire suspendre sa participation aux travaux de la CEI sur toute l'étendue du territoire national, posture qui relève de la simple question d'éthique démocratique et de bon sens.

Le contraire serait suicidaire et irresponsable pour le FPI, le Parti que nous représentons à la CEI, et dont le candidat a enregistré 38%au 1er de l'élection présidentielle, chiffre accepté par tous (ONUCI, Facilitateur, tous les protagonistes) ; ce qui fait du FPI le 1erparti politique de Côte d'Ivoire.


*Représentant du FPI à la CEI


In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » du jeudi 29 septembre 2011.

PROJET DU «PONT HENRI KONAN BEDIE», UN EXEMPLE DE GUERRE ECONOMIQUE CONTRE LES PAUVRES ET LES PAYS EMERGENTS



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Le Pont Henri Konan Bédié dont la première pierre a été posée à Abidjan le mercredi 7 septembre 2011, à grand renfort de publicité, est un projet initialement connu sous le nom de Pont Riviera-Marcory, dans le cadre «des 12 travaux de l'Eléphant d'Afrique» du régime du Président Bédié déjà en 1996. En1996 donc, pour cet important projet, la maîtrise d'oeuvre est confiée au Bureau National d'Etudes Techniques et de Développement (BNETD) dirigé à l'époque par THIAM Tidiane. Monsieur Thiam désigne alors son ingénieur, le plus expérimenté de ce secteur, pour la conduite technique du projet.

Compte tenu des difficultés financières que rencontrait l'État de Côte d'Ivoire, une équipe technique entièrement ivoirienne, composée de juristes, d'économistes, d'ingénieurs, d'environnementalistes, de sociologues et de spécialistes de marché, proposa un BOT (Built, Operate and Transfert ; le BOT consiste à attribuer un projet par le biais d'appel d'offres à un opérateur privé qui le finance. Ce dernier se rembourse à travers une concession pour une période déterminée).

Le projet est alors confié à un opérateur privé encharge de mobiliser le financement nécessaire à la réalisation du projet, et le remboursement devait par conséquent être assuré par un péage imposé aux automobilistes. Un appel d'offres est lancé à cet effet et le Groupe Bouygues est choisi comme l'opérateur technique et financier du projet. Une convention de concession est signée après plus de deux ans d'études et de négociation. Le coût du projet est négocié à91.8 milliards de FCFA avec une concession de30 ans intégrant les frais financiers, les assurances et les différentes marges bénéficiaires.

Pour la réalisation du projet, le Groupe Bouygues crée une société privée de droit ivoirien (SOCOPRIM) conformément à la convention de concession. Le capital de SOCOPRIM est fixé à 28 milliards de FCFA, détenus par le groupe Bouygues (16 milliards de FCFA), l'Etat de Côte d'Ivoire (4.9 milliards de FCFA), la CAA (1.2 milliards de FCFA), le groupe TOTAL (1.25 milliards de FCFA), et le groupe DEG (4.65 milliards de FCFA). Des bailleurs de fonds sont contactés pour mobiliser le reste du financement nécessaire pour couvrir le coût du projet dont la SFI (21 milliards de FCFA), la BAD (18 milliards de FCFA), la CAA (2.8 milliards de FCFA), la BOAD (6 milliards de FCFA), le groupe PROPARCO (10milliards de FCFA).

Le BNETD propose en outre un échangeur sur le boulevard GISCARD d'ESTAING pour éviter tout engorgement sur le pont Riviera-Marcory et faciliter ainsi, l'accès au dit boulevard. Coût de l'échangeur : 10 milliards de FCFA financés par l'AFD (4 milliards de FCFA) et la BOAD (6 milliards de FCFA).

L'étude d'impact environnemental et le plan de déplacement et de réinstallation de la population occupant l'emprise du projet (l'emprise est l'emplacement du pont, des voies de raccordement et de l'échangeur) sont évalués à 6milliards de FCFA entièrement à la charge de l'État de Côte d'Ivoire.

Le projet final comprend donc un pont de 2 fois3 voies avec un trottoir, une digue, une voie de raccordement au boulevard GISCARD d'ESTAING, une voie de raccordement au boulevard MITTERAND. Le délai de réalisation est estimé à 24 mois, le début des travaux est fixé à fin décembre 1999. La mobilisation du financement du projet « Pont Riviera-Marcory »étant bouclée, la mise en oeuvre du projet pouvait alors démarrer et démarre justement par le plan de déplacement et de réinstallation des occupants de l'emprise du projet. Ce volet prend fin avant le 24 décembre 1999.

Cette opération de déplacement et de réinstallation qui touche le secteur informel, permet de réinstaller de petits commerçants, de petits artisans et des propriétaires de maquis qui deviennent par une juste compensation des pertes, des petites et moyennes entreprises prospères. Ce qui est différent, aujourd'hui, des destructions massives sans contrepartie du pouvoir actuel qui accroît la pauvreté. C'est dans l'attente du démarrage effectif des travaux que le coup d'État du 24 décembre 1999, des "jeunes gens" dirigés par le regretté Robert GUEI, a eu lieu.

A la suite de ce coup d'État qui chassa le Président Bédié du pouvoir, les bailleurs de fonds suspendent bien évidemment leur financement. Le projet est ajourné pendant la période de transition. Après l'élection du Président Laurent Gbagbo, en Novembre 2000, notre modeste personne est nommée à la tête du BNETD. Nous choisissons de reconduire l'équipe projet pour son expérience inestimable et les compétences avérées de ces membres.

Le projet est aussitôt relancé. L'équipe-projet le réévalue en tenant compte de l'inflation. Cette réévaluation a mis en évidence un surcoût de 10 milliards de FCFA qui risquait d'avoir un impact sur le prix du péage et le délai de concession. Pour absorber le surcoût l'équipe projet propose une solution alternative : la construction d'un pont semi-métallique. La proposition technique validée, elle est aussitôt présentée au Président Laurent GBAGBO qui émet, somme toute, des réserves sur un pont à péage au coeur d'Abidjan ! Il demande néanmoins de reprendre les négociations avec l'opérateur technique et financier Bouygues et d'étudier parallèlement une solution sans péage.

Les bailleurs de fonds demandent que les relations entre la Côte d'Ivoire et le FMI soient rétablies avant de donner leur feu vert. Le Ministère de l'Economie et des Finances conduit avec succès le programme intérimaire arrêté avec le FMI. Un programme triennal est conclu en mars 2002. Sa bonne exécution devait conduire à la conclusion du PPTE à la fin du programme. Une mission est prévue pour le 20 septembre 2002 à Washington pour poursuivre les échanges avec le FMI. C'est alors q'un autre coup d'État en Septembre 2002 est tenté avec comme objectif des conspirateurs d'emmener Alassane Dramane Ouattara au pouvoir. Le coup d'État manqué se transforme alors en rébellion et suspend une fois de plus le démarrage du Pont Riviera-Marcory. Les bailleurs de fonds suspendent encore évidemment, leur collaboration avec la Côte d'Ivoire. Après toutes ces péripéties, le Président Laurent Gbagbo demande qu'une solution interne de financement soit trouvée et que le péage soit définitivement écarté.

Le BNETD s'en remet au Ministère de l'Economie et des Finances qui a en charge la recherche de financement. Le Ministère propose donc un compte séquestre à la BNI alimenté par un prélèvement sur le pétrole et un appel public à l'épargne garanti par le compte séquestre. Un opérateur chinois propose au BNETD une solution technique à 60 milliards de FCFA. Le BNETD se propose, sur cette base, de négocier avec l'opérateur Bouygues soit la transformation du contrat de concession en marché public soit la rupture du contrat et l'évaluation des dommages et intérêts. Au vu, de la proposition chinoise, la rupture du contrat est avantageuse pour l'État ivoirien. D'une pierre la Côte d'Ivoire peut réaliser deux coups:

1/réaliser un projet moins cher sur fonds propres

2/ éviter le péage en plein coeur d'Abidjan dans un contexte de pauvreté accentuée.

À la faveur du point de décision du processus PPTE avec les bailleurs de fonds obtenu en2009, le Ministère de l'Economie et des Finances marque son accord pour la mobilisation interne du financement. Cela suppose la réévaluation du projet pour définir le montant à mobiliser, la constitution d'un dossier de consultation des entreprises et la rupture du contrat de concession.

La réévaluation du projet est achevée en 2010. Le gouvernement ivoirien décide de maintenir l'opérateur Bouygues sur la construction de l'échangeur du boulevard Giscard d'Estaing et de négocier la rupture du contrat de concession sur le pont. Une avance de démarrage est payée par l'État ivoirien pour la construction de l'échangeur. Le démarrage des travaux est plusieurs fois reporté avec à chaque fois différents prétexte jusqu'au 11 avril2011.

Pour écarter l'expertise ivoirienne, ADO fait revenir, Serey Eiffel, le dernier Directeur Général français du BNETD (1990-1994) comme conseiller spécial à la Présidence de la République pour les affaires économiques après son passage au Gabon où il a dirigé la société écran d'Alassane Ouattara : l'Institut International pour l'Afrique (IIA). Le projet du Pont Riviera-Marcory est relancé en écartant la solution sans péage du Président Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara reconduit le projet initial réévalué à 125 milliards de FCFA avec à la clé un péage de 700 FCFA par véhicule et par passage, dans un contexte de pauvreté généralisée.

La mise à l'écart des solutions du BNETD signe certainement le retour de l'expertise française en Côte d'Ivoire avec pour corollaire le renchérissement des coûts de tous les projets en portefeuille pour lesquels les études ont été déjà bouclées par le BNETD durant les années de crise, sur ressources propres issues du déploiement du BNETD en Afrique. Ces dossiers« prêts à porter » constituent une « banque »de près de 200 projets et ont permis de gagner du temps lors de la mise en oeuvre du pont de Jacqueville, de l'autoroute du nord, de la route Boundiali-Tingrela, du transfert de la capitale, de la réhabilitation de l'Hôtel Ivoire et du programme d'urgence dans le cadre du rétablissement des relations avec les bailleurs de fonds en 2009.

Dépouiller le peuple ivoirien pour garantir les intérêts de la France-Afrique, lutter contre la concurrence des pays émergents, le Pont Henri Konan Bédié est l'expression de cette nouvelle alliance entre la France et la Côte d'Ivoire et à terme, entre l'occident et l'Afrique et le retour en force des conseillers occultes français car on est mieux servi que par soi-même, dit l'adage. Le mode opératoire de ce pont marque le point de départ de la Solution ADO dans le secteur des Grands Travaux en Côte d'Ivoire et le futur visage français de l'économie ivoirienne avec le financement françafricain occulte de l'Elysée. Nous sommes en plein dans la devise de la France-Afrique : "Ce qui est bon pour la France est obligatoirement bon pour l'Afrique".

Au moment où les ivoiriens souffrent d'une pauvreté accentuée par l'incapacité du régime de Monsieur Alassane Dramane Ouattara à payer les salaires, d'une extermination des micro-entreprises, d'un affaiblissement du portefeuille des petites et moyennes entreprises qui accroît chaque jour le nombre de chômeurs et ne parlons pas de l'insécurité chronique. Au moment où les Ivoiriens sont soignés gratuitement mais sans médicaments. C'est ce moment que Monsieur Alassane Dramane Ouattara et le Groupe Bouygues choisissent pour construire un pont à péage à 700 F CFA le passage et par voiture, là où le Président Gbagbo propose un projet deux fois moins cher et sans péage. Pour faire avaler la pilule au PDCI, ils ont donné le nom du Président Bédié au pont. Comme par hasard, le déblocage de fonds qui a suivi pour lancer les travaux et toute cette effervescence autour du pont coïncident avec l'approche des élections en France, cela rappelle étrangement toutes ces affaires de France-Afrique avec leurs retro commissions.

Les divergences d'approche du développent de la Côte d'Ivoire et la prise en compte stricte des intérêts des ivoiriens par le Président Laurent Gbagbo sont la cause fondamentale de l'emprisonnement du Président légal et légitime de la République de Côte d'Ivoire par la françafrique.


*Docteur-Ingénieur des Ponts et Chaussées de Paris, ex DG du BNETD 2000-2010, Ministre de l'équipement et de l'assainissement du gouvernement Gilbert Aké Ngbo.


In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » du jeudi 29 septembre 2011.

DIALOGUE AVEC ALASSANE OUATTARA - KONE KATINAN: «VOICI LES INSTRUCTIONS DE GBAGBO»



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Le porte-parole du fondateur du FPI évoque, dans cet entretien, l'initiative tardive de dialogue d'Alassane Ouattara, la centralité du rôle de Gbagbo dans la réconciliation, ainsi que l'offensive judiciaire tous azimuts déployée en ce moment.


L'actualité de ces derniers jours est marquée par la manifestation de la volonté d'Alassane Ouattara d'engager des discussions avec le FPI autour des élections législatives. Que pensez-vous de ce revirement ?

Je pense que les personnes les mieux indiquées pour répondre à cette question, ce sont les membres de la direction du FPI. Mais entant que cadre, j'observe que ce revirement s'est fait à la suite d'un voyage que M.Ouattara a entrepris en Occident. Et comme la Côte d'Ivoire est dirigée depuis la France et l'Europe, on peut en conclure que ce sont des instructions qu'il a reçues. Je constate que cela fait plus de trois ou quatre mois que la direction du FPI a déposée - sans suite - une requête auprès de M. Ouattara. Je suppose que tout simplement ceux qui dirigent vraiment la Côte d'Ivoire lui demandent de le faire. Et qu'il s'est exécuté.

Dans le fond, comment le FPI doit-il aborder cette question du dialogue avec Ouattara ?Quel est le regard du porte-parole et représentant du président Gbagbo ?

Comme je l'ai expliqué, ce sont des souhaits, des directives que je peux donner. Le FPI est un parti politique qui a des organes compétents qui décident. Les instructions du président Gbagbo sont en tout cas claires sur la question. Il y a un premier contentieux électoral- il concerne le scrutin présidentiel -qui n'a jamais été vidé. (...) Ce contentieux est pendant. (...) Il faut que cette question-là soit posée et réellement discutée. On n'a pas fini ce contentieux électoral et on nous invite à aller à de nouvelles élections. Et dans les mêmes conditions ! Hier, l'armée (...) qui occupait le Nord du pays n'avait pas désarmé. Aujourd'hui, elle occupe tout le pays. J'ai du mal à voir comment dans ce contexte on peut aller à des élections sans que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Selon vous, la clé d'une discussion sérieuse, c'est un dialogue entre Gbagbo et Ouattara...

M. Ouattara (...) a besoin de la légitimité du FPI pour gouverner. Et il veut que le FPI lui donne cette légitimité en faisant fi du candidat qu'il a présenté (...) Et qui se trouve être en prison. On se bat pour l'écarter par tous les moyens du débat politique en instrumentalisant le parti qu'il a créé contre lui-même. Evidemment, c'est peine perdue. Entre Gbagbo et le FPI, il y a une telle synergie qu'on ne voit pas comment Ouattara pourrait bien procéder. Pour nous, la question préalable à toute négociation, c'est la libération du président Gbagbo et l'ouverture d'un débat politique franc autour de la question : qui a gagné les élections en Côte d'Ivoire ? On ne peut pas faire l'économie de ce débat entre Ouattara et le président Gbagbo.

Le président Gbagbo a justement lancé un certain nombre d'offensives judiciaires et politiques. Plainte contre l'armée française pour «tentative d'assassinat», demande d'une Commission d'enquête onusienne, plainte contre la candidate à la candidature socialiste Martine Aubry. Quelle est la logique qui en découle ?

Les choses sont simples. Les armes n'ont jamais conféré la légitimité, la clameur publique de la communauté internationale non plus. Quand les clameurs se sont tues, la vérité est têtue, il faut bien qu'elle sorte. L'armée française, manipulée par Nicolas Sarkozy, s'est invitée dans un conflit qui n'était pas le sien. Pendant dix jours, elle alargué des bombes et des missiles sur la Résidence officielle du chef de l'Etat où se trouvait sa famille y compris un enfant de deux ans. En français, cela s'appelle au moins une tentative d'assassinat. Par ailleurs, il y a eu des assassinats. Dans les alentours de la Résidence, il y a eu des personnes qui sont mortes suite au lancer de bombes et de missiles par l'armée française. Nous présenterons les preuves au tribunal. Puisque nous avons l'intention de déposer une autre plainte contre Nicolas Sarkozy pour crimes de guerre. En ce qui concerne Abobo, les gens sont partis d'un fait. Des femmes auraient été tuées à Abobo, dans un endroit contrôlé au moment des faits par deux factions rivales de la rébellion, celles d'IB et de Soro. L'armée ivoirienne était dans une position de retrait. L'armée ivoirienne ne pouvait se trouver sur le théâtre d'opérations. L'ONU a établi qu'il y a eu tueries mais n'a pas pu déterminer qui a tué. Sur la base de la clameur qui accusait le président Gbagbo, l'ONU a donné mandat à l'ONUCI et à la Force Licorne de détruire les armes lourdes dirigées contre les civils. C'est pour cela qu'il est important de savoir qui a tué ces femmes d'Abobo. Il faut situer les responsabilités! Parce que c'est cette tuerie qui a ouvert la voie à la résolution 1975. Parce que c'est au nom de cette résolution, faussement interprétée d'ailleurs, que l'armée française est intervenue. Et a tué de nouveau des Ivoiriens en 2011, après en avoir tué en 2004.Cela ne peut rester sans suites ! Pour ce qui est de Martine Aubry, il nous semble que certaines personnes éprouvent du plaisir à parler du président Gbagbo en termes désobligeants et calomnieux. Les avocats du président Gbagbo considèrent que ces propos ne peuvent pas passer inaperçus. Et ont porté plainte contre elle. Tout cela exprime quelque chose : nous exigeons le respect pour le président Gbagbo. Même s'il est prison.


Par Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » du jeudi 29 septembre 2011.

jeudi, 29 septembre 2011

LIBYE: LE RETOUR PETARADANT DE KADHAFI - GADDAFI IS BACK!



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Nous pouvons, sans le moindre risque, d'ores et déjà vous annoncer que les jours de l'OTAN/CNT déchanteront d'ici la semaine prochaine et que le vrai leader de la Jamahiriya arabe libyenne et socialiste sera de retour. Et fortement. Tremblez bande de tueurs d'enfants ! Ah, au lieu de mettre sur pied un vrai gouvernement, l'illégitime CNT s'est engagé dans une partie de poker menteur insipide où, il a simplement donné des postes ministériels par ville. Une sorte de planification hypocrite alors que le « rebelle » choisi de Brega ou de Misrata ne représente que lui-même et non la population de sa zone tribale ou de sa région. Ce Gouvernement fantoche est donc refusé par les chefs de tribus, sans que les médias « meanstream » n'en parlent. Mais, il y a pire.

Ces médias auraient aimé dire urbi et orbi que le leader panafricaniste libyen a été pendu haut et court, qu'il a été arrêté ou même tué. Hélas, tous ces rêves en couleur sont renvoyés aux calendes grecques parce que l'insaisissable guide bénéficie de la protection de vaillants guerriers Touaregs irrépérables dans le désert arrivés par milliers sur le sol libyen (12 000 membres) et que des millions de Libyens lui apportent soutien et aide journalière face à la sempiternelle et immémorielle barbarie de l'Occident via l'OTAN contre l'Afrique.

Pour atteindre le guide libyen, faudrait tuer des dizaines de milliers de Libyens. C'est vrai que les monstres génocidaires de l'OTAN ne reculent devant rien et argueront comme depuis le début, alors qu'ils bombardent les populations civiles, que, « c'est pour la protection des civils »...mon oeil. Des opérations d'envergure et inarrêtables auront lieu bientôt, à Tripoli voire Benghazi. Soyez en sûr. Peu à peu, le Libyen sort de sa torpeur et se réhabilite. Le danger viendra d'un enfant, d'un vieux, d'une femme. Quoi de plus légitime quand la souveraineté de son pays est menacée ? Quand on veut vous réduire en esclavage ?

Ce qui est réel aujourd'hui, malgré le black-out total sur ces évènements, sachez que Brega, Zawiyah  ou encore Ras Lanouf, ne sont plus aux mains du CNT. A Zliten, les renégats sont entrain d'être mis en déroute. La non-information, pour ne pas décourager les « troupes », et surtout pour ne pas montrer que l'intervention de la coalition armée la plus « puissante » au monde est mise en échec par un petit peuple, mais vaillant. Il ne faut pas en parler, donc. La haute technologie, la puissance de feu et la propagande mortifère ne peuvent venir à bout d'un peuple fier.

Ne vous méprenez pas, la prise supposée de Tripoli n'est en rien la fin de quoi que ce soit. Le génocide organisé, enfin, contre les villes de Syrte ou de Bani Walid parce qu'elles sont proches de Mouammar Kadhafi par affinités ethnico-tribales ne changera rien à la situation. Le CNT qui ne peut gagner la guerre face aux loyalistes ne peut imposer une quelconque autorité sur les Libyens. Leur seul salut c'est l'implantation ad vitam aeternam des soldats de l'apocalypse de l'OTAN en Libye. Après le vrai-faux charnier d'Abou Salim que nous dénoncions, nous sommes heureux de savoir que les médias « meanstream » reconnaissent enfin leur faute. Certains sont allés jusqu'à dire que c'était l'oeuvre d'Hannibal Kadhafi.

 

Source : Le blog d'Allain Jules

mercredi, 28 septembre 2011

RETOUR DU 3EME BATAILLON A BOUAKE LES FRCI MENACENT: «NOS 5 MILLIONS, SINON ÇA VA SAIGNER!»

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Les éléments des Frci se sont opposés avant hier dimanche 25 septembre, à l'arrivée des militaires à Bouaké. Raison évoquée : ils ont été floués par leurs chefs. ça sent la poudre dans la capitale du centre.


« Donnez nos 5 millions ou ça va saigner », telle est la menace que les éléments des ex-Forces Nouvelles de Côte d'Ivoire ont lancé avant hier à l'adresse du général Soumaila Bakayoko, ex-chef d'état major des Fafn, devenu chefd'état major des Frci, depuis le mois de juillet dernier. De fait, les militaires du 3e bataillon des Fanci de Bouaké et de la compagnie territoriale de Korogho, devaient regagner leur ancien site. Ainsi, plus de dix(10) cars Utb affrétés pour le transport de ces soldats sont repartis dimanche après-midi sans un seul soldat à son bord. La passation de service qui devait intervenir hier lundi, entre le lieutenant colonel SoualifouKoulibaly, chef de corps sortant et le lieutenant colonel Léon N'goranKouamé, nouveau chef de corps, n'a pas eu lieu. L'ancien chef de corps du 3ème Bataillon qui a reçu des menaces, aurait tenté de négocier. Il a essayé de raisonner les éléments Frci. Il a dit en substance, que tous les problèmes trouvent toujours leurs solutions dans le dialogue et non dans la violence.

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Mais, les hommes en armes campaient sur leur position. «On nous a promis 5 millions de f Cfa par soldat pour aller au front, chasser Laurent Gbagbo du pouvoir et le donner à Alassane Ouattara. Nous avons accompli avec succès notre mission. Nos chefs ont eu des promotions. Nous sommes sortis ''gbanzan'', bredouilles. Et on nous demande de céder la place aux gendarmes, militaires et policiers. Certains de nos camarades, seront dans la nouvelle armée, mais et les autres ils vont devenir quoi ? Pour nous, c'est de la foutaise tout cela. Quand on nous demandait de prendre les armes, ils n'ont pas demandé notre âge, ni notre profession. On veut notre argent. C'est tout. Sinon ça va saigner », a déclaré en substance celui qui passait pour leur meneur.Le collaborateur du général Bakayoko aurait plaidé auprès de ces manifestants en arguant que le retour du 3e bataillon à Bouaké et de la compagnie territoriale de Korhogo , s'inscrit dans le processus de réunification de l'armée et du processus de normalisation du pays. Aussi, les militaires n'ont-ils rien à voir avec la supposée prime de guerre.

Mais, les laissés pour compte (sic) ont mis en garde le chef de corps en ces termes : « Si vous vous entêtez à faire venir vos éléments, nous allons les prendre en otage au meilleur des cas ; sinon ils seront fusillés. ». De guerre lasse, il a dû appeler son successeur resté au camp Galliéni avec ses éléments pour leur déconseiller de partir pour Bouaké. Le nouveau commandant du 3e bataillon de Bouaké a trouvé finalement sage de suspendre la décision de retour dans l'ex-fief des ex-rebelles. Il faut noter que le 3e bataillon de Bouaké a été délocalisée à Anyama du fait de la guerre depuis 2002. Ce n'est pas de sitôt que le lieutenant colonel Léon N'Goran Kouamé et ses éléments vont retrouver leur base.


Laurent Okoué et Youssouf Sylla à Bouaké. In le quotidien ivoirien « Le Quotidien d'Abidjan » du mercredi 28 septembre 2011.


elie_laurent@yahoo.fr


Source : TELEDIASPORA.NET

TUERIES D'ABOBO - GBAGBO SAISIT BAN KI-MOON: CE QUE L'ANCIEN CHEF DE L'ÉTAT RECLAME



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Rebondissement dans l'affaire des tueries de 7 femmes à Abobo. Le week-end dernier, l'ancien chef de l'État, Laurent Gbagbo en résidence surveillée à Korhogo, a reçu la visite de ses principaux avocats au niveau international. A savoir maîtres Lucie Bourthoumieux, Roland Dumas, Jacques Vergès et Marcel Ceccaldi. A cette occasion, Laurent Gbagbo a instruit ses conseils juridiques d'entreprendre toutes les actions nécessaires en vue de faire toute la lumière sur les événements qui se sont déroulés le jeudi 3 mars 2011 à Abobo. Et qui ont causé la mort de sept manifestantes du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

La volonté de l'ancien chef de l'État vient d'être traduite en acte. Hier mardi, nous avons reçu un mail via les services du cabinet d'avocats de Me Bourthoumieux, nous informant que le ministre Justin Katinan Koné, porte-parole de Laurent Gbagbo, venait d'adresser ce jour même un courrier au Secrétaire général des Nations unies, le Sud-Coréen Ban Ki-moon. La lettre dont nous avons reçu copie (voir en fac-similé l'intégralité du courrier) indique dans son objet, que l'ex-numéro un ivoirien demande la mise en place par l'Organisation des Nations unies, d'une commission d'enquête internationale sur les tueries d'Abobo et les actes consécutifs de crimes contre l'humanité en Côte d'Ivoire depuis 2002. « Dans un double souci d'établir la vérité sur ces événements et sur tous ceux qui se sont déroulés dans son pays depuis septembre 2002 et de renforcer la crédibilité de l'ONU dont l'image s'est dégradée dans la conscience d'une bonne partie de la population ivoirienne, le Président Laurent GBAGBO vous demande de constituer une commission d'enquête internationale à l'effet d'établir la réalité des faits et d'en rechercher les auteurs et leurs complices », écrit Koné Katinan.

Me Lucie Bourthoumieux que nous avons jointe dans la soirée au téléphone depuis Paris, nous a situé sur les motivations et les objectifs de la sollicitation de l'ancien chef de l'État. « Le Président Laurent Gbagbo veut que toute la vérité éclate pour déterminer qui sont les véritables auteurs de ces présumées tueries. Parce qu'il n'est pas convaincu que c'est l'armée ivoirienne (dont il était le chef suprême au moment des faits) qui est l'auteur de ces présumées tueries à Abobo », a expliqué l'avocate.


Anassé Anassé, in le quotidien ivoirien « L'INTER » du mercredi 28 septembre 2011.


Source : TELEDIASPORA.NET

L'ANCIEN CONGRESSMAN AMERICAIN WALTER FAUNTROY: «J'AI VU LES TROUPES DE L'OTAN DECAPITER DES LIBYENS»

 


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L'ancien congressman américain, Walter Fauntroy.


Un ancien congressman américain, Walter Fauntroy [*], qui est récemment rentré d'une mission de paix (négociateur de bonne volonté pour tenter de stopper la guerre) en Libye, a déclaré « qu'il s'est caché pendant environ un mois en Libye après avoir été témoin d'évènements horribles pendant la sanglante guerre civile en Libye », une guerre qui, selon Fauntroy [*], est soutenu par les « forces européennes ». De retour aux États-Unis, il a donné une interview à « US Afro ».


La disparition soudaine de Fauntroy [*], avait déclenché des rumeurs et des articles de presse disant qu'il avait été tué. Dans une interview à son domicile de « Northwest DC » au journal « US Afro » la semaine dernière, le fameux leader des droits civiques, a déclaré aux journalistes qu'il a vu des petits villages attaqués par des troupes françaises et danoises tard dans la nuit, décapitant, mutilant et assassinant les « rebelles » et les « loyalistes » afin de leur montrer qui commande.

« Quel est cet enfer ? Pensais-je. Je me suis sorti de là et Je suis donc parti clandestinement », a déclaré Fauntroy [*], ajoutant que les « forces européennes » avaient ordonné aux rebelles de rester à l'intérieur. Selon Fauntroy [*], les « forces européennes » diraient ensuite aux « rebelles », « regardez ce que vous avez fait ». En d'autres termes, les français et les danois ont reçu l'ordre de commettre ces attentats et assassinats, et de faire ensuite accuser les rebelles. « La vérité là-dessus viendra plus tard », a déclaré Fauntroy [*].

L'ancien député a également dit avoir rencontré le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi lors d'une conversation en tête-à-tête. Fauntroy [*] dit avoir parlé avec Kadhafi en personne et que Kadhafi lui a assuré que s'il survit à ces attaques, sa mission d'unir les pays africains continuera.

« Contrairement à ce qui est rapporté dans la presse, à partir de ce que j'ai entendu et observé, plus de 90 pour cent du peuple libyen aime Kadhafi », a déclaré Fauntroy [*]. « Nous pensons que la véritable mission des attaques contre Kadhafi est de s'opposer aux efforts des leaders africain entrepris pour arrêter la re-colonisation de l'Afrique ».

Les assertions de Fauntroy [*] n'ont pu être vérifiées par le journal « US Afro » et le département d'État US n'a pas validé la version des faits de Fauntroy [*]. Fauntroy n'a pas agi comme un représentant officiel des USA en Libye. Le Département d'Etat américain n'a pas commenté la version des évènements donnée par Fauntroy [*]. Fauntroy n'a pas agit officiellement en tant que représentant des États-Unis en Libye. Il est retourné à Washington, DC, le 31 août 2011.

Lorsque les rumeurs disaient que Fauntroy [*] avait été tué, il entra dans la clandestinité. Fauntroy [*] a déclaré que pendant plus d'un mois, il avait décidé de ne pas contacter sa famille afin de continuer sa mission de discussion avec les dirigeants d'un mouvement spirituel africains pour unifier l'Afrique malgré les soulèvements arabes. « Je suis toujours là », a déclaré Fauntroy [*] pointant vers plusieurs parties de son corps. « J'ai tous mes doigts et mes orteils. Je suis extrêmement chanceux d'être ici ».

Après les blogs et les rumeurs rapportant que Fauntroy [*] avait été tué, le bureau du Congrès de Delaware Eleanor Holmes Norton annonça le 24 août 2011 qu'il avait été en contact avec les autorités qui confirmèrent qu'il était sauf et pris en charge par le « Comité international de la Croix-Rouge ». Fauntroy [*] est rentré à Washington DC le 31 août 2011.

A l'intérieur de son domicile, Fauntroy [*] sorti plusieurs mémoires et cahiers expliquant pourquoi il a voyagé en Libye à un moment où le pays passait par des « troubles civils ». « Ce récent voyage en Libye se faisait dans la continuité d'une mission qui a commencé avec le Dr. Martin Luther King quand il m'a donné l'ordre de rejoindre quatre pays du Continent africains accompagné de quatre organisations de la diaspora africaine pour relier les liens cassés par colonisation », a déclaré Fauntroy [*]. « Nous voulons que l'Afrique soit le grenier du monde », a-t-il dit. « Actuellement, toutes les routes principales dans chaque pays à travers l'Afrique conduit à des ports qui prennent ses ressources naturelles et ses richesses en dehors du continent pour les vendre sur les marchés européens ».


NOTE :

[*] Le révérend Walter Fauntroy fut le représentant personnel de Martin Luther King Jr. à la « Maison-Blanche ». Elu démocrate de Washington DC, il siégea à la « Chambre des représentants » de 1971 à 1991. Il est aujourd'hui très actif dans de nombreuses organisations pour le développement du continent noir. L'ancien député US Walter Fauntroy compagnon de Martin Luther King, qui est récemment revenu d'une mission de paix en Libye, a précisé qu'il était resté caché pendant un mois après avoir été le témoin d'horribles évènements de cette sanglante guerre civile de Libye, une guerre dont Fauntroy assure qu'elle fut menée par des « forces européennes ».

Prisonnier avec les journalistes du « Réseau Voltaire » dans l'« Hôtel Rixos », il n'a échappé que de justesse à la mort : nous pouvons témoigner que la secrétaire d'État Hillary Clinton avait personnellement donné l'ordre de l'exécuter. Il n'a dû son salut qu'à sa foi et à l'intervention d'une très haute personnalité militaire US.


Source : NERRATI.NET

UNE QUESTION DE LEGITIMITE MORALE

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Un sujet d'actualité a captivé l'opinion publique mondiale durant la semaine qui vient de s'écouler : celui de la démarche de la Palestine visant à demander à l'ONU de l'admettre comme Etat-membre au même titre qu'Israël, la Bosnie, le Sud-Soudan... On a eu l'occasion d'observer une fascinante chorégraphie diplomatique. Bien que conscient de ce que, de toute façon, les Etats-Unis, membre permanent du Conseil de sécurité, poseraient leur veto, le numéro un palestinien Mahmoud Abbas a tout de même «déposé son dossier». Il a ainsi montré qu'il était prêt à accroître la pression exercée sur la communauté internationale pour faire avancer une cause qui marque le pas. Surtout, sa manœuvre vise à délégitimer les Américains, considérés comme les «propriétaires» du dossier Proche-Orient. En effet, ils apparaissent désormais comme des alliés inconditionnels d'une des deux parties qu'ils sont censés réconcilier. Et du coup, ils perdent leur légitimité morale, du moins dans le rôle d'arbitre qu'ils veulent se donner. Et ce n'est pas un hasard si, à la tribune de l'ONU, Nicolas Sarkozy a insisté sur le nécessaire élargissement du cercle des négociateurs...

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Sans légitimité morale, impossible de faire accepter durablement et efficacement son autorité, en dehors de la contrainte, qui n'est qu'un des visages de la lâcheté. Nous devons tous méditer cette maxime dont la pertinence se vérifie régulièrement. Ces derniers jours, la France a continué d'être secouée par des révélations mettant à jour l'incroyable culture du gangstérisme international de ses élites politiques, qui mettent la diplomatie et l'image de leur pays au service d'intérêts personnels et inavouables. Au grand déballage sur les mallettes d'argent se promenant entre les palais africains et les palais français, et expliquant de nombreuses connivences, a succédé le feuilleton judiciaire sur les rétro-commissions récupérées à l'occasion des grands contrats d'armement, planquées dans des comptes en Suisse et progressivement ramenées en espèces en France par des intermédiaires au-dessus de tout soupçon. Les éditorialistes français ont commenté ces scandales et ces révélations sous tous les angles, sauf un, en forme de questionnement. Un pays dont les chefs ont un rapport profondément affairiste avec les grands enjeux diplomatiques, qui propose des avions de guerre et vend des technologies d'espionnage à une «dictature» à travers des hommes sulfureux un jour pour le renverser au nom de la «démocratie» le lendemain peut-il être considéré comme sérieux ? Comment les citoyens français peuvent-ils être sûrs que derrière le bruit et la fureur répandus sur Benghazi et sur Syrte, ne se cachent pas des gratifications que telle ou telle compagnie pétrolière donnera à tel chef d'Etat qui a peu de chances d'être élu, et qui n'a cessé de dire depuis longtemps qu'il sera «riche», selon ses propres termes, quand il quittera le pouvoir ? La France d'aujourd'hui, qui «importe» de l'argent sale par le biais de ses hommes politiques, a-t-elle la légitimité morale pour exporter la démocratie, les droits de l'homme et autres bons concepts qui cachent souvent de bien mesquins intérêts ? Cette question-là, il faudrait qu'on se la pose dans les médias parisiens, où l'on admet avec enthousiasme la fable selon laquelle la France défend, l'arme à la main, le beau et le bien en Libye et en Côte d'Ivoire...

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Devinette... Quelle est la personnalité ivoirienne la plus controversée de la semaine ? Bien entendu, la réponse va de soi ! Eugène Dié Kacou ! Le patron du Conseil national de la presse (CNP) s'est illustré par un zèle répressif inédit dans l'histoire des médias ivoiriens. En un seul jour, il a interdit trois publications : Notre Voie, Aujourd'hui et Prestige. Toutes les trois appartenant à des groupes de presse «bleus». Son dernier coup de théâtre est dans la droite ligne de son action depuis sa réinstallation par le régime Ouattara : déstabiliser économiquement la presse d'opposition par des interdictions qui leur font perdre, à chaque coup, beaucoup d'argent.

Eugène Dié Kacou parviendra-t-il à convaincre l'opinion ivoirienne de sa volonté d'assainir une presse «culturellement» agressive et de bannir la «haine» ? Non, très clairement. Parce qu'il n'a pas, lui non plus, la légitimité morale nécessaire pour mener à bien ce chantier. En un mot comme en cent, il n'est pas crédible. Il n'est pas crédible parce qu'hier, à ce même poste sous un autre pouvoir, il n'a pas manifesté la «rigueur» dont il se veut le chantre aujourd'hui. Il est d'autant plus illégitime que son interprétation de la «haine» à laquelle inciterait la presse est très politiquement orientée. Qui peut vraiment croire que la presse d'opposition est plus virulente, plus «haineuse», que la presse proche du pouvoir ? Le travail de monitoring de l'association Reporters sans frontières lors de la dernière présidentielle a démontré que les pratiques de la presse ivoirienne se «répondent» de manière symétrique.

Eugène Dié Kacou est d'autant plus contestable que cela fait longtemps qu'il n'est plus un authentique défenseur de la liberté de la presse, de la loi sur la presse et du Code de déontologie du journaliste ivoirien. Hier , alors que nous étions embastillés à la Police Criminelle par un procureur qui nous faisait un chantage éhonté pour que nous dévoilions nos sources, Eugène Dié Kacou, président du CNP, à rebours de toutes les organisations professionnelles qui demandaient notre libération inconditionnelle, se transformait - à notre grande surprise - en auxiliaire de justice, en nous demandant de violer le Code de déontologie et de «livrer» nos sources. Depuis deux mois, notre confrère Hermann Aboa est incarcéré pour un prétendu délit qu'il aurait commis dans le cadre de son travail de journaliste. Reporters sans frontières (RSF), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le Comité ivoirien pour la protection des journalistes (CIPJ), se sont mobilisés pour le respect de la loi ivoirienne et la libération d'Hermann. Où se trouve notre «doyen» Eugène ? Disparu. Ceux qui ont toujours dit qu'il était fort avec les faibles et faible avec les forts s'en trouvent confortés. Dans ces conditions, l'issue de l'action de celui qui, à son âge, se soucie sans doute de la trace qu'il laisse dans l'Histoire, est malheureusement connue d'avance. Il échouera, et l'on s'en souviendra comme d'un juge partisan. Comme tant d'autres...

 

Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien «Le Nouveau Courrier» du 26 septembre 2011.


Source : Le blog de Théophile Kouamouo

CHARNIER A TRIPOLI? «ON NOUS MENT»

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Le Conseil national de transition avait annoncé dimanche la découverte de restes de victimes de la prison d'Abou Salim, à Tripoli. Mais sur place, certains proches n'ont trouvé lundi que des os de mammifères.

C'est à la mi-février, à Benghazi, à l'appel des familles de disparus de la prison Abou Salim, à Tripoli, et qui protestaient contre l'arrestation de leur avocat, que la révolution avait commencé. L'écho des disparus d'Abou Salim dans l'opinion est toujours vif, à tel point que lundi le défilé des familles qui avaient perdu un proche était incessant sur les lieux supposés «du massacre de masse». Othmen Abdeljelil, responsable de la commission des disparus, avait convié, dimanche, «les correspondants étrangers» à juger «par eux-mêmes de la véracité des crimes commis» par le régime. «Ensuite, les restes des corps ont été balancés sur le terrain à côté de la prison», avait-il affirmé.

Mais derrière l'enceinte de l'établissement, rien ne laisse supposer la présence d'ossements. Pourtant, ils étaient encore une trentaine, hier à la mi-journée, à gratter d'un bout de bois le sol sablonneux de ce terrain vague. Mais pas d'équipe médicale sur les lieux, qui aurait pu certifier aux familles totalement perdues que ce fémur ne pouvait appartenir qu'à un mammifère de 500 kilos. Pas de pelle mécanique pour excaver le sable.

«
Os de dromadaire...»

Ne parlons même pas d'une présence officielle du Conseil national de transition (CNT) sur place, simplement pour justifier cette incroyable annonce qui a secoué l'opinion dimanche, alors que la même commission des disparus avait officiellement appelé le président Moustapha Abeljalil «à épauler les recherches» en déployant «tous les moyens». «On cherche la trace de nos fils. On nous a dit à la radio que les gens du CNT avaient trouvé des restes humains. Mais il n'y a que des os de bêtes et des boîtes de conserve. Il n'y a même pas de gardes pour sécuriser le champ... Ce sont les mêmes méthodes que les autres. On nous ment», se lamente une dame.

Selon les ONG, et des témoignages concordants, 1270 prisonniers ont été exécutés en juin 1996 puis, en 2000, leurs restes auraient été jetés par-dessus le mur de la prison dans ce terrain vague où traînait, hier, une bêche. «Ce sont les preuves des crimes de masse commis par les soldats de Kadhafi. Nous avons besoin de l'aide internationale. Des spécialistes de la médecine légale pour dater les corps», avait alors solennellement expliqué le médecin Salem Ferjari, membre de la commission spécialement créée par le CNT pour rechercher les disparus d'Abou Salim.

Un homme, les paumes levées vers le ciel, pleure devant les caméras. Un type dit en se masquant la bouche: «C'est un os de dromadaire...» Mais il est trop tard pour freiner l'emballement. Un jeune s'agenouille devant l'os gros comme un pied de table et crie: «Dieu est grand!» Une corde en chanvre, qui devait servir à entraver une bête, devient un lien derrière les mains. Un autre soulève une mâchoire d'herbivore et la présente comme une preuve irréfutable des crimes commis.

Une petite dame baisse les yeux. Elle a compris qu'elle ne retrouverait rien ici des restes de son fils
enfermé depuis 1988: «Il a été pris un matin chez nous par les soldats. Je suis venu jusqu'en 1998 lui apporter des vêtements. Puis j'ai reçu une lettre la même année me disant qu'il était mort et qu'ils l'avaient enterré. Je suis revenue leur demander où ils l'avaient enterré. Ils m'ont traité de chienne.» Elle s'en va. 
Il ne reste que des os de chameau et la peine de cette petite dame qui cherche son fils depuis treize ans.



Jean-Louis Le Touzet, Tripoli.

 

Source : Le journal suisse «Le Temps» du 27 septembre 2011

AÏCHA KADHAFI N'Y EST POUR RIEN

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Aïcha Kadhafi a qualifié des membres du CNT de traîtres, Medelci : «Des propos inacceptables»

 

"Dans une récente sortie médiatique, la fille de Kadhafi, à qui les autorités algériennes ont accordé l'asile pour des raisons humanitaires, a déclaré que son père allait bien et s'en est prise aux nouvelles autorités libyennes". Le site Algérie 360.

 

Plus passent les mois plus s'estompe l'euphorie qui s'est emparée des colonialistes au début de l'entreprise coloniale en Libye. Les heures prévues pour la «victoire» se sont transformées en semaines, puis en mois, ensuite en «prolongation de trois mois» de l'opération «protecteur unifié». Si rien n'est fait, ces prolongations, il va certainement y en avoir indéfiniment. Pour le moment, la résistance arrive encore à les justifier. Plus tard, si par malheur elle venait à être réduite, les puissances engagées trouveront bien une explication à leur nécessaire maintien dans le pays. Le plan est déjà prêt, à n'en point douter, qui aidera à faire perdurer la fiction politique et militaire d'un pouvoir autochtone issu d'une révolution.

Pour le moment, il s'agit d'abord de faire place nette pour que les affaires reprennent et la mission n'est pas de tout repos. D'autant que les supplétifs à terre n'arrivent pas à avancer au gré des bourses financières qui jouent du yoyo. Et les choses traînent. Ce qui est proprement désastreux, dans un climat économique délétère qui a plus que jamais besoin de promesses claires à échéances rapprochées. Jusqu'ici, on utilise toujours la formule du début. Mais elle fait de plus en plus preuve d'inefficacité. Alors qu'il y a l'urgence qui se fait ressentir de se faire payer en retour. Récupérer l'industrie pétrolière, sécuriser le territoire, réimplanter les compagnies qui doivent exploiter les ressources, donner le pays à reconstruire aux entreprises qui s'impatientent, autant d'objectifs vitaux qui sont sans cesse repoussés. Cela ne pourra durer sans devenir insupportable à un système où tout investissement requiert des retombées.

Et nous sommes dans l'incertitude absolue, dans une «absence de visibilité» disent les spécialistes. Situation mortelle pour le «marché». Maigre compensation, un projet off-shore, à 100 km des côtes libyennes, hyper protégé, a pu reprendre et c'est vraiment un hasard si c'est celui de Total. Malgré tout, posons l'hypothèse que tout va se terminer pour le mieux pour la «révolution». Plus de résistants, ces «pro-Kadhafi» comme on les appelle, et établissement de l'autorité du «nouveau pouvoir» sur toute la Libye. On devra immédiatement se rappeler qu'on a dit aux jeunes, qui sont allés au casse-pipe, que les bombardiers sont juste là pour les aider et qu'ils repartiraient gentiment chez eux dès que le «danger kadhafiste» sera éliminé.

On devra se rappeler, surtout, qu'il faudra les convaincre que la «révolution» c'était pour qu'ils soient désormais libres de trouver du travail ou de goûter au chômage sans allocation, qu'ils doivent payer pour se loger, pour se soigner, pour étudier et pour bien d'autres choses. Ce sera le plus dur à faire passer et si on ne leur a pas dit ça au début, c'est qu'on savait qu'ils n'auraient pas marché. On leur a aussi caché que l'OTAN n'était pas là pour des prunes, on leur a juste dit qu'elle resterait dans le ciel quand beaucoup d'entre eux ont refusé qu'elle vienne les «protéger». Parions qu'ils déchanteront et que l'OTAN trouvera bien quelque chose à «protéger», le cas échéant. Ceci reste une hypothèse.

 

Par Ahmed Halfaoui

 

Source : LES DEBATS.COM

mardi, 27 septembre 2011

«LES MILLE COLLINES» DE DIE KACOU

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Le lundi (19 septembre 2011) dernier, le quotidien « Le Jour Plus » a accordé une interview à Eugène Dié Kacou pour faire le point sur la liberté de la presse en Côte d'Ivoire post-crise. Nous nous attendions  à ce qu'il ne noircisse pas le tableau pour faire plaisir à celui qui l'a ramené de l'abîme. Nous étions seulement loin de penser que ce devrait être au prix du mensonge, du manque de responsabilité et de la laideur d'une mentalité discriminante.

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Eugène Dié a pu dire que sous le régime de Gbagbo on lui reprochait de sanctionner les journaux  proches du régime. Oui c'est un argument et pourquoi ne faisait-il que cela. Seulement c'est un mensonge. C'est regrettable qu'à son âge la mémoire de la reconnaissance et celle des événements soit si mince. C'est Laurent Gbagbo qui a ramené le retraité Dié Kacou en fonction au CNP pour lui éviter de broyer du noir pendant  une retraite de misère. Et la vérité, c'est qu'il a été  obligé de démissionner parce qu'il refusait de faire le travail pour lequel il était grassement  payé. Comme  il l'avoue lui-même il ne voulait sanctionner que les journaux qui défendent son bienfaiteur. A l'évidence son mensonge est doublé de la laideur de l'ingratitude.

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Dans la même interview Dié Kacou dit que la situation de la liberté de la presse s'est améliorée  grâce à ses sanctions. Passe les manquements à la déontologie qu'il  sanctionne arbitrairement, Eugène Dié Kacou peut il nous dire, pour parler d'amélioration, combien de journalistes en prison a-t-il comptés sous le régime de Laurent Gbagbo. Qu'il veuille être irresponsable face à la détention des Hermann Aboua, Armand Bohui, Gnahoua Zibrabi, Germain Deguezé, Serge Bogué, Franck Anderson Kouassi... passe encore, mais c'est malsain de ne pas faire semblant d'être conscient de la violation des lois ivoiriennes par le pouvoir public actuel. Pour justifier cette irresponsabilité, Dié Kacou va jusqu'à justifier l'assassinat de Sylvain Gagneto. Il pense qu'il était  journaliste à 20%. Alors suffit-il  d'être militant à 80% pour mériter d'être assassiné sous les yeux d'Eugène Dié Kacou? On n'est pas surpris de la mentalité de ceux qui nous dirigent. Il faut seulement s'armer contre cet esprit des radios mille collines.


Joseph MARAT, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 69 du mercredi 21 septembre 2011.

lundi, 26 septembre 2011

LE COMMANDANT WATTAO S'EST ENFUI DU PAYS

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Une information que nous tenons d'un journal de la place : « Le Quotidien ». Sans pour autant être en mesure de vous la confirmer, nous vous la livrons dans son intégralité, telle que rapportée dans ce journal.


« Au cours de la semaine écoulée, l'écheveau autour du commandant Wattao a commencé à se démêler. Aux dernières nouvelles, il a fuit le pays pour se réfugier dans un pays voisin.

Secret de polichinelle. Le commandant Wattao et les nouveaux tenants du pouvoir n'étaient plus en symbiose depuis la chute du Président Gbagbo le 11 Avril. Pour cause, il lui est reproché d'être le principal acteur de la fuite du pays de Charles Blé Goudé, après la capture de Gbagbo, et de protéger les biens et domiciles des têtes dures de l'ancien régime. Notamment, Konaté Navigué et certains responsables de la galaxie patriotique. Dont les biens sont essentiellement à Marcory, où habitait aussi Blé Goudé. Il aurait été dénoncé auprès de la hiérarchie militaire des Frci par le commandant « le fou » de Treichville, qui espérait une nomination dans l'armée.

Il faut noter que depuis un bon moment déjà, la zone de Marcory était formellement interdite à ce commandant de Treichville. Wattao n'était pas d'accord avec Anne Ouloto qui a démoli son parking dont lui et Blé Goudé sont copropriétaires. En effet, le commandant Wattao avait demandé à la ministre d'épargner son business sur le VGE. Mais la supplication de Wattao n'avait pas été entendue par « Maman Bulldozer ».

L'ex-chef d'Etat major adjoint des Forces nouvelles était interdit d'approcher Alassane Ouattara. Seul Chérif Ousmane avait le droit d'avoir directement accès au Président. Cela procéderait d'un antécédent très fâcheux entre le « Bravetchê » et son poulain d'hier. Ensuite, il est reproché à Issiaka Ouattara (dit Wattao) de détenir des documents compromettants sur Mangly qu'il refuserait de remettre au nouveau pouvoir qui pourrait les utiliser contre l'ancien DG des douanes, sous Gbagbo. Ce sont là, quelques faits qui, selon le pouvoir en place, relégueraient le Commandant Issiaka Ouattara au banc des traîtres.

Il est devenu un homme à abattre. Une affaire de soldats français arrêtés n'était étrangère au pourrissement des rapports entre le commandant et ses chefs, dont le président Alassane Ouattara. Ainsi la semaine dernière, l'homme s'est enfui du pays. Après une escale au Burkina Faso, il serait dans un autre pays d'où il se préparerait encore à partir plus loin.

C'est une situation qui trouble sérieusement le sommeil des tenants du pouvoir actuel qui s'attendent forcément à un retour du bâton, quand on sait qui est Wattao. Un chef de Guerre très craint dans le sérail du pouvoir actuel. Qui a des éléments à sa solde qui lui sont dévoués et qui sont très bien formés et armés. En plus, la quasi-totalité des Chefs de guerre de l'ouest sont des hommes forts de Wattao. Il s'agit entre autres du capitaine Eddy Medi, com-secteur de Danané et du Commandant Zulu, chef de guerre à Blolequin. Le pouvoir en place prend en ce moment même toutes les dispositions pour parer à toutes les éventualités qui découleront de cette situation inattendue ».


Olive Amezady, in le quotidien ivoirien "Le Quotidien" du 26 septembre 2011.


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

POUR EN FINIR AVEC LE PRINTEMPS ARABE, COMMENÇONS PAR NOUS DECOLONISER MENTALEMENT

 


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Par Professeur Chems Eddine CHITOUR, le lundi 26 septembre 2011.


«Si un événement arrive par hasard, vous pouvez être sûr qu'il a été programmé pour se dérouler ainsi.» Franklin Delano Roosevelt (ancien président des Etats-Unis d'Amérique).

Cette boutade d'un ancien président des Etats-Unis est d'une brûlante actualité. Elle peut à elle seule expliquer la boulimie de mimétisme qui nous prend d'organiser des colloques, congrès, conférences sur ce que la doxa occidentale appelle le «Printemps arabe». On le voit, une révolution, une révolte, une jacquerie qui appartient aux Arabes reçoit son nom de baptême d'un Occident qui, plus que jamais, dicte la norme comme l'a pointé du doigt Sophie Bessis dans un ouvrage remarquable et prémonitoire: «L'Occident et les autres: histoire d'une suprématie» parue aux éditions La Découverte. Nous allons donner notre sentiment sur ces colloques en prenant l'exemple de celui organisé par le journal El Watan avec d'éminents spécialistes. Nous lisons sous la plume de Mustapha Benfodil: «Un colloque sur les révolutions arabes se tient du 23 au 25 septembre et se propose de disséquer cette formidable lame de fond qui soulève comme un seul homme le Monde arabe, de Casa à Damas et de Tunis à Sanaa. Une lame de fond qui a pour étincelle l'auto-immolation de Mohamed Bouazizi, un diplômé au chômage improvisé camelot, un certain 17 décembre 2010 dans la province de Sidi Bouzid, en Tunisie(1).

Ce qui est en cause, c'est d'abord le choix du thème: le Printemps arabe de l'Atlantique au Golfe. Le thème sur le Printemps arabe est, dès le départ, une allégeance et une soumission intellectuelle à la doxa occidentale qui, la première, a décidé d'appeler ainsi ces mouvements. Pour Mohammed Hachemaoui, enseignant à l'université d'Alger et qui a soutenu une thèse le 17 décembre 2004 à l'Institut d'études politiques sur la corruption en Algérie, l'histoire commence, pourrait-on dire à «Sumer» (Sidi Bouzid) quelque part dans une petite ville de Tunisie. «Depuis l'immolation par le feu de Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010, une nouvelle page de l'histoire est en train de s'écrire dans le Monde arabe», constate-t-il. «Une vague irrépressible de soulèvements populaires emportant tour à tour Ben Ali et Moubarak, (...) deux amis et alliés protégés par l'Empire. Il s'agit bel et bien d'un événement.»(1)

Le début des révoltes

Monsieur Hachemaoui va jusqu'à épouser la thèse occidentale comme celle de Gilles Kepel, et tant d'autres qui n'ont pas vu semble-t-il «venir» les événements- qu'ils ont commandités- mais qui se félicitent que ces révoltes ne soient pas connotés par l'Islam. Pour eux, le soubassement de ces révoltes parfumées n'a pas les fondements classiques imputables à un hypothétique choc des civilisations. Tout ceci est bien beau, mais il est quand même étonnant pour l'auteur de fixer le début des révoltes du Printemps arabe à une immolation qui aurait pu passer inaperçue n'étaient les médias occidentaux qui en ont décidé autrement. Cela me rappelle ce que nous écrivions pour répondre aux mêmes propos d'une universitaire tunisienne qui voyait dans la révolte des jeunes en Tunisie une analogie totale avec la prise de la Bastille, la fuite du roi (Ben Ali), l'arrestation à Varennes (à l'aéroport) avec Marie-Antoinette (Leïla Trabelsi). Mimétisme quand tu nous tiens! Comme si 1789 était un horizon indépassable!(2)

La réalité est malheureusement tout autre. Si nous n'inscrivons pas toutes ces indignations de la jeunesse arabe dans un «agenda occidental» nous n'avons rien compris au mouvement du monde. Nous aurions souhaité que lors de ce colloque, au lieu d'asséner des lapalissades de salon qui n'ont aucune portée, ces augustes personnes rétablissent l'Histoire, des révoltes récentes. Pour l'histoire. Le ras-le-bol arabe n'a pas commencé en décembre 2010 mais en octobre 1988 en Algérie. Le tribut fut très lourd. La jeunesse algérienne a été la première -triste privilège- à mourir pour s'être battue pour la démocratie, la liberté. Sauf que ça n'intéressait personne.

L'Algérie a payé le prix de la démocratie avec une décennie rouge et dit-on 200.000 morts, 10.000 disparus et 30 milliards de dollars de dégâts sans compter les traumatismes que nous allons encore trainer pendant longtemps. Il a fallu attendre l'après-11 septembre 2001 pour que la voix de l'Algérie soit audible concernant le terrorisme. N'est-ce pas là un sujet concernant la révolte arabe? Nous aurions espéré aussi que cet aéropage de compétences nous dise leur sentiment de ce qui se passe en Palestine, en Syrie et en Libye où, comme le relève Djamel Labidi, il y a maldonne, l'Otan bombarde des personnes qu'il était censé protéger. Ecoutons-le: «Conformément à la résolution 1973, ou du moins l'interprétation qu'ils en ont faite, l'Otan ne devrait-elle pas à présent bombarder... les positions du CNT? En effet, c'est celui-ci qui est désormais le pouvoir et ce sont les autres, les «gueddafistes» qui sont à présent «les rebelles». C'est donc le nouveau pouvoir, le CNT, qui, aujourd'hui, «bombarde son propre peuple», à Syrte et ailleurs, et qui tombe sous le coup de la résolution 1973 de l'ONU.

Je plaisante? A peine. Car on voit ainsi à quoi a été réduit le droit international. C'est le cas aussi de la reconnaissance de l'Etat palestinien. Le gouvernement français s'était empressé de reconnaître le CNT libyen alors que rien ne prouvait sa légitimité. C'est de l'étranger que le CNT a tiré d'abord sa légitimité. Mais le gouvernement français ne veut pas reconnaître l'Etat palestinien qui, lui, est légitime depuis 60 ans... Depuis toujours. (...). Les révolutions arabes continuent de charrier le meilleur et le pire. Je lisais dans un journal français (le Nouvel Observateur. 13 septembre 2011) un reportage sur une jeune Libyenne de 24 ans qui s'enorgueillait d'avoir fourni des renseignements à l'Otan, par le relais d'Al Jazeera, sur les cibles libyennes à attaquer, quand l'intervention militaire se préparait». (3)

Ahmed Halfaoui abonde dans le même sens: «On parle toujours de «rebelles» en Libye, pourtant il y a un Etat, avec un drapeau tout neuf, qui y a été installé par l'Otan. La remarque vient du fait que ce n'est pas pour désigner la résistance populaire qui, depuis sept mois, fait toujours front dans le pays, mais les troupes du pouvoir «élu» d'abord dans les salons des grandes puissances et confirmé par l'ONU. (...). Les rebelles ne peuvent être que les Libyens qui défendent leur terre et leurs maisons à Syrte, Beni Walid, Ras Lanouf, Zaouiah, Tarhouna, Sebha, Brega et là où ils tiennent des positions, et qui font le coup de feu à Tripoli et dans tous le pays. Rien ne justifie le vocabulaire qui règne dans les médias. (4)

La réalité du «Printemps arabe»

Comme par hasard, les monarchies arabes dociles aux Etats-Unis et à Israël ont survécu à la ««tempête du Printemps arabe»». Cependant, à Bahreïn au Yémen, silence on tue, mais là l'Empire ne bouge pas donc, les vassaux européens regardent ailleurs. Nous aurions voulu que lors de cette réunion savante on démonte la mécanique de ces révoltes pour y voir une manipulation de grande ampleur et la «spontanéité» des révoltes est un paramètre qui a été mis en équation pour susciter le chaos pour le plus grand bien de l'Empire et de ses vassaux. Tout le monde se souvient des bloggeurs qui ont catalysé les révoltes en Egypte, en Syrie...On le voit, ce qui a perdu les potentats arabes, c'est le lâchage de l'Occident mis en musique par l'Internet et un projet mûrement réfléchi qui a travaillé sur un terreau favorable, une masse arabe toujours prête à l'émeute constamment en posture pré-insurrectionnelle au vu de la hogra, le déni de justice, les passe-droits la corruption institutionnalisée, bref ce que décrit admirablement justement Mohammed Hachemaoui dans sa thèse soutenue en 2004 sur la corruption. Le chaos en Irak, en Afghanistan, ne gêne pas la curée sur les matières premières et le pétrole. Les Afghans, les Irakiens et de plus en plus les Libyens peuvent se démolir à qui mieux mieux au besoin aidés par les bavures des drones, cela ne gênera pas l'écoulement du pétrole qui, aux dernières nouvelles, commence à être exploité par Total.

Le droit d'ingérence

Ce colloque me donne la pénible impression, outre le fait qu'il n'apporte rien de nouveau, de s'apparenter au discours main stream occidentale. Nous lisons dans ce cadre un morceau d'anthologie sous la plume de Jean Daniel: «...Il était inévitable, avec la progression des ondes de choc venues de Tunis et du Caire,que l'émergence du Printemps arabe suscite des polémiques et des affrontements. (...) Nous n'avions qu'à applaudir, qu'à nous solidariser et à décider de faire l'impossible pour que personne ne confisque aux peuples qui s'étaient libérés, leur révolution. (...) C'est alors que s'est posé le problème du devoir d'assistance et du droit d'ingérence. (...) En Libye, le Conseil de sécurité, la Ligue arabe et l'Otan représentée par la France et la Grande-Bretagne ont décidé de faire un choix qui impliquait un viol de souveraineté.

Kadhafi menaçait d'écraser une partie de son pays et de son peuple, et menaçait d'ailleurs le monde entier. La communauté internationale s'est octroyée un «droit d'ingérence exceptionnel». (...) A quoi sert de dire que l'on ne s'est pas opposé à l'intervention israélienne à Ghaza, si les membres du Conseil de sécurité ne sont pas d'accord entre eux pour le faire? La justice, en géopolitique,n'est pas abstraite. Elle dépend des circonstances et de ceux qui ont en charge de la définir et de l'appliquer. Il y a toujours eu «deux poids, deux mesures». (....) A la réflexion, et tout compte fait, j'ai décidé de préférer le comportement ostentatoire d'un BHL à l'indifférence dédaigneuse et frileuse de ses rivaux. BHL (...) d'autre part, à force de vouloir être Malraux, il va peut-être finir un jour par lui ressembler». Tout est dit, le devoir d'ingérence, Kadhafi qui assassine puis est pourchassé, le deux poids, deux mesures s'agissant d'Israël et BHL, le Malraux qui s'ignore. Pourtant, il faut lire l'ouvrage de Gene Sharp qui décrit par le menu comment faire une révolution non violente et la réussir. Nous y trouverons tous les symptômes constatées dans les révoltes légitimes tunisiennes et égyptiennes, libyennes et qui, rapidement, ont été «prises en charge».

Ahmed Bensaâda nous présente l'ouvrage: «De la dictature à la démocratie», livre de chevet depuis près de deux décennies de tous les activistes du monde non occidental rêvant de renverser des régimes jugés autocratiques. (...) Dans cet ouvrage, Gene Sharp décrit les 198 méthodes d'actions non violentes susceptibles d'être utilisées dans les conflits en vue de renverser les régimes en place. Parmi elles, notons la fraternisation avec les forces de l'ordre, les défilés, les funérailles massives en signe de protestation, les messages électroniques de masse, les supports audiovisuels, les actes de prière et les cérémonies religieuses, l'implication dans le nettoyage des places publiques et des endroits qui ont été la scène de manifestations, l'utilisation de slogans forts (comme le «Dégage» ou «Irhal»), des logos (comme le poing fermé), des posters avec les photographies des personnes décédées lors des manifestations et une certaine maîtrise de l'organisation logistique»» (6).

« (...) Cette brillante application des théories de Gene Sharp fut suivie par d'autres succès retentissants: Géorgie (2003), Ukraine (2004) et Kirghizistan (2005). Voici ce que dit, en 2010, Pierre Piccinin, professeur d'histoire et de sciences politiques: «Les "révolutions colorées" [...] ont toutes mis en oeuvre la même recette: un groupuscule organisateur est financé par l'étranger et soutenu logistiquement (ordinateurs, abonnements à Internet, téléphones portables...). Formé par des professionnels de la révolution, sous le couvert d'ONG censées promouvoir la démocratie, telle la célèbre Freedom House, il arbore une couleur et un slogan simple. Le but: se débarrasser d'un gouvernement hostile et le remplacer par des leaders amis».(6) Ahmed Bensaâda met dans le même paquet la manipulation concernant l'Iran où l'on se souvient de la jeune dame «tuée» dont l'image a fait le tour du monde. Les évènements qui ont secoué la rue iranienne pendant l'été 2009 ont été riches en enseignements. (...) L'éclatant succès des révoltes populaires en Tunisie et en Égypte est certainement dû à une application pragmatique des méthodes d'actions non violentes de Gene Sharp. Les jeunes activistes de ces deux pays (ainsi que ceux de plusieurs autres pays arabes) ont été formés aux nouvelles technologies par les organismes américains d'«exportation de la démocratie». Ils ont participé à de nombreuses rencontres dont celles organisées par l' «Alliance of Youth Movements» (AYM) en 2008, 2009 et 2010. (...) Il va sans dire que les révoltes populaires dans ces deux pays se sont largement inspirées des expériences des révolutions colorées et de la révolte de la rue iranienne. (....)» (6).

Ce colloque, qui aurait pu proposer quelques pistes de réflexion quant à une sortie de crise, se termine comme les autres, tous les autres, selon un scénario lisse qui ne perturbe pas «l'ordre établi» par une prise de position claire, nette, précise. Adoube-t-il l'ignominie qui se déroule sous nos yeux? Après le carnage à huis clos de la Libye voici venir le tour de la Syrie. Certes Al Assad doit partir mais au bout d'un processus que l'Occident ne veut pas. Je ne peux m'empêcher de donner la parole à soeur Agnès -Mariam de Chrétiens d'Orient qui s'explique sur la Syrie: «(...) Aussi, c'est avec soulagement et gratitude que les chrétiens non gagnés aux thèses fallacieuses des maîtres du monde, accueillent les courageuses et franches assertions du Patriarche concernant la situation dramatique liée au «Printemps arabe». «Que se passera-t-il en Syrie? Y aura-t-il une guerre sunnito-alaouite dans ce pays? Ce serait, non pas une démocratie, mais un génocide (...) Présentées comme étant des quêtes démocratiques populaires, les manifestations sont le trompe-l'oeil tout trouvé pour faire exploser la situation en Syrie et justifier, au cas où le besoin se présente, une intervention militaire comme en Libye». (7)

Le monde est en pleine mutation. Allons-nous vers la «Bellum omnium contra omnes», «la guerre de tous contre tous» prévue par Thomas Hobbes? Le monde ancien est en train de s'écrouler. Le drame des peuples arabes est que l'alternance à la pointe des canons de l'Otan est suspecte, il est hors de doute que les futurs dirigeants adoubés par l'Empire vont continuer comme leurs prédécesseurs à tétaniser leur peuple. Pendant ce temps-là l'Occident regardera ailleurs pourvu que les sources de rapines de matières premières et d'énergie soient garanties. Ainsi va le monde. Seule une révolution endogène de la taille de l'immense révolution algérienne, véritable lame de fond, permettra aux peuples de prendre en main leur destin.


1. Mostefa Benfodil monde-arabe-une-nouvelle-page qui s'écrit El Watan 24-09-2011
2. C.E.Chitour http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=25328
3. DjamelLabidi http://www.legrandsoir.info/guerre-contre-la-libye-le-meilleur-et-le-pire.html
4.
Ahmed Halfaoui http://www.lesdebats.com/editions/250911/les%20debats.htm
5. Jean Daniel: Deux poids, deux mesures Blog NouvelObs. 26.04.2011
6. Ahmed Bensaada - Les limites de la théorie de la non-violence Le Grand soir 21.09.2011
7. Agnès-Mariam: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid...

 

Source : L'EXPRESSION DZ

LA CRISE ECONOMIQUE LES BALAIERA TOUS!

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LES SOLUTIONS DU GROUPE ATTAC

Au milieu de cette crise récurrente du système économique qui n'en finit plus de tituber et de hoqueter sous ses propres contradictions insolubles - incapable de sauver sa destinée, sinon en transférant le poids immense des dettes souveraines sur le dos des différents peuples appauvris -, voilà qu'une voix venue de France susurre ses « solutions » et apporte sa contribution afin d'empêcher ce système moribond d'effectuer le grand plongeon.

Suzanne George, présidente d'honneur d'ATTAC-France et auteur prolifique, était en visite à Montréal pour consolider l'Université d'été des Nouveaux Cahiers du Socialisme, un groupe de militants contrits de voir s'étioler ce système économico - politique « démocratique » qu'ils ont tant chéri (1).

Madame George et ses semblables, analystes de « gauche » de moult horizons, sont outrés de constater les disparités de revenus entre les riches et les pauvres, conséquences inéluctables et fondement du système capitaliste. L'auteur du livre « Leurs crises, nos solutions » présenta donc une série de statistiques révoltantes démontrant hors de tout doute raisonnable que les riches sont toujours plus riches et que les pauvres toujours plus pauvres, jusqu'à la famine et la multiplication des SDF (sans domicile fixe), pourrions-nous surenchérir aux propos de Madame George.

Puis, constatant que l'État bourgeois (pas du tout démocratique comme chacun a pu le constater lors du G-20 à Toronto à l'été 2010), l'État au service des riches, l'État des capitalistes géré par leurs hommes de main contre forte rémunération ; constatant disions-nous que tous les États nationalisent les dettes souveraines et privatisent les actifs publics,dégrèvent la fiscalité des riches et surchargent la fiscalité des travailleurs et de la petite bourgeoisie en voie de paupérisation (d'où leurs récriminations) ; la présidente honoraire crie au scandale et propose non pas la destruction de ce système inique mais plutôt des solutions pour le sauver de l'extinction.

À la traîne de Gérald Fillion, l'analyste de service à la télévision de Radio-Canada, Suzanne George déclame, et nous citons : « Il fallait les sauver (les banques) parce que l'on ne pouvait pas laisser tout le système s'écrouler, c'aurait été les assurances, la sécurité sociale, les investissements, les retraites et tout, alors cela n'était pas possible (...).  Il fallait dire aux banques : vous êtes partiellement ou totalement socialisées,  voilà un cahier des charges que vous allez suivre et vous allez investir un quota dans les PME-PMI qui ont un projet vert ou qui ont un projet d'investissement pour le bien de la communauté... Vous allez suivre ce cahier des charges et vous allez payer des taxes normalement et vous allez rémunérer vos directeurs normalement. Il fallait  reprendre le contrôle de cette finance qui était devenue folle (Ajoutez à cette panoplie la taxation des transactions boursières selon le principe de la taxe Tobin. NDLR). Il faut limiter les hauts salaires. Tout doit être codifié dans la loi. (...)  Ce qui manque c'est la volonté politique de le faire. » (2). Mélenchon ou le Nouveau Parti Anticapitaliste français n'auraient pas dit autrement (3).

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Comment se fait-il que personne n'y avait pensé auparavant? Tous ces « traders » boursiers astucieux, assez du moins pour frauder la bourse, le public et les gouvernements ; tous ces analystes financiers ingénieux ; tous ces banquiers industrieux, capables de doper la profitabilité de leurs institutions en pleine crise financière ; tous ces milliardaires frauduleux, suffisamment du moins pour voler le fisc pendant des années, mais pas assez futés pour suivre les conseils de madame la présidente émérite qui, à la fin, ne souhaite que leur bien !  C'est à désespérer de réchapper leur système capitaliste en faillite. Pourquoi ne peuvent-ils s'autodiscipliner ces accapareurs de la richesse collective ?

En effet, plutôt que de laisser s'écrouler leur système économique désuet, elle leur offre l'opportunité de le sauvegarder en lui refaisant une virginité. Qu'y a-t-il à redire à ce projet philanthropique du groupe ATTAC et de madame Suzanne ? L'auteur prolifique  devrait pourtant observer que dans tous les États occidentaux les assurances collectives, la sécurité sociale, les budgets à l'éducation et aux services de santé, les retraites et les investissements publics qu'elle prétend sauver vont à vau-l'eau et sont attaqués de toutes parts justement dans le but de dégager les crédits requis pour rehausser la profitabilité des banques, comme elle le souhaite ; pourtant malgré cet effort titanesque la crise capitaliste s'approfondit (4).

Un pays qui imposerait à ses banques transnationales les politiques proposées par ATTAC et l'universitaire réputée verrait celles-ci vider leurs coffres et expatrier leurs capitaux vers les paradis fiscaux (Macao, Bahamas, Caïmans et Monaco), ce qu'elles ont déjà amorcé de toute façon (5).

UN CHERCHEUR REALISTE ET ENRAGE

Appelons maintenant à la barre un expert analyste du système « néolibéral » comme se plaisent à l'appeler les opportunistes de service.

Monsieur Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS à Paris est une sommité en son domaine. Il affirme que : « Le néolibéralisme est un régime d'endettement généralisé : ménages, institutions financières, États. La crise menace de mettre à bas tout le système des institutions financières, car si la puissance publique a pu sauver les banques de la crise de la dette privée, il n'est pas certain qu'elle puisse y parvenir pour les dettes publiques (dettes souveraines NDLR). ».

C'est aussi ce que nous pensons et,  comme le professeur Lordon,  nous constatons que : « Le système européen actuel touche à l'absurde. D'un côté, les marchés financiers, pour être « rassurés », exigent l'austérité pour que toutes les sources de revenus des pays leur soient versées au travers du remboursement des dettes ; mais d'un autre côté, l'austérité empêche la croissance qui seule peut générer les recettes fiscales permettant de rembourser les dettes... Les plans européens continuent à fabriquer des surendettés futurs pour « sauver » les surendettés présents. » (6).

Ce monsieur Lordon est un fin limier exaspéré par l'entêtement de ces banquiers et de ces milliardaires qui ne veulent rien écouter de ceux qui tentent de les sauver; le directeur lance donc l'appel insurrectionnel que voici : « Jamais un groupe d'intérêt aussi puissant que celui qui s'est constitué autour de la finance ne renoncera de lui-même au moindre de ses privilèges, seule peut le mettre à bas la force d'un mouvement insurrectionnel - puisqu'il est bien clair par ailleurs qu'aucun des partis de gouvernement, nulle part, n'a le réel désir de l'attaquer. » (7).

Nous apprécions à sa juste valeur la franchise du professeur. Ce n'est pas tous les jours qu'un directeur du CNRS appelle à l'insurrection généralisée. Mais nous regrettons que l'auteur n'aille pas jusqu'au bout de son labeur puisque en conclusion il propose ceci : « Sur ces ruines fumantes - tout rebâtir ». Monsieur Lordon ne semble pas avoir compris que c'est le projet de construction capitaliste qui est fautif. Le capitalisme version améliorée ne peut être que la copie conforme du capitalisme version détériorée. C'est « built in » comme disent les anglais, ce système est ainsi fait.

Le capitalisme sans la recherche du profit maximum et l'accaparement de la plus value ce n'est plus du capitalisme. Si un magnat de la finance refuse d'appliquer cette loi et d'absorber ses concurrents, c'est lui qui sera avalé et qui se retrouvera un jour salarié de son coéquipier.

UN MILITANT ALTERMONDIALISTE UTOPISTE ET DESESPERE

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COTE D'IVOIRE - TAÏ: LES AUTOCHTONES FUIENT EN MASSE LEURS VILLAGES

 

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Selon des informations recueillies sur place, le ministre délégué à la Défense Paul Koffi Koffi se rend aujourd'hui (mercredi 21 septembre 2011) à Ziriglo où un commando de six personnes encagoulées a exécuté des villageois parmi la population allogène et autochtone. Les dernières informations pointent d'ailleurs du doigt la réunion tenue le 14 septembre par les FRCI. Leur vengeance aurait été en effet décidée ce jour-là.


Après avoir accusé des mercenaires libériens pro-Gbagbo d'être à l'origine de l'attaque meurtrière du jeudi 15 septembre dernier dans la petite localité de Ziriglo, le gouvernement se rend aujourd'hui sur les lieux du massacre. Le ministre de la Défense Paul Koffi Koffi devrait être accompagné du chef d'Etat-major des Forces républicaines de Côte d'Ivoire Soumaïla Bakayoko après avoir annoncé la présence des gendarmes jusqu'à hier invisibles dans ladite localité.

Menacées par les FRCI locales, les populations autochtones de Ziriglo mais aussi de Ningré et Covin affluent désormais vers Taï où leur exode bat son plein. « Ne revenez plus ici », auraient menacé plusieurs soldats des FRCI. De fait, c'est à cette force que les infortunées populations ont affaire depuis le déclenchement de ce massacre attribué pour des raisons évidentes de communication aux miliciens libériens pro-Gbagbo. Pourtant les dernières informations en notre possession montrent que ce sont six personnes encagoulées qui sont à l'origine du massacre. Les populations, après avoir soupçonné un temps le riche planteur burkinabé à qui profitait à priori ce crime ont désormais de nombreux faisceaux d'indice contre les FRCI de la localité qui n'auraient  pas supporté le début de rébellion contre leur autorité dans ce patelin d'environ mille âmes. Selon des informations que nous avons recoupées avec des sources à Abidjan, deux semaines avant les événements, les jeunes du village de Ziriglo ont tenu une réunion à la Mairie de Taï . A cette occasion, deux d'entre eux, en l'occurrence Coulibaly Abou et Jean Toclin ont montré toute leur hostilité à l'ordre instauré par les soldats des FRCI. Cet ordre tient essentiellement au racket sur les populations qui va du droit de péage pour ceux qui quittent le village pour aller au champ aux 25.000 F nécessaires pour répondre à une convocation d'un commandant. Or, tout est sujet à convocation : une simple dispute anodine, des bisbilles entre amoureux... Les camions qui sortent vide du village payent pour leur part 15.000 F,  ceux qui sont chargés 320.000 F et les libérations de « prisonniers » 300.000 F. Les populations de toutes obédiences (autochtones comme allogènes) n'en peuvent plus et au cours de cette réunion, elles applaudissent Coulibaly Abou et Jean Toclan qui dénoncent ouvertement le racket des FRCI. Les deux conférenciers appellent aussi à la levée des barrages. C'est cet  affront que les FRCI auraient lavé dans le sang.

De fait, selon des sources sur place, le 14 septembre, les FRCI tiennent une réunion à Sakré dans un petit village de Taï pour arrêter le principe de l'attaque. Le lendemain, six personnes encagoulées déferlent sur le village endormi. Les récalcitrants sont les premiers visés. Coulibaly Abou est découpé à la machette et son condisciple a la chance de ne pas être dans sa maison ce soir-là. Il réussit à prendre ses deux jambes à son cou. Il serait d'ailleurs à Abidjan après avoir réussi à gagner Taï. Car le lendemain, les FRCI qui vont se donner le prétexte d'avoir été attaquées par des miliciens libériens lourdement armés lesquels seraient venus à pied, les auraient attaquées et se seraient enfuis par la même piste, vont se livrer à une vengeance surfaite mais terrible. Le chef de village Benoit Diaï est arrêté avec ses cinq garçons. Il est accusé de détention illégale d'armes et est amené par le lieutenant Roger Yah qui n'est autre que le chef de la sécurité de Ningré et Ziriglo. A la sortie du village, quatre des cinq garçons sont exécutés, le dernier blessé par balles réussit à s'enfuir. Quant au père dont on ignorait le sort jusqu'à hier, il serait détenu à la prison de Paré.

La terreur depuis s'est emparée des populations autochtones directement visées par les menaces des forces républicaines de Côte d'Ivoire. Les Ouibis, une ethnie minoritaire Guéré qui vit au milieu des populations allogènes a préféré aller se réfugier à Taï pour fuir les exactions qui continuent. Le gouvernement avait annoncé à grand renfort médiatique des gendarmes pour protéger les populations civiles. Mais jusqu'à hier, seul le commandant Doumbia de la légion de Daloa a été vu à Ziriglo. Pour le reste, ce sont les FRCI qui quadrillent et contrôlent le village. Les gendarmes en poste à Taï qui s'étaient rendus sur place pour procéder, comme il est de coutume en pareilles circonstances, aux enquêtes préliminaires ont été menacés et congédiés. Les maîtres du village plus que jamais demeurent les dozos, les burkinabé et un certain Ouremi Amadi, tous des hommes du commandant Loss, le vrai dieu de ce bout de terre ivoirien où l'insécurité est chronique.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 69 du mercredi 21 septembre 2011.

dimanche, 25 septembre 2011

OU ETAIENT LE CNP ET EUGENE KACOU QUAND LES JOURNAUX DU RHDP ONT PONDU CES BRULOTS?



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Voici quelques Unes des journaux de la coalition anti-Gbagbo. Ils se permettaient d'écrire toutes les vacheries possibles et imaginables. Au nom de la liberté de la presse, le président Laurent Gbagbo n'a jamais porté plainte contre eux. Le CNP (Conseil National de la Presse), qui est l'organe de régulation de la presse écrite, était étrangement silencieux devant ces dérives. Aujourd'hui, son président Eugène Kacou retrouve subitement la voix, menace et suspend à tour de bras les journaux libres (Notre Voie et Aujourd'hui) qui disent qu'Alassane Ouattara est un putschiste et qu'il a été installé au pouvoir suite à un coup d'Etat sanglant de la France contre le Président ivoirien Laurent Gbagbo. Ces faits sont ceux de notre histoire récente. Peut-on les falsifier sans être accusé de manipulation et de révisionnisme? Le relever, en outre, est-il un crime de lèse-majesté dans la nouvelle République de Côte d'Ivoire?

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Ce faisant, le constat est évident pour nous, et d'ailleurs, pour tous les Ivoiriens lucides et objectifs: il y a manifestement deux poids et deux mesures. Le CNP est-il désormais aux ordres de Ouattara pour réduire au silence la presse indépendante et celle de l'opposition, instaurer l'ère de l'encensement béat du pouvoir, de la pensée unique et de l'unilatéralisme journalistique? La question reste posée. "Reconnaître Ouattara ou disparaître", telle semble être la nouvelle dévise du CNP. Visiblement, les dictateurs en Côte d'Ivoire ne sont pas forcément du côté où on veut nous obliger à les voir!

Source photos et première partie du premier paragraphe :

FACEBOOK

LE KARACHIGATE: LE «PLUS GRAND SCANDALE DE CORRUPTION DEPUIS LA SECONDE GUERRE MONDIALE» EST ARRIVE



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L'attentat de Karachi a tué, voici bientôt 10 ans, onze Français, un jour de mai 2002. Après des années d'enquêtes, de fausses pistes, de blocages politiques, l'instruction est en passe de faire basculer la Présidence Sarkozy. Pour sa 228ème semaine à l'Elysée, Nicolas Sarkozy craint le pire et il a raison. La violence de sa réaction aux récents développements est à la mesure de la gravité de la situation: attentat, corruption, manipulation, obstruction, l'affaire est grave.


A Lyon, des chercheurs de l'Institut de physique nucléaire de Lyon auraient démonté la fameuse théorie de la relativité d'Albert Einstein: ils ont envoyé de Lyon à Milan des neutrinos «superluminiques», des particules très légères, plus rapidement que la lumière.

En Sarkofrance, c'est la République irréprochable qui a été relativisée.

Fillon, la gaffe préméditée

François Fillon a fait une gaffe. Une belle, une grosse. Jeudi, il a annoncé... une nouvelle réforme des retraites ! On croyait que la précédente, qui a été votée il n'y a pas un an, devait résoudre tous nos problèmes. Pire, Fillon s'est abrité derrière l'exigence de faire converger notre fiscalité et nos régimes sociaux avec ceux de nos voisins allemands.

Outre-Rhin, la retraite nous est annoncée à 67 ans... Dans ces raccourcis oratoires, le premier ministre oubliait de préciser l'essentiel: les Allemands n'ont besoin que de 35 annuités de cotisations pour bénéficier d'une retraite complète. La France, avec 41 annuités et demi, affiche déjà l'un des régimes les plus durs d'Europe. Vendredi matin, rétropédalage. Le secrétaire d'Etat Pierre Lellouche confie à France2 que Fillon voulait bien sûr parler de l'âge légal pour une retraite à taux plein...

Cette polémique volontaire a rapidement échoué. L'attention générale était ailleurs.

Agitation diplomatique

Nicolas Sarkozy avait préféré consacrer l'essentiel de sa semaine à s'agiter sur la scène des Nations Unies, à New-York. Avant de partir, il avait une fois rencontré son grand ami dictateur du Kazahstan, autoproclamé « père de la nation ». Le pays que dirige Noursoultan Nazarbaïev d'une main de fer a du pétrole, du gaz et de l'argent. Un client idéal. Quatre jours à peine après de grandes leçons de démocratie et d'odes au printemps arabe sur une tribune à Benghazi, le même Nicolas Sarkozy accueillait avec tous les honneurs, et une interminable déclaration commune, cet autocrate régulièrement épinglé par les associations de défense des droits de l'homme. On doit sans doute commercer avec tout le monde, on n'est pas obligé de ridiculiser l'exigence démocratique par de telles courbettes.

A New-York, Nicolas Sarkozy amusait la galerie. Son agenda était en fait très allégé. Il cherchait juste la bonne image à envoyer aux journaux télévisés français, lui sur une tribune onusienne, lui avec Barack Obama, lui avec Mahmoud Abbas. Effectivement, il a bien eu ses moments de petite gloire: un discours d'une vingtaine de minutes à l'Assemblée générale... comme 192 autres chefs d'État ou de gouvernement. Il eut aussi ses rencontres diplomatiques, mais peu nombreuses et très brèves. Et jeudi, troisième et dernière journée de son périple, il s'était consacré à un hommage à la ... Statue de la Liberté pour son 150ème anniversaire. Honnêtement, on s'en fichait un peu. Pendant quelques heures, les communicants élyséens ont même failli nous faire croire que Nicolas Sarkozy avait trouvé la solution miracle, le compromis idéal pour concilier Palestiniens et Israéliens. Quel Grand Homme ! En fait, il avait proposé un statut d'État observateur à la Palestine, une formule ... prévue dans les statuts de l'ONU. Mahmoud Abbas, le président de l'autorité palestinienne, ne s'est pas démonté. Vingt-quatre heures plus tard, il demandait officiellement la reconnaissance de la Palestine dans ses frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capital. Le moment était historique, mais Nicolas Sarkozy l'a raté. Sarkozy était déjà reparti.

Jeudi soir, il fallait bien rentrer à Paris. Il y avait le feu. A distance, Nicolas Sarkozy paniquait.

Panique politique

Mardi, l'Elysée avait été informée qu'un proche de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, était placé en garde à vue. C'était illégal, mais bon, nous avions l'habitude. Gaubert, un « intime » a juste eu le temps de prévenir Brice Hortefeux, qui travaille désormais à l'Elysée. Le juge Renaud van Ruymbeke, en charge de l'instruction sur le volet financier de l'affaire de Karachi, a pu passer à la vitesse supérieure après les révélations de deux femmes, les semaines précédentes. L'épouse de Ziad Takieddine, divorcée le 14 septembre, et Hélène Gaubert, également séparée mais depuis 5 ans. De leurs témoignages respectifs, le juge apprend que Ziad Takieddine, un homme d'affaires proche de Nicolas Sarkozy depuis des lustres dont le site Mediapart a révélé les liens et l'entregent, et Thierry Gaubert aimaient aller en Suisse déposer ou retirer des espèces en grande quantité. Lors de son audition, Gaubert reconnait l'existence de comptes en Suisse mais nie tout retrait significatif.

Le lendemain, Gaubert est mis en examen. Un autre ami, Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d'Edouard Balladur et témoin de mariage de Sarkozy en février 2008, est placé en garde à vue, son domicile et son bureau perquisitionné. Jeudi matin, Bazire est à son tour mis en examen. Les charges sont lourdes, abus de biens sociaux. Toute la presse, ou presque, fait sa une sur ce Karachigate devenu Sarkogate. Même TF1, le soir, diffusera un reportage sur les comptes de campagne truqués d'Edouard Balladur en 1995.

Nicolas Sarkozy est en rage. Cette affaire l'a toujours fait sortir de ses gonds. Le compte Twitter de l'Elysée s'affole dans l'après-midi de démentis en contre-arguments. Un communiqué de la Présidence est lâché. Le ton sent la panique, le texte est court et se termine par « tout le reste n'est que calomnie et manipulation politicienne. » Toute la journée, les ténors de Sarkofrance se succèdent pour dénoncer la « calomnie » et la « diversion », réclamer le respect de la présomption d'innocence. Nadine Morano, très en pointe, oublie qu'elle est ministre de la République et devient porte-parole du candidat Sarkozy sur les ondes radio-télévisées. Elle dénonce l'amalgame, Sarkozy n'était que porte-parole du candidat Sarkozy... Mais on s'en fiche: c'est son intervention comme ministre du budget en 1994/1995 qui nous intéresse; ou ses ventes d'équipements à la Libye ou en Arabie Saoudite, par Takieddine interposé, quand il était ministre de l'intérieur après 2002. Eric Besson explique « ce n'est pas le chef de l'Etat qui est visé, ça n'est pas lui qui est mis en examen.»

On sourit.

Accélération judiciaire

Mais le soir même, catastrophe. L'avocat des familles de victimes de l'attentat accuse Hortefeux de conversations téléphoniques avec Thierry Gaubert avant et pendant sa garde à vue. Le détail des échanges est quasi-intégralement publié le lendemain. Le scandale est d'Etat. Un ancien ministre, proche collaborateur de l'actuel président Sarkozy, s'est donc procuré le dossier de l'instruction (première faute), a prévenu un futur prévenu des charges qui allaient être retenues contre lui (seconde faute).

La procédure s'accélère. Une enquête préliminaire est ouverte sur le cas Hortefeux. Ce dernier se défend: «Thierry Gaubert a travaillé avec moi en 1994-1995, c'est resté un ami, j'étais préoccupé pour lui, j'ai entendu des rumeurs donc je l'ai appelé pour lui en faire part, savoir si c'était fondé ou pas. Point barre, c'est tout.» Jean-François Copé, qui réclamait qu'on impose un serment d'allégeance aux armes aux Français, est aussi visé. Takieddine l'a grassement invité entre 2003 et 2005. La Commission consultative du secret de la défense nationale émet trois avis favorables et un avis défavorable à la déclassification de documents réclamés par les juges Trévidic, van Ruymbeke et Le Loir dans cette affaire. Reste aux ministères concernés de suivre, ou pas, ces recommandations. Au domicile de Thierry Gaubert, la police trouve vendredi la preuve d'un transfert de 10 millions de francs de l'un de ses comptes suisse, soit exactement la somme douteuse retrouvée dans les comptes de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

C'est la panique la plus complète. En quelques jours, quelques confessions et quelques aveux, des mois d'efforts en présidentialisation accélérée de notre Monarque ont été ruiné. Sarkozy perd tout le bénéfice de ses postures humanitaires en Libye ou protecteur en France.

Le Karachigate existe. Nous l'avons enfin rencontré. A Londres, le Guardian qualifie le Karachigate de « plus grand scandale de corruption depuis la Seconde Guerre Mondiale. »

Ami sarkozyste, où es-tu ?


In sarkofrance.blogspot.com


Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

FRCI, LE DILEMME CORNELIEN D'ALASSANE OUATTARA


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Toutes les épithètes leur avaient été gracieusement décernées. Sans confession. Y compris celle - surréaliste et hallucinante - de « sauveurs » intouchables, par le Procureur de la République, Kouadio Koffi Simplice, en personne. Un moment célébrés par les partisans pro-Ouattara pour avoir mené la bataille d'Abidjan aux côtés des forces spéciales françaises qui a conduit au renversement du Président ivoirien Laurent Gbagbo, l'idylle est aujourd'hui en passe de virer au désaveu complet. Les « sauveurs » du mois d'Avril se sont mués, au fil du temps, en mercenaires fauchés et sans salaire, remontés contre leurs employeurs, ainsi qu'en vulgaires braqueurs de supermarchés et d'agence de transfert d'argent. Ils se sont même payé le luxe d'accrocher à leur tableau de chasse, le vendredi 9 septembre 2011, un trophée impensable et inimaginable : la tête du Substitut du Procureur de la République, Djè Noël, porte-parole du Parquet près le Tribunal de première instance d'Abidjan Plateau, enlevé alors qu'il rentrait chez lui, « séquestré pendant trois heures, de 17h à 20h » (selon ses propres termes) et délesté de la somme de 150 mille francs CFA ainsi que de ses deux portables et de sa montre de valeur. Comment est-ce possible ? De mémoire d'Ivoiriens, jamais pareille scène ne s'est produite contre un magistrat de ce rang, de toute la jeune histoire de la Côte d'Ivoire !

Ouattara a la pression des bailleurs de fonds : il lui faut absolument assainir la situation sécuritaire en Abidjan, ainsi que dans toutes les autres régions du pays. Et particulièrement dans celle de l'Ouest. Ce faisant, il était sensé les avoir remis en caserne et disciplinés. Que non ! Nos chers FRCI continuent de déambuler dans la capitale économique et dans nos villes avec des kalachnikovs en bandoulière, dans des tenues bigarrées. Avec en prime, la gâchette terriblement facile. Au quart de tour, pourrait-on dire ! Les évènements de Blockhaus, dans la commune de Cocody, survenus dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 septembre 2011, entre les jeunes du quartier et quatre éléments FRCI, qui se sont soldés par un blessé par balles de kalachnikov et plusieurs autres à l'arme blanche (couteaux et machettes), victimes des FRCI, en disent long. Entre deux patrouilles, ils se payent une virée dans des résidences privées, des commerces et structures bancaires pour faire le plein de billets de banques, dans l'impunité la plus totale.

Les « Zorro » à l'ivoirienne ne rendent aucun compte. Personne qui puisse les inquiéter. Pas même leur hiérarchie sensé observer la rigueur martiale. Ce sont nos « sauveurs ». Et notre salut a un coût. Du reste, élevé. Pour avoir la vie sauve, nous devons nous laisser plumer sans pousser un pépiement. Parce qu'il faut bien que les précieux « sauveurs » mangent. Or, il se trouve qu'ils ont été les grands oubliés des lignes budgétaires de la République version RHDP, ne pouvant y être tous intégrés.

Ouattara a besoin des FRCI. Il leur doit son fauteuil présidentiel. Même s'il le doit plus encore à la France de Sarkozy. C'est également grâce à eux qu'il peut maintenir cette terreur rampante entretenue dans tout le pays, indispensable à sa victoire aux prochaines élections législatives. Vous avez dit remake de l'élection présidentielle ? Comment donc s'en défaire, sans grabuge, et donner suite aux exigences récentes des institutions de Bretton Woods (Banque Mondiale et Fonds Monétaire International) pour lesquelles il n'est pas question de les greffer aussi massivement à une masse salariale que Ouattara avait lui-même déjà jugé explosive, en son temps, pour récriminer contre Laurent Gbagbo ? Accuser Gbagbo du mal et faire le pire ? Certainement pas ! Comment donc leur payer les milliards nécessaires à leur intéressement et les libérer sans mettre à mal les finances désespérément sinistrées de l'Etat, pendant que les lieutenants de Soro se la coulent douce au Nord avec une « Centrale » officiellement démantelée mais qui continue bel et bien ses activités de rançonnement des populations, des commerçants et des transporteurs ? Les derniers nommés, très amers et excédés, s'en sont d'ailleurs récemment plaints au Ministre des Transports Gaoussou Touré, le mercredi 14 septembre 2011, à l'auditorium de la Caisse de Stabilisation, lors du lancement officiel des activités de l'observatoire de la fluidité des transports, dirigé par l'ancien ministre Adama Coulibaly alias « Adama Champion ». Comment les démobiliser sans les avoir pour longtemps à dos voire contre soi ? Faut-il s'en remettre, pour la protection du régime, à l'armée régulière des ex-FDS réputée fidèle à Gbagbo (pour preuve, elle n'a droit à aucune arme, depuis cinq mois, à part les ex-FAFN) sachant qu'il ne serait pas recevable de les éconduire et de les faire, purement et simplement, remplacer par les ex-rebelles, résolvant ainsi l'épineux problème de leur intégration budgétaire ? Voici la position inconfortable du nouveau locataire du palais présidentiel du Plateau. Un casse-tête chinois. Un vrai dilemme cornélien.

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Il faudra pourtant plancher une fois pour de bon sur ce cas de conscience que constituent les éléments incontrôlés des FRCI pour le pouvoir Ouattara. Et DIEU seul sait s'ils sont nombreux, illettrés et sans formation. Les exactions n'en finissent plus de faire la Une des journaux. Ils ne se passent pas de journées que leurs dérives ne soient mises au grand jour. Plutôt que de faire la fine bouche sur une incursion de prétendus « mercenaires de Gbagbo » à Ziriglo (Sous-préfecture de Taï), dans le Sud-ouest ivoirien, qui n'était rien d'autre, en fait, qu'une expédition punitive d'un ressortissant burkinabé mécontent du nom d'Abdoulaye Kabré, véritable parrain de cartel mafieux dans ladite zone forestière, furieux d'avoir vu sa seigneurie érodée dans ce bled par l'arrivée des FRCI qui y contrôlent désormais tous les trafics, les nouvelles autorités ivoiriennes gagneraient à désarmer leurs propres éléments et à les discipliner. Faute de quoi, il faudra se résoudre à les traduire devant les tribunaux militaires. Tout « sauveurs » qu'ils sont. Parce que nous ne saurions les supporter indéfiniment.

Le samedi 10 septembre 2011, deux d'entre eux se sont faits refroidir par un commando marin FUMACO (l'ex-compagnie d'élite du Colonel-major Konan Boniface). Il a été retrouvé sur eux des cartes professionnelles FRCI. Ces deux quidams venaient de braquer un supermarché de Yopougon Niangon Nord, carrefour Lubafrique, et espéraient s'emparer de la berline de marque Mercédès du soldat pour couvrir leur fuite. Manque de pot pour eux, ils avaient affaire à un professionnel du combat de contact. Prestement désarmés, ils furent abattus avant même de réaliser ce qui leur arrivait.

Voici donc la nouvelle armée de la Côte d'Ivoire. Celle qui est désormais en charge de la sécurité des Ivoiriens. Les « sauveurs » d'un mois se sont transmués en bourreaux impitoyables et en vulgaires délinquants. Faut-il leur en vouloir ? Pas totalement. Leurs employeurs, ceux pour qui ils ont quitté plantations, forêts sacrées et forges, ne les rémunèrent pas. Ils constituent, pour ainsi dire, le cadet de leurs soucis. Leur priorité étant de plaire à Nicolas Sarkozy, servir la France, indemniser les entreprises françaises et leur accorder les meilleurs marchés du moment. Que faire alors ? La chose la plus naturelle du monde, bien entendu : se payer soi-même. Au mépris de la réputation de la corporation et de l'éthique militaire. Voilà où en est la Côte d'Ivoire.

Ouattara, de notre avis, est écartelé entre la nécessité - pour lui - de garder en l'état son armée d'ex-mercenaires pour parer à toute éventualité, avec la peur qu'ils se sont faite, la semaine dernière (le vendredi 16 septembre 2011), de l'incursion des troupes du burkinabé détrôné de Taï, Abdoulaye Kabré (malgré la présence des soldats onusiens malawites), honteusement imputé, encore une fois, à un Laurent Gbagbo injustement assigné à résidence et impuissant à faire quoi que ce soit, et l'urgence de reprofiler, civiliser et professionnaliser les FRCI pour répondre aux exigences de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International, des investisseurs internationaux et aussi (que croit-il ?) des Ivoiriens, toutes obédiences confondues, au bord de la crise de nerfs.

Il est tout autant tenaillé par le désir de les éloigner de lui (la preuve, sa garde rapprochée est entièrement étrangère), parce que ne répondant visiblement et véritablement que du Premier ministre Guillaume Soro dont il ne peut se targuer de cerner toutes les ambitions politiques (avouées et inavouées) et celui de ne pas s'attirer leurs foudres en les sacrifiant sur l'autel des visées françaises de reconfiguration de l'armée ivoirienne qui ne leur accordent pas forcément des postes privilégiés (tous les conseillers de Ouattara, de ce point de vue, sont français ; pas de place pour les nationaux). Ouattara redoute, pour ainsi dire, son propre monstre. Il est laminé, à son égard, par un étrange sentiment ambivalent, contrasté, alambiqué, contradictoire que dépeindrait exactement l'expression « Je t'aime moi non plus ».

Jusqu'à quand durera ce chassé-croisé idyllique de haine-amour entre Ouattara et son armée, pour le plus grand malheur des ivoiriens ? A trop vouloir nuire, le chef de l'Etat ivoirien est aujourd'hui pris à son propre jeu et devra bien, un jour, en sortir pour permettre aux Ivoiriens de retrouver la sérénité et le plaisir de vivre dans un pays sécurisé et paisible.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

In le quotidien ivoirien «Le Nouveau Courrier» N° 325 des samedi 24 et dimanche 25 septembre 2011.