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mercredi, 12 octobre 2011

LE FPI, UN OS DANS LA GORGE DE MONSIEUR OUATTARA


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Après les événements qui ont émaillé le dernier rassemblement du Front populaire ivoirien à Koumassi-campement, nous nous interrogeons. Alassane Dramane Ouattara a-t-il aujourd'hui, les ressources nécessaires pour réprimer son opposition ? Il peut en avoir la volonté parce que, pour ceux qui connaissent l'homme, c'est ce qu'il sait faire le mieux.  Le 18 février 1992, il était l'homme de main de Félix Houphouët-Boigny. C'est lui qui avait, sans vergogne, dit avoir vu Laurent Gbagbo  casser. La suite nous la connaissons. Laurent Gbagbo, toute sa famille et toute l'opposition significative de l'époque se sont retrouvés derrière les barreaux pour six mois. Il y a maintenant 7 mois, l'homme en tant que chef d'Etat cette fois-ci, a réédité l'exploit. Laurent Gbagbo, son épouse, son fils, le chef de son parti, et l'ensemble des dignitaires de son régime sont enfermés dans des goulags au nord du pays. On le voit bien, malgré les années, la volonté de réprimer l'opposition ne s'est point émoussée chez Mr Dramane. Au contraire, elle s'est aiguisée avec un goût macabre. Seulement les contextes changent et souventes fois, l'histoire, dans une sorte de mystique du temps, nous rappelle qu'elle a un sens et qu'on ne saurait indéfiniment ramer contre son courant.

Ce qui s'est passé à Koumassi-campement est le signe que le champion du Rhdp ne dort plus tranquillement du sommeil du juste contrairement à ce qu'il veut nous faire croire. A l'analyse, cela relève plus d'une intimidation que d'une véritable répression. Aujourd'hui l'ex homme fort de l'hôtel du Golf peut bouillir de colère contre ses opposants, mais les circonstances ne lui sont plus favorables. On se souvient qu'il y a plus de quatre mois que le FPI avait déposé une demande d'audience pour rencontrer ce dernier. Les frontistes ont longtemps rongé leurs freins avant d'être finalement reçus, fin septembre dernier au palais présidentiel. Ils y sont encore attendus les jours prochains. On le voit bien, le chef de l'Etat n'a pas envie de passer pour un dictateur aux yeux de ses soutiens occidentaux.

Autre chose et non des moindres, l'épée de Damoclès de la CPI qui plane actuellement dans le ciel politique ivoirien saurait difficilement s'accommoder d'une répression sauvage de l'opposition. Cela ne manquera certainement pas de faire beaucoup de bruits au sein de la communauté internationale qui pourrait être ainsi contrainte au lâchage du Prince d'Abidjan.

A coté de toutes ces observations qui fonctionnent comme des menottes au poignet d'un criminel, il y a la démobilisation que l'on note de plus en plus au sein des soldats FRCI désabusés par des promesses restées sans suite. En somme, le FPI apparaît aujourd'hui comme un os dans la gorge de Mr Dramane.

 

Joseph Marat, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 73 du mardi 11 octobre 2011.

 

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L'ESPOIR EST EN PRISON

 

Comme cela peut-être encore possible dans ce pays heureusement, je me suis retrouvé, un matin, dans une enceinte fermée à double tour, avec un ami, pour assouvir notre passion : débattre de politique. Les rues grouillent d'espions et les agoras de joutes politiques relèvent désormais de notre histoire récente.  Au fil de la causerie, mon ami m'avoue que, comme la plupart des Ivoiriens, il porte le deuil de l'arrestation du président Gbagbo. Seulement, il avait espéré que le pays ne perdrait pas au change. Alassane Ouattara est tout de même un nom connu dans les hautes sphères des finances du monde. Son carnet d'adresses devrait être insubmersible pour un petit pays comme la Côte d'Ivoire. S'il réalise, ne serait-ce que le 10ème de tout ce qu'il a promis, on ne devrait pas regretter trop longtemps le Woody de Mama. Mais, finit-il par dire, plus les jours passent, plus la désillusion fait place à ce qui aurait pu être une consolation.

J'ai dit à mon ami que c'est indéniable qu'il y ait eu dans ce pays plusieurs millions de personnes qui, de bonne foi, ont placé l'espoir en Alassane Ouattara. Mais ils ont eu tort ! Et le sentiment de désillusion n'est que le moindre mal. Quand un homme politique doit laisser des traces de progrès dans la mémoire d'un peuple donné cela se remarque dans ses prises de position. Ce n'est pas en distribuant des promesses de milliards qu'on impulse l'évolution à une société. Ce sont des prises de position idéologique, capable de façonner la mentalité des peuples, qui pistonnent le progrès. En France, nous avons De Gaule pour son appel à la résistance, en Inde, Gandhi pour son idéologie de non-violence contre l' impérialisme anglais violent, Luther King aux Etats Unis pour son rêve d'un Etat sans ségrégation, Nelson Mandela pour sa lutte contre l'apartheid, Laurent Gbagbo pour son combat pour la liberté et la démocratie. Quel acte peut militer en faveur de Ouattara dans cette constellation de géants. Les Programmes d'Ajustement Structurel? Le soutien à une rébellion sauvage? La culture de l'emprisonnement des opposants? Les privatisations abusives? Ouattara a-t-il une seule fois montré qu'il est capable de défendre un idéal progressiste? J'ai fini par dire à mon ami que l'espoir du peuple ivoirien est en prison à Korhogo. Prions pour que la descente dans les profondeurs de la déchéance ne soit pas longue.

 

Joseph Marat, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 73 du mardi 11 octobre 2011.

Commentaires

Merci pour votre texte. Je comprends votre langage mi figue mi raisin à l'endroit de ce cher chef de l'Etat selon les normes du colon occidental. Lui même ayant les mains liées -et c'est ce qui lui a valu le perchoir- qu'attendiez vous qu'il fît? Tous ceux que vous citez ont agi pour un IDÉAL qu'ils avaient Lui est venu pour détruire notre Pays ;il faut vous en convaincre SEUL DIEU DÉCIDERA DE CE QU'IL VEUT DE LA COTE D'IVOIRE PRIONS sérieusement,la VOIE est là et repentons nous

Écrit par : FORTUNATO | jeudi, 13 octobre 2011

N'oublions pas l'adage "Aide-toi,le ciel t'aidera" La prière oui mais ne perdons pas notre hargne à la vie ,en laissant des sanguinaires nous détruire.

Écrit par : Marie | jeudi, 13 octobre 2011

Pour la JEUNE GENERATION,c'est important de RAPPELLER que c'est ALLASSANE DRAMANE OUATTARA qui a INTRODUIT la VIOLENCE en POLITIQUE en COTE d'IVOIRE.Je suis une FAROUCHE OPPOSANTE de la VIOLENCE PHYSIQUE en politique,en règle GENERALE.La politique en tant que telle est déjà violente,pas besoin d'y rajouter de la violence.le FPI,le parti créé par le PRESIDENT GBAGBO reste malgré tout un grand parti politique encore debout.Il faudra compter avec lui pour pour la suite des évènements dans ce pays.Jusqu'à aujourd'hui,j'avoue que je n'ai jamais compris les partisans de Ouattara.Ils ont eu le temps,d'étudier le personnage au fil des années.Ils savent donc,qui y l'est et ce qu'il a fait à la Cote d'Ivoire.Alors pourquoi voter pour lui.Dans ce contexte de CRISE PERMANENTE, avoir donné une voix à OUATTARA était un acte criminel.Un REBELLE ne peut pas devenir du jour au lendemain un individu respectable,bien sous tous rapports.Ses partisans auraient du mesurer les conséquences de leurs actes.Un VOTE peut sauver une vie!Maintenant il est temps,qu'ils se rendent compte que non seulement c'était un mauvais choix et que ça eu d'énormes répercussions sur la vie d'innoncents.Le suivre encore avec tout ce qui se passe est fou,fou!N'oublions pas ceux dont pratiquement personne ne parle,une catégorie d'ivoiriens qui n'a voté ni pour GBAGBO ni pour OUATTARA.Ils se retrouvent injustement pris en otage par cette spirale

Écrit par : RitaFlower | vendredi, 14 octobre 2011

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