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mardi, 25 octobre 2011

POUR DES SOLUTIONS DURABLES EN FAVEUR DES IVOIRIENS DEPLACES


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Avertissement

Les termes "autochtones", "allochtones" et "allogènes" sont utilisés dans ce document pour faire référence aux différents groupes de population vivant dans le pays selon leur appellation commune en Côte d'Ivoire. Cela ne reflète pas les politiques ou l'opinion de Care, du Conseil danois pour les réfugiés (DRC) ni d'Oxfam.

Dans le contexte de la région du Moyen Cavally où l'enquête a été menée, les "autochtones" sont du groupe ethnique Guéré, les "allochtones" sont constitués de tous les autres groupes ethniques ivoiriens ayant migrés dans le Moyen Cavally et les "allogènes" sont les migrants originaires des pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO).

Les bases juridiques pour les solutions durables aux déplacements sont le Cadre de mise en place de solutions durables pour les réfugiés du Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) et les Principes directeurs des Nations Unies relatives aux déplacements de personnes à l'intérieur de leur propre pays.

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Le premier est centré sur la promotion de solutions durables pour les personnes réfugiées et les personnes relevant de la compétence du HCR par le biais du rapatriement dans leur pays d'origine, de l'intégration sur place dans le pays d'asile ou de la réinstallation dans un pays tiers. Le deuxième document précise les droits des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays dans les Principes directeurs 28-30. Compte tenu de l'ampleur de la dynamique de retour observée sur le terrain, ce rapport se concentre majoritairement sur le retour comme solution durable.

Les citations dans ce document sont celles des répondants et ne reflètent pas nécessairement les politiques et opinions de Care, du Conseil danois pour les réfugiés (DRC) ni d'Oxfam.

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Résumé exécutif

Six mois après la résolution du conflit postélectoral qu'a connu la Côte d'Ivoire à la suite des élections présidentielles contestées du 28 Novembre 2010, une crise humanitaire aux proportions significatives perdure. Alors que plus de 500 000 personnes déplacées sont retournées dans leur lieu d'origine depuis la fin du conflit en avril, approximativement 450 000 Ivoiriens continuent d'être déplacés, et ont toujours besoin, quelque soit leur situation, d'aide humanitaire et de protection.

Oxfam, le Conseil danois pour les réfugiés (DRC) et Care travaillent en Côte d'Ivoire pour apporter une aide humanitaire aux individus et aux communautés touchés par la crise, qu'ils soient retournés avec alors la nécessité d'appui pour reconstruire leur vie, ou qu'ils soient encore déplacés. Reconnaissant le besoin de prendre en compte les préoccupations des personnes affectées par la crise, cette étude a été menée pour collecter des témoignages afin de mieux formuler la réponse humanitaire de tous les acteurs dans le pays.

Durant les mois de juillet et août 2011, 331 entretiens individuels et 25 groupes de discussion ont été menés avec des personnes retournées et des personnes déplacées de 27 communautés de la région du Moyen-Cavally, à l'ouest de la Côte d'Ivoire. Cela a permis de collecter des informations quant à la perception des personnes affectées par la crise sur leurs besoins humanitaires immédiats, la sécurité et les perspectives pour le futur. Ces informations ont été complétées par une recherche documentaire et des entretiens avec les acteurs humanitaires. La majorité des personnes interrogées étaient des femmes, et les données collectées ont été désagrégées et analysées par genre.

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Les résultats présentés dans ce document renvoient l'image d'une région toujours aux prises avec les effets du conflit postélectoral et qui requiert un appui durable dans la période à venir. Ci-après sont présentés quelques uns des principaux résultats de l'étude:

Les améliorations en matière de sécurité ont motivé les Ivoiriens déplacés à retourner spontanément, cependant les tensions intercommunautaires exacerbées et les litiges fonciers ne sont pas favorables à des retours durables. Les affrontements interethniques en cours entraînent de nouveaux déplacements.

Au-delà de la sécurité, les trois facteurs principaux influençant la volonté des personnes déplacées à retourner sont la disponibilité de l'aide humanitaire sur le lieu d'origine, l'aide au transport, et la disponibilité d'informations fiables sur les conditions de sécurité. Le retour des autorités civiles, le désarmement et le renforcement des patrouilles sont également fréquemment mentionnés.

Quelque 22% des personnes déplacées interrogées ont exprimé leur intention de ne pas retourner vivre dans leur lieu d'origine. La destruction de leur habitat, l'insécurité, le traumatisme vécu et les litiges fonciers sont parmi les raisons données pour ne pas retourner. Ces personnes n'avaient néanmoins peu ou pas connaissance des alternatives offertes à elles.

Des besoins humanitaires significatifs demeurent dans les zones de déplacement et dans les zones de retours. L'aide alimentaire est la priorité majeure de la plupart des répondants, avec 77 % des personnes retournées et 83% des personnes déplacées déclarant qu'ils n'ont pas assez à manger. L'abri est la deuxième préoccupation des personnes affectées par la crise. Des lacunes graves en matière d'accès à l'éducation, aux soins de santé et à l'eau sont également mises en lumière que ce soit dans les zones de déplacement ou dans les zones de retour.

Les moyens de subsistance ont été sérieusement mis à mal avec 58% des personnes retournées et 82% des personnes déplacées ayant complètement perdu leur source de revenu et faisant face à d'énormes défis pour reconstruire leurs vies.

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Peu de personnes parmi les déplacées et les retournées connaissent l'existence de la Commission dialogue, vérité et réconciliation, et quasiment aucune ne sait comment la contacter. Les personnes cherchant réparation font face à de multiples obstacles compte tenu des énormes défis en matière de justice.

Les personnes déplacées et retournées font encore face à des menaces significatives en matière de protection en raison de la persistance d'affrontements communautaires, du racket aux barrages, du manque d'accès aux services de base, d'actes de violence et d'intimidation et du harcèlement de personnes en armes.

Bien que l'étude ne puisse pas donner une image exhaustive de tous les besoins à l'ouest de la Côte d'Ivoire, ni représenter les diverses opinions de toutes les communautés, il est clair qu'en dépit de la fin du conflit et des améliorations en matière de sécurité, la situation à dans cette région est toujours très précaire et instable.

Les consultations avec les personnes déplacées et retournées conduites pendant les mois de juillet et août révèlent que les conditions pour des solutions durables aux déplacements ne sont pas remplies. De trop nombreux retournés continuent de faire l'objet d'attaques, de harcèlement et d'intimidations dans leur zone d'origine, et beaucoup ont un accès limité voir pas d'accès aux services de base et aux mécanismes de protection. Une large proportion a perdu ses documents officiels et n'a pas accès à des mécanismes de restitution de la propriété ou de compensation pour les pertes encourues, tandis que beaucoup n'ont pas encore été en mesure de réunifier tous les membres de leur famille. Un nombre significatif de personnes déplacées n'est toujours pas prêt à retourner en raison de la peur d'attaques, du manque d'accès à leur terre ou du manque de moyens de subsistance.

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La responsabilité ultime de la protection des personnes déplacées et de la promotion de solutions durables à leur déplacement incombe au Gouvernement de Côte d'Ivoire, cependant les agences des Nations Unies, les donateurs et les ONGs jouent un rôle vital à l'appui de ses efforts. Des recommandations détaillées à l'endroit de tous ces acteurs sont faites dans le rapport. Elles incluent:

1. Assurer une politique de retour responsable et durable pour ceux touchés par le conflit: un cadre juridique national devrait promouvoir les droits des personnes déplacées et veiller à ce que tous les retours soient volontaires, sûrs, dignes et durables. Un meilleur profilage des mouvements de population et une meilleure information des personnes déplacées, internes et externes, sont nécessaires pour ce faire. Toute stratégie doit prendre en compte les causes profondes du conflit, y compris les litiges fonciers et les préoccupations sécuritaires récurrentes.

2. Améliorer l'aide humanitaire et fournir une meilleur appui à la relance des moyens de subsistance: un appui bien plus important est nécessaire pour les personnes déplacées et retournées, en particulier dans l'ouest et en particulier dans les domaines de l'alimentation, de l'abri et des moyens de subsistance même si des besoins significatifs perdurent au niveau de l'accès aux services de base et pour assurer le respect des normes SPHERE dans les sites de déplacement. Un soutien d'une plus grande ampleur est attendu des donateurs pour couvrir les besoins identifiés dans le Plan d'action humanitaire d'urgence (EHAP).

3. Promouvoir le rétablissement de l'état de droit, appuyer la réconciliation et prévenir de nouvelles flambées de violence et de nouveaux déplacements : des retours durables ne seront garantis que si la sécurité, la justice et la réconciliation sont effectives. Pour ce faire, la réforme du secteur de la sécurité, le rétablissement de l'état de droit, et la mise en place d'un système de référencement et de réparation sont requis. Le renforcement des patrouilles dans les zones non sécurisées, le rétablissement effectif des autorités civiles, un processus de désarmement, démobilisation et réinsertion ainsi qu'une meilleure information sur l'existence et le mandat de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation sont de même nécessaires.

 

Pour lire tout le rapport en PDF de l'étude, cliquer: ICI

Commentaires

TRISTESSE et DESOLATION pour les DEPLACES de GUERRE IVOIRIENS.

Écrit par : RitaFlower | dimanche, 30 octobre 2011

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