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vendredi, 04 novembre 2011

ELECTIONS LEGISLATIVES DU 11 DECEMBRE: ALASSANE OUATTARA ET LA CEI N'ONT PAS JOUE FRANC JEU



ALASSANE OUATTARA 18.jpg

Nous avions espéré que la « République des vainqueurs » tiennent enfin compte des récriminations amplement justifiées du CNRD (Congrès national de la Résistance et pour la Démocratie) pour - à défaut d'y accéder entièrement - leur donner une suite acceptable, de sorte à permettre à tout le microcosme politique ivoirien de se retrouver au complet sur la scène des législatives pour un pugilat loyal et fraternel. Notre attente aura été plus que déçue. Dans la mesure où ni Alassane Ouattara ni la CEI n'a joué franc jeu, pour nous permettre d'y parvenir. Réduisant, finalement, la participation au forceps du parti du président Mamadou Koulibaly, LIDER, à un rôle de faire-valoir pathétique qui n'aurait jamais dû être. De quoi s'agit-il ?

Le mercredi 26 octobre dernier, date butoir initial de dépôt des dossiers de candidatures pour les législatives, la CEI, par la voix de son porte-parole Bamba Yacouba, sur une prétendue requête du gouvernement, de candidats et de partis politiques - tous, du reste, entièrement RHDP - a concédé une prorogation de cinq jours supplémentaires pour permettre aux futurs parlementaires 2011 de déposer leurs candidatures. A la vérité, c'était « une passe » au RDR et au PDCI dont aucun des candidats n'avaient, il faut le souligner, déposé de candidatures à la date indiquée.

On peut donc donner suite aux revendications d'un parti ou d'une alliance sans que le ciel ne nous tombe dessus ? Pourquoi donc a-t-on fait la sourde oreille quant à celles du FPI-CNRD ? L'on se souvient encore que la direction du Front populaire ivoirien (FPI) avait affiché sa ferme volonté de prendre part à l'élection législative de décembre mais avait insisté sur le fait que ce ne serait pas à n'importe quel prix ni à n'importe quelles conditions.

Ainsi, son comité central, réuni en session extraordinaire, le 3 septembre 2011 avait décliné un certain nombre de préoccupations majeures du parti à négocier avec les nouvelles autorités ivoiriennes, en vue d'une participation effective du FPI-CNRD aux législatives. Elles se présentaient comme suit : La libération du Président Laurent Gbagbo et de tous les autres détenus civils et militaires ; le retour de tous les exilés et les déplacés ; l'arrêt de toutes les procédures judiciaires ; le dégel des avoirs des personnalités du FPI-CNRD ; la sécurité des personnes et des biens et, surtout, la sécurité du processus électoral ; la composition de la CEI ; la révision de la liste électorale ; le découpage des circonscriptions électorales et la détermination des sièges...

Dans ce cadre, un mémorandum contenant toutes ces revendications avait été remis à Alassane Ouattara, le 29 septembre 2011, au cours d'une audience accordée au FPI-CNRD.

Le gouvernement s'était alors engagé à y donner suite. Rassurée de l'amorce des discussions, la direction du FPI avait, le 21 octobre dernier, dans un communiqué de son secrétaire général et porte-parole Laurent Akoun, demandé à ses élus, à ses cadres et aux candidats potentiels du parti de « demeurer sereins en se gardant de poser des actes de nature à perturber les militants et les électeurs ».

A la date de clôture du dépôt des candidatures pour les législatives, le pouvoir RHDP était encore à tergiverser. Aucune avancée n'avait été enregistrée ni n'était en vue. Jouant certainement sur les leçons tirées par le FPI du boycott actif du Front républicain, en 2000, et de la défection du RDR, en 2005, d'où les deux partis étaient sortis largement perdants, le pouvoir Ouattara se livrait à un chassé-croisé et à une véritable course sous haute pression chrono (date butoir du 31 octobre oblige), à l'issue desquels le FPI devait capituler et aller s'afficher en « Reine Elisabeth » à des élections déséquilibrées d'avance, organisées dans des conditions sécuritaires exécrables, identiques à celle de la Présidentielle de 2010, si ce n'est pire. L'heure butoir de dépôt était même passée, sous la férule de la Commission centrale de la CEI, de 17 heures à minuit, pour parachever le travail d'écartèlement d'une opposition difficile à manœuvrer dont la participation était attendue des observateurs internationaux de la vie politique ivoirienne, des bailleurs de fonds et des investisseurs, et sur laquelle Alassane Ouattara jouait sa propre crédibilité.

Car il ne faut pas se voiler la face, le pouvoir Ouattara avait plus besoin de ce précieux sésame qu'est la participation du FPI-CNRD aux législatives que cette alliance politique elle-même, pour apparaître comme démocrate aux yeux du monde, surtout après la remontée de bretelles des Etats-Unis sur une véritable représentativité du nouveau parlement ivoirien et après les consignes fermes de l'Elysée à son poulain lors de sa dernière visite (avec les voyages devenus quasi mensuels du chef de l'Etat ivoirien) dans l'Hexagone, chez Sarkozy, qui ne veut pas se faire accuser d'avoir instauré une dictature en Côte d'Ivoire et contribué au retour, après 20 années de démocratie, du parti unique sur la terre ivoirienne. Une telle image, doublée de celle du « génocide humanitaire et démocratique » en Libye, serait désastreuse pour la période de campagne présidentielle qui s'annonce, bientôt, en France.

Dans le même temps, Ouattara était soucieux de ne pas faire piètre figure devant le parti de Laurent Gbagbo, en se « défroquant » sous ses exigences et en dévoilant sa dépendance vis-à-vis de lui, ne serait-ce que pour son image internationale. Il ne fallait donc pas trop lâcher de leste ni trop verrouiller l'issue du dialogue, en se montrant inaccessible.

La participation de LIDER, le parti du président Mamadou Koulibaly, n'est en réalité qu'un trompe-l'œil. Même si elle vaut son pesant d'or démocratique pour le camp Ouattara et pour ce nouveau parti d'opposition - qui est tout à fait dans son droit -, au regard de la composition de la CEI et des conditions de sécurité sur toute l'étendue du territoire national, elle ne pourra que servir de nantissement à l'émergence d'un dialogue politique à sens unique, en Côte d'Ivoire. LIDER ne pourra s'en tirer qu'avec la part congrue des postes électifs. Peut-être est-ce là sa seule ambition, pour l'heure. Suffisant, en tout cas, pour Ouattara pour s'autoproclamer démocrate. Ce qui est loin de la réalité.

C'est dans cette quête de légitimité et de crédibilité qu'Alassane Ouattara et le président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, se sont inscrits quand ils encourageaient, le lundi 31 octobre (le jour de la clôture du dépôt des dossiers de candidatures), à Abidjan, le FPI à participer aux élections législatives du 11 décembre 2011 : « Nous sommes convenus qu'il serait bon que le FPI participe à cette compétition, car c'est la démocratie, et un parlement où les grands partis seraient représentés serait une bonne chose », ont-ils déclaré à l'issue d'un entretien qui avait pour objet la situation politique du pays et, notamment, les prochaines élections des députés à l'Assemblée nationale. « Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié ont demandé à l'opposition politique réunie au sein du CNRD de participer au scrutin législatif fixé au 11 décembre prochain », selon l'AIP (Agence ivoirienne de presse), le 1er novembre dernier.

« Alassane Ouattara a dit ses regrets, ce dimanche (30 octobre 2011, ndlr), de la non participation plus que probable du Front populaire ivoirien, le parti de l'ancien chef de l'Etat (Laurent Gbagbo), aux élections législatives du 11 décembre prochain, mais assure ''ne pas désespérer de voir cette formation revoir sa position en dernière minute''. ''Je ne peux que le regretter. Nous avons fait tous les efforts, essayé de répondre à certaines des préoccupations du FPI. Je pense que le délai (de dépôt des candidatures), c'est demain (lundi) soir. Je ne désespère pas. Peut-être que nous aurons de bonnes surprises'', a déclaré Monsieur Ouattara, lors d'une conférence de presse, à l'aéroport d'Abidjan, peu après son retour de Paris », nous rapportait déjà l'AIP, le 31 octobre.

De tout ceci, nous faisons une seule lecture : Que le pouvoir RHDP n'ait pas honte de le reconnaître : il a besoin de son opposition significative pour être crédible. Que les législatives soient donc purement et simplement reportées pour permettre à toute la Côte d'Ivoire de se retrouver véritablement - au lieu de ruser, car en réalité, aucune des préoccupations du FPI n'a été prise en compte - ou alors que Ouattara assume sa dictature et le retour en force du parti unique, en Côte d'Ivoire. Sans faux-fuyant. Le gouvernement est déjà à coloration unique. Qu'il ne s'embarrasse donc pas de scrupules pour mettre sur le gâteau la cerise : un parlement à coloration unique. Il aura, au moins, le mérite d'être logique envers lui-même.

Le parti de Laurent Gbagbo, en ce qui le concerne, l'est déjà quand il martèle qu'il ne participera pas à des élections législatives sans son fondateur et dans les conditions actuelles, dénoncées dans le mémorandum remis au chef de l'Etat, le 29 septembre 2011. 5 années de cure d'humilité, de recentrage idéologique, de remise en cause et de repositionnement, ce n'est pas fait pour nuire à la force politique du FPI, qui en sortira plus grandi et mieux outillé pour les joutes futures. Que personne donc ne s'abatte de l'absence (temporaire) de La Majorité Présidentielle (LMP) à l'hémicycle. Il y a des moments de la vie où il faut savoir s'arrêter pour faire son bilan, retrouver du poil de la bête et repartir résolument. Chacun devra faire abstraction de ses ambitions politiques personnelles et s'inscrire dans la vision d'ensemble du groupe. C'est à ce prix que tous deviendront plus forts pour une véritable révolution politique.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 358 du jeudi 3 novembre 2011.

Commentaires

Meci Fernand,

Ce grand parti gagnerait à s'accorder ce temps pour se refaire tant il a perdu pendant cette crise.

Nous,militants de ce grand parti,resterons toujours là afin de lui redonner cette force de rassemblement qui effraie les autres.

C'est juste pour cela que les leaders de ce parti ( qui sont libres actuellement ) doivent accepter cette treve de cinq ans.

Merci beaucoup Fernand

Écrit par : Degrange | vendredi, 04 novembre 2011

Meci Fernand,

Ce grand parti gagnerait à s'accorder ce temps pour se refaire tant il a perdu pendant cette crise.

Nous,militants de ce grand parti,resteront toujours là afin de lui redonner cette force qui effraie les autres.

C'est juste pour cela que les leaders de ce parti ( qui sont libres actuellement ) doivent accepter cette treve de cinq ans.

Merci beaucoup Fernand

Écrit par : Degrange | vendredi, 04 novembre 2011

De quoi parle t-on d'une élection ? Aucun militant ni sympatisant du CNRD ne regrettera la non particpation de sa coalition à ces joutes législatives. Si un candidat de cette coalion regrette alors il n'est pas un homme politique mais juste un homme qui veut avoir un salaire.
D'ailleurs pourquoi une élection législative au lieu de demander à Sarkozy de venir nommer des députés à l'assemblée nationale de CI ?
Cela ferait des économies pour ce pouvoir en quête de liquidité pour gérer le pays et surtout épargnerait le cityen ivoirien des dépenses après avoir été appauvri pendant plus de 10 ans par ouattara et sa rebellion.
Par ailleurs si ce pouvoir n'était passé maître dans la falsification de la réalité le taux de participation sera très faible car tout ivoirin sensé aujourd'hui quand tu lui parles d'élection il s'étonne et te dit ceci pourquoi la France ne viendrait elle pas te désigner les représentant du peuple à l'hémicycle afin de nous éviter des tueries de tous genres après?
Enfin comprenez ouattara il a une rancune tenace tout ce qu'il fait il croit faire payer le FPI de ce qu'il pretend avoir subi. Et pourtant nous savons tous qu'il a monté de toutes pièces ce qu'il lui est arrivé et continuera de lui arriver
Que Dieu bénissse la CI et les dignes fils de CI qui croupissent les geoles de ouattara dramane

Écrit par : El Haj Bah | vendredi, 04 novembre 2011

Le PR-Ouattara doi faire TOUT pour que le FPI participe aux ELECTIONS legislatives.
Le jeu de la DEMOCRATIE doit ETRE RESPECTE dans notre pays.

Koudou Gbagbo Laurent est parti certes, mais le nouveau pouvoir doit savoir jouer le jeu de l'entente et NON une autre DICTATURE.
Les ivoiriens ont ASSEZ souffer des anciens pouvoirs TRIBALISTES et EXTREMISTES.
Le PR- Ouattara doit savoir CONVAINCRE.

Écrit par : srika Blah | vendredi, 04 novembre 2011

A quoi sert-il d'aller à une élection législative controlée par le pouvoir en place et dont tout le monde connait l'issue,ou l'opposition n'a pas sa place.Le FPI doit avoir une position ferme et BOYCOTTER cette élection.L'histoire se répète encore:TRICHERIES en masse,FALSIFICATIONS et PROCLAMATIONS FANTAISISTES des RESULTATS TRUQUES,ça vous rappelle rien?500 millions de déplacés,l'opposition et son LEADER emprisonnés,des exactions à l'appel,et on va quand meme à des élections dans ces conditions?la COTE d'IVOIRE NOUVELLE avec ses DIRIGEANTS aux ordres est tombée bien bas,ce n'est plus de la POLITIQUE!c'est une pure comédie!

Écrit par : RitaFlower | dimanche, 06 novembre 2011

Voila Bedie qui s'aligne sur la decision pour considerer comme base de calcul les resulats des elections presidentielles qui ont eu lieu dans les conditions que nous connaissons tous. Non ce monsieur, Balla Keita avait eu raison trop tot de le traiter comme le plus idiot de tous les hommes politiques de CI. Un homme qui est alle a l'ecole politique de FHB et se comporte de la sorte meme un novice de la politique ne saurait se comporter de la sorte.
Election presidentielle avec une partie du pays entre les mains de la rebellion donc du RDR de ouattara Dramane, ou des cartes d'identite ivoiriennes ont ete etablies sur des bases erronees, des etrangers au nord ont obtenu cette carte, des fraudes organisees par les Membe et consorts.
bedie est vraiment idiot excusez mais c'est la realite car considerer ces resultats comme base de repartition des postes legislatifs c'est donner la majorite absolue a l'hemicycle a ouattara pour changer notre constitution et y faire naturaliser des etrangers pour que le RDR regne a jamais sur la cote d'Ivoire. C'est laisser main libre a ouattara pour mettre enfin en application son reve le plus cher sa fameuse politique des 3 millions de burkinabe comme ivoiriens.
Faites attention mes freres ce pays va nous echapper a jamais par la faute de cet egocentrique septuagenaire. Jeunes, militants et sympathisants du PDCI allez vous brader ce pays cher a Felix H Boigny?
L'histoire vs jugera, l'histoire ns jugera

Que Dieu benisse la CI

Écrit par : El Haj Bah | dimanche, 06 novembre 2011

Les commentaires sont fermés.