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mercredi, 09 novembre 2011

MOBILISATION POUR LA LIBERATION DU PRESIDENT GBAGBO


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Les Ivoiriens de la diaspora assiègent l'Assemblée nationale française, ce matin (mardi 8 novembre 2011) à Paris. Une grande mobilisation de leurs ressortissants ainsi que des panafricanistes est prévue ce matin devant l'Assemblée nationale française pour réclamer la libération du Président Gbagbo.

 

Grosse ambiance en perspective ce matin à la place de la concorde à Paris où les ivoiriens en priorité mais également tous les panafricanistes sont invités à une manifestation devant l'Assemblée nationale française pour la libération du Président Gbagbo, détenu dans l'un des goulags nordistes d'Alassane Ouattara depuis le 11 avril dernier. Ses organisateurs entendent interpeller le parlement français qui a « manqué de solidarité envers le peuple Ivoirien » depuis le début de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire. Au-delà des mots, cette visite bruyante à l'Assemblée nationale française n'est pas purement symbolique. Les autorités françaises ont été en première ligne lors de la fameuse crise postélectorale qui a secoué tout le pays pendant de nombreux mois  et pendant lesquels ceux qui y sont au pouvoir se sont permis de larguer près de 800 tonnes de bombes sur la résidence officielle de Laurent Gbagbo pour le faire partir. Depuis, Paris dément toute implication dans l'arrestation de l'ex président ivoirien et le Conseil national de la presse menace de suspendre toute publication affirmant que l'ancien régime a été renversé par l'armée française.

Non content par ailleurs d'assister à ces suspensions intempestives de la presse de l'opposition, le gouvernement a fait planer depuis quelques jours une menace d'emprisonnement sur les journalistes qui seraient responsables de diffamation envers des membres du gouvernement. Selon le porte-parole Bruno Koné, le gouvernement portera désormais plainte personnellement  contre ces journaux. A la différence de l'ancien régime qui s'était engagé à ne jamais mettre un journaliste en prison, la présidence de Ouattara a déjà à son actif l'emprisonnement d'Hermann Aboa détenu sans jugement depuis plusieurs mois à la maison d'arrêt et de correction d'Abidjan. Un autre journaliste Sylvain Gagnétau, rédacteur en chef de la radio de Yopougon a, lui, été tué sans sommation. Hermann Aboa est accusé de collusion avec des milices armées et Gagnétau soupçonné d'en être membre. Plus de six mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo et de la quasi-totalité de son dernier gouvernement, Abidjan vit toujours sous la terreur. La liberté de la presse est plus que jamais en danger avec des suspensions ciblées et une insécurité qui menace tout le monde. Au moins une quarantaine de lieux de cultes ont été braqués ces deux derniers mois alors que le désarmement promis depuis six mois par le gouvernement n'a toujours pas débuté. Hier, le ministre français de l'Intérieur Claude Guéant est venu remettre une trentaine de véhicules d'occasion à la police nationale. Signe que la Côte d'Ivoire n'a même plus de drapeau, ces véhicules sont arrivés dans les couleurs de la France où ils ne sont certainement plus en usage.

La France continue donc de verrouiller le jeu politique en Côte d'Ivoire et c'est pourquoi les Ivoiriens y prennent constamment la rue pour réclamer la libération de tous les prisonniers des goulags nordistes, à commencer par le Président Laurent Gbagbo inculpé officiellement pour crimes économiques et contre qui aucun début de procédure judiciaire n'a été inauguré. A l'instar de Paris et de toutes les capitales européennes, le pays se mobilise également à Abidjan où le FPI vient de tenir un meeting politique à Marcory. Quelques semaines plus tôt, un autre s'était tenu à Koumassi même si celui de Yopougon a été réprimé et que des membres de la direction du FPI ont été agressés dans un bastion RHDP de koumassi pour empêcher qu'une deuxième réunion politique s'y tienne.

La mobilisation des Ivoiriens et de la diaspora a commencé le 12 décembre à Paris devant le Conseil constitutionnel. Depuis, il ne se passe plus de semaine sans que les ivoiriens ne marchent dans les principales capitales européennes mais aussi aux Etats-Unis où une marche de patriotes a déjà eu lieu à Washingtone D.C.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 92 du mardi 9 novembre 2011.

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