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vendredi, 18 novembre 2011

LEGISLATIVES 2011: NE PAS SERVIR DE FAIRE-VALOIR

 

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Il y a des moments de la vie où il est capital de rester logique envers soi-même pour ne pas finir ridicule. Tel est la situation actuelle de La Majorité Présidentielle (LMP). Et peut-être aussi celle d'une partie des acteurs politiques du camp Gbagbo dont certains sont, aujourd'hui, fondateurs d'un nouveau parti politique et d'autres ont tourné casaque pour faire allégeance à leurs bourreaux voire épouser leurs lignes idéologiques.

Devant l'Histoire, il y a bien souvent des responsabilités à prendre et à assumer. Quand on n'est pas d'accord, on dit non. Et cela, le FPI-CNRD l'a compris et nous le saluons. Tous se targuent aujourd'hui de vouloir une « nouvelle Côte d'Ivoire ». A la bonne heure ! Mais la bâtit-on alors en laissant prospérer le mensonge et l'hypocrisie, en portant des œillères et en laissant fouler au pied le droit et la réglementation ? Au nom de quoi ? Pour quel intérêt ? Nous voulons bien comprendre ceux, anciennement opposés à Ouattara, qui se précipitent aux législatives ivoiriennes du 11 décembre, en ayant toujours la menace à la bouche et en foulant au pied leurs propres principes.

Le professeur Mamadou Koulibaly, président récemment élu de LIDER au premier congrès dudit parti à la Bourse du Travail à Treichville, le samedi 12 novembre dernier, homme que nous avions hissé haut dans notre estime et que nous continuons de respecter pour sa ligne de pensée et sa grande indépendance malgré ses sorties équivoques de ces derniers mois, devra nous y éclairer. Lui qui dénonce une suite de « violations » de la loi fondamentale et cloue au pilori Alassane Ouattara, en ces termes : « Il nomme tout seul et de façon illégale les membres du Conseil constitutionnel...Il réorganise tout seul et de façon illégale la Commission électorale indépendante...Il dissout de façon illégale l'Assemblée nationale et suspend les activités et salaires des députés et du personnel...Cette longue suite de violations de son serment dans le silence complet de la Communauté internationale nous amène à penser que celle-ci est peut-être là, plus pour soutenir un homme, que pour soutenir les principes de l'état de droit et de la démocratie en Côte d'Ivoire ».

Lui qui a, en outre, fait savoir que nonobstant le fait que LIDER ait proposé des candidats aux législatives, « si les conditions sécuritaires ne sont pas réunies, s'il y a des actes d'intimidation sur nos militants et nos candidats, LIDER n'ira pas aux élections ». Après avoir entendu de tels propos, qui ne souffrent d'aucune obscurité, nous sommes en droit de lui demander : « Président Koulibaly, diantre, que faites-vous dans ces législatives ? ».

Oui, que fait ce brillant monsieur dans cette comédie éhontée, ce simulacre de démocratie, cette mascarade électorale, dont le but, il est clair, est de légitimer un pouvoir - qui en manque désespérément - installé à coup de « bombes humanitaires et démocratiques » par la communauté internationale, à l'image de ce que nous avons vu faire en Libye dans le mutisme le plus mortifiant des intellectuels et des chefs d'Etat africains. Le dire n'est pas de la délation. Ce sont des faits récents de notre tout aussi récente histoire que nul n'a le droit de travestir.

Parlant de la Commission électorale indépendante (CEI), régie par des textes clairs comme cela est de rigueur dans toute République respectable, il est à noter qu'elle est frappée d'un déséquilibre scandaleux qui ne devrait autoriser aucun démocrate digne de ce nom à prendre part à ces législatives. Elle a une coloration à 100% RHDP. 31 postes représentatifs, tous acquis à Ouattara. Ou presque. Là où l'on devait enregistrer 15 postes pour l'opposition, 15 autres pour l'alliance politique au pouvoir et 1 représentant du chef de l'Etat. De tout ceci, rien du tout, dans la CEI version Ouattara. A moins qu'une participation à l'élection législative soit considérée comme une fin en soi par certains, nous ne comprenons pas la fièvre qui est la leur, en ce moment, devant une entorse aussi odieuse au minima de confiance exigible pour des élections transparentes, équitables, justes et ouvertes à tous.

Quant à la sécurité, peut-elle être garantie par des FRCI appuyés de supplétifs « Dozo » qui sèment jusqu'à ce jour, la terreur dans nos villes, villages et campements, tandis qu'aucun des ex-FDS - abusivement accusés d'être des pro-Gbagbo parce qu'ayant eu pour devise de défendre les institutions de la République - n'est autorisé à porter des armes ? La question sécuritaire en Côte d'Ivoire n'est pas une vue de l'esprit. Plusieurs chancelleries occidentales en Côte d'Ivoire en ont récemment pris ombrage et rencontré, à cet effet, le chef de l'Etat qui ne s'en est d'ailleurs pas caché, quelque peu impuissant devant une situation qu'il a lui-même contribué à pourrir, par sa prise de pouvoir violente.

Si LIDER n'a certainement rien à craindre - son mentor Mamadou Koulibaly n'ayant jamais été inquiété dans cette crise et bénéficiant d'un capital confiance auprès de Ouattara - ce n'est sûrement pas le cas des leaders et des militants de La Majorité Présidentielle, combattus sans ménagement et traqués par le pouvoir RHDP, depuis avril 2011. Quelques élargissements sélectifs de prisonniers politiques n'y changeront rien, fondamentalement. Bien malin alors qui pourrait parier sur leur sécurité dans cette élection législative, dans les hameaux les plus reculés, notamment dans les poudrières de l'Ouest et du Nord, quand on se remémore la présidentielle de 2010 et ses graves dérives. Le président Mamadou Koulibaly ne se défend-il pas d'être un protagoniste de la crise postélectorale ivoirienne ? N'a-t-il pas, en conférence de presse, expliqué qu'il se sentait « à l'aise » pour afficher certaines positions et asséner certaines vérités ? « Je ne me sens pas belligérant parce qu'aussi bien avant la crise que pendant la crise, j'ai parlé aux belligérants. Je leur ai dit que la voie qu'ils empruntaient était suicidaire et que s'ils y allaient par la force, ils auraient à assumer les conséquences profondes, durables et générales. Je n'ai pas été entendu par les deux camps », a-t-il affirmé. Mamadou Koulibaly peut donc aller aux législatives, serein. Il n'a rien à craindre pour sa vie et pour celle des membres de son tout nouveau parti. Il n'est pas responsable de la crise ivoirienne. Ce lourd manteau n'est pas le sien. Soit ! Mais a-t-il au moins, par humanisme, pensé à ses ex-camarades militants du FPI-CNRD ? La solidarité ne peut être de mise. Bifurcation idéologique et politique oblige. A la guerre comme à la guerre !

Dernier fait à relever : La Majorité Présidentielle compte encore de nombreux prisonniers dans les goulags du Nord et bien de responsables en exil, qui auraient dû être des candidats à cette législative de décembre, censée être ouverte à tous. Poker menteur ! La démocratie version Ouattara ne peut s'en accommoder. On les préfère là où ils sont : dans les liens de la captivité et hors du pays. Au moins jusqu'à la fin de législatives floues et biaisées d'avance pour contribuer au formatage et à la reconfiguration de la Côte d'Ivoire et de son corpus juridique et constitutionnel. Ce projet, le pouvoir RHDP devra l'assumer seul. Sans coup de pouce de la part des pro-Gbagbo et de tous les Ivoiriens lucides qui comprennent le véritable enjeu de cette course au parlement.

D'ailleurs, le RDR affiche déjà clairement ses ambitions en constituant avec les ex-Forces nouvelles un bloc contre le PDCI, qui n'a pas manqué de pousser des cris orfraies et de donner l'alerte, par presse interposée. En vain. « Les élections législatives qui arrivent à grands pas auront eu raison de toutes les professions de foi quant à la solidité à toute épreuve du RHDP. A l'heure du choix des candidats, le consensus tant chanté par les hérauts de l'alliance des Houphouétistes, s'est effrité comme château de cartes. Ainsi, dans presque toutes les circonscriptions électorales de la Côte d'Ivoire, les deux poids lourds du RHDP s'affrontent », rapporte, amer, le quotidien du PDCI-RDA, Le Nouveau Réveil, dans son édition du vendredi 11 Novembre 2011. Le RDR veut cet hémicycle pour lui. Majoritairement. Absent qu'il y a été pendant près de deux décennies. Quitte à faire des crocs-en-jambes à des alliés. Bien des partis de ce groupement houphouétiste vont y laisser des plumes. En grand nombre. Nous espérons qu'ils nous épargnerons de leurs vociférations quand ils auront été floués par la technologie électorale ouattaradienne.

En ce qui concerne le FPI-CNRD, il a encore la possibilité de participer activement et significativement à la vie politique ivoirienne, tout en étant absent aux législatives. Précisons notre pensée : nous sommes en démocratie (ou censés l'être). Et en la matière, l'abstention est une expression citoyenne. Tous les Ivoiriens qui ont donné 52% de voix au Président Gbagbo, selon le Conseil Constitutionnel - avant qu'il ne se dédise honteusement - devraient s'abstenir de voter. Pour qui que ce soit, fut-il candidat indépendant FPI-CNRD. Ce serait leur protestation contre le maintien en prison de la figure de proue de la politique ivoirienne qu'est Laurent Gbagbo et de tous les autres captifs du pouvoir RHDP. Logiquement, ils devraient s'en tirer avec au moins 52% de taux d'abstention, démontrant ainsi leur majorité, si le scénario rocambolesque de l'Hôtel du Golfe n'était pas reproduit. On était passé, on s'en souvient, de 70% de taux de participation (dixit Amadou Soumahoro, actuel secrétaire général par intérim du RDR, alors vice-président de la CEI, sur le plateau de 20h de la RTI, à la clôture du scrutin du 28 novembre 2010) à 81%, quatre jours plus tard, à la proclamation de Youssouf Bakayoko, président de la CEI, devant les micros des chaînes étrangères.

D'ici là, que la sérénité soit le partage de tous les cœurs. La démocratie est un jeu. Il faut savoir gagner, il faut aussi savoir être bon perdant. Et surtout, savoir s'arrêter quand les responsabilités de l'Histoire l'exigent. On ne devra jamais dire que les proches du socialiste Laurent Gbagbo ont vendu la Côte d'Ivoire quand il croupissait sous les chaînes de Ouattara.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 368 du jeudi 17 novembre 2011.

Commentaires

Il est tout à fait loisible à cette commission électorale mono colore de fabriquer les scores et autres taux de participations. Je ne crois donc pas que dépasser les 48% de taux de participation soit un réel défi même si c'est un enjeu pour le fpi.


Ne soyons pas surpris des score à la soviétiques, déjà le redécoupage électoral donne près de 40% des sièges d'office au RDR, les prochaines joutes électorales seront juste pour partager les 60% restant avec le pdci et ainsi faire contrôler l'assemblée nationale par soro.


On parie?

Écrit par : py | vendredi, 18 novembre 2011

Ce n'est pas tout mon frère et surtout faire de ces nombreux etrangers des ivoiriens en tordant le coup à la constitution qui va consacrer le règne de nos frères malinké dans la partie septentrionale de la CI pour l'éternité sur le pays. Prenons y garde ivoiriens ne restez pas la les bras croisés et attendre un quelconque miracle seule l'action détermine les résultats. Sinon devant nous la France est entrain de préparer avec l'appui de nos frères malinké un autre génocide à l'image du Rwanda, je pèse bien mes mots patiemment et obstinemment. Ne voyez pas seul au bout du nez projeter vous loin dans votre analyse de la situation
Que Dieu vous garde

Écrit par : intelligenciahomme | vendredi, 18 novembre 2011

Merci frère Fernand pour cet excellent papier. Que dire de plus que je partage chaque ligne, chaque ponctuation de ce qui est écrit. La vérité finira par triompher.

Écrit par : Anicet | vendredi, 18 novembre 2011

Merci, cher frère ANICET! Trop honoré!

Écrit par : Dindé | vendredi, 18 novembre 2011

AUX ELECTEURS et aux ELECTRICES,IVOIRIENS et IVOIRIENNES,le seul message est celui-ci:n'ALLEZ pas VOTER!pour ne pas légitimer ce pouvoir et soutenir le coup d'Etat de la France de SARKOZY.Ce pouvoir cherche une representation de tous les partis politiques pour faire venir les FUTURS INVESTISSEURS qui se bousculent pas et faire croire que la DEMOCRATIE est de retour en Cote d'Ivoire.NON à la Mascarade

Écrit par : RitaFlower | dimanche, 20 novembre 2011

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