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jeudi, 24 novembre 2011

RADIOS DE PROXIMITE SUR INTERNET, LANCEZ-VOUS!


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Cela fait plus d'une décennie que des attributions de fréquences ont été faites à des radios de proximité pour diffuser leurs programmes. Démonopolisant ainsi les ondes ivoiriennes à toutes les communautés et municipalités du pays. Elles émettent encore aujourd'hui, mais semblent oubliées. Internet pourrait leur donner un second souffle, à travers l'adoption du duo Fm-Radio/Web-radio, un modèle économique pour les radios du 21e siècle. Nous voulons le démontrer à travers ce dossier.


Depuis juin 1998, les radios ont commencé à émettre suite au décret du 13 septembre 1995 fixant leurs règles de fonctionnement. Prenons par exemple La Voix de Guiglo, radio communautaire qui émet à 107.30 Mhz dans la région des 18 Montagnes. Certainement que des fils et filles de Guiglo qui vivent aujourd'hui à Abidjan, en Chine, au Brésil, en France, aux USA, en Inde, au Maroc... seraient intéressés de suivre les émissions qui sont diffusées sur les antennes de cette radio, à l'heure actuelle. Idem pour la radio Notre Dame de la Paix à Yamoussoukro (104.8 Mhz), La Voix de la Nawa à Soubré (86.60 Mhz), la radio Kibarouya à Samatiguila (104.6 Mhz), la radio Satellite FM à Korhogo (94.00 Mhz)... et j'en passe. Les auditeurs les connaissent.

Streaming contre Podcast : Quelle technologie ?

Deux grandes possibilités sont offertes aux détenteurs et administrateurs de radios de proximité, dans leurs projets de diffuser également leur flux radio sur Internet. Dans un premier temps l'on retrouve la technologie du Podcast. A travers ce type de diffusion, une radio de proximité peut proposer du contenu audio à la carte. Il s'agit tout simplement d'archives audio (émissions déjà diffusées à l'antenne), qu'elle peut mettre à la disposition de ses auditeurs sur Internet afin qu'ils les écoutent et/ou les téléchargent. La durée du programme est illimitée, c'est vous qui décidez. Le podcast intéresse les auditeurs d'aujourd'hui parce qu'il leur donne la possibilité de réécouter les émissions de leur choix, de découvrir le meilleur des émissions (sélections « best of »), de rester toujours connectés à la radio, même loin du poste récepteur FM. Ainsi, dans un premier temps, les radios de proximité gagneraient à créer des sites Internet professionnels, ergonomiques, sur lesquels les auditeurs peuvent retrouver les anciennes émissions. Des émissions d'actualités comme la dernière édition du flash info ou encore une interview d'une personnalité célèbre sont encore plus intéressantes à récupérer sur le site web de la radio de proximité.  Sur ce site web radio, chaque émission dispose de son podcast. Pour l'auditeur, il lui suffit simplement de s'abonner au podcast de son choix. Ensuite, il reçoit directement sur son ordinateur les fichiers MP3 de ses chroniques préférées, et ce, dès la fin de leur passage à l'antenne, pour une écoute à la carte et en différé, sur son ordinateur ou bien sur son baladeur numérique, après exportation via une clé USB, un iPod, une tablette, une Smartphone, un netbook... De grosses radios européennes disposant de sites Internet attirants qui donnent envie d'écouter la radio FM, se limitent à proposer uniquement des Podcasts à leurs « web-auditeurs ». Et cela marche plutôt bien. Cependant les radios de proximité peuvent aller plus loin, en proposant des programmations bien enchaînées, c'est la diffusion en direct du flux audio.

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Ce mode de diffusion en direct des émissions radio sur Internet est appelé le Streaming Live. Il donne la possibilité aux radios de proximité d'être écoutés sur Internet, c'est-à-dire désormais au-delà de leurs localités, de gagner un plus grand nombre d'auditeurs. Sur la centaine de radios de proximité et commerciales qui existent en Côte d'Ivoire, seulement cinq d'entre elles diffusent sur Internet, du travail reste encore à faire.

Comment ça marche ?

Vous générez un flux audio que vous transmettez en live à un serveur de streaming via un logiciel de diffusion et votre ligne ADSL/fibre/câble. L'avantage des radios de proximités ivoiriennes est qu'elles disposent déjà de tout le système source de diffusion. C'est ce même système de génération de flux audio qui va servir pour la web radio, auquel l'on ajoutera un ordinateur (qui servira de serveur de conversion) avec les logiciels de diffusion et les configurations adéquates, une connexion Internet ADSL. Le signal devenu numérique est ensuite envoyé à un serveur. La mise en place d'un système de diffusion en direct sur Internet n'est pas trop exigeant. Techniquement, cela revient à maintenir un ordinateur constamment allumé et connecté à Internet dans les locaux de la radiodiffusion. C'est cet ordinateur qui va transformer le signal analogique (table de mixage radio) en signal numérique. Ce signal est ensuite envoyé à un serveur qui fonctionne comme une antenne qui amplifie le signal et le diffuse sur Internet. Vous intégrez ensuite dans votre site Internet le lien vers votre flux auquel chaque internaute peut se connecter ou intégrez directement un lecteur en Flash sur les pages de votre choix.  Plusieurs auditeurs ont accès en direct à ce flux via leur lecteur multimédia habituel. La particularité du streaming réside dans la diffusion en continu des émissions, permettant ainsi d'éviter le téléchargement préalable du fichier entier avant sa lecture et donne un accès plus rapide au contenu. L'avantage est que les données téléchargées en continu ne sont pas stockées sur le disque dur mais utilisent la mémoire de l'ordinateur. Le flux téléchargé est analysé au fur et à mesure par l'ordinateur dans un lecteur multimédia comme Windows média, VLC, Winamp, Real Player, Itunes... Comme à la radio FM classique, l'auditeur sur Internet n'a pas le moyen de revenir en arrière ou de faire avancer la lecture d'une émission. On n'écoute que ce qui est produit par la radio. Par exemple, si un internaute se connecte sur la web radio de la Radio Goli-Dandy à Béoumi (105.70 Mhz) à 10h 30, il ne pourra écouter que ce qui passe sur la radio FM à cet instant précis. Cette caractéristique permet de proposer un même contenu en terme d'émissions, à la fois sur la radio FM et la web radio. Des radios commerciales ivoiriennes comme Radio Jam et Nostalgie ont déjà adopté ce système, qui fonctionne plutôt bien.

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Qu'attendez-vous pour vous lancer ?

Nous sommes à quelques semaines de l'année 2012, l'année qui a été annoncée comme l'année du très haut débit sur la Côte Ouest africaine. Des projets innovants d'atterrissement de câbles sous-marins en fibre optique, seront bientôt livrés, avec la mise à disposition d'une connexion Internet plus stable, plus rapide et surtout pas cher, capable de supporter les projets de streaming et de diffusion des émissions sur Internet depuis la Côte d'Ivoire. Néanmoins, les solutions haut débit Internet qui existent déjà sur le marché ivoirien permettent bel et bien de faire du streaming et de diffuser des radios sur Internet. Pour un second souffle, une redynamisation, à l'heure des nouveaux médias, les radios de proximité en Côte d'Ivoire gagneraient à diffuser aussi sur Internet. De nouvelles opportunités que l'Union des radios de proximité de Côte d'Ivoire (Urpci), les municipalités et les collectivités locales, responsables des radios de proximité, doivent s'approprier pour un meilleur épanouissement de leurs populations.


Manassé Déhé, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 363 jeudi 10 du novembre 2011.

Commentaires

WAHOO!une centaine de RADIOS de PROXIMITES et COMMERCIALES qui existent en COTE d'IVOIRE!vous detenez le RECORD ABSOLU!!!!!!!!Je suis également impressionnée par le nombre de radios communautaires qui existent dans chaque région.J'écoute les radios JAM et NOSTALGIE qui font partis de la liste des 5 radios qui émettent encore sur le net.La qualité d'écoute est plutot bonne,le thème des émissions et le choix du sujet varient souvent.Le travail des animateurs et chroniqueurs,c'est mitigé en fonction des radios.J'ai évidemment une préférence pour les émissions de DEBATS en DIRECT.Ceux pré-enregistrées perdent de leurs saveurs et de la magie,c'est DOMMAGE!alors Fernand,tu te lances quand dans cette nouvelle aventure de WEBRADIOS sur INTERNET qui serait juste que le prolongement de ton blog,REGARS CROISES?DONNEZ la PAROLE aux AUDITEURS IVOIRIENS et IVOIRIENNES sur les sujets de société!!Une pensée à mon ANIMATEUR PREFERE de RADIO et TELE ivoirienne!

Écrit par : RitaFlower | jeudi, 24 novembre 2011

RITAFLOWER,

La radio, c'est aussi un de mes domaines de prédilection. J'ai été pendant 6 bonnes années le directeur d'une de ces radios communautaires non-commerciales (comme les désigne notre Réglementation), dans un Chef-lieu de région, en tant que Chef de service municipal.

J'ai été aussi Directeur des programmes et animateur (j'adore l'animation!). J'avais un personnel d'une trentaine de personnes (animateurs, collaborateurs extérieurs et administratifs). C'était et c'est toujours une véritable passion pour moi. La crise ivoirienne a quelque peu refroidi mes ardeurs. Mais je reste un passionné de la communication.

Ces radios de proximité piétinent dans nos régions et villes parce que les élus locaux auxquels on les a confiées (en raison des fréquences qu'ils ont demandées) n'ont aucune vision les concernant. Ils en veulent, juste pour amuser la galerie. C'est pas cela une radio communautaire. Il faut faire de la communication rapprochée, des magazines, des émissions qui concernent les populations de très prêt, avec une large ouverture sur le monde.

Pour cela, il faut de la formation, du matériel, des financements et un carnet d'adresses national et international. Nos élus s'en moquent éperdument. Je sais de quoi je parle. Pour avoir été en friction avec mon maire sur bien de ces questions sur notre radio. Surtout en ce qui concerne le "matos" (le matériel). J'ai horreur du bricolage.

Et pour dire vrai, ce ne sont pas les moyens qui manquent mais la volonté politique. L'Etat a déjà fait sa part en libéralisant le secteur. Que donc les élus et les promoteurs privés assument leurs responsabilités. La radio communautaire non-commerciale (à différencier des radios commerciales comme JAM-FM et NOSTALGIE) peut être un puissant outil de développement, de culture, d'information, de réconciliation et de cohésion sociale.

Encore faut-il le savoir et le comprendre?

Écrit par : Dindé | jeudi, 24 novembre 2011

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