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vendredi, 25 novembre 2011

COTE D'IVOIRE: LE GRAND RETOUR DES REMOUS SOCIAUX


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A Abidjan, la colère des balayeuses et éboueurs est toujours aussi incandescente. Ses conséquences sont nombreuses. A commencer par le retour des remous sociaux.


Le calme n'est pas encore revenu dans la famille des éboueurs et balayeurs d'Abidjan. Pas de calme, et encore moins de la sérénité et le cafouillage est total. Après moult tergiversations, le gouvernement a consenti à payer un quart du personnel concerné, soit seulement 500 personnes sur les 2000 que compte officiellement le District d'Abidjan en techniciens de surface. Mais ici aussi comme dans l'administration publique, le népotisme a tourné à plein régime et la plupart de ceux dont les noms se sont évaporés des listes du ministère de la salubrité publique se plaignent d'avoir été supplantés par d'autres personnes dont la proximité régionale avec les nouveaux gouvernants serait avérée. « Moi, j'ai fini par y renoncer », soupire Jérôme dont la mauvaise mine donne une idée des rudes journées que les balayeurs d'Abidjan ont vécues entre lundi et mardi à la mairie d'Adjamé, puis à la Primature où les FRCI ne se sont pas fait prier pour les gazer pendant une bonne dizaine de minutes.

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Le chef de l'Etat, lui, est à nouveau parti, à Bruxelles cette fois-ci, pour un séjour auquel les hagiographes du régime sacrifient toutes sortes de superlatifs. Mais les voyages présidentiels ont perdu de leur magie depuis bien longtemps déjà. Même les oficianados de la ouattarandie commencent à nuancer leurs discours enflammés d'il n'y a pas si longtemps parce que les paradigmes dénoncés pendant dix années d'opposition sont encore en place. Le racket des policiers imputé, sans la moindre preuve à l'ancien Président de la République, s'est officiellement enrichi de celui des FRCI difficilement raisonnables et l'insécurité est venue rappeler à tous que le gouvernement est incapable de venir à bout de ce fléau national qui plombe les investissements.

A Daloa, quatre personnes d'une même famille ont perdu la vie pour le préjudice de 20.000 F et huit téléphones portables qui aurait été causé à un ressortissant burkinabé du village de Bategudeha 2. L'impunité critiquée comme la marque de fabrique de l'ancien régime est devenue la règle en Côte d'Ivoire où être FRCI vaut immunité absolue. A deux reprises dans la même journée du dimanche 20 novembre, deux meetings du FPI ont été vandalisés sans que le gouvernement y puise quelques regrets, ne serait-ce que de pure forme. D'ailleurs, le pouvoir ne feint pas uniquement de ne pas voir les hauts faits des FRCI, y compris ses victimes qui se multiplient. Les prix des denrées alimentaires ne cessent de grimper sans que le gouvernement songe à trouver la moindre solution. Impossible pour cette raison de se nourrir à Abidjan où le prix du kilogramme du riz bon marché coûte 400 F et celui de la viande de bœuf à 2500 F. Jamais, on n'avait enregistré de telles hausses dans le pays où le pouvoir continue de se gargariser de slogans sur la gratuité de l'école et dans les hôpitaux pour les besoins de sa communication. Le gouvernement risque de l'apprendre à ses dépens.

La colère des balayeurs n'est toujours pas retombée et plusieurs milliers d'entre eux ont paralysé hier aux heures de pointe le boulevard Giscard d'Estaing généralement pris d'assaut à cette heure par les automobilistes. Les fonctionnaires fourbissent leurs armes en attendant d'en découdre avec un régime qui refuse tout dialogue avec les travailleurs. Reclus soit chez eux ou dans le silence pour éviter les foudres du pouvoir pendant les premiers mois de chasse à l'homme organisé sur l'ensemble du territoire par le clan de Ouattara, les syndicalistes commencent à redresser la tête. Voilà qui va peut-être ramener sur terre Alassane Ouattara.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 103 du jeudi 24 novembre 2011.

Commentaires

Cette COLERE de ces AGENTS de PROPRETE est tout à fait saine et légitime,lorsqu'on tape directement dans le portefeuille du petit peuple,il grogne et manifeste sur la voie public son mécontentement!!!!dès qu'elles auront perçu leurs salaires,le personnel se calmera vite.Je parie que le pouvoir n'a meme pas pensé à recevoir une délégation de ces travailleurs pour résoudre ce problème de salaires impayés ou à défaut proposer au moins des délais d'attente encore et toujours...

Écrit par : RitaFlower | vendredi, 25 novembre 2011

Ce pouvoir ne connait rien à l'élégance! Regarde comme il gère le pays depuis avril 2011! Nul de chez nuls!

Ce que tu dis, c'est lui prêter trop d'estime. Les recevoir pour leur donner de l'espoir et les calmer un peu, comme savait si bien le faire le Président GBAGBO, il ne le fera jamais.

Espérons simplement que DIEU se souviendra de ces pauvres balayeuses et de leurs familles qui ne demandent qu'à vivre.

Écrit par : Dindé | vendredi, 25 novembre 2011

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