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lundi, 28 novembre 2011

OÙ SONT PASSES LES 12.000 MILLIARDS DE OUATTARA?


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Alassane Ouattara est à Bruxelles depuis quelques jours. Il y séjourne depuis le début de la semaine dans le cadre d'une visite de travail et d'amitié qui s'achève aujourd'hui. A l'occasion, le chef de l'Etat a obtenu mercredi dernier, de ses hôtes, un accord de financement de cinq projets entre la Côte d'Ivoire et l'Union européenne. Le montant de cet accord est estimé à 125 millions d'euros, soit 82 milliards de Fcfa. A Abidjan, l'annonce de la signature de cet accord entre parties ivoirienne et belge a fait sauter jusqu'au plafond les partisans du régime qui pensent avoir trouvé là une solide ligne de défense pour rabattre le caquet à tous les pourfendeurs du chef de l'Etat qui ne manquent aucune occasion de brocarder ce dernier sur les promesses de milliards qui sont toujours attendues par les ménages ivoiriens.

De fait, l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara a été précédée d'une vaste campagne médiatique vantant ses capacités de pourvoyeur de fonds et de grand mobilisateur des ressources. Elevé aux mamelles de la finance internationale, Ouattara lui-même ne se prive d'aucune tribune pour renforcer cette image et en mettre plein la vue aux uns et aux autres. On l'a vu, au lendemain de sa prise de pouvoir, s'afficher au sommet de Deauville, en France avec les grands de ce monde. Devant ceux-ci, il a introduit une demande de prêt évaluée à 12.000.000.000 (douze mille milliards) de nos francs, devant servir au financement des projets que le chef de l'Etat lui-même a annoncés çà et là. Et six mois après, les généreuses promesses des bailleurs de fonds ne sont toujours pas réalité, la crise financière qui frappe l'Europe étant passée par là.

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Face à cette mauvaise conjoncture, et ne voulant surtout pas se prendre une gamelle devant ses adversaires politiques, le régime joue d'astuces. Très porté sur la communication politique, le moindre cliquetis au plan financier entre Abidjan et un organisme étranger est l'occasion de chanter des cantiques et autres sourates à la gloire du dieu Ouattara, venu nous tirer de nos misères d'ici-bas. Et cela, pour masquer la réalité des choses qui indique que tous les prêts accordés jusqu'ici à la Côte d'Ivoire depuis le 11 avril 2011, l'ont été dans le seul cadre de la coopération bilatérale ou multilatérale entre ce pays et ses traditionnels partenaires au développement.

En d'autres termes, expliquent les spécialistes, il ne faut pas forcément s'appeler Alassane Ouattara pour bénéficier de ce genre de décaissement. C'est la coopération avec les Etats qui le veut ainsi. Et notre interlocuteur de faire observer que bien que n'étant pas le chouchou des occidentaux en général, le président Laurent Gbagbo n'a pas moins bénéficié de fonds pareils quand il le voulait, vu que lui comptait plus sur les ressources internes que sur les apports extérieurs. L'observation ne manque pas d'intérêt, car à y voir de près, si l'actuel chef de l'Etat avait réellement la possibilité de sortir les 12.000 milliards sollicités des caisses de ses amis occidentaux, il y a belle lurette que les promesses électorales auraient connu un début de réalisation et que dans les rangs de ceux qui ont accordé leurs suffrages au champion du RHDP au second tour de la présidentielle, l'on ne commencerait pas à nourrir des regrets.

Pouvait-il en être autrement quand on voit le gap qu'il y a aujourd'hui entre la pluie de milliards de Ouattara qui, selon les troubadours du régime, arrose la Côte d'Ivoire depuis le 11 avril 2011 et le pouvoir d'achat des Ivoiriens qui se réduit chaque jour comme peau de chagrin. En somme, une pluie qui tarde à se faire sentir dans les casseroles et les marmites des concitoyens du chef de l'Etat.


Yves de Séry, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 104 du vendredi 25 novembre 2011.

Commentaires

C'était du bluff et les malheureux ignares sont tombés là-dedans ou ceux qui croient encore au père Noël. C'est malheureux de prostituer la volonté des peuples en lançant de tels mensonges. Et moi, ces 12 000 milliards ne viendront que dans leur imagination. Regarder aujourd'hui ce qui se fait :
- je promets 1 million d'emplois aux jeunes sans emplois, ce sont de petits commerces qui sont détruits,
- je construits cinq universités en cinq, c'est le seul temple du savoir de la Côte d'Ivoire qui est fermé.
Je pense que pour le moment, "les solutions", ne sont que des problèmes que le RHDP pose aux ivoiriens.
Quand on est nul, il faut avoir le courage de démissionner.

Écrit par : Habahcie Gontran | mardi, 29 novembre 2011

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