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samedi, 31 décembre 2011

KONE KATINAN: «JE VOUDRAIS AU NOM DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO VOUS SOUHAITER UNE TRES BONNE ANNEE 2012!»

 

 

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Ivoiriens, ivoiriennes, chers compatriotes, chers habitants de la Côte d'Ivoire,


Je voudrais au nom du Président Laurent GBAGBO vous souhaiter une très bonne année 2012. En son nom je formule le vœu que cette nouvelle année qui commence soit meilleure à celle qui s'achève.

En effet, c'est peu de dire que l'année 2011 aura été une année particulièrement éprouvante pour notre pays. Les blessures profondes visibles de nos corps et celles non visibles de nos cœurs témoignent de l'extrême traumatisme que nous avons connu au cours de l'année qui s'écoule. Il reste indéniable que cette année-là marque une étape importante de l'Histoire de notre pays en ce qu'elle nourrit tous les questionnements de notre devenir en tant que peuple appelé à participer à la construction de l'humanité. Sous quelque angle où l'on la consulte, l'année 2011 n'aura apporté que désolation au peuple ivoirien. La contre-valeur en gain de la douleur subie reste très marginale. Le bilan reste donc très négatif à tout point de vue.

Sur le Plan politique, après Décembre 1999, la Côte d'Ivoire a enregistré au cours de l'année écoulée une deuxième rupture de l'ordre constitutionnel. En effet, le 11 Avril 2011, le Président de la République investi comme tel par le Conseil Constitutionnel qui l'avait déclaré vainqueur de l'élection présidentielle du 28 Novembre 2010 a été renversé par l'armée française placée à l'avant-poste d'une armée de mercenaires spécialement recrutés à cette fin. Contre cette armée étrangère les forces de défense et de sécurité toutes unités confondues ont défendu avec honneur et bravoure la République et l'ordre constitutionnel. Le Président Laurent GBAGBO continue de leur exprimer sa profonde estime pour leur sens élevé du patriotisme. Pour ceux des nôtres qui l'ont combattu sans en mesurer les conséquences sur la patrie et la souveraineté de notre peuple, le Président Laurent GBAGBO les rassure de son pardon. Le Président Laurent GBAGBO a été renversé et détenu arbitrairement à Korhogo pendant six mois dans des conditions que lui-même a décrites le 5 décembre dernier suivi de sa déportation à la Haye. Cette rupture de l'ordre constitutionnel est l'accomplissement d'un long processus de dégénérescence de l'Etat et de mise à mort symétrique des valeurs qui le sous-tendent entamées depuis le 19 septembre 2002.

Ce n'est donc pas un fait accidentel. Ce processus procède d'une logique portée par un certain ordre mondial pervers qui perturbe l'échelle des valeurs de toute la planète. Le code d'honneur de l'action politique n'existe plus. L'Etat tel que nous l'avons connu et aimé semble vivre ses derniers moments. Les grandes valeurs que l'Humanité a drainées dans son évolution tombent sous le coup de la censure. La patrie, la souveraineté, l'Etat, la Nation, le Peuple sont devenus des termes hérétiques dans la nouvelle « religion » qui oriente notre monde. La mondialisation en tant que vecteur de rapprochement des peuples unis par le même destin se corrompt chaque jour davantage. Pourtant elle constitue une belle occasion pour l'humanité de réaffirmer son unité dans sa diversité. La prise en otage de ce mouvement salutaire pour l'Homme par une minorité manipulatrice en assombrit les horizons pourtant prometteurs. La Côte d'Ivoire, notre pays en a été le champ d'expérimentation en 2011.

C'est pourquoi il nous faut faire une lecture sereine et profonde des évènements politiques de 2011. La bonne lecture que nous ferons de ces évènements permettra d'ajuster notre détermination et de rationnaliser nos efforts pour mener ce combat qui s'annonce vital pour nous. Il faut que nous ayons une claire vision de la logique implacable de notre monde. L'arrestation du Président Laurent GBAGBO et de tous les hauts cadres qui lui sont proches politiquement ou administrativement ainsi que l'exil forcé des autres rentrent dans un schéma de déréglementation d'un ordre devenu gênant pour une coterie de personnes dont la cupidité n'a d'égal que leur égocentrisme démesuré. Toutes les dimensions de notre communauté humaine à l'échelle planétaire sont entrain d'être soumises aux dictats de cette coterie. C'est pourquoi un esprit rationnel ne peut comprendre ce qui se passe dans notre pays. Une élection fut-elle présidentielle qui reste avant tout une affaire domestique à chaque Etat ne peut donner lieu à autant de désolation. La déportation du Président Laurent GBAGBO dans une prison à la Haye est certainement la plus grande injustice de notre jeune Histoire. Mais elle nous offre en même temps la formidable occasion de démontrer au monde notre détermination à nous battre pour garder la maîtrise de notre destin et celui de tous les peuples enchaînés. C'est le défi majeur que nous devons relever pour l'année 2012. La grande chaine de solidarité qui se dresse autour du Président Laurent GBAGBO à travers le monde traduit la justesse de son combat dont la cause transcende les seules frontières ivoiriennes. L'adhésion massive des ivoiriens au boycott lancé par le FPI et le CNRD nous donne de bonnes raisons d'espérer sur l'issue favorable de notre combat.

Nous osons croire que chacun a pu tirer objectivement les leçons de ce faible taux de participation jamais enregistré par une élection dans notre pays. Il est constant que dans la marche de l'humanité que chaque cause soit incarnée par un homme. Le Président Laurent GBAGBO incarne celle qui sous-tend le combat que nous menons. Notre liberté, notre dignité sont portées par lui et le peuple le lui rend bien aussi bien en Côte d'Ivoire que partout ailleurs. Il me semble opportun que chaque acteur de la vie politique de quelque bord qu'il se situe ait pu tirer leçon du message du peuple ivoirien. Le peuple a voulu tout simplement nous rappeler que le dialogue politique qui doit déboucher sur la réconciliation ne peut exclure en aucun cas le Président Laurent GBAGBO. Le peuple ivoirien a voulu également rappeler qu'il reste encore en attente des résultats définitifs de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010. Jaloux de ses prérogatives, le peuple a crié son indignation face à la communauté internationale qui l'a spolié avec violence de son droit de vote.

La révolte silencieuse du peuple ce 11 décembre 2011 s'inscrit dans la mobilisation générale qui s'observe à travers le monde autour de la question essentielle de qui a gagné les élections présidentielles en Côte d'Ivoire. Je voudrais à ce niveau de mes propos, au nom du Président GBAGBO, remercier solennellement toutes ces nombreuses personnes qui se dressent chaque jour en Côte d'Ivoire, en Afrique, en Europe, en Amérique sans distinction de race pour soutenir le combat du Président Laurent GBAGBO. Je les invite à demeurer dans la posture du combattant permanent : « aller jusqu'au bout », aller jusqu'à ce que justice soit rendue. Il est bon de savoir que le Président Laurent GBAGBO est en prison avec toutes les restrictions que cela comporte. Il faut se garder de se laisser endormir par la rhétorique selon laquelle, il est dans de bonnes conditions à la Haye. Les conditions sont aussi drastiques que partout ailleurs dans les prisons. Seule notre mobilisation reste le gage de la restauration de la dignité du Président Laurent GBAGBO qui est également la nôtre. Le coup d'Etat du 11 avril 2011 a été perçu comme onde de choc qui a impacté négativement la cohésion sociale.

En effet, sur le plan social, le Président Laurent GBAGBO a posé les bases d'une intégration sociale solide. Cette intégration sociale s'est ressentie dans l'Administration et dans l'armée, les creusets de notre identité nationale. L'attachement du Président Laurent GBAGBO à la République a guidé son action sur le plan social. Dans un pays coupé en deux, l'Etat sous le Président Laurent GBAGBO a respecté tous ses engagements vis-à-vis de ses citoyens sans distinction d'ethnie, de religion ou d'opinion politique. Vu sous cet angle, depuis le 11 Avril 2011, la Côte d'Ivoire fait de graves pas en arrière. La cohésion sociale s'est rompue. Les multiples licenciements qui ressemblent plus à des règlements de comptes politiques sont les derniers coups qui portent l'estocade à la famille déjà affaiblie par les emprisonnements arbitraires, l'exil forcé et la rétention illégale des moyens de subsistance par un Etat qui a tourné définitivement le dos au droit. Faut-il le rappeler, la famille constitue la fondation sur laquelle se construit la cohésion sociale. Les meurtres et les assassinats qui se perpétuent rapprochent malheureusement notre pays d'une déflagration sociale plus importante. C'est pour prévenir un chaos généralisé que nous devons nous battre pour sauver notre République et notre Nation en 2012. Nous ne pouvons les abandonner à l'aventure. Pour se faire, le débat politique doit s'ouvrir impérativement en Côte d'Ivoire. Un débat inclusif qui suppose l'élargissement de tous les détenus civils et militaires, le retour des exilés, la fin des tueries.

Toujours au niveau social, la fermeture prolongée de l'université place dans une situation stressante les étudiants et leurs parents notamment les plus démunis. Ce sont au total plusieurs dizaines de milliers d'étudiants issus de trois promotions de terminale qui s'interrogent sur leur avenir. L'école est devenue un droit censitaire là où le Président Laurent GBAGBO l'avait rendu gratuit. En décidant de maintenir l'université fermée contre tout bon sens, la République abandonne ses propres enfants et avec eux son propre avenir. La Côte d'Ivoire n'a jamais connu pareille situation de toute son Histoire. Deux raisons majeures expliquent le drame de l'université ivoirienne. La phobie ressentie par le Gouvernement de la contestation estudiantine inhérente à toute société démocratique, mais surtout son souci de se faire des économies.

L'impact économique de la crise politique ivoirienne est multiforme. Sous le saupoudrage de quelques actions d'éclat se cache une véritable incapacité à tenir les engagements les plus élémentaires de l'Etat, malgré le retour à la politique de l'endettement exorbitant. Le Président Laurent GBAGBO a donné au monde entier de découvrir le génie de la Côte d'Ivoire qui malgré une conjoncture des plus difficiles a entrepris une vaste politique de désendettement sans pour autant compromettre les engagements de l'Etat vis-à-vis des citoyens. Les paysans ont eu droit à une juste rémunération du fruit de leur travail. Le kilogramme de cacao qui se négociait à 1200 F CFA, en 2010, est tombé à moins de 500 F après le 11 avril 2011. Les travailleurs du secteur public ont connu une amélioration de leur rémunération. Le budget arrêté par le Gouvernement AKE NGBO avait pris en compte l'amélioration du statut financier de plusieurs corps dont notamment les diplomates, les sages-femmes, etc, pour un coût budgétaire de l'ordre de 14 milliards de francs CFA. Les grands travaux d'urgence de la ville d'Abidjan notamment l'échangeur du carrefour de la Riviera II et la jonction de la 7ème Tranche et de la 8ème Tranche des II plateaux financés par la Banque mondiale se poursuivraient avec la construction sur fonds propres du troisième pont. La poursuite des travaux du Pont reliant Jacqueville au continent et la fin des travaux de l'autoroute du nord témoignent de l'engagement du Président Laurent GBAGBO de construire son pays en mobilisant le maximum de ressources intérieures. La déclaration obligatoire des biens des ministres avant leur entrée en mission exigée par le Président Laurent GBAGBO et le Premier Ministre AKE NGBO constitue une première dans l'histoire de la Côte d'Ivoire et traduit la volonté du Président Laurent GBAGBO d'engager sans réserve la lutte contre la corruption.

Mesdames et Messieurs, chers compatriotes, la Côte d'Ivoire nous appelle. L'Afrique nous interroge et le monde entier nous regarde. Notre salut et notre destin sont plus que jamais dans nos mains. Nous avons le devoir devant notre propre Histoire de nous battre pour imposer le bon sens et la justice dans le débat politique en Côte d'Ivoire. Cela passe par la libération du Président Laurent GBAGBO et l'ouverture d'un vrai dialogue politique dans notre pays. C'est le minimum de considération que l'on doit aux électeurs ivoiriens qui ont réaffirmé leur choix du 28 novembre 2010 le 11 décembre dernier. Que la nouvelle année qui commence aide les nouveaux promoteurs de la démocratie à la baïonnette à comprendre que partout ailleurs dans le monde, seul le peuple souverain décide de son avenir en dehors de toute pression y compris celle des armes les plus puissantes. Le peuple ivoirien entend ne pas faire l'exception.


Bonne et heureuse année 2012 à toutes et à tous, dans la paix vraie. Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire!


Pour le Président Laurent GBAGBO,

le Ministre KONE Katinan Justin


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

INTERVIEW EXCLUSIVE DE CHARLES BLE GOUDE SUR SON DERNIER LIVRE ET A PROPOS DU TRANSFEREMENT DE GBAGBO A LA HAYE

 


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Après l'annonce de la livraison de Laurent Gbagbo à la Haye, le «Général de la rue», leader des jeunes patriotes ivoiriens, expose  dans cet entretien sa version des faits. C'était peu avant la parution de son livre intitulé «Traquenard Electoral».


Dans un premier temps, comment souhaiteriez-vous qu'on vous nomme? Ancien ministre du dernier gouvernement pro-GBAGBO, Président du Cojep, Général ou par votre patronyme simplement ?

Je suis Charles Blé Goudé. Mais je vous laisse le choix. Je n'ai pas à vous dire comment vous devez m'appeler, mais sachez que je suis Charles Blé Goudé.

Vous allez publier aux éditions l'harmattan, le 11 décembre prochain, un nouvel ouvrage intitulé « Traquenard électoral ». Pourquoi avoir choisi un tel titre ?

J'ai d'abord décidé d'écrire par devoir de mémoire, pour que la vérité se sache, car j'estime que beaucoup de contre-vérités on été racontées autour des élections en Côte d'Ivoire. C'est pourquoi j'ai écrit. Vous comprenez bien qu'il y a eu une crise post-électorale et dont les conséquences n'ont pas finies d'être évaluées. C'est pourquoi j'ai décidé de dire ce que j'ai vécu, de faire parler les faits, afin que le monde entier sache ce qui s'est réellement passé en Côte d'Ivoire. Pour moi, c'est un Traquenard électoral, c'est-à-dire que les élections ont été dites élections de sortie de crise alors qu'il s'agissait d'un piège pour enlever Gbagbo Laurent du pouvoir et, aujourd'hui, l'amener à La Haye. C'est pourquoi j'ai pensé que le titre de Traquenard électoral était celui qui convenait le mieux.

Il s'agit donc d'un ouvrage pour dénoncer ?

C'est un ouvrage pour expliquer. C'est un ouvrage pour dire ce que l'on tente de cacher. C'est un ouvrage pour faire éclater la vérité, enfin.

On sait Charles Blé Goudé que vous avez déjà publié deux autres ouvrages. Quelle est la particularité de publier un ouvrage en étant en exil ?

Comme vous le dites dans votre question, la particularité de cet ouvrage est qu'il a été écrit étant en exil. Et cet ouvrage trouve sa particularité du fait qu'aujourd'hui je ne suis pas avec le peuple et dans le peuple. Et que pour cet ouvrage, je ne suis pas dans l'action perpétuelle au moment où j'écris. Donc j'ai eu tout le temps pour me concentrer pour écrire. Contrairement aux autres ouvrages où je devais être à la fois dans l'action et dans l'écriture.

Et combien de temps ça vous a pris pour écrire cet ouvrage ?

5 mois environ.

On peut donc dire que depuis le 11 avril, vous êtes concentré sur la rédaction de ce livre ?

Dès que les évènements du 11 avril sont passés, et dès que j'ai vu que ça prenait une tournure que nous n'avions pas souhaité, j'ai décidé d'écrire afin que la vérité soit sue et que nul ne l'ignore. Et surtout dans cet ouvrage, la particularité est que j'ai fait parler les faits, tel que je les ai vécus.

Mais comment allez-vous faire pour la campagne de communication ? Vous êtes loin, vous ne pouvez pas faire de séance de dédicace, ni rencontrer le public, comment ça va se passer ?

C'est cela aussi la particularité de cette œuvre. Je pense que les lecteurs ont besoin de lire, de comprendre ce qui s'est réellement passé dans notre pays, ont besoin de savoir la vérité que l'on tente de falsifier. En fait, c'est raconter la vraie histoire qui est l'essentiel. Pour le reste, nous sommes dans un monde qui, aujourd'hui, s'apparente à un village planétaire et les moyens de communication sont trop modernes.

Avez-vous des représentants qui vont se charger de cette campagne de communication ?

Je suis certes leader, et je me dois de travailler en équipe. Je pense que j'ai beaucoup de représentants à travers le monde qui vont se charger de faire ce travail. Et je voudrais ici les remercier, car l'œuvre dont vous parler est une œuvre où j'ai eu aussi leur assistance à tous les niveaux.

Au moment où vous publier ce livre, votre mentor le président GBAGBO comparait devant la CPI. Comment avez-vous accueilli la nouvelle de son transfèrement et quel est votre sentiment par rapport à cette situation?

Mais j'ai mal et je dois le dire tout net. J'ai mal de ce que la victime ait été mise en prison par les bourreaux. Je connais le Président Laurent Gbagbo, c'est un homme de paix. C'est un Président qui a réussi à travailler avec la rébellion, ce que d'autres président n'auraient pas fait. Un président qui a toujours voulu discuter avec les opposants. Disons même que durant les 10 années qu'il a passées au pouvoir, l'opposition a été choyée. Il leur a tout donné. Au point où on se demandait si en Côte d'Ivoire, il y avait une opposition. Faites le tour de l'Afrique et dites moi dans quel pays on traite aussi bien l'opposition. Aujourd'hui, j'ai mal que l'opposition qui, hier, a été dorlotée par Gbagbo Laurent, est une opposition qui fait à Gbagbo le contraire de ce qu'il leur a fait. J'ai mal mais en même temps j'ai le sentiment que le Président Gbagbo saisira cette tribune pour dire au monde entier la vérité que l'on a toujours tenté d'étouffer par canaux interposés, par médias interposés. J'ai espoir et je sais que c'est un homme qui a toujours le moral et qui sait ce qu'il veut. A ceux qui pensent que c'est la fin, je veux tout de suite leur dire que non, c'est plutôt le début.

Que comptez-vous faire suite à ce transfert ? Allez-vous mener des actions avec le Cojep, les membres de la galaxie patriotique et de l'ancien gouvernement ? Qu'allez-vous faire ?

Je ne suis pas porte-parole de l'ancien gouvernement et je ne saurais vous le dire. Tout simplement, sachez que la précipitation est source d'erreur et nous nous donnons le temps d'observer ce qui va réellement se passer et nous aviserons. Mais tous les états-majors de tous les mouvements sont en alerte et tout le monde a les yeux rivés vers La Haye. Et nous verrons si cette justice est impartiale, neutre. Mais telle que les choses sont en train de se dérouler, est-ce du droit ou de la politique ?

Charles Blé Goudé, nous allons aborder la seconde partie de cette interview. Pouvez-vous nous dire quand est-ce que vous avez vu et parlé à Laurent GBAGBO, pour la dernière fois?

Dans ce sens, je vais un peu vous décevoir car vous allez devoir vous référer à mon livre Côte d'Ivoire : le Traquenard électoral, publié aux éditions l'Harmattan et disponible dès le 11 décembre prochain. Car tout y est. Tout ce qui n'a jamais été dit, est dit, et je demande à tous ceux qui veulent savoir de se référer au bouquin. Je vous invite à lire le livre et vous aurez les réponses à toutes vos questions.

On reproche à votre génération (vous, les anciens de la FESCI, Blé Goudé/SORO) d'être à l'origine de l'instabilité politique en Côte d'Ivoire. Que répondez-vous à cette question ?

Je ne crois pas qu'Alassane Ouattara soit de ma génération. Je ne crois pas qu'Henri Konan Bédié soit de ma génération. Je ne crois pas non plus que Gbagbo Laurent soit de ma génération. Je voudrais simplement vous dire que tous ces acteurs politiques-là ne sont pas de ma génération. L'origine de cette crise ivoirienne, part de la guerre de succession qui a eu lieu entre Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. A la mort d'Houphouët-Boigny, ne voulant pas céder le fauteuil à Henri Konan Bédié, comme le recommandait l'article 11 (de la Constitution, Ndlr), une guerre a éclaté entre Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. La suite, on la connait, coup d'état et autre, jusqu'à ce qu'on en arrive à la crise de 2002. Je voudrais simplement dire qu'aujourd'hui si Henri Konan Bédié est allié à Alassane Ouattara, on peut tout simplement dire, qu'ils auraient pu faire l'économie de cette guerre-là. Mais cela dit, je ne crois pas fondée cette vérité. On a toujours voulu comme les autres nous perçoivent. Moi, j'étais à Manchester quand la guerre a éclaté en Côte d'Ivoire où j'ai interrompu mes études. Dans la rue, comme aujourd'hui les gens sont descendus dans la rue en Tunisie, en Egypte. C'est loué, non ? Mais en Côte d'Ivoire, dès que nous sommes descendus dans la rue pour nous opposer aux armes, on nous a traité de miliciens, de petits et autres.

Vous faites en quelque sorte un reproche à vos ainés ? Celui de vous avoir donné le mauvais exemple ?

Je crois que les différentes classes politiques vieillissantes en Côte d'Ivoire sont à la base de la crise dans notre pays.

Êtes-vous prêt à appeler à la réconciliation malgré tout et malgré le mandat d'arrêt lancé contre vous par la justice ivoirienne?

Bien sûr! Vous savez que la vie d'une nation est au-dessus de nos ressentiments personnels et individuels. De nos frustrations. Je pense que la Côte d'Ivoire a besoin de ses fils et de ses filles unis. En tout cas, quand nous étions au pouvoir j'y tenais, aujourd'hui encore, j'y tiens. J''invite le pouvoir à faire en sorte de rapprocher les ivoiriens. Une réconciliation, on la fait avec deux camps qui ont été séparés par un manque de confiance, par une crise. On ne se réconcilie pas seulement avec son clan.  Et la réconciliation n'est pas aussi un programme de gouvernement. La réconciliation est la conséquence des actes du gouvernement. La manière dont vous traiter vos leaders de l'opposition, de cette manière dépend le climat politique. C'est vrai qu'on veut bien se réconcilier, mais je demande au gouvernement d'accompagner ses paroles par des actes et des actions concrètes et qui vont dans le sens de la réconciliation. On ne peut pas dire qu'à midi on veut se réconcilier et à 14h, on fait des arrestations, on bloque des comptes et on lance des mandats d'arrêt. Il faut créer l'environnement de la réconciliation. Je pense que si nous nous basons sur les chiffres truqués de la CEI, le Président Gbagbo représente quand même plus de 46% de la population et plus de la moitié de la population d'Abidjan a voté pour lui. Je pense que si les actes sont posés, la réconciliation se fera d'elle-même. C'est pourquoi, je lance cet appel, pour que les ivoiriens puissent se retrouver et pour que le pays puisse se remettre sur les rails. Pour moi, cela est primordial et va au-delà de nos petits intérêts politiques et personnels.

Charles Blé Goudé, vous sentez-vous aujourd'hui inquiété par un mandat d'arrêt de la CPI ?

Quelqu'un qui a passé tout son temps avec un matelas sur l'épaule, qui a passé tout son temps avec des micros, quelqu'un qui a fait des campagnes de paix, ce qu'aucun homme politique n'a jamais fait en Côte d'Ivoire, ne peut pas être inquiété par la CPI.
A moins qu'il y ait d'autres raisons que j'ignore.

On sait que dans quelques jours, le 11 décembre, le jour qui coïncide avec la sortie de votre livre, auront lieu les élections législatives en Côte d'Ivoire. Comment analysez-vous cette nouvelle échéance ?

J'ai bien peur que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Mais comme le pouvoir va seul aux élections avec ses seuls candidats en lice, avec une commission électorale aux ordres et sous contrôle, qui n'est même plus indépendante. Je pense qu'en ce moment, il n'y a pas danger. Parce qu'aujourd'hui en Côte d'Ivoire, je dois vous dire que les conditions d'un scrutin d'apparence juste et ouvert à tous ne sont pas réunis. Les conditions sécuritaires d'une campagne ne sont pas réunies. Le mot de rassemblement est interdit. Les meetings sont interdits. Les opposants sont soit en prison, soit en exil soit ont été exterminés. Je pense que dans ces conditions, le pouvoir veut rester seul en lice, il faut le laisser faire. Mais ça sera une assemblée nationale pas représentative et pas digne de la Côte d'Ivoire qui sera mise en place.

L'absence du FPI aux élections est -il justifiée selon vous ?

C'est de cela que je suis en train de vous parler. Le FPI, je ne parlerai pas en son nom mais je crois que le FPI n'a pas refusé d'aller aux élections. Les conditions ont-elles été réunies pour que le FPI parte aux élections ? Dans tous les cas, il faudra poser les questions aux leaders du FPI, ils vous répondront.

Revenons au FPI, justement. On sait que vous n'étiez pas apprécié pas certains cadres de ce parti. Pensez-vous qu'ils aient été à l'origine de certaines erreurs de Laurent Gbagbo ?

Pourquoi voulez-vous que je parle dans la presse de mes rapports avec le FPI? ça c'est entre le FPI et moi. Si vous voulez savoir si le FPI a fait commettre des erreurs à Laurent Gbagbo, il faut interroger le FPI. Je pense qu'ils répondront. Une poule qui se respecte, ne pond pas ses œufs en public.

Charles Blé Goudé, en guise de conclusion, quel message souhaitez-vous lancer aux ivoiriens et aux africains qui vous liront?

Je voudrais simplement dire au ivoiriens, aux africains et au reste du monde que ce qui se passe en Côte d'Ivoire, c'est certes la réalité mais ce n'est pas la vérité. Sous nos yeux, on tente de falsifier l'histoire réelle de ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire. En Côte d'Ivoire, Gbagbo Laurent a invité la communauté internationale a un recomptage des voix pour éviter une crise, comme cela a été fait en Haïti, en novembre 2010, en Afghanistan en 2009. Ce refus de recompter les voix a aujourd'hui engendré des conséquences que tout le monde connait et que tout le monde déplore. Je le répète, un contentieux électoral a été transformé en un véritable cauchemar, par la faute de ceux qui ont décidé de tordre le cou à la vérité, par la faute de ceux qui voulaient installer un ami au pouvoir et qui voyaient  en Laurent Gbagbo un obstacle à la réalisation de leur objectif d'exploiter l'Afrique. C'est ça la vérité. Je pense que l'histoire est en train d'être falsifiée. Mais un jour, la vérité se saura et il faut que les africains le sachent.


In "Les Afriques"


Source: IVOIRE DIASPO.NET

vendredi, 30 décembre 2011

LA COTE D'IVOIRE DU TROMPE-L'ŒIL ET DE LA COM

 
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Depuis l'avènement du pouvoir Ouattara, dans les conditions calamiteuses que l'on sait, nous avions espéré qu'au bout de huit mois d'exercice et de règne sans partage (l'opposition étant totalement absente de la gestion d'Etat), un certain nombre de promesses faites par le nouveau régime et la normalisation de la vie sociale et politique ivoirienne allaient devenir réalité pour permettre aux Ivoiriens de retrouver leur quiétude et se refaire une nouvelle vie. Au décompte final, tout cela n'aura été que leurre et chant de sirène.

Quand un pays vient de connaître la fracture profonde qui a été celle de la Côte d'Ivoire, le souci premier, que commandent la gravité de la situation et l'urgence de faire la paix, devrait être la réconciliation nationale. Par la faute de nos dirigeants actuels, cette réconciliation est au point zéro. Peut-on avoir déporté Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI) et espérer une réconciliation? Et pourtant, le chef de l'Etat Alassane Ouattara l'avait promis: rassembler à nouveau les Ivoiriens, allait être sa priorité. Il les a plutôt à jamais divisés. Et se complait avec son régime dans une jubilation impudique des « vainqueurs ». Seul son camp et lui ont, aujourd'hui, le sourire et semblent revivre. Le reste de la Côte d'Ivoire est dans la douleur et la souffrance morale. Il ne semble guère s'en apercevoir, lui qui clame sur les chaînes internationales que tout va pour le mieux en Côte d'Ivoire et que notre pays passera bientôt à un taux de croissance à deux chiffres, là où, en cette fin d'année 2011, la Côte d'Ivoire enregistre -7% de taux de croissance.

Des centaines d'entreprises ont fait faillite des suites de pillages et des effets de la crise postélectorale, d'autres peinent à retrouver leur rythme normal d'activités, des milliers d'Ivoiriens sont ainsi au chômage et ne peuvent faire la fête avec leurs familles, ni pour Noël ni pour la Saint-Sylvestre. D'autres, plus chanceux, vivent à moitié salaire dans des sociétés sous contrôle budgétaire et sous mesures techniques. Certains autres ne perçoivent leurs émoluments que par à-coup, avec des arriérés de salaire de plusieurs mois. Des familles Ivoiriennes souffrent ainsi atrocement pendant que le régime ivoirien verse dans le jubilatoire et la célébration victorieuse. Les vrais problèmes des ivoiriens sont éludés ou ont peu de place en son cœur.

Prenons l'exemple de l'Ouest de la Côte d'Ivoire. On en parle très peu, mais cette région a un besoin désespéré d'aide. Les massacres y ont laissé des séquelles à vie, les destructions et les pillages des FRCI y ont été innommables. Des milliers de Wè n'ont plus de demeures où vivre ni de plantations où cultiver de quoi survivre. Bien de leurs terres sont occupées par les « vainqueurs » de la crise postélectorale, les laissant orphelins et sans ressources dans leurs propres terroirs. Le chef de l'Etat qui y avait promis une visite d'Etat a remis son voyage sine die. Pire, il a fait déguerpir les camps de réfugiés et de déplacés situés dans les missions catholiques, en prévision de sa tournée dans l'Ouest, jetant une fois de plus des centaines de familles à la rue, sans ressources, sans aucune prise en charge de l'Etat. Comment peut-on annoncer au monde entier que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes en Côte d'Ivoire quand des centaines de milliers d'Ivoiriens sont à la ruine et au désespoir? Qu'on nous dise concrètement ce qui a été fait pour l'Ouest de notre pays, si tant est qu'on peut prétendre nous apporter un quelconque démenti.

Les ONG Care, Oxfam et le Conseil Danois pour les Réfugiés sont formelles: l'Ouest de la Côte d'Ivoire est un creuset de misère et de désolation. Les informations recueillies par leurs soins auprès des «personnes déplacées et retournées chez elles pendant les mois de juillet et août (2011) révèlent que les conditions pour des solutions durables aux déplacements ne sont pas remplies. De trop nombreux retournés continuent de faire l'objet d'attaques, de harcèlement et d'intimidations dans leur zone d'origine, et beaucoup ont un accès limité voir pas d'accès du tout aux services de base et aux mécanismes de protection. Une large proportion a perdu ses documents officiels et n'a pas accès à des mécanismes de restitution de la propriété ou de compensation pour les pertes encourues, tandis que beaucoup n'ont pas encore été en mesure de réunifier tous les membres de leur famille. Un nombre significatif de personnes déplacées n'est toujours pas prêt à retourner en raison de la peur d'attaques, du manque d'accès à leur terre ou du manque de moyens de subsistance», ont révélé ces ONG. La situation n'est pas plus reluisante, quatre mois après. Bien au contraire !

Il ne s'agit guère d'y faire une ou deux virées hyper-médiatisées, qui ne résolvent rien, avec quelques denrées, du reste largement insuffisantes. Il faut un plan national d'urgence et de salut public pour cette région du pays. Une sorte de plan Marshall pour l'Ouest. A-t-il eu un début de commencement? Trois fois, non ! Et pendant ce temps, à quoi a-t-on droit ? L'achat de 40 berlines Mercedes acquises à plus d'un milliard de nos francs pour notre gouvernement, qui n'était pas précisément le moins nanti au monde de ce point de vue, aux slogans du genre « on a fait plus que Gbagbo en quelques mois », à des opérations de salubrité boiteuses et sélectives (Adjamé et Abobo, fiefs du RDR d'Alassane Ouattara restent encore intouchées et désespérément intactes) qui tardent à s'étendre à l'intérieur du pays et des séances d'illumination d'Abidjan qui s'apparentent plus à un culte maçonnique de l'obédience Memphis-Misraï, avec tous les symboles mystiques de l'Egypte ancienne (le serpent, le compas, le triangle flamboyant, l'œil d'Osiris, l'équerre maçonnique, la règle graduée, l'étoile flamboyante), qu'à une opération d'embellissement festif de la ville d'Abidjan.

Les campagnes de communication politique que sont les cérémonies de lancement de travaux et d'inauguration d'œuvres et d'ouvrages déjà programmés et budgétisés sous la gouvernance Gbagbo sont également à relever, à ce titre (Pont Riviera-Marcory, Pont de la 7ème tranche d'Angré, restauration de la voirie, traitement des eaux, travaux d'assainissement, etc). Toutes ces opérations ne visent qu'à donner le sentiment que le nouveau régime ivoirien est au travail, sous le génie d'Alassane Ouattara. Il n'en est rien. Ce n'est qu'un trompe-l'œil, au même titre que toutes les acrobaties médiatiques auquel se livre le nouveau pouvoir à l'étranger pour se targuer d'un retour de la Côte d'Ivoire sur l'échiquier international. La pluie de milliards annoncée a fait long feu. Pendant que prospère une justice des « vainqueurs » qui demande des comptes aux seuls pro-Gbagbo, en prison ou en exil (lui-même étant déporté à la CPI), que des milliers d'Ivoiriens demeurent encore au comble du désastre et de la pauvreté et que les FRCI continuent de semer mort et désolation dans le pays, sans être inquiétés, malgré un ultimatum plus médiatique que réel du chef de l'Etat, qui n'a vu le jour que parce que des malinké pro-Ouattara ont été tués à Vavoua par des soldats tout aussi pro-Ouattara, qui se sont rendus coupables de massacres à Duékoué et de crimes dans tout le pays sans jamais en répondre, ni en Côte d'Ivoire ni devant la CPI. Voici les vrais problèmes de la Côte d'Ivoire. Et c'est là que les Ivoiriens l'attendent. Mais Alassane Ouattara n'y touche pas. La réconciliation est au point mort. L'opposition, réduite au silence. Les universités publiques fermées. Il n'en a cure. Il préfère gouverner la Côte d'Ivoire en trompe-l'œil et par coups médiatiques. Plus soucieux de son image personnelle que des priorités des Ivoiriens, qui lui ont envoyé un signal fort aux législatives, avec un taux d'abstention record que même la presse internationale a qualifié de «désert électoral».

Sur le dossier de la restauration de la voirie, un brillant article du blogueur Fabien d'Almeida, sur le site « Pensées Noires », nous révèle qu'au premier trimestre 2009, Monsieur Bouaké Fofana, alors Directeur Général de l'AGEROUTE (Agence de Gestion des Routes), avait accordé un entretien à un mensuel économique ivoirien, « Tycoon », s'inscrivant dans un dossier de six pages intitulé «Où va la route ivoirienne?». Il relève un détail croustillant : le directeur de publication dudit magazine est un certain Fabrice Sawégnon. Pour rappel, cet homme est l'artisan de la campagne de communication d'Alassane Ouattara aux élections présidentielles de 2010. L'on le dit très proche d'Hamed Bakoyoko et on ne pourrait pas le soupçonner d'être un pro-Gbagbo. C'est pourtant son magazine qui, affirme Fabien d'Almeida, sous la plume du journaliste Francis Yédan, a publié cet excellent travail d'investigation qui annonçait, alors, le projet de réhabilitation du réseau routier actuellement en cours et dont se targue abusivement le camp Ouattara:

« Avec la période post-crise qui s'annonce, le financement des bailleurs de fonds dans ce secteur [routier] a repris. La réhabilitation d'infrastructures routières à Abidjan et à Bouaké, d'un coût total de 28 millions de dollars E.U [14 milliards de francs CFA, Ndlr] est effective. Ce, dans le cadre du Projet d'Urgence d'Infrastructures Urbaines (PUIUR) financé par la Banque Mondiale. La composante 4 de ce projet est réservée aux infrastructures routières. Les routes exploitées par les services de transport public, les travaux d'amélioration, la fourniture et l'installation de panneaux routiers verticaux sont les principaux axes de cette composante. Egalement au nombre de cette composante, le marquage horizontal sur le plus de routes possibles et la réhabilitation de 7,2 km de voirie revêtue à Bouaké. Huit axes routiers (12,4 km de voirie revêtus) empruntés par la SOTRA seront réhabilités à Abidjan. Ajoutée à cela, la construction d'une passerelle à piétons, d'un pont de 120 mètres [à la Riviera 2, Ndlr] et d'une route à la Riviera Palmeraie [celle réalisée depuis 2009-2010 qui relie la Riviera Attoban à la Riviera Palmeraie, Ndlr]. La composante 3 du PUIUR financée à hauteur de 12 millions de dollars E.U est consacrée à l'élimination des principaux dépôts sauvages dans l'agglomération urbaine d'Abidjan. Quand on sait que les ordures jonchant les routes déversent un liquide corrosif. L'assainissement urbain (eaux usées) constitue la composante 2 du PUIUR. 15,2 millions de dollars E.U [7,6 milliards de francs CFA, Ndlr] sont déjà mobilisés. La réhabilitation des principales stations de pré-pompage, de pompage, des égouts secondaires, constituera une bouffée d'oxygène pour le réseau routier abidjanais. Vu le nombre de canalisations bouchées et autres problèmes d'assainissement. La phase active du PUIUR [composante 1] est prévue, dans quelques semaines, pour une durée allant de quatre (4) mois à quatre (4) années [...] ».

Cet article a non seulement le mérite de dévoiler le mensonge odieux qui a prospéré jusqu'à ce jour sur « l'arrêt total du financement des bailleurs de fonds à la Côte d'Ivoire avant le 11 avril 2011 », sur « le manque de volonté ainsi que l'inaptitude de l'ancien pouvoir à faire face au problème de l'insalubrité publique », mais aussi et surtout, « l'opportunisme trompeur » qui attribue ce résultat au génie d'Alassane Ouattara. Pour Fabien d'Almeida, « c'est tout simplement faux. L'équipe gouvernementale actuelle ne fait que poursuivre un projet qui était déjà amorcé avant que la crise postélectorale ne le mette en veilleuse, temporairement ». « Là, pourtant, n'est pas le plus important, selon lui. L'article du magazine Tycoon rappelle surtout que la restauration des routes ivoiriennes est le résultat d'un processus qui s'est étendu sur plusieurs années et qui a rassemblé diverses compétences nationales, en matière de finances, d'ingénierie technique, etc ».

Cette performance remarquable de la gouvernance Gbagbo a été récupérée à son compte par le pouvoir Ouattara, sans aucune humilité ni honnêteté mais pire, il a fait passer le président Gbagbo pour un incapable et un pilleur, lui qui a réussi l'exploit de boucler tous ces projets et à financer, dans le même temps, les élections les plus chères du monde ainsi que la sortie de crise la plus budgétivore d'Afrique, au moins.

Vivement que le nouveau régime ivoirien attaque enfin les vrais problèmes des ivoiriens plutôt que de faire de la com' et que l'année nouvelle 2012 apporte joie et paix au peuple mien.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 403 du jeudi 29 décembre 2011.

MAMADOU KOULIBALY SUR AFRICA 24: «OUATTARA, C'EST LA DECEPTION!»

 


LE TALK - Mamadou KOULIBALY - Côte d'Ivoire par AFRICA24


"LE TALK" du président Mamadou Koulibaly de Côte d'Ivoire sur Africa 24. Un regard pointu et sans concession sur la gestion étatique anticonstitutionnelle d'Alassane Ouattara.

jeudi, 29 décembre 2011

THIERRY MEYSSAN: «LA DECISION D'ATTAQUER LA SYRIE A ETE PRISE LORS D'UNE REUNION A CAMP DAVID LE 15 SEPTEMBRE 2001»

 

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La Syrie est prise entre les feux de la désinformation des puissances occidentales prédatrices et une mouvance islamiste à leur service, avec la complicité plus ou moins inavouée d'une Ligue arabe aux mains des monarchies du Golfe. Un projet hégémonique qui, selon l'analyste Thierry Meyssan, a été planifié lors d'une réunion à Camp David en septembre 2001. Aventure qui ne serait pas sans conséquences dévastatrices pour la région et pouvant dégénérer en conflit mondial. Telles sont les grandes questions abordées avec Thierry Meyssan, journaliste et analyste politique, directeur du Réseau Voltaire.


La NR : Vous étiez en Syrie. Quel constat avez-vous fait? La réalité du terrain reflète-t-elle les propos avancés par les médias occidentaux concernant les manifestations massives, les tirs à balles réelles qui ont fait au moins 5.000 morts, la constitution d'une «armée syrienne libre» déjà forte de 1.500 hommes et ce début de «guerre civile» avec notamment 1,5 million de Syriens pris au piège qui souffriraient de la faim ?


Thierry Meyssan : Une expression française affirme que «lorsqu'on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage». En l'occurrence, lorsque les puissances occidentales veulent envahir un Etat, leurs médias disent que c'est une dictature barbare, que leurs armées peuvent protéger les civils et qu'elles doivent renverser le régime et apporter la démocratie. La vérité, nous l'avons vue en Irak et en Libye : les puissances coloniales ne se préoccupent aucunement du sort des populations, elles dévastent le pays et le pillent.

Il n'y a jamais eu de manifestations de masse contre le régime syrien, et par conséquent, il n'a pas été possible de les réprimer à balles réelles. Il y a eu au cours des derniers mois environ 1.500 morts, mais pas du tout dans les circonstances décrites. Il y a bien une «armée syrienne libre», mais elle est basée en Turquie et au Liban, et ne compte au grand maximum que quelques centaines de soldats que l'on exhibe devant les caméras. Enfin, la Syrie est autosuffisante au plan alimentaire et, malgré les difficultés de distribution, il n'y a aucun problème de pénurie.

La version des médias occidentaux est une pure fiction. La vérité sur place, c'est que les Occidentaux livrent une guerre non conventionnelle contre la Syrie.

Ils ont envoyé des combattants arabes et patchounes, recrutés par le prince saoudien Bandar bin Sultan et encadrés par les forces spéciales françaises et allemandes.

Ces combattants ont d'abord tenté de proclamer des émirats islamiques, puis ils ont organisé de vastes embuscades contre les convois militaires syriens.

Aujourd'hui, ils sont commandés par un émir d'Al Qaïda, le Libyen Abdelhakim Belhaj. Ils ont renoncé aux grandes opérations et mènent des actions commando au coeur des villes pour y semer la terreur en espérant provoquer une guerre civile confessionnelle. Leur dernier fait d'armes est ce double attentat à Damas.

Dans l'un de vos articles, vous vous posez la question sur les accusations avancées par l'Observatoire syrien des droits de l'homme, basé à Londres, que des institutions comme le Haut Commissariat des droits de l'homme de l'ONU reprennent sans les vérifier. D'après vous, à quel jeu se prêtent les instances onusiennes ?

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a surgi soudainement sur la scène médiatique. Cette association n'a aucun passé dont elle puisse se prévaloir et seul un de ses membres est connu. C'est un cadre des Frères musulmans syriens, disposant de trois passeports, syrien, britannique et suédois.

Ce monsieur annonce chaque jour le nombre de «victimes de la répression», sans étayer ses dires. Ses affirmations sont invérifiables et donc sans valeur. Elles sont pourtant reprises par tous ceux que cela arrange.

La Haut commissaire aux droits de l'homme a désigné trois commissaires pour enquêter sur les événements en Syrie. Leur mission outrepasse les compétences de l'ONU, qui prévoient des inspections régulières que la Syrie reçoit conformément aux traités.

Comme dans l'affaire Hariri, les Nations unies partent du principe que les autorités locales (libanaises ou syriennes) sont incapables ou malhonnêtes et qu'il faut leur substituer des enquêteurs étrangers. Dans ces conditions, elles ne peuvent pas exiger raisonnablement la coopération des autorités locales. Elles ont donc travaillé depuis la Suisse et la Turquie.

La désignation des trois commissaires n'offre aucune garantie d'impartialité. Ils sont tous trois ressortissants d'Etat qui militent pour l'intervention militaire contre la Syrie. Leur méthode n'est pas plus acceptable : sous la pression de la commissaire turque, qui est une militante engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes, la commission a considéré que les témoignages à charge n'avaient pas besoin d'être recoupés et vérifiés : ce serait aux accusés de faire la preuve de leur innocence lorsqu'on les déférera devant un tribunal.

Cette procédure inquisitoriale permet d'accuser n'importe qui de n'importe quoi, mais ne démontre rien du tout. Les enquêteurs ont entendu plus de 200 personnes qui disent disposer d'informations et affirment parfois avoir été témoins, voire victimes d'exactions. Conformément à la procédure, le nom des témoins reste secret à ce stade de l'enquête. Mais contrairement à la procédure, les noms des victimes sont également secrets. La Haut commissaire affirme doctement qu'il y plus de 5.000 victimes de la répression, mais elle n'avance que deux noms.

Pas de chance, ces deux cas, qui ont été largement médiatisés par Al Jazeera, ont fait l'objet de multiples investigations. Le premier correspond à un enfant tué dans la rue par des tireurs inconnus en voiture ; le second est un adolescent qui a été recruté par une bande armée pour participer à l'attaque d'une résidence militaire et qui est mort la kalachnikov à la main. Cela n'a rien à voir avec une répression de manifestation pacifique. Nous attendons donc de la Haut commissaire qu'elle publie le nom des victimes pour que nous puissions vérifier le bien-fondé de ses accusations.

De nombreuses instances de l'ONU ont perdu leur crédibilité. En premier lieu, on ne devrait pas accepter de confier des responsabilités à des experts qui n'ont pas le statut de fonctionnaires internationaux, mais sont des fonctionnaires nationaux détachés par leurs Etats. On ne devrait pas pouvoir agir au nom de l'ONU si l'on reste tenu d'obéir à sa hiérarchie nationale.

En Syrie comme en Libye, certains observateurs avancent que les rebelles sont en fait des escadrons de la mort, des mercenaires étrangers. Quel constat avez-vous fait à ce propos ?

Dans les deux cas, il y a des nationaux qui participent à la lutte armée, mais ils sont minoritaires par rapport aux combattants étrangers. En Libye, des groupes issus de tribus précises se sont joints aux mercenaires étrangers pour la sécession de la Cyrénaïque. Mais ils ont refusé d'aller se battre en Tripolitaine pour renverser Kadhafi.

Il a fallu déployer les troupes d'Al Qaida, puis faire débarquer 5000 commandos incorporés dans l'armée régulière du Qatar pour mener les combats au sol. Dans les derniers jours de la Jamahiriya, la tribu des Misrata a rejoint l'Otan et elle est entrée dans Tripoli lorsque les bombardements et la bataille au sol ont cessé. Les seuls Libyens qui se sont battus de bout en bout contre le régime sont ceux d'Al Qaida et un groupe de soldats qui avaient fait défection avec le général Abdel Fatah Younes. Or, le général Younes avait été chargé dans le passé par le colonel Kadhafi de réprimer la rébellion d'Al-Qaida. C'est pourquoi ses alliés d'Al-Qaida l'ont assassiné pour se venger dès qu'ils ont pu se passer de lui.

En Syrie, il y a des insurgés, ce sont des Frères musulmans et des takfiristes. Il y a surtout des combattants étrangers qui recrutent des voyous et les payent grassement pour tuer leurs concitoyens. Le problème de l'Otan, c'est que, à la différence de la Libye, la Syrie est une nation historique. Il n'y a pas de fracture régionale comme entre la Cyrénaïque et la Tripolitaine.

La seule division possible est sur une base confessionnelle, mais elle ne fonctionne pas pour le moment, bien que l'on ait assisté à quelques affrontements de ce type à Banyias et à Homs.

L'arrivée officielle des Libyens pour installer un quartier général en Turquie et intégrer des déserteurs syriens dans le dispositif parachève le tout.

Le Conseil national syrien s'est formé sous l'égide de la France à Paris. Quelle lecture peut-on faire de cet événement ? La France va-t-elle prendre les devants de la scène comme en Libye avec notamment son «émissaire» BHL, ou opter pour une autre stratégie?

D'abord, chacun voit bien que les institutions françaises sont en partie pilotées par des personnalités illégitimes, comme BHL, qui exercent des responsabilités sans droit, ni titre.

Ensuite, certains élus, comme le président Sarkozy, ne servent pas les intérêts nationaux, mais ceux du système impérial US.

Sous leur autorité, la France s'est déjà engagée dans un conflit en Côte d'ivoire qui servait les intérêts de quelques multinationales françaises, puis elle s'est engagée en Libye de manière à étendre à l'Afrique du Nord le projet néo-conservateur de remodelage du «Moyen-Orient élargi».

La France n'a plus de contentieux avec la Syrie, ainsi que l'a montré la réception du président Al-Assad à Paris, lors du sommet de la Méditerranée.

A la rigueur, on pourrait considérer que le vieux conflit des années 80 (notamment l'assassinat de l'ambassadeur français à Beyrouth) est passé par pertes et profits sans avoir été soldé, et l'on pourrait le réactiver. Mais je ne suis pas sûr du tout que, dans cette affaire, les torts français ne soient pas plus importants que ceux des Syriens. Bref, Paris n'a aucune raison d'attaquer Damas.

Nous savons tous que la vraie question est ailleurs : la domination et l'exploitation de cette région dépendent de l'alliance des Etats-Unis et d'Israël d'une part, avec la Turquie et les monarchies pétrolières d'autre part. Cette alliance se heurte à un axe de résistance comprenant le Hamas, le Liban, la Syrie, l'Irak et l'Iran, appuyés par la Russie et la Chine. Au plan régional, deux pôles se sont formés, l'un est exclusivement sunnite, l'autre est multiconfessionnel (et non pas chiite comme le prétendent les néo-conservateurs pour imposer la fitna). La France est devenue le «proxy» des Etats-Unis. Elle peut à tout moment entrer en guerre contre la Syrie. Cependant, elle n'en a pas la capacité seule, ni même avec la Grande-Bretagne. Et le sommet du 2 décembre qui devait instituer une alliance à trois avec l'Allemagne a été annulé faute d'accord au plan financier. En pleine crise de l'euro, les Européens n'ont pas les moyens de leur impérialisme.


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Source : LA NOUVELLE REPUBLIQUE

PRESIDENTIELLE 2012: NICOLAS SARKOZY SUR LA SELLETTE


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2012: Sarkozy, le plus mal parti des présidents de la Vème

La cote de popularité de Nicolas Sarkozy est de 38%, à 116 jours des élections. À calendrier équivalent, tous ses prédécesseurs dépassaient les 50% avant la remise en jeu de leurs mandats.


Popularité, intentions de vote, chômage... À quatre mois de la remise en jeu du mandat présidentiel, la situation de Nicolas Sarkozy est bien plus compliquée que celle de ses prédécesseurs. Eléments de comparaison.

 

Les bonnes résolutions de Nicolas Sarkozy ont intérêt à être musclées, car le chef de l'Etat entame l'année de sa réélection sous de mauvais auspices. Nombre d'indicateurs sont au rouge. Un rouge jamais atteint par ses prédécesseurs de la Ve République, à quatre mois de la remise en jeu de leur mandat.

La plus basse côte de popularité des présidents sortants

Nicolas Sarkozy est d'abord le moins populaire des présidents sortants. Une étude réalisée par l'institut CSA pour Les Echos révèle qu'en décembre 2011, le chef de l'Etat rassemble seulement 38% d'opinions favorables derrière lui. À calendrier équivalent, selon le quotidien économique, les présidents Chirac (50%) en 2001, Mitterrand (56%) en 1987 et même Giscard (53%) en 1980 séduisaient eux encore au moins la moitié des sondés.

Le plus faible niveau d'intentions de vote

Il en va de même pour les intentions de vote. Avec un score allant de 24 à 26% pour le premier tour, Nicolas Sarkozy se place à un niveau inférieur à tous ses prédécesseurs, à quatre mois de l'élection. De même, au second tour, il est le seul à être donné perdant. Selon TNS-Sofres par exemple, Jacques Chirac était donné gagnant à 52% contre 48 face à Lionel Jospin en décembre 2001, François Mitterrand à 55 contre 45 en 1987 contre Chirac, et Valéry Giscard d'Estaing à 56 contre 44 face à François Mitterrand en décembre 1980. Nicolas Sarkozy lui est donné largement perdant face à François Hollande, dans tous les récents sondages.  

"Il pâtit d'un déficit de confiance relative sur des enjeux tels que la lutte contre le chômage et la défense du pouvoir d'achat", analyse CSA pour Les Echos.

Le plus mauvais taux de chômage

Il est vrai que la situation dans laquelle se trouve Nicolas Sarkozy ne ferait baver d'envie aucun autre président. Le taux de chômage s'élève à 9,3% en France Métropolitaine au troisième trimestre selon l'Insee, contre 7,7 à la même époque en 2001, 9 en 1987 et 5,4 en 1980. Aux troisièmes trimestres 2001 et 1987, le chômage enregistre même une légère baisse. 
Au contraire, la fin de mandat de Valéry Giscard d'Estaing, comme celle de Nicolas Sarkozy, est marquée par une forte progression du nombre de demandeurs d'emploi. Résultat: il est battu sans appel par François Mitterrand en 1981. 

Même si la crise est passée par là, atténuant la responsabilité de l'exécutif, la réponse qu'apportera le gouvernement à ce problème sera décisive pour la réélection de Nicolas Sarkozy. Le chômage arrive en effet en tête des préoccupations des Français. Et la tendance n'est pas prévue à la baisse pour 2012.

Pouvoir d'achat: les Français "plus pessimistes" qu'en 81

D'autant qu'en terme de "défense du pouvoir d'achat", thème de campagne en 2007, l'actuel président finit également 2011 avec un bilan mitigé. Si l'Insee constate une augmentation depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, le magazine 60 millions de consommateurs, qui englobe dans ses calculs le prix des logements anciens et le coût du crédit, relate lui une baisse quasi continue. "Depuis quatre ans, le pouvoir d'achat ne cesse de reculer, excepté en 2009 (+0,1%), qui fut pourtant l'année de la crise financière" mondiale, note le magazine.  

Et même si le pouvoir d'achat actuel, selon l'Insee, est toujours à peu près comparable à celui de 1980, "les inquiétudes qui pèsent sur l'économie rendent les Français plus pessimistes aujourd'hui qu'il y a 20 ans" décrypte-t-on du côté de Viavoice. Les Français sont en effet 55% à anticiper une baisse de leur pouvoir d'achat, selon le baromètre mensuel de l'institut publié jeudi 22 décembre par Les Echos. Une peur de plus qui pourrait provoquer un vote sanction du président actuel.  

De plus, l'Insee note le pouvoir d'achat moyen des Français, ce qui englobe les gros revenus. Mais l'accroissement des inégalités fait que le pouvoir d'achat perçu par la majorité des ménages est lui en baisse, au moins par rapport aux années 2000. Comme l'explique l'économiste Alexandre Delaigue à l'Expansion.com dans une vidéo, si l'on fait rentrer Bill Gates dans un bar où se trouvent dix personnes, le pouvoir d'achat moyen de la clientèle va exploser, même si celui des dix clients est resté stable.

"Petit signe d'espoir"

Nicolas Sarkozy a encore quatre mois pour convaincre et regagner la confiance des Français. Les Echos notent déjà un "petit signe d'espoir" pour lui: le président termine 2011 avec une côte de confiance supérieure à celle du début de l'année. Selon CSA, il finit certes l'année avec un petit 38% des opinions favorables, mais il n'en recueillait que 34 en janvier.

 

Gaétan Supertino


Source: L'EXPRESS.FR

mercredi, 28 décembre 2011

LES EX-REBELLES INTEGRES A L'ARMEE IVOIRIENNE, UN VERITABLE CANCER!


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Côte d'Ivoire: les ex-rebelles intégrés à l'armée, une plaie pour Ouattara

 

Les incidents meurtriers à répétition entre civils et ex-rebelles intégrés à l'armée ivoirienne mettent le régime d'Alassane Ouattara sous pression et soulignent l'urgence d'une réforme des forces de défense dans un pays toujours fragile après la crise de 2010-2011.

Une simple altercation entre un militaire des Forces républicaines (FRCI) et un jeune à Sikensi, près d'Abidjan, a dégénéré en conflit entre autochtones d'un côté, Malinké (ethnie du nord) et FRCI de l'autre, qui s'est soldé lundi par un bilan de quatre morts - deux soldats et deux jeunes -, une quinzaine de blessés et de nombreux dégâts.

Une semaine après des affrontements entre habitants et FRCI à Vavoua (centre-ouest) ayant fait six morts, ces événements jettent une lumière crue sur l'état de l'armée.

L'essentiel de ses éléments opérationnels est constitué des ex-rebelles venus du nord qui ont aidé le président Ouattara à accéder au pouvoir en avril, après quatre mois de crise et deux semaines de guerre contre les forces de l'ex-chef d'Etat Laurent Gbagbo (...)

Nord-Sud, quotidien proche de Guillaume Soro, Premier ministre et chef de l'ex-rébellion, mettait mardi le dernier incident sur le compte de "provocations" de pro-Gbagbo qui, par "haine", "refusent de voir" dans les FRCI "le symbole de l'armée nationale".

Mais le journal reconnaissait qu'on ne peut "absoudre" les FRCI après des semaines d'exactions.

Autochtones pro-Gbagbo face à Malinké pro-Ouattara et FRCI: les violences de Sikensi montrent que "le contentieux ethnique et politique est encore très fort: la réconciliation va mettre du temps", affirme à l'AFP un expert, sous couvert d'anonymat.

"Cancer"

Mais dans l'immédiat le problème tient surtout aux milliers d'ex-rebelles, armés et pour l'heure intégrés de facto à l'armée régulière, auxquels le régime doit offrir un avenir.

"Tous ne resteront pas dans l'armée: quand on les mettra à la porte, certains deviendront coupeurs de route, voleurs ou pourront être recrutés par les uns et les autres en cas de tension politique. C'est un vrai cancer", prédit l'expert.

Après Vavoua, le chef de l'Etat a décrété la "tolérance zéro" face à l'"indiscipline": il a créé une police militaire pour faire le ménage, confiée à un ancien commandant rebelle charismatique, Zakaria Koné.

Guillaume Soro, également ministre de la Défense, a promis pour janvier une tournée des casernes, et des "assises nationales" sont prévues début 2012 pour élaborer une réforme de l'armée.

Mais huit mois après la crise, ces annonces ne font que souligner que ce chantier reste quasi-vierge et qu'un programme de désarmement-réinsertion se fait toujours attendre.

Le pouvoir "ne sait pas par quel bout prendre le problème", pris entre les contraintes financières et sa difficulté à écarter des hommes qui se voient en "libérateurs", estime une source proche du dossier.

Les incidents sont en tout cas "le meilleur argument pour maintenir Soro comme Premier ministre", juge-t-elle.

Cette hypothèse fait toutefois grincer des dents chez les partisans de l'ex-président Henri Konan Bédié, principal allié de M. Ouattara, à qui le poste doit théoriquement revenir malgré la majorité absolue obtenue par le parti présidentiel aux législatives du 11 décembre.

Pour International Crisis Group (ICG), le président doit de toute façon être en première ligne.

Pointant dans un rapport publié mi-décembre une "criminalisation" des forces de sécurité, le groupe de réflexion appelait M. Ouattara, réputé plus amateur de dossiers économiques, à "ne déléguer à personne" le chantier sécuritaire.



DON MELLO FAIT LE BILAN DES ELECTIONS LEGISLATIVES DU 11 DECEMBRE 2011

 

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1- DE LA LEGITIMITE DE M. OUATTARA


L
es élections législatives de 2011 en Côte d'Ivoire viennent de s'achever. Le taux de participation était certainement plus attendu que la liste des élus et cela, afin de pouvoir mettre un chiffre officiel devant le désert électoral que tous les observateurs nationaux comme internationaux ont constaté pendant la journée du Dimanche 11 Décembre 2011 où il y avait plus de soldats français et onusiens autour des bureaux de vote que d'électeurs ivoiriens.

Le taux de participation qui est toujours le premier chiffre annoncé dans toutes les élections du monde, a été le dernier chiffre sorti des laboratoires de la Commission Electorale Indépendante (CEI). Il ne fallait surtout pas  dépouiller le pouvoir de M. OUATTARA Dramane de toute légitimité surtout que ces élections représentaient le troisième tour des élections présidentielles de Novembre 2010 !

Deux mots d'ordre se sont affrontés lors de ces élections : l'appel à voter, lancé par M. OUATTARA et l'appel au boycott, lancé par les partisans du Président Laurent GBAGBO.

Le constat est sans équivoque. Selon les observateurs du monde entier, l'appel au boycott était le grand vainqueur des élections législatives du 11 décembre 2011 et ces élections ont enregistré le plus bas taux de participation de l'histoire électorale de la Cote d'Ivoire : moins de 20%.

Pour masquer cet échec du camp OUATTARA, la CEI tente désespérément de dépasser le taux de participation de 2000 (33%)en relevant le taux de participation de 2011 à 36.56% avec des  revenants  ayant participé au vote (cas d'ATTECOUBE ou plusieurs morts ont voté dont Feu SYLLA  moussa décédé le 6 mars 2011 a voté le 11 décembre 2011 etc.), des bourrages d'urnes avec expulsion de représentants de candidats non RDR ou séquestration de présidents de bureau de vote(cas de  YOPOUGON, de BOUAKE, de DUEKOUE, de KOUIBLY etc.) et des procès verbaux fictifs (cas de YOPOUGON avec 500 procès verbaux fictifs venant des résultats préenregistrés, BOUAKE, DIVO, MAN etc.).

Or l'appel au boycott des élections législatives, lancé par le RDR en 2000 a eu peu d'influence sur le taux de participation enregistré lors des élections présidentielles de 2000  (le taux est passé de 37% aux élections présidentielles à 33% aux élections législatives). Pis, en 2000, son fameux appel à la participation à l'élection des conseils généraux suite aux journées de réconciliation n'a pas non plus rehaussé le taux de participation qui est au contraire descendu à 28.01%. Le peuple de Côte d'Ivoire est donc resté indifférent aux appels au boycott du RDR comme aux appels à participer.

Ce qui n'est pas du tout le cas pour les élections présidentielles et législatives de 2010 et de 2011 où le taux de participation est passé de 81.10% aux élections présidentielles à moins de 20% aux élections législatives selon les observateurs, et a été bonifié à 36.56%  par la CEI. Cela ressemble à n'en point douter, à une chute libre quelque soit le chiffre considéré.

Le laboratoire de la CEI, en affichant un taux de participation de 36.56% proche du taux de participation de 37% aux présidentielles de 2000, veut faire avaler aux Ivoiriens qu'il ya eu autant d'engouement  aux élections présidentielles de 2000 qu'aux élections législatives de 2011. Ce qui frise le ridicule car aux législatives de 2011 il y avait plus de soldats onusiens et français dans les lieux de vote que d'électeurs vivants et cela tranche avec la grande mobilisation observée lors des élections présidentielles de 2000 !

Même ce taux bonifié ne sauve pas pour autant la légitimité du pouvoir OUATTARA et la suite de notre propos, nous le prouvera.

Le taux de désaffection en 2000 était de  moins de 4% entre les élections présidentielles et législatives  à l'appel au boycott du RDR, et de moins de 9% à l'appel à participation du RDR aux élections des conseils généraux.

Même en considérant le taux bonifié de 36.56% soit 2.070.793 votants (y compris « les revenants », les bourrages d'urnes et les procès verbaux fictifs), ce nombre est inférieur de 17% au nombre de votants pour M. OUATTARA au deuxième tour des élections présidentielles (2 483 164).

Sur les 4.843.445 de votants au deuxième tour des élections présidentielles, 2 772 652 électeurs ont respecté le boycott, soit 57.2% d'électeurs c'est-à-dire plus de la moitié des électeurs ayant voté aux présidentielles de 2010 ont boycotté les élections et donc ne se sont pas rendus aux urnes !

Ces résultats permettent de formuler deux hypothèses :

1-    Soit plus de la moitié des personnes ayant voté au deuxième tour des élections présidentielles sont des pro-GBAGBO et donc ont respecté le boycott, ce qui confirme à posteriori que le Président Laurent GBAGBO est le vrai vainqueur des élections présidentielles ;

2-    Soit, en plus des pro-GBAGBO,  17% de ceux qui ont voté pour M. OUATTARA au deuxième tour des élections présidentielles se sont abstenus d'accompagner un pouvoir ethno génocidaire qui n'est ému que lorsque ses partisans sont tués et sont donc déçus de sa politique menée depuis le 11 avril 2011 ou ont été empêchés de voter. Vu l'enjeu et les appels successifs à voter en pleine élection, les cas d'empêchement  sont certainement minimes même s'ils  existent. Ce n'est pas non plus à cause de l'insécurité vu le nombre de soldats français et onusiens par lieu de vote. Cela prouve au moins une chose : M. OUATTARA, non seulement n'a pu obtenir un début de réconciliation avec les pro-GBAGBO, mais il a augmenté le nombre de mécontents dans son propre camp y compris dans son bastion nord.

Dans les deux cas de figure, la légitimité de M. OUATTARA est fortement entamée. Pour sauver son régime, il instrumentalisme de plus en plus les ressortissants du nord et devient plus un chef de tribu qu'un Chef d'Etat en se réfugiant dans un communautarisme primaire comme nous allons le démontrer à travers les résultats de ces fameuses élections législatives.

2- DE L'ETAT-NATION LIBRE A L'ETAT TRIBAL ASSIEGE

Sur 254 sièges à pourvoir, le RDR s'est octroyé  127 sièges, le PDCI gagne péniblement 77 sièges.

Sur les 127 élus du RDR répartis sur l'ensemble du territoire, 103 sont des ressortissants du Nord soit 81% des élus. Là où le PDCI choisit des ressortissants de la localité pour représenter la population, le RDR préfère choisir un nordiste. Dans un pays où le taux d'analphabétisme dépasse les 50%, cela veut dire qu'entre la population et certains élus RDR, il ne peut qu'y avoir un dialogue de sourd à moins qu'un des objectifs inavoués du RDR ne soit d'imposer le Dioula comme langue nationale. La plupart des élus RDR ne représentent donc qu'eux mêmes et certainement pas la population.

Une telle volonté hégémonique et communautariste d'une tribu sur l'ensemble de la population qui  compte plus de 60 ethnies, ne peut que porter un coup mortel à l'unité nationale et à la diversité culturelle.

Après avoir détruit les corps d'armée régulière, la gendarmerie et la police en les remplaçant par une armée tribale FRCI, M. OUATTARA s'est constitué une administration tribale à travers les différentes nominations aux fonctions administratives et judiciaires. L'architecture d'un Etat tribal vient d'être parachevée par un parlement qui ressemble à  un parlement tribal avec des observateurs extérieurs à la tribu où la majorité qui va voter toutes les lois est du Nord de la Côte d'Ivoire.

Le PDCI  a été créé comme un instrument de lutte anticolonial et le FPI,  créé sur des bases idéologico-politiques (lutte pour le multipartisme, la démocratie et le socialisme). Ces partis ont donc  pu s'implanter dans tous les groupes ethniques. Le RDR quant à lui, est un parti fondé sur un sentiment infondé de rejet d'une tribu. Aussi se réfugie-t-il dans le communautarisme et  constitue-t-il une menace sérieuse pour l'unité nationale et la diversité culturelle.

Ainsi, après avoir détruit l'Etat, M. OUATTARA entreprend la destruction du tissu national par une tribalisation injustifiée et outrancière de la vie politique.

En effet, le recensement général de la population et de l'habitat réalisé en 1998, donne une répartition de la population selon les origines ethniques. Sur une population de 15 millions d'habitants en 1998, il ressort que les divers groupes ethniques du Nord totalisent un effectif de 3.868.635 soit 19.34% de la population. Sur cet effectif, les Dioulas ne représentent que 505.764 soit 03.37% de la population. Une minorité si forte, ostentatoirement visible dans tout l'appareil d'Etat, ne peut qu'engendrer des ressentiments aux conséquences imprévisibles. Les ressortissants du nord non membres du RDR sont considérés comme des traitres et sont traités comme tels. On peut raisonnablement se demander : où va M. OUATTARA ?

Vouloir concentrer tous les pouvoirs d'Etat entre les mains d'un groupe ethnique minoritaire par un désir de vengeance, ne peut que compromettre l'harmonie de la société ivoirienne et  l'unité nationale et exacerber les haines. Si Nelson MANDELA s'était vengé, si Laurent GBAGBO en avait fait autant, ou serait l'Afrique du Sud, ou serait la Cote d'Ivoire ? La grandeur d'un homme politique se mesure par l'idéal qu'il souhaite et réalise pour chacun de ses concitoyens indépendamment de son appartenance politique, ethnique ou religieuse. Que souhaite M. OUATTARA pour 85% de ses concitoyens ? La réponse a cette question, détermine le projet de société réel du RDR.

Le seul projet de société du RDR semble donc de combattre l'exclusion par l'exclusion et de vivre ensemble sous une dictature tribale par une liquidation politique, économique, financière, voire physique de toute résistance que constitue 85% des ivoiriens avec la complicité de la communauté internationale dirigée par la France de SARKOZY dans sa volonté de reconquête coloniale. Elle qui était prompte à faire passer en boucle sur les télévisions internationales les moindres égratignures de ses alliés au nom des Droits de l'Homme, reste aveugle, aphone et sourde face aux meurtres commis chaque jour  sous ses yeux par les forces pro-OUATTARA confirmant cette règle d'or de toute stratégie de communication : on ne sert au public une information qu'à condition que cette information serve les intérêts de ceux qui la communiquent.

Il ne reste plus désormais, à M. SARKOZY  qu'à applaudir gaillardement « sa démocratie » qu'il est venu installer violemment avec ses bombes en ignorant plus de 80% du peuple mais s'alliant allègrement avec des « revenants » et autres citoyens fictifs. Incapable de régler les problèmes pour lesquels les Françaises et les Français l'ont élu, il décide de régler les problèmes de ceux qui ne l'ont pas élu pour distraire l'opinion publique en plongeant chaque jour son pays dans un surendettement.

Quand un pays africain a pour police la force française LICORNE, pour armée l'armée onusienne avec comme supplétifs des mercenaires africains, un parlement tribal, une administration tribale, une rébellion tribale dite force républicaine, ce n'est plus un ETAT-NATION libre mais un ETAT TRIBAL  assiégé. La réconciliation est devenue impossible avec un pouvoir de plus en plus assujetti, sourd, haineux, tribaliste et revanchard. Aucun pouvoir n'étant eternel, puisse la prochaine alternance, permettre aux ivoiriens de dépasser les haines tribales et raciales pouvant naitre de cette imposture qui n'est qu'une parenthèse de l'histoire de la Côte d'Ivoire pour forger dans l'unité retrouvée par la réconciliation, la patrie de l'hospitalité et de la vraie fraternité dans le respect de la souveraineté, du droit à la vie, du droit au travail quelque soit son bord politique, de la liberté d'expression, de l'égalité des citoyens devant la justice et les emplois publics, de la présomption d'innocence, de la volonté du peuple... c'est à dire : dans le strict respect de la charte des nations unies et  la déclaration universelle des droits de l'homme.



Dr DON MELLO Ahoua

 

Ministre de l'équipement et de l'assainissement  et

Porte-parole du Gouvernement AKE N'GBO

 

Source: INFOS COTE D'IVOIRE

L'ENVERS D'UN «PRINTEMPS»

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La «démocratie», version «printemps», est en train de faire des siennes dans la tête de pas mal d'excités qui croyaient dur comme fer que leur heure était venue. Ils se voyaient en haut, tout en haut de la vague irrépressible qui devait balayer les gouvernants arabes et leurs assimilés. On leur avait pourtant offert plateaux télévisés et prime time. On leur avait offert le plus puissant feu d'artillerie médiatique. On a fait d'eux le «peuple en marche» et la «révolution inéluctable». Leurs chefs, ceux qui avaient droit aux forêts de micros et aux lumières des projecteurs, jubilaient et ne croyaient plus qu'au sacre.

Et puis, rien de tout ça. La «démocratie», même entre guillemets, ne figurait pas, en définitive, dans les préoccupations de la «communauté internationale». Faisant feu de tout bois, elle a choisi ce qui est au plus près de l'efficacité recherchée et qui a les capacités de capter et de catalyser les mouvements populaires aux dérives imprévisibles. Le «printemps» prend l'allure d'un cauchemar. Fidèles aux signaux des maîtres, les têtes d'affiche se sont mises à féliciter les «islamistes», qu'hier elles voulaient éradiquer.

Les courtisans, moins initiés aux coulisses, en marge des QG de manœuvres, assistent médusés à l'effondrement d'un monde qu'ils pensaient à portée de main. Leurs pires ennemis sont les vainqueurs inattendus de ce qui figurait dans leurs agendas. On peut, désormais, lire leur panique, leurs lamentations ou leur amertume à longueur d'articles.

Les médias mainstream  ne sollicitent plus leurs leaders. Ils ont été surestimés...un temps. Ils ont eu droit aux sollicitations empressées et aux honneurs. Ils ont pu vivre le tourbillon que procurent la notoriété et les feux de la rampe. Ils n'ont été qu'une éventualité, pas une certitude. Inaptes à remplir les termes du contrat, ils ont été jetés à la poubelle ou remisés, en attendant. Seuls, abandonnés de tous, ils ramassent ce qui leur reste de bon sens et tentent de se ressaisir.

Tout s'est passé si vite ! Hier, adulés ils ne sont même plus des ombres. A leur place, ce sont les islamistes qui tiennent la vedette, qui ont le vent en poupe et qui caracolent sur la scène «printanière». Chose inimaginable, il y a peu, quand il fut établi que le «changement» devait survenir hic et nunc et que le peuple ne voulait rien d'autre que leur «démocratie» aux contours et au contenu non identifiés. Quand ils pouvaient jusqu'à se permettre de menacer ceux qui ne voulaient pas de leur diktat. A leur décharge, il était difficile pour eux de ne pas se laisser prendre par le délire, médiatisé, qui a déferlé sur la région et de ne pas avoir la grosse tête devant le statut qu'on leur a offert.

Reçus partout, reconnus et honorés, la tentation submergeait la raison. Ils étaient l'avenir et Alassane Ouattara en était la démonstration, la bande de Benghazi en prime. Il suffisait d'un petit mouvement, une petite secousse, une esquisse pour Al Jazeera, France 24 et consorts, qui feraient le reste et fabriqueraient les foules qui manquent à l'appel. Il n'en a rien été et il est dur d'en revenir.

 

Badis Guettaf


Source: LE JOUR D'ALGERIE

BONJOUR, LA ROUTE!

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Quelques jours passés en Alassanie, dominion français de la côte ouest africaine, convaincront même les plus sceptiques sur la diligence avec laquelle la route abidjanaise est en train d'être remise dans des habits dignes d'une capitale économique.

On comprend mieux les « ADO a goudronné ! » dont nous parlions en octobre dernier. Ils expriment l'enthousiasme de citadins complètement dégoutés de l'état de dégradation du réseau routier abidjanais, trop longtemps « abandonné » à son triste sort... Mais voilà qu'aujourd'hui, les travaux de réfection de la route sont tellement avancés qu'ils causent même de gigantesques embouteillages par endroit ; le sacrifice requis pour pouvoir, enfin, bénéficier d'un bitume conséquent.

C'est un plaisir difficile à bouder. La dette ? La pauvreté ? L'insécurité ? En réalité, toutes ces questions devraient être prioritaires. Mais, à vrai dire, peu importe au touriste assez courageux pour braver les « alertes » sécuritaires du Département d'Etat américain concernant la troisième ville la plus « dangereuse » du monde. Une fois à Abidjan, ébloui par « ces lumières [qui] illuminent le cœur des Ivoiriens et symbolisent la renaissance de la Côte d'Ivoire » (dixit Dominique Ouattara), ce qui ravit immédiatement le visiteur, c'est la facilité avec laquelle il déambule à 120 km/h sur l'asphalte flambant neuf qui relie les quartiers de la ville, sans s'inquiéter des nids de poules qui, il y a quelques mois encore, rendaient le périple plus ou moins cruel. Aujourd'hui, des artères que personne n'imaginait pouvaient traverser des bas-fonds jamais exploités sont nées. Des quartiers qui, hier seulement, n'étaient accessibles qu'avec une bonne dose de témérité, sont en train d'être bitumés. Des désenclavements opportuns, qui facilitent le ralliement d'un point à un autre des cités, sont dument aménagés. Bref, ces travaux sont bienvenus... et l'expérience serait encore plus alléchante si seulement le racket policier (intensif un jour, minimal un autre) avait totalement disparu.

A en croire Guillaume Soro, là se trouve la preuve de l'efficacité ouattariste. Certains Abidjanais, interrogés pour l'occasion, partagent clairement ce point de vue : « Qu'est-ce que Gbagbo a fait pour la route auparavant ? En dix ans, les Refondateurs n'ont rien fait ! Voici la preuve qu'Ouattara travaille ! Quand quelqu'un fait bien les choses, il faut le reconnaitre ! ». Reconnaissons donc... en notant, au passage, la grande ignorance des populations sur la question.

En effet, contrairement à ce que le camp Ouattara enseigne à ceux qui se nourrissent exclusivement du 20h de RTI 1, de France 24 et d'abidjan.net, la remise à neuf de la route ivoirienne ne date pas d'il y a six mois. Non, le projet n'a, ni été conçu dans les laboratoires de la rébellion armée (à Bouaké), ni dans l'antre mystique du RHDP (qu'elle soit située au Golf Hôtel ou ailleurs). Le projet est bel et bien né sous la Refondation, pendant cette dernière décennie où le pays était scindé en deux.

Non ? Eh bien, retour deux ans en arrière, au premier trimestre 2009. A l'époque, Bouaké Fofana, Directeur Général de l'AGEROUTE (structure étatique en charge de la gestion de l'infrastructure routière), avait accordé un entretien à un mensuel économique ivoirien, Tycoon, en marge d'un dossier de six pages intitulé « Où va la route ivoirienne ? ». Nota béné précieux : le directeur de publication dudit Tycoon magazine est un certain Fabrice Sawégnon, artisan de la campagne de communication d'Alassane Ouattara aux élections présidentielles de 2010, que l'on dit très proche d'Hamed Bakoyoko et que l'on pourrait difficilement accuser d'être un pro-Gbagbo. C'est pourtant son magazine qui, sous la plume du journaliste Francis Yédan, a publié cet excellent travail d'investigation qui annonçait, alors, le projet de réhabilitation du réseau routier actuellement en cours :

« Avec la période post-crise qui s'annonce, le financement des bailleurs de fonds dans ce secteur [routier] a repris. La réhabilitation d'infrastructures routières à Abidjan et à Bouaké, d'un coût total de 28 millions de dollars E.U [14 milliards de francs CFA, ndlr] est effective. Ce, dans le cadre du Projet d'Urgence d'Infrastructures Urbaines (PUIUR) financé par la Banque Mondiale. La composante 4 de ce projet est réservée aux infrastructures routières. Les routes exploitées par les services de transport public, les travaux d'amélioration, la fourniture et l'installation de panneaux routiers verticaux sont les principaux axes de cette composante. Egalement au nombre de cette composante, le marquage horizontal sur le plus de routes possibles et la réhabilitation de 7,2 km de voirie revêtue à Bouaké. Huit axes routiers (12,4 km de voirie revêtus) empruntés par la SOTRA seront réhabilités à Abidjan. Ajoutée à cela, la construction d'une passerelle à piétons, d'un pont de 120 mètres [à la Riviera 2, ndlr] et d'une route à la Riviera Palmeraie [celle réalisée depuis 2009-2010 qui relie la Riviera Attoban à la Riviera Palmeraie, ndlr]. La composante 3 du PUIUR financée à hauteur de 12 millions de dollars E.U est consacrée à l'élimination des principaux dépôts sauvages dans l'agglomération urbaine d'Abidjan. Quand on sait que les ordures jonchant les routes déversent un liquide corrosif. L'assainissement urbain (eaux usées) constitue la composante 2 du PUIUR. 15,2 millions de dollars E.U [7,6 milliards de francs CFA, ndlr] sont déjà mobilisés. La réhabilitation des principales stations de pré-pompage, de pompage, des égouts secondaires constitueront une bouffée d'oxygène pour le réseau routier abidjanais. Vu le nombre de canalisations bouchées et autres problèmes d'assainissement. La phase active du PUIUR [composante 1] est prévue, dans quelques semaines, pour une durée allant de quatre (4) mois à quatre (4) années [...] ».

Voilà qui balaie deux niaiseries fortement médiatisées :

a) l'arrêt total du financement des bailleurs de fonds à la Côte d'Ivoire avant le 11 avril 2011 ;

b) le manque de volonté et/ou l'inaptitude de l'ancien pouvoir à faire face au problème de l'insalubrité publique.

Mais voilà, surtout, qui atomise l'opportunisme trompeur qui tente de faire croire que ce qui se fait aujourd'hui est le résultat du génie d'Alassane Ouattara. C'est tout simplement faux. L'équipe gouvernementale actuelle ne fait que poursuivre un projet qui était déjà amorcé avant que la crise postélectorale ne le mette en veilleuse, temporairement.

Là, pourtant, n'est pas le plus important. L'article du magazine Tycoon rappelle surtout que la restauration des routes ivoiriennes est le résultat d'un processus qui s'est étendu sur plusieurs années et qui a rassemblé diverses compétences nationales, en matière de finances, d'ingénierie technique, etc. Quelles sont les chances que ces personnes partagent tous la même opinion politique ? Elles sont quasiment nulles. D'ailleurs, n'est-ce pas sous la férule d'un nommé Patrick Achi, Ministre des Infrastructures (hier et aujourd'hui), que la réhabilitation du réseau routier ivoirien a été pensée, étudiée, financée et lancée ? Si. A qui Patrick Achi rendait-il compte à cette époque ? A Laurent Gbagbo.

Le meilleur des responsables politiques ivoiriens se dévoile donc quand ils savent s'élever au-dessus de la basse-cour partisane pour faire ce que la population attend d'eux : travailler. Hélas, la sorcellerie politique reste le dénominateur commun des chapelles politiques ivoiriennes. Elles excellent dans la négation de leurs acquis communs et sont conscientes que les électeurs raffolent de ce type de palabres. Aussi, les leçons de novembre 2010 n'ayant jamais été apprises et l'attention des uns et des autres restant focalisée sur les intérêts partisans, les politiques ivoiriens misent sur une nouvelle ronde de fébrilité militante qui se prépare déjà pour 2015. En témoigne le sempiternel débat sur qui est président et qui ne l'est pas, dans lequel tombent tous les somnambules trop groguis pour noter les réalisations concrètes qui impactent leur propre qualité de vie.

La route fait partie de ces réalisations. En tant qu'infrastructure de développement, le seul débat qui devrait l'entourer relève, à la rigueur, des conditions de son financement. Seulement, combien s'intéressent même à ce point d'interrogation ? A Abidjan, tout ce que l'on sait, c'est que « ADO a goudronné ! ». Ce qui suffit à l'argumentation ou à la diabolisation. Le reste ? On s'en fiche éperdument. Bonjour la route... à vive allure, en ignorant les feux tricolores, les passages piétons... et l'essentiel de la question.


Fabien D'Almeida

fdalmeida007@gmail.com
Fabien D'Almeida ...Correctement politique


Source: PENSEES NOIRES.INFO

mardi, 27 décembre 2011

LOOKING FOR NICOLAS SARKOZY

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Looking for Nicolas Sarkozy a passionné les téléspectateurs (1 290 000 téléspectateurs soit une bonne audience pour Arte) mais énervé Lionnel Luca, député des Alpes-Maritimes et proche du président de la République. Dans ce documentaire, le réalisateur William Karel (Mais qui a tué Maggie?, Gallimard, le roi Lire) avait demandé à dix-huit correspondants de la presse étrangère en poste à Paris de juger Nicolas Sarkozy et son quinquennat.

« Durant 1h30, de propagande anti-Sarkozy, ces petits procureurs néostaliniens n'ont eu de cesse de critiquer, dénigrer, ridiculiser le chef de l'État », a expliqué le député du collectif UMP la Droite Populaire. Il a stigmatisé des « journalistes étrangers soigneusement choisis, dont un russe et un chinois sûrement moins bavards chez eux ». Selon lui, « ce documentaire-réquisitoire rappelle les grandes heures de la télévision soviétique. »

Arte « outrage des téléspectateurs qui participent à son financement et se déshonore avec une émission à sens unique », lâche Lionnel Luca avant de demander « comment le CSA compte comptabiliser ce temps ». William Karel, actuellement en tournage en Israël, n'a pas souhaité s'exprimer.

Lire aussi: Sarkozy vu par la presse étrangère


Source: LE FIGARO.FR

00:23 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : france, nicolas sarkozy, looking for nicolas sarkozy, arte, ump, lionnel luca, william karel | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

JEAN ZIEGLER PREND POSITION: «JE METTRAI MA MAIN AU FEU POUR LAURENT GBAGBO»


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Traduction d'une partie de l'entretien de Jean Ziegler, le lundi 19 décembre 2011, avec le quotidien suisse « zuerichsee-zeitung ».


Zs-zeitung. Vous dites que les occidentaux sont méchants, font les gentils seulement  dans les pays en voie de développement?

Jean-ziegler: Pas du tout. Il existe des criminels de grands chemins qui tiennent le pouvoir  dans les pays africains.

Prenons le cas du Cameroun, un pays vachement riche et dans ce pays,  les gens meurent de faim. La corruption, le népotisme et la dictature ont causé la misère dans ce pays. Les gens ne mangent pas à leur faim. La responsabilité première de cette misère incombe aux grandes multinationales, qui exploitent les ressources de ces  pays et qui sont servis par ces grands criminels au pouvoir.

Zs-zeitung
: Vous êtes l'ami de l'un d'entre eux : Laurent Gbagbo, le Président déchu de la Côte d'Ivoire, qui a été livré à la Haye  à la Cour Pénale Internationale. On l'accuse de crime contre l'humanité?

Jean ziegler
: Je suis à 100% d'accord avec le président Laurent Gbagbo....

Zs-zeitung
. Comment, s'il vous plait?

Jean ziegler
: Je mettrai ma main au feu pour lui. Son arrestation est un complot du Président français Nicolas Sarkozy, le fruit d'une stratégie organisée par les Etats-Unis et la France. Laurent Gbagbo a été démocratiquement élu en 2000 après avoir passé des années en exil, entre autre aussi à Genève.

Il est l'unique dirigeant ivoirien à avoir conduit des réformes gouvernementales et avoir voulu mener une politique d'assurance maladie dans son pays. Ces réformes ont été bloquées par les grandes multinationales de pharmacie. Les services secrets français ont ficelé, en 2002, un coup d'état contre Gbagbo et depuis ce temps, le pays est divisé, une partie chrétienne au Sud et l'autre musulmane au Nord. Son successeur Alassane Ouattara est une marionnette des services secrets français.

Zs-zeitung
: Quels intérêts pour l'occident, l'installation d'une marionnette au pouvoir ?

Jean ziegler
: La Côte d'Ivoire est le plus grand producteur de cacao au monde. Le pays dispose d'énormes réserves de pétrole. Gbagbo luttait pour un état souverain et nationaliste.

Zs-zeitung
: Pourriez-vous témoigner pour lui  à la Cour pénale internationale?

Jean ziegler
. Bien sûr, je comparaîtrais en qualité de témoin pour le défendre. Je suis convaincu qu'il sera déclaré non coupable dans le cadre de l'accusation. Le tribunal ne le chargera pas du tout. Ce sont les soldats français  qui l'ont bombardé avec des hélicoptères, l'ont  pris, mis en captivité et enfin l'ont  livré à la Haye. Laurent Gbagbo retournera dans son pays et sera réélu.


In le journal suisse, zürichsee-zeitung, du lundi 19 décembre 2011.

www.zurichsee-zeitung.ch


Michèle Laffont


Source : ABIDJAN DIRECT.NET

lundi, 26 décembre 2011

NOEL 2011 EN FRANÇAFRIQUE

NOEL EN FRANçAFRIQUE.jpg

"Nativité" macabre, sans paroles et sans musique... Arrêt sur image ! le film se déroule silencieusement : des flashs, les guerres, les coups d'état de Ouattara pour s'emparer du pouvoir, le président Gbagbo sous un déluge de feu, arrêté et traité comme un paria,  l'embargo sur les médicaments, puis l'absence de soins et la pénurie de médicaments encore et encore, le chômage en cascade, les violences au quotidien de ceux qui devraient protéger les civils, ces forces républicaines constituées de forçats en cavale et de délinquants désargentés, cette classe politique qui se recrute seulement dans le nord et qui continue de maintenir en prison les élus de la nation et qui n'est même pas capable d'intenter un procès au président Gbagbo dans son pays, cette élite qui ne souscrit qu'aux valeurs de la franc-maçonnerie : vie facile, argent facile, corruption déguisée en vertu, sexe, pouvoir, autorité ...

Bienvenue  en Chaos-land , dozoland et en ce moment Etat-lumière, magie de Noël...

Enfants, séchez vos larmes ! Dame Dominique est là pour vous distribuer des bonbons... Vous ne mangez plus à votre faim ? vous n'allez plus en classe ? Qu'à cela ne tienne, votre avenir est tout tracé : vous suivrez l'exemple des valeureux guerriers dozo et des hommes en treillis qui tirent sur tout ce qui bouge, vous pourrez violer, vous approprier le bien d'autrui, et si vous êtes un peu intelligent - pas trop ce serait suspect -, vous pourrez même vous imaginer aux commandes d'une charge, d'un ministère; et si vos mères manifestent des craintes et vous disent que vous êtes en train de mal tourner, vous leur direz que votre exemple, c'est le président plébiscité par la "communauté internationale", Ouattara le self made man dont le sourire et les manières policées ont fini de vous convaincre, et sa dame, la gentille croqueuse d'hommes et de fortunes ...

Oui, votre avenir tout tracé est du côté de ces hommes en costumes et chapeaux, sur le fond de la photo ! Ces hommes dont le destin est de singer la civilisation pervertie du blanc dont ils portent les oripeaux... et bientôt, comme eux, vous ne verrez plus la femme pleurer son fils qui n'est plus. Pour vous ce ne sera qu'un mort de plus, un anonyme, un de ces pauvres qui en grandissant vous aurait peut-être pris certains de vos privilèges, ou alors vous aurait fait de l'ombre, où vous aurait rappelé vos crimes...

Quant à vous, enfants d'hier devenus aujourd'hui les acolytes des brigands au pouvoir, sachez-le bien : ces morts, même s'ils deviennent poussière  et disparaissent de votre vue et de votre mémoire, ont du prix au regard de Celui qui comptabilise chacun de nos faits et gestes; et s'Il tarde à intervenir, ce n'est pas parce qu'il vous donne raison de dominer et d'imposer la loi du plus fort ! Mais plutôt parce que l'iniquité n'est pas encore à son apogée ! Parce que Dieu joue à « qui perd gagne », comme l'écrivait si joliment Didier Decoin, et que vous ne comprenez pas ses règles du jeu !

Parce que votre humanité est en train de vous quitter, et que vous ne voyez même pas que le monde vous observe et que les gens de bonne volonté sont horrifiés par vos actes et ceux de vos commanditaires ! Parce que vous vous prenez pour Dieu et que vous n'êtes que des pantins manipulés dans les mains d'autres pantins, encore plus méchants et plus déshumanisés que vous, prenez garde ! L'heure est aux bilans, la page 2011 va se refermer, mais vous n'allez pas ouvrir une page blanche, une page vierge ! Votre souillure ne va pas s'estomper sous les lumières somptueuses de votre "Noël" surréaliste où les ivoiriens manquent de tout, où plus rien ne marche, où les enfants sont sacrifiés sur l'autel de la cause occidentale, tandis que vous, vous étalez vos lumières! Prenez garde, tout comme les juifs n'ont plus voulu le terme d'Holocauste pour décrire leur génocide subi et non accepté, pour le remplacer par l'hébreu « shoah », catastrophe, anéantissement, prenez garde, les Ivoiriens et tout le continent africain derrière eux, les jeunes, ceux qui veulent un avenir qui en vaille la peine, ne vont pas vous tendre la joue droite puis la gauche pour que vous continuiez de les frapper, de les humilier...

Avec leurs pères, vous avez déjà suffisamment joué au punching ball; eux, ils n'ont plus de joue à présenter, mais ils vous disent qu'ils sont prêts, qu'ils sont équipés : ils ont étudié, ils se sont exilés pour ça, et ils vont revenir pour prendre en main leur destin !  Ils n'auront pas besoin de dépendre de préfets et de fonctionnaires dociles qui s'habillent en blanc pour jouer dans la cour des grands de ce monde ! Prenez garde, les règles ont changé et la participation de dame Ouattara à la messe de Noël, main dans la main avec ses « sœurs en la foi » ne va pas empêcher le Dieu de justice de déverser sa colère et de redresser la barre en réhabilitant qui vous savez et en guérissant les plaies vives de tous les Ivoiriens, telle Rachel pleurant ses enfants qui ne sont plus!

Que 2012 soit cette année de libération, ce « dies irae » de la juste rétribution de Celui qui ne sommeille ni ne dort, le gardien d'Israël, le gardien de la Côte d'Ivoire, et que tous les anciens « esclaves » se lèvent et prennent leur part d'héritage, leur part de fils et de filles, de dignes enfants de la côte d'ivoire et de l'Afrique, et chassent les usurpateurs, loin, très loin, définitivement !


Shlomit Abel

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

ABIDJAN: VILLE CONSACREE AUX DIVINITES EGYPTIENNES!


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C’est fait, la Côte d’Ivoire est enfin prostituée. Et le nouveau slogan maçonnique fait la pluie et le beau temps à la veille des fêtes de fin d’année 2011 : « Abidjan, perle des lumières ».

Les frères de lumière ont « triomphé » par la fraude et par la guerre. Ils ont triomphé et hissent sur toutes les artères d’Abidjan, les symboles dévoués aux divinités de l’ancienne Égypte formant la base rituelle et mystique de la franc-maçonnerie, notamment l’obédience Memphis-Misraï dont les rites mystiques se sont imposés dans toutes les loges maçonniques africaines et du reste du monde.

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Regardez les luminaires sur les lampadaires. Leur bizarrerie toute particulière a attiré votre attention ces derniers jours à Abidjan. Ils sont laids et rien ne justifie leur utilisation.

Hier mercredi 21 décembre dans la soirée, nos sources nous ont confirmé que ces luminaires maçonniques ont été allumés par Dominique Ouattara. Et tous les symboles maçonniques d’origine égyptienne ont envahi Abidjan.

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Vous y trouvez le serpent, le compas, le triangle flamboyant, l’œil d’Osiris, le compas, l’équerre maçonnique, la règle graduée, l’étoile flamboyante ; bref, toutes les divinités sont invoquées et symbolisées à travers une large fresque de symboles égyptiens en forme de luminaires décoratifs.

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Alors Abidjan est consacrée aux divinités maçonniques de l’ancienne Egypte. Comme du temps de Moïse, les pharaons d’un genre nouveau, installés à Abidjan par leurs frères maçons de l’Occident, rendent grâce et consacrent Abidjan et la Côte d’Ivoire aux divinités qui les ont aidé à triompher par le sang et le faux.

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Que fait l’Eglise chrétienne ? Que disent ceux qui invoquaient Dieu à la Place de la République pour qu’Il montre Sa Gloire ? Où sont-ils ? Et que font-ils pour désenvoûter la Côte d’Ivoire et Abidjan tombées aux mains des divinités comme Baal et Osiris ?

Est-ce la capitulation générale ? Est-ce la fin ? Allons-nous assister à la prostitution générale ?

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Car Abidjan affiche fière allure maçonnique. La ville vient d’être consacrée à Baal, Osiris, Horus, Isis et à toutes les divinités associées. Et mon âme a mal parce que le corps du Christ me donne l’impression d’avoir capitulé.

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Je vous en prie, ne vous fiez pas à l’apparence qu’ils donnent de contrôler la situation. Ce n’est qu’une mise en scène digne du malin. Ils donnent l’impression d’avoir gagné. Et pourtant, ils savent qu’ils ont perdu la partie. Mais ils sont dans les symboles visibles pour tromper et influencer votre esprit d’homme. Ne regardez pas aux choses visibles.

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Regardez aux choses spirituelles. Restez debout et demandez à Dieu de donner aux dignes fils de la Côte d’Ivoire, le feu vert pour entrer dans Jéricho. Maintenant !

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A Très bientôt.


Hassane Magued

La révolution permanente

«DECOLONISEZ L'AFRIQUE»: BERNARD LUGAN CENSURE SUR I-TELE


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Après un véritable psychodrame, la direction d’I-Télé a censuré un entretien que Robert Ménard avait enregistré avec l’africaniste Bernard Lugan dans le cadre de son émission quotidienne « Ménard sans interdit ». Bernard Lugan avait été invité pour présenter son essai « Décolonisez l’Afrique » qui vient de paraître chez Ellipses.


Cette décision relève de la censure et de l’atteinte à la liberté d’expression dont se réclament pourtant les journalistes. Une telle mesure montre que ceux qui se permettent de donner des leçons de démocratie, de tolérance et de « droits de l’homme » au monde entier ne supportent pas le parler vrai.

Quelle était donc la teneur des propos « scandaleux » tenus par Bernard Lugan ? Robert Ménard, avait posé à ce dernier quatre grandes questions:

1) Dans votre livre vous écrivez que les Africains ne sont pas des « Européens pauvres à la peau noire » ; selon vous, c’est pourquoi toutes les tentatives de développement ont échoué en Afrique ?

Le refus de reconnaître les différences entre les hommes fait que nous avons imposé à l’Afrique des modèles qui ne lui sont pas adaptés. Nous l’avons fait avec arrogance, comme des jardiniers fous voulant greffer des prunes sur un palmier et noyant ensuite le porte-greffe sous les engrais. C’est ainsi que depuis 1960, 1000 milliards de dollars d’aides ont été déversés sur l’Afrique, en vain. De plus, nous avons voulu européaniser les Africains, ce qui est un génocide culturel. De quel droit pouvons-nous en effet ordonner à ces derniers de cesser d’être ce qu’ils sont pour les sommer d’adopter nos impératifs moraux et comportementaux ? L’ethno-différentialiste que je suis refuse cette approche relevant du plus insupportable suprématisme. Contre Léon Blum qui déclarait qu’il était du devoir des « races supérieures » d’imposer la civilisation aux autres races, je dis avec Lyautey qu’il s’agit de pure folie car les Africains ne sont pas inférieurs puisqu’ils sont « autres ».

2) Dans votre livre vous proposez de supprimer l’aide.

Oui, car l’aide, en plus d’être inutile, infantilise l’Afrique en lui interdisant de se prendre en main, de se responsabiliser. Dans la décennie 1950-1960, les Africains mangeaient à leur faim et connaissaient la paix tandis que l’Asie subissait de terribles conflits et d’affreuses famines. Un demi siècle plus tard, sans avoir été aidées, la Chine et l’Inde sont devenues des « dragons » parce qu’elles ont décidé de ne compter que sur leurs propres forces, en un mot, de se prendre en charge. Au même moment, le couple sado-masochiste composé de la repentance européenne et de la victimisation africaine a enfanté d’une Afrique immobile attribuant tous ses maux à la colonisation.

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3) Vous dénoncez l’ingérence humanitaire que vous définissez comme un hypocrite impérialisme et une forme moderne de la « guerre juste », mais n’était-il pas nécessaire d’intervenir en Libye pour y sauver les populations ?

Parlons-en. Nous sommes en principe intervenus pour « sauver » les populations civiles de Benghazi d’un massacre « annoncé ». En réalité, nous avons volé au secours de fondamentalistes islamistes, frères de ceux que nous combattons en Afghanistan. Cherchez la logique ! Violant le mandat de l’ONU et nous immisçant dans une guerre civile qui ne nous concernait pas, nous nous sommes ensuite lancés dans une entreprise de renversement du régime libyen, puis dans une véritable chasse à l’homme contre ses dirigeants. Or, le point de départ de notre intervention reposait sur un montage et nous le savons maintenant. Que pouvaient en effet faire quelques chars rouillés contre des combattants retranchés dans la ville de Benghazi ? On nous a déjà « fait le coup » avec les cadavres de Timisoara en Roumanie, avec les « couveuses » du Koweït ou encore avec les « armes de destruction massive » en Irak. A chaque fois, la presse est tombée dans le panneau, par complicité, par bêtise ou par suivisme.

Mais allons plus loin et oublions un moment les incontournables et fumeux « droits de l’homme » pour enfin songer à nos intérêts nationaux et européens, ce qui devrait tout de même être la démarche primordiale de nos gouvernants. Nos intérêts étaient-ils donc menacés en Libye pour que nos dirigeants aient pris la décision d’y intervenir ? Etaient-ils dans le maintien au pouvoir d’un satrape certes peu recommandable mais qui, du moins, contrôlait pour notre plus grand profit 1900 kilomètres de littoral faisant face au ventre mou de l’Europe ? Nos intérêts étaient-ils au contraire dans la déstabilisation de la Libye puis son partage en autant de territoires tribaux livrés aux milices islamistes ? Sans parler des conséquences de notre calamiteux interventionnisme dans toute la zone sahélienne où, désormais, nos intérêts vitaux sont effectivement menacés, notamment au Niger, pays qui fournit l’essentiel de l’uranium sans lequel nos centrales nucléaires ne peuvent fonctionner…

4) Votre conception du monde n’a-t-elle pas une influence sur vos analyses et prises de positions ?

J’ai une conception aristocratique de la vie, je dis aristocratique et non élitiste, la différence est de taille, et alors ? Depuis 1972, soit tout de même 40 ans, je parcours toutes les Afriques, et cela du nord au sud et de l’est à l’ouest, ce qui me donne une expérience de terrain unique dans le monde africaniste ; c’est d’ailleurs pourquoi mes analyses ont du poids. Dès le mois de décembre 2010, dans ma revue, l’Afrique Réelle, j’ai annoncé ce qui allait se passer en Egypte trois mois plus tard. De même, dès le début, j’ai expliqué que le « printemps arabe » n’était qu’un mirage, un miroir aux alouettes autour duquel tournaient les butors de la sous-culture journalistique cependant que, méthodiquement et dans l’ombre, les Frères musulmans préparaient la construction du califat supranational qui est leur but ultime.


Voilà les propos que les téléspectateurs d’I-Télé n’ont pas eu le droit d’entendre.

Comment riposter à cette censure ?

1) En rejoignant les centaines de milliers d’internautes qui ont visité le blog officiel de Bernard Lugan : www.bernard-lugan.com

2) En s’abonnant à la revue mensuelle par PDF L’Afrique Réelle, la seule publication africaniste libre.

3) En achetant « Décolonisez l’Afrique » (Ellipses, novembre 2011).

4) En faisant savoir autour de vous que dans la « Patrie des droits de l’homme », un directeur de chaîne de télévision peut impunément censurer un universitaire auteur de plusieurs dizaines de livres consacrés à l’Afrique, conférencier international et expert de l’ONU.


10:23 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, france, bernard lugan, robert ménard, décolonisez l'afrique, direction d'i-télé, éditions ellipses | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

ENQUETE DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE: A QUI PROFITE LE CRIME?


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La Cour Pénale Internationale (CPI) a autorisé une enquête sur les crimes présumés relevant de sa compétence et commis en Côte d'Ivoire lors de la crise postélectorale. Qu'elle décide ou non d'étendre cette enquête à 2002 comme sollicité par la plupart de ceux qui connaissent la situation politique en Côte d'Ivoire, elle se prononcera sur les présumés auteurs.

Le Procureur Ocampo, a indiqué à cet effet, lors de son dernier passage à Abidjan,  qu'il s'intéressera  à un maximum de six personnes, réservant les autres aux juridictions nationales. Depuis cette annonce, les supputations vont bon train pour connaître ceux qui figureront sur cette liste restreinte. Et sauf à commettre la plus grande injustice du siècle, les observateurs attendent de lui qu'ils s'intéressent au camp du duo Ouattara-Soro, comme il n'a pas l'intention de le faire.

Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est cette réponse qui coule de source lorsqu'on se pose la question banale que les grands détectives de la littérature policière, de Sherlock Holmes à Colombo, se posent lorsqu'ils sont à la recherche d'un coupable dans un crime à élucider: à qui profite le crime ? Oui, à qui donc profitent tous ces crimes commis en Côte d'Ivoire depuis plus d'une décennie ? Le Procureur Ocampo ne devrait pas ignorer cette question, dans la mesure où elle lui permet de cerner les motivations profondes de ces crimes et de remonter par voie de conséquence les criminels.

En effet, depuis 1999 à ce jour, les violences que la Côte d'Ivoire a connues sont imputables aux ambitions d'un seul homme : Alassane Ouattara. Elles sont liées à son combat personnel en vue d'accéder au pouvoir et surtout à son refus obstiné de se soumettre à la loi et aux décisions des instances judiciaires de la Côte d'Ivoire.

Des crimes commis pour porter Ouattara au pouvoir

C'est en 1993 qu'il faut retourner pour trouver le fil conducteur des crimes commis en Côte d'Ivoire. Après le décès du Président Félix Houphouët-Boigny, M. Ouattara, alors Premier ministre s'oppose à l'application de la Constitution qui prévoit que le Président de l'Assemblée nationale termine le mandat présidentiel. « Hésitant quoi qu'il en dise, à tenter un coup de force pour s'emparer du pouvoir, il finit par démissionner de son poste le 9 décembre ». Le Président Henri Konan Bédié peut commencer son office présidentiel. Mais une lutte sans merci s'engage alors entre les deux hommes.

Car, en 1999 les choses sérieuses commencent avec le rebondissement du conflit entre les deux. Revenu de Washington où il avait travaillé au Fonds Monétaire International (FMI), M. Ouattara se fait désigner non seulement Président du Rassemblement Des Républicains (RDR), mais en même temps candidat de ce parti aux échéances présidentielles d'octobre 2000. A cette occasion, il présente des pièces d'identité nationale qui vont être par la suite contestées par le régime du Président Bédié, alors Président de la République.

Un mandat d'arrêt est alors délivré contre lui pour "faux et usage de faux documents administratifs". La direction du RDR neutralisée du fait de l'emprisonnement de ses principaux leaders, le RDR et M. Ouattara n'eurent leur salut que dans le coup d'Etat de décembre 1999 qui porta le Général Robert Guéï au pouvoir.

Manifestement, ce coup d'Etat vient mettre fin à une série noire pour M. Ouattara, le sort d'une très mauvaise passe et lui fait reprendre l'initiative. De toute évidence, le coup d'Etat qui a été perpétré lui profite. L'éclat de voix du Président Laurent Gbagbo à l'occasion de la formation du premier gouvernement Guéï prend tout son sens. « C'est un gouvernement RDR. Si c'est un coup d'Etat RDR, qu'on nous le dise », déclare-t-il à propos du putsch. M. Ouattara lui-même avait annoncé les couleurs en déclarant auparavant : « Nous  frapperons ce pouvoir au bon moment et il tombera ».

Cependant, de grosses divergences apparaissent entre les partisans de M. Ouattara et le Général Robert Guéï qui refuse de conduire la transition militaire selon les desiderata de M. Ouattara à qui devait échoir le pouvoir.  Les partisans de ce dernier se retirent des organes de la transition, y compris le gouvernement. Ce qui n'empêche pas le général Robert Guéï de respecter le calendrier référendaire et électoral. Si M. Ouattara reconnaît plus tard que la Constitution qui est adoptée à la fin du mois de juillet 2000 le vise en son article 35, même s'il ne se sent pas concerné, les observateurs constatent qu'elle l'écarte de la course à la présidence. Ce que la décision d'octobre 2000 de la Cour suprême ne manquera pas de faire pour « nationalité douteuse ».

Dans un tel contexte, le Général Robert Guéï n'eût plus de répit. Les mêmes militaires qui avaient opéré le coup d'Etat de décembre 1999 tentent de le déloger de la tête de la transition. Plusieurs tentatives de coup d'Etat le viseront de juillet à octobre, dont le plus connu est le « complot du cheval blanc » du 18 septembre 2000. Quant à la direction politique du RDR de M. Ouattara, elle demandera le boycott de l'élection présidentielle d'octobre 2000.

Mais le Général Guéï Robert, candidat, sentant sa défaite après les premiers décomptes de la Commission Nationale Electorale, se précipita pour dissoudre la Commission Nationale Electorale et se faire proclamer vainqueur de  l'élection présidentielle. Une crise électorale s'ensuit puisque, à l'appel de Laurent Gbagbo, ses partisans descendent dans les rues pour arracher sa victoire.

C'est le moment que choisit le RDR qui qualifie d' « illégitime » cette élection, pour réclamer un nouveau scrutin avec la participation de tous les candidats ».  Monsieur Ouattara demande à ses partisans de prendre la rue, sous le prétexte que le pouvoir y était et qu'il fallait le chercher. C'est dans cette explosion de violences que M. Ouattara annonce lui-même la découverte d'un charnier.

Le rejet de la candidature de M. Ouattara le 1er décembre 2000 par la Cour suprême à l'occasion des législatives est encore l'occasion d'une nouvelle explosion de violences. Tout en se retirant du scrutin, le RDR appelle ses partisans à des manifestations dont la violence conduit le Président Laurent Gbagbo à décréter l'état d'urgence et à imposer un couvre-feu le 4 décembre.

A défaut de créer une situation insurrectionnelle lors de ces manifestations électorales pour prendre le pouvoir, M. Ouattara et ses hommes vont s'engager dans d'autres voies. En janvier 2001, une tentative de coup d'Etat est éventrée et connue sous l'appellation de « complot de la Mercédès noire ». En septembre 2002, une autre tentative échoue et se mue en rébellion. L'objectif poursuivi et reconnu par plusieurs acteurs de la rébellion est de porter M. Ouattara au pouvoir.

A partir de ce moment, avec un pays coupé en deux, les accords que cette situation impose (Linas-Marcoussis, Accra, Pretoria, Ouagadougou), auront pour objectif de satisfaire les revendications de la coalition RDR-Rébellion. Elle obtient non seulement un  poste de Premier ministre et un quota automatique des postes ministériels dans le gouvernement, mais aussi des réformes législatives et constitutionnelles, particulièrement l'assouplissement des conditions d'acquisition de la nationalité, et des conditions d'accès au foncier rural et surtout l'éligibilité de M. Ouattara à l'élection présidentielle. En réalité, il s'agit de revenir sur les modifications législatives et constitutionnelles qualifiées d'« ivoiritaires » qui avaient été introduites par le Président Henri Konan Bédié lors de son mandat présidentiel.

De telles évolutions n'ont eu d'autre but que de préparer en fait l'estocade. Car, pendant que le Président Laurent Gbagbo faisait toutes ces concessions, la coalition RDR-Rébellion qui préparait une fraude gigantesque sur la liste électorale et le jour du scrutin n'a pas satisfait la seule exigence qui lui avait été demandée, à savoir le désarmement.

Et le plan qui avait été longtemps mûri fut appliqué. En dépit d'une décision du Conseil constitutionnel proclamant le Président Laurent Gbagbo vainqueur de l'élection présidentielle, M. Ouattara la contesta encore une fois et engagea, avec l'appui des forces militaires françaises et onusiennes, une guerre contre le régime qui réussit à l'imposer à la tête de la Côte d'Ivoire.

Ainsi qu'il est loisible de le constater à travers cette genèse, les violences que la Côte d'Ivoire a connues depuis une décennie, notamment à partir de septembre 2002 ainsi que les crimes dont la CPI recherche les auteurs ont été commis pendant les manifestations qui visaient à installer coûte que coûte M. Ouattara au pouvoir.

Peut-on mener une enquête impartiale sans chercher à tourner le regard vers son côté ? N'est ce pas parce que c'est à lui qu'ont profité tous ces crimes qu'il peut être le premier à avoir intérêt à les voir commettre ?

Ouattara récompense les auteurs des crimes

C'est en effet parce que c'est à lui que profitent tous ces crimes qui ont été commis qu'il faut donner du crédit aux déclarations des chefs rebelles qui ont avoué avoir pris les armes pour qu'il soit candidat et avoir reçu des vivres et subsides de  M. Ouattara au cours de leur exil - formation.

C'est aussi ce qui peut expliquer les nominations scandaleuses qu'un Etat normal n'aurait jamais accepté. En effet, tous les chefs militaires de la rébellion ont connu une promotion sous M. Ouattara, certainement pour les récompenser d'avoir mené le bon combat qui l'a conduit au pouvoir.

C'est encore ce qui peut expliquer que les cadres civils de la rébellion aient bénéficié de maroquins au Gouvernement et qu'ils s'apprêtent à bénéficier de postes de députés taillés sur mesure sous la bannière du RDR, le parti dont M. Ouattara est le Président.

En définitive, quand on a été aussi froid dans la mise en œuvre d'un plan aussi machiavélique, en agissant avec autant de constance dans la contestation de la loi, de l'ordre établi et des autorités judiciaires, on ne peut que conclure à la responsabilité de M . Ouattara. « Élémentaire, mon cher Watson !» aurait pu paraphraser M. Ocampo si tant est que son intention est de découvrir les auteurs des crimes commis en Côte d'Ivoire.

Gbagbo une posture de légitime défense et un devoir de défense de l'intégrité territoriale

De surcroît, ce sont les troupes du duo Ouattara-Soro qui ont toujours attaqué. Les crimes de guerre et contre l'humanité ainsi que le génocide commis à l'occasion de ces attaques l'ont été dans le cadre d'une politique bien pensée, planifiée, organisée et mise en œuvre de façon méthodique, relevée bien souvent par les rapports d'enquête[1] et sont imputables aux troupes du duo-Soro- Ouattara.

Le Président Laurent Gbagbo et les forces de défense et de sécurité n'ont été qu'en situation de légitime défense. L'article 8 paragraphe 3 du Statut de Rome instituant la Cour Pénale Internationale, leur reconnaît d'ailleurs des droits en la matière, en précisant, à l'occasion de la définition des crimes, que rien « n'affecte la responsabilité d'un gouvernement de maintenir ou rétablir l'ordre public dans l'Etat ou de défendre l'unité et l'intégrité territoriale de l'Etat par tous les moyens légitimes ». Ajoutons aussi que selon l'article 31 du Statut de Rome, « une personne n'est pas responsable pénalement si, au moment du comportement en cause ... elle a agi raisonnablement pour se défendre, pour défendre autrui ou, dans le cas des crimes de guerre, pour défendre des biens essentiels à sa survie ou à celle d'autrui ou essentiels à l'accomplissement d'une mission militaire, contre un recours imminent et illicite à la force, d'une manière proportionnée à l'ampleur du danger qu'elle courait ou que couraient l'autre personne ou les biens protégés ».

On se retrouve ainsi dans une situation à la ubuesque et cocasse et qui explique son caractère dramatique : M. Ouattara et ses troupes commettent des crimes passibles de la CPI pour assouvir une soif de pouvoir. Plutôt que de chercher à les traduire devant la juridiction sensée rendre justice, c'est ceux qui ont défendu bec et ongle leur Etat et ses institutions comme le Statut de Rome leur en donne le droit qui courent le risque d'être transférés pour répondre on ne sait de quels actes ?

Il s'agit manifestement d'une situation injuste dont le caractère scandaleux n'échappe à personne. Qui peut prévoir les conséquences d'une telle injustice sur les ivoiriens et les réactions qu'elle peut susciter dans un contexte déjà explosif de gestion de pouvoir par un régime ethno-génocidaire qui s'empare de tous les leviers de l'Etat tout en privant la majorité de la population de tous les droits au travail, à la propriété, à la sécurité et à la vie? Est-ce vraiment la loi du plus fort que l'on veut instaurer dans ce pays? Dans cette hypothèse, aucun pouvoir, aucune domination n'étant éternels comme nous l'enseigne l'histoire des peuples, les dirigeants actuels sont-ils entrain de donner les recettes pour leur traitement lors de l'inéluctable alternance ?

Assurément, il y a péril en la demeure. Car aucune parade ne semble s'opposer à la multiplication des  ingrédients d'une explosion sociale en Côte d'Ivoire. La réconciliation nationale a du plomb dans l'aile parce que l'un des acteurs incontournables de la crise en est écarté. Des élections législatives non inclusives et non transparentes vont mettre en place un parlement monocolore. La justice des vainqueurs qui a cours au plan national semble étendre ses tentacules au plan international.



Kouakou Edmond

Docteur en droit, Consultant

 

http://www.infodabidjan.net/contribution/enquete-de-la-co... du 28 novembre 2011 ; http://cotedivoirebienaime.over-blog.com/articles-blog.html du 30 novembre 2011; Le Nouveau courrier, N°378 du mardi 29 novembre 2011 ; Notre voie, n°3996 du mercredi 30 novembre 2011



[1] Rapport de la Commission d'enquête internationale mise en place par  l'ONU, 25 mai 2004.

dimanche, 25 décembre 2011

COUR PENALE INTERNATIONALE: LIBERTE PROVISOIRE POUR LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 


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Le 5 décembre 2011, le Président Laurent Gbagbo a fait sa première comparution devant les juges de la Cour Pénale Internationale (CPI). Sollicité pour intervenir sur les conditions de son transfèrement le 29 novembre, Le président Laurent Gbagbo a dénoncé la violation répétée de ses droits. Il n'a eu de cesse d'attirer l'attention des juges sur la nécessité d'un respect scrupuleux des procédures. « On peut faire les choses de façon... plus normale... on peut faire mieux », a-t-il clamé tout au long de son intervention.

C'est donc une véritable leçon de droit qu'il a donnée devant une juridiction censée assurer la justice à l'échelle planétaire pour dénoncer les conditions de son arrestation, de sa détention et de son transfèrement qui ne se sont pas faites selon les règles prescrites aussi bien par le Statut de Rome instituant la CPI que par la législation nationale à laquelle le Statut de Rome renvoie  d'ailleurs de manière constante. En réalité, le Président Laurent Gbagbo a été capturé, séquestré et enlevé.

Une capture dramatique

Le Président Laurent Gbagbo a affirmé avoir été arrêté après douze jours de bombardement de sa résidence par les forces françaises. Ceux-ci continuaient au moment de son arrestation alors même qu'une cinquantaine de chars français encerclaient la résidence. « C'est l'armée française qui a fait le travail, et elle nous a remis aux forces d'Alassane Ouattara qui n'étaient pas encore les forces régulières de la Côte d'Ivoire, parce que les forces régulières travaillaient avec moi ».

Ces propos du Président Laurent Gbagbo informent que c'est bien l'armée française qui a remis Laurent Gbagbo aux forces d'Alassane Ouattara après avoir fait le travail de destruction du palais, et notamment de massacre des jeunes patriotes qui étaient venus lui apporter leur soutien en musique. Une telle arrestation ne pouvait être conforme aux exigences du Statut de Rome dont l'article 59 exige que toute personne suspectée dans le cadre d'une enquête de la CPI soit « arrêtée selon la procédure régulière ». Les moyens militaires déployés en font une véritable capture.

La résolution 1975, adoptée le 30 mars 2011 par l'ONU, est souvent exhibée comme le texte de référence ayant servi de fondement à l'intervention des forces françaises. Mais, en dépit d'une lecture attentive, on n'y trouve pas trace d'une seule disposition qui autoriserait les forces françaises à procéder au bombardement du palais présidentiel et y opérer des arrestations. Au contraire, l'autorisation donnée aux forces dites impartiales, d'« utiliser tous les moyens nécessaires » était destinée à «  protéger les civils menacés d'actes de violence physique imminente.., y compris pour empêcher l'utilisation d'armes lourdes contre la population civile  ». C'est d'ailleurs ce que reconnaît, la ministre des Affaires étrangères de l'Afrique du sud, Madame Maite Nkoana-Mashabane qui a participé au vote de cette résolution : « Je ne me rappelle pas avoir donné un mandat à quiconque pour un bombardement aérien sur la Côte d'Ivoire. Nous ne soutenons pas nécessairement ce que nous n'avons pas voté. »[1]. Les forces françaises ont ainsi outrepassé les droits à eux conférés par une résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU, à l'endroit d'un Etat plus faible, comme elles l'ont d'ailleurs fait aussi en Lybie avec d'autres puissances occidentales.

Aucune disposition ne les autorisait non plus à arrêter le Président Laurent Gbagbo et à le remettre aux forces de son adversaire, des forces rebelles et non régulières. Faut-il rappeler à ce propos qu'après avoir été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle par le Conseil constitutionnel qui a recueilli son serment de façon solennelle,  le Président Laurent Gbagbo a reçu les forces militaires de Côte d'Ivoire qui sont venues lui faire allégeance ? Ainsi, au moins au moment de son arrestation, les forces alliées à M. Ouattara demeuraient des forces rebelles, hors-la-loi. L'arbitraire qui a présidé à cette arrestation laissait présager les conditions de détention peu amènes.

Une séquestration inhumaine et dégradante

Le Président Laurent Gbagbo a ensuite affirmé que lors de sa détention à Korhogo, il « ne voyai(t) pas le soleil. Je ne savais ce qui se passe dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit ... Les quelques rares fois où j'ai vu le soleil, (c'est)... quand ... mes avocats... sont venus... L'enfermement, sans pouvoir marcher, sans pouvoir voir le ciel, sans pouvoir sortir a fait que j'ai eu de nouvelles pathologies en plus de celles que j'avais déjà... aujourd'hui j'ai mal à l'épaule, j'ai mal ... à tous les poignets ».

Les propos du Président tendent à dénoncer le traitement dégradant et inhumain dont il a été victime. Maintenu au secret, empêché de faire des exercices physiques, le Président  développe actuellement de nouvelles pathologies à l'occasion de cette séquestration que les autorités ont voulu habiller en « mise en résidence surveillée », alors même que le décret qui devrait lui servir de fondement n'a pas été produit à ce jour ni même notifié au concerné.

Ce traitement relève de la torture au sens de l'article 7 du Statut de Rome, à savoir « le fait d'infliger intentionnellement une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, à une personne se trouvant sous sa garde ou sous son contrôle ».

Un tel régime n'est pas celui que l'on applique à un prisonnier. Divers textes protègent les détenus à travers l'édiction de règles conformes aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales. Parmi ceux-ci, les principes fondamentaux relatifs aux détenus imposent qu'ils soient « traités avec le respect dû à la dignité et à la valeur inhérentes à l'être humain ». Même au sujet des prisonniers du Camp de Guantanamo dont le statut de « combattants illégaux » justifiait un régime d'exception, la Cour suprême des Etats-Unis[2] a jugé en 2006 qu'il fallait leur appliquer la Convention de Genève, c'est-à-dire un traitement humain et conforme au droit.

Le Président Laurent Gbagbo n'a pas eu droit à un traitement conforme au droit et à des égards dus à son rang. C'est d'ailleurs pour dénoncer cet enfermement arbitraire qu'à l'époque, Me Altit, son avocat avait trouvé qu'il était un « otage maltraité ». Le simple suspect qu'il demeure à ce jour, à l'encontre de qui les charges demandent à être confirmées, ne devrait pas être privé de ses droits humains les plus fondamentaux.

Qu'est ce qui peut autoriser que le Président Laurent Gbagbo soit détenu au secret, enfermé des jours entiers, avec possibilité de voir la lumière du jour uniquement à l'occasion des rares visites de ses avocats ? A-t-on idée de la torture morale que représente le fait de confier sa surveillance à un chef de guerre (Fofié) sanctionné par l'Onu pour avoir fait mourir des prisonniers asphyxiés dans un container et qui pouvait, à lui seul, refuser de déférer aux ordres d'un juge d'instruction ?

Et dire que cette résidence de détention du Président Laurent Gbagbo appartenait à Soro Guillaume, Premier ministre de M. Ouattara! C'est donc reconnaître que ces conditions de détention étaient non seulement connues des plus hautes autorités du pays, mais mieux, voulues par elles. A quelle fin ? Que de nouvelles pathologies s'ajoutant aux anciennes, entraînent l'irréparable ? Le supplice de l'homme de soixante six (66) ans  ne s'est pas arrêtée à cette détention abusive.

Un enlèvement

Au sujet du transfert à la CPI, le Président Laurent Gbagbo dénonce une audience improvisée par  les juges ivoiriens dont ni ses avocats, ni lui-même n'ont été informés auparavant, alors même que ses avocats avaient été attirés là dans le cadre d'une autre affaire.

Pourquoi cette ruse ? Pourquoi cette « rapidité suspecte » ? Pourquoi une audience aussi précipitée alors même que selon l'article 89 du Statut de Rome, lorsque la coopération d'un Etat est demandée à l'occasion de l'arrestation d'une personne, ledit Etat doit y répondre conformément « aux procédures prévues par (sa) législation nationale ».  Celles-ci sont organisées par la loi fondamentale pour ce qui est d'un Président en exercice au moment de la commission des faits qui lui sont reprochés. Pourquoi les organes compétents n'ont-ils pas été sollicités ? Pourquoi la procédure spéciale prévue n'a pas été suivie ? Nous l'avons déjà écrit : quelque soit l'angle sous lequel ce problème peut être abordé, la Haute Cour de Justice ou tout au moins le Conseil Constitutionnel aurait dû être sollicité pour autoriser les poursuites et donc le transfèrement, si tant est que la Constitution le permet.

Ces écarts avec la procédure prévue expliquent certainement pourquoi la défense n'y a pas été associée. Le sort réservé aux avocats à l'occasion de cette audience « volée », rappelle  la façon dont la défense a été traitée depuis l'incarcération du Président Laurent Gbagbo, comme il le reconnaît lui-même : « Mes avocats... sont venus avec des difficultés... Me Altit est allé́ jusqu'à Korhogo. Il a fait deux jours. On l'a empêché de me rencontrer. Et ça été́ tout le temps, comme ça, une bataille entre les avocats et mes geôliers ».

Les avocats avaient auparavant dénoncé le fait que les droits de la défense étaient  bafoués. Car, même lorsqu'ils disposaient de l'autorisation écrite des autorités judiciaires, ils ne pouvaient accéder à leur client pour organiser sa défense et plaider sa cause.  Ils ne pouvaient pas le rencontrer dans des conditions de confidentialité.

Le vice de forme est incontestable puisque le Statut de Rome, en son article 55, impose que dans le cadre d'une enquête ouverte, la personne suspectée soit « interrogée en présence de son conseil ». Une exigence minimale qu'on n'aurait pas dû rappeler à des magistrats qui savent que le droit de la défense est une prérogative que possède toute personne à l'occasion d'un procès et qui commence dès le stade de l'enquête et que plusieurs textes reconnaissent, comme la déclaration universelle des droits de l'homme en son article 11.

Une logique juridique ne peut justifier cette procédure. Seule une logique politique peut expliquer de telles conditions de transfèrement. L'instrumentalisation de la CPI longtemps critiquée apparaît ici. Le mandat d'arrêt lui-même présente des lacunes, car certaines mentions n'y sont pas explicitées.

On est d'autant plus sidéré par ces comportements que, à ce jour, le Président Laurent Gbagbo n'est qu'un suspect, « soupçonné d'avoir joué un rôle » dans la commission des crimes portés à sa charge par un Procureur, dont les soupçons peuvent être remis en cause par la défense, à charge pour le juge de décider en définitive lors de l'audience de confirmation des charges. A ce stade de simples allégations, peut-on se permettre de faire subir autant d'épreuves au Président Laurent Gbagbo ?

Au total, depuis sa capture jusqu'à son enlèvement pour la CPI, nous n'avons assisté qu'à une violation répétée des droits du Président Laurent Gbagbo. De telles irrégularités commises dans une procédure qui implique une juridiction internationale censée rendre une justice planétaire, ne devraient-elles pas être sanctionnées ? Le minimum qu'on puisse offrir à un homme qui a subi un tel déni de droit n'est-il pas la liberté provisoire ?

Mais la CPI est-elle prête à y accéder lorsque l'on prend la pleine mesure des obstacles qu'elle met au travail de la défense et qui sont apparus lors de la Conférence de mise en état du 14 décembre 2011 ? En effet, privée d'aide judicaire pour mener ses enquêtes, ainsi que des indispensables appuis logistique et financier, la défense ne s'est pas encore vue remettre la requête rédigée par le Procureur pour justifier son mandat d'arrêt et les preuves qu'elle est censée contenir. Il s'y ajoute les trafics d'influence qui se sont multipliés depuis le début au niveau de la CPI, au grand dam de l'impartialité dont les juges devraient faire preuve. La diplomatie française s'est trop impliquée de manière voyante à la CPI aussi bien à la veille de la décision d'ouverture d'enquête en Côte d'Ivoire que lors du transfèrement du Président Laurent Gbagbo à la Haye pour qu'on ne soupçonne pas une influence coupable.   Comment justifier ces entretiens entre le Procureur Ocampo et le duo Ouattara-Soro dans une affaire dans laquelle ces derniers apparaissent comme les premiers suspects ?

Cette collusion entre le Procureur de la CPI et ces suspects jettent manifestement un discrédit sur cette juridiction internationale. Elle conforte dans l'idée que le rôle assigné à la CPI est d'accueillir les résistants et nationalistes africains qui, autrefois étaient déportés  dans des pays étrangers (au Gabon (Samory Touré) ou en Martinique (Béhanzin) par le pouvoir colonial alors même que leurs « collabo » locaux étaient promus à de hauts postes (chefs de cantons hier Président de la République et premier ministre aujourd'hui). Après avoir « livré bataille » pour installer son « préfet » Ouattara en Côte d'Ivoire, pendant combien de temps le Président français Nicolas Sarkozy compte-t-il le maintenir au pouvoir après le taux d'abstention record enregistré aux dernières législatives, la preuve parfaite de son illégitimité ? Va-t-il réussir à maintenir le Président Laurent Gbagbo qu'il veut à tout prix punir pour insoumission à l'ordre néocolonial, en déportation à la Haye, sans compromettre définitivement les rapports à long terme de son pays avec la Côte d'Ivoire ? Comment pense-t-il pouvoir maintenir la paix sociale en Côte d'Ivoire ? Comment pense t-il réconcilier les ivoiriens sans 80% d'entre eux ? Comment pense t-il installer la démocratie sans 80% du peuple ?


Kouakou Edmond

Docteur en droit, Consultant



[1] http://www.jeuneafrique.com (12/12/2011).

[2] Hamdan v. Rumsfeld

COTE D'IVOIRE: COUP D'ETAT CONTRE LAURENT GBAGBO?


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Un coup d’Etat contre Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire ? Jusqu’à présent la thèse prospérait surtout dans les milieux proches du président déchu, désormais entre les mains de la Cour pénale internationale (CPI), et dans quelques cercles panafricanistes dont l’audience dépasse rarement les réunions de la gauche radicale. Elle fait aujourd’hui l’objet d’un livre réclamé par un nombre croissant de libraires, du moins en France, puisqu’il semble en revanche quasiment introuvable à Abidjan.

Au terme d’une enquête de plusieurs mois, le journaliste franco-camerounais Charles Onana entend démontrer que la chute de Laurent Gbagbo était programmée de longue date : par Paris, par certains chefs d’Etat voisins étroitement liés à la France, notamment Blaise Campaoré, le président burkinabé peu réputé pour sa fibre démocratique, et enfin par les ex-rebelles du Nord sur lesquels Alassane Ouattara s’est appuyé pour prendre le pouvoir. À ceux qui lui reprocheront une vision trop « complotiste », Onana rétorque qu’il ne s’agit pas en l’occurrence d’une vulgaire barbouzerie, comme l’Afrique en a connu tant, mais d’une option d’Etat : un président trop indépendant à la tête d’un pays considéré, à bien des égards, comme stratégique, gênait. Il fallait donc le « dégager ».

Auteur de plusieurs ouvrages sur l’Afrique et notamment le Rwanda et la RDC (Congo-Kinshasa), le journaliste ne nourrissait aucun préjugé particulier à l’égard des divers acteurs du drame. S’il attaque durement la France dans le cas ivoirien, il a refusé d’enfiler les patins de la pensée unique lors du génocide rwandais et, ainsi n’assimile-t-il pas le rôle de l’armée française à celui de la Wermarcht.

Le livre décortique plusieurs épisodes troublants des relations franco-ivoiriennes et dresse un portrait très à charge contre le nouveau maître de la Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara y est croqué sous les traits d’un opportuniste, intrigant et cynique, prêt à toutes les alliances pour parvenir à ses fins. On peut ne pas adhérer à l’ensemble mais l’ouvrage d’Onana a le mérite d’éclairer différemment la crise ivoirienne dont les racines remontent aux lendemains de l’indépendance.

Il paraît au moment où la victoire militaire de Ouattara, acquise uniquement grâce à l’intervention de la France, se double d’un triomphe politique aux élections législatives qui se sont tenues le 11 décembre dernier. Avec 127 députés sur 255, le Rassemblement des Républicains de Côte d’Ivoire (RDR), son parti, obtient la majorité absolue dans la nouvelle Assemblée et pourrait le cas échéant se passer de l’aide du PDCI, le vieux parti houphouëtiste d’Henri Konan Bédié, son allié à la présidentielle. Ce peut être une source de tension. Il y a en bien d’autres dans le pays. Le 19 décembre, plusieurs civils ont ainsi été abattus par des membres des FRCI, le nouveau nom donné aux ex-forces rebelles, dans une commune de l’ouest du pays.

Après les massacres à grande échelle commis par les ex-rebelles lors de leur offensive au mois d’avril dernier, la région n’a toujours pas retrouvé la paix. Et en dépit de promesses répétées, Alassane Ouattara n’a toujours pas validé l’arrestation de ceux de ses anciens alliés qui se seraient rendus coupables de crimes de guerre. La lecture du livre d’Onana tombe donc à point nommé pour mieux comprendre le parcours et les motivations de celui qui rendra visite à son ami Nicolas Sarkozy au début de l’an prochain. Marianne2 vous propose de larges extraits de deux chapitres.

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Le 6 novembre 2004, deux avions Sukhoï 25 appartenant aux forces armées ivoiriennes (FANCI) et pilotés par des mercenaires biélorusses bombardent le camp militaire français du lycée Descartes à Bouaké causant la mort de neuf soldats français et d’un civil américain. Trente-huit soldats français seront également blessés au cours de cette attaque. À Paris, on accuse immédiatement le chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, d’être à l’origine de cet acte criminel.

Une décision du président Jacques Chirac est aussitôt transmise par Michèle Alliot-Marie au chef d’état-major des armées, le général Henri Bentegeat, l’autorisant à détruire l’aviation ivoirienne. Peu après, deux MI 24 et deux Sukhoï 25 sont rendus inopérants. Tout laisse croire à cet instant que la riposte française est légitime. Simplement, un problème se pose. Au lieu de rechercher les auteurs de l’attaque contre les soldats français afin de les mettre à la disposition de la justice, les autorités françaises les laissent s’enfuir vers le Togo puis hors d’Afrique.

Dans la période qui précède le bombardement, la Côte d’Ivoire est coupée en deux. Toute la partie nord du pays se trouve sous le contrôle des forces rebelles pro-Ouattara. Le Sud, incluant Abidjan, est la seule zone placée sous l’autorité des forces gouvernementales. Entre les deux, il y a ce qu’on qualifie de « zone de confiance », placée sous le contrôle de l’armée française. Malgré ce grave problème de partition de fait du pays et d’occupation illégale d’une partie du territoire par les rebelles, « la communauté internationale », c’est-à-dire essentiellement pour l’occasion les Etats-Unis et la France, presse néanmoins Laurent Gbagbo dont le mandat arrive à expiration d’organiser les élections présidentielles en 2005. (…)

L’accord d’Accra III du 30 juillet 2004 exige pourtant que les rebelles procèdent au désarment au plus tard le 15 octobre de la même année. Lorsque la date butoir arrive, les rebelles d’Alassane Ouattara ne sont ni blâmés ni sanctionnés pour non respect de leurs engagements. Laurent Gbagbo comprend alors qu’il n’a plus le choix. Le président choisit de reconquérir militairement le Nord du pays devenu un bastion des forces rebelles.
Le 2 novembre 2004, le colonel Mangou qui dirige les opérations des forces gouvernementales sur le terrain, informe un officier supérieur français de l’imminence d’une offensive contre les rebelles.

Dans la même journée, on assiste à un déploiement des avions Soukhoï 25 à l’aéroport de Yamoussoukro. À quelques pas de là, un avion Antonov 12 immatriculé TU VMA procède au déchargement du matériel de combat. Il effectue plusieurs rotations entre Abidjan et Yamoussoukro pour livrer des armes et des munitions aux soldats de l’armée ivoirienne. C’est alors que l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Gildas Le Lidec, et le général de la force Licorne, Henri Poncet, décident de se rendre chez le président Gbagbo pour essayer de le dissuader de mener cette offensive contre les rebelles. Ils essuient un refus : le chef de l’Etat ivoirien n’a pas l’intention de reculer. Le lendemain, 3 novembre vers 11h15, peu après le conseil des ministres à Paris, le président Jacques Chirac, déjà informé, téléphone directement au président Laurent Gbagbo pour le mettre en garde contre le risque d’incidents graves entre les troupes ivoiriennes FANCI et les forces françaises de la Licorne.

Mécontent de la fermeté qu’affiche son homologue Laurent Gbagbo, le président Chirac élève la voix oubliant vite que son interlocuteur est attentif à la fois à la forme et au contenu de son propos. Soudain, le président Gbagbo, qui l’écoute depuis un moment, l’interrompt et lui dit que sa décision de lancer l’offensive est déjà prise, qu’il souhaitait simplement l’en informer. Il raccroche le combiné. Le président Gbagbo explique : « Après cet échange avec Jacques Chirac, nous avons décidé de conduire l’attaque contre les rebelles avant la date effective afin que la France ne puisse pas réagir contre notre initiative militaire ».

Pourtant, quelques jours avant l’offensive de l’armée ivoirienne, les officiers français étaient déjà au courant, du fait des indiscrétions des officiers ivoiriens, des préparatifs de l’attaque contre les rebelles (….)

Dans la matinée du 4 novembre 2004, l’offensive est donc lancée contre les rebelles. Elle porte exclusivement sur des objectifs militaires des Forces Armées des Forces Nouvelles situés dans la région de Bouaké.

Le lendemain, l’offensive ivoirienne se poursuit dans la zone des rebelles. Les Sukoï 25 et les MI 24 pilonnent les positions militaires rebelles. Un rapport confidentiel de l’ONUCI daté du 9 novembre 2004 souligne que les bombardements de l’armée ivoirienne ont atteint des cibles militaires. Selon des sources proches de l’ONUCI, « il suffisait d’un jour supplémentaire de bombardements de l’armée ivoirienne et la rébellion du Nord aurait été complètement anéantie ». Cette perspective était inacceptable pour l’Elysée.

C’est dans ce contexte de tension et de parti pris politique que survient l’attaque contre le cantonnement français le 6 novembre 2004 à Bouaké.

Qui a donné l’ordre de bombarder le camp français de Bouaké et dans quel objectif ? Selon les informations en notre possession, le président Laurent Gbagbo semble n’avoir pas même été informé de ce qui allait réellement se produire ce jour-là (….) Le bombardement du camp français fut un acte délibéré et fortement suggéré aux pilotes mercenaires pour incriminer monsieur Gbagbo. Dans quel intérêt Laurent Gbagbo, qui cherchait des voies d’apaisement avec la France, aurait-il poussé ses soldats à commettre un tel acte contre des militaires français ? Il est évident que même un piètre sous-officier rongé par la mégalomanie n’aurait jamais envisagé de bombarder un campement de soldats français à ce moment-là.

Le général Poncet, contrairement à ce qu’il a avancé un temps dans la presse, sait qui a donné l’ordre de tirer sur le lycée Descartes à Bouaké.

Revenons sur le déroulement des faits et l’on comprendra davantage l’étrange attitude des autorités françaises. Dès le 2 novembre 2004, lorsque les Sukhoï 25 arrivent à l’aéroport de Yamoussoukro, un détachement de recherche du 2ème régiment de Hussards reçoit l’ordre de les surveiller. Deux équipes, se relayant chaque jour, auront ainsi les yeux rivés sur le tarmac. Elles notent, filment et relèvent tous les détails susceptibles de fournir des indications sur les actions des Sukhoï 25. Les Français réussissent même à photographier les pilotes des Sukhoï 25 ainsi qu’une partie du personnel navigant. Toutes ces données sont envoyées au bureau de renseignement G2 du PCIAT (Poste de Commandement Interarmées de Théâtre) à Abidjan. Les mêmes informations sont également transmises au bureau du chef d’état-major des armées à Paris ainsi qu’à la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) et à la DRM (Direction du Renseignement Militaire). Nul ne peut donc prétendre que l’information n’est pas disponible sur les Sukhoï 25 et sur leur personnel.

Lorsque l’attaque est achevée, la première décision qui vient de Paris est la destruction des Sukhoï 25 et pas une demande d’arrestation du commando qui vient de liquider les militaires français et d’en blesser d’autres. D’ailleurs, l’ordre de destruction des Sukhoï ivoiriens a été diversement apprécié au sein de la Force Licorne.

Dans la tension et la confusion qui règnent autour de la mort des soldats français à Bouaké, certains officiers se rendent vite compte, à leur grand étonnement, que le pouvoir politique n’est pas très intéressé de voir une enquête s’ouvrir sur cette attaque particulièrement brutale.

Le lendemain, 7 novembre, le général Poncet et ses hommes arrêtent neuf ressortissants ukrainiens, quatre ressortissants biélorusses et deux ressortissants russes. Au total, quinze personnes suspectes sont immédiatement placées en rétention dans un hangar par les militaires français.

Alors qu’un gendarme du commandement des opérations spéciales tente, avec quelques militaires, de les interroger pour en savoir davantage sur leur responsabilité éventuelle dans le bombardement contre le lycée Descartes, un ordre venant du Quai d’Orsay exige la libération immédiate des mercenaires slaves détenus par les Français. « Pour demander l’extradition de ces ressortissants, il aurait fallu qu’un mandat international soit délivré. Cela n’a pas été le cas. A l’époque, nous n’avions aucun élément de preuve, les photos par exemple n’étaient pas déterminantes. Nous n’avions donc rien à leur reprocher » expliquera le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie. Ses propos font bondir les experts et certains militaires (…)

Prétendre que la France avait besoin d’un mandat d’arrêt international pour procéder à l’arrestation des suspects n’est pas totalement exact car la loi du 14 avril 2003 réprimant l’activité des mercenaires offrait une singulière opportunité d’auditionner ces personnes qui avaient, pour certaines, participé au transport de munitions de l’avion Antonov 12 et pour d’autres, des liens avec les pilotes des Sukhoï 25. En outre, affirmer qu’il n’y avait rien à leur reprocher signifie au moins que les informations accumulées par les militaires et les services de renseignements français étaient sans intérêt, au plus qu’elles n’avaient aucun lien avec le bombardement de Bouaké.

Le 11 novembre 2004, à la demande expresse de l’ambassadeur de France, les Français remettent, sans trop renâcler, les quinze mercenaires aux autorités consulaires russes. Après cet épisode particulièrement confus, les autorités françaises s’illustrent à nouveau en laissant, cette fois, les pilotes du Sukhoï 25 s’évader. Que s’est-il passé ? Quelques jours après le bombardement, les auteurs s’éclipsent clandestinement vers le Togo, pays voisin de la Côte d’Ivoire. Au cours d’un contrôle routier à la frontière du Ghana et du Togo, ils sont arrêtés à bord d’un car par les forces de police togolaises (…)

Au vu des éléments, le ministre de l’Intérieur togolais, qui remarque la fébrilité des services de renseignement français à l’annonce de ces arrestations, cherche à comprendre pourquoi la France ne s’empresse pas d’exiger l’extradition des suspects biélorusses afin que la justice française fasse la lumière au plus vite sur cette étrange affaire. Ne voyant rien venir, les autorités togolaises se lassent de garder indéfiniment les Biélorusses en prison.

Selon certains observateurs, le comportement des autorités françaises dans ce dossier est plus que troublant. Elles vont d’ailleurs multiplier à l’infini les obstacles au travail des juges. Ceci nous a été confirmé par la juge Brigitte Raynaud qui était chargée, dès le début, du dossier (…)

La première personne qui ne montre pas une franche détermination à connaître les auteurs et les commanditaires de l’attaque du lycée Descartes est bien la ministre Michèle Alliot-Marie.

Pourquoi la ministre, Michèle Alliot-Marie, a-t-elle laissé s’évader les auteurs du bombardement de Bouaké alors qu’ils étaient arrêtés par les autorités togolaises et mis à la disposition des autorités françaises ? Pourquoi n’a-t-elle pas facilité le travail de la justice française alors que celle-ci était disposée à tirer cette affaire au clair ? Pourquoi avoir refusé de faire une autopsie des corps des militaires pour aider la justice à démasquer éventuellement le président Gbagbo ? Pourquoi avoir inversé les corps des soldats dans les cercueils au point d’ajouter à la douleur des familles, un traumatisme inutile ? Pourquoi ne veut-on pas connaître qui a ordonné le bombardement de Bouaké ? Pourquoi l’Elysée n’a jamais encouragé la déclassification de tous les documents demandés par les juges s’il n’y a rien à craindre de son côté ? A qui la vérité sur cette affaire pose réellement problème ?

Il faut avouer que ce n’est certainement pas au président Laurent Gbagbo. Il nous a confié : « Nous ne savons pas dans quelles circonstances précises les neuf Français ont trouvé la mort. L’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Le Lidec m’avait téléphoné pour m’annoncer que les Biélorusses avaient été arrêtés à Abidjan par les militaires français. J’étais donc très heureux de savoir qu’ils étaient aux arrêts et surtout que la vérité allait éclater. Nous avons cru que nous allions savoir pourquoi les soldats français avaient été tués et qui avait donné l’ordre de commettre un tel acte. J’ai finalement appris qu’ils avaient été libérés par les Français et nous n’avons jamais reçu le moindre procès-verbal d’audition les concernant ni des éléments d’une enquête préliminaire sur leur arrestation en Côte d’Ivoire. J’ai par la suite appris qu’ils avaient été arrêtés au Togo et que le ministre de l’Intérieur du Togo les avait entendus. Ce dernier aurait essayé en vain de joindre les ministres français de la Défense et de l’Intérieur pour obtenir l’extradition des suspects biélorusses. Jusqu’ici, nous ne savons toujours pas qui a tué les soldats français ni pourquoi ils ont été tués. Ceci signifie qu’on peut formuler des hypothèses sur cette affaire ».

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LE CACAO, ARMAJARO, L’ARGENT ET LES OUATTARA

L’arrivée de monsieur Alassane Ouattara, « candidat reconnu par la communauté internationale », au pouvoir en Côte d’Ivoire répond aussi bien aux aspirations personnelles du président Sarkozy qu’à celles des spéculateurs de la filière café-cacao et du clan Ouattara dont Madame Ouattara née Dominique Nouvian et son fils, Loïc Folloroux, sont des piliers indispensables.

Le rôle de madame Ouattara est capital à la fois dans l’ascension de monsieur Alassane Ouattara et dans le soutien dont il bénéficie dans les milieux, politiques, financiers et médiatiques occidentaux. Selon le député Ben Soumahoro, voisin et ami de longue date de madame Ouattara en Côte d’Ivoire, « Dominique Nouvian a tout fait pour Alassane Ouattara. Sans elle, dit-il, il ne serait jamais devenu Premier ministre ni même président de la Côte d’Ivoire. »

Dirigeante d’entreprises et « tigresse du business » comme la qualifie la presse économique, Dominique Nouvian a réellement commencé à gagner beaucoup d’argent lorsqu’elle s’est emparée des biens immobiliers du président Houphouët-Boigny avec qui elle entretenait des relations intimes. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée à gérer, à travers sa société AICI, le patrimoine personnel du chef de l’Etat ivoirien et, d’une certaine façon, celui de l’Etat ivoirien.

Elle l’admet du bout des lèvres dans une correspondance du 22 juillet 1997 adressée à l’huissier de la fille d’Houphouët-Boigny, Hélène Houphouët-Boigny, qui lutte depuis des années contre ceux qui ont spolié voire escroqué son père : « En effet, dit Dominique Ouattara, du vivant de monsieur le président Houphouët-Boigny, la société AICI International a assumé la gestion de divers biens immobiliers appartenant à certains membres de sa famille et a procédé à des transactions tant à Paris qu’à Abidjan pour des personnes proches de son entourage. À la demande du président, nous avons géré plusieurs patrimoines immobiliers appartenant à des membres de sa famille. (...) Le seul bien immobilier que j’ai géré au nom de monsieur le président est l’ensemble de villas sises à Marne-la-Coquette en France (…) ».

Profitant des faiblesses du vieux président dont l’âge et la maladie ne permettaient plus une grande résistance ni sur le plan politique ni sur le plan physique, Dominique Nouvian, qui était déjà, selon Ben Soumahoro, à la même époque, la compagne d’Alassane Ouattara, impose ce dernier à Houphouët-Boigny (…)

Pendant les trois ans qu’ils passent à la tête du gouvernement ivoirien (1990-1993), Ouattara et sa compagne Dominique Nouvian travaillent à consolider leurs affaires et leurs relations avec les milieux financiers occidentaux. À ce moment-là, le cacao attire déjà les spéculateurs internationaux et différents investisseurs étrangers qui deviendront peu après des proches du clan Ouattara.

Houphouët-Boigny avait tout de même essayé de faire plier ces nouveaux prédateurs en décrétant un embargo sur le cacao à la fin des années 80, peu avant l’arrivée d’Alassane Ouattara au poste de Premier ministre (…)

Premier producteur mondial de cacao pendant des décennies, la Côte d’Ivoire a été longtemps sous le contrôle exclusif des hommes d’affaires français et de la classe politique française. La disparition d’Houphouët-Boigny et surtout l’entrée d’Alassane Ouattara sur la scène politique ivoirienne ont sensiblement modifié cette situation.

Dans le domaine du cacao, d’autres acteurs anglo-saxons plus influents mais plutôt discrets ont gagné du terrain. Il y a par exemple la société anglaise Armajaro et les deux géants mondiaux de l’agro-alimentaire que sont la société américano-hollandaise Cargill et l’Américaine Archer Daniels Midland (ADM). Différentes sociétés comme la Suisse Barry Callebaut et Olam sont également présentes en Côte d’Ivoire. Ces entreprises ont installé des comptoirs d’achat à proximité des plantations, imposant leurs prix parfois supérieurs à ceux du marché mondial et anéantissant complètement le tissu des entreprises locales qui servaient jusque-là d’intermédiaires entre les planteurs et les gros exportateurs.

Sous l’influence du FMI et de la Banque Mondiale, monsieur Alassane Ouattara livre la Côte d’Ivoire à l’ultralibéralisme entre 1990 et 1993. Ecarté du pouvoir à la mort d’Houphouët-Boigny, il commence à agir dans l’ombre en attendant de revenir aux affaires pour achever le travail qu’il avait commencé avec l’aide de sa compagne. Le dossier du cacao en est une parfaite illustration.

En moins d’une décennie, le géant anglais Armajaro devient le leader mondial du chocolat. Il pénètre le marché ivoirien et obtient son agrément en 2000 par le canal d’Alassane Ouattara qui l’avait demandé au président Gbagbo. Le fils de Dominique Nouvian est devenu le directeur de la branche Afrique d’Armajaro à Abidjan. Il est également actionnaire de la société de sa mère AICI international.

Lorsque Laurent Gbagbo est victime d’un coup d’Etat fomenté avec l’aide du Burkina Faso en 2002, le cacao ivoirien prend immédiatement le chemin de Ouagadougou, la capitale burkinabé. Ne possédant pourtant pas de véritable plantation de cacao et dépendant économiquement de la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso devient, à cette période, exportateur de cacao sous le regard complice de « la communauté internationale ». Des convois nocturnes et bien surveillés par les rebelles d’Alassane Ouattara transportent, via la frontière nord placée sous leur contrôle avec l’aval des autorités burkinabés et le silence bienveillant des forces françaises, des centaines de milliers de tonnes de cacao ivoirien à destination du Burkina Faso. Divers négociants peu scrupuleux, établis dans ce pays, orientent des centaines de remorques remplies de cacao ivoirien vers les ports de Lomé au Togo et de Monrovia au Libéria. Plusieurs cargaisons contenant des milliers de tonnes de cacao ivoirien seront ainsi régulièrement acheminées vers l’Europe et les Etats-Unis (...)

Certains acteurs de la filière café-cacao remarqueront la présence d’un personnage clé de la rébellion proche du clan Ouattara : monsieur Adama Bictogo. C’est lui qui avait été chargé pour le compte de la rébellion de vider la Côte d’Ivoire de son cacao. Il en faisait ainsi sortir clandestinement plusieurs tonnes via la frontière avec le Burkina Faso et acheminait le cacao vers la ville burkinabé de Bobo-Dioulasso où les cabosses étaient conditionnées dans une usine pouvant traiter jusqu’à 500 tonnes par jour. Le cacao ainsi traité était ensuite conditionné puis acheminé vers le port de Lomé par camions et chargé sur les navires de la SDV (groupe Bolloré). Monsieur Adama Bictogo va devenir par la suite un homme important dans le processus électoral en Côte d’Ivoire pour le compte de la rébellion et d’Alassane Ouattara. Fondateur en octobre 2007 de la société SNEDAI chargée de l’identification des électeurs en Côte d’Ivoire, il sera tour à tour conseiller diplomatique du chef rebelle Guillaume Soro puis directeur de campagne d’Alassane Ouattara pour la région de l’Agnéby (…)

Pendant qu’Adama Bictogo s’implique beaucoup pour le clan Ouattara dans le secteur du cacao, Alassane Ouattara, lui, ne tarde pas à sortir complètement du bois dès qu’il croit possible son retour au pouvoir à Abidjan. Et l’on peut observer l’évolution du clan Ouattara à travers les réactions de son principal allié : le spéculateur Antony Ward, cofondateur du fond spéculatif britannique Armajaro, lequel est particulièrement actif dans la fluctuation des cours mondiaux du cacao.

En août 2002, soit moins d’un mois avant le coup d’Etat raté du 18 septembre de la même année contre le président Laurent Gbagbo, Antony Ward surnommé « chocolate finger » ou « doigt en chocolat » achète par anticipation près de 200 000 tonnes de fèves de cacao et réalise un bénéfice de plus de 60 millions d’euros pendant que le sang coule en Côte d’Ivoire. Dans les milieux proches du président Gbagbo, on soupçonne Armajaro de financer la rébellion avec le cacao ivoirien. Le spéculateur se tait.

Dès le 24 janvier 2011, un communiqué du chef rebelle Guillaume Soro, venant du bunker de l’hôtel du Golf où campent monsieur Ouattara et les rebelles, demande aux opérateurs économiques d’arrêter immédiatement « toute exportation de café et de cacao à compter du 24 janvier 2011 et ce jusqu’au 23 février 2011 ». La réaction du président Gbagbo est, elle aussi, immédiate. Dans la même journée, le ministre délégué au Budget, monsieur Justin Koné Katinan, aujourd’hui porte-parole du président Gbagbo, déclare le communiqué des rebelles pro-Ouattara nul et non avenu. Il tente de rassurer les exportateurs de café-cacao et les exhorte à poursuivre leurs activités en Côte d’Ivoire. En réalité, la machine de guerre économique, accompagnée de pressions politiques, en faveur du clan Ouattara, est lancée.

Son appel est entendu par la société anglo-hollandaise Cargill qui suspend aussitôt l’achat du cacao ivoirien par sa filiale basée à Abidjan. « Nous avons arrêté les achats ce matin (ndlr, 24 Janvier 2011) pour une période indéterminée. Il s’agit d’une décision de la direction. »

À l’annonce de ces décisions, les cours du cacao s’envolent au Nyse Liffe prenant 7% lors des premiers échanges. Soulignons que Cargill achète environ 15% de la production du cacao ivoirien et que cette décision est donc un coup dur infligé au régime du président Gbagbo. La décision de Cargill, qui est à la fois politique et économique, vise simplement à priver le chef de l’Etat Laurent Gbagbo, rejeté et condamné non pas par les Ivoiriens mais par « la communauté internationale », de moyens financiers pour gérer son pays.

Monsieur Alassane Ouattara, sachant qu’il a le soutien non pas des Ivoiriens mais des multinationales agro-alimentaires anglo-saxonnes et des milieux d’affaires et politiques français, déclare sur une chaîne de télévision française que Laurent Gbagbo tombera « comme un fruit mûr». La bataille pour la présidence en Côte d’Ivoire devient l’objet d’une guerre violente sur le plan militaire et d’une spéculation boursière pour les leaders mondiaux du cacao. Le porte-parole du président Gbagbo, Justin Konan Katinan, explique ce qui s’est réellement passé dans les coulisses avant la chute du président Gbagbo :

« En ce qui concerne la suspension des exportations du cacao de janvier 2011, il est clair que sous le couvert des sanctions de l’Union Européenne, se cachait une vaste opération spéculative sur le cacao menée par Armajaro. En effet, en juillet 2010, tout juste avant les élections de novembre, cette société a acheté un fort tonnage de cacao, au-delà de ses achats habituels. Les services de la filière café cacao parlent de plus de 200 000 tonnes de produits achetés par ladite société. Ces énormes achats ont fait réagir les autorités chargées de gérer la filière café cacao. La crise née des élections devait logiquement entraîner une augmentation des prix sur le marché international. Cette embellie allait bénéficier à ladite société qui avait décidé d’écouler le cacao à prix d’or. Ainsi, la décision du 24 juillet, en provoquant une pénurie du produit sur le marché international, a donné l’occasion d’écouler à un prix ultra élevé le stock monumental constitué par la société Armajaro. Donc Loïc Folloroux, bénéficiant d’informations de première main de la part de ses parents (Dominique et Alassane Ouattara) sur les différentes actions de déstabilisation en cours dans le pays, a probablement informé ses partenaires et la société Armajaro a pu constituer des stocks à des fins spéculatives.

C’est exactement ce qu’elle avait fait en 2002, un an seulement après avoir obtenu son agrément en Côte d’Ivoire. Cette spéculation lui avait permis de financer la rébellion. Ce que je peux dire sur cette affaire, c’est que les achats et la constitution de stocks étaient des pratiques méconnues des sociétés d’exportation en Côte d’Ivoire jusqu’à l’avènement d’Armajaro.

Il faut dire de façon générale que la quasi-totalité des exportateurs ont triché avec l’Etat de Côte d’Ivoire. En effet, dans le cadre de l’enquête demandée par le président Laurent Gbagbo sur les supposées malversations dans le secteur du café-cacao, des experts commis par le tribunal étaient arrivés à des conclusions très graves impliquant la quasi-totalité des exportateurs. Les experts ont établi des fraudes qui portaient à la fois sur la quantité des produits exportés déclarés et la quantité réelle recoupée par les experts. Ils ont également établi une fraude sur l’exportation du cacao en sous grade. Il s’agit en principe d’un produit qui ne remplit pas les conditions d’exportation pour lesquels l’État consent un abattement sur les droits de douane à l’exportation au profit de l’exportateur.

Ces malversations ont occasionné un manque à gagner pour l’Etat de plus de 1300 milliards de francs CFA soit 2 milliards d’euros sur huit ans de 2002 à 2009. Bien que certains points de ce rapport soient de mon point de vue exagérés, il révèle néanmoins des cas graves de fraude. Certaines sociétés dont Armajaro avaient même signé des engagements pour payer les rappels qui relevaient de leurs manquements à la loi.

Je retiens que même informé, le ministre de l’Economie et des finances d’alors, monsieur Charles Diby, n’a jamais actionné les services de son ministère pour recouvrer ces sommes. Tous les exportateurs étaient conscients que ce dossier allait ressurgir. D’où leur alignement sur le camp Ouattara. »

Tout au long de la période de tension entre le président Laurent Gbagbo et monsieur Ouattara, on verra les cours du cacao fluctuer au gré des « victoires militaires des rebelles » d’Alassane Ouattara (…)

Une fois le président Gbagbo renversé, la première décision de monsieur Ouattara a été de réouvrir le port d’Abidjan pour permettre la reprise des exportations de cacao. Une décision saluée par Armajaro, l’Elysée et autres géants du cacao. L’armée française a été réquisitionnée pour assurer la sécurité du port afin que les principaux « actionnaires » de la crise ivoirienne bénéficient de leurs dividendes une fois le gênant président Gbagbo écarté du pouvoir.

Côte d’Ivoire, Le coup d’Etat de Charles Onana, Editions Duboiris, 20€


Jeudi 22 Décembre 2011


Alain Léauthier - In le journal français "Marianne".



Source :
CAUSES.COM


samedi, 24 décembre 2011

JOYEUX NOËL!



JOYEUX NOËL A TOUS!

20:13 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Informations diverses, Monde, Voeux de Nouvel An | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : monde, fête de noël, joyeux noël, merry christmas | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 23 décembre 2011

LES FRCI, A L'IMAGE DU NOUVEAU REGIME IVOIRIEN


UNE N° 1942 NORD-SUD.jpg

Ce lundi 19 décembre 2011, le quotidien pro-Ouattara Nord-Sud barrait à sa Une : « Descente au Plateau, tirs à Yopougon, 5 morts à Vavoua, FRCI, arrêtez ça ! ». Un cri d'indignation, inattendu de la part d'un organe qui a toujours encensé le régime Ouattara depuis son avènement, malgré ses foultitudes de dérives, pour marquer une désapprobation qui est en réalité celle de plus en plus grandissante des populations ivoiriennes à l'égard des « sauveurs », indisciplinés et à la gâchette notoirement facile ! Un holà qui en dit long sur le désamour qui s'installe progressivement entre une armée prétendument républicaine, qui a du mal à se faire accepter et à se fondre dans le peuple, et des populations qui en ont plus qu'assez de ses exactions, crimes et attaques armées.

Tant et si bien que le chef de l'Etat Alassane Ouattara a « pété un câble », comme disent les Ivoiriens, et convoqué d'urgence ses généraux, ce même lundi 19, au Palais présidentiel. Au terme d'un conclave d'une quarantaine de minutes sous haute pression, ordre formel a été donné aux sécurocrates ivoiriens pour le retour immédiat en caserne de tous les FRCI, le retour immédiat des chefs d'unité dans leurs régions d'origine et l'interdiction aux militaires de sortir des casernes sans permission. 48 heures bien assénées ont été données au Grand commandement pour mettre fin aux dérapages répétés (plus que répétés) des FRCI, une police militaire a été créée pour traquer les soldats indélicats, la désormais tolérance zéro vis-à-vis de l'indiscipline militaire sera de rigueur, le tout couronné par l'interdiction faite aux FRCI de circuler en armes ou en véhicules militaires dans les rues du pays. Encore faut-il qu'ils y obtempèrent! Cela constitue une autre paire de manche. Mais qu'est-ce qui est à l'origine de ce subit réveil de la république ouattarandienne ?

Premier fait : Nous avons encore souvenance que dans la matinée du mercredi 14 décembre 2011, les FRCI basées dans la commune d'Adjamé ont fait une descente musclée à la Préfecture de police d'Abidjan, au Plateau, pour procéder à la libération de deux des leurs, raflés à la faveur d'une expédition de la Direction de la police des stupéfiants et des drogues (DPSD) s'inscrivant dans une série d'opérations visant le démantèlement et la destruction des fumoirs du District d'Abidjan.

Tout soldats républicains qu'ils sont, ces deux éléments FRCI tombés dans le filet de la police des stupéfiants, étaient au nombre d'une quinzaine d'individus peu recommandables s'adonnant à la consommation et à la vente de drogues diverses, dans un haut lieu du trafic de drogue de la place abidjanaise.

Manque de pot donc, ils seront transférés au violon central de la Préfecture de police et mis sous les verrous, en attendant leur déferrement au parquet d'Abidjan Plateau, le lendemain, jeudi 15 décembre 2011, pour comparution devant les juges. Leurs compagnons de troupes ne l'entendent pas de cette oreille qui, après avoir essuyé un premier refus catégorique de libération de leurs compères par les fins limiers du district, se replient sur leur base et font, en fin de journée, une expédition des plus rocambolesques contre la Préfecture de police, bardés jusqu'aux dents de kalachnikovs et de RPG-7. Ils mettent les policiers en joue, neutralisent l'agent chargé de la garde du violon après l'avoir sévèrement battu, libèrent les deux éléments FRCI et, au passage, tous les autres prévenus, terrifient tout le Plateau par leur tirs en l'air et prennent la poudre d'escampette, sans être le moindre du monde inquiétés.

Deuxième fait : A Yopougon, une banale affaire de béret dégénère en affrontement entre des éléments du détachement FRCI basé au Complexe sportif et d'autres de la BAE.

Oui, le jeudi 15 décembre 2011 restera un jour supplémentaire de terreur pour les riverains de cette base militaire de circonstance qu'est devenue cette aire de jeu célèbre, aménagée pour encaserner les ex-combattants, au Nouveau Quartier de Yopougon. « Les éléments qui montent la garde devant le nouveau site ont tenté d'arracher à un autre élément le béret qu'il portait. Cet élément, de passage, a fait de la résistance et a alerté ses camarades de la compagnie GT8, basée à la BAE (Brigade anti-émeutes) », rapportait dans la presse un officier des FRCI qui a requis l'anonymat. Selon son témoignage, les éléments FRCI de la BAE n'ayant pas apprécié le traitement infligé à leur camarade sont venus en renfort sur les lieux et, sans autre forme de procès, ont ouvert le feu. Bilan : deux blessés.

Quelques instants seulement avant cet incident, à quelques encablures de là, au quartier Bel-Air, une première brouille entre 6 soldats FRCI qui en étaient arrivés au pugilat public avait fait un blessé. « Là bas, un élément a pris une balle dans la main », confiait l'officier des FRCI cité plus haut.

Troisième fait : Un jeune homme mis aux arrêts, par les FRCI de Vavoua pour une histoire de pétard, décède à leur quartier général, le samedi 17 décembre 2011, dans des circonstances non encore élucidées, après une sévère bastonnade des hommes du Général Soumaïla Bakayoko dans la ville. Le dimanche 18, les parents, amis et connaissances de l'infortuné se déportent en masse sur les lieux pour réclamer la dépouille du jeune malinké, leur proche, ayant succombé à la barbarie des hommes en armes de la localité. La démarche prend spontanément l'allure d'un vaste mouvement de protestation contre les agissements et exactions des FRCI à Vavoua. Les soldats FRCI ayant pris ombrage de la forte mobilisation de la population, menée majoritairement par les jeunes, font écran pour empêcher les manifestants de progresser et d'aller faire le siège de leur Etat-major. Les jeunes se déchaînent et sont insaisissables. De vives altercations et des échauffourées s'en suivent. Des tirs de kalachnikovs aussi. 5 morts, dont l'un, des suites de ses blessures, à l'hôpital local.

Voici le climat délétère qui s'est désormais installé entre une armée censée être républicaine et son peuple, qui la vomit chaque jour un peu plus, et qui tolère de moins en moins ses frasques. De sorte qu'en titrant : « FRCI, arrêtez ça ! », le quotidien pro-Ouattara Nord-Sud ne fait que restituer fidèlement le ras-le-bol de plus en plus insupportable d'une population déçue de son armée, véritable mélange hétéroclite de supplétifs incultes, d'ex-combattants sans formation et de forces régulières, qui tardent à faire sa mue pour s'inscrire définitivement dans la modernité et le professionnalisme. Cette lucidité tardive aurait dû s'étendre également aux actions du régime RHDP. Que nenni !

Mais, nous sommes au regret de le dire, cette armée iconoclaste est à l'image du pouvoir qui l'a adoubée et investie de ses missions. De sorte qu'on pourrait valablement dire : « Pouvoir Ouattara, arrêtez ça ! ». Et cela n'offusquerait personne. Tant ce régime, depuis son avènement en Côte d'Ivoire, s'illustre par les actions et mesures impopulaires, si ce n'est complètement rétrogrades. De sorte que ses cris d'orfraie contre les dérives des FRCI nous font sourire. Parce qu'il fait bien pire. Tel régime, telle armée !

Nous en voulons pour preuve le fait que depuis avril 2011, notre pays semble s'être installé dans un régime d'exception et non dans une république : des autorités de cette nation, premiers ministres, députés, ministres, cadres, officiers supérieurs de l'armée, soldats, journalistes et hommes de médias croupissent dans les geôles de Ouattara, au Nord du pays, depuis de longs mois, envers et contre leurs statuts particuliers prévus par nos lois (hautes autorités de la République, parlementaires et journalistes), sans jugement, sans droits de visite, incarcérés pendant des mois entiers avant toute inculpation. Justice des « vainqueurs » !   En outre, le Chef de l'Etat est toujours le président du RDR, en contradiction totale avec l'article 54 de la Constitution ivoirienne qui lui impose d'être à équidistance de tous les Ivoiriens. Et nous le dénonçons pour la énième fois, il n'a toujours pas déclaré ses biens devant la Cour des comptes, conformément à la prescription de l'article 55 de la Loi fondamentale de la République de Côte d'Ivoire. Sans oublier le fait que l'Assemblée nationale a été illégalement suspendue, sinon dissoute, avant les législatives, et tous les salaires des députés coupés, y compris celui de son président sortant, le professeur Mamadou Koulibaly. Et tout le beau microcosme ivoirien continue à vivre comme si de rien n'était et comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Sommes-nous dans un régime d'exception ou dans une république ? Le pouvoir RHDP devra éclairer les Ivoiriens sur la question.

La réconciliation nationale tant annoncée se fait (ou on espère la faire) sans la partie adverse, en exil ou en prison et dont le leader, le Président Laurent Gbagbo, est en déportation à La Haye, aux termes de procédures et de tractations des plus suspectes entre le pouvoir en place et le très controversé procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo. Les universités publiques, centre du savoir et des recherches dans notre pays, sont fermées pour au moins deux nouvelles années, au regard des dégâts épouvantables qui y ont été causés par les FRCI et les milices pro-Ouattara (dozos), pendant la prise d'Abidjan, dans le mois d'avril 2011. Le gouvernement parle de reprise en Octobre 2012. Pour cela, il aurait fallu que les travaux débutent maintenant. Or, après l'abattement des arbres, le déguerpissement des petits commerces et des « business center » (photocopie, saisie et traitement de texte, impression, reliure) et les travaux de reprofilage, plus rien ne se fait en ce moment sur les différents sites de nos universités. De sorte que l'intelligence est assassinée, actuellement, en Côte d'Ivoire (négation de la recherche et de l'instruction des jeunes générations) et que trois promotions de bacheliers (bientôt quatre) sont sur le carreau ou en exil universitaire.

Les indemnités des magistrats ont été suspendues, cette fin de mois de décembre, en pleine période des fêtes, sans préavis, des salaires entiers restent impayés dans bien de sociétés et établissements publics. Quant aux législatives ivoiriennes, elles resteront un cas d'école : nous sommes passés du « désert électoral » reconnu et attesté par tous, y compris les observateurs et les médias internationaux (dont France 24, RFI, Euronews et TV5 Monde, habituels soutiens de Ouattara), tant les électeurs étaient aussi rares que l'or fin, à la « forêt électorale », avec un taux de participation irréel de 36,56% qui laisse pantois tous les analystes de la vie politique ivoirienne. Le président de la CEI, Monsieur Youssouf Bakayoko devra expliquer à la nation ivoirienne ce tour de magie qui jette une ombre épaisse sur le peu de crédit qui restait encore à son institution aux yeux des Ivoiriens, après la présidentielle de 2010. Nous ne parlons même pas des plaintes pour fraudes et falsification de résultats déposées par une foule de candidats floués, sur la table du Conseil constitutionnel. Dans quelle république sommes-nous ? Vivement une réponse du nouveau régime ivoirien.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 398 du jeudi 22 décembre 2011.