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samedi, 07 janvier 2012

EXCLUSIF: DES FRCI RECLAMENT LE RETOUR DE GBAGBO


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Le syndrome Gbagbo Kafissa refait surface

 

Enregistrement audio obtenu à la suite d'une conférence de presse - version dozo - des FRCI dans la commune d'Abobo, à Abidjan, cette semaine (du Nouvel An). Alassane traîne un caillou dans sa chaussure... Le sait-il vraiment ? Certaines déclarations nous laissent dubitatifs. Témoignage plein d'enseignements.


Traduit en français élémentaire, on obtient ceci:


(Une voix sourde : peux-tu nous faire le compte rendu de tes différentes tournées ?)

J'ai fait un peu le tour. Je suis allé à Abobo, je suis allé voir les imans, je suis allé voir les chefs des différentes communautés pour m'entretenir avec ces derniers. On doit mettre les choses au point. Tout d'abord, il faut qu'on se mette d'accord sur certaines choses. Les jeunes ont pris les fusils pour pouvoir faire partir Gbagbo maintenant ils ne veulent pas désarmer. Tout le monde leur à parlé. Soro a parlé, Bakayoko a parlé tout le monde a parlé, amis, ils ne veulent pas désarmer. On leur parlé de toutes les façons possible mais ils ne veulent pas déposer leurs armes.  Nous on est obligé de les désarmer par la force.

La seule chose que je veux vous dire est que nous allons les désarmer par la force. Je ne veux pas après qu'on vienne dire que nous avons tué les enfants de ces personnes. Nous on ne veut pas tuer les enfants des gens. Allez dire aux parents, aux hommes, aux femmes et à toutes les familles que nous allons les désarmer par la force. Que les femmes se mettent dans la tête que lorsque leurs fils seront morts, ce ne sera pas de la faute de Ouattara mais de la faute de leurs enfants. Parce que nous ne ferons pas de quartier. Il ne faudrait pas qu'on accuse après Ouattara de les avoir tués. S'ils meurent ou s'ils perdent la vie, ça sera de leur propre faute. Voilà ce que je voulais vous dire. Ce message s'adresse surtout à nos mères car ce sont encore elles qui vont perdre leurs fils.

Nous voulons éviter une effusion de sang dans ce pays. Car si nous passons à l'acte, ça ne sera vraiment pas bon pour tous ceux qui refusent d'obtempérer. Ces soldats disent qu'ils vont prendre ce pays si on veut les désarmer par la force. Je veux leur demander de ne pas se donner des illusions pour rien. Nous allons les mater et les tuer, sérieusement. Nous ne voulons pas que cela se produise, voila pourquoi je vous parle aujourd'hui.

En ce qui concerne les commandants qui ont été nommés. Le nouveau chef est un chef rebelle qui a été dans le Nord et dans certaines villes du Nord. Ce commandant a la confiance de Soro, voilà pourquoi il doit être là, à son poste. Les jeunes ne veulent pas du commandant d'Abobo mais c'est lui qui a été placé. Un point et c'est tout. La chaîne de commandement ne fonctionne pas à Abobo parce que les soldats ne reconnaissent pas le chef qui y a été nommé. Ce chef est venu du Nord et a été placé, sur décision de Soro. Mais les jeunes disent qu'il n'avait pas combattu lors de la bataille d'Abidjan.

Je sais que la fin de Ouattara va venir d'Abobo parce qu'Abobo est le secteur le plus difficile et le plus rebelle, en ce moment. Je reconnais que les éléments d'Abobo sont très difficiles à maîtriser. Je vous le dis, aujourd'hui : la fin du régime de Ouattara pourrait venir d'Abobo.

Je dois aussi vous le dire: Gbgabo n'était pas mauvais. On nous a dit que Gbagbo était mauvais et nous avons accepté cela. Moi-même, souvent j'entends dire que le temps d'Houphouët était bon. Mais mon propre père me disait souvent que le temps d'Houphouët n'était pas si bon que cela, dans tous les domaines. Moi-même, j'ai été avec Guéï Robert et j'ai été en poste juste un mois quand Gbagbo est arrivé. Le problème n'est pas là. Le problème est que si Gbagbo doit revenir alors qu'il revienne. On me traite souvent de pro-Gbagbo mais je ne fais que dire la vérité.

Et la vérité est que Gbagbo n'était pas si mauvais que cela. Tout ce qu'il voulait, c'était que la richesse de notre pays reste dans notre pays. La Côte d'Ivoire est très riche mais cette richesse vous ne la verrez pas, je vous le dit en vérité. Si Gbagbo est la solution réelle et que le destin veut qu'il revienne alors qu'il revienne pour diriger ce pays, c'est tout ce que je voulais vous dire. Nos jeunes ne doivent pas avoir peur de cela. Parce que des gens pensent que si Gbagbo revient, ça ne sera pas bon pour eux.

J'étais jeune sous Houphouët, j'ai connu Bédié, j'ai connu Guéï, j'ai connu Gbagbo et je connais Ouattara. Chacun a ses forces et chacun a ses faiblesses. En vérité, c'est sous Gbagbo que moi-même j'ai commencé à me retrouver. Je ne suis pas gbagboïste mais je veux juste dire les choses comme elles sont. En vérité, Gbagbo luttait pour la souveraineté du pays. D'autres veulent donner notre argent aux blancs. Les gens ne sont pas payer. Les fonctionnaires ne sont pas payer à temps. On leur paye un mois de salaire alors qu'on leur en doit trois. Certains voient leurs salaires amputés de la somme de 100 000 FCFA, sur chaque paye.

Vous les jeunes, c'est votre avenir qui est en jeu. Je sais aussi que Ouattara est bon. Mais je sais aussi, au fond, que je n'aimais pas personnellement Gbagbo mais j'aimais à vrai dire sa politique. On a mis Ouattara en place mais si on se rend compte que c'était Gbagbo qui était meilleur alors qu'il revienne continuer son pouvoir pour le bien du pays, un point c'est tout. Gbagbo lui-même a signé en son temps des accords à Marcoussis ainsi que l'Accord politique de Ouagadougou et pour être franc, il avait commence à nous payer l'argent qu'il nous avait promis.

Nous ne voulons plus de guerre mais il faut être honnête. C'est nous qui avons mis Ouattara au pouvoir. Nous avons donc un droit de regard sur lui. Je suis au courant de certaines choses. Je ne suis pas lettré, il est vrai, mais je suis en contact permanent avec des personnes qui travaillent dans l'administration. Je vois donc des choses de mes propres yeux. Aujourd'hui, on nous dit que celui qui va nous payer n'est pas encore prêt. Alors qu'on apprend que cet homme qui a été nommé pour le faire convoie des camions remplis d'argent. Cet argent est le nôtre. Non seulement ce n'est pas ce qui nous avait été promis, mais en plus on ne nous le rend pas. On a appris que cet homme qui a été nommé pour payer les soldats est un burkinabé. Les jeunes sont en colère parce qu'ils disent qu'ils n'ont pas pris les armes pour qu'un burkinabé vienne s'enrichir dans notre pays. Moi, je n'ai pas pris les armes pour des miettes. Si Gbagbo était encore là, on aurait obtenu bien plus car c'est un homme de parole.

En ce moment il n'y a pas d'argent au pays. Je vous le dis car je le sais. Il n'y a pas un seul rond, en ce moment, dans les caisses; tenez-le vous pour dit. Je vous disais moi-même, tout me temps, que la Côte d'Ivoire est un pays très riche. Mais est-ce que vous m'entendez parler de cela encore. Le pays a des ressources mais en ce moment, il n'y a pas d'argent. Je sais de quoi je parle, je le vois chaque jour de mes propres yeux. Il ne s'agit pas de nous mais de vous les jeunes, de votre avenir.

(Une voix distincte : En ce qui concerne le secteur d'Abobo ?)

Je dois reconnaitre qu'Abobo me préoccupe vraiment. Il y a trop de désordre dans ce secteur. Les soldats s'entretuent à la gare routière d'Abobo. Tout le monde veut être commandant. Certains font partie de plusieurs casernes différentes. J'en suis témoin. Les gens n'en parlent pas mais ils savent ce qui se passe. Moi, je n'ai pas la langue dans ma poche. Je dis ce que je vois. Et ce que je vois n'est pas bon. Les gens ne respectent plus rien. Moi-même, j'ai été à Abobo et j'ai été témoin du désordre, de racket, de taxage et de vol. Cela se fait tous les jours et cela se fait par nos hommes. Je connais un jeune qui n'était pas soldat et qui a décidé de devenir FRCI le jour même où il a été décidé de désarmer tout le monde.

Il exagère celui-là. Il s'est proclamé commandant alors qu'il ne connait aucune règle militaire. Tout le monde veut être commandant et personne ne veut se faire commander. Tout ça crée le désordre dans ce secteur. Dans ce secteur, il existe un couvre-feu de facto. J'ai moi-même entendu à Abobo, alors que j'y étais de passage, des tirs d'une forte intensité et je savais sûrement que ces tirs allaient finir par faire plusieurs victimes. Des individus se baladent dans les rues avec des armes, à n'importe quel moment de la journée, et vont dans n'importe quel endroit. À partir d'une certaine heure, tout le monde reste chez soi et personne ne veut mettre les pieds dehors.


Transcription: Romaric Okou


Source: CAMEROON VOICE

Commentaires

Merci frere Fernand! je voulais t'envoyé la version sonore mais j'ai hésité. merci de publier cette interview parce qu'elle plus qu'édifiante sur ce que les gens ressentent aujourd'hui meme s'il n'ont pas le courage de le dire.

SHALOM

Écrit par : FRANCKY | samedi, 07 janvier 2012

La lutte continue. Bravo !!

Lien audio :

http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=5631

Écrit par : CheKoff | samedi, 07 janvier 2012

je sais pas sis c'est vrai, mais il y a ce lien qui annonce le décès de Paul Antoine BOHOUN BOUABRE.

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120111102814/?utm_source=feedburner&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+jeune_afrique_Politique+%28Jeune+Afrique+Politique%29

si c'est la vérité, je m'incline devant sa dépouille respectivement en mémoire de ce qu'il a été un grand serviteur de l'état de COTE D'IVOIRE.

encore une victime de alasco le boucher.

SHALOM a tous

Écrit par : FRANCKY | mercredi, 11 janvier 2012

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