topblog Ivoire blogs

vendredi, 27 janvier 2012

UNE COTE D'IVOIRE SANS COMPASSION NI DEMOCRATIE


ALASSANE OUATTARA 4.jpg

« La nouvelle Côte d'Ivoire », un refrain que nous avons entendu à moult reprises depuis la tristement mémorable date de la sanglante transition du 11 avril 2011. Nous avions espéré qu'après l'immense traumatisme causé, à cette occasion, au peuple ivoirien, cette « nouvelle Côte d'Ivoire » nous présenterait un visage moins hideux. Hélas, sa laideur historique (de mémoire d'Ivoiriens), ses rides affreuses et la cruauté de ses yeux injectés de sang ainsi que ses crocs insatiables de notre chair ne se sont pas adoucis ni revêtus d'un peu d'angélisme.

C'est, en effet, avec consternation que nous apprenons, ces dernières semaines, la dégénérescence de la santé de nos frères ivoiriens tombés sous le coup des sanctions et des mesures répressives du pouvoir Ouattara, pour le seul crime d'avoir été proches du président Laurent Gbagbo ou d'avoir travaillé sous sa gouvernance, au moment où Alassane Ouattara, du haut de son piédestal de l'Hôtel du Golfe, décrétait un arrêt de travail général pour asphyxier non pas un « adversaire » mais un « ennemi » politique, appelant et applaudissant au passage l'embargo meurtrier de l'Union Européenne contre la Côte d'Ivoire.


Ainsi, plus de 400 personnalités de la république, cadres, sympathisants de La Majorité Présidentielle (LMP), militants du FPI, militaires de divers rangs et journalistes ont vu leurs comptes mis sous scellé et leurs avoirs gelés. Au nombre de ceux-ci, l'illustre Ministre d'Etat Paul-Antoine Bohoun Bouabré, grand serviteur de l'Etat de Côte d'Ivoire, père du « budget sécurisé » et du « budget de sauvegarde », mort en exil, le mercredi 11 janvier 2012, à l'hôpital Hadassad Ein-Kerem de Jérusalem en Israël. On le savait très malade, souffrant d'une grave insuffisance rénale et ayant ses avoirs gelés.


Ne serait-ce qu'au nom de l'humanité qui nous lie et qui nous différencie des animaux, et qui démarque la société des hommes de la jungle, le gouvernement ivoirien ou même le chef de l'Etat, d'autorité, n'aurait-il pas pu faire une exception pour sauver celui qui a servi avec abnégation son pays et qui n'était d'ailleurs pas un acteur de premier plan de la crise postélectorale ? Pourquoi l'avoir contraint à manquer de soins et à dégrader ainsi irrémédiablement son état de santé au point d'en arriver à avoir urgemment besoin d'une greffe de reins ?


Pour pousser l'inhumanité à son extrême, le quotidien pro-Ouattara, Le Nouveau Réveil, croyant tenir un scoop et apporter un démenti aux allégations d'indigence sanitaire du Ministre d'Etat Paul-Antoine Bohoun Bouabré, barre à sa Une N° 2993 du jeudi 19 janvier 2012 : « Bohoun soigné dans l'hôpital le plus cher au monde et pendant 9 mois, il payait ses soins », avec en prime un véritable reportage sur l'hôpital israélien titré : « Tout sur le prestigieux centre médical Hadassa de Jérusalem ». Jouissance malsaine ! Jouissance impie ! Que gagne le pouvoir Ouattara à exposer ainsi un mort et à le poursuivre outre-tombe ?

UNE N° 2993 LE NOUVEAU REVEIL.jpg

Curieusement, quand dans nos investigations, nous avons cherché à lire le fameux article qui relatait tous ces faits et intitulé « Le régime Ouattara accusé pour rien : Bohoun Bouabré soigné durant 9 mois dans un hôpital de classe mondiale », plus aucune trace du papier. Le lien http://news.abidjan.net/h/423405.html, où était antérieurement logé le brûlot, affiche en anglais : « The page cannot be found ». En clair, « Page introuvable » ! Moralité de l'affaire, cet article n'est qu'un ramassis de mensonges grotesques. Sinon, pourquoi l'aurait-on retiré du Net ? Etait-il compromettant pour ses auteurs ? Etalait-il leur manque de professionnalisme et leur insensibilité déroutante ? Auraient-ils été soudainement saisis d'une tardive compassion humaine ou d'une subite résurgence d'humanité ? Il faudra le leur demander. Toujours est-il que le fameux article n'est plus en ligne.

Au demeurant, il ne doit pas être étonnant ni constituer un crime de lèse-majesté qu'un serviteur de l'Etat du rang de Paul-Antoine Bohoun Bouabré ait quelques amitiés et relations dans le monde, aux plus hauts niveaux. Aurait-il fallu, pour faire plaisir à Ouattara et à son régime en pleine dérive tyrannique, qu'il n'en usât pas une ultime fois, dans l'espoir de sauver sa vie et ne pas être ainsi prématurément arraché à l'affection profonde des siens ? Bien curieuse philosophie de la vie, tout de même !

Bohoun Bouabré aura tout tenté pour avoir la vie sauve. « Après la chute de Laurent Gbagbo, il avait dépêché des émissaires auprès du nouveau pouvoir d'Alassane Ouattara pour négocier le dégel de ses avoirs ou, à défaut, obtenir une prise en charge de l'Etat. Mais, cette demande lui avait été refusée », nous rapportait le site du journal d'actualité en continu, Jeune Afrique, le mercredi 11 janvier 2012, le jour même de son décès. Le nouveau régime ivoirien sombre dans la méchanceté aveugle et l'injustice vengeresse. Qui pourra l'arrêter ? La compassion naturelle a quitté la terre d'Eburnie. Requiem pour la Côte d'Ivoire fraternelle, où il faisait bon vivre même en temps de crise ! Haro sur une « Côte d'Ivoire nouvelle », sans âme !

Au-delà du cas retentissant qu'est celui du Ministre d'Etat Bohoun Bouabré, ce sont des centaines d'ivoiriens qui meurent en exil et dans notre pays, dans des camps de réfugiés ou de déplacés, dans des départements et régions pillés, dévastés, déshérités pour cause de guerre comme l'Ouest de la Côte d'ivoire, en silence, dans l'anonymat le plus complet et dans l'indifférence absolue d'Alassane Ouattara et son régime. Les vivants, grands malades en sursis ou illustres inconnus sinistrés de la guerre, sont en train de mourir sans que le gouvernement ivoirien ne s'en sente concerné ou ne s'en préoccupe, outre mesure. Simplement parce que leurs comptes ou ceux de leurs proches sont mis sous scellés et qu'ils ne peuvent plus faire fasse à leurs responsabilités familiales et sociales. Quand on sait qu'en Afrique, le cadre du village nourrit des dizaines de personnes et en scolarise ou prend en charge bon nombre d'autres, on imagine aisément la détresse et le désastre que vivent ces 400 personnes aux avoirs gelés et leurs familles. Alassane Ouattara n'en a cure. Une telle cruauté ne s'est jamais vue en Côte d'Ivoire, de mémoire d'ivoiriens. Aucun ivoirien n'en a jamais été capable.

AWA EHOURA 2.jpg

Nous avons actuellement, pendant sur le bras, les cas de l'animateur de Radio Côte d'Ivoire, Paul Dokui, malade et luttant contre la mort au Ghana, de la brillante présentatrice du 20h de la RTI, Awa Ehoura Tabitha, dont les avoirs ont été gelés, qui a été mise en chômage technique et qui n'arrive plus à se soigner convenablement (pour la grande diabétique qu'elle est), et dans une moindre mesure, de l'ancien directeur de Radio Côte d'Ivoire, le journaliste Eloi Oulaï, heureusement entouré par des amis médecins. Tous les trois ont vu leurs comptes mis sous scellé. La journaliste Awa Ehoura a récemment lancé un véritable SOS : « Qu'on débloque mon compte pour que je me soigne ». C'est finalement sous le poids moral de toute la mobilisation que les Ivoiriens ont mise en branle pour secourir la journaliste que les autorités judiciaires s'exécuteront. Le samedi 21 janvier 2012. Près d'une année après la décision scélérate. Qu'en est-il des 400 autres cas ? Pour l'heure, c'est le statu quo absolu.

Quant à la démocratie, nous en faisons tout bonnement le deuil sous le régime Ouattara. Car comment comprendre qu'on fasse le tour du monde pour annoncer que la paix est revenue, que la démocratie est de retour, que l'état de droit est restauré et que la Côte d'Ivoire s'est retrouvée, et continuer de brider de la sorte l'opposition et la museler ?

Pour preuve, la cérémonie de présentation officielle du livre-témoignage de Charles Blé Goudé, « Côte d'Ivoire, traquenard électoral », prévue pour se tenir le mercredi 18 janvier 2012, au Baron de Yopougon et annoncée longtemps à l'avance, s'est achevée dans la plus grande confusion : un commando des FRCI, sous les ordres du lieutenant Seydou Traoré, s'est présenté aux portes de la salle avec pour instruction de prendre Martial Yavo, le président intérimaire du COJEP (Congrès Panafricain des Jeunes et des Patriotes de Charles Blé Goudé). Un tel ordre de mission n'étant pas du goût des participants à la rencontre, les membres du COJEP présents se constituent en bouclier humain pour faire échec au commando. Le commissaire Lézou du 16ème arrondissement de Yopougon, venu à la rescousse de l'escouade, instruit l'intervenant du jour de ne pas tenir de propos « subversifs ». Qu'appelle-t-il propos subversifs ? Relater des faits dont tous les ivoiriens ont été témoins, fin 2010 et début 2011 ? Au final, le désordre s'étant installé, l'organisateur principal (Martial Yavo) et l'intervenant du jour (Dr Augustin Guéhoun) ayant été exfiltrés, la cérémonie de dédicace du livre « Côte d'ivoire, traquenard électoral » n'a pu se tenir. La Côte d'Ivoire est en pleine anti-démocratie. Un régime stalinien n'aurait pas mieux fait.

MEETING FPI 6.jpg

Un militant du FPI blessé par balle et gisant sur le podium du meeting


Que dire alors du meeting de rentrée politique du FPI, soutenu par le CNRD, à Yopougon place Ficgayo, le samedi 21 janvier 2012, qui avait recueilli tous les accords de façade des autorités ivoiriennes et qui s'est brutalement achevé dans le sang, par la faute des partisans de Ouattara, incorrigibles adeptes de la violence et du crime, payés et envoyés en mission punitive encadrée contre le FPI ? Une manifestation pacifique qui s'est soldée par au moins 2 morts et 67 blessés dont des cas graves. Quand est-ce qu'un meeting du RDR, ou même de l'opposition dans sa globalité, a subi pareille incursion, sous Gbagbo ? La presse proche de Ouattara, pour justifier l'injustifiable, reproche aux leaders du FPI d'avoir tenu des propos incendiaires et provocateurs (qui restent d'ailleurs à prouver). Loin de nous l'idée de défendre un quelconque propos mais, objectivement, le RDR est-il le mieux placé pour donner des leçons en la matière ? Les premiers spécialistes des propos guerriers et insurrectionnels sous Gbagbo n'étaient-ce pas Alassane Ouattara et Hamed Bakayoko, actuels chef de l'état et ministre de l'intérieur ? Ont-ils été un seul jour inquiétés ? Trois fois non ! De quoi se plaignent donc les militants et journalistes du RDR ?  

Au surplus, pourquoi le régime Ouattara, bien que détenant le pouvoir, est-il si frileux au point de bafouer, avec une telle goujaterie, le droit de réunion et de rassemblement, le droit de penser différemment, le droit d'expression, véritables piliers de la démocratie, jusqu'à se faire condamner par des alliés comme les Etats-Unis et l'ONUCI ? A la vérité, seul un régime d'exception, qui sait ne pas être parvenu au pouvoir par la voie démocratique, peut être aussi épidermique et réactionnaire. Le pouvoir Ouattara voudrait nous révéler, par ce trait psychologique très caractéristique, qu'il n'a pas gagné l'élection présidentielle de 2010 qu'il ne s'y prendrait pas autrement. Il fait preuve d'une frilosité déconcertante et d'une paranoïa que seuls ont les putschistes. C'est, de façon parfaite, le même manque de sérénité qu'on observe chez tous les voleurs et chez tous les usurpateurs. Le régime Ouattara en est-il un ? Ses actes le laissent penser. Vivement, le retour de la compassion et de la démocratie, en terre ivoirienne.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 426 du jeudi 26 janvier 2012.

Commentaires

tous ces faits reels ne nous surprennent pas. c'est du ouattara c'est tout.sinon comment comprendre que GBAGBO le pauvre qu'il maltraite ai pu soigner son grand frere gaoussou ouattara a hauteur de 5.000.000 frs cfa et lui donner l'avion presidentiel pour aller se faire soigner pendant que ouattara le (MILLIADAIRE) se pavanait.........

Écrit par : PAUL GUEMA | vendredi, 27 janvier 2012

La question que l'on peut se poser est la suivante:ou cette politique va t'elle le mener?la non présentation d'un simple livre-témoignage de CHARLES BLE GOUDE:Traquenard électoral,gels des avoirs de BOHOUN BOUABRE(décédé)AWA EHOURA,ELOI OULAI,PAUL DOKOUI qui ont en commun d'avoir des problèmes de SANTE sans oublier les anonymes victimes de cette sanction financière dépourvue de sens.Les morts et blessés d'un meetiong de l'opposition.Les centaines d'exilés,réfugiés,déplacés,sinistrés de guerre,survivants et malades sans ressources financières dans le dénouement total chez eux ou à l'extérieur:aucune prise en charge n'est proposée pour leur venir en aide par ce GOUVERNEMENT ACTUEL.C'est vraiment du jamais vu,nulle part ailleurs au monde.A quoi servent ils ces MINISTRES NOMMES aux DIFFERENTS SECTEURS de l'ETAT?A quel ministre revient de s'occuper de ces personnes en détresse?faire de la GOUVERNANCE au forceps n'a eu aucun résultat.Ca veut dire qu'il faut changer de méthode.Encore faufrait il que les TENANTS du POUVOIR en prenne CONSCIENCE au lieu de chercher les HONNEURS à tout prix.

Écrit par : RitaFlower | vendredi, 27 janvier 2012

La méchanceté gratuite et l'injustice exacerbée finissent toujours par créer des frustrations profondes et par conduire à la révolte. Voilà où tout cela va mener Ouattara, RITAFLOWER.

Un matin, un embrasement subit du pays va l'emporter.

Je lui souhaite bon vent dans la tyrannie, qu'il y monte en grade et qu'il en récolte beaucoup de gallons.

Quant à nous, nous remettons notre cause entre les mains protectrices de DIEU. Qu'en toutes choses, Son nom précieux soit béni!

Écrit par : Dindé | vendredi, 27 janvier 2012

Les commentaires sont fermés.