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lundi, 30 janvier 2012

L'INSECURITE MENACE LA LUNE DE MIEL ADO-SORO


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Malgré la nette victoire de son parti aux législatives du 11 décembre (127 sièges sur 254, auxquels s'ajoutent 35 indépendants), Alassane Ouattara demeure obnubilé par la question sécuritaire. Neuf mois après sa victoire sur Laurent Gbagbo, la Côte d'Ivoire n'est toujours pas pacifiée, tandis que l'Etat de droit, porté comme un étendard par le nouveau régime, demeure abstrait pour un grand nombre d'ivoiriens. Inquiété par les comportements des anciens com-zones, davantage concernés par les berlines de luxe que par l'uniforme, ADO n'hésite plus à contourner son premier ministre Guillaume Soro - sécurocrate du pays ayant montré sa capacité toute relative à maintenir l'ordre -, au risque d'assombrir la lune de miel entre les deux hommes. Analyse.

Agacements

Les incidents de décembre ayant opposé les Forces républicaines de Cote d'ivoire (FRCI), composées majoritairement d'éléments des ex-Forces nouvelles (FN), a des populations locales à Vavoua (Centre-ouest) et à Sikensi, au nord d'Abidjan, ont lézardé la relation jusqu'ici bienveillante à la tête de I'exécutif ivoirien. Le 23 décembre, sans avertir son Premier ministre, également détenteur du portefeuille de la défense, le chef de l'Etat a nommé Zacharia Koné - sans doute l'ex-chef de guerre le moins proche de Guillaume Soro - à la tête de la nouvelle police militaire. Cette unité spéciale est chargée de neutraliser les éléments indisciplinés des forces armées. Autre signe d'agacement à l'égard de son Premier ministre, le président Ouattara a ordonné, dans la foulée, au Directeur général du Trésor public, Adama Koné, de bloquer un décaissement d'un milliard de Francs CFA destiné à la primature. Cette somme représente la dernière tranche du budget de souveraineté pour l'année 2011.

Quel avenir pour Soro?

Alors que les ex-FN font la pluie et le beau temps en divers points du pays et "gèrent" certains quartiers d'Abidjan, comme ils l'ont fait durant dix ans dans le Nord, ce contexte pousse ADO à ne pas reconduire Soro à son poste lors du remaniement censé suivre les législatives. "Je ne suis plus convaincu de pouvoir le maintenir", confie-t-il a ses plus proches collaborateurs depuis sa résidence privée de Cocody. Le ministre des Affaires étrangères, Daniel Kablan-Duncan, ou celui de la Justice, Jeannot Ahoussou, attendent déjà leur tour. .. La nomination d'un nouveau chef de gouvernement bute cependant sur le scénario consistant à envoyer Guillaume Soro à la présidence de l'Assemblée nationale. Agé de 39 ans, l'ancien leader de la FESCI, nouvellement élu député de sa ville natale de Ferkessedougou (Nord), ne peut encore prétendre à cette fonction pour laquelle l'âge minimum est fixé à 40 ans. Au final, il pourrait donc être reconduit, mais temporairement, tandis que l'actuel secrétaire général de la présidence, Amadou Gon Coulibaly, voire Tiémoko Yadé, membre du bureau politique du Rassemblement des républicains (RDR), sont pressentis pour décrocher le perchoir.

Neutraliser les frères d'armes

Désormais critiqué au sein du RDR, Guillaume Soro est, par ailleurs, toujours sous la pression des ONG anglo-saxonnes demandant sa comparution devant la Cour pénale internationale (CPI), au même titre que Laurent Gbagbo. Les Etats-Unis et la France divergent fondamentalement sur la question. Si Washington milite pour une comparution à titre de témoin, Paris s'y oppose, jugeant les effets dangereux pour le président Ouattara. Pour rassurer et marquer ses distances avec ses anciens frères d'armes, Soro a réitéré son engagement à collaborer avec la juridiction internationale lors de son déplacement aux Nations Unies à New York, mi-décembre, où il assistait à la conférence des pays membres du traité de Rome instituant la CPI. Devant la nouvelle procureure, la Gambienne Fatou Bensouda, il s'est même dit disposé à ne plus soutenir ses compagnons, et non des moindres : le patron du Groupe de sécurité présidentielle (GSPR), Chérif Ousmane; le commandant des forces spéciales, Losséni Fofana; ainsi qu'Issiaka Ouattara, alias « Wattao », commandant de la Garde républicaine.



Paris, le 5 janvier 2012

Source : La Lettre du Continent N° 626.

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Écrit par : drigo | mardi, 31 janvier 2012

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Écrit par : drigo | mardi, 31 janvier 2012

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