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jeudi, 23 février 2012

ALASSANE OUATTARA, L’HOMME PAR QUI LE CHOMAGE ETHNIQUE EST ARRIVE


MAMADOU KOULIBALY 7.JPG

Le 6 mai 2012, Alassane Dramane Ouattara achèvera sa première année à la tête de la Côte d'Ivoire. Dans le microcosme RHDP en général et RDR en particulier, l'on pourrait s'attendre à de nouveaux feux d'artifice dans le ciel abidjanais, à l'image de la «fête des lumières» célébrée par le couple présidentiel à l'occasion de la fin d'année 2011.

Un constat s'impose pourtant: Au lieu du million d'emplois promis lors de sa campagne électorale de 2010, ce sont plutôt des milliers de chômeurs en plus qu'Alassane Ouattara a déversé en Côte d'Ivoire depuis son accession à la magistrature suprême il y a près d'un an maintenant. En effet, à peine installé au pouvoir, le nouveau président a procédé à des purges impressionnantes dans l'Administration et les entreprises publiques, sous prétexte d'en réduire les effectifs jugés pléthoriques. Cela pourrait être louable si les personnes licenciées ou mises au chômage n'étaient pas automatiquement remplacées par des militants nordistes de Ouattara et de son clan, ou par des membres de leurs familles. Il ne s'agit donc pas de nécessaires opérations de dégraissage ou de mises au chômage technique, mais bel et bien d'un nouveau concept créé par le pouvoir en place, qui se fait au nom des nordistes de Côte d'Ivoire : le chômage ethnique. Selon le secrétaire général adjoint de l'Union Générale des Travailleurs de Côte d'Ivoire (UGTCI), ce sont près de 80.000 employés qui avaient, au mois d'août 2011, perdu leurs emplois des suites de la crise postélectorale.

La tribu comme premier critère qualifiant

Les dernières manœuvres en date sont celles opérées, entre autres, au sein du Port Autonome d'Abidjan, de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), du ministère de la Construction, de l'Assainissement et de l'Urbanisme et de la Société des Transports Abidjanais (SOTRA), où plus d'un millier de personnes ont été mises sur la touche pour être supplantées par des gens qui partagent tous des caractéristiques communes : avoir la bonne religion, être originaire de la bonne région, militer au bon parti et appartenir au bon clan.

Ce tribalisme d'Etat domine également l'affectation des cadres politiques aux dépens de la compétence et de l'éthique : après plusieurs dizaines de nominations ethniques, Ouattara, lui-même originaire du Septentrion, envisage ainsi installer un autre nordiste au perchoir de l'Assemblée nationale. Confronté à ce sectarisme par des journalistes français, le président ivoirien a, sans sourciller, admis qu'il était au pouvoir pour faire du rattrapage ethnique. Loin de s'offusquer de ces propos outranciers et dangereux, le partenaire gouvernemental du RDR se mure dans un silence d'autant plus complice que son président Henri Konan Bédié est l'inventeur du pernicieux concept de l'ivoirité, totalement en phase avec le principe de la préférence ethnique pratiqué par son ex-adversaire.

Les Ivoiriens et la communauté internationale mesurent-ils la gravité des propos tenus par le Président Ouattara et sont-ils conscients des conséquences des politiques qui s'en suivent ? Ceux qui se réjouissent de l'apartheid tribal pratiqué par Ouattara et les nordistes qui assistent en silence à l'instrumentalisation de leur groupe ethnique se rendent coupables de complicité de purification et de division durable de la Nation ivoirienne en construction. Ce genre d'attitudes et de paroles maintient les populations dans un cercle vicieux de violence et de vengeance. Il est important de rappeler aux partisans du repli identitaire qui s'apprêtent à célébrer bruyamment et en grande pompe l'an Un de l'accession de leur champion à la présidence que le plus fort d'aujourd'hui ne demeurera pas indéfiniment en position d'écraser tous les autres. Nul ne peut se maintenir éternellement au pouvoir. Un jour, le règne de Ouattara prendra fin. Et après lui, les Dioula sont-ils prêts à affronter le regard et la revanche des autres Ivoiriens contre lesquels la politique de rattrapage ethnique a été élaborée et mise en place ? Sont-ils amnésiques au point d'avoir oublié comment les Baoulé ont plus ou moins disparu du paysage lorsque Bédié a perdu le pouvoir ou comment les Bété se terrent depuis la chute de Gbagbo ?

Les graves dérives langagières et politiques du gouvernement mettent en danger le peu de cohésion sociale qui subsiste et hypothèquent l'avenir des populations qui aspirent enfin au progrès, à la paix et à la prospérité. Afin d'éviter les ravages d'une nouvelle poudrière identitaire plus meurtrière que celle que le pays vient de connaître, il est donc plus que temps que les Ivoiriens responsables refusent de se laisser instrumentaliser par des individus pernicieux, uniquement préoccupés par le bien-être de leur clan, et rejettent sans ménagement tous les partis politiques au sein desquels le repli ethnico-tribal n'est pas inlassablement combattu.


Abidjan, le 22 février 2012

 

Mamadou Koulibaly

Président de LIDER


Liberté et Démocratie pour la République

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

Commentaires

Il est si grand le désert dans lequel vous prêchez à présent...
M. Koulibaly, avant de jeter la pierre à Ouattara, il serait plus intéressant, pour vous et pour tout le pays, que vous analysiez votre propre intervention dans l’arène politique ivoirienne sur ces dernières années. vous semblez plus donner dans le journalisme politique que dans l'action politique, la stratégie.
Vous avez abandonné les ivoiriens au moment et à la place où ils avaient besoin de vous. Sinon que signifie "numéro 2 d'un régime" ? Ou encore président du parti politique du président désormais déchu... Dans cette posture, les ivoiriens espéraient beaucoup de vous.
Thucidide avait raison lorsqu'il affirmait, je cite: « La manifestation du pouvoir qui impressionne le plus les gens est la retenue.» .
De la retenue donc... qui contraste avec votre empressement à dicter au pouvoir, "fraichement établi", une feuille de route, sans oublier vos sorties fracassantes pour dénoncer les errements dans vos propres rangs.
Thucydide ne disait-il pas encore, je cite: « Il faut choisir, se reposer ou être libre. ». Face aux actions du nouveau pouvoir visant à embastiller nos libertés et à ruiner nos acquis, vous le numéro 2 du régime déchu, propulsé, par les circonstances, au rang de président du "front", avez choisit de vous mettre en retrait, donc de vous reposer. Que représente LIDER face à l'orgue RDR aujourd'hui ? Je ne parle même pas du RHDP.
M. KOULIBALY, le manque de retenue et de courage vous disqualifie pour l'instant. De la stratégie en bon politicien et non du verbiage comme un vulgaire journaliste... voila ce à quoi vous devez tendre.

Écrit par : lopez ouaga | jeudi, 23 février 2012

Les termes de Koulibaly sont bien choisis, car correspondant à la réalité du terrain:
-"Chômage ethnique"
-"Apartheid tribal"

Aujourd'hui en Côte d'Ivoire tout est dioulatisé.

Vive la R P D A, la République Populaire des Dioulas Armés.
Vive les djoulabougous et les dioulakros.
Vive le Ouattrapage, et les rattrapés.

Écrit par : Bakase | jeudi, 23 février 2012

Urgent Côte d’Ivoire – La CPI autorise Ocampo à enquêter sur la période 2002 à 2010

Côte d’Ivoire: les juges de la CPI élargissent le cadre temporel de l’enquête pour inclure la période allant de 2002 à 2010

Situation : Côte d’Ivoire

Le 22 février 2012, la Chambre préliminaire III de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé d’élargir son autorisation d’enquêter sur la situation en Côte d’Ivoire pour inclure les crimes relevant de la compétence de la Cour qui auraient été commis entre le 19 septembre 2002 et le 28 novembre 2010.

La Chambre a considéré que les événements violents survenus en Côte d’Ivoire pendant cette période (y compris ceux qui auraient eu lieu depuis le 28 novembre 2010) doivent être traités comme une seule situation dans laquelle une crise continue, impliquant une querelle politique prolongée et une lutte pour le pouvoir, a mené aux événements sur lesquels la Chambre a déjà autorisé l’ouverture d’une enquête. En se concentrant sur les exemples les plus significatifs d’incidents, la Chambre a conclu qu’il y a une base raisonnable de croire que des crimes de meurtre et de viols, qui pourraient constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité, auraient été commis au cours de ces événements.

La Chambre avait, le 3 octobre 2011, fait droit à la requête du Procureur aux fins de l’ouverture d’une enquête sur les crimes présumés relevant de la compétence de la Cour, qui auraient été commis en Côte d’Ivoire depuis le 28 novembre 2010, ainsi que sur les crimes qui pourraient être commis dans le futur dans le contexte de cette situation. Dans cette décision, la Chambre préliminaire III, composée des juges Silvia Fernández de Gurmendi (juge présidente), Adrian Fulford et Elizabeth Odio Benito, avait demandé au Procureur de lui fournir toute information supplémentaire à sa disposition sur des crimes qui pourraient relever potentiellement de la compétence de la Cour et qui auraient été commis entre 2002 et 2010. Le Procureur a fourni des informations supplémentaires le 4 novembre 2011.

Decision on the « Prosecution’s provision of further information regarding potentially relevant crimes committed between 2002 and 2010″

Pour toute information complémentaire, veuillez contacter Fadi El Abdallah, Porte-parole et Chef de l’Unité des affaires publiques, Cour pénale internationale, au +31 (0)70 515-9152 ou +31 (0)6 46448938 ou à l’adresse fadi.el-abdallah@icc-cpi.int.

Les activités de la CPI peuvent également être suivies sur YouTube et Twitter

……………………..

Consultez la décision intégrale en Anglais version PDF.

Decision on the « Prosecution’s provision of further information regarding
potentially relevant crimes committed between 2002 and 2010″

37. Accordingly, the Chamber expands its authorisation for the investigation in Côte d’lvoire to include crimes within the jurisdiction of the Court allegedly committed between 19 September 2002 and 28 November 2010.

Écrit par : Bakase | jeudi, 23 février 2012

Ce sont des effets collatéraux du comportement incroyablement malhonnête de GBAGBO et de ses sbires. Mauvzise foi, quand tu nous tiens ! Milles morts à droite, mille morts à gauche ,moi j'avance disait- il ! Que lui et ses sbires crèvent de fin et meurent. Ils sont les seulsresponsables de ce qui leurs arrive

Écrit par : BOATENG | jeudi, 23 février 2012

BOATENG,

Que de haine dans tes propos! Dommage que cette bile t'ait bouffé ce qu'il te reste d'humanité. A l'image de la quasi totalité des pro-Ouattara.

Que DIEU ait compassion de vous et qu'il vous bénisse, dans l'espoir qu'un jour, vous redeveniez des humains!

Écrit par : Dindé | jeudi, 23 février 2012

boateng que dieu te garde et ait compassion pour toi te ta famille je suis sur que tu es baoule ou bien du nord

Écrit par : aym | jeudi, 23 février 2012

BOATENG,

Qu'ALLAH vous donne longue vie afin de voir la fin du film.
Vivement que la vérité éclate et elle éclatera de toutes les façons.Heureusement que le temps est l'autre nom de DIEU.J'ose espérer que d'ici là vous vous rendriez compte de vos erreurs. Puisse DIEU vous mettre sur la voie de la sagesse.
SHALOM!

Écrit par : Tchowa | vendredi, 24 février 2012

C'est triste que M.koulibaly mette Gbagbo et les autres (les fils d'Houphouet) ensemble. Je lui souhaite bonne continuation dans son enfoncement.

Écrit par : paul83 | vendredi, 24 février 2012

LU POUR VOUS:

" Après la lecture du dernier article publié par le Pr Mamadou Koulibaly, il me parait impératif de relever le biais d'analyse subtilement glissé dans ce texte.
M. Mamadou Koulibaly, intellectuel de renom, a brillamment et simplement fait l'état des lieux de la "dozocratie" ou de la "dioulacratie" en place en CI.
Cependant, je ne partage pas du tout l'attitude à fourrer dans le même panier tous les régimes auxquels il a lui-même fait allusion.
En parlant du régime actuel, le Pr en énumère les caractéristiques communes au nombre de 4 et je cite :
- avoir la bonne religion;
- être originaire de la bonne région;
- militer au bon parti;
- et appartenir au bon clan.
A mon humble avis, d'autres caractéristiques spécifiques (!) à cette nouvelle race de politicards ou à ce conglomérat tribalo-religieux ont été omises.
Je me permets de rappeler au Pr Mamadou Koulibaly que ces individus, depuis l'immixtion de leur champion dans l'arène politique ivoirienne, se sont caractérisés aussi par :
- un esprit de rébellion permanente face à la loi et à l'éthique républicaine : ils ne respectent rien!
- et conséquemment, par une violence meurtrière et destructrice.
Ceci dit, comment peut on en arriver à mettre tout le monde dans le même sac?
Cher Pr, tout de même!
D'Houphouet-Boigny à Dramane Ouattara, en passant par Bédié, Guéi et Gbagbo, des dérives outrancières ont été commises.
Mais notons que tous les prédécesseurs du "préfet" Ouattara avaient au moins la décence ou l'excuse de la géopolitique, aussi discutable soit elle. Gbagbo a poussé l'audace à s'entourer de collaborateurs de tous bords ethniques et politiques. N'est ce pas, Pr Mamadou Koulibaly?
De plus, la religion n'a jamais été instrumentalisée dans ce pays, auparavant.
Alors, a t on idée de lever une rébellion armée, déclarer la guerre à son propre (?) pays, s'appuyer sur des forces étrangères pour massacrer des populations innocentes?
Et tout ça, pour quoi? Pour que la CI devienne un no man's land aux mains d'une part, de la France -pour ce qui est de la substance- et d'autre part, des tribus septentrionales de la CI et au delà -pour ce qui est de l'os-.
Pour rappel, si les Baoulé ont plus ou moins disparu du paysage politique, ce n'est certainement pas du fait de la menace de leurs vies, entre 2000 et 2010. Ils apprécieront.
Si les Bété, mais aussi les Wê, les Akyé, les Abbey, les Adjoukrou et j'en passe, se terrent depuis la chute de Gbagbo, cela est dû à la violence physique et meurtrière de la "dozocratie". Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué!
Enfin, tout en vous remerciant, cher Pr, pour la vigilance que vous recommandez aux ivoiriens vis à vis des partis politiques, souffrez que je vous mette en garde contre toute contorsion intellectuelle -au détriment de l'histoire vraie et trop récente de la CI- dans le but d'une hypothétique renaissance politique.
Salutations respectueuses.

Dr GUI TEH C. "

Écrit par : Dindé | vendredi, 24 février 2012

D'accord avec toi, cher frère GUI TEH! Mamadou Koulibaly doit se départir de cette propension récurrente à faire de l’amalgame quand il parle du Président GBAGBO.

Cela n'aidera pas à sa renaissance politique. Bien au contraire!

Laurent GBAGBO n'est pas un tribaliste. Tous les Ivoiriens honnêtes le savent. Cette analyse biaisée le concernant de la part de ce remarque intellectuel est finalement fortement regrettable.

Bien à tous!

Écrit par : Dindé | vendredi, 24 février 2012

Dindé, s'il te plaît, lit désormais bien les papiers de ce monsieur avant de les mettre sur ton bon blog!!!

Bonne journée.

Écrit par : paul83 | vendredi, 24 février 2012

Je l'ai très bien lu, cet article, mon frère PAUL 83! Je ne publie pas uniquement ce qui peut nous faire plaisir. Je porte l'information et on en débat, c'est ma manière de procéder.

Au demeurant, tout ce qu'a dit Mamadou Koulibaly ne doit pas être balayé du revers de la main. Son analyse est bonne en bien des points.

En outre, c'est aussi notre rôle de lecteurs d'intervenir pour ajuster et équilibrer les positions, en donnant notre avis.

Bien à toi!

Écrit par : Dindé | vendredi, 24 février 2012

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