topblog Ivoire blogs

mercredi, 29 février 2012

RDR ET ONUCI: JEU DE CACHE-CACHE AUTOUR DES MORTS DE BONON

UNE N° 157 AUJOURD'HUI.jpg

Trois jour après les tueries de Bonon, le mystère continue de planer sur les auteurs du massacre car ni l'Onuci, sur qui planent de lourds soupçons, ni le RDR qui dénonce la perte de ses militants, n'ont le courage de situer clairement les responsabilités dans cette affaire qui fait désordre au sein de la grande coalition anti Gbagbo.

Depuis le début de la semaine, les graves évènements survenus au soir du scrutin législatif partiel, à Bonon, occupent la UNE des principaux tabloïds de la place. Les uns pour s'interroger sur les auteurs des cinq morts enregistrés dans cette petite localité du centre-ouest, les autres pour indexer les soldats de l'Onuci qui selon plusieurs témoignages concordants, ont fait le massacre en ripostant aux coups de feu d'inconnus armés. Pour éclairer la lanterne de tous, les premiers responsables de l'Onuci, civils comme militaires ont effectué le déplacement sur Bonon. Leurs enquêtes se poursuivent encore et nul ne sait pour l'heure, le jour de la publication des conclusions des limiers onusiens.

Quant au RDR, s'il a tout de suite reconnu les victimes comme étant ses militants, il continue cependant de s'interroger sur l'origine des balles assassines qui ont fauché les siens. Une attitude bien curieuse de la part d'un parti politique habituellement prompte à crier au loup et à jouer à fond la carte de la victimisation. Alors que les informations largement relayées par les radios onusienne et française (RFI), indexent clairement les forces de l'Onuci, les partisans du chef de l'Etat se gardent toujours de briser la glace. Certainement qu'ils ne veulent pas indisposer un allié qui leur a été d'un soutien précieux dans la guerre menée en son temps contre le président Laurent Gbagbo.

C'est sûr que pareille dénonciation viendra remettre au goût du jour toutes ces victimes ivoiriennes tombées sous les balles assassines des soldats de l'Onuci et que dénonçait justement le camp Gbagbo. Et comme si elle se gardait de trahir un secret de confrérie, la force onusienne refuse visiblement de dire plus qu'elle n'en sait ; pour ne pas reconnaitre officiellement que les partisans de Ouattara et les inconnus armés en question, ne font en réalité qu'un. Une révélation qui pourrait bien brouiller la communication gouvernementale sur le « caractère pacifique » des militants du RDR tout en donnant accréditant la thèse des adversaires du FPI.

En somme, un jeu de cache-cache autour des morts de Bonon, sacrifiées sur l'autel des ambitions politiques de personnes qui n'ont visiblement pour seul argument, que les muscles. L'ordre, la discipline, et l'autorité, ils n'ont qu'en faire. La preuve, le sous-préfet de la ville vit aujourd'hui caché et sa résidence saccagée par les partisans du candidat malheureux du RDR qui lui impute la reprise du scrutin à Bonon alors qu'il avait triomphé avec de nombreuses irrégularités.

On se demande bien ce qu'en dira Hamed Bakayoko, le ministre de l'intérieur et donc patron du corps préfectoral, devant pareille situation où ceux qui sont chargés de prolonger l'autorité du chef de l'Etat à l'intérieur du pays ne représentant plus rien aux yeux de leurs administrés.

Mais çà, c'est aussi la conséquence de plus de dix ans d'incivisme, de défiance à l'autorité de l'Etat inculqués aux militants du RDR par les gouvernants actuels. Il ne faudra pas être étonnés que dans les prochains jours, un préfet ou un sous-préfet soit battu, traîné dans la poussière et jeté hors de sa sphère de commandement pour la seule raison que sa tronche ne plaise pas à certains de ses administrés assurés que rien de grave ne peut leur arriver en agissant de la sorte. Ainsi va la Côte d'Ivoire, après dix mois de gouvernance sous Ouattara.

Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 157 du mercredi 29 février 2012.

COTE D'IVOIRE: LE PDCI RATTRAPE PAR LA VIOLENCE DU RDR QU'IL FEIGNAIT DE NE PAS VOIR


UNE N° 155 AUJOURD'HUI.jpg

Le RDR inaugure une série d'agressions sur ceux qui l'ont aidé à prendre le pouvoir en Côte d'Ivoire. L'UDPCI de Mabri Toikeusse s'en mord déjà les doigts puisque tout est fait pour l'empêcher d'avoir un groupe parlementaire. Quant au PDCI, c'est le président de sa jeunesse qui vient d'être lynché par une cohorte d'hommes armés de gourdins à Bonon et qui pour KKB sont membres du RDR.

Au royaume du RHDP, les alliés ne comptent plus. Alors que le pouvoir ne lésine plus sur aucun moyen pour faire mordre la poussière à l'UDPCI en veillant à ce qu'il n'obtienne pas un groupe parlementaire dans la prochaine assemblée nationale, le PDCI a eu vendredi dernier la frayeur de sa vie. Aussi bien son délégué départemental  Yves N'dia que le président de la jeunesse du parti Bertin Kouadio Konan ont été tabassés par des individus armés de gourdins qui ont forcé l'entrée de la mairie de Bonon.

« Ils criaient tuez-le ! » a raconté le président de la JPDCI qui n'en sait pas plus, à part que c'est un message clair qui lui est adressé. Bertin Konan Kouadio n'est pas à son premier effroi. Il s'était déjà fait malmener par des individus non identifiés au cours d'une marche de prise de la télévision ivoirienne trop pro-Gbagbo selon le PDCI et ses alliés.

Mais KKB sait aussi se servir de la violence. C'est lui qui avait organisé la bastonnade de l'Ambassadeur Gnamien Yao qui s'était rendu au siège de Cocody pour répondre à une convocation de la direction. Le président de la jeunesse du PDCI avait notamment revendiqué son action et montré la nécessité d'obliger le diplomate à avoir plus de considération pour le président du PDCI, Henri Konan Bédié, à qui KKB veut désormais arracher l'organisation d'un congrès.

La violence fait partie l'environnement du président des jeunes du PDCI, soit parce qu'il l'instrumentalise, soit parce qu'il en est la victime. Le parti démocratique de Côte d'Ivoire lui-même ne s'en était jamais autant repu que pendant ces dernières années, lorsqu'elle visait les étudiants qu'on prend grosso modo pour les gbagboïstes.  La maison du parti, situé à quelques encablures de la résidence présidentielle où vivait Laurent Gbagbo a même servi, pendant la crise postélectorale de pièce à déstabilisation. Le PDCI dont les dirigeants s'étaient repliés au Golfe hôtel y avait installé des rebelles armés pour attaquer la résidence universitaire située dans les environs avant, sans doute de mettre le cap sur la résidence de Gbagbo.

Lorsque la police, en désespoir de cause finit par les déloger, le PDCI se plaignit qu'on ait attaqué son siège. Mais depuis qu'Alassane Ouattara a pris le pouvoir en Côte d'Ivoire, les militants se sentent de plus en plus agressés. A commencer par ceux qui espéraient tirer quelques prébendes de la nomination d'un premier ministre PDCI. Cette désillusion faillit d'ailleurs emporter le RHDP dont la cohésion est toujours menacée de toutes parts par les promesses tous azimuts faites par Alassane Ouattara. Pour sa part, Henri Konan Bédié continue de rêver aux 230 postes  de nomination qu'il pourrait s'offrir pour mieux tenir en laisse des militants de plus en plus impatients et dont certains lui réclament sans circonlocutions aucunes un bilan lors d'un congrès du parti.

La réalité, elle, est plutôt autre chose. Le PDCI fait surtout face à une agressivité surprenante de son allié du RDR qui s'est permis de faire élire des députés, grâce à la fraude notamment, dans les circonscriptions qu'il voulait. Ainsi, la ville d'Abidjan a été entièrement raflée par la liste de la case, se permettant même le luxe d'y voler l'allié du PDCI qui est sur ses terres lorsque le FPI n'est pas de la partie. C'est justement pour ne plus servir d'échelle au RDR que le président de la jeunesse du PDCI attaque Bédié, falot depuis sa retentissante défaite au premier tour de la présidentielle et se contentant de têtes-à-têtes avec Alassane Ouattara qui lui a même grillé la politesse en ne respectant pas sa promesse de campagne.

Le parti d'Houphouet-Boigny recule sur le terrain parce que son président se complait dans les rodomontades anti-Gbagbo contre lequel il n'a jamais une haine de trop et dont il espère tirer des dividendes de la  déportation à la CPI, analysent ceux qui savent lire dans le marc de café à lui. La direction du PDCI a condamné ces violences contre Bertin Kouadio Konan et même le journal « Nouveau Réveil » qui a montré des aptitudes, ces derniers temps, à servir d'abord les intérêts de la ouattarandie avant ceux du PDCI dont il est proche a musclé sa Une pour dénoncer l'agression du président du PDCI.

Mais cette violence n'est-elle pas celle que le parti feignait de ne pas voir, ni dans l'escalade meurtrière contre les policiers ou militaires ivoiriens égorgés chez eux pendant la crise postélectorale ni pendant les attaques du commando dit "invisible"? N'est-ce pas la même, mis à part que les tueurs pour cette fois étaient de la force Licorne, qui a déferlé sur les patriotes aux mains nues devant l'hôtel Ivoire ?


Jeanne Tétiahonon, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 155 du lundi 27 février 2012.

mardi, 28 février 2012

QUE OUATTARA EVITE UNE GUERRE FRATRICIDE A LA COTE D'IVOIRE


DOSSO CHARLES RODEL.gif

J'ai écouté la peur au ventre tout au long de la crise militaro-politique, une série de prophéties sur la Côte d'Ivoire, ma chère patrie bien aimée. Les unes parlaient d'une guerre à venir dont le bilan serait plus macabre que celui de la deuxième guerre mondiale, d'une guerre généralisée dans toute la Côte d'Ivoire qui ferait entre 5.000.000 et 11.000.000 de morts où les ethnies tireraient le couteau les unes contre les autres.  Certaines ont parlé de semblant de victoire au cours de laquelle les victorieux  damneront   les saints et les personnes paisibles avant que ne survienne un  revirement de situation qui verrait les vaincus relever la tête. D'autres plus explicites, ont déclaré que Gbagbo perdrait le pouvoir face à l'armée Française qui utiliserait tous les moyens militaires afin d'installer la rébellion au pouvoir avant que ne survienne une résurrection inattendue du pouvoir Gbagbo au prix d'une guerre meurtrière du peuple ivoirien contre l'envahisseur et ses alliés.  Ainsi, sur le conflit ivoirien, Dieu fut-il suffisamment bavard avant que ne survienne la chute du Président Laurent Gbagbo le 11 avril 2011.

Après le 11 avril 2011, ignorant littéralement ces paroles divines, les victorieux ont jubilé et continuent de le faire tandis que les vaincus, humiliés et  en proie à toutes sortes de brimades, cherchent désespérément une main salvatrice pour  les uns, qui dignement, malgré l'animosité du ''nouveau pouvoir'' poursuivent la lutte alors que d'autres ont préféré sauter dans le camp adverse pour préserver leurs acquis ou troquer leur dignité contre des prébendes.

C'est dans cette atmosphère politique nauséabonde que les Hommes de Dieu, les croyants, continuent de fléchir genoux afin que le Dieu sauveur épargne la nation ivoirienne d'une guerre ethnique, fratricide préjudiciable à tous. Ce, en dépits de la parole de Dieu annoncée dans Esaïe 55-11 qui dispose qu'aucune parole ne sort de la bouche de l'Eternel et retourne à lui sans avoir accompli ses effets. Nous, ivoiriens, continuions de garder le secret espoir que la nation soit épargnée d'une autre guerre meurtrière, plus atroce que celles déjà vécues.

Mais, 10 mois après le drame du 11 avril 2011, cet espoir d'une Côte d'Ivoire paisible commence à être étouffé de plus en plus par une peur de revoir la mère patrie s'embraser, de voir le Dieu sauveur, bon, miséricordieux, faire sa volonté telle qu'annoncée  par ses prophètes.   Les faits nous horrifient et la tentative d'en donner les causes ne résout rien. Pis, les esquisses de solutions pour exorciser le mal semblent d'emblée inefficaces. Malheureusement, ceux à qui est destiné l'exploit divin annoncé, courent vers celui-ci dans l'arrogance, en ignorant le divin maître. Plus grave, ils caressent le désir de ruser avec l'être suprême.

En effet, 10 mois après la prise de pouvoir de Monsieur Ouattara par le coup d'Etat de la France contre le Président Laurent Gbagbo, le tableau est sombre. La cohésion sociale même précaire qui avait existé avant la crise post-électorale semble être désormais  très loin de nos rêves. Le corps de Christ est durement éprouvé, l'armée, jadis symbole de l'unité nationale est profondément divisée. La rébellion armée, alliée de la France dans le conflit ivoirien, victorieuse du 11 avril 2011, continue d'humilier les militaires de métier. Ce, avec la bénédiction de Monsieur Ouattara qui fait la promotion tous azimut des caporaux de la rébellion aux grades d'officiers supérieurs pour mettre sous leur commandement leurs supérieurs d'hier.

Aussi, l'armée nationale est-elle devenue hétéroclite avec des pro-Ouattara choyés d'un coté et des militaires républicains humiliés et bafoués de l'autre coté. Comme dans l'administration générale, cette promotion est faite sur une base  essentiellement ethnique.  Pour se justifier, Monsieur Alassane Ouattara ne manque pas de se présenter comme le Président des ivoiriens du nord contre  les ivoiriens des autres régions de la Côte d'Ivoire dont la mission prioritaire est de refaire « les torts » causés aux nordistes par les pouvoirs  précédents. Les conflits récurrents entre les populations et les FRCI (force pro-Ouattara) continuent d'allonger une liste déjà trop longue de personnes innocentes tuées pour ses ambitions. Alors que les FRCI malmènent dans l'impunité totale une frange de la population, les groupes ethniques commencent à se lever les uns contre les autres. C'est dans cette grisaille d'incertitude que les gouvernants nous annoncent des bruits de bottes de milices pro-Gbagbo dans certaines forêts. Pendant ce temps, les exilés dont des milliers de militaires, sous le poids des souffrances ignorées, pour éviter la mort devenue leur partage,  donnent de la voix. Et, peu à peu, la peur d'un lendemain ensanglanter  nous envahit.

Notre soif d'un futur meilleur nous pousse à rechercher les causes de la désagrégation du tissu social qui nous permettront certainement de proposer un remède fiable.

Du malaise de l'armée, aux conflits interethniques ça et là en passant par les affrontements entre les FRCI et les populations, sans oublier le fait que Monsieur  Ouattara revendique être le chef des tribus du nord après avoir endeuillé toute la nation pour en avoir la commande, sans ignorer les excitations militaires contre le pouvoir Ouattara,  une seule raison semble justifier ce chaos : L'INCERTITUDE SUR SON ELECTION.

Hier, alors que le Président Laurent Gbagbo, au nom de la démocratie préconisait un recomptage des voix pour vider le contentieux électoral comme dans les grandes démocraties, Monsieur Ouattara avec l'appui de la France et de sa rébellion armée a préféré faire la guerre pour conquérir le pouvoir. Ainsi, le 11 avril 2011, il a vaincu militairement sans convaincre qu'il a battu Laurent Gbagbo dans les urnes. Il a parachevé ainsi par les armes un processus électoral de sortie d'une crise armée qui devrait asseoir la démocratie là où les armes, ses armes avaient endeuillé de milliers de familles.

Cette guerre a jeté le doute dans tous les esprits quant à la victoire de Monsieur  Ouattara à cette élection. Le transfèrement du Président Gbagbo à LA HAYE n'a rien changé en cela et le doute court toujours. Tous ces bruits semblent chercher la réponse à  une question et une seule : QUI A GAGNE LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE NOVEMBRE 2010 EN COTE D'IVOIRE ? QUI ???

Pour se faire, au nom de la stabilité en Eburnie, il nous parait impérieux qu'une réponse soit donnée à cette question afin de ne pas perpétuer la dictature des armes dans une Côte d'Ivoire  jadis havre de paix. Même la mise en alerte maximale des forces onusiennes, Françaises et leurs supplétifs des FRCI, ne saurait nous empêcher de craindre un embrasement. Car, cette question hante l'esprit de chacun des ivoiriens au point où l'action de  déstabilisation peut venir de partout et de nulle part.

A regarder de près, nous pouvons dire sans risque de nous tromper, que nous tendons allégrement vers l'accomplissement des prophéties.

Malheureusement. Ces paroles divines prononcées sur la Côte d'Ivoire tendraient donc à se réaliser en dépit de nos prières à Dieu. Je veux refuser de croire et de penser qu'il y a encore une possibilité d'exorciser le mal. Une réponse existe à cette question et une seule : Le Recomptage des Voix. Seul le recomptage des voix  peut garantir la paix et la stabilité en Côte d'Ivoire. Sans le recomptage des voix, l'apologie des armes pourrait faire école. Malheureusement !!!

Mais, Monsieur Ouattara qui a refusé le recomptage des voix à l'opposition, peut-il l'accepter maintenant alors qu'il parade ça et là fièrement en tant que ''Président de la Côte d'Ivoire'' ? La parole de Dieu sur la Côte d'Ivoire ayant été dite irrévocable, je ne serai  pas étonné de son refus.

Dans tous les cas, le juste sera justifié. Seulement que chaque pro-Gbagbo sache que c'est l'huile qui se répand sur la tête d'Aaron qui descend sur sa barbe pour ensuite couler sur le bord de ses vêtements. La tête de cette lutte en ce qui les concerne est Laurent Gbagbo.

Nous ne faisons que jouir, autant que nous sommes, à quelque niveau que nous soyons, de l'onction déposée sur sa vie. L'enjeu de la lutte est de réhabiliter la démocratie en Côte d'Ivoire par le rétablissement de la vérité des urnes relativement aux élections de novembre 2010 et non promouvoir de nouvelles valeurs à la place de celui qui a tout donné pour la liberté de l'ivoirien et par extension de l'africain. Dans cette lutte hautement spirituelle, différente d'une lutte politique ordinaire, la ruse n'a point sa place, seule la quête de la vérité et de la justice nous fera triompher. Laurent Gbagbo ne sera jamais un objet de  marketing pour l'ascension sociale et politique d'aucune  personnalité. En tout cas, pas dans cette phase de la lutte. Dieu y veillera car les souffrances que Gbagbo endure, sont à la gloire de l'Eternel et à lui seul.

Frères et sœurs, Dieu s'est disposé à essuyer nos larmes de douleur, de maltraitance. Face à cette coalition d'armées étrangères qui assiègent ton pays depuis des mois, aie l'assurance de la victoire car elle t'est gracieusement offerte par Dieu, le Saint d'Israël. Il t'a éprouvé dans la fournaise de l'adversité mais pour l'amour de son nom qui est invoqué sur toi, il veut agir afin que son nom ne soit point profané  et que sa gloire ne soit point partagée. Soit dans son temps et soit un bon instrument à sa gloire.


QUE DIEU BENISSE CHACUN DE NOUS !


Fait à Abidjan, le 26 février 2012.


LE MINISTRE CHARLES RODEL DOSSO

LETTRE OUVERTE DU Dr CHEICK DIABATE A NICOLAS SARKOZY


LA FRANCE FORTE.jpg

ELECTIONS PRESIDENTIELLES FRANÇAISES

LE Dr CHEICK DIABATE ADRESSE UNE LETTRE OUVERTE AU CANDIDAT NICOLAS SARKOZY A PROPOS DE SA POLITIQUE D'INGERENCE EN COTE D'IVOIRE ET INTERPELLE LES ELECTEURS FRANÇAIS

 

M. Le Président, votre candidature à la Présidence de la République Française est effective même si vous avez démarré depuis longtemps la campagne avec les moyens de l'Etat. C'est l'heure du bilan c'est-à-dire l'heure pour dire aux françaises et aux français ce que vous avez fait des impôts qu'ils ont payés, des dettes que vous avez contracté en leur nom et du pouvoir d'Etat à vous confié. Evidemment vous leur direz ce que vous avez envie de leur dire pour assurer votre retraite sans tracasserie juridique ou votre réélection. Une partie du peuple français n'aura aucun élément pour vous contredire car nourrie par une presse d'Etat instrumentalisée par vous. Etant donné que les ivoiriens ne seront pas invités au débat au nom du principe sacro-saint de la souveraineté des états, ils n'auront donc pas l'occasion de dire ce que votre presse aux ordres n'a pas voulu dire, à savoir, comment vous vous êtes invité dans les élections en Cote d'Ivoire en violation du principe de la souveraineté et des règles internationales qui encadrent toute présence étrangère dans un pays hôte. Pour que les françaises et les français soient informés en dehors de l'AFP, France 24, TV5 ou RFI et compagnies de vos agissements en leur nom sur la scène internationale, je me permets de vous adresser cette lettre ouverte pour donner l'exemple de la Cote d'Ivoire qui n'est pas différent d'autres cas à travers le monde.

La guerre inutile et couteuse contre la Cote d'Ivoire

Suite aux élections présidentielles en Cote d'Ivoire de 2000 qui a vu l'élection de Laurent GBAGBO comme président de la république de Cote d'Ivoire, votre prédécesseur Jacques CHIRAC attaque la Cote d'Ivoire sous le masque d'une rébellion armée et entrainée avec les moyens de l'Etat français. Le pays est alors divisé en deux et l'armée française règne en maitre pendant 9 ans se donnant le droit de détruire les avions de l'armée ivoirienne et de tuer 56 jeunes ivoiriens en 2004 devant l'hôtel ivoire à Abidjan. La raison de cette rébellion inutile était simple : Le Président GBAGBO n'était pas le choix de la droite française en 2000 et sa politique est déterminée sans l'aval de la France.

En Novembre et Décembre 2011, le Président Laurent GBAGBO a été proclamé Président de la république de Cote d'Ivoire avec 51.45% par le Conseil Constitutionnel de la République de Cote d'Ivoire, organe chargé de proclamer les résultats définitifs des élections présidentielles en Cote d'Ivoire. Contre toute attente, l'ambassadeur de la France en Cote d'Ivoire, s'ingérant d'une manière inacceptable dans une élection qui ne le regarde pas, kidnappe le président de la Commission électorale, organe chargé de l'organisation technique des élections et fait proclamer un autre résultat en faveur de l'adversaire du Président GBAGBO peu avant celui du conseil constitutionnel, en dehors de toute règle, et, chose curieuse au QG du candidat adverse : M. OUATTARA Alassane. Actionné par votre soin, seule la télévision française France 24 a eu la primeur de l'information certifiée ensuite par l'ONU. Une crise postélectorale s'ouvre. Le Président Laurent GBAGBO, convaincu de sa victoire, demande un recomptage des voix pour trouver une solution pacifique à la crise comme cela a été fait en HAITI dans le même mois suite à une crise identique.

M. SARKOZY, vous devez dire au français pourquoi vous n'avez pas fait le choix du recomptage et que vous avez opté pour le blocus du port d'Abidjan privant la Cote d'Ivoire de médicaments ayant entrainé plusieurs morts, pour l'embargo sur le cacao ivoirien, pour la fermeture des banques, pour les sanctions européennes contre les personnalités proches de Gbagbo et les entreprises publiques, etc. Lorsque cette méthode macabre n'a pas marché, vous avez violé le mandat de l'ONU et l'embargo sur les armes pour armer des rebelles et faire débarquer des contingents entiers de l'armée française pour larguer plusieurs es dizaines de bombes sur les ivoiriens qui sont morts par centaines. Là où CHIRAC a échoué en 2002 en se cachant derrière les rebelles, vous avez réussi à parachever le coup d'Etat de votre prédécesseur en bombardant la résidence officielle d'un chef d'Etat sans déclaration de guerre autorisée par le peuple français. Vous avez fait croire comme un refrain par media français instrumentalisé, que GBAGBO a refusé de reconnaitre sa défaite aux élections présidentielles alors que c'est bien vous qui aviez refusé de reconnaitre la décision prise par le Conseil Constitutionnel de la République de Cote d'Ivoire le proclamant vainqueur de l'élection présidentielle. Une décision constitutionnellement sans recours.

Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République de France, la France ne peut éternellement soumettre la Côte d'Ivoire à cette négation de sa souveraineté qui rappelle l'époque de la colonisation et en cette période de mondialisation. Cette forme de collaboration à coup de bombes ne peut durer qu'un temps. Cette tromperie intellectuelle qui consiste à faire voter une résolution à l'ONU pour contourner la Constitution de votre pays dans le but de faire la guerre à un autre pays et à bombarder les résidences des Présidents appelées bunker pour la circonstance ne peut tromper qu'un instant. Vous tirez aujourd'hui les conclusions de votre tricherie intellectuelle qui ne prend plus. Car, en Syrie où il y a plus de morts qu'en Côte d'Ivoire avant votre guerre, vos vœux de résolutions restent sans suite. Les pays émergents restent sourds à vos sollicitations. L'Afrique du Sud et le Brésil ne veulent plus vous suivre dans vos chevauchées guerrières estampillées ONU. La Russie et la Chine vous montrent leur veto.

Les bombes

Vous qui espérez un deuxième mandat, avez-vous pris une seule fois l'avis des français avant d'aller bombarder des femmes et des enfants et traumatiser des populations entières ? Les avez-vous seulement consultés pour aller dépenser leurs impôts et autres cotisations fiscales dans des bombes meurtrières.

Monsieur Sarkozy, sachez qu'en Afrique sinon en Côte d'Ivoire quand on bombarde les casernes de gendarmes où vivent femmes et enfants, on ne bombarde pas que des poudrières, on bombarde aussi ces femmes et ces enfants. Nous vous demandons d'avoir le courage d'informer vos compatriotes de ces femmes et enfants que vous avez tués. Ces morts dont ni Radio France Internationale (RFI), ni France 24 ne parlent. Tous ces employés et ces jeunes morts à la résidence du Président GBAGBO que vous avez traité de bouclier humain.

Prenez le soin Monsieur le Président de dire aux Français que la « démocratie » que vous avez installée en Côte d'ivoire tue plus que la « dictature » que vous avez enlevée car cette « démocratie » a sélectionnée une ethnie « pure » en Côte d'ivoire pour constituer une armée, une administration et un parlement constitués de cette ethnie « pure » qui applique la solution finale : le massacre des « impurs », femmes et enfants qui s'étaient réfugiés à la mission catholique de Duékoué et d'ethnie « impure » (plus de 800 morts en une seule journée selon le CICR). On appelle cela un génocide dont vous êtes coauteur.

Vous êtes complice de Monsieur Alassane Ouattara et de « sa solution finale » faite de massacres, de déportations, d'emprisonnements dans des camps de concentration et de gels des avoirs des « impurs » qui ne veulent pas se soumettre. Plus d'une centaine de prisonniers politiques, plus de 200 comptes bancaires gelés et une dizaine de personne assassinées, violée ou blessées chaque jour, telle est le sort des « impurs » ivoiriens aujourd'hui et vous le savez.

Si vous avez pris le temps de réfléchir sur vos actes vous comprendriez que leur portée n'a été que négative ; vous avez largué des bombes sur Abidjan, résultat : vous avez créé une dictature tribale comme régime, assistée d'experts français avec une Côte d'Ivoire divisée sans espoir de réconciliation.

Vous avez largué des bombes sur la Libye et dites-nous quelle démocratie avez-vous instaurée dans ce pays ? Des innocents sont morts, des travailleurs noirs croupissent dans les prisons libyennes car considérés comme des miliciens de Kadhafi, alors que l'Union Africaine (UA) demandait de dialoguer avec Monsieur Kadhafi.

Vous avez bombardé dans le nord du mali les 4x4 contenant vos jeunes compatriotes pris en otage par AQMI et résultat, ils sont morts. Là aussi vous avez choisi la force. Vous voyez Monsieur Sarkozy si la force était l'unique solution les Fourmies n'auraient jamais construit leur termitière.

Les prisonniers politiques et exilés

La Première dame Simone Gbagbo à Odienné, les neuf (9) prisonniers politiques de Boundiali, les quatre (4) de Katiola, les deux (2) de Bouna, ceux d'Abidjan et de Korhogo qui croupissent dans des conditions carcérales sans nom. Votre silence les tuera.

Madame Hilary CLINTON s'est rendue en Côte d'Ivoire pour parler de pétrole mais aussi pour parler avec Monsieur OUATTARA de justice, de démocratie, de sécurité et de dialogue avec l'opposition pour asseoir une réconciliation durable entre Ivoiriens. Et vous Monsieur Sarkozy, vous avez dépêché M. COPE chez M. OUATTARA pour parler de financement de l'UMP et des élections en France sans se préoccuper du sort de son homologue AFFI N'GUESSAN, chef du plus grand parti politique de Cote d'Ivoire emprisonné par M. OUATTARA et vous avez reçu en grande pompe M. OUATTARA sans que les françaises et les français ne sachent le contenu des valises transportées par l'avion de M. OUATTARA et sans même avoir la décence de l'interroger sur le sort de Michel GBAGBO, votre compatriote français de mère française comme vous dont le seul crime est de s'appeler Gbagbo, pris en otage dans les geôles de Bouna dans le nord de la Côte d'Ivoire par les hommes de Ouattara. Vous êtes-vous interrogé sur la mort de tous ces exilés internes et externes qui ont souffert dans les douleurs des maladies et morts par manque de soins car vos résolutions ont gelé leurs comptes bancaires. La faute de ces hommes et de ces femmes est d'avoir été du côté de Monsieur Gbagbo lors des élections présidentielles de 2010, est-ce un crime ? Non, mais vous aux yeux des Ivoiriens vous êtes un criminel.

Exactions sur les journalistes

Monsieur Gbagbo, le père de la démocratie ivoirienne que vous avez présenté aux yeux de tous, surtout en Europe, comme un dictateur, a fait voter une loi interdisant l'emprisonnement des journalistes. Aujourd'hui, en Côte d'Ivoire nous assistons à une régression des conditions de vie des journalistes. Vous êtes-vous interrogé sur le sort de ces journalistes qui sont emprisonnés ou licenciés sans motif valable. En 9 mois de pouvoir, la Cote d'Ivoire enregistre 9 journalistes prisonniers et 300 mis au chômage technique. Ces hommes et ces femmes qui ne font que leur métier et ne font qu'apporter la contradiction aux discours propagandistes de Monsieur Ouattara en livrant une autre information. Est-ce un crime ? Non, mais votre surdité à leur égard vous rend complice. Vous êtes leur geôlier et bourreau.

L'université d'Abidjan

Les étudiants ont été des cibles de bombardement de l'armée française en violation des franchises universitaires car la majorité de la jeunesse estudiantine se reconnait dans la politique du Président GBAGBO. Considérés comme des miliciens pendant la guerre que vous avez menée contre la Cote d'Ivoire, tout étudiant tombant entre les mains de l'armée ethnique de M. OUATTARA était systématiquement exécuté.

La première grande « solution finale » pour l'université, a été la fermeture pure et simple de l'université. Plusieurs générations d'ivoiriens se trouvent privées d'université. L'avenir de la Cote d'Ivoire se fera sans les ivoiriens. Peut être est-ce la « solution » SARKOZY-OUATTARA pour dominer longtemps la Cote d'Ivoire.

Conclusion

Monsieur le Président Sarkozy, au moment où cette lettre vous parviendra vous serez devant les Français pour les prochaines élections présidentielles. Dans votre bilan de fin de mandat, de grâce, n'oubliez pas de dire aux Français qu'à cause de vos ambitions personnelles des hommes, des femmes et des enfants sont mort en Côte d'Ivoire sous des bombes, par des exactions, par manque de soins. Vous avez de façon directe ou indirecte participé à la mort de ces personnes et cela n'oubliez pas de le dire aux Français vous leur devez cette vérité.

Vous avez placé à la tête de la Côte d'Ivoire Monsieur Ouattara (il ne représente que 23% de la population ivoirienne selon les résultats du premier tour des élections présidentielles de 2010) comme Président, vous étiez présent à son investiture. Son Premier Ministre et chef des armées est Monsieur Guillaume Soro. Une armée composée d'ex-rebelles d'un même groupe ethnique, de chômeurs et de prisonniers qui chaque jour tuent, violent et volent en Côte d'Ivoire en toute impunité. Votre silence assourdissant nous effraie et vous rend complice une fois de plus de ces nombreux meurtres.

Dites aux Français que c'est la Licorne (armée française) qui lui sert de garde rapprochée car il n'a plus confiance en l'armée rebelle, FRCI, que lui-même a créée.

Au moment où la Côte d'Ivoire n'a plus d'Etat et que des braconniers, les dozos, font office de policiers et de gendarmes et tuent chaque jour des civils sous le regard de l'ONUCI et de la force française Licorne, n'allez pas faire croire en France que votre politique extérieure de copinage a pu instaurer la paix et la réconciliation en Côte d'Ivoire. Non, il n'en est rien. Vous n'avez fait que repousser les échéances et derrière ce calme de façade la Côte d'Ivoire se déchire et se meurt un peu plus chaque jour.

Monsieur le Président, lorsque ce courrier vous parviendra et comme vous avez fait l'aveu d'avoir le courage de dire la vérité aux françaises et aux français pendant votre campagne, ayez le courage de livrer le contenu de cette lettre par vos presses qui leur ont caché la vérité sur la Côte d'Ivoire pour qu'ils sachent ce que vous avez fait de leur argent en Côte d'Ivoire.

Vous remerciant,


Dr Cheick DIABATE

Enseignant-Chercheur,

Université de Colorado, USA

AFFRONTEMENTS ARMES ENTRE L'ONUCI ET LE RDR: 7 MORTS, VIVE TENSION A BONON


UNE N° 4071 NOTRE VOIE.jpg

Les 7.741 votants sur 24.823 inscrits dans les 99 bureaux de vote dans la circonscription électorale des sous-préfectures de Bonon et de Zaguiéta étaient convoqués pour les législatives partielles du 26 février dernier. Ouverts à 8h, les bureaux de vote ont fermé à 17 h. Pendant le déroulement du scrutin aucun incident majeur n'avait été signalé. Il est 20 h. L'Onuci est alertée que les partisans du candidat Rdr, Koné Yacouba, sont allés à Gbangbokouadiokro en vue d'empêcher l'acheminement des procès verbaux des bureaux de vote de ce campement à la Cei locale parce qu'ils ont appris que leur adversaire, le candidat indépendant mais pro-Pdci, Kouadio Kouassi Denis, a eu 5.654 voix contre 2.951 pour Koné Yacouba.

Les casques bleus de l'Onuci se rendent dans le campement pour escorter alors les urnes et les procès verbaux. Selon notre source digne de foi, ce cortège onusien a été attaqué en route dans une plantation d'anacardiers à 500 mètres de Gbangbokouadiokro. Aux environs de 21 h, le cortège de l'Onuci et de la Cei arrive devant la pharmacie de Bonon à quelques 150 mètres du quartier général du candidat du Rdr, Koné Yacouba. Il est encore attaqué par les militants du Rdr à l'arme de guerre. La rispote des soldats de l'Onuci est immédiate et fatale. Bilan des échanges de feu : 7 militants du Rdr tombent sous les balles.

Malgré la présence des plus de 400 agents de forces de l'ordre, Bonon est sous tension. Toute la direction de campagne du candidat indépendant mais pro-Pdci, Kouadio Kouassi Denis, était enfermée dans son quartier général apeurée.

Il est 21 h 15 mn, ce 26 février au siège de la Cei locale. Le candidat rdr, Koné Yacouba, a intimé l'ordre à ses représentants à la Cei d'arrêter le travail. Ce qui a été exécuté par le superviseur national, Mme Touré.

Les élections législatives se sont achevées dans la violence sans résultats. Joint, le Sous-préfet de Bonon, Guillaume Yapi Yapi, nous a exprimé son amertume. « Les candidats nous ont promis de privilégier les règles de la démocratie pour le bonheur du pays en général et des Sous-préfectures de Bonon et de Zaguiéta en particulier. Je suis touché par ces pertes en vie humaine. Je prie Dieu qu'une telle situation malheureuse ne se répète plus à Bonon», soutient-il.

La population de Bonon a vécu du 26 février à hier, 27 février, un véritable environnement de guerre. On entendait des coups feu partout. Les populations innocentes se sont terrées chez elles. Tous les campements Baoulé ont été vidés de leurs habitants de peur d'être attaqués. Les membres de la direction de campagne de Kouadio Kouassi Denis se sont enfermés dans leur quartier général. La joie qui les animait par rapport aux résultats partiels des 65 bureaux de vote qui donnaient 5.654 voix à leur candidat contre 2.951 voix au candidat du Rdr s'est vite transformée en inquiétude voire en peur. Bouh Gilbert, directeur de campagne du candidat Kouadio Kouassi Denis, déclare que les résultats partiels donnent son candidat vainqueur. Mais pour l'heure, Bonon n'a toujours pas de député.



Eustache Gooré Bi


Source: NOTRE VOIE

MANDATS D'ARRET CONTRE LES PRO-GBAGBO: LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT BENINOIS BONI YAYI

 

YAYI BONI.jpg

Lettre ouverte au Président Boni Yayi, Chef de l'Etat, Chef du gouvernement et au Ministre de l'Intérieur Benoît Dègla

 

Excellence, Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,


Il nous revient que des manœuvres politiques secrètes sont actuellement en cours visant à exécuter les termes d'un mandat d'arrêt international  contre de paisibles personnalités ivoiriennes réfugiés chez nous. La récente visite d'Alain Juppé, Ministre français des Affaires Etrangères, au Bénin s'inscrit certainement aussi dans ce cadre, eu égard au rôle combien néfaste que joua la diplomatie française dans le coup d'Etat militaire contre le Président Gbagbo en Avril 2011.

En effet, dans sa parution du 20 février 2012, le quotidien béninois Fraternité nous apprend que 13 hauts dignitaires de l'ancien régime de Laurent Gbagbo sont l'objet d'un mandat d'arrêt international  par la section béninoise d'Interpol.

Par ailleurs, une note du Ministre béninois de l'Intérieur Benoît Dègla, à votre attention,  affirmait que « D'ores et déjà, les services compétents de la Direction générale de la Police nationale ont engagé les recherches subséquentes à l'exécution desdits mandats et tout fait nouveau fera l'objet de compte-rendu à votre Haute Autorité».

Je voudrais vous signifier, au travers de cette interpellation publique, le caractère dangereux et suicidaire d'une telle entreprise si elle venait à s'accomplir. Votre responsabilité en tant que Chef d'Etat béninois ainsi que celle de votre gouvernement seraient clairement engagées devant l'Histoire, l'opinion publique béninoise et africaine comme responsable de ce qu'il adviendrait de ces personnalités réfugiées chez nous.

Au regard de ce qui précède, mon hostilité à l'exécution de ce mandat se fonde entre autres, sur les raisons suivantes :

1- Votre responsabilité de Président en exercice de l'Union Africaine

Monsieur le Président, vous aviez à votre corps défendant, tenté de concilier les vues des différents protagonistes de la crise ivoirienne avec l'infortune qu'on sait. Donc vous connaissez parfaitement les méandres de cette crise ainsi que les responsabilités de chaque acteur politique ivoirien. A ce titre, vous devez claire¬ment vous opposer à cette manœuvre politique de M. Ouattara et ses complices qui voudraient faire du Bénin l'allié objectif d'une mascarade judiciaire grave¬ment attentatoire à une véritable réconciliation nationale en Côte d'Ivoire. 

Par ailleurs, en votre qualité de Président assurant la présidence tournante de l'Union Africaine, il n'est pas superflu de porter à votre attention que de nombreuses personnalités ivoiriennes et leurs proches sont détenues dans les prisons de M. Ouattara au mépris des dispositions juridiques de la Charte africaine des droits de l'Homme notamment en ses articles 5, 6, et 7 qui consacrent la liberté et sécurité individuelles ainsi que la dignité humaine hors de tout traitement inhumain dégradant. Ces personnalités, depuis plusieurs mois sont incarcérées sans jugement.

Il est aussi de votre ressort d'exhorter de manière ferme les nouvelles autorités à cultiver un dialogue inclusif sans préalable visant à créer les conditions d'une sécurité réelle des biens et des personnes, laquelle favoriserait le retour d'exil des milliers de réfugiés ivoiriens vivant au Togo, Bénin, Libéria et au Ghana.

C'est le minimum qu'on puisse attendre de votre mandat à la tête de l'Union Africaine.

L'Union Africaine, vous en conviendrez sans doute, doit impérativement faire peau neuve et changer de paradigme quant à sa façon de résoudre les conflits qui meurtrissent si souvent l'Afrique. Son discrédit va grandissant au sein de l'opinion publique africaine qui la perçoit comme une institution-croupion phagocytée par l'Occident.

2- Préserver la réputation de terre d'hospitalité du Bénin

Excellence, Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,

Malgré tous les soubresauts qu'a connu notre pays, il est édifiant de constater combien ont toujours été sauvegardées la cohésion nationale et une certaine « paix des braves » entre les différentes chapelles politiques béninoises.

Même durant les années où nous étions considérés à juste titre comme « l'enfant malade » de l'Afrique à cause de la propension du Dahomey d'alors, à enfanter des putschs militaires, jamais nous n'avions franchi le rubicond des assassinats politiques et autres massacres massifs des populations béninoises.

C'est une expérience politique à faire partager aux nouvelles autorités en charge de la Cote d'Ivoire. Comment ne pas ressentir une certaine fierté personnelle lorsqu'à l'occasion d'un évènement officiel (la fête nationale du 01 Août, par exemple), tous nos anciens Chefs d'Etat -civils ou militaires- se tenaient proches les uns des autres et ce, en estime réciproque. Ainsi les Présidents Maga, Ahomadegbé, Zinsou, Kouandété, Kérékou, Soglo... ont su préserver l'essentiel en évitant de recourir à l'assassinat politique de leurs adversaires respectifs. Leur esprit de tolérance et d'ouverture politique explique sans doute cela.

Sur un tout autre plan, le Bénin a longtemps accueilli des milliers de réfugiés togolais sur son sol durant les années 90 et plus récemment en 2005 lors des massacres ayant suivi le décès du Président togolais Gnassingbé Eyadema et le transfert des charges présidentielles à son fils Faure Gnassingbé.

Idem pour de nombreux citoyens rwandais et burundais durant le génocide au Rwanda et les massacres au Burundi dans les années 1994/1995.

Que dire des nombreux citoyens congolais des deux rives du fleuve Congo que notre pays a accueilli en 1997 durant la guerre civile à Brazzaville (Congo) d'une part et l'arrivée au pouvoir de Laurent Désiré Kabila en République Démocratique du Congo d'autre part. L'accueil récent des centaines de réfugiés ivoiriens fuyant la barbarie des milices tribales de Guillaume Soro sous la responsabilité de M. Ouattara, s'inscrit aussi dans cette longue tradition d'hospitalité béninoise.

Or la perspective d'une extradition éventuelle des personnalités ivoiriennes proches du Président Gbagbo ou anciens serviteurs de l'Etat de Côte d'Ivoire serait non seulement une faute politique grave mais aussi une menace pour la cohésion nationale ivoirienne déjà fort mise à mal par « le rattrapage ethnique » de M. Ouattara. Cette extradition éventuelle pourrait dissoudre le « contrat d'accueil » qui nous lie depuis plusieurs décennies déjà aux personnes réfugiées dans nos contrées.

Vous devez, Monsieur le Président, ne pas prêter flanc à cette mascarade judiciaire en vous opposant fermement à tout renvoi de ces réfugiés vers Abidjan.

3- Récuser la vengeance justicière en cours en Côte d'Ivoire

Une sagesse bantoue nous apprend que « lorsqu'on a mis les genoux de son adversaire à terre, il est inutile de lui jeter du sable à la figure ».

L'innommable se produit sous nos yeux à Abidjan ! Le crime, le mensonge, le déshonneur et le poltronisme politique dans toute sa laideur. Sans parler de la Justice ivoirienne, cette faucheuse à sens unique dont le discrédit public a atteint le seuil de l'infamie. Comment qualifier aujourd'hui ce qui se passe à Abidjan sinon d'une volonté d'humilier et de faire rendre gorge tous ceux qui n'ont pas l'heur de plaire aux nouveaux « administrateurs » de l'Etat de Cote d'Ivoire et à leurs mandataires occidentaux. Les dignitaires de l'ancien régime relégués désormais au rang de « sans-culottes », sont contraints à la mendicité, à la maladie et à l'indigence matérielle pour survivre. Rien pourtant ne justifie cette chasse à l'homme.

Tous les proches de M. Ouattara et des FRCI (Forces Républicaine de Côte d'Ivoire !) coupables de pires crimes comme les massacres à Duékoué (27 au 29 mars 2011), les incendies de villages, les pillages de banques locales, les exécutions sommaires de citoyens, les pillages et vols à main armée, ne sont guère inquiétés et narguent leurs victimes.

Plus affligeant encore, est l'absence d'un grand dessein national dans ce sombre tableau ivoirien. La Côte d'Ivoire est « gérée » au jour le jour sans rétrospective et hélas, sans prospective. Une gouvernance à la petite semaine !

L'insécurité règne en maître, le saupoudrage est partout, l'auto-adoration est célébrée et le griottage médiatique fait le reste. Pendant ce temps, des milliers de personnes sont licenciés sans ménagement de l'administration publique et autres offices d'Etat parce que jugées proches de Gbagbo. Cette nouvelle doxa politique s'appelle le « rattrapage ethnique », sorte de néologisme de l'Etat-dioula inventé par M. Ouattara, ce Barrientos aux petits pieds. 

Cet état de fait abondamment décrit par les médias ivoiriens et internationaux résume bien le nouvel ordre ivoirien.  Un pays en réalité victime de ce que Wangari Maathai, l'ancienne Prix Nobel de la Paix qualifie de « syndrome du mauvais autobus » parce que porteur d'instabilité, de précarité sociale et d'impasse politique.

Monsieur le Président, vous avez à l'égard du peuple ivoirien et des africains, une exigence de vérité et de justice, loin de toutes collusions politiciennes. 
Le Bénin vous observe.

En guise de conclusion, je voudrais vous rappeler que le Bénin n'est pas une république bananière, par conséquent, votre responsabilité politique est clairement engagée  si ces différentes personnalités ivoiriennes venaient à être renvoyées à Abidjan. Inutile de vous décrire ce qui les attend dans les geôles ivoiriennes. Le Bénin a une ancienne culture de dialogue politique, ce qui fait qu'aucun prisonnier politique ne croupit dans nos prisons depuis le Renouveau démocratique opéré après la Conférence Nationale de Février 1990.

Votre leadership doit pouvoir capitaliser tout cet héritage historique et politique béninois, en affirmant clairement la primauté des principes et règles démocratiques face à la tentation autocratique de M. Ouattara.

Salutations distinguées.                       


Bruxelles, le 26 février 2012



Olivier FADO


Citoyen béninois
Vice-président du MORAF (Mouvement pour la Renaissance Africaine)
m.moraf@yahoo.fr

COTE D'IVOIRE: LA SOCIETE DE MEFIANCE

LUIS MORENO-OCAMPO 3.jpg

Après Gbagbo, qui ? L'annonce de l'élargissement de l'autorisation d'enquêter donnée au procureur Louis Moreno-Ocampo par les juges de la Cour pénale internationale (CPI) a dominé l'actualité de la semaine qui vient de s'écouler et a objectivement créé un vent de panique au sein d'une partie de la classe politique ivoirienne, et parmi les chefs de guerre qui ont fait rois les hommes qui nous gouvernent. Persuadés jusqu'à il y a peu que la CPI était un bagne réservé à Laurent Gbagbo et à ses «semblables», un certain nombre de personnalités et d'hommes de main du régime Ouattara ont progressivement commencé à s'inquiéter.

Le premier signal est venu des «fuites» orchestrées autour de la visite à Abidjan de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, dont certains médias ont assuré qu'elle a demandé le départ de Guillaume Soro de la Primature et sa comparution devant la CPI, au moins «à titre de témoin». Désormais, les «parties ivoiriennes» semblent résolues à admettre que «la grande faucheuse» de La Haye s'abattra sur tous les camps, même si l'on continue de supputer sur le niveau auquel ceux qui vont frapper frapperont, s'agissant des actuels hommes forts du pays.

Désormais, les haines inter-ivoiriennes se cristallisent sur les supputations autour des futurs compagnons de bagne du président Laurent Gbagbo. Les pro-Ouattara veulent penser que l'élargissement aggravera le cas de ses opposants, mais peuvent difficilement ignorer que la perspective de transfèrements crée l'inquiétude et aggrave les dissensions sourdes en leur sein. Les pro-Gbagbo ne sont pas persuadés que le fameux élargissement, encadré idéologiquement par une juridiction et un procureur dont le caractère partisan n'échappent plus à personne, arrange leurs affaires. Mais ils ont pleuré, et essuieront un peu leurs larmes si le mal qui les a frappés s'abat également sur les différents actionnaires de l'ex-rébellion. Les militants du PDCI, parti dont l'influence ne cesse de diminuer, espèrent en un «grand nettoyage» qui affaiblira à la fois les «drôles d'alliés» du RDR - Forces nouvelles et les ennemis jurés du FPI.

Au-delà des considérations politiques immédiates, il est important de noter que la problématique de la justice internationale appliquée à la Côte d'Ivoire vient renforcer la logique de la «société de méfiance» qui a cours depuis bientôt vingt ans. Tout le monde soupçonne tout le monde de vouloir l'envoyer à la CPI, de vouloir instrumentaliser la communauté internationale contre lui, de préparer un «coup» pour éviter l'inéluctabilité d'un transfèrement ou d'un «grand déballage» consécutif à un transfèrement. Dans ce contexte, l'idée selon laquelle «la lutte contre l'impunité» pourrait participer à réconcilier les Ivoiriens et à exorciser les démons de la guerre apparaît comme une dangereuse illusion. Une illusion de plus.

Une lourde bombe de non-dits fait tic-tac-tic-tac

Pourquoi donc ? Pourquoi les gouvernements de réconciliation, les forums de réconciliation, les commissions de réconciliation et désormais les juridictions internationales ne parviennent-elles pas à normaliser les relations politiques et sociales au pays des Eléphants depuis tant d'années ? Il semble clair qu'au-delà de tout, les Ivoiriens ne sauraient faire la paix des cœurs sans se réconcilier sur leur récit national commun. Quelles sont les causes profondes de la longue guerre à bas bruit qui ne cesse de recommencer ? Problèmes identitaires insolubles ? Mauvaise foi des politiques ? Volonté forcenée de parvenir au pouvoir en dépit des règles républicaines ? Difficulté à admettre la diversité des opinions politiques et à les faire cohabiter au sein des institutions ?

Quelle est la réalité du rôle des uns et des autres dans la guerre et la déstabilisation du pays ? Qui a fait quoi ? Pourquoi ? Y a-t-il quelque chose à regretter dans ce mode d'accession au pouvoir ? Si la réponse est négative, quel impératif moral pourrait-on opposer aujourd'hui à ceux qui, voyant la prime accordée hier à la rébellion, rêvent de rééditer l'exploit du duo RDR-FN ? L'absence de réponses sérieuses à ces questions rend toute réconciliation sincère impossible.

C'est notamment parce que l'histoire secrète de la rébellion est secrète que l'alliance Soro-Ouattara est tant malmenée par le spectre de la CPI. Si à l'étranger, l'on peut considérer le lâchage annoncé par Ouattara de son Premier ministre comme une sorte de «mise à égalité» des deux camps pouvant atténuer le sentiment d'injustice des pro-Gbagbo, l'on a conscience, en Côte d'Ivoire, que toute inculpation ou transfèrement de Soro ou d'un de ses principaux chefs de guerre aurait un goût amer de sacrifice destiné à garantir une fois de plus l'impunité et l'irresponsabilité de «l'âme invisible» de la rébellion, qui a vampirisé toute une génération et mené à la mort des milliers de jeunes sans prendre de risques. Pour satisfaire ses ambitions en gardant l'image du «technocrate policé» qui ne saurait être parasitée par un profil de chef de guerre à la Jonas Savimbi. Une lourde bombe de non-dits fait «tic-tac-tic-tac-tic-tac».

Et si l'on admettait une fois de plus que les interférences diplomatiques, les diktats, les interventions armées, les interprétations intéressées du récit national par ce qu'il est convenu d'appeler «la communauté internationale» contribuent plus à crisper le débat national qu'à l'ouvrir et à le dynamiser ? Le bouclier que la France accorde aujourd'hui de manière grossière à Alassane Ouattara renforce l'arrogance de son camp et le conforte dans son refus de tout compromis à même de rassembler les fils de la Côte d'Ivoire autour d'une espérance démocratique saine. Posons la question qui fâche : la «société de méfiance» à l'ivoirienne n'est-elle pas une aubaine pour l'ONUCI désormais installée dans le pays de manière structurelle et pour l'ancienne puissance coloniale et les autres nations occidentales, qui tirent profit de manière générale de «l'ingouvernabilité» africaine pour mettre en œuvre leurs stratégies impériales ?

 

Théophile Kouamouo

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

RUMEURS DE COUP D'ETAT: OUATTARA PREPARE UNE PURGE AU SEIN DE L'ARMEE

UNE N° 156 AUJOURD'HUI.jpg

« Chers parents, comme je suis votre fils, je vous dois la vérité. Je n'aime pas l'injustice et je ne pose jamais d'actes sans preuves. Des gens ici tentent de s'organiser pour déstabiliser les institutions. Quand j'ai été informé, j'ai infiltré le réseau avec des gens. Ceux-ci ont suivi de bout en bout l'opération. Quatre jours avant le coup, j'ai fait arrêter tous les comploteurs. Il y avait d'anciens militaires, des marins et des gendarmes ». Tel est le point fait par Koné Zakaria aux populations de Bonoua après un séjour de plusieurs jours dans la cité. Et quand on sait les raisons inavouées de cette battue dans la ville natale de l'ex-première dame, on peut facilement affirmer que la mission assignée au commandant de la police militaire, a porté ses fruits. Selon le service de communication de la police militaire, il y a eu l'arrestation de plusieurs personnes par le patron de la police militaire dirigée par le «commandant» Koné Zakaria,  accompagné pour la circonstance, de ses hommes. Plusieurs personnes innocentes donc  illégitimement soupçonnées par  l'actuel pouvoir  de vouloir le déstabiliser, sont, sans motif valable, détenus dans les geôles de la police militaire.

Pour  parvenir à ce résultat bien apprécié par ses mandants, il a fallu aux sécurocrates du pouvoir, créer les raisons de la mission de cette police militaire à Bonoua. C'est d'ailleurs cette manipulation de certains collaborateurs de la royauté, qui entretiendraient d'excellents rapports avec  la présidence, qui explique le contenu de leur discours, lequel avait d'ailleurs tout l'air d'une plainte. On s'entendra dire par exemple que le patron de la police militaire a été ''convoqué'' pour non seulement, s'expliquer sur les récentes arrestations opérées dans la cité, mais aussi, pour situer les causes des différents cas de viols, de vols et autres assassinats constatés ces derniers temps dans la ''paisible'' cité. «A Bonoua, nous sommes inquiets. Depuis quelque temps, il y a des viols, vols, enlèvements et assassinats dans cette cité jadis paisible. Nous ne comprenons plus que Bonoua, réputée pour être une ville calme et paisible, baigne aujourd'hui dans l'insécurité. Face à une telle situation, nous avons jugé bon de convoquer notre fils (Koné Zakaria) pour l'entendre ».


Le poisson ayant mordu à l'hameçon, il ne restait plus qu'à  Koné Zakaria qui tenait entre ses mains toutes les cartes pour lancer sa machine de la grande purge au sein de l'Armée nationale, d'agir. Très remonté,  l'homme va lancer des piques  aux parents de Bonoua  avant d'annoncer des actions de grandes envergures indispensables au maintien de la sécurité dans le  pays. « Parlez à vos enfants parce que mon souhait n'est pas d'arrêter des innocents, mais des auteurs des exactions. Je le fais pour  que chaque Ivoirien soit en paix. Je vous demande de donner des conseils aux jeunes. Il faut que la paix revienne définitivement pour que le développement soit possible ».


Le commandant de la police militaire a soutenu avoir arrêté des personnes aux intentions inavouées. « J'ai arrêté un groupe de personnes (militaires) en pleine réunion. Qui préparait une attaque sur la ville de Bonoua et d'autres localités ». Et d'ajouter qu'il est  informé que ces personnes viennent du Ghana, notamment des marins en complicité avec des jeunes de Bonoua  pour perpétrer ces attaques. Il faut souligner que  ce n'est pas seulement à Bonoua que Koné Zakaria a procédé aux arrestations. A Abidjan comme à l'intérieur du pays, le patron de la police militaire a arrêté des civils et des gendarmes soupçonnés de vouloir porter un coup au pouvoir de Ouattara.  Au dire du commandant, Bonoua est devenu le lieu privilégié des exilés d'Accra, des militaires pro-Gbagbo qui y ont installé de nombreuses caches d'armes. Ce n'est pas la première fois que Koné Zakaria fait de telles incursions dans des cités sur délations, le patron de la police militaire s'est déjà rendu dans plusieurs localités de la Côte d'Ivoire à la recherche de militaires, policiers, gendarmes et marins supposés pro-Gbagbo.  A Dabou, Sikensi, Gagnoa, Azaguié, Agboville et Bouaké,  l'ancien Com'zone de Vavoua et Séguéla, a affirmé avoir déniché des soldats qui seraient encore loyaux à l'ancien chef d'Etat en pleine réunion pour préparer un coup d'Etat en Côte d'Ivoire.



Simplice Zahui, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 156 du mardi 28 février 2012.

lundi, 27 février 2012

LA FRANCE OUVRE DES NEGOCIATIONS AVEC LA SYRIE POUR RECUPERER SES 18 AGENTS


SARKO çA SUFFIT.jpg

Réseau Voltaire.

Le 13 février 2012, Thierry Meyssan révélait sur la première chaîne de télévision russe que la Syrie avait fait prisonniers une douzaine de militaires français. Le Réseau Voltaire est en mesure de confirmer qu'au 26 février, le nombre de prisonniers français s'élève à 18 (dix-huit).

Si Paris admet qu'ils ont agi en mission, ils bénéficieront du statut des prisonniers de guerre et seront protégés par la Convention de Genève, mais si Paris dénie les avoir envoyés, ils seront considérés comme des civils étrangers, ils seront jugés en Syrie pour leurs crimes et encourent la peine de mort.

La France a ouvert trois canaux de négociation via la Fédération de Russie, les Émirats arabes unis et le Sultanat d'Oman. 
L'ambassadeur de France, Éric Chevallier, est reparti le 23 février d'urgence à Damas. 
Kofi Annan a été appelé comme médiateur par l'ONU et la Ligue arabe.

Conscient de l'usage qu'il peut faire de ces prises en période électorale française, Damas a demandé aux médias publics syriens de ne pas aborder cette affaire pour le moment. Il se réserve ainsi la possibilité de la traiter en secret si cette option est plus avantageuse. Tout en admettant le caractère exceptionnel de cette situation, les journalistes syriens, qui se sont rapidement habitués à la liberté d'expression garantie par la nouvelle loi sur la presse, déplorent que des limites soient à nouveau posées pour des motifs de sécurité nationale.

Si les négociations restent secrètes, la France devra payer en sous-main des indemnités de guerre particulièrement lourdes, soit en numéraire, soit sous forme de privilèges économiques. Si elles deviennent publiques, la France peut espérer des indemnités moins onéreuses, mais Nicolas Sarkozy et Alain Juppé devront s'expliquer devant leurs concitoyens. Leur camp hypothéquerait alors ses chances de gagner l'élection présidentielle, le président risquant même d'être traduit devant la Haute Cour (articles 35 et 68 de la Constitution).

Dans l'affaire du Rainbow Warrior (1985), où il y avait eu un bateau coulé et une personne tuée, la France avait présenté des excuses officielles, puis avait payé des indemnités de 7 millions de dollars à la Nouvelle-Zélande et de 8,16 millions de dollars à Greenpeace. Surtout, Paris avait dû autoriser l'importation d'ovins néo-zélandais détruisant en partie sa propre filière ovine. En échange, les deux agents français prisonniers avaient été libérés. Ironie de l'Histoire, Laurent Fabius, le Premier ministre dont le gouvernement avait ordonné l'attaque du Rainbow Warrior est pressenti comme ministre des Affaires étrangères de François Hollande, en cas d'élection du candidat socialiste à la présidence de la République. Ce dernier est l'ex-beau-frère du lieutenant-colonel Gérard Royal, le commandant de cette opération.

Dans la guerre secrète contre la Syrie, la France et ses alliés sont responsables d'un conflit ayant entraîné la mort d'au moins 3 000 soldats syriens et 1 500 civils, auxquelles s'ajoutent des pertes économiques et des sabotages d'infrastructures estimés à au moins 3 milliards de dollars.

 

Source: AFRIK 53

DROITS DES HOMOSEXUELS: MUGABE DIT A CAMERON D'«ALLER EN ENFER»


ROBERT MUGABE 2.jpg

Le président zimbabwéen Robert Mugabe, le 18 décembre 2010 à Mutare. (Photo. Desmond Kwande AFP)


Sur cette question, le président Mugabe et moi avons exactement la même opinion et strictement la même façon de voir les choses. Ils veulent avoir le droit de se marier entre personnes du même sexe (excluant donc toute condition de procréation naturelle) et après, ils revendiquent celui d'adopter des enfants. C'est quoi ce délire? Merci, cher président, de lui avoir dit son fait à ce sinistre personnage. Fernand Dindé.

 

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a rejeté samedi les appels au respect des droits des homosexuels du Premier ministre britannique David Cameron, lui disant d'"aller en enfer".

"La nature est la nature. Elle a créé le mâle et la femelle. Vous, David Cameron, suggérez-vous que vous ne savez pas ça, ou est-ce qu'il y a une sorte de démence, ou cela fait-il partie de la culture des Européens?", s'est interrogé M. Mugabe devant des milliers de partisans rassemblés pour fêter son 88ème anniversaire dans un stade de Mutare (est).

"Selon leurs journaux, c'est l'un de mes péchés. Que j'ai dit qu'ils (les gays) étaient pire que les porcs et les chiens parce que les porcs savent qu'il y a des mâles et des femelles. C'est même dans la Bible: vous créez grâce au système du mariage", a argumenté le président zimbabwéen, un catholique pratiquant.

ROBERT MUGABE.jpg

«Chien»

"Voilà comment nous sommes nés, c'est pourquoi nous rejetons catégoriquement cela et vous disons d'aller en enfer", a-t-il lancé au Premier ministre de l'ancien colonisateur de son pays.

"Je vais même pas l'appeler un chien parce que mon propre chien va se plaindre", a-t-il ajouté.

David Cameron a déclaré lors d'un sommet du Commonwealth l'an dernier que ses partenaires devraient respecter les droits de l'Homme, y compris les droits des homosexuels, pour pouvoir bénéficier de l'aide britannique.

ROBERT MUGABE 3.jpg

Diatribe

La question a refait surface alors que le Zimbabwe doit se doter d'une nouvelle Constitution, des opposants au président ayant suggéré de suivre l'exemple du voisin sud-africain en garantissant les droits des homosexuels dans la Loi fondamentale.

"Nous n'accepterons pas cela", a assuré M. Mugabe.

"S'il vous plaît, jeunes hommes et jeunes femmes, vous n'avez pas la liberté pour les hommes d'épouser des hommes et pour les femmes d'épouser des femmes. Vous avez la liberté pour les hommes d'épouser des femmes. C'est la liberté de Dieu. C'est ce qui nous a créés, vous et moi", a lancé le vieux président, dont la croisade contre l'homosexualité est devenue une marque de fabrique.

Sa dernière diatribe survenait samedi alors que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a à nouveau appelé les pays africains à respecter les droits des homosexuels, lors d'une visite en Zambie, pays voisin du Zimbabwe.

 

AFP


Source: LIBERATION.FR

LUTTE CONTRE LA CYBERCRIMINALITE: DES EXPERTS RECOMMANDENT DE NOUVELLES STRATEGIES




Lutte contre la cybercriminalité : Des experts recommandent de nouvelles stratégies pour contrer ce fléau qui met à mal la fiabilité de nos états...

La cybercriminalité a gagné du terrain en Afrique, notamment en Afrique de l'ouest. Les clignotants sont inquiétants en Côte d'Ivoire qui est devenu en espace d'une décennie une véritable plaque tournante du crime en ligne. Les experts entendent impulser une nouvelle dynamique de lutte contre ce qu'ils qualifient de fléau.

Le ministère de la poste et des technologies de l'information et de la communication (MPTIC) a organisé un atelier sur l'harmonisation des cybers législations dans les pays de l'Afrique de l'Ouest, du 20 au 22 février à Abidjan. En partenariat avec la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) de l'union africaine et de la Commission économique des Nation Unies pour l'Afrique (CEANU), cet atelier a été l'occasion pour les experts de faire des recommandations aux Etats membres de la CEDEAO. Ils s'agira pour ceux-ci, d'appliquer les actes additionnels en matière de transactions électroniques et de protection des données à caractère personnel et de transposer la directive sur la lutte contre la cybercriminalité, au niveau national. Par ailleurs, les animateurs dudit atelier ont exhorté les auditeurs à développer des programmes de renforcement des capacités sur la cybercriminalité et la sensibilisation sur les thématiques de l'avant-projet de convention.

Aussi, devront-ils en faire de même pour la suite des consultations nécessaires en vue de proposer des alternatives en matière de support juridique harmonisé. Au terme de ces deux jours d'échanges et de réflexions, les participants ont été conviés à faire des recommandations sur l'avant projet de convention sur le cyber sécurité en l'occurrence sur les transactions électroniques, les données à caractère personnel et la lutte contre la cybercriminalité. Ils les feront ensuite parvenir au plus tard le 07 mars 2012, à la CEDEAO, à l'Union Africaine et à la Ceanu en vue d'une amélioration. « Les travaux de réflexions sur l'harmonisation des cyber-législations dans nos pays ne doivent pas s'arrêter à cet atelier. Ils doivent se poursuivre jusqu'au délai fixé», a conclu le directeur de cabinet du ministère de la poste et des technologies de l'information et de la communication.


Wognin D.

Source : Le blog de Dada Suprem

«ET SI LE COLONIALISME N'ETAIT QUE L'HISTOIRE DE L'EXPLOITATION FORCEE DES RESSOURCES MATERIELLES ET HUMAINES DES COLONISES»



ESCLAVAGISME.jpg


Mardi 28 février de 18h à 22h : Conférence-débat « Et si le colonialisme n'était que l'histoire de l'exploitation forcée des ressources matérielles et humaines des colonisés » point de vue d'africains.


Animé par Lanciné Camara dans le cadre de la semaine anticoloniale:


A différentes époques correspondent des modes de colonisation ainsi que des justificatifs différents : la sécurité, apporter la civilisation, la démocratie, la vraie religion, mais on observe qu'il s'agit généralement, en réalité, d'un motif économique : besoin de main d'œuvre bon marché (dont l'esclavagisme), libre circulation des biens et des commerçants, pillage de produits miniers, agricoles, etc. Il ne s'agit pas uniquement des Etats, ex-coloniaux ou non, mais aussi de catégories socio-économiques

comme le monde de la finance, les multinationales, etc.

On peut ainsi distinguer différentes méthodes du colonialisme : par la dette, le contrôle de la monnaie et des organismes financiers, par le contrôle des élites et l'élimination des insoumis, par la maîtrise des coûts des matières premières, la spéculation, l'achat des terres ou de concession de pêche, par le soutien à des rebellions, par la diabolisation médiatique pouvant aller jusqu'à justifier une recolonisation par voie militaire, par le commerce des armes, la corruption, etc.


Il reste que, quelque soit les motifs avancés et les moyens utilisés par le colonisateur, la conséquence et donc le but est l'exploitation forcée des ressources matérielles et humaines des colonisés.


Programme

-- 18h00 : Accueil, Présentation des intervenants et introduction par Lanciné Camara, journaliste, Président de l'UIJA basée à Paris et directeur de publication du magazine Le Devoir Africain.

-- 18h40 : « Du développement injuste au développement juste de l'Occident. Défis majeurs pour l'Occident et l'Afrique» par Armand Mavinga Tsafunenga, Ecrivain poète, Ambassadeur de paix, chercheur, expert en formulation des politiques culturelles pour le développement en Afrique, Président du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) et du Centre d'études et de promotion de la culture et de la communication en Afrique (CEPROCOM).

-- 19h10 : « L'état de non droit du pillage des matières premières et des ressources naturelles ou bien humaines en Afrique » par Maître Norbert Tricaud, Avocat au Barreau de Paris et spécialiste de la RDC.

-- 19h30 : « Le franc CFA un moyen néocolonial pour la France d'aujourd'hui de contrôler l'économie des anciennes colonies africaines». Cette mise sous tutelle permet ainsi à la France à la fois de tirer profit des économies de la zone CFA mais aussi de bloquer toute possibilité d'indépendance politique et donc de développement.

Intervenant : Dr Nicolas Agbohou, Politologue, économiste monétariste, enseignant, écrivain et spécialiste de la monnaie, le franc CFA, Il a publié notamment: Les causes structurelles de la faim en Afrique, Le franc CFA et l'euro contre l'Afrique

-- 20h20 : Débat avec la salle

-- 21h20 : Conclusion par Lanciné Camara,

-- 21h40 : Séance de dédicaces (en cas de retard dans un bistro proche de la salle après 22h) - Table de presse : des conférenciers, de l'association Survie, de Grégory Protche, etc.

-- Lieu : Espace Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan, Paris 2è. 01 55 80 78 35 - M° Sentier ligne 3 ou parking au 42 rue Aboukir 01 40 13 98 20 sinon à 300m près du M° Bourse.

-- Renseignements : Maud Martin 06 63 98 64 37 ou Jean-Paul Vanhoove 06.21.05.47.38 (Plateforme Panafricaine).


Lu sur INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT


Source: CULTURES

ADRESSE DE LA PLATE-FORME PANAFRICAINE POUR LA PRESIDENTIELLE EN FRANCE


ELECTION PRESIDENTIELLE EN FRANCE.jpeg


Préambule

Mesdames, Messieurs, Honorables candidates et candidats à la magistrature suprême,

Un demi-siècle après les indépendances des pays africains, incontestablement, ce continent reste toujours sous domination coloniale. Sortie par la grande porte en Afrique lors des indépendances, la France coloniale est rentrée par la fenêtre pour continuer à piller ce continent et spolier les populations africaines.

Aujourd'hui plus que jamais, le continent le plus doté en potentialités possède la population la plus pauvre du monde. A tel point que tous les jours, plusieurs dizaines de jeunes africains fuyant une misère imposée par une politique coloniale qui vide le continent de toutes ses ressources, se jettent dans la traversée de la méditerranée pour gagner l'Europe, une Europe barricadée de part en part, de Tanger à Gibraltar, de Lampedusa à Marseille.

Et comme si cela ne suffisait pas, tous les moyens sont devenus bons pour y faire la guerre, officiellement au nom de valeurs de l'ONU, mais en réalité pour le compte de valeurs mercantiles inavouables. Ainsi, on fait tonner le canon pour régler certains contentieux électoraux en faveur d'intérêts qui échappent aux Africains tout en prétendant éradiquer des dictatures qui sévissent contre les pauvres populations, etc., comme si l'on découvre seulement aujourd'hui ces fléaux politiques, qui ne sont, en réalité, rien d'autre que le reflet des méfaits de l'ordre impérialiste occidental en Afrique. Pire, les vraies dictatures continuent pendant ce temps d'êtres choyées. Résultat de cette politique d'annexion : des pays entiers basculent dans des guerres effroyables.

Les Africains ne s'y trompent pas, la prétendue solution des Occidentaux pour les Africains est plutôt une composante fondamentale du problème.

C'est pourquoi, La Plateforme Panafricaine, collectif d'organisations de la Diaspora africaine, entend prendre à bras le corps ces questions vitales pour les Africains afin de contribuer à peser sur le nécessaire rééquilibrage des relations futures de la France avec le continent africain.

Nous sommes convaincus qu'une autre forme de coopération est possible entre les pays occidentaux et l'Afrique en général et entre la France et ses anciennes colonies d'Afrique en particulier.

La France, en tant que membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies est sensée être garante du respect et de l'application des résolutions de celui-ci. Et pourtant, elle maintient toujours dans les faits des colonies et occupe même des pays indépendants reconnus par les Nations Unies! Comment obliger les autres à respecter le Droit et les Règles internationales, y compris par la force, si l'on ne les respecte pas soi-même ?

-------------------------------------------

 

Ce questionnaire fait l'hypothèse que vous soyez élu(e) Président(e) de la République le soir du 6 mai 2012.

Q1. Le libre choix des dirigeants

Choisir leurs dirigeants est un droit universel et inaliénable des peuples. En Afrique, les dirigeants sont imposés aux peuples au prix d'innombrables vies humaines. Les forces vives africaines pointent du doigt la responsabilité de la France.

Quand et comment comptez-vous mettre fin à ce déni de droit si vous êtes élu(e) Président(e)?

Q2. Les accords de défense et la coopération militaire

Des accords de défense signés entre la France et ses anciennes colonies au lendemain des indépendances ont connu récemment, pour certains d'entre eux, quelques retouches, sans pour autant modifier fondamentalement la donne. En outre, ils restent toujours inconnus du grand public.

L'armée française est omniprésente aux quatre coins de l'Afrique, dans des bases militaires et par le biais de conseillers à la défense. Son rôle réel a toujours été et demeure, selon les situations, soit de veiller sur les dirigeants impopulaires et dictateurs imposés, « amis de la France », soit d'évincer du pouvoir les dirigeants jugés insoumis aux intérêts de la France.

Quand et comment comptez-vous en finir avec ces accords de défense léonins et cette prétendue coopération militaire qui fait des forces françaises en Afrique une armée d'occupation et de déstabilisation ?

Q3. La coopération économique, la monnaie et la dette

Aux côtés d'autres puissances économiques prédatrices, des multinationales françaises font des bénéfices colossaux en Afrique, au prix d'un pillage sans vergogne des richesses du continent pendant que les populations locales sombrent dans la misère. Sur l'autel de l'indépendance énergétique de la France, l'uranium africain est immolé et dans le même temps savamment occulté du nécessaire débat à mener sur l'avenir du nucléaire en France.

La prétendue dette est plutôt un moyen savant, une véritable gangrène pour faire obstacle à toute politique économique viable.

Le franc CFA a été dès sa création et demeure de nos jours un instrument fondamental dans la trousse à outils multiformes aux mains de la France pour la vassalisation des pays africains.

Contrairement au message véhiculé par la fable abondamment médiatisée sur les bienfaits et la nécessité d'une Aide Publique Occidentale pour le Développement de l'Afrique, ce sont les pays prétendument pauvres mais en réalité pillés et appauvris, qui aident de gré ou de force les pays riches.

Quelles dispositions prendriez-vous pour remédier à ces situations d'injustice qui perpétuent le néo-colonialisme français en Afrique ?

Q4. La France, l'Afrique et les institutions internationales

Dans la configuration de notre monde du XXIème siècle, les pays vainqueurs de la seconde guerre mondiale continuent de faire main basse sur la gouvernance mondiale sans vraiment compter les autres, en particulier l'Afrique qui, pourtant, a sa part dans la victoire. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies reste un instrument aux mains de quelques pays, dont la France, qui se sont arrogé le droit de veto comme un butin de guerre et l'utilisent à leurs seuls profits. Le droit international et les instruments qui sont érigés pour l'incarner sont à géométrie variable. Les légitimes contraintes qui découlent du protocole de Kyoto et de la Cour Internationale de Justice, pour ne citer que ces deux exemples, ne concernent que les autres, notamment les pays appauvris.

A quand et comment comptez-vous influer sur le cours des évènements pour que des réformes structurelles soient entreprises sur l'ONU afin de tenir compte de l'évolution et des aspirations des peuples dans le monde et plus particulièrement en Afrique ?

Q5. L'image de l'Afrique, les discriminations racistes et les médias

Les discriminations frappent très singulièrement en France les personnes d'origine africaine et plus particulièrement celles issues de l'Afrique au sud du Sahara ou d'ascendance. Ce sont entre autres l'accès au travail, au logement ou les « contrôles au faciès », etc.

Ces discriminations aggravent le legs de l'histoire caractérisée par une exploitation féroce de l'Afrique et des Africains, alors qu'il convient au contraire de le résorber et de le guérir. De surcroît, une certaine légèreté de traitement des questions africaines par les médias hexagonaux, y compris d'Etat, en est sans doute pour beaucoup dans cette déconsidération envers ces personnes. Ces médias excellent dans la manipulation de l'information et l'inversion des rôles dès lors qu'il s'agit de l'Afrique.

Entendez-vous y remédier et comment ?

Q6. La situation aux Comores

La France occupe et divise toujours les Comores. Pourtant, la résolution 3385 (XXX) du 12 Novembre 1975 relative à l'admission des Comores à l'Organisation des Nations Unies a réaffirmé la nécessité de respecter l'intangibilité des frontières, l'unité et l'intégrité territoriale de l'archipel des Comores, composé des îles d'Anjouan, de la Grande Comore, de Mayotte et de Mohéli.

Quand et comment comptez-vous agir pour mettre la France en accord avec le Droit International dans ce cas précis ?

Merci d'avoir bien voulu répondre à nos questions.

 

Pour La Plateforme Panafricaine, le 22/02/12

Raymond AYIVI

Référent.

 

Les premières Organisations signataires sont :

 

* MBDHP-SF : Mouvement Burkinabé des Droits de l'Homme et des Peuples - Section de France, Président : Didier OUEDRAOGO

* AEBF : Association des Etudiants Burkinabé en France, Président : Issa SORY

* COFANZO : Collectif de France Affaire Norbert ZONGO, Président : Ardiouma SIRIMA

* Le Tchad Notre Case Commune, Président : Souleymane ABDALLAH

* Association France-Tchad : Président : Balaam FACHO

* ATMF: Association des Travailleurs Maghrébins en France, Président : Driss ELKHERCHI

* CAAC : Collectif des Associations et des Amis des Comores, Président Mustapha ABDOURAOUF

* DIASCOM : Coordination des Associations de la Diaspora Comorienne, Coordinateur : Ben HAMIDI

* FNAFA : Fédération Nationale des Associations Franco Africaines, Président : Louis Mohamed SEYE

* FENACOP : Fédération Nationale des Collèges des Parents, Président : Sylvestre d'Almeida

* Les Soeurs du Cavally, association pour la Côte d'Ivoire, Présidente : Clémentine DEHE

* FCMA : Forum Citoyenneté Monde Arabe, Coordinateur : Abdessalam KLEICHE

* Association Culturelle Camerounaise de Loire Atlantique, Président : Alain YONA

* Collectif pour une Afrique Libre et Responsable, Président : Jean-Paul NGASSA

* MoLiTo : Mouvement du 04 mars pour la Libération du Togo, Président : Kofi ALOUDA

* MFIRA : Mouvement des Femmes Ivoiriennes de Rhône-Alpes, Présidente : Monique BERTHELOT

* EGO AFRICA, Président : Jean-François ANKOUE

* CCD : Conseil Camerounais de la Diaspora, Robert WANTO WAFO

* Association Enfants du Congo Brazzaville, Président : Gaston NITOU-SAMBA

* Association Internationale Cultures Sans Frontières, Président : Robert FOPA

* FPP : Front Patriotique pour le Progrès - Centrafrique, Chargé des Affaires Extérieures : Claude YABANDA.

* AJD/MR : Alliance pour la Justice et la Démocratie / Mouvement pour la Réconciliation - Mauritanie, Chargé des Affaires Extérieures, Ousmane DIAGANA

* Ligue Camerounaise des Droits de l'Homme (LCDH), membre fondateur de l'Union Internationale des Droits l'homme UIDH, Professeur Kapet de BANA.

 

______________________________________________


Pour toute correspondance, SVP :

 

La Plateforme Panafricaine

c/o M. Raymond AYIVI

3, rue Dr Rouques

95870 Bezons.

E-mail : ppanafricaine@gmail.com

COMMUNIQUE DE PRESSE DU COLLECTIF DES ETUDIANTS POUR LA REOUVERTURE IMMEDIATE DES UNIVERSITES PUBLIQUES

 

GBANE ALEOUSSENE.jpg

Al Hosseine Gbané

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le Collectif des Etudiants pour la Réouverture immédiate des Universités Publiques de Côte d'Ivoire (CERUPCI) que je représente dans ce communiqué est très préoccupé par la fermeture des universités publiques de Côte d'Ivoire notamment l'université de Cocody, l'université d'Abobo-Adjamé, l'URS de Korhogo et Daloa.

En effet, depuis le mois d'avril 2011, au sortir de la grave crise post-électorale qu'a connue notre pays, les universités publiques d'Abidjan ainsi que celles de Korhogo et Daloa ont été fermées par les autorités gouvernementales ivoiriennes. La réouverture de ces établissements avait été annoncée pour le mois d'octobre 2011. Malheureusement, le Président de la République lors d'une visite officielle au Togo, en novembre 2011, a dans son discours, fait mention du report de cette réouverture en octobre 2012. Cette fermeture prolongée des universités publiques constitue pour nous, une grave atteinte à notre droit à l'éducation.

Les quelques mois de fermeture initialement annoncés se sont donc prolongés et nous n'avons aucune certitude d'ailleurs sur la date d'octobre 2012. Ce délai permet, selon les autorités, de restaurer les locaux et de lutter contre les réseaux estudiantins qui se sont avérés préjudiciables à la sécurité et à l'équité au sein de l'université. Or, nous évaluons à 2% le nombre d'étudiants sensés appartenir à la FESCI, syndicat qu'accuse l'actuel pouvoir, à juste titre, d'avoir fait régner l'insécurité sur les campus universitaires. Sachant que le problème ne peut être traité dans des locaux vides, il faut d'évidence que l'université rouvre pour gérer la situation de violence et la circonscrire s'il le besoin s'en faisait sentir. Nous demandons instamment au gouvernement de ré-analyser cette situation.

Notons que la connaissance est la base de tout projet professionnel et au-delà, elle est le fondement de la démocratie. Or, les années blanches successives sont préjudiciables aux étudiants qui se retrouvent désœuvrés, dans l'incertitude et le stress de l'attente.

Bourses suspendues

Notons que cette fermeture des universités publiques handicape vivement les étudiants dont les parents n'ont pas les capacités financières nécessaires pour les inscrire dans des universités privées. Situation d'autant plus gênante que depuis 2009 les années blanches s'enchainent. On se retrouverait ainsi à la rentrée 2012-2013 avec quatre promotions de bacheliers et des centaines de doctorants en attente de soutenance. Ces derniers sont d'ailleurs particulièrement contrariés par cette décision qui ne leur offre aucune alternative. Les bourses des doctorants qui sont supposés assurer la relève de l'enseignement universitaire en Côte-d'Ivoire ont été suspendues par une décision unilatérale du Ministre de l'Enseignement supérieur qui considère qu'il ne s'agit pas d'une priorité. Les bacheliers de l'année scolaire 2009-2010 qui ont été orientés au titre de l'année universitaire 2010-2011 accumuleront deux années d'interruption d'études injustifiées. Notons que près de 60% de la population ivoirienne vit dans l'extrême pauvreté ce qui explique le besoin crucial de pouvoir s'appuyer sur l'enseignement public.

Cette période de vacuité freine l'avenir de la jeunesse et par voie de conséquence celui du pays qui a véritablement besoin d'une jeunesse bien formée et efficiente pour relever les défis du développement. Or, le développement d'une nation vient de la valorisation de ses ressources humaines. Tous les Etats qui progressent, se soucient de l'avenir social et du développement, font de l'éducation une priorité. Cependant, depuis les années 80 notre système éducatif connait une tournure de détérioration. Cette crise constante au fil des temps prend une allure étouffante puisque qu'elle débouche, aujourd'hui, sur la fermeture des universités publiques de Côte d'Ivoire alors que nous attendions des solutions et au contraire de nouvelles universités dans le pays. Cette décision, nous le répétons est inadmissible pour nous, les étudiants de Côte d'Ivoire et notamment par le collectif au sein duquel nous sommes réunis, qui représente l'ensemble des étudiants. Nous sommes indignés.

Décision inadmissible

Nous invitons massivement les étudiants de Côte d'Ivoire concernés, les parents d'élèves et tous ceux qui sont sensibles à notre cause, notamment toutes les associations défendant les droits de l'homme et l'éducation dans le monde, à soutenir notre action en participant à la signature d'une pétition en ligne à l'adresse suivante : http://campuslibre.wordpress.com

Nous demandons, entre autres, au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour accélérer les travaux à l'université, pour la restauration des bâtiments de cours, plutôt que de privilégier la construction des murs d'enceinte qui pourraient être construits ultérieurement. Les cours pourraient reprendre durant la finalisation de cette phase des travaux. On peut imaginer, comme cela a été fait dans d'autres pays, la mise en place de grandes bâches en lieu et place des salles de cours dans l'attente de la finalisation des travaux. Quand il y a la volonté, on avance et on trouve les solutions.

Nous demandons au gouvernement de régler les arriérés de salaire des professeurs en veillant à ce que l'ensemble des professeurs soit rémunéré pour éviter un mouvement de grève à la reprise des cours. Grève qui serait encore fortement préjudiciable aux étudiants. Toutes les propositions sont sur le texte court de la pétition mise en ligne.

 

Fait à Abidjan, le 19 janvier 2012.

 

Gbané Aleoussene
Contact : 02 65 11 43


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

dimanche, 26 février 2012

APRES UN MEETING A BONON, KKB TABASSE - LE PRESIDENT DE LA JPDCI ACCUSE LES MILITANTS DU RDR

 

UNE N° 5231 SOIR INFO.jpg

Difficile journée pour le président de la jeunesse du Pdci (Jpdci), hier vendredi 24 février 2012, à Bonon. Présent dans cette localité pour soutenir le candidat indépendant Kouadio Kouassi Déni qui animait son meeting de clôture avant les législatives partielles de ce dimanche 26 février 2012, Konan Kouadio Bertin dit KKB, a été copieusement tabassé par un groupe de jeunes à la fin du meeting.

UNE N° 3024 LE NOUVEAU REVEIL.jpg

Joint par téléphone, en fin d'après-midi, alors qu'il se trouvait au centre hospitalier régional (Chr) de Daloa, le nouveau Député de Port-Bouët a expliqué les circonstances de sa bastonnade. ''Je suis venu à Bonon soutenir le candidat indépendant au cours d'un meeting. Après ce rassemblement, nous sommes allés saluer le maire de Bonon. C'est à ce moment que des jeunes m'ont encerclé et se sont rués sur moi. J'ai échappé à la mort. J'ai le visage tuméfié et mon épaule droite est mal en point'', a-t-il soutenu sans donner les raisons qui ont poussé les agresseurs à agir ainsi.

KOUADIO KONAN BERTIN DIT KKB.jpg

A la question de savoir s'il avait une idée de l'identité de ses bourreaux, KKB a répondu sans hésiter : ''Ce sont des militants du Rdr. Ils portaient des tee-shirts à l'effigie d'Alassane Ouattara''. Notons que KKB, depuis quelques semaines, réclame au sein de son parti le Pdci, un bilan des élections législatives et présidentielles. « Personne ne réussira à me faire taire. Si on cherche à me faire peur, à me faire taire, alors qu'ils sachent qu'ils se sont trompés de cible. Il faut qu'on sorte le débat de là où on veut l'installer, c'est-à-dire que je m'attaque à Bédié, pour en faire un débat sain », avait-il confié à Soir Info, le lundi 20 février 2012.


BAMBA Idrissa


Source: SOIR INFO

OPERATION «100 ABONNES EN UN MOIS POUR LE QUOTIDIEN LE NOUVEAU COURRIER»


UNE N° 413 LE NOUVEAU COURRIER.jpg

Abonnez-vous au quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier", pour le recevoir en copie numérique PDF, parrainez d'autres lecteurs, abonnez vos proches. Seulement 10 Euro par mois.

Soutenez le journalisme d'investigation, optez pour le décriptage professionnel et objectif, choisissez la vraie information.


Soutenez "Le Nouveau Courrier"!


DINDE Fernand AGBO

 


Aidez-nous à vous aider : abonnez-vous au... par legrigriinternational

 

MAMADOU BEN SOUMAHORO: LE DERNIER PLAN D'ALASSANE OUATTARA, TUER GUILLAUME SORO

 

MAMADOU BEN SOUMAHORO 2.jpg

Crise politique et postélectorale en Côte d'Ivoire - Cour pénale internationale - Le procureur général l'argentin Moreno-Ocampo étend le champ de son enquête en Côte d'Ivoire à l'année 2002

Cette décision de la cour pénale internationale me permet de cerner quelques personnages incontournables de cette saga funeste qui a endeuillé la Côte d'Ivoire pendant près de 20 ans.

DOMINIQUE NOUVIAN FOLLOROUX OUATTARA, par ses actions dérisoires prétendument humanitaires a essayé toute sa vie de s'acheter un supplément d'âme vite assimilé à de la générosité par ses thuriféraires et par les sofas de son usurpateur de mari.


ALASSANE DRAMANE OUATTARA : en fin absolue de course, il devient l'arroseur arrosé. Alassane qui est habité par un instinct de grand prédateur n'a jamais eu que le crime, l'élimination physique comme solution à toutes ses adversités personnelles et politiques. Ainsi donc la Rébellion et plus singulièrement SORO GUILLAUME s'exposent à leur sacrifice obligé pour avoir suivi sans retenue les desseins de l'usurpateur OUATTARA. Parce que si SORO GUILLAUME l'ignore, je me fais un plaisir de lui apprendre que son mentor ALASSANE DRAMANE OUATTARA va ici et maintenant mettre à exécution son dernier plan : tuer SORO GUILLAUME pour de multiples raisons que je me fais le devoir d'exposer aux fidèles lecteurs de ce journal ainsi qu'à ces pourfendeurs.


1- Les circonvolutions, les contorsions et les circonlocutions des occidentaux mais surtout des dirigeants français depuis JACQUES CHIRAC jusqu'à NICOLAS SARKOZY ont toujours eu pour but d'exonérer ALASSANE DRAMANE OUATTARA de ses crimes et de lui donner un vernis d'honorabilité. Sinon à l'évidence ALASSANE DRAMANE OUATTARA devait être le seul sinon le premier délinquant politique à subir les rigueurs de LA LOI. Chacun sait ici et là-bas que OUATTARA est le seul bénéficiaire de la déstabilisation de la Cote d'Ivoire depuis 1990. Après avoir été le concepteur, l'initiateur, l'organisateur et le principal financier de tous les coups tordus portés contre notre pays sans jamais vouloir assumer ses forfaits, voici donc ALASSANE DRAMANE OUATTARA obligé de tuer SORO GUILLAUME pour les raisons qui vont suivre:


2- ADO va donc tuer SORO GUILLAUME. Fin de parcours pour cet ancien Fesciste dont la devise a toujours été un dicton populaire de la société ivoirienne dont on a toujours su que sa principale qualité est de tourner en dérision toutes les situations graves.


L'image de marque de ce demi - intellectuel est donc servie par la formule :
<< Cabri mort n'a pas peur de couteau >>. N'en riez pas parce qu'il est aisé de comprendre à cause de cette assertion populiste que ce jeune homme se soit lancé à corps perdu dans cette agression sauvage et inattendue de son propre pays, pour satisfaire les lubies d'un apatride atteint de trouble bipolaire. ALASSANE va tuer SORO.

Démonstration :

3- Depuis le début des malheurs de la Côte d'Ivoire, SORO GUILLAUME a toujours été l'instrument d'ALASSANE DRAMANE OUATTARA, de BLAISE COMPAORE, et des Présidents français JACQUES CHIRAC et NICOLAS SARKOZY. Il vous suffit de vous souvenir des voyages incessants du « petit gros » à travers l'Afrique dans les avions de l'armée française, de la médiatisation de ses séjours en France, de la scandaleuse publicité déployée par les services de l'Elysée pour faire de son ridicule fascicule qu'il n'a pas écrit et qui se voulait révolutionnaire un succès de librairie, sans compter ses sorties tonitruantes coachées par le correspondant éternel de RFI à Bamako, Mr SERGE DANIEL, sur toutes les chaines de radios et de télévisions de France et de Navarre.

Cerise sur le gâteau, une double conférence a été mise sur pieds par les dirigeants français à Linas Marcoussis et à l'avenue Kléber à Paris pour légitimer et boucler cette danse du scalp pour donner le coup de grâce au Président LAURENT GBAGBO. Des sommités de la diplomatie mondiale étaient conviées à cette danse des sorciers conduite par l'ancien secrétaire général de l'ONU KOFI ANAN qui s'est surpassé au cours de ces débats. (Il faut toujours aux blancs, un nègre de service).

Il est difficile de passer sous silence les sollicitations par SORO GUILLAUME de plusieurs chefs d'Etats africains dont le plus actif et le plus déterminé était l'excentrique ABDOULAYE WADE du Sénégal. D'une manière certaine, SORO GUILLAUME était l'obligé mais surtout le confident de tous ces chefs d'Etats qui s'étaient imprudemment engagés dans le soutien et la promotion d'ALASSANE DRAMANE OUATTARA. Il ne faut jamais oublier que ce diable agissait et manipulait tout le monde dans l'ombre.

A l'intérieur de la Côte d'Ivoire, SORO GUILLAUME assume et gère la Rébellion et les coups d'Etat, pendant que ALASSANE DRAMANE OUATTARA s'exerce à sauter les murs d'ambassades pour se faire exfiltrer par ces indécrottables français à chaque échec de leurs initiatives déstabilisatrices. SORO GUILLAUME est donc dans le secret des dieux, position enviable et avantageuse mais qui maintenant se retourne contre lui parce qu'il sait trop de choses. Les occidentaux veulent absolument garder propre leur étalon du Yénéga ALASSANE DRAMANE OUATTARA. Le mouton du sacrifice est tout trouvé : SORO GUILLAUME.

Mais ils pensent que SORO GUILLAUME est maître du terrain. C'est lui et lui seul qui contrôle les rebelles pompeusement rebaptisés FRCI. Malgré leur fausse allégeance à OUATTARA, les chefs de guerre récemment et brusquement « bombardés » colonels de l'armée nationale restent secrètement fidèles à SORO GUILLAUME à qui ils doivent leur position et avec qui ils ont passés un pacte de sang.

Tout le monde réclame aujourd'hui la tête de SORO GUILLLAUME et son transfèrement à la cour pénale internationale. Tout le monde, y compris les Américains. La visite de Madame HILARY CLINTON à Abidjan était assez significative à ce sujet. Pour tout observateur averti, la chef de la diplomatie américaine n'est pas passée par quatre chemins pour signifier à ALASSANE DRAMANE OUATTARA cette exigence de son administration. Quant aux Français, ils n'ont pas besoin d'effectuer le déplacement d'Abidjan parce qu'ils squattent déjà le palais de la présidence de la République et la salle de bain de leur protégé.

4- SORO doit donc aller à La Haye. Mais en même temps qu'il se trouve dans l'obligation de libérer la PRIMATURE pour se plier à une promesse de campagne et éviter une fronde du PDCI, Alassane Dramane Ouattara est parfaitement incapable de signifier cette décision à SORO GUILLAUME qui le tient. ALASSANE DRAMANE OUATTARA sait que s'il réussit à déférer SORO GUILLAUME, les chefs de guerre vont se déchaîner contre son pouvoir qu'ils ont contribué à installer.


Deuxième solution :

Les chefs de guerre sont transférés à la Haye sans SORO GUILLAUME. Les rebelles-sofas risquent de lancer une offensive meurtrière à la fois contre OUATTTARA et contre SORO. Tout ceci explique la relative sérénité de SORO GUILLAUME. À cela il faut ajouter que si par extraordinaire SORO se rendait à la CPI, il représenterait à coup sûr un très grave danger pour OUATTARA lui-même et pour les chefs d'Etat français impliqués dans la déstabilisation de la Côte d'Ivoire et dans l'agression illégale du pouvoir du Président Laurent Gbagbo.

Décidément SORO sait trop de choses et chacun là-bas et ici sait que SORO n'aurait pas pu recruter, entraîner, entretenir une armée de 40.000 dozos dont la plupart sont venus du Mali, du Nigéria, du Libéria, de France mais surtout du Burkina Faso. Sans compter les salaires de leurs Forces Nouvelles et les armes les plus sophistiquées dont elles étaient dotées. Imaginer que SORO GUILLAUME soit déféré à la CPI. Croyez-vous un seul instant qu'il va plonger tout seul ? Bien sûr que NON. OUATTARA et ses amis savent et craignent une telle éventualité parce que si SORO parle, tout le monde tombe et enfin OUATTARA devra rendre des comptes aux Ivoiriens et au Monde qu'il a trompé. Et il ne sera pas le seul.

C'est pour cette raison que j'affirme qu'il n'obéira pas à ses commanditaires Américains et Français. Ouattara se trouve donc à la croisée des chemins, apparemment sans solution... C'est mal le connaitre. Cet homme-là n'a aucun respect pour l'être humain et pour la vie. Son passé le montre à l'envi. Si, pour prendre de force un fauteuil et exercer le pouvoir dans un pays qui n'est pas le sien, ALASSANE DRAMANE OUATTARA n'a pas hésité à créer une demi-douzaine de coups d'Etat et faire massacrer au total plus de dix mille personnes innocentes, SORO GUILLAUME sera tout simplement tué sur le sol ivoirien avant un quelconque transfèrement à la Haye. Il sera tué pour l'empêcher de parler. Il sera très probablement assassiné par ses propres hommes qui auront été retournés par ALASSANE DRAMANE OUATTARA et par son épouse DOMINIQUE NOUVIAN FOLLOROUX OUATTARA. C'est ainsi que ''les histoires heureuses'' finissent chez les OUATTARA. Et comme on ne le dit pas dans les contes d'amour « ils s'unirent et tuèrent beaucoup d'enfants ». Bien entendu, ceux des autres. Leurs propres et vrais enfants ont uniquement vocation à s'enrichir avec le cacao de Côte d'Ivoire.

SORO GUILLAUME n'aura été qu'une microscopique victime dans les projets diaboliques d'ALASSANE DRAMANE OUATTARA et une toute petite victime insignifiante dans l'océan des charniers et fosses communes du pouvoir usurpé de OUATTARA et DOMINIQUE.

Quant à vous, chères sœurs ivoiriennes et chers frères ivoiriens, vous avez le choix entre deux options : vous laisser écraser par la haine historique, viscérale et incommensurable de ce malade maniaco dépressif qu'est ALASSANE DRAMANE OUATTARA, ou vous indigner et arracher votre sort du mépris, de l'injustice et de l'abaissement. Sachez que si vous ne le faites pas, personne ne viendra le faire à votre place. A cet égard les Sénégalais, encore une fois, nous offrent un exemple édifiant à méditer. Et pas seulement. A bon entendeur...


 

Mamadou Ben SOUMAHORO

Député indépendant à l'Assemblée nationale


24 Février 2012


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 25 février 2012

ELARGISSEMENT DES ENQUETES DE LA CPI A 2002 : COMMENT OCAMPO CONTINUE DE PROTEGER SORO, OUATTARA ET LA FRANCE



LUIS MORENO-OCAMPO.jpg

De nombreux observateurs se sont réjouis de ce que les crimes commis depuis le début de la guerre en Côte d'Ivoire pourront désormais être examinés par la Cour pénale internationale. Mais la lecture de la décision de la Chambre préliminaire III montre bien un procédé idéologique bien rôdé, dont l'objectif est de garantir l'impunité des «barons» du camp Ouattara-Soro. Et bien entendu de Blaise Compaoré et de la France.

L'information est tombée hier. La Chambre préliminaire III de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé d'élargir son «autorisation d'enquêter» sur la situation en Côte d'Ivoire. Désormais, les crimes commis entre le 19 septembre 2002, date du début du conflit ivoirien, et le 28 novembre 2010, peuvent être l'objet d'investigations. «La Chambre a considéré que les événements violents survenus en Côte d'Ivoire pendant cette période (y compris ceux qui auraient eu lieu depuis le 28 novembre 2010) doivent être traités comme une seule situation dans laquelle une crise continue, impliquant une querelle politique prolongée et une lutte pour le pouvoir, a mené aux événements sur lesquels la Chambre a déjà autorisé l'ouverture d'une enquête. En se concentrant sur les exemples les plus significatifs d'incidents, la Chambre a conclu qu'il y a une base raisonnable de croire que des crimes de meurtre et de viols, qui pourraient constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité, auraient été commis au cours de ces événements», résume l'institution judiciaire internationale.

Est-ce une victoire pour ceux qui sont foncièrement opposés à la justice des vainqueurs, dans ses volets national et international, qui tente à toute force de s'imposer sur le dossier ivoirien ? D'une certaine manière oui, dans la mesure où Louis-Moreno Ocampo, procureur près la Cour pénale internationale (CPI), ne comptait enquêter au départ que sur le dernier épisode de la guerre ivoirienne, la bataille postélectorale. Dès le 3 octobre 2011, la Chambre préliminaire III avait demandé à Ocampo de «lui fournir toute information supplémentaire à sa disposition sur des crimes qui pourraient relever potentiellement de la compétence de la Cour et qui auraient été commis entre 2002 et 2010». Des «informations supplémentaires» fournies le 4 novembre 2011. Avocat de Laurent Gbagbo à la CPI, Emmanuel Altit expliquait il y a de cela quelques jours : «Vous savez comme moi que la Côte d'Ivoire n'ayant pas signé le traité de Rome, il fallait l'accord des juges pour que le procureur puisse renvoyer l'affaire devant la CPI. Ce qui a été motivé par le procureur le 23 juin 2011 sur la base d'une liste de crimes que des pro-Gbagbo auraient commis entre le 28 novembre 2010 et le 11 avril 2011. Voilà comment après l'autorisation de la chambre préliminaire III du 3 octobre 2011, les enquêtes ont abouti au transfèrement du président Gbagbo à la CPI (...) A l'époque, je n'étais pas encore dans la procédure avant que Gbagbo ne soit transféré, mais malgré cela, mon équipe et moi avions dénoncé l'attitude du procureur Ocampo qui n'est qu'un acte purement politique. Car en demandant aux juges de le laisser enquêter sur cette période du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011, il voudrait conclure par le fait que tout ce qui est arrivé par la suite, est la résultante du refus du président Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à Ouattara (...) Nous avons produit une démo d'une trentaine de pages, démontrant que le procureur ne peut pas tenir compte dans la situation de la Côte d'Ivoire, que de la seule période du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011... Il faudra qu'il enquête également sur tout ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire depuis 2002 (...)  C'est pourquoi, le procureur était obligé de faire des observations complémentaires le 3 novembre 2011 en demandant aux juges de lui permettre d'enquêter sur la période allant jusqu'en 2002. C'est une première victoire».

Une sélection très claire des crimes supposés

Faut-il pour autant triompher et imaginer que, bientôt, Alassane Ouattara, selon toute évidence inspirateur et «père» de la rébellion, Guillaume Soro, en première ligne, ou Blaise Compaoré, qui a joué en Côte d'Ivoire exactement le même rôle que Charles Taylor en Sierra Leone, seront arrêtés et transférés à La Haye ? Selon toute évidence, non. Déjà parce que les Etats qui subventionnent la CPI sont quasi exclusivement occidentaux, et ne sauraient se tirer une balle dans le pied en mettant hors jeu les forces politiques subventionnées par certains d'entre eux à coups de livraisons d'armes, de bombes lancées sur leurs adversaires et de centaines de milliards de FCFA dépensés à entretenir les troupes de Licorne et de l'ONUCI.

De plus, la lecture minutieuse de la décision de la troisième Chambre préliminaire, qui n'a naturellement utilisé que les documents transmis par Ocampo, démontre très bien qu'il y a eu une sélection très claire des crimes supposés des différents camps pour accabler encore plus le président Laurent Gbagbo et tout au plus offrir quelques gages en «mettant en danger» quelques seconds couteaux de l'ex-rébellion. Ainsi, les crimes commis par la Force Licorne, notamment en novembre 2004, devant l'hôtel Ivoire, sur les ponts d'Abidjan et d'ailleurs documentés par Amnesty International, pourtant une des sources fétiches de Louis Moreno-Ocampo, ne sont absolument pas cités. Alors que les neuf soldats français qui auraient été tués dans l'offensive de récupération du Nord par l'armée ivoirienne le sont. En dépit de la requête de l'association Survie, membre de la Coalition française pour la Cour pénale internationale, qui offre de nombreux éléments pertinents à la CPI.

Nous reviendrons largement dessus, mais l'écrémage des crimes de la rébellion est frappant. Ainsi, le massacre des danseuses d'adjanou à Bouaké est «oublié». Les crimes massifs commis par les hommes de Sam Mosquito Bockarie, sanguinaire chef de guerre au service du couple Charles Taylor - Foday Sankoh, dès la création du MPIGO ne sont pas évoqués dans le document produit par la Chambre préliminaire et tout se passe comme si la violence à l'Ouest avait commencé avec le massacre supposé de Bangolo qu'auraient commis des forces loyalistes, en mars 2003 ! Les massacres particulièrement odieux de Petit-Duékoué et de Guitrozon ne sont pas évoqués - il fallait visiblement, dans cet exercice de style, éviter de «coller» tout crime contre l'humanité au camp Soro-Ouattara. Les crimes contre l'humanité attribués par l'ONU à Martin Fofié Kouakou ne sont visiblement pas assez «intéressants» pour être mis dans la liste d'exemples cités par la Chambre préliminaire dans sa décision. Tout cela est fondamentalement idéologique !

Classification idéologique

L'on se demande pourquoi les éléments de preuve et les témoignages sollicités à grand renfort de publicité auprès des victimes ivoiriennes l'ont été. Dans la mesure où Ocampo ne transmet essentiellement aux juges que des éléments provenant de trois sources : d'abord l'ONG Human Rights Watch, en grande partie financée par Georges Soros, soutien financier d'Alassane Ouattara, la plus abondamment citée, puis Amnesty International et un rapport de l'ONU datant de 2004 au demeurant jamais officiellement publié.

De manière plus frappante, si l'on a droit à une sorte d'équilibrisme en ce qui concerne les exemples de «crimes de guerre» (chaque camp étant cité pour des exactions supposées), seul le camp gouvernemental est cité dans des «crimes contre l'humanité» supposés. Le fait est d'une importance capitale. En effet, si l'on peut considérer qu'a priori les crimes de guerre sont du ressort de chefs de guerre d'importance plus ou moins grande, il paraît évident que les «crimes contre l'humanité» impliquent le gouvernement ou le leadership politique de l'organisation mise en cause. Au plus haut niveau. Cette classification idéologique est d'autant plus troublante que c'est la même qui a structuré le très médiatisé rapport d'Human Rights Watch (encore !) du 6 octobre 2011, qui citait treize personnes considérées comme responsables directs des massacres. Jeune Afrique écrivait alors que HRW «mâchait» le travail pour la CPI. Parmi les responsables tels que présentés par HRW, Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Brou Amessan... et zéro responsable politique du camp Soro-Ouattara. Le rapport d'HRW n'attribuait déjà des crimes contre l'humanité qu'à un seul camp : celui du président Gbagbo.

Personne ne peut obliger Ocampo à mettre en cause tel ou tel

Le texte produit par la Cour pénale internationale relie ainsi directement les violences exercées contre les soutiens présumés des rebelles au pouvoir Gbagbo en ressortant les termes notamment théorisés par le passé : «escadrons de la mort bien organisés et visant des personnes en particulier», «listes noires», «désignation par la propagande d'Etat comme ennemis» de certaines personnes sur des bases ethniques», «informations suffisantes indiquant que les attaques contre les personnes civiles par les forces gouvernementales étaient larges et systématiques, et qu'elles relevaient d'une politique d'Etat». Nulle part dans la décision de la troisième Chambre préliminaire, de telles phrases catégoriques n'existent concernant le camp Ouattara-Soro. Et il est évident que le contenu de ce texte, influencé par les éléments remis par Ocampo, qui sont en réalité des documents souvent produits par des organisations partisanes mais se prétendant neutres, en tout cas jamais exhaustifs, influencera en conséquence, par la suite, ses enquêtes... Comment, sans avoir patiemment enquêté sur la base du contradictoire le plus strict, peut-on balancer de tels présupposés ravageurs ? En quoi un rapport d'une ONG financée par des gouvernements et des groupes de pression est-il plus ou moins crédible qu'un récit de journaliste, de blogueur ou de victime ? Tout se passe en réalité comme si l'on voulait dire aux pro-Gbagbo : «Vous avez voulu élargir nos poursuites au 19 septembre 2002, eh bien, nous nous en servirons pour vous accabler davantage !»

Faut-il du coup penser que tout est perdu et que la machine folle de protection forcenée d'Alassane Ouattara et de criminalisation du président Gbagbo est en roue libre ? Pas forcément. A la CPI, le procureur est en réalité l'avocat de l'accusation, qui doit a priori disposer des mêmes moyens que l'avocat de la défense. Cela dit, c'est le procureur qui lance les mandats d'arrêt et accuse. S'il ne le désire pas, personne ne peut l'obliger à mettre en cause tel ou tel, à accuser les «gros bonnets» plutôt que les «seconds couteaux». On touche là aux limites d'une justice politique, financée par les grandes puissances, orientée par les ONG occidentales, et qui ne saurait cracher dans la soupe.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

PRESIDENTIELLE 2010 EN COTE D'IVOIRE: LA GUERRE POSTELECTORALE PREPAREE AVANT LE PREMIER TOUR



LIVRE. ABOBO LA GUERRE - LESLIE VARENNE.jpg

Le livre «Abobo la Guerre» de la journaliste française Leslie Varenne lève un coin du voile sur les préparatifs de la guerre postélectorale, bien avant les élections. Et décrit les accointances avec la France, les Etats-Unis et l'ONU, tenus pour coresponsables d'un bain de sang prévisible. La formule, que l'AFP reproduit à longueur de dépêches pour s'assurer que son postulat rentre au forceps dans toutes les têtes, est connue. La guerre postélectorale ivoirienne serait «née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010». L'on savait déjà que les mouvements spéculatifs opérés dès juillet 2010 par Armajaro, firme proche d'Alassane Ouattara et qui avait déjà acheté en masse du cacao ivoirien avant la guerre du 19 septembre 2002, en misant selon toute évidence sur une hausse des cours liée au conflit, tendaient à prouver que cette guerre était minutieusement préparée avant le scrutin. Et aurait eu lieu de toute façon, quels que soient les résultats et les éventuels différends entre les candidats. Le livre «Abobo la Guerre - Côte d'Ivoire, terrain de jeu de la France et de l'ONU» de la journaliste française Leslie Varenne confirme magistralement cette thèse.

Leslie Varenne fait état de contacts entre la France officielle et Ibrahim Coulibaly dit «IB» avant le scrutin. «Selon ses proches, avant le premier tour de l'élection, IB a rencontré François Hurtut, l'ambassadeur de la France à Accra, au Ghana. Au menu de la discussion informelle, les projets d'IB et la possibilité d'une aide de la France» (p. 108). La journaliste avait écrit, quelques pages avant (p. 97) : «Je connaîtrais plus tard l'histoire de ce groupe qui combat sous le sigle de Commando invisible, en rencontrant certains de ses éléments. Comme les barons du parti du président Bédié, ce commando était convaincu que l'élection tournerait mal. Avant le premier tour, il a réussi à faire entrer dans Anyama deux caisses de petites kalachnikov, 500 treillis et quelques appareils de communication radio. Le matériel était bien caché, mais Philippe Mangou a eu vent de l'affaire (...) Plusieurs membres de ce groupe ont constitué de petites équipes disséminées dans certains quartiers d'Abidjan ; c'est à Abobo qu'ils sont le plus nombreux». Leslie Varenne évoque des connexions, avant le second tour du scrutin, entre IB et des dignitaires du PDCI, persuadés qu'il faut un bain de sang pour dresser les alliés internationaux du RHDP contre Gbagbo...

La France et l'ONUCI, impliquées dans l'attaque de l'émetteur d'Abobo et d'Anonkoua Kouté

Leslie Varenne explique que la France était impliquée dans l'opération de destruction de l'émetteur de la RTI à Abobo, au cours de laquelle des civils ont été brûlés vifs, et cite les noms des deux hommes chargés d'assurer la liaison entre le «Commando invisible» et le régime Ouattara. Le général Abdoulaye Coulibaly et le colonel Adama Dosso, assassiné le 12 mars 2011 (p.100). Des révélations qui mettent à mal la thèse de l'indépendance tactique du «commando invisible», laquelle thèse est destinée à créer un bouclier d'impunité autour d'Alassane Ouattara. Les compagnons d'IB vont jusqu'à affirmer que l'ONUCI a couvert l'attaque du village d'Anonkoua Kouté, même s'ils se couvrent en présentant comme des combats ce qui n'était rien d'autre qu'une virée meurtrière nocturne visant à obliger les Ebrié à quitter leurs villages...

Le livre «Abobo la Guerre» est impitoyable pour la France, les Etats-Unis et l'ONU. Et montre que l'option guerrière a été très vite choisie par les grandes puissances pour imposer Ouattara, en dépit des négociations de façade. «Selon plusieurs sources au sein de l'Onuci, entre la fin du mois de décembre 2010 et le début de janvier 2011, une cinquantaine d'instructeurs français et un général américain se sont réunis à l'hôtel Sebroko. Le général arrive dans une grosse berline aux vitres teintées, ornée du drapeau américain, accompagné de l'ambassadeur des Etats-Unis, Philip Carter III. Dans le QG de l'ONU, Français et Américains planifient une opération top secret portant le nom de code «Restore Peace and Democracy» (...) Le but de l'opération est d'aider Alassane Ouattara à éjecter militairement Laurent Gbagbo de son fauteuil présidentiel. Le 20 janvier 2011, les premiers bruits de bottes résonnent en Côte d'Ivoire. Par ailleurs, selon La Lettre du Continent, l'Onuci construit une grande plate-forme logistique et militaire. Des vols quotidiens effectuent des rotations entre Entebbe, en Ouganda, base des opérations de l'Onu en Afrique, et la capitale des rebelles de Guillaume Soro. (...) De vastes mouvements de troupes s'opèrent à Bouaké, la force Licorne est de retour dans cette ville. Des instructeurs français sont également présents dans le fief des rebelles. Le président Ouattara ne cache pas ces préparatifs militaires (...) Alassane Ouattara reconnaît implicitement violer l'embargo sur les armes. Et l'ONU, présente à Bouaké, ne peut l'ignorer !»

Michel Gueu et un officier français présents à l'Ouest durant la période des massacres

Leslie Varenne révèle que de nombreux jeunes Ivoiriens du Nord ont refusé de s'enrôler dans le cadre de la bataille d'Abidjan. Et explique pourquoi l'armée de «bric et de broc» formée avec le soutien de la France - le général Emmanuel Beth, ancien patron de Licorne et ambassadeur de la France au Burkina Faso, est nommément cité - ne pouvait que commettre des massacres sur son chemin. «Pour se constituer une force, Alassane Ouattara et Guillaume Soro sont donc obligés de ratisser large. La création de cette armée est un autre point crucial de l'histoire de la Côte d'Ivoire. Elle aura des conséquences incalculables sur la suite des événements et sur l'avenir du pays. Selon un militaire ivoirien, «ceux qui se sont enrôlés sont des Maliens, des Sénégalais, des Nigérians et des Burkinabés de Côte d'Ivoire» (...) La grande majorité sont des gamins désoeuvrés, d'autres ont des petits métiers, cordonniers, tailleurs, etc. Les 20% restants sont des militaires burkinabés ou sénégalais prêtés par leurs gouvernements respectifs. (...) Ces nouveaux soldats ont un point commun : ils sont tous nordistes et musulmans (...) C'est à ce contingent de bric et de broc, à une armée ethnique, que la France, les Etats-Unis et l'ONU vont apporter leur concours pour reprendre le pays aux forces de Laurent Gbagbo (...) Lancer une armée ethnique à l'assaut d'une poudrière ethnique est un acte inconséquent et irresponsable. Et l'ONU savait, l'ONU était présente et l'ONU n'a rien fait».

Dans ce livre, une autre révélation fait réfléchir. Alors que l'on attribue toujours les massacres de Duékoué à d'incontrôlables règlements de comptes ethniques à dissocier des FRCI, nous apprenons qu'un homme-clé du dispositif de «la République du Golf» contrôlait bel et bien la situation à l'Ouest. Le 28 mars 2011, il est, selon ses propres dires, à Bloléquin, à une très courte distance de Duékoué, en compagnie de la Minul (Mission des Nations unies au Liberia), et d'un lieutenant-colonel de l'armée française commandant la mission. C'est le lendemain que débutent les massacres épouvantables qui ont lieu à Duékoué mais également dans d'autres villes de l'Ouest, dont Bloléquin. Cet homme-clé de la République du Golf, c'est le général Michel Gueu.

 

Théophile Kouamouo

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

RECRUTEMENT D'ENSEIGNANTS POUR 4 MOIS: LA MAUVAISE COMEDIE DU REGIME OUATTARA


COMPOSITION BTS.gif

Le ministère de l'éducation nationale vient de lancer un avis de recrutement d'enseignants contractuels pour combler le déficit observé dans le secondaire. Une opération qui aurait pu être saluée à sa juste valeur si elle n'était pas aussi grossière et mal ficelée comme bien d'autres projets conçus par la Ouattarandie.

 

La nouvelle a vite fait le tour de la cité : le gouvernement recrute 3000 enseignants contractuels pour une durée de quatre mois, en vue de combler les besoins exprimés dans le secondaire. Dans un pays où le chômage des jeunes diplômés bat tous les records de l'incapacité gouvernementale, la nouvelle a été accueillie avec beaucoup de ferveur dans le milieu des jeunes gens en quête d'emploi.

Depuis avant-hier, on peut donc les voir défiler à longueur de journée, dans les locaux du centre national des matériels scientifiques (Cnms), sis à Cocody St-Jean, pour déposer leurs dossiers, le dernier délai étant fixé au 03 mars prochain. Tous devront subir des épreuves d'un concours exceptionnel pour espérer décrocher le fameux contrat à durée déterminée (CDD). Avec cette décision,  le régime aurait-il voulu s'offrir une petite dose d'humanité après la vague de licenciements abusifs qui continue de balayer toutes les administrations publiques, qu'il ne s'y serait pris autrement.

En effet, fragilisé par les critiques sur son incapacité à garantir les emplois à défaut d'en créer comme il l'avait promis, le nouveau pouvoir est persuadé qu'il tient là, l'occasion de la faire boucler définitivement à tous ses détracteurs. Malheureusement, l'inspiration gouvernementale est de petite facture et la copie, conséquemment, médiocre. Et cela à trois niveaux au moins. Premièrement, dans la forme, la décision de recrutement de ces enseignants, visiblement pour boucler l'année scolaire, montre clairement que le gouvernement a été surpris par les besoins en enseignants dans le secondaire. Or quand on sait que gouverner, c'est prévoir, on serait tenté de croire que Ouattara et les ADOrateurs n'ont pas suffisamment préparé la gestion du pouvoir et que seul, dégager Gbagbo était leur préoccupation. Et pour le reste, on se débrouillerait comme on peut. En somme, ce serait au petit bonheur la chance, à l'image d'une barque en perdition en pleine mer.

Deuxièmement, et cela dans le fond, de quelle formation et de quelle pédagogie disposeront ces contractuels recrutés à la va vite, pour encadrer efficacement les élèves ? Toute une précipitation qui montre à l'envie que les gouvernants actuels  n'ont aucune solution pour l'école. On le savait déjà avec la mesure inédite de fermeture des universités publiques pour une durée de deux ans. Aujourd'hui nous en avons la preuve supplémentaire. Aussi, de l'avis de certains observateurs, cette opération conduite par la ministre Kandia Camara, ressemble fort bien à la parade idéale pour justifier des sorties massives  de fonds alloués par les partenaires au développement et qui ont servi à autre chose qu'au secteur de l'éducation.

Bref, dans un gouvernement d'hommes et de femmes d'affaires pour la plupart, il faudra désormais s'habituer à ce genre d'écran de fumée dressé pour masquer  la course à l'enrichissement rapide des nouveaux princes. S'il ne s'agissait pas de l'école et de la formation de l'élite de demain, on rirait de cette mauvaise comédie du gouvernement, pour ne pas en pleurer tout simplement. Car que vaut un contrat bancal de quatre mois offert à un jeune diplômé qui a usé toutes ses godasses à chercher du travail ? Rien, si ce n'est de conforter l'opinion sur l'incapacité du régime à gouverner la Côte d'ivoire et à satisfaire les espérances des populations ivoiriennes.


Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui".


Source: ABIDJAN DIRECT.NET