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mercredi, 14 mars 2012

PARODIE D'ELECTIONS A L'ASSEMBLEE NATIONALE - LA CONSTITUTION ENTERREE A YAMOUSSOUKRO

 

SORO GUILLAUME. PDT ASSEMBLEE NATIONALE.jpg

Comme le cordonnier mal chaussé, les députés ivoiriens, à leur corps défendant, ont adoubé Soro, l'ex-chef de la rébellion au perchoir ce matin, quasiment à l'unanimité (94,77%), et en toute illégalité. Alors que rien ne justifiait une intrusion de l'exécutif dans les affaires du Parlement, donc du législatif, Ouattara a fait une descente dans l'arène pour imposer la candidature de Soro. Une situation difficilement vécue par des élus du peuple, ceux-là mêmes qui votent les lois, pour qu'elles soient appliquées. Au nom des arrangements de leurs partis politiques, personne n'ose parler ouvertement sur la question, au risque de s'attirer les foudres des responsables de la coalition au pouvoir.

La cérémonie de ce matin, qui a été célébrée avec faste, et retransmise en direct pour permettre au nouveau président du parlement de «faire son farot» est la énième violation de la loi fondamentale, et sonne comme la mise en bière de celle-ci. Cerise sur le gâteau, le chef de l'Etat, à en croire le secrétaire général du Rdr Amadou Soumahoro, a personnellement insisté pour que l'ex-chef de la rébellion soit le candidat du Rdr. Il a donc donné des instructions fermes pour que tous les députés de «la case» votent bêtement pour lui. La fonction de chef de l'Etat est-elle constitutionnellement compatible avec la présidence d'un parti politique ? Ou alors Ouattara a une autre lecture de la Constitution ivoirienne ? Et le Conseil constitutionnel de l'éminent juriste Francis Wodié, que dit-il de tout cela ? Ne peut-il s'autosaisir quand la Loi fondamentale est piétinée de jour comme de nuit ? En même temps, quand on sait la manière par laquelle il a été nommé à ce poste, on peut comprendre son mutisme. C'est le fruit d'une autre forfaiture constitutionnelle. Son prédécesseur l'avait à juste titre félicité pour sa «brillante nomination».

Dire que nous sommes dans un état d'exception ne serait pas faux. A l'allure où vont les choses, mieux vaudrait franchement suspendre la Constitution et permettre au chef de l'Etat de s'adonner à son jeu préféré : tordre le cou à la loi. Il le faut d'autant plus que les ordonnances et décrets produits par Ouattara ne s'embarrassent même plus de la nécessaire référence rédactionnelle à la Constitution (le fameux «vu la Constitution» et aux lois qui fondent ces décisions manifestement hors-la-loi.


Benjamin Silué


Source: LE NOUVEAU COURRIER

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