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jeudi, 29 mars 2012

AU MALI, LA FRANCE VEUT EXPERIMENTER LE SEMI COUP D'ETAT


SARKOZY ET ATT 4.jpg

La France ne recule devant rien pour garder la mainmise sur ses ex-colonies en Afrique où l'instabilité chronique est savamment planifiée en réalité dans les bureaux de l'Elysée et du Quai d'Orsay. Ainsi après l'étape de la Côte d'Ivoire où il a réussi à chasser le président Gbagbo du pouvoir à coups de bombes et de canons, voilà Nicolas Sarkozy qui expérimente au Mali où le président Amadou Toumani Touré (ATT), a été évincé la semaine par l'armée, une théorie nouvelle : le semi-coup d'Etat.

Si Paris condamne officiellement le coup de force, clamant par la voix de son ambassadeur au Mali que «le retour à l'ordre constitutionnel était un impératif absolu, et qu'il fallait s'en tenir au calendrier électoral constitutionnel, avec la date limite du 8 juin», la sortie du ministre français délégué à la Coopération, Henri de Raincourt, montre que Paris ne voit pas d'un bon oeil un éventuel retour d'ATT au pouvoir pour la suite de son mandat.  Invité de l'émission Internationales (RFI, TV5 Monde, Le Monde), le collaborateur de Nicolas Sarkozy a déclaré qu' «il n'y a aucun problème pour organiser des élections» et que «la Constitution malienne prévoit qu'en cas d'empêchement du président le président de l'Assemblée nationale assure l'intérim et permette un scrutin présidentiel».


Henri de Raincourt: Le maintien des élections au... par internationales

Ce schéma sorti des tiroirs de Sarkozy, assez discret sur la question en raison des élections en France, l'Elysée prépare déjà son esprit à son application. Tout le long de son intervention, le ministre français a vainement tenté de faire croire que Paris n'avait rien à avoir avec le coup d'Etat et que les divergences avec ATT au sujet de la lutte contre Al Qeada au Maghreb n'étaient que des malentendus sans réelle incidence sur les relations entre les deux pays.

Mais cette sortie vise à préparer les esprits à la mise à l'écart du président Amadou Toumani Touré, qui pourrait être maintenu en otage par la junte militaire et remplacé à la tête du pays par le président de l'Assemblée nationale. C'est le deal que prépare Paris qui veut coûte que coûte installer dans cet autre pays d'Afrique un homme à sa solde. Comme c'est le cas à Abidjan et ailleurs dans la sphère francophone sur le continent.


Emmanuel Akani


Source: LE NOUVEAU COURRIER

Commentaires

C'est parfaitement vrai. Il est fort étrange qu'on ne paraisse pas s'en apercevoir.
Les sujets de mécontentement du colonialisme français à l égard du président ATT sont nombreux: 1) Il renversa le despote procolonialiste Moussa Traoré, qui à son tour avait renversé le régimen progressiste de Modibo Keïta.
2) Il a refusé de collaborar à la politique d'expulsions massives d'immigrants africains en France, plaidant pour une approche humaine, compréghensive et souple, la France étant moralement tenue d'être plus accueillante par rapport aux habitants des pays qu'elle considétait naguère français.
3) ATT est un homme de paix et de consensus (peut-être parfois un peu trop, mais cela vaut mieux) qui a tj prôné des approches de l'insécurité au Nord combinant action militaire et dialogue, non pas la manière forte des militaires de Nouakshot, dont le racisme anti-noir est bien connu.
4) ATT a refusé, avec raison, de s'engager dans des pourlarlers aves les rebelles sécessionnistes du Nord, mystérieusement surgis tout d'un coup, alors que ceux-ci sont sur l'offensive; or à peine la (nouvelle) révolte a éclaté, Paris (Alain Juppé en personne) s'est empressé de commander l'ouverture des négociations, alors que la politique française est tj de rejeter le dialogue et la négociations avec des insurgeants, où que ce soit. (Il est clair que la nouvelle rébellion séparatiste est patronnée par les nouvelles autorités lybiennes et probablemente par la Mauritanie).
Mais, en marge de don dédain pour Mr. ATT, si la France a télécommandé ce putsch c'est pour empêcher les élections, qui risquaient d'amener à Koulouba un homme encore moins docile et plus en syntonie avec les aspirations du peuple malien.
La Françafrique c'était du passé? Oui, en quelque sorte. Ce qu'il y a maintenant c'est pire. La vieille Françafrique était paternaliste, mais elle contenait aussi un brin d'amitié (non symmétrique) entre la France et les peuples africains. Elle tenait compte de l'intérêt public (en dépit de toutes ses cruautés et ses injustices). La nouvelle Françafrique sárközyenne est plus cuynique, plus mercantiliste, plus sournoise, plus hautaine. Et surtout elle est tout à fait subordonnée à diktat américain, alors que celle des années 60-80 voulut garder du moins l'autonomie du pré carré français. Maintenant tou se fait avec l'acquiescement de Washington.
Malheuresementil y a bien des aveugles qui ne veulent pas le voir.

Écrit par : Lorenzo Peña | jeudi, 29 mars 2012

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